19 juin 2013

Christophe Oberlin : LA VALLÉE DES FLEURS

  LA VALLÉE DES FLEURS

Christophe Oberlin

Christophe Oberlin présente son nouveau livre LA VALLÉE DES FLEURS, une évocation de la déportation en 1992 de 417 palestiniens…

19:19 Écrit par Rachid Z dans Palestine occupée | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

17 juin 2013

"Qui dira le Kadish"

"Qui dira le Kadish"

(Des Pavés pour la mémoire)

Marian Handwerker 

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Pavé de la mémoire au n° 23 de l'avenue Clays, Bruxelles 

 En présence du réalisateur

Film documentaire présenté par le Pr Adolphe Nysenholc

Un homme sonne à une porte. Lui ouvre une femme d'origine maghrébine. Il est né dans cette maison, où ses parents ont été arrêtés en 1942. L'hôtesse croit qu'on a tué des Juifs dans la maison. Elle a peur chaque fois qu'elle va à la cave. Le fils des déportés la rassure. La pose des pavés de mémoire devant la porte de la rue attestera qu'ils ont été assassinés loin de là, à Auschwitz. Le film établit un dialogue entre de nombreux enfants survivants, qui rendent hommage à leurs disparus par ces pierres gravées, et les nouveaux immigrés.

Le film présente un nouvel aperçu de la Shoah. Il émeut, sans pathos. Avec lui, la ville brille de cailloux d'or, qui sont comme des étoiles, dont la lumière émane encore longtemps après leur extinction.

Les Mardis du Musée 18/06 de 12h30 à 13h30

Adresse et réservations

Musée Juif de Belgique

Rue des Minimes 21

1000 Bruxelles

02 512 19 63

edu@mjb-jmb.org 

www.mjb-jmb.org 

07 juin 2013

Une entreprise de sécurité installée au Maroc accusée de torture en Israël

Une entreprise de sécurité installée au Maroc accusée de torture en Israël

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Adam Sfali, le 07 Juin 2013

Une société privé de sécurité installée au Maroc et filiale d‘une multinationale du très lucratif secteur de sécurité privée au monde, a été accusé de torturer des palestiniens dans des prisons israéliennes.

La société ‘G4S’ dont le siège se trouve à Crawley au Royaume-Uni, fait l’objet d’une campagne internationale pour son boycott.

Selon le militant des droits de l'Homme, l'activiste marocain de confession juive Sion Assidon, cité par le quotidien du parti Istiqlal Al Alam, dans son tirage du vendredi 7 juin, la G4S qui a une antenne au Maroc et une autre, entre autres, en Israël, y est chargée notamment de la gestion des prisons et elle est accusé de sous-traitance de torture des détenus Palestiniens.

A noter que la G4S est une entreprise britannique de services de sécurité.

Avec 657 000 employés, la G4S est la 3e plus grande entreprise au monde en terme d'employés.

C'est également la plus grande société de services en termes de chiffre d'affaires.

10 mai 2013

Les signes du retour approches

Les signes du retour approchent

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18:10 Écrit par Rachid Z dans Palestine occupée | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15 avril 2013

RASSEMBLEMENT STOP AU BUSINESS DE L'OCCUPATION et DE LA COLONISATION DE LA PALESTINE

RASSEMBLEMENT STOP AU BUSINESS DE L'OCCUPATION et DE LA COLONISATION DE LA PALESTINE

L'aéroport de Bierset nous interpelle à plus d'un titre et nous voulons plus de transparence sur la nature exacte des cargaisons qui transitent ou partent de l'aéroport régional de Liège-Bierset, plus particulièrement en direction et en provenance d'Israël et de ses colonies.

Implantée dans le zoning de l'aéroport de Bierset, la société israélienne CAL-LACHS (Cargo Airlines-Liège -Cargo Handling Services) indique sur son site qu'elle est spécialisée dans le commerce de produits agricoles.

Un important partenaire commercial de CAL-LACHS, la compagnie agricole israélienne AGREXCO (Carmel) a fait faillite mais d'autres sociétés israéliennes comme MEHADRIN (Jaffa), EDOM, AVIV ... continuent à exporter ces produits par avions. Ils sont ensuite rapidement envoyés par camions vers les grands centres de distribution en Belgique et aux Pays-Bas ...et vendus comme si de rien n'était avec toutes sortes de labels cachant leur origine coloniale. Des tonnes de fleurs sont ainsi exportées via CAL-LACHS après avoir bénéficié d'une importante irrigation alors qu'Israël contrôle la quasi-totalité des ressources aquifères des territoires palestiniens et que le peuple palestinien est de plus en plus privé de cette ressource vitale.

Cette même société, CAL-LACHS, ne s'occupe pas que de légumes et de fleurs. Elle est également spécialisée dans le commerce et la logistique de pièces mécaniques, de produits dangereux, de produits toxiques, de drones ... et elle bénéficie de subsides européens en participant au programme de recherche européen dans le cadre du projet civilo-militaire iDetect 4 All. Sur cela aussi nous voulons plus de transparence et de contrôle démocratique.

Enfin, les questions que nous posons quant aux cargaisons civiles et militaires passant par l'aéroport liégeois débordent largement la cause palestinienne. Au vu des derniers incidents survenus à des avions cargo à Bierset et de plusieurs similitudes avec la situation à Schiphol Amsterdam lors du crash meurtrier d'un avion cargo de la compagnie israélienne El-Al en 1992, elles soulèvent en effet la question de la sécurité des riverains, des travailleurs et des passagers de l’aéroport.

Nous voulons :

- un accès au registre des douanes,

- davantage de contrôle sur les armes et les produits à usage militaire transitant par Liège-Bierset,

- le respect du code de conduite en matière d'armement

- que l'argent public ne serve pas à renforcer l'occupation et à la colonisation israélienne

- la justice en Palestine !

Rejoignez-nous cette année le 11 mai, alors que ces sociétés comptent profiter de la «fête des mères» pour vendre des tonnes de fleurs comme elles le font aussi à la «Saint-Valentin» en février.

À l’initiative de l’Association Belgo-Palestinienne section de Liège

Premiers signataires : ABP Wallonie-Bruxelles, la Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg, le Comité Verviers Palestine ...

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14 avril 2013

Conférence d'Omar Barghouti

Conférence d'Omar Barghouti

Histoire et perspectives de la campagne BDS contre l'apartheid israélien

Le 30 avril à l'ULB

Omar Barghouti, philosophe, chorégraphe et militant palestinien vivant à Rammallah, est une figure mondialement connue de la résistance civile palestinienne. Il est aussi et surtout un des membres fondateur de la campagne contre l'occupation et l'apartheid israélien «Boycott, Désinvestissement, Sanctions». La campagne BDS. Omar Barghouti donnera, à l'ULB, une conférence sur le l'histoire de la campagne BDS, ses réalisations, ses défis. Une attention particulière sera portée à la question du boycott accadémique.

- Qu'est-ce que le mouvement BDS ?

- Qui défend le BDS aujourd'hui ?

- Le BDS a-t-il déjà eu des effets sur la situation en Palestine et en Israël ?

- Quelles solutions le BDS défend-il pour la paix au Proche-Orient ?

- Le BDS est-il contre l'existence d'Israël ?

- Les universités belges peuvent-elle défendre la paix au Moyen-Orient tout en entretenant des relations avec des universités israéliennes ?

Cette conférence sera animée par Michel Collon, écrivain et journaliste indépendant. Fondateur du Collectif Investig’Action. Il est l'auteur, notamment, des ouvrages "Israël, parlons-en" et  "La stratégie du chaos".

Vous entendez des opinions différentes au sujet de la campagne BDS ? Vous vous posez des questions sur la pertinence de cette approche ? Pour entendre l'avis d'un acteur de terrain, venez écouter, poser vos questions, réagir.

Une conférence oragnisée par Comac, Intal, BDS-ULB et les JAC

Campus de l'ULB, av. Paul Héger – Auditoire H 2215 – le 30 avril 2013 à 19h30

Conférence en Anglais – Traduction simultanée possible mais nombre de casques limité.

Infos : 02/209.23.50 ou joaquim.dafonseca@intal.be

30 mars 2013

Les soldats vous disent merci !

Les soldats vous disent merci !

Tsahal, le 25 mars 2013

Vous avez été nombreux à envoyer un message de Pessah aux soldats via twitter. Nous avons transmis vos messages à un maximum de soldats de Tsahal. Beaucoup ont été étonnés et émus de recevoir tant de soutien de personnes à l’étranger et qui plus est, en quatre langues différentes : hébreu, français, anglais et espagnol. Merci à vous tous.

Vos encouragements sont appréciés et donnent le sentiment aux soldats de remplir une mission importante non seulement pour le pays d’Israël mais pour tout le peuple juif et bien plus encore. Il était impossible de vous transmettre les paroles de chaque soldat mais, en guise de merci, voila quelques photos des soldats qui ont lu vos voeux…

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15:42 Écrit par Rachid Z dans Palestine occupée | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Un seul Etat en Palestine : Problème de judaïsation ou de l'existence d'"Israël" ?

Un seul Etat en Palestine

Problème de judaïsation ou de l'existence d'"Israël" ?

Ibrahim Alloush, le 29 mars 2013

Le discours contre la "judaïsation d'Israël" se concentre sur deux voies : la voie futile de la négociation et la voie ferme de la résistance.

Certains partent du rejet de la judaïsation d'Israël pour finir par défendre la position d'un Etat pour tous ses citoyens, ou un Etat binational, et considèrent que cette solution est une riposte aux revendications d'identité juive pure de l'Etat d'Israël. Cette voie mène à :

1. Nier l'identité arabe de la Palestine pour considérer qu'elle appartient à tous ses citoyens, y compris à ses envahisseurs, ou à reconnaître une identité partagée juive et arabe.

2. Exiger de cohabiter avec l'envahisseur dans le cadre des droits du citoyen, qui remplacent la stratégie principale de libération par une lutte contre la discrimination raciale.

3. Adopter des moyens pacifiques de lutte en s'alliant aux "juifs progressistes". Amen !

Ils considèrent que le projet d'un seul Etat est plus "réaliste" que celui de territoires palestiniens éparpillés qui occupent la superficie équivalente à celle des frontières de 67, c'est-à-dire les 6.200 km² dont parle Mahmoud Abbas. Les partisans d'un Etat unique fournissent des arguments sur la non-viabilité de l'Etat palestinien : ils soutiennent que la construction du gigantesque mur raciste a rendu ce projet caduque, qu'il est impossible d'établir un Etat sur des cantons dispersés, que les Israéliens ont peur que l'Etat palestinien souhaité ne se transforme en une base contre, etc.

La vérité est que les deux projets, celui des cantons et celui d'un seul Etat, se rejoignent dans le fait qu'il faut cohabiter avec les juifs en Palestine, qu'il faut renoncer au droit historique d'une Palestine arabe et qu'il faut abandonner la lutte armée et l'objectif de libérer la terre. Partant de ce point de vue, la différence entre les deux projets est la même qu'entre le Parti travailliste et le Likud dans l'entité sioniste, ou entre le parti républicain et le parti démocrate aux Etats-Unis. Donc ce qui est important dans les deux projets, c'est qu'ils émergent en opposition à la voie de la résistance, à la libération de la terre et à son caractère arabe. En fait, les deux passent par l'annulation des trois articles les plus importants de la Charte nationale palestinienne, avant sa révision, qui proclament que la Palestine est arabe, que la lutte doit être armée, et le sixième point de la Charte qui ne reconnaît pas comme Palestiniens les juifs qui sont arrivés en Palestine après la mise en oeuvre du projet sioniste. Ce dernier article est souvent omis même par ceux qui sont attachés à la Charte nationale palestinienne non modifiée. Il nie aux juifs qui sont arrivés en Palestine après la mise en œuvre du projet sioniste, le droit de s’y installer. Ce qui est bien sûr la position naturelle que l'on attend de n'importe quel pays vis-à-vis de ses envahisseurs.

Au contraire, ceux qui rejettent la judaïsation d'Israël en se basant sur le caractère arabe de la Palestine commencent par nier le droit d'Israël à exister en tant qu'Etat occupant et société coloniale, avant d'entrer dans le labyrinthe de la judaïsation qui cherche à nous entraîner avec force dans le système politique israélien pour tenter de le rendre moins raciste. La judaïsation de l'Etat est le résultat d'une politique de normalisation qui proclame que le problème réside dans le caractère juif de l'Etat et non dans l'existence même de l'Etat dont nous traitons ici de l'identité.

Dans les cas extrêmes, nous trouvons des partisans d'un Israël unique, démocratique et non raciste qui considèrent que les islamistes sont l'équivalent arabe palestinien des rabbins juifs, de sorte que la question nationale palestinienne se transforme en un problème de séparation des pouvoirs entre la religion et l'Etat en Israël et en la question de savoir comment réduire le racisme, pacifiquement, bien sûr, selon l'exemple sud-africain qui, d'autre part, s'applique à la cause palestinienne dans la même mesure que la méthode du Mahatma Gandhi est applicable à l'Irak. Plus de la moitié des Sud-Africains n'étaient pas réfugiés en dehors de leur pays. L'Afrique du Sud a adopté une attitude plus humanitaire que celle, culturelle, dont on débat avec force depuis la fin du XIXème siècle, à savoir l'identité arabe ou de l'Ancien Testament de notre pays.

Il est évident que ceux qui adoptent la formule d'un seul Etat renoncent au caractère arabe de la Palestine et s'inscrivent dans un projet qui, de fait, situe la Palestine dans quelque lieu de l'espace, entre Saturne et Mercure, comme si elle ne faisait pas partie de la nation arabe et du monde islamique.

L'idée d'un seul Etat tire son sens et sa force morale du dernier cri dans le monde à la mode de la mondialisation et la tendance impérialiste au niveau mondial qui sponsorisent les slogans des droits de l'homme et le pluralisme politique pour dissimuler la dissolution des identités et surmonter les obstacles nationaux que les multinationales rencontrent sur leur chemin. Ce projet n'a aucun sens en Palestine, où l'impérialisme mondial soutient pleinement le projet sioniste.

Cela n'est pas en contradiction avec la dimension politique, face aux aspects idéologiques et religieux, de l'expression judaïsation d'Israël. L'entité sioniste veut désigner un négociateur avec l'Autorité nationale palestinienne (ANP) et les régimes arabes qui impose ses conditions à l'avance pour que les gens se fassent à l'idée du transfert, à savoir l'expulsion des Palestiniens de 48, que ce soit par la force quand c'est possible, que ce soit en les intégrant aux cantons de l'Etat palestinien morcelé. Ils essaient de fermer la voie à toute discussion sur le droit au retour, le retirer de la table des négociations et réduire les coûts qu'ils devront affronter avant tout accord pour minime qu'il soit. Ainsi le résultat négocié ne peut être que ridicule, il ne peut pas conduire à un résultat négocié digne avec l'ennemi sioniste. Les droits s'obtiennent par la lutte et le droit au retour est lié à la libération. Le plus triste est que l'entité sioniste rallie tout le monde pour négocier sur sa dernière exigence de judaïser Israël parce qu'on a cessé de poser la question de son existence.

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21 mars 2013

Israël-Palestine : David Shoebridge remet les pendules à l'heure

Israël-Palestine

David Shoebridge remet les pendules à l'heure

Formidable discours du député australien qui donne une vraie leçon de politique sur la Palestine à l'assemblée en Australie, en réponse à une motion présentée par un groupe de députés de retour d'une "mission" en Israêl et dans certains endroits "choisis" de Cisjordanie. Mission qui était sous la houlette du Jewish Board of Deputies...

16:21 Écrit par Rachid Z dans Palestine occupée | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 mars 2013

Sionisme : «Pas en notre nom»

Sionisme : «Pas en notre nom»

CQFD, le 13 mars 2013

Pierre Stambul, militant libertaire et antisioniste, vient de publier Israël/Palestine, Du refus d’être complice à l’engagement. Il raconte ici ses racines juives et athées et, en opposition au colonialisme israélien, évoque un judaïsme multiethnique et sans frontières, ainsi que le souvenir du Yiddishland de ses ancêtres, vecteur d’une culture, d’un état d’esprit et de courants d’idées prônant une émancipation universelle.

(...)

Tu es un contributeur de CQFD. Mais tu es surtout co-président de l’Union juive française pour la paix (UJFP). On connaît tes positions antisionistes radicales. Une technique de propagande usuelle veut que dès l’instant où l’on critique l’État d’Israël, on soit accusé d’antisémitisme. Peut-on inverser le propos en disant que le sionisme est antisémite ?

D’une certaine manière, oui. Le sionisme, comme le dit Michel Warschawski, préfacier de mon bouquin, est une théorie de la séparation. À la fin du XIXe siècle, à l’époque où il y avait un large consensus antisémite en Europe, et où dans l’Empire russe, État où vivaient peut-être les deux tiers des Juifs du monde entier, il y avait une politique antisémite officielle, une majorité des Juifs se sont tournés vers les mouvements révolutionnaires aspirant à une émancipation universelle. Les sionistes étaient une petite minorité, qui affirmait que le mélange avec les autres populations était impossible et que l’antisémitisme est un mal inéluctable. Pour eux, la seule solution était la séparation et la création d’un État juif. Cette idéologie aboutit à l’état actuel des choses. Car elle a impliqué de fait une conquête coloniale.

C’est à ce propos que l’on peut dire que les sionistes sont profondément anti-Juifs : pour fabriquer l’Israélien, il a fallu tuer la figure du judaïsme née essentiellement au cours des deux derniers siècles, un judaïsme mêlé à une population à majorité non juive. Les Juifs d’alors voulaient à la fois conserver leur différence et lutter pour l’égalité des droits, ils pensaient que c’était la seule façon d’accéder à leur émancipation. Dans toutes ces figures du Juif, il n’y a ni colonialisme, ni exclusion du non-Juif, ni nationalisme, ni revendication d’une terre, ni militarisme, ni racisme. Ce qu’a construit le sionisme est complètement antijuif, à la fois pour le judaïsme athée – qui est mon origine –, mais aussi pour le judaïsme religieux, pour qui la conquête d’une terre est impie et aller à Jérusalem avant le retour du Messie un péché.

Quelle différence fais-tu entre antijuif et antisémite ?

Il y a eu quinze siècles d’antijudaïsme chrétien. Quand au IVe siècle, le christianisme triomphe dans un empire romain où énormément de citoyens étaient devenus juifs, le judaïsme cesse d’être prosélyte. Il va se replier sur lui-même et, pendant quinze siècles, les chrétiens vont inventer tout un tas de stéréotypes racistes. On est là sur un terrain de concurrence religieuse. Dans son étude sur le Moyen Âge, Robert I. Moore explique que la société féodale avait besoin de populations identifiables à détester et sur lesquelles concentrer la haine : il n’y avait pas que les Juifs, il y avait aussi les hérétiques, les prostituées, les lépreux… À partir de 1850, l’antijudaïsme chrétien cède la place à l’antisémitisme racial, qui résulte de l’émancipation des Juifs, du fait qu’ils sont sortis du ghetto et qu’ils sont «parmi nous». Toutes ces «nouveautés» vont à l’encontre de l’explosion nationaliste en Europe qui affirme qu’«un peuple égale un État» et que ces États doivent être ethniquement purs. L’antisémitisme frappe spécifiquement le Juif intégré et invisible sur lequel se concentre la haine, parce que justement il est semblable à tous tout en étant différent. C’est ce qui explique qu’il n’y a pas d’antisémitisme contre le tankiste israélien et qu’aujourd’hui l’extrême droite européenne, foyer traditionnel de la stigmatisation des Juifs, est pro-israélienne. Il y a une véritable mutation. Lord Balfour, homme d’État britannique et artisan de la création du foyer national juif devenu ensuite État d’Israël, était très violemment antisémite. Il disait que les Juifs étaient des pouilleux, des révolutionnaires et des asiatiques inassimilables dont il fallait se débarrasser. Arrivés en Palestine, ces parias sont devenus des colonisateurs européens.

Shlomo Sand, qui critique radicalement le sionisme en démontant notamment les mensonges fondateurs, affirme que cette idéologie a été favorisée par le christianisme et plus particulièrement par le protestantisme.

Il est vrai qu’aujourd’hui, les évangélistes chrétiens sionistes – ils sont plusieurs dizaines de millions aux USA, et pas seulement – disent que les Juifs doivent revenir en Terre sainte pour y chasser le mal – Armageddon, c’est-à-dire les Arabes –, puis se convertir au christianisme sous peine d’être anéantis. Mais, surtout, la sanctification de la Terre promise est d’origine chrétienne et ne correspond pas à la tradition juive, qui n’a pas d’attachement à la terre.

Le sionisme est un colonialisme très particulier. Il ne vise pas à asservir le peuple, il vise à l’expulser. C’est un nationalisme original parce qu’il a dû créer la terre, le peuple et la langue. C’est une idéologie qui a exercé une gigantesque manipulation de l’histoire, de la mémoire et des identités juives et qui raconte une histoire fantastique, complètement fausse. Les fondateurs du sionisme n’étaient pas croyants. Ils ont utilisé la bible comme un livre de conquête coloniale.

(...)

Qu’en est-il aujourd’hui de cette culture juive ?

La plus grande partie des Juifs qui vivent en France, en Angleterre ou encore en Allemagne, ne font plus rien d’autres que d’être des supports inconditionnels de l’État d’Israël, de son militarisme et de son racisme. La fonction historique qui était celle de mêler émancipation singulière et émancipation universelle est morte, sans doute définitivement. En transformant une partie de la main-d’œuvre persécutée d’Europe en colons, cette disparition-là a profité à l’Occident, qui détient aujourd’hui un porte-avion en plein Moyen-Orient. Quand le président américain G.W. Bush a déclaré le choc des civilisations, cette guerre du bien contre le mal – le mal étant les Arabes et les musulmans –, les Israéliens l’ont totalement reprise à leur compte et se sont vus comme la pointe avancée de l’Occident dans la lutte contre les Arabes.

Ton père a visiblement suivi ce grand écart historique qui va de positions révolutionnaires de type prolétariennes au sionisme le plus réactionnaire…

Mes parents avaient côtoyé des dirigeants de la résistance comme Artur London, Boris Holban, qui ont tous, après guerre, subi les purges antisémites menées par les partis communistes. Mais le grand virage a été la guerre de 1967, où la propagande a rabâché le fait que les Juifs allaient être encore une fois jetés à la mer. Si mes parents sont devenus sionistes, c’est aussi parce qu’une énorme partie du judaïsme européen qui avait versé dans la révolution s’est vu confronté au stalinisme, qui a lui aussi contribué de façon décisive au succès du sionisme.

Et aujourd’hui ?

Shlomo Sand dit que même un enfant né d’un viol a droit à l’existence. Bien sûr, les Juifs vivants en Israël resteront, mais ils resteront sur la base d’une égalité des droits. Quand on parle d’un État juif et démocratique, Sand dit qu’il s’agit là d’un oxymore. Si on y supprime la discrimination, la colonisation, ce pays-là n’est plus IsraëlIl ne pourra pas y avoir de paix avec le sionisme, de même qu’en Afrique du Sud, il ne pouvait pas y avoir de paix avec le maintien de l’apartheid.

Est-il possible d’être socialiste et sioniste ?

"Cette figure du socialisme belge était un fervent sioniste et plus encore, un sioniste précoce"

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Luc Henrist, le 16 mars 2013

En Belgique, on trouve des dizaines de rues ou de places, et même une station de métro à Bruxelles qui portent le nom d’EMILE VANDERVELDE. Mais qui était cet homme ?

Né le 25 janvier 1866 à Ixelles (une commune de Bruxelles), Emile Vandervelde a été l’une des plus grandes figures du socialisme belge et européen. En 1914, il a été nommé Ministre d’État par le roi. Dès 1916, il est devenu membre du Conseil des ministres, puis ministre de l’Intendance de 1917 à 1918. Par la suite, il participera à la Conférence de la Paix à Paris comme membre de la délégation officielle belge. Et de 1918 à 1921, il sera en charge du portefeuille du Ministre de la justice.

Emile Vandervelde a défendu la réforme pénitentiaire, la lutte contre l’alcool, les droits syndicaux, les droits de la femme,… avant d’être nommé aux Affaires étrangères de 1925 à 1927 où il contribuera à l’élaboration du pacte de Locarno. De 1935 à 1936, il est devenu, à nouveau, membre du Conseil des Ministres, puis Ministre de la santé publique. Pendant ces vingt années, les socialistes belges voient aboutir plusieurs des réformes politiques qu’ils avaient appelées de leurs vœux : le suffrage universel ; la liberté syndicale ; la journée de 8 heures ; la pension et l’assurance chômage ; ou encore la loi contre l’alcoolisme, dite «loi Vandervelde».

En 1933, date de la création de la fonction, il assure la présidence du Parti Ouvrier Belge (P.O.B.) et ce durant les cinq dernières années de sa vie. En revanche, ce qui est moins connu, c’est que cette figure du socialisme était un fervent sioniste et plus encore, un sioniste précoce

Il existe de nombreuses lettres et articles qu’il a écrits et dont je vais vous citer quelques extraits :

«Le Sionisme» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 23 avril 1928) : «Après huit jours passés en Palestine, il ne saurait être question de porter un jugement sur le sionisme. Mais on peut donner une impression et, je le dis tout de suite, cette impression est formidable ! [..] Vers 1340, il n’y avait pour ainsi dire plus de Juifs en Palestine : un peu plus de 7.000, dont 4.500 à Jérusalem. Il y en a 160.000 aujourd’hui, dont 100.000 au moins arrivés depuis la guerre (14-18), de Russie, de Pologne, de Roumanie, des pays à pogroms, et rien n’est plus saisissant que le contraste entre les autochtones que l’on voit, le jour du Sabbat se cogner la tête contre le Mur des Pleurs, et ces nouveaux venus, dont 50% au moins sont des agnostiques, sans aucune autre religion que leur foi ardente en une résurrection nationale».

«Les pogromes de Palestine» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 13 sept. 1929) : «… Si les bagarres s’étaient limitées aux Juifs pieux qui se cognent la tête contre le Mur des lamentations et les derviches qui gardent farouchement l’enceinte sacrée de la mosquée d’Omar… Mais les troubles, en traînée de poudre, se sont étendus à toute la Palestine et l’émir El Hussein, le grand Mufti, déclare qu’il s’agit d’une révolte nationale visant à jeter à la mer les Juifs et – il ne le dit pas, mais on peut croire qu’il le pense – les Anglais et autres chrétiens. [..] La population juive ne s’est accrue qu’assez lentement. Toute immigration a été interdite pendant ces deux ou trois dernières années. Aujourd’hui encore on n’admet de nouveaux arrivants qu’au compte-gouttes. Les sionistes n’ont pas occupé d’autres terres que celles qu’ils ont achetées, très cher, aux propriétaires de latifundia syro-palestiniens».

«Karl Kautsky et le sionisme» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 2 nov. 1929) : «… si d’autre part les autorités britanniques locales en Palestine n’ont pas toujours tenu la balance égale, c’est du côté des Arabes, non des Juifs, que cette balance a penché. [..] Ce qui fait notre sympathie pour l’entreprise sioniste, ce qui la différencie avantageusement de tant d’autres colonisations de peuplement, c’est qu’elle ne recourt, ne peut recourir et ne veut recourir, vis-à-vis des populations arabes ou autres déjà établies en Palestine, à aucune moyen de force, à aucun procédé de contrainte, directe ou indirecte. Toutes les terres qu’elle occupe, elle les a achetées. Toutes les colonies qu’elle a créées, elle les a établies, non à la place des propriétés ou des villages arabes, mais à côté d’eux, transformant, assainissant, rendant à la culture – comme dans l’Émek – des marécages ou des landes abandonnées»

«La bestialité antisémite» (publié dans «Le Peuple» du 26 mars 1933) : «Que dans ce pays, des bandes fanatisées par le mensonge souillent les sépultures d’inscriptions ordurières, mettent à sac des synagogues, qu’il soit nécessaire, comme ce fut le cas au cours de ces dernières semaines, d’assurer la protection des fidèles assemblés dans les temples en mobilisant des forces de police, ce sont des symptômes bien troublants…»

«Idées et doctrines – L’oasis palestinienne» (publié dans « La dépêche de Toulouse » du 28 mars 1933) : «Aujourd’hui, par contre, paradoxe étrange, alors qu’ailleurs rien ne va plus, la Palestine juive traverse une ère de prospérité relative. Elle apparaît comme une oasis dans les déserts de la dépression économique. A Haïfa, comme dans d’autres localités, l’industrie se développe ; les travaux du port sont en voie d’achèvement ; le pipe-line des pétroles de Mossoul, dont une des branches doit y aboutir, lui donnera une grande importance. L’agriculture, modernisée, gagne du terrain sur les marais et sur les landes pierreuses et stériles. Les plantations d’orangers surtout, se développent avec une rapidité inouïe. L’orange est devenue le principal article d’exportation. Les environs de Jaffa et de Tel-Aviv sont déjà un nouveau jardin des Hespérides. [..] Jadis, ils s’en allaient, par grandes masses, aux Etats-Unis. Dans la seule ville de New-York, il y a plus d’un million de Juifs. Aujourd’hui, les Etats-Unis leur sont à peu près fermés par les lois prohibitives de l’immigration, et aussi par un antisémitisme dont l’Allemagne hitlérienne, hélas, est loin d’avoir le monopole. [..] La suite des évènements montrera, nous en avons la ferme conviction, que le peuple Juif, tant de fois persécuté et jamais dompté, trouvera dans la persécution même, de nouvelles forces de résistance et de cohésion».

«Un pays sans chômeurs» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 4 août 1935) : «Lorsque, sur l’invitation du docteur Weizmann, je visitai les colonies sionistes en 1928, la Palestine était en pleine crise, dans l’océan mondial de la prospérité. Aujourd’hui, c’est exactement le contraire. Au milieu de la dépression générale, la Palestine est, en dehors de l’U.R.S.S., à peu près le seul pays qui n’ait pas de chômage et qui vive dans un état de prospérité presque paradoxale. [..] Haïfa [..] était en 1919, une grosse bourgade laissée par les Turcs, de quelque 25.000 habitants. A présent, il y en a plus de 100.000. [..] De même qu’à Haïfa, la population y a presque doublé en trois ou quatre ans. En 1931, (Tel-Aviv) cet ancien faubourg de Jaffa ne comptait encore que 46.000 habitants. Leur nombre, aujourd’hui atteint également 100.000 et, d’une manière générale, l’ancien rêve sioniste de voir un jour dans Eretz-Israël, les juifs égaler ou dépasser les Arabes, n’apparaît plus comme une impossibilité absolue (Ils sont 250.000 aujourd’hui contre 600.000 Arabes et chrétiens)»

La suite : Actu-Chrétienne

13 mars 2013

La création des partis sionistes religieux : le Mizrahi

La création des partis sionistes religieux

Le Mizrahi

Par Mylène Sebbah, le 12 mars 2013

À l'origine, la création, à Vilna au début du XXème siècle, du mouvement sioniste religieux Mizra'hi visait à insuffler au sionisme politique, essentiellement laïc, fondé par Théodore Herzl, un esprit basé sur les valeurs religieuses juives.

Dans les premières décennies du sionisme organisé, les juifs religieux considéraient le retour à Sion par des voies humaines comme blasphématoire et hérétique car il devait n'avoir lieu qu'avec la venue du Messie.

Cette attitude persiste du reste, à des degrés divers, dans nombre de mouvements orthodoxes actuels.

"Mizra'hi" en hébreu signifie littéralement "Est" mais c'est aussi un acronyme pour "Merkaz Ruhani" (centre spirituel).

Lorsqu'il crée le parti Mizra'hi, le 5 mars 1902 à Vilnius (Lituanie), le rabbin Yitzhak Yaakov Reines (1839-1915), un éducateur innovant sait qu'il va s'attirer les foudres des instances du judaïsme orthodoxe.

Il s'est déjà distingué à leurs yeux par ses tentatives de combiner l'éducation laïque avec des études talmudiques dans la yeshiva qu'il avait fondée.

Reines n'est pourtant pas le premier dirigeant orthodoxe à soutenir l'idée d'un retour à Sion (les rabbins Yehuda Alkalai Shlomo, Zvi Hirsch Kalischer et Samuel Mohilever l'avaient précédé) mais c'est lui qui répond à l'appel de Herzl aux mouvements religieux, leur demandant de s'impliquer dans le sionisme politique.

En tant que tel, il participe donc au troisième Congrès sioniste, en 1899.

En Septembre 1904, le mouvement Mizra'hi tient son premier congrès mondial dans ce qui est aujourd'hui Bratislava.

Il appelle à l'immigration en Palestine et au respect de la loi religieuse dans ce qu'on nomme alors le yichouv.

Ce qui donnera au parti Mizra'hi son véritable élan - et lui permettra de pénétrer le monde orthodoxe du ychouv-, c'est le soutien du Rabbin Abraham Isaac Kook, un rabbin visionnaire qui donne un ancrage messianique au sionisme religieux et prône la conciliation de l'orthodoxie et de la laïcité.

Il voit les sionistes laïques comme étant - sans même s'en rendre compte – ceux qui préparent le terrain "pour l'avènement de la Rédemption" et participent au plan divin de retour à Sion.

En 1929, le parti Mizra'hi crée le mouvement de jeunesse Bnei Akiva, un réseau d'écoles religieuses en Palestine et, en 1935, un mouvement de kibboutz religieux qui compte aujourd'hui 19 communautés.

Sur le plan politique, les deux partis, Mizra'hi et Hapoel Hamizra'hi (regroupement orthodoxe sioniste travailliste) fusionnent en 1956 pour former le Parti national religieux (PNR).

Les préoccupations du PNR restent essentiellement d'ordre religieux, en particulier le fait que le Grand Rabbinat ait l'autorité exclusive sur les questions liées au statut des juifs en Israël.

Ses positions très souples en matière de défense et de politique étrangère lui permettent d'être quasiment de tous les gouvernements (y compris travaillistes) de 1948 à nos jours.

Plus récemment, le PNR s'est fondu dans le nouveau parti sioniste religieux Habayit Hayehudi (Foyer juif), dirigé par Naftali Bennett.

13:46 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Palestine occupée | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12 mars 2013

La double allégeance

La double allégeance

Chiourim, le 27 janvier 2011

La double allégeance a toujours été comme une épée de Damoclès sur la tète des personnalités juives de la Diaspora. Leur amour d’Israël peut-il être plus fort que leur loyauté envers leur patrie ?

La Yeshiva University de New-York vient d’envoyer 40 de ses étudiants en Israël pour une mission d’une semaine. Le but : rencontrer des personnalités de tous les milieux, religieux ou non, hommes politiques, nouveaux émigrants etc… pour comprendre comment les juifs de la Diaspora appréhendent la dualité de leur attachement à Israël et à leur «ancienne» patrie.

Ces futurs cadres d’organisations juives et leaders de leur communauté, se doivent de comprendre comment on peut s’intégrer en Israël, accepter un autre mode de vie voire de penser. Rav Kenneth Brander, doyen du Centre pour le Futur Juif, responsable du programme, pense que cette expérience est importante pour les étudiants qui doivent apprendre à construire un lien fort avec Israël. Cela devrait leur permettre de mieux appréhender certains problèmes aux quels ils devront faire face comme par exemple celui de la tolérance entre religieux et non religieux ou encore les écarts existants entre les lois juives et les valeurs démocratiques. Tout cela devra les aider à mieux guider leur future communauté.

D’autres missions sont prévues tout au long de l’année en Israël et dans le reste du monde afin de parfaire l’éducation de ces futurs leaders du monde juif.

08 mars 2013

Sionisme, Israël, les questions interdites

Sionisme, Israël, les questions interdites

05 mars 2013

Mr Peres reçu à Bruxelles, est-ce bien raisonnable ?

Mr Peres reçu à Bruxelles, est-ce bien raisonnable ?

Victor Ginsburgh, le 05 mars 2013

Alors que certains professeurs de l’ULB comme Marc Uyttendaele sont favorables à une rencontre entre Shimon Peres et le recteur de l’ULB, d'autres le sont beaucoup moins. Comme Victor Ginsburgh, professeur émérite de la même université et observateur critique de la politique israélienne.

Monsieur «Indignez-vous» vient de mourir et ce n’est pas Monsieur l’avocat Uyttendaele qui le remplacera. Est-il ignorant, de mauvaise foi ou les deux ?

M. Uyttendaele est favorable à une rencontre entre le Recteur de l’ULB, M. Viviers et le Président de l’Etat d’Israël, M. Peres. Je sais que M. Peres est docteur honoris causa de l’ULB, que le Recteur, tout en étant très prudent, a dès lors une obligation à laquelle il ne peut sans doute pas se soustraire.

Les organisateurs de la rencontre

Il faut cependant savoir que la rencontre est organisée par le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), ceux-là même qui ne perdent pas une occasion de critiquer l’ULB, notamment lorsque son Conseil d’Administration a décidé de reconnaître le Cercle Etudiant BDS (Boycott, Divestment and Sanction) en juillet 2012.

Je suis d’origine juive et attaché à plusieurs titres à l’ULB. J’y ai fait mes études et j’y ai enseigné comme professeur entre 1972 et 2004. J’y suis maintenant chercheur. Comme plusieurs autres, également d’origine juive, j’ai soutenu le Conseil d’Administration de l’ULB dans une Carte Blanche qui avait pour titre «Le boycott d’Israël : une opinion délictueuse ?» parue le 13 juillet 2012 dans Le Soir.

Nous n’y défendions ni ne soutenions le droit de boycotter l’Etat d’Israël. Quelles qu’aient à l’époque été nos opinions, là n’était pas notre propos. Notre propos était de défendre le Conseil d’Administration, qui après s’être dûment informé sur la question, avait décidé de reconnaître ce fameux cercle BDS. Cette décision a fait couler beaucoup d’encre et de poison contre l’ULB du côté des organisations juives de Belgique, y compris du CCOJB, dont le Professeur Sosnowski de l’ULB est le président.

Le président Peres

Voici sur la forme. Sur le fond, M. Peres n’a pas toujours été la blanche colombe que l’on croit. Il a été le protégé de Ben Gourion, dont on sait pertinemment bien aujourd’hui qu’il a souvent fermé les yeux et s’est bouché le nez lors des expulsions de palestiniens en 1947-48. M. Peres a été un des premiers à encourager la création de colonies dans les territoires occupés durant les années 1970. Il a été, comme la plupart des officiels israéliens, opposé à des discussions avec l’OLP d’Arafat. Il a essayé de circonvenir ce dernier en se concertant avec le Roi Hussein de Jordanie. Par la suite, et malgré l’un ou l’autre soubresaut de courage de temps à autre, il a navigué en eau trouble et a fini par devenir un président qui comme la plupart de présidents n’a pas beaucoup de pouvoir.

Il n’a d’aucune façon réussi à arrêter la fondation d’une université israélienne en territoire occupé (Ariel University, dans la colonie d’Ariel), ce qui va à l’encontre de tous les principes de droit international. En 2012, le Conseil des Présidents des Universités israéliennes a déposé une requête auprès la Cour Suprême d’Israël (High Court of Justice) contre la reconnaissance de l’appellation Université d’Ariel de ce qui, à l’époque, n’était que le Centre universitaire d’Ariel. En vain.

La décision finale de nommer «Université» ce Centre (je répète, illégal en droit international) a été prise à la sauvette, après une convocation de dernière minute du Conseil de l’Education Supérieure israélien en présence de 11 membres sur les 24 de la Commission qui devait statuer. Il faut ajouter que cette université, située en Palestine occupée, n’accepte que des étudiants israéliens (Juifs et autres) et pas des palestiniens.

M. Uyttendaele, vous qui êtes professeur dans la même université que moi, vous qui vous déclarez un «partisan inconditionnel de la création d’un Etat palestinien», vous auriez dû avoir entendu parler de la construction de cette université en territoire occupé, qui n’accepte pas d’étudiants palestiniens et qui est faite à l’encontre de tous les principes de droit international. Je répète, vous auriez dû le savoir. Après tout, sauf erreur, vous êtes juriste, non ?

20:44 Écrit par Rachid Z dans Boycott, Palestine occupée | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |