02 juillet 2013

Syrie. Un nouveau «martyr» marocain

Syrie

Un nouveau «martyr» marocain

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Goud.ma, le 02 juillet 2013

Un Marocain originaire de Tétouan a trouvé la mort en Syrie où il était parti pour le jihad. Ahmed Bourbab, alias Abou Azzam Al-Maghribi pour ses frères d’armes, est mort dans l’attaque des domiciles des officiers de la 17ème compagnie de l’armée régulière syrienne, qui a eu lieu  le 21 juin à Rakka dans le nord sur la frontière avec l’Irak.

Le décès du Marocain a été rapporté par le Mouvement «Ahrar Cham» (mouvement islamique des hommes libres du Levant). Il faisait partie de la milice de Abdellah Ben Al Moubarak.

Jeune rentré de Syrie: "Il faut le dire"

Jeune rentré de Syrie: "Il faut le dire"

Un jeune Belge est rentré de Syrie. Joëlle Milquet, ministre des Affaires intérieures cdH reproche à Didier Reynders, vice-premier MR et ministre des affaires étrangères d'avoir révélé l'information. Voici sa réponse…

10:28 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

«Jeune Belge en Syrie : Il y a des raisons de s’interroger»

«Jeune Belge en Syrie : Il y a des raisons de s’interroger»

Bernard Clerfayt : bourgmestre (FDF) à Schaerbeek

10:23 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 juillet 2013

Guerre «humanitaire» : le scénario de la catastrophe

Guerre «humanitaire»

Le scénario de la catastrophe

Compte-rendu du Grand Débat organisé, dans le cadre de la 12ième édition du Festival du Cinéma d’Attac, le 10 mars 2012 au Botanique. Intervenants : Jean Bricmont, Bahar Kimyongür et Michel Collon ...

Facebook et les limites à la liberté d'expression

Facebook et les limites à la liberté d'expression

Par Dalila Madjid, le 27 juin 2013

79 % des internautes français sont inscrits à au moins un réseau social, selon une étude Médiamétrie et  2/3 d'entre eux se connectent tous les jours. (Source : lexpansion.com)

Facebook est le premier réseau social en France.

Se pose le problème de l'utilisation de facebook par certains salariés pour  critiquer leur hiérarchie et leur condition de travail.

Il y a lieu de rappeler que le salarié jouit de la liberté d'expression, garantie par l'article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par l'article 11 de la Déclarations des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.

Et aux termes de l'article L. 1121-1 du Code du travail:

"Nul ne peut être apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives des restrictions qui ne seraient justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché."

Ainsi, la liberté d'expression d'un salarié peut se traduire par la possibilité qu'il a de s'exprimer sur le travail qu'il effectue, de proposer des améliorations de ses conditions de travail, d'exprimer son opinion, de critiquer l'entreprise sur un lieu privé.

La liberté d'expression se concilie, bien évidemment avec l'obligation de loyauté inhérente au contrat de travail du salarié, qui se manifeste par un devoir de réserve, une obligation de discrétion et de non-concurrence envers son employeur.

L'avènement des réseaux sociaux et de Facebook en particulier, vient bouleverser le cadre juridique fixé par le célèbre arrêt Nikon, qui a permis de reconnaître aux salariés le respect de l'intimité de leur vie privée sur leur lieu de travail.

En effet, avec Facebook se pose le problème des propos tenus en dehors du temps de travail sur un ordinateur personnel et qui sont accessibles par un grand nombre de personnes, dépassant le cercle d'amis.

Depuis 2010, les juridictions se sont prononcées sur les limites de la liberté d'expression sur facebook et sur le caractère public ou non des propos tenus sur Facebook.

Pour beaucoup de juridictions, Facebook est un espace public.

1- Dans un arrêt de la Cour d'appel de Reims en date du 9 juin 2010, un journaliste avait été sanctionné pour avoir écrit sur le "mur" Facebook d'une amie des propos considérés comme injurieux et diffamatoires contre sa hiérarchie. La Cour d'appel a annulé l'avertissement en raison de l'ambiguité sur la personne visée.  (le terme de "chef" permet difficilement d'identifier la personne visée).

La Cour, dans cet arrêt, reconnaît clairement le caractère public de Facebook, en déclarant :"Nul ne peut ignorer que Facebook, qui est un réseau accessible par connexion internet, ne garantie pas toujours la confidentialité nécessaire (...). Que le mur s'apparente à un forum de discussion qui peut être limité à certaines personnes ou non (...); en mettant un message sur le mur d'une autre personne dénommée "ami", il s'expose à ce que cette personne ait des centaines d'amis ou n'ait pas bloqué les accès à son profil et que tout individu inscrit sur Facebook puisse accéder librement à ces informations", "il ne s'agit pas d'une atteinte à la sphère privée au regard de tous les individus, amis ou non qui peuvent voir le profil d'une personne et accéder à son mur et aux messages qu'elle écrit ou qui lui sont adressés".

La Cour d'appel précise que si le salarié "voulait envoyer un message privé non accessible à d'autres personnes que le destinataire ou quelques amis choisis, il pouvait utiliser la boîte mail individuelle de Facebook. (Cour d’Appel de Reims du 9 juin 2010, n° 09-3209 SAS l’Est Eclair c/Boris C).

2- Le 19 novembre 2010, le Conseil de Prud'hommes de Boulogne-Billancourt a validé le licenciement pour faute d'une salarié pour "avoir porté atteinte à l'autorité et à la réputation de sa supérieure hiérarchique". Les propos tenus sur Facebook avec une personne qui "a choisi dans le paramètre de son compte, de partager sa page Facebook avec "ses amis et leurs amis", permettant ainsi un accès ouvert" n'étaient pas des échanges privés.

Le Conseil de Prud'hommes a considéré que "ce mode d'accès à Facebook dépasse la sphère privée".(CPH Boulogne-Billancourt, 19 nov. 2010, n°10-853)

3- La Cour d'appel de Besançon, le 15 novembre 2011, a condamné une salariée pour avoir "tenu des propos diffamants, insultants et offensants" envers son employeur via Facebook, tels que "cette boîte me dégoûte (...) cette boîte de merde".

Les juges du fond considèrent que le réseau Facebook "au regard de sa finalité et de son organisation, comme un espace public, qu'il appartient à celui qui souhaite conserver la confidentialité de ses propos tenus sur Facebook d'apporter de restrictions offertes par les fonctionnalités du réseau. (CA de Besançon, 15 nov. 2011, N°10/02642)

4- Le 17 janvier 2012, le Tribunal correctionnel de Paris, a condamné pour délit des propos tenus sur Facebook.

La Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné un représentant du personnel et un délégué syndical pour injure publique. Les propos tenus étaient les suivants:"journée de merde, temps de merde, boulot de merde, chefs de merde ...".

Les juges ont rappelé que, conformément à l'article 29 al.2 de la loi du 29 juillet 1881, l'injure se définit comme "toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait".

Les juges ont précisé que "les expressions incriminés excèdent les limites de la critique admissible, y compris lorsqu'elle s'exerce dans un cadre syndical, par l'utilisation de mots ou de termes insultants ou injurieux voire vexatoires démontrant en eux-mêmes l'intention de nuire et portant clairement atteinte à la dignité des personnes".

5- La Cour d'appel de Reims, dans un arrêt en date du 24 octobre 2012, considère que le seul fait de critiquer son employeur sur Facebook cause nécessairement un préjudice à ce dernier. Elle estime qu'"une telle attitude, incompatible avec les obligations d'un apprenti dans le cadre de son contrat est manifestement fautive et qu'elle a nécessairement généré un préjudice à l'employeur". (CA Reims 24 oct. 2012 n°11/01249)

Dans cet arrêt, les juges se sont également prononcés sur l'existence d'un abus de la liberté d'expression du salarié.

6- La Cour de cassation, dans un arrêt en date du 10 avril 2013, n'était pas si tranchée sur le caractère public ou non de Facebook.

En l'espèce, une salariée de l'agence Century 21 avait publié des propos injurieux sur MSN et Facebook :"sarko devrait voter une loi pour exterminer les directrices chieuses comme la mienne"; "extermination des directrices chieuses", "éliminons nos patrons et surtout nos patronnes (mal baisées) qui nous pourrissent la vie!"; "Rose Marie motivée plus que jamais à ne pas me laisser faire. Y'en a marre des connes".

Selon la Cour d'appel, les propos tenus par la salariée sur Facebook ne constituent pas une injure publique, car ils ne sont accessibles qu'aux seules personnes agréées par l'intéressé, en nombre très restreint, constituant une communauté d'intérêt. Son mur était ouvert à ses amis.

La Cour de cassation tout en déclarant l'absence d'injure publique, reproche, néanmoins à la Cour d'appel de ne pas avoir recherché si ces propos litigieux pouvaient être qualifiés d'injures non publiques. (Cass. 1ère ch. civ. 10 avril 2013 n°11-19530).

Dans cet arrêt, la Cour de cassation ne se prononce ni sur le caractère public ou non de Facebook, ni sur l'usage du pouvoir disciplinaire de l'employeur.

Pour conclure, les positions des juridictions divergent sur le caractère public ou non de Facebook, notamment la Cour d'appel de Rouen en date du 15 novembre 2011, n°11/01827 et n°11/01830, estime que Facebook doit être présumé comme étant un espace privé dés lors qu'il est utilisé en dehors du temps et du lieu de travail et en usant de moyens techniques dont il n'est pas allégué qu'ils auraient été mis à leur disposition par l'employeur.

Et en l'absence d'une position tranchée, il convient de constater que si les réseaux sociaux sont devenus de nouveaux moyens de communication, le salarié doit faire preuve de prudence, lorsqu'il tient des propos publiés sur un mur ouvert au public et sur un mur ouvert qu'aux seuls amis. Même dans ce dernier cas, il n'est pas certain que la confidentialité soit assurée.

16:06 Écrit par Rachid Z dans Médias, Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Cinq femmes racontent l'islamophobie ordinaire

Cinq femmes racontent l'islamophobie ordinaire

Extraits du texte de Carine Fouteau, le 30 juin 2013

«Cette infantilisation des femmes voilées est insupportable. Tout le monde se sent habilité à leur dire ce qu’ils pensent d’elles, qu’elles sont soumises à leur mari, que leur pratique est rétrograde.»

«Une personne m’avait demandé pourquoi je portais le voile. Cette question relève de l'intime, de l'indicible. Ce jour-là, je n’avais pas envie de répondre. La personne a insisté, insisté. J’étais à la tribune, toute la salle me dévisageait. Je l’ai vécu comme une violence, un viol. Je ne comprenais pas pourquoi je devais une fois de plus me justifier d’être ce que je suis

«Le pire étant que les gens vous discriminent en toute bonne conscience. Certains comportements sont racistes, xénophobes ou islamophobes, mais jamais reconnus tant les préjugés sont enracinés. Si bien qu’on me dit souvent que j’exagère, que ce n’est pas ce que je crois.»

L’islamophobie n’est ni de droite ni de gauche : «À gauche, elle prend d’autres formes. Quand on vous demande de retirer votre foulard, c’est pour votre bien, pour vous émanciper. Cette position paternaliste est tout aussi déplorable.»

15:03 Écrit par Rachid Z | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La Belgique cherche les réponses à l’islamisme radical

La Belgique cherche les réponses à l’islamisme radical

Par Raphaëlle d’Yvoire, le 30 juin 2013

La radicalisation d’une minorité de musulmans belges et le départ de certains pour les combats en Syrie ont pris de court les autorités publiques.

Soucieux d’éviter la stigmatisation de l’islam et tout amalgame entre les 600 000 musulmans de Belgique et la centaine de militants salafistes connus des services de police, l’attitude des autorités belges ces dernières années consistait essentiellement à rappeler que «l’islamisme radical actif concerne une très petite minorité». Mais depuis quelque temps le discours a un peu changé, certains responsables affirmant que ce courant «monte en puissance» et qu’il est «dangereux».

«En Belgique on a jusqu’à présent réussi à stopper à temps plusieurs drames en préparation, mais les risques sont au moins équivalents à ceux qui existent en France ou en Grande-Bretagne. Et ce serait sans doute pire si le culte musulman n’était pas reconnu», affirme le député libéral francophone Denis Ducarme, en référence au fait que l’islam fait partie des six cultes financés par l’État.

«Sur le terrain, il est vrai, les discours radicaux prennent de l’ampleur, confie Bilal Benyaich, politologue néerlandophone d’origine marocaine qui vient de publier un ouvrage détaillé sur «l’islam et le radicalisme parmi les Marocains de Bruxelles».

UNE «RÉPONSE AU RACISME ANTI-MUSULMAN»

«Il y a de plus en plus de sites Internet, lieux et structures qui ont potentiellement de l’impact sur des gens en difficulté avec le compromis culturel». Pour lui, l’adhésion à ces idées est aussi une «réponse au racisme anti-musulman et à la banalisation d’un discours populiste et xénophobe». Quant au basculement vers l’activisme radical, «il est presque toujours lié au chômage».

Depuis le début de l’année, les départs vers la Syrie d’une centaine de jeunes musulmans ou belges convertis, dont plusieurs mineurs, pour combattre au côté des rebelles ont pris de court les autorités. L’enrôlement rapide de certains d’entre eux, pourtant apparemment bien intégrés, et la détresse – largement médiatisée – de leurs familles qui se mobilisent pour tenter de les faire rentrer en Belgique, a suscité beaucoup d’émoi.

Une «taskforce interministérielle» mise en place ce printemps par le ministère de l’intérieur tente d’empêcher de nouveaux départs et de rapatrier les jeunes déjà partis. «Nous devons faire comprendre à ces jeunes que leur place n’est pas dans les groupes armés, analysait récemment Bernard Devos, délégué général aux droits de l’enfant en Belgique francophone, mais aussi impérativement répondre à leur désir manifeste d’engagement et leur offrir de quoi se rendre utile.» 

30 juin 2013

Luxembourgeois et étrangers : Renforcer la démocratie du Luxembourg

Luxembourgeois et étrangers

Renforcer la démocratie du Luxembourg

Droit de vote pour les non-Luxembourgeois aux élections législatives

ASTI, juin 2013

La situation démographique

L’évolution démographique du pays est déterminée par la croissance de la proportion d’étrangers, qui a doublé au cours des quatre dernières décennies, pour atteindre aujourd’hui plus de 44% du total de la population. En même temps, le nombre de Luxembourgeois est resté stable, en grande partie grâce aux naturalisations.

Le Luxembourg est ainsi un pays avec une situation démographique toute à fait particulière en Europe, étant le pays avec la plus large proportion d’étrangers par rapport au nombre d’habitants, loin devant la Suisse qui affiche une proportion aux alentours de 23%. Dans le monde, le Grand Duché est seulement dépassé par les états du Golfe Persique, avec des taux parfois au-dessus de 70 %. En Nouvelle-Zélande, où le droit de vote est ouvert aux nonnationaux, la proportion est de 24 %.

Déficit démocratique

Le fait que, au Luxembourg, plus de la moitié de la population résidente est à l’écart des élections législatives pose un vrai problème de qualité de la démocratie.

Il en résulte que la représentativité des 60 députés de la Chambre tend à diminuer, par le fait d’être élus seulement par les détenteurs d’un passeport luxembourgeois. En effet, si le nombre de députés dépendait seulement du nombre d’électeurs actuels, il ne resteraient aujourd’hui que 34 parlementaires.

Une situation qui n’est pas compatible avec l’image de pays progressiste et innovateur que le Grand-Duché prétend être, notamment en matière économique et sociale. Le Luxembourg s’affirme, avec raison dans certains aspects, comme un laboratoire de l’Union Européenne et doit donc progresser dans cette voie.

L’ouverture du droit de vote pour le Parlement aux étrangers n’est pas la solution miracle, mais elle permet d’augmenter la qualité de la démocratie luxembourgeoise.

La position de l’ASTI

L’ASTI est, et a toujours été, en faveur de la participation de tous les résidents aux élections pour la Chambre des Députés.

La position de l’ASTI a comme objectif la consécration du suffrage universel selon le principe de la citoyenneté de résidence.

Nationaux de l’Union Européenne ou de pays tiers: tous citoyens

La participation de tous, citoyens de l’Union Européenne ou pas, est la position la plus juste et la plus cohérente.

D’un autre coté, la question de la réciprocité entre citoyens UE ne se pose pas, puisque si le Grand Duché décide d’une pareille ouverture, il sera le seul pays de l’Union Européenne à permettre aux étrangers de participer à l’élection du Parlement. Néanmoins, plusieurs initiatives citoyennes au niveau européen surgissent, défendant la participation de tous à tous les suffrages.

L’ASTI défend donc la possibilité de participation de tousles non-nationaux aux élections législatives, à l’image des élections communales.

Les conditions d’accès au suffrage

Les conditions pour les étrangers doivent être les mêmes que pour les citoyens luxembourgeois, néanmoins il y a des spécificités à prévoir.

Les délais de résidence

La législation actuelle prévoit deux délais de résidence différents: 5 ans pour les communales et 2 ans pour les européennes. L’ASTI s’est toujours battue pour des délais plus courts pour les communales. Donc le même principe est à respecter pour les législatives.

Comme pour les élections européennes le délai de résidence est de 2 ans, L’ASTI défend également un délai de 2 ans pour l’élection de la Chambre des Députés au Grand Duché.

Les modalités d’inscription

L’ASTI défend l’inscription d’office des étrangers sur les listes électorales pour tous les suffrages.

Les Luxembourgeois sont inscrits d'office sur la liste électorale de leur commune de résidence dès qu'ils remplissent les conditions requises par la loi pour être électeur. Le collège des bourgmestre et échevins de chaque commune procède tout au long de l'année à la mise à jour de la liste des citoyens luxembourgeois appelés à participer aux élections.

Il devra faire de même pour les non-luxembourgeois, en les avertissant de ce fait, une fois le délai pour la participation atteint.

Vote obligatoire

Le principe du vote obligatoire doit être respecté pour les élections de la Chambre des Députés, au même titre que pour les autres suffrages ouverts aux non-nationaux.

La souveraineté renforcée

Quand on parle de l’ouverture du droit de vote aux étrangers pour les élections législatives, l’argument de la perte de la souveraineté est souvent évoqué.

Néanmoins, il se révèle être un faux argument.

Tout d’abord pour une raison de fond : la citoyenneté de résidence renforce cette souveraineté, puisque tous les citoyens sont impliqués dans la prospérité du pays.

Ensuite pour une raison de fait : l’intégration européenne suppose déjà un partage de souveraineté. Dans la pratique, aux alentours de 70% de la production législative luxembourgeoise découle des directives européennes.

Finalement pour une raison de cohérence : l’armée luxembourgeoise, symbole de la souveraineté nationale, est déjà ouverte aux non-nationaux. En effet, suite au règlement grand-ducal du 20 mars 2003, des candidats à l’incorporation ayant la nationalité d’un des Etats membres de l’Union européenne et ayant résidé au Luxembourg depuis au moins 3 ans, ont le droit de rentrer à l’Armée.

Avec la participation du plus grand nombre de citoyens aux choix déterminants pour l’avenir du pays, la souveraineté sort ainsi renforcée.

Radicalisation des musulmans incite la préoccupation

Radicalisation des musulmans incite la préoccupation

«A chaque attaque terroriste sur le territoire de l'UE et les rapports que les musulmans européens sont recrutés pour combattre en Syrie, l'islamophobie en Europe augmente. Les dirigeants européens sont sous pression pour régler le problème de l'islamisation de l'Europe non seulement par la popularité accrue des partis politiques anti-immigration d'extrême droite... mais aussi pour relever le défi de la promotion des valeurs européennes de tolérance, tout en prenant des mesures énergiques contre l'islam radical…»

13:25 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La ministre italo-congolaise à Genève défend le droit à la nationalité des immigrés

La ministre italo-congolaise à Genève défend le droit à la nationalité des immigrés

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Par Gustavo Kuhn, le 18 juin 2013

Cécile Kyenge, en charge de l’Intégration, a affirmé que sa politique viserait la naturalisation des enfants d’immigrés

La ministre italienne de l’Intégration, Cécile Kyenge, d’origine congolaise, a assuré, hier à Genève, que la question centrale de sa politique sera la nationalité à accorder aux immigrés. «Ce débat concerne toute l’Europe», a-t-elle affirmé en marge d’une conférence ministérielle internationale sur la diaspora, organisée par l’Organisation internationale pour les migrations.

Il y a actuellement 600 000 enfants mineurs, nés en Italie de parents étrangers, qui sont concernés par un changement du droit de la nationalité basé sur le droit du sol, a-t-elle expliqué. Si l’Italie adoptait cette modification, ces enfants seraient italiens de par leur naissance.

Cécile Kyenge a aussi revendiqué avoir émigré vers l’Italie pour «réaliser un rêve», celui de devenir ophtalmologue. «J’étais seule, j’avais 18 ans, j’ai eu un parcours difficile, mais j’ai réalisé mon rêve, et à présent je suis ministre», a-t-elle raconté.

Depuis sa nomination, la ministre italienne, la première d’origine africaine dans l’histoire du pays, est la cible de nombreuses insultes et menaces racistes. Jeudi dernier, une élue locale de la Ligue du Nord a notamment appelé à la violer. Ces déclarations ont cependant suscité une indignation générale et son expulsion du parti régionaliste et anti-immigrés.

De l’identité à la communauté de destin

De l’identité à la communauté de destin 

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François De Smet, le 29 juin 2013

Le titre de ce numéro de Mig Mag consacré à la nationalité est Devenir belge : un début ou une fin ?. Il est tentant de nuancer par une périphrase et de se demander si, aujourd’hui, l’obtention d’une nationalité n’est pas devenue un moyen plutôt qu’une fin. Il est évident qu’en Belgique, la nation possède un contenu particulier, moins fortement lié à une identité culturelle nationale qu’au partage d’un destin commun. Or, malgré l’évanescence progressive de l’identité belge, sa nationalité reste très demandée par les migrants qui s’établissent sur son territoire. Obtenir la nationalité du pays où l’on réside, c’est essentiellement se simplifier la vie, se mettre à l’abri, jouir de la protection dont bénéficient un peu plus les nationaux et éluder les contraintes administratives liées à un statut de résident. Et c’est un peu moins, reconnaissons-le, adhérer à une identité.

Tel est bien le cœur de la polémique habituelle en matière d’octroi de nationalité : faut-il que celle-ci récompense un parcours d’intégration et en soit sa finalité, ou faut-il que celle-ci en soit une étape et participe à l’intégration ? Le fait qu’on puisse si aisément considérer que la nationalité soit un moyen d’atteindre l’intégration au lieu d’en constituer l’aboutissement atteste qu’en Belgique la nationalité est devenue une boîte à outils de droits et d’obligation et non une substance propre. Dans la plupart des pays où la nation renvoie à une identité forte, on ne songerait pas un instant à faire de la nationalité un outil plutôt qu’une fin.

Certes, à bien y regarder, quel étrange objet qu’une nationalité. En avoir une est un droit, et son absence est vécue comme une mort civile. Son apparente homogénéité nous ferait aisément oublier combien toutes les nations, qu’elles aient ou non abouti à la forme d’Etats, sont les fruits de processus de regroupements et d’unifications réalisés sur des échelles de temps très longs, et en général toujours dans un seul sens : la réduction du multiple vers l’un, de l’hétérogénéité à l’homogénéité. Comme l’écrit Ernest Gellner dans son classique Nations et nationalismes : «Le nationalisme pratique une duperie fondamentale à l’égard des autres et de lui-même. Le nationalisme consiste essentiellement à imposer, globalement à la société, une haute culture là où la population, dans sa majorité, voire sa totalité ; vivait dans des cultures inférieures». Savoureux paradoxe : alors que le nationalisme a servi à unifier les individus au prix de la suppression des particularismes, les grands ensembles que forment aujourd’hui les nations semblent mal à l’aise devant ce rôle intégrateur lorsqu’il s’agit, aujourd’hui, de l’assumer face aux minorités d’origine étrangère. C’est que contrairement aux paysans basques, bretons, wallons du 17ème ou 18ème siècle qui auxquels on offrait une nation en échange d’un patois, les migrants du 21ème siècle disposent déjà d’une nationalité, reflet d’une culture à laquelle ils n’entendent pas renoncer – en tout cas pas totalement. Unifier les citoyens est moins simple aujourd’hui.

Ceci étant, cette fonction du nationalisme est également moins nécessaire aujourd’hui, parce que l’être humain également a changé. Il a pris conscience de sa vie intérieure, de sa pluralité de facettes, et il est invité à l’assumer. Dans le monde d’aujourd’hui, l’identité est d’autant plus forte que la nation l’est moins. Il n’y a plus de contradiction dans le fait de posséder une nationalité différente du lieu où l’on réside, et différente encore de la langue que l’on parle. L’équilibre est dans la bonne gestion des multiples identités qui composent chacun de nous. La nation glisse imperceptiblement de son sens d’identité à son sens de communauté de destin. Telle est l’évolution que, peut-être, les nationalismes régionaux qui s’échauffent en Europe sont en train de manquer ; le repli nostalgique que leur succès atteste est un effet de crise et de peur.

Or, si ces relents de nationalismes classiques sont, fort probablement, condamnés à long terme à l’échec comme l’est toute promesse d’homogénéité, il n’en reste pas moins que cette communauté de destin qu’est aujourd’hui la nation demanderait d’autant plus que celle-ci puisse être valorisée comme un aboutissement. Reléguer la nation comme un simple moyen, comme une boîte à outils d’intégration et non comme le biais par lequel une volonté de participer à la collectivité s’atteste et se prouve, c’est précisément participer à sa dévalorisation ; non dans son sens dépassé de communion identitaire, mais bien dans son sens toujours nécessaire d’adhésion à un destin commun.

27 juin 2013

Maroc-Belgique : Des enseignants marocains en colère

Maroc-Belgique

Des enseignants marocains en colère

Rassemblement d’enseignants marocains d’ELCO (l’enseignement de la langue et culture d’origine), ce 26 juin devant l’ambassade du Maroc à Bruxelles :

«Nous sommes des enseignants marocains détachés auprès de la fondation Hassan 2 des MRE pour une durée déterminée… Notre fonction est d’enseigner la langue et la culture d’origine aux enfants belges d’origine marocaine ou enfants marocains résident en Belgique dans les établissements belges et sur le sol belge. Nous sommes sous la tutelle du Ministère des Affaires étrangères marocain en tant que membres de la mission culturelle et ce, dans le cadre de la charte de partenariat entre le Maroc et la région Wallonie-Bruxelles (Programme ELCO)»

11:56 Écrit par Rachid Z dans Enseignements, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

25 juin 2013

Répression politique : Who’s next ?

Répression politique : Who’s next ?

Compte-rendu de la conférence-débat organisée le 20 juin dernier par les associations Quart d’X et Les Indigènes de Belgique au Vaartkapoen à Molenbeek. Les intervenants : Barbara Van Dyck (exclue de la KUL), Souhail Chichah (exclu de l’ULB), Jean Flinker (membre du CLEA, représentant Bahar Kimyongür, un militant belge d’origine turque accusé de terrorisme par le régime AKP). Modération : Nathalie Mathieu

24 juin 2013

Maroc-Espagne : Un réseau démantelé a envoyé des djihadistes en Syrie

Maroc-Espagne

Un réseau démantelé a envoyé des djihadistes en Syrie

AFP, le 24 Juin 2013

Un réseau lié à Al-Qaïda démantelé vendredi à Ceuta, enclave espagnole du nord du Maroc, et dans la ville voisine marocaine de Fnideq, a envoyé environ 50 djihadistes en Syrie dont certains ont commis des attentats suicide, a affirmé samedi le ministre espagnol de l'Intérieur Jorge Fernández Díaz.

Le ministère avait annoncé vendredi le démantèlement de ce réseau et l'arrestation à l'aube de huit personnes soupçonnées de recruter et d'envoyer des militants djihadistes en Syrie. Le réseau qui "suivait les ordres de la direction d'Al-Qaida" avaient "deux bases: l'une à Ceuta et l'autre à Fnideq", a expliqué le ministre, précisant que "les volontaires envoyés en Syrie sont au nombre d'environ 50, 12 de Ceuta et les autres à partir du Maroc".

Ces huit personnes, dont l'identité n'a pas été révélée, ont été transférées par hélicoptère à Madrid et seront mises à disposition de la justice lundi. Elles devaient être inculpées "d'appartenance à une organisation terroriste", a ajouté le ministre. "Nous pouvons affirmer que parmi ceux qui ont été envoyés, il y avait des personnes qui se sont sacrifiées pour commettre des attentats suicides", a déclaré le ministre, confirmant ce qu'avait indiqué vendredi le ministère dans un communiqué.

Des "armes, munitions et matériels d'exaltation du djihad ont été découverts", a-t-il ajouté.

D'autres recrues ont intégré des camps d'entraînement à l'étranger qui les ont préparées à commettre des attentats, a expliqué le ministre. "Nous ne parlons de pas de soldats qui prennent part au conflit syrien. Nous parlons de recrutement de djihadistes pour commettre des attentats", a-t-il répété à plusieurs reprises.

Selon lui, ces militants transitaient par la Turquie où ils étaient pris en charge et menés dans les zones de conflit en Syrie. "Ils ont été intégrés dans les rangs du Front al-Nosra ou une autre fraction terroriste qui se nomme l'Etat islamique de l'Irak et du Levant", un groupe né de l'union entre la branche irakienne d'Al-Qaïda (Isi) et le Front islamiste al-Nosra.

"Des réseaux similaires opèrent dans d'autres pays d'Europe", a rappelé le ministre, soulignant la bonne coordination de l'Espagne avec le Maroc, la France et le Portugal. Ces militants sont une menace pour les pays européens, car ils sont très bien entraînés et "lorsqu'ils reviennent, peuvent agir de façon solitaire ou en coordination avec la filiale d'Al-Qaïda dont ils dépendent et peuvent commettre des attentats", a-t-il affirmé, précisant qu'Al-Qaida entendait encourager ces "loups solitaires".

Selon lui, "23 djihadistes ont été arrêtés en Espagne" depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement conservateur fin 2011.

Une vision pernicieuse du monde social et de ses divisions

Une vision pernicieuse du monde social et de ses divisions

Qu’est-ce qui se cache derrière l’utilisation de l’expression «bobos» ?

Par Sylvie Tissot (sociologue à l’université paris-VIII), le 21 juin 2013

Rien n’est mieux partagé que le discours anti-bobo. L’ironie ou l’agressivité peuvent varier, mais chacun a un jour, d’un air entendu, utilisé ce mot pour parler d’un quartier, d’un restaurant, d’idées politiques, de modes vestimentaires ou de pratiques alimentaires. Nul besoin d’expliquer le terme, les bobos, c’est les autres ; et, pour certains, le nouveau repoussoir, l’incarnation d’un progressisme hypocrite, d’une branchitude désinvolte et indifférente aux vrais problèmes.

Du point de vue des sciences sociales, le mot «bobo» peut sembler utile pour décrire la manière dont se sont transformés les quartiers populaires des grandes villes. Le bobo serait ce nouvel habitant relativement doté, au moins en bagage scolaire, en quête d’architecture ancienne ou d’un loft à rénover pour y bricoler un mode de vie bohème tout en veillant à augmenter la valeur de son bien. Le bobo serait responsable de ce que les chercheur-e-s nomment maintenant la gentrification, c’est-à-dire la requalification de quartiers anciens dont les prix de l’immobilier explosent à la suite de l’arrivée des classes moyennes.

Le phénomène de la gentrification, mais bien au-delà l’absence d’un réel contrôle du marché de l’immobilier, est assurément préoccupant. Les difficultés d’accès au logement et la colonisation des espaces populaires sont une manifestation criante des inégalités renforcées par la crise économique et les politiques d’austérité. Quand les classes supérieures savent protéger leur entre-soi dans des communes et des quartiers de plus en plus bourgeois, les classes moyennes les moins dotées, notamment en patrimoine hérité, peinent à trouver un logement dans les grandes agglomérations. Et face à un parc social saturé, des zones insalubres se reconstituent aujourd’hui dans les interstices des villes, où se retrouvent ceux qui ont encore moins de ressources.

Le mot bobo pourtant ne nous aidera ni à comprendre ces transformations ni à les stopper – et la plupart des chercheur-e-s rechignent d’ailleurs à l’utiliser. Derrière cette catégorie se cachent des profils sociaux très contrastés, qui, dans tous les cas, n’ont rien à voir avec la bourgeoisie non bohème qui sait défendre ses privilèges sans avoir à se mêler aux pauvres. Cela n’exonère en rien les nouveaux habitants des quartiers populaires de la responsabilité de s’interroger sur leurs goûts, leurs pratiques, leurs manières d’investir l’espace public, les écoles ou encore le milieu associatif. Car leur bonne volonté et leur goût affiché d’une certaine mixité sociale ne réduisent pas magiquement les inégalités ni la violence symbolique que peuvent éprouver les habitants déjà là.

Il reste que, comme le mot lui-même, la construction du «bobo» comme nouvel ennemi est problématique. Non pas parce que ces populations seraient injustement stigmatisées – s’il est un groupe rituellement montré du doigt (pour son mode de vie, ses goûts culturels ou encore son vote), ce sont encore avant tout les classes populaires, en particulier «musulmanes» et/ou «issues de l’immigration». Le premier problème réside dans le fait que cette rhétorique s’est développée au sein d’une classe politique qui, au niveau gouvernemental comme dans les municipalités, dans celles de droite comme celles de gauche, est très massivement issue des classes supérieures et accueille souvent à bras ouverts ces populations plus riches.

Si le discours anti-bobo est dangereux, c’est aussi que ce discours a pris place dans une vision particulièrement pernicieuse du monde social et de ses divisions. Arrivé au début des années 2000 en France à la suite de la traduction du livre du journaliste états-unien David Brooks, le mot a été repris par l’ensemble des médias, puis de la classe politique. Lors de la campagne de 2012, il était même brandi par Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, qui fustigeaient les «bobos» pour mieux se réclamer des classes populaires. Car c’est là que réside l’effet magique du mot : quel que soit son flou (d’ailleurs soigneusement entretenu), il permet de convoquer des classes populaires aussi «authentiques» que les bobos seraient faux, et d’afficher, à peu de frais, une solidarité sans faille avec celles-ci.

Il permet aussi, en creux, d’en dessiner des contours bien particuliers. Autant les «bobos» seraient attachés à la défense des sans-papiers par exemple, autant les classes populaires y seraient hostiles. Face aux premiers, portés vers la culture et la tolérance sociale, émerge de cette nouvelle doxa un peuple soudainement élagué de ses composantes qui, pourtant, subissent de plein fouet la violence sociale et économique : les immigrés occupant les postes les moins payés, ou encore les femmes, aux avant-postes de la précarité, mais aussi les gays et les lesbiennes – qui ne sont pas tous des créateurs habitant le Marais.

Il convient de réfléchir aux effets idéologiques de dix ans de captation d’un terme utilisé au départ par des journalistes en quête de sujets légers pour les rubriques «société». La dénonciation du bobo est aujourd’hui une manière facile et faussement audacieuse de stigmatiser l’antiracisme et le combat contre toutes formes de discrimination. Des causes auxquelles le peuple, le «vrai», serait profondément allergique.

Les divisions sociales qui structurent notre société ne se réduisent pourtant pas à l’opposition simpliste entre des «bobos» privilégiés et des classes populaires reformatées en hommes blancs hétérosexuels, «naturellement» racistes, sexistes et homophobes, habitant le pavillonnaire. Passé à droite, le discours anti-bobo aura peut-être cette vertu de contraindre la gauche à repenser, au-delà de tout raccourci, sa vision des classes populaires, et plus largement des classes sociales.