08 mai 2012

«Les musulmans muets ont toujours tort»

«Les musulmans muets ont toujours tort»

Propos recueillis par Samir Ben le 08 mai 2012

Frédéric Castel. Historien et religiologue à l’université du Québec à Montréal

Qu’est-ce qui caractérise la communauté algérienne au Québec, et pourquoi vous la définissez par rapport à sa religion ?

Elle n’est pas définie par rapport à sa religion. L’équipe de recherche s’intéresse à la religion, point. Je peux comprendre que cela peut déranger les Algériens de voir leur identité réduite à la religion. Ce n’est pas l’intention du livre. Celui-ci étudie la religion des immigrants et forcément celle des Algériens. D’ailleurs, je le dis dans la conclusion de mon article dans le livre que le rapport des Algériens à la religion est à géométrie variable : il y en a qui sont très religieux, d’autres moyennement ou pas du tout religieux et il y en a qui sont anti-religieux. On peut trouver des laïcs, des féministes voilées ou pas, des laïcs, etc.  Pour un Québécois, c’est incompréhensible. A l’inverse d’autres communautés (cambodgienne, tamoule…) qui ont un rapport à la religion plus simple, les Algériens ont une relation plus variée, nuancée et je dirais même compliquée avec leur religion. Cela pour la première caractéristique.

En second lieu, on trouve que 40% des hommes ont des diplômes universitaires, soit deux fois la moyennes québécoise. Ce qui va surprendre plus les lecteurs, c’est la proportion de femmes universitaires ; elles sont les plus instruites chez les immigrantes.

Est-ce que l’Islam est un frein à l’intégration professionnelle ?

Il est vrai que j’ai dit cela dans ma partie du livre. Je faisais référence à l’image de l’Islam qui n’aide pas les Algériens. Compte tenu du contexte dans lequel nous sommes et où on s’inquiète de l’immigration arabo-musulmane. Il y a un discours qui est en train d’émerger qui affirme que les Arabes ont des difficultés d’adaptation. Je ne fais pas l’affirmation. Au contraire, si vous consultez la partie du livre de M. Milot, pour la majorité des Algériens et des Maghrébins l’Islam ne dérange pas. Ils peuvent même être de bons citoyens si les principes islamiques qui les animent c’est d’être de bonnes personnes, des personnes honnêtes, avoir une bonne éthique… ça pourrait même aider à l’intégration. Par contre, il y a une frange, même si elle est minime, composée d’intégristes pour laquelle l’Islam nuit. Le drame algérien, maghrébin au Québec est que tout le monde croit que la marge est majoritaire. Elle est minime mais tapageuse. Ce sont ceux-là qui demandent des accommodements raisonnables du genre «notre fille ne doit pas écouter de la musique» tel que rapporté par la presse – ce ne sont pas des inventions, ce sont des cas réels. Le drame des Québécois et qu’ils croient que beaucoup de musulmans sont ainsi.

On peut reprocher à la société d’accueil des défauts, mais les musulmans ont aussi leurs travers. Qu’est-ce qu’on peut leur reprocher ?

Faire l’effort d’être tout simplement de bons voisins. Quand on fait des choses qui sont dans l’ordre des habitudes des Arabes et des Maghrébins, il faut prendre conscience que si elles nuisent au vivre-ensemble, il faut se demander s’il est possible d’agir autrement. Comme pour la prière qu’il est possible de reporter… Certains exigent de leurs patrons, par exemple, une pause pour la prière à une heure particulière… après, ils exigent qu’il n’y ait pas d’alcool, de manger halal… le problème est que c’est un petit groupe mais on le retrouve un peu partout… C’est le cumul de tout cela qui donne l’impression qu’ils sont la majorité.

Et comme la majorité des Algériens sont muets, c’est normal que les Québécois trouvent insupportables ce modèle d’immigrants. On dit que les absents ont toujours tort et moi je dis que les muets (les musulmans, ndlr) ont toujours tort.

Est-ce que l’interculturalisme québécois avec un Etat de droit ne suffisent-ils pas à un vivre ensemble harmonieux ?

Sur papier oui. Le problème est toujours cette minorité qui fait partie de l’immigration qui semble ne pas pouvoir s’intégrer. Soit pace qu’elle est conservatrice et ne se mêle pas de la vie publique, soit parce qu’elle demande constamment des accommodements raisonnables. Il y a l’émergence de petits cas qui agacent la société.

Dans votre conclusion, vous affirmez que Djemila Benhabib qui combat quand même l’islamisme politique et ses dérives violentes, et Ahmed Ressam, condamné pour terrorisme, ont façonné l’image des Algériens au Québec... N’y allez-vous pas un peu fort en les mettant tous les deux dans le même sac ?

Ce que je veux dire, c’est que nous sommes dans une phase de l’histoire du Québec où l’image du Maghrébin, parce que pour le Québécois lambda il n’y a pas de différence entre Algériens et Maghrébins, a commencé à se dégrader avec Ressam et continue et achève avec Djemila Benhabib. Elle parle constamment dans les médias des cas qui agacent, les cas de non-adaptation avérée (la petite fille dont les parents exigent qu’elle porte un casque pour ne pas écouter la musique…). Le fait de les commenter et d’accuser l’Islam et non l’islamisme et le fondamentalisme d’être la source de ce problème. Le fait d’en parler constamment fait qu’on parle des Maghrébins.

Ressam et Djemila Benhabib n’ont pas de liens. Ils représentent les deux extrêmes. Le premier a lancé le bal des stéréotypes de l’Arabe ou du Maghrébin mental qu’on s’est construit. Et Djemila Benhabib vient clore cet échafaudage. On ne peut pas lui reprocher le fond. La plupart des gens relativement instruits sont d’accord que les faits qu’elle dénonce sont vraiment dénonçables.

Le problème est qu’elle donne l’impression au grand public qui ne connaît pas la communauté maghrébine ou arabe que l’intégrisme est la norme dans celle-ci. Pour elle, il y a deux façons d’être musulman : être pratiquant et donc non intégrable, ou bien être non pratiquant de culture musulmane intégrable, sans reconnaître qu’il y a un modèle entre les deux où on peut pratiquer sa religion et être intégré et citoyen actif. Ce côté binaire est un peu dangereux et nuisible pour l’image de la communauté.

06 mai 2012

Égypte : Une fatwa du Cheikh marocain Zemzmi en passe d'être appliquée ?

Égypte

Une fatwa du Cheikh marocain Zemzmi en passe d'être appliquée ? 

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Par Halima Djigo, le 01 mai 2012

Le parlement Egyptien examine actuellement une nouvelle loi controversée inspirée d’une fatwa du cheikh marocain Abdulbari Zemzmi que ce dernier avait émise en mai 2011. Ladite loi serait en passe d’être entérinée en Egypte et permettrait aux hommes d’entretenir des rapports sexuels avec les cadavres de leurs épouses.

Le Cheikh Zemzemi. Est-il licite pour un homme d’avoir un rapport sexuel avec sa femme quelques heures après sa mort ? Le cheikh Zemzmi répondait en mai dernier par l’affirmative. Ce dernier prétendait en effet que «les liens du mariage sont valides bien après la mort et qu’il était permis pour les femmes d’avoir des relations sexuelles avec leurs époux décédés, avec un délai de six heures au plus tard».

Plusieurs associations militant pour les droits de la femme au Maroc avaient manifesté leur indignation suite à la déclaration du cheikh. La polémique refait surface, non pas au Maroc, mais cette fois-ci sur le territoire Egyptien puisque le Parlement examine la possibilité de valider cette loi, rapporte le site d’informations Gather News.

Le Conseil National Egyptien des Femmes (NCW) pour sa part, a appelé les parlementaires à ne pas voter cette loi qui entrainerait également le recul de l’âge légal du mariage pour les filles à 14 ans. Certains membres islamistes du Parlement sont indexés et accusés «d’attaquer les droits des femmes en supprimant plusieurs lois en leur faveur, notamment celle permettant à une femme de divorcer sans faire cas de la bénédiction de son mari». Possibilité est en effet donnée par la loi égyptienne à une femme de divorcer d’avec son mari en cas d’abus.

La presse marocaine s’était faite l’écho d’une fatwa du cheikh Zemzmi qui conseillait aux femmes «d’utiliser une carotte afin d’assouvir leurs désirs sexuels». Les fatwas du prédicateur marocain sont-elles provocantes ? Ce dernier se défendait lors d’une interview parue dans l’hebdomadaire marocain La vie Eco, d’avoir fait de la fatwa sur la sexualité sa spécialité.

24 avril 2012

Sri-Lanka : des musulmans forcés de quitter leur mosquée en plein Jumu’a

Sri-Lanka

Des musulmans forcés de quitter leur mosquée en plein Jumu’a 

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Ajib, le 24 avril 2012

Lors de la prière de vendredi dernier à Dambulla au Sri Lanka, environ 2 000 bouddhistes ont manifesté autour de la mosquée afin d’exiger sa démolition.

Contraints d’abandonner la mosquée en plein Jumu’a

Les bouddhistes sont pacifiques. Et c’est pacifiquement qu’ils ont contraint, à plus de 2 000, l’évacuation des fidèles de la mosquée de Dambulla, construite en 1962. La prière du vendredi a dû être annulée, la mosquée évacuée. Des moines bouddhistes ont participé à ce regroupement destiné à exiger la démolition du lieu de culte. En effet, cette partie du Sri Lanka est considérée comme une ville sacrée par les bouddhistes. C’est donc sur un fond de tensions communautaires que les musulmans ont abandonné leur prière.

Un des responsables de la mosquée a expliqué à la BBC que lui et une dizaine d’autres frères se sont sentis piégés à l’intérieur de la mosquée, et ont craint que la foule ne démolisse le bâtiment. Cette même mosquée a été prise pour cible durant la nuit, mais par la grâce d’Allah personne n’a été blessé suite à cet incendie-explosion. Charles Haviland de la BBC affirme que les tensions sont de plus en plus présentes dans ce quartier. Les tensions sectaires en arrivent aujourd’hui à empêcher des fidèles de prier et à démolir leurs lieux saints, comme à Anuradhapura, où une foule conduite par un moine avait détruit une mosquée en septembre dernier. Le bouddhisme est la religion majoritaire au Sri Lanka, et vraisemblablement, certains souhaitent que ça le reste.

Une règlementation «sacrée»

Dimanche, d’après l’agence de presse Reuters, le gouvernement Sri-lankais aurait ordonné le déplacement de cette mosquée. D’après les moines bouddhistes, elle était construite sur une zone sacrée. Ces moines bouddhistes ont été clairs. Ils ont menacé de faire appel à la violence si cette mosquée n’était pas retirée de cette terre «sacrée». De son côté, le gouvernement a cédé :

«Suite à une discussion avec les parties concernées, le premier ministre a ordonné que la mosquée controversée soit déplacée à un endroit approprié dès que possible» Sisira Wijesinghe, les médias secrétaire au Premier ministre DM Jayaratne, a déclaré à Reuters.

Un temple hindou a également été victime des menaces des moines. La construction de la mosquée et de ce temple sur cette zone est qualifiée d’illégale par la communauté bouddhiste. Les dirigeants politiques musulmans du pays rejettent cette revendication. Ils nient lorsque le journaliste leur demande s’il est vrai qu’ils étaient en pourparlers pour déplacer la mosquée. «Il s’agit là d’une fausse déclaration, il n’y avait aucune discussion à ce sujet, et nous n’avons pas d’accord pour déplacer la mosquée», affirme AHM Fowzie, ministre musulman.

Cette mosquée n’était pas un bâtiment abandonné ou un lieu caché. Il s’agit d’un lieu de culte reconnu depuis 1962, qui accueille régulièrement des fidèles à l’heure de la prière depuis trois décennies environ. Le gouvernement a permis à la mosquée de s’agrandir récemment, en dépit d’une règlementation de 1982 déclarant l’état de la zone sacrée bouddhiste. Voilà d’où vient ce conflit. Une erreur administrative pénalisant aujourd’hui la communauté musulmane de la région.

Le Sri-Lanka et ses communautés

70% des Sri-lankais sont bouddhistes. Le bouddhisme est la religion majoritaire, arrivant avant l’hindouisme, l’Islam et le christianisme. Les analystes ont remarqué que les gouvernements successifs Sri-lankais ont à chaque fois cédé sous la pression de la majorité. Les conflits ethniques sont gérés ainsi.

Le pays a connu une guerre de vingt-cinq ans entre l’armée du gouvernement et les Tigres Tamouls. La minorité tamoule souhaitait faire valoir ses droits, et ne plus être discriminée par la majorité cinghalaise, appartenant aux gouvernements successifs. Ils réclamaient la séparation de l’Etat et de la majorité pour plus de justice sociale, politique et économique. Aujourd’hui, la justice n’est pas du côté des minorités, quelles qu’elles soient.

16 avril 2012

Emirats : six islamistes déchus de leur nationalité placés en détention

Six islamistes déchus de leur nationalité placés en détention

TF1 News, le 10 avril 2012

Six islamistes déchus de leur nationalité émiratie depuis le 22 décembre ont été placés en détention pour séjour illégal dans le pays, a indiqué leur avocat. Les six hommes "ont été convoqués par le ministère de l'Intérieur qui leur a donné deux semaines pour obtenir une nouvelle nationalité", a précisé à l'AFP l'avocat, Mohamed al-Roken.

"Ils ont répliqué qu'ils se considéraient comme citoyens émiratis jusqu'à la fin de leur vie, et ont refusé de signer un document les engageant à obtenir une nouvelle nationalité dans un délai de deux semaines", a ajouté l'avocat. Les six hommes sont détenus à la prison de Chahama, près d'Abou Dhabi.

Un responsable des services de l'immigration, le colonel Ahmad al-Khodr, cité par le quotidien Al-Khaleej, a expliqué que ces personnes avaient été placées en détention pour "refus de régulariser leur situation".

12 avril 2012

Mali: Iyad ag Ghali, le rebelle touareg devenu djihadiste

Iyad ag Ghali, le rebelle touareg devenu djihadiste

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Par Boris Thiolay, le 12 avril 2012

Grand vainqueur de l'offensive dans le nord du Mali et chef charismatique de la communauté touareg, Iyad Ag Ghaly est incontournable. Portrait d'un combattant au service de l'islam. 

Le chef d'Ansar ed-Dine (Défenseurs de la religion), le groupe djihadiste qui veut imposer la charia à l'ensemble du Mali, est un personnage de roman, aussi charismatique qu'ambigu. Bien avant de devenir un prêcheur salafiste à la barbe imposante, Iyad ag Ghali, bientôt la soixantaine, fut un véritable héros pour les Touareg.  

Fils d'un éleveur nomade, il est issu des Kel Afella, tribu noble de la confédération des Ifoghas, établie dans la région de Kidal, le grand nord malien. Au tournant des années 1980, comme tant d'autres "ichoumar" (du français chômeur), le jeune homme s'exile en Libye, attiré par les pétrodollars. Mais, là, il s'engage dans la "Légion islamique" du colonel Kadhafi. C'est ainsi que Iyad ag Ghali a notamment combattu au Liban, en 1982

Rentré au Mali, ce guerrier d'élite prend, en 1990, la tête de la rébellion touareg. A l'époque, Iyad arbore une moustache fournie, fume des cigarettes et s'autorise parfois un bon whisky. Négociateur des accords de paix de 1992, il devient conseiller auprès de la présidence malienne. "C'est en 1999-2000 qu'il a versé dans le salafisme, au contact de prédicateurs pakistanais installés à Kidal", explique l'historien Pierre Boilley, spécialiste du Sahara. A partir de 2003, Iyad ag Ghali sert d'intermédiaire dans la libération d'otages occidentaux détenus par le Groupement salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, future Aqmi). A chaque transaction, il empoche de confortables commissions. Depuis cette période, il entretient des contacts personnels avec certains émirs d'Aqmi. L'un de ses cousins, Amada ag Hama, dirige d'ailleurs un de leurs groupes armés. En 2007, le président malien d'alors, Amadou Toumani Touré, nomme Iyad ag Ghali consul à Djeddah (Arabie saoudite). Il en sera expulsé, trois ans plus tard, à cause de sa proximité avec des islamistes trop radicaux

Ecarté du MNLA

A la fin de l'année dernière, alors que la rébellion touareg couve de nouveau, il tente un coup de poker : il revendique le commandement militaire du Mouvement national de la libération de l'Azawad (MNLA), aux ambitions séparatistes. Ecarté, il fonde alors Ansar ed-Dine, ramenant dans son orbite quelques jeunes Touareg proches d'Aqmi et des djihadistes confirmés. Son mouvement, qui compte 300 combattants au maximum, pèse moins aujourd'hui par sa puissance que par l'aura de son leader. 

A Tombouctou, les indépendantistes touareg du MNLA ont lancé un ultimatum à Iyad ag Ghali, l'"enjoignant de déposer les armes et de ne plus entraver [leur] mouvement". Reste à savoir s'ils parviendront à juguler cette ancienne gloire, devenue bien trop encombrante

30 mars 2012

Première marche de femmes voilées à Nouakchott

Première marche de femmes voilées à Nouakchott

Sahara médias, le 29 mars 2012

Elles étaient près de cinquante femmes voilées, portant des vêtements en noir, et dont beaucoup de proches de détenus salafistes, des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : «oui à l’application de loi d’Allah», «non à la démocratie et la laïcité» à marcher sur le côté gauche de l’Avenue Gamal Abdenasser et à attirer les regards de piétons surpris par une telle manifestation.

Et pour cause : C’est la première fois que la Mauritanie connaît une marche de ce genre. Les femmes voilées ont marché près de cinq cents mètres, de la prison centrale de Nouakchott jusqu’au niveau du ministère de l’Education, avant que les forces de sécurité ne s’interposent et ne saisissent quelques banderoles écrites à la main d’une manière peu habile, dans la plupart des cas.

Celle qui paraissait «guider» la marche arrive tout de même à convaincre la police de les laisser organiser un sit-in (qui a duré une heure) avant de refaire le chemin de la marche à rebours jusqu’aux portes de la prison civile de Nouakchott.

La première marche des femmes salafistes à Nouakchott est différente, selon bon nombre d’observateurs, des marches classiques que connait la capitale mauritanienne de temps en temps.

Malgré que le pays porte comme emblème «République Islamique de Mauritanie» et malgré que sa constitution reconnait, clairement, en son article 2 que l’Islam est la religion du Peuple et de l’Etat, et qu’en un autre article que la législation tire sa force de la chari’a, aucune peine relevant de cette dernière n’a été appliquée dans le pays depuis le coup d’état contre l’ancien président Mohamed Khouna Ould Haidalla, il y a près de 28 ans.

A ce sujet, Rabi’a Mint Mohamed Mahmoud, la dirigeante de cette manifestation des femmes voilées a déclaré à Sahara média, dans un long entretien, que le «peuple mauritanien est connu, dans sa majorité, comme un peuple musulman» et que, pour cela, «il est inconcevable que le gouvernement continue à empêcher l’application de la loi divine», selon son expression.

Elle a ajouté que les musulmans aujourd’hui vivent les mêmes calvaires que les «assujettis», puisqu’ils sont «opprimés, appauvris et humiliés  dans leur propre pays», selon elle.

Et sur le choix de leur façon de marcher (typiquement démocratique), Rabi’a indique qu’il tire son essence même de la sunna du Prophète Mohamed (PSL).

Au demeurant, les femmes salafistes qui ont marché aujourd’hui dans les rues de Nouakchott, disent refuser, catégoriquement, «l’égalité entre l’homme et la femme», indiquant que c’est une «pâle imitation de l’Occident», ajoutant même qu’elles sont pour la polygamie « ui contribue à prémunir la société contre la dépravation des mœurs», selon leurs propos.

Rabi’a, qui est la femme du salafiste Tiyib Ould Salek, a ensuite attaqué ouvertement les frères musulmans mauritaniens et arabes les accusant de «commercialiser avec l’Islam».

Evoquant le recours au mouvement salafiste aux femmes pour continuer le combat, Rabi’a dira que «les hommes sont en prison» et que «ceux qui sont encore libres sont sous la menace à la moindre prise de parole dans une quelconque mosquée puisque les imams sont devenus des fonctionnaires de l’Etat», selon son expression.

Après avoir «transmis» leur message aux autorités, selon l’expression de l’une d’elle, les femmes salafistes se sont dispersées mais ont promis de réitérer une telle action pour pousser à l’application «intégrale» de la charia en Mauritanie.

28 mars 2012

Nouvelle fatwa de Cheikh Zamzami autorisant les sex-toys

Nouvelle fatwa de Cheikh Zamzami autorisant les sex-toys

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Yabiladi, le 23 mars 2012

Le très controversé cheikh Abdelbari Zamzami vient de faire une nouvelle sortie médiatique. L’imam marocain a assuré, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire arabophone Al Ayam que, du point de vue religieux, le recours aux sex-toys est parfaitement légitime. Mais ce n’est pas tout. L’imam, également député du Parti de la renaissance et de la vertu, a estimé que la femme musulmane «a le droit d’utiliser des flacons ou autres objets pour assouvir ses envies sexuelles».

Ce n’est pas la première fois que l’imam fait une déclaration aussi surprenante. Pour rappel, en mai 2011, le cheikh avait affirmé à la presse marocaine que l’islam autorisait la nécrophilie, estimant que le mariage restait valable, même après la mort du conjoint ou de la conjointe.

13 mars 2012

Fracture sunnites-chiites : Attention danger !

Attention danger !

Fracture sunnites-chiites

Tareq Ramadan le 02 mars 2012 à Lille

«L’un des grands dangers qui, aujourd’hui, menace la conscience musulmane contemporaine, c’est la fracture sunnites-chiites. Et, je peux vous dire que ça fait peur ! Cela fait peur parce que lorsque vous entendez des intellectuels laïques, des personnes que je respecte, des savants indépendants auprès desquels j’ai pu étudier, que j’ai lu et de les voir aussi rapidement tomber dans le piège sunnites contre chiites, qui prennent le côté de l’un comme le côté de l’autre, on ne peut que se dire : là on est tous en danger parce que cette fracture-là va être utilisée dans un sens ou dans l’autre.

C’est vrai que les pétromonarchies sont du côté de l’opposition à la Syrie parce que c’est d’une avant-garde sunnite qu’elles veulent. C’est vrai que le roi d’Arabie Saoudite a demandé aux États-Unis de couper la tête du serpent iranien. Et, il est vrai, en même temps, qu’en Iran, aujourd’hui, vous avez une réelle campagne de propagande pro-chiite.

Nous sommes dans l’obligation de faire un pas en arrière et de ne pas tomber dans ce piège. Il faut être du côté de la justice, du côté des peuples pour justement savoir déterminer qui est l’oppresseur…»

26 février 2012

Rached Ghannouchi : «Tous les Musulmans sont salafistes»

Rached Ghannouchi

«Tous les Musulmans sont salafistes»

Par Moez El Kahlaoui, le 23 février 2012

«Tous les Musulmans sont salafistes» a clamé Rached Ghannouchi. En d’autres termes, nous serions ainsi tous des salafistes, dans la mesure où nous révérons l’enseignement du Prophète, et suivons les prescriptions de l’Islam. Des propos qui risquent de surprendre. C’est pourtant bien le leader d’Ennahdha qui tient un tel discours.

Le cheikh a ainsi précisé, lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 23 février pour dévoiler la composition du nouveau bureau exécutif du mouvement Ennahdha, que les «salafistes ne sont pas un seul mouvement monolithique». Certains appellent à la violence, et au takfir. M. Ghannouchi l’admet, en soulignant que «la solution est dans le dialogue».

«La ‘’pauvreté religieuse’’ a rendu la Tunisie indépendante réceptive aux idées importées, depuis la marginalisation de la Zeitouna. Le mouvement Ennahdha, modéré par essence, a été réprimé sous Ben Ali» souligne M. Ghannouchi, rappelant que «la prière suscitait la suspicion, sans même parler de la barbe».  Ce que nous vivons actuellement serait ainsi le retour de manivelle actionné par l’extrémisme laïc. En clair : le président du mouvement Ennahdha reconduit (temporairement)  dans ses fonctions, n’a pas jugé bon de condamner sans équivoque un courant religieux dans son intégralité. Même si les plus extrémistes de ses membres ont menacé la sécurité nationale.

Déchaînement de violences

Dans la nuit du mercredi au jeudi 23 février, le local du Congrès pour la République (CPR) de la ville de Jendouba a ainsi été incendié à coups de cocktails molotov. Et le député CPR Dhamir Manai, lui-même originaire de cette région, a clairement mis en cause des «éléments salafistes connus dans la région». Cette ville du nord-ouest qui doit déjà faire face aux risques d’inondations, est aussi confrontée aux agressions de ses fils.

Lors de cette même soirée du mercredi 22 février, les forces de sécurité ont dû affronter, à Jendouba, des groupes armés de couteaux, et de cocktails molotov. Dans la matinée de ce jeudi, le jour où M. Rached Ghannouchi prenait la parole pour déclarer que «tous les Musulmans sont salafistes», un poste de police a été incendié à Jendouba. Le deuxième dans la région, puisque celui de Zehoua a été attaqué la nuit précédente. L’agence Tap cite des témoins précisant que «ces groupes cagoulés s’abritent, après chaque attaque, à l’intérieur des mosquées, diffusent en continue des enregistrements du Saint-Coran et appellent par haut-parleur au Jihad».

Ces graves dépassements qui ont eu lieu à Jendouba ne sont pas les premiers actes du genre dans la Tunisie d’après la Révolution. Le 13 février, le ministre de l’Intérieur, M. Ali Laâridh, lui-même issu du mouvement Ennahdha, a clairement annoncé que les opérations terroristes de Bir Ali Ben Khelifa avaient pour objectif de défendre le projet d’un Emirat Islamique. Des armes à feu ont ainsi été saisies, avec des lots de munitions. La menace est donc à la fois grave et réelle. L’actualité de ces derniers jours vient de le confirmer. Certes, le mouvement Ennahdha est aux commandes, et c’est l’un de ses membres qui occupe les fonctions de ministre de l’Intérieur. A ce titre, elle est donc directement impliquée dans la lutte sur le terrain contre ces dérives violentes, même si le discours officiel ne suit pas. 

Les déclarations de Rached Ghannouchi interviennent peut-être dans un souci d’apaisement. «Tous les Musulmans sont salafistes» dit-il. Or dans les conditions actuelles, et vu les menaces que font peser des extrémistes armés sur la sécurité de nos concitoyens, s’agit-il vraiment de la réponse politique adéquate à cette flambée de violence ? Peut-on faire respecter les règles de la démocratie par des intervenants qui la jugent comme une hérésie ?

07 février 2012

Discours de Hassan al-Bannâ

Discours de Hassan al-Bannâ

Notre engagement pour l’Islam, contre le «pharaonisme»

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Par Hani Ramadan, le 02 février 2012

Voici les premiers versets de la sourate Le récit, al-qasas.

Dieu dit : «Nous te racontons en toute vérité, (une partie) de l'histoire de Moïse et de Pharaon, à l'intention des gens qui croient.» En d’autres termes, seuls ceux qui ont la foi peuvent comprendre ces versets. C’est ainsi que nous devons écouter cette parole avec des cœurs éveillés. Nous découvrons alors que le Coran  est d’une étonnante actualité, plus de 1400 ans après sa Révélation !

Constatons, mes frères et sœurs en islam, que Dieu désigne le noble Prophète Moïse – que la paix soit sur lui –  par son nom, alors que Pharaon est mentionné par son titre. Pourquoi ? Parce que le pharaonisme est un phénomène qui se répète à travers l’histoire et que nous l’observons de nos jours encore : il y a toujours eu des tyrans persécutant les peuples et les réduisant à l’esclavage.

Aujourd’hui, en Egypte, Pharaon est tombé. Ceux qui hier étaient réduits au silence et jetés dans les prisons sont à l’heure actuelle majoritaires au Parlement égyptien, portés par le peuple. Ecoutez ce que disait l’imam Hassan al-Bannâ il y a près de soixante-dix ans :

«Je voudrais, Frères, vous dire franchement que votre message est encore inconnu de beaucoup de gens, et que le jour où ils le connaîtront et en saisiront la portée et les buts, il se heurtera à une vive opposition et à une forte inimitié. Vous serez alors obligés d’affronter un nombre important de difficultés et d’obstacles. C’est alors seulement que vous commencerez à marcher sur la voie des hommes investis d’une mission. Quant à présent, vous êtes encore inconnus et vous êtes encore à planifier votre message et à vous préparer au combat et à la lutte qu’il exige. L’ignorance du peuple concernant la réalité de l’islam se dressera sur votre chemin. Vous découvrirez, parmi les hommes de religions et les oulémas officiels, qui considérera votre compréhension de l’islam comme une étrangeté et désapprouvera votre lutte dans sa voie. Les chefs, les leaders, les détenteurs de la gloire et de la puissance, vous envieront. Tous les gouvernements pareillement s’opposeront à vous, chacun d’entre eux s’efforçant d’empêcher votre activité et de bloquer votre progression. Les oppresseurs tenteront par tous les moyens de s’opposer à vous et d’éteindre la lumière de votre message. Ils se feront aider par des gouvernements faibles d’une moralité décadente, tendant vers eux leurs mains par mendicité, et vers vous pour vous nuire et par inimitié. (….)

Vous serez alors emprisonnés, détenus, déportés, dispersés, vos propriétés confisquées, vos activités propres arrêtées, vos maisons soumises à perquisition. De fait, la période de votre épreuve pourra durer longtemps. «Les gens ont-ils pensé qu’on les laisserait dire qu’ils ont cru sans qu’ils ne soient soumis à l’épreuve?» (Coran, 29; 2). Mais Dieu vous a promis, après cela, la victoire des combattants (mujâhidûn) et la récompense de ceux qui agissent pour le bien. (….)

Ô Frères musulmans, écoutez!

J’ai voulu, par ces quelques mots, mettre sous vos yeux votre message. Peut-être que des heures critiques nous attendent au cours desquelles nous serons séparés les uns des autres pour un temps. En ce cas, je ne serai plus à même de vous parler ni de vous écrire. Je vous recommande de méditer le sens de ces mots, de les apprendre par coeur si vous le pouvez, et de les tenir comme votre point de rassemblement. Chaque mot porte plusieurs sens.

Mes frères, vous n’êtes ni une société bénévole, ni un parti politique, ni non plus une organisation locale avec des buts limités. Vous êtes la lumière nouvelle pour détruire les ténèbres du matérialisme par la connaissance de Dieu; et aussi cette voix forte qui s’élève pour rappeler le Message du Prophète.

En vérité vous devez vous sentir porteurs d’une charge que tous les autres ont délaissée.

Si on vous demande : «Quel est votre message?», répondez : «C’est l’islam, c’est le Message de Muhammad. C’est la religion qui contient un gouvernement et la liberté est l’une de ses exigencesSi l’on vous dit alors que vous faites de la politique, répondez que l'islam ignore de tels distinguos. Si l’on vous accuse d’être des révolutionnaires, dites : «Nous sommes la voix de la vérité et de la paix, en lesquelles nous croyons fermement et fièrement. Si vous vous dressez contre nous, sur le chemin de notre message, alors Dieu nous permet de nous défendre contre votre rébellion et votre injustice.» Et si l’on vous dit que vous cherchez de l’aide auprès des personnalités et des organisations, dites : «Nous croyons en Dieu, et renions ce que vous Lui associez.» Et s’ils persistent dans leur inimitié, alors dites-leur : «Que la paix soit sur vous! Nous n’avons pas le désir de (nous lier aux) ignorants !»

Puis, l’imam Hassan al-Bannâ nous rappelle nos devoirs, en disant :

«Frères !

- Croyez en Dieu et soyez fiers de Le connaître, de vous en remettre à Lui et de vous appuyer sur Lui. Ne craignez et ne redoutez personne d’autre que Lui. Accomplissez Ses prescriptions et évitez Ses interdictions.

- Adoptez les meilleures qualités morales et l’excellence à tous les niveaux de votre engagement. Soyez forts par ces qualités morales, et dignes par la dignité de la foi que Dieu vous a donnée, et par la noblesse que Dieu a octroyée aux hommes pieux et vertueux.

- Tournez-vous vers le Coran afin de l’étudier entre vous, et vers le pur récit de la vie du Prophète, afin de vous en rappeler le sens entre vous.

- Soyez actifs, et non pas polémistes. Lorsque Dieu guide un peuple, il lui inspire d’agir. Et un peuple ne s’égare pas après avoir été guidé sans que ne lui soit donné l’acharnement dans la dispute.

- Tissez des liens d’amour entre vous, et soyez particulièrement attentifs à préserver vos attaches, car c’est là que réside le secret de votre force, et le pilier de votre réussite. Et persévérez, jusqu’à ce que Dieu tranche par la vérité entre vous et entre votre peuple, et Il est Le Meilleur de ceux qui assure la victoire !

- Ecoutez et obéissez à vos chefs, dans la difficulté comme dans l’aisance, que cela vous plaise ou non. Ils représentent le symbole de votre doctrine et le chaînon qui vous relie les uns aux autres.

Et attendez après cela le secours et le soutien de Dieu. Et l’occasion se présentera, cela ne fait aucun doute : «Et ce jour-là les croyants se réjouiront  du secours de Dieu. Il secourt qui Il veut et Il est le Tout Puissant, le Tout Miséricordieux.» (Coran, 30, 4-5)

Que Dieu nous accorde de nous conformer à ce qu’Il aime et agrée, qu’Il nous amène à suivre les voies des hommes de bien et de bonne conduite, qu’Il nous donne de vivre la vie des gens dignes et heureux, et de mourir la mort des combattants et des martyrs !

Il est un Excellent Maître et un Excellent Secoureur.»

N.B. : Hassan al-Bannâ est mort  le 12 février 1949, à l’âge de 42 ans, assassiné par ordre du gouvernement égyptien

05 février 2012

Hezb Ettahrir dans une lettre ouverte à Hamadi Jebali et aux musulmans tunisiens

Hezb Ettahrir dans une lettre ouverte à Hamadi Jebali et aux musulmans tunisiens

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Par Synda TAJINE, le 05 février 2012

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Hamadi Jebali ainsi qu’à tous les musulmans, Hezb Ettahrir met en garde les tunisiens contre la politique du gouvernement actuel qu’il accuse de ne pas veiller à la réalisation des revendications citoyennes «dans le respect de l’Islam et de la parole de Dieu» et «honorant les engagements pris envers le peuple».

Cette lettre accuse également le gouvernement de «céder du terrain aux mécréants colonisateurs» en citant l’exemple de la présence de Hamadi Jebali au forum de Davos «mendiant l’aide de l’Europe et des Etats-Unis et les rassurant que l’Islam ne sera pas la source de législation en Tunisie».

S’adressant au Premier ministre - dont il remet en cause la légitimité démocratique -  il s’indigne de le voir «quémander les faveurs» des Etats-Unis «dont les soldats profanent les terres musulmanes et tuent les musulmans»,  la France «qui a semé la corruption dans notre pays et a soutenu Ben Ali jusqu’aux derniers jours de son règne», ou encore, l’Angleterre, «terre de mécréance qui a fait tomber le califat islamique et a brisé l’union des musulmans en apportant son soutien aux juifs».

Dans cette lettre, Hezb Ettahrir regrette l’attitude de Hamadi Jebali qui «emboite le pas de Bourguiba et de Ben Ali en collaborant avec les occidentaux» fustigeant ainsi l’attitude complaisante du chef du gouvernement vis-à-vis du FMI qui «ne servira qu’à perpétuer le contrôle des Etats-Unis et de l’Europe sur le monde en général et plus particulièrement sur les pays musulmans afin d’y instaurer son régime capitaliste».

Dans cette lettre, Hezb Ettahrir regrette «le système capitaliste que le gouvernement essaye d’instaurer», un système dont la chute est imminente. Selon ce texte, «aucun changement véritable n’est possible sans éradication de la source du mal».

«Les révolutions que le monde est en train de vivre seront la clé de la liberté, de la dignité et de l’honneur et non la simple destitution de dictatures afin d’instaurer de nouveaux systèmes basés sur des objectifs égoïstes et immédiats».

S’adressant aux musulmans tunisiens, Hezb Ettahrir les met en garde contre la «fausse démocratie» de leurs dirigeants qui «préfèrent sacrifier l’Islam afin de satisfaire les colonisateurs mécréants et pactiser ainsi avec l’ennemi» et qui ont «prouvé leur totale incompétence à satisfaire les revendications citoyennes».

Et de conclure, «Hezb Ettahrir vous appelle, au nom de ce grand jour du Mouled Annabawi, au nom de l’Islam, du califat islamique et des nombreuses victoires de l’Islam sur les mécréants. Nous vous invitons à vous allier avec nous afin de mettre fin à ces politiques corrompues, dictées par les pays occidentaux, afin d’éradiquer toute trace de colonisation politique et intellectuelle des terres musulmanes mettant ainsi en place une constitution basée sur le Saint Coran. Une constitution qui sera notre salut et celui de l’humanité entière».

Cette lettre, publiée sur le site officiel de Hezb Ettahrir, est également distribuée par des militants du parti aux sorties des mosquées, dans nombreuses villes tunisiennes.

Cliquer ici pour lire la lettre dans son intégralité (en langue arabe)

29 janvier 2012

Les parlementaires musulmans disent non à l'abolition du BLS

Les parlementaires musulmans disent non à l'abolition du BLS

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Le Mauricien, le 29 janvier 2012

Les intervenants qui se sont exprimés sur ce sujet, au Centre Idrice Goomany, ont d'emblée reconnu la sensibilité de la question. Celle-ci, ont-ils dit, peut déclencher divergences et passion. Mais d'une seule voix, ils ont fait passer un message : la révision du Best Loser System ne divisera pas la communauté musulmane de Maurice.

Toutefois, la sortie du ministre du Travail, Shakeel Mohamed, contre l'ancien président de la République, Cassam Uteem et ses remarques sur l'intervention de Reza Uteem, qui représentait le MMM sur l'estrade, ont rapidement suscité la colère d'une bonne partie de l'assistance. Celle-ci, impatiente de connaître la position du Parti travailliste: représenté par le ministre Mohamed, devait bruyamment et sur le ton de la menace lui reprocher ses propos et lui demander de, "koz kozé ki bizin kozé", ou encore de présenter ses excuses. Le Maulana Haroon Assen et l'Imam Luckheea ont pu ramener le calme dans la salle, avant que Shakeel Mohamed ne reprenne la parole sans pour autant convaincre l'auditoire avec sa proposition pour "améliorer la formule du Best-Loser System de passer de 11 à 15 sièges", pour que les minorités et la communauté musulmane "gaynn plis". Une proposition rejetée d'emblée par ceux venus écouter les orateurs.

"Enn pe dir touy li, lot pe dir les li al mor."

A vendredi soir, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, selon Shakeel Mohamed, de même que le leader de l'oppositon, Paul Bérenger, avaient une position définie sur l'avenir du BLS : "Enn pe dir touy li, lot pe dir les li al mor." Mais s'agissant du rapport Carcassonne, Shakeel Mohamed a fait ressortir que dans la lettre que le Premier ministre avait envoyé à celui-ci, il lui a demandé de ne pas oublier de prendre en considération la représentation des minorités au Parlement.

De Reza Isaak, à Showkatally Soodhun, Yousouf Mohamed, Reza Uteem, Cehl Meeah, Sidick Chady, Raouf Bundhun, et les dignitaires religieux cités plus haut, ils ont tous salué la mémoire de Sir Abdool Razack Mohamed avant de se prononcer pour le maintien du Best Loser System. S'appuyant sur des faits historiques et qui ont marqué la politique de Maurice avant et après l'Indépendance, les différents intervenants ont expliqué que le BLS est "un acquis" qui garantit la représentativité des minorités du pays, dont la communauté musulmane en fait partie, au Parlement. "S'il faut retirer le Best Loser System pour décommunaliser le système électorale, dans ce cas, il faudrait décommunaliser les nominations et autres promotions. Mo aksepte lerla ki pena okenn minis musulman, me kompetan", devait déclarer Reza Isaack. Pour sa part, Sidick Chady a exprimé sa crainte que la proportionnelle ne fasse pas de place à des candidats musulmans. Pessimiste, Yousouf Mohamed pense "que l'heure est très grave ( ) Be on your guard!" Et devait dire dans le ton de la confidence: "Si Navin Ramgoolam arrive à convaincre la communauté musulmane, y compris mon fils mo leker pou kase." Le BLS, dit-il, profite aussi à la communauté créole et permet aux minorités d'avoir recours à leurs députés élus par ce système quand elles se sentent lésées. De "pa tous nou BLS", prononcé par Raouf Bundhun à l'assurance que le "MSM dan parlman pa pou le ki anlev BLS" donnée par Showkatally Soodhun, à l'affirmation de Reza Uteem sur la position du MMM "ki depi 85 pe konbat pou ki reform elektoral amen plis demokrasi ( ) pa bisin tous BLS pou fer proporsionel", à la requête de Cehl Meah qui somme aux politiques "de ne pas trahir Sir Abdool Razack Mohamed" tous, à leur façon, ont plaidé pour le maintien du Best Loser System pour garantir l'équilibre au Parlement.

16 janvier 2012

ALORS QUE LES SALAFISTES CONTRÔLENT LES MOSQUÉES

ALORS QUE LES SALAFISTES CONTRÔLENT LES MOSQUÉES

Ghlamallah avertit les imams

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Par Mohamed BOUFATAH, le 16 Janvier 2012

Les mosquées seront probablement grandes ouvertes à la campagne pour les législatives.

Le ministre des Affaires religieuses a mis du sien. Une lettre récente sur le site officiel du département de Bouabdallah Ghlamallah, rappelle à l'ordre les imams de la République. Cette missive cache mal la crainte de cette institution de voir le contrôle des mosquées lui échapper totalement en faveur des salafistes. Cela est d'autant plus appréhendé que le spectre de l'abstention durant les législatives prochaines est très redouté.

Dans cette lettre qui s'apparente à une instruction, le ministre fustige le mauvais exemple donné par une poignée d'imams et de salafistes algériens de ne pas se lever pour l'hymne national au cours de l'année 2010. Tout en considérant que ces idées étrangères à la société algérienne, sont surannées et importées, M.Ghlamallah évoque le courant malekite dont se proclame Malek Bennabi, l'un des courants à côté du hanbalisme, réellement authentifié d'origine algérienne. Or, la crainte du ministre se justifie par le fait que «la majorité des 26.000 mosquées existant sur le territoire national sont sous le contrôle des salafistes», selon certaines sources. Les imams salafistes utilisent les mosquées comme tribune et espace pour faire passer leurs messages. Divisés par les avis des multiples savant érudits et autres exégètes sur les élections, la question est loin d'être aussi tranchée qu'on veut bien le faire croire. Or, malgré l'évolution doctrinale des salafistes en Arabie Saoudite, en Egypte où l'on a assisté à l'émergence du parti salafiste Al-Nour qui, avec 24,4% des voix remportées lors de la premiére phase des législatives, se pose en concurrent de taille aux ambitions électorales des Frères musulmans. Pour entrer dans le jeu politique, Al-Nour a dû faire une concession en professant provisoirement une foi démocratique, sans conviction toutefois. Cependant, faute de structuration, les salafistes algériens refusent toujours d'aller aux isoloirs. Le salafisme en Algérie diffère dans le fond comme dans la forme de celui adopté en Égypte. L'ex-numéro 2 du FIS dissous Ali Belhadj se réfère, lors de ses prêches, au Cheikh Al-Albani et non à Cheikh Ibn Badis. Néanmoins, il est établi que l'ancrage historique des salafistes, ainsi que leur réseau d'influence au sein de la population, sont essentiellement tissés par le biais des mosquées. Outre la profusion des fatwas, nombreux sont les jeunes qui ne prennent leurs décisions qu'après avoir eu le O.K. d'un imam.

Dans la foulée de la montée inquiétante du salafisme, les prêches du vendredi ne sont plus ce qu'ils étaient. Cela ressemble plutôt à un discours pour annihiler toute réflexion. Ces derniers temps, les imams instrumentalisés veulent mettre le pied à l'étrier... en politique. Trois positions religieuses ont structuré les scènes politiques arabes depuis plus de 4 décennies, à savoir les soufis ou les zaouïas qui étaient réputés pour le vote en faveur des régimes en place, alors que les confréries des Frères musulmans appelaient constamment à se prononcer contre, tandis que les salafistes refusaient les urnes car considérant que le vote constituait un facteur de division de la communauté ou de la Oumma. La rupture salafiste avec la tradition «frériste» consiste en partie à rejeter certaines des conceptions politiques occidentales islamisées par les Frères: la formation de partis ou de structures organisationnelles, la participation aux élections, l'accès des femmes à l'espace politique ou professionnel. Les Frères musulmans présentés comme la principale expression de l'islamisme dans le Monde arabe, sont à présent concurrencés par le salafisme, un courant qui proclame la nécessité de revenir aux sources. La position salafiste est historiquement celle du refus. Pour eux, la démocratie est kofr. Motivés par leur projet d'Etat islamique, ils n'acceptent pas le compromis. Or, les Frères musulmans, par leur histoire propre, sont totalement dans le compromis avec le pouvoir et dans une logique de graduation, notent les analystes politiques.

17 décembre 2011

Naissance d'un mouvement djihadiste Touareg dirigé par Iyad Ag Ghali

Naissance d'un mouvement djihadiste Touareg dirigé par Iyad Ag Ghali

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Issikta, le 15 décembre 2011

Un mouvement djihadiste populaire touareg dit «Ansar Eddin» est né dans l'Azawad (nord du Mali sous la direction de Iyad Ag Ghali, un ancien diplomate malien , a appris ANI de source informée.

Selon cette même source, Iyad Ag Ghali, qui occupait les fonctions de consul général du Mali en Arabie Saoudite, est rentré récemment dans son pays où il a rassemblé des centaines de combattants touaregs, dont des officiers et soldats des armées malienne et libyenne.

Ag Ghali, qui a élu son QG dans des chaînes montagneuses de Kidal où il a proclamé la naissant d' «Ansar Eddin» avec comme principale revendication «l'application de la charia islamique et la réhabilitation des oulémas» en plus d'autre exigences relatives aux droits des habitants de l'Azawad.

15 décembre 2011

Au Mali, la tentation islamique

Au Mali, la tentation islamique

Par Laurent Larcher, le 14 décembre 2011

Face à un État faible et déconsidéré, l’islam occupe de plus en plus de place dans la société malienne.

Dirigé par un wahhabite, le Haut Conseil islamique est devenu l’arbitre du jeu politique. Il a obtenu une nouvelle rédaction du Code de la famille.

 «Nous nous connaissons depuis l’enfance, nous courtisions les mêmes filles, nous buvions les mêmes bières… et puis soudainement, ils se rasent la tête, se laissent pousser la barbe, portent des vêtements traditionnels. Ils affichent leur appartenance à l’islam et me fuient», déplore Alexis Kalabry, chrétien, directeur de la publication des Échos, l’un des grands quotidiens maliens.

Comme nombre de ses compatriotes, cet homme de 47 ans a le sentiment que quelque chose est en train de changer dans le climat religieux de son pays. «La société de ce pays, en principe laïc depuis 1991, est en train de se réislamiser. Des prêcheurs transforment l’islam populaire en une religion très moralisatrice et mobilisatrice. Ils créent une opinion publique musulmane de plus en plus influente», constate l’anthropologue Gilles Holder, de l’Institut de recherche pour le développement, en poste à Bamako.

Parmi ces prêcheurs, l’un des plus influents est le cherif Ousamane Madani Haïdara, dont les affidés «utilisent les langues locales, de sorte que les gens se réapproprient leur religion. Cherif Ousamane est à la tête d’une véritable internationale, qui dépasse de loin les frontières du Mali. On lui prête des fidèles jusqu’en Côte d’Ivoire», souligne Gilles Holder.

Le «Haïdara» est un mouvement capable de mobiliser les foules, de les faire descendre dans la rue pour manifester leurs désaccords, faire pression sur les politiques, sur les ambassades étrangères, comme pendant l’opération de l’Otan en Libye.

Nouveau code de la famille

Une autre institution prend de plus en plus d’importance, le Haut Conseil islamique, passé en 2008 sous la coupe de l’imam Mahmoud Dicko, un musulman wahhabite – l’islam de l’Arabie saoudite. «Son but n’est pas de politiser l’islam, mais d’islamiser la politique, constate Gilles Holder. Le HCI envisage l’État comme un aéroport : il lui laisse le contrôle des visas et la charge de la sécurité, et veut s’occuper de tout le reste.»

La faiblesse de l’État et sa déconsidération auprès du plus grand nombre – il est gangrené par la corruption et incapable de répondre aux besoins des citoyens – favorisent ces mouvements religieux.

Leur emprise sur la société est devenue évidente le jour où ils ont pu, à l’été 2010, faire descendre 50 000 personnes dans la rue pour protester contre le nouveau code de la famille. Un code, fruit d’une dizaine d’années de travaux, porté par le président de la République et adopté par l’Assemblée nationale.

Mais face à cette manifestation populaire, le président a reculé, suspendu le code et relancé sa rédaction afin de trouver un texte plus conforme aux attentes des religieux musulmans. Sa nouvelle mouture vient d’être adoptée.

Influence du wahhabisme

Un nouveau pas a été franchi lorsque le HCI a obtenu la présidence de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), l’institution chargée de veiller au bon déroulement des élections législatives et présidentielle de 2012. Influent et très écouté, Mahmoud Dicko encourage les Maliens à voter à la prochaine élection présidentielle de 2012 en faveur du «bon candidat» – sous-entendu, le plus respectueux de l’islam.

Encouragées par les reculades de l’État, des voix s’élèvent à l’occasion de la réforme constitutionnelle prévue pour l’année prochaine, pour réclamer la création d’un ministère des affaires religieuses et la constitution d’un sénat «des grands Sages», autrement dit, une chambre pour contrôler la conformité des lois avec l’islam

À cela s’ajoute la pression sourde qu’exerce le mouvement Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) à partir du nord du pays sur la convivialité religieuse malienne, d’autant que les islamistes ont pu se faire accepter par les Maliens du Nord, notamment en aidant les plus pauvres et en payant les produits au prix fort.

Il n’est pas étonnant dans ces conditions de voir fleurir de plus en plus de discours radicaux dans la presse confessionnelle, les chaînes de télévision musulmanes ou même les radios libres. Dans la rue malienne, il n’est plus rare de croiser des femmes portant le voile intégral, influencé par le wahhabisme. «C’est un phénomène nouveau et qui prend de l’ampleur», observe Alexis Kalabri.

Une république islamique ?

Nouveau cheval de bataille de courants musulmans : fermer les hôtels de passe, les «bars» où l’on trouve de l’alcool et des prostituées, le plus souvent entre les mains de propriétaires chinois. À la fin du mois de septembre, des manifestants ont saccagé, au nom de l’islam et des bonnes mœurs, l’un de ses hôtels avant d’y mettre le feu.

Dans ce contexte, doit-on craindre l’instauration d’une république islamique ? «Non, répond à La Croix l’imam Dicko. Ce n’est pas d’actualité. Aujourd’hui, il s’agit de restaurer la force de l’État, de lutter contre la pauvreté et l’injustice, de rétablir la sécurité, de sauver le système scolaire.»

Si ce n’est pas pour «aujourd’hui», est-ce pour demain ? À cette question, le président du Haut Conseil islamique sourit en répondant : «En tant que musulman, je ne peux pas être choqué par cette perspective

Le nouveau code de la famille

À la suite de la mobilisation des organisations musulmanes et de la pression exercée par le Haut Conseil islamique, le nouveau code de la famille, adopté par l’Assemblée nationale malienne au début du mois de décembre, est nettement moins favorable aux Maliennes que la première version élaborée en 2009.

Désormais, l’homme est consacré comme l’unique chef de famille, la «puissance paternelle» ayant remplacé la notion d’«autorité parentale» de l’ancien code, une qualification qui consacrait l’égalité entre l’homme et la femme.

C’est désormais le chef de famille qui règle toutes les questions d’héritage et de succession, la femme lui doit obéissance. L’âge du mariage légal est passé, pour les femmes, à 16 ans, contre 18 ans dans l’ancien texte. Le mariage religieux a la même valeur que le mariage civil.