05 mai 2013

Laïcité : les conclusions de cette commission ne sont pas une première

Laïcité : les conclusions de cette commission ne sont pas une première

Pierre-Yves Lambert, le 02 mai 2013

L'analyse faite par cet organisme américain n'est pas une première. Plusieurs organismes internationaux, y compris de défense des droits de l'Homme, ont fait le même constat. A chaque nouvelle loi, sur le foulard, la burqa, l'interdiction des signes convictionnels etc. des organismes comme la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, Amnesty International, des associations féministes protestent énergiquement. La Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) était elle-même hostile à une interdiction absolue du voile intégral.

Sur le plan historique, la France jouit d'une certaine réputation en matière de droits de l'Homme, ce qui explique en partie qu'elle soit plus particulièrement pointée du doigt par ce type de rapports. Mais le problème se pose également dans d'autres pays d'Europe.

La question se pose par exemple en Suisse avec les minarets, en Allemagne avec la circoncision et également dans ces deux pays avec la «Kirchensteuer», cette sorte de dîme prélevée par l'Etat via les impôts pour être versée à une église ou une association religieuse du choix du contribuable. Dans ce dernier cas, l'Etat a déterminé quelles étaient les religions qui pouvaient en bénéficier. L'Islam n'en fait pas partie. Il y a là une discrimination claire qui existe, comme d'ailleurs en Alsace-Moselle pour les cours de religion, le paiement du salaire des prêtres et l'entretien des édifices du culte.

Des conséquences sur l'intégration sociale

Ce phénomène dénoncé par le rapport de la commission américaine des libertés religieuses a des conséquences en terme d'intégration sociale, notamment après ce qui s'est passé lors de l'affaire de la crèche Baby Loup et des mesures discutées ensuite pour l'interdiction de signes religieux dans le secteur privé. Le problème se pose de la même manière en Belgique, à ceci près qu'existe dans ce pays une jurisprudence selon laquelle on ne peut interdire le port de signes religieux dans l'entreprise, à moins que celui-ci présente un danger pour le salarié.

L'autre conséquence est un renforcement des radicalismes. Celles et ceux qui portent des signes convictionnels ou font partie (pour ce qui est de l'autre volet du rapport) d'une secte se sentent mis au ban de la société. Un sentiment dangereux pour la cohésion sociale du fait de la réduction considérable des perspectives d'emploi pour les personnes concernées. La plupart des études montrent pourtant que les jeunes femmes musulmanes ont un taux de réussite scolaire et de diplôme souvent plus élevé que les garçons. Ce type de "laïcité agressive" conduit à une frustration plus grande encore au sein des familles.

Par ailleurs, je tiens à exprimer mon total désaccord avec une section de la partie du rapport consacrée à l'Europe occidentale, qui traite des «Hate speech laws» (lois contre le racisme, le négationnisme etc.). Si un organe consultatif équivalent de l'Union européenne ou du Conseil de l'Europe devait publier ce genre de rapport sur les Etats-Unis, il devrait souligner l'absence de telles lois qui permet toutes les dérives racistes et néo-nazies notamment, mais aussi homophobes.

Le débat

01 mai 2013

Le CDH veut supprimer les suppléants

Le CDH veut supprimer les suppléants

Metro, le 29 avril 2013

Le président du CDH, Benoît Lutgen, a proposé hier de réformer le système électoral afin de donner plus de poids au vote des électeurs face au pouvoir des partis. Il veut supprimer les suppléants et la dévolution de la case de tête, a-t-il fait savoir sur RTL-TVI. A l’heure actuelle, les candidats élus ne sont pas nécessairement ceux qui donnent le plus de voix. Un candidat effectif a toujours la priorité sur un suppléant, même si celui-ci a obtenu plus de suffrage. La dévolution de la case de tête, qui consiste à distribuer les voix du pot commun dans l’ordre de la liste, favorise elle aussi les candidats placés en haut de la liste par les partis par rapport aux préférences exprimées par les citoyens. Le CDH déposera une proposition de loi en ce sens.

30 avril 2013

Dieudonné témoin d'un mariage gay !

Dieudonné témoin d'un mariage gay !

21:37 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25 avril 2013

Deux policiers schaerbeekois inculpés de fraudes sociales pour 600.000 euros

Deux policiers schaerbeekois inculpés de fraudes sociales pour 600.000 euros

Gilbert Dupont, le 25 avril 2013

Ils sont soupçonnés d'avoir des intérêts dans des sociétés de nettoyage actives en région bruxelloise

Deux policiers de la zone de Schaerbeek ont été inculpés de faux et usage de faux, dans le cadre de fraudes sociales dans le secteur du nettoyage, pour un montant estimé de 600.000 euros.

Le juge d'instruction en charge, Mme Laurence Heusghem, a décidé de les laisser en liberté sous condition. L'auditorat du travail de Bruxelles nous a confirmé l'information.

Les deux policiers, un inspecteur et un inspecteur principal, avaient été privés de leur liberté mercredi matin. Bien que policiers, ils sont soupçonnés d'avoir des intérêts dans des sociétés de nettoyage actives en région bruxelloise, au sein desquelles des fraudes sociales étaient commises.

Un des policiers est connu pour avoir abattu un homme en rue il y a exactement quatre ans, Chaussée de Haecht à Schaerbeek, affaire pour laquelle il sera jugé en octobre prochain.

Les deux policiers ont été inculpés et remis en liberté sous condition. Un troisième suspect a également été inculpé. Il s'agit du frère des précédents mais il n'est, lui, pas policier.

18:43 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22 avril 2013

Ces Tunisiens qui partent faire le djihad en Syrie

Ces Tunisiens qui partent faire le djihad en Syrie

Par Julie Schneider, le 22 avril 2013

Ils sont près de 2 000, selon l'International Crisis Group, à avoir franchi le pas. À Tunis, les familles se mobilisent plus que jamais.

Il ne souhaite pas donner son nom, ni celui de son frère, pour "une raison de sécurité". On l'appellera Ali (*). Ali a 30 ans et vit à Monastir. En terrasse d'un café sur l'avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis, il hésite à témoigner. Son frère est parti début décembre pour la Syrie. "Il nous a dit qu'il allait à Abou Dhabi", raconte-t-il. Et puis, une semaine après le départ, il reçoit un appel : "Là, on a appris qu'il était en Syrie. Il nous a dit qu'il était bien arrivé."

Désormais, c'est l'incompréhension pour cette famille. "S'il était à Gaza, je comprendrais. Mais en Syrie, ce n'est pas la même chose. On dirait de la sous-traitance de djihadistes", dénonce-t-il, analysant tour à tour le rôle des États-Unis ou de la Russie dans le conflit. Le 19 avril, le mufti de la République tunisienne, le Cheikh Othman Battikh, a tranché : "Combattre en Syrie ne relève pas du djihad. C'est plutôt exploiter la précarité et les difficultés vécues par nos jeunes. Les Syriens sont musulmans. Un musulman ne combat pas son frère musulman."

Depuis des mois, Ali cherche de l'aide : ministère des Affaires étrangères "pour savoir s'ils avaient des contacts avec l'opposition syrienne ou même Bachar el-Assad", Ligue tunisienne des droits de l'homme. "Il n'y a même plus d'ambassade syrienne", déplore-t-il. En février 2012, l'État tunisien a abrogé ses relations diplomatiques avec la Syrie, et a accueilli peu après une conférence des "Amis de la Syrie". Samedi, une marche a eu lieu dans le centre de Tunis pour demander à rétablir ces relations diplomatiques.

"Arrêtons ce fléau"

Installé dans un café de Lafayette, dans le centre de Tunis, Ali et quelques dizaines de parents de jeunes partis en Syrie planchent, avec l'avocat Badis Koubakji, sur le lancement d'une association pour "venir en aide aux Tunisiens à l'étranger", "inciter les jeunes à revenir", et "les aider à se réinsérer à leur retour". "On espère pouvoir faire pression sur le gouvernement pour arrêter ce fléau et surtout faire prendre conscience aux familles tunisiennes de la dangerosité de ces courants religieux extrémistes", explique Lotfi (*). Lui aussi demande à changer le nom de son fils. On l'appellera Mehdi (*). Mehdi, 25 ans, est parti en décembre avec "sept autres personnes dont trois du même quartier", sans vouloir préciser lequel. Ingénieur informatique, Mehdi ferait "des actions caritatives en Syrie", grimace son père, "mais comment savoir ? Il avait une certaine conviction religieuse. Pour lui, c'est un devoir religieux." C'est par un texto qu'il a appris que son enfant partait pour la Syrie. Ce retraité de la fonction publique a alors pris un vol pour Istanbul, en Turquie. "Je n'ai rien fait. Pendant une semaine, j'ai erré. Je ne savais même pas où aller", raconte ce père. Depuis, il a des nouvelles sporadiquement : "Au début, il utilisait son numéro de téléphone, mais maintenant, il appelle toujours avec un nouveau numéro et on ne peut pas rappeler."

Selon l'International Crisis Group, près de 2 000 Tunisiens seraient en Syrie. Près d'une centaine seraient morts au front, selon nos données. Les familles l'apprennent par un appel ou la visite "d'un intermédiaire", comme Mohamed (*). Son frère de 31 ans, parti en janvier, serait décédé dans "l'attaque de la caserne militaire de Homs". Une casquette vissée sur la tête, si Mohamed s'estime "d'une certaine manière fier", pour lui "ce phénomène est l'affaire de la jeunesse tunisienne. Mon frère vivait en Tunisie mais il se sentait comme un étranger. La société tunisienne a construit des barrières entre nous et lui, parce que c'était un salafiste. C'est ce genre de discrimination qui l'a poussé à partir. Il n'arrivait pas à s'intégrer. Les jeunes n'ont plus d'espoir. Il faut maintenant se demander pourquoi des jeunes prennent des bateaux pour regagner l'Europe, pourquoi des jeunes s'immolent par le feu, et pourquoi d'autres préfèrent partir faire le djihad plutôt que de rester ici."

Enquête ouverte sur les réseaux

Abou Iyadh, le leader du mouvement djihadiste Ansar el-Charia - recherché par les autorités tunisiennes car soupçonné d'être derrière l'assaut contre l'ambassade américaine le 14 septembre - a appelé, de son côté, ces jeunes à ne pas se rendre en Syrie, lors d'une interview accordée au journaliste Nasreddine Ben Hadid - et interdite par la justice tunisienne. Un appel appuyé quelques semaines plus tard par al-Qaida au Maghreb islamique, afin de "ne pas laisser la Tunisie aux mains des laïcs".

Quelques familles ont brisé le silence, prenant la population à témoin à travers les médias, comme Ekbel Ben Rejab. Lorsque son frère, Hamza, 24 ans, atteint d'une "myopathie tunisienne" et en fauteuil roulant, est parti mi-mars "avec l'aide d'un ami et ses économies", Ekbel est allé à Tripoli, en Libye, puis a témoigné sur les plateaux télé. "Des sites djihadistes avaient même défendu l'idée qu'un handicapé puisse faire le djihad", fustige-t-il. Après avoir passé "10 jours" à Idlib, en Syrie, Hamza est rentré en Tunisie "avec la bénédiction d'un émir en Syrie et d'un cheikh en Tunisie", raconte son frère. Le visage poupin, Hamza était l'invité le 28 mars d'une chaîne de télé comme l'avait fait une semaine avant un homme se présentant comme un djihadiste de retour, Abou Zeid Ettounsi. Blouson en cuir et cheveux gominés, il avait déclaré "si besoin", "être prêt pour le djihad en Tunisie". Début avril, un mandat de dépôt a été émis à son encontre.

Si le ministère de l'Intérieur assure "surveiller" les djihadistes rentrés de Syrie, il ne communique pas sur leur nombre. Face à la pression des familles, le parquet a ouvert une enquête sur les "réseaux" qui aideraient ces jeunes à rejoindre l'opposition de Bachar el-Assad. Selon certains témoignages, des jeunes seraient partis seuls, sans aide. Des "mesures de précaution" visant les "jeunes de moins de 30 ans susceptibles d'appartenir à ces mouvements" ont aussi été prises aux frontières, assure Mohamed Ali Aroui, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, sans en dire plus et précisant qu'"on ne peut pas interdire à quelqu'un de voyager".

(*) Les prénoms ont été modifiés.

Bruxelles: un inspecteur principal condamné pour violences et racisme

Bruxelles

Un inspecteur principal condamné pour violences et racisme

RTL.be, le 22 avril 2013

Huit mois de prison avec sursis. C'est la peine à laquelle a été condamné un inspecteur principal de police de Bruxelles pour avoir proféré des insultes à caractère raciste à l'encontre de deux personnes.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné lundi un inspecteur principal de la police locale de Bruxelles Midi (Anderlecht/Saint-Gilles/Forest), âgé de 46 ans, à huit mois de prison avec sursis. L'homme a été reconnu coupable de deux faits de violences racistes, l'un contre un subordonné et l'autre contre une personne qu'il voulait arrêter. Le prévenu avait nié avec force, mais il a été condamné sur base du témoignage d'un ex-collègue.

Violences physiques également constatées

Les incidents se sont déroulés en août et septembre 2009. L'inspecteur principal M.C. avait donné un coup de poing à son collègue inspecteur puis l'avait agrippé à la gorge, en le qualifiant de "bougnoule". L'inspecteur principal devait également répondre d'un incident survenu lors de l'arrestation d'un homme qui tenait une manifestation interdite. Il avait poussé l'homme à deux reprises contre une porte en lui lançant une bordée d'injures racistes.

Le témoignage d'un collègue incrimine l'inspecteur principal

Plusieurs collègues de l'inspecteur principal ont d'abord réfuté toutes les accusations, mais en 2010, l'un d'entre eux a changé ses déclarations et a reconnu que tous les reproches étaient fondés. C'est sur cette base que le prévenu a été condamné. L'inspecteur principal a fait un malaise à la lecture du jugement et a dû recevoir des soins médicaux.

Maroc : l'attente angoissée des familles en cours d'adoption

Maroc

L'attente angoissée des familles en cours d'adoption

Le Point, le 21 avril 2013

"J'ai peur", dit Gabriel Pernau. "Cela fait plus d'un an...", renchérit Yassamane Montazami. Au Maroc, des dizaines de couples étrangers en cours d'adoption décrivent une interminable attente et leur vive inquiétude alors qu'une circulaire est venue durcir la législation.

Appelée kafala au Maroc, l'adoption est réservée aux musulmans - ou aux convertis à l'islam - et permet de recueillir un orphelin qui n'aura, toutefois, jamais les mêmes droits d'héritage qu'un enfant d'un mariage légal.

C'est la procédure en vigueur dans la plupart des pays musulmans, où l'adoption est en principe conditionnée par la religion.

Mais, en septembre 2012, une circulaire du ministère marocain de la Justice est venue durcir la législation du royaume en privant les non-résidents de la possibilité d'une kafala. Depuis, des familles dont les procédures étaient en cours s'inquiètent d'une rétroactivité de la mesure et d'un éventuel blocage.

"J'ai eu l'attribution de mon enfant en avril 2012. C'était le plus beau jour de ma vie. Mais depuis cette date, la procédure judiciaire qui dure d'habitude quelques mois s'éternise. Cela fait plus d'un an qu'on attend", affirme à l'AFP Yassamane Montazami, qui dit avoir abandonné son cabinet de psychologue à Versailles, en France.

"J'ai peur que cette circulaire s'applique de manière rétroactive alors qu'elle a été publiée après l'attribution de mon fils, âgé de 15 mois", confirme Gabriel Pernau, un journaliste espagnol qui fait des allers-retour entre Madrid et Rabat.

Au total, plus de 100 familles espagnoles, françaises, américaines, mais aussi marocaines vivant en Europe se sont vu attribuer des enfants avant la nouvelle circulaire, mais restent dans l'attente de la décision finale du juge. N'habitant pas au Maroc, elles craignent que l'adoption qui leur était autorisée leur soit désormais refusée.

Une quarantaine d'entre elles se trouvent à Rabat, où l'orphelinat accorde un droit de visite de six heures par jour. Ailleurs, comme à Agadir (sud-ouest), celui-ci est limité à une heure seulement.

Ils "nous appellent papa et maman"

"Nous ne contestons aucunement la loi marocaine. Nous demandons simplement à ce qu'il n'y ait pas de rétroactivité de la circulaire", insiste Mme Montazami, dont le mari, le romancier Eric Laurrent, fait la navette entre Paris et Rabat.

"Nous avons l'impression que depuis cette circulaire les juges reportent indéfiniment les audiences", explique Gabriel Pernau.

Lundi, le tribunal de la Famille de Rabat a prononcé un nouveau report --pour la 6e fois--, au 3 juin.

"Le juge attend l'enquête de police, qui doit être ordonnée par le parquet. Tant que celui-ci n'aura pas ordonné cette enquête, on n'aura pas l'accord du juge", avance M. Pernau.

Contacté, le ministre de la Justice Mustapha Ramid réfute toute obstruction. "Je ne donne aucune instruction aux juges. Je ne suis jamais intervenu dans le pouvoir judiciaire", affirme-t-il.

S'agissant de la circulaire de septembre 2012, elle "est adressée au parquet, pas aux juges qui sont indépendants. Elle insiste surtout sur la capacité morale et financière des familles qui veulent adopter, comme le prévoit la loi marocaine", dit encore M. Ramid. Restreindre l'adoption aux résidents est un moyen de vérifier que la famille adoptive subvient bien aux besoins de l'enfant.

La situation est prise au sérieux par les gouvernements des pays concernés. Elle a notamment été débattue lors de la Rencontre de haut niveau (RHN) Maroc-Espagne en octobre dernier, selon un communiqué publié la semaine passée par une quarantaine de familles.

Dans ce texte, elles expriment leur désarroi. Les enfants "dont nous ne pouvons plus nous séparer (...) nous appellent 'papa' et 'maman'" et "pleurent chaque après-midi quand nous quittons l'orphelinat", clament-elles.

00:37 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21 avril 2013

La haine de la religion : Comment l'athéisme est devenu l'opium du peuple de gauche

La haine de la religion

Comment l'athéisme est devenu l'opium du peuple de gauche

L'Esprit d'actu reçoit Pierre Tévanian, auteur du livre La haine de la religion - ou comment l'athéisme est devenu l'opium du peuple de gauche paru aux éditions La Découverte.  Un livre à lire impérativement ! Professeur de philosophie, Pierre Tévanian est également le créateur et l'animateur du site Les Mots sont importants…

"Le départ des jeunes belges musulmans en Syrie"

"Le départ des jeunes belges musulmans en Syrie"

Podcast de l'émission Hadith Roh du 19 avril 2013

Mohamed Fatha-Allah reçoit Abdelwahab Iddoub qui témoigne du départ de ses deux enfants en Syrie. Ils seraient partis le 4 avril dernier, durant les vacances scolaires, en empruntant, apparemment sans difficulté, un vol au départ de l'aéroport de Zaventem. Cette émission comporte les interventions téléphoniques du professeur Yacoub Mahi, de Mohamed Ramoussi membre de Muslims Rights Belgium et du Cheikh Bassam…

A entendre sur :

Al-Manar

14:58 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Un américain en partance pour la Syrie arrêté pour terrorisme

Un américain en partance pour la Syrie arrêté pour terrorisme

OuestFrance, le 21 avril 2013

Un Américain, en partance pour la Turquie, a été arrêté à l’aéroport de Chicago. Placé sous surveillance depuis des mois, il est soupçonné de vouloir s’engager dans des actions terroristes en Syrie, a annoncé samedi le FBI.

Il n’y a pas de «lien entre ce cas et les événements qui ont eu lieu ces derniers jours à Boston», a indiqué le FBI dans un communiqué.

Des agents avaient placé sous surveillance Abdella Ahmad Tounisi, 18 ans, en raison de son amitié avec un homme arrêté en septembre après une tentative d’attentat à la bombe devant un bar de Chicago.

Projets terroristes

Tounisi a été arrêté après des semaines passées à scruter des sites internet prônant le djihad et le martyre, selon le dossier d’instruction. Le FBI lui avait tendu un piège en créant un faux site de recrutement pour Jabhat al-Nusrah, un groupe lié à Al Qaida, et Tounisi discutait depuis trois semaines de projets terroristes avec un agent infiltré.

Tounisi a été arrêté vendredi soir alors qu’il attendait pour embarquer sur un vol à destination d’Istanbul.

12:51 Écrit par Rachid Z | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20 avril 2013

Didier Reynders (MR) refuse de recevoir les familles en détresse

Didier Reynders (MR) refuse de recevoir les familles en détresse

Luk Vervaet, le 20 février 2013

On parle dorénavant de quelques centaines de (jeunes) Belges qui seraient partis rejoindre les rangs de la rébellion en Syrie. Jusqu’à la preuve du contraire, je suis assez sceptique sur ce chiffre. Il me semble exagéré et plutôt une incitation à stopper (et arrêter) les recruteurs et les Sharia4Belgium. Mais quel que soit le chiffre, le contraste avec le nombre insignifiant de familles, qui ont pris contact avec les autorités pour trouver de l’aide pour leur enfant, saute aux yeux.

N’est-ce pas alarmant que des familles en détresse n’osent pas s’adresser aux autorités de leur propre pays ? Qu’elles n’attendent plus rien de ceux qui sont supposés de les aider ?

C’est toute l’expérience vécue d’une communauté arabo-musulmane pendant cette dernière décennie de lutte contre le terrorisme, qui est à la base de cette situation.

En voici quelques éléments.

En dehors des barrières matérielles et psychologiques qui séparent déjà le peuple de ses gouvernants, les familles savent qu’elles risquent d’être classées parmi ces familles qui portent le stigmate de «suspect» ou de «terroriste». Et d’être par la suite propulsées à la une des journaux. Ou, pour le moins, qu’elles seront jugées comme familles incapables d’avoir su empêcher leur fils de partir chez les terroristes. Tout le monde a compris que c’est à nouveau la criminalisation de ses jeunes – et de leurs familles et de toute une communauté musulmane- qui est à l’ordre du jour dans le dossier des jeunes volontaires pour la Syrie. Et que leur retour en Belgique suscite peut-être plus l’inquiétude de nos autorités que leur départ.

Pour les familles la situation se complique davantage quand elles possèdent la double nationalité.

Là, on a l’expérience que la réponse des autorités sera invariablement que, «malgré notre bonne volonté, nous ne pouvons pas intervenir». Demande à la famille Atar, dont le fils Oussama a été un volontaire pour aider les populations irakiennes sous l’occupation américaine. Arrêté par les Américains en 2004, il a été pendant près de dix ans incarcéré dans les prisons de la torture en Irak. La famille a dû se débrouiller toute seule. Elle n’a pu compter sur aucune aide et a dû organiser une manifestation devant le palais de justice à Bruxelles pour faire bouger notre gouvernement. Pendant tout ce temps pas un seul mot de protestation n’est sorti de la Belgique auprès des autorités irakiennes ou américaines pour exiger la libération et le retour de notre con-citoyen de l’horreur en Irak.

En Belgique, l’aide de notre pays a surtout consisté à enfermer d’autres jeunes volontaires pour l’Irak dans nos prisons. Demandez aux familles Soughir et à toutes les autres, qui avaient leurs fils inculpés, à leur retour en Belgique, dans le procès des soi-disant Kamikazes pour l’Irak en 2007, pour ensuite être enfermés pendant des années.

Les familles sentent que la double nationalité pend comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de leurs enfants. La Belgique n’a-telle pas permis l’extradition de Hicham Bouhali Zriouil, un jeune Bruxellois, volontaire pour l’Afghanistan, capturé à son retour en Syrie, en octobre 2011 vers le Maroc au lieu de vers la Belgique, son pays natal ?

Quant à obtenir de l’aide, essayez juste d’obtenir un peu d’aide de notre Ministère des Affaires étrangères, comme l’a fait récemment Farida Aarrass. En tant que Campagne pour Ali Aarrass, nous demandons en effet depuis cinq ans d’être reçu par le Ministère des Affaires étrangères pour obtenir une assistance belge pour ce Belgo-Marocain en détention au Maroc. La réponse est invariablement «non». Un refus auquel sont confronté toutes les familles des détenus belgo-marocains au Maroc. A toutes ces familles, notre ministère n’arrête pas de répéter qu’elles ne sont pas égales aux familles «belgo-belges». La Belgique, leur disent-ils, ne s’occupera pas de vous, ne vous apportera aucune aide, assistance ou protection quand vous vous trouvez dans le pays de votre deuxième nationalité. Ce qu’ils oublient de préciser, et ce que l’affaire Ali Aarrass a démontré, c’est qu’elle ne s’occupera pas de vous dès que vous avez quitté le territoire belge. C’est-à-dire même quand vous avez un problème avec la justice en Espagne, la Belgique ne vous assistera pas.

La dernière lettre de Reynders (MR), que nous publions ici, en réponse à la demande de Zoé Genot au ministre de bien vouloir recevoir la famille d’Ali Aarrass, est édifiante. Elle témoigne non seulement d’un mépris profond et d’une froideur de marbre pour la souffrance d’une famille, mais, en plus, le ministre ment à deux fois.

D’abord, parce qu’à la conférence sur l’Europe, qu’il a donné le 23 janvier dernier à Bruxelles, il a donné sa carte de visite aux familles, leur disant qu’il suffisait d’envoyer un mail à la bonne adresse de son département pour obtenir un rendez-vous. Le ministre «oublie» donc de mentionner sa promesse faite aux familles, en présence de témoins.

Ensuite, pour justifier, en 2013, son refus d’intervenir au Maroc ou même de recevoir des familles belgo-marocaines, le ministre a trouvé une loi qui date d’avant la deuxième guerre mondiale. Il y a apparemment des choses qui résistent au temps qui passe, telle que la discrimination ou l’intimidation avec les lois que nous, simple peuple d’en bas, ne connaissons pas. Or, disent les avocats d’Ali Aarrass, cette loi ne peut être invoquée dans les relations entre la Belgique et le Maroc, parce qu’elle n’a jamais été signée par le Maroc. Elle ne peut donc être d’application.

Bientôt on fêtera les cinquante ans de l’immigration marocaine en Belgique.

A tous les politiciens belges et marocains qui seront présents à ces festivités, nous annonçons déjà la présence des familles des détenus belgo-marocains au Maroc. Ces familles dont les pères et les mères ont travaillé pendant toute leur vie dans les mines belges, dans la sidérurgie belge, dans le bâtiment ou dans le nettoyage dans ce pays vous poseront la question : pour quand un traitement égal pour nos enfants ? Pour quand la fin de la complicité belge dans la torture des détenus politiques au Maroc ?

18:03 Écrit par Rachid Z | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Encore un jeune Flamand parti se battre en Syrie

Encore un jeune Flamand parti se battre en Syrie

Eric Steffens, le 20 avril 2013

Un nouveau cas d’un jeune Belge parti combattre en Syrie a été révélé. Cette fois il s’agit d’un Anversois mineur, âgé de 15 ans. Il était porté disparu mais il s’est avéré qu’il était en Syrie.

Ce garçon âgé de 15 ans était scolarisé à l’athénée d’Anvers. "Nous avons reçu cette semaine la communication officielle selon laquelle un élève de notre athénée était en Syrie" a déclaré la préfète Karin Heremans lors de l’émission de la VRT "Peeters en Partners". "Avant cela on parlait de disparition inquiétante mais finalement nous avons reçu la confirmation que le garçon était en Syrie".

"Il a reçu un véritable endoctrinement. Des organisations ont sélectionné des adolescents ici. Des leaders les ont endoctrinés. Je me demande comment on pourrait annuler un tel lavage de cerveau. Ce sont des jeunes garçons, fragiles qui sont en pleine crise d’identité. Il n’a que 15 ans" a encore déclaré la préfète.

15:17 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Condamnation Salafie du recrutement "Khâridjî Takfîrî" pour la Syrie

Condamnation Salafie du recrutement "Khâridjî Takfîrî" pour la Syrie

Par Sheikh Salih Al Fawzan, le 20 avril 2012

Voici une Fatwa de l’Érudit Salafî son Éminence Cheikh Dr. Sâlih Ibn Sâlih Al-Fazâne -qu'Allah le réserve-, membre du  Conseil des Grands Savants et du Comité Permanent des Recherches Islamiques et de la Délivrance des Fatwas d'Arabie Saoudite, mettant en garde contre les Khawâridjs (souvent erronément assimilés par les médias aux Salafis!!) qui incitent le départ des jeunes combattants en Syrie sans l'autorisation des dirigeants de leurs pays.

Question: "Qu'Allah soit bienfaisant envers vous, votre Éminence, un demandeur dit : Celui dont nous savons qu'il incite les jeunes au Jihâd et leur donne de l'argent [pour ceci] sans la permission du dirigeant, est-ce que nous le dénonçons aux autorités? Quel est votre conseil à celui-là et ses semblables ?"

Réponse: "Oui... Premièrement, le conseiller... La première chose: lui donner conseil. Ensuite, s'il obéit et s'abstient de ceci, alhamdulillah. Mais s'il refuse d'obéir, on le dénonce donc aux autorités pour le punir afin qu'il ne nuise pas aux musulmans et à leurs enfants. Celui-là envoie les enfants des musulmans aux combats et à la perdition sans intérêt.

Ce qui est étonnant c'est que certains prêchent, s'exaltent et envoient les enfants des musulmans alors qu'ils sont assis chez eux en train de manger et boire !! Ils envoient les enfants des musulmans, les stimulent et les incitent alors que eux sont assis, ne bougent pas et ne font rien, sachant que tout cela [stimuler et pousser les jeunes au départ] est faux, mais ça fait partie de leur contradiction étonnante..."

Quand Al-Qaida au Maghreb Islamique tient conférence sur Twitter

Quand Al-Qaida au Maghreb Islamique tient conférence sur Twitter

Le Monde, le 19 avril 2013

Des grottes de la vallée d’Amettetaï aux salles de rédaction internationales, il n’y a parfois qu’un clic. Traquée par l’armée française et son allié tchadien dans son sanctuaire au Nord du Mali, l’organisation djihadiste Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a pris l’initiative, début avril, d’organiser une «conférence-tweet» en anglais, pendant deux heures, à destination des medias par le biais de son site internet de propagande, Al Andalus. Le résultat publié lundi 15 avril, et repris quelques jours plus tard par des sites de surveillance américains des forums djihadistes, offre un panel de près de 70 questions-réponses quelque peu surréalistes. «Nous sommes une part inaliénable de ce monde, nous vivons dans notre temps», justifie AQMI, qui se dit soucieuse d’éclairer «l’opinion publique internationale ignorante d’un certain nombre de faits».

Etablir un «contact direct» avec la presse, poursuit AQMI, pourrait selon «les lois américaines, françaises ou d’autres gouvernements de la région mener les pauvres journalistes tout droit à Guantanamo ou Serkadji, le Guantanamo algérien».

Citations religieuses à l’appui, les réponses de l’organisation attribuées à son porte-parole Abou Abdallah Ahmed, évoquent donc pêle-mêle le jihad et ses liens avec la mouvance salafiste. «Alliance et soutien» avec les combattants du Front Al-Nosra en Syrie (qui a récemment annoncé son rapprochement avec Al-Qaida), ou des «contacts, certainement», avec le successeur d’Oussama Ben Laden, «notre Cheikh» Ayman Al-Zawahiri. S’agissant de la branche Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA) la formule «c’est une relation d’amour», ne fait pas dans la demi-mesure. Les membres d’Ansar Al Charia en Tunisie, eux,  sont des «frères». Quant à Boko Haram, au Nigeria, AQMI déclare : «nous formons un seul corps pour défendre l’honneur de l’Islam». Sur son propre organigramme, pas de doute : AQMI reste dirigée par Abdelmalek Droukdal, alias Abou Moussab Abdelwadoud, et sa branche sahélienne par Djamel Okacha, alias Yahia Abou El Hamam, «nommé cinq mois avant l’invasion française», et non après, est-il précisé.

Interrogé sur l’un de ses ex-dirigeants, Mokhtar Belmokhtar, à la tête de la nouvelle katiba les «Signataires par le sang» qui a revendiqué l’assaut meurtrier, mi-janvier, sur le site gazier algérien de Tignatourine, son ancienne maison mère livre cette mise au point : «Pratiquement et administrativement, le frère Khaled Abou El-Abbas [son nom de guerre] a annoncé qu’il se séparait de l’organisation» mais, explique en substance AQMI, la nécessité de s’unir contre la «croisade» des Français «dépasse» tous les clivages. L’organisation djihadiste se refuse en revanche à confirmer la mort de Mokhtar Belmokhtar annoncée par le président tchadien Idriss Deby, renvoyant cette question au «porte-parole» de sa katiba, tout comme elle refuse de commenter la mort d’un autre de ses émirs, Abou Zeid, pourtant confirmée par l’Algérie et la France.

Le ton évolue selon les questions. «En guerre ouverte avec le régime algérien depuis 20 ans», l’organisation djihadiste, dont les principaux chefs sont d’origine algérienne, fustige la France qui «veut négocier sous la pression et les frappes aériennes» la libération des sept otages encore détenus en Afrique du Nord. «Leur sort, ajoute-t-elle, est entre les mains du président François Hollande et la porte est toujours ouverte pour trouver une solution juste». Le porte-parole de l’organisation confirme cependant l’exécution d’un huitième otage, Philippe Verdon, annoncée par un précédent message de l’organisation le 19 mars mais non validée jusqu’ici par Paris. Et si AQMI dit ne pas être à l’origine de menaces pesant sur «la tour Eiffel», elle «appelle tous les musulmans à prendre la France pour cible  à l’intérieur comme à l’extérieur» de ses frontières.

13:07 Écrit par Rachid Z dans Médias, Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19 avril 2013

Arrestation avec caméra: quand les nuances manquent pour les Belges partis en Syrie

Arrestation avec caméra

Quand les nuances manquent pour les Belges partis en Syrie

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Apache, le 19 avril 2013

Vous vous souvenez du 26 novembre 2002 ? Devant le parlement, le Premier ministre Guy Verhofstadt appelait avec émotion à l'arrestation de Dyab Abou Jahjah. Deux jours auparavant Mohamed Achrak, un professeur de religion islamique, avait été abattu à Anvers par un voisin. L'évènement déclencha des émeutes, jusqu'à provoquer une violente altercation entre Abou Jahjah et l'ancien chef de la police d'Anvers, Luc Lamine.

A l'époque, Jahjah menait la Ligue arabe européenne (LAE): un mouvement politique, perçu en Flandre comme préparant la "jeunesse colorée" de Borgerhout à la révolution. Pas en Syrie, mais bien à Anvers.

Les images de ces émeutes et de l'altercation filmée entre Dyab Abou Jahjah et Luc Lamine avaient suffi à Guy Verhofstadt pour piétiner de ses mocassins le principe de séparation des pouvoirs et, en tant que Premier ministre belgique, appeller à l'arrestation du "fauteur de troubles".

Le soir même, Abou Jahjah était arrêté à Deurne, soupçonné d'avoir participé à la création d'une milice privée. L'électorat blanc, effrayé – le Vlaams Blok connaissait alors son âge d'or - pouvait désormais retourner se coucher l'esprit léger. Dès le lendemain, en lien avec ce dossier, les journaux du pays vibraient aux échos des rumeurs concernant la découverte d'armes, d'argent sale et même de contenus pédopornographiques.

Dans les faits, il n'en fut rien: Dyab Abou Jahjah fut acquité sur toute la ligne par un tribunal sur ces questions.

Il n'y a personne pour défendre ces jeunes provenant de milieux défavorisés se rendant sur le front

Depuis quelques semaines, la Flandre et toute la Belgique regardent à nouveau avec effroi vers un nouveau phénomène: ces musulmans radicaux qui partent combattre en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad. Parfois, une voix parvient à faire entendre qu'il s'agit en grande partie de jeunes scandalisés par ce qui se déroule en Syrie. Mais le consensus flamand veut qu'il s'agisse plutôt de jeunes musulmans extrémistes, envoyés au front par Fouad Belkacem en personne.

De son côté, la police d'Anvers entre dans le jeu, affirmant qu'il faut désormais porter une attention toute particulière aux jeunes se laissant soudainement pousser la barbe. Ce qui équivaudrait à acheter un aller-simple en avion, direction la Syrie.

Les bourgmestres d'Anvers, Vilvorde et Malines trottent de média en média. Chaque jour ou presque, les journaux télévisés flamands donnent à voir des images du film publié sur Youtube, "Abu Dinges", montrant de jeunes flamands et néerlandais se battant en Syrie. Et afin de personnaliser le tout, on n'hésite pas à évoquer l'histoire du père du jeune Jejoen Bontinck, parti en Syrie à la recherche de son fils.

Il n'y a évidemment personne pour défendre ces jeunes provenant de milieux défavorisés se rendant sur le front. Ou pour rappeler que chaque personne partie, poussée par l'extrémisme ou un recruteur, est une personne de trop.

Mais jouer de nuances reste un exercice délicat dans la dynamique médiatique actuelle. A peu près aussi délicat que de critiquer l'ampleur peut-être excessive accordée à la couverture des attentats de Boston, ayant provoqué la mort de trois personnes. Ou de faire remarquer que l'on a trop peu traité la vague d'attentats ayant entraîné le décès de 31 personnes le jour avant, mais en Irak cette fois.

Blancheur de peau

Le phénomène n'est pas neuf: journaux et chaînes de télévision créent et diffusent des informations à destination d'hommes blancs d'âge moyen, se sentant plus impliqués par le sort d'un Américain que d'un Irakien.

Il en va de même pour le récit des combattants syriens, présenté comme un homme blanc voudrait le voir. "Nous" nous demandons comment "nous" pouvons éviter qu' "ils" ne partent. Il s'agit de la manière dont "nous" nous sentons face à un extrémisme rampant se développant apparemment dans les grandes villes. "Nous" devons être rassurés.

Comme Verhofstadt au temps de l'arrestation d'Abou Jahjah, lorsque ses déclarations s'adressaient non pas à un "électorat coloré", mais bien aux électeurs blancs apeurés. Journaux papiers et télévisés poursuivent aujourd'hui le même dessein.

Cette dichotomie entre un "nous" et un "ils" produit une image déformée des positions de l'opinion publique. Les médias traditionnels se pensent encore comme étant le miroir de l'opinion publique de notre pays. C'était peut-être en partie le cas il y a quelques décennies, avec un paysage médiatique bien compartimenté. Mais aujourd'hui, la donne a changé. Et cela a des conséquences.

La présomption d'inno... quoi?

Personne n'a remarqué la présence en masse des caméras et des journalistes durant les perquisitions

Par ailleurs, ce dossier [des jeunes en Syrie] a d'apparence tellement été bien géré, les médias l'ont tellement développé, que personne n'a remarqué la présence en masse des caméras et des journalistes devant la porte du domicile de Fouad Belgkacem, en face de l'hôpital Brugmann, ainsi qu'à Vilvorde lors d'une série de perquisitions réalisées le mardi 16 avril 2013. Le parquet aurait organisé une conférence de presse qu'il n'aurait pas pu faire mieux.

La chaîne publique flamande VRT a montré les préparatifs des agents, à l'aube, juste avant le lancement de l'opération. La chaîne VTM a, quant à elle, résonné toute la journée au son des "mots doux" de Belkacem à l'adresse de la presse.

Et lorsque son avocat, Walter Damen, a critiqué cette présence massive des journalistes ainsi que l'évident non respect de la présomption d’innocence d'une telle procédure, personne ne semblait y avoir pensé. Non, trop content de son arrestation, comme celle d'Abou Jahjah il y a dix ans de cela.

18:35 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |