09 juin 2012

Le régime islamo-conservateur turc se radicalise…

Le régime islamo-conservateur turc se radicalise

L’Expression, le 09 Juin 2012

L'Union européenne s'inquiète d'atteintes aux libertés en Turquie, et à mots couverts, des diplomates notent une radicalisation du régime islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

«Une série d'orientations récentes montre que la tendance conservatrice tient la corde, et n'a pas d'opposition», note Marc Pierini, ancien chef de la délégation de l'Union européenne à Ankara.

Jeudi à Istanbul, le commissaire en charge de l'élargissement de l'UE, Stefan Füle, a appelé la Turquie, candidate à l'adhésion, à poursuivre les réformes.

Et, a-t-il ajouté, «j'ai profité de cette réunion pour exprimer nos inquiétudes concernant les mises en détention croissantes de députés, universitaires et étudiants et à propos de la liberté de la presse et des journalistes

Une centaine de journalistes sont en détention, selon les défenseurs des droits de l'Homme, de même que des dizaines de militaires accusés de complot. Jean-Maurice Ripert, qui a succédé il y a cinq mois à M. Pierini, a adressé une critique remarquée à M. Erdogan, pour ses déclarations sur l'avortement. «Certains hommes politiques ont fait des comparaisons qui ne sont pas appropriées», a-t-il reproché fin mai.

«Chaque avortement est un Uludere», avait lancé le dirigeant turc, allusion à la mort en décembre de 34 villageois d'Uludere (sud-est), bombardés par erreur par l'aviation turque qui les avait pris pour des rebelles kurdes.

Le gouvernement veut faire voter un projet de loi réduisant la période de grossesse pendant laquelle l'avortement est autorisé de dix à six ou quatre semaines. Des milliers de femmes ont manifesté contre ce texte, dans un pays où l'avortement est autorisé depuis 1965.

25 avril 2012

L'islamisme est-il soluble dans le glamour ?

L'islamisme est-il soluble dans le glamour ?

Le Soir, le 25 avril 2012

Créé en juin 2011, le mensuel Âlâ - "beauté", en ottoman - s'est déjà fait une place parmi les magazines féminins. Il tirait par exemple à 20.000 exemplaires en janvier, un peu moins que les versions turques de Cosmopolitan, Vogue et Elle (27.600, 25.800 et 21.700 respectivement) mais plus que Marie Claire (18.600). Dans ses pages au papier luxueux, le magazine propose des photos de mannequins professionnelles et amateurs, vêtues selon les canons de la mode "tesettür" (voilée): foulard, robes longues, formes effacées, bras couverts ; mais aussi conseils santé, entretiens avec des célébrités ou encore pages voyage.

Âlâ ne cache pas un certain militantisme : "Voilée is beautiful" clame une de ses publicités, scandant en sous-titre "ma voie, mon choix, ma vie, ma vérité, mon droit". Mais ces slogans semblent davantage un hommage aux luttes du passé, quand la laïcité, en vigueur en Turquie, était appliquée avec toute sa rigueur et que le port du foulard islamique était interdit dans les universités et la fonction publique. Rédactrice en chef d'Âlâ à 24 ans, Hülya Aslan, a connu ces temps difficiles. A cause de son foulard, elle a été contrainte de renoncer à l'enseignement supérieur et trouver un travail dans la banque, quand certaines de ses amies choisissaient de porter une perruque pour contourner un règlement draconien anti-islamiste. "Maintenant, il y a une normalisation, une amélioration. Désormais, nos camarades voilées peuvent entrer à l'université et ont davantage d'opportunités professionnelles. Depuis cinq ou six ans, on peut dire qu'on a passé le cap", affirme la jeune femme.

Avec un gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002, la laïcité est en effet devenue une notion plus élastique et les foulards ne sont plus vraiment ostracisés: la femme du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et celles de nombreux ministres le portent. Dans les milieux pieux, l'heure est à l'affirmation de soi, et le monde de la mode a compris qu'il y avait là un marché porteur - d'autant qu'environ trois femmes sur cinq en Turquie portent un foulard ou un voile. Et le magazine, créé par deux publicitaires, entend bien profiter de cette vague de fond, qui lui assure de confortables revenus publicitaires

22:52 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Médias, Turquie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16 avril 2012

Un député PS bruxellois en service militaire en Turquie

Un député PS bruxellois en service militaire en Turquie

Député bruxellois et soldat turc, un nouveau cumul autorisé en Belgique

Par Mehmet Koksal, le 26 août 2010

Durant le mois de juillet 2010, le député socialiste bruxellois Emin Özkara (PS) s’est rendu en Turquie pour effectuer un service militaire de 21 jours dans le camp de formation militaire de Burdur. Dispensé de service militaire en Belgique depuis la création d’une armée professionnelle, le mandataire belgo-turc qui désire garder sa double nationalité est forcé d’effectuer, avant ses 38 ans, un service militaire de 21 jours s’il accepte de payer la somme de 5.112 euros au Trésor turc. S’il ne veut pas payer cette somme lui permettant d’effectuer un service militaire réduit à Burdur procurant d’importantes devises (dövizli askerlik) aux forces armées de la République de Turquie , il devra prester 15 mois de service militaire dans la région du choix de l’état-major. Ce système de dövizli askerlik est perçu en Turquie comme une faveur payante (5.112 euros) accordée aux citoyens turcs résidant à l’étranger qui échappent ainsi à un service dans les zones de conflit à la frontière turco-irakienne.

Pendant la formation militiare, tout soldat (dont Emin Özkara) prête le serment suivant :

En paix ou en guerre, sur terre, sur mer ou dans les airs, toujours et partout, à mon peuple et à ma république, je jure de rendre service de manière juste et sincère, obéir aux lois et à l’ordre, défendre l’honneur de l’armée et la fierté du drapeau turc en les considérant plus importants que ma vie, de sacrifier avec plaisir ma vie le cas échéant à la patrie et à la république.

Tout soldat turc perçoit également une indemnité (quelques dizaines d’euros) qu’il lègue généralement à une fondation de l’armée turque. La perception de ce montant créé un cumul financier qui devrait logiquement (au moins) figurer dans la déclaration des mandats et de patrimoine du mandataire belge.

Un soldat turc travaillant dans un cabinet ministériel belge

Emin Özkara n’est pas le seul mandataire belgo-turc ayant effectué un service militaire dans son pays d’origine pendant l’exercice d’un mandat public en Belgique. Avant lui, l’ex-député fédéral Cemal Cavdarli (LDD, ex-SP.A) avait effectué son service militaire pendant les vacances parlementaires belges. Sevket Temiz (conseiller communal PS à Bruxelles-Ville, ex-MR à Schaerbeek) s’est également rendu en 2009 pour finaliser son service militaire en Turquie, de même que notamment Sadik Köksal (MR à Schaerbeek). Le cas le plus mystérieux reste celui d’Emir Kir (PS), secrétaire d’Etat bruxellois, qui à cause de son âge ne peut théoriquement plus échappé au service militaire mais M. Kir bénéficierait d’une dispense spéciale, d’après des mandataires locaux à Emirdag, accordée par le Président turc Abdullah Gül en échange de propagande en faveur du parti gouvernemental islamo-conservateur AKP.

Il n’y a pas de cas rapporté de député turc ayant effectué un service militaire dans un pays étranger pendant l’exercice de ses mandats.

16 mars 2012

Arno Klarsfeld veut un mur entre la Grèce et la Turquie

Arno Klarsfeld veut un mur entre la Grèce et la Turquie

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Le Matin, le 13 mars  2012

Arno Klarsfeld, président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFFII) a proposé lundi de construire un mur de 130 km entre la Grèce et la Turquie, pour contrer l'immigration illégale.

M. Klarsfeld intervenait sur BFM TV après que le président-candidat Nicolas Sarkozy a menacé dimanche de sortir, s'il était élu, la France des accords de Schengen sur la libre-circulation dans l'UE afin de lutter contre l'immigration clandestine qu'il estime mal contrôlée par certains pays européens.

«Entre les Etats-unis et le Mexique, il y a une grande barrière sur toute l'étendue du territoire, avec des patrouilles qui patrouillent sans cesse», a déclaré M. Klarsfeld, qui débattait avec Patrick Weil, historien spécialiste de l'immigration et directeur de recherche au CNRS. «C'est ce qu'il faut faire aux frontières européennes, c'est-à-dire en Grèce», a-t-il ajouté, précisant que ce mur devrait faire «130 km». Soulignant qu'il y avait «une Europe prospère» et «le reste du monde qui a les guerres, qui souffre, qui a des privations, etc», il a dit : «il faut que les gens ne puissent pas passer en tout les cas, il faut pouvoir décider de qui rentrer».

Patrick Weil a rétorqué que l'immigration illégale aux Etats-unis s'établissait «entre 12 et 15 millions», contre «entre 2 et 400.000» en Europe. Interrogé pour savoir comment ériger le mur, M. Klarsfeld a répondu : «un mur c'est fait avec des fils, des barbelés, un mur quoi, comme à Rome, il y avait un mur. La paix a duré quatre siècles». «Sinon dans cinq ans, au deuxième tour (de l'élection présidentielle), ça ne sera pas Sarkozy-Hollande, mais Le Pen-Melenchon», a-t-il répliqué.

Pour M. Klarsfeld il s'agit de «bon sens». «S'il y a un espace qui est libre et s'il y a une porte entrebâillée, il est nécessaire qu'elle soit refermée et que les citoyens européens qui ont quand même depuis des générations bâti l'Europe (et qui) aujourd'hui ont la paix, les régimes sociaux, une Europe apaisée et relativement prospère, décident de qui vient sur son territoire».

23:09 Écrit par Rachid Z dans Sans-papiers, Turquie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

29 février 2012

Recompositions des populations turques en France et en Allemagne

Recompositions des populations turques en France et en Allemagne

Par Maïtena ARMAGNAGUE* , le 01 juillet 2007

L’immigration turque, apparue dès les années 1960 en Europe (en Allemagne, en France, en Belgique et aux Pays-Bas) a connu des restructurations ayant pour effet une recomposition de son identité et du jeu politique de la Turquie. La logique de la migration a conduit à la formation d’une organisation de type diasporique, par l’importation en Europe des conflits et des tensions propres à la Turquie par le biais d’organisations politiques et religieuses.

L’Allemagne et la France sont les deux principaux pays d’accueil des immigrations turques; nous observerons, dans ces deux pays, les recompositions de ces communautés. Dans la tradition sociopolitique française à la fois humaniste et assimilationniste, l’immigration turque interroge la communauté scientifique et politique car elle se constitue sur une base communautaire, c’est-à-dire ethnique. De ce fait, l’immigration turque demeure, pour Michèle Tribalat, une «exception», au modèle républicain. En Allemagne, les politiques d’intégration, pourtant plus promptes à reconnaître les attributs minoritaires (religieux notamment), n’ont pas suscité l’acculturation systématique des populations turques au sein de la société. Il s’agira donc d’observer, en France et en Allemagne, les étapes de la construction de l’identité turque immigrée. Nous étudierons, dans ces deux pays, l’évolution des relations entre les minorités turques et l’Etat turc et les rôles joués par les agents communautaires (associations, organisations politiques et religieuses) dans cette évolution.

L’organisation communautaire

L’immigration turque en Europe a pour origine la concomitance de deux mouvements: le besoin de main d’œuvre dans les pays d’Europe occidentale durant les Trente glorieuses et les restructurations économiques et démographiques ayant lieu au même moment en Turquie. L’exode rural nourrissant le sous-prolétariat urbain des grandes villes turques, les pouvoirs publics turcs profitent des besoins en main d’œuvre des pays occidentaux pour diminuer le nombre de demandeurs d’emploi en envoyant ces «surnuméraires» au-delà des frontières et des responsabilités sociales nationales [1].

A ses débuts, l’immigration turque en Europe correspond au modèle allemand du Gastarbeiter (travailleur-invité dont la présence est temporaire); elle est caractérisée par l’entrée sur le territoire de travailleurs venus seuls pour accumuler un capital afin d’améliorer leur situation au retour. Cette première étape ne dure pas. Si un certain nombre de ces hommes est effectivement reparti en Turquie [2], la fermeture des frontières et le regroupement familial ont accéléré l’avènement de la seconde phase du processus d’immigration. Plus familiale, elle s’installe dans le temps; le projet de retour définitif en Turquie est abandonné.

Le regroupement familial va reconfigurer l’immigration turque: le lien à l’origine n’est plus aussi évident que lorsque femme et enfants sont restés sur la terre natale. Les Turcs vont donc soit s’assimiler progressivement, à la manière de la plupart des minorités ethniques qui les ont précédés, soit entretenir la logique migratoire de l’extranéité alors même que les familles ne sont plus géographiquement déchirées. C’est cette deuxième voie que les migrants turcs ont valorisée en recréant une «Turquie de l’extérieur» construite à partir de multiples réseaux d’appartenance politique et religieuse. Formés autour de la famille élargie et de la région d’origine, ils organisent concrètement l’immigration. Leur fonction essentielle est la préservation de la logique migratoire; ils tendent donc à demeurer hermétiques et homogènes culturellement, notamment grâce aux stratégies matrimoniales.

L’émergence d’une organisation diasporique (construite à partir d’organes communautaires internationalisés) n’a été possible que parce que les Turcs disposaient d’une vie associative et religieuse dynamique et de solides ressources économiques par le biais de l’ethnic business. L’Etat turc s’est, dans ce cadre, progressivement désinvesti de la structuration des communautés turques d’Europe.

L’organisation diasporique: l’affranchissement d’un Etat tutélaire dès la fin des années 1980

La diaspora repose sur une autonomie à l’égard de l’Etat du pays d’origine, elle vise à reconfigurer la politique intérieure au sein de celui-ci et s’installe dans la durée. Dans les premières étapes du processus migratoire, les immigrés demeuraient sous la tutelle d’Ankara qui organisait la migration, considérant la population immigrée comme une extension de la population nationale. Progressivement, les migrants sont parvenus à construire leur autonomie vis-à-vis de la puissance publique turque.

L’identité turque immigrée repose sur une interpénétration entre conscience religieuse et conscience nationale. Dans les premières étapes du processus migratoire, cet équilibre est garanti par l’Etat qui répond aux besoins cultuels et d’éducation des migrants. L’école turque (dispositif d’Enseignement en Langues et Civilisations d’Origine dont les instituteurs sont fonctionnaires d’Ankara) et le Dyianet, ministère des affaires religieuses (ses imams et ses associations), sont autant d’instruments de l’Etat-animateur de la migration. Mais cette animation est le fait d’une puissance parfois autoritaire qui parvient de moins en moins à s’adapter aux attentes et aux préoccupations nouvelles de populations dorénavant implantées dans des sociétés urbaines et non-musulmanes. Alors, ce qui peut apparaître comme de la «propagande kémaliste» à l’école turque ou une «censure» de l’islam au Dyianet est remis en cause par une partie de la population. Apparaissent des organisations politiques ou religieuses (ultranationalistes ou islamistes) concurrentes directes d’Ankara pour le culte et l’instruction des jeunes générations. Ces instances participent à la dé-légitimation de l’Etat aux yeux de leurs membres. Les «Turcs d’Europe» jouant un rôle non négligeable sur la scène politique intérieure turque, le véritable enjeu manqué par l’Etat est de ne pas les avoir laissés prendre leur autonomie, ce qui lui aurait permis de se prémunir contre les oppositions recomposées dans l’immigration. Face aux questionnements intérieurs et extérieurs des fondements kémalistes de l’Etat et des dérives de l’Armée, l’identité turque est investie par des organisations radicales qui ont su s’imposer comme nouveaux agents de structuration des communautés d’Europe.

Les nouveaux agents communautaires

Il existe une interdépendance entre les évolutions politiques en Turquie et les activités politico-religieuses des migrants [3]. Celles-ci peuvent viser la conquête de libertés ou remettre en cause la Constitution (garantie par l’Armée) et son principe fondamental: la laïcité. Nombre d’associations turques en Europe sont ainsi rattachées à des partis politiques en Turquie ou à des confréries.

Les ultranationalistes

En Europe, l’association Türk Kültür ve Sport Dernegi (Association sportive et culturelle turque), directement liée au MHP (le Parti nationaliste du mouvement) d’extrême droite, ne perd pas en dynamisme. Les militants du MHP sont les Loups gris. En dépit de sa partition interne, le MHP recomposé représente une force politique à part entière depuis les résultats électoraux de 1995 et de 1999 où il est arrivé en deuxième position après le Parti socialiste (DSP). Les Loups revendiquent leur appartenance à un panturquisme radical. Ils ont su séduire des jeunes qui, en réaction au contexte européen et français de rejet de l’adhésion de la Turquie dans l’Union, de crispation autour des problématiques arméniennes, kurdes et chypriotes et aussi de la vie amère dans certaines zones urbaines paupérisées, ont développé une «ethnicité fière» [4] construite sur un nationalisme patriotique. En Allemagne comme en France, le MHP dispose de lieux associatifs et de culte en concurrence avec ceux de l’Etat turc.

La percée islamiste

Fort de son premier grand succès électoral aux élections de 1991, le parti islamiste [4] devient une force politique incontournable en Turquie. En 1993, il remporte les élections municipales à Istanbul et à Ankara et les législatives de 1995. En 2002, l’AKP est le premier parti turc.

En 1993, Milli Görus (Vision nationale) est créé en France après avoir été fondé en Allemagne; il est attaché à la ligne de M.Erbakan du parti islamiste turc dont il est la version occidentale. Il est caractérisé par sa doctrine anti-kémaliste et teintée d’antisémitisme. Il anime une vie associative dynamique, met à disposition de ses adhérents un fonds funèbre, des lieux de culte et des imams, du soutien scolaire et des centres culturels et d’études théologiques. Il vient donc, lui aussi, se substituer aux activités de l’Etat et développe une approche politique de la religion.

Par un jeu de surenchère politique, la force de l’islamisme conduit à un durcissement des positions kémalistes. En 2002, si l’AKP est en tête, c’est le CHP, parti créé par Atatürk, qui arrive en deuxième position, ce qui révèle une vie politique turque crispée sur les questions du Kémalisme et de l’islamisme, crispations que l’on retrouve en immigration dans la concurrence entre les diverses organisations.

Les confréries orthodoxes

Prohibées par la République turque en vertu de la Constitution et du code pénal réprimant les activités anti-laïques, des confréries islamiques (Nurculuk et Süleymanci) se sont reconstituées dans l’immigration sous forme d’associations. Elles ne s’inscrivent pas dans la sphère politique mais peuvent l’influencer. Ces organisations, avec leurs lieux de culte, leurs enseignements coraniques, leur soutien scolaire, produisent une banalisation de l’islam rigoriste et une course à la vertu sur le marché spirituel. Les jeunes générations y sont plus sensibles, car elles en sont les premières cibles.

Les communautés turques d’Allemagne et de France s’affranchissent de l’Etat turc de manière parfois problématique du fait de la radicalité de certains agents communautaires. Pourtant, la construction nécessaire d’une culture et d’un islam turcs dans les sociétés d’Europe est aussi le fait d’organisations telles Milli Görus qui participent à l’existence strictement européenne de la «communauté» en lui créant un certain espace de liberté. D’autres initiatives plus spontanées, indépendantes politiquement et non radicales existent mais restent encore minoritaires; elles sont néanmoins un enjeu décisif pour l’avenir des populations turques d’Europe. La clé de cette évolution se trouve notamment dans les modalités d’intégration des secondes générations.

Notes : 

* Doctorante en Sociologie à l'Université de Bordeaux 2, chercheure au LAPSAC et au CADIS, en charge de la recherche relative à l'immigration turque en France et en Allemagne pour la Direction de la Population et des Migrations.

[1] L'Allemagne compte 2,1 millions de Turcs, soit près des deux tiers de la population turque immigrée en Europe. La France (deuxième pays d’accueil) compte 208.000 Turcs selon l’INSEE (1999); entre 350.000 et 400.000 selon le Consulat qui comptabilise les titulaires de la double nationalité.

[2] Establet, R. Comment peut-on être Français? 90 ouvriers turcs racontent, Fayard, 1997.

[3] Rigoni, I, Mobilisations, actions et recompositions. Migrants de Turquie et réseaux associatifs., Thèse de doctorat en Sciences politiques, Paris 8, 2000.

[4] Perroton, J, École et ethnicité. Une relation à double face., Thèse de doctorat de sociologie, Bordeaux 2, 1999.

[5] Refah (1980-1997) devenu le Fasilet jusqu’en 2001, date de sa scission entre le Saadet (ligne d’Erbakan) et l’AKP (ligne d’Erdogan).

03:03 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23 février 2012

L'AKP cherche-t-il à islamiser la société turque ?

L'AKP cherche-t-il à islamiser la société turque ?

Par Aymeric Janier, le 22 février 2012

En habile stratège politique, Recep Tayyip Erdogan cultive savamment l'art du contre-pied. A l'occasion d'une récente intervention devant les députés, le premier ministre turc, issu de la mouvance islamiste, déclarait ainsi vouloir "former une jeunesse religieuse" en adéquation avec "les valeurs et principes de [la] nation". Face aux protestations aussitôt exprimées par l'opposition, il ajoutait même : "Attendez-vous du parti conservateur et démocrate AKP [Parti de la justice et du développement, au pouvoir] qu'il forme une génération d'athées ? C'est peut-être votre affaire, votre mission, pas la nôtre. (...) Vous ne voulez pas d'une jeunesse religieuse, la voulez-vous droguée ?"

Depuis, les propos du chef du gouvernement, réitérés dimanche à l'intention des jeunesses de l'AKP, n'en finissent pas de créer des remous. Certains considèrent cette saillie comme une remise en cause à peine voilée de la laïcité, principe fondateur de la République moderne fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk. Cette crainte, avivée par le succès électoral de l'AKP aux législatives de juin 2011 (49,9 % des suffrages) et la mise au pas de l'armée – gardienne autoproclamée, depuis plusieurs décennies, de ladite laïcité – est-elle fondée ? Historien spécialiste de l'islam turc et directeur de recherches au CNRS, Thierry Zarcone se veut prudent sur la question.

A ses yeux, la déclaration de M. Erdogan s'inscrit avant tout dans le cadre d'une proposition de loi défendue de longue date par l'AKP et destinée à réformer l'enseignement. "En janvier 1998, à la faveur d'un 'coup d'Etat virtuel', l'armée a chassé le parti islamiste Refah [de l'ancien premier ministre Necmettin Erbakan] du pouvoir de coalition. Peu auparavant, en août 1997, elle avait fait voter une loi sur l'éducation qui instaurait un cursus obligatoire de huit ans, dans des établissements laïques. Le but était de contrer les religieux, qui avaient l'habitude de sortir les enfants de l'éducation laïque au bout de quelques années pour les placer dans des lycées religieux où on les formait à la profession d'imam", explique-t-il. Depuis 2002, l'AKP a régulièrement cherché à amender cette loi, sans succès toutefois en raison du poids de l'armée. De ce point de vue, le contexte lui est aujourd'hui plus favorable. "Depuis deux ou trois ans, la puissance des militaires, visés par de nombreux procès, s'est effondrée", souligne M. Zarcone.

LE PASSÉ TROUBLE D'ERDOGAN

Indépendamment des visées prêtées à M. Erdogan en matière éducative, d'autres voient dans son discours une volonté de promouvoir en filigrane l'islam – non pas nécessairement comme outil de revendication politique, mais plutôt comme vecteur privilégié du lien social. "Au cours des dix dernières années, le motif islamique a contribué à une certaine forme de réconciliation sociale. Auparavant, un 'bon et pieux' croyant se situait forcément contre la laïcité. En mêlant dans son discours la référence à l'islam, principalement au niveau individuel, et le respect de la laïcité, l'AKP a réussi à concilier ces deux dimensions, de telle sorte qu'elles ne soient plus antagonistes", argumente Gérard Groc, turcologue et chercheur associé à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (Iremam), qui récuse toute "provocation".

"Erdogan n'aurait rien à y gagner, alors que s'ouvrent les discussions sur une nouvelle Constitution [l'actuelle, héritée du coup d'Etat militaire de 1980, a été ratifiée en 1982]", poursuit-il, n'écartant pas, en parallèle, l'argument électoraliste. En août 2014, pour la première fois, le président ne sera plus élu par la Grande Assemblée nationale de Turquie (Parlement monocamériste), mais au suffrage universel. "Il se peut, de fait, qu'il esquisse dès aujourd'hui, et en pointillé, le portrait du candidat que les électeurs attendent : conservateur mais non dogmatique, intransigeant dans la lutte antikurde et étatiste. Déjà, en prévision des législatives de 2007, il avait infléchi sa ligne, principalement à l'égard de l'Union européenne."

"Plus largement, je pense que ses déclarations sur l'éducation sont aujourd'hui pour lui un motif de campagne visant à consolider l'électorat de l'AKP, qu'il conçoit comme une force politique dominante sur plusieurs décennies", analyse de son côté Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie contemporaine à l'Institut français des relations internationales (IFRI). Une consolidation d'autant plus probable que, selon elle, "la société turque, assez conservatrice, donne des signes de réorganisation des valeurs autour d'un cœur religieux capable de fournir une morale publique de remplacement au kémalisme".

Dans ce contexte, les tenants de la laïcité nourrissent des doutes, pour ne pas dire de franches inquiétudes. "Leur principale peur est de voir émerger des élites qui ne seraient plus formées dans des écoles laïques", avance Thierry Zarcone. Les intentions réelles de Recep Tayyip Erdogan constituent, à leurs yeux, une source légitime de préoccupation. Au sein des cercles kémalistes, et plus particulièrement du Parti républicain du peuple (CHP), le souvenir de 2008 reste vivace. En mars de cette année-là, la Cour constitutionnelle de Turquie avait accepté de lancer une procédure de dissolution à l'encontre de l'AKP pour "activités antilaïques", après que le parti islamiste eut levé l'interdiction du port du voile sur les campus universitaires. Quatre mois plus tard, il avait finalement échappé de peu à la fermeture, six juges sur onze s'étant prononcés pour, le quorum étant fixé à sept.

Les détracteurs les plus fervents du premier ministre n'oublient pas également qu'il a bâti la première partie de sa carrière politique dans l'ombre de Necmettin Erbakan, au sein de formations islamistes – le Parti du salut national au milieu des années 1970, puis le Parti de la prospérité (Refah) à partir de 1983. Pas plus que ses coups d'éclat, comme en 1998, lorsqu'à l'occasion d'un meeting de campagne à Siirt, il avait cité le poète nationaliste Ziya Gökalp : "Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats." Jugés séditieux, ces propos lui avaient valu à l'époque de purger quatre mois de prison pour "incitation à la haine religieuse".

"L'AGENDA CACHÉ", HANTISE DES LAÏQUES

Nombreux sont ceux qui, encore aujourd'hui, estiment que Recep Tayyip Erdogan n'a pas abandonné son "agenda caché", sorte de projet secret visant à imposer un islam hégémonique de manière subreptice, par le biais de réseaux politiques puissants. Un projet auquel contribueraient étroitement les "fethullahci" ou "gülenistes" – du nom de Fethullah Gülen, influent imam exilé aux Etats-Unis que ses opposants n'hésitent pas à qualifier de "Khomeyni turc", prêt à tout pour placer ses fidèles à chacun des échelons de l'Etat.

Aux dires de certains commentateurs turcs, la confrérie, réputée proche du gouvernement bien qu'en désaccord sur certaines questions sociales, serait implantée à divers niveaux, dont la police, la justice, l'éducation et le Diyanet (direction des affaires religieuses). Pour autant, la thèse d'une islamisation rampante divise les experts. "Ce n'est pas impossible. Erdogan a certes toujours dit qu'il se concentrait prioritairement sur l'économie et le politique. Mais il ne faut pas omettre non plus le fait qu'il est issu d'un milieu conservateur et diplômé d'un lycée religieux (imam hatip)", rappelle Thierry Zarcone.

Gérard Groc, lui, n'y croit pas. "Certes, les dirigeants du parti ont pu, par le passé, instrumentaliser la carte islamique, mais aujourd'hui, ils la jouent de manière complètement différente. S'ils pensent qu'une indexation de la vie sociale sur l'islam est quelque chose de valable et même de souhaitable, leur but n'est pas de mettre en place des règles chariatiques [conformes à la loi islamique] aux niveau juridique et politique." Selon lui, le modèle laïque ne serait donc pas en danger. Il en veut pour preuve la tonalité rassurante du discours de Recep Tayyip Erdogan lors de sa tournée "arabe" de septembre en Egypte, en Tunisie et en Libye. Il s'était alors employé à vanter les mérites de la laïcité à la turque, affirmant que "la Turquie était un Etat démocratique laïque où toutes les religions avaient le même niveau".

Le premier ministre turc, néo-converti pragmatique à la laïcité ? Gérard Groc en est convaincu : "Erdogan a compris qu'il lui fallait gérer une pluralité confessionnelle qui est inhérente aux sociétés du Proche-Orient." A cette aune, l'islam ne serait qu'un "marqueur" lié à l'entrée de plain-pied du pays dans l'ère de l'internationalisme. Une façon de cultiver sa différence identitaire, notamment vis-à-vis de l'Occident.

01:23 Écrit par Rachid Z dans Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 février 2012

Sarkozy et Merkel accusés d’être membres de l’Etat profond turc !

Sarkozy et Merkel accusés d’être membres de l’Etat profond turc !

Par Maxime-Azadi, le 06 février 2012

Le parti au pouvoir en Turquie a accusé le président français Nicolas Sarkozy, son homologue juif Shimon Peres et la chancelière allemande Angela Merkel, d’être membres d’Ergenekon, l’état profond turc, tandis que le ministre de l’Intérieur a déclaré ouvertement que le gouvernement veut «libérer» le parti kurde «en le détruisant».

Le gouvernement turc devient de plus en plus hystérique, s’enfonçant dans l’ignorance et la répression aveugle. Des déclarations absurdes, racistes, menaçantes et ridicules se multiplient parallèlement aux arrestations massives qui visent tous les opposants, notamment les kurdes qui ne plient pas devant la répression sauvage

Réagissant aux critiques de l’opposition contre le gouvernement, le vice-président du parti au pouvoir AKP, Bulent Gedikli, a dit que "l’alliance de NeoCon-Ergenekon cherche à créer le chaos, un climat de peur et une crise en Turquie", cité par les médias turcs.

AKP : Sarkozy, Merkel, Peres et Ocalan sont  dans l’équipe de NeoCon-Ergenekon

Accusé d'avoir organisé un coup d'État pour renverser le gouvernement du Recep Tayyip Erdogan, l’organisation Ergenekon, considéré comme «État profond» ou Gladio turc, aurait été démantelé, selon le gouvernement, après l’arrestation de quelques figures déjà connus. Mais selon des sources kurdes, cette organisation kemaliste serait remplacée  par «Ergenekon vert», étroitement lié à la confrérie de Fethullah Gulen, qui vit actuellement sur une parcelle de terrain achetée au milieu des montagnes Pocono en Pennsylvanie aux États-Unis.

Le vice-président d’AKP, parti islamo-conservateur, n’hésite même pas à accuser le président français et la chancelière allemande Angela Merkel d’être membres de cette organisation. «Dans l’équipe de NeoCon-Ergenekon, le directeur technique est Shimon Peres (président de l’État Israël) ; le gardien de but est le chef terroriste Abdullah Ocalan (leader kurde emprisonne sur l’Ile d’Imrali) ; les trois défenseurs : Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Benyamin Netanyahou (premier ministre juif) ; les milieux de terrain: Mehmet Haberal (élu du CHP, en prison dans le cadre de l’affaire Ergenekon), Dogu Perincek (politicien kemaliste et négationniste, en prison), Mustafa Balbay (élu du CHP, en prison), Tuncay Ozkan (journaliste kemaliste, en prison) et Yalcin Kucuk (écrivain kemaliste, en prison) ; les attaquants de l’équipe: Kemal Kilicdaroglu (chef du parti de l’opposition CHP) et Selahattin Demirtas (le co-président du principal parti kurde BDP).»

Paul Auster est ignorant, selon Erdogan

Il s’en est pris aussi à Paul Auster, l’écrivain américain, en le traitant d’ignorant. Le 1e février, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait également lancé des critiques envers l’écrivain américain qui avait expliqué son refus de visiter la Turquie en raison des dizaines de journalistes qui y sont emprisonnés. «Quel homme ignorant tu fais», avait-il dit lors d’un meeting à Ankara.

La Turquie est incontestablement la plus grande prison du monde pour les journalistes avec 105, en majorité des kurdes.

Ministre de l’Intérieur : Nous te libérons en te détruisant

Le 5 février, une autre déclaration hitlérienne tombe, au lendemain de l’arrestation d’une cinquantaine de personnes dont deux journalistes au cours des opérations menées simultanément contre le BDP. Cette fois, c’est le ministre de l’intérieur, Idris Naim Sahin, qui parle à Edirne,  visant directement tous ceux qui demandent la liberté, notamment le parti kurde BDP. "Nous nous efforçons de libérer toi, ta structure, les séparatistes et leurs extensions, en détruisant toi et ceux qui te font parler. C’est ce que nous faisons."

Le même ministre avait déclaré le 26 décembre 2011 que «le terrorisme» est soutenu à travers la peinture, la poésie et des articles, mais aussi par des pratiques artistiques et même scientifiques.  «(…) Il y a un autre pilier de la terreur : terreur psychologique, terreur scientifique. Il y a une arrière-cour qui nourri la terreur. Il y a aussi la propagande (…) Certains justifient la terreur et la soutiennent, à travers la peinture en la projetant sur la toile,  d’autres la reflètent dans la poésie ou en écrivant des articles (…) C’est ainsi qu’ils luttent contre ceux (les forces de l’ordre) qui luttent contre la terreur.»

Déclaration raciste du vice-premier ministre

Les propos racistes viennent du vice-premier ministre, Bulent Arinc. «Il est impossible d’accorder le droit à l’enseignement en kurde, du primaire à l’université. Croyez-vous qu’une éducation en kurde peut être de bonne qualité ? Le kurde est-il une langue de la civilisation ? Nous ne pensons pas l’enseignement en langue maternelle de cette manière» avait-il affirmé, le 3 février, sur la chaine CNN Türk, répondant à une question sur le droit à l'enseignement en langue kurde.

07:58 Écrit par Rachid Z dans Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29 octobre 2011

Les Turques de Belgique se plaignent auprès de l’UE

Les Turcs de Belgique se plaignent auprès de l’UE

"TERÖRE LANET, SEHITLERE SAYGI"

Par Rachid Z, le 29 octobre 2011

A l’appel de plusieurs associations turques*, comme annoncé sur le site Parlemento, quelques 350 personnes, parmi lesquelles le Secrétaire d’État (PS) à la propreté publique Emir Kir, la députée régionale et conseillère communale (CDH) Mahinur Özdemir, l’échevine Nezahat Namli (PS) et le conseiller communal Halis Kökten (CDH), se sont rassemblées ce samedi 29 octobre devant la Commission européenne pour dénoncer le traitement jugé trop complaisant des médias et des autorités européennes à l’égard des «terroristes» kurdes.

Les manifestants de tous âges, de tout genre et de toutes tendances portaient majoritairement leur drapeau national et les slogans comme les chants patriotiques ou les discours étaient prononcés en turc.

*BADD (association pour la pensée d'Atatürk, extrême-gauche nationaliste pro-militariste), EYAD (association des originaires d'Emirdag), président Metin Edeer, ancien conseiller communal Loups Gris (MHP) à Emirdag, UETD Union of European Turkish Democrats (lobby pro-AKP, le parti au pouvoir); secrétaire général Mehmet Alparslan Saygın, Turkish Lady (association de Derya Aliç), AIMEE (association d'Esma Caner à Charleroi)

17:21 Écrit par Rachid Z dans Turquie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Les Kurdes demandent l'aide de l'ONU

Les Kurdes demandent l'aide de l'ONU

Par Demir SÖNMEZ, le 29 octobre 2011

Lors du Congrès National Kurde (KNK) qui s’est tenu à Bruxelles, 21 partis politiques kurdes et 18 organisations civiles se sont rassemblés.

Ils ont voulu que les kurdes déterminent eux-mêmes leur destin, sans condition et ils ont fait un appel à l’Organisation des Nations Unies pour que des forces de paix soient envoyées au Kurdistan.

A cette réunion de solidarité et de rassemblement qui s’est déroulée du 21 au 23 octobre à Bruxelles, ont participé 21 représentants d’organisations politiques, 18 organisations civiles et démocratiques, des politiciens indépendants ainsi que des intellectuels, cette réunion a rassemblé 150 personnes.

Lors de cette réunion qui a duré 2 jours, différents sujets ont été traités tels que : les états aux 4 coins du Kurdistan, l’organisation des kurdes et la politique qu’entreprennent les Etats-Unis et l’Union Européenne envers les kurdes.

Lors des débats pour la question kurde, l’accent a été mis sur les relations et les accords internationaux, les revendications légitimes, les formules de solutions, et la création d’un fond pour la conférence internationale des nations.

Dans le compte-rendu de cette réunion, lors de laquelle des débats ont eu lieu et où des propositions ont été émises, les 22 revendications communes ont été listées.

La 1ère revendication était : «Au Moyen-Orient et dans le Monde, le problème kurde est un problème ethnique, géographique et humain. Il faut que ce problème soit étudié dans ce contexte et il faut qu’il soit résolu d’une façon juste».

QUE L’ORGANISATION DES NATIONS-UNIES ENVOI UNE FORCE DE PAIX

Un appel a aussi été fait aux sociétés internationales pour que la paix soit instauré à l’amiable. Il a aussi été dit dans le compte-rendu : «il faut une solidarité nationale, il faut que des places soient données au sein de l’Organisation des Nations-Unies aux représentants des kurdes et du Kurdistan et aussi que les Nations-Unies joue activement un rôle pour la question kurde».

De plus il a été demandé aux Nations-Unies d’envoyer une «force de paix» dans les régions kurdes de Turquie, d’Iran et de Syrie. Il a aussi été dit que : «la solidarité nationale, est prête à adresser un fond pour ce pas de l’Organisation».

TANT QUE LE PROBLEME KURDE NE SERA PAS RESOLU, LE MOYEN-ORIENT NE POURRA PAS DEVENIR DEMOCRATIQUE

Les organisations kurdes ont adressé un message aux Etats-Unis et à l’Union Européenne en disant clairement que «tant que la question kurde n’est pas résolu, il est impossible que le Moyen-Orient devienne démocratique».

Les organisations kurdes souhaitent que le PKK soit retiré des listes de terroristes et ils souhaitent de plus que, avec en tête Abdullah Öcalan, tous les prisonniers politiques de Turquie, de Syrie et d’Iran soient libérés.

Les organisations kurdes condamnent les opérations orientées vers la région fédérale kurde et souhaite que la population kurde reste en état d’alerte.

Ils ont voulu que la réunion de solidarité et de rassemblement kurde soit organisée 1 fois par an et il a été décidé que les organisations et les personnalités qui n’y participent pas y soient invitées.

Les partis et les organisations qui ont participés à la réunion sont : Kongra Gel, YNK, Zahmetkêş, Zahmetkêşên Serbixwe, Hizbî Sosyalistî Demokrat , Hizbî Şuî, PÇDK, Hizbî Demokratî Kurdistan, Hizbî Demokratî Kurdistanî Îran, PJAK, Partiya Komunistî Kurdistan-KKP, PDK-S, PDK-Pêşverû, PYD, Partiya Çep a Kurd, Yekitiya Parlamenterên Kurdistan, CHAK, Kon-Kurd, Yekitiya Êzîdiyan, Partiya Îslamiya Kurdistan, PDK-Bakûr, PADEK (Partiya azadî û demokrasî ya Kurdistanê).

17:12 Écrit par Rachid Z dans Turquie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09 juillet 2011

Fethullah Gülen : «Il n’y a pas de théocratie en islam»

Fethullah Gülen

«Il n’y a pas de théocratie en islam»

Par Michael Maier, le 08 juillet 2011

Dans un entretien au journal Deutsch Türkische Nachrichten (DTN), le penseur musulman Fethullah Gülen explique en quoi «en islam, il ne peut y avoir et il n’y a jamais eu une domination d’une classe de religieux».

Selon vous, quelle relation l’Etat devrait entretenir avec la religion ?

La pensée moderne voit l’histoire humaine comme un processus général de maturation. Si bien que considérer comme absolue et idéale l’une des étapes de ce processus est contraire à cet esprit de maturation historique. De même que ce qui était idéal hier ne l’est plus aujourd’hui, de même il arrive que ce qui est idéal actuellement ne l’ait pas été dans le passé. Si on avait parlait de démocratie dans sa forme actuelle au Moyen-âge ou durant l’Epoque moderne il est clair que cela aurait paru incongru.

Deuxièmement, la démocratie ainsi que la relation entre l’Etat et la religion propre aux démocraties modernes ne se sont pas mises en place contre la religion elle-même mais dans le cadre de la lutte des classes moyennes contre la domination de l’Eglise qui mêlait religion et théocratie. En islam, il ne peut y avoir et il n’y a jamais eu une domination d’une classe officielle de religieux. En ce sens, il n’y a pas de théocratie en islam. D’autant que l’islam n’accorde l’infaillibilité qu’aux prophètes. Dans l’histoire des Fils d’Israël, le Coran parle, par exemple, du souverain Saül à côté du prophète Samuel (II/246-250). De même dans l’histoire de l’islam, à côté du calife ou du souverain à la tête de l’Etat officiait le cheikh-ul-islam ou une institution ayant la même fonction.

La religion musulmane comporte aussi bien des vérités et des principes immuables s’adressant à ce qui, dans l’humanité et dans l’univers, ne change pas que des vérités et des principes variables qui s’adressent à ce qui peut changer en l’homme et peut donc être interprétés. Pour ce deuxième aspect, l’islam prend surtout en considération le Ma’ruf (bien, convenable) et invite les gens à se comporter en s’y référant. Le Ma’ruf désigne les us et coutumes qui sont acceptés par un peuple et qui ne sont pas en contradiction avec les principes essentiels et immuables de la religion. La relation entre la religion et l’Etat doit précisément se constituer autour de ces notions, sans se figer dans un modèle idéalisé et considéré comme définitif.

S’il faut citer quelques principes pouvant orienter les règles, fixes et changeantes, en vigueur pour la question des relations entre l’Etat et la religion, nous pouvons évoquer la justice, l’équité, l’égalité entre les citoyens et devant la loi, le respect des droits et libertés humaines élémentaires ou les élections libres. Il faudrait également citer la nécessité d’avoir un Etat qui, au lieu d’être oppresseur, soit au service de sa population, conformément à la parole prophétique qui dit que «Le maître d’un peuple est celui qui le sert.» Un Etat qui ne voit pas sa fonction comme un moyen de gagner de l’argent.

02:05 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 novembre 2010

Conférence : La Turquie est-elle vraiment démilitarisée ?

Conférence

La Turquie est-elle vraiment démilitarisée ?

A l'occasion de la parution de deux livres sur le militarisme en Turquie :

La situation des droits de l'Homme et des minorités

La violation permanente de la liberté d'expression

Ragip Zarakolu : Membre du Comité pour la liberté d'édition de l'Association internationale d'éditeurs (IPA)

Jean Sirapian : Directeur des éditions Sigest et Président de l'Institut Tchobanian

Dogan Özgüden : Directeur des éditions Info-Türk

Le mercredi 8 décembre 2010 à 18h00

Ateliers du Soleil - Rue de Pavie 53 - 1000 Bruxelles

Organisée par les Ateliers du Soleil en collaboration avec les éditions Sigest, les éditions Belge Uluslararasi Yayincilik et les éditions Info-Türk

La soirée se terminera autour d'un verre de l'amitié

ENTREE GRATUITE

Info: 02-736 78 95 - E-mail: direction@ateliersdusoleil.be

14:24 Écrit par Rachid Z dans Conférence-débats, Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13 juin 2010

Gay Pride à Istanbul

Gay Pride à Istanbul

Les manifestants proclament

"la révolte des homos"

 

 

 

AFP  , le 13 juin 2010

Environ 300 gays, lesbiennes et transsexuels turcs ont défilé dimanche dans le centre d'Istanbul à l'occasion d'une journée de la fierté homosexuelle, dénonçant les discriminations dont ils font l'objet dans ce pays à la population très majoritairement musulmane

"La révolte des homosexuels continue", "ni crime ni péché, vive l'amour homosexuel", ont scandé les manifestants lors de leur marche, au rythme des tambours et des sifflets, sur l'avenue Istiklal, l'allée commerçante la plus fréquentée de la métropole turque, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Les homosexuels meurent et l'Etat ne le voit pas", ont dénoncé les participants avant de lire les noms de plusieurs homosexuels tués dans des "crimes de haine" au cours des derniers mois.

Au contraire de nombreux autres pays musulmans, la Turquie ne réprime pas l'homosexualité et certains homosexuels ont fait carrière dans le monde du spectacle.

Mais elle n'offre pas non plus de protection spécifique aux homosexuels alors que les pressions sociales et les actes homophobes sont nombreux.

Dans un courrier envoyé fin février au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, des associations de défense des droits des homosexuels ont dénoncé les assassinats de huit transsexuels en 16 mois.

En mars, des déclarations de la ministre de la Famille et de la Femme Aliye Selma Kavaf, estimant que "l'homosexualité est un désordre biologique, une maladie, (...) une chose qui doit être soignée", ont créé un tollé parmi les militants gays.

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18:52 Écrit par Rachid Z dans Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05 mars 2010

La Turquie va demander l'extradition des 2 chefs du PKK

La Turquie va demander l'extradition des 2 chefs du PKK

Par Dominique Delhalle,

18 personnes ont été interpellées jeudi à Bruxelles et à Charleroi lors d'une vaste opération policière dans les milieux kurdes. Huit mandats d'arrêt ont été délivrés ce vendredi. La Turquie va demander à la Belgique l'extradition des deux leaders du PKK interpellés.

A la suite de cette vaste opération policière menée jeudi dans les milieux kurdes, on apprend ce vendredi que huit mandats d'arrêts (sept à Bruxelles et un à Charleroi) ont été délivrés par le juge d'instruction sous la qualification d'appartenance à un groupe terroriste.

La Turquie se dit satisfaite. Les milieux kurdes nettement moins. Le ministre turc des Affaires étrangères a félicité les autorités belges pour leur sens des "responsabilités". Le 23 décembre dernier, les autorités turques s'étaient déclarées déçues de l'acquittement par la justice belge de six militants d'un mouvement turc d'extrême gauche, le DHKPC.

La Turquie va demander à la Belgique l'extradition des deux leaders du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interpellés jeudi lors de perquisitions effectuées dans le milieu kurde en Belgique, a indiqué la télévision turque NTV, sur base de sources diplomatiques anonymes. Zubeyir Aydar et Remzi Kartal sont deux leaders de Kongra-Gel, le successeur du PKK.

Indépendance

Des journalistes et employés de la télévision kurde basée à Denderleeuw avancent un motif politique aux perquisitions menées jeudi. Comme s'il fallait donner des gages à l'Etat turc.

La justice belge a rappelé sa totale indépendance dans une enquête longue de trois ans. Elle soupçonne plusieurs personnes de diriger ou de participer à des réseaux terroristes, de former des jeunes d'origine kurde dans des camps de combat, en Belgique et en Grèce notamment. Elle soupçonne aussi un financement occulte ou contraint de plusieurs cercles kurdes.

A l'occasion des perquisitions, les enquêteurs ont saisi des faux documents, des sommes d'argent, dont 100 000 euros dans les locaux de la télévision kurde Roj TV. A Denderleeuw encore, ils soupçonnent qu'un émetteur radio diffuse des communiqués opérationnels pour les combattants turcs.

Jeudi soir autour de cette télévision, des heurts ont opposé la police à des manifestants kurdes. Une policière a été blessée.

De nouvelles manifestations pourraient avoir lieu ce vendredi.

RTBF Info, le 05 mars 2010

12:05 Écrit par Rachid Z dans Turquie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

24 janvier 2010

La Cour constitutionnelle turque annule une loi sur les tribunaux militaires

La Cour constitutionnelle turque annule une loi sur les tribunaux militaires

Par Guillaume Perrier, Le Monde, le 23 janvier 2010

La Cour constitutionnelle turque a invalidé, jeudi 21 janvier, une réforme du système judiciaire adoptée en juin 2009 par le Parlement, déclenchant une nouvelle crise entre l'armée et le gouvernement islamo-conservateur, engagé dans le processus d'adhésion à l'Union européenne.

Les gardiens de la Constitution turque ont rejeté à l'unanimité une loi qui obligeait les militaires en exercice à répondre de leurs crimes devant la justice civile. Cette réforme, qui aurait mis fin au pouvoir exorbitant des tribunaux militaires, avait été saluée par Bruxelles comme un tournant décisif dans la démocratisation du pays.

Mais le chef de l'opposition kémaliste, Deniz Baykal, avait dénoncé "un coup d'Etat civil" du parti au pouvoir, l'AKP (Parti de la justice et du développement), et il avait déposé un recours pour faire annuler le texte. La décision de la Cour constitutionnelle, véritable acte de défiance vis-à-vis du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, porte un coup aux enquêtes lancées ces derniers mois contre des militaires impliqués dans des tentatives présumées de coups d'Etat.

Hüseyin Celik, député proche du premier ministre, a exprimé le malaise du gouvernement, vendredi, en déplorant "un revers, au moment où la Turquie se démocratise". Pour le ministre chargé des négociations avec l'Union européenne, Egemen Bagis, "cela montre à quel point la Turquie a besoin d'une réforme de la Constitution. Celle qui est en vigueur est comme un aimant qui tire la Turquie en arrière. Diriger un pays avec une Constitution écrite après un coup d'Etat ne permet qu'une démocratie minimale", a-t-il déclaré. A chaque nouvelle crise entre le gouvernement civil et les forces armées, la question de la révision de la Constitution issue du putsch de 1980 est évoquée mais aussitôt étouffée.

Affaires gênantes

L'une des conséquences de cette décision devrait être le retour devant des juridictions militaires de plusieurs affaires gênantes pour l'armée. "Les dossiers actuellement jugés par des cours civiles doivent être renvoyés devant la justice militaire", a noté, vendredi, le général Cubuklu, un porte-parole de l'état-major. En décembre, huit officiers mis en cause dans un éventuel complot contre un ministre avaient été interrogés par un procureur civil.

Le parquet d'Ankara a mené, jusqu'à mercredi, vingt-six jours de perquisitions au coeur des archives militaires. Des tentatives de coups d'Etat contre le gouvernement impliquant des hauts responsables militaires sont régulièrement révélées depuis 2007. Jeudi, le journal Taraf a publié les extraits d'un plan prévoyant notamment l'organisation d'attentats contre des mosquées à Istanbul et l'attaque de l'aviation grecque au-dessus de la mer Egée... Pour sa défense, l'état-major a affirmé que le document était "un cas d'étude utilisé pour un séminaire".

03:33 Écrit par Rachid Z dans Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20 juillet 2009

Un ambassadeur à Bruxelles espère que la Belgique souffrira du terrorisme

Un ambassadeur à Bruxelles espère que la Belgique souffrira du terrorisme

Tanlay Fuat

 

 

Par Mehmet Koksal, le 19 juillet 2009

«Inchallah, ça leur arrivera un jour. C’est là qu’ils comprendront ce qu’est le terrorisme», déclare Fuat Tanlay, ambassadeur de Turquie en Belgique, dans un article publié le 16/07/2009 par le quotidien turc Hürriyet. Exprimant ainsi sa colère contre la Belgique suite à la décision des magistrats de la Cour d’appel de Bruxelles de postposer leur verdict du 14 juillet 2009 au mois d’octobre 2009 dans le cadre de’ l’affaire DHKP-C, Fuat Tanlay estime que la Belgique tente à présent de classer l’affaire via diverses explications et ajoute que leur discussion sur le fait de juger des membres de l’organisation terroriste arrêtés en 1999 sur base d’une loi réformée en 2005 est vraiment bidon....

La suite : Parlemento

12:46 Écrit par Rachid Z dans Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |