14 avril 2013

Khaled Kelkal Ennemi public n°1

Khaled Kelkal

Ennemi public n°1

23:56 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17 mars 2013

Tintin au Congo : la Belgique et son imposant passé colonial

Tintin au Congo

La Belgique et son imposant passé colonial 

tintingood.jpg

Philippe Dutilleul et Julien Oeuillet expliquent pourquoi l'héritage colonial de la Belgique est très important aujourd'hui encore. Extrait de "Ils sont fous ces Belges", le 17 mars 2013

"Le Congo influence la Belgique partout ! explique Jeroen. Déjà parce que Léopold II a financé ses grandes constructions avec la colonie, c’est donc une influence directe. Chez nous en Flandre, chaque famille a eu un missionnaire en son sein car nous étions la région la plus catholique, donc ils étaient recrutés ici. À cause de cela, beaucoup de Congolais parlent de l’ère coloniale comme de l’époque des Flamands ! C’est aussi parce que le contact entre colonisateurs et indigènes se faisait via les fonctionnaires du bas de la hiérarchie qui, au contraire des cadres, étaient néerlandophones. C’est pour cela que les Congolais aujourd’hui disent verdomme ! Regardez, dans la plupart des foyers belges, on trouve du severia, une plante d’agrément. C’était une plante courante dans la campagne congolaise que les missionnaires et fonctionnaires coloniaux coupaient et rapportaient pour faire un cadeau à leurs familles quand ils rentraient. C’était un souvenir exotique pas cher ! Aujourd’hui, beaucoup de gens ont oublié que cette décoration si typique des intérieurs belges est en fait d’origine congolaise."

Matongé est le lieu bruxellois d’échange de la communauté congolaise. On n’y vit pas : situé entre les institutions européennes et la richissime avenue Louise, Matongé est un marché immobilier bien trop onéreux pour les immigrants. Ils vivent en majorité dans des quartiers défavorisés de Molembeek. "On vient ici pour faire ses courses, s’amuser, et chercher une femme ! résume Jeroen. Moi-même, je vis à Molembeek. J’ai appris récemment que, des communes qui composent Bruxelles, Molembeek est celle qui a la plus grande population congolaise. On me l’a expliqué quand les candidats aux communales m’ont contacté pour me demander l’entrée de mon réseau…" Jeroen ne fait pas de politique ; il a refusé net. Mais son réseau a de la valeur. "Kuumba est surtout un réseau d’associations, nous avons des liens avec le Conseil de la culture, des musées, des galeries, etc. On organise des soirées, des cours de percussion, des expos. Et dans les deux langues, car je ne veux pas faire dans le communautaire !"

En Belgique, si vous croisez un Noir, il sera d’origine congolaise dans la grande majorité des cas. C’est un contraste avec les Noirs français dont les ancêtres viennent des Antilles ou de l’ancienne Afrique française. Logique, me direz-vous, mais cela change toute la structure sociale de la communauté des gens de couleur. Césarine Boyle connaît leur histoire : responsable de l’association Mémoire vivante, elle recueille les mémoires postcoloniales des deux côtés. Son association organise des conférences et expositions ; elle passe donc beaucoup de temps à collaborer avec Kuumba. "La colonisation, explique-t-elle, a créé deux groupes distincts, beaucoup plus qu’en Afrique française par exemple. Il faut attendre la fin des années nonante pour que Congolais et Belges se parlent enfin car, auparavant, les Congolais ne faisaient que passer : on étudiait puis on repartait prendre sa place dans les nouvelles élites congolaises. Depuis, les Congolais s’installent ici, ils sont hésitants à rentrer au pays. Il y a eu une vague de régularisations dans les années nonante : avant, on pouvait rencontrer un docteur en physique nucléaire sans papiers ! C’est l’époque où la Belgique découvre qu’elle a une main-d’œuvre congolaise surqualifiée. Cela a stabilisé la population congolaise en Belgique.Césarine évoque la campagne aux élections communales en cours au moment de notre rencontre : tous les partis ont des candidats congolais sur leurs listes.

L’histoire du quartier est cependant bien antérieure. La colonisation du Congo par le roi Léopold II débute dans les années 1860. La culture congolaise a-t-elle essaimé immédiatement en métropole ? "Non, explique Jeroen, on ne devait pas les laisser venir ici, pour ne pas qu’ils apprennent les idées de liberté ! Déjà dans la colonie, il y avait une vraie ségrégation. Le quartier blanc de Kinshasa était interdit aux Blacks. Des quartiers mixtes existaient mais, pour y entrer, un Congolais devait passer un examen prouvant qu’il était “civilisé”, c’est-à-dire qu’il savait tenir une fourchette, porter un couteau… Par contraste, en France, il y avait des Sénégalais à l’Assemblée nationale avant 1900. Ce serait impensable en Belgique. Le paradoxe est que le Congo belge était la colonie comptant la population indigène la plus alphabétisée, mais rien ne suivait car il ne fallait surtout pas leur donner accès à l’université." Quand cela change-t-il ? "C’est l’Expo 58. Il y avait un stand colonial important. Des Congolais que les Belges avaient validés comme évolués furent invités à venir, et ils sont retournés au Congo avec cette expérience de l’Europe. Ce fut aussi un premier contact pour les Belges, avant ils ne voyaient les Congolais que par des gravures ou des photos. II y avait cette dame à Saint-Josse qui hébergea la chorale congolaise de l’Expo et qui initia ensuite une Maison africaine ici, juste à l’entrée de notre quartier."

En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/tintin-au-congo-belgique-et-imposant-passe-colonial-philippe-dutilleul-et-julien-oeuillet-668568.html#vtLTqROVmF82O0QZ.99

12:18 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15 février 2013

Bruxelles multiculturelle : Les Italiens

Bruxelles multiculturelle

Les Italiens

Roger Romain, le 14 février 2013

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Italiens émigrent vers le nord, en Belgique, notamment. Avec eux sont venus la culture, la cuisine, mais aussi les tensions politiques et idéologiques qui traversaient l’Italie. En un demi-siècle, ils ont contribué à enrichir le caractère multiculturel de Bruxelles, où, encore aujourd’hui, les Italiens sont parmi les nationalités étrangères les plus représentées.

Les émigrants étaient tout, sauf des mineurs. Ils étaient séduits par les affiches roses vantant en grandes lettres les salaires et avantages offerts par la Belgique. Sur la nature du travail, et bien sûr sur la silicose, pas un mot.

En 1945, l’Italie se réveille sur des décombres et une économie ruinée. Des dizaines de milliers d’hommes reviennent du front et des camps. Le chômage est colossal. L’agitation sociale gronde, et l’accord bilatéral signé en 1946 avec la Belgique offre une issue : l’émigration. Ce sont surtout les communistes que les autorités sont contentes de voir faire leurs valises. La gare de Milan devient le centre nerveux de l’émigration. De toute l’Italie affluent des masses de paysans, la plupart du temps peu ou pas scolarisés, qui sont rassemblés et entassés dans les trois espaces en sous-sol de la gare, dans l’attente du départ du prochain convoi. (…)

Même si elles n’en avaient formellement pas le droit, les autorités belges ont fait de leur mieux pour, dans ces salles en sous-sol, filtrer le plus possible de candidats semblant potentiellement subversifs. Les personnes non désirées étaient alors refusées. Les services de sécurité belges étaient également présents dans le train. À la moindre révolte ou affirmation politique jugée trop forte, l’expulsion menaçait. (…)

Si les Italiens savaient qu’ils signaient pour travailler dans les mines, ils n’avaient pour le reste pas la moindre idée de ce que cela signifiait concrètement. Exemple frappant : au début de son travail, un mineur s’étonnait qu’il n’y ait pas de fenêtres dans les puits ! Les arrivants étaient tout sauf des mineurs, mais des gens dont les esprits avaient été appâtés par des affiches roses vantant en grandes lettres les salaires et avantages offerts par la Belgique : primes de naissance, congés payés, sacs de charbon… Sur la nature du travail, pas un mot. Et, évidemment, pas de mention de la silicose. Celui qui refusait de descendre était un briseur de contrat, et il pouvait plier bagage. Pendant un temps, le Petit Château a rempli le même rôle que la gare de Milan : rassembler des gens qui refusaient le travail, jusqu’à ce que leur nombre soit assez grand pour être renvoyés en groupe en Italie.

La majorité des Italiens de Belgique étaient antifascistes.

Par ailleurs, l’installation était une fameuse gifle. Le logement consistait en des constructions étroites au sol de terre battue et au toit en tôle ondulée. Certaines avaient été construites pendant la guerre pour y entasser des prisonniers de guerre russes. Au début, on avait même oublié d’enlever le fil barbelé. (…)

Bars et «carrés»

Dans l’histoire de l’arrivée des Italiens en Belgique, le cas de Bruxelles diffère de celui des régions minières, tout en y étant lié. Dans les années 1950 à 1970, Bruxelles a connu un reflux des travailleurs italiens des mines vers la capitale. En effet, les mineurs étaient liés par un contrat de cinq ans, et ce n’est qu’après ce terme qu’ils avaient droit à un permis de travail A leur permettant de postuler librement dans d’autres secteurs d’emploi. Pour la plupart, c’était un fameux bond en avant. Entre travailler dans les puits ou à la chaîne de l’usine Michelin à Bruxelles, il y avait un monde de différence. (…) Le profil sociologique de la population bruxelloise d’origine italienne n’est pas tant le résultat de la migration originelle organisée par l’État, mais plutôt celui d’initiatives individuelles. La communauté italienne de Bruxelles est aussi moins statique en durée de séjour et plus hétérogène en caractéristiques socio-économiques. (…)

Les effets de la mobilité sociale conjugués à la tendance à l’expansion de la ville et de sa périphérie ont fait en sorte que les Italiens ont quitté leurs quartiers d’origine. Mais il y avait vraiment des quartiers italiens. Le plus ancien était à un jet de pierre de la gare du Nord, enserré entre la rue Royale, la rue de Brabant, le boulevard Saint-Lazare et la rue de la Prairie. Aujourd’hui, ce petit quartier de Saint-Josse est visuellement dominé par les rideaux et les néons rouges des «carrés» des prostituées. (…)

Bruxelles connaît deux formes de prostitution de vitrine. La prostitution de bar, principalement dans la rue d’Aarschot à Schaerbeek, et la prostitution des «carrés» à Saint-Josse. La différence détermine l’atmosphère. Dans les bars, les vitrines sont louées par shift journalier et ce sont surtout des Bulgares qui se démènent pour rentabiliser leur investissement quotidien. Dans un carré, une prostituée loue un rez-de-chaussée au mois et a plus de temps pour rentabiliser le loyer — ces dernières années, on y assiste à un changement, les Belges plus âgées laissant la place aux Nigérianes. L’excitation d’un quartier contraste avec l’ambiance assoupie de l’autre.

Il est frappant de voir combien de cadres de la CSC et de la FGTB sont d’origine italienne.

Rue Linné, un de ces carrés jouxte un rez-de-chaussée aux rideaux très différents, en dentelle et qui ne baignent pas dans la lumière rouge. Ce lieu est un véritable patrimoine, presque l’unique vestige d’un quartier qui fut si densément italien : le restaurant Le Docteur, probablement le plus vieux restaurant italien de Bruxelles. Depuis 1948, l’intérieur en bois verni est resté tel quel. (…)

Ce quartier compact, longue bande étroite en pente, entrelacs de rues serrées — rue de la Poste, rue Verte, rue Saint-François, rue de la Rivière… ­— n’est constitué que d’une dizaine de pâtés de maisons. Mais quel village italien dans la ville ! Angelo me conduit comme un témoin privilégié. Il a habité la plus grande partie de sa vie dans le quartier. Son père, recruté pour la construction de l’Expo 58, est arrivé en 1957 sur les banquettes en bois du train de Milan. Après avoir trouvé un toit à la pension Chez Teresa, il a été rejoint par sa famille. Angelo avait alors 11 ans. Trois ans plus tard, il a reçu un permis de travail A et s’est spécialisé dans le coulage des chapes. Aujourd’hui, les demandeurs d’asile du building WTC II font la file sur le béton qu’il a coulé. Et les hauts messieurs du Berlaymont arpentent un sol qui renferme sa sueur…

La suite : Roger Romain

14:41 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 janvier 2013

L'anti-terrorisme raconté par un juge

L'anti-terrorisme raconté par un juge

Par Nicolas Jacquard, avec Elisabeth Fleury, le 08 janvier 2013

C’est un objet littéraire improvisé. De ceux qui prouvent que l’improvisation peut avoir du bon. Entre l’essai parfois longuet et le roman perché loin de la réalité, le juge anti-terroriste Marc Trévidic a évité les écueils et choisi de mêler la grande Histoire et les petites, celles faites «de chair et de sang».

Il livre ainsi, ce mercredi dans les librairies*, un ouvrage éclairant les racines du terrorisme en sept chapitres, chacun illustré d’une nouvelle.

Un des observateurs les plus avisés

«Terrorisme, les sept piliers de la déraison», aborde ainsi avec finesse cette thématique lourde, surtout à l’heure de la gueule de bois de l’après-Mohamed Merah. Depuis 2000 au coeur de la justice anti-terroriste, Marc Trévidic est l’un des observateurs les plus avisés du phénomène, de la montée en puissance d’Al Qaida jusqu’à la chute de Ben Laden et l’avènement du «Djihad individuel.» Mais plus qu’«un essai, qui a toujours ses limites, j’ai voulu me mettre dans la peau des différents acteurs du terrorisme», explique ce fin connaisseur de l’Islam radical, qui pilote les enquêtes sur l’attentat de Karachi, l’assassinat des moines de Tibéhirine ou l’attentat contre le président rwandais en 1994.

Les petites mains de la guerre sainte

S’il a préféré laisser de côté le cerveau torturé de Merah, le juge Trévidic a exploré la psychologie des petites mains de la guerre sainte, et balayé une foule de vies brisées. «Ces gens-là, je les ai rencontrés souvent dans mon bureau. D’ordinaire, ils n’ont pas toujours la parole. J’ai voulu les rendre accessibles au plus grand nombre.» Loin de la tour d’ivoire dans laquelle s’enferment certains de ses confrères ou prédécesseurs, Marc Trévidic sait se montrer pédagogue, sans tomber dans la facilité. Avec «la métamorphose», il décortique ainsi, à travers le regard de sa mère impuissante, le glissement d’un converti vers le Djihad. Dans «les histoires d’amour finissent mal... en général», il prête sa plume à une adolescente musulmane, qui pense vivre l’histoire de sa vie avec un «moudjahidin», lequel préfère à sa paternité un séjour dans les confins afghans. «J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire, confie Marc Trévidic, et cette forme permet également d’aborder un certain nombre de questions que je me pose.»

«L'épée de Damoclès nous est tombée dessus»

«La différence entre la lutte anti-terrorisme et la justice anti-terroriste, c’est qu’avec cette dernière, on a des individus en face de soi», résume-t-il. Et ces individus, on sent que Marc Trévidic doit d’abord tenter d’en découvrir les ressorts cachés avant d’évaluer leur culpabilité, mais surtout leur dangerosité. En filigrane, l’auteur livre ainsi ses réflexions sur les attentats de Toulouse, et les «ratés» dans le suivi de Mohamed Merah. «Nous avions cette crainte d’un djihadiste individuel, et elle s’est réalisée. On savait que l’épée de Damoclès était là. Elle nous est tombée dessus.»

De plus en plus de mineurs terroristes. Et des femmes...

Loin de bomber le torse, Marc Trévidic reconnait dans son livre que la lutte anti-terroriste est aujourd’hui «mal adaptée. Son efficacité est diluée». De plus en plus de mineurs sont embrigadés. Même les femmes s’y sont mises, Al Qaida ayant toléré «leur libération par l’explosion», et l’égalité des sexes dans les actes kamikaze, en Irak notamment. «Il ne manque plus que le quatrième âge», ironise le magistrat-écrivain. Le même regrette ce «bon vieux temps du terrorisme», quand nos ennemis «agissaient toujours de la même façon.» A l’époque, «nos clients auraient pu déclarer leur association de malfaiteurs terroristes à la préfecture que nous n’aurions pas été mieux renseignés.»

«Merah a montré ce qu'un Français pouvait faire à la France»

Un âge d’or révolu. «Désormais, Mohamed Merah a montré aux Français ce qu’un Français pouvait faire à la France, prévient Marc Trévidic. Plus rien n’est prévisible. Il faut faire des choix permanents, savoir quelle cible est prioritaire.» Paradoxe, là où la justice classique cherche les coupables, il faut cette fois «intervenir avant qu’il y ait un cadavre. Mais si l’on intervient trop tôt, on risque de passer à côté...»

Une situation inquiétante dont il n’élude aucune des racines, y compris occidentales. Il y a quelques années, tant qu’ils ne menaçaient pas la France, «nous laissions nos djihadistes vivre leur destin», se souvient le juge. Ce n’est plus le cas. Ce qui n’empêche pas qu’en matière d’attentats, comme il nous en averti, les «lois de la statistique et la fatalité reprennent un jour ou l’autre leur droit...»

10:42 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Appel Bruxelles: le procès d'Ali Tabich, présumé terroriste, a débuté jeudi

Appel Bruxelles

Le procès d'Ali Tabich, présumé terroriste, a débuté jeudi

La Dernière Heure, le 10 janvier 2013

Sept islamistes fondamentalistes sont prévenus d'activités terroristes devant la cour d'appel de Bruxelles. Jeudi, le président de la 12e chambre a commencé par présenter un résumé du dossier. Les prévenus seront ensuite interrogés. Ali Tabich, principal prévenu, Samer Azouagh, Abdelfettah Tabich, Abdel Rahman Ayachi, Olivier Dassy, Jamal Ech-Charqy et Abdel Ouahed Omghar sont soupçonnés d'avoir recruté des combattants pour Al-Qaida en Belgique et d'y avoir projeté des attentats.

La dénommée filière Tabich était active en Belgique depuis mai 2006, et ce jusqu'à novembre 2010. L'organisation avait alors été démantelée, notamment grâce à l'infiltration d'un policier, selon le parquet fédéral. L'enquête avait débuté après avoir constaté que tous les Belges qui avaient rejoint l'Irak ou l'Afghanistan pour intégrer le Djihad armé avaient fréquenté le Centre Islamique Belge "Assabyle".

Ce centre était alors dirigé par le cheikh Bassam Ayachi, qui avait été condamné en Italie pour des faits de terrorisme puis acquitté en appel, en juillet dernier. En première instance, en juin 2012, Ali Tabich avait été condamné à 11 ans d'emprisonnement. Abdel Rahman Ayachi avait écopé de 8 ans de prison et les autres de 3 ans. Le procès se déroulera sur plusieurs jours devant la cour d'appel.

10:21 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09 novembre 2011

Annulation d’une conférence pour cause de menaces contre un intervenant

Annulation d’une conférence pour cause de menaces contre un intervenant

Michel-Collon.jpg 

Par Badr Soundouss, le 09 novembre 2011

Selon le site Mamfakinch, pour des raisons de sécurité la centrale syndicale française la Confédération générale du travail (CGT) a informé les activistes du Mouvement du 20 février à Paris de sa décision d’annuler la réservation de la salle Ambroise Croizat qu’elle avait effectuée pour sa conférence du 9 novembre 2011 à la Bourse du travail de la capitale française.

Cette conférence, organisée par le Mouvement du 20 février, avait pour thème «Le printemps arabe, d’une nouvelle libération à une construction commune. Le cas du Maghreb».

Des tracts et des menaces déclarées par des groupuscules violents contre un intervenant, M. Michel Collon, programmé lors de cet événement ont été rendus publics et un site a été créé pour exprimer ces menaces.

Jugeant qu’elle n’a pas la possibilité, dans un bref délai, de mettre en place un service d’ordre capable d’assurer la sécurité de l’intervenant, du public et de l’équipement accueillant l’activité, la CGT/Paris a pris la décision d’annuler la réservation faite à son nom de la salle.

Militant de gauche connu pour ses positions anti-atlantistes, Michel Collon a déjà été agressé dans le passé. En 1999 il a été tabassé par la police bruxelloise pour avoir manifesté "pour la paix en Yougoslavie".

Collon fait partie de ces intellectuels qui ont manifesté leur hostilité aux frappes de l’OTAN sur la Libye de Mouammar Kadhafi.

21:07 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 octobre 2011

Terrorisme : «Plus de 400 affaires donnent actuellement lieu à enquête»

 Terrorisme : «Plus de 400 affaires donnent actuellement lieu à enquête»

Par Pascale Égré et Thibault Raisse, le 27 octobre 2011

Dans une interview au Parisien, François Falletti, le procureur général de la cour d’appel de Paris, s’exprime sur l’indépendance du parquet et la criminalité en Ile-de-France.

Installé depuis janvier 2010 au poste de procureur général de la cour d’appel de Paris, l’un des plus élevés de la magistrature, François Falletti, 61 ans, a auparavant exercé, notamment, à la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

La nomination annoncée de François Molins, proche de l’actuel garde des Sceaux, comme procureur de la République de Paris, est perçue comme un nouveau signe d’une mainmise de l’exécutif sur le parquet. Qu’en pensez-vous ?

François Falletti : La vision d’un parquet «aux ordres» ne correspond pas à la réalité du travail quotidien des procureurs.

Les membres du parquet sont avant tout des magistrats, qui ont leur déontologie et le sens de leur fonction. Nul ne peut interdire à un procureur d’ouvrir une enquête, dont il est ensuite, au vu des éléments recueillis par les policiers ou les gendarmes, le premier juge. En outre, depuis la réforme constitutionnelle de 2009, les nominations des procureurs généraux sont, à l’instar de celles de tous les procureurs, soumises aux avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et, ces dernières années, la chancellerie les a suivis. Ce n’est pas rien en termes de garantie.

Pour autant, sur les affaires sensibles, les suspicions demeurent

Il faut lever ce soupçon. Le rapprochement du statut des magistrats du parquet de celui des magistrats du siège permettrait de clarifier la situation. Par exemple, l’avis simple du CSM pour les nominations pourrait devenir conforme. Il s’agirait d’une démarche utile au magistrat, dont l’image serait moins perturbée, et au politique, qui n’a aucun bénéfice à laisser colporter qu’il exerce des pressions sur la justice, tout comme au citoyen, qui imagine trop facilement ces deux-là magouillant de petits arrangements avec la loi. Il y a un grand besoin de clarification.

La récente réforme du régime de la garde à vue, dont le contrôle revient au parquet, est déjà menacée par un projet de directive européenne, qui envisage la présence de la défense dès que pèse un «soupçon» sur une personne. Qu’en pensez-vous ?

S’il est trop tôt pour en établir un bilan, cette réforme a d’ores et déjà conduit à une baisse significative du nombre de gardes à vue en Ile-de-France, notamment en matière de délits routiers — ce qui était l’un de ses objectifs. Son impact sur le taux d’élucidation des affaires sur la couronne parisienne, qui reste globalement stable, s’avère pour l’instant limité. Cette réforme a par ailleurs demandé un énorme effort d’investissement des enquêteurs et des magistrats, avec, par exemple, la mise en place de permanences de nuit renforcées. Le projet de directive va, sur un certain nombre de points, au-delà de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Outre que le système envisagé serait très lourd à mettre en place, il risquerait, je le crois, de dénaturer notre procédure, qui laisse de plus en plus de place au contradictoire.

Votre juridiction est l’une des plus importantes, par le nombre comme par la nature des affaires. Quelles sont, en Ile-de-France en ce moment, les priorités de votre action en matière criminelle ?

L’une d’elles est la lutte contre le phénomène des réseaux à connotation mafieuse venant des pays de l’Est, qui utilisent des mineurs pour commettre des actes de délinquance violente. Opérations de mendicité agressive, vols à l’arraché ou de cartes bleues aux distributeurs, prostitution de très jeunes fillesLe nombre de mineurs déférés à Paris a fortement augmenté ces derniers mois. Au-delà de leur prise en charge, qui s’avère très complexe, plusieurs enquêtes conduites en liaison avec les pays d’origine sont en cours. Elles visent à s’attaquer à la source de ces réseaux, y compris sur le plan financier. En ce sens, certaines ont été confiées à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris. C’est un outil précieux, qui compte près de 500 affaires à son actif depuis 2005, dont une centaine ont déjà été jugées, dont cinquante en appel.

Et le terrorisme ?

Notre vigilance est permanente. Plus de 400 affaires donnent actuellement lieu à enquête ou instruction à Paris et huit procès sur des dossiers de ce type vont s’y tenir cet automne. Il s’agit autant de terrorisme islamiste — car le recrutement sur notre territoire de candidats au jihad en Afghanistan ou ailleurs se poursuitque de terrorisme séparatiste basque, corse ou kurde. La centralisation de l’action judiciaire en ce domaine est fructueuse. Un tout récent rapport d’Europol relève ainsi que 315 des 587 arrestations recensées en Europe en 2009 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme l’ont été en France.

11:31 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

22 octobre 2011

Scandale à Ni Putes Ni Soumises ?

Scandale à Ni Putes Ni Soumises ?

(NPNS - MRAX : même khobsiste combat !) (Rachid Z) 

 

2580620.jpg

 

Par Marie Vaton et Elsa Vigoureux, le 22 octobre 2011

Un mystérieux mail dénonce les abus de Sihem Habchi, présidente du mouvement. Huit salariés sont en grève et toute une gestion est mise en cause. Des militantes témoignent

C’est la grève à Ni Putes Ni Soumises (NPNS). Mais personne ne doit le savoir, ni les militants, et encore moins les journalistes. Alors, non rien à dire, "on ne communique pas". Trois cents mètres carrés de locaux au milieu du 20ème arrondissement de la capitale, et rien que huit grévistes attablés au milieu d’une salle quasi-déserte, s’affolent à l’idée que l’affaire s’ébruite. Derrière eux, comme tenues à l’écart du secret, des jeunes filles en service civil planchent dans des salles aux portes closes. Les salariés, Gabrielle Apfelbaum, directrice de la communication, Fanny Derenne, coordinatrice du mouvement, Jean-François Laloué, responsable des relations institutionnelles, organisent des assemblées générales chaque jour, qui se tiennent depuis vendredi dernier entre les murs blancs et rose fushia de l’association. Le bureau de la comptabilité est fermé à clef. Celui de la présidente aussi. Sihem Habchi se terre quelque part

L’association de défense des femmes violentées, aussi puissante que controversée, est aujourd’hui en roue libre. Que se passe-t-il ? "Nous sommes grévistes, mais cette situation se gère avec les instances dirigeantes", assène-t-on en chœur. Et circulez, y’a rien à voir : "C’est la fin de notre entretien. On vous raccompagne ?". Pas un mot donc sur le mystérieux "corbeau", un certain "Harry Potter", auteur d’un mail incendiaire sur la gestion de l’association.

Des frais de bouche "scandaleux"

La missive anonyme court les boîtes de messagerie des militants NPNS et de leurs partenaires associatifs. Le titre : "Sihem Habchi tue Ni Putes Ni Soumises". Deux pages et demi d’allégations pour dénoncer "conflits d’intérêt et mélange des genres" dans l’association. Où Sihem Habchi est accusée de placer les siens. Deux de ses sœurs siègent au Conseil d’Administration. Son compagnon a refait le site de l’association pour la modique somme de 20.000 euros. Où il est reproché à Sihem Habchi de ne se déplacer qu’en taxi sur le compte exclusif de l’association, 072413 chez taxis Bleus : "les factures peuvent atteindre 3.000 euros par mois".  Où il est indiqué que Sihem Habchi se ferait rembourser des frais de bouche et de téléphone "scandaleux" sans lien avec ses fonctions : "800 euros parfois pour un seul mois". Selon le corbeau "Sihem Habchi confond (…) l’association avec son entreprise à elle".

Il n’y a pas que lui. Sur le terrain, les témoignages pleuvent. "Tyrannique", "despotique", la jeune femme présidente du mouvement le viderait désormais de tout son sens. "On a d’abord essayé de changer les choses en interne, mais personne n’a réagi, au Conseil d’Administration comme ailleurs", indique Bouchera Azzouz, ancienne secrétaire générale de NPNS arbitrairement débarquée en 2009.

"J'ai fini chez le psy"

Comme une cocotte-minute, l’association explose. Sur ces quatre dernières années, un turn-over qui dépasse la normale avec une vingtaine de départs de jeunes femmes trop souvent poussées à bout. Plusieurs d’entre elles, dont Alia* sont parties en dépression : La jeune femme, payée 1.500 euros net par mois pour intervenir en zones sensibles, enchaînait les heures supplémentaires et payait de sa poche ses tickets de transport : "A la fin, je faisais même le ménage dans les locaux. Elles m’ont détruite, j’ai fini chez le psy", dit-elle aujourd’hui.

Une autre raconte qu’elle devait prendre sur ses propres deniers face à la détresse d’une femme qui ne savait où dormir. "Je voulais qu’il y ait un fonds de roulement de 300 euros à l’accueil pour réagir dans pareille situation, raconte Warda. Rien n’est venu". Et quand elle a monté son comité local, "le national ne nous a jamais versé le moindre sou, raconte Warda. Même en 2008, alors qu’il nous manquait  1.000 euros pour finir l’année. Par contre, nos initiatives sont reprises dans le rapport d’activités annuel de Ni Putes Ni Soumises".

«Je me demande où sont passé les subventions»

Ni Putes Ni Soumises ne manquait pourtant vraiment pas d’argent. Subventionnée à hauteur de 500.000 euros par an, elle fait partie des associations les mieux loties de France. Mais d’anciennes bénévoles et salariées continuent de s’interroger. Sarah, ancienne vice-présidente de NPNS, a participé à l’opération "Tremplin pour le respect" en 2008 : "je me demande où sont passé les subventions, étant donné que tout reposait sur le système D, et qu’aucun prestataire n’a été payé". D’autant que l’Education nationale a déboursé 11.000 euros pour ce projet.

Du coup, les financements se font plus rares. La région Ile-de-France a cessé d’alimenter l’association depuis trois ans. L’Acsé (Agence nationale pour la Cohésion sociale et l’égalité des chances), qui finançait cinq postes d’adultes relais sur le terrain à hauteur de 100.000 euros, et offrait des subventions à hauteur de 155.000 notamment pour la plate-forme d’accueil aux victimes, n’a pas encore renouvelé son partenariat.

"Elle ne va pas très bien"

Du côté des instances dirigeantes, Jean-Marie Heussner, membre du Conseil d’Administration, assure qu’il n’y a à NPNS "aucun problème d’argent". Il réduit la situation à laquelle l’association est aujourd’hui confrontée à "des affaires de jalousie, des conflits de personnes, parce que l'association est un lieu de pouvoir et d’enjeux". Et promet de "tout faire pour sortir de la crise et de la grève en privilégiant toujours l’indépendance de l’association".

Et pour défendre la présidente de l’association, Sihem Habchi, Jean-Marie Heussner indique que l’usage des taxis est "lié à des questions de sécurité, car elle a été menacée de mort à plusieurs reprises". Que si ses sœurs sont au Conseil d’Administration, c’est qu’elles sont "militantes". Enfin, il dit que si Sihem Habchi, que le Nouvel Observateur a cherché à contacter à de nombreuses reprises, est injoignable aujourd’hui...c’est qu’elle "ne va pas très bien en ce moment". A suivre.

14:18 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18 novembre 2010

Cent fois sur le métier...

Cent fois sur le métier...

  
Café du Commerce, le 11 novembre 2010
 
 
"Tout homme qui a une conviction, quelle qu'elle soit, a un Dieu ; que dis-je, il croit en Dieu. Car toute conviction postule l'absolu ou y supplée." (Cioran, 1959)

"L'obéissance est un besoin vital de l'âme humaine. Elle est de deux espèces : obéissance à des règles établies et obéissance à des êtres humains regardés comme des chefs. Elle suppose le consentement, non pas à l'égard de chacun des ordres reçus, mais un consentement accordé une fois pour toutes, sous la seule réserve, le cas échéant, des exigences de la conscience. Il est nécessaire qu'il soit généralement reconnu, et avant tout par les chefs, que le consentement et non pas la crainte du châtiment ou l'appât de la récompense constitue en fait le ressort principal de l'obéissance, de manière que la soumission ne soit jamais suspecte de servilité. Il faut qu'il soit connu aussi que ceux qui commandent obéissent de leur côté ; et il faut que toute la hiérarchie soit orientée vers un but dont la valeur et même la grandeur soit sentie par tous, du plus haut au plus bas.

L'obéissance étant une nourriture nécessaire à l'âme, quiconque en est définitivement privé est malade. Ainsi toute collectivité régie par un chef souverain qui n'est comptable à personne se trouve entre les mains d'un malade.
C'est pourquoi, là où un homme est placé pour la vie à la tête de l'organisation sociale, il faut qu'il soit un symbole et non un chef, comme c'est le cas pour le roi d'Angleterre ; il faut aussi que les convenances limitent sa liberté plus étroitement que celle d'aucun homme du peuple. De cette manière, les chefs effectifs, quoique chefs, ont quelqu'un au-dessus d'eux ;

idée que l'on trouve, rappelons-le, chez Maurras : la religion sert, ou devrait servir, à protéger les faibles des forts, à limiter le pouvoir des forts.

d'autre part ils peuvent, sans que la continuité soit rompue, se remplacer, et par suite recevoir chacun sa part indispensable d'obéissance.

Ceux qui soumettent des masses humaines par la contrainte et la cruauté les privent à la fois de deux nourritures vitales, liberté et obéissance ; car il n'est plus au pouvoir de ces masses d'accorder leur consentement intérieur à l'autorité qu'elles subissent. Ceux qui favorisent un état de choses où l'appât du gain soit le principal mobile enlèvent aux hommes l'obéissance, car le consentement qui en est le principe n'est pas une chose qui puisse se vendre.

Mille signes montrent que les hommes de notre époque étaient depuis longtemps affamés d'obéissance. Mais on en a profité pour leur donner l'esclavage." (S. Weil, 1943)

Où l'on touche de nouveau du doigt les limites de la Ve République, qui, alors même qu'elle était dirigée par un catholique, ne manquait pas de jouer sur «l'appât du gain» et sur l'achat du consentement. (Je rappelle que L'enracinement, dont ce texte est issu, est à l'origine écrit pour alimenter les idées d'organismes tels que le CNR, dont le programme aura une influence sur les constitutions des IVe et Ve Républiques.) En ces temps de commémoration gaullienne, il faut bien rappeler que le ver est dans le fruit depuis longtemps.

(D'ailleurs, à suivre S. W., capitalisme et démocratie sont tout bonnement antithétiques. On retrouve de nouveau les ambiguïtés du gaullisme triomphant : il y a eu consentement, et c'est pour ça que ça a à peu près fonctionné. Mais ce consentement était aussi un consentement à la croissance, à la «modernisation», au confort... à l'esclavage - ce dont de Gaulle était par moments douloureusement conscient.)

Cette théorie du consentement rappelle par ailleurs celle plus «laïque» de Lévi-Strauss. Laïque d'intention, mais, sans même recourir à la phrase très intéressante mais générale de Cioran mise ici en exergue, il faudrait voir si l'échange de réciprocités qui selon Lévi-Strauss fonde l'État, peut être mis au point sans une clé de voûte, sans une sorte d'absence supérieure de réciprocité : "Il faut qu'il soit connu aussi que ceux qui commandent obéissent de leur côté." - à un moment ils obéissent à Dieu, et ce ne peut plus être la même réciprocité. Rappelez-vous Bernanos : "Entre nous, il n'est qu'échange, Dieu seul donne, lui seul." Ce n'est pas que Dieu ne soit pas dans une relation d'échange avec le détenteur du pouvoir, une sorte de système de garanties réciproques de légitimité, c'est que Dieu, lui, peut simplement donner, sans réciprocité (et pas seulement, bien sûr, au détenteur du pouvoir) : c'est cette possibilité qu'il a de s'extraire du système de réciprocités qui lui permet de le «tenir».

(Dans une société hiérarchisée, à l'autre extrémité de l'échelle on peut trouver celui qui reçoit sans donner : le renonçant indien en est le prototype, et son rôle est essentiel dans la perpétuation de la société indienne. C'est le fait qu'il ne donne pas, qu'il ne participe pas au système de réciprocités qu'est la société, qui lui fait participer au maintien de ce système.)

Revenons à la comparaison entre Simone Weil et Lévi-Strauss, et émettons l'hypothèse que si les Sauvages semblent pouvoir dans certains cas (il faut être prudent) se passer d'une clé de voûte supérieure, c'est parce que la séparation entre sacré et profane, à laquelle je faisais allusion ici-même, Durkheim à l'appui (encore un juif pas très juif... c'étaient les grandes heures du judaïsme français), n'est pas la même chez eux, voire que cette distinction est inopérante : le Sauvage vit dans le sacré, dans la cérémonie... dans un système plus égalitaire, qui n'a pas besoin d'être verrouillé en haut et en bas à la fois parce qu'il n'y a pas vraiment de haut et de bas, et parce que le sacré est d'abord présent en chacun des membres de la société.

Laurent James, dans une conférence récente, détaillait les diverses personnifications et fonctions du pouvoir - guerrier, religieux... - dans les sociétés traditionnelles (au sens large). Il s'agit là d'une histoire non linéaire et qu'on ne peut résumer en deux mots : j'émets simplement l'hypothèse que hiérarchisation de la société et distinction des domaines profane et sacré sont liées. Cette distinction pouvant prendre des formes très différentes selon les lieux et les époques. Mais il est bien évident qu'une société comme la nôtre, qui officiellement ne veut pas de sacré, qui officiellement est égalitaire (avec des modalités différentes entre par exemple l'égalitarisme français et l'égalitarisme anglo-saxon, cf. Dumont), finit par se priver d'outils pour comprendre ce que sont le consentement - un comble pour des «démocraties» ! - et l'obéissance, les synthèses du type protestant et/ou kantien (la loi morale en moi...) ne pouvant, malgré leurs mérites, combler tous les trous fait par la modernité.


«Concluons». De Platon (et la phrase de Cioran par laquelle j'ai commencé est une sorte de "Nous sommes tous platoniciens") à Guénon la pensée de la hiérarchie est aussi connue qu'elle est forte et cohérente. Via quelqu'un comme René Daumal, qui a lu Guénon et l'a fait lire à Dumont ainsi probablement (mais j'attends une preuve...) qu'à Simone Weil, cette pensée continue à se diffuser au XXe siècle. Il n'est d'ailleurs pas exclu que de Gaulle ait rencontré personnellement Guénon... dans le salon de Daniel Halévy, quai de l'Horloge, en plein centre de Paris, puisque tous deux le fréquentèrent (S. Laurent, Daniel Halévy, Grasset, 2001, pp. 316-317) à peu près à la même période. Ce serait intéressant d'en avoir confirmation... Bref, l'idée est de revisiter, comme le fait brillamment Simone Weil, l'idée de consentement, qui ne peut qu'évoquer la démocratie, avec l'appui de l'idée de hiérarchie (et réciproquement...). Ceci, comme je l'ai signalé avec mes modestes souvenirs et moyens, en parvenant à inclure dans ce qui pourrait être une théorie du pouvoir ceux qui me semblent, à tort ou à raison, rester les parents pauvres des pensées de la hiérarchie et de la tradition, les Sauvages. Parce qu'ils le valent bien...

04:34 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17 novembre 2010

L'enfant, un citoyen à part entière avec des droits !

L'enfant, un citoyen à part entière avec des droits !

 

Marc Vande Weyer, le 17 novembre 2010

Beaucoup d'enfants sont souvent confrontés à l'injustice même en Belgique. Selon le rapport annuel du Commissariat des Droits de l'Enfant de la Communauté flamande, leurs droits se voient bafoués dans les services d'aide à la jeunesse, à la maison voire à l'école.


Le Commissariat des Droits de l'Enfant a enregistré 966 communications rapportant des faits d'injustice commis à l'encontre d'enfants et d'adolescents l'année passée. "Environ la moitié de ces plaintes émanent des parents ou des membres de la famille et un tiers des enfants ou des jeunes eux-mêmes", témoigne le commissaire aux Droits de l'enfant Bruno Vanobbergen.


Un peu plus de 400 dénonciations concernent le cercle familial alors que 256 d'entre elles visent le milieu scolaire. Il s'agit là en outre de sphères qui s'entrelacent. "Les conflits opposant deux parents divorcés pénètrent de plus en plus souvent dans l'enceinte de l'école", souligne Bruno Vanobbergen.


Le Commissariat aux Droits de l'Enfant a également reçu 135 appels concernant l'aide aux mineurs. Les enfants et les jeunes sont à la recherche d'une aide spécifique qui n'existe pas. "Les enfants ont besoin d'être conseillés et soutenus. Il importe de ne pas les considérer comme des êtres inférieurs, ce sont des citoyens à part entière", conclut le commissaire aux Droits de l'enfant.

21:23 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10 novembre 2010

La France montre une défiance croissante à l’égard de l’islam

La France montre une défiance croissante à l’égard de l’islam

 

Par Denis PEIRON, le 09 novembre 2010

L’islamophobie aurait en partie supplanté un racisme «ordinaire» visant les Maghrébins.

Mahi porte la barbe, une barbe qui marque son attachement à l’islam. Lorsqu’il prend les transports en commun, à Marseille, cet éducateur spécialisé lit régulièrement dans les yeux des autres passagers une forme de défiance, voire de crainte. «Beaucoup hésitent à s’asseoir à côté de moi, quand ils ne changent pas carrément de wagon», déplore-t-il.

De tels comportements, constate-t-il, sont plus ou moins fréquents, selon les soubresauts de l’actualité. «Qu’Al-Qaida revendique un attentat quelque part dans le monde, et la suspicion reprend le dessus», note cet homme de 36 ans, qui dit aussi avoir vécu douloureusement «en tant que citoyen et musulman» le récent débat autour du voile intégral. «Quel signal la représentation nationale donne-t-elle à la population quand elle vote une loi en faisant fi de l’avis défavorable du Conseil d’État ?» s’interroge-t-il.

Ce qui est sûr, veut croire Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, c’est que «l’on est passé d’un racisme ordinaire, anti-maghrébin, anti-arabe, à une hostilité, voire une haine visant l’islam». Ce phénomène se traduit, affirme-t-il, par une multiplication, ces dernières années, des dégradations de mosquées ou de sépultures. «De même, de plus en plus de femmes portant le voile sont insultées ou agressées.»

Islamophobie ? «terme imposé par des islamistes»

Pour Mohammed Moussaoui, il n’est pas question d’empêcher la critique des fondements de l’islam, «pleinement recevable quand elle s’inscrit dans une logique de connaissance et de dialogue», mais de condamner les manifestations violentes qui visent les institutions et les personnes.

Cela étant, la loi sur le voile intégral a elle aussi favorisé les amalgames entre une pratique marginale, qui ne constitue en rien une obligation coranique, et l’ensemble des musulmans de France. «Beaucoup parmi nous reprochent à cette frange radicale apparue récemment et qui voudrait imposer aux femmes le port du voile intégral d’avoir provoqué une stigmatisation générale. Mais en même temps, la généralisation a contribué à créer des solidarités…»

Faut-il pour autant parler d’«islamophobie» ? Dominique Sopo s’y refuse. Le président de SOS Racisme rejette en tout cas ce terme qui a été «imposé par des islamistes désireux d’introduire une confusion entre critique de la religion et racisme».

«Une tendance à islamiser de façon abusive des questions sociales»

Il n’empêche. Dominique Sopo constate lui aussi la montée d’une haine anti-musulmans liée au reflux d’un racisme fondé sur la biologie ou les origines. «La figure du musulman a, dans le débat public, remplacé celle du beur ou de l’Arabe. On enferme les 4 à 5 millions de Français d’origine arabo-musulmane dans une identité religieuse alors qu’ils sont, dans leur immense majorité, sécularisés, ou qu’ils considèrent le Ramadan comme un repère essentiellement culturel», analyse-t-il.

«Les élites n’acceptent pas que des populations qui, il y a trente ou cinquante ans, rasaient les murs et baissaient la tête, manifestent tranquillement leurs pratiques culturelles et religieuses. Aujourd’hui être antiraciste, c’est reconnaître l’égalité entre toutes les personnes, à condition qu’elles se conforment aux lois de la République», soutient Dominique Sopo.

Présent depuis une quinzaine d’années, le thème de l’islam fait souvent l’objet d’une instrumentalisation.

«Apéro saucisson et pinard»

«Il existe une tendance à islamiser de façon abusive des questions sociales, économiques ou culturelles, sans que cela se traduise forcément par des phénomènes de rejet ou de discrimination, analyse Vincent Geisser, chercheur au CNRS et auteur en 2003 d’un ouvrage intitulé La Nouvelle Islamophobie (La Découverte). Beaucoup s’engouffrent dans le débat sur l’islam pour exprimer, de façon assez fédératrice, des craintes assez ordinaires : chez les féministes, ce sera le recul de la condition de la femme ; chez les enseignants, la perte des acquis de l’école publique ; chez les laïcs, une remise en cause de la laïcité, etc.»

C’est effectivement le discours que tient sur un mode très radical, voire provocateur, le site ripostelaique.com, qui revendique 30 000 abonnés à sa lettre d’information hebdomadaire. Comme lorsqu’en juin dernier, il appelle, avec le Bloc identitaire (extrême droite), à tenir en plein Barbès un «apéro saucisson et pinard».

Son rédacteur en chef, Pierre Cassen, qui se présente comme étant «de gauche, laïque et républicain», reproche à son propre camp de «sous-estimer, au nom d’un certain relativisme, d’une mauvaise conscience, voire d’une culpabilité post-coloniale, l’offensive islamisante, principal danger pour nos valeurs et notre civilisation».

«Le pays d’Europe où l’intégration des musulmans se passe le moins mal»

À entendre cet ex-trotskiste, à force d’accommodements «prétendument raisonnables», les musulmans les plus militants demanderaient à la République de s’adapter à leurs dogmes.

«Sans aller jusque-là, nombre de Français, constatant que le cours du capitalisme ne leur laisse plus de prise sur l’avenir, se sont recentrés sur des conceptions républicaines très rigoristes», constate Stéphane Rozès, président de CAP (Conseils, analyses, perspectives).

Pour autant, souligne le politologue, la France reste «le pays d’Europe où l’intégration des musulmans se passe le moins mal». À preuve, dit-il, dès la deuxième génération, une bonne partie d’entre eux font leur vie avec un conjoint non musulman.

17:50 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04 novembre 2010

Instituts Cervantes : L'histoire de l'Espagne et du Rif

Instituts Cervantes
L'histoire de l'Espagne et du Rif

Abdekrim.jpg

L’historienne et écrivain espagnole Maria Rosa de Madariaga entame à partir d'aujourd'hui, vendredi, à Rabat une tournée dans les Instituts Cervantes marocains afin d'y présenter ses livres sur le Rif.

Ces derniers sont En el Barranco del Lobo y las guerras de Marruecos (traduit en arabe par Kenza al Ghali, professeur  de l’Université de Rabat) et Abd el-Krim el Jatabi. La lucha por la independencia.

Le premier évoque les évènements sanglants qui ont secoué l'Espagne et s'intéresse aux acteurs du drame du Rif et aux résistants, le second analyse les idées et la trajectoire politique et humaine d’Abdel Krim El Khatabi qui peut être considéré comme le précurseur des mouvements de libération nationale des peuples colonisés après la Seconde Guerre Mondiale explique le communiqué.

Maria Rosa de Madariaga est diplômée en Philosophie et Lettres par l’Université Complutense de Madrid, mais aussi en langue, littérature et civilisation arabe par l’Institut des Langues et Civilisations Orientales de Paris et Docteur en Histoire par l’Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne).

Programme de la tournée

• Vendredi 5 novembre à Rabat à 19.00h (I. Cervantes)
• Lundi 8 novembre à Tanger à 19.00h (Bibliothèque de l’Institut)
• Mardi 9 novembre à Tétouan à 19.00h (l.Cervantés de Tétouan)
• Mercredi 10 novembre à Fez 17.00h (I. Cervantés de Fez)
• Jeudi 11 novembre à Casablanca à 16.00h (Faculté Ain Chok)
• Vendredi 12 novembre à Marrakech à 16.00h (Université Cadi Ayyad)

20:38 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

03 août 2010

Dans les coulisses de la fête du Trône

Dans les coulisses de la fête du Trône

«Représentant de Dieu sur terre, il est aussi l’ombre de Dieu sur terre»

 

La Vie-éco, le 02 août 2010

 

La fête du Trône se compose de deux événements : une cérémonie moderne et la bey'a, rituel d'allégeance vieux de plusieurs siècles. Sa forme actuelle a été instaurée par Ahmed Al Mansour Addahabi.

 

Qui sont les personnes qui prêtent allégeance au Roi ? Qui les choisit ? Comment se passe la cérémonie : tout est codifié.

 

Le cheval, le carrosse, le dais, les habits du Roi..., chaque détail porte une symbolique.

Les 30 et 31 juillet, le Maroc célèbre la Fête du Trône, la 11e sous le règne du Roi Mohammed VI. Cette tradition est ancestrale chez les dynasties marocaines et musulmanes. La monarchie perpétue un rite chargé de significations pour le pouvoir au Maroc. En deux jours, des cérémonies réuniront dans l’enceinte du Palais royal tout ce que compte le pays comme hauts fonctionnaires, membres du gouvernement, officiers militaires, notables, parlementaires…, pour renouveler le serment de fidélité au Souverain et sceller l’union de la nation. Au centre de ce cérémonial, Tajdid Al Bey’a est par excellence l’acte fondateur du système politique marocain.

 

Comme chaque année, en ce 31 juillet, le renouvellement d’allégeance se déroulera selon des procédures minutieusement arrêtées. Bien que la cérémonie officielle soit programmée à 17 heures, les personnalités qui prêteront serment de fidélité devant le Roi doivent impérativement se présenter le matin, à 8 heures, devant le siège de la wilaya qui abrite la cérémonie (Tétouan pour cette année). Elles viennent de toutes les régions du pays. Ce sont les walis et les gouverneurs qui établissent les listes des personnes qui représentent leurs régions. En général, elles comprennent tous les chefs des services extérieurs (délégués des ministères et des établissements publics), des parlementaires, des notables, des représentants de la société civile. Les représentants de chaque région s’arrangent pour faire le déplacement, soit de manière collective, soit individuellement. «Nous avons l’habitude de faire le voyage ensemble dans des autocars et c’est la wilaya qui se charge de la logistique», indique le délégué d’un ministère à Marrakech. L’essentiel est d’arriver à temps et surtout ne pas oublier l’habit obligatoire exigé pour la cérémonie : djellaba et chemise blanches, babouches jaunes, «chachia» (couvre-chef traditionnel) rouge et selham (burnous) blanc.

 

La bey'a, contrat entre la monarchie et le peuple, commence à 17 heures

 

C’est à partir de 11 heures que les délégations ont accès à la grande cour du Palais royal. Des boissons puis un déjeuner leur sont servis en attendant l’arrivée du Souverain. Des tribunes d’honneur sont aménagées à droite du lieu où le Roi fera son entrée. Elles sont réservées aux membres du gouvernement et aux hauts responsables de l’Etat civils et militaires, ainsi qu’aux représentants diplomatiques qui suivront la cérémonie debout. Ces derniers arrivent généralement un peu plus tard. «Une à deux heures avant le début officiel de la cérémonie», précise un ministre. Une chose est sûre en tout cas : avec le Roi Mohammed VI, le protocole est devenu plus «confortable» et la ponctualité scrupuleusement respectée. «Du temps du défunt Hassan II, il nous arrivait d’attendre parfois pendant plusieurs heures sous le soleil et on n’avait même pas de quoi se couvrir», se rappelle un notable. Il ajoute, cependant, que «ce moment de proximité avec le Roi, même très court, n’a pas de prix». Un tel sentiment est partagé par la majorité des personnes présentes à cette cérémonie. Assister à ce rite chargé de symboliques est très convoité par les notables et les hauts commis de l’Etat. «On fait tout pour y être présent, car c’est la preuve qu’on fait toujours partie du système», confie un ancien ministre.

 

C’est vers 17 heures que le monarque fait son apparition sur un pur-sang arabe, sous une grande ombrelle. Deux étalons précèdent le cortège royal et deux autres le suivent. Un carrosse fait partie aussi du défilé. C’est la principale innovation qui a touché ce cérémonial ancestral. Tout est minutieusement étudié et chargé de significations. Le Souverain est le seul à ne pas fouler le sol et à être protégé du soleil. «Représentant de Dieu sur terre, il est aussi l’ombre de Dieu sur terre», explique l’historien Noureddine Belhaddad de l’université Mohammed V

 

La suite : La Vie-éco

03:56 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

21 juillet 2010

ANTISIONISME = ANTISEMITISME ?

ANTISIONISME = ANTISEMITISME ?

A VOIR !

 

Par Jacob Cohen, le 21 juillet 2010

A vouloir dissuader toute critique d'Israël, à tout prix, même lorsque l'évidence saute aux yeux, si on se réfère par exemple aux rapports d'Amnesty International, en recourant à l'arme nucléaire, c'est-à-dire l'antisémitisme, les judéo-sionistes peuvent se retrouver dans des situations pour le moins embarrassantes.

Illustration avec cet extrait du livre de Régis Debray : A un ami israélien, éditions Flammarion. "La vie nous a fait rencontrer nombre de juifs antisionistes, athées ou religieux. Et pour qui a de mauvaises lectures, l'antisémite sioniste est une figure familière, voire du meilleur monde. "Vive le sionisme!" s'écriait Drieu la Rochelle dans la NRF (en 1942!). Et Paul Morand, 20 ans après sous la Coupole : "Retournement à l'Académie. La droite, antisémite, est devenue sioniste, et la gauche, dreyfusarde de tradition, palestinienne." En brut : "Qu'ils débarrassent le plancher, ces youpins, et qu'ils aillent casser du bicot aux avant-postes. Ce sera toujours ça de pris."

Rien d'étonnant. Les sionistes s'allient avec le diable pour réaliser leurs projets. Rappelons par exemple les liens étroits (politiques, économiques, militaires, déplomatiques, sécuritaires, etc. qui existaient entre Israël et l'Afrique du Sud de l'Apartheid.

Dernier roman: Le Printemps des Sayanim, éditions l'Harmattan.

15:36 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

20 avril 2010

Gaspard-Hubert Lonsi Koko : À propos de la reconnaissance la double nationalité aux Congolais d’origine

Gaspard-Hubert Lonsi Koko*

À propos de la reconnaissance la double nationalité aux Congolais d’origine

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

 

Afrique Rédaction  , le 19 avril 2010

Afrique Rédaction

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

«La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec aucune autre». «La nationalité congolaise est soit d’origine, soit d’acquisition individuelle».

Est Congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République Démocratique du Congo) à l’indépendance. «Une loi organique détermine les conditions de reconnaissance, d’acquisition, de perte et de recouvrement de la nationalité congolaise.»

 

Afrique Rédaction

 

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

D’aucuns savent que la nationalité, c’est l’appartenance juridique et politique d’une personne à la population d’un État. Effectivement, en droit international, chaque pays délivre sa propre nationalité, mais ne peut contester la nationalité octroyée par un autre pays. On peut donc détenir plusieurs nationalités, et plusieurs passeports.

D’ailleurs, à travers sa Constitution, la République Démocratique du Congo tient à juste titre à son attachement aux droits humains et aux libertés fondamentales tels que proclamés par les instruments juridiques internationaux auxquels elle a adhéré. C’est ainsi que l’article 45-5 reconnaît aux «pouvoirs publics le devoir d’assurer la diffusion et l’enseignement de la Constitution, de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que de toutes les conventions régionales et internationales relatives aux droits de l’homme et au droit international humanitaire dûment ratifiées». Or, personne n’ignore que le droit à la nationalité est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (art. 15) ainsi que dans la déclaration universelle des droits de l’enfant (art 3).

 

Afrique Rédaction

 

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Par ailleurs, l’alinéa 4 de l’article 10 stipule qu’«une loi organique détermine les conditions de reconnaissance, d’acquisition, de perte et de recouvrement de la nationalité congolaise». Or, nul n’ignore le caractère non rétroactif d’une loi. De ce fait, cette loi organique ne peut pas s’appliquer aux Congolais d’origine détenant une citoyenneté étrangère avant sa promulgation.

Enfin, dès lors que des Congolais d’origine détenant la double nationalité se sont fait élire au parlement et sont naturellement intégrés dans la haute fonction publique, il serait injuste de refuser cette prérogative à d’autres personnes qui se trouvent dans la même situation. De plus, selon un principe juridique, les faits précèdent la loi.

 

Afrique Rédaction rédaction

 

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

(*) Gaspard-Hubert Lonsi Koko

est président d'Union du Congo (UDC) et porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).
: Compte tenu des éléments et des textes évoqués ci-dessus, on peut aisément conclure que l’unicité et l'exclusivité de la nationalité congolaise donne le droit à la République Démocratique du Congo de ne pas reconnaître, conformément à l’article 10-1, la citoyenneté étrangère détenue par ses nationaux. En revanche, au regard du droit international, ce dispositif constitutionnel ne peut en aucun cas priver quelqu’un de sa nationalité congolaise d’origine, ni l’obliger à renier sa citoyenneté étrangère. De ce fait, l’alinéa 1er de l’article 10 doit être révisé afin de permettre la double nationalité aux Congolais d’origine.
: Et alors ?
: Dès lors que le législateur congolais a réaffirmé dans l'article 45-5 son adhésion et son attachement à la Déclaration universelle des droits de l’homme, à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, aux Conventions des Nations Unies sur les droits de l’enfant et sur les droits de la femme, les dispositifs constitutionnels ayant trait au choix entre la nationalité congolaise d’origine et la citoyenneté étrangère détenue par ses nationaux doivent être conformes à ces textes internationaux. Rappelons que l’article 15 la Déclaration universelle des droits de l’homme stipule : «Tout individu a droit à une nationalité. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité». Quant aux enfants nés des parents congolais dans un pays régi par le droit du sol, ou dont l’un des parents n’est pas Congolais, l’article 3 de la déclaration universelle des droits de l’enfant est sans aucune ambiguïté : à savoir «dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale».
: Est-ce que les traités internationaux ratifiés par un pays ont-ils une valeur constitutionnelle ?
: Je m'en doute bien. Disons qu'on peut d’emblée faire trois constats. Primo, l’alinéa 1er de cet article préconise l’unicité et l’exclusivité de la nationalité congolaise. Secundo, l’alinéa 3 définit clairement le Congolais d’origine. Tertio, une loi organique détermine, entre autres, les conditions de perte et de recouvrement de la nationalité congolaise.
: Nous aimerions en effet connaître votre point de vue sur ces trois alinéas de l'article 10.
: Rappelons que, en République Démocratique du Congo, la nationalité est régie par l’article 10 qui stipule :
: Dans l'éventualité de la révision constitutionnelle en République Démocratique du Congo, la problématique de la double nationalité sera certainement soulevée. Qu'en pensez-vous ?

01:27 Écrit par Rachid Z dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |