01 juillet 2013

Facebook et les limites à la liberté d'expression

Facebook et les limites à la liberté d'expression

Par Dalila Madjid, le 27 juin 2013

79 % des internautes français sont inscrits à au moins un réseau social, selon une étude Médiamétrie et  2/3 d'entre eux se connectent tous les jours. (Source : lexpansion.com)

Facebook est le premier réseau social en France.

Se pose le problème de l'utilisation de facebook par certains salariés pour  critiquer leur hiérarchie et leur condition de travail.

Il y a lieu de rappeler que le salarié jouit de la liberté d'expression, garantie par l'article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par l'article 11 de la Déclarations des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.

Et aux termes de l'article L. 1121-1 du Code du travail:

"Nul ne peut être apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives des restrictions qui ne seraient justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché."

Ainsi, la liberté d'expression d'un salarié peut se traduire par la possibilité qu'il a de s'exprimer sur le travail qu'il effectue, de proposer des améliorations de ses conditions de travail, d'exprimer son opinion, de critiquer l'entreprise sur un lieu privé.

La liberté d'expression se concilie, bien évidemment avec l'obligation de loyauté inhérente au contrat de travail du salarié, qui se manifeste par un devoir de réserve, une obligation de discrétion et de non-concurrence envers son employeur.

L'avènement des réseaux sociaux et de Facebook en particulier, vient bouleverser le cadre juridique fixé par le célèbre arrêt Nikon, qui a permis de reconnaître aux salariés le respect de l'intimité de leur vie privée sur leur lieu de travail.

En effet, avec Facebook se pose le problème des propos tenus en dehors du temps de travail sur un ordinateur personnel et qui sont accessibles par un grand nombre de personnes, dépassant le cercle d'amis.

Depuis 2010, les juridictions se sont prononcées sur les limites de la liberté d'expression sur facebook et sur le caractère public ou non des propos tenus sur Facebook.

Pour beaucoup de juridictions, Facebook est un espace public.

1- Dans un arrêt de la Cour d'appel de Reims en date du 9 juin 2010, un journaliste avait été sanctionné pour avoir écrit sur le "mur" Facebook d'une amie des propos considérés comme injurieux et diffamatoires contre sa hiérarchie. La Cour d'appel a annulé l'avertissement en raison de l'ambiguité sur la personne visée.  (le terme de "chef" permet difficilement d'identifier la personne visée).

La Cour, dans cet arrêt, reconnaît clairement le caractère public de Facebook, en déclarant :"Nul ne peut ignorer que Facebook, qui est un réseau accessible par connexion internet, ne garantie pas toujours la confidentialité nécessaire (...). Que le mur s'apparente à un forum de discussion qui peut être limité à certaines personnes ou non (...); en mettant un message sur le mur d'une autre personne dénommée "ami", il s'expose à ce que cette personne ait des centaines d'amis ou n'ait pas bloqué les accès à son profil et que tout individu inscrit sur Facebook puisse accéder librement à ces informations", "il ne s'agit pas d'une atteinte à la sphère privée au regard de tous les individus, amis ou non qui peuvent voir le profil d'une personne et accéder à son mur et aux messages qu'elle écrit ou qui lui sont adressés".

La Cour d'appel précise que si le salarié "voulait envoyer un message privé non accessible à d'autres personnes que le destinataire ou quelques amis choisis, il pouvait utiliser la boîte mail individuelle de Facebook. (Cour d’Appel de Reims du 9 juin 2010, n° 09-3209 SAS l’Est Eclair c/Boris C).

2- Le 19 novembre 2010, le Conseil de Prud'hommes de Boulogne-Billancourt a validé le licenciement pour faute d'une salarié pour "avoir porté atteinte à l'autorité et à la réputation de sa supérieure hiérarchique". Les propos tenus sur Facebook avec une personne qui "a choisi dans le paramètre de son compte, de partager sa page Facebook avec "ses amis et leurs amis", permettant ainsi un accès ouvert" n'étaient pas des échanges privés.

Le Conseil de Prud'hommes a considéré que "ce mode d'accès à Facebook dépasse la sphère privée".(CPH Boulogne-Billancourt, 19 nov. 2010, n°10-853)

3- La Cour d'appel de Besançon, le 15 novembre 2011, a condamné une salariée pour avoir "tenu des propos diffamants, insultants et offensants" envers son employeur via Facebook, tels que "cette boîte me dégoûte (...) cette boîte de merde".

Les juges du fond considèrent que le réseau Facebook "au regard de sa finalité et de son organisation, comme un espace public, qu'il appartient à celui qui souhaite conserver la confidentialité de ses propos tenus sur Facebook d'apporter de restrictions offertes par les fonctionnalités du réseau. (CA de Besançon, 15 nov. 2011, N°10/02642)

4- Le 17 janvier 2012, le Tribunal correctionnel de Paris, a condamné pour délit des propos tenus sur Facebook.

La Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné un représentant du personnel et un délégué syndical pour injure publique. Les propos tenus étaient les suivants:"journée de merde, temps de merde, boulot de merde, chefs de merde ...".

Les juges ont rappelé que, conformément à l'article 29 al.2 de la loi du 29 juillet 1881, l'injure se définit comme "toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait".

Les juges ont précisé que "les expressions incriminés excèdent les limites de la critique admissible, y compris lorsqu'elle s'exerce dans un cadre syndical, par l'utilisation de mots ou de termes insultants ou injurieux voire vexatoires démontrant en eux-mêmes l'intention de nuire et portant clairement atteinte à la dignité des personnes".

5- La Cour d'appel de Reims, dans un arrêt en date du 24 octobre 2012, considère que le seul fait de critiquer son employeur sur Facebook cause nécessairement un préjudice à ce dernier. Elle estime qu'"une telle attitude, incompatible avec les obligations d'un apprenti dans le cadre de son contrat est manifestement fautive et qu'elle a nécessairement généré un préjudice à l'employeur". (CA Reims 24 oct. 2012 n°11/01249)

Dans cet arrêt, les juges se sont également prononcés sur l'existence d'un abus de la liberté d'expression du salarié.

6- La Cour de cassation, dans un arrêt en date du 10 avril 2013, n'était pas si tranchée sur le caractère public ou non de Facebook.

En l'espèce, une salariée de l'agence Century 21 avait publié des propos injurieux sur MSN et Facebook :"sarko devrait voter une loi pour exterminer les directrices chieuses comme la mienne"; "extermination des directrices chieuses", "éliminons nos patrons et surtout nos patronnes (mal baisées) qui nous pourrissent la vie!"; "Rose Marie motivée plus que jamais à ne pas me laisser faire. Y'en a marre des connes".

Selon la Cour d'appel, les propos tenus par la salariée sur Facebook ne constituent pas une injure publique, car ils ne sont accessibles qu'aux seules personnes agréées par l'intéressé, en nombre très restreint, constituant une communauté d'intérêt. Son mur était ouvert à ses amis.

La Cour de cassation tout en déclarant l'absence d'injure publique, reproche, néanmoins à la Cour d'appel de ne pas avoir recherché si ces propos litigieux pouvaient être qualifiés d'injures non publiques. (Cass. 1ère ch. civ. 10 avril 2013 n°11-19530).

Dans cet arrêt, la Cour de cassation ne se prononce ni sur le caractère public ou non de Facebook, ni sur l'usage du pouvoir disciplinaire de l'employeur.

Pour conclure, les positions des juridictions divergent sur le caractère public ou non de Facebook, notamment la Cour d'appel de Rouen en date du 15 novembre 2011, n°11/01827 et n°11/01830, estime que Facebook doit être présumé comme étant un espace privé dés lors qu'il est utilisé en dehors du temps et du lieu de travail et en usant de moyens techniques dont il n'est pas allégué qu'ils auraient été mis à leur disposition par l'employeur.

Et en l'absence d'une position tranchée, il convient de constater que si les réseaux sociaux sont devenus de nouveaux moyens de communication, le salarié doit faire preuve de prudence, lorsqu'il tient des propos publiés sur un mur ouvert au public et sur un mur ouvert qu'aux seuls amis. Même dans ce dernier cas, il n'est pas certain que la confidentialité soit assurée.

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07 juin 2013

Burundi : Une loi de presse, ni liberticide ni inconstitutionnelle

Burundi

Une loi de presse, ni liberticide ni inconstitutionnelle

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AGNEWS, le 7 juin 2013

«La nouvelle loi sur la presse n’a rien de liberticide ou d’inconstitutionnelle» explique le Porte-parole du gouvernement du Burundi.

Hier, à Bujumbura, suite à la promulgation historique, par le très populaire Président africain du Burundi -S.E. Nkurunziza Pierre -, de la 1ère loi sur la presse élaborée par des politiciens démocratiquement élus, le Porte-parole de l’Etat du Burundi, M. Léonidas HATUNGIMANA, a rappelé qu’aux yeux des Barundi et de l’Etat, cette loi ne viole pas la constitution mais plutôt qu’elle vient protéger la société et les médias.

Le Porte-parole a invité les médias et la communauté internationale à la lire attentivement et à la suivre avant que la modification de certaines dispositions jugées incompatibles ne puissent être apportées puisque cette loi ne sera pas statique. Il a demandé à ceux qui perçoivent la nouvelle loi autrement de la lire plus attentivement.

M. Léonidas HATUNGIMANA a précisé que la nouvelle loi a l’avantage de ne plus sanctionner les journalistes par l’emprisonnement mais plutôt par des amendes

Dans les rues de Bujumbura, les Barundi sont fâchés par les positions critiques (parfois menaçantes), après la promulgation de la loi de presse, de la part de la France, de la Belgique et du BNUB (l’ONU).

On rappelle que la France a, pendant près de 40 ans, soutenu et armé militairement la Dictature des Bahima burundais (Micombero, Bagaza, Buyoya) qui a fait plus de 4.5 Millions de victimes Bahutu Barundi dont un Génocide Régicide. Par ailleurs, en 1972, la France a aidé le dictateur Micombero à bombarder des camps de réfugiés Barundi en Tanzanie, sous protection de l’ONU.

Bref, les Barundi trouvent que la France utilise très mal son siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le nouveau représentant de l’ONU au Burundi, au sein du BNUB, demeure un pantin de la France.

La Belgique avait, quant à elle, après avoir qualifié les massacres de 1972 de «Génocide» contre les Bahutu Barundi, au lieu de porter secours au peuple en danger, avait préféré fuir le Burundi (non assistance à personne en danger!). Elle avait recidivé en 1993 après l’assassinat de Feu NDADAYE Melchior …

Aujourd’hui, le 4 ème pouvoir au Burundi demeure, au niveau rapport de forces, au main des -enfants de la Dictature- des Bahima burundais. Les Barundi, au pouvoir, (les enfants de l’ancien Royaume du Burundi), trouvent que la Belgique et la France continuent à soutenir les Bahima burundais contre «eux» comme aux époques de la colonisation et de la Dictature.

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20 avril 2013

Quand Al-Qaida au Maghreb Islamique tient conférence sur Twitter

Quand Al-Qaida au Maghreb Islamique tient conférence sur Twitter

Le Monde, le 19 avril 2013

Des grottes de la vallée d’Amettetaï aux salles de rédaction internationales, il n’y a parfois qu’un clic. Traquée par l’armée française et son allié tchadien dans son sanctuaire au Nord du Mali, l’organisation djihadiste Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a pris l’initiative, début avril, d’organiser une «conférence-tweet» en anglais, pendant deux heures, à destination des medias par le biais de son site internet de propagande, Al Andalus. Le résultat publié lundi 15 avril, et repris quelques jours plus tard par des sites de surveillance américains des forums djihadistes, offre un panel de près de 70 questions-réponses quelque peu surréalistes. «Nous sommes une part inaliénable de ce monde, nous vivons dans notre temps», justifie AQMI, qui se dit soucieuse d’éclairer «l’opinion publique internationale ignorante d’un certain nombre de faits».

Etablir un «contact direct» avec la presse, poursuit AQMI, pourrait selon «les lois américaines, françaises ou d’autres gouvernements de la région mener les pauvres journalistes tout droit à Guantanamo ou Serkadji, le Guantanamo algérien».

Citations religieuses à l’appui, les réponses de l’organisation attribuées à son porte-parole Abou Abdallah Ahmed, évoquent donc pêle-mêle le jihad et ses liens avec la mouvance salafiste. «Alliance et soutien» avec les combattants du Front Al-Nosra en Syrie (qui a récemment annoncé son rapprochement avec Al-Qaida), ou des «contacts, certainement», avec le successeur d’Oussama Ben Laden, «notre Cheikh» Ayman Al-Zawahiri. S’agissant de la branche Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA) la formule «c’est une relation d’amour», ne fait pas dans la demi-mesure. Les membres d’Ansar Al Charia en Tunisie, eux,  sont des «frères». Quant à Boko Haram, au Nigeria, AQMI déclare : «nous formons un seul corps pour défendre l’honneur de l’Islam». Sur son propre organigramme, pas de doute : AQMI reste dirigée par Abdelmalek Droukdal, alias Abou Moussab Abdelwadoud, et sa branche sahélienne par Djamel Okacha, alias Yahia Abou El Hamam, «nommé cinq mois avant l’invasion française», et non après, est-il précisé.

Interrogé sur l’un de ses ex-dirigeants, Mokhtar Belmokhtar, à la tête de la nouvelle katiba les «Signataires par le sang» qui a revendiqué l’assaut meurtrier, mi-janvier, sur le site gazier algérien de Tignatourine, son ancienne maison mère livre cette mise au point : «Pratiquement et administrativement, le frère Khaled Abou El-Abbas [son nom de guerre] a annoncé qu’il se séparait de l’organisation» mais, explique en substance AQMI, la nécessité de s’unir contre la «croisade» des Français «dépasse» tous les clivages. L’organisation djihadiste se refuse en revanche à confirmer la mort de Mokhtar Belmokhtar annoncée par le président tchadien Idriss Deby, renvoyant cette question au «porte-parole» de sa katiba, tout comme elle refuse de commenter la mort d’un autre de ses émirs, Abou Zeid, pourtant confirmée par l’Algérie et la France.

Le ton évolue selon les questions. «En guerre ouverte avec le régime algérien depuis 20 ans», l’organisation djihadiste, dont les principaux chefs sont d’origine algérienne, fustige la France qui «veut négocier sous la pression et les frappes aériennes» la libération des sept otages encore détenus en Afrique du Nord. «Leur sort, ajoute-t-elle, est entre les mains du président François Hollande et la porte est toujours ouverte pour trouver une solution juste». Le porte-parole de l’organisation confirme cependant l’exécution d’un huitième otage, Philippe Verdon, annoncée par un précédent message de l’organisation le 19 mars mais non validée jusqu’ici par Paris. Et si AQMI dit ne pas être à l’origine de menaces pesant sur «la tour Eiffel», elle «appelle tous les musulmans à prendre la France pour cible  à l’intérieur comme à l’extérieur» de ses frontières.

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17 avril 2013

Skynet a demandé à un blogueur de supprimer un papier de son site

Skynet a demandé à un blogueur de supprimer un papier de son site 

Philippe Carlot, le 17 avril 2013

La semaine passée, Skynet, la filiale internet de Belgacom, a obligé un blogueur à supprimer un article de presse de son site. Le fournisseur d'accès invoque notamment le contenu de l'article, jugé diffamatoire ou calomnieux, sans même qu'un juge se soit prononcé. Une pratique pour le moins interpellante.

Rachid Zegzaoui anime le blog "Observations citoyennes". Depuis plusieurs années, il y publie des articles de presse, souvent in extenso. A une exception près, ce blogueur de Saint-Josse n'a jamais été confronté à une demande de retrait d'un article au nom du respect de la loi sur le droit d'auteur.

Or, vendredi passé, Rachid Zegzaoui reçoit une mise en demeure de son hébergeur, Skynet, filiale de Belgacom. Elle concerne un article de la Dernière Heure, en ligne depuis le 29 décembre 2012. "Premièrement, on me demande de retirer cet article parce que j’aurais diffusé l’entièreté du texte, explique Rachid Zegzaoui. Deuxièmement, parce que cet article serait mensonger, porterait préjudice à certaines personnes."

La Dernière Heure dément être à l'origine de la demande de retrait. Le quotidien ne voit aucune objection à la reproduction de ses articles. Quant au fond de l'article, il fait bien l'objet d'une plainte en justice de la part d'une personne mise en cause. Mais si la Dernière Heure a décidé de maintenir l'article sur son site, Skynet, par contre, a jugé son contenu diffamatoire. Par mesure de précaution, pour éviter des dommages et intérêts, Skynet a pris les devants et demandé au blogueur de le supprimer. Une attitude prudente, ou frileuse, chacun en jugera.

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30 mars 2013

Aqmi s'en prend à la France sur son nouveau compte Twitter

Aqmi s'en prend à la France sur son nouveau compte Twitter

Sébastian Seibt, le 28 mars 2013

... Reconnu comme légitime par Al-Fajr, l'organe officiel des médias en ligne d’Al-Qaïda, le tout nouveau compte d’Andalous_Media dénonce les croisés français et leur agression contre le Mali islamique. Il prévient en outre, dans le premier communiqué auquel fait référence ce compte Twitter, qu’Aqmi nepourra garantir la vie [des otages, NDLR] indéfiniment, du fait de l'agression de votre gouvernement [la France] et des attaques de votre armée contre les bases des moudjahidines.

Ces tous premiers tweets - deux en anglais, trois en arabe - ont suffi à pousser près de 2 000 internautes à s'abonner à ce fil Twitter en moins de 24 heures. La fondation Al-Andalous se contente, pour sa part, de suivre sept autres comptes, dont celui des Shebab somaliens (@HSMPress1).

Des Taliban aux Shebab somaliens

Mais comme le souligne SITE, une fondation américaine de veille des milieux radicaux, ce n’est pas la première fois qu’Aqmi s’essaie à Twitter. La fondation Al-Andalous avait ainsi commencé à poster des messages sur le réseau social le 16 mars dernier. Elle s’en était alors déjà prise à la France et à son intervention au Mali, avant de supprimer ses messages. Depuis, le compte avait été laissé à l’abandon.

Ce nouveau départ semble indiquer que l’organisation terroriste maghrébine liée à Al-Qaïda prend sa présence sur Twitter au sérieux. Aqmi rejoint ainsi un nombre de plus en plus important de groupe djihadistes et fondamentalistes qui ont décidé d’utiliser le pouvoir des 140 caractères pour faire de la propagande. La chaîne britannique BBC avait décompté, en juin 2012, au moins 35 internautes qui se revendiquaient comme proche d’Al-Qaïda sur Twitter. Un chiffre qui, d'après ce média, progressait rapidement.

De leur côté, les Taliban afghans disposent même, depuis 2011, d’un compte sur lequel ils ne postent que des messages en anglais. Les Shebab somaliens ont, quant à eux, dû subir les foudres de Twitter qui a suspendu, en janvier dernier, leur premier compte - très populaire : plus de 20 000 abonnés - sur lequel ils avaient proféré des menaces de mort. Mais deux semaines plus tard, ils étaient de retour, créant le nouveau compte HSMPress1 suivi par 2 000 internautes.

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20 mars 2013

Islamophobie croissante en Belgique

Islamophobie croissante en Belgique

Ricardo Gutiérrez, le 20 mars 2013

Un rapport européen constate la hausse des discriminations à l’égard des musulmans. Notamment en Belgique

Le racisme, en Belgique, se manifeste de plus en plus sous les traits de l’islamophobie. C’est le constat que vient de poser, ce matin, la fédération européenne des organisations antiracistes, ENAR. Le constat est en tous points conforme au rapport que présentait Amnesty International, voici un peu moins d’un an, sur les discriminations à l’égard des musulmans.

Les 600.000 musulmans de Belgique font l’objet de discriminations persistantes, dans le domaine de l’emploi, de l’éducation et de l’accès aux services publics et privés. Les chiffres cités par ENAR sont édifiants : sur l’ensemble des dossiers de discrimination «religieuse», près de 80 % visent les musulmans ou les communautés musulmanes. En cause, principalement : les médias (51 % des plaintes), le monde professionnel (19 %) et l’enseignement (11 %).

Sur l’ensemble des nouveaux dossiers concernant des musulmans traités par le Centre pour l’Egalité des Chances, 58 % présentent des signes d’islamophobie et 23 % contreviennent aux lois antidiscriminations. Comme Amnesty, ENAR pointe l’exclusion de l’enseignement pour les étudiantes qui portent le foulard, alors même qu’aucun décret n’appuie ces réglementations.

Pour l’organisation européenne, les pouvoirs publics belges devraient s’employer à «rendre effectives les libertés fondamentales, dont celle de religion, des élèves, en abrogeant toutes les dispositions interdisant le port du foulard et autres pratiques ou signes convictionnels à l’école».

13 mars 2013

Propagande à la RTBF : la Belgique sous influence de la désinformation à la française

"Propagande à la RTBF

La Belgique sous influence de la désinformation à la française"

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Par Jean-Patrick Grumberg, le 13 mars 2013

Pour nous informer de la guerre en Somalie, la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) parle des «islamistes», des «islamistes somaliens» et des «Shebab».

Quand elle évoque la situation en Afghanistan, elle titre «Taliban», et non Afghans, pour désigner les islamistes.

A propos de la guerre au Mali, elle utilise les termes «chef islamiste» pour désigner Mokhtar Belmokhtar, bastion islamiste pour les poches de résistance, et «terroristes islamistes» pour qualifier les combattants.

Direction le Proche Orient, c’est la rupture brutale d’atticisme. Là, plus question d’islamistes, et encore moins de terroristes (j’informe mes confrères de la RTBF – qui sans doute l’ignorent – que leur pays et l’UE ont classé le Hamas parmi les organisation terroristes).

Un terroriste membre du Hamas est tué par l’armée israélienne ? l’Agence Belga parle d’un «Palestinien», comme si la victime était dentiste ou facteur, comme si c’était un père tranquille, un bon père de famille sauvagement assassiné par les méchants sionistes avides de sang humain, un «Palestinien» qui ne faisait aucun mal et ne demandait rien à personne…

Démonstration de la lâche soumission des journalistes belges à la dictature de Paris (1) :

1) Gros titre :

Conflit israélo-palestinien – Un Palestinien tué et 2 blessés par l’armée israélienne en Cisjordanie

2) 2ème titre :

(Belga) Un jeune Palestinien a été tué par balle et deux autres blessés mardi soir par l’armée israélienne près d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, a-t-on affirmé de sources sécuritaires palestiniennes et militaires israéliennes.

Il faudra attendre le corps de l’article pour apprendre qu’il s’agit d’un islamiste :

3) corps de l’article :

Selon ces sources, Mahmoud Al-Titi, âgé de 23 ans et membre du mouvement islamiste Hamas (on va bientôt nous dire que le Hamas est un club de bridge), a trouvé la mort dans des heurts avec des soldats israéliens dans le camp de réfugiés d’Al-Fawwar, au sud d’Hébron. Donc le Hamas est islamiste, mais pas terroriste islamiste, comme si c’était «moins grave».

Si la Pravda décide de se reformer, elle n’aura aucun mal à recruter…

(1) http://www.rtbf.be//detail_conflit-israelo-palestinien-un-palestinien-tue

12 mars 2013

David Pujadas, pourfendeur d’un «islam» imaginaire

David Pujadas, pourfendeur d’un «islam» imaginaire

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Par Thomas Deltombe, le 12 mars 2013

«La presse écrite se prête plus facilement aux bidonnages. Le système des citations anonymes rend le mensonge ou le petit arrangement difficile à déceler. C’est plus rare à la télévision.» David PUJADAS, 2009.

David Pujadas, présentateur depuis 2001 du journal de 20 heures de France 2, a publié en février 2013 un nouveau livre : Agissons avant qu’il ne soit trop tard. Islam et République. Il s’agit d’un livre d’entretien avec l’«imam» Hassan Chalghoumi, particulièrement choyé par les élites françaises. La quatrième de couverture mérite son pesant de clichés sensationnalistes :

«Il aura fallu les évènements tragiques du printemps 2012 de Montauban et Toulouse et l’arrestation récente d’un groupe d’islamistes prêts à mener des actions terroristes pour que les responsables politiques, les médias et l’opinion publique prennent conscience de la dérive criminelle et suicidaire de jeunes musulmans - parfois des convertis - qui les mènent de la délinquance à l’exaltation religieuse et au crime gratuit. Pourtant, les avertissements n’ont pas manqué et, depuis des années, l’imam de Drancy, Hassan Chalghoumi, avertit des dangers de la montée des communautarismes, de l’intégrisme musulman, de l’influence des fanatiques. Est-il déjà trop tard ? Comment éviter, par exemple, la prise en otage des consciences des prisonniers musulmans par des faux imams ? Dans ce dialogue sans concession avec David Pujadas, ce qui est prôné, c’est avant tout le retour aux valeurs d’une République laïque

À regarder les choses naïvement, on pourrait croire à la fable : un grand journaliste se met, humblement, au service d’un petit imam de banlieue pour l’aider à porter, seul contre tous, la voix de la résistance depuis l’«intérieur de l’islam» contre les dangereux islamistes. En réalité, c’est tout l’inverse : le grand journaliste se sert du petit imam comme d’un marchepied pour poursuivre, de concert avec l’ensemble des autres barons médiatiques et sur le mode désormais classique du déni préventif («Je ne suis pas islamophobe, j’ai un ami musulman»), l’interminable croisade que nos élites médiatiques et politiques mènent depuis plus de deux décennies contre un «islam imaginaire», à la fois fantasmé et manichéen.

Car en la matière, David Pujadas n’en est pas à son coup d’essai, ni à son premier livre. Il y a dix-huit déjà, il publiait un ouvrage, La Tentation du jihad, dans lequel il racontait avec son co-auteur «Ahmed Salam» (pseudonyme d’Amirouche Laïdi, dont on reparlera plus loin) à peu près la même chose, «avant qu’il ne soit trop tard» : que la France était gangrenée par l’«islam radical» des banlieues, que les valeurs de la République étaient en danger, qu’il fallait construire d’urgence un «islam de France» compatible avec les valeurs de la République, etc. Si ce livre, publié juste après les attentats en France revendiqués par les groupes islamiques armés (GIA) algériens, est alors passé inaperçu - Pujadas n’étant encore qu’un modeste présentateur de télévision -, il apparaît a posteriori comme un des éléments d’une entreprise inaugurale de désinformation sur l’islam conduite par TF1 entre 1993 et 1995, main dans la main avec le ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua. Un des principaux vecteurs de ce travail d’intoxication, car on peut difficilement le qualifier autrement, était la très influente émission «Le Droit de savoir», alors pilotée par Charles Villeneuve…

La suite : Les Indigènes de la République

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"SANS NEUTRALITÉ, LA LIBERTÉ D'EXPRESSION EST MENACÉE"

"SANS NEUTRALITÉ, LA LIBERTÉ D'EXPRESSION EST MENACÉE"

Interview croisée de Benoît Thieulin, président du CNNum, et de Christine Balagué, responsable du rapport sur la neutralité, par Boris Manenti, lundi 11 mars.

Le Conseil national du numérique recommande l'élaboration d'une loi visant à protéger le principe de neutralité du net. Explications de son président, Benoît Thieulin.

Saisi par le gouvernement, le Conseil national du numérique (CNNum) recommande, mardi 12 mars, d'inscrire dans la loi le principe de neutralité pour garantir une non-discrimination des utilisateurs et des contenus, et in fine un respect de la liberté d'expression en ligne"La France ne peut pas rester sans agir au plus haut niveau", martèle le Conseil dans son premier avis, rendu un mois après sa réforme. Explications avec Benoît Thieulin, président du CNNum, et Christine Balagué, en charge du rapport sur la neutralité.

Comment définissez-vous la "neutralité du net" ?

Benoît Thieulin : La neutralité, c'est tout simplement le principe d'égalité appliqué aux réseaux. Il s'agit d'un principe de non-discrimination des utilisateurs. Concrètement, un utilisateur, qu'il soit un grand média ou un petit blog, doit pouvoir accéder et diffuser de la même manière les informations. C'est cette extrême égalité qui a permis que se développent des services ultra-innovants sur internet.

Christine Balagué : Effectivement, la neutralité constitue le fondement de ce qu'est internet. Mais, petite précision : nous ne parlons pas de "neutralité du net", mais de "neutralité des réseaux et des services".

Qu'est-ce que cela change ?

C. Balagué : Historiquement, les débats ont toujours porté sur la "neutralité du net" qui pose des questions techniques sur le blocage ou de filtrage par les opérateurs. Nous avons voulu aller plus loin. La neutralité doit garantir l'accès à l'information sous toutes ses formes d'accès numériques. Par exemple, sur mobile, on se connecte souvent directement via des applications, sans passer par le web pur. Pourtant, la question de la neutralité se pose également.

B. Thieulin : La question de la neutralité s'applique aux opérateurs, mais aussi aux moteurs de recherche ou aux réseaux sociaux. En soit, à toutes les portes d'accès à internet.

Concrètement que garantit cette neutralité que vous portez ?

B. Thieulin : L'égalité. L'égalité dans le traitement de l'information et des individus, afin de garantir la liberté d'expression. Sans neutralité, celle-ci est menacée. Ce principe de neutralité doit être inscrit dans la loi. Et nous recommandons de modifier la loi de 1986 sur la liberté de communication pour y inscrire ce grand principe, simple et durable.

C. Balagué : La neutralité vise à garantir la liberté d'expression et la liberté de création, d'innovation. En ce sens, elle garantit aux internautes un accès à l'information et aux moyens de communications de façon non discriminatoire, équitable et transparent. Il est indispensable de le poser dans la loi. Mais, ce ne sera pas simple et pas immédiat.

Le gouvernement suivra-t-il votre avis ?

B. Thieulin : Je serais étonné qu'il ne bouge pas sur cette question, vu que nous avons été saisis directement par Fleur Pellerin [la ministre de l'Economie numérique,NDLR]. Après, je ne sais pas jusqu'où ils iront...

C. Balagué : Personne ne peut être contre la neutralité, à l'image de la liberté de la presse. Je pense que le débat portera plutôt sur comment l'intégrer dans le cadre de la loi.

Le gouvernement peut-il ressortir simplement la proposition de loi qui avait été rédigée par Corinne Erhel et Laure de la Raudière ?

C. Balagué : Non, pas tout à fait. Ce que nous préconisons est un peu différent de leur texte qui se concentrait sur les réseaux.

Recommandez-vous la mise en place de sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas la neutralité ?

C. Balagué : L'inscription dans la loi s'accompagnera forcément de la création d'indicateurs pour veiller au bon respect du principe.

B. Thieulin : Ce baromètre devra veiller à l'effectivité de la neutralité mais aussi à son adaptation aux nouveaux usages, comme le mobile ou bientôt les objets connectés. Et les entorses devront être réprimées.

C. Balagué : Cet indicateur entrera dans le champ d'une autorité de régulation, l'Arcep par exemple qui dispose déjà d'un pouvoir de sanctions. Les tribunaux pourront également être saisis sur le principe de neutralité.

Quand vous parlez d'"entorses", on pense au cas des ralentissements des vidéos YouTube chez Free ou aux blocages de certaines publicités.

B. Thieulin : Oui, mais pas seulement ! Avec Free, beaucoup ont été contents de ne plus avoir de publicités, mais ont aussi réalisé qu'il est possible de fournir un accès à internet non neutre. Or, un internaute n'a pas à subir le choix d'un intermédiaire sur l'accès à l'information. C'est un principe intangible, valable pour Free comme pour tout ralentissement, blocage ou filtrage de l'information.

Ce principe s'appliquerait donc à la censure de publications sur Facebook ?

C. Balagué : Oui. Un réseau social ne peut pas filtrer une publication parce qu'il n'est pas d'accord avec sa politique. Surtout pour une plate-forme devenue incontournable. C'est une importante limite à la liberté d'expression. Le principe de neutralité couvre un large champ.

Quid du filtrage des contenus pédopornographiques mis en place par la loi Loppsi 2 ?

C. Balagué : La neutralité s'applique dans le cadre prévu par la loi.

B. Thieulin : La loi est toujours faite d'un équilibre entre plusieurs principes qui se limitent entre eux. La liberté de la presse est par exemple limitée par la diffamation.

Voir l'avis et le rapport du Conseil national du numérique sur la neutralité

12:01 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08 mars 2013

Une complaisance scandaleuse du CSA à l'égard de Radio Al Manar

Une complaisance scandaleuse du CSA à l'égard de Radio Al Manar

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Khalil Zeguendi, le 08 mars 2013

Le Conseil supérieur de l'Audiovisuel ferme les yeux sur une grave infraction de Radio Al Manar

Le 23 février dernier, Radio Al Manar a cessé ses émissions normales pour diffuser tout au long de cette journée, des émissions religieuses pendant lesquelles la lecture du Coran a largement dominé.

Motif de cette interruption des programmes de la radio et leur remplacement, en continu, par la lecture d'invocations et de versets du Coran: le décès de la mère du président directeur à vie de radio Al Manar, Monsieur Ahmed Bouda

De nombreux auditeurs nous ont signalé cette distorsion grave au cahier des charges de la Radio vis a vis de ses auditeurs et du Conseil supérieur de l'audiovisuel de la Communauté française.

Plainte a été déposée auprès du CSA par les responsables du magazine Le Maroxellois, pour cette atteinte à la déontologie et aux engagements de radio Al Manar à l'égard du CSA

Nous vous livrons ci-dessous, la réponse étrange du CSA, à cette plainte.

"Objet : votre plainte à propos de lectures du Coran diffusées sur Radio Al Manar à l’occasion d’un décès dans la famille du directeur de la radio

Cher Monsieur (nous escamotons le nom ndlr),

Votre plainte du 25 février dernier à propos des invocations du Coran diffusées sur Radio Al Manar le 23 février pour cause du décès de la mère du directeur de la radio, Monsieur Bouda, m’est bien parvenue. Elle a retenu toute mon attention.

Suite à cette plainte, le Secrétariat d’instruction a écouté les programmes diffusés le 23 février sur Radio Al Manar. Il a constaté que la programmation avait été modifiée pour diffuser régulièrement des lectures du Coran et des condoléances. Il est également rappelé à intervalles réguliers : «suite à la perte de la maman d’un des piliers de la radio, une programmation très particulière sur Radio Al Manar ce samedi 23 février 2013. Toute l’équipe de Radio Al Manar compatit avec la famille de la défunte. Merci de votre compréhension». Il ne s’agit toutefois pas d’une diffusion en continu des lectures du Coran et des condoléances, certains programmes habituels étant maintenus (informations, musique…).

Cette programmation ne correspond pas à celle pour laquelle une fréquence a été attribuée à Radio Al Manar. Dans ses engagements vis-à-vis du CSA, Radio Al Manar se définit comme une «radio laïque» et justifie ses choix de programmation «en fonction des critères précis relatifs à l’objectivité, à la créativité, à la diversité culturelle, au pluralisme et à l’intérêt public».

Toutefois, en raison du caractère très exceptionnel de cette programmation, le Secrétariat d’instruction estime qu’elle s’inscrit dans le cadre d’un choix éditorial de la radio. Des choix maladroits engagent sa crédibilité vis-à-vis de ses auditeurs mais ne relèvent pas encore de l’infraction à la législation audiovisuelle.

J’ai tout de même adressé un courrier à Monsieur Bouda pour lui faire part du mécontentement de certains auditeurs et pour le mettre en garde pour l’avenir. Le Secrétariat d’instruction pourrait trancher autrement si une programmation du même type était réitérée.

En vous remerciant pour votre confiance envers le CSA, je vous prie de croire, Cher Monsieur Hajmhand, à l’assurance de ma considération distinguée.

Mathilde Alet - secrétaire d’instruction

CSA - Boulevard de l'Impératrice, 13 - 1000 BXL

Commentaire de Bruxellois surement

Comme chacun sait, Radio Al Manar est largement inféodée au PS bruxellois. Ce parti l'utilise chaque fois que des élections sont programmées.

Le CSA, lui, est un organisme trop politisé et le PS y détient une confortable présence au sein de cette organe censé réguler le fonctionnement du champ audiovisuel francophone.

Nous ne sommes donc pas étonnés outre meusure, de la clémence du CSA vis a vis de Radio Al Manar

En revanche, il nous revient, de source sûre, qu'une descente policière musclée, est en préparation pour rendre visite aux studios de cette radio, durant la seconde quinzaine du mois de mars 2013.

06 mars 2013

L’Agence Belga incite à l’islamophobie par une dépêche incomplète et biaisée

L’Agence Belga incite à l’islamophobie par une dépêche incomplète et biaisée

Pierre-Yves Lambert, 6 mars 2013

L’Agence Belga a diffusé ce mercredi 6 mars une dépêche incendiaire (comme en témoignent les commentaires des lecteurs sur les sites de presse et sur twitter, e.a. «4 mois de prison pour avoir déchiré un Coran ?! et ce n’est pas en Afghanisan !»)

Ostende : Arne prend 4 mois fermes pour avoir déchiré le Coran devant des musulmans

Arne S., originaire de Blankenberge, a été condamné mercredi, par le tribunal correctionnel de Bruges, à une peine de quatre mois de prison ferme pour avoir déchiré un Coran devant un groupe de musulmans (...). Le 8 juin dernier, en début de soirée, le prévenu a participé à une petite manifestation à Ostende. Après la manifestation, il s’est rendu dans un café où il a échangé des mots avec une dizaine de musulmans. Devant leurs yeux, Arne S. a déchiré un exemplaire du Coranhttp://www.rtl.be/info/belgique/faitsdivers/985711/ostende-arne-prend-4-mois-fermes-pour-avoir-dechire-le-coran-devant-des-musulman

La dépêche en version néerlandaise est identique

Op 8 juni vorig jaar had Arne S. in de vooravond deelgenomen aan een kleine betoging in Oostende. Na de betoging ging hij nog even op café. Daar moet het tot een woordenwisseling gekomen zijn met een tiental moslims. Voor hun ogen verscheurde S. een exemplaar van de koran. Hij zei dat ze het islamitische heilige boek eerst naar zijn hoofd hadden geslingerd. http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20130206_00459631

traduire

Etrangement, aucune précision sur cette «petite manifestation» à laquelle il venait de participer, un détail sans importance pour Belga.

Une simple petite recherche sur google avec les mots-clés betoging oostende 8 juni 2012 (manifestation ostende 8 juin 2012) donne en premier hit la dépêche Belga, en deuxième un texte qui n’est plus accessible mais dont le titre était éclairant

NIEUWS uit OOSTENDE - Anti-moskee betoging op 8 juni jongstleden.

traduire

traduction : Nouvelles d’Ostende - Manifestation anti-mosquée ce 8 juin

Le neuvième hit est encore plus précis et mène au site de la télévision locale ostendaise qui a consacré pas moins de trois reportages à cette manifestation, avant http://www.focus-wtv.tv/video/protest-tegen-nieuwe-moskee-oostende, pendant http://www.focus-wtv.tv/video/protest-tegen-moskee et après http://www.focus-wtv.tv/video/op-stap-met-een-moslim-oostende, il y est bien question de

In Oostende houdt het Vlaams belang vanavond een protestactie tegen de komst van een nieuwe moskee. Er worden zo’n tachtig manifestanten verwacht, onder wie ook enkele nationale kopstukken als Filip Dewinter. De partij waarschuwt voor de islamisering van de stad.

traduire

traduction : Ce soir le Vlaams Belang organise une action de protestation contre la venue d’une troisième mosquée. On attend dans les 80 manifestants, parmi lesquels quelques figures nationales comme Filip Dewinter. Le parti lance l’alerte à l’islamisation de la ville.

En fin de compte, il n’y avait eu qu’une soixantaine de manifestants. Dont au moins un a poursuivi la soirée dans un café, «où il a échangé des mots avec une dizaine de musulmans», l’étape suivante étant le déchirement de Coran :

Selon les dires du prévenu, les musulmans lui ont lancé le livre sacré à la tête, ce qui a provoqué son geste.

Chacun sait en effet que le lancer de Coran est une discipline sportive particulièrement appréciée par les musulmans...

On notera au passage qu’à Ostende les fachos et les musulmans fréquentent les mêmes cafés, ce qui serait difficilement imaginable à Anvers ou à Bruxelles

Le prosélytisme musulman sur Internet

Le prosélytisme musulman sur Internet

Takano Genki (ULB)*, le 05 mars 2013

Durant les années 70 et 80, des prédicateurs musulmans ont, à l’instar de Ahmed Deedat, su saisir l’opportunité née de l’apparition de nouvelles technologies, audio et vidéo, pour leur propagande. Comme le soulignait Felice Dasseto en 1996 dans son ouvrage La construction de l’islam européen, des musulmans ― parmi eux les Frères Musulmans, des étudiants américains, etc. ― utilisèrent dès ses débuts l’Internet comme «réseau de circulation des idées islamistes» ou comme plateforme pour proposer du contenu lié à l’islam et à sa pratique, contribuant ainsi au processus de réislamisation des musulmans européens engagé à partir des années 1980.

Depuis, l’Internet a considérablement changé, tant du point de vue de l’indexation des sites que de son utilisation et de ses utilisateurs. L’on peut dès lors se demander, en matière de prosélytisme et de processus de réislamisation, quels peuvent être les acteurs actuels et les moyens qu’ils déploient, leur approche à l’égard des internautes et des moteurs de recherche.

La prise en main de l'Internet comme outil pour la da'wah ― l'invitation des non-musulmans à l'islam ― et la ré-islamisation est un phénomène qui s’est amplifié au début des années 2000, en parallèle avec la croissance exponentielle du nombre d'internautes durant ces dix dernières années. Parmi les courants actifs pour la ré-islamisation des descendants d'immigrés maghrébins, le «salafisme de prédication» ―  le Wahhabisme y est inclus ― s'impose comme le premier acteur sur la toile. L’anonymat ― relatif ― sur Internet leur permet d'avancer à visage masqué et d'étendre leur influence en pénétrant l’intimité des foyers.

Le public ciblé est jeune, occidental et se divise principalement en trois catégories : les musulmans et les descendants de musulmans en Europe ; les chrétiens ; les athées et les agnostiques. Pour chacune de ces catégories, il y a une méthodologie et un argumentaire bien définis.

Pour la première, celle des musulmans, il s’agit de répondre à leurs questions par le biais de sites consacrés aux fatâwâ (fatwa au singulier), les avis juridiques et religieux donnés par un spécialiste de la loi islamique, ou d’investir les forums communautaires afin de convaincre les musulmans que certains courants les éloignent de la voie authentique. Ainsi, une normalisation des pratiques cultuelles et des rapports sociaux s’opère au travers de différents sites, à l’exemple de fatawaislam.com créé par l’association française «Aux sources de l’islam» qui «a pour objectif d'appeler à l'islam, ses principes et ses valeur [et] de clarifier l'authentique compréhension de l'islam à toutes personnes musulmanes et non-musulmanes». De son côté, Paltalk.com s’avère être l’un des sites qui permit au «salafisme de prédication» de prendre son essor par le biais de vidéo-conférences de prédicateurs arabophones, anglophones et francophones retransmises en direct.

Pour susciter des conversions parmi les chrétiens, les prosélytes ont appris à maîtriser les subtilités des moteurs de recherche tels que Google afin de placer leurs sites dans les premiers résultats, à l’exemple du mot-clef «Jésus» qui produira sur Google deux sites de prosélytes musulmans dans les vingt premiers résultats : aimer-jesus.com et jesusreviendra.com. Ces sites proposent divers arguments contre le christianisme. Le premier vise à réfuter la Trinité et à proclamer l’unicité de Dieu. Le second consiste à prouver que la Bible annonce la venue du prophète Mahomet, ce qui les amène parfois à citer l’Évangile de Barnabé ― un apocryphe tardif probablement rédigé en milieu musulman ―, voire de le proposer à la lecture. Le troisième tend à démontrer que Mahomet se situe dans la suite des prophètes et clôt la révélation. Le quatrième propose des récits de prêtres convertis à l’islam.

En ce qui concerne les athées, les auteurs ont développé des arguments du type «foi par la raison» et veulent réconcilier le rationalisme et l’évidence de Dieu. En parallèle, ils proposent une série d’articles contre les théories de l’évolution et les maux qu’ils imputent à l’athéisme et au darwinisme : le racisme et le nazisme. On peut retrouver ces arguments sur le site mensongedelevolution, créé en 2002 par l’auteur créationniste turc Harun Yahya, et très bien placé avec le mot-clé «évolution».

Le recours au concordisme et aux «miracles coraniques» est un point commun entre les sites à l’attention des chrétiens et des athées. Le concordisme est une exégèse apologétique qui vise à combiner les conclusions des sciences actuelles avec les textes religieux, ici le Coran et les Hadith. Les deux grandes figures de ce concordisme sont Maurice Bucaille, auteur de La Bible, le Coran et la science : les Écritures saintes examinées à la lumière des connaissances modernes, dont les travaux sont repris sur le site aimer-jesus.com, et Harun Yahya.

Il existe de nombreux acteurs du prosélytisme musulman sur Internet : leurs sites sont disponibles en plusieurs langues et sont majoritairement hébergés dans l’État américain du Texas. Deux tendances majeures sont à distinguer : l’une, turque, est menée par Harun Yahya ― probablement proche de la mouvance turque Milli Görüs ― ; l’autre est issue de la péninsule arabique. Harun Yahya (et sa maison d’édition, la Global Yayincilik), a ceci de particulier, que son mouvement se construit autour de sa seule personne et que la traduction des sites est effectuée uniquement par des bénévoles. Aussi, a été mise en place une politique axée sur des noms de domaine simples ― comme viedecemonde.com ― qui répondent aux recherches des internautes et contiennent peu de références directes à l’islam. Au contraire, la branche issue de la péninsule arabique manifeste son appartenance à l’islam au travers des noms de domaine. Ce courant possède plusieurs caractéristiques. Parmi celles-ci l’utilisation des langues les plus parlées sur le net à l’exemple de islamreligion.com, islam-guide.com, chatislamonline.org, etc. Seule exception, le site islamhouse.com qui propose près de 80 langues en tout.

Ces sites sont d’autant plus importants qu’ils sont gérés par des organisations officielles, à l’exemple de islamreligion.com, qui émane de la «Cooperative Office for Dawah in Rawdah (Riyadh)» et de islamhouse.com, supervisé par le Ministère saoudien des Affaires religieuses. Ces sites renvoient l’un à l’autre et proposent divers services comme un chat online, où les convertis, musulmans et non-musulmans, peuvent poser les questions qu’ils souhaitent en direct, ou des articles qui retracent étape par étape les actes à accomplir pour se convertir. Ils proposent également divers contenus comme les livres de Ibn Baz, ancien mufti d’Arabie Saoudite, et de Mohammed ben Abdelwahhab, fondateur du Wahhabisme. Parmi les acteurs principaux de cette branche très dynamique sur la toile, Ibrahim Ali Ibrahim Abu Harb s’impose. Ce propriétaire des sites islamreligion.com, islam-guide.com, newmuslims.com, etc. est l’auteur du Guide concis et illustré sur la compréhension de l’islam publié au Texas. Il a fait appel par quatre fois en 2003 à l’Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle, agence des Nations Unies, afin de faire radier les noms de domaine suivants : muslim.info, muslims.info, koran.info et quran.info. Ces démarches dénotent une politique anticoncurrentielle puisque l’objectif du domaine .info, créé en 2001, est de fournir de l’information aux internautes.

En ce qui concerne les initiatives francophones, deux tendances sont constatées. La première se caractérise par les sites proposés par des Français et hébergés en France comme islamconversion.com. La seconde est un ensemble de trois sites créés à Rabat, tous hébergés en France. Ces trois derniers sites appartiennent à un certain Otman Khrubiche, un informaticien, et ont chacun une vocation précise : Aimer-jesus.com s’adresse aux chrétiens, dieu-existe.com aux athées et islam-paradise.com aux nouveaux musulmans, à qui il offre des informations proclamées authentiques sur l’islam et reprend des arguments des deux autres sites.

À partir des argumentaires proposés sur ces sites ou de vidéos hébergées sur YouTube et Dailymotion, des internautes musulmans investissent les forums et sites Internet afin de propager leur foi. Il existe deux approches principales. La première consiste à participer aux discussions en cours, par exemple sur les nombreux débats relatifs à l’islam, et la deuxième se fait fort de créer des sujets de discussion, tel que «Que peut-on faire pour discuter plus librement de sexualité entre époux ?», dans le but de renvoyer le lecteur vers un site prosélyte musulman. La plateforme Google Books peut également servir des fins prosélytes puisqu’on y trouve de nombreux livres en libre accès comme le Guide concis et illustré sur la compréhension de l’islam ou encore Les vrais enseignements de Jésus (C) dans la Sainte Bible, et sa vie, prétendument écrit par un ensemble de cardinaux, de pasteurs et d’experts de la Bible et dont le but est de souligner les incohérences de la Bible afin de mener le lecteur, petit à petit, vers l’islam. Ce livre est intéressant à plus d’un titre : d’une part, l’auteur de la préface, un certain cardinal Luc Martin, invite le lecteur à le contacter par mail ou via sa page profil Facebook ― Cardinalluc Martin — ; d’autre part, le ou les auteurs incitent le lecteur à visiter la majorité des sites cités dans le présent article, qu’il s’agisse de ceux de la branche turque, de la péninsule arabique ou de Rabat.

En conclusion, l’espace public que représente Internet fait l’objet d’enjeux idéologiques et étatiques. Le développement croissant des technologies de l’information et de la communication a suscité un intérêt précoce auprès d’organisations prosélytes, leur permettant d’investir un nouvel espace qui transcende les frontières. Le phénomène est accentué par le faible coût qu’entraîne la mise en ligne d’un site Internet. Les prosélytes, en cernant le fonctionnement des moteurs de recherche, pèsent de tout leur poids sur l’évolution de la pratique de l’islam parmi les jeunes, qu’ils soient de famille musulmane ou non. À l’avenir, il reviendra au sciences humaines d’évaluer l’impact d’Internet sur le fait religieux.

*Ce texte est l’un des deux articles à avoir remporté le concours lancé par ORELA à destination des étudiants de l’Université libre de Bruxelles. Son auteur est inscrit en troisième année de BA en Histoire.

00:02 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04 mars 2013

«De la télé pour les bébés aux jeux vidéo pour les ados»

«De la télé pour les bébés aux jeux vidéo pour les ados»

Dans le cadre de la 37ème Session de Séminaires-Rencontres de l’enfance, le FRAJE asbl vous convie à la soirée-rencontre avec Serge Tisseron le lundi 11 mars à 20h au Sleep Well Youth Hostel:

Notre société contemporaine est érigée de plus en plus sur la «frivolité de l’éphémère» où la consommation d’écrans ne laissent plus de place à l’inactivité, à la rêverie, à l’imaginaire… les enfants n’échappent plus à cette vague.

«Regarder la télévision, y compris les chaînes présentées comme spécifiquement conçues pour les enfants de moins de trois ans, peut entraîner chez ces derniers des troubles du développement tels que passivité, retard de langage, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans.»

En France, ce message destiné aux usagers de chaînes tv est aujourd’hui obligatoire pour les distributeurs même ceux qui proposent des programmes spécifiquement conçues pour les bébés (baby tv,…). Aujourd’hui on constate encore que beaucoup d’enfants sont exposés de plus en plus tôt aux écrans de tv, de consoles, de jeux vidéo.

Devant l'écran de télévision, l'enfant est-il un sujet ou un objet ? Quel impact ont les médias sur l'enfant et plus particulièrement sur le jeune enfant et son développement ?

Pour en parler, nous sommes ravis d’accueillir Serge Tisseron qui fut, en 2008 en France, à l’initiative de la pétition lancée pour alerter des dangers de la télé pour les moins de 3 ans.

Serge Tisseron est psychiatre et psychanalyste, docteur en psychologie habilité à diriger des Thèses (HDR) à l’Université Paris Ouest Nanterre. Il a publié une quarantaine d'ouvrages personnels. Ses recherches portent sur trois domaines : les secrets de famille; nos relations aux images et les bouleversements psychiques et sociaux entraînés par les TIC. Ses livres sont traduits dans quatorze langues.

Il a notamment publié : La Résilience (PUF Que sais-je ? 2007) ; Virtuel, mon amour ; (2008, Albin Michel) et L’Empathie au cœur du jeu social (2010). Dernier ouvrage paru : Rêver, fantasmer, virtualiser, du virtuel psychique au virtuel numérique (2012, Dunod). Son site : http://www.sergetisseron.com

Lundi 11 mars 2013 à 20h, au Sleep Well Youth Hostel (rue du damier, 23 - 1000 Bruxelles)

Prix plein : 10 euros

Étudiants, demandeurs d’emploi et +65 ans: 3 euros

Informations et réservations FRAJE (Centre de formation permanente et de recherche dans les milieux d'accueil du jeune enfant) Rue du Meiboom, 14 à 1000 Bruxelles

Tel : 0032 2 800.86.10 Fax : 0032 2 800.86.21

Email : info@fraje.be

Plus d'informations sur www.fraje.be et www.facebook.com/FrajeAsbl

13:40 Écrit par Rachid Z dans Enseignements, Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03 mars 2013

Le philosophe tunisien Mezri Haddad démasque et vitriole la chaine qatarie Al Jazeera

Le philosophe tunisien Mezri Haddad démasque et vitriole la chaine qatarie Al Jazeera

 Mezri Haddad écrit à l'employée d'Al Jazeera Khadidja Benguena

Mezri Haddad (philosophe et ancien ambassadeur à l’Unesco), le 12 février 2013

En déposant plainte contre moi, vous avez parfaitement raison, Madame, d’avoir confiance «dans la capacité de la justice française de rétablir les faits». La justice de la République française n’est pas celle de l’oligarchie wahhabite et obscurantiste dont vous êtes l’une des vitrines phosphorescentes ; une oligarchie féodale et mafieuse, qui condamne à perpétuité un poète libre, qui condamne à la flagellation de pauvres femmes de ménage importées du Bangladesh, parce qu’elles ont osé dénoncer leurs maîtres bédouins pour abus sexuels, qui condamne à la décapitation des ouvriers pakistanais parce qu’ils se sont soulevés contre leur condition d’esclave et qu’ils ont voulu retourner chez eux.

J’attends avec impatience l’ouverture de ce procès.

Disposant de toutes les preuves matérielles qui étayent les propos que j’ai tenus lors de l’émission «Ce soir ou jamais», y compris le traçage informatique de la fameuse page Facebook «piratée», j’assume totalement la responsabilité de ce que j’ai déclaré le 5 février dernier.

Depuis plus de dix années, nous allons enfin pouvoir parler publiquement du rôle abject qu’Al Jazeera joue dans la propagation du poison islamo-fasciste, pas seulement dans le monde arabe mais aussi en Europe. Par l’endoctrinement des téléspectateurs, particulièrement les jeunes Arabes ainsi que les musulmans de France, par la wahhabisation des esprits, par la manipulation de l’opinion internationale, par l’exacerbation des tensions entre les juifs, les chrétiens et les musulmans, par la banalisation du djihad et la diffusion de l’islamo-terrorisme partout dans le monde… Les terroristes, que vous autres «journalistes» d’Al Jazeera n’appelez jamais par leur nom mais par l’ignominieuse expression de «ceux qu’on appelle les terroristes» !

Nous allons aussi pouvoir parler des crimes, y compris contre l’humanité, de l’émirat bédouin dont vous servez la cause avec élégance et servilité. Les crimes commis en Tunisie, en Egypte et au Yémen par des snippers d’Europe de l’Est recrutés et payés par vos employeurs qataris. Des crimes commis en Libye et en Syrie par des mercenaires et des terroristes que l’émirat bédouin a gendarmés, armés et galvanisés.

Des crimes commis par des hordes fanatisées, armées et financées par le Qatar, pas seulement au Mali mais partout en Afrique, contre des musulmans, des chrétiens et des animistes qui sont bien plus humains et civilisés que les bédouins dont vous cautionnez la cause et diffusez la propagande nauséabonde.

Dans votre interminable communiqué du 11 février, vous parlez du «philosophe» que je prétends être. Je n’ai pas fait mes études à Doha et je n’ai pas obtenu ce titre par une fatwa de votre gourou Youssef Qaradaoui, le cheikh de la fitna, de l’intégrisme, de l’hypocrisie et du mercantilisme. C’est la Sorbonne qui m’a consacrée Docteur en philosophie morale et politique, licencié en histoire et en sociologie, maître de conférences en théologie catholique. Voyez-vous, je suis nettement plus diplômé que votre avocassier et frère en secte, François Burgat.

J’ai constaté depuis hier l’affichage du drapeau algérien sur les pages Facebook qui vous soutiennent. Cette ultime manœuvre est habile, mais elle ne trompera pas les Algériens et les Franco-Algériens qui savent très bien que l’Etat-télévision du Qatar cherche à déstabiliser l’Algérie, comme il a détruit la Tunisie, la Libye et l’Egypte au profit de la canaille islamiste. Affichez plutôt le drapeau de l’émirat bédouin.

Les Algériens savent que Mezri Haddad les a publiquement soutenus lorsque vos amis du FIS et du GIA tranchaient les gorges et massacraient les innocents, en attribuant leurs exactions au régime, exactement comme font leurs frères en barbarie aujourd’hui en Syrie. Ils savent qui a dénoncé l’imposture du «Qui tue qui en Algérie», dont François Burgat a été l’un des plus actifs promoteurs.

Sachez, Madame, que je n’ai rien de personnel contre vous. Vous travaillez malheureusement pour une pseudo-télévision dont l’opinion arabe et internationale a fini par découvrir les sombres desseins et les pratiques criminelles et honteuses.

Partout dans le monde arabe, Al Jazeera a perdu toute crédibilité et son audience est en chute libre : fatwa de Qaradaoui appelant au soulèvement, faux témoignages, scènes montées de toutes pièces, couverture des «événements» de Benghazi avec des images de Basra, couverture des «événements» à Homs avec des images d’archive sur Baghdad, trucages, désinformation… Une propagande digne de Goebbels, dont le chef d’orchestre a été le frère musulman Waddah Khanfar et le commanditaire, Hamad Ibn Jassim Al-Thani, l’esclave d’Hillary Clinton et l’ami intime de Tzipi Livni et de Shimon Perez.

On peut mentir quelque fois à quelques-uns mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde. Les Egyptiens ont retrouvé leur esprit après avoir subi le matraquage d’Al Jazeera et ils ne se laisseront pas gouverner par les Frères musulmans. Les Tunisiens ont compris dès octobre 2011 et ils ne permettront pas aux mercenaires du Qatar d’imposer leur idéologie rétrograde au pays d’Ibn Khaldoun, d’Ibn Rachik, de Tahar Haddad et de Habib Bourguiba.

Non, je n’ai rien de personnel contre vous. C’est contre l’oligarchie bédouine et wahhabite qui vous abrite et vous récompense que je mène le combat. Le combat des lumières contre l’obscurantisme, de l’humanisme contre le fascisme vert, du progrès contre la réaction, de l’islam contre l’islamisme, de la liberté contre le totalitarisme, de la modernité contre l’ignorance, de l’honneur arabe contre le néocolonialisme.

J’espérais vous voir suivre l’exemple de vos collègues qui ont quitté Al Jazeera parce qu’ils ont compris que cette chaîne subversive travaillait au morcellement du monde arabo-musulman conformément à un agenda impérialiste dont l’émirat bédouin n’est que le vil sous-traitant et Al Jazeera, la sinistre boîte de marketing et de communication.

J’espérais vous voir suivre l’exemple de Louna Al-Chabi, d’Eman Ayad, d’Aksam Suleyman, de Sami Haddad et de mon compatriote Ghassan Ben Jeddou, dont cette phrase devrait vous interpeller, mieux vaut tard que jamais : «J’ai peut-être perdu Al Jazeera, mais j’ai gagné ma dignité.»

Il faudrait plus d’un procès suscité par l’émirat bédouin pour m’intimider ou me faire renoncer à démasquer, en France et partout dans le monde, les menées subversives et terroristes de votre patrie d’adoption, le Qatar, et de votre officine d’exécution, Al Jazeera.

Vos employeurs vont devoir employer d’autres moyens ! Je sais qu’ils en sont capables, mais cela n’effraye point l’homme de foi que je suis, encore moins le Tunisien et l’Arabe qui n’acceptera jamais l’hégémonisme qatari sur la Tunisie, la Libye et l’Egypte. Je prie seulement l’Unique qu’Il me prête vie jusqu’au jour où j’assisterai à la disparition de la marée noire du pétro-wahhabisme de toute la Méditerranée, d’Alger jusqu’à Damas.

00:40 Écrit par Rachid Z dans Médias, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 mars 2013

Fayçal Laraichi et Tejjini fraternisent pour le pire de la télévision

Fayçal Laraichi et Tejjini fraternisent pour le pire de la télévision

Par Aziz Abounasm, le 28 février 2013

Vexation cathodique ce dimanche 24 février 2013 lorsque notre élite médiatique découvre un nouveau programme «l’Invité du Dimanche» sur AL OULA, accordé sans passer par un appel à projet au moment même où la direction de la SNRT vantait un nouveau dispositif transparent.

Si les observateurs avertis sont unanimes sur la médiocrité de l’émission et de son «grandissime» présentateur, la question qui se pose aux professionnels de l’audiovisuel marocain : comment faire pour obtenir une émission dite «politique» sur Al Oula ?

La recette vous est révélée en exclusivité ici.

D’abord oubliez la déontologie, préférez un voisinage avec un parti de droite, de préférence belge, présentez-vous, même au nom de ce parti, aux élections locales. Libérez-vous des contraintes pesantes d’objectivité ou de moralité, en privilégiant le sensationnel, le plausible et la séduction. Préparez-vous à endosser l’habit du marqueteur partisan mais ne craignez jamais la désinformation, la manipulation ni la diffamation. Et surtout, donnez l’impression d’être heureux dans votre posture «d’idiot utile».

Maintenant que vous assumez votre position de journaliste moderne au service de la vérité de vos maitres, reste à vous débarrasser de certains clichés répandus chez les journaleux débutants. Ne vous souciez jamais du niveau de langue : soyez proches de vos futurs invités en adoptant un langage populiste et «proximiteux» pour ne pas dire «bouzabaliste», Ne vous souciez pas de l’intonation de la voix, de la perspicacité des questions, ni de la cohérence de vos propos, laissez cela aux amateurs. Mais gardez le sourire en vous disant «je suis le meilleur !».

Attention, votre posture exige aussi de n’inviter que des politiques qui vous ressemblent pour être dans votre élément. Ne vous aventurez pas en sollicitant ces politicards ou militants, trop consciencieux, épris de vérité, de démocratie. C’est nocif pour le spectacle surtout que votre émission doit être conçue et réalisée comme un long spot publicitaire sur vos amis et protecteurs.

Certes, la recette ne peut être productive sans une dose de chantage. Vous êtes maintenant sans scrupules ni principes, vous devez publier des vidéos pour dénoncer les abus du PDG de la chaine visée, et attaquer les responsables des institutions potentiellement partenaires… Le chantage pourrait avoir des vertus certaines et immédiates sur les corrompus surtout si vos amis et le PDG ont les même ennemis politiques.

Passant à l’efficacité de la recette par l’exemple : Mohamed TIJJINI présente bien «L’invité du Dimanche». On ignore s’il a suivi une formation de journaliste mais on sait qu’il est conseiller et candidat malheureux du Mouvement Réformateur belge. En 2005, Mohammed Er-Roukhou était membre du PS quand il se présenta sans succès aux élections de l'Assemblée générale des Musulmans de Belgique. En 2010, nous le découvrons, tout à coup, directeur-animateur-journaliste de AMTV.

C’est un ancien journaliste belge Jean-Claude Defossé qui va critiquer en commission du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la faiblesse du traitement de l'information et pointer la méthode TIJJINI : "L'éditeur de service Maghreb TV est clairement polémiste et incontrôlable", selon M. Defossé. Cette insuffisance est criante dans chacun de ces talk-spectcles et la méconnaissance de la politique intérieur, de la diplomatie, de l’affaire du Sahara, du dossier des MRE, les diffamations et approximations déshonorent le journalisme.

TIJJINI utilise ouvertement sa tribune pour tenter de faire vivre son projet de chaine tv. Il va interviewer Driss El Yazami président du CCME, potentiel bailleur de fond puis Jamal Rayane son antidote. Il invite Benkirane puis Hakim Benchemass … Les approximations et attaques se multiplient et ne se ressemblent pas.

Fayçal Laraichi n’échappe pas au stratagème. La messe était dite lors d’un talk dédié au PDG de la SNRT considéré clairement, par Mohamed Tijjini, comme le chef de file d’un système de corruption qui rongerait les chaines publiques. Ne cherchez pas cette vidéo, Monsieur Tijjini l’a supprimé : à quoi bon laissé le talk qui mettait en cause Faycal Laraichi et la magouille télévisuelle s’il a obtenu «l’Invité du dimanche» sur Al Oula. La recette marche.

Mais, si l’existence de ce nouveau programme nous indique comment certaines émissions ou fictions aussi médiocres peuvent trouver leur place dans la grille de la SNRT, le choix du premier invité du Dimanche trahit peut être un agenda. Commencer cette émission avec le tumultueux Hamid Chabat, dans une chaine dite publique, n’est-il pas un message, on ne peut plus clair, à Benkirane et à son ministre de la Communication Mustapha ElKhalfi que Tijjini avait reçu dans sa phase prospective ?

Soyons perspicace, ce mode d’emploi ne vous permettra d’obtenir une émission que si vous êtes profondément sans scrupules et foncièrement sans compétence. Faut-il encore espérer que le PDG de la chaine visée veuille bien céder à votre chantage et vous utiliser contre ses adversaires politiques avant de vous remercier comme un mouchoir jetable

15:20 Écrit par Rachid Z dans Médias, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |