11 octobre 2011

En Inde, des fatwas sur le terrorisme... et l'épilation intégrale

En Inde, des fatwas sur le terrorisme...  et l'épilation intégrale

Par Rupam JAIN NAIR (AFP), le 10 octobre 2011

"Les femmes ont-elles le droit à l'épilation intégrale ?" Peu théologique, c'est pourtant une question parmi d'autres qu'étudie le "bureau des fatwas" de Darululoom Deoband, célèbre berceau de la pensée islamique conservatrice, dans le nord de l'Inde.

Des centaines de questions sur tous les aspects de la vie sociale et religieuse sont envoyées à l'école chaque semaine et dûment notées dans un registre en cuir vert par Habibur Rahman, un étudiant de 21 ans.

Les réponses aux requêtes sont bien loin de la perception occidentale de la fatwa, qui fait surtout référence à celle lancée en 1989 par l'ayatollah Khomeini réclamant l'exécution de l'écrivain Salman Rushdie pour son roman jugé blasphématoire envers l'islam, "Les versets sataniques".

Mais elles n'en sont pas moins importantes.

"Dans le monde théologique, nos fatwas sont équivalentes au verdict d'une cour constitutionnelle de n'importe quel tribunal de n'importe quel pays", assure Habibur, qui passe le plus clair de son temps à traduire en arabe ou ourdou les demandes rédigées en anglais ou hindi et qui viennent du monde entier.

Fondée voici 150 ans dans la ville du même nom, l'école Deoband a formé des milliers d'imams qui ont ensuite répandu la vision conservatrice de l'"islam Deobandi" en Asie du sud, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis.

Chacun de ses arrêts a par conséquence un considérable écho au sein de nombreuses communautés sunnites dans le monde.

C'est aussi une madrassa fréquentée par 6.000 étudiants qui sont tenus éloignés de la vie moderne et sont encouragés à ne rien lire d'autre que les textes religieux.

En 2008, le Darululoom (séminaire) a attiré l'attention de l'étranger en publiant une fatwa dénonçant le terrorisme comme un péché contre l'islam.

Mais la plupart du travail du département des fatwas de l'école consiste à se pencher sur des sujets moins sensibles, comme les problèmes conjugaux, les disputes foncières et les règles éthiques en matière de commerce.

Chaque question est étudiée par trois universitaires et la plupart des réponses sont postées sur le site internet de l'école.

Les membres du clergé à Deoband soulignent que leurs fatwas sont rédigées comme des principes de conduite religieuse et ne doivent pas être appliquées de façon coercitive.

"Notre intention n'est pas d'imposer", dit le porte-parole de l'école, Adeel Siddiqui. "Nous suggérons, apportons des solutions et demandons aux gens de suivre nos principes".

Mais les critiques mettent en doute la sincérité de ce genre d'explications et estiment qu'elles cachent en fait une volonté de répression, en particulier lorsqu'il s'agit des femmes.

De précédentes fatwas ont par exemple tenté d'empêcher les femmes de porter des jeans ou d'adresser la parole à des hommes sur leur lieu de travail.

"Ces religieux s'assoient dans une petite pièce, loin de la réalité de la vie et choisissent d'imposer leur volonté aux femmes", dénonce Saziya Sheikh, un enseignant musulman dans une école publique de la ville.

En janvier cette année, l'école a nommé un recteur réformiste, Maulana Gulam Mohammed Vastanvi, dont l'objectif affiché était d'amener plus de transparence à l'institution, ironiquement baptisée par les médias "l'usine à fatwas".

Il voulait aussi améliorer les conditions de vie spartiates des étudiants et introduire des cours d'ingénierie.

Las, sa volonté de modernisation s'est heurtée au mécontentement des puissants idéologues du conseil d'administration et il a dû quitter son poste au bout de six mois.

Habibur Rahman continue donc de traduire les questions, comme le faisaient avant lui ses prédécesseurs, avant de les soumettre au clergé.

A la question sur l'épilation intégrale, les idéologues ont répondu: "Oui, une femme peut s'épiler tout le corps et peut recevoir l'aide d'autres femmes mais les autres femmes ne devront pas la toucher du nombril aux genoux".

26 juillet 2011

Les Eglises chrétiennes lancent un appel à la grève de la faim pour faire reconnaître les droits des dalits chrétiens et musulmans

Les Eglises chrétiennes lancent un appel à la grève de la faim pour faire reconnaître les droits des dalits chrétiens et musulmans

 

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EDA, le 19 juillet 2011

Les principales Eglises chrétiennes de l’Inde, rejointes par de nombreuses organisations de défense des droits des dalits (ex-intouchables (1)), ont appelé à une grève de la faim générale du 25 au 27 juillet à New Delhi, afin d’obtenir du Parlement fédéral qu’il abolisse enfin les discriminations fondées sur la caste et la religion.

Organisée par la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI), le Conseil national des Eglises chrétiennes (NCCI) – un rassemblement d’Eglises orthodoxes et protestantes –, la Commission nationale pour les dalits chrétiens (NCCDC), le Conseil national des dalits chrétiens (NCDC), ainsi que par différents organismes et associations, la grève de la faim de trois jours se clôturera par une marche vers le Parlement le 28 juillet, afin de réclamer l’amendement de la Constitution qui permettrait d’étendre le statut de «Scheduled Castes» (2) aux dalits chrétiens et musulmans.

La manifestation de masse, une grande première dans cette lutte de plus de 60 ans pour la reconnaissance des droits des dalits, est destinée à frapper les esprits ; évêques, prêtres, religieux, laïcs, membres d’associations et d’institutions diverses se préparent à se rassembler par milliers dans les rues de New Delhi pour jeûner en public et marcher ensemble vers Lok Sabah, le Parlement fédéral. Après des années de manifestations, de déclarations, de campagnes de sensibilisation et de requêtes auprès des autorités, toutes restées lettres mortes, l’Eglise catholique en Inde, dont trois membres sur quatre sont dalits, se dit aujourd’hui lassée de l’immobilisme du gouvernement fédéral, quel que soit le parti au pouvoir.

Vincent Manoharan, dalit et président de la Fédération nationale du mouvement pour les droits des dalits (NDDLR), rappelle que le Parti du Congrès, actuellement au pouvoir, «n’a absolument rien fait», alors que la Commission nationale pour les minorités religieuses et linguistiques, à la demande de la Cour suprême, avait présenté au Parlement en 2010 un rapport en faveur de l’intégration des dalits chrétiens et musulmans au sein des Scheduled Castes (3). «Manmohan Singh dirige officiellement le pays, mais tout le monde sait qu’il ne peut prendre aucune décision seul. Je pense qu’il ne pourra prendre une décision favorable envers les dalits chrétiens et musulmans que s’il peut s’affranchir des influences extérieures», regrette-t-il.

Bien que la Constitution indienne promulguée en 1950 ait interdit toute discrimination fondée sur la caste, le sexe, le lieu de naissance ou la religion, et aboli l’intouchabilité (le système des castes n’a pas été officiellement supprimé mais seulement considéré comme ‘non-existant’), les dalits se heurtent toujours à une tradition tenace et à l’opposition farouche des tenants de l’hindutva (4). Quant aux dalits non hindous, ils ont été exclus de la politique de discrimination positive des Scheduled Castes (SC) par l’article 3 de la Constitution, au motif que le système des castes n’existait pas dans leurs religions respectives.

Soulignant le caractère anticonstitutionnel et contradictoire d’une loi autorisant l’exclusion d’une catégorie des dalits en fonction de leur religion, tout en interdisant toute discrimination religieuse, les défenseurs de la cause des ex-intouchables n’ont de cesse d’obtenir la réintégration des dalits chrétiens et musulmans dans le système des Scheduled Castes. Depuis la reconnaissance du statut de SC aux bouddhistes en 1956 puis, plus récemment, aux sikhs en 1990, aucune raison objective ne s’oppose à l’intégration de l’ensemble des dalits, affirment-ils encore, et ce d’autant plus que ni le bouddhisme ni le sikhisme ne reconnaissent le système des castes.

La grande grève de la faim des chrétiens à New Delhi coïncidera avec l’ouverture de la session d’été du Parlement qui doit approuver de nombreuses mesures dont l’une, très attendue, contre la corruption. Comme le souligne The Examiner India, dans son édition du 16 juillet dernier, «si tous les archevêques, les évêques et un grand nombre de prêtres et de religieux, accompagnés de milliers de laïcs, participent à la grève de la faim et à la marche sur le Parlement, alors que débute la session de la mousson, le gouvernement fédéral sera bien obligé de faire le petit pas nécessaire pour que les chrétiens dalits dont les droits sont bafoués depuis 1950 obtiennent enfin justice».

Pour Vincent Manoharan, même si cette dernière tentative échoue, les dalits resteront très déterminés : «Lorsque, dans une démocratie, une demande légitime émanant d’une personne ou d’une communauté entière reste trop longtemps sans réponse de la part de ceux qui représentent cette même démocratie, alors cette personne ou cette communauté sera forcée d’utiliser d’autres moyens pour combattre ces situations antidémocratiques et obtenir ce qu’elle demande (...). Les dalits chrétiens et musulmans sont aujourd’hui dans ce cas» (5).

Notes

(1) Les dalits (littéralement «les écrasés») sont exclus du système des castes en raison de l’impureté attachée traditionnellement à leur statut, faisant d’eux des intouchables. Malgré les différentes mesures prises en faveur d’une meilleure considération des dalits, ces derniers souffrent toujours d’une forte discrimination, sont souvent séparés dans les écoles, interdits d’entrée dans nombre de bâtiments publics, temples hindous et lieux d’incinération, et fréquemment interdits d’accès à l’eau potable.

(2) Les Scheduled Castes (SC) sont les catégories au sein desquelles les dalits peuvent bénéficier de certains avantages (quotas au sein de la fonction publique ou l’enseignement, possibilité de se présenter aux élections, etc.), dans le cadre d’une politique de discrimination positive. Selon le recensement de 2001, les SC représentent aujourd’hui plus de 166 millions personnes, soit 16 % de la population. La plupart d’entre eux (79 %) vivent en milieu rural.

(3) En 2010, pour la première fois, à la demande de la Cour suprême, la Commission nationale pour les minorités religieuses et linguistiques et la Commission nationale pour les Scheduled Castes ont soumis au Parlement fédéral deux rapports demandant l’élargissement des mesures de discrimination positive aux dalits chrétiens et musulmans.

(4) L’hindutva est le terme désignant l’idéologie de l’extrême-droite hindoue, qui identifie l’hindouisme à la nation indienne.

(5) National Academy for Dalits (NAD), 16 juin 2011 ; AsiaNews, 18 juillet 2011 ; The Examiner India, 16 juillet 2011; Fides, 28 juin 2011.

19 juillet 2011

Côte d’Ivoire : Les musulmans sunnites exhortés au pardon et à la réconciliation

Côte d’Ivoire

Les musulmans sunnites exhortés au pardon et à la réconciliation

 

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Agence Ivoirienne de Presse (AIP), le 19 juillet 2011

L’imam de la grande mosquée sunnite de Bouaké, Nouh Diabaté a exhorté samedi ses coreligionnaires de Divo au pardon et à la réconciliation, au cours d’une conférence organisée par le conseil général du Sud-Bandama de l’Association des musulmans sunnites en Côte d’Ivoire (AMSCI).

Le guide religieux a demandé aux musulmans sunnites de Divo de suivre l’exemple du prophète Mahomet qui n’a rien fait pour se venger après sa reconquête de la Mecque, sa ville natale, qu’il avait été contraint de fuir suite à la persécution dont il faisait l’objet.

«Pardonnez à tous ceux qui vous ont fait du tort car la Côte d’Ivoire a besoin de paix pour avancer», a-t-il recommandé aux fidèles. «Cultivons l’amour, l’entente et la solidarité entre nous Ivoiriens et entre nous et les peuples frères qui ont choisi de vivre chez nous», a ajouté l’imam Nouh Diabaté.

Le guide religieux a également invité ses coreligionnaires à adopter une attitude de paix et à s’en remettre à la justice de Allah, Le Miséricordieux, sans chercher à prendre leur revanche parce qu’ils pensent aujourd’hui avoir la force de leur côté. Il a appelé les fidèles de tous bords, chrétiens, musulmans, animistes à se donner la main pour œuvrer ensemble pour le développement harmonieux de la Côte d’Ivoire.

Avant le conférencier, un cadre membre de l’AMSCI, Famoussa Coulibaly est intervenu pour saluer l’initiative des organisateurs de la conférence qui avait pour thème "quel apport du musulman au processus de réconciliation nationale". Il s’est félicité du choix du thème car pour lui, Divo doit panser ses plaies pour que ses fils se réconcilient et vivent en parfaite harmonie.

«Les musulmans de Côte d’Ivoire doivent pardonner pour vivre avec les autres frères Ivoiriens une fraternité vraie. Il faut que tous les musulmans se réconcilient entre eux, mais aussi avec les Ivoiriens d’autres confessions religieuses pour une paix durable dans notre beau pays», a-t-il souhaité.

13 juillet 2011

Les Chams, ces musulmans réchappés des Khmers rouges

Les Chams, ces musulmans réchappés des Khmers rouges

Par Charles Jegou, le 08 juillet 2011

Les Chams, musulmans historiques du Cambodge, ont été l’une des principales victimes des Khmers rouges dans les années 70.

Le procès des Khmers rouges qui vient de s’ouvrir au Cambodge a mis en lumière une communauté ignorée du public : les Chams. Communauté musulmane historique issue du royaume de Champa, ils représentent, avec les Khmers vietnamiens, le deuxième groupe ethnique pour lequel la notion de «génocide» a été officiellement retenue dans le procès. Les Chams ont effectivement fait l’objet d’une véritable entreprise de destruction à partir de 1975, date à laquelle les Khmers rouges prirent Phnom Penh, la capitale.

Un massacre racial et non social

Egalement appelés Khmers islam, ils représentent la seule ethnie musulmane du Cambodge vivant essentiellement dans le sud du pays et autour de Phnom Penh. Pour la plupart des historiens, les massacres des Khmers rouges étaient politiques et sociaux. Mais des spécialistes comme Ben Kiernan, universitaire australien en charge du programme sur le génocide cambodgien à l’université de Yale, considèrent que les Chams ont bien été décimés pour leur religion et leur culture. S’ils ne représentent que 2 % de la population au Cambodge, les Chams par leur témoignage pourraient jouer un rôle important dans la reconnaissance du génocide de 1975 à 1979.

Des mesures anti-islam

Ben Kiernan insiste d’ailleurs sur la logique raciste du processus visant à imposer l’idéologie communiste à l’œuvre dans le génocide. A cela près que ces «étrangers» détestés par le pouvoir en place étaient perçus sous le prisme des classes sociales (les Chams étaient appelés petits bourgeois). Aujourd’hui, les mosquées sont reconstruites et les musulmans du Cambodge pratiquent leur culte au même titre que les bouddhistes, qui représentent 96 % de la population. Beaucoup espèrent que les caractères raciaux et religieux des massacres seront évoqués dans cette communauté où le traumatisme est toujours présent.

En appliquant son idéologie fondée sur la suprématie du prolétariat, le parti des Khmers rouges a voulu niveler toutes les strates de la population, jusqu’à imposer des mesures anti-islamiques (obligation du consommer du porc, incinération de Corans). Après plusieurs révoltes en 1973, les leaders chams ont été dispersés et la population exterminée. Les Chams ont été intégrés par la suite dans la politique nationale de travaux forcés mise en place par l’Etat. Loin de l’idéologie marxiste, ce sont bien des critères raciaux et ethniques qui animaient Pol Pot. Dans sa grille de lecture, il y avait les Khmers «purs», issus des zones rurales et les peuples urbanisés, influencés par le capitalisme. Sur les 700.000 membres que comptaient les Chams en 1975, plus de la moitié avait péri en 1979.

24 février 2011

Laïcité : Débat hypocrite et inutile

Laïcité : Débat hypocrite et inutile

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Par Assim (Nawaat), le 23 février 2011

Chose qui interpelle ces derniers jours est la recrudescence des interrogations concernant la laïcité en Tunisie. Et dans la plupart des cas, je ne pus que lire des débats stéréotypés qui oscillent entre l’hypocrisie et la bêtise mal informée.

Mise au point.

Étant issu d’une formation scientifique, je ne porte pas à cœur la philosophie de l’arrogance qui s’entoure d’un halo mystérieux composé de citations en pagaille et de surenchère linguistique. Alors, je me limiterai au minimum utile dans la définition du terme et non du phénomène.

La laïcité est dans sa définition, l’opposé du clérical. Le clérical désigne la gouvernance par prétention divine et religieuse, la régence au nom du divin, mais il ne renvoi pas à la religion. La laïcité est donc une gouvernance dont la légitimité n’est pas divine. Il faut aussi souligner l’autre pan de laïcité, à savoir la liberté de croyance et des pratiques religieuses.

Voilà pour la stricte définition édulcorée.

Cette définition s’applique rarement, et si j’ai à citer un pays qui s’y conforme, ça serait la Suède où on peut trouver des piscines possédant des horaires spéciaux où les musulmanes peuvent nager en tranquillité.

Et si elle ne s’applique que peu, c’est parce que le phénomène prend le dessus. Le phénomène est la laïcité à la française, la laïcité des hypocrites. C’est cette laïcité qui entend défendre les valeurs de la définition en menant la chasse aux religions, et plus précisément la guerre ouverte à l’Islam. Ma note s’adressant aux Tunisiens et non aux Français anesthésiés par des médias de propagande biaisée, je ne vais pas décrire cette guerre. Cela serait une perte de temps, vu que vous en connaissez déjà les rouages. Je vais toutefois évoquer deux points.

Premièrement, le terme hypocrite d’Islamiste qui compte ET les terroristes ET les mouvances ultra modérées. A ce titre, je me demande bien pourquoi mes compatriotes ont oublié les termes musulman et musulmane. Assez de faire le jeu d’autrui, on dit ???? et non ?????? . Deuxièmement, j’aimerai dire que ces politiques français qui mènent la guerre au Niquab sont aussi hypocrites et vils que les Talibans qui l’ont forcé.

Revenons au cas Tunisien. J’aimerai m’adresser à deux types de discours. Celui de ceux qui défendent la laïcité en sa définition et en ses valeurs et celui des opportunistes, pâle copie de leur homologue français mais tout aussi hypocrite.

A ses derniers, je dirais que la Tunisie est arabe et que la Tunisie est musulmane dans sa société, que vous le veuillez ou non. Je ne sais si vos attaques sont basées sur un amour aveugle de l’occident ou sujette à des agendas douteux dont l’adjectif RCDiste n’est pas loin, mais je suis convaincu que vous n’irez pas loin. Vos attaques sont vaines et porter à sourire tellement c’est ridicule (cf la comédie de la gifle à l’aéroport). Vous essayez de vous attaquer à une identité, à ce quoi entre dans les composants de l’esprit tunisien. Cet esprit qui s’est finalement libéré, ne se laissera pas voler son identité.

Et vous êtes l’aspect hypocrite du débat.

Quant aux premiers, qui se posent en défenseur de valeur justes, je vous dirais que c’est tout à votre honneur. Si par conviction, vous défendez ce qui vous semble juste, alors on se doit de vous respecter.

Ceci dit vous êtes l’aspect inutile.

Je me permets de vous qualifier ainsi, car l’essence même de l’islam, les valeurs musulmanes qu’on nous a appris dans nos familles ou à l’école et ce malgré Ben Ali ou Bourguiba, sont ces mêmes valeurs que vous défendez, à savoir le respect des autres et l’égalité. Et si le Quran inculpe au croyant d’inciter autrui à l’Islam, il leur défend strictement de l’imposer. Plus frappant, il oblige le croyant à défendre autrui si sa liberté (de juif, de chrétien, etc) est menacée. Les hypocrites détournent toujours cette incitation et font l’impossible pour cacher la défense de l’imposition. Ne tombez pas dans un piège si grotesque.

En bref, la véritable société musulmane est garante de libertés et de diversités. C’est cette société qu’on a connu durant des siècles et où on a coexisté harmonieusement. Alors pourquoi l’attaquer ? C’est inutile.

Reste la question de la dissociation des organismes de l’état de la religion. Personnellement, j’aime dire que l’état reflète sa société. Si elle est caractérisée par une certaine mouvance, cette dernière se retrouvera immanquablement dans l’état. Mais si toutefois, on aimerait imposer un telle restriction pour la forme, et bien, c’est chose faite en Tunisie. Le code électoral interdit les références à la religion dans les partis politiques.

En outre, j’aimerai poser une nouvelle manière de visionner les choses. Je me demande pourquoi certains, en pensant à l’Islam, font immédiatement l’amalgame à l’extrême. Pourquoi ne peuvent-ils concevoir autre chose que l’application stricte de la Charia ? L’islamophobie initiée et entretenue par l’occident, sans doute, constituerai la bonne réponse. Alors un mot, cessez de remâcher ces clichés qui ne tiennent pas debout. Ne pouvez vous pas voir cette mouvance comme une simple inspiration ?

Tout parti s’inspire d’une certaine idéologie. Pour certains, c’est le marxisme, pour d’autre c’est le libéralisme et le fmi, et il y a ceux qui trouvent dans les textes sacrés solutions et concepts. Pourquoi devoir exclure aveuglement ces derniers sans même daigner les écouter ? Une diversité offrant une large gamme de choix, n’est ce là pas la meilleur solution pour éviter toute dérive ?

Pour finir, je ne sais que trop bien que l’harmonie parfaite n’est qu’utopie. Il y aura toujours des extrémistes et des actes peu glorieux. Ceci dit, pour y remédier, ça ne sera pas avec une guerre hypocrite ni avec de la diffamation et encore moins via des accusations aveugles qui exclut toute investigation. Si c’est un devoir de citoyen et de patriote de s’opposer à de tels actes, je rappelle que c’est aussi un devoir de croyant.

27 octobre 2010

Rappel : Le Message

Rappel

Le Message

Adressé par des oulémas et des responsables d’organisations islamiques marocaines aux chefs d’États et gouvernements islamiques, par le biais des ambassadeurs aux Maroc

«Il est de notre devoir en tant que groupe des oulémas du Maroc de rappeler aux chefs et aux gouvernements des États musulmans le point de vue de l’islam, qu’avait déjà exprimé les fatwas qu’avait rédigés les oulémas d’Orient et d’Occident avant et pendant l’occupation sioniste.

Récemment en 1989, 61 oulémas représentant tous les pays du monde islamique ont confirmé le tahrim (interdiction formelle) de renoncer à un pouce de la terre de Palestine. La rabita des oulémas du Maroc a diffusé un communiqué le 05 avril 1979 qui dénonce l’accord de paix entre l’Égypte et Israël…

Pour ce, nous annonçons de nouveau sur la base de notre engagement envers Dieu à dire la vérité et conseiller tous les musulmans, que la libération de la Palestine est une affaire des musulmans et non des arabes ; aucun dirigeant, ni gouvernement, ni organisation, n’a le droit d’aborder cette question en dehors des dispositions du Coran et de la Sunna…

Toute reconnaissance d’Israël ou renonciation au droit des Palestiniens à constituer leur propre État souverain avec Jérusalem comme capitale est en dehors de la chari’a et n’engage pas les peuples musulmans

Le 27 octobre 1994

03:36 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 août 2010

Brésil : l'essor de l'islam dans les favelas

Brésil

L'essor de l'islam dans les favelas

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09 juillet 2010

Mexique : Allah au pays des Mayas

Mexique

Allah au pays des Mayas

 

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Par Emilie Trevert, Le Figaro, le 09 juillet 2010

 

Dans les bidonvilles de San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas, une communauté de 300 Indiens vit au rythme des cinq prières quotidiennes de l'islam. Un phénomène insolite dans un pays majoritairement catholique.

 

«Salam alaikoum!», lance un vieillard en descendant d'une colline. Turban sur la tête, pardessus en laine de mouton et sandales, l'homme porte l'habit traditionnel tzotzil (une ethnie maya). Un bâton à la main, il se dirige vers une petite maison blanche sur laquelle est inscrit en rouge «Centre culturel islamique du Mexique». Aidé par une ribambelle d'enfants, il déchausse ses pieds fatigués, s'agenouille et pose sa tête sur le carrelage, en direction de... La Mecque. Une grand-mère fluette aux yeux plissés le rejoint. Voilée de blanc, elle s'installe au bout de la pièce, derrière un rideau à fleurs.

 

Suleiman et Habiba sont des Indiens du Chiapas convertis à l'islam. Avant ils s'appelaient Salvador et Maria... Catholiques convertis au protestantisme, ces paysans devenus des dissidents religieux furent expulsés de leur village, San Juan Chamula, dans les années 1970, avant de devenir musulmans, voilà plus de dix ans. Aujourd'hui, toute leur famille les Gomez rebaptisés Chechev est fidèle à Allah. Quatre générations, de 4 mois à 105 ans !

 

De l'autre côté du chemin, où l'on croise des bergères voilées qui ramènent leurs moutons, on retrouve Nujeila, 21 ans, l'une des petites-filles Chechev.

Les mains posées sur un Coran de poche, elle attend sagement que sa sœur libère le bac à lessive du jardin pour faire ses ablutions. Des suppliques résonnent dans la vallée. Elles proviennent de l'appentis de Juan, alias Mohamed. Coiffé d'une chéchia, ce menuisier de 28 ans apprend les sourates sur CD... Difficile pour eux d'expliquer leur conversion. La seule chose qu'ils expriment, c'est la «tranquillité» qu'ils ont trouvée dans l'islam. «Les Chamulas sont profondément croyants, explique l'anthropologue chiapanèque Gaspar Morquecho. Pour eux, qui ont connu l'oppression, le seul moyen de trouver la paix, c'est d'entrer en religion, et peu importe la religion! Dans l'islam, ils retrouvent certains rites indigènes, comme manger dans la même assiette ou, pour certains, avoir plusieurs femmes.»

 

Un peu plus loin, dans le quartier Nueva Esperanza, une colonie peuplée d'Indiens, vit un des fils de Suleiman. Polygame, Manuel alias Muhammad, un sexagénaire moustachu, est à la tête d'une tribu de 15 enfants. «C'est grâce à l'islam qu'on a réussi à reconstruire notre vie ici», confie ce maçon. Presbytériens puis sabbatiques dans une région où pullulent les sectes d'inspiration protestante, Muhammad et sa première femme, Nura, dont le père fut assassiné par un catholique, sont devenus musulmans en 1996. Jamais ces Chamulas n'avaient entendu parler de l'islam avant de croiser la route d'un missionnaire espagnol: Aureliano Perez, dit l'«Emir Nafia». Arrivé au Chiapas en pleine révolte zapatiste, cet ex-prof de philo marxiste, proche du mouvement morabite de Grenade, a d'abord tenté de convertir les troupes du souscommandant Marcos... En vain. Il s'est alors tourné vers les Indiens les plus pauvres de San Cristóbal. Anastasio, alias Ibrahim, le cadet de Muhammad, fut sa première recrue. A 15 ans, il entraîna toute sa famille sur le chemin du prophète Mahomet.

 

«L'Émir nous disait qu'on allait changer de vie et retrouver la paix, poursuit Muhammad, devenu hadj après deux pèlerinages à La Mecque. Ensuite, les problèmes ont commencé... Il ne voulait pas qu'on ait une vie en dehors de la communauté, il refusait que les enfants aillent à l'école, il nous faisait travailler sans nous payer, nous interdisait de parler tzotzil et de manger de la tortilla...»

Il y a trois ans, Muhammad et les siens sont parvenus à se défaire des griffes de l'Emir.

 

A deux pas de chez lui, sur un grand mur blanc, on peut lire «Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et Mahomet est son messager.» C'est ici qu'Aureliano Perez a fondé sa communauté d'inspiration soufie, baptisée Mission pour la Da'Wa. Avec sa famille et quelques morabites espagnols, il a acheté des terrains, fait bâtir des maisons, une mosquée et ouvert des commerces. A la fin des années 1990, près de 400 Indiens vivaient derrière ce mur. Profitant des donations de l'Oumma (la communauté internationale musulmane), Aureliano Perez vivait en nabab. Décrit comme mystique et autoritaire, intelligent mais pervers, il se comportait en véritable gourou. Jusqu'à ce que les Indiens se rebellent... Seules deux ou trois familles chamulas sont encore sous sa coupe. La plupart des commerces ont fermé. Il reste une pizzeria hallal. L'accueil y est glacial. Deux missionnaires espagnols refusent de nous parler sans l'accord de l'Emir. Surveillé depuis le 11 septembre 2001, leur chef s'est exilé à Mexico, où il poursuit son prosélytisme, sans grand succès. Ses anciens adeptes, eux, sont restés très pieux.

 

«Un moyen de prendre leur revanche sur le racisme»

 

Il est 17 heures. Comme tous les soirs, des oraisons en arabe s'échappent de la maison des Gomez-Chechev. Dans le quartier, à majorité catholique et protestante, cela ne surprend plus personne. «En 2001, certains nous ont traités de terroristes. Mais maintenant, nos voisins, des presbytériens, nous invitent à leur table», raconte Abdul Hafid, l'un des fils de Muhammad, qui vit dans la pièce qui sert de salle de classe aux enfants. Entre les lits superposés et la gazinière, une dizaine d'enfants, assis en tailleur, se bousculent devant des pupitres bricolés avec des caisses en bois. Les fillettes récitent avec ferveur une sourate. Déscolarisées depuis leur passage à la Da'Wa, elles ne manqueraient pour rien au monde un cours du «maestro Dahud», qui leur enseigne le Coran. Vêtu de noir, fines lunettes sur le nez, le jeune maître de 18 ans écrit la leçon du jour dans un arabe littéral impeccable. Orphelin, il a été formé dès l'âge de 11 ans à la madrassa de la Da'Wa, avec une cinquantaine d'enfants, à raison de dix heures par jour. Le reste du temps, Aureliano Perez le faisait travailler bénévolement dans la menuiserie avec les adultes. Aujourd'hui, le jeune homme rêve d'étudier dans une école coranique au Maroc ou en Espagne, afin de devenir l'imam de la communauté indigène. Car, ici, il n'y a pas de chef religieux. Chaque vendredi, les hommes les plus érudits se relayent pour assurer le prêche dans un mélange d'espagnol et de tzotzil.

 

«En appartenant à une communauté où ils sont tous frères, ces Indiens trouvent un moyen de gommer les différences et de prendre une revanche sur le racisme, analyse l'anthropologue Yvon Le Bot, spécialiste des communautés indiennes. Ils trouvent dans l'islam une forme d'universalité.» Notamment, en effectuant le hadj. Les yeux pétillants de souvenirs, Abdul Hafid est encore bouleversé par son pèlerinage à La Mecque: «C'était pour nous, indigènes, la seule occasion de sortir de notre pays...»

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06 juillet 2010

Liban: des milliers de fidèles aux funérailles de l'ayatollah Fadlallah

Liban

Des milliers de fidèles aux funérailles de l'ayatollah Fadlallah

Par Mohamad Ali HARISSI, AFP, le 06 juillet 2010

Des dizaines de milliers de personnes ont participé mardi dans la banlieue sud de Beyrouth aux funérailles du Grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, considéré comme le premier mentor du Hezbollah et figure éminente de l'islam chiite.

Le Liban a décrété une journée de deuil à la mémoire de l'ayatollah, qui était inscrit par les Etats-Unis sur leur liste des "terroristes internationaux" établie en 1995.

Une marée noire a envahi les rues de la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, tandis que des hauts-parleurs diffusaient des prières et des discours du dignitaire, décédé dimanche à l'âge de 75 ans à la suite d'une hémorragie interne.

"Le Sayyed (titre donné auxdescendants du Prophète Mahomet) est le bien-aimé de Dieu", scandaient les fidèles habillés en noir, portant également des portraits du défunt ainsi que des drapeaux noirs en signe de deuil.

Des femmes éplorées en tchador étaient alignées sur les deux bords des rues et certaines se sont évanouies en raison de l'émotion et de la chaleur, selon un correspondant de l'AFP.

Le cortège, qui s'est ébranlé en début d'après-midi, est arrivé vers 16H00 locales (13H00 GMT) à la mosquée Al-Imamayn al-Hassanayn, où l'ayatollah Fadlallah doit être enterré.

"Je suis venu parce que le 'Sayyed' a été le premier à soutenir la résistance islamique. C'est lui qui a lancé la résistance", affirme Hassan Fakih, 55 ans, arrivé avec sa femme de Nabatiyeh, dans le sud du pays.

"Sa mort est une perte pour le Liban, le monde arabe et les chiites en particulier", renchérit sa femme Amale.

Des membres du Hezbollah en civil surveillaient étroitement le cortège.

Le dignitaire était considéré comme le guide spirituel du mouvement chiite durant les premières années de ce parti fondé au Liban en 1982 avec le soutien des Gardiens de la Révolution iraniens.

Il avait été accusé dans les années 1980 par des médias américains d'être à l'origine des prises d'otages d'Américains au Liban par des groupes radicaux liés à l'Iran. D'autres médias le présentaient au contraire comme un médiateur dans cette crise. La nature de son rôle n'a jamais été élucidée.

Dès les premières années, les relations s'étaient distendues entre le dignitaire et le Hezbollah du fait de l'influence grandissante de Téhéran sur le "parti de Dieu". Mais le "Sayyed" était resté un partisan de la Révolution islamique en Iran et de la lutte armée contre Israël.

"Il était un sincère et proche soutien de la République islamique et durant les 30 dernières années, il a prouvé, dans ses discours et en pratique, sa dévotion à la révolution islamique et à son système", a affirmé lundi le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Le Grand ayatollah était depuis plus de 40 ans l'une des principales autorités de l'islam chiite dans le monde arabe.

Il a émis des fatwas (décrets religieux) interdisant les crimes dits d'honneur ou l'excision, présentant une image modérée de l'islam dans le domaine social.

Auteur de plusieurs ouvrages théologiques, il était connu pour son pragmatisme, pour être un partisan du dialogue, pour son ouverture sur le développement scientifique et son audace dans l'interprétation des textes de l'islam (ijtihad, propre au chiisme).

Le charismatique religieux à la barbe blanche et au visage serein était connu pour ses avis religieux tolérants, notamment vis-à-vis des femmes.

16:43 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03 juillet 2010

Malaisie : "Le jeune imam", une émission de télé-réalité, fait un tabac

Malaisie

"Le jeune imam", une émission de télé-réalité, fait un tabac

AFP, le 02 juillet 2010

Ils ont entre 18 et 27 ans et vivent coupés du monde pendant dix semaines : huit jeunes hommes s'affrontent pour être sacrés le "meilleur imam" dans une émission de télé-réalité qui rencontre un grand succès en Malaisie.

Le vainqueur d'"Imam Muda" ("Le jeune imam") sera récompensé par un pèlerinage, tous frais payés, à La Mecque, une bourse pour étudier dans une université saoudienne et un poste dans une mosquée importante de Malaisie.

Il lui faudra pour cela être le dernier en lice des épreuves éliminatrices qui testent leurs connaissances de l'islam. Les candidats, qui étaient dix au départ, ont ainsi dû réciter des versets du Coran, effectuer les ablutions sur deux morts et convaincre des jeunes de se détourner du sexe hors-mariage et de la drogue.

L'émission "fera date car elle propose une approche rafraîchissante de l'islam", estime Azman Ujang, un expert des médias.

L'ancien grand imam de la mosquée nationale de Kuala Lumpur, qui supervise l'émission, espère que les candidats vont jouer un "rôle modèle" pour "lutter contre la décadence sociale et morale qui affecte les musulmans".

Les premiers épisodes ont provoqué des réactions passionnées, notamment des femmes, séduites par le physique avantageux des candidats, qui portent souvent la tenue traditionnelle et un fez sur la tête.

"Les fans gardent leurs photos et les mères n'ont pas peur de proposer leur fille", indique l'un des très nombreux messages de soutien publiés sur Facebook.

"Pour les musulmans, les jeunes imams sont des gendres idéaux car ils ont un métier reconnu et une bonne connaissance de l'islam", souligne Izelan Basar, le directeur de la chaîne câblée diffusant le programme.

Plus de 60% des 28 millions de Malaisiens sont musulmans sunnites, tandis que 20% sont bouddhistes et 10% chrétiens. Des représentants des religions minoritaires ont récemment exprimé leurs craintes d'une "islamisation" du pays après une vive controverse sur l'utilisation du mot "Allah" et des condamnations à la flagellation de personnes coupables d'adultère.

18:42 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

27 mars 2010

Maroc : Instrumentalisation de l’islam et lèche imamienne

Maroc

Instrumentalisation de l’islam

Et lèche imamique

 

Par

 

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a accompli la prière du vendredi à la Mosquée Mohammed V à Tétouan.

Dans son prêche, l'imam a souligné que les vertus et les principes fondamentaux de l'Islam font qu'il a conféré aux œuvres pies une haute valeur et une large acception englobant toutes sortes d'actions bénéfiques pour l'individu et la collectivité, pour autant que l'intention est d'agréer à Dieu et d'accéder à Sa Bénédiction.

L'imam a évoqué, à cette occasion, la mémoire de feu S.M. le Roi Hassan II, que Dieu l'ait en Sa Sainte Miséricorde, dont le peuple marocain commémore le onzième anniversaire de sa disparition, avec piété et recueillement, imprégné de reconnaissance et de considération pour ce Souverain sage et éclairé qui a consacré sa vie entière au service de son peuple fidèle et l'a conduit sur la voie de la grandeur, de la dignité, de la quiétude et de la prospérité.

Le regretté Souverain, a ajouté l'imam, représentait le modèle du guide clairvoyant et engagé dans le jihad et l'action inlassable pour la défense du Maroc, de son identité, de sa foi, de ses référents et de sa doctrine, ainsi que ses constantes nationales, son unité territoriale et sa cohésion, parvenant ainsi à consacrer la renommée et le prestige de son pays parmi les grandes nations.

L'œuvre de feu Sa Majesté Hassan II, a poursuivi l'imam, demeure un témoignage éclatant de la profondeur de sa vision, de sa perspicacité et de la pertinence de sa pensée et de ses choix, ajoutant que le regretté Souverain avait fait montre de persévérance, de constance et de foi en l'assistance de la Providence pour faire triompher les causes de son pays, ne se laissant nullement distraire ou imposer par les manœuvres adverses ou les provocations inconsidérées.

Le défunt a ainsi réussi à asseoir, sur des bases solides, la stabilité de son pays et à préserver son unité, tout comme il appréhendait, avec lucidité et clairvoyance, les objectifs prioritaires pour sa nation, tant en ce qui a trait à la politique nationale qu'en ce qui concerne les défis posés au plan économique. L'imam a indiqué que le digne successeur de feu Sa Majesté Hassan II et l'Héritier du Trône alaouite, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, poursuit le grand jihad qu'incarnent l'ambitieux processus de développement et la grande renaissance réformiste dans toutes les régions et provinces du Royaume, faisant de la promotion et de la mise à niveau de l'élément humain l'un des grands chantiers du Souverain pour développer le pays et assurer une vie digne à toutes les couches sociales. Il a de même souligné que la volonté divine et son omniscience ont fait que la place de l'être humain, son rang et sa destinée soient à la mesure de la foi et de la dévotion qu'il porte dans son cœur, ainsi que de la vertu et de la rectitude dont il fait montre et de l'impact de son action louable au service de la collectivité.

Il a rappelé, à cet égard, que feu S.M. Hassan II réunissait toutes ces qualités et ces nobles valeurs.

Les hautes qualités et les bonnes dispositions dont Le Tout-Puissant a comblé S.M. le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, sont à l'image des Paroles divines : «Le bon pays, sa végétation pousse avec la grâce de son Seigneur», a dit l'imam.

A la fin de son prêche, l'imam a élevé les prières au Tout-Puissant d'accorder soutien et succès à S.M. le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, d'unifier par ses soins les rangs de la Oumma islamique et de le combler en la personne de S.A.R. le Prince Héritier Moulay El Hassan, de S.A.R. le Prince Moulay Rachid et de l'ensemble des membres de l'illustre Famille royale.

Il a également élevé les prières au Très Haut d'entourer de son infinie miséricorde feus S.M. Mohammed V et S.M. Hassan II et de les accueillir dans Son vaste Paradis parmi les prophètes, les saints, les martyrs et les vertueux.

MAP , le 26 mars 2010

22:02 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb, Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26 mars 2010

Les madrasas du Bengale-Occidental, écoles d'excellence pour les hindous

Les madrasas du Bengale-Occidental, écoles d'excellence pour les hindous

Par Julien Bouissou,

C'est un rituel auquel les dieux hindous ne sont guère habitués. Entourée des portraits des divinités Shiva et Kali, accrochés aux murs en boue séchée de sa petite chambre, Kadika Roy leur récite souvent l'un de ses versets coraniques favoris : "Allah est le Seigneur tout-puissant, il est l'Unique et le Tout." La jeune élève hindoue étudie le Coran dans la madrasa de Chatuspalli, située juste de l'autre côté des rizières qui bordent son hameau, dans le village d'Orgram, à 100 km de Calcutta.

Financée par le gouvernement communiste du Bengale-Occidental, la madrasa de Chatuspalli jouit d'un tel succès que les élèves hindous y sont plus nombreux que les musulmans, malgré les cours d'arabe et de culture islamique obligatoires. Dans leurs uniformes d'écoliers bleu et blanc impeccables, les 930 élèves se pressent dès 8 heures du matin aux portes du grand bâtiment à un étage. L'école ne comporte ni salle de prière ni photographies de La Mecque. Des portraits de poètes musulmans et hindous ornent la salle des professeurs.

Au son de la cloche, les élèves traversent une cour, où paissent en toute quiétude quelques chèvres, pour se précipiter dans des salles aux murs peints à la chaux blanche. "Notre pays est comme une équipe de football. Si on veut gagner, il faut rester solidaire. Dans une équipe de football, il n'y a pas d'hindous ou de musulmans, mais des défenseurs ou des attaquants", leur lance le professeur d'arabe, habillé d'une tunique blanche et d'un calot sur la tête. Puis en évoquant les grands récits des voyageurs musulmans, Muhamad Yunus insiste sur la nécessité de "voyager pour s'ouvrir l'esprit".

A commencer par les voyages virtuels. Dans la salle d'informatique, les enfants utilisent Google Map. "Je leur apprends à trouver notre village sur la carte, et par un effet de zoom arrière, de découvrir où ils se situent par rapport au Bengale-Occidental, à l'Inde et enfin au reste du monde", explique le professeur d'informatique.

Ces enfants vivent pour la plupart dans des maisons sans électricité, perdues dans les rizières des environs. Créée en 1975 pour faire reculer l'illettrisme chez les musulmans, la madrasa Chatuspalli a, au fil du temps, attiré les familles pauvres de toutes confessions. Depuis 1980, elle est soutenue par le gouvernement du Bengale-Occidental. Les études y sont moins coûteuses que dans les écoles publiques laïques. Les uniformes sont distribués gratuitement et les livres vendus à prix réduits. Le gouvernement régional dépense chaque année 100 millions d'euros pour entretenir plus de 580 madrasas de ce type, dispersées dans cet Etat frontalier du Bangladesh.

Ces institutions qui enseignent, outre l'arabe et la culture islamique, les mêmes disciplines que dans les autres écoles, ont été citées en exemple par The Brookings Doha Center basé au Qatar. Dans un rapport publié en 2009, la fondation suggère même au Pakistan de s'en inspirer. Rares sont les madrasas qui enseignent les matières scientifiques et scolarisent autant de filles (67 % des 400 000 élèves formés dans les madrasas reconnues par le gouvernement).

"Nous voulons réunir les systèmes d'enseignement théologiques et modernes, tout en innovant dans la pédagogie", ajoute Soharab Hossain, président du conseil des Madrasas du Bengale-Occidental.

Les cours assistés par ordinateur sont expérimentés et la pédagogie privilégie "l'approche concrète vis-à-vis du savoir". L'enseignement obligatoire de la langue arabe est perçu comme une chance pour les élèves, qui espèrent décrocher plus facilement un emploi dans les pays du Golfe. Quant à l'enseignement de la culture islamique, il a contribué à éliminer les préjugés et à rapprocher les communautés hindoue et musulmane.

"On ne se demande plus à quelle caste appartient telle ou telle personne, mais plutôt jusqu'à quel niveau d'études est allé son enfant", constate Asgar Khan, l'un des membres du conseil d'administration de la madrasa, qui compte 7 musulmans et 6 hindous.

"Est-ce le rôle du gouvernement que de donner un enseignement religieux ?", s'agace Siddiqullah Chowdhury, assis en tailleur sur un drap blanc posé sur le sol, dans un vieil immeuble du quartier musulman de Calcutta. Le président de l'association musulmane Jamiat Ulama dans le Bengale-Occidental dénonce un coup politique : "Les musulmans représentent le quart de la population de l'Etat et le parti au pouvoir veut récupérer leurs voix." Grâce à des donations privées, M. Chowdhury gère plus de 750 madrasas qui forment des religieux, "des hommes bons, conformément aux enseignements du Coran". "Ce n'est pas leur rôle que d'apprendre l'algèbre. Pour cela, il y a l'école publique", fulmine-t-il.

Ces critiques n'entament pas la volonté du gouvernement communiste, qui a nommé un "ministre des madrasas et des minorités", Abdus Sattar, pour développer le programme. "Les madrasas permettent d'éduquer les musulmans et contribuent à l'harmonie entre les communautés ; 17 % des élèves de nos madrasas ne sont pas musulmans", se félicite le ministre.

Est-il bien orthodoxe qu'un parti communiste finance des écoles religieuses ? Abdus Sattar

hausse les épaules :

"Nous sommes dans la droite ligne du marxisme. Si les déshérités n'apprennent pas à lire et à écrire grâce à nos madrasas, comment voulez-vous qu'ils puissent lire Marx un jour ?"

Le Monde, le 26 mars 2010

21:50 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22 mars 2010

Le Maroc a mal à son alcool : jusqu'à quand ?

 

Le Maroc a mal à son alcool : jusqu'à quand ?

 

 

 

La VieÉco  , le 22 mars 2010

L'intention du Conseil de la ville de Fès d'interdire l'alcool a de nouveau attisé la querelle entre modernistes et conservateurs. L'alcool au Maroc n'est pas seulement une question de religion, c'est également un enjeu économique, financier et sociétal. Jusqu'où l'Etat peut-il aller dans la défense des libertés individuelles ?

Casablanca, le 18 février. Il est 19 h 45. Comme tous les jours à pareille heure, épiceries et grandes surfaces sont prises d’assaut par les acheteurs de boissons alcoolisées avant l’heure fatidique, celle où les débits de boissons seront fermés. 19 h à Rabat, 20 h à Casablanca, un peu plus tard à Agadir et Marrakech... tout dépend de l’attrait touristique de la ville, de la saison et selon la politique déterminée par la wilaya de la ville en question. Ainsi, il est arrivé qu’au Marjane de Tétouan, on vende des boissons alcoolisées jusqu’à 21h30 en période estivale.

Le Maroc, pays musulman selon l’article 6 de la Constitution, loi suprême du pays, qui énonce que «L’islam est la religion de l’Etat...» vit, depuis son indépendance, avec cette contradiction qui veut que la vente d’alcool soit interdite au musulmans, selon l’arrêté du 17 juillet 1967 mais que chaque année, les Marocains consomment 125 millions de litres de boissons alcoolisées, soit, en moyenne, 4 litres par habitant. Bières, vin, gin, eau de vie, vodka, whisky et champagne se vendent comme des petits pains. On en trouve, dans les bars, les foyers, les soirées nocturnes, les restaurants et les seminaires d’entreprises. Bref, l’alcool fait partie de la vie des Marocains.

Rien n’a donc changé dans les habitudes des Marocains musulmans buveurs d’alcool ce 18 février, à Casablanca, au lendemain de la surprenante intention du conseil de la ville de Fès présidé par l’Istiqlalien Hamid Chabat d’interdire la vente d’alcool dans la capitale spirituelle du Royaume. Comme un pavé dans la mare, cette «décision» aux relents politiciens est venue rouvrir le débat entre partisans de l’interdiction définitive de la vente d’alcool et défenseurs d’une légalisation pure et simple, dans le cadre des libertés individuelles.

Jamais l’alcool n’a suscité un débat aussi passionné comme en ce début d’année. Il y a eu d’abord la sortie insolite d’Ahmed Raïssouni, le dirigeant du Mouvement de l’Unicité et de Réforme, le démembrement idéologique du PJD, qui par le biais d’une fatwa, a appellé les Marocains à boycotter les supermarchés qui vendent de l’alcool. On n’est plus, par cet appel, dans le scénario de l’interdiction de consommation pure et simple de l’alcool, mais bien dans celui d’une ingérence dans les affaires des citoyens pour les influencer, avec des arguments religieux, dans le choix des lieux de leurs emplettes. La société civile ne tarda pas à réagir. Bayt Al Hikma, association qui défend les libertés individuelles, dirigée par Khadija Rouissi, réplique. Cette interdiction pour elle «est du domaine de l’extrémisme religieux et du puritanisme aveugle qui n’a pas lieu d’être, car ces commerces réservent aux clients de boissons alcoolisées une aile spéciale. Dire que le citoyen qui voit d’autres personnes s’approvisionner en alcool, ou en vendre, «participe à un péché» est une vision clairement belliqueuse, comme elle est contraire aux valeurs de tolérance, base de toute société démocratique moderne». Plus que cela, Mme Rouissi enfonce le clou en revendiquant tout simplement, dans une déclaration à l’AFP, «l’abrogation de cette loi» interdisant la consommation et l’achat de l’alcool par les Marocains musulmans «parce que cela relève de la liberté individuelle», faisant ainsi allusion à l’article 28 de l’arrêté de juillet 1967 qui «interdit à tout exploitant (…) de vendre ou d’offrir gratuitement des boissons alcooliques à des Marocains musulmans».

Quatre semaines plus tard, la décision de Hamid Chabat de vouloir prohiber l’alcool à Fès a fait l’effet d’une bombe parmi les buveurs et dans les milieux du tourisme, et relancé de plus belle la polémique entre «modernistes» et «conservateurs». Deux positions antinomiques s’affrontent : faut-il appliquer cette loi interdisant la vente d’alcool aux Marocains musulmans ou faut-il l’abroger ? Ou, encore faut-il continuer comme avant, c’est-à-dire la laisser en vigueur tout en laissant les Marocains acheter et consommer l’alcool quitte à supporter les conséquences, fort minimes d’ailleurs, d’être en infraction avec la loi ?

La suite :

La VieÉco  

11:37 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18 mars 2010

L'imam radical al-Aulaqi appelle les musulmans américains à se rebeller

L'imam radical al-Aulaqi appelle les musulmans américains à se rebeller

l'imam

 

La Croix, le 18 mars 2010

L'imam radical yéménite Anwar al-Aulaqi a appelé dans un message audio les musulmans américains à se rebeller contre leur gouvernement, qui "mène la guerre à l'islam et aux musulmans".

"Aux musulmans aux Etats-Unis, voici ce que j'ai à dire: comment pouvez-vous être loyaux à l'égard d'un gouvernement qui mène la guerre contre l'islam et les musulmans?", affirme l'imam dans le message dont des extraits ont été diffusés jeudi par le centre américain de surveillance de sites islamistes SITE et par la chaîne CNN.

"Comment votre conscience peut-elle vous permettre de coexister pacifiquement avec une nation qui est responsable de la tyrannie et des crimes commis contre vos frères et soeurs ?", s'est encore demandé al-Aulaqi, qui détient également la nationalité américaine.

"Je suis né au Etats-Unis, j'y ai vécu pendant 21 ans (...) mais avec l'invasion américaine de l'Irak et les agressions américaines continues contre les musulmans, je ne pouvais pas concilier le fait d'être un musulman et de vivre aux Etats-Unis"

"Je suis parvenu à la conclusion que le jihad contre l'Amérique est un devoir pour moi, comme pour tout musulman qui peut le faire"

Il a rendu hommage au Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, auteur de l'attentat manqué contre un avion américain le jour de Noël, revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).

Al-Aulaqi a par ailleurs accusé l'administration Obama d'avoir "promis la transparence mais ne pas avoir été fidèle à ses promesses".

"Quel est l'intérêt pour le peuple américain de souffrir afin de soutenir Israël et de soutenir la famille des Al Saoud (famille régnante en Arabie saoudite) et les monarques du Golfe ?", s'est-t-il demandé.

L'imam, soupçonné d'être lié à l'Aqpa, a acquis une certaine notoriété pour avoir entretenu une correspondance par courriels avec le commandant américain Nidal Hassan qui a tiré en novembre 2009 sur des soldats à Fort Hood (Texas), faisant 13 morts. Il avait ensuite dit approuver cette attaque.

, a-t-il poursuivi.
, a expliqué l'imam, qui serait réfugié dans la province de Chabwa, dans l'est du Yémen.

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14 mars 2010

Les Rohingyas, minorité musulmane persécutée en Birmanie, indésirable au Bangladesh

Les Rohingyas, minorité musulmane persécutée en Birmanie, indésirable au Bangladesh

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Nouvel Obs, le 14 mars 2010

Dildar Begum n'a plus de pays, pas d'emploi, rien à manger. Son mari est aujourd'hui emprisonné au Bangladesh où elle survit dans un bidonville avec ses cinq enfants, réduite à mendier du riz auprès de voisins pauvres, sept mois après avoir fui la Birmanie.

"Je ne peux pas vivre ainsi. Ce serait mieux si mes enfants et moi mourions d'un coup", lance la jeune femme de 25 ans.

Dildar Begum fait partie des milliers de membres de la minorité ethnique Rohingya qui ont gagné le Bangladesh pour échapper aux persécutions dont ils étaient victimes en Birmanie. Dans cet exil désespéré, ils n'ont trouvé que bidonvilles et camps où nourriture et eau sont rares, et soins médicaux inexistants.

Musulmans, les Rohingyas sont indésirables dans la Birmanie bouddhiste. Et indésirables comme étrangers dans ce Bangladesh musulman.

Ces derniers mois, les autorités de Dacca ont multiplié les opérations contre eux. Nombre ont été arrêtés et expulsés tandis que la sécurité était renforcée le long de la frontière poreuse avec la Birmanie.

Parallèlement, le gouvernement a découragé les ONG de distribuer des vivres à la plupart d'entre eux, redoutant que de telles actions n'attirent d'autres réfugiés, a confié un responsable gouvernemental à l'Associated Press sous couvert d'anonymat. Sans aide, les Rohingyas sont confrontés à la famine, selon des militants. "Une grave crise humanitaire menace", soulignait en février Chris Lewa, du Projet Arakan, un groupe de défense des Rohingyas.

Les quelque 800.000 membres qui composeraient cette minorité seraient les descendants de colons arabes du VIIe siècle dont l'Etat situé le long de la frontière actuelle birmano-bangladaise a été conquis par les Birmans en 1784.

La junte au pouvoir en Birmanie refuse de les reconnaître comme citoyens. Dans ce pays, la minorité est en butte aux extorsions de fonds, à la confiscation de terres, aux expulsions forcées et n'a qu'un accès restreint aux soins médicaux et à la nourriture, selon l'ONG Human Rights Watch.

Des milliers de Rohingyas ont fui en Malaisie et en Thaïlande ou ont bravé les mers vers le Moyen-Orient dans l'espoir d'y trouver du travail. L'an dernier, la Marine thaïlandaise a intercepté des bateaux transportant un millier de Rohingyas, qui ont été frappés et contraints à reprendre la mer dans des embarcations sans moteur, avec peu d'eau ou de nourriture, selon des informations diffusées par des groupes de défense des droits de l'Homme.

Vendredi encore, les autorités malaisiennes ont annoncé avoir découvert 93 Rohingyas qui disent avoir navigué pendant 30 jours dans une embarcation bondée, après avoir été semble-t-il chassés des eaux thaïlandaises.

La plupart des Rohingyas, cependant, ont fui à pied ou par bateau vers la région de Cox's Bazar au Bangladesh, où quelque 28.000 d'entre eux, inscrits comme réfugiés, vivent dans les camps officiels de Kutupalong (295km au sud de Dacca) et de Naya Para. Le camp de Kutupalong est bien équipé en installations médicales et dispose de générateurs, d'un centre d'apprentissage et de terrains de volley-ball.

Mais au moins 200.000 autres Rohingyas présents à Kutupalong n'ont pas obtenu le statut de réfugié et vivent sous la menace constante d'être arrêtés ou renvoyés chez eux. N'ayant pas le droit de travailler, nombre survivent en soudoyant des responsables forestiers, en échange de l'abattage illégal d'arbres et de la vente de bois, selon des villageois. "Ils détruisent la forêt", accuse A.F.M Fazle Rabbi, un responsable gouvernemental en charge de la zone.

Sept mois après avoir fui avec sa famille et quelque 2.500 autres les attaques de leurs voisins bouddhistes dans l'Etat birman de Rakhine (nord-ouest), Dildar Begum est obligée de mendier pour nourrir sa fille et ses quatre fils. Son époux, Jamir Hossain, 35 ans, avait trouvé du travail comme journalier dans les bidonvilles qui ont fleuri autour du camp de Kutupalong. Mais la police l'a interpellé le mois dernier lors d'un coup de filet.

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