30 juin 2013

Luxembourgeois et étrangers : Renforcer la démocratie du Luxembourg

Luxembourgeois et étrangers

Renforcer la démocratie du Luxembourg

Droit de vote pour les non-Luxembourgeois aux élections législatives

ASTI, juin 2013

La situation démographique

L’évolution démographique du pays est déterminée par la croissance de la proportion d’étrangers, qui a doublé au cours des quatre dernières décennies, pour atteindre aujourd’hui plus de 44% du total de la population. En même temps, le nombre de Luxembourgeois est resté stable, en grande partie grâce aux naturalisations.

Le Luxembourg est ainsi un pays avec une situation démographique toute à fait particulière en Europe, étant le pays avec la plus large proportion d’étrangers par rapport au nombre d’habitants, loin devant la Suisse qui affiche une proportion aux alentours de 23%. Dans le monde, le Grand Duché est seulement dépassé par les états du Golfe Persique, avec des taux parfois au-dessus de 70 %. En Nouvelle-Zélande, où le droit de vote est ouvert aux nonnationaux, la proportion est de 24 %.

Déficit démocratique

Le fait que, au Luxembourg, plus de la moitié de la population résidente est à l’écart des élections législatives pose un vrai problème de qualité de la démocratie.

Il en résulte que la représentativité des 60 députés de la Chambre tend à diminuer, par le fait d’être élus seulement par les détenteurs d’un passeport luxembourgeois. En effet, si le nombre de députés dépendait seulement du nombre d’électeurs actuels, il ne resteraient aujourd’hui que 34 parlementaires.

Une situation qui n’est pas compatible avec l’image de pays progressiste et innovateur que le Grand-Duché prétend être, notamment en matière économique et sociale. Le Luxembourg s’affirme, avec raison dans certains aspects, comme un laboratoire de l’Union Européenne et doit donc progresser dans cette voie.

L’ouverture du droit de vote pour le Parlement aux étrangers n’est pas la solution miracle, mais elle permet d’augmenter la qualité de la démocratie luxembourgeoise.

La position de l’ASTI

L’ASTI est, et a toujours été, en faveur de la participation de tous les résidents aux élections pour la Chambre des Députés.

La position de l’ASTI a comme objectif la consécration du suffrage universel selon le principe de la citoyenneté de résidence.

Nationaux de l’Union Européenne ou de pays tiers: tous citoyens

La participation de tous, citoyens de l’Union Européenne ou pas, est la position la plus juste et la plus cohérente.

D’un autre coté, la question de la réciprocité entre citoyens UE ne se pose pas, puisque si le Grand Duché décide d’une pareille ouverture, il sera le seul pays de l’Union Européenne à permettre aux étrangers de participer à l’élection du Parlement. Néanmoins, plusieurs initiatives citoyennes au niveau européen surgissent, défendant la participation de tous à tous les suffrages.

L’ASTI défend donc la possibilité de participation de tousles non-nationaux aux élections législatives, à l’image des élections communales.

Les conditions d’accès au suffrage

Les conditions pour les étrangers doivent être les mêmes que pour les citoyens luxembourgeois, néanmoins il y a des spécificités à prévoir.

Les délais de résidence

La législation actuelle prévoit deux délais de résidence différents: 5 ans pour les communales et 2 ans pour les européennes. L’ASTI s’est toujours battue pour des délais plus courts pour les communales. Donc le même principe est à respecter pour les législatives.

Comme pour les élections européennes le délai de résidence est de 2 ans, L’ASTI défend également un délai de 2 ans pour l’élection de la Chambre des Députés au Grand Duché.

Les modalités d’inscription

L’ASTI défend l’inscription d’office des étrangers sur les listes électorales pour tous les suffrages.

Les Luxembourgeois sont inscrits d'office sur la liste électorale de leur commune de résidence dès qu'ils remplissent les conditions requises par la loi pour être électeur. Le collège des bourgmestre et échevins de chaque commune procède tout au long de l'année à la mise à jour de la liste des citoyens luxembourgeois appelés à participer aux élections.

Il devra faire de même pour les non-luxembourgeois, en les avertissant de ce fait, une fois le délai pour la participation atteint.

Vote obligatoire

Le principe du vote obligatoire doit être respecté pour les élections de la Chambre des Députés, au même titre que pour les autres suffrages ouverts aux non-nationaux.

La souveraineté renforcée

Quand on parle de l’ouverture du droit de vote aux étrangers pour les élections législatives, l’argument de la perte de la souveraineté est souvent évoqué.

Néanmoins, il se révèle être un faux argument.

Tout d’abord pour une raison de fond : la citoyenneté de résidence renforce cette souveraineté, puisque tous les citoyens sont impliqués dans la prospérité du pays.

Ensuite pour une raison de fait : l’intégration européenne suppose déjà un partage de souveraineté. Dans la pratique, aux alentours de 70% de la production législative luxembourgeoise découle des directives européennes.

Finalement pour une raison de cohérence : l’armée luxembourgeoise, symbole de la souveraineté nationale, est déjà ouverte aux non-nationaux. En effet, suite au règlement grand-ducal du 20 mars 2003, des candidats à l’incorporation ayant la nationalité d’un des Etats membres de l’Union européenne et ayant résidé au Luxembourg depuis au moins 3 ans, ont le droit de rentrer à l’Armée.

Avec la participation du plus grand nombre de citoyens aux choix déterminants pour l’avenir du pays, la souveraineté sort ainsi renforcée.

La ministre italo-congolaise à Genève défend le droit à la nationalité des immigrés

La ministre italo-congolaise à Genève défend le droit à la nationalité des immigrés

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Par Gustavo Kuhn, le 18 juin 2013

Cécile Kyenge, en charge de l’Intégration, a affirmé que sa politique viserait la naturalisation des enfants d’immigrés

La ministre italienne de l’Intégration, Cécile Kyenge, d’origine congolaise, a assuré, hier à Genève, que la question centrale de sa politique sera la nationalité à accorder aux immigrés. «Ce débat concerne toute l’Europe», a-t-elle affirmé en marge d’une conférence ministérielle internationale sur la diaspora, organisée par l’Organisation internationale pour les migrations.

Il y a actuellement 600 000 enfants mineurs, nés en Italie de parents étrangers, qui sont concernés par un changement du droit de la nationalité basé sur le droit du sol, a-t-elle expliqué. Si l’Italie adoptait cette modification, ces enfants seraient italiens de par leur naissance.

Cécile Kyenge a aussi revendiqué avoir émigré vers l’Italie pour «réaliser un rêve», celui de devenir ophtalmologue. «J’étais seule, j’avais 18 ans, j’ai eu un parcours difficile, mais j’ai réalisé mon rêve, et à présent je suis ministre», a-t-elle raconté.

Depuis sa nomination, la ministre italienne, la première d’origine africaine dans l’histoire du pays, est la cible de nombreuses insultes et menaces racistes. Jeudi dernier, une élue locale de la Ligue du Nord a notamment appelé à la violer. Ces déclarations ont cependant suscité une indignation générale et son expulsion du parti régionaliste et anti-immigrés.

De l’identité à la communauté de destin

De l’identité à la communauté de destin 

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François De Smet, le 29 juin 2013

Le titre de ce numéro de Mig Mag consacré à la nationalité est Devenir belge : un début ou une fin ?. Il est tentant de nuancer par une périphrase et de se demander si, aujourd’hui, l’obtention d’une nationalité n’est pas devenue un moyen plutôt qu’une fin. Il est évident qu’en Belgique, la nation possède un contenu particulier, moins fortement lié à une identité culturelle nationale qu’au partage d’un destin commun. Or, malgré l’évanescence progressive de l’identité belge, sa nationalité reste très demandée par les migrants qui s’établissent sur son territoire. Obtenir la nationalité du pays où l’on réside, c’est essentiellement se simplifier la vie, se mettre à l’abri, jouir de la protection dont bénéficient un peu plus les nationaux et éluder les contraintes administratives liées à un statut de résident. Et c’est un peu moins, reconnaissons-le, adhérer à une identité.

Tel est bien le cœur de la polémique habituelle en matière d’octroi de nationalité : faut-il que celle-ci récompense un parcours d’intégration et en soit sa finalité, ou faut-il que celle-ci en soit une étape et participe à l’intégration ? Le fait qu’on puisse si aisément considérer que la nationalité soit un moyen d’atteindre l’intégration au lieu d’en constituer l’aboutissement atteste qu’en Belgique la nationalité est devenue une boîte à outils de droits et d’obligation et non une substance propre. Dans la plupart des pays où la nation renvoie à une identité forte, on ne songerait pas un instant à faire de la nationalité un outil plutôt qu’une fin.

Certes, à bien y regarder, quel étrange objet qu’une nationalité. En avoir une est un droit, et son absence est vécue comme une mort civile. Son apparente homogénéité nous ferait aisément oublier combien toutes les nations, qu’elles aient ou non abouti à la forme d’Etats, sont les fruits de processus de regroupements et d’unifications réalisés sur des échelles de temps très longs, et en général toujours dans un seul sens : la réduction du multiple vers l’un, de l’hétérogénéité à l’homogénéité. Comme l’écrit Ernest Gellner dans son classique Nations et nationalismes : «Le nationalisme pratique une duperie fondamentale à l’égard des autres et de lui-même. Le nationalisme consiste essentiellement à imposer, globalement à la société, une haute culture là où la population, dans sa majorité, voire sa totalité ; vivait dans des cultures inférieures». Savoureux paradoxe : alors que le nationalisme a servi à unifier les individus au prix de la suppression des particularismes, les grands ensembles que forment aujourd’hui les nations semblent mal à l’aise devant ce rôle intégrateur lorsqu’il s’agit, aujourd’hui, de l’assumer face aux minorités d’origine étrangère. C’est que contrairement aux paysans basques, bretons, wallons du 17ème ou 18ème siècle qui auxquels on offrait une nation en échange d’un patois, les migrants du 21ème siècle disposent déjà d’une nationalité, reflet d’une culture à laquelle ils n’entendent pas renoncer – en tout cas pas totalement. Unifier les citoyens est moins simple aujourd’hui.

Ceci étant, cette fonction du nationalisme est également moins nécessaire aujourd’hui, parce que l’être humain également a changé. Il a pris conscience de sa vie intérieure, de sa pluralité de facettes, et il est invité à l’assumer. Dans le monde d’aujourd’hui, l’identité est d’autant plus forte que la nation l’est moins. Il n’y a plus de contradiction dans le fait de posséder une nationalité différente du lieu où l’on réside, et différente encore de la langue que l’on parle. L’équilibre est dans la bonne gestion des multiples identités qui composent chacun de nous. La nation glisse imperceptiblement de son sens d’identité à son sens de communauté de destin. Telle est l’évolution que, peut-être, les nationalismes régionaux qui s’échauffent en Europe sont en train de manquer ; le repli nostalgique que leur succès atteste est un effet de crise et de peur.

Or, si ces relents de nationalismes classiques sont, fort probablement, condamnés à long terme à l’échec comme l’est toute promesse d’homogénéité, il n’en reste pas moins que cette communauté de destin qu’est aujourd’hui la nation demanderait d’autant plus que celle-ci puisse être valorisée comme un aboutissement. Reléguer la nation comme un simple moyen, comme une boîte à outils d’intégration et non comme le biais par lequel une volonté de participer à la collectivité s’atteste et se prouve, c’est précisément participer à sa dévalorisation ; non dans son sens dépassé de communion identitaire, mais bien dans son sens toujours nécessaire d’adhésion à un destin commun.

11 mai 2013

Si on vote on fait du Chirk ? Elias d'Imzalène

Si on vote on fait du Chirk ?

Elias d'Imzalène 

Extrait de la conférence Le Vivre Ensemble face au Choc des Civilisations avec Franck Abed, Jacob Cohen et Elias d'Imzalène

15 février 2013

Révolution citoyenne et réseaux militants

Révolution citoyenne et réseaux militants

19:26 Écrit par Rachid Z dans Citoyenneté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06 février 2013

Peut-on participer aux élections dans les terres des mécréants ?

Peut-on participer aux élections législatives dans les terres des mécréants ?

Fatwa du Cheykh Abou Muhammed al Maqdissi

Au nom d’Allah, louanges à Lui, et que la paix et les bénédictions soient sur Son dernier Messager.

Assalamu ‘Alaykum Wa Rahmatullahi Wa Barakatuh,

Ce que nous croyons et prenons comme religion, est que cette participation aux assemblées législatives est du Kufr et du Shirk en Allah, que cela soit dans les états d’apostasie qui sont appelés Islamique ou bien dans les terres originales de Kufr, et ceci parce que ces assemblées donnent le droit de légiférer sans limite aux hommes, et non à leur Seigneur, et les preuves qu’un tel acte fait partie des claires Mukaffirat (actes de mécréance) et des annulations de l’Islam, sont nombreuses, et nous les avons mentionnées en détails dans nos livres Ad-Dimuqratiyyah Din (la Démocratie est une Religion), Kashf An-Niqab (Enlever le Voile) et d’autres.

La raison de faire le Takfir de ces assemblées n’est pas seulement due au serment qu’ils font. Mais plutôt, il y a de nombreuses causes inévitables de Takfir, et nous les avons mentionnées dans les livres cités plus haut; la plus dangereuse de ces (causes) est le fait d’accepter le droit que la constitution accorde au membre, pour légiférer sans limite, et continuellement, et ceci est du Kufr clair que le membre (du parlement) légifère après ou non.

Et aussi, il y a le fait d’aller chercher le jugement chez le Taghout, suivre une autre voie que celle des croyants, chercher une religion et une méthodologie autre que l’Islam, donner autorité aux Kufar sur les mécréants, s’asseoir avec les Kufar pendant qu’ils se moquent des Ayat d’Allah, sans Ikrah (contrainte) ainsi que d’autres choses parmi les Mukaffirat, dont les preuves sont connues du Livre et de la Sunnah, et nous les avons mentionnées autres part.

Si tu réalises cela, et (réalise) que le plus grand des Masalih (bénéfices) de cette entière création est l’application du Tawhid et la Bara’ah (désaveu) du Shirk et des associés (pris en dehors d’Allah) – et c’est se tenir fermement sur Al-Urwatul-Wuthqa (l’anse la plus solide de), Laa Ilaha Ill-Allah – ainsi que de repousser le mal (Mafsadah) du Shirk, et Allah pardonne tout sauf ça, alors il n’est pas permis de mettre un avantage en tête de cela, parmi les nombreux soi-disant avantages dans la religion et la Dunya.

C’est ce que nous croyons et prenons comme religion d’Allah dans cet aspect de la religion, et nous savons que beaucoup de personnes ne sont pas d’accord avec nous, et nous te conseillons ainsi qu’à tous les Musulmans de délaisser pour Allah ce Shirk et ce Kufr clair, et de ne pas y tomber à cause des Fatawa de ceux qui le permettent, délaissez ceux qui l’obligent; et celui dont Allah n’accorde pas la lumière (guidée), alors il n’y a aucune guidance pour lui.

Qu’Allah facilite tout le bien pour nous et pour vous, ainsi que pour tous les Musulmans.

29 janvier 2013

«La pratique religieuse peut-elle empêcher le plein exercice de la citoyenneté ?»

«La pratique religieuse peut-elle empêcher le plein exercice de la citoyenneté ?»

Débat avec Tariq Ramadan, Mohamed Ali Hadraoui, Xavier Lemoine (maire UMP de Montfermeil) et Yvan Rioufol…

25 janvier 2013

Conférence: Vers une citoyenneté européenne de résidence ?

Conférence

Vers une citoyenneté européenne de résidence ?

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Prenant pour objectif l'annulation la plus aboutie de la différenciation entre citoyens nationaux et citoyens non-nationaux, la Cnapd souhaite remettre le débat sur la place publique au moyen d’un «mémento de la citoyenneté» (intitulé «cap vers une citoyenneté pour tous en Europe»)

Ce mémento reprend les débats concernant l'extension de la citoyenneté aux résidents étrangers en les abordant au niveau européen. En effet, on y demande que la citoyenneté européenne repose sur de nouveaux critères basés sur la résidence légale.

Mardi 19 février à 18:00

Cnapd Asbl

Adresse: Chaussée d'Haecht, 51, 1210 Saint-Josse-Ten-Noode

Téléphone: 026405262 - Réservation préférable

Tarif: Gratuit

Public: à partir de 16 ans

Internet: http://www.cnapd.be/Conference-pour-une-citoyennete464.html

18 décembre 2012

Aucune laïcité n'est absolue

Aucune laïcité n'est absolue

Jean Baubérot, le 14 novembre 2012

La première définition formalisée de la laïcité fut donnée par le philosophe Ferdinand Buisson, en 1881-1883, lors de la laïcisation de l'école publique. Résumons la. Selon lui, la laïcité résulte d'un processus historique au cours duquel les diverses institutions et l'Etat lui-même s'autonomisent à l'égard de la religion. Il en résulte "l'Etat laïque, neutre entre tous les cultes, indépendants de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique". Cet Etat laïque permet "l'égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les cultes."

Cette définition est toujours valable. Tout au plus peut-on la compléter par le rappel des principes majeurs de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes" avec comme seul limite "l'intérêt de l'ordre public" (article 1). Elle "ne reconnait, ne salarie ni ne subventionne aucun culte", à l'exception "des services d'aumôneries" pour "assurer le libre exercice du culte dans les établissements publics" (article 2). Elle respecte les "règles d'organisation générale" de chaque culte (article 4).

La loi de 1905 constitue toujours la base principale de la jurisprudence française en matière de laïcité. Toutefois on peut remarquer que, depuis un siècle, la laïcité française a doublement évolué. Et aujourd'hui, la laïcité historique cohabite avec ce que François Baroin a qualifié, en 2003, dans un Rapport officiel, de "nouvelle laïcité" qui, selon lui, est une "valeur de droite".

La laïcité française est devenue progressivement moins "séparatiste". Donnons quelques exemples. En 1919, quand l'Alsace-Moselle est redevenue française, ni la loi Ferry laïcisant l'école publique, ni la loi de 1905 ne fut appliquée aux 3 départements de l'Est. Ainsi le clergé des "cultes reconnus" (catholique, protestant et juif), soit 1400 personnes, est toujours payé par l'Etat, donc grâce aux impôts de tous les Français. À partir des années 1950, un processus de subventions publiques aux écoles privées (la plupart confessionnelles) s'est instauré et est devenu consensuel à partir de 1984. Si cela ne concerne pas directement la loi de 1905, cela se situe davantage dans l'optique d'une "laïcité de collaboration" que d'une laïcité séparatiste. Diverses mesures ont complété cet aspect. L'insistance identitaire, depuis quelques années, mises sur "les racines chrétiennes de la France" (de N. Sarkozy à d'anciens partisans du "citoyen abstrait") va également dans ce sens, de même que le retard pris par la France sur plusieurs de ses voisins en matière de laïcisation des mœurs. Dans ce dernier domaine, l'élection de François Hollande semble induire la reprise d'une dynamique séparatrice avec le projet de loi sur "le mariage pour tous" et, peut-être un futur projet de loi sur l'euthanasie.

Depuis une dizaine d'années, la laïcité est invoquée de manière dominante comme si elle était un équivalent de la neutralité, notion interprétée d'une façon nettement plus extensive que la loi de 1905. Celle-ci, en effet, implique que la puissance publique soit neutre pour pouvoir être un arbitre impartial entre les différentes religions et convictions. Mais les parlementaires qui l'ont votée ont refusé les amendements qui étendaient cette neutralité à l'espace public. Au contraire, les manifestations religieuses sur la "voie publique" (comme on le disait à l'époque) sont plus libres après qu'avant 1905.

Le mot d'ordre "la religion, affaire privée" ne signifie nullement que la religion soit reléguée dans l'espace privé ou intime, mais que la religion est un choix privé, personnel et libre. A ce titre, la religion est une composante de la société civile et bénéficie, comme les autres composantes, des libertés publiques, notamment de la liberté d'expression. Mais la religion ne doit ni dominer l'espace public, ni dicter sa loi à l'Etat. Cette extension actuelle de la notion de neutralité ne vise d'ailleurs en fait que certaines religions et crée une référence à la laïcité qui s'avère à géométrie variable, ce qui va à l'encontre de la définition que donnait Buisson. On ne s'étonnera pas que, dans ce cas de figure, la droite dure et l'extrême droite puissent invoquer "la laïcité" pour justifier des attitudes de rejet. Mais, malgré ce qu'il en est dit, il ne s'agit plus, alors, de la laïcité de 1905.

Enfin il faut rappeler que, pour Buisson et pour Briand (le 'père' de la loi de 1905), la laïcité n'est nullement une exception française. Aucune laïcité n'est absolue et il existe diverses formes de laïcité. Les critères de respect de la liberté de conscience de tous, croyants et non croyants, et la non- discrimination pour raison de religion ou de conviction constituent les finalité de la laïcité. Celle-ci relève avant tout d'un équilibre subtil, qui s'accommode mal d'une inflation idéologique quelle qu'elle soit.

09:57 Écrit par Rachid Z dans Citoyenneté, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02 août 2012

Démocratie et démographie

Démocratie et démographie

Par François Galichet, le 12 juillet 2012

Habituellement, on considère les catastrophes – écologiques, économiques, financières et autres – comme l'effet de comportements irresponsables : industriels qui continuent à polluer, politiques obnubilés par le court terme, banquiers obsédés par le profit. L'insouciance vis-à-vis des conséquences de nos conduites produit un monde invivable pour les générations à venir : climat altéré, dette écrasante, chômage généralisé.

Face à ces conséquences prévisibles, la seule façon d'échapper à la culpabilité est d'abolir les victimes potentielles. S'il n'y a plus de générations futures, alors on n'est plus coupable de rien.

Cette abolition des victimes, c'est précisément la catastrophe qui la produit. Un monde catastrophique est un monde qui s'arrête brusquement, cesse de se perpétuer, et par conséquent n'exige plus de solidarité entre la génération présente et celles à venir.

La catastrophe est donc à la fois l'effet des comportements irresponsables et l'unique façon, sinon de les légitimer, du moins de les décriminaliser. S'il n'y a pas ou peu de descendants dont il faut préserver les chances, le "principe responsabilité" développé par Hans Jonas ne joue plus, et tout devient permis. C'est ce qu'exprime l'adage populaire : "Après moi le déluge !" Dans cet énoncé, le déluge est à la fois un constat et une justification, un fait et une raison d'agir. Si après moi il n'y a plus rien, alors je ne suis plus responsable de rien ni devant personne.

On peut donc dire que l'insouciance à la fois provoque la catastrophe (comme son résultat) et l'invoque (comme une justification). Cette logique circulaire est le plus souvent inconsciente, mais elle explique la difficulté de changer les comportements. Renoncer à l'insouciance ce n'est pas seulement changer de conduite, mais reconnaître une culpabilité lourde, qui n'est pas facile à assumer. D'où le choix inavoué du pire : puisque tout est fichu, le mieux est de jouir autant que possible du moment présent – ce qui accroît encore la probabilité du pire.

Le fatalisme engendre ce qu'il annonce, selon une logique de la prophétie auto réalisatrice. Il tire de cette nécessité qu'il produit lui-même sa plus grande force. Il a besoin que la catastrophe se produise pour être absous de toute condamnation morale, et par conséquent il est d'autant plus déterminé à persister et résistant à toute objurgation ou démonstration.

Cette logique est encore renforcée par l'accroissement des populations. Christian Morel, dans un ouvrage récent sur "les décisions absurdes", observe qu'elles sont d'autant plus fréquentes que les personnes participant à la décision sont nombreuses. Chacun alors tend moins à donner son véritable avis qu'à exprimer ce qu'il croit être l'avis majoritaire ou à suivre celui d'un leader qui semble s'imposer. De même que la méfiance engendre, et donc justifie, la méfiance, de même le fatalisme suscite et légitime le fatalisme, le rend à la fois plus attrayant et plus probable aux yeux du plus grand nombre. Si personne ne se soucie du futur lointain, je serais bien bête d'être seul à m'en préoccuper.

Rousseau considérait que les grandes nations étaient vouées au despotisme ; la démocratie n'était possible à ses yeux que dans les petites collectivités comme les cités antiques. A l'époque de la Révolution, la France était le pays le plus peuplé d'Europe ; mais à l'échelle actuelle elle serait minuscule. A cela s'ajoute que le faible degré d'instruction restreignait encore le nombre des personnes capables de participer vraiment aux délibérations politiques. Aujourd'hui, ce nombre est considérable : on ne peut que s'en féliciter, mais en même temps il pose, en France comme ailleurs, un problème de gouvernance démocratique.

Une humanité de huit milliards d'hommes (et bientôt dix ou douze) non seulement n'est pas supportable pour la planète mais engendre des modes de délibération et de décision qui ne favorisent pas les bons choix. La crise actuelle de l'Europe (passée de 6 à 27 pays) le montre bien ; mais aussi l'incapacité mondiale à gérer des crises comme celle de la Syrie ou à se mettre d'accord sur une politique de préservation de l'environnement.

Pour résister à la fascination du fatalisme et à l'hédonisme du présent, il faut poser le problème de la démographie. Y a-t-il un nombre optimum d'hommes pour habiter la planète Terre ? S'agit-il seulement de savoir si on peut les nourrir, ou bien aussi et surtout si une démocratie authentique est possible dans des pays dépassant le milliard d'habitants ? Comment échapper aux phénomènes médiatiques qui favorisent les effets de mode, les leaders charismatiques, la démagogie au détriment d'une délibération rationnelle et rigoureuse ? Comment contrer la logique mimétique, si bien analysée par René Girard, qui suscite les crises que nous ne cessons de vivre depuis deux décennies ? Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles il faut répondre si l'on veut sortir de la spirale du catastrophisme autojustificateur.

22:54 Écrit par Rachid Z dans Citoyenneté, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 juin 2012

Position pour le second tour des législatives

Position pour le second tour des législatives

A l’indépendant, le 10 juin 2012

Demain comme hier nous nous battrons contre la fausse universalité du "capitalo-parlementarisme" défendu par la droite et par la gauche "de gouvernement" et  contre le monothéisme du marché soutenu par les mythes de l'Europe, de la croissance, de la modernité, de la démocratie "de marché", et béni par l'empire américain.

Demain comme hier nous nous battrons, sur une base internationaliste et de dialogue des civilisations, pour un avenir à visage humain (certains qualifieront cet avenir de socialiste ou communiste, d'autres ne le qualifieront pas avec ces mots: ce qui compte c'est le contenu). 

Mais, parce qu'une coalition au sommet de partis - sans ancrage à la base - ne répond pas à ces exigences (d'où le recul des forces du FDG et la poussée constante de l'abstention), nous ne nous plierons pas à la sacro-sainte et si trompeuse "discipline républicaine" et nous ne soutiendrons pour ce second tour des législatives, comme pour le premier, aucun candidat, aucun front, pas même un front "républicain" anti-FN.

D'ailleurs, pourquoi ce parti - avec lequel nous n'avons rien en commun - n'aurait-il pas, comme les autres, dans l'actuel système institutionnel dans lequel nous ne nous reconnaissons pas, des élus en proportion de son nombre d'électeurs ?

15:57 Écrit par Rachid Z dans Citoyenneté, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 juin 2012

Musulmans et non-musulmans doivent dialoguer

Musulmans et non-musulmans doivent dialoguer

Felice DASSETTO, le 01 juin 2012

Depuis quarante ans, les musulmans belges et européens cherchent la voie de leur implantation en Europe. Et les Européens de souche, ainsi que les diverses institutions, cherchent la voie d’une relation avec la nouvelle présence musulmane. Ce cheminement long, souvent hésitant, a été perturbé par plusieurs faits majeurs. D’une part, l’émergence d’une idéologie politique, en vue de la création d’un Etat islamique. Cette idéologie a marqué les 40 dernières années et marquera encore l’avenir du monde musulman. Elle rebondit également dans le contexte européen. A l’islam politique s’est juxtaposé l’islam conservateur, littéraliste, à la fois politique et moral, prôné par le salafisme saoudien.

Ces courants de l’islam ont aussi produit des fractions radicales. Les musulmans européens ont été confrontés au dilemme : suivre ces voies d’ailleurs ou suivre un chemin propre ? Et si c’est un chemin propre, sous quelle forme ? Quelles visions de l’islam ? Les issues restent diverses, souvent hésitantes. Face à ces vécus musulmans européens, au nom de dynamiques nationalistes et identitaires, surgissent des réactions hostiles à cette nouvelle présence. Dans presque tous les pays sont nés des partis hostiles à l’immigration et à l’islam : cela va du Vlaams Belang au Front national, du Partij voor de Vrijheid de Geert Wilders au Pays Bas à la Ligue Nord en Italie en passant par bien d’autres. Au-delà de ces partis, au sein des populations émergent des inquiétudes, mal formulées et fondées souvent sur l’absence de réponses claires. Des idéologues les alimentent, au nom d’une nostalgie trompeuse d’une Europe du passé, blanche, chrétienne : immuables. Ils confondent référence historique et identitaire indispensables et rigidité mentale.

Et enfin, en amont, il y a le bouleversement mondial du système productif, le déplacement des grands pôles de l’économie mondiale. Le chômage structurel est persistant et règne une profonde incertitude d’avenir. Les populations moins outillées des classes populaires, dont celles immigrées, sont les plus frappées. Le devenir est perçu à la lumière d’une sorte de fatum malveillant : pour y échapper, les uns auront alors recours au religieux, les autres aux idéologies nationalistes.

Des expressions exacerbées s’expriment. Malgré ces contextes perturbés, malgré la nouveauté historique constituée par la présence de l’islam en Europe, la relation entre européens de souche, les institutions et les nouvelles populations musulmanes ne s’est pas trop mal passée. Certes, nombreux conflits et maladresses ont eu lieu. Parfois l’un ou l’autre épisode dramatique. On peut regarder la moitié vide de la bouteille ou la moitié pleine. Compte tenu du contentieux et des affrontements réciproques de 14 siècles entre monde européen et monde musulman, on peut regarder la moitié pleine de la bouteille. Cela aurait pu très mal se passer. Ce constat positif ne doit pas être assorti d’une sorte de complaisance béate. Car des questions nouvelles et les difficultés réelles du vivre ensemble commencent. Car jusqu’à présent la cohabitation entre musulmans et non-musulmans n’a touché que des aspects de surface. Prenons quelques exemples parmi bien d’autres. Les mosquées s’étaient faufilées dans le tissu urbain, dans des espaces résiduels. Maintenant les musulmans tendent à leur donner pignon sur rue. Ce qui va changer la symbolique patrimoniale et l’identité bâtie des villes, marquées jusqu’ici pas les églises, hôtels de ville, maisons du peuple, institutions économiques. Il y aura en plus les mosquées. Cette visibilité devra être nouvellement négociée. Les revendications musulmanes, comme celles du port du foulard, avaient été animées jusqu’à présent par des personnes qui vivaient un peu au seuil de la société. Ces revendications, animées par un considérable engouement religieux, ne tenaient souvent pas trop compte du contexte, de la recevabilité. Depuis des années, et de plus en plus, ce sont des citoyennes et citoyens musulmans jeunes, au plein cœur de la cité, qui en sont les porteurs.

Un double défi. D’une part, ces jeunes, immergés dans la société, devront tenir davantage compte du contexte. Ils seront plus en débat avec la société qu’ils connaissent mieux. D’autre part, les demandes de ces citoyens devront être entendues, non pas comme des demandes d’un corps étranger, mais comme pour toute demande publique, elles feront objet de débat. Les revendications musulmanes ont été portées par des idées en grande partie "venant d’ailleurs": des Frères musulmans, des Salafistes ou d’autres encore. Ce sont des doctrines importées. Même l’engouement des bâtisseurs de mosquées ou la codification de l’obligation du foulard en sont. Une phase nouvelle de la construction d’une pensée enracinée dans le vécu des musulmans européens devra s’ouvrir, indissociable, bien entendu, du monde musulman. Elle devra se confronter à ce que signifie, dans le fond et comme vécu "possible", être musulman européen. Autrement dit : la phase d’approfondissement de la présence des musulmans en Europe ne fait que commencer.

Les musulmans devront repenser leurs modalités de présence (dans la cité ? à part ? dans une distance prudente et purement instrumentale ?) et le mode de déploiement de leur enthousiasme religieux. Les non-musulmans, les médias, les autorités publiques devront revoir leurs attitudes, devront approfondir leur connaissance concernant leurs nouveaux concitoyens. Les défis restent grands, en Belgique comme dans les autres pays européens. Pour Bruxelles, en particulier, l’enjeu est crucial et présente des aspects et des difficultés spécifiques, tant du côté musulman que non-musulman. Force est de constater qu’à Bruxelles, plus qu’ailleurs, le chantier d’un débat constructif n’est pas entièrement ouvert. Et se sont forgées des narrations différentes de ce qu’est être bruxellois. L’une vient de la société non-musulmane, bourgeoise, souvent agnostique ou catholique conservatrice, âgée ou plus jeune. L’autre vient de la société musulmane, de sa jeunesse qui, ou bien se voit regardée dans "sa" ville comme si elle était une excroissance étrangère, ou bien se vit dans un ailleurs.

Des ponts sont jetés, certains tentent d’écrire une histoire commune : des hommes et femmes politiques, des acteurs du monde culturel, des entreprises, l’une ou l’autre association. Mais pour les enjeux à venir cela ne suffira pas, car les tendances et les forces qui poussent à la séparation, à la production de deux histoires différentes et opposées sont plus fortes que les dynamiques de construction d’une histoire commune, si on ne fait rien en sens contraire. Les pistes d’action sont nombreuses. Elles attendent des artisans, surtout parmi les jeunes musulmans et non-musulmans. De là pourra naître une nouvelle narration de l’histoire commune bruxelloise.

20 mai 2012

Pour Alain Badiou, la démocratie est réactionnaire

Pour Alain Badiou, la démocratie est réactionnaire

Le Yéti, le 19 mai 2012

Un court ouvrage en forme de règlement de compte : “Sarkozy : pire que prévu/Les autres : prévoir le pire” (éditions Lignes, 96 pages, 9,50 €). Victime : la démocratie, cet acte d’allégeance quasi religieuse au pouvoir en place, à l’ordre déjà établi, dont le vote est le cérémonial.

«Élections, pièges à cons» ? Sans doute pas. Il eut fallu pour cela desconsqui se fassentpiéger”. Mais les fidèles consentants que sont les électeurs ne sont ni cons, ni ignorants. Ils sont consentants. Par souci de confort et de sécurité personnel. Et en toute connaissance de cause quoi qu’ils s’en défendent… après !

Le confort illusoire de l’ordre ancien

Les foules idolâtres du maréchal Pétain — à qui Badiou compara Sarkozy — ne furent pas véritablement piégées par le discours poussiéreux du “vainqueur de Verdun”. Ils s’y abandonnèrent en pensant échapper à bon compte aux affres de l’occupation nazie.

En 2007, les électeurs de Sarkozy — qui tenait un discours de même nature : les valeurs nationales, la restauration de l’ordre ancien protecteur, la stigmatisation del’étranger”, des intellectuels, des nomades… — savaient parfaitement de quoi le personnage retournait, mais préféraient faire mine de l’ignorer pour les mêmes raisons. Le «pétainisme transcendantal» dénoncé par Badiou.

Mais la gauche parlementaire, alors ? Badiou n’est guère tendre avec celle-ci :

«Une élévation de l’impuissance complice au statut d’Idée.»

Ce groupe de «gardiens intérimaires» n’entre en scène que lorsque les «gardiens titulaires de droite ont des difficultés à maintenir l’ordre et la continuité du semblant». Bref, une pâle équipe B pour pallier les défaillances aléatoires de l’équipe A.

Majorité des rues et majorité des urnes

En réalité, constate Badiou, rien d’acceptable, rien de créateur pour l’existence réelle des citoyens — les plus précarisés, travailleurs ou non, en premier chef — ne ressortit jamais des urnes. Mais n’est-ce pas les serfs qui jadis criaient avec le plus d’entrain «vive notre bon Roi !» ?

Les grandes révolutions, les grandes avancées sociales ne naquirent jamais que de la rue. Le fade gouvernement de Léon Blum ne devint le Front populaire que sous la pression des grandes grèves ouvrières de 1936.

En mai 68, la génération des soixante-huitards, à l’origine de tant d’acquis sociaux, féministes, moraux, éducatifs, ne fut guère majoritaire qu’un petit mois, dans la rue. Dès juin suivant, lamajorité silencieuses’empressa de redonner une écrasante majorité parlementaire aux conservateurs de droite.

Les révolutions arabes débouchèrent électoralement sur de régressifs pouvoirs islamistes qui n’étaient en rien à son origine. Et plus récemment, la génération Front de gauche ne fut guère majoritaire qu’à la Bastille, sur la place du Capitole de Toulouse ou sur la plage du Prado à Marseille.

Faut-il alors désespérer de la démocratie et de ses pusillanimesmajorités populaires” ? Alain Badiou ne vote plus depuis 1968. J’ai pour ma part adopté une position intermédiaire : ne plus céder à la tentation stérile duvote utile” et ne choisir, même sans illusion, que selon ses convictions. Ou s’abstenir.

Pour le reste, lorgner sans cesse du côté de la rue et ne pas rater l’occasion quand d’aventure la démocratie y descend.

13:36 Écrit par Rachid Z dans Citoyenneté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 mai 2012

Pour des partis musulmans en Belgique‏

Pour des partis musulmans en Belgique‏

Pierre-Yves Lambert, le 16 mai 2012

Il est inévitable, et même hautement souhaitable, que les musulmans se dotent à moyen terme d’un ou de parti(s) politique(s) crédibles (pas des groupuscules folkloriques du style Noor, PCP, PJM ou Musulmans.be, qui n’ont jamais réellement existé en-dehors d’une poignée de militants autour d’un Grand Leader), ce qui ne veut pas nécessairement dire que ces partis se présentent isolément aux élections, je verrais plutôt, dans la tradition belge, des participations à des listes plus larges, des cartels ou des listes locales, comme il y en a eu pas mal en France en 2008.

Lors d’une récente réunion publique d’Ecolo-Schaerbeek et d’Ecolo-Saint-Josse où Felice Dassetto était invité pour présenter son livre L'Iris et le croissant, j’ai posé la question de la participation d’Ecolo au pouvoir communal à Schaerbeek depuis deux mandatures, ce alors que le programme d’Ecolo est opposé à l’interdiction du foulard pour les élèves mais que les écoles dépendant du pouvoir communal l’interdisent. En plus, l’échevin de l’instruction publique, Verzin (MR), est un franc-maçon intégriste laïc, il a aidé à la création artificielle et à la subsidiation d’une soi-disant section belge de "Ni putes ni soumises". Isabelle Durant a confirmé à cette occasion qu’Ecolo avait fait le choix politique de ne pas remettre en cause cette interdiction.

Parallèlement, le chef de file du CDH schaerbeekois, Grimberghs, ne cesse de se positionner publiquement, en 2006 comme maintenant, en défenseur de la "laïcité" (lui qui est le chef de file du courant "démocratie chrétienne" !) qui refuse qu’une femme voilée (exemple au hasard Mahinur Özdemir) puisse accéder à des fonctions exécutives, même communales. Combien de temps ces gens pensent-ils pouvoir continuer à insulter les électeurs musulmans ?

(Et donc la famille politique de la vice-présidente du Parlement européen, sans honte, une fois de plus, n'a pas hésité à tromper les électeurs de confession musulmane ainsi que les médias puisque Le Soir la présentait à la veille des élections régionales 2009 comme la moins islamophobe ou la plus islamophile des partis autoproclamés démocratiques. Certains candidats chasseurs de voix se servaient même de l'article comme support de campagne pour tenter de convaincre les populations musulmanes de Bruxelles de voter Ecolo !) (Rachid Z)

Pour une citoyenneté intégrée

Pour une citoyenneté intégrée

"Manifeste pour le Vivre-Ensemble des Citoyens Belges de Culture Arabo-Musulmane"

 

Rachid Zegzaoui : Je ne comprends pas ce que signifie le concept dit de "citoyenneté intégrée" mais il est hors de question que je communique, cause, débat ou fasse la pute avec des adeptes islamophobes de la «laïcité» préconisée par N.Geerts ou NPNS. J’estime en effet qu’une telle conception du «vivre ensemble» est à dénoncer et à combattre et certainement pas à mettre en débat. Faut pas se moquer du monde !

Khonsi Fatima : ‎Rachid Zegzaoui tu te trompes complètement nous avons rien contre l'Islam ni aucune religion au contraire c'est une discution de savoir vivre ensemble vouloir un état laique,ce n'est pas d'effacer les religions loin de là la religion doit rester notre domaine privé, je te demanderai svp de t'exprimer et de rester poli merci.

Cathline Van Rymenant : C'est dommage que vous passiez à côté du vivre-ensemble, fondé justement sur la citoyenneté, le respect des valeurs et des lois du pays dans lequel nous vivons tous. Chacun a le droit de vivre librement sa foi dans la sphère privée (sa famille, ses amis, les églises, les moquées ....). Personnellement je bataille avec des gens qui assimilent systématiquement l'Islam et l'islamisme extrémiste. En Belgique, les bourgeois laïques et ceux qui combattaient pour des améliorations sociales, syndicats, socialistes, mutualités .... ont fait en sorte que l'église catholique sorte de l'espace public, de l'état ... Nos lois ont progressé grâce à un état prenant ses distances par rapport à la religion catholique. Pourquoi aurions-nous une attitude différente envers une autre religion ? Si les musulmans peuvent librement pratiquer leur culte, c'est bien grâce à la neutralité et à la laïcité. Mais alors que nous combattons le racisme et la xénophobie d'un certain nombre de "blancs", il est visiblement tout aussi important que ceux qui appellent à rejeter la société dans laquelle ils vivent, à considérer les "blancs" comme des ennemis soient aussi isolés. Ils sont tout aussi haineux, sectaires et dangereux que les fachos "blancs". Et d'abord pour les communautés musulmanes qu'ils divisent, veulent socialement contrôler et apeurer. Comme l'église catholique l'a fait pendant des siècles, allant jusqu'à la répression physique, les assassinats, les guerres de religion. Quant vous osez insulter Nadia Geerts, vous utilisez une méthode qui empêche toute discussion, qui montre que vous vivez et raisonnez dans un monde fermé. Ici, l'on n'est pas dans un état religieux; on réfléchit, on se parle, on se critique, on s'auto-critique, on avance, ensemble, pas les uns contre les autres .... Nous refusons les insultes, la haine ... ce que vous ne semblez pas pratiquer.

Khonsi Fatima : le mot p...Rachid.

Cathline Van Rymenant : ‎"Faire la pute" .... "islamophobe" ...... Vous vous considérez comme un pur détenant une vérité unique à imposer .... Haine et mépris ...

Cathline Van Rymenant : On croirait lire, en effet miroir, un raciste et xénophobe, un chrétien imprégné de la suprématie de sa religion et de sa "civilisation" .... En fait, on dirait le même combat ...

Khonsi Fatima : Et des que les gens veulent percés se sujet pour sortir de l'obscurantisme on est Islamophobe au raciste moi j'aime ma religion justement et je veux qu'on a une autre image d'elle

Cathline Van Rymenant : Et je dois dire, à titre personnel, que j'en ai plus qu'assez de tous ceux qui invoquent, au nom de leur couleur de peau, de leur ethnie, de leur sexe, de leur religion, de leur "civilisation", du passé ou d'événements d'aujourd'hui, le droit de haïr, de rejeter, de mépriser ... J'en ai autant marre que ma petite-fille se fasse traiter de bougnoule par des "blancs" que vouée aux flammes de l'enfer parce qu'elle n'épouse pas les théories de jeunes musulmans mal éduqués ... La religion est une foi à respecter; l'absence d'ouverture, de curiosité intellectuelle et humaine, le rejet .... sont des plaies pour l'humanité ...

Rachid Zegzaoui : Une image ? Pensez-vous que l'image de votre laïcité est moins détestable ? Je ne vis pas avec les concitoyens que je n'aime pas, je n'essaye même pas !

Khonsi Fatima ‎ : Rachid Zegzaoui tu veux quoi nous imposer la charia en Belgique il faut pas rêver crois moi tant que les gens sont solidaire on est au courant de beaucoup crois moi

Cathline Van Rymenant : Vous n'êtes même pas fichu d'informer et d'expliquer à nos compatriotes que ces "laïques" que vous décriez tant sont les premiers à dénoncer le racisme, la xénophobe, le fascisme chrétien ... Alors, oui, préférez "faire la pute" auprès des ...prédicateurs haineux, racistes, sectaires qui sont payés par des théocraties pour venir empoisonner les relations entre tous nos compatriotes. Nous nous plaçons aux côtés de ceux qui appellent au bien vivre ensemble.

Rachid Zegzaoui : La Laïcité, c'est le racisme et le racisme est à combattre !!!

Khonsi Fatima : tu as raison la Charia Islamique en Belgique est mieux moi je défend se qui est correcte et juste pour tous, pas le Communautarisme en Belgique qui ne fait que nous diviser tous des autres personnes a qui souvent on fait plus peur.

Cathline Van Rymenant : Vous vivez avec qui vous voulez, c'est aussi cela la liberté dans nos pays. La laïcité permet aux femmes de porter le foulard dans les rues, le plus souvent au travail. On demande juste de respecter les règles de la neutralité dans les administrations publiques et l'enseignement. Et je ne vois pas pourquoi les élèves non musulmans doivent se découvrir devant les professeurs et pas les élèves musulmans. Une question aussi de courtoisie, de politesse, moi c'est ce que l'on m'a appris à l'école, c'est ce que mes enfants et petits-enfants ont appris ....Quant aux employeurs privés, un contrat de travail implique ds droits et des obligations, pour tout le monde. Je condamne les employeurs qui refusent le foulard pour "ne pas heurter" des collègues de travail. Par contre s'ils estiment qu'il faut adopter une certaine tenue de travail face à des clients et fournisseurs, pourquoi pas ... Un Témoin de Jéhovah refusant les transfusions de sang n'est pas engagé dans un hôpital, car il ne pourra pas s'occuper de manière équitable et efficace de tous les malades .... Une femme intégriste chrétienne ne sera pas engagée dans un centre de planning familial car elle est même opposée à la contraception .... Quand on veut travailler, il y a des choix à faire ... sans se poser toujours en victime. Il y a déjà suffisamment de discriminations comme cela sans en rajouter ... Il y a déjà suffisamment d'exclusions sociales sans en plus se diviser, se dresser les uns contre les autres ...

Rachid Zegzaoui : Je ne vous impose rien et pour dire vrai je vous laisse causer, manger, baiser, délirer, … à votre guise, pratiquez votre culte laïciste en silence et en privé si vous voulez qu'on vous tolère mais laissez le monde vivre comme il l'entend et ne l'incommodez surtout pas. Votre monde, votre mode de pensée et de vie n’est pas celui du monde !

Cathline Van Rymenant : La laïcité, c'est le racisme ? Alors vous parlez de ce que vous ne connaissez pas ... Il est quand même curieux que des Tunisiens, des Algériens, des Marocains sont des démocrates et des laïques dans leur pays. Au péril de leur vie. Eux, ils savent ce que c'est la laïcité. Non.

Cathline Van Rymenant : Et eux, c'est au péril de leur liberté et de leur vie. Vous ici vous pouvez parler librement, .... grâce à la neutralité et à la laïcité de nos lois. C'est vous qui pratiquez le racisme anti-blanc, sourd et aveugle...

Cathline Van Rymenant : Allez dire à mes gosses et à mes petits-enfants que la laïcité c'est du racisme !

Khonsi Fatima : Quel vulgarité vraiment vivez comme vous voulez mais nous avons le droit de défendre nos idées aussi et vous pouvez insulter comme vous savez si bien le faire çà rentre dans une oreille et çà sort de l'autre cote et venant de vous Mr Rachid je le prend comme un compliment.

Rachid Zegzaoui : En Belgique, la laïcité est reconnue au même titre que le culte islamique ou anglican, ni plus ni moins !

Cathline Van Rymenant : Ce qui est rigolo, c'est que vous parlez de la laïcité comme "raciste" et "islamophobe", alors que les chrétiens extrémistes, qui sont "blancs" disent que nous sommes "christianophobes". Je vous suggère de vous mettre d'accord avec eux .... Cela vous fera un sujet de discussion, ....

Rachid Zegzaoui : Pouquoi, vous ne baisez pas, ce n’est pas halal dans votre monde laïciste ?

Khonsi Fatima ‎ : Rachid Zegzaoui ,si tu es en plus obseder c'est ton problème pas le notre

Cathline Van Rymenant : J'adore le niveau de vos commentaires .... Il vous montre sous un certain éclairage ...

Cathline Van Rymenant : Fatima, je suis sûre qu'il n'écrirait pas ainsi face à des hommes ... Je commence à comprendre le pourquoi de ses positions ...

Khonsi Fatima ‎: Cathline Van Rymenant ,se qu'il ne sait pas c'est que hier on a eu tous ses renseignement Mr soutien son ami Chichas voyant et condamne l'imam qui cherche a unir les Communautes en France.

Rachid Zegzaoui : Je me fiche de ce que vous êtes ou n'êtes pas ? Je ne suis pas obsédé, je suis humain ! Vous êtes membre d'un ordre (religieux) laïciste ? De quoi voulez-vous causer ? Vivre ensemble, c'est aussi manger et baiser ensemble, non ?

Cathline Van Rymenant : Fatima, je pense que je vais le référer à nos amis musulmans laïques et démocrates .... Ils seront intéressés par sa prose ....

Khonsi Fatima : hhhOui Cathline Van Rymenant hhmdr comme on peut être con hh

Cathline Van Rymenant : Pas d'insultes, Fatima ....

Rachid Zegzaoui : Oui, ça me convient, faites savoir ce que je pense de vous à vos amis musulmans et démocrates.

Khonsi Fatima : hhh mdr Cathline Van Rymenant il me fait rire vraiment le porte bagage de Chichas hh en plus quel plaisir.

Cathline Van Rymenant : J'ai lu ses textes et ceux de ses "proches", cela va plus loin que le simple soutien à Chicha et à ses menées liberticides ou aux menées de milices islamistes contre l'imam de Drancy, il fait partie de ceux qui considèrent que Ben Laden et ses héritiers ne sont pas des terroristes assassins de civils dans le monde entier ... y compris de musulmans ... · 

Rachid Zegzaoui : C'est déjà ça. Faire rire une femme, c'est la dévêtir !

Khonsi Fatima : Cathline Van Rymenant ,oui j'ai vu aussi je te l'est dit hier on comprend mieux sa position hhh

Cathline Van Rymenant : Fatima, je suggère que nous arrêtions de discuter avec lui. D'ailleurs, il a fait en sorte que ce ne soit plus une discussion... Il y a des gens tellement plus intéressants, même quand on n'est pas d'accord, ce qui est normal et enrichissant . Ici ...

Rachid Zegzaoui : Savez-vous seulement combien de bruxellois se sont fait prénommer Oussama, comme Ben Laden, depuis le 11092001 ?

Cathline Van Rymenant : Avec de telles références ???!!! Je vous invite à vous retrouver entre extrémistes, de droite, de gauche .... En vous souhaitant beaucoup d'échanges fructueux vous donnant l'impression de vivre.

Khonsi Fatima : Rachid Zegzaoui et des Mehra non?

Rachid Zegzaoui : Et avec qui donc voulez-vous commu-niquer si ce n'est avec votre propre nombril ?

Khonsi Fatima : Quel honte vraiment.

Rachid Zegzaoui Ne faut-il pas de tout pour faire un monde ?

Rachid Zegzaoui : A la suite de chacune des répliques de la maîtresse blanche, laïciste, l'esclave (collabeur) la cajole langoureusement ! Triste spectacle !

Cathline Van Rymenant : Vu les positions sectaires, proches des prêcheurs fondamentalistes, de ses actions contre l'imam de Drancy appelant à respecter les valeurs républicaines, de sa haine et de son mépris pour les "blancs" qu'ils traite comme des "colons", de s...on soutien aux actions terroristes de Ben Laden et de ses héritiers à travers le monde, Nous sommes d'accord avec Monsieur Zegzaoui qu'il ne vienne pas, comme il l'a écrit, "faire la pute" dans des débats avec nous ....

Cathline Van Rymenant : Anne, j'ai fini par supprimer les échanges, vu le niveau ... Vu les recherches que nous avons faites sur lui, nous apparaît comme un adepte des terroristes et des prêches haineux ... Le problème, c'est qu'il est arrivé à manipuler des personnes ...

Cathline Van Rymenant : Par ailleurs, il a publié une invitation avec un texte différent, signé par lui. Comme Chichah, ce monsieur est un manipulateur ....

11:17 Écrit par Rachid Z dans Citoyenneté | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |