20 mars 2013

Rassemblement mensuel pour les détenus belgo-marocains dans les prisons marocaines

Rassemblement mensuel pour les détenus belgo-marocains dans les prisons marocaines  

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"Les Oubliés de la Oumma : les prisonniers musulmans entre injustice et indifférence"

  "Les Oubliés de la Oumma : les prisonniers musulmans entre injustice et indifférence"

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Avec les interventions des associations :

Cage Prisonners de LONDRES - Sanâbil de PARIS, ainsi que des témoignages

Le dimanche 14 avril à 14H30

14, Rue Saint Joseph. 1080 Molenbeek - Accès métro : Comte de Flandre

Entrée : 2€                          

Le «1210» ou la Pravda de l’Emirat

Saint-Josse

Le «1210» ou la Pravda de l’Emirat

Interpellation au Conseil du 25 mars 2013

Geoffroy Clerckx, Conseiller communal (MR), le 19 mars 2013

L’ancienne revue communale, le «Joske», en fin de législature passée, a fini par s’ouvrir à l’opposition, lui donnant deux articulets pour s’exprimer. C’était mieux que rien pour mettre un petit bémol aux lauriers que la majorité s’attribuait généreusement.  

Dans les deux premiers numéros du mensuel communal nouvelle mouture, rebaptisé «1210» pour marquer la rupture avec l’ancien bourgmestre trop «brusseleir», plus de trace de l’opposition… Plus de traces non plus des principales figures de la majorité, échevins et Présidente de CPAS, si ce n’est la mention de leurs noms et coordonnées en dernière page…

Seul le beau, le grand, le radieux Emir Kir trône en majesté à la troisième page de cette revue digne de la Pravda. Tout va bien. Dormez en paix, citoyens de St-Josse ! Notre guide veille sur nous.

Le numéro de février nous a même gratifiés en deuxième page du parcours politique fulgurant de notre nouveau leader, avec, informations ô combien passionnantes, ses scores électoraux des élections régionales de juin 2009 et fédérales de juin 2010. Je suppose que c’est pour arracher des «oh!» et des «ah!» d’admiration au lecteur impressionné par ces résultats exceptionnels ? On a par contre gommé les informations moins glorieuses. Il est vrai qu’il valait mieux, pour ne citer qu’un exemple au hasard, ne plus faire état d’un diplôme imaginaire

Ces pratiques rédactionnelles, Monsieur Kir, sont d’un autre temps. Ce n’est pas cela qu’on appelle «la nouvelle culture politique». Ce n’est pas cela qu’on appelle la «transparence» dont vous vous faites le chantre dans votre note de politique générale.

N’ayez pas peur de la contradiction. N’ayez pas peur de l’opposition. Elle sera constructive si vous l’êtes. Une bonne majorité a besoin d’une bonne opposition. Celle-ci lui permet de s’améliorer, en la forçant à se remettre en question, en la titillant, en attirant son attention sur des problèmes qu’elle ignorait ou qu’elle sous-estimait.

Vous avez fait un pas dans la bonne direction en ouvrant certaines associations à l’opposition. Continuez dans cette logique et ouvrez lui aussi les portes du «1210».

Quand malpropreté génère dangerosité...

Quand malpropreté génère dangerosité...

Interpellation au Conseil du 25 mars 2013

Thierry Balsat, Conseiller communal (Indépendant), le 19 mars 2013

Depuis de trop longues années notre commune est réputée championne au hit-parade des communes les plus sales... de la région Bruxelloise n'en déplaise aux différents gestionnaires politiques en charge ces dernières  décennies et tant pis pour les contribuables tennoodois contraints de subir le désintérêt de nos élus sur cette problématique. Cette situation d'abandon n'est hélas pas sans conséquences collatérales et notamment en matière de sécurité.

Outre la situation de nos rues, de nos chaussées et autres artères en  tous points malpropresil est un autre constat qui ne souffre d'aucune discussion, nos trottoirs et les abords de certains immeubles publics sont des zones dangereuses et troublent la sécurité publique.

Qui en effet, n'a jamais emprunté la chaussée de Louvain au niveau de l'ancien café l'impérial devenu un marchand de légumes en direction de la place Dailly... Les trottoirs de cette artère commerciale bien connue, sont envahis d'échoppes de fruits et légumes disposées par les commerçants de manière anarchique qui rejettent leur trop plein à même le sol rendant de la sorte ces mêmes trottoirs glissant et dont l'exiguïté oblige nombre de passants à se déporter délibérément sur la rue avec toutes les conséquences dangereuses que l'on peut imaginer.

Ces mêmes commerçants qui n'hésitent plus, depuis des lustres, à abandonner sur l'espace public leurs déchets journaliers en toute impunité, renvoyant à leur triste sort, les ouvriers préposés à l'entretien.

A ce titre, une enseigne très connue à Saint-Josse et dont l'un des entrepôts est situé à la rue du vallon, jette journellement et impunément des dizaines de carton sur la voie publique au mépris du voisinage et des règles élémentaires de salubrité publique...

De même, certains immeubles dépendant de la gestion communale génèrent de fortes nuisances dans de nombreux quartiers sans que les autorités n'y prêtent une attention sauf dans certains cas d'urgence....

Pour ne prendre qu'un récent exemple, je reviens sur l'incident du 9 mars dernier à 04h30 du matin à hauteur du 17 rue du vallon, immeuble géré par la commune de St Josse (Les HBM...) où l'amas d'immondices et de sacs poubelles qui jonchaient le trottoir ont pris feu pour des raisons encore inconnues. Heureusement l'incendie a été circonscrit rapidement par les pompiers. Les locataires des immeubles s'en sortant finalement avec une grosse frayeur et les autorités par le remplacement de deux plaques en contreplaqué. Quant aux détritus, sacs poubelles, matelas et autres déchets, RAS ils sont toujours là...

En effet, en 2000 les responsables de l'immeuble décidèrent d'enlever les containers à ordures disposés sur le trottoir pour les remplacer par un local à détritus. Hélas, l'espace ne fut jamais réellement opérationnel. L'on revint donc rapidement à l'ancienne méthode, les containers en moins...

Dès lors et depuis de longues années, les habitants de cet immeuble social déposent leurs sacs poubelles à même le trottoir en quantité importante invitant de la sorte, tous types de dépôts clandestins incontrôlables.

Quand je lis la note de politique générale présentée par la majorité dans son point 1.E. ''Des quartiers plus agréables à vivre'' et compte tenu de l'expérience régionale en matière de propreté publique de Monsieur le Président de cet honorable conseil, je suppose que l'équipe dirigeante installée depuis près de 4 mois maintenant est enfin opérationnelle et qu'elle va rapidement se mettre à travailler en œuvrant pour une politique préventive en la matière...

a) Pourrait-on installer provisoirement des containers sécurisés dans les rues commerçantes sensibles afin de désengorger nos trottoirs et nos rues de ces encombrants moyennant une redevance payée par les commerçants concernés ?

b) Quand que les services communaux iront-ils contrôler la conformité et la légalité des échoppes se trouvant sur les trottoirs ?

c) L'échevin des classes moyennes ne pourrait-il pas sensibiliser les commerçants sur la problématique par des actions ludiques ?

d) Les commerçants/contrevenants sont-ils verbalisés ? Si oui par qui ? Sont-ils également exposés au paiement d'une amende comme le commun des habitants ?

e) Que compte faire la commune concernant le problème d'ordures ménagères et encombrants de la rue du Vallon aux abords des logements sociaux  afin d'éviter un nouvel incident et rendre le quartier plus agréable à vivre ?

Je vous remercie par avance pour l'attention que vous prêterez à la présente.

19 mars 2013

Amsterdam : Musulmans et juifs restaurent le plus vieux cimetière juif de la ville

Amsterdam

Musulmans et juifs restaurent le plus vieux cimetière juif de la ville

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Par Gerard Fredj, le 19 mars 2013

Après avoir été laissé à l'abandon pendant plus de soixante-dix ans, l'ancien cimetière juif d'Amsterdam va rouvrir grace à l'action combinée de jeunes musulmans d'origine marocaine, et de jeunes juifs de la ville.

Plus de 175 000 juifs reposent dans le cimetière de Zeeburg, un quartier très défavorisé d'Amsterdam. Selon l'association pour la sauvegarde du cimetière, celui-ci pourrait réouvrir une fois par mois.

Une réouverture rendue possible grace à la mobilisation de plusieurs centaines de jeunes marocains et juifs de la ville qui se sont mobilisés pour nettoyer totalement le cimetière et le rendre accessible.

Ils ont également repeint les murs recouverts de graffitis, coupé la végétation sauvage qui avait envahi les allées et remis en état les allées qui serpentent entre les tombes.

Au total, la remise en état aura nécessité un investissement de plus de 120 000 euros financés par la municipalité pour une petite partie, et par des donateurs juifs et non juifs pour l'essentiel.

Tout devrait être prêt pour marquer le 300 ème anniversaire du cimetière.

Un millier de visiteurs s'étaient pressés pour la seule journée d'ouverture en fin d'année dernière.

Historiquement, ce cimetière était la dernière demeure des plus pauvres parmi les membres de la communauté juive de la ville. La plupart d'entre eux étaient des immigrants pauvres venus d'Europe de l'est pour s'installer en Hollande aux 18è et 19è siècles.

Les musulmans de la RDC sont en colère

Les musulmans de la RDC sont en colère

Colère à cause d’un arrêté de la ministre de la justice et des Droits humains daté du 1er mars courant et qui suspend pendant trois mois les activités de la Communauté Islamique au Congo (COMICO) sur toute l’étendue du territoire national.

Et pour quel motif ? A cette question, le secrétaire général de la COMICO, Moussa Kalema Sangolo Zaku explique que la décision de Wivine Mumba Matipa est liée au conflit qui oppose des membres de la communauté Ouest africaine en RDC.

La querelle porte sur une mosquée située sur l’avenue Usoke numéro 90 dans la commune de Kinshasa, a signalé Moussa Kalema au cours d’une conférence de presse qu’il a animée hier mardi 12 mars au siège de la COMICO sur l’avenue des Huileries dans la commune de Lingwala.

Ladite mosquée abrite le siège du Comité islamique au Congo qui réunit essentiellement les musulmans expatriés originaires des pays de la Communauté économique pour le développement de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), communauté qui porte d’ailleurs la même dénomination et qui dispose d’une personnalité juridique ainsi que d’un statut confessionnel lui délivré en 2006 au même titre que la COMICO.

A entendre Moussa Kalema, la propriété de la mosquée querellée est revendiquée par deux groupes de cette communauté ouest africaine qui, a-t-il dit, ne se sont pas entendus sur sa gestion et sur bien d’autres sujets, notamment l’exclusion dont font l’objet des sujets congolais au sein de cette communauté...

Un racisme sans race

Un racisme sans race

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Le Grand Soir, le 18 mars 2013

Relations : Y a-t-il continuité ou rupture entre le racisme d’hier et celui d’aujourd’hui qui a banni le mot race ?

Étienne Balibar : Il y a nécessairement des continuités essentielles, d’abord parce que les modes de pensée ou de représentation qui s’enracinent dans les sentiments d’appartenance et dans les images de la communauté n’évoluent que très lentement, mais surtout parce que – contrairement à ce que mes précédentes remarques pourraient donner à penser – le racisme n’est pas simplement un phénomène psychologique ; il a toujours une base institutionnelle. Il m’est arrivé de dire que tout racisme est un «racisme d’État» : c’est peut-être tordre le bâton exagérément dans l’autre sens. J’avais en vue la façon dont se développait en France l’idéologie de la «préférence nationale», autour de laquelle la droite et l’extrême-droite ont échangé une partie de leurs discours et de leurs électorats ; mais je crois quand même que tout racisme est inscrit dans des institutions et dans les «effets pathologiques» plus ou moins accentués liés à leur fonctionnement.

Historiquement, il y a trois grands ancrages institutionnels du racisme, qui évidemment ne sont pas complètement indépendants – et quand l’État se charge de les «totaliser» et de les «officialiser», on atteint des résultats terrifiants. Le premier, c’est ce que Michel Foucault a appelé la «biopolitique» des sociétés industrielles, qui traite le «matériel humain» comme une ressource exploitable, ce qui implique de le sélectionner, de l’évaluer et éventuellement de l’éliminer (ce que Bertrand Ogilvie appelle la «production de l’homme jetable»). Le second, c’est la xénophobie, ou ce que j’avais appelé – dans mon livre écrit avec Wallerstein, Race, nation, classe. Les identités ambiguës (La Découverte, 1988) – le «supplément intérieur» du nationalisme. Il s’agit de la représentation d’une certaine «identité» ou d’une certaine «pureté» biologique, culturelle ou religieuse, comme un ciment nécessaire à la préservation de l’unité nationale et à la protection contre ses ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur (surtout peut-être ceux de l’intérieur…). Enfin, le troisième, c’est la représentation de la diversité des groupes humains à la surface de la terre sous la forme d’une concurrence entre des maîtres et des esclaves, ou simplement des civilisations «incompatibles». Cette représentation, qui a été considérablement développée par le colonialisme, se reproduit dans le post-colonialisme, donc dans le monde des nouveaux rapports de force mondiaux. C’est ce qu’on pourrait appeler une sorte de «cosmopolitisme inversé», en opposition au cosmopolitisme issu de la tradition des Lumières. Car il n’en découle plus une reconnaissance mutuelle et une conscience d’appartenir à une même humanité, mais plutôt une intensification d’intolérance et un repli identitaire.

Eh bien, je pense qu’aucun de ces grands points d’ancrage institutionnels n’a disparu dans le monde d’aujourd’hui, mais aussi qu’il est très important d’analyser leurs variations. La biopolitique du capitalisme change, de même que les inégalités, les flux de populations, les dominations à l’échelle mondiale et même les fonctions et les tendances du nationalisme, qui dépend lui-même des situations nationales. C’est pourquoi l’idée de «race» se recompose, y compris en devenant invisible : par exemple dans ce qu’on a appelé le «racisme différentialiste» ou «culturaliste» et que j’avais moi-même appelé il y a quelques années un «racisme sans races».

Extrait d’une entrevue avec le philosophe Étienne Balibar, publié dans la revue québécoise Relations (n° 763, mars 2013).

Nuit de sexe rue d’Aerschot

Nuit de sexe rue d’Aerschot

Gilbert Dupont, le 11 mars 2013

Quatre Français interpellés pour avoir ensuite volé des petits pains au chocolat

Après une nuit passée à la rue d’Aerschot dans les bars dont la réputation a manifestement atteint Paris, ils se sont retrouvés samedi matin à court d’essence et sans argent pour rentrer en France. Ils ont alors trouvé comme solution de faire le plein sans payer dans une station-service et de voler des petits pains au chocolat. C’est là, à Forest, que l’aventure s’est arrêtée.

Ils avaient voulu faire la fiesta : ils ont expliqué à la police que la nuit avec les filles de la rue d’Aerschot a vraiment tenu ses promesses : Bruxelles vaut le déplacement. Ils s’étaient cotisés pour les frais d’essence mais, au petit matin, les portefeuilles étaient vides. Aussi vides que le réservoir de leur Clio et que leurs estomacs

La différence est grande entre le malheureux qui vole une tranche de pain parce qu’il a faim et des jeunes qui volent des pains au chocolat parce qu’ils ont tout dépensé avec des filles de joie”, explique le substitut Julien Moinil, porte-parole de service samedi au parquet de Bruxelles.

Les quatre avaient été filmés dans la station-service. Les vidéos en montrent deux qui choisissent les viennoiseries dans les rayons tandis que les deux autres, restés sur le parking, surveillent la Clio.

Les Parisiens ont été interpellés à Forest par la police de la zone Midi. Un vol alimentaire classique n’aurait pas justifié qu’ils soient privés de liberté : dans ce cas, ils ont été menottés et déférés au parquet.

Le parquet de Bruxelles avait appris entre-temps en France que plusieurs étaient déjà connus là-bas pour recel, usurpation d’identité, etc.

13:58 Écrit par Rachid Z | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Un tiers perturbateur, les musulmans

Un tiers perturbateur, les musulmans

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Henri Goldman, le 18 mars 2013

La création à la rentrée scolaire de 2013 d’une école secondaire musulmane pourrait marquer le début d’un réseau d’écoles musulmanes, effet non voulu et non prévisible du Pacte scolaire, mais résultat de la ségrégation dont sont victimes les musulmans. La seule manière d’endiguer une ségrégation accrue dans un ghetto scolaire, à défaut de réviser le Pacte scolaire, est que les réseaux existants optent pour une neutralité inclusive et fassent place à la diversité culturelle et religieuse.

(...)

Un ghetto scolaire islamique

Mais avec l’initiative d’Al Amal, le franc est tombé : il n’y aucune raison pour que les musulmans n’utilisent pas à leur profit un dispositif fait sur mesure à l’intention des pouvoirs organisateurs catholiques. L’argent public disponible doit bénéficier équitablement à toutes les confessions. Et, comme l’expriment les promoteurs du projet, le besoin est réel et la cause parfaitement identifiée : «Une telle école répond aussi à une forte demande de la communauté musulmane de Bruxelles qui est confrontée à un véritable dilemme entre la pratique authentique de son culte et l’accès à l’éducation qui constitue un des fondements de notre démocratie. En Belgique, le port de signes religieux à l’école dépend du règlement d’ordre intérieur de chaque établissement et, à ce jour, les établissements secondaires qui les autorisent ne sont pas très nombreux. Ainsi, les personnes désirant exprimer visiblement leur foi se voient limitées dans leur choix d’école et d’options. Certaines seront même amenées à quitter le système scolaire. Dans ce contexte, l’institut Al Amal veut proposer une alternative aux personnes désirant porter des signes religieux à l’école et leur permettre d’avoir accès à un enseignement de qualité permettant à chaque élève d’atteindre les socles de compétences fixés par la fédération Wallonie-Bruxelles.»

Le succès de l’«école islamique Al Amal» semble assuré. Au-delà de la tolérance au port du foulard, d’un aménagement du temps scolaire tenant compte du calendrier musulman et de la fourniture de repas halal, les musulmans disposeront en propre d’une école où l’encadrement ne risque pas de leur manquer de respect à cause de leur religion. Qu’en sera-t-il de la mixité sur les bancs des classes, dans les piscines et dans les voyages scolaires ? Quel sera le prix à payer en échange des indispensables financements complémentaires en provenance de pays qui professent un islam peu compatible avec les droits de l’homme ? Le cours de biologie et l’enseignement de la Shoah seront-ils assurés avec assez de conviction ? La litanie des inquiétudes habituelles repartira de plus belle. Mais quoi qu’on puisse craindre ou fantasmer, et sous réserve que l’inspection scolaire fasse son travail, il n’y a rien dans cette initiative qui contredirait la lettre du Pacte scolaire, dont les rédacteurs ne pouvaient évidemment anticiper ce développement.

Si l’expérience d’Al Amal se révèle concluante, d’autres suivront. Dans une ville comme Bruxelles où le boom démographique exige l’ouverture rapide de nouvelles écoles pour lesquelles les fonds manquent, il serait mal venu de faire la fine bouche. Pour le coup, l’obsession d’une «neutralité exclusive» bannissant tous les signes d’appartenance du périmètre scolaire aura donné corps à un «monstre de Frankenstein», soit un ghetto scolaire islamique séparant radicalement les enfants musulmans des autres enfants.

Dans sa conclusion, Mathias El Berhoumi se demande «si la liberté d’enseignement telle qu’elle est organisée en Belgique n’est pas socialement dépassée. Il semble, en effet, hasardeux de considérer de nos jours que la référence, religieuse ou autre, d’une école inspire l’ensemble des enseignements dispensés». Hasardeux... sauf pour les nouvelles écoles musulmanes dont la raison d’être est bien que la religion islamique imprègne, non pas les programmes qui sont fixés par décret, mais l’ensemble de la culture scolaire et parascolaire dans laquelle ces programmes s’inscrivent.

La neutralité inclusive comme antidote

Sans doute cette analyse force-t-elle le trait. Elle présente comme une probabilité ce qui n’est qu’une hypothèse parmi d’autres. Mais celle-ci devrait suffire à faire réfléchir les protagonistes habituels de la controverse scolaire, enfermés dans leur numéro de duettistes qui tourne en boucle : voilà la pente où nous conduit inexorablement le maintien en l’état de la liberté d’enseignement subsidiée. Si cette hypothèse devait se vérifier, les uns et les autres proclameront sans doute, la main sur le cœur : «Nous n’avons pas voulu cela», tout en se réjouissant peut-être secrètement d’être débarrassés d’une population à problèmes. Chacun pourra alors faire son examen de conscience quant au processus qui aura enfermé les enfants musulmans des classes populaires dans le cul-de-sac du développement séparé.

Pour autant, personne ne peut imaginer qu’une réforme d’envergure du Pacte scolaire puisse aboutir à brève échéance, même si l’ouverture de ce chantier ne devrait plus être différée. Mais si rien ne se passe, dans dix ans, le processus esquissé ici sera déjà irréversiblement engagé. Pour conjurer ce risque, il n’y a qu’un antidote : que les réseaux existantsà commencer par l’école publique qui est directement tributaire de la décision politiquechangent leur fusil d’épaule et se décident à pratiquer la neutralité inclusive, en accueillant les attributs culturels et religieux particuliers dans l’espace partagé, en valorisant ces particularités, sources de dignité pour les élèves et leurs parents qui doivent être reconnus pour se sentir «chez eux», et en organisant simultanément leur convergence dans la coproduction de la société commune. Cette proposition, qui rejoint la troisième suggestion formulée par Mathias El Berhoumi, serait un premier pas, immédiatement praticable, vers le dépassement de réseaux cloisonnés dont la mise en concurrence n’a plus rien à voir avec l’objectif de départ.

Maroc : De plus en plus de jeunes marocains de confession juive vont étudier en Israël

De plus en plus de jeunes marocains de confession juive vont étudier en Israël

Par Hanane Jazouani, le 18 mars 2013

Une fois le baccalauréat en poche, de plus en plus de parents marocains de confession juive décident d'envoyer leurs enfants étudier, non pas en France ou aux USA, mais plutôt en Israël afin de suivre des études dans le domaine des hautes technologies et d'y recevoir un enseignement religieux.

Aujourd’hui, la communauté juive marocaine vivant au royaume est estimée à environ 2000 à 3000 personnes. De plus en plus de parents de cette communauté décident d’envoyer leurs enfants, particulièrement leurs fils, étudier dans des universités israéliennes, et ce après leur baccalauréat, rapporte le site Ynetnews.com hier, dans un article datant du dimanche 17 mars.

Etudier la Torah et décrocher un diplôme

Depuis le début de cette année, 13 jeunes Marocains étudient à The Machon Lev Academic Institution à l’Ecole Supérieure de Haute Technologie de Jerusalem dont l’objectif est d’«approfondir les connaissances juives des étudiants et les aider à vivre une vie familiale et professionnelle empreinte de Torah (...) d’éduquer de jeunes professionnels afin qu'ils deviennent des leaders juifs en Israël et en diaspora.», précise le site internet de l’établissement. De plus, le site donne plus de précisions sur l'avenir de ces jeunes étudiants : "Le Ma'hon Lev est une institution vitale pour le pays, en particulier pour Tsahal. La majeure partie des étudiants de JCT sert dans l'armée, souvent avec des grades élevés et pas seulement dans la réserve (milouim). Leurs qualifications en font des officiers très recherchés par l'armée de l'air, la marine et toutes les autres composantes de l'armée (...) Ils n'y font pas seulement carrière, mais y voient un engagement personnel pour le bien de l'Etat d'Israel".

L’Ecole délivre ainsi aux étudiants des diplômes supérieurs (degrees et masters) en haute technologie pour devenir, par exemple, ingénieur électronique, ingénieur informatique, ingénieur en optique ou chimiste. En plus des cours théoriques et pratiques quotidiens, des cours sur le judaïsme leur sont également proposés pour approfondir leurs connaissances sur leur religion.

Pas de retour au Maroc

Alors que 72% des étudiants marocains partis étudier en France rêve un jour de rentrer dans leur pays d’origine pour contribuer au développement économique du pays, d’après une étude réalisée par Careers in Morocco, en partenariat avec le Club France Maroc et la fondation Académia, publiée en 2012, ces étudiants marocains de confession juive, eux, sont bien décidés à s’installer en Israël pour de bon et à mettre une croix sur le Maroc.

«Il n’y a pas d’avenir pour nous au Maroc !», lance un étudiant en comptabilité prénommé Yitzhak. «Si je suis venu en Israël c’est parce que je vois mon avenir ici et je me vois fonder une famille ici», ajoute-t-il. Pourquoi le Maroc n’offre-t-il pas d’avenir pour ce jeune étudiant ? Que reprochent ces jeunes au Maroc ? Hélas, l’article ne le mentionne pas, préférant au contraire diaboliser le royaume en affirmant que ces jeunes doivent transiter par plusieurs pays étrangers avant d’arriver en Israël, afin que "les autorités marocaines ne connaissent pas leur destination finale".

De leur côté, la direction et le personnel de The Machon Lev Academic Institution se réjouissent de l’arrivée de ces étudiants. «Les étudiants qui viennent du Maroc s’intégrent très vite dans l’établissement. Ils ont réussi très vite à s’habituer à la langue et à la mentalité des autres étudiants», conclut Noah Dana Picard, le président de l’établissement.

02:24 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

El Harrif : la gauche doit s'allier à Al Adl Wal Ihssane

El Harrif : la gauche doit s'allier à Al Adl Wal Ihssane

Lakome, le 17 mars 2013

L'ancien secrétaire national du Parti "La Voie Démocratique", Abdallah ELHARRIF,  a lancé samedi 16 mars un appel aux forces de gauche, pour une alliance avec la Jamaa "Justice et Bienfaisance" en vue de faire face au Makhzen qui protège le Pouvoir et profite de l'économie de rente.

Lors d'une table ronde politique tenue à Casablanca, où les militants de gauche débattent de l'approche à adopter vis-à-vis des disciples de   Abdessalam Yassine, ELHARRIF a affirmé que la gauche militante n'est pas Tarzan, et par conséquent, elle ne peut pas, en raison de sa faiblesse actuelle, lutter sur deux fronts en simultané, le Makhzen et cette mouvance islamiste.

ELHARRIF a bien pris soin de préciser que la gauche militante n'englobait pas les partis USFP ni le PPS.

Dans son intervention, ELHARRIF a affirmé que la situation politique au Maroc est en état de mort en raison de l'échec des politiques d'arrangements successifs entre certaines composantes du mouvement national et le palais, et ce depuis «l'indépendance formelle».

Dans son analyse de la réalité de "la gauche militante" au Maroc, l'ancien secrétaire national du parti gauchiste radical a avoué que certaines composantes de cette gauche est malade des ses illusions comme celle qui consiste à parier sur l'alliance avec "l'Union Socialiste des Forces Populaires" au lieu de se rapprocher des partis qui cherchent à un vrai changement à travers un "mouvement politique sain".  Il a souligné qu'un tel rapprochement est une nécessité impérative, et qu'il est plus utile de consolider ce qui unit plutôt que d'exacerber ce qui divise, et ce pour créer un front commun qui adopte les mêmes revendications.

ELHARRIF a ajouté que les mouvements de protestation au Maroc, conséquence directe du "printemps arabe", vivent un moment de reflux qui ne fait que retarder une explosion qui semble imminente, car les conditions de son irruption, la corruption et la tyrannie, qui ont donné naissance du Mouvement du 20 Février, existent toujours.  Ainsi, le processus de changement au Maroc se poursuit mais à un rythme différent de celui connu dans des pays comme la Tunisie, l'Egypte, le Yémen et la Libye.

Selon ELHARRIF,  la "réaction pacifique" du makhzen face aux mouvements de protestation, a été le résultat du changement mondial dans le domaine des libertés, qui a conduit à l'absence de répression de ces mouvements, comme cela s'est produit avec les mouvements de protestation du Maroc dans les années 1965 et 1981 .., car au Maroc il y a une "tyrannie light", ce qui provoque l'hésitation des masses populaires. Cependant, les réformes opérées par le pouvoir au Maroc ne sont, selon lui, que des retouches, alors que le vrai pouvoir demeure concentré dans les mains du makhzen. Les foyers des véritables rentes restent intouchables, tout en opérant une ouverture sue les secteurs des télécommunications et de l'immobilier, en plus de l'agroalimentaire, que le makhzen domine depuis longtemps déjà.

Dans une déclaration à Lakome.com  en marge de la table ronde, ELHARRIF a indiqué que le Chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane n'est qu'un instrument dans les mains du vrai Pouvoir, qui s'en sert pour faire passer des politiques impopulaires, telles que l'augmentation des prix des carburants, la réforme des retraites, la future loi sur la grève ... Les ministres ne sont à ses yeux que des «hauts fonctionnaires» qui ne pratiquent pas la politique mais exécutent les instructions du palais et de ses alliés, tels que la France, les Etats-Unis d'Amérique et les forces de pression similaire.

00:31 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Pourquoi je m'habille en AZIRA ?

Pourquoi je m'habille en AZIRA ?

AZIRA est une marque innovante qui comble une lacune sur le marché des vêtements modernes pour les femmes, musulmanes ou pas, ayant à cœur de choisir qui elles sont. Comment elles l'expriment. Ce qu'elle couvre de leur corps, ou pas. Sans avoir à rendre des comptes pour leur choix.

Mais bien plus qu'une marque, c'est un projet social et éthique. Un projet qui unie des personnes d'horizons différents autour des valeurs qui les lient : la soif des droits égaux et de justice, le commerce équitable et le respect de la diversité et des droits individuel

00:08 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18 mars 2013

«Les droits de l’homme sont un apprentissage»

«Les droits de l’homme sont un apprentissage»

Le rapporteur auprès de l’ONU Heiner Bielefeldt parle de l’idée et de la pratique des droits de l’homme

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Interview Janet Schayan, le 18 mars 2013

M. le Professeur Bielefeldt, quelle importance a l’idée des DROITS DE L’HOMME pour la conception que la République fédérale a d’elle-même ?

L’article 1 de LA LOI FONDAMENTALE débute par la phrase «La dignité de l’homme est intangible.» Cet article constitue un nouveau départ fondamental – comparé non seulement au régime de non-droit du national-socialisme mais aussi à la Constitution de Weimar. Il s’agit de souligner dès le premier article que la politique s’oriente de manière contraignante sur les standards des droits de l’homme, des droits que l’on peut aussi faire valoir par voie de justice. Les DROITS DE L’HOMME sont le leitmotiv de la Loi fondamentale, ils sont essentiels à l’identité de son régime.

(…)

La validité universelle des DROITS DE L’HOMME ne cesse d’être remise en question. Certains les considèrent comme «un produit de l’Occident». Comment répondez-vous à ce reproche ?

Etonnamment, je l’entends moins souvent que je ne m’y attendais. Ce reproche est plus présent dans les débats universitaires qu’en diplomatie internationale. Les DROITS DE L’HOMME ne sont pas un produit de l’Ouest mais le résultat d’une histoire complexe, d’un apprentissage souvent conflictuel, au cours duquel divers pays et régions se font entendre avec leurs différences. Cet apprentissage ne s’est naturellement pas déroulé simultanément dans toutes les régions du monde mais il ne constitue nullement un monopole de l’Ouest. Les DROITS DE L’HOMME sont surtout une réponse aux processus de pluralisation se manifestant sous forme d’aggravation des crises.

(…)

On a récemment assisté à des débats opposant la liberté d’opinion et la liberté de religion. Comment considérez-vous le rapport entre ces deux droits ?

J’y vois surtout un rapport de synergie. Naturellement, cela ne va pas sans risque de frictions ponctuelles. Mais il serait erroné, et même dangereux, de présupposer un antagonisme intrinsèque entre ces deux droits. On interprète souvent mal la liberté de religion. Son titre indique qu’il s’agit des valeurs et des pratiques religieuses. Mais la protection ne porte pas sur la vérité de la religion 
et celle des traditions religieuses, cette protection est accordée aux personnes dans leur liberté en la matière. Le sujet de la liberté de religion, comme de tous les autres droits de l’homme, est l’homme – en tant qu’être parfois complexe qui a des convictions religieuses ou philosophiques, et qui apprécie les pratiques correspondant à celles-ci. Cela ne peut pas être la mission de l’État de protéger les pratiques religieuses concrètes en tant que telles, ou même de protéger l’honneur de la religion ; sa mission porte sur la dignité, la liberté, l’égalité des droits entre les hommes. Les religions, avec leur message, leurs rites et leurs pratiques, ne viennent en considération que lorsqu’elles sont transmises par les hommes…

23:38 Écrit par Rachid Z | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L’interdiction du voile intégral dans l’espace public devant le Tribunal Suprême espagnol

L’interdiction du voile intégral dans l’espace public devant le Tribunal Suprême espagnol

Fernando Arlettaz, le 15 mars 2013

... Dans son arrêt du 6 février 2013, ce fut au tour du Tribunal Suprême espagnol de se prononcer sur le sujet. Pour mieux saisir les particularités du cas en droit espagnol, nous avons pris le parti de ne pas traduire certains mots correspondant à des institutions juridiques précises. Ainsi, le mot espagnol Ayuntamiento est maintenu pour faire référence à l’autorité municipale dont l’activité est essentiellement régie par la Ley 7/1985 Reguladora de las Bases del Régimen Local (loi sur les bases du régime municipal)... 

Le contentieux porté devant le Tribunal suprême espagnol a surgi dans un contexte spécifique en Espagne, les interdictions visant la dissimulation du visage dans l’espace public ayant été le fruit d’initiatives locales (1°). Dans ce cadre, se posait donc la question de la compétence des Ayuntamientos pour adopter, au niveau municipal, de telle mesures touchant aux droits fondamentaux (2°). Mais le présent contentieux offrait surtout l’occasion au Tribunal suprême espagnol d’encadrer, à l’aune de la liberté de conscience et de religion, les conditions dans lesquelles les autorités publiques seraient susceptibles de restreindre voire d’interdire la dissimulation du visage dans l’espace public (3°).

Le voile islamique dans le contexte espagnol

La controverse publique autour du voile islamique en Espagne a une histoire plus brève que celle d’autres pays européens, en raison notamment du caractère plus récent de l’immigration musulmane. Les premiers cas controversés sur l’utilisation du voile concernaient des élèves de collèges et de lycées qui revendiquaient, elles et leurs familles, le droit à porter un voile pendant les cours. Tels sont par exemple les cas des jeunes Fatima, en 2002, et Najwa, en 2010 (voir les informations de presse : La Comunidad de Madrid obligará a escolarizar a la niña a pesar del pañueloEl País du 17 février 2002 ; Najwa, fuera de clase en Pozuelo por cubrirse la cabeza con ‘hiyab’El País du 16 avril 2010; La justicia examinará la expulsión de Najwa de un colegio por llevar ‘hiyab’El País du 3 septembre 2010). Les affaires de ce genre ont trouvé une solution soit par des décisions des autorités éducatives locales, soit par des compromis au niveau des établissements eux-mêmes.

En 2010, le Sénat espagnol a adopté une proposition qui incitait le gouvernement à promouvoir les réformes législatives et réglementaires en vue d’interdire les vêtements qui dissimulent le visage dans les espaces publics. Cette proposition n’a jamais été mise en exécution par le Gouvernement. Hormis une valeur symbolique, elle n’implique donc aucune contrainte juridique.

À la même époque, plusieurs Ayuntamientos ont adopté des dispositions locales visant à interdire la dissimulation du visage dans les établissements municipaux. La plupart de ces Ayuntamientos se situent dans la Communauté Autonome de Catalogne, et parmi eux Lérida. Le 8 octobre 2010 l’assemblée plénière de l’Ayuntamiento de Lérida a adopté une ordenanza modifiant l’Ordenanza Municipal de Civismo y Convivencia (règlement général sur le vivre ensemble). Selon cette modification, «les règlements spécifiques sur les services publics et sur l’utilisation des bâtiments et des équipements municipaux […] pourront limiter ou interdire l’accès ou la permanence dans les espaces ou locaux destinés à un tel usage des personnes portant le voile intégral, des passe-montagnes, des casques intégrales ou d’autres vêtements ou accessoires qui empêchent ou gênent l’identification et la communication visuelle des personnes […]».

(...)

Une association d’immigrants musulmans, l’Asociación Watani por la Libertad y la Justicia, a introduit une action en justice contre ces modifications au moyen de la procédure de protection des droits fondamentaux prévue dans la Ley 29/1998 de 13 de julio Reguladora de la Jurisdicción Contencioso Administrativa (loi sur la juridiction contentieuse administrative). L’action ne concernait pas toutes les réformes globalement considérées, mais seulement les réformes en tant qu’elles étaient relatives au port du voile intégral. Le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne a rejeté la demande, et l’association s’est donc pourvue en cassation devant le Tribunal Suprême.

Un problème de compétences étroitement lié au respect des conditions de limitation d’un droit fondamental

Le premier point mis en exergue par la demanderesse en cassation, mis à part certains motifs de type formel qui ont été rejetés par le Tribunal, était celui de la compétence des Ayuntamientos pour adopter des dispositions qui touchent aux droits fondamentaux.

Or, selon le Tribunal Suprême, la question de la compétence de l’Ayuntamiento de Lérida pour adopter l’ordenanza et les reglamentos mentionnés ci-dessus ne peut pas être séparée de la question de fond concernant la validité d’une telle activité normative à l’égard des droits fondamentaux garantis par la Constitution et par la Convention Européenne. En effet, l’Ayuntamiento n’invoquait pas une compétence spécifique pour la réglementation directe de la liberté idéologique et religieuse, compétence qu’il n’a pas et qui revient au pouvoir législatif par la loi selon les termes clairs de l’article 53 de la Constitution. Il invoquait en revanche une compétence pour la réglementation de matières à caractère typiquement municipal, comme c’est le cas des conditions d’accès et de permanence dans les espaces municipaux, qui touchait indirectement aux conditions d’exercice d’un droit fondamental.

Le Tribunal Suprême espagnol insiste sur le fait que l’Ayuntamiento n’a pas exercé une activité de réglementation d’un aspect accessoire d’un droit fondamental, comme le laisserait entendre l’arrêt du Tribunal Supérieur de Catalogne, mais une activité de réglementation de matières propres, dans les limites des compétences qui lui sont attribuées par la Constitution et par la LBRL, et qui, alors, dans ce cadre, touche accessoirement à un droit fondamental. Il fallait donc analyser si l’exercice que l’Ayuntamiento a fait de ses compétences s’en tenait aux limites constitutionnellement imposées...

La suite : Fernando Arlettaz

 

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