17 janvier 2013

Rejet de la Coalition nationale syrienne

Rejet de la Coalition nationale syrienne

Par Khidr Omar, le 13 janvier 2013

Les groupes islamistes armés, notamment les deux plus importants, Liwaa al-Tawhid et Front al-Nosra, ont annoncé leur rejet de la Coalition nationale syrienne, soutenue par l’Occident et les pétromonarchies, et se sont prononcés pour un Etat islamique, selon une vidéo diffusée sur internet. Souqour el-Sham (faucons de Damas), Liwa el-Islam (brigade de l’islam), Ahrar el-Sham (les hommes libres de Syrie), Katibat el-Ansar (bataillon des premiers combattants de l’islam)… ont affirmé leur désir d’instaurer un «État islamique juste» et d’imposer la charia, tout en privilégiant la guerre contre le régime de Bachar el-Assad.

Nous, les factions combattantes sur le terrain de la ville d’Alep et de sa province, annonçons notre rejet du complot que représente ce qu’on appelle la Coalition nationale et nous sommes mis d’accord à l’unanimité sur l’instauration d’un Etat islamique juste”, affirme t-ils dans la même vidéo.

Abou Mohammad el-Joulani, le chef suprême de Jabhat-Al-Nosra a même accusé Washington, qui a inscrit cette organisation sur sa liste des organisations terroristes, de prolonger les jours du régime.

Dans un enregistrement audio mis en ligne, il a affirmé à plusieurs reprises qu’une fois le régime de Damas renversé, le pouvoir devra revenir aux «moudjahidine» (…) et ne doit pas être perdu dans les ténèbres de l’Occident. Celui qui sème doit pouvoir récolter lui-même les fruits» ajoute-t-il.

Le 01 janvier 2013, Jabhat Al Nosra, pour ceux qui en doutent encore,  a rejeté catégoriquement  dans une vidéo ci-dessous, la démocratie impure que propose Moaz al-Khatib, chef de la coalition des opposants syriens.

Ce que nous cherchons, c’est d’instaurer un Califat, ni plus, ni moins, et cette sale et impure démocratie occidentale que la Coalition de Doha nous propose ne nous convient pas” a dit, dans une vidéo Samer Ahmad Khalil le porte-parole du Front Al -Nosra.

10 janvier 2013

Soudan : une conférence internationale sur la biographie du prophète au Soudan vendredi prochain

Soudan : une conférence internationale sur la biographie du prophète au Soudan vendredi prochain

AIIP, le 09 janvier 2013

La première conférence internationale sur la biographie du prophète sous le thème «L'Approfondissement de l'Amour du Prophète» débute dans la capitale soudanaise, Khartoum, vendredi prochain, durera deux jours, et verra la participation d'un grand nombre de scientifiques, de chercheurs de l'intérieur et l'extérieur du Soudan.

La conférence est organisée par l’université internationale d'Afrique à Khartoum avec la collaboration du ministère soudanais de l'Orientation et de la Dotation.

Elle traitera plusieurs axes sur la prophétie et le message d’Allah, l’interprétation et l'explication du Coran, le comportement du prophète vis-à-vis des femmes, en comparaison avec le statut des femmes en Occident aujourd'hui, le traitement du prophète aux non musulmans, la position de l’Occident vis-à-vis du prophète. Dr. Hassan Al-Shaigi, doyen de la faculté de la Charia et de Droit de l'université internationale d 'Afrique à Khartoum, et président du Comité d'organisation a précisé l’importance d’une telle rencontre, surtout qu’elle se tient à un moment où les musulmans ont négligé les nobles objectifs de la biographie du prophète en paroles et pratiques.

Il a précisé que la conférence vise à rassembler les oulémas, afin de partager les avis sur la biographie, avoir une nouvelle vision et compréhension liée à la situation des musulmans aujourd'hui, et les développer pour tirer parti de cette biographie du prophète Muhammad (PSL).

Al-Shaigi a ajouté que les musulmans ont besoin d’étudier la biographie du Prophète, après l'arrogance de l'Occident vis-à-vis de notre prophète, et que la meilleure manière de publicité et de promotion de l’islam se trouve dans cette biographie purifiée.

09 janvier 2013

Djihad

Djihad

Le djihad n’est pas un acte terroriste, mais un combat spirituel. C’est, en substance, ce que tente de dire la communauté musulmane de Chicago à travers une campagne de communication lancée le 14 décembre 2012, en réaction à des affiches placardées sur les bus et les trains de New York, Chicago et San Francisco...

04 janvier 2013

Etats-Unis Les hispaniques séduits par l’islam

Etats-Unis

Les hispaniques séduits par l’islam

Le Soir Echos, le 04 janvier 2013

Marta Khadija, la présidente de LALMA (l’Association musulmane d’Amérique latine), s’est convertie à l’Islam en 1983. Elle avait jusque-là été malheureuse dans sa vie spirituelle. Mais, lorsqu’elle a déménagé aux États-Unis, ses amis musulmans lui ont fait part de textes islamiques. Elle a ensuite visité une mosquée et cette expérience intense et riche en émotions lui a donné la paix.

Mark Gonzales, écrivain, innovateur et se décrivant lui-même comme étant un indigène musulman, traite avant tout de la question de l’identité dans son travail. Il est d’origine Mexicaine et Québécoise, il a grandi dans un milieu catholique, et ne s’est intéressé à l’Islam qu’après avoir pratiqué le christianisme d’une manière très approfondie. Il raconte que, «sur la base de sa pratique, il n’aimait pas l’idée d’un gardien des portes». A cette époque, il travaillait également en vue d’une justice rétroactive pour les familles déportées après les événements du 11 septembre. Il a ainsi tissé des liens avec des musulmans et s’est convrti à l’Islam. Les Etats-Unis ont toujours été reconnus pour leur diversité et ils sont considérés comme un pays composé de minorités qui s’entrecroisent régulièrement.

Il est par conséquent inévitable que le nombre d’Américains musulmans issus de la communauté hispanique ne cesse de croître. Selon Reuters, 2.6 millions de personnes pratiquent l’Islam, une des religions qui connaît le plus rapide accroissement dans le pays ; la communauté hispanique, un autre groupe qui s’agrandit considérablement, compte pour 17 pour cent de la population américaine. Il fallait bien évidemment s’attendre à ce que les deux communautés finissent par se croiser. Ce qui pouvait dans un premier abord sembler un lien invraisemblable paraît aujourd’hui tout à fait naturel.

Lorsque l’on demande à Marta Khadija quelle a été la réaction de sa famille au moment de sa conversion, elle nous raconte que «sa mère pensait qu’elle avait intégré une secte». Mais elle a accepté le choix de sa fille après avoir parlé avec son prêtre, qui l’a rassurée en lui disant que sa fille était sur le droit chemin. Khadija raconte qu’en général, elle n’est pas discriminée au sein de la communauté hispanique et qu’elle arrive à allier les deux identités sans aucun problème. Elle estime que cette acceptation est en partie due au fait quelle garde un lien avec ses racines mexicaines et qu’elle ne couvre pas ses cheveux. «J’ai gardé ma culture», dit-elle. «Je n’ai pas adopté la tenue vestimentaire du Proche-Orient». Son organisation, LALMA, entretien aussi une très bonne relation avec l’église catholique à Los Angeles.

L’expérience de Mark Gonzales est similaire à celle de Marta Khadija. "Mon travail consiste précisément à reconstruire l’idée que les personnes se font de l’identité", affirme-t-il. Poète et universitaire, il voyage à travers le monde pour transmettre le message. Lorsqu’on lui demande comment il navigue entre les identités musulmane et hispanique, il répond que cela ne devient un problème que lorsque son héritage culturel et sa spiritualité ne cadrent pas avec les attentes chez les gens. Il n’existe pas de statistique définie sur le nombre d’Américains musulmans d’origine latine, mais on estime leur nombre entre 100’000 et 200’000, en fonction de l’organisation de recensement. Wilfredo Amr Ruiz, avocat et aumônier, avance que son organisation, à savoir l’Amercican Muslim Association of North America, a vu le nombre de demandes d’obtention de Corans en langue espagnole s’accroître de manière exponentielle. Il avance aussi que des centaines de demandes de textes islamiques proviennent chaque semaine des prisons, signe que nombreuses sont les personnes converties à l’intérieur de ce système.

N’étant pas un groupe homogène, les membres de la communauté latine y trouvent leur compte de différentes manières dans l’Islam. Certains se convertissent à la suite d’une relation amoureuse. D’autres souhaitent rétablir un lien avec la religion ou s’y intéressent d’un point de vue académique. Pour Wilfredo Amr Ruiz, c’est la curiosité qui l’a conduit vers l’Islam. Il voulait rétablir un lien avec la religion au moment où il a vu qu’un centre Islamique était en train de se construire à San Juan, Porto Rico et il a décidé d’explorer cette voie. Il affirme que certains membres de la communauté hispanique rejettent l’Islam en raison des images défavorables que véhiculent les médias, mais que beaucoup finissent par se rendre compte des valeurs morales communes entre les deux religions. Il relève également que, certains membres de la communauté hispanique ayant un lien avec l’Espagne, sont attirés par cette religion en raison de l’histoire des deux culures.

Des musulmans d’origine latine tels que Gonzales, Ruiz et Khadija créent une identité américaine unique. «L’Islam est une religion qui, dans son centre, doit être culturellement pertinente pour ceux qui la pratiquent», affirme M. Gonzales. «Les membres de la communauté hispanique construisent une forme de l’Islam qui leur est culturellement». Nous, en tant qu’Américains, nous avons besoin de faire place à ces nouvelles communautés dans notre conception de la société.

26 décembre 2012

Les derniers jours de Malcolm X

Les derniers jours de Malcolm X

20 novembre 2012

Conférence : Shariah4Pakistan

Conférence

Shariah4Pakistan 

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18 novembre 2012

Des salafistes tunisiens mènent le jihad en Syrie

Des salafistes tunisiens mènent le jihad en Syrie 

14 novembre 2012

La Gamaa islamiya

La Gamaa islamiya

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Chaïmaa Abdel-Hamid et Héba Nasreddine, le 14 novembre 2012

Ce mouvement a vu le jour au début des années 1970 dans les universités sous la forme d’une organisation religieuse. Son fief est en Haute-Egypte, à Assiout. Le mouvement adopte une idéologie violente qui ne diffère pas du djihad, et vise à renverser le régime et à instaurer un Etat islamique en ciblant les policiers, les non-musulmans et les touristes. Ils condamnent toute personne qui, à leurs yeux, est éloignée de la charia islamique, «qu’elle soit mécréante ou musulmane». Ils luttent en effet contre tout pouvoir n’appliquant pas «leur charia».

La Gamaa était, au départ, un mouvement salafiste. En 1979, Karam Zohdi, son leader, rencontre Abdel-Salam Farag, dirigeant du Djihad, qui lui propose d’entamer une lutte pour renverser le régime. Une alliance est nouée entre les deux mouvements et la création de la branche armée de la Gamaa voit le jour ainsi qu’un organisme de prédication (daawa) et de recrutement. La signature du Traité de paix avec Israël en 1978 et l’asile accordé au Chah d’Iran irritent les islamistes. Le cheikh Omar Abdel-Rahman, qui deviendra plus tard le chef spirituel de la Gamaa — détenu actuellement aux Etats-Unis — émet à l’époque une fatwa condamnant à mort le président Sadate.

En 1997, le mouvement annonce son renoncement à la violence à travers «une révision idéologique». Pourtant, deux mois après, la Gamaa mène un attentat spectaculaire à Louqsor dans le temple de Hatchepsout. Aujourd’hui, un seul but les préoccupe : la fondation de l’Etat islamique.

Le Djihad islamique

Le Djihad remonte à 1974. Son fondateur est un Palestinien, Saleh Sareya, auteur d’un attentat manqué contre l’ex-président Sadate. Le mouvement est fondé à la fin des années 1980, lorsque l’auteur de L’Obligation absente, à savoir Al-Djihad, la guerre sainte, Abdel-Salam Farag, rassemble différents mouvements existants depuis les années 1970 dans une seule organisation : le Djihad islamique égyptien.

Le mouvement est constitué dans un premier temps d’étudiants de l’Académie militaire, mais il comprend aussi Abboud Al-Zomor, un officier des services de renseignements militaires, et Ayman Al-Zawahri, aujourd’hui numéro un d’Al-Qaëda.

La doctrine du groupe est basée sur le fait que l’Egypte est dirigée par des «apostats» qu’il faut combattre par la force. Au départ, le mouvement comptait sur un renversement militaire au sein de l’armée pour réaliser un changement. Ainsi, et contrairement à la Gamaa islamiya, le Djihad mène son action dans la plus grande discrétion.

En 1981, le Djihad s’allie à la Gamaa pour assassiner Sadate. Dix ans plus tard, le mouvement tente d’assassiner le premier ministre, Atef Sedqi. Puis le mouvement se scinde en 2 factions, une dirigée par Al-Zomor, et l’autre par Al-Zawahri, après le ralliement de ce dernier à Ossama ben Laden.

C’est en 2007 qu’ils commencent à suivre un processus de révision idéologique. Et les voilà qui réapparaissent aujourd’hui pour appeler à un Etat appliquant les fondements de la charia islamique.

Takfir wal-hijra

L’étiquette Takfir wal-hijra «excommunication et exode» est née après la défaite de 1967 dans les prisons, avec le cheikh Ali Ismaïl, l’un des savants d’Al-Azhar lié aux Frères musulmans. Le mouvement est fondé en 1971 par Choukri Moustapha, ingénieur agronome (surnommé Abou-Saad) et décapité en 1977 après l’assassinat de l’ancien ministre des Waqfs, Hussein Al-Zahabi.

Imprégnés d’une idéologie violente, ils font la guerre à tous les musulmans qui ne partagent pas leur idéologie. Ils les considèrent comme des apostats et donc des cibles légitimes lors de leurs attaques.

Ce groupe se propage aujourd’hui dans toute l’Egypte, mais se concentre essentiellement dans le Sinaï. Il est souvent dit que Ayman Al-Zawahri serait au centre du Takfir wal-hijra.

Le groupe se déclare être l’auteur de l’assaut contre le poste-frontière survenu le 5 août dernier dans le Sinaï, tuant 16 gardes-frontières égyptiens.

En 2007, ses membres procèdent à une révision idéologique. Aujourd’hui, ils reviennent à leur doctrine violente et d’excommunication. Ils qualifient de mécréants le président, son gouvernement, la police et l’armée, car ils n’appliquent pas, selon eux, les lois divines.

Le Salafisme djihadiste

Issue de l’école salafiste qui prône un retour aux textes fondamentaux de l’islam, la tendance djihadiste se développe au cours des années 1980 avec l’intervention soviétique en Afghanistan. Elle se considère comme un mouvement transnational et panislamique.

Ses adeptes ont les mêmes références idéologiques qu’Al-Qaëda. Conservateurs par leur comportement et leur pratique, ils sont souvent à la pointe en matière de technologie. Ils se refusent à limiter l’action religieuse à la prédication et font du djihad le cœur de leur activité qui vise à instaurer un Etat purement islamique par la force. Ils prônent le combat armé, afin de libérer les pays musulmans non seulement de toute occupation étrangère, mais aussi de ses propres régimes politiques qu’ils jugent impies.

Ces salafistes djihadistes critiquent en effet les Frères musulmans pour leur engagement dans le jeu politique. Ils refusent de reconnaître le président Mohamad Morsi, vu que ni élections, ni établissement d’un Etat basé sur la démocratie ne sont mentionnés dans la charia. Le Nord-Sinaï est aujourd’hui leur fief. Ils y entreprennent des actions violentes à l’encontre des Israéliens. Ce sont les auteurs de l’attentat de Taba survenu en 2004, tuant 34 personnes, dont de nombreux touristes israéliens. L’une des figures emblématiques de cette mouvance est Mohamad Al-Zawahri, chef de la mouvance en Egypte et frère d’Ayman Al-Zawahri.

13 novembre 2012

Qui sont les salafistes ?

Qui sont les salafistes ?

L'esprit d'Actu reçoit aujourd'hui Mohamed-Ali Adraoui, politologue et sociologue, spécialiste de l'islam et particulièrement du salafisme…

07 août 2012

Contre le massacre des Rohingyas

Contre le massacre des Rohingyas

Quelques 200 personnes, parmi lesquelles des membres du mouvement Sharia4Belgium et de la communauté chiite, se sont rassemblées ce 03 août devant l'ambassade du Myanmar à Bruxelles (Schaerbeek) pour dénoncer le massacre dont est victime la minorité musulmane du pays du nobel de la paix Aung San Suu Kyi ...

11 juin 2012

État d’urgence en Birmanie après des violences interreligieuses

État d’urgence en Birmanie après des violences interreligieuses

Hugues-Olivier Dumez, le 11 juin 2012

L’état d’urgence a été proclamé lundi 11 juin dans l’Ouest de la Birmanie. Les autorités craignent de nouveaux débordements entre bouddhistes et musulmans, alors que les violences auraient déjà fait sept morts et 17 blessés depuis vendredi.

Pourquoi l’état d’urgence ?

Après une série de violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans, l’état d’urgence a été proclamé lundi 11 juin dans l’Ouest de la Birmanie. Selon les médias officiels, les violences ont déjà fait sept morts et 17 blessés depuis vendredi. 500 maisons environ ont été détruites.

Ces violences confessionnelles font suite au lynchage, puis au meurtre de dix musulmans, il y a une semaine, par une foule de bouddhistes en colère dans le sud de l’État de l’Arakan. Ces derniers voulaient venger le viol d’une jeune femme imputé à des membres de la minorité musulmane rohingya. Les autorités birmanes qui craignent de nouveaux débordements entre les deux communautés ont donc proclamé l’état d’urgence, donnant des pouvoirs accrus à l’armée.

Quelle est la place des minorités religieuses en Birmanie ?

«Le sort de la minorité rohingya, de confession musulmane, est dramatique, confie Régis Anouil, rédacteur en chef d’Églises d’Asie, agence d’information des Missions étrangères de Paris. Considérés comme des apatrides dans leur propre pays, les Rohingyas sont victimes de discriminations. Il leur est par exemple interdit de se marier ou de se déplacer sans accord des autorités».

Les Rohingyas ne font pas partie des minorités ethniques reconnues par le régime. Ils sont près de 800 000 en Birmanie, confinés dans le nord de l’État de l’Arakan, et plus de 200 000 au Bangladesh, dont plusieurs dizaines de milliers dans des camps.

Lundi, des gardes-frontières au Bangladesh ont d’ailleurs renvoyé huit embarcations transportant plus de 300 musulmans de la minorité des Rohingyas, la plupart des femmes et des enfants, qui tentaient de fuir les violences religieuses en Birmanie.

Où en est le processus démocratique ?

«L’entrée au Parlement d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, est le visage souriant du processus démocratique que connaît la Birmanie, explique Régis Anouil. Mais la question des minorités ethniques n’a toujours pas été réglée. Et les bouddhistes, qui représentent 89 % de la population, méprisent les Rohingyas

Après la proclamation de l’état d’urgence, Régis Anouil s’inquiète que «ces heurts soient instrumentalisés par le régime pour justifier un tour de vis sécuritaire». Les Nations unies ont commencé l’évacuation de leur personnel international de certaines zones touchées par les violences religieuses dans l’ouest de la Birmanie. Tout en précisant que le personnel des ONG partenaires devait aussi quitter les lieux.

09 juin 2012

Le régime islamo-conservateur turc se radicalise…

Le régime islamo-conservateur turc se radicalise

L’Expression, le 09 Juin 2012

L'Union européenne s'inquiète d'atteintes aux libertés en Turquie, et à mots couverts, des diplomates notent une radicalisation du régime islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

«Une série d'orientations récentes montre que la tendance conservatrice tient la corde, et n'a pas d'opposition», note Marc Pierini, ancien chef de la délégation de l'Union européenne à Ankara.

Jeudi à Istanbul, le commissaire en charge de l'élargissement de l'UE, Stefan Füle, a appelé la Turquie, candidate à l'adhésion, à poursuivre les réformes.

Et, a-t-il ajouté, «j'ai profité de cette réunion pour exprimer nos inquiétudes concernant les mises en détention croissantes de députés, universitaires et étudiants et à propos de la liberté de la presse et des journalistes

Une centaine de journalistes sont en détention, selon les défenseurs des droits de l'Homme, de même que des dizaines de militaires accusés de complot. Jean-Maurice Ripert, qui a succédé il y a cinq mois à M. Pierini, a adressé une critique remarquée à M. Erdogan, pour ses déclarations sur l'avortement. «Certains hommes politiques ont fait des comparaisons qui ne sont pas appropriées», a-t-il reproché fin mai.

«Chaque avortement est un Uludere», avait lancé le dirigeant turc, allusion à la mort en décembre de 34 villageois d'Uludere (sud-est), bombardés par erreur par l'aviation turque qui les avait pris pour des rebelles kurdes.

Le gouvernement veut faire voter un projet de loi réduisant la période de grossesse pendant laquelle l'avortement est autorisé de dix à six ou quatre semaines. Des milliers de femmes ont manifesté contre ce texte, dans un pays où l'avortement est autorisé depuis 1965.

07 juin 2012

Polémique Kabbara-Dar el-Fatwa sur «des propos immoraux» contre Hariri

Polémique Kabbara-Dar el-Fatwa sur «des propos immoraux» contre Hariri

L’Orient-Le Jour, le 06 juin 2012

Le député Mohammad Kabbara a critiqué hier dans un communiqué le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, «qui s’en prend aux fils de sa communauté au lieu de les défendre».

Lors de la dernière réunion du Conseil islamique supérieur samedi, le mufti de la République «nous a surpris par son attaque immorale et sans précédent contre l’ancien Premier ministre cheikh Saad Hariri. Il s’est ainsi démarqué du reste des chefs spirituels par cette violence dirigée contre des fils de sa communauté, qu’il a pourtant la charge de défendre».

Renchérissant sur ce point, le député Kabbara a révélé que «cheikh Mohammad Rachid Kabbani a entamé la réunion sans introduction, en menant une attaque inattendue contre le président cheikh Saad Hariri, auquel il a ôté les deux titres d’homme d’État et de cheikh, avant de lui adresser des accusations mensongères». «J’estime, a poursuivi Kabbara, qu’il y va de notre morale et de notre éthique nationale de préciser que le président Saad el-Hariri a fait son possible pour couvrir les dérapages du cheikh en question et de son fils corrompu. Malgré tout cela, l’ingratitude a conduit ce cheikh à faire fi de son turban et de sa communauté, qui refuse aujourd’hui de prier avec lui, puisque pareille prière serait viciée.» Et le député Kabbara de conclure : «Celui qui répond aux incitations à la provocation au point de léser le fils du président martyr Rafic Hariri signe sa propre destitution et place le Conseil islamique supérieur face à la responsabilité de réfréner ses élans suspects et malades

La réponse de Dar el-Fatwa

De son côté, réagissant au communiqué du député Kabbara, le bureau de presse rattaché à Dar el-Fatwa a affirmé que les propos du député «manquent de précision, d’autant que la réunion du Conseil islamique supérieur s’est tenue à huis clos». Par conséquent, «les paroles de cheikh Kabbani transmises par le député Kabbara et reprises par les médias ne sauraient être attribuées au mufti de la République et constituent une violation du règlement du Conseil islamique supérieur».

Le communiqué de Dar el-Fatwa appelle en outre le député du Nord à «revoir les propos attentatoires qu’il a déjà prononcés plus d’une fois, et avec lui plusieurs cadres du courant du Futur, contre le mufti de la République». Dar el-Fatwa a haussé le ton, en rappelant au député Kabbara qu’il n’est «ni mufti ni uléma, et n’est donc pas habilité à demander aux musulmans de ne pas prier avec le mufti de la République». «Cette demande, qui n’est d’ailleurs motivée que par des considérations politiques, est l’une des plus graves atteintes au mufti de la République et à tous les musulmans du Liban. De même, les atteintes abusives de certains députés du courant du Futur contre Dar el-Fatwa creusent l’écart avec la méthode de Rafic Hariri et son souci d’unifier la communauté et le pays.». Pour Dar el-Fatwa en somme, «tout ce qui se dit contre le mufti de la République n’est que mensonge sur fond politique, destiné à exercer une pression sur sa personne et l’amener à prendre certaines positions. Mais cette forme d’intimidation n’aura raison ni du mufti ni de ses constantes nationales et islamiques».

20 mai 2012

Susann Bashir, 5 Millions de Dollars à l’Issue de son procés pour discrimination

Susann Bashir, 5 Millions de Dollars à l’Issue de son procés pour discrimination

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PSMRA, le 10 mai 2012

Le géant des télécommunications AT&T, qui n’a pas toléré la conversion de Susann Bashir à l’Islam, a été condamné a verser 5 millions de dollars de dommages et intérêts pour harcèlement moral. Susann Bashir, une mère de famille de 41 ans, résidant à Kansas City, dans le Missouri.

Son calvaire a commencé en 2005, période à laquelle elle a décidé d’embrasser la religion musulmane et de revêtir le hijab, alors qu’elle travaillait depuis six ans déjà au sein de l’entreprise en tant que technicienne de réseau.

Devenue la tête de turc de la société, copieusement injuriée par ses supérieurs et ses collègues qui la traitaient de tous les noms d’oiseau, dont un grand classique du dénigrement «terroriste», quand ils ne lui lançaient pas «d’aller au diable», la résistance psychologique de Susann Bashir a été mise à rude épreuve pendant de longs mois. Son avocate a précisé que son directeur, entre deux insultes, lui ordonnait régulièrement de retirer son hijab, ce qu’elle se refusait à faire, et qu’un jour, furieux, il l’a agrippée pour le lui ôter, en le déchirant.

Après s’être tournée vers les ressources humaines, et avoir déposé une plainte officielle pour discrimination auprès de la Commission de l’égalité des chances, Susann Bashir a été licenciée en 2010. Désavoué par la justice, le mastodonte des télécommunications a fait savoir qu’il ferait appel.

Pour Susann Bashir, sa grande victoire réside sans nul doute dans la reconnaissance de son statut de victime, même si elle est couronnée par une somme très rondelette, qui n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de milliards de dollars brassés par AT&T, comme l’a indiqué son avocate.

08 mai 2012

Qui contrôle la Zitouna ?

Qui contrôle la Zitouna ?

Redémarrage des cours dans la grande mosquée 

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Hella Lahbib, le 08 mai 2012

L'enseignement zitounien redémarre. Il a commencé à dispenser des cours les samedis et les dimanches en attendant d'accueillir ses élèves à plein temps à l'automne prochain

Depuis le mois de mars dernier, les événements s'accélèrent à la Zitouna, avec d'énormes répercussions sur le champ religieux de notre pays. C'est le 19 mars, effectivement, qu'un juge autorisait la levée des scellés qui avaient été apposés en 1958 sur les bâtiments d'où était dirigé l'enseignement religieux de la Zitouna.

Le recours avait été formulé par l'Association des anciens élèves de cette mosquée, du Centre du Maghreb pour l'unité et le développement et de l'Association tunisienne pour la conservation des mosquées, sous la férule de deux personnalités, Cheikh Houcine Laâbidi et Cheikh Mohamed Bel Haj Amor.

Cheikh Houcine Laâbidi, qui est très impliqué dans cette nouvelle dynamique, est lui-même ancien zitounien. Il a connu l'exil en France où il a vécu une dizaine d'années et a exercé en tant que technicien supérieur en électronique. Il est aujourd'hui un membre très en vue de la commission scientifique de la Zitouna «Al hay'a al îlmiya». Cette commission s'autodésigne depuis peu sous l'appellation de «machiyakha», en d'autres termes le rectorat, ce qui n'est pas sans rappeler Al Azhar. La comparaison et l'ambition «azhariennes» ne s'arrêtent pas là...

Quel enseignement à la Zitouna ?

Les cours redémarreront en octobre prochain. Les détails seront annoncés au cours d'une cérémonie prévue ce samedi 12 mai. Pour l'heure, la demande est forte : «800 à 1.000 garçons et 325 filles» se sont déjà inscrits.

L'enseignement, nous explique Cheikh Houcine Laâbidi, comporte trois niveaux. Le premier niveau admet les enfants de 12 ans qui ont validé leur scolarité primaire. Il commence par un cursus de 4 ans au bout sanctionné par un «brevet». Le second cursus est de 3 ans et il est sanctionné par un baccalauréat qui ouvre la voie à l'enseignement supérieur zitounien.

La séparation de sexes sera de rigueur : les cours des filles seront administrés à la mosquée Sidi Youssef et ceux des garçons à la mosquée Zitouna. Cette solution est momentanée parce que l'institution œuvre à récupérer le «site zitounien Ibn Charaf» inauguré en 1951, reconverti entre-temps en lycée, et dont la capacité avoisine les 5.000 élèves, garçons et filles.

Qui va payer ?

Il faudra bien financer tout cela : entretien, administration, enseignants... Alors, d'où viendra l'argent ? Surtout que l'enseignement sera dispensé gratuitement aux élèves.

Cheikh Laâbidi, très volontariste, compte sur l'autonomie de cet enseignement. Les propositions de dons affluent, selon lui, de riches Tunisiens ayant déjà proposé des montants conséquents, atteignant parfois le milliard. Un docteur en pharmacie a également offert un immeuble...

Mais la vraie source de financement, celle qui est escomptée pour être durable, c'est la mosquée elle-même et ses propres revenus. Cheikh Laâbidi rappelle à ce propos que la mosquée possède des propriétés un peu partout dans la vieille ville et environ 500 magasins mitoyens à la mosquée lui appartiennent aussi. Il pense que tout doit être récupéré. Un point qui, à l'heure actuelle, n'est pas encore résolu.

Quant au cadre juridique de cet enseignement, qui compte délivrer un diplôme de baccalauréat et des diplômes d'enseignement supérieur, il ne relèvera ni du ministère de l'Education ni de celui de l'Enseignement supérieur, il sera une institution indépendante, autonome, et notre interlocuteur le réclame d'ailleurs, dans un parallèle évident avec Al Azhar.

«Les zitouniens ne sont pas ces meddebs qui psalmodient le Coran sur les morts»

Pour ce qui est du contenu de cet enseignement, toutes les matières seront enseignées, les langues vivantes, la littérature, la médecine, l'ingéniorat, la recherche nucléaire, les sciences, le journalisme, répond Cheikh Laâbidi. On pourra être médecin zitounien, par exemple, espère-t-il. Nous entamons la traduction en arabe des livres scientifiques et techniques.

La structure de l'enseignement sera similaire à celle d'Al Azhar, espère encore Cheikh Laâbidi qui a l'ambition de faire renaître la Zitouna, son enseignement «authentique» et lui redonner un rayonnement national et international.

En attendant les salles de classe, comment compte-t-il accueillir les élèves ? Au début, l'enseignement sera donné au sein de la mosquée et chaque colonne représente une classe mais le professeur aura une table et une chaise, précise-t-il.

«Nous voulons dire au public que les zitouniens ne sont pas ces meddebs à la tête enturbannée qui ne savent que psalmodier le Coran sur les morts, nous sommes des gens de science et de culture et si Bourguiba n'avait pas fait ce qu'il a fait et après lui Ben Ali, la Zitouna aurait été aujourd'hui une grande institution de savoir». Et il enchaîne en insistant sur l'éthique qu'apporte l'enseignement religieux : «Nous voulons avoir des médecins zitouniens de cœur qui ont le diplôme de la Zitouna et la médecine, avec la morale et l'éthique, en plus, chose que nous avons perdu pour le moment ; nous avons des médecines matérielles qui ont perdu de vue que le corps qu'ils soignent est l'œuvre de Dieu

Quant au contenu de l'enseignement religieux, il sera, selon lui, malékite achâarite. Pourtant, d'autres ulémas de la Zitouna, et en particulier Cheikh Farid Beji et Cheikh Mokhtar Brahmi, ont créé il y a un mois la polémique, en accusant Cheikh Laâbidi d'avoir cédé la Zitouna aux salafistes. Ils se basaient sur une vidéo où on voyait Cheikh Laâbidi, dans la grande mosquée de Msaken, faire l'éloge d'Ibn Tayymiya, que beaucoup considèrent comme une référence majeure du salafisme. Depuis, ils se sont tous apparemment expliqués et réconciliés.

Toujours est-il que cette situation suscite nombre d'interrogations : en ce qui concerne le contenu de l'enseignement, peut-il être dispensé sans cadre juridique ? Des ulémas, aussi respectables soient-ils, peuvent-ils décider de redémarrer l'enseignement zitounien, sans concertation, sans débat ? Quel sera le rôle des ministères de l'Education et de l'Enseignement supérieur à l'égard d'une institution autoproclamée qui compte dispenser des formations diplômantes allant jusqu'au Bac et au doctorat en médecine ? Quid du rôle et de la position du ministère des Affaires religieuses ?

Qui contrôle la Zitouna ? Qui recrutera les enseignants ? Qui décidera des programmes ? Peut-on demain, sans aval de l'Etat, confier ses enfants à une institution, uniquement parce qu'elle se prévaut de notre religion ?

Le champ religieux en Tunisie échappe parfois à tout contrôle. Les associations se multiplient, les mosquées changent d'imam, le mélange entre le politique et le religieux, l'instrumentalisation de la religion, l'activisme de courants concurrents ont conduit à la surenchère. De notoriété publique, Ennahdha et différents courants salafistes se livrent à un bras de fer pour le contrôle des mosquées, et plus largement, pour le contrôle du champ religieux. L'enseignement zitounien serait-il un nouveau champ d'expression de cette rivalité ?