15 septembre 2013

La Vertu nous ouvre ses portes

La Vertu nous ouvre ses portes

Awatef Dourheri (dans l’hebdo gratuit Dimanche), le 15 septembre 2013

Le 2 septembre, l’école La Vertu ouvrait pour la première fois ses portes, chaussée de Haecht à Schaerbeek. L’établissement scolaire maternel et primaire a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines. Parfois jugée comme «future école ghetto», tout le monde attend au tournant ce projet éducatif confessionnel islamique. La Vertu est la troisième école du genre à Bruxelles et compte une centaine d’élève. La Capitale a rencontré sa directrice, Aïcha Cappelmans, qui répond aux interrogations qu’un tel établissement peut susciter au sein de l’opinion publique et auprès des politiques.

Cela fait maintenant une semaine que les petits Bruxellois ont retrouvé leur banc et leur cartable. Et notre capitale compte cette année une nouvelle école : La Vertu, chaussée de Haecht 138, à Schaerbeek. Derrière la façade, l’établissement a la particularité d’être confessionnel islamique. Ce n’est pas la première école du genre à Bruxelles : elle ouvre après Al-Ghazali (Etterbeek) et La Plume (Molenbeek).

D’après Aîcha Cappelmans, directrice de l’école, ce projet répond à une demande grandissante dans la capitale. «De plus en plus d’enfants musulmans ne se sentent pas bien accueillis et compris dans les autres types d’enseignement. Ici, ils sont considérés et ce, avec toutes leurs réalités comme celle d’être musulman». Une école où l’on se retrouve entre musulmans, donc ? Aïcha explique que le but n’est pas de créer une «école ghetto» comme certains l’ont surnommée, mais d’avoir un établissement où élèves et enseignants se comprennent mieux car ils partagent une même réalité.

Cependant, la directrice insiste sur le fait que l’école, dont la majorité des élèves est d’origine turque et marocaine, est ouverte à tout le monde que l’on soit musulman et non-musulman. Même si la première ligne du projet pédagogique de l’école est «je suis musulman, croyant et responsable»…

Hormis les deux heures de religion islamique données aux élèves de primaires, l’école suit un programme d’enseignement semblable à ceux pratiqués dans d’autres structures. «La seule différence avec les autres écoles est qu’à la place d’un cours de religion catholique ou de philosophie, nous avons un cours de religion islamique. Sinon, nous ne parlons pas arabe avec les enfants comme certains l’imaginent. D’autant plus que, rappelons-le, les Turcs ne parlent pas arabe», explique Aïcha Cappelmans, une Belge convertie, enseignante depuis 20 ans et ancienne d’Al-Ghazali.

La religion islamique enseignée par l’établissement est un «Islam de juste-milieu», comme le dit la directrice. Elle explique qu’il n’y a aucun tabou. «Si un texte parle d’un repas à base de porc, nous ne demanderons pas aux enfants de fermer leurs livres. Nous leurs expliquerons que les musulmans ne mangent pas de porc sans entrer dans les détails. C’est au professeur de religion à en expliquer l’origine.»

Aïcha Cappelmans conclut en disant que le projet de cette école est d’avoir un établissement où des enseignants musulmans, ou non, parlent à des enfants bien dans leur foi et qui sont des citoyens belges.

Portrait :

Huit classes : «La Vertu» a ouvert ses portes le 2 septembre, lors de cette rentrée scolaire, cent élèves ont ainsi pu découvrir leurs enseignants et leurs toutes nouvelles classes. A l’heure actuelle, seules huit classes, toutes mixtes, sont ouvertes, de la première accueil à la deuxième année primaire. Chaque année, une classe supérieure devrait ouvrir ses portes. L’école grandira donc en même temps que ses élèves. Les frères et sœurs d’enfants déjà inscrits auront la priorité aux prochaines inscriptions qui débuteront le 2 mai 2014.

Le corps enseignant : L’équipe éducative compte onze enseignants, tous musulmans, dont un professeur de d’éducation physique qui donnera cours tant aux garçons qu’aux petites filles. Précisions : tous les instituteurs recrutés ne sont pas forcément professeurs de religion.

Les sorties : Une des priorités du corps enseignant est d’entreprendre un maximum de sorties culturelles, en vue d’ouvrir l’esprit des enfants mais aussi des Bruxellois qui les croiseront dans la rue ou dans un musée, par exemple.

Un uniforme : L’école qui commence à prendre ses marques, imposera dans les prochains jours un uniforme scolaire. Elle compte également proposer un service de repas chauds les midis à la cantine. La viande qui sera servie sera halal, c’est-à-dire conforme aux rites de la religion musulmane.

09 juillet 2013

Conférence : Les écoles Musulmanes

Les écoles Musulmanes

Pourquoi et comment structurer les musulmans autour de ce projet ?

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Le Centre d’Education et Culturel de la Jeunesse (CECJ) vous invite à sa conférence ayant pour thème : Les écoles Musulmanes (Pourquoi et comment structurer les musulmans autour de ce projet ?)

Samedi 13 juillet 2013 à 14h30

Faculté des Sciences Islamique

Rue de la Limite, 100

1210 Bruxelles

27 juin 2013

Maroc-Belgique : Des enseignants marocains en colère

Maroc-Belgique

Des enseignants marocains en colère

Rassemblement d’enseignants marocains d’ELCO (l’enseignement de la langue et culture d’origine), ce 26 juin devant l’ambassade du Maroc à Bruxelles :

«Nous sommes des enseignants marocains détachés auprès de la fondation Hassan 2 des MRE pour une durée déterminée… Notre fonction est d’enseigner la langue et la culture d’origine aux enfants belges d’origine marocaine ou enfants marocains résident en Belgique dans les établissements belges et sur le sol belge. Nous sommes sous la tutelle du Ministère des Affaires étrangères marocain en tant que membres de la mission culturelle et ce, dans le cadre de la charte de partenariat entre le Maroc et la région Wallonie-Bruxelles (Programme ELCO)»

11:56 Écrit par Rachid Z dans Enseignements, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

14 juin 2013

Communiqué du Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s !

Communiqué du Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s !

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Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s, le 13 juin 2013

Suite à l’annonce de Madame l’échevine Faouzia Hariche, sur l’avis du Conseil d’Etat de ce 17 Avril autorisant le port du foulard pour les professeurs de religion, règlement applicable aux communes de la Région bruxelloise, celle-ci refusant ainsi de l’appliquer dans – sa circonscription - les limites de la Ville de Bruxelles : «Contrairement au cas de Grâce-Hollogne, nous appliquons les dispositions légales du décret neutralité de 1994 - qui insiste sur le fait de s’abstenir de toutes formes de prosélytisme - et le règlement de travail de la Ville - qui interdit le port de signes philosophiques sur le lieu de travail», rétorquait Faouzia Hariche (PS), échevine de l’Enseignement de la Ville de Bruxelles.

Le Mouvement MEET ! constate l’urgence de condamner fermement cette décision de Madame l’échevine et lui rappelle par la même occasion que ledit décret du 31 mars 1994 est tout d’abord totalement désuet et contraire au décret qui l’a suivi (et donc qui l’abroge) le 17 décembre 2003 qui impose certes aux enseignants «d’adopter une attitude réservée, traiter les options religieuses en des termes qui ne peuvent froisser, s’abstenir de tout propos partisan dans les problèmes idéologiques et refuser de témoigner en faveur d’un système philosophique ou politique quel qu’il soit» mais toutefois qui mentionne que «rien n’interdit aux professeurs de religions reconnues de porter tout signe d’appartenance, y compris vestimentaire».

D’ailleurs, Xavier Delgrange, membre du Conseil d’Etat, dit à propos de cet avis : «l’enseignement de la religion échappe pratiquement totalement au contrôle des autorités publiques […] Les titulaires de cours de religions reconnues ne sont pas astreints au devoir deneutralité et même, le prosélytisme de leur part n’est pas critiquable».

Nous voyons, dans ce cas-ci, qu’alors même que la plus haute instance juridique donne un avis favorable, l’échevine se prononce et refuse de l’appliquer. En quoi un élu politique se donne-t-il le pouvoir de refuser d’appliquer un arrêt promulgué par une instance juridique dans une démocratie où la loi est première ?

En ce qui concerne l’emploi, beaucoup ne trouvent pas un emploi à la hauteur de leurs compétences, et se voient accepter un travail très souvent précaire, ou ne trouvant un travail que des années après, voire même aucun travail. On ne cesse de parler de diversité, de multiculturalité, et bien cela fait partie de la liberté de conscience de tout un chacun, de la diversité tant mise en avant par tous. Finalement, quelles sont les priorités de Bruxelles ? Investir dans l’enseignement ? Former les jeunes ? Dans ce cas-ci, y’a-t-il toujoursune place pour des jeunes femmes ? Eviter de leur mettre des obstacles ? Que le taux de chômage ne grimpe ou alors se préoccuper de savoir qui porte un foulard, qui porte une longue jupe ou un pantalon large ?

Alors même que la Belgique traverse une crise sans précédents, où le décrochage scolaire est au plus haut, où le taux de chômage des jeunes et moins jeunes explose, alors même que la femme est d’après de nombreuses statistiques, toujours bien plus discriminée que l’homme, l’interdiction du port du foulard ne cesse de faire du tort aux femmes le portant. Celles-ci ne peuvent s’inscrire dans les écoles qu’elles désirent et faire un choix correct de leurs études étant donné que l’accès à la plupart des écoles supérieures ne leur est pas permis. Les filles étant en secondaire se voient dans l’obligation de le retirer pour continuer leur scolarité. Alors même que la grande majorité sont contraintes illégalement de l’enlever, beaucoup font l’objet au sein de leur école de discriminations quant à leur tenue vestimentaire, alors jusqu’où comptons-nous les priver de leur liberté ?

Nous sommes conscients que ces dérives de la part d’élus politiques ne sont pas des plus rares, c’est la raison pour laquelle la lutte ne s’arrêtera pas aux vêtements des professeurs de religion, mais également à la tenue des élèves qui sont considérés comme égaux juridiquement aux professeurs d’après l’article 24 de la Constitution belge organisant les principes de la neutralité applicables à tous.

Nous, membres du Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s !, appelons à une coordination pour contester cette décision de Madame l’échevine Faouzia Hariche, ainsi qu’à une mobilisation large qui se fera très prochainement.

Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s !

m.e.e.t.belgium@gmail.com

11 juin 2013

Pas de foulard dans les écoles de la Ville

Pas de foulard dans les écoles de la Ville

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Echevine (PS) algéro-belge et islamophobe de l'Instruction publique

Nathan Gonze, le 11 juin 2013

L’avis du Conseil d’État, autorisant le voile aux professeurs de religion, ne fait pas jurisprudence, estime l’échevine

Les professeurs de religion islamique ont-ils le droit de porter le foulard dans les écoles ? Le 17 avril dernier, le Conseil d’État répondait par la positive à la suite d’un différend entre une prof et la commune de Grâce-Hollogne. Tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures de cours et aux locaux auxquels ils sont affectés, estimait le Conseil d’État dans son arrêt.

Un arrêt qui porte, en théorie, sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles et donc, qui est applicable aux communes de la Région bruxelloise. Mais pour la Ville de Bruxelles, la décision du Conseil d’État ne fait pas jurisprudence : le foulard islamique - comme tous signes religieux ostentatoires - reste interdit aux élèves comme aux professeurs, fussent-ils de religion.

Contrairement au cas de Grâce-Hollogne, nous appliquons les dispositions légales du décret neutralité de 1994 - qui insiste sur le fait de s’abstenir de toutes formes de prosélytisme - et le règlement de travail de la Ville - qui interdit le port de signes philosophiques sur le lieu de travail ”, justifie Faouzia Hariche (PS), échevine de l’Enseignement. Pas de dérogation pour les profs de religion estime donc Mme Hariche car “ce serait créer un traitement discriminatoire entre les enseignants.

Dommage, estime quant à elle Zoubida Jellab (Écolo), qui interpellait hier l’échevine à ce sujet au conseil communal et qui craint que la ville ne s’expose à des recours. La jeune association Muslims Right Belgium – qui recense en ligne les actes antimusulmans - confirme d’ailleurs avoir reçu des plaintes en ce sens à Bruxelles mais que rien d’officiel n’a encore été déposé.

Autre point qui pose question selon la conseillère Écolo, le manque de mixité parmi les professeurs de religion islamique (seulement 1/4 de femmes). C’est l’Exécutif des musulmans de Belgique qui propose les candidats. Dans la majorité des cas, ce sont des hommes. Comme cela, on évite le débat sur le voile, déplore Zoubida Jellab.

Pour l’échevine de l’Enseignement, le débat pose surtout la question de l’opportunité des cours de religion. “Ils séparent les élèves. La société bruxelloise aurait beaucoup plus à gagner d’un cours de civisme et de vivre ensemble, conclut-elle.

07 juin 2013

Une brochure pour mieux connaître les élèves à hauts potentiels

Une brochure pour mieux connaître les élèves à hauts potentiels

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La Libre Belgique, le 07 juin 2013

"Surdoués", "intellectuellement précoces", "à hauts potentiels", etc. Les qualificatifs sont multiples pour désigner les enfants qui ont un quotient intellectuel (QI) plus élevé que la moyenne.

On considère qu’environ 5 % de la population scolaire est à hauts potentiels, soit, en moyenne, 1 à 2 élèves par classe. Mais qui dit QI plus élevé, ne dit pas nécessairement parcours scolaire sans encombre. Loin de là ! "Pendant longtemps, on est parti avec l’idée qu’un enfant très doué se débrouillera toujours tout seul, raconte Danielle Tellier, psychologue en centre PMS. Mais on a dû constater qu’une quantité de ces enfants se trouvaient en échec scolaire ou en échec en comportement." En cause ? "Un des drames de ces enfants, explique-t-elle, c’est qu’ils comprennent vite et ont une mémoire exceptionnelle, donc ils n’étudient pas. Arrive un moment où la quantité de matières est trop importante et c’est la catastrophe : ils sont en échec."

Elle complète : "Un tiers des enfants HP s’en sortent car ils ont eu la chance d’avoir des parents qui les ont bien guidés et de fréquenter des écoles plus attentives que d’autres, enchaîne Mme Tellier, un tiers perdent pied, mais finissent par être aidés, redoublent une fois, deux fois et puis s’en sortent, tandis que le dernier tiers ne termine jamais l’école secondaire parce que ça ne va pas du tout." On estime en effet qu’un élève à hauts potentiels sur trois serait en échec scolaire.

"Beaucoup de souffrances sont au menu de certains enfants à hauts potentiels et de leurs parents, témoigne Françoise, maman de plusieurs enfants HP. Chaque enfant réagit de manière différente face à son ‘mal être’. Il y a les perturbateurs de classe, des insolents, d’autres qui s’isolent dans le fond de la classe ou qui essayent de se fondre dans la masse en ‘bêtifiant’, il y a ceux qui fuguent"

Des situations qui démontrent que "les élèves HP sont des élèves à besoins spécifiques, comme le sont ceux qui souffrent de troubles de l’apprentissage, affirme la ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet (CDH). L’accompagnement de ces élèves mérite donc une attention particulière, mais en les intégrant dans une école commune."

Une démarche inclusive

Contrairement à la France ou la Suisse qui ont des établissements spécifiques pour les élèves "surdoués", la Belgique n’a pas suivi cette voie. En 1999, sous l’impulsion du ministre de l’Enseignement Pierre Hazette (PRL-FDF), est lancée une recherche-action interuniversitaire sur les jeunes HP et est étudiée la question de créer un enseignement spécialisé pour accueillir les jeunes HP en difficultés. "A l’époque, le Conseil supérieur de l’enseignement spécialisé a déclaré qu’il ne fallait pas créer d’établissements spéciaux, rappelle Mme Simonet. Les recherches lancées ont aussi abouti à la conclusion que ces enfants ont des besoins particuliers, mais que ce n’est pas une bonne méthode de les isoler et qu’il vaut mieux une démarche inclusive."

Danielle Tellier confirme : "Il est essentiel que les enfants HP puissent fréquenter des enfants ‘comme tout le monde’ et de leur âge, mais en ayant des enseignants qui savent très bien qui sont ces enfants. C’est pour cela qu’il faut que les enseignants soient formés à mieux connaître les élèves HP."

Tous les professeurs n’ont pas reçu dans leur formation initiale toutes les connaissances actuelles sur les élèves HP. C’est pourquoi la ministre Simonet, interpellée par "la façon dont vont être accueillis ces enfants sur le terrain", a demandé au Réseau interuniversitaire (UCL, ULB, UMons) "de devenir plus concret", notamment en mettant en œuvre des modules de formation initiale et/ou continue sur la thématique des jeunes à hauts potentiels.

De même vient d’être éditée une toute nouvelle brochure intitulée "Enseigner aux élèves à hauts potentiels". Objectif ? Permettre aux équipes éducatives de mieux connaître les élèves HP et la variété de leurs profils, mais aussi leur proposer des pistes de différenciation pédagogique. Ce nouvel outil sera officiellement présenté ce vendredi, à l’occasion du colloque de clôture de la recherche-action interuniversitaire sur la "Scolarisation des élèves à hauts potentiels" à Namur.

11:05 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 mars 2013

Les 10 meilleurs lycées de France

Les 10 meilleurs lycées de France

L’Express, le 27 mars 2013

  1 Lycée Saint-Gabriel

  2 Lycée Sainte-Cécile

  3 Lycée Edgar Poe

  4 Lycée Sévigné - Saint-Louis

  5 Lycée Marcel Callo

  6 Lycée privé Averroès - Lille

  7 Lycée de Tour Sainte

  8 Lycée ORT Léon Bramson

  9 Lycée Victor Bérard

  10 Lycée Vauban

20 mars 2013

Islamophobie croissante en Belgique

Islamophobie croissante en Belgique

Ricardo Gutiérrez, le 20 mars 2013

Un rapport européen constate la hausse des discriminations à l’égard des musulmans. Notamment en Belgique

Le racisme, en Belgique, se manifeste de plus en plus sous les traits de l’islamophobie. C’est le constat que vient de poser, ce matin, la fédération européenne des organisations antiracistes, ENAR. Le constat est en tous points conforme au rapport que présentait Amnesty International, voici un peu moins d’un an, sur les discriminations à l’égard des musulmans.

Les 600.000 musulmans de Belgique font l’objet de discriminations persistantes, dans le domaine de l’emploi, de l’éducation et de l’accès aux services publics et privés. Les chiffres cités par ENAR sont édifiants : sur l’ensemble des dossiers de discrimination «religieuse», près de 80 % visent les musulmans ou les communautés musulmanes. En cause, principalement : les médias (51 % des plaintes), le monde professionnel (19 %) et l’enseignement (11 %).

Sur l’ensemble des nouveaux dossiers concernant des musulmans traités par le Centre pour l’Egalité des Chances, 58 % présentent des signes d’islamophobie et 23 % contreviennent aux lois antidiscriminations. Comme Amnesty, ENAR pointe l’exclusion de l’enseignement pour les étudiantes qui portent le foulard, alors même qu’aucun décret n’appuie ces réglementations.

Pour l’organisation européenne, les pouvoirs publics belges devraient s’employer à «rendre effectives les libertés fondamentales, dont celle de religion, des élèves, en abrogeant toutes les dispositions interdisant le port du foulard et autres pratiques ou signes convictionnels à l’école».

19 mars 2013

Un tiers perturbateur, les musulmans

Un tiers perturbateur, les musulmans

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Henri Goldman, le 18 mars 2013

La création à la rentrée scolaire de 2013 d’une école secondaire musulmane pourrait marquer le début d’un réseau d’écoles musulmanes, effet non voulu et non prévisible du Pacte scolaire, mais résultat de la ségrégation dont sont victimes les musulmans. La seule manière d’endiguer une ségrégation accrue dans un ghetto scolaire, à défaut de réviser le Pacte scolaire, est que les réseaux existants optent pour une neutralité inclusive et fassent place à la diversité culturelle et religieuse.

(...)

Un ghetto scolaire islamique

Mais avec l’initiative d’Al Amal, le franc est tombé : il n’y aucune raison pour que les musulmans n’utilisent pas à leur profit un dispositif fait sur mesure à l’intention des pouvoirs organisateurs catholiques. L’argent public disponible doit bénéficier équitablement à toutes les confessions. Et, comme l’expriment les promoteurs du projet, le besoin est réel et la cause parfaitement identifiée : «Une telle école répond aussi à une forte demande de la communauté musulmane de Bruxelles qui est confrontée à un véritable dilemme entre la pratique authentique de son culte et l’accès à l’éducation qui constitue un des fondements de notre démocratie. En Belgique, le port de signes religieux à l’école dépend du règlement d’ordre intérieur de chaque établissement et, à ce jour, les établissements secondaires qui les autorisent ne sont pas très nombreux. Ainsi, les personnes désirant exprimer visiblement leur foi se voient limitées dans leur choix d’école et d’options. Certaines seront même amenées à quitter le système scolaire. Dans ce contexte, l’institut Al Amal veut proposer une alternative aux personnes désirant porter des signes religieux à l’école et leur permettre d’avoir accès à un enseignement de qualité permettant à chaque élève d’atteindre les socles de compétences fixés par la fédération Wallonie-Bruxelles.»

Le succès de l’«école islamique Al Amal» semble assuré. Au-delà de la tolérance au port du foulard, d’un aménagement du temps scolaire tenant compte du calendrier musulman et de la fourniture de repas halal, les musulmans disposeront en propre d’une école où l’encadrement ne risque pas de leur manquer de respect à cause de leur religion. Qu’en sera-t-il de la mixité sur les bancs des classes, dans les piscines et dans les voyages scolaires ? Quel sera le prix à payer en échange des indispensables financements complémentaires en provenance de pays qui professent un islam peu compatible avec les droits de l’homme ? Le cours de biologie et l’enseignement de la Shoah seront-ils assurés avec assez de conviction ? La litanie des inquiétudes habituelles repartira de plus belle. Mais quoi qu’on puisse craindre ou fantasmer, et sous réserve que l’inspection scolaire fasse son travail, il n’y a rien dans cette initiative qui contredirait la lettre du Pacte scolaire, dont les rédacteurs ne pouvaient évidemment anticiper ce développement.

Si l’expérience d’Al Amal se révèle concluante, d’autres suivront. Dans une ville comme Bruxelles où le boom démographique exige l’ouverture rapide de nouvelles écoles pour lesquelles les fonds manquent, il serait mal venu de faire la fine bouche. Pour le coup, l’obsession d’une «neutralité exclusive» bannissant tous les signes d’appartenance du périmètre scolaire aura donné corps à un «monstre de Frankenstein», soit un ghetto scolaire islamique séparant radicalement les enfants musulmans des autres enfants.

Dans sa conclusion, Mathias El Berhoumi se demande «si la liberté d’enseignement telle qu’elle est organisée en Belgique n’est pas socialement dépassée. Il semble, en effet, hasardeux de considérer de nos jours que la référence, religieuse ou autre, d’une école inspire l’ensemble des enseignements dispensés». Hasardeux... sauf pour les nouvelles écoles musulmanes dont la raison d’être est bien que la religion islamique imprègne, non pas les programmes qui sont fixés par décret, mais l’ensemble de la culture scolaire et parascolaire dans laquelle ces programmes s’inscrivent.

La neutralité inclusive comme antidote

Sans doute cette analyse force-t-elle le trait. Elle présente comme une probabilité ce qui n’est qu’une hypothèse parmi d’autres. Mais celle-ci devrait suffire à faire réfléchir les protagonistes habituels de la controverse scolaire, enfermés dans leur numéro de duettistes qui tourne en boucle : voilà la pente où nous conduit inexorablement le maintien en l’état de la liberté d’enseignement subsidiée. Si cette hypothèse devait se vérifier, les uns et les autres proclameront sans doute, la main sur le cœur : «Nous n’avons pas voulu cela», tout en se réjouissant peut-être secrètement d’être débarrassés d’une population à problèmes. Chacun pourra alors faire son examen de conscience quant au processus qui aura enfermé les enfants musulmans des classes populaires dans le cul-de-sac du développement séparé.

Pour autant, personne ne peut imaginer qu’une réforme d’envergure du Pacte scolaire puisse aboutir à brève échéance, même si l’ouverture de ce chantier ne devrait plus être différée. Mais si rien ne se passe, dans dix ans, le processus esquissé ici sera déjà irréversiblement engagé. Pour conjurer ce risque, il n’y a qu’un antidote : que les réseaux existantsà commencer par l’école publique qui est directement tributaire de la décision politiquechangent leur fusil d’épaule et se décident à pratiquer la neutralité inclusive, en accueillant les attributs culturels et religieux particuliers dans l’espace partagé, en valorisant ces particularités, sources de dignité pour les élèves et leurs parents qui doivent être reconnus pour se sentir «chez eux», et en organisant simultanément leur convergence dans la coproduction de la société commune. Cette proposition, qui rejoint la troisième suggestion formulée par Mathias El Berhoumi, serait un premier pas, immédiatement praticable, vers le dépassement de réseaux cloisonnés dont la mise en concurrence n’a plus rien à voir avec l’objectif de départ.

18 mars 2013

Arveyres : Islamophobie à l'école ?

Arveyres

Islamophobie à l'école ?

Le 18 mars 2013

12 mars 2013

La philosophie, une école de la liberté

La philosophie, une école de la liberté

CRAP, le 12 mars 2013

Ce qu’Emmanuel Duits dit de la réflexion philosophique donne bien l’impression qu’elle nous concerne tous. Parce qu’il place comme essentielles ces questions sans cesse réinterrogées : "Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Dois-je m’engager et dans quelle direction aller ? Dois-je suivre une éthique et laquelle ?"

Quand commence la philosophie, selon vous ?

Je crois qu’elle commence quand on s’étonne. Et je songe à trois étonnements : l’étonnement existentiel, qui porte sur notre étrange situation de mortels, sur l’univers, son étrangeté, sa beauté mais aussi son aspect inquiétant. Un second genre d’étonnement est plus concret, il s’adresse à la société, son fonctionnement, ses injustices. Enfin, une troisième sorte d’étonnement concerne l’homme, et ici on s’interrogera aussi sur notre propre personne, notre liberté et nos préjugés, nos relations avec les autres (au travers d’affects aussi prégnants que la jalousie, le désir de reconnaissance, etc.).

Mais alors... la philosophie est à la mode ?

En philosophie, contrairement à l’air du temps qui est aux émotions, il est demandé de se décentrer, de se distancier. Il ne s’agit pas (ou pas seulement) de s’indigner face aux paradoxes ou injustices que nous rencontrons, mais de tenter de comprendre et de remonter aux causes.

La philosophie est une matière intime, qui touche chacun d’entre nous dans ce qu’il a de plus profond et l’interroge sur l’essentiel : "Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Dois-je m’engager et dans quelle direction aller ? Dois-je suivre une éthique et laquelle ?"

Mais c’est une matière frustrante, car la philosophie ne donne pas de réponse toute prête à nos questions ; il n’y a pas un "mode d’emploi" de la vie ni de l’action, chacun est laissé libre avec la part d’incertitude et d’angoisse que comporte la liberté. La philosophie, néanmoins, n’est pas gratuite, elle nous aide à trouver nous-mêmes nos propres réponses, notamment lorsque nous découvrons les réponses que d’autres personnes ont élaboré, et que nous nous situons face à leurs démarches, arguments, etc. Par cette distance, ce dialogue permanent avec d’autres esprits, cette injonction à dépasser nos grilles de lectures et nos croyances, c’est une école de la liberté.

Est-ce que toutefois la philosophie s’enseigne vraiment ?

On doit pouvoir dire que oui. En terminale, cet enseignement cherche à éveiller l’intérêt pour l’univers philosophique, en montrant que les philosophes ont réfléchi à des questions qui touchent chacun d’entre nous en tant qu’êtres jetés dans le mystére de l’existence (les philosophes se sont intéressés à l’amour, à la finalité de l’existence, aux religions), et aussi en tant que citoyens (ils ont questionné l’action politique, l’histoire et le "progrès" de l’humanité, les choix moraux...).

Parallèlement, il prépare à la réussite d’épreuves académiques avec leurs règles et, surtout, la rigueur nécessaire à une réflexion construite. Car la réflexion ne s’improvise pas tout à fait ! Elle demande d’aller à contre-courant de ses opinions et de ses propres réflexes intellectuels, voire émotionnels. C’est ce mouvement d’examen des différentes options, d’argumentation dans des sens opposés, qui exige un certain apprentissage.

Qu’est-ce qui vous a décidé à publier un livre, travail, on s’en doute, immense ?...

En donnant des cours une dizaine d’années, je me suis aperçu que la philosophie était souvent perçue comme une matière abstraite, ne touchant pas à la vie, et que certains élèves l’abordaient avec un mélange de crainte et d’ennui. Souvent, ils ne voyaient pas ce qu’on attendait d’eux en philosophie et risquaient de se lancer dans des textes décousus avec de grandes citations au lieu d’en rester à une réflexion construite, appuyée sur des exemples et des arguments.

J’ai tenté de relier les thèmes de la Terminale à quelque chose de vécu, en partant de situations concrètes et parlantes. J’invite à réfléchir à ce qui nous conditionne, la mode, la téléréalité, les discours politiques, les préjugés du temps. Et je propose en même temps un manuel clair et complet, avec l’histoire de la philosophie, ses moments charnières, les principaux thèmes, une explication de ce qui est attendu aux examens et une méthodologie structurée. J’ai voulu travailler sur deux fronts.

A travers ce travail qui m’a pris des années, j’espère avoir réussi à transmettre "quelque chose" du plaisir éprouvant et enivrant de philosopher.

10:53 Écrit par Rachid Z dans Enseignements, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04 mars 2013

«De la télé pour les bébés aux jeux vidéo pour les ados»

«De la télé pour les bébés aux jeux vidéo pour les ados»

Dans le cadre de la 37ème Session de Séminaires-Rencontres de l’enfance, le FRAJE asbl vous convie à la soirée-rencontre avec Serge Tisseron le lundi 11 mars à 20h au Sleep Well Youth Hostel:

Notre société contemporaine est érigée de plus en plus sur la «frivolité de l’éphémère» où la consommation d’écrans ne laissent plus de place à l’inactivité, à la rêverie, à l’imaginaire… les enfants n’échappent plus à cette vague.

«Regarder la télévision, y compris les chaînes présentées comme spécifiquement conçues pour les enfants de moins de trois ans, peut entraîner chez ces derniers des troubles du développement tels que passivité, retard de langage, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans.»

En France, ce message destiné aux usagers de chaînes tv est aujourd’hui obligatoire pour les distributeurs même ceux qui proposent des programmes spécifiquement conçues pour les bébés (baby tv,…). Aujourd’hui on constate encore que beaucoup d’enfants sont exposés de plus en plus tôt aux écrans de tv, de consoles, de jeux vidéo.

Devant l'écran de télévision, l'enfant est-il un sujet ou un objet ? Quel impact ont les médias sur l'enfant et plus particulièrement sur le jeune enfant et son développement ?

Pour en parler, nous sommes ravis d’accueillir Serge Tisseron qui fut, en 2008 en France, à l’initiative de la pétition lancée pour alerter des dangers de la télé pour les moins de 3 ans.

Serge Tisseron est psychiatre et psychanalyste, docteur en psychologie habilité à diriger des Thèses (HDR) à l’Université Paris Ouest Nanterre. Il a publié une quarantaine d'ouvrages personnels. Ses recherches portent sur trois domaines : les secrets de famille; nos relations aux images et les bouleversements psychiques et sociaux entraînés par les TIC. Ses livres sont traduits dans quatorze langues.

Il a notamment publié : La Résilience (PUF Que sais-je ? 2007) ; Virtuel, mon amour ; (2008, Albin Michel) et L’Empathie au cœur du jeu social (2010). Dernier ouvrage paru : Rêver, fantasmer, virtualiser, du virtuel psychique au virtuel numérique (2012, Dunod). Son site : http://www.sergetisseron.com

Lundi 11 mars 2013 à 20h, au Sleep Well Youth Hostel (rue du damier, 23 - 1000 Bruxelles)

Prix plein : 10 euros

Étudiants, demandeurs d’emploi et +65 ans: 3 euros

Informations et réservations FRAJE (Centre de formation permanente et de recherche dans les milieux d'accueil du jeune enfant) Rue du Meiboom, 14 à 1000 Bruxelles

Tel : 0032 2 800.86.10 Fax : 0032 2 800.86.21

Email : info@fraje.be

Plus d'informations sur www.fraje.be et www.facebook.com/FrajeAsbl

13:40 Écrit par Rachid Z dans Enseignements, Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

18 février 2013

L'Europe face aux nouvelles générations musulmanes

L'Europe face aux nouvelles générations musulmanes

Par Ndeye Andújar*, le 17 février 2013

L'enseignement religieux dans les écoles…

Différentes approches de l'éducation religieuse existent à travers l'Europe, de l'éducation religieuse laïque à l'enseignement "trans-curriculaire" de l'Islam, en passant par l’enseignement dispensé hors du cadre scolaire. Concernant l’enseignement hors du cadre scolaire, il existe des inquiétudes au sujet des formateurs –imams et autres- venant souvent de pays étrangers, sans qualification formelle et avec peu de connaissance du contexte social et culturel européen (rapport de l'EUMC, 2006).

Au cours des dernières années, le problème de l'enseignement religieux dans les écoles a inondé les médias. En outre, dans le cas de l'Islam, le débat semble être conditionné par des préjugés alimentés par les discours provenant de l'extrême-droite, de certains médias et de certains politiques.

D'autre part, si nous considérions le cas de l’Espagne, les craintes portent sur la propagation des lectures fondamentalistes. Des craintes qu’il faut situer dans le contexte international et qui génèrent deux arguments essentiels contre l’enseignement de l’Islam :

• L'éducation religieuse Islamique pourrait rendre les jeunes plus isolés (les ghettoïser).

• Les écoles publiques, si elles devaient enseigner l’Islam, deviendraient des instruments pour propager des valeurs contraires au système démocratique, aux droits de l'homme ou à l'égalité des sexes.

Or, l’enseignement religieux peut être un outil dans la lutte contre l'analphabétisme religieux et le respect de la diversité.

Afin de mieux comprendre les «autres», nous devons apprendre à nous connaître. Il est crucial de montrer les nombreux parallèles entre le Coran, la tradition prophétique et les sources bibliques, les Évangiles, ainsi que la relation entre l'Islam, la pensée grecque et les cultures de l'Ancien Proche-Orient.

L'islamophobie et les jeunes générations...

Les tendances racistes et islamophobes enregistrées dans les différents rapports à travers l'Europe nous offrent un reflet inquiétant sur ​​la discrimination, dans des domaines aussi déterminants en matière d'intégration, comme le travail, l'éducation et le logement. La religion musulmane est constamment présentée comme une source inhérente du terrorisme.

En 2005, une publication par le Conseil européen intitulé «l'islamophobie et ses conséquences pour les jeunes» définie l’islamophobie comme «la peur ou les préjugés contre l'Islam, les musulmans et tout ce qui touche à cette religion. Qu'elle prenne la forme de manifestations quotidiennes de racisme et de discriminations, ou d'autres, des formes plus violentes, l'islamophobie constitue une violation des droits de l'homme et une menace pour la cohésion sociale».

Selon les personnes interrogées dans le cadre de cette publication, même dans les cas où les musulmans en question sont des ressortissants d'un Etat membre européen, ils peuvent se sentir exclus. Ils sentent qu'ils sont perçus comme des étrangers qui constituent une menace pour la société, et qu'ils sont traités avec suspicion. Ce sentiment semble être plus fort chez les jeunes musulmans nés en Europe que chez leurs parents. Alors que les deuxième et troisième générations sont à bien des égards mieux intégrés que la première, en même temps, leurs attentes sont plus grandes, et donc l'exclusion est ressentie plus fortement (Islamophobie, 2005a).

Ils estiment également que l'intégration étant un processus à double sens, la pression continue sur les musulmans à s'intégrer signifie que, dans la pratique, l’attention est portée sur un seul versant de ce processus. Ils soutiennent que leur sentiment d'appartenance est intimement lié à l'égalité de traitement qu'ils attendent du reste de la société.

Il existe un aspect positif qui doit être mis en évidence. Dans les pays où existent une deuxième et une troisième génération, une nouvelle génération de jeunes est en train d’émerger. Une génération plus instruite, occupant des places élevées dans l’échelle sociale, déterminée à affronter tous les jours les problèmes sociaux, et engagé dans le développement d'une société multiculturelle qui soit ouverte et équitable (Islamophobie, 2005b).

La participation des jeunes à la vie politique…

Un groupe de travail dénommé «Forum de la Jeunesse Musulmane Européenne et des Organisations Etudiantes (FEMYSCO )» a étudié trois questions principales relatives à la participation politique de la jeunesse musulmane européenne : la situation des jeunes hommes et femmes musulmans qui souhaitent participer à la vie politique dans les pays respectifs ; les obstacles qu'ils doivent affronter et le rôle que jouent les ONG dans la promotion de l'engagement politique.

La première déclaration faite par les participants du forum, constate que le nombre de citoyens de confession musulmane diffère d'un pays européen à l'autre, mais que dans tous les pays, leur engagement politique était en mauvaise voie. Et les participants du forum pensent que le système politique européen n'est pas favorable à la participation des jeunes musulmans.

Dans la plupart des cas, l'engagement politique se heurte à une série d'obstacles, l'une étant le fait que des personnalités politiques ne reconnaissent pas les jeunes musulmans. Parmi les autres obstacles il y a la laïcité, la perception que les médias donnent des musulmans, les préjugés, le manque de fonds et l'absence de modèles positifs pour les jeunes. Des ONG encouragent les jeunes -hommes et femmes- à "participer" dans différents domaines (responsabilités sociales, économiques et civiques), mais il est rare que leurs actions conduisent à des engagements réels.

Il est intéressant de souligner les propositions faites par ce groupe de travail, autant pour les individus que pour les ONG : le respect des droits de l'homme, le renforcement de l'engagement des individus à la citoyenneté et la sensibilisation des organisations au problème de la discrimination contre les musulmans. Souvent, ces pratiques discriminatoires sont associées avec le rejet de certains droits, comme par exemple le droit à l'éducation en France ou le droit de travailler en Italie.

Les jeunes qui ont mené cette enquête affirment qu’«en tant que citoyens musulmans, l'Islam guide leurs actions quotidiennes et les dirige à respecter la loi des Etats démocratiques de l'Europe dans laquelle ils vivent, à moins que ces lois ne deviennent injustes ou contraires aux principes d’exercice de la liberté religieuse». Un problème peut exister quand les jeunes musulmans sont empêchés de pratiquer leur religion (par exemple, si les jeunes filles sont exclues des écoles –en France, pour port du hijab), ce qui peut conduire à une remise en cause de la loi (FEMYSO, 2003).

Vers un Islam européen ?...

La présence des musulmans en Europe peut contribuer à la transformation de la pensée islamique. Avec chaque nouvelle génération, la nécessité de faire émerger un Islam autochtone va progressivement être mise en avant. Aux jeunes générations de créer les conditions pour une autre culture islamique en Europe, à travers un discours universel.

Pour Olivier Roy, le discours théologique islamique en Europe ne prend toujours pas en compte ces innovations culturelles, mais il est possible de dire qu'il y a les prémices d'un renouveau de la réflexion théologique.

En termes généraux, il existe deux approches différentes dans ce domaine : d'une part, il y a les partisans d'une adaptation du fiqh (jurisprudence islamique) en conformité avec le contexte des sociétés européennes, de l'autre, il y a les défenseurs d’une vision globale, ce qui entraînerait une évolution de la théologie islamique dans son ensemble, et, par extension, les sociétés musulmanes.

La première approche est représentée par le Conseil européen de la fatwa . Ce conseil est chargé de développer des opinions juridiques sur les questions qui touchent les musulmans en Europe (mariage, l'héritage, la société consumériste, le divorce, et ainsi de suite).

Le second, dont le principal promoteur est Tariq Ramadan, défend une approche universaliste. Dans son livre Les musulmans d’Occident et L'avenir de l'Islam, il jette les bases d'une identité musulmane européenne. Ramadan estime qu'il est nécessaire pour les nouvelles générations de développer leurs propres réflexions sur les principes et l'éthique de la religion, ainsi que sur leurs racines dans les sociétés sécularisées. Pour ce faire, ils doivent non seulement étudier les sources musulmanes- puisque c'est ainsi qu'ils seront en mesure d'apporter une nouvelle lecture de l'Islam, adaptée aux temps modernes - mais ils doivent également créer un cadre de référence qui offre aux citoyens musulmans les moyens de vivre et de s'engager de manière satisfaisante dans leur société.

Ramadan rejette l'«approche binaire» que contient, dit-il, la notion de minorité. En effet, car cela comporte, croit-il, l'idée d'une opposition entre «eux» et «nous». C'est ce qui justifie sa critique de l’idée d’une «sharia des minorités».

En revanche, les défenseurs d'un fiqh européen estiment que la suggestion de Ramadan pourrait conduire une vision catholique de l'Islam. En tout cas, ce que les deux approches ont en commun c’est la nécessité de contextualiser l'Islam sur le sol européen.

En Espagne, le travail actif de musulmans convertis- en particulier, le travail de «Junta Islámica» [Conseil Islamique], une association créée en 1989 qui a développé l'accord de coopération avec le gouvernement- joue un rôle important dans la création d'un Islam espagnol. Selon Mansur Escudero, président de l’association, «l'Islam, comme la voie spirituelle suivie par un cinquième de l'humanité, ne peut pas continuer à être entravée par des éléments culturels ou politiques. Il est temps de mettre en évidence la spiritualité comme un élément positif de développement personnel, accentuant les valeurs coraniques universelles telles que la générosité, l'hospitalité, la solidarité et l'amour de ce qui est bon et beau, dans le cadre du plein respect de toutes les croyances et les cultures». Cette déclaration de principes résume la vision des musulmans espagnols, pour qui l'Islam est une éthique et une recherche spirituelle.

En guise de conclusion, nous pouvons dire que malgré les conflits et les tensions les musulmans sont de plus en plus à revendiquer leur droit à une identité multiple. Jusqu'à présent, les études sociologiques ainsi que les perceptions des jeunes musulmans en Espagne (par exemple) ont mis l'accent sur l'élément migrateur, mais les générations nouvelles devront faire face à de nouveaux défis qui dépassent les oppositions entre Islam et citoyenneté.

*Ndeye Andujar est professeure d'espagnol (Paris), vice-présidente du Conseil Islamique Catalan

"Supprimer le décret inscriptions ne règlerait pas le problème"

"Supprimer le décret inscriptions ne règlerait pas le problème"

Le Vif, le 18 février 2013

Ce lundi s'ouvrent les inscriptions pour les futurs élèves du secondaire. Le décret de la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet, ne fait toujours pas l’unanimité.

Le décret inscriptions est en place depuis quatre ans et il provoque toujours autant le mécontentement. Le nombre de places pour chaque enfant est suffisant, mais le vrai problème est le nombre important de demandes pour certaines écoles. Un problème qui toucherait surtout le nord-ouest de Bruxelles.

Selon la Commission Interréseaux des Inscriptions (CIRI), en Wallonie, 91% des parents ont eu une place pour la rentrée 2012 dans leur première préférence, contrairement à la région de Bruxelles où l’on est à 80%.

N'en déplaise aux 20000 signataires de la pétition de l’association de parents du nord-ouest de Bruxelles, supprimer le décret ne serait pas une solution. «Il faut créer de nouvelles écoles qui répondent à la demande des parents. Nous voulons tous une école de qualité pour nos enfants. Mais aussi qu’il y soit en sécurité pour s’y rendre. Nous avons de nombreuses plaintes de parents qui sont inquiets de certaines stations de métro empruntées par leurs enfants pour se rendre dans leur école.» déclare Véronique Dethier de la Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel.

En pratique, lorsqu’il y a un nombre trop important de demandes pour une école, différents critères vont entrer en jeu (en plus que celui géographique) pour départager les inscriptions. Ceux-ci visent à maintenir les priorités lorsqu’une fratrie est déjà inscrite à l’école, privilégier les enfants à besoins spécifiques, favoriser l’inscription aux enfants de membres du personnel, etc.

14:11 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02 février 2013

Ecole «maternelle», une appellation sexiste ?

Ecole «maternelle», une appellation sexiste ?

Katibin, le 02 février 2013

Certains de nos politiques hexagonaux voudraient revoir sinon le concept au moins le nom de nos maternelles, dénonçant le caractère supposément sexiste de leur appellation*.

Une question écrite au gouvernement

Ce n’est pas une blague, et la député PS Sandrine Mazetier semble tout à fait sérieuse et soutenue. Alors certes, «c’est une école, pas un lieu de soin, de maternage, c’est un lieu d’apprentissage»… le discours de l’élue pourrait tenir la route.

Mais à trop vouloir asexuer les tâches, les institutions et se montrer tatillon sur la question des genres, on en oublie presque ce en quoi consiste la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes dans une société qui confond trop souvent égalité et suppression forcée des différences.

Particularité nationale

Ainsi l’on traite en France l’aspiration saine à certaines libertés de façon farfelue et, n’ayons pas peur des mots, extrémiste.

Quand on souhaite pouvoir exercer son culte sans que l’Etat ne nous l’impose ou n’en préfère un, on se voit finalement contraint de gommer toute appartenance, toute identité religieuse. Et quand on  voudrait obtenir un certain statut en tant que femme et une reconnaissance équivalente, on est encore finalement amenée à gommer petit à petit nos spécificités… seulement n’en déplaise à beaucoup aujourd’hui, la maternité confère à la femme un rôle tout à fait particulier.

Débat sémantique inutile

Ensuite, nous rebaptiserons aussi les classes propres à ce niveau, de peur de traumatiser nos bambins et abandonnerons les termes «petits», «moyens» et «grands» pour les désigner… qui sait quelles fâcheuses incidences cela pourrait avoir sur leur développement… les pauvres.

Il est aisé de jouer avec les mots, dans ce cas penchons-nous sur l’appellation «langue maternelle» et nommons-la «langue originelle».

Controverse stérile, ou comment polémiquer sur des mots quand ceux-ci n’ont aucun effet sur les méthodes d’apprentissage et le programme de nos progénitures. Qu’il est agréable de constater quotidiennement que nos élus nous représentent si bien et ont à coeur de traiter des sujets prioritaires

* L’adjectif «maternel(le)» vient du latin «maternus» signifiant «de la mère».

14:30 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |