04 juillet 2013

Un «Livre blanc» sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone

Un «Livre blanc» sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone

Compte-rendu la conférence de presse annonçant la publication du premier «Livre blanc» sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone, organisée le 21 mars 2013 à l’Auberge de jeunesse Jacques Brel. Parmi les intervenants : Mohamed Ramoussi, Khalid Thami, Fouad Benyakhlef, Mustapha Chaïri, Yamina Bounir et Hajib El Hajjaji…

19 juin 2013

Raphaël Liogier : «Les agressions islamophobes sont justifiées comme de la self-défense»

«Les agressions islamophobes sont justifiées comme de la self-défense»

Raphaël Liogier

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Par Fouad Bahri, le 18 juin 2013

L’islamophobie est-elle en train d’exploser en France ? Après une semaine marquée par la multiplication des agressions physiques contre des femmes voilées et la tentative, avortée, d’organiser une manifestation anti-islam par le mouvement Résistance républicaine, Zaman France vous propose un entretien exclusif avec le sociologue du fait religieux Raphaël Liogier, auteur du livre Le mythe de l’islamisation, pour tenter comprendre les ressorts profonds de ce phénomène inquiétant.

Comment analysez-vous l’intensification des actes islamophobes et le passage à l’acte ?

Si nous étions dans une situation de phobie, cela n’entraînerait pas de passage à l’acte mais des formes de rejets. Cliniquement, on est plus dans la phobie mais dans ce que j’appelle un théâtre paranoïaque. Dans la phobie, vous pouvez être dans la condescendance, le rejet ou la peur. Dans le théâtre paranoïaque, vous supposez que l’autre vous en veut à vous en particulier.  Il y a la projection de l’intentionnalité. Cela n’était pas le cas avant 2003 ou 2004. Il n’y avait pas de blessure narcissique. On n’avait pas l’idée que les musulmans sont là parce qu’ils ont un plan et qu’ils veulent acculturer ou provoquer une colonisation inverse. Les agressions physiques contre les femmes voilées sont justifiées par leurs auteurs non pas comme de la phobie mais comme de la self-défense contre une agression intrinsèque des musulmans.

Pourquoi cette tendance ne se manifeste que maintenant ?

L’année charnière est 2003. C’est l’attaque américaine en Irak qui se fait sans l’aval des Européens. A partir des années 2000, on est plus seulement dans une crise économique mais aussi symbolique. C’est la blessure narcissique de l’Europe qui a perdu sa prééminence économique, militaire et culturelle. Partout sur le Vieux Continent, on a à ce moment là des débats sur l’identité nationale et l’origine chrétienne de l’Europe. 2003, c’est aussi l’année de création de Riposte laïque.

Y-a-t-il une spécificité française à ce phénomène ?

Il y avait une spécificité française au début, avec la fameuse exception française. L’Europe s’est pensée pendant un siècle au centre du monde, et la France était au centre du centre du monde. En 2003, un rapport à été remis à François Baroin à la demande de Jean-Pierre Raffarin, qui parlait de nouvelle laïcité qu’il faut mettre en place parce que la laïcité à un moment donné peut entrer en contradiction avec les droits de l’homme et qu’il faut alors choisir la laïcité, ce qui est absurde car historiquement elle est le produit des droits de l’homme. Autrement dit, on avait le droit de faire des lois qui étaient contradictoires avec ces droits de l’homme parce que le bateau coule. C’est la laïcité en situation d’urgence qui conçoit l’islam comme une menace au mode de vie européen. On est plus dans la stricte laïcité mais dans une laïcité d’exception. On se croit en situation de guerre et on met en place des tribunaux d’exception. Tout se concentre dans le mot islamisation. Toute manifestation de l’islam est considérée comme plus que ce qu’elle n’est. Il y a un aspect procès d’intention. Cela se voit très bien dans le phénomène Tariq Ramadan.

Ce théâtre paranoïaque est-il un phénomène naturel ou relève-t-il de la construction ?

Je ne crois pas à la théorie du complot ni du côté des musulmans, ni de celui des institutions. C’est plus grave encore. Il y a une telle frustration et une telle angoisse du côté de la population française. Le sentiment de déclin irréversible, la mondialisation et le capitalisme sont vus comme l’horreur absolue, le comble étant la visibilité de l’islam et des musulmans perçus comme voulant imposer leur religion. Il faut vraiment ne pas avoir confiance en son identité pour penser que 6 ou 7 % de la population vous menace culturellement. Ce qui relie ces choses n’est pas un lien logique mais psychologique. Comme on ne peut pas en vouloir à la mondialisation, il faut personnaliser avec tout ce qui a l’air hétérogène comme l’islam. 

Dans votre livre Le mythe de l’islamisation, vous décrivez plus précisément ce que vous entendez par théâtre paranoïaque…

Le théâtre paranoïaque, c’est ce qui permet de passer à l’acte. Le mythe de l’islamisation, c’est l’Europe qui met en scène son propre déclin sur le dos de l’islam. Comme dans tout théâtre, il y a quatre acteurs. Le héros qui prétend défendre la civilisation, l’Europe, l’Occident, qui parfois passe à l’acte comme Anders Breivik. Le peuple trompé qui se représente comme étant trahi, qui est majoritaire mais qui se pense presque comme minoritaire culturellement, qui pense avoir perdu. Dans la phobie, vous comprenez que l’autre est plus faible, avec des opinions comme : «ils sont inférieurs, ils sont sauvages, ils sont moins biens» alors que dans le théâtre paranoïaque, vous considérez que les faibles sont forts. Si les musulmans prient dans la rue, ce n’est pas parce qu’il y a moins de mosquées proportionnellement que les temples protestants. Non. S’ils prient dans la rue c’est parce qu’ils veulent occuper la rue, vont-ils dire. Il y a enfin le traître multiculturaliste qui dénonce ce qui se passe et il y a le djihadiste potentiel. Dans ce schéma, tout musulman est un djihadiste potentiel. On le voit dans l’expression «musulman modéré» comme si l’islam était en soi négatif. Et cela peut aussi créer du passage à l’acte chez le musulman qui peut prendre cela au sérieux et là ça donne Mohamed Merah. Merah n’est pas devenu djihadiste parce qu’il était musulman, il est devenu musulman pour être djihadiste !

Le fantasme démographique nourrit aussi cette crainte islamophobe…

Oui alors que c’est une fausse idée. Il n’y pas contrairement à ce qu’on croit une hausse de la natalité chez les musulmans. Ce n’est pas une communauté qui augmente démographiquement. C’est une population fragile économiquement, qui n’a pas accès aux relais d’opinion, et qui comme toutes les populations fragiles, peut à un moment ou à un autre réagir de façon agressive. Faire des lois ne sert donc à rien car on croit se protéger d’une menace quand on se protège contre son angoisse.

Est-il encore possible de sortir de ce cercle vicieux de violence et de radicalisation ?  

Oui. Il faudrait plus de responsabilités des hommes politiques. Il faudrait revenir aussi à plus de rationalité et moins d’émotivité.  Ces agressions islamophobes arrivent ainsi juste au moment où on est en train de discuter au Parlement de laïcité, au moment où Hollande dit que la laïcité ne s’arrêtera pas au privé. Les Français se sentent légitimes à passer à l’acte parce qu’ils entendent cela à la télévision, parce que les politiques en parlent comme de problèmes alors que ce sont de faux problèmes. Par exemple, les membres de l’Observatoire de la laïcité créé par le gouvernement pensent pour la plupart qu’il y a un problème avec l’islam. Des gens comme Jean Baubérot n’y sont pas. On est allés sélectionner les gens en fonction de ce qu’on veut entendre. Les politiques doivent plutôt mettre en place les conditions d’un vrai débat.

Certaines réactions qu’on observe chez les musulmans comme une certaine inflation de débats et de conférences sur l’islamophobie, et parfois une tendance à la victimisation, ne renforcent-elle pas une polarisation oppositionnelle qui entretient la tension là où il faudrait la désamorcer ?

Paradoxalement, oui, mais pas dans le sens où on le pense. Ce qui a pu laisser le champ libre au développement d’une forme de paranoïa anti-musulmane, c’est moins la visibilité de l’islam qui est assez banale. La condamnation du halal au Quick ou la présence de femmes voilées aux sorties scolaire est, en ce sens, ridicule. C’est plutôt l’attentisme de certains musulmans ou dirigeants d’associations. Leur attitude, c’était : «ça va passer, il faut attendre, il faut rien faire, etc..». C’est l’attitude Tareq Oubrou, qui a été très influent sur ce point-là. Malgré cette attitude conciliante, vous allez pourtant avoir une vindicte des islamophobes contre Tareq Oubrou qui l’accuse d’être en lien avec les islamistes.

Quelle réponse les musulmans devraient-ils apporter selon vous ?

Quand on est visée en tant que minorité, c’est plus rassurant dans un pays avec une culture de la mobilisation, de manifester dans la rue et de dénoncer pacifiquement. Ce que ne font pas les musulmans en réalité qui ne sont pas capables de s’organiser pour dire stop ! Il y a aussi le risque de prêter le flanc aux accusations qui leur sont faites en amalgamant trop souvent des sujets de politique internationale avec l’islamophobie telle qu’elle existe dans ce pays. Mais n’oublions pas que les musulmans ne font que répondre à une agression, même si la réponse n’est pas toujours adéquate. Il ne faut pas retourner le sens de l’agression.

Une manifestation de Résistance républicaine, un rejeton de Riposte laïque qui milite contre l’islam, a été interdite à Paris. Comment jugez-vous l’évolution de ces mouvements identitaires anti-musulmans ?

Ces mouvements ne sont plus ni à droite, ni à gauche. Ils jouent sur la fragilité identitaire de l’Europe. Bloc identitaire, au départ c’est à droite. Riposte laïque, c’est fondée par quelqu’un qui viens de Res publica, donc à gauche. C’est à partir du mythe de l’islamisation qu’il peut y avoir une convergence entre eux. A droite, c’est la menace contre la culture catho et ses figures comme Clovis ou Jeanne d’Arc qui est visée. A gauche, le discours est sur la liberté d’expression, l’égalité hommes femmes. Le FN a repris cette construction dans son nouveau programme et discours.  Ces mouvements identitaires constituent le nouveau noyau au cœur de la vie politique française et leurs idées se retrouvent aussi bien au FN, qu’à l’UMP et au PS.  

18 juin 2013

Zoubida Jellab : Avis du Conseil d'État

Zoubida Jellab

Conseillère communale Ecolo

Bruxelles-Ville le 16 juin

Suite à son interpellation au Conseil communal du 10 juin dernier, relative au récent avis prononcé par le Conseil d’État sur la légalité du port de signe d’appartenance religieuse par les enseignants des religions et philosophie reconnues.

Zoubida Jellab dénonce : «La Ville de Bruxelles ne respecte pas la loi… J’estime que la Ville de Bruxelles qui est une autorité publique se doit de respecter la loi et de garantir également les droits fondamentaux des individus… Quand on est un citoyen engagé et responsable, il faut continuer à suivre ce que nos élus font et, bien sûr, il faut dénoncer le fait que l’autorité publique ne respecte pas la loi… Je trouve aussi que le Centre devrait changer de nom parce que Centre pour l’Égalité des Chances, il faut juste savoir : est-ce qu’on veut plus d’égalité ou est-ce qu’on veut plus de chance, sachant que la chance relève de la superstition ? Moi, je trouve dommage que des associations qui sont reconnues et financées ne soutiennent pas les citoyens qui viennent avec leurs plaintes…» 

14 juin 2013

Interdire les signes religieux au travail, c'est faire un pas vers l'islamophobie d'État

 Interdire les signes religieux au travail, c'est faire un pas vers l'islamophobie d'État

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Par Louiza Belhamici et Sonia Dayan-Herzbrun, le 14 juin 2013

Depuis l'histoire de la crèche Baby Loup, une partie de la classe politique réfléchit à un moyen d'étendre la loi sur l'interdiction des signes religieux à l'école à d'autres espaces publics. Pour les militantes féministes Louiza Belhamici, professeure de Lettres et Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue, c'est une ineptie.

Depuis deux mois nos élus s'affolent à nouveau devant le danger que présenteraient à leurs yeux, jupes, foulards ou bandeaux trop longs, trop larges, trop voyants...

Un esprit contraire à la loi de 1905

Après l'arrêt en date du 19 mars 2013 rendu par la Cour de Cassation à propos de l'affaire de la crèche Baby Loup, François Hollande a déclaré prévoir une refonte législative en vue du vote d'une loi étendant le champ de l'interdiction des signes religieux dans certains lieux de travail "dès lors qu'il y a contact avec les enfants", notamment "les crèches associatives avec financements publics". C'est dans cette perspective qu'il a inauguré, peu de temps après, l'Observatoire de la laïcité dont la première mission est de réfléchir à une loi sur le port de signes religieux en entreprise.

La droite parlementaire s'est immédiatement engouffrée dans cette brèche en rédigeant une proposition de loi "visant à réglementer le port de signes et les pratiques manifestant une appartenance religieuse". Par une surenchère sur ce qu'elle considère à tort comme une atteinte au pacte républicain, elle cherche à griller la politesse à la gauche sur le dos de femmes qui n'en demandent pas tant.

Une telle loi, qui cèderait aux pires tentations populistes, serait contraire à l'esprit comme à la lettre de la loi de 1905 que les prétendus défenseurs de la laïcité ne cessent de bafouer. Elle constituerait une restriction des libertés religieuses que cette loi garantit. Elle ouvre de fait la voie à l'interdiction du port du foulard musulman dans tous les établissements privés gérant un service public et peut-être même, comme on l’entend déjà évoquer, dans les universités.

On veut légaliser l'exclusion et la discrimination

On veut donc faire adopter une loi qui vise d'abord les femmes et devrait aboutir à exclure les plus vulnérables d'entre elles du monde du travail et de l'éducation, comme si elles étaient en trop dans cette société. C'est ainsi que la petite Sirine, âgée de 15 ans a été exclue de son collège, parce qu'elle refusait de raccourcir sa jupe et de retirer son bandeau large de 6 cm. L'arbitraire de cette décision est flagrant, tout comme l'était le licenciement de l'employée de la crèche Baby Loup, puisque Sirine a été réinscrite dans un autre collège avec sa jupe et son bandeau, et que la Cour de Cassation a annulé le licenciement de l'employée.

Certes les lois en préparation mettraient fin à l'arbitraire, mais elles le remplaceraient par une véritable islamophobie d’État qui légaliserait l'exclusion, les pratiques discriminatoires et qui annoncerait la fin de la liberté des cultes garantie par la loi de 1905. Car, contrairement à ce que déclarent tous ceux qui réclament le vote d’une telle loi, l’espace public n’est pas neutre. Il est le lieu de déploiement de la diversité, des appartenances, des cultures, des coutumes, des convictions, des histoires individuelles et collectives. En cherchant à le neutraliser on nie cette diversité, et on vise à imposer à tous une culture uniformisée et totalisante.

Si elle était votée, la loi annoncée par François Hollande aboutirait à abolir la liberté de conscience et d'expression garantie par nos lois et les conventions internationales, à masquer la diversité et à renoncer à un véritable vivre-ensemble, qui implique de vivre et d’agir avec nos différences, et non en les occultant. Elle aurait pour conséquence un nouvel enfermement des femmes musulmanes que l’on confinerait dans leurs cuisines et dans leurs ghettos, et leur exclusion de l’espace public et du monde du travail, alors même qu’elles aspirent à s’investir pleinement dans la vie collective.

Le corps des femmes leur appartient

C'est la raison pour laquelle un groupe de 120 femmes de toutes appartenances et convictions, dont nous faisons partie, a lancé il y a quelques semaines un appel, dans lequel elles refusent l'imposition d'un code vestimentaire quel qu'il soit, qu'il s'agisse d'interdire le port du voile ou de le rendre obligatoire.

Nous sommes désormais près de 2000. L’imposition d’un code vestimentaire est une forme de violence et nous la dénonçons comme telle. Le corps des femmes leur appartient, tout comme leur appartient le choix de leurs vêtements.

Nous nous opposons à des lois que nous jugeons à la fois sexistes, parce qu’elles ne concernent que les femmes, et racistes, parce que ce sont les femmes musulmanes qui sont discriminées et menacées d’exclusion sociale. Nous revendiquons aussi l'accès au travail pour toutes les femmes, et appelons l’opinion publique à se mobiliser contre leur adoption. Les femmes de France doivent TOUTES bénéficier de droits égaux.

Communiqué du Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s !

Communiqué du Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s !

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Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s, le 13 juin 2013

Suite à l’annonce de Madame l’échevine Faouzia Hariche, sur l’avis du Conseil d’Etat de ce 17 Avril autorisant le port du foulard pour les professeurs de religion, règlement applicable aux communes de la Région bruxelloise, celle-ci refusant ainsi de l’appliquer dans – sa circonscription - les limites de la Ville de Bruxelles : «Contrairement au cas de Grâce-Hollogne, nous appliquons les dispositions légales du décret neutralité de 1994 - qui insiste sur le fait de s’abstenir de toutes formes de prosélytisme - et le règlement de travail de la Ville - qui interdit le port de signes philosophiques sur le lieu de travail», rétorquait Faouzia Hariche (PS), échevine de l’Enseignement de la Ville de Bruxelles.

Le Mouvement MEET ! constate l’urgence de condamner fermement cette décision de Madame l’échevine et lui rappelle par la même occasion que ledit décret du 31 mars 1994 est tout d’abord totalement désuet et contraire au décret qui l’a suivi (et donc qui l’abroge) le 17 décembre 2003 qui impose certes aux enseignants «d’adopter une attitude réservée, traiter les options religieuses en des termes qui ne peuvent froisser, s’abstenir de tout propos partisan dans les problèmes idéologiques et refuser de témoigner en faveur d’un système philosophique ou politique quel qu’il soit» mais toutefois qui mentionne que «rien n’interdit aux professeurs de religions reconnues de porter tout signe d’appartenance, y compris vestimentaire».

D’ailleurs, Xavier Delgrange, membre du Conseil d’Etat, dit à propos de cet avis : «l’enseignement de la religion échappe pratiquement totalement au contrôle des autorités publiques […] Les titulaires de cours de religions reconnues ne sont pas astreints au devoir deneutralité et même, le prosélytisme de leur part n’est pas critiquable».

Nous voyons, dans ce cas-ci, qu’alors même que la plus haute instance juridique donne un avis favorable, l’échevine se prononce et refuse de l’appliquer. En quoi un élu politique se donne-t-il le pouvoir de refuser d’appliquer un arrêt promulgué par une instance juridique dans une démocratie où la loi est première ?

En ce qui concerne l’emploi, beaucoup ne trouvent pas un emploi à la hauteur de leurs compétences, et se voient accepter un travail très souvent précaire, ou ne trouvant un travail que des années après, voire même aucun travail. On ne cesse de parler de diversité, de multiculturalité, et bien cela fait partie de la liberté de conscience de tout un chacun, de la diversité tant mise en avant par tous. Finalement, quelles sont les priorités de Bruxelles ? Investir dans l’enseignement ? Former les jeunes ? Dans ce cas-ci, y’a-t-il toujoursune place pour des jeunes femmes ? Eviter de leur mettre des obstacles ? Que le taux de chômage ne grimpe ou alors se préoccuper de savoir qui porte un foulard, qui porte une longue jupe ou un pantalon large ?

Alors même que la Belgique traverse une crise sans précédents, où le décrochage scolaire est au plus haut, où le taux de chômage des jeunes et moins jeunes explose, alors même que la femme est d’après de nombreuses statistiques, toujours bien plus discriminée que l’homme, l’interdiction du port du foulard ne cesse de faire du tort aux femmes le portant. Celles-ci ne peuvent s’inscrire dans les écoles qu’elles désirent et faire un choix correct de leurs études étant donné que l’accès à la plupart des écoles supérieures ne leur est pas permis. Les filles étant en secondaire se voient dans l’obligation de le retirer pour continuer leur scolarité. Alors même que la grande majorité sont contraintes illégalement de l’enlever, beaucoup font l’objet au sein de leur école de discriminations quant à leur tenue vestimentaire, alors jusqu’où comptons-nous les priver de leur liberté ?

Nous sommes conscients que ces dérives de la part d’élus politiques ne sont pas des plus rares, c’est la raison pour laquelle la lutte ne s’arrêtera pas aux vêtements des professeurs de religion, mais également à la tenue des élèves qui sont considérés comme égaux juridiquement aux professeurs d’après l’article 24 de la Constitution belge organisant les principes de la neutralité applicables à tous.

Nous, membres du Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s !, appelons à une coordination pour contester cette décision de Madame l’échevine Faouzia Hariche, ainsi qu’à une mobilisation large qui se fera très prochainement.

Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou-te-s !

m.e.e.t.belgium@gmail.com

12 juin 2013

Football : le Canada suspend le Québec pour avoir interdit le turban

Football : le Canada suspend le Québec pour avoir interdit le turban

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AFP, le 11 juin 2013

L'Association canadienne de football a suspendu la fédération québécoise pour avoir interdit le port du turban par les joueurs, une décision qui suscitait mardi 11 juin des réactions contrastées dans tout le Canada. Le Québec est l'unique province canadienne à interdire le turban, porté notamment par les sikhs.

L'Association canadienne a annoncé lundi soir qu'elle avait décidé "de suspendre la Fédération de soccer du Québec immédiatement en raison de son refus d'appliquer la directive d'autoriser le port de turbans/patkas/keskis par les joueurs de football". Le président de l'Association canadienne, Victor Montagliani, précise avoir demandé aux Québécois, le 6 juin dernier, de revenir sur cette décision prise l'an dernier et reconduite récemment. Mais il s'est heurté à un refus, la fédération québécoise en faisant une question de sécurité au jeu et invoquant un règlement de la FIFA.

L'Association canadienne explique vouloir "assurer que le football demeure accessible au plus grand nombre de Canadiens" et indique que la suspension sera levée lorsque la Fédération du Québec abolira l'interdiction et appliquera sa politique en la matière. La décision du Québec empêcherait une centaine d'enfants de jouer dans des ligues de football de la province, selon des chiffres avancés par la communauté sikhe. Le ministre canadien de l'immigration, Jason Kenney, a qualifié de "ridicule" l'interdiction du turban au Québec, dans un message sur son compte Twitter.

Le chef du Parti libéral (opposition) du Canada, Justin Trudeau, a estimé lui aussi sur Twitter que l'Association canadienne avait "pris la bonne décision" et invité la fédération québécoise "à revoir sa décision". En revanche, la première ministre du Québec, Pauline Marois, dont le gouvernement espère faire adopter une "charte des valeurs québécoises" basée sur la laïcité et l'égalité entre les hommes et les femmes, a qualifié d'"inacceptable" la suspension de la fédération québécoise et ajouté que cette dernière avait le droit d'établir "ses propres règlements".

Le président de l'Impact de Montréal, l'équipe locale de la Major League Soccer (MLS, championnat nord-américain), Joey Saputo, est intervenu dans le débat. "Personnellement, je pense qu'on ne devrait pas empêcher un enfant de jouer au football au niveau mineur parce qu'il porte un turban", a-t-il dit. "Toutefois, je comprends la décision de la Fédération du Québec qui a été prise selon un règlement de la FIFA" qui, selon lui, laisse "place à interprétation". Dans ce contexte, la décision de l'Association canadienne est "nettement exagérée", a-t-indiqué en appelant "toutes les instances en cause" à "trouver un terrain d'entente pour le bien du sport".

11 juin 2013

La laïcité Parole de musulmane

La laïcité

Parole de musulmane

Une arme secrète contre l’Islamophobie…

Une arme secrète contre l’Islamophobie…

Oumzaza, le 11 juin 2013

Têtes de porc, sang de porc, tags haineux et racistes, voici un échantillon de ce que doivent supporter les fidèles des mosquées de France en 2013. Il existe aussi des communes comme Nice et Montrouge hier, ou Epinay sur Seine aujourd’hui, qui peinent à avoir un lieu de culte décent, ou qui en avait un mais se le voit confisqué de manière arbitraire, c’est à dire sans véritable raison. Découvrez la dernière vidéo d’Islamotion TV, donnant la parole aux fidèles de la mosquée d’Épinay-sur-Seine, victime d’une décision injuste :

Au-delà des mosquées

Les mosquées, les tombes de nombreux défunts musulmans, quelques commerces… sont les dommages matériels à déplorer aujourd’hui. Mais pas que. Plus triste encore, les êtres humains humiliés, insultés, agressés. Ces hommes peinant à trouver du travail, ces femmes dont on nie l’intelligence parce que leur cerveau se trouve dans leur tête, celle qu’elles cachent sous ce foulard tabou pour une société laïcarde et complexée par sa propre identité religieuse. Ces mêmes femmes qui représentent aujourd’hui en France plus de 90% des victimes d’islamophobie. Agressées verbalement ou physiquement, ces victimes sont trop nombreuses pour excuser le silence des télévisions et des radios. Seuls les médias alternatifs relatent les faits.

Marwan Muhammad, porte parole du Collectif Contre l’Islamophobie de France a écrit récemment une très jolie lettre pour les femmes musulmanes : lettre à ma sœur. Une lettre empreinte de douleur, de tristesse, mais également de courage et d’optimisme. Les musulmans de France sont, et seront si Dieu le veut. Nous aspirons tous à une vie meilleure, une cohabitation dans la Paix et le respect mutuel. Ce fossé creusé par les politiques et les médias a réussit à nous faire croire qu’il existait des communautés qui ne pouvaient s’intégrer à la société française. Alors que la société elle-même prouve le contraire.

Action, réaction !

Nous sommes contraints aujourd’hui d’agir, et ce afin de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Agir en dénonçant les actes islamophobes auxquels nous sommes témoins ou victimes, et ce pour asseoir nos droits inaliénables, les mêmes que pour n’importe quel citoyen français. Ni plus, ni moins.

Nous apprenions hier sur le site d’Al Kanz que le CCIF lance très prochainement une application mobile, destinée à suivre l’actualité, mais également suivre l’évolution de l’islamophobie en France, avec une carte interactive permettant de localiser les actes islamophobes géographiquement. L’application permettra surtout à tout un chacun la déclaration on line de toutes agressions verbales ou physiques, et d’y joindre une photo. Grâce à de nombreux conseils qui seront disponibles sur l’application, nous aurons en poche une arme secrète : une défense légitime, loyale et légale.

Force est de constater que nous ne pouvons pas compter sur le corps médiatique classique aujourd’hui (à lire : Quand le coupable est musulman…). Preuve en est, l’inconscience collective dans laquelle est plongée tout citoyen lambda (parfois même musulman). Lorsque nous relatons un fait comme ceux cités ci-dessus, nous reconnaissons immédiatement ceux qui achètent le Parisien, le Figaro, et ceux qui sont connectés aux sites tels qu’Ajib.fr, Al Kanz, Katibîn, Question halal… A nous de nous faire entendre à travers ce corps médiatique uni et alternatif ! Avec un bon comportement en prime, nous travaillons aujourd’hui pour nos enfants, et nos petits enfants, pour un vivre ensemble digne et respectueux. La reconnaissance que nous espérons ne sera peut-être pas nôtre, espérons qu’elle appartiendra à nos enfants, et que nos efforts leur profiteront. Qu’ils ne sentiront plus cette pression étouffante, cette impression d’être chez soi sans être réellement chez soi. C’est à nous, ACTION !

12 mai 2013

La liberté d’expression aux USA

La liberté d’expression aux USA

Un jeune facebookiste risque 20 ans de prison pour avoir crié sa colère contre le gouvernement

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Par Ahmed Halfaoui, le 11 mai 2013

Les twitteristes, facebookistes, blogueurs et autres internautes des pays à «régimes dictatoriaux» seraient étonnés de savoir ce qui est arrivé à un jeune lycéen du Massachusetts, aux Etats-Unis. Cameron D’Ambrosion, âgé de 18 ans à peine, encourt une peine de prison de 20 ans. La caution a été fixée à 1 million de dollars. Le chef d’accusation : il a reproduit sur facebook les paroles d’un rappeur, des «menaces terroristes», selon la lecture qui en a été faite. Les paroles en question : «Fuck politics, Fuck Obama and Fuck the government». Des insultes qui expriment un ras-le-bol, sans plus. Pas de quoi égaler la prose prolifique et colorée qui inonde les réseaux des Arabes et assimilés, des Chinois, des Russes, des Iraniens… Mais, aux Etats-Unis, cela relève du crime.

Maintenant, rappelons-nous ce mardi 15 février 2011, où Mme Hillary Clinton, alors chef du département d’État, a déclaré que «ceux qui répriment la liberté sur internet arrivent peut-être à empêcher l’expression pleine et entière des aspirations de leur peuple pendant un moment, mais pas pour toujours». Elle a ajouté, sans sourciller devant son mensonge, que «Les États-Unis soutiennent cette liberté partout et pour tout le monde, et nous avons demandé aux autres pays d’en faire autant». Pour la défense des libertés sur internet, elle a annoncé que ses services allaient ouvrir des comptes twitter en chinois, russe et hindi. Des comptes en persan et en arabe avaient été créés en premier. L’objectif : communiquer directement avec les habitants du Moyen-Orient. Dans le même discours, elle a milité pour les «libertés d’expression, de réunion et d’association en ligne».

En novembre 2008, Mme Clinton a attribué 5 millions de dollars de subventions «à des programmes pilotes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord qui permettront d’accroître les nouveaux médias et les capacités de mise en réseau des organisations de la société civile». Le but étant d’aider les organisations «indépendantes» à travers le monde à «utiliser la technologie numérique». De quoi rassurer Cameron D’Ambrosion, qui n’a pas été concerné par l’aide, puisqu’elle était destinée à d’autres que les jeunes étatsuniens. Un jeune qui a dû être convaincu que ce qui était valable pour le reste du monde était, aussi, valable pour lui.

A l’instar de ceux dont parlait Mme Clinton, certainement dégoûté du régime qui gouverne son pays, il a pensé à le dire. Un acte ordinaire, si l’on se réfère aux millions de «posts» qui émaillent le Web. Pas de quoi se faire même pas réprimander. Erreur fatale. Il ignorait au plus haut point et le cynisme du gouvernement étatsunien et sa conception particulière des libertés publiques.

Il ignorait, à coup sûr, qu’il vivait sous un État d’exception, consacré par le «USA Patriot Act» et sa section 802 qui traite du «Domestic Terrorism», qui autorise les services de renseignements et les forces de l’ordre à assimiler le moindre écart politique à un acte terroriste. C’est ce qui est arrivé. Mais, si le cas de Cameron a pu filtrer dans quelques sites, combien d’autres restent ignorés du grand public ? On n’en saura rien au pays de la liberté et des droits de l’homme.

18 mars 2013

L’interdiction du voile intégral dans l’espace public devant le Tribunal Suprême espagnol

L’interdiction du voile intégral dans l’espace public devant le Tribunal Suprême espagnol

Fernando Arlettaz, le 15 mars 2013

... Dans son arrêt du 6 février 2013, ce fut au tour du Tribunal Suprême espagnol de se prononcer sur le sujet. Pour mieux saisir les particularités du cas en droit espagnol, nous avons pris le parti de ne pas traduire certains mots correspondant à des institutions juridiques précises. Ainsi, le mot espagnol Ayuntamiento est maintenu pour faire référence à l’autorité municipale dont l’activité est essentiellement régie par la Ley 7/1985 Reguladora de las Bases del Régimen Local (loi sur les bases du régime municipal)... 

Le contentieux porté devant le Tribunal suprême espagnol a surgi dans un contexte spécifique en Espagne, les interdictions visant la dissimulation du visage dans l’espace public ayant été le fruit d’initiatives locales (1°). Dans ce cadre, se posait donc la question de la compétence des Ayuntamientos pour adopter, au niveau municipal, de telle mesures touchant aux droits fondamentaux (2°). Mais le présent contentieux offrait surtout l’occasion au Tribunal suprême espagnol d’encadrer, à l’aune de la liberté de conscience et de religion, les conditions dans lesquelles les autorités publiques seraient susceptibles de restreindre voire d’interdire la dissimulation du visage dans l’espace public (3°).

Le voile islamique dans le contexte espagnol

La controverse publique autour du voile islamique en Espagne a une histoire plus brève que celle d’autres pays européens, en raison notamment du caractère plus récent de l’immigration musulmane. Les premiers cas controversés sur l’utilisation du voile concernaient des élèves de collèges et de lycées qui revendiquaient, elles et leurs familles, le droit à porter un voile pendant les cours. Tels sont par exemple les cas des jeunes Fatima, en 2002, et Najwa, en 2010 (voir les informations de presse : La Comunidad de Madrid obligará a escolarizar a la niña a pesar del pañueloEl País du 17 février 2002 ; Najwa, fuera de clase en Pozuelo por cubrirse la cabeza con ‘hiyab’El País du 16 avril 2010; La justicia examinará la expulsión de Najwa de un colegio por llevar ‘hiyab’El País du 3 septembre 2010). Les affaires de ce genre ont trouvé une solution soit par des décisions des autorités éducatives locales, soit par des compromis au niveau des établissements eux-mêmes.

En 2010, le Sénat espagnol a adopté une proposition qui incitait le gouvernement à promouvoir les réformes législatives et réglementaires en vue d’interdire les vêtements qui dissimulent le visage dans les espaces publics. Cette proposition n’a jamais été mise en exécution par le Gouvernement. Hormis une valeur symbolique, elle n’implique donc aucune contrainte juridique.

À la même époque, plusieurs Ayuntamientos ont adopté des dispositions locales visant à interdire la dissimulation du visage dans les établissements municipaux. La plupart de ces Ayuntamientos se situent dans la Communauté Autonome de Catalogne, et parmi eux Lérida. Le 8 octobre 2010 l’assemblée plénière de l’Ayuntamiento de Lérida a adopté une ordenanza modifiant l’Ordenanza Municipal de Civismo y Convivencia (règlement général sur le vivre ensemble). Selon cette modification, «les règlements spécifiques sur les services publics et sur l’utilisation des bâtiments et des équipements municipaux […] pourront limiter ou interdire l’accès ou la permanence dans les espaces ou locaux destinés à un tel usage des personnes portant le voile intégral, des passe-montagnes, des casques intégrales ou d’autres vêtements ou accessoires qui empêchent ou gênent l’identification et la communication visuelle des personnes […]».

(...)

Une association d’immigrants musulmans, l’Asociación Watani por la Libertad y la Justicia, a introduit une action en justice contre ces modifications au moyen de la procédure de protection des droits fondamentaux prévue dans la Ley 29/1998 de 13 de julio Reguladora de la Jurisdicción Contencioso Administrativa (loi sur la juridiction contentieuse administrative). L’action ne concernait pas toutes les réformes globalement considérées, mais seulement les réformes en tant qu’elles étaient relatives au port du voile intégral. Le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne a rejeté la demande, et l’association s’est donc pourvue en cassation devant le Tribunal Suprême.

Un problème de compétences étroitement lié au respect des conditions de limitation d’un droit fondamental

Le premier point mis en exergue par la demanderesse en cassation, mis à part certains motifs de type formel qui ont été rejetés par le Tribunal, était celui de la compétence des Ayuntamientos pour adopter des dispositions qui touchent aux droits fondamentaux.

Or, selon le Tribunal Suprême, la question de la compétence de l’Ayuntamiento de Lérida pour adopter l’ordenanza et les reglamentos mentionnés ci-dessus ne peut pas être séparée de la question de fond concernant la validité d’une telle activité normative à l’égard des droits fondamentaux garantis par la Constitution et par la Convention Européenne. En effet, l’Ayuntamiento n’invoquait pas une compétence spécifique pour la réglementation directe de la liberté idéologique et religieuse, compétence qu’il n’a pas et qui revient au pouvoir législatif par la loi selon les termes clairs de l’article 53 de la Constitution. Il invoquait en revanche une compétence pour la réglementation de matières à caractère typiquement municipal, comme c’est le cas des conditions d’accès et de permanence dans les espaces municipaux, qui touchait indirectement aux conditions d’exercice d’un droit fondamental.

Le Tribunal Suprême espagnol insiste sur le fait que l’Ayuntamiento n’a pas exercé une activité de réglementation d’un aspect accessoire d’un droit fondamental, comme le laisserait entendre l’arrêt du Tribunal Supérieur de Catalogne, mais une activité de réglementation de matières propres, dans les limites des compétences qui lui sont attribuées par la Constitution et par la LBRL, et qui, alors, dans ce cadre, touche accessoirement à un droit fondamental. Il fallait donc analyser si l’exercice que l’Ayuntamiento a fait de ses compétences s’en tenait aux limites constitutionnellement imposées...

La suite : Fernando Arlettaz

 

16 mars 2013

La pédophilie doit être traitée comme une "maladie" et non comme un crime, dit un cardinal

La pédophilie doit être traitée comme une "maladie" et non comme un crime, dit un cardinal

La Libre Belgique, le 16 mars 2013

Le cardinal sud-africain Wilfrid Napier a affirmé que les pédophiles devaient être traités comme des "malades" et non comme des criminels, dans une interview à la BBC diffusée samedi.

"D'expérience, la pédophilie est vraiment une maladie, ce n'est pas un problème criminel, c'est une maladie", a dit l'archevêque de Durban, l'un des participants au conclave qui a élu mercredi soir le pape François. "C'est une maladie psychologique. Que faites vous avec les maladies ? Vous devez essayer de les guérir. Si moi, en tant qu'individu normal, je choisis sciemment de violer la loi, je dois être puni", a poursuivi le responsable religieux âgé de 72 ans, connu pour ses positions conservatrices.

Au début des années 2000, il avait été critiqué pour sa passivité face à un scandale de prêtres pédophiles, en refusant d'expulser les coupables de l'Eglise sud-africaine. Le cardinal a indiqué qu'il connaissait deux prêtres qui avaient été victimes d'abus sexuels dans leur enfance et qui étaient ensuite eux-mêmes devenus pédophiles. "Ne me dites pas que ces personnes sont pénalement responsables au même titre que quelqu'un qui choisit de faire cela", a-t-il dit sur la BBC. "Je ne pense pas qu'on puisse estimer qu'une personne mérite d'être punie quand elle a elle-même été blessée".

Barbara Dorries, agressée par un prêtre pédophile dans son enfance et membre d'un groupe de victimes basé aux Etats-Unis, a réagi à ces propos sur la BBC: "Que ce soit une maladie, peut-être, mais c'est aussi un crime et les crimes doivent être punis, les criminels doivent répondre de leurs actes passés et présents", a-t-elle dit. "Les évêques et les cardinaux se sont donné du mal pour couvrir ces crimes et permettre aux prédateurs de continuer à agir, de ne pas être arrêtés, de garder ces choses secrètes au sein de l'Eglise", a-t-elle dénoncé.

15 mars 2013

La loi anti-nounous voilées est de retour

La loi anti-nounous voilées est de retour

CCIF, le 14 mars 2013

Une proposition de loi identique à celle déposée par la sénatrice Mme Françoise Laborde et les membres du groupe RDSE fin 2011 a été enregistrée à l’Assemblée nationale ce 16 janvier 2013. Il s’agit pour Roger-Gérard Schwartzenberg et le groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste de faire examiner la proposition par la commission des lois et de reprendre la loi anti-nounous voilées.

La proposition de loi votée par le Sénat n’avait pas été reprise par les députés, ceux-ci semblaient avoir pris conscience de l’injustice criante de cette loi. Mais pourtant, rien n’y fait, on souhaite une nouvelle fois stigmatiser la communauté musulmane.

Le CCIF appelle donc les citoyens à une nouvelle mobilisation pour faire barrage à cette loi d’exclusion. L’Assemblée Nationale, passée à gauche, a quant à elle le devoir de rejeter et balayer une proposition qui vise à exclure des citoyennes sous prétexte de faire respecter la laïcité. Cette proposition doit se réduire à ce qu’elle est : une proposition purement islamophobe.

Le CCIF appelle à l’indignation de tous ceux qui s’inquiètent de la voie que prend notre pays, où les idées islamophobes se banalisent jusque dans les plus hautes instances démocratiques. Le CCIF demande donc à tou-te-s les citoyen-ne-s d’écrire à leur député leur indignation afin d’empêcher l’adoption de la loi.

La proposition de loi (n°593) disponible sur le site de l’assemblée nationale

14 mars 2013

Le viol d’une femme de 60 ans, seule et miséreuse, émeut l’Algérie

Le viol d’une femme de 60 ans, seule et miséreuse, émeut l’Algérie

Oumma.com, le 14 mars 2013

A Blida, à 47 km au sud-ouest d’Alger, un odieux fait divers vient cruellement rappeler que le viol est un crime et que sa propagation alarmante en fait un phénomène de société qu’il convient de ne pas minimiser, en rejetant la faute sur la femme, mais bel et bien d’éradiquer, en mettant hors d'état de nuire ses monstrueux auteurs.

L’émotion a étreint les habitants de la «ville des roses» ainsi que tous les Algériens, depuis que l’agression sexuelle dont a été victime une femme de 60 ans, particulièrement fragile et miséreuse, vivant seule avec son enfant handicapée, a été révélée au grand jour.

Proie facile et toute désignée pour le dangereux prédateur sexuel, dénué de moralité et d’humanité, qui l’a repérée, traquée, attaquée et sauvagement violée à son domicile, la malheureuse femme ne doit la vie sauve qu’à ses cris de détresse qui ont alerté ses voisins, lesquels ont immédiatement volé à son secours, la libérant des griffes de son agresseur qui a réussi à fuir devant l’adversité.

Non identifié, comme le précise le quotidien Le Soir d’Algérie, le criminel est dans la nature, une perspective guère rassurante, laissant derrière lui une femme à jamais traumatisée et une population saisie d’effroi.

Loin d’être un cas isolé de l'autre côté de la méditerranée, l’agression abominable subie par cette soixantenaire survient après une véritable hémorragie de violences sexuelles qui a terni l’année 2012, faisant plus de 300 victimes de toutes conditions sociales et de tous âges, les violeurs se livrant à leurs pulsions coupables sur des femmes, jeunes et moins jeunes, célibataires, mariées, divorcées, et mères de famille, sans distinction et sans état d’âme.

«Casse-toi pov'con»

«Casse-toi pov'con»

Devant la justice européenne

AFP, le 14 mars 2013

La Cour européenne des droits de l'Homme doit dire jeudi si la France a bafoué la liberté d'expression en condamnant un homme qui avait brandi une affichette «casse-toi pov'con» en marge d'un déplacement de Nicolas Sarkozy en 2008.

Hervé Eon, un militant de gauche, avait détourné l'invective lancée quelques mois plus tôt par Nicolas Sarkozy lui-même à un visiteur du Salon de l'agriculture qui refusait de lui serrer la main. Au-delà de la question de l'opportunité des poursuites intentées par le procureur de Laval à l'encontre d'Hervé Eon, les juges de Strasbourg auront l'occasion de se prononcer sur la légitimité du délit «d'offense au chef de l'Etat», inscrit dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse et passible de 45'000 euros (55'500 francs) d'amende.

Dans le cas d'Hervé Eon, le parquet avait requis 1000 euros (1234 francs) d'amende, mais le tribunal avait préféré opter pour une peine «de principe» de trente euros avec sursis, un choix confirmé en appel. L'avocate d'Hervé Eon, Me Dominique Noguères, y voit elle aussi «une question de principe». «Même si la condamnation a été très légère, il est ahurissant que ce monsieur ait été arrêté et poursuivi en justice» pour offense au chef de l'Etat, estime l'avocate, rappelant que «le nom du président de la République n'était même pas cité» sur la pancarte litigieuse.

Les juges de Strasbourg avaient déjà poussé la France à abroger en 2004 un délit similaire, celui «d'offense à chef de l'Etat étranger». Dans un arrêt de 2002 concernant le quotidien «Le Monde», ils avaient en effet estimé qu'il revenait «à conférer aux chefs d'Etats étrangers un privilège exorbitant», car leur seul statut leur permettait de se soustraire à la critique. Un argument repris par les détracteurs du délit d'offense au chef de l'Etat, qui y voient une survivance du crime de lèse-majesté et ont tenté à plusieurs reprises de l'abroger, au Sénat et à l'Assemblée nationale.

13 mars 2013

La disparition forcée au Maroc : Houcine El Manouzi

La disparition forcée au Maroc

Houcine El Manouzi 

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L’AMBDH est une association de défense des droits humains aussi bien en Belgique qu’au Maroc. Elle n’obéit à aucune idéologie politique et est totalement indépendante de tout parti ou mouvement politique que ce soit au Maroc ou en Belgique.

Elle a été fondée il y a 23 ans, en octobre 1990, par un groupe de militants démocrates marocains venant d’horizons politiques et syndicaux divers (du Maroc et de Belgique) convaincus par la nécessité d’unir leurs forces et leurs convictions démocratiques pour lutter efficacement contre les violations graves des droits humains qui sévissaient au Maroc pendant les années de plomb et les discriminations dont étaient victimes les immigrés en Belgique et en Europe.

L’AMBDH a le statut juridique d’asbl (association sans but lucratif) et fonctionne conformément à la législation belge en la matière.

Outre les prises de position et les communiqués qu’elle publie, à chaque fois que nécessaire, l’AMBDH contribue également à la sensibilisation, la formation et la mobilisation des citoyens marocains, toutes générations confondues, hommes et femmes, par l’organisation périodique de colloques, conférences débats, meetings et séminaires.

Contacts et renseignement:

Courriel: ambdh.2@skynet.be