15 juillet 2013

Les musulmans de l'Ethiopie dénoncent la confiscation de leurs libertés religieuses

Les musulmans de l'Ethiopie dénoncent la confiscation de leurs libertés religieuses

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IINA, le 14 juillet 2013

Des milliers de musulmans en Ethiopie ont récemment dénoncé dans plus de huit villes, dont la capitale, Addis-Abeba, ce qu’ils qualifient l'ingérence du gouvernement dans les affaires religieuses, tout en exigeant du gouvernement la libération les détenus représentants de la Commission des musulmans pour la réclamation de leurs droits.

Les protestations sont intervenues à l'occasion du premier anniversaire de l'arrestation des autorités éthiopiennes de plusieurs personnalités musulmanes de la Commission qui exigent la liberté des croyances religieuses.

Les institutions éthiopiennes indiquent que l'arrestation de ces personnalités relève de la loi de lutte contre le soi-disant terrorisme.

Les musulmans éthiopiens ont manifesté l'année dernière pour protester contre ce qu'ils considèrent comme ingérence du gouvernement dans les affaires religieuses et l'influence sur l'islam, tandis que le gouvernement accuse les musulmans d'avoir conspiré pour publier ce qu'il appelle l'extrémisme.

L'Organisation allemande pour la défense des peuples menacés a décrit en mars dernier, la situation des droits de l'homme en Ethiopie de catastrophique, et déclaré que le gouvernement d'Addis-Abeba est intervenu dans les affaires des musulmans, et pratiqué le rétrécissement de leur liberté religieuse.

Par ailleurs, environ 60% d’Ethiopiens embrassent la religion chrétienne et 30% l'islam. Les autorités éthiopiennes se disent qu’elles craignent la propagation de l'Islam fondamentaliste dans le pays.

Les musulman Ethiopiens qui constituent le tiers de la population, accusent le gouvernement d'intervenir dans le Conseil suprême des affaires islamiques en Ethiopie, l'organe suprême des affaires islamiques. Des milliers de musulmans ont organisé à Addis-Abeba au cours de la dernière année, des sit-in  dans des mosquées et des manifestations dans les rues, pour réclamer plus de liberté.

15 juin 2013

Tunis-Gilles Kepel explique comment les frères musulmans ont conquis le pouvoir dans le monde arabe

Tunis-Gilles Kepel explique comment les frères musulmans ont conquis le pouvoir dans le monde arabe

Africanmanager, le 15 juin 2013

Gilles Kepel, politologue français spécialiste de l’islam et du monde arabe, a relevé à Express FM que le printemps arabe qui avait légitimé les frères musulmans et donné beaucoup d’espoir pour la consécration de la liberté d’expression et de la citoyenneté s’est transformé graduellement en automne salafiste.

Dans son nouveau livre "Passion arabe", Gilles Kepel, revient sur "la conquête progressive" du pouvoir par les machines "fréristes" en Tunisie et en Egypte, sur la fragmentation de la Libye en zones autonomes et sur les enjeux catastrophiques de la guerre civile en Syrie.

Concernant la Tunisie, il a estimé que globalement et au regard des dégâts occasionnés dans les pays précités, elle s’en est mieux sortie.

Sur le plan géostratégique, il a fait ressortir que les tensions que connaît le monde arabe ont pour origine le détournement de l’énergie des révolutions arabes vers le conflit religieux entre Sunnites et Chiites et la confrontation, entre les alliés des deux clans surtout en Syrie où on constate que l’Iran, l’Irak, Hizboallah, Russie, Chine, Afrique du sud et Brésil aux côtés du pouvoir syrien et Qatar, Arabie Saoudite, Turquie et Israel, aux côtés des rebelles.

Traitant du rôle que joue Qatar dans le monde arabe, il a indiqué que cet Etat, fort de la Chaîne Al-Jazira , a surfé sur les révolutions arabes et a pris trop de risques dans le conflit syrien ce qui doit l’amener tôt ou tard à revoir ses positions.

Quant à Israël, Gilles Kepel estime que les israéliens ne craignent pas les révolutions du printemps arabe et considèrent que leur principal ennemi est le mouvement Hamas et son allié l’Iran.

Il est à noter que Gilles Kepel, considère son livre "Passion arabe", comme un regard extérieur sur les révolutions arabes, voire un journal de ses voyages dans les pays arabes qui sont en plein tourbillon de la révolution, depuis le printemps 2011.

10 juin 2013

Communiqué de l’Union des Savants Syriens

Communiqué de l’Union des Savants Syriens 

Ils proclament le Nafir (l’appel général au combat)

«Il est du devoir de tout musulman, là où il se trouve, de s’élancer pour secourir ses frères opprimés en Syrie, chacun selon ses possibilités, en donnant de l’argent, en portant les armes, en donnant de la nourriture, en donnant des conseils, en partageant ses compétences et ses expériences militaires»

18 avril 2013

Iliass Azaouaj est ton frère

Iliass Azaouaj est ton frère

Katibin, le 18 avril 2013

Nous avons mis du temps avant de prendre la décision, ou non, de rédiger un article sur cette information qui n’est pas un scoop aujourd’hui et qui n’en a pas non plus le goût. Mais nous le faisons, non pas pour vous renseigner sur le devenir de ce jeune prédicateur Belge mais afin de remettre certaines pendules à l’heure.

Iliass Azaouaj arrêté en Syrie

Iliass Azaouaj, conférencier musulman de Belgique a été arrêté en Syrie il y a quelques jours a avancé le député Fouad Ahidar : «Les membres d’une brigade d’extrémistes l’ont reconnu comme un adversaire des groupes comme Sharia4Belgium et Sharia4UK. Ils l’ont donc arrêté». Capturé par qui, pourquoi et quand, tout cela reste encore flou.

Voilà pour les faits. Ce qui est triste et consternant néanmoins est la façon dont pas mal de «musulmans» se frottent les mains suite à cette nouvelle. On sent un malin plaisir se répandre sur la toile comme si apprendre qu’un homme qui se fait torturer générait en certaines personnes une adrénaline. Ô petite chose du net, ô toi qui te réjouis du malheur d’autrui, tu n’es rien d’autre qu’une petite puce qui ne cesse de sautiller pour exister et tu n’es rien d’autre qu’un esclave d’Allah, ne l’oublie pas. Alors, ne deviens pas esclave de ton âme, ne deviens pas quelqu’un de déphasé qui ne reconnait plus la droiture. Non, Illias Azaouaj n’est pas mon ami, non, il n’est pas non plus ma référence, non, il n’est pas non plus celui qui va changer la face du monde, mais il demeure mon frère et son imperfection, ses erreurs m’assurent cela : il est notre frère à tous. Croire que parce qu’il n’a pas le même discours que toi, croire que parce qu’ «il se montre beaucoup» fait de lui ton ennemi prouve que tu ne sais pas dans quel sillon tu avances, tu ne connais pas ta religion et ton comportement répulsif démontre ton rejet de toute réalité rationnelle.

Et si on le tuait ?

Et si on le tuait? Et si on en parlait vu que bon nombre lancent cette rumeur répugnante. Qu’est-ce que cela changera à ta vie à toi en Belgique ? En France ? En Europe ? En Syrie ou dans le monde ? Son sang est-il aussi impur ? Son sacrifice te donnera ton visa pour le paradis ? Ô mes frères, revenez à Allah et demandez-vous dans quel sentier vous avancez, dans quel sentier vous cherchez à exister. Cette cohue du net rend l’affrontement facile, tout le monde critique tout le monde, personne ne cherche à rencontrer l’autre afin de lui exposer sa vision, comme le faisait nos ancêtres. Range ta secte, range ton blabla du net. Oserais-tu dire que toi, tu vaux aux yeux d’Allah plus que lui ? Si tu réussis à répondre par l’affirmative à cette question, sache que tu dans un délire sans mesure et si tu n’es pas apte à y répondre, alors regarde-toi, réforme-toi et invoque Allah le Tout-Puissant afin qu’Il ne te délaisse pas sur la route.

Si malgré tout cela, tu persistes à croire qu’Iliass Azaouaj mérite une sentence de l’Homme imparfait, crois-moi, tu auras certainement raté le coche. L’Heure est grave, ce jeune homme a une famille tout comme toi tu en as une et la priorité absolue, à l’heure actuelle, est qu’il rentre chez lui sain et sauf. Voilà le seul leitmotiv qui doit revenir et aucun autre, ce bonhomme est ton frère et si ton frère ne rentre pas chez lui en vie, tu auras oublié ta famille… et quiconque oublie sa famille, oublie sa religion et son Seigneur. Et c’est à Allah Seul, Le Très Miséricordieux que reviennent les Louanges et la Grâce.

04 avril 2013

Les musulmans du Sri Lanka pris pour cible par des bouddhistes intégristes

Les musulmans du Sri Lanka pris pour cible par des bouddhistes intégristes

Par Charlotte Boitiaux, le 03 avril 2012

Les agressions contre la communauté musulmane se multiplient ces dernières semaines. Les autorités attribuent ces actions à des moines bouddhistes extrémistes. Signe d'un bouleversement idéologique en Asie du Sud-Est ou simple crise ponctuelle ?

La scène se déroule le soir du 28 mars dans la banlieue de Colombo, la capitale du Sri Lanka. Alors qu’il s’apprête à fermer boutique, un commerçant musulman voit son magasin mis à sac par quelque 500 Cinghalais. La foule, qui jette des pierres contre l’enseigne, insulte également le propriétaire, raconte le correspondant de la BBC Charles Haviland. Plusieurs personnes, dont des journalistes, sont blessées durant la bousculade.

Ces derniers mois, le Sri Lanka, à très grande majorité bouddhiste (70 %), a vu se multiplier le nombre d’agressions à l’encontre de la communauté musulmane, qui représente moins de 10 % de la population de l’île. Outre l’attaque de leurs commerces, les musulmans sri-lankais déplorent des actes de vandalisme de plus en plus fréquents contre les mosquées et dénoncent le boycott de nombre de leurs boutiques.

Autant d’agressions qui ont conduit le principal partenaire du gouvernement de coalition du président Mahinda Rajapakse, le Congrès des musulmans du Sri Lanka (SLMC), a dénoncé des "campagnes d'attaques et de haine" contre les musulmans, tandis que les autorités ont attribué ces actions à des moines bouddhistes extrémistes.

L’islam, un "envahisseur"

Comment expliquer ce regain de violences interreligieuses alors qu’en Occident le bouddhisme renvoie l’image d’une religion tolérante ? Selon Raphaël Liogier, spécialiste du bouddhisme et directeur de l’Observatoire du religieux à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, la colère des bouddhistes est avant tout liée à un sentiment de concurrence religieuse. Même s’il n’est encore qu’ultra-minoritaire dans le pays, le "succès" de l’islam auprès des classes populaires sri-lankaises fait ressurgir un sentiment de "danger" chez les Cinghalais.

"Le Sri Lanka a construit toute son identité autour du bouddhisme. Il faut bien comprendre que, sur l’île, le bouddhisme n’est pas une simple religion mais une identité culturelle profonde, une idéologie d’État", explique à FRANCE 24 le chercheur. Or, depuis quelques années, un "élément conjoncturel" vient bousculer cette institution : l’islam. "Si je devais vulgariser, je dirais que les moines bouddhistes fanatiques considèrent les musulmans comme des envahisseurs qui menacent l’identité même du Sri Lanka. Ces bouddhistes ont donc le sentiment qu’ils doivent résister à l’envahisseur", poursuit-il.

Une résistance qui s’organise autour d’un mouvement politique particulièrement radical : le Bodu Bala Sena (BBS). Considérée comme un groupe "fasciste" selon le diplomate sri-lankais Dayan Jayatilleka ou encore "pernicieux" selon l’"Asian Tribune", cette formation, créée il y a dix mois, connaît un succès populaire "inquiétant", explique Raphaël Liogier.

Retrait du label halal

Surfant sur l’idée d’une crise identitaire inéluctable, le BBS a réussi à étendre son influence sur le terrain politique. Mieux : le 11 mars, il a obtenu le retrait du label halal sur les viandes commercialisées dans le pays. Les industriels de l'alimentation au Sri Lanka fabriquent en effet depuis longtemps tous leurs produits en utilisant des méthodes halal, pour une question de coût principalement.

Les moines bouddhistes ne comprenaient pas pourquoi la minorité religieuse contraignait la majorité de la population à consommer des aliments préparés selon les préceptes de l'islam. Après une longue campagne de boycott, ils ont donc fait plier la "All Ceylon Jamiyyathul Ulama" (ACJU), la principale organisation islamique de l’île, qui a justifié cette décision historique au nom de la paix entre les religions. "Comme dans toutes les croyances, on s’aperçoit qu’il existe dans le bouddhisme une frange ultra-radicale qui va à l’encontre du fantasme collectif selon lequel seuls les musulmans peuvent connaître ce degré d’extrémisme", précise Raphaël Liogier.

Reste à savoir si cette radicalisation reflète une crise ponctuelle ou est le symptôme d’un bouleversement idéologique plus profond en Asie du Sud-Est. "Ce qui me préoccupe, c’est que ces tensions s’étendent en Birmanie où l’on constate des similitudes avec les violences au Sri Lanka. Et je crains, en fait, que la crise d’identité que traverse le pays n’en annonce une bien plus profonde, qui touchera dans les prochaines décennies tous les pays d’Asie du Sud-Est", conclut Raphaël Liogier.

21 mars 2013

Liban: un état des lieux du salafisme - Entretien avec Romain Caillet

Liban: un état des lieux du salafisme - Entretien avec Romain Caillet

Propos recueillis par Olivier Moos, le 21 mar 2013

Islamologue de formation et spécialiste du salafisme, Romain Caillet termine une thèse en histoire contemporaine intitulée Les nouveaux muhâjirûn. L'émigration des salafistes français en «terre d'Islam», sous la direction de François Burgat, à l'Université de Provence/IREMAM.

D'abord implanté à Tripoli, le courant salafiste a progressivement pris de l'ampleur au Liban tout au long des années quatre-vingt-dix. A partir de 2005, toutes les expressions salafies ont voix au chapitre. Romain Caillet explique à Religioscope l'évolution et la situation du salafisme au Liban.

Salafisme, ou Salafiyyah, désigne une idéologie et un ensemble de mouvements sunnites islamiques modernes, de tendance littéraliste et puritaine, apparus dans la deuxième moitié du 19ème siècle en réaction à la propagation des idées européennes. Ce courant de pensée, recouvrant des mouvements aussi divers que le wahhabisme saoudien, des groupes jihadistes ou encore des tendances «légitimistes» (madkhalisme), appelle à la restauration d'une authenticité islamique par l'adhésion stricte aux principes et pratiques des textes et enseignements originaux.

Religioscope - Peut-on dresser une brève chronologie de l'implantation du salafisme au Liban ? Quelles ont été ses figures clefs ? Quel est la trajectoire historique du salafisme dans ce pays ?

Romain Caillet - Au Liban, le salafisme est d'abord apparu à Tripoli, ville où a grandi le théologien réformiste Muhammad Rashîd Ridâ (1865-1935), dont la revue al-Manâr, publiée au Caire, influencera le shaykh Muhammad Nâsir ad-Dîn al-Albânî (1914-1999), l'un des trois pères fondateurs du salafisme contemporain. Al-Albânî résidera lui-même plusieurs mois au Liban. Cependant, c'est un certain Sâlim Shahâl (1922-2008) qui fut le véritable fondateur du courant salafi au pays du Cèdre. Décédé à l'âge de 86 ans et formé par les oulémas de Médine, Salîm Shahâl fonde à son retour d'Arabie saoudite le groupe Shabâb Muhammad («jeunes de Muhammad») qui constitue la première formation salafie au Liban. Plusieurs personnalités de Tripoli, qui s'illustreront par la suite sur la scène islamique locale, notamment le shaykh Sa'îd Sha'bân (1930-1998), adhèrent alors à cette organisation, qui prendra par la suite le nom de «regroupement des musulmans» (Jamâ'at muslimûn), sans toutefois parvenir à incarner un véritable mouvement populaire.

Au milieu des années quatre-vingt, dans le contexte de la guerre civile libanaise, le fils de Sâlim Shahâl, prénommé Da'î al-Islâm, revient diplômé de l'Université islamique de Médine et en 1992 succède à son père vieillissant à la tête du salafisme tripolitain, toujours balbutiant à cette époque.

Tout au long des années quatre-vingt-dix, en fonction des aléas de la politique internationale et de l'état des relations diplomatiques entre l'Arabie saoudite, qui finance une partie des instituts salafis de Tripoli, et le régime syrien de Hafez Al Assad, dont l'armée occupe la capitale du Nord-Liban depuis 1985, le courant salafi prend progressivement de l'ampleur dans tout le pays. A partir de mars 2005, le départ des troupes syriennes, qui marque la fin du «protectorat» syrien sur le Liban, annonce une nouvelle ère pour les tenants du salafisme au pays du Cèdre. Avec l'avènement de la liberté d'expression au Liban, ce n'est plus seulement le salafisme inclusif et pragmatique de Da'î al-Islâm Shahâl qui a droit au chapitre mais toutes les expressions salafies, y compris celle du courant jihadiste, dont les partisans libanais expatriés à l'étranger sont sur le chemin du retour.

Durant l'été 2005, quelques mois après le départ du dernier soldat syrien présent au Liban, le très médiatique Omar Bakri, lassé du harcèlement policier dont il fait l'objet en Grande-Bretagne, décide de s'installer définitivement au Liban, dont il est d'ailleurs originaire.

Un an plus tard, en 2006, c'est le shaykh Sâlim ar-Râfi'î, considéré comme le chef de file du salafisme en Allemagne, et auteur d'ouvrages recommandés par le plus prestigieux des oulémas saoudiens, l'ancien Grand Mufti 'Abd al-'Azîz b. Bâz (1912-1999), qui fait son retour à Tripoli, dont il deviendra l'une des personnalités les plus influentes…

La suite : Religioscope 

19 mars 2013

Les musulmans de la RDC sont en colère

Les musulmans de la RDC sont en colère

Colère à cause d’un arrêté de la ministre de la justice et des Droits humains daté du 1er mars courant et qui suspend pendant trois mois les activités de la Communauté Islamique au Congo (COMICO) sur toute l’étendue du territoire national.

Et pour quel motif ? A cette question, le secrétaire général de la COMICO, Moussa Kalema Sangolo Zaku explique que la décision de Wivine Mumba Matipa est liée au conflit qui oppose des membres de la communauté Ouest africaine en RDC.

La querelle porte sur une mosquée située sur l’avenue Usoke numéro 90 dans la commune de Kinshasa, a signalé Moussa Kalema au cours d’une conférence de presse qu’il a animée hier mardi 12 mars au siège de la COMICO sur l’avenue des Huileries dans la commune de Lingwala.

Ladite mosquée abrite le siège du Comité islamique au Congo qui réunit essentiellement les musulmans expatriés originaires des pays de la Communauté économique pour le développement de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), communauté qui porte d’ailleurs la même dénomination et qui dispose d’une personnalité juridique ainsi que d’un statut confessionnel lui délivré en 2006 au même titre que la COMICO.

A entendre Moussa Kalema, la propriété de la mosquée querellée est revendiquée par deux groupes de cette communauté ouest africaine qui, a-t-il dit, ne se sont pas entendus sur sa gestion et sur bien d’autres sujets, notamment l’exclusion dont font l’objet des sujets congolais au sein de cette communauté...

14 mars 2013

Qui contrôle les finances des Habous ?

Qui contrôle les finances des Habous ?

Par Ahmed Benseddik, le 13 mars 2013

Se pourrait-il que les Habous, qui gèrent les legs et donations religieuses, soient réduits à une affaire exclusivement spirituelle, régie par des textes juridiques et par la jurisprudence ou seraient-ils plutôt, affaire de gestion administrative, d'investissements immobiliers, d'appels d'offres, d'adjudications, de marchés et de budget et in fine de transparence, de bonne gouvernance et de mécanismes de contrôle ?

Quelle justification apporter au fait qu'au vingt et unième siècle, persiste cette anachronie qui voudrait que soit confié au ministère des affaires islamiques, cet intendant des lieux de cultes, ce superviseur du calendrier lunaire, ce grand ordonnateur des compétitions de récitation du Coran et de la campagne de pèlerinage des lieux saints, la mission délicate de veiller, de surcroît, sur le patrimoine des Habous et de le faire fructifier ?

Le débat n'en finit plus d'agiter la société civile et la presse, particulièrement depuis la vente en 2005 à vil prix d'une parcelle de terrain Habous de 40.376 m², en zone touristique de Taroudant, à Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi. Un terrain payé par l'intéressé cinquante (50) dirhams le mètre carré et qui en valait, en réalité, quatorze à vingt fois plus, puisqu'il se négociait entre sept cents (700) et mille (1000) dirhams. L'opacité dans la gestion de ces biens n'est donc plus à démonter.

Pour fixer un peu les idées sur la taille du patrimoine en question, rappelons seulement que le ministre des Habous avait, lors d'une interview avec le quotidien Le Matin en date du 30 juin 2010, évoqué 200.000 hectares de terrain et 46.000 locaux commerciaux. Sans parler des immeubles et autres éléments fonciers.

1. Pour un pays qui se targue d'avoir une Cour des comptes et une inspection générale des finances, on peut légitimement s'interroger sur les raisons qui empêchent ces deux organismes de se pencher sur la gestion de ce patrimoine.

2. Le 23 Février, 2010, par Dahir n° 1.09.236, publié sur le Bulletin Officiel n° 5847 du 14 Juin 2010, était instauré le code des Habous dont l'article 157 instituait la création du «Conseil supérieur pour le contrôle financier des Habous». Sauf que le code ne spécifie pas explicitement le retrait de la prérogative de ce contrôle à la Cour des comptes. Pourquoi donc laisser persister une telle dichotomie et quel en est le but ?

3. L'Article 41 de la nouvelle constitution, qui traite de la Commanderie des croyants évoque le «Conseil supérieur des Oulémas» comme seule instance habilitée à prononcer des consultations religieuses (fatwas). Dès lors qu'aucune allusion ni référence n'y est faite au «Conseil supérieur pour le contrôle financier des Habous», on pourrait peut-être en déduire légitimement que ce dernier n'a aucune vocation spirituelle ou religieuse.

4. Le Titre X de la nouvelle constitution est consacré à la Cour des comptes. Les articles 147 jusqu'à 150 définissent les prérogatives de celle-ci. On peut notamment lire dès les premières lignes que «La Cour des Comptes est l'institution supérieure de contrôle des finances publiques du Royaume. Son indépendance est garantie par la Constitution.». Le fait qu'il ne soit fait mention d'aucun autre organisme n'est pas anodin. «La Cour des Comptes a pour mission la consolidation et la protection des principes et valeurs de bonne gouvernance, de transparence et de reddition des comptes de l'Etat et des organismes publics.». Pas un mot sur une éventuelle exception pour l'administration des Habous. La constitution oblige la Cour des comptes à publier «l'ensemble de ses travaux y compris les rapports particuliers et les décisions juridictionnelles».

5. Dans son Titre XII, consacrée à la bonne gouvernance, la constitution dit que «Les services publics sont organisés sur la base de l'égal accès des citoyennes et citoyens, de la couverture équitable du territoire national et de la continuité des prestations rendues. Ils sont soumis aux normes de qualité, de transparence, de reddition des comptes et de responsabilité, et sont régis par les principes et valeurs démocratiques consacrés par la Constitution». Suit alors la liste des institutions concernées par la bonne gouvernance:

- le Conseil national des droits de l'Homme, - le Médiateur, - le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger, - l'Autorité chargée de la parité et de la lutte contre toutes formes de discrimination, - la Haute autorité de la communication audiovisuelle, - le Conseil de la concurrence, - l'Instance nationale de la probité, de la prévention et de lutte contre la corruption, - le Conseil Supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique, - le Conseil consultatif de la famille et de l'enfance, - le Conseil de la jeunesse et de l'action associative.

Une fois de plus le contrôle des biens Habous passe à la trappe. Se pourrait-il que l'administration en question ait été soustraite, par la grâce de la nouvelle constitution, au Service public ? Si oui, pour quelles raisons ?

6. Retour au code des Habous, où l'on peut lire en préambule : «L'objectif est de rassembler les éléments dispersés de la jurisprudence en la matière, résoudre les incohérences en opérant des arbitrages nécessaires et remettre de l'ordre dans les dispositions juridiques aussi bien sur la forme que sur le fond. Cet effort permettra de garantir la conformité au droit islamique tout en veillant à la modernisation nécessaire. Grace à ce code, le domaine des Habous sera doté des instruments juridiques modernes qui garantissent la protection nécessaire, les systèmes efficaces de gestion pour une bonne exploitation qui cherche le meilleur profit. Les modes et choix d'investissement permettront au Habous de contribuer aux projets de développement économique et social ...»

Bien que les prérogatives dévolues au Conseil comprennent la proposition de toute mesure qui améliore la gestion financière des Habous selon les principes, de la transparence et de la bonne gouvernance, et bien qu'il lui soit imparti le rôle d'un audit annuel, dont le rapport est remis au roi et au ministre concerné, rien dans le texte n'oblige le conseil à diffuser ses conclusions, mettant sérieusement en doute la volonté de transparence.

7. L'article 158 du fameux Code, spécifie la composition des membres du Conseil. Il prévoit un Président, un Secrétaire Général, un représentant du Conseil Supérieur des Oulémas, une personnalité parmi les docteurs de la loi islamique choisie pour sa connaissance approfondie des affaires des Habous, un juge ayant grade de président de chambre à la Cour des comptes, un conseiller juridique expert des Habous, un expert comptable inscrit à l'ordre des experts comptables ainsi que trois personnalités reconnues pour leur compétence en matière de gestion administrative et financière. Autant de personnalités nommées par Dahir, à l'exclusion de tout autre instrument et sans que soit spécifiée ni la durée de leur mission, ni les modalités d'ouverture sur les composantes de la société civile concernées par la bonne gouvernance et la protection des deniers publics. Avec tous ces pouvoirs, autant le dire, le Palais garde une mainmise totale sur le Conseil.

Beaucoup plus surprenant, un des membres du Conseil Supérieur de contrôle financier des Habous se trouve juge et partie puisqu'il est également président de chambre à la Cour des comptes, la quelle chambre est chargée, entre autres, du contrôleur financier du Ministère des Habous... Le Maroc aurait-il également besoin d'un conseil supérieur de la crédibilité et de la lutte contre les entourloupettes ?

8. Quel est le bilan de ce Conseil depuis sa création en 2010 ?

Dans son édition numérique du 11 mai 2012, le quotidien «Attajdid» nous informait que le Docteur Ahmed Ramzi, Président du Conseil Supérieur de contrôle financier des Habous et son équipe avaient intégré, en 2011, les locaux qui leur étaient réservés. Dans la même livraison, il était fait état de l'organisation d'une journée de sensibilisation afin de faire connaître le Conseil et ses compétences aux cadres du ministère. Au cours de cette même période que l'on pourrait qualifier de préliminaire, le Conseil a tenu un certain nombre de réunions dans le but d'examiner les décisions et textes qu'il aurait préparé ou qui lui auraient été soumis pour avis. Ils concernent l'organisation financière et comptable, le modèle du budget annuel des Habous, le code des marchés des Habous. Le Conseil a également été saisi d'un projet de décret du ministre des Habous et des affaires islamiques, concernant l'émission d'obligations des Habous ainsi que les modalités de collecte des fonds en vue de la réalisation de projets à caractère religieux, scientifique ou social.

Le même journal, dans son édition numérique du 19 décembre 2012, poursuit : «Le ministère des Habous et des Affaires islamiques annonce que le Conseil a commencé cette année a exercer les prérogatives qui lui ont été assignées en vertu du Code des Habous, en tant d'organisme indépendant de contrôle, d'orientation et du renforcement du contrôle interne. En réalité, le Conseil n'a pu entamer son travail de contrôle, occupé qu'il est à mettre en place les textes organiques, alors que certains n'hésitent pas à parler de manœuvres d'obstruction menées par ceux à qui le statut quo profite. Dans un souci de perfectionnement certains membres du Conseil ont bénéficié d'un stage de formation organisé par l'institut international des legs islamiques de Malaisie.»

Au même moment, la MAP faisait état, le 20 décembre 2012, du décès du président du Conseil, le Docteur Ramzi.

Qui sera son successeur ? Sera-t-il nommé par le roi en contradiction totale avec la nouvelle constitution qui n'a pas intégré cette nomination parmi celles qui incombent au chef de l'Etat ?

Autant de questionnements qui, nous l'espérons, pousseront les spécialistes à nous éclairer de leurs lumières.

07 mars 2013

La minorité musulmane dans le Royaume du Swaziland

La minorité musulmane dans le Royaume du Swaziland

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IslamWeb, le 07 mars 2013

Le Royaume du Swaziland est un pays se situant à l’intérieur des terres du continent africain, il se situe exactement au sud de ce dernier, il est entouré par l’Afrique du Sud au nord, au sud et à l’ouest, et à l’est, il partage sa frontière avec le Mozambique. Le nombre d’habitants de ce petit royaume atteint les un million et demi, il est devenu un protectorat britannique depuis l’année 1881, il faudra attendre 1968 pour que le Swaziland obtienne son indépendance.

Les deux langues officielles de ce petit pays sont l’anglais et le swati, sa capitale est la ville de Mbabane, son économie est essentiellement basée sur la culture du riz, du maïs, du coton et de la canne à sucre, par ailleurs, ce pays pratique l’élevage de bovins et de chèvres notamment ; les produits de cette économie agricoles destinés à l’exportation sont majoritairement vendus aux pays voisins : le Mozambique, mais surtout l’Afrique du Sud (9/10e des exportations totales).

Il est à noter que les habitants du Royaume sont très majoritairement des Africains (97 %), même si l’on trouve quelques Européens (3 %). Les religions pratiquées au Swaziland sont les suivantes : on trouve 70 % de catholiques, 20 % de musulmans et 10 % de pratiquants de diverses religions (animisme, judaïsme, etc.). L’Islam s’est implanté récemment au Royaume du Swaziland via notamment l’émigration de populations pratiquant cette religion issues d’Afrique du Sud et du Mozambique, ces populations étaient notamment constituées de commerçants qui ont, en plus de faire des affaires, entrepris un travail de prédication auprès des populations locales. La prédication islamique a commencé à fonctionner de manière officielle à partir de 1989.

Les problèmes rencontrés par les musulmans du pays :

Parmi les principaux problèmes rencontrés par les musulmans du Swaziland on trouve entre autres :

1 – Une désunion des rangs musulmans dans le travail islamique et donc une absence d’un front uni et commun travaillant comme un seul homme à l’organisation de structures adaptées pouvant relever les défis faisant face à la communauté, et ce, de manière officielle et en partenariat avec les représentants du pouvoir du pays.

2 – Les musulmans doivent également relever le défi des divisions religieuses au sein de leur propre communauté provoquées par le travail incessant de sectes religieuses comme la Qâdiyâniyya ou le Chiisme, lesquelles sont très répandues en Afrique de manière générale et au Swaziland en particulier.

3 – Organisation d’un système de séparation forcée des diverses ethnies du pays, ce qui favorise beaucoup les sentiments racistes et empêche les musulmans de se réunir sur la base de leur foi commune malgré leurs origines ethniques diverses.

4 – Absence d’un système d’enseignement islamique unifié au Swaziland, ce qui favorise la désunion des musulmans et la confusion, et par conséquent le refus du gouvernement d’officialiser ces trop nombreux systèmes d’enseignement.

5 – L’insuffisance d’organisations ou d’institutions communautaires fournissant des livres islamiques en langue anglaise ou en langue swati, car en effet la demande des musulmans dans ce domaine est extrêmement forte.

6 – Présence de profondes divergences entre les différentes organisations islamiques et absence d’une vision à long terme de ces organisations.

7 – Absence d’institutions ayant pour mission de prêcher l’Islam aux Africains noirs.

8 – Faiblesse des organisations islamiques de prédication face au dangereux et efficace dynamisme des mouvements d’évangélisation qui sont pour la plupart financés et organisés par des Américains.

9 – Immenses efforts, et notamment financiers, consentis par les mouvements évangélistes dans les domaines de la santé et de l’agriculture en direction des populations musulmanes, évidemment avec l’arrière-pensée de la prédication, alors que dans le même temps les organisations islamiques n’ont ni les moyens ni la logistique d’occuper ces terrains-là.

Si les différents problèmes que nous venons de soulever peuvent s’appliquer à de nombreux pays africains où les communautés musulmanes sont minoritaires, désunies et assez faibles, les musulmans du Royaume du Swaziland rencontrent des problèmes qui leur sont spécifiques, et parmi ces derniers on trouve le grave problème du Sida. En effet, le problème de la grande diffusion du Sida dans ce petit pays est l’un des problèmes les plus dangereux menaçant les musulmans, il faut savoir que le Swaziland est l’un des pays du monde où l’espérance de vie est la plus faible (49,42 ans estimation 2012), principalement car c’est aussi le pays du monde où le taux de prévalence chez les adultes du Sida est le plus élevé, avec 25,9%. Face à ce qu’il faut bien appeler une véritable épidémie, le gouvernement du Swaziland a opté entre autres pour une solution islamique, c’est-à-dire qu’il a rendu obligatoire la circoncision de tous les hommes, ce qui doit avoir pour conséquence de limiter considérablement les nouvelles contaminations, car en effet il a été démontré scientifiquement que la circoncision est un frein à la transmission de cette maladie sexuellement transmissible.

Pour finir sur une touche un peu plus positive et optimiste voici la liste des principales organisations islamiques sud-africaines qui ont des branches et succursales dans le Royaume du Swaziland : le Centre de prédication islamique mondiale, le Comité des jeunes musulmans, le Haut comité de jugement, le Mouvement des jeunes musulmans, le groupe des oulémas, le Mouvement Tabligh, le Mouvement de la prédication islamique ou encore le Centre islamique : Nûr al-Islâm.

Evidemment même si la présence de ces diverses organisations est plutôt une chose positive, comme nous l’avons rappelé dans l’article leur principal problème est la désunion, si les musulmans du Swaziland veulent s’organiser et devenir une force qui compte politiquement et économiquement, ils n’ont d’autre choix que de s’unir et essayer de parler d’une seule voix. Nous sommes bien conscients que le nerf de la guerre reste l’argent, et par conséquent cette réorganisation de la communauté musulmane ne pourra se faire qu’avec des soutiens financiers extérieurs, en somme, ils doivent communiquer sur leur situation pour attirer l’attention des pays musulmans économiquement prospères avec lesquels des partenariats économiques seraient possibles. Il faut bien voir que pendant que nous musulmans dormons, les mouvements évangélistes, qui sont des officines américaines, eux, ont fait de l’Afrique un terrain de chasse, ils y convertissent hélas de nombreux musulmans grâce à leurs dollars et à leur organisation bien huilée. Enfin, une diffusion au Swaziland d’un Islam bien compris et pratiqué correctement aurait pour vertu de freiner l’épidémie du Sida, pas seulement grâce à la circoncision des hommes, mais surtout parce que l’Islam est un système de valeur vivant et dynamique qui éloigne les individus de ces turpitudes, il donne un sens à la vie et une éthique équilibrée et saine. Le Sida fait son nids et se développe dans les sociétés où les individus ne croient en rien et sont dans une recherche désespérée du plaisir charnel qui est fugace et illusoire. Les chiffres nous disent que les habitants du Swaziland sont majoritairement catholiques, mais cette épidémie de Sida effrayante qui touche ce petit pays est la preuve que l’Eglise a complètement échoué dans sa mission, elle n’a pu convaincre ces populations de suivre une voie qui les écarteraient de ce fléau. En conclusion et au risque de nous répéter, il paraît évident que seul l’Islam peut sauver ces populations d’un fléau endémique qui les aura bientôt anéantis si elles ne se réforment pas radicalement.

13 février 2013

Indonésie: une fatwa contre les ralentisseurs sur les routes

Indonésie

Une fatwa contre les ralentisseurs sur les routes

Par Vincent Souriau, le 13 février 2013

Une fatwa fait sensation en Indonésie. Cet avis, émis par la plus haute instance religieuse du pays, le Conseil indonésien des Oulémas, proclame que les ralentisseurs sur les routes ne sont pas conformes aux valeurs de l’islam. Une décision surprenante pour cette institution religieuse déjà très controversée.

Difficile de voir le rapport entre l’islam et les ralentisseurs de vitesse. Peu de monde en Indonésie est parvenu à comprendre cette prise de position. Et pourtant, c’est une fatwa recommandée en bonne et due forme par le Conseil des Oulémas, l’instance suprême en matière religieuse en Indonésie. Sachant que le pays compte plus de 200 millions de musulmans, ce sont des avis qui comptent.

Ces dignitaires religieux viennent donc de déclarer que les ralentisseurs devaient être bannis dans la province de Kalimantan, sur l’île de Bornéo, au motif qu’ils empêcheraient les voitures et les deux-roues de circuler librement et qu’ils causeraient des accidents. Une décision très sérieuse, puisque le chef du Conseil des Oulémas dans cette région fait référence au prophète Mahomet, qui aurait dit en son temps qu’aucun obstacle n’est censé obstruer la circulation dans les rues.

En théorie, ce n'est pas vraiment le rôle du Conseil des Oulémas de rendre ses avis dans des domaines aussi inattendus. Mais ces dernières années, on a vu émerger un florilège de fatwas presque surréalistes : interdiction de pratiquer le yoga, défense de se mettre du gel dans les cheveux, de lancer des feux d’artifice ou encore de trop regarder les talk-shows à la télévision. Avec, à chaque fois, des raisons très solennelles mises en avant par le Conseil, qui considère que ces activités sont inadmissibles pour un bon musulman.

Mais il y a eu aussi des avis beaucoup moins légers, avec des positions très conservatrices sur le mariage inter-religieux ou la promotion de l’excision pour les jeunes filles. En 2005, les autorités religieuses avaient même été jusqu'à comparer la laïcité et le libéralisme à des maladies sexuellement transmissibles.

Ces décisions sont pour le moins compliquées à suivre pour les fidèles alors qu’en théorie, le Conseil des Oulémas avait été créé dans les années soixante-dix comme une autorité morale indiscutable pour que les politiques publiques en Indonésie s’inspirent des vertus de l’islam.

Sauf qu’aujourd’hui, les fatwas comme celle sur les ralentisseurs, font sourire même les pratiquants. Et en parallèle, les recommandations très conservatrices ont repoussé une bonne partie des Indonésiens qui cultivent un Islam modéré et tolérant comme c’est la tradition en Indonésie.

Publiquement, aucun musulman ne remettra en cause les décisions des Oulémas, mais en réalité, c’est devenu une instance qui fait rire ou pleurer, mais qui a perdu une grande partie de son influence sur les Indonésiens.

06 février 2013

Peut-on participer aux élections dans les terres des mécréants ?

Peut-on participer aux élections législatives dans les terres des mécréants ?

Fatwa du Cheykh Abou Muhammed al Maqdissi

Au nom d’Allah, louanges à Lui, et que la paix et les bénédictions soient sur Son dernier Messager.

Assalamu ‘Alaykum Wa Rahmatullahi Wa Barakatuh,

Ce que nous croyons et prenons comme religion, est que cette participation aux assemblées législatives est du Kufr et du Shirk en Allah, que cela soit dans les états d’apostasie qui sont appelés Islamique ou bien dans les terres originales de Kufr, et ceci parce que ces assemblées donnent le droit de légiférer sans limite aux hommes, et non à leur Seigneur, et les preuves qu’un tel acte fait partie des claires Mukaffirat (actes de mécréance) et des annulations de l’Islam, sont nombreuses, et nous les avons mentionnées en détails dans nos livres Ad-Dimuqratiyyah Din (la Démocratie est une Religion), Kashf An-Niqab (Enlever le Voile) et d’autres.

La raison de faire le Takfir de ces assemblées n’est pas seulement due au serment qu’ils font. Mais plutôt, il y a de nombreuses causes inévitables de Takfir, et nous les avons mentionnées dans les livres cités plus haut; la plus dangereuse de ces (causes) est le fait d’accepter le droit que la constitution accorde au membre, pour légiférer sans limite, et continuellement, et ceci est du Kufr clair que le membre (du parlement) légifère après ou non.

Et aussi, il y a le fait d’aller chercher le jugement chez le Taghout, suivre une autre voie que celle des croyants, chercher une religion et une méthodologie autre que l’Islam, donner autorité aux Kufar sur les mécréants, s’asseoir avec les Kufar pendant qu’ils se moquent des Ayat d’Allah, sans Ikrah (contrainte) ainsi que d’autres choses parmi les Mukaffirat, dont les preuves sont connues du Livre et de la Sunnah, et nous les avons mentionnées autres part.

Si tu réalises cela, et (réalise) que le plus grand des Masalih (bénéfices) de cette entière création est l’application du Tawhid et la Bara’ah (désaveu) du Shirk et des associés (pris en dehors d’Allah) – et c’est se tenir fermement sur Al-Urwatul-Wuthqa (l’anse la plus solide de), Laa Ilaha Ill-Allah – ainsi que de repousser le mal (Mafsadah) du Shirk, et Allah pardonne tout sauf ça, alors il n’est pas permis de mettre un avantage en tête de cela, parmi les nombreux soi-disant avantages dans la religion et la Dunya.

C’est ce que nous croyons et prenons comme religion d’Allah dans cet aspect de la religion, et nous savons que beaucoup de personnes ne sont pas d’accord avec nous, et nous te conseillons ainsi qu’à tous les Musulmans de délaisser pour Allah ce Shirk et ce Kufr clair, et de ne pas y tomber à cause des Fatawa de ceux qui le permettent, délaissez ceux qui l’obligent; et celui dont Allah n’accorde pas la lumière (guidée), alors il n’y a aucune guidance pour lui.

Qu’Allah facilite tout le bien pour nous et pour vous, ainsi que pour tous les Musulmans.

28 janvier 2013

Le «capitalisme extrême» des Frères musulmans

Le «capitalisme extrême» des Frères musulmans

Par Gilbert Achcar, (aperçu), février 2013

Aux affaires en Egypte, les Frères musulmans ne peuvent plus se contenter du slogan «L’islam est la solution». Car leur politique libérale risque de susciter de fortes oppositions.

Monsieur Khairat Al-Shater est le numéro deux des Frères musulmans, et le représentant de son aile la plus conservatrice. Quant au richissime Hassan Malek, après avoir débuté dans les affaires en partenariat avec M. Al-Shater, il dirige aujourd’hui avec son fils un réseau d’entreprises dans le textile, l’ameublement et le commerce employant plus de quatre cents personnes. Ces deux hommes incarnent bien le credo économique des Frères musulmans en faveur de la libre entreprise, qui se conforme davantage à la doctrine néolibérale que la forme de capitalisme développée sous la présidence de M. Hosni Moubarak.

Le portrait de M. Malek dressé par Bloomberg Businessweek aurait pu s’intituler «L’éthique frériste et l’esprit du capitalisme», tant il semble paraphraser l’ouvrage classique du sociologue Max Weber. Les Malek, explique le magazine, «font partie d’une génération de conservateurs religieux ascendante dans le monde musulman, dont la dévotion stimule la détermination à réussir dans les affaires et la politique. Comme le dit Malek :Je n’ai rien d’autre dans ma vie que le travail et la famille. Ces islamistes posent un formidable défi à la gouvernance laïque dans des pays comme l’Egypte, non seulement à cause de leur conservatisme, mais aussi en raison de leur éthique de travail, de leur détermination et de leur abstention apparente du péché de paresse. (…) “Le fonds de la vision économique de la confrérie, s’il fallait la définir d’une façon classique, est un capitalisme extrême”, dit Sameh Elbarqy, ancien membre de la confrérie».

Ce «capitalisme extrême» se manifeste dans le choix des experts en économie participant à l’assemblée chargée de rédiger le projet de Constitution égyptienne, largement dominée par les Frères musulmans et les salafistes, et boycottée par l’opposition libérale et de gauche. «M. Tareq Al-Dessouki est un homme d’affaires, député du parti Nour [salafiste]. Il dirige la commission économique du nouveau Parlement et a pour mission de résoudre les conflits éventuels ...

21 janvier 2013

La fraternité en temps de crise : le cas des Rohingyas – musulmans de Birmanie

La fraternité en temps de crise

Le cas des Rohingyas – musulmans de Birmanie

Par Hanan Ben Rhouma, le 20 janvier 2013

Les souffrances des Rohingyas – musulmans – de Birmanie vont-elles finir par être entendues ?  C’est du moins ce qu’espère le Collectif Halte au massacre en Birmanie, dont la notoriété grandit depuis sa création en juin 2012, au lendemain des nouvelles exactions commises dans l’Etat d’Arakan. Sensible au travail accompli, Tariq Ramadan leur a prêté main forte en dénonçant les massacres et en mettant les musulmans face à leurs responsabilités.

«La fraternité en temps de crise : le cas des Rohingyas – musulmans de Birmanie.» Tel a été le thème de la conférence organisée dans l’Espace Chevreul de Nanterre (Hauts-de-Seine), dimanche 13 janvier, par le Collectif Halte au massacre en Birmanie, la seule structure à ce jour en France qui se mobilise pleinement contre le sort infligé aux minorités musulmanes du pays.

Sur le millier de personnes que pouvait accueillir la salle, seules 300 personnes ont répondu à l’appel du collectif, qui s’est pourtant donné les moyens d’attirer du monde en invitant Tariq Ramadan, qui draine habituellement des foules. La faute à la manifestation anti-mariage pour tous, qui a attiré, au même moment, jusqu’à un million de manifestants dans les rues parisiennes ?

Pas vraiment puisque les musulmans, premier public visé par les organisateurs de la conférence, ont été peu nombreux à avoir rejoint la «Manif pour Tous». Un signe malheureux que le sujet des Rohingyas ne mobilise pas encore en France, où le black-out médiatique est manifeste, alors même que la fraternité est un impératif en islam. Il n’en reste pas moins que la conférence fut de qualité, oscillant entre témoignages de terrain et analyses de la situation pour mieux comprendre la réalité vécue par les musulmans mais aussi les chrétiens birmans persécutés.

Une épuration ethnique et religieuse à l'oeuvre

«On n’a pas le droit de sélectionner les opprimés, on n’a pas le droit de dire que les seuls opprimés qui nous touchent sont Palestiniens ou ceux dont parlent les médias», indique M. Ramadan, qui fut sans conteste l’intervenant le plus attendu. «Il faut qu’on ait une position de principe claire : partout où il y a de l’oppression, (…) ce n’est pas par l’émotivité médiatique qu’il faut s’engager mais par la connaissance approfondie des faits.»

Il appelle ainsi à «développer une conscience plus politique qu’émotive» face à «une politique génocidaire et discriminatoire» envers les populations musulmanes de Birmanie qui a commencé depuis bien longtemps, 1982 étant une date clé pour l’histoire des Rohingyas : c’est alors que cette minorité se voit priver de sa citoyenneté. Une décision qui entre dans le cadre d’une politique d’homogénéisation culturelle et religieuse au profit des seuls bouddhistes.

Un soutien juridique indispensable

«Ils veulent un soutien juridique de la communauté internationale pour qu’ils aient une carte d’identité» au même titre que les autres citoyens, insiste Mouna Dérouiche, qui témoigne inlassablement des conditions de vie terrible des musulmans qu’elle a constaté lors de sonvoyage en novembre dans l’Etat d’Arakan. Pour appuyer son témoignage, deux Rohingyas ont été invités à intervenir auprès du public.

A choisir, «ce se sont eux (les Rakhines bouddhistes, ndlr) les immigrés illégaux, pas nous», déclare Maung Hla Aung, faisant remarquer que l’Etat d’Arakan était indépendant jusqu’à l’invasion en 1784 opérée par le roi birman Bodawpaya. Une terre sur laquelle les Rohingyas, descendants de marchands arabes, vivent depuis des siècles et dont il n’est pas question de s’en aller. Les exactions à leur encontre, qui se sont multipliées depuis juin 2012, ont tout de même provoqué, outre les centaines de morts, le déplacement de 200 000 personnes, selon des estimations.

«Le sang palestinien n’a pas plus de valeur que le sang de mes frères de Birmanie. La liberté ne peut pas être divisée, elle appartient à toute l’humanité», martèle Ibrahim Bornat, un militant palestinien du village de Bil’in, en Cisjordanie. Un rappel fraîchement applaudi par l’assemblée qui en précède une autre de M. Dedomy : «faire que ce combat pour les Rohingyas soit un combat politique universel».

Le mutisme coupable d’Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi, qui incarne le combat pour la démocratie en Birmanie, en prend sérieusement pour son grade. Pour M. Ramadan, son mutisme «n’est pas du tout à son honneur», qualifiant sa position de «lâche».

Frédéric Dedomy, un spécialiste des questions birmanes, est plus nuancé. Affirmant l’avoir rencontré l’an passé, il explique qu'Aung San Suu Kyi n’a «clairement pas de haine envers les Rohingyas» mais ne s’est pas prononcée ouvertement pour la reconnaissance des Rohingyas. Pour lui, la peur de «perdre une popularité qui lui permet de faire avancer son projet politique pour la démocratie» a pris le dessus. Une attitude que l’expert est aussi à même de critiquer mais «si hier, elle était une icône, il ne faut pas aujourd’hui la jeter aux orties».

Cependant, les Rohingyas, qui pensaient trouver en elle une défenseuse de leur cause, sont déçus de son attitude et continuent d’espérer que la communauté internationale se saisisse véritablement de la question, autrement que par l’adoption d’une résolution non contraignante pour les autorités birmanes. Le Collectif Halte au massacre en Birmanie interpelle les musulmans et les citoyens français sur leurs responsabilités dans leur silence face à cette répression oubliée.

17 janvier 2013

Le Moudjahid Oumar Ould Hamaha Porte paroles de l’organisation Mujao s’adresse à la France

Le Moudjahid Oumar Ould Hamaha, porte-paroles de l’organisation Mujao, s’adresse à la France

Des salafistes marocains fustigent la "croisade" française au Mali

Des salafistes marocains fustigent la "croisade" française au Mali

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AFP, le 16 janvier 2013

Plusieurs dignitaires salafistes au Maroc ont vivement dénoncé mercredi l'intervention militaire de la France au Mali, la qualifiant de "croisade", et traitant "d'impies" tous les musulmans qui y participent directement ou indirectement.

"Aucun Etat islamique ne doit fournir de facilités, comme l'utilisation des espaces aériens, à des Etats non musulmans contre un Etat musulman. C'est formellement interdit par l'islam", a écrit Omar Haddouchi, un célèbre cheikh salafiste marocain sur sa page officielle Facebook.

L'Algérie et le Maroc ont autorisé le survol de leur territoire par les avions militaires français engagés depuis près d'une semaine au Mali.

"Quiconque a fourni de l'aide aux non-musulmans est considéré comme un impie", a encore affirmé M. Haddouchi.

Un autre salafiste, le cheikh Mohamed Rafiki, a écrit, également sur sa page officielle Facebook qu'il "ne faut en aucun cas soutenir les forces occupantes dans leur agression contre des pays musulmans".

"Aucun étranger n'a le droit de s'immiscer dans les affaires intérieures d'un Etat musulman, quelqu'en soit le prétexte", a renchéri Hassan Kettani, un des salafistes les plus connus au Maroc.

Ces cheikhs ont été condamnés à des peines de 10 à 30 ans pour incitation à la violence après les attentats de Casablanca de mai 2003, qui avaient fait 45 morts dont 12 kamikazes. Ils ont tous trois été graciés par la suite.

Selon le politologue Mohamed Darif, "il faut faire la différence entre le salafisme traditionnel et le salafisme jihadiste qui est très violent."

"Le premier est financé par l'Arabie Saoudite et le Qatar et le second, lui, est lié à Al-Qaïda", a-t-il affirmé à l'AFP.

Outre l'autorisation du survol de son territoire par les avions de l'armée française, le Maroc a exprimé sa solidarité avec le Mali.

"Le Maroc exprime sa solidarité (...) face à ces mouvements séparatistes qui menacent la paix et la sécurité non seulement au Sahel mais au-delà, au Maghreb et ailleurs", a déclaré à l'ONU le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la coopération, Youssef Amrani.