02 février 2010

L'islam gagne du terrain au Brésil

L'islam gagne du terrain au Brésil

Musulmans brésiliens

Par Lamia Oualalou,

Après les attentats du 11 septembre 2001 et sous l'impulsion d'une «telenovela», les conversions se sont multipliées dans les périphéries urbaines du pays.

 

Cinq fois par jour, Rosangela cherche la direction de La Mecque dans son petit appartement de Vila Ferreira, un quartier pauvre de Sao Bernardo do Campo, une ville industrielle située à quelques kilomètres de Sao Paulo. À 45 ans, sa vie est rythmée par l'islam, qu'elle a embrassé au début des années 1990. Voilée, vêtue d'une longue tunique, Rosangela assure l'accueil au Centre de divulgation de l'islam pour l'Amérique latine. «Je donne aussi des cours sur le Coran», précise-t-elle, soucieuse qu'on ne la prenne pas pour une simple hôtesse.

Converser avec Rosangela n'est pas facile : elle s'interrompt toutes les cinq minutes pour répondre au téléphone ou renseigner des visiteurs sur les conférences du cheikh Jihad Hassan Hammadeh, le directeur du Centre. «La demande de corans en portugais est telle que mon stock est épuisé, assure-t-elle . Alors, en attendant d'être réapprovisionnée, je donne des versions espagnoles.»

Premier pays catholique du monde, le Brésil connaît depuis une décennie une croissance importante de l'islam. «Il est impossible de savoir combien le pays compte de musulmans, puisqu'ils sont enregistrés dans la catégorie autres, mais on estime qu'il y en a environ un million», indique Paulo da Rocha Pinto, professeur à l'université Fluminense.

Pour lui, le meilleur indicateur de l'expansion de cette religion est la multiplication du nombre de lieux de culte. Malgré l'arrivée dès le début du XXe siècle de vagues de musulmans, syriens, libanais et palestiniens en majorité - on les appelle au Brésil les «Turcos» en référence à la tutelle qu'exerçait à l'époque l'Empire ottoman -, la première mosquée n'a été inaugurée qu'en 1960. La construction de lieux de culte n'a véritablement commencé qu'à partir des années 1980 et s'est accélérée au début des années 2000.

Effet de mode

Au départ de cet emballement, les attentats du 11 septembre 2001. «Certains voulaient en savoir plus sur ce peuple capable de faire trembler l'empire américain, d'autres doutaient de ce que racontait la presse, relate Rosangela. En venant ici, ils ont vu que l'islam n'avait rien à voir avec la haine et pro­­gres­-sivement certains sont devenus musulmans.»

Le mouvement de conversion à l'islam a toujours existé au Brésil, malgré un très faible prosélytisme. «En général, c'était lié à une amitié, un mariage. Le 11 Septembre a augmenté la visibilité des musulmans et nourri la curiosité», dit Paulo da Rocha Pinto. À l'université, les cours sur le monde arabe et l'islam, autrefois exotiques, sont bondés. Ce regain d'intérêt a été constaté dans le monde entier. Mais au Brésil, l'engouement a été attisé par une spécificité locale : la telenovela. En octobre 2001, soit trois semaines après les attentats du World Trade Center, la chaîne Globo a lancé Le Clone. La série, située au Maroc, avait l'ambition de dépeindre le monde arabe et musulman. «C'était une coïncidence : le feuilleton était programmé depuis des mois», se souvient Francirosy Ferreira, spécialiste de l'islam à l'université de Sao Paulo.

Le succès est tel qu'il devient commun, dans les rues de Rio de Janeiro et de Sao Paulo, de se saluer par un «inch'Allah !». «Beaucoup de femmes envisageaient d'abandonner leur religion pour pouvoir épouser un Saïd , le héros musulman de la novela», raconte Francirosy en riant. Caricatural à souhait, le personnage est romantique, respectueux de sa femme, qu'il couvre d'or.

Ces conversions dues à un effet de mode se sont révélées fragiles. Rosangela, elle, est une convaincue. Sa conversion résulte d'une quête identitaire. Noire, pauvre, militante du Mouvement noir unifié (MNU) dès l'adolescence, elle n'a jamais trouvé ses repères spirituels dans sa famille catholique. «Jésus est toujours représenté en homme blanc. Qu'est-ce qu'ils en savent ? Tout le monde n'était pas blanc à Jérusalem !», assène-t-elle. Les premiers musulmans à s'installer au Brésil n'étaient pas des commerçants libanais et syriens, mais «les milliers d'esclaves déportés d'Afrique» rappelle Paulo Farah, qui dirige le Centre d'études arabes. Connus sous le nom de Malês et de Muçulmis, ils représentaient, selon les spécialistes, 15 % des esclaves. Entre 1807 et 1835, ils se révoltèrent à plusieurs reprises. La plus importante de ces révoltes, dite la Révolte des Malês, eut lieu à Salvador de Bahia, dans la nuit du 24 janvier 1835. «Les autorités l'effacèrent des livres d'histoire», remarque Paulo Farah. Elle donna lieu à une féroce répression et à une méfiance durable à l'égard de l'islam.

C'est cet héritage que revendique le rappeur Honerê al-Amin Oadq, une star du hip-hop à Sao Paulo. Honerê al-Amin Oadq, 32 ans, s'appelait auparavant Carlos Soares Correia. «J'ai choisi le hip-hop pour dénoncer le génocide dont sont victimes les jeunes Noirs au Brésil et montrer que nous pouvons aussi représenter des valeurs positives», explique-t-il. En tombant sur la Révolte des Malês, qu'il qualifie d'«Intifada noire», il trouve une source d'inspiration. Le film Malcolm X et la fascination exercée par le boxeur Mohammed Ali (né Cassius Clay) feront le reste.

Un quart des musiciens de son groupe baptisé le «Posse Hausa», en référence à un autre soulèvement d'esclaves musulmans au XIXe siècle, s'est converti à l'islam. Les autres, précise le jeune homme, «ont opté pour notre mode de vie : ils ne boivent pas, ne fument pas, respectent les femmes et aident leur communauté». L'islam a ainsi sauvé, selon lui, des dizaines de ses amis de l'alcool, la drogue et la prison.

L'introduction de l'islam dans les périphéries est en train de changer le visage d'une religion auparavant identifiée avec les descendants d'Arabes appartenant souvent à une classe sociale élevée. Pour Paulo Farah, «le message d'égalité raciale et de justice sociale de l'islam connaît un important succès au sein des communautés les plus pauvres, en particulier auprès des jeunes qui souffrent du racisme et des violences policières».

Une religion «étrangère»

La motivation de ceux qui optent pour l'islam n'est pas la même que celle qui pousse vers les Églises évangéliques ou des religions afro-brésiliennes, comme le candomblé, estime Paulo da Rocha Pinto. «En général, les nouveaux convertis ont approché auparavant d'autres confessions. Avec l'islam, ils découvrent une religion plus ouverte sur le monde L'universitaire réfute toute dérive politique violente : «Il y a une solidarité avec les peuples palestinien, irakien ou libanais, mais ce n'est pas une identification. Ce qui compte, c'est que l'islam se présente comme une idéologie tiers-mondiste, semblable à celle qu'on pouvait trouver dans la théorie de la libération latino-américaine avant que l'Église catholique décide de freiner son expansion.»

L'absence d'une rhétorique revancharde s'explique aussi par la politique de l'État brésilien, qui refuse d'identifier les musulmans comme une population à part. Au lendemain des attentats du 11 Septembre, le département d'État américain avait demandé aux gouvernements paraguayen et brésilien de regarder de près les communautés musulmanes, en arguant qu'elles pouvaient abriter des foyers de terrorisme.

Le Paraguay s'était exécuté avec zèle. Des commerçants musulmans de Ciudad del Este avaient été emprisonnés, certains avaient même été torturés. Le Brésil en revanche avait répondu qu'il défendrait tous les citoyens brésiliens contre des ingérences étrangères.

L'islamophobie n'est pas absente pour autant du Brésil. Certaines publications évangéliques en font une description alarmiste et la population continue à percevoir cette religion comme «étrangère». Rosangela a toujours en permanence un voile de rechange dans son sac, en cas d'agression.

Mais paradoxalement, pour le cheikh Jihad, c'est la telenovela qui a le plus contribué à faire accepter l'islam. Lorsque des adeptes venaient le voir à la mosquée pour protester contre l'image caricaturale du feuilleton, il leur répondait qu'il en était ravi : «Avant, nous avions une image d'extraterrestres ou de terroristes. Maintenant, nous sommes perçus comme des gens qui adorent la fête et la danse. Vous préférez quoi ?»

Le figaro  , le 01 février 2010

03:47 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 janvier 2010

Egypte : un conservateur à la tête des Frères musulmans égyptiens

Egypte

Un conservateur à la tête des Frères musulmans égyptiens

 

Par Mona SALEM, AFP, le 16 janvier 2010

 

Les conservateurs ont renforcé leur emprise sur les Frères musulmans égyptiens, avec l'annonce samedi de la nomination de l'un des leurs à la tête de ce mouvement, première force d'opposition du pays.

 

Mohammed Badie remplace Mehdi Akef, un membre de la "vielle garde" dont le mandat venait à expiration, qui s'était mis lui-même en retrait en octobre dernier en raison de profondes divergences entre conservateurs et réformistes.

 

M. Akef a annoncé lors d'une conférence de presse au Caire que son successeur avait été choisi "par consensus" au sein du Conseil consultatif de la confrérie.

 

M. Badie, un ancien radical, a de son côté multiplié les déclarations mesurées. "Nous croyons à la réforme progressive par des moyens pacifiques et constitutionnels, nous refusons la violence", a-t-il assuré.

 

"Les Frères musulmans estiment que tout régime politique doit préserver les libertés individuelles et la démocratie, et ils appuient la séparation des pouvoirs" législatif, judiciaire et exécutif, a-t-il poursuivi.

 

Il a notamment dénoncé les violences confessionnelles, et qui se sont traduites début janvier par le meurtre de six membres de la communauté chrétienne copte dans une localité de Haute-Egypte.

 

Mohammed Badie, né en 1943 à Mahalla, dans le delta du Nil, est enseignant en médecine vétérinaire.

 

Il devient le 8ème "guide" des Frères musulmans d'Egypte, fondés en 1928 et qui constituent aujourd'hui la branche la plus ancienne et la plus importante du réseau des Frères musulmans dans le monde, sur lequel ils gardent une primauté symbolique.

 

Partisans de l'instauration d'un système fondé sur l'islam et la charia (loi islamique), les Frères musulmans sont toutefois profondément divisés sur la stratégie à tenir.

 

Les conservateurs veulent mettre l'accent sur l'islamisation en profondeur de la société, tandis que les réformateurs préconisent une approche plus politique et sont ouverts à des alliances avec l'opposition.

 

Ce renforcement du camp conservateur pourrait ainsi marquer un relatif retrait de la confrérie du champ politique, alors que le pays se prépare à des élections législatives à l'automne 2010, puis présidentielle début 2011, estiment des spécialistes.

 

Avec Mohammed Badie, jusqu'à présent chargé des questions d'enseignement idéologique, "les Frères veulent peut-être mettre davantage l'accent sur l'éducation et le travail d'organisation, et moins sur l'action politique", estime Adbelmoneim Mahmoud, un journaliste proche de la confrérie.

 

Pour Dia Rashwan, du Centre Al-Ahram d'études politiques, avec M. Badie "il y aura une diminution de l'action publique, et une plus grande insistance sur le travail idéologique".

 

M. Badie lui-même a tenu des propos mesurés vis-à-vis du pouvoir du président Hosni Moubarak et des autres gouvernements du monde musulman, assurant qu'il n'étaient "pas des adversaires".

 

"Notre position vis-à-vis des régimes en place consiste à appuyer ce qui nous semble bon et à nous opposer à ce qui nous semble mauvais", a-t-il ajouté.

 

Les Frères musulmans sont officiellement interdits en tant que parti politique en Egypte, mais relativement tolérés dans les faits, même si leurs membres font régulièrement l'objet d'arrestations.

 

Ils avaient fait une percée historique aux législatives de 2005, remportant un cinquième des sièges au Parlement avec des députés étiquetés "indépendants".

 

Le 21 décembre dernier, la confrérie avait déjà annoncé avoir élu un nouveau bureau exécutif à ancrage conservateur et axé sur la religion.

 

Membre dans les années 1960 de la mouvance radicale des Frères inspirée par Sayyid Qutb, exécuté en 1966, Mohammed Badie a plusieurs fois été condamné à des peines de prison.

19:38 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15 janvier 2010

Maroc : Polémique sur l'interdiction de l'alcool aux musulmans

Maroc

Polémique sur l'interdiction de l'alcool aux musulmans

Par Omar BROUKSY,

La polémique enfle au Maroc à propos de la question, hautement sensible, de la vente d'alcool aux Marocains musulmans, interdite par la loi mais quotidiennement violée.

"La loi interdisant la consommation et l'achat d'alcool par les Marocains doit être abrogée parce que cela relève de la liberté individuelle", a déclaré mardi à l'AFP Khadija Rouissi, présidente de l'association Bayt Al-Hikma (Maison de la sagesse), une association non-religieuse qui s'occupe de questions sociales.

La controverse est née de la publication par Bayt Al-Hikma, le 8 décembre, d'un communiqué appelant à la levée de l'interdiction de la consommation et l'achat d'alcool par les Marocains.

"La loi selon laquelle l'alcool ne peut être vendu qu'aux étrangers est contraire à la Constitution, qui reconnaît les libertés individuelles fondamentales", soulignait le communiqué.

Mais en mai 2009, une partie de la population de Salé (la ville-jumelle de Rabat), encadrée par des militants du Parti justice et développement (PJD/opposition islamiste représentée au parlement), avait tenu un sit-in devant un centre commercial fraîchement construit pour protester contre la vente d'alcool.

Et en décembre 2009, Ahmed Raissouni, un théologien proche du même parti, a publié une fatwa appelant les Marocains à boycotter tous les supermarchés qui commercialisent l'alcool.

Un autre adversaire du changement, Sâad Eddine Othmani, ancien secrétaire général et membre dirigeant du PJD, souligne: "il y a une loi qui interdit la consommation de l'alcool par les Marocains et elle est claire. Elle doit être respectée".

"Cette loi a été faite par les Français du temps du Protectorat, par respect pour les Marocains. Il ne faut donc pas s'attendre à ce qu'on appelle à son abrogation", a-t-il déclaré à l'AFP.

En réalité, l'interdiction de la vente d'alcool aux Marocains remonte au dahir (texte juridique émanant du roi) de juillet 1967, qui précise dans son article 28 qu'il "est interdit à tout exploitant (...) de vendre ou d'offrir gratuitement des boissons alcooliques à des Marocains musulmans".

Dans les faits, aucune condition n'est exigée par les supermarchés pour la vente d'alcool aux musulmans et les bars qui existent dans plusieurs grandes villes du Maroc sont à peine discrets.

Soeur d'un militant de gauche disparu dans les années 60, Khadija Rouissi appartient au Parti authenticité et modernité (PAM/opposition parlementaire), dont l'un des fondateurs est Fouad Ali El Himma, un proche du roi Mohammed VI.

Pour le politologue Mohammed Darif, le communiqué de Bayt Al-Hikma est "incohérent parce que le parti auquel appartient Khadija Rouissi défend le projet du roi, Commandeur des croyants".

"En octobre 2003, lorsque le roi a présenté devant le parlement la réforme du statut de la femme, il avait déclaré qu'il ne peut autoriser ce que la religion (islamique) interdit", a souligné M. Darif.

Autre paradoxe marocain, entre 300.000 et 400.000 hectolitres de vin, dont plus de 50% de qualité supérieure, sont aujourd'hui produits dans le royaume. Et l'écrasante majorité de cette production (environ 85%) est bue localement. On peut sans risque affirmer que tout n'est pas consommé par des expatriés...

AFP, le 14 janvier 2009

20:21 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb, Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 novembre 2009

Maroc : «Le discours de la promotion des droits des femmes est dirigé vers l’extérieur»

Maroc

«Le discours de la promotion des droits des femmes est dirigé vers l’extérieur»

femmemarocaine

 

Khadija Ryadi, présidente de l’Association marocaine des droits humains, le 11 novembre 2009

Vous êtes une femme à la tête de la plus grande association des droits humains au Maroc. N’est-ce pas la preuve que le discours sur l’égalité des deux sexes est aujourd’hui une réalité ?

Ces femmes responsables ne constituent en effet qu’une petite élite de la société alors que la majorité des femmes vivent des situations précaires et demeurent soumises à des discriminations à plusieurs échelles. Sans oublier que même les femmes appartenant à l’élite restent en confrontation permanente avec les difficultés inhérentes à la société patriarcale qui se nourrit constamment des systèmes inégalitaires aussi bien économiques que politiques. La situation de la femme marocaine est reflétée par les indicateurs socio-économiques. Ainsi, le Maroc a été classé par le forum économique mondial 125è parmi 130 pays dans le domaine de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes. Le taux de 10% de femmes au Parlement ou 12% parmi les élus locaux restent des chiffres dérisoires. La violence à l’égard des femmes est un fléau qui prend de l’ampleur dans une société qui devient de plus en plus violente. La pauvreté se féminise et le chômage se répand chez les femmes plus que les hommes. L’égalité des salaires entre hommes et femmes est encore un vœu pieux; le taux de mortalité des femmes en couches au Maroc est un des plus élevés parmi les pays à économie comparable. Plus de 60.000 petites filles travaillent dans les maisons et plus de 30.000 mineures ont été mariées en 2007.

Ces dix dernières années, on assiste cependant à l’élaboration des lois dans le sens de la promotion des droits des femmes ?

Il n’y a pas eu de multiples changements législatifs dans ce sens. Même les quelques lois qui existent n’incarnent pas en réalité l’égalité des hommes et des femmes. Prenons pour exemple la plus célèbre de ces lois qui est le Code de la famille. En fait, le succès qu’a eu cette loi au niveau des médias est tributaire de sa comparaison à l’ancien code du Statut personnel qui était rétrograde, réactionnaire et dépassé par la réalité sociale et économique. Mais l’avancée de la nouvelle loi par rapport à l’ancienne ne doit pas cacher les insuffisances et lacunes multiples du code actuel. Les plus importantes de ces lacunes restent le droit de la mère à la tutelle légale de ses enfants, la non- abolition de la polygamie, le mariage des mineures permis par la loi, la discrimination entre hommes et femmes dans le droit d’avoir un conjoint non musulman, la discrimination dans l’héritage

Que ce soit pour le Code de la famille comme pour l’Enseignement, on assiste à une très forte résistance de la part des citoyens, mais aussi de la part de ceux qui sont censés l’appliquer (juges, policiers, enseignants…). Comment expliquez-vous cela ?

La résistance des citoyens a été forte au début car les détracteurs du texte avaient diabolisé les changements apportés. Au fil du temps, ces réticences ont diminué. Les résistances aux changements dans le sens de la promotion des femmes est aussi une responsabilité de l’Etat. Le Maroc en tant que pays ayant ratifié la Cedaw s’est engagé à prendre toutes les mesures appropriées pour modifier les schémas et modèles de comportement socioculturel de l’homme et de la femme en vue de parvenir à l’élimination des préjugés et des pratiques coutumières…, et faire en sorte que l’éducation familiale aide à bien comprendre que la maternité est une fonction sociale et à reconnaître la responsabilité commune de l’homme et de la femme dans le soin d’élever leurs enfants, d’assurer leur développement, étant entendu que l’intérêt des enfants est la condition primordiale dans tous les cas. Et ceci ne se fait guère au Maroc, au contraire c’est une image négative, réductrice des capacités des femmes et de leur rôle dans la société, qui est véhiculée dans les manuels scolaires et les médias. Concernant les autorités chargées de l’application des lois, il appartient à l’Etat de les former afin de s’imprégner des engagements effectifs du Maroc dans le domaine des droits humains, ce qui nécessite une grande dose de volonté politique pour rendre ces engagements. Ce qui ne parait pas être le cas. L’AMDH avait fait une étude sur le terrain au niveau national pour connaître la conception du corps enseignant sur des droits humains, et les résultats étaient alarmants : un nombre très réduit d’enseignants et enseignantes ont des connaissances à ce niveau, alors que ce sont eux qui prennent en charge l’éducation des nouvelles générations.

Pensez-vous que ce discours de la promotion des droits est dirigé vers l’extérieur ?

Oui, effectivement, je pense que le discours de la promotion des droits des femmes est dirigé vers l’extérieur, à l’instar de plusieurs dossiers concernant les droits humains, les recommandations de l’IER en l’occurrence. Le Maroc se vante toujours d’avoir publié de nouvelles lois, mais il est dans l’incapacité de démontrer par les statistiques l’impact de ces lois sur la jouissance des citoyens de leurs droits et l’amélioration de leur situation. La promulgation du Code de la famille a servi à redorer l’image du Maroc à l’étranger. Mais cette politique ne dure pas car l’Etat est trahi par sa réalité antidémocratique et ses effets sur la scène internationale.

Pensez-vous que la cause féminine est instrumentalisée par le pouvoir ?

Rappelons-nous le discours du roi lu au Conseil consultatif des droits de l’homme le 10 décembre 2008, et annonçant la levée des réserves exprimées par le Maroc lors de sa ratification de la Cedaw. Rien n’a été fait. Mais l’annonce a bien servi pour parler encore du Maroc comme un pays exemplaire parmi les pays arabes dans le domaine des droits des femmes

Que compte faire l’AMDH afin de mettre l’Etat devant ses responsabilités ?

Elle est, vu sa mission, obligée de mettre toute la pression sur l’Etat marocain pour en finir avec cette utilisation des droits humains de façade, et respecter ses engagements dans sa politique et sur le terrain. Nous continuerons à élaborer nos rapports parallèles aux rapports gouvernementaux sur l’application des pactes et conventions ratifiés y compris la Cedaw pour laquelle l’AMDH a défendu, devant les experts onusiens, son rapport parallèle aux deux derniers apports du Maroc en janvier 2008.

21:16 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29 juin 2009

En Indonésie, le voile s’invite dans la campagne électorale

En Indonésie, le voile s’invite dans la campagne électorale

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Par Jean-Baptiste CHAUVIN, La Croix, le 24 juin 2009

La décision de son épouse de ne plus porter le foulard pourrait mettre en ballottage le président sortant Susilo Bambang Yudhoyono, lors de l’élection présidentielle indonésienne du 8 juillet 2009

Pays musulman le plus peuplé de la planète, l’Indonésie jouit d’une longue tradition de tolérance religieuse. Le port ou non du jilbab, le voile islamique, est ainsi très largement laissé à la discrétion de chaque femme et de ses convictions.

Néanmoins, à l’approche de l’élection présidentielle du 8 juillet 2009, cette question a surgi dans la campagne. Le leader de la principale formation islamique, le Parti de la justice et de la prospérité (PKS), crédité de 8 % des suffrages aux élections législatives d’avril et membre de la coalition menée par l’actuel président Susilo Bambang Yudhoyono, s’est publiquement interrogé sur le renouvellement de son soutien au président sortant.

En cause : l’habitude prise par la première dame, Ani Yudhoyono, d’apparaître en public sans le jilbab. Une interrogation renforcée par le fait que la femme de Jusuf Kalla, vice-président sortant et autre candidat à la présidence, choisit, elle, de toujours apparaître coiffée du voile.

Le voile «couvre la tête, pas le cerveau»
Même si le PKS est un habitué des polémiques religieuses, il n’en fallait pas plus pour lancer le débat. Les partis laïques et nationalistes, qui représentent 70 % de l’électorat, ont vivement appelé à garder la question religieuse dans la sphère privée et à ne pas utiliser l’islam à des fins politiques. Plusieurs musulmanes éminentes ont également rappelé que le jilbab «couvrait leur tête, pas leur cerveau».

Si la polémique lancée par le PKS risque au bout du compte de n’avoir que peu d’influence sur le choix final des Indonésiens, la question du vote musulman reste posée. Fort du soutien implicite des deux principales associations musulmanes du pays, la Nahdlatul Ulama (NU) et la Muhammadiyah, qui regroupent à elles deux 70 millions de sympathisants, le vice-président Jusuf Kalla espère recueillir la majorité de ces votes.

Il est d’ailleurs personnellement lié à la NU, alors que sa femme et sa mère sont proches de la Muhammadiyah. Cela fait de lui le candidat le plus «musulman» de tous, et il ne fait aucun doute que ce soutien avait en partie contribué à l’élection du ticket Yudhoyono-Kalla à la tête du pays il y a cinq ans.

La question religieuse a changé la donne
Cela ne sera peut-être pas suffisant pour l’ancien homme d’affaires devenu politicien pour prendre la tête du quatrième pays le plus peuplé de la planète et remplacer un Susilo Bambang Yudhoyono très populaire, à la fois en Indonésie et à l’étranger, où il a replacé le pays sur la carte diplomatique.

Mais, alors qu’il y a quelques semaines encore la victoire semblait promise au président sortant dès le premier tour avec environ 70 % des suffrages, l’irruption de la question religieuse a quelque peu changé la donne.

Plusieurs instituts de sondages estiment désormais qu’un second tour sera nécessaire, la popularité de Jusuf Kalla étant sur une pente ascendante. Les électeurs indonésiens seuls détiennent la réponse. Mais ce n’est que le 8 juillet 2009 qu’ils la dévoileront.

13:00 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14 mars 2009

Les Tunisiens mécontents de la visite d'un intellectuel musulman

Les Tunisiens mécontents de la visite d'un intellectuel musulman

 

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Par Jamel Arfaoui, Magharebia, le 13 mars 2009

 

Certains Tunisiens expliquent que Sheikh Yusuf al-Qaradawi a exprimé des opinions violentes concernant les progrès réalisés par la Tunisie dans le domaine des droits de l'Homme et des droits des femmes en particulier. En visite officielle en Tunisie, al-Qaradawi a suscité plusieurs réactions de colère.

 

Plusieurs responsables politiques tunisiens et des organisations non gouvernementales ont exprimé leur désapprobation au sujet de la visite de Sheikh Yusuf al-Qaradawi en Tunisie cette semaine. Ils ont qualifié le président de l'Association des Erudits Musulmans de "symbole de l'idéologie salafiste intolérante."

 

Al-Qaradawi est arrivé à Kairouan dimanche 8 mars pour participer aux célébrations intitulées "Kairouan : Capitale de la Culture Musulmane en 2009".

 

"Nous faisons part de notre totale insatisfaction envers une politique qui honore et célèbre un symbole de l'idéologie salafiste intolérante, connu pour attaquer notre pays, en particulier les progrès en matière de droits des femmes tunisiennes", affirme un communiqué publié mercredi par l'Association des Femmes Démocrates.

 

Les protestataires affirment qu'al-Qaradawi est connu pour son "inimitié viscérale envers la Tunisie".

 

Dans son livre publié en 2001 intitulé "Extrémisme laïc dans l'Islam : les exemples tunisien et turc", al-Qaradawi accusait les autorités tunisiennes d'hostilité envers l'Islam et les Musulmans. Il accusait également l'un des plus importants poètes tunisiens, Saghir Oulad Ahmed, d'être un infidèle. Ahmed avait alors déposé plainte contre al-Qaradawi, mais selon des sources proches des associations de défense des droits de l'Homme en Tunisie, le tribunal n'a pas encore examiné l'affaire.

 

"Nous ne pouvons oublier qu'il a déjà attaqué la Tunisie", explique Mondher Thabet, le secrétaire général du parti Social-Libéral, "un comportement honteux dans lequel il a fait preuve d'une violence extrême."

 

M. Thabet explique ne pas avoir serré la main d'al-Qaradawi pour bien lui signifier son point de vue.

 

Kairouan a été retenue comme capitale de la culture musulmane en 2009 par l'Organisation Islamique pour l'Education, la Science et la Culture (ISESCO). La ville, située à environ 150 kilomètres au sud-est de Tunis, est "aux avants-postes des villes arabes et musulmanes en Afrique du Nord, avec un passé glorieux et distingué, une riche contribution au service de la culture arabe et musulmane", indiqué l'ISESCO.

 

Le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi participait à la cérémonie d'inauguration où il représentait le Président Zine El Abidine Ben Ali, qui souffrait d'une grippe et ne pouvait être présent, selon l'agence de presse officielle tunisienne.

 

Mais toutes les réactions à la visite d'al-Qaradawi n'ont pas été si négatives. Le président du mouvement islamiste Ennahda, désormais interdit, Rashed Ghanouchi, a publié depuis Londres un communiqué dans lequel il fait part de "la joie du mouvement à propos de la visite du scientifique distingué sheikh al-Qaradawi."

 

"Le comité d'organisation des célébrations devrait permettre au public tunisien impatient de rencontrer Sheikh al-Qaradawi et de l'écouter d'avoir suffisamment d'occasions de le faire et ne pas limiter cette occasion à ces seules festivités."

 

Adel Chaouch, un député du mouvement d'opposition Attajdid, s'est déclaré surpris par la visite d'al-Qaradawi du fait de ses positions antérieures sur la Tunisie. Mais il a également déclaré qu'al-Qaradawi pouvait corriger certaines erreurs du passé.

 

"Je l'accueillerai personnellement s'il revoit son opinion. Je ne le considère pas comme un révolutionnaire ou comme un ennemi du régime."

04:14 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19 février 2009

La Mauritanie esclave de son histoire

 

 

 

 

 

 

 

  

La Mauritanie esclave de son histoire

Par Marc Etcheverry,

LEXPRESS.fr  , le 18 février 2009

 

Domestique, sexuel ou agricole,

l'esclavage perdure

en Mauritanie. LEXPRESS.fr a assisté à une conférence de presse animée, mardi au Grand Palais à Paris, autour de la question.

"

Je suis esclave depuis ma naissance. J'ai été séparé de mes parents, de mon frère et de ma soeur. Je travaillais dur pour mon maître, sans rétribution et toute la journée. Quand celui-ci me battait, il me disait de ne pas crier car ça pourrait gêner les voisins"

Mardi, Yahiya Ould Brahim participait à une conférence de presse, au Centre d'Accueil de la Presse Etrangère à Paris, à l'intitulé sensible: "

L'esclavage en terre d'Islam. Pourquoi les maîtres mauritaniens n'affranchissent pas leurs esclaves".

Ce titre ne doit rien au hasard: il s'inspire pour partie du nom donné par l'anthropologue Malek Chebel, à un de ses ouvrages publié voici deux ans (L'esclavage en terre d'Islam, Fayard, 2007). L'auteur était d'ailleurs présent aux côté de l'ex-esclave. Avec eux, Biram Ould Dah Ould Abeid. Membre de SOS esclaves en Mauritanie,

il sillonne le pays pour faire connaître, et surtout reconnaître ce fléau.
 

Trois

types d'esclavage

"Il persiste toujours un esclavage traditionnel, explique-t-il, la voix empreinte de colère. Celui-ci prend trois formes. Tout d'abord, domestique, par laquelle l'esclave est attaché au maître durant toute sa vie, sans contact avec sa famille d'origine. Ensuite, sexuelle, permettant au maître d'avoir un droit de cuissage sur toute les femmes travaillant pour lui. Enfin, agricole, les esclaves étant chargés des travaux les plus durs, des tâches considérées comme les plus avilissantes par le groupe dominant arabo-berbère".
.

Il n'est pas besoin de beaucoup de mots pour comprendre que la jeunesse de Yahiya Ould Brahim n'a rien de comparable à celle de ses contemporains occidentaux. Un récit anachronique. Le quotidien, pourtant, de centaines de milliers de Mauritaniens. Combien d'années d'asservissement

? Il n'en a aucune idée, il n'avait pas d'état civil. Suffisamment longtemps, en tout cas, pour qu'un jour de 1999, il prenne son courage à deux mains, et s'enfuit, se "libère".

Ainsi en Mauritanie, la population est répartie en deux groupes : les Maures et les Négro-Mauritaniens. C'est au sein du premier ensemble, composé d'arabo-berbère ("Blancs") et de "Maures noirs", que les cas d'esclavage sont relevés en nombre, même si cette pratique existe dans quasiment toutes les ethnies du pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si l'on n'est pas esclave par condition, on l'est de toute manière par statut

 

ont été envoyés dans les écoles françaises durant la colonisation à la place des fils de familles arabo-berbères, le français étant synonyme de chrétienté, selon la thèse développée par Mohamed Yahya Ould Ciré, président de l'association des Haratine d'Europe.

On appelle Haratine, les affranchis. Chanceux

? Pas tout à fait. "Là encore, souligne Mohamed Yahya Ould Ciré, les liens entre maître et esclave perdurent. Il est souvent alors question d'une dette, dont l'ancien esclave doit s'acquitter pour avoir recouvré la liberté." 

La responsabilité de l'Islam

?

Reste la question controversé de la responsabilité de l'Islam

? Pour Biram Ould Dah Ould Abeid, le code malékite (courant nord-africain du sunnisme), "foncièrement obscurantiste", est instrumentalisé par le groupe dominant: "L'esclave ne peut gagner le paradis que si le maître le lui permet, grâce à une vie avilissante". En n'interdisant pas formellement la pratique de l'esclavage, l'Islam l'a admis de fait, constate pour sa part Mohamed Yahya Ould Ciré, bien que "des pistes aient été formulées pour inciter à l'affranchissement".

La tension monte d'un cran. Malek Chebel se désolidarise de cette vision.

"J'estime que c'est avant tout la structure féodale de la société mauritanienne qui entretient cette pratique. On ne peut pas faire de généralité. L'Islam n'est pas en faveur de l'esclavage, c'est une interprétation erronée qui en fait un instrument de domination". Une question qui demeure visiblement difficile à trancher.

. "Plusieurs de mes amis, qui ont fait de grandes écoles, et occupent actuellement des postes importants dans la société mauritanienne, sont en fait encore des esclaves, explique Biram Ould Dah Ould Abeid. Chaque année, leur "ancien" maître passe les voir, et récupère des offrandes de toutes sortes. Les victimes de ce racket craignent que leur statut ne soit révélé et obtempèrent sans sourciller".

Esclave et haut responsable, ne sont pas des termes antinomiques. Beaucoup d'asservis

Depuis

1981, date de l'abolition de l'esclavage en Mauritanie, aucune poursuite n'a été entreprise à l'égard des maîtres. En août 2007, une loi criminalisant la pratique esclavagiste a pourtant été promulguée. Pour Yahiya Ould Brahim, plus question de faire confiance à l'Etat mauritanien, il se sait désormais bien plus en sécurité en Europe.

 

 

23 janvier 2009

Des fidèles prient sur les ruines d'une mosquée détruite

Des fidèles prient sur les ruines d'une mosquée détruite

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7sur7, le 23 janvier 2009

Seul le minaret a survécu au raid israélien qui a rasé la mosquée Taha, à Gaza ville. Dans un geste de défi, les fidèles ont accompli la prière du vendredi sur les ruines du lieu du culte où flottent des drapeaux verts du Hamas.

"L'attaque contre la mosquée était une attaque contre l'islam mais ils ne pourront pas détruire cette religion tant qu'il y aura des croyants", lance l'imam dans son prêche devant quelque 200 fidèles.

"La résistance a été tenace et les juifs ont été vaincus", assure-t-il, dans son discours retransmis par des haut-parleurs installés en haut du minaret.

Vingt détruites

Cette mosquée est l'un des milliers de bâtiments détruits par l'armée israélienne lors de son offensive contre le mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza. (Contre le peuple palestinien !!!) (Rachid Z) En trois semaines, elle a fait plus de 1.300 morts, selon des sources médicales palestiniennes.

Au moins 20 mosquées ont été détruites, selon le Bureau palestinien des statistiques. Israël affirme qu'elles étaient utilisées par le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens pour stocker leurs armes.

Mais les fidèles massés devant ce qui reste de la mosquée Taha assurent que c'était leur religion qui était visée.

Musulmans visés

"C'était une mosquée pour la prière, pas la résistance. Il n'y avait que des musulmans ici, et c'est pour ça qu'ils nous ont visés", assure Alaa Chana, 16 an, alors que derrière lui, des fidèles installent leurs tapis de prière dans la rue.

Personne n'a été tué dans le raid nocturne israélien contre cette mosquée. Mais les bâtiments environnants ont été touchés par l'explosion et plusieurs Palestiniens ont été blessés.

C'est le cas des deux petites-filles de Mohammed al-Toum dont l'une a reçu des éclats d'obus dans la tête.

Reconstruction bloquée

M. al-Toum, qui a toujours vécu près de cette mosquée, assure qu'il n'y avait pas d'armes à l'intérieur. "Ce ne sont que des mots creux. Tout ce qu'ils voulaient, c'était tuer des musulmans. C'était une croisade, une guerre contre l'islam", jure-t-il.

La petite tente érigée à côté du minaret, et qui sert de mosquée temporaire, ne peut accueillir que la moitié des fidèles. Elle pourrait rester sur place des mois, voire des années.

Israël a instauré un bouclage de la bande de Gaza depuis la prise de pouvoir par le Hamas en juin 2007 et interdit le passage de matériel de construction, dont une partie pourrait servir à fabriquer des armes.

Amis tués

Le quartier Cheikh Radwan, où se trouve la mosquée, est depuis longtemps un bastion du Hamas. Après le raid israélien contre la mosquée, des combats au sol ont éclaté avec les soldats israéliens. L'aviation a également bombardé d'autres bâtiments à proximité.

Ibrahim Bassam, 20 ans, raconte avoir assisté aux combats et que certains de ses amis, des combattants, ont été tués.

"Personne ne veut encore la guerre. Ils ont tout utilisé contre nous, le phosphore blanc, les chars, les F-16. Des gens étaient blessés à tel point qu'ils ne pouvaient être soignés ici. Ils ont été envoyés en Egypte", dit-il.

Cessez-le-feu

Les armes se sont désormais tues, Israël puis le Hamas ayant proclamé chacun de leur côté un cessez-le-feu dimanche.

Mais le sermon diffusé de la mosquée Taha avertit que la guerre n'est pas terminée.

"Certains de nos saints guerriers se sont battus et d'autres ont attendu, lance l'imam. Ils ont attendu tout le temps de l'aggression et de la tuerie afin de pouvoir se battre contre les forces d'occupation la prochaine fois et capturer leurs soldats".

 

21:54 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

17 janvier 2009

Le guide suprême iranien dénonce les "traîtres" arabes

Le guide suprême iranien dénonce les "traîtres" arabes

 

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Le Monde, le 16 janvier 2009

 

Le guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei a dénoncé les "traîtres" arabes et les "hypocrites" au sein du monde musulman face à l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, a rapporté vendredi l'agence officielle Irna.

 

"Soyez fiers de votre patience, de votre courage et de votre sacrifice. Votre résistance a dévoilé (les intentions) de l'Amérique, du régime sioniste et de ses alliés, des Nations unies et des hypocrites au sein du monde musulman", a dit le dirigeant iranien dans un message au chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh.

 

"Les traîtres arabes devraient savoir que leur sort ne sera pas mieux que celui des juifs dans la bataille d'Ahzab", a-t-il dit, dans une allusion à une des guerres menées par le prophète Mahomet.

 

L'Iran est un fidèle allié du Hamas qui contrôle la bande de Gaza, mais dément approvisionner le mouvement islamiste en armes, affirmant le soutenir seulement moralement et financièrement.

 

Israël est l'ennemi juré de la République islamique d'Iran. Téhéran n'a jamais reconnu l'Etat hébreu, qui considère pour sa part que l'Iran représente une menace pour son existence.

 

Lors d'une réunion vendredi à Doha sur la guerre à Gaza, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a demandé que les dirigeants israéliens soient poursuivis devant la justice internationale pour "crimes" contre les Palestiniens dans la bande de Gaza.

 

Le président iranien a réclamé de "punir les dirigeants criminels de l'entité sioniste", en les poursuivant devant la justice internationale pour l'offensive israélienne.

 

Il a en outre appelé les pays arabes et islamiques à "boycotter les produits de l'entité sioniste, les sociétés traitant avec cette entité" et à "rompre les relations" avec Israël.

 

Au moins 1.145 Palestiniens ont tués, dont 355 enfants, et plus de 5.160 blessés depuis le début de l'offensive israélienne sur Gaza, le 27 décembre, selon les services d'urgence palestiniens.

01:21 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

14 janvier 2009

En Indonésie, les islamistes se mobilisent

En Indonésie, les islamistes se mobilisent

 

Courrier International, le 13 janvier 2009 

 

"Le Front de défense de l'islam (FPI) et le Front de libération de Gaza du département de Poso, dans les Célèbes, viennent d'ouvrir un bureau d'inscription pour les volontaires désireux de partir aider les Palestiniens à combattre l'agression militaire israélienne", rapporte le site de l'hebdomadaire Tempo.

 

"On leur fait bien comprendre qu'ils doivent être prêts à ne jamais revoir leur mère patrie", souligne-t-il. Depuis une semaine, trente-six volontaires se sont déjà inscrits, affirmant vouloir mener le djihad en Palestine. Le coordinateur du FPI de Poso, Sugianto Kaimudin, explique que c'est un devoir pour chaque musulman. Il rappelle également que l'usage d'armes sophistiquées dans les combats ne fait pas peur aux volontaires qui, avant leur départ, sont sélectionnés d'après leurs capacités mentales et physiques. 

01:20 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

06 janvier 2009

Qaradawi, Fadlallah condemn Israel

 

 

 

 

 

 

 

Qaradawi, Fadlallah condemn Israel

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Press TV   (média iranien), le 03 Janvier 2009

 

 

Sheikh Yusuf al-Qaradawi

(R) and Seyyed Mohammad Hussein Fadlallah Prominent Muslim clerics
have condemned Israeli airstrikes on the Gaza Strip, stressing the unity among Muslims over the Gaza crisis.

Senior Egyptian cleric Sheikh Yusuf al-Qaradawi said

it is incumbent upon all Muslims worldwide to defend the Palestinian nation.

The Egyptian Sunni Mufti said

inefficient governments are the root cause of Muslims' current problems. He added that these governments have lost their legitimacy due to their inaction on Israel's heinous crimes.

Qaradawi

hailed Hamas fighters as heroes and called on them to trust in God and not to abandon hope under the pressure of Israeli warfare.

Also, top Lebanese cleric Seyyed Mohammad Hussein Fadlallah said Israel

is not attacking Hamas but it is fighting against the Palestinians' will to free their occupied lands.

The influential Shia cleric

criticized Arab leaders and the international community for stopping short of any serious action against the Israeli massacre of the Palestinians.

While Israel

is pushing ahead with massacring the Palestinian people, Arab and international bodies only call for a halt to violence, he said, accusing the US of assisting Israel in its crimes against the Palestinians.

28 décembre 2008

Arabie Saoudite : À 8 ans, on lui refuse le divorce

 

 

 

 

 

 

  

   

 

Arabie Saoudite

À 8 ans, on lui refuse le divorce

ArabieSaoudite

 

Le Parisien, le 21 décembre 2008

A l'heure où les enfants de son âge songent aux cadeaux de Noël,

un tribunal saoudien refuse de prononcer le divorce d'une fillette de huit ans mariée par son père à un adulte de 58 ans.

Au tribunal de Unayzah, à 220 kilomètres au nord de Ryad, où l'affaire a été jugée samedi,

le juge a expliqué qu'elle devait d'abord atteindre «la puberté» pour effectuer, elle-même, la demande de divorce.

Car, cette demande a été déposée par la mère de la fillette, juste après que l'acte de mariage eut été signé par le père. Les parents sont eux-mêmes divorcés.

«

Le juge a refusé de se prononcer sur la plainte (de la mère), estimant qu'elle n'avait pas le droit d'effectuer une telle démarche et qu'une plainte éventuelle devait être déposée par la fillette elle-même, une fois pubère»

«

Elle ne sait pas encore qu'elle a été mariée»

L'avocat de la mère a indiqué qu'il allait saisir la cour de cassation, la plus haute juridiction du royaume saoudien, une monarchie ultra-conservatrice qui applique rigoureusement la charia, la loi islamique.

Des cas de mariages arrangés d'enfants ont souvent été rapportés par la presse dans l'ensemble de la péninsule arabique, y compris en Arabie saoudite, un royaume qui suit la wahhabisme, une version rigoriste de l'islam sunnite. En avril, une fillette yéménite, âgée aussi de

8 ans, a obtenu le divorce après que son père, un chômeur, l'eut marié à un homme de 28 ans.
, a-t-il indiqué à propos de la fillette, qui s'apprête à entamer sa quatrième année à l'école primaire.

Des membres de la famille ont indiqué, sans vouloir s'identifier, que le mariage n'avait pas été consommé et que la fillette continuait de vivre avec sa mère. Selon eux,

le père a exigé que le mariage ne soit comsommé qu'une fois sa fille âgée de 18 ans. Ce père, qui semble, selon ces mêmes sources, avoir des problèmes financiers, a reçu une dot de 30.000 riyals saoudiens (8.000 dollars). Présent à l'audience, le père a réaffirmé être favorable à ce mariage.
, a déclaré dimanche l'avocat de la mère.

12:58 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29 septembre 2008

Le roi Mohammed VI lance un plan de réforme du champ religieux

Le roi Mohammed VI lance un plan de réforme du champ religieux

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Romandie News  , le 27 septembre 2008

Le roi Mohammed VI du Maroc a dévoilé samedi les axes d'un plan de réforme du champ religieux qui concerne notamment le Conseil supérieur des oulémas (théologiens officiels), les imams et les mosquées ainsi que la communauté marocaine établie à l'étranger.

"

En notre qualité d'Amir Al-Mouminine (commandeur des croyants), nous allons rénover les institutions qui ont en charge les affaires religieuses, et assurer de notre bienveillante sollicitude les personnes qui s'en occupent", a déclaré le souverain en ouverture à Tétouan (nord) des travaux du Conseil supérieur des oulémas qu'il préside, selon le texte du discours diffusé par l'agence Map.

Le premier axe de la réforme concerne la prochaine création des .

"Conseils locaux des oulémas" de sorte, selon le roi, que "chaque région puisse disposer de son propre conseil"

 

"

Nous tenons à ce que les oulémas (...) apportent leur concours au renforcement de la sécurité spirituelle de la nation en veillant à la préservation de sa doctrine religieuse qui se réclame d'un islam sunnite tolérant"

Selon le souverain,

les oulémas doivent contribuer à la "mise à niveau des imams" de mosquées dans le cadre d'une "charte des oulémas".

Les théologiens

, a-t-il affirmé, ont le "devoir" de se déployer partout "pour guider les gens et combattre les allégations mystificatrices colportées par les tenants de l'extrémisme"

, a-t-il expliqué.

Quant à la communauté marocaine établie à l'étranger, le Conseil supérieur des oulémas

va créer prochainement un département destiné à "favoriser une certaine ouverture sur les spécificités religieuses et culturelles de cette communauté".

Cette initiative, selon le roi, tend à ".

prémunir la foi (...) et l'identité marocaine contre les velléités intégristes et extrémistes"

Mohammed VI

a nommé Taher Tijkani au poste de président du Conseil des oulémas pour la communauté marocaine en Europe

, a-t-on indiqué.

Le souverain marocain a enfin annoncé sa décision d'améliorer la situation sociale et professionnelle du personnel religieux.

En 2004

, un premier plan de réforme du champs religieux avait porté sur la mise à niveau du ministère des Affaires islamiques, la révision de la législation pour les lieux de culte ainsi que la modernisation de l'enseignement de l'islam dans le royaume.

, a souligné Mohammed VI.

L'annonce de cette

mise à niveau du champ religieux au Maroc - la deuxième réforme après celle de 2004 - intervient quelques jours après le tollé suscité par une fatwa (avis religieux) d'un théologien qui a autorisé le mariage des filles dès l'âge de neuf ans, notent les observateurs.

14:26 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb, Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19 septembre 2008

Koweït : Une fatwa proclame les changements de sexe compatibles avec l'islam

Koweït

Une fatwa proclame les changements de sexe compatibles avec l'islam

TheBirthday

 

Par Blaise Gauquelin, Têtu , le 18 septembre 2008

Les

Toutefois la

fatwa dresse également les limites de cette tolérance nouvelle. Une distinction est faite entre les homosexuels et les transsexuels. Ces derniers sont considérés comme des patients en attente de soins, alors que les homosexuels sont eux toujours censés violer la loi divine, car pratiquant la sodomie.
Elaph.com

, le réassignement de genre est désormais considéré comme religieusement acceptable en islam sunnite. En décembre 2007 pourtant, le parlement de ce petit État du Golfe avait rendu le travestissement illégal (lire quotidien du 1er avril 2008) et avait lancé une campagne de répression des mœurs largement relayée dans les médias nationaux.

autorités religieuses du Koweït font un pas progressiste: dans une fatwa du cheik Rachid Saad Alalimi, rendue publique le 15 septembre par le site d'information en arabe

15:09 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12 septembre 2008

Amir Al Mouminine préside une nouvelle causerie religieuse consacrée à la «protection des civils dans la législation islamique»

Amir Al Mouminine

préside une nouvelle causerie religieuse consacrée à la «protection des civils dans la législation islamique»

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Le Matin  , le 12 septembre 2008

 

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a présidé, jeudi au Palais Royal de Rabat, une nouvelle causerie religieuse du mois sacré du Ramadan animée par Abdelhamid El Alami, professeur de l'enseignement supérieur à Fès.

 

Le Pr. Abdelhamid El Alami a traité du thème "La protection des civils dans la législation islamique", en s'inspirant du verset coranique "(à) ne soyez pas transgresseurs, Dieu n'aime pas les transgresseurs". Le conférencier a d'emblée souligné que le souci de protection de la vie et de la dignité des citoyens découle du principe général édicté dans le Saint Coran, à savoir que l'être humain est honoré par Le Très-Haut: "Nous avons ennobli les fils d'Adam. Nous les avons portés sur la terre ferme et sur la mer. Nous leur avons accordé d'excellentes nourritures. Nous leur avons donné la préférence sur beaucoup de ceux que Nous avons créés" (Coran).

De ce

commandement découle la primauté de la protection et de la préservation de la vie des êtres humains, abstraction faite de leurs confessions, a indiqué le conférencier, ajoutant que les docteurs de la Chariâ ont abondamment explicité ce commandement et établi les règles et dispositions à même de garantir cette protection en temps de paix comme en temps de conflits. L'Islam, dans cette finalité, rejoint les compilations juridiques consignées dans le droit positif, ou ce qu'on appelle communément le droit humanitaire international, plus particulièrement les conventions de La Haye et de Genève sur la protection des populations civiles. Le ‘'Fiqh'' islamique est riche en ces cas d'espèce qui explicitent ces droits et qui renvoient à plusieurs versets et ‘'Hadiths'' du Prophète sur lesquels se fonde la pratique des musulmans vis-à-vis de leurs coreligionnaires ou des adeptes d'autres religions.

Le conférencier s'est attardé sur les différentes déclinaisons qu'a prises la protection des droits des civils, notamment en temps de guerre. C'est ainsi que

les prescriptions en matière de protection de la vie des femmes, des enfants et des personnes âgées, et de façon générale, des non-combattants se sont imposées comme une règle de conduite en temps de guerre notamment. Ces mêmes principes et recommandations font aujourd'hui partie intégrante du droit humanitaire international, ce qui, a-t-il dit, illustre le rôle précurseur de l'Islam dans ce domaine. Il en est de même pour ce qui est de la protection des biens des personnes et de leurs propriétés ainsi que des garanties offertes en matière pénale de façon à éviter des peines disproportionnées ou des atteintes aux droits acquis. Dans ce chapitre entrent également toutes les prescriptions visant à repousser l'agression partant du principe de la légitime défense et de la nécessité d'épargner ceux qui montrent de bonnes dispositions vis-à-vis de la communauté musulmane même après l'avoir combattue, a rappelé le conférencier…
 

13:54 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |