09 octobre 2009

Pédophilie

Frederic Mitterrand et les boxeurs thailandais de 40 ans

 

Enfance en danger

 

Cohn-Bendit et les accusations de pédophilie

14 août 2009

Mohamed Binyam, détenu à Guantanamo, torturé au Maroc

Mohamed Binyam, détenu à Guantanamo, torturé au Maroc

M. B.

Par Luk Vervaet, le 13 août 2009

J’ai rencontré Mohamed Binyam à Londres, le 30 juillet 2009, lors d’une conférence de presse. Il y parlait pour la première fois en public depuis sa sortie de Guantanamo, le 23 février 2009. Mohamed et quatre autres ex-détenus de Guantanamo[1] y ont lancé le «Guantanamo Justice Centre» (www.gitmojusticecentre.com). Ce centre disposera d’un siège central à Genève et d’une maison à Londres. Il a été mis sur pied «par des ex-détenus de Guantanamo, pour les (ex-)détenus, parce que nous avons compris que seules les personnes qui ont souffert de la même manière peuvent se comprendre et s’entraider».

Le «Guantanamo Justice Centre» poursuit trois objectifs. D’abord, venir en aide à ceux qui sont encore emprisonnés – il y a toujours 229 détenus à Guantanamo et un nombre inconnu dans des prisons secrètes –, où ils sont souvent victimes de torture et d’abus, afin qu’ils soient libérés ou aient droit à un procès équitable.

Ensuite, soutenir les 500 ex-détenus de Guantanamo à se «réintégrer dans la société d’une manière positive et pacifique», avec une attention particulière pour ceux «qui se retrouvent dans des pays où il y a peu de moyens disponibles pour les aider et dont les gouvernements ne respectent pas les droits de l’homme».

Et enfin, soutenir les familles de ceux qui sont toujours détenus.

«La plupart des ex-détenus de Guantanamo ne viennent pas des pays occidentaux», expliquait Moazzam Begg, un des quatre ex-détenus. «Dans leurs pays, ils ne reçoivent aucune aide, même quand ils ont été totalement innocentés. Nous voulons intervenir au niveau de l’éducation et de l’emploi, les aider à réintégrer leur famille, devenir des membres normaux de la société». A la conférence de presse, Moazzam et les autres parlent peu d’eux-mêmes, mais surtout des ex-détenus qui vivent au Yémen, en Jordanie, en Algérie, au Tchad… Beaucoup d’entre eux sont malades, un a perdu la vue, un autre l’ouïe à cause des bruits auxquels il a été exposé, d’autres encore ont besoin d’une intervention médicale et psychologique urgente mais n’en ont pas les moyens. Un jeune Tchadien, arrêté à l’âge de 14 ans et relâché en juin 2009, vit actuellement dans la rue, rejeté par sa famille. Seuls 25 des 500 ex-détenus ont retrouvé un travail.

Le stigmate de Guantanamo

Moazzam Begg : «Nous, les détenus de Guantanamo, avons été désignés comme «les pires des pires». C’était un mensonge, mais le stigmate reste. Nous étions des "suspects terroristes", alors aux yeux des autres, nous devons être coupables de quelque chose, nous vivons dans une démocratie, elle ne peut quand même pas se tromper à tel point.. C’est ça, le stigmate de Guantanamo.»

«Je ne recherche pas une compensation financière», précise Mohamed Binyam. C’est un jeune homme de 31 ans, qui parle de manière calme, modeste, retenue, parfois émue : «Combien d’argent devraient-ils me donner pour que je puisse oublier mes sept années de captivité ? Les Américains m’ont dit : “Tu es coupable jusqu’au moment où tu nous as prouvé le contraire”. Serez-vous étonnés si je vous dis que je ne crois plus que j’ai des droits ? Les gens aiment entendre des histoires sur la torture : quelqu’un pendu ici, un autre battu là-bas, du sang partout. Mais ça, ce n’est que la torture physique. Ils ne se réalisent pas qu’une fois dehors, à chaque fois que vous voyez une corde, ça vous renvoie au temps où vous avez été pendu. Cela ne vous quitte jamais. Chaque fois que vous me posez une question, j’ai l’impression de subir à nouveau un interrogatoire. Quand j’entre dans une chambre et que la lumière s’éteint pour une raison ou une autre, je me retrouve dans la «Prison Noire» (la prison secrète de la CIA près de Kaboul). C’est très dur : nous continuons à vivre dans un monde de torture, dans le système Guantanamo. Je n’arrive pas à retrouver ma place dans la société. Je ne peux penser qu’en termes Guantanamo. Aucune institution d’aide ni aucune fondation médicale au monde ne peut changer ce que je ressens. Si c’est comme cela pour moi, comment cela doit-il être pour un ex-détenu qui vit au Tchad ? De mon point de vue, un mal a été commis, quelqu’un devra le réparer».

L’histoire de Mohamed Binyam

 

Mohamed Binyam est né en Ethiopie en 1978. Quand il a 16 ans, sa famille demande l’asile politique en Grande Bretagne. Demande refusée, mais Mohamed reçoit une permission temporaire pour rester. Il travaille dans le nettoyage et entreprend des études. Il se convertit à l’Islam en 2001 et part en voyage au Pakistan et en Afghanistan. En avril 2002, il a 24 ans et, alors qu’il retourne en Grande Bretagne, il est arrêté à l’aéroport de Karachi. Il sera torturé au Pakistan puis transféré à Kaboul dans une prison secrète de la CIA. Avant d’être enfermé à Guantanamo jusqu’en février 2009, il va – ce sont ses mots – “passer 550 jours dans une chambre de torture au Maroc.

Voici ce qu’a noté Ian Cobain, l’éminent journaliste du Guardian, sur le traitement que Mohamed Binyam a subi au Maroc à la demande des services secrets américains et britanniques. Comme l’a reconnu la Cour suprême de Londres, le 31 juillet dernier, ce sont ces derniers qui ont fourni les questions à lui poser pendant ses interrogatoires. Pendant 18 mois, il a été battu, exposé à des sons assourdissants, ébouillanté avec un liquide brûlant, ses membres étirés. Des scalpels ont été utilisés pour faire des incisions de quelques centimètres sur sa poitrine et le long de son pénis[2]. Ce n’est qu’en 2008 que Mohamed Binyam sera inculpé formellement par le Pentagone de “conspiration pour commettre des actes terroristes et des crimes de guerre. Le procès n’aura jamais lieu.

Les inculpés et leurs familles, leurs avocats, The Guardian, des activistes de différentes associations[3] et des écrivains engagés ont mené un combat acharné pendant près d’une décennie pour que Mohamed et les autres soient relâchés de Guantanamo et pour que la justice britannique reconnaisse enfin la torture dont ils ont été victimes et ouvre un examen sur l’implication de «leurs» services secrets dans ces affaires. Un groupe de parlementaires, au-delà des appartenances politiques, a également demandé une enquête dans l’implication des services de sécurité et d’intelligence sur base du travail de la justice.

[1] Sami al-Haj, le caméraman d’Al Jazeera, relâché en mai 2008, Jamil El-Banna, relâché en décembre 2007, Omar Deghayes, relâché en août 2007 et Moazzam Begg, relâché en janvier 2005

[2] The Guardian, 8 juillet 2009, The truth about torture, Britain’s catalogue of shame, by Ian Cobain

[3] Cageprisoners, Reprieve, Redress, Campacc, Muslim Prisoners Support Group, Institute for Race Relations et autres

26 juillet 2009

Extradition vers la torture

Extradition vers la torture

La Belgique complice ?

Deux femmes témoignent : l'une, Farida, soeur de Ali Aarrass, Belgo-marocain, détenu arbitrairement en Espagne suite a un mandat international délivré par les autorités judiciaires du Maroc et Naïma, épouse de Nizar Trabelsi, qui achève sa peine de 10 ans, infligée par un tribunal en Belgique, pour avoir tenté de "neutraliser" une base militaire et qui est réclamé par la justice étasunienne ...

18 juillet 2009

Appel urgent contre la politique d’extradition du gouvernement belge

Appel urgent contre la politique d’extradition du gouvernement belge
Ali-Aarrass

(Ali Aarrass et sa soeur Farida)

Le 3 juillet dernier, ÉGALITÉ a organisé une conférence intitulée : «Extradition et lois antiterroristes : deux femmes parlent!». ÉGALITÉ s’est ainsi joint au mouvement international en cours contre les extraditions.

Ces dix dernières années, au nom de «la guerre internationale contre la terreur», les États-Unis et l’Europe ont développé un système de justice parallèle à celui d’un État de droit.

Cette justice parallèle introduit une série de nouveaux crimes, un système de détention spéciale pour les détenus soupçonnés de terrorisme et la menace d’extradition ou de déportation vers des pays pratiquant la torture et/ou la peine de mort. Cette justice parallèle et ces pratiques constituent une violation de la Convention européenne des Droits de l’Homme, du Pacte international relatif aux Droits civils et politiques et de la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Le gouvernement belge s’est non seulement pleinement engagé dans la guerre en Afghanistan mais a aussi adopté une politique d’extradition de détenus soupçonnés de terrorisme, y compris de nationalité belge, vers des pays qui bafouent les conventions déjà mentionnées.

ÉGALITÉ
demande la non-extradition vers le Maroc d’Ali Aarrass, Belge détenu en Espagne, et sa libération immédiate.

Ali Aarrass, de nationalité belge et marocaine, a été arrêté dans la ville espagnole de Melilla, dans le cadre d’un mandat d’arrêt international demandé par le Maroc. Il se trouve depuis le 1er avril 2008 en détention en Espagne sous l’accusation de faire partie d’un réseau terroriste. Huit mois plus tard, en novembre 2008, la justice espagnole a approuvé son extradition vers le Maroc. Il ne manque plus que le feu vert du Conseil des ministres de l’Espagne, qui peut venir à tout moment, pour qu’Ali Aarrass puisse être extradé.

Pendant sa détention, Ali Aarrass a mené une grève de la faim pendant deux mois pour clamer son innocence et s’opposer à son extradition.

En 2006, la justice espagnole avait ouvert une enquête judiciaire contre Ali Aarrass pour association avec le terrorisme. Le 16 mars 2009, un tribunal espagnol a prononcé la fermeture provisoire de cette enquête par manque de preuves. Malgré ce non-lieu, Ali Aarrass reste en prison : il fait partie de ces 1500 personnes qui ont été recherchées et arrêtées par le Maroc après les attentats de Casablanca de mai 2003. Selon Amnesty International «des centaines d"entre elles auraient été torturées en détention…». Le président de Melilla, Juan José Imbroda, et son gouvernement local, conduit par le Parti Populaire (PP), la Coalition pour Melilla (CPM, le principal parti de l'opposition), la Commission Islamique (CI) et Amnesty International d’Espagne se sont unis contre l’extradition de Ali Aarrass.

Abderraman Benyahya, porte-parole de la Commission Islamique (CI), a estimé que les autorités espagnoles n'auraient jamais accepté l'extradition "si les accusés n'avaient pas été des musulmans". Eva Suárez-Llanos, la présidente espagnole d’Amnesty International a déclaré : "Les autorités espagnoles ne peuvent pas extrader des détenus vers un pays où ceux-ci risquent d’être torturés."

Devant la cour, Ali Aarrass s’est revendiqué de sa nationalité belge pour empêcher son extradition, mais le tribunal a réfuté cet argument. Ni le gouvernement belge ni un seul parlementaire belge n’est jusqu’à présent venu en aide à ce ressortissant !

ÉGALITÉ demande le retrait de la Convention entre le Royaume du Maroc et le Royaume de Belgique sur l’extradition.

Depuis le 1er mai 2005, une Convention sur l’extradition entre le Maroc et la Belgique est entrée en vigueur, après avoir été votée à l’unanimité (!) par la Chambre et le Sénat belges. Bien que la Constitution belge proclame l’égalité de tous les Belges devant la loi, il y a une exception pour les Belges d’origine marocaine : les Belgo-Marocains (double nationalité) peuvent à présent et à tout moment être extradés vers le Maroc, s’ils ont commis une infraction punissable d’une peine de prison de plus de deux ans ! Le gouvernement et la justice belges ont donc le droit et la possibilité d’extrader tout citoyen belge d’origine marocaine vers le Maroc sans devoir pour cela lui retirer sa carte d’identité belge.

Cette convention existe uniquement pour les Belges d’origine marocaine. Elle n’existe pour aucune autre catégorie de citoyens belges, originaires de quelque pays que ce soit.

ÉGALITÉ appelle tous les élus à tous les niveaux à demander le retrait immédiat de cette convention.

De même, ÉGALITÉ demande la non-extradition de Nizar Trabelsi vers les Etats-Unis.

Le 13 septembre 2001, le ressortissant tunisien et ancien footballeur professionnel, Nizar Trabelsi, a été arrêté à Uccle. Pour la principale prévention retenue contre lui : «Tentative de destruction d’édifice à l’explosif», Nizar Trabelsi a été condamné en juin 2004 à la peine maximale de dix ans de prison, pour la préparation d’un attentat contre la base militaire de Kleine-Brogel. Cette année, il aura passé huit ans de détention dans des conditions d’incarcération les plus extrêmes des sections de haute sécurité des prisons belges.

La justice belge vient maintenant d'accepter la demande de son extradition vers les Etats-Unis, dès qu’il aura purgé sa peine en Belgique. Cette extradition accordée à la justice antiterroriste des Etats-Unis signifie une mort certaine pour Trabelsi, qui peut être considéré par les États-Unis comme un des «combattants ennemis» enfermés à Guantanamo, ou peut être enfermé à vie et sans appel dans une prison de haute sécurité, une des fameuses «surpermax prisons». Ceci se passe au moment où la section américaine d’Amnesty International vient de lancer une campagne contre la torture aux États-Unis (‘Ten against torture letters’) et en particulier contre l’introduction de la «détention illimitée», à laquelle peuvent être soumises des personnes innocentes acquittées par la justice après un procès, ou en détention sans inculpation, parce qu’elles sont considérées comme étant «un danger pour les États-Unis». Ceci se passe au moment où la Cour européenne des Droits de l’homme s’est déjà opposée à plusieurs tentatives d’extradition vers les Etats-Unis de la part de pays européens.

ÉGALITÉcampagne contre l’extradition
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19 février 2009

La Mauritanie esclave de son histoire

 

 

 

 

 

 

 

  

La Mauritanie esclave de son histoire

Par Marc Etcheverry,

LEXPRESS.fr  , le 18 février 2009

 

Domestique, sexuel ou agricole,

l'esclavage perdure

en Mauritanie. LEXPRESS.fr a assisté à une conférence de presse animée, mardi au Grand Palais à Paris, autour de la question.

"

Je suis esclave depuis ma naissance. J'ai été séparé de mes parents, de mon frère et de ma soeur. Je travaillais dur pour mon maître, sans rétribution et toute la journée. Quand celui-ci me battait, il me disait de ne pas crier car ça pourrait gêner les voisins"

Mardi, Yahiya Ould Brahim participait à une conférence de presse, au Centre d'Accueil de la Presse Etrangère à Paris, à l'intitulé sensible: "

L'esclavage en terre d'Islam. Pourquoi les maîtres mauritaniens n'affranchissent pas leurs esclaves".

Ce titre ne doit rien au hasard: il s'inspire pour partie du nom donné par l'anthropologue Malek Chebel, à un de ses ouvrages publié voici deux ans (L'esclavage en terre d'Islam, Fayard, 2007). L'auteur était d'ailleurs présent aux côté de l'ex-esclave. Avec eux, Biram Ould Dah Ould Abeid. Membre de SOS esclaves en Mauritanie,

il sillonne le pays pour faire connaître, et surtout reconnaître ce fléau.
 

Trois

types d'esclavage

"Il persiste toujours un esclavage traditionnel, explique-t-il, la voix empreinte de colère. Celui-ci prend trois formes. Tout d'abord, domestique, par laquelle l'esclave est attaché au maître durant toute sa vie, sans contact avec sa famille d'origine. Ensuite, sexuelle, permettant au maître d'avoir un droit de cuissage sur toute les femmes travaillant pour lui. Enfin, agricole, les esclaves étant chargés des travaux les plus durs, des tâches considérées comme les plus avilissantes par le groupe dominant arabo-berbère".
.

Il n'est pas besoin de beaucoup de mots pour comprendre que la jeunesse de Yahiya Ould Brahim n'a rien de comparable à celle de ses contemporains occidentaux. Un récit anachronique. Le quotidien, pourtant, de centaines de milliers de Mauritaniens. Combien d'années d'asservissement

? Il n'en a aucune idée, il n'avait pas d'état civil. Suffisamment longtemps, en tout cas, pour qu'un jour de 1999, il prenne son courage à deux mains, et s'enfuit, se "libère".

Ainsi en Mauritanie, la population est répartie en deux groupes : les Maures et les Négro-Mauritaniens. C'est au sein du premier ensemble, composé d'arabo-berbère ("Blancs") et de "Maures noirs", que les cas d'esclavage sont relevés en nombre, même si cette pratique existe dans quasiment toutes les ethnies du pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si l'on n'est pas esclave par condition, on l'est de toute manière par statut

 

ont été envoyés dans les écoles françaises durant la colonisation à la place des fils de familles arabo-berbères, le français étant synonyme de chrétienté, selon la thèse développée par Mohamed Yahya Ould Ciré, président de l'association des Haratine d'Europe.

On appelle Haratine, les affranchis. Chanceux

? Pas tout à fait. "Là encore, souligne Mohamed Yahya Ould Ciré, les liens entre maître et esclave perdurent. Il est souvent alors question d'une dette, dont l'ancien esclave doit s'acquitter pour avoir recouvré la liberté." 

La responsabilité de l'Islam

?

Reste la question controversé de la responsabilité de l'Islam

? Pour Biram Ould Dah Ould Abeid, le code malékite (courant nord-africain du sunnisme), "foncièrement obscurantiste", est instrumentalisé par le groupe dominant: "L'esclave ne peut gagner le paradis que si le maître le lui permet, grâce à une vie avilissante". En n'interdisant pas formellement la pratique de l'esclavage, l'Islam l'a admis de fait, constate pour sa part Mohamed Yahya Ould Ciré, bien que "des pistes aient été formulées pour inciter à l'affranchissement".

La tension monte d'un cran. Malek Chebel se désolidarise de cette vision.

"J'estime que c'est avant tout la structure féodale de la société mauritanienne qui entretient cette pratique. On ne peut pas faire de généralité. L'Islam n'est pas en faveur de l'esclavage, c'est une interprétation erronée qui en fait un instrument de domination". Une question qui demeure visiblement difficile à trancher.

. "Plusieurs de mes amis, qui ont fait de grandes écoles, et occupent actuellement des postes importants dans la société mauritanienne, sont en fait encore des esclaves, explique Biram Ould Dah Ould Abeid. Chaque année, leur "ancien" maître passe les voir, et récupère des offrandes de toutes sortes. Les victimes de ce racket craignent que leur statut ne soit révélé et obtempèrent sans sourciller".

Esclave et haut responsable, ne sont pas des termes antinomiques. Beaucoup d'asservis

Depuis

1981, date de l'abolition de l'esclavage en Mauritanie, aucune poursuite n'a été entreprise à l'égard des maîtres. En août 2007, une loi criminalisant la pratique esclavagiste a pourtant été promulguée. Pour Yahiya Ould Brahim, plus question de faire confiance à l'Etat mauritanien, il se sait désormais bien plus en sécurité en Europe.

 

 

15 janvier 2009

Nous avons obligation de poursuivre les crimes de guerre

Nous avons obligation de poursuivre les criminels de guerre

13 janvier 2009

Des organisations portent plainte pour "crimes de guerre" devant la CPI

Des organisations portent plainte pour "crimes de guerre" devant la CPI

 

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Propos recueillis par Elise Barthet, LE MONDE, le 13 janvier 2009

 

Quatre-vingt-dix organisations, essentiellement françaises et beaucoup pro-palestiniennes, vont déposer, mercredi 14 janvier devant la Cour pénale internationale (CPI), une plainte pour "crimes de guerre" visant l'offensive israélienne à Gaza. Interrogé par Le Monde.fr, Me Gilles Devers, l'avocat lyonnais qui a rédigé le document, revient sur cette initiative.

 

L'article 8 du traité qui a institué la CPI définit le crime de guerre comme le fait de causer intentionnellement des grandes souffrances ou de porter atteinte à l'intégrité physique des personnes civiles, et de se livrer à la destruction des biens non justifiée par une nécessité militaire et effectuée à grande échelle. Il faut savoir que le crime de guerre ne peut pas être justifié par l'agression reçue, même si les tirs de roquettes peuvent constituer en eux-mêmes des crimes de guerre.

 

A partir de là, deux éléments entrent en compte. D'abord, le caractère disproportionné de l'offensive israélienne. C'est un aspect qui a été évoqué lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU dès le 31 décembre et reconnu par plusieurs Etat membres. L'autre élément, c'est la nature des atteintes portées contre les populations et les biens civils. On sait que les femmes, les enfants et les vieillards constituent près de la moitié des victimes. La part des combattants tués est minoritaire. Par ailleurs, l'armée israélienne a plusieurs fois visé des locaux gouvernementaux ou civils comme des mosquées, des clubs de sports ou l'immeuble de la télévision.

 

Comment comptez-vous poursuivre des citoyens israéliens, sachant que l'Etat hébreu n'a pas ratifié le traité instaurant la Cour pénale internationale ?

 

Cela rend évidemment les choses beaucoup plus difficiles. Mais beaucoup de soldats israéliens possèdent la double nationalité. Si un Israélien est mis en cause dans des massacres relevant de crimes de guerre possède également la nationalité française, il peut faire l'objet d'une poursuite. Dans ce cas, le procureur de la Cour pénale ouvre une enquête pour étudier les informations qui lui ont été transmises. S'il conclut qu'il existe une "base raisonnable", il fait une demande d'autorisation d'enquête. Mais attention : la CPI ne peut mettre en cause que des personnes et non des Etats.

 

Il y a une autre possibilité. Le Conseil de sécurité a la possibilité de saisir lui-même le procureur, s'il estime que le crime remet en cause l'ordre international. L'ONU peut également créer des tribunaux spéciaux. C'est très improbable compte tenu des équilibres internationaux. Mais nous avons quand même déposé hier une demande à l'Elysée pour que la France, qui préside le Conseil de sécurité de l'ONU, prenne ses responsabilités. [La délégation comprenait notamment le MRAP, l'Union juive française pour la paix et le collectif Résistance Palestine.]

 

Envisagez-vous d'autres actions ?

 

Nous allons demander un recours en annulation au tribunal de première instance pour la communauté européenne contre la signature des accords de rehaussement entre l'Union européenne et l'Etat hébreu. Ces accords, verbalement liés au processus de paix et au respect des droits humains, visent à renforcer la coopération politique et économique. Nous ferons la démarche dans le courant de la semaine prochaine. Nous mènerons également des procédures individuelles concernant les victimes françaises des crimes actuels à Gaza, étant donné que le juge français est compétent dès lors que la victime est française. Nous essaierons de centraliser les demandes, mais cela dépendra des familles.

09 janvier 2009

«Affaire Belliraj» : «Condamné avant même qu’il ne soit inculpé»

«Affaire Belliraj»

«Condamné avant même qu’il ne soit inculpé»

 

Propos recueillis par Rachid Z, ce jeudi 09 janvier 2009

 

A quelques heures de la réouverture du procès Belliraj, vendredi 09 janvier à Rabat, l’avocat Belge, Vincent Lurquin, d’Abdelkader Belliraj, principal accusé d’un «réseau terroriste» portant le même nom, à bien voulu m’accorder quelques précisions quant aux conditions en matière de droit de la défense auxquelles il se trouve confronté…

 

Comment, maître, Vincent Lurquin, vous êtes-vous vu plongé dans cette étrange «affaire Belliraj» ?

 

«J’ai été contacté par sa famille pour assurer la défense d'Abdelkader Belliraj en Belgique, elle m’a invité à entrer en contact avec le bâtonnier du barreau de Rabat, son avocat au Maroc.

 

On s’est vu, lors de mon voyage à Rabat, fin décembre, mais, il m’était impossible d’entrer en contact avec le prévenu : l’avocat général de la Cour d’Appel de Rabat me signifia qu’il n’existe pas de convention entre la Belgique et le Maroc, me permettant de m’entretenir avec mon client.

 

J’ai tenté vainement de lui faire comprendre que je ne revendiquais pas le droit d’avoir accès au prétoire mais qu’il n’est pas normal que je ne puisse pas voir mon client. Alors qu’il existe d’étroites collaborations entre les deux États, le Maroc et la Belgique, entre le parquet et la police de ces deux pays, la collaboration en matière de la défense du justiciable n’est pas encore à l’ordre du jour.»

 

Vous avez évoquez, dans un média français, des sévices dont aurait été victime votre client, qu’en est-il exactement ?

 

«Belliraj, Belgo-marocain, arrêté à Marrakech en janvier 2008 donc, m’a fait parvenir un courrier dans lequel il disait qu’il avait été séquestré pendant une période obscure de 6 semaines, durant lesquelles il aurait été torturé, c’est dans de telles conditions, les yeux bandés, qu’il aurait signé des aveux. Personne ne conteste le fait qu’il ait disparu.»

 

Et qu’en est-il du volet belge du dossier ?

 

«Cette opacité contamine le dossier Belliraj au Maroc mais également ici, où une instruction concernant 6 meurtres, dont celui de l’imam de la Grande mosquée du Cinquantenaire, est ouverte et pour lesquelles Belliraj n’est pas inculpé. En Belgique, on considère qu’il n’y a pas l’ombre d’une base d’indices sérieux permettant de l’inculper. Ca n’est jamais arrivé dans les anales juridiques belges… Condamné avant même qu’il ne soit inculpé.  

 

J’ai introduit une requête afin que je puisse avoir accès au dossier, c’est légitime. Le contraire relève de l’absurde, il faut que la Belgique dise aux autorités marocaines que les mêmes règles doivent être appliquées aussi bien ici que là bas, que cesse ces atteintes graves au droit de la défense.

 

Belliraj doit être jugé selon les normes conventionnelles auxquelles les deux pays ont adhéré, conformément aux droits de l’Homme. Il a le droit de choisir son ou ses avocats pour assurer sa propre défense.»

 

Une procédure d’extradition, suite à l’affaire Belliraj, visant plusieurs personnes d’origine marocaine est entamé devant nos tribunaux, pensez-vous qu’y répondre positivement soit conforme aux normes conventionnelles, européennes et nationales, règlementant les conditions d’extradition ?

 

«C’est une question qui doit se poser et qui se pose d’ailleurs, Amnesty International et d’autres ONG ne cessent d’interpeller sur cette question. Mais je ne pense pas que ces personnes que vous évoquez, actuellement détenues dans nos prisons, seront extradées tant que nous n’aurons pas les garanties qu’elles seront traitées selon les principes d’une même conception des droits de l’Homme, partagée autant par l’Etat qui extrade que celui vers lequel il est extradé.»

 

Pensez-vous que les autorités judiciaires belges pensent comme vous ?

 

«Oui, mais j’aimerais bien qu’elles agissent en conséquence.»

  

A lire également : Report du procès Belliraj, son avocat accuse les autorités de torture

01 janvier 2009

Le "dossier Belliraj" se dégonfle

Le "dossier Belliraj" se dégonfle !    

 Suffrage Universel, le 31 décembre 2008

Avant-propos

Reste à enquêter pour voir comment ce dossier a été traité par le Parquet fédéral, aussi sur le plan des fuites: comment la Dernière Heure a-t-elle été intoxiquée avec cette histoire de listes de noms de "Juifs à éliminer" qui n'était que la liste des invités (pas tous juifs) d'une émission de télévision de la RTBF.

Il y a manifestement eu manipulation, et la porte-parole dudit Parquet fédéral n'y est peut-être pas étrangère, à la lecture de l'article de Roland Planchar (dont je salue la justesse des analyses dans ce dossier, venant de moi et le concernant c'est exceptionnel !).

Maintenant, aux parlementaires de poser les questions ad hoc au nouveau ministre de la Justice pour faire la lumière sur ces pratiques gravissimes de désinformation, inadmissibles dans un Etat de droit et qui doivent être suivies de sanctions exemplaires !

Au fait, Stefaan De Clerck était déjà ministre de la Justice en 1997, quand la tristement célèbre Convention belgo-marocaine sur l'extradition (celle qui crée des sous-Belges selon la date de leur accession à la nationalité) a été signée (elle n'a été ratifiée par le Parlement qu'en 2005).

Pierre-Yves Lambert

Dossier Belliraj: libération de deux terroristes présumés

Belga, le 31/12/2008

Les plaideurs avaient également souligné que le Maroc avait demandé la double extradition en mars dernier, sur base de déclarations de Belliraj qui les aurait impliqués dans certaines de ses activités mais que, depuis lors, aucune précision et aucun élément nouveau n'ont été livrés dans le dossier

 Belliraj contre...l'"Ecran Témoin""

27 décembre 2008

Maroc : report du procès Belliraj, son avocat accuse les autorités de torture

Maroc

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du procès Belliraj, son avocat accuse les autorités de

torture

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AFP
, le 26 décembre 2008

Le procès du "réseau terroriste" dirigé par le Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj a repris vendredi à Salé (près de Rabat) mais a été aussitôt reporté au 9 janvier à la demande d'un des 35 membres de la cellule présumée, a-t-on appris de source judiciaire.

Nouvellement désigné, l'avocat de l'un des détenus a demandé au tribunal antiterroriste 

de lui accorder un délai pour préparer ses plaidoiries, selon la même source. La cour a accédé à sa requête.

Par ailleurs

 

L'avocat

considère que la police a recueilli de fausses déclarations d'Abdelkader Belliraj et va en conséquence demander l'annulation des procès-verbaux d'audition

.

Un avocat

belge, Me Vincent Lurquin

, désigné par Belliraj pour le défendre aussi au Maroc, a assisté vendredi à l'audience.

"

Le ministère marocain de la Justice m'a récemment informé dans une lettre que je n'avais pas le droit de plaider en faveur de Belliraj devant un tribunal marocain en raison de l'absence d'une convention maroco-belge en la matière"

, a-t-il poursuivi.

Me Lurquin

a indiqué qu'

il introduirait "auprès de la justice belge la même demande" que son collègue marocain Taoufik Idrissi, "sur la base de la compétence universelle"

.

"

J'irai même s'il le faut devant le Comité international contre la torture basé à Genève"

, a-t-il dit.

Les

35 membres du réseau présumé, dont le procès a commencé le 16 octobre devant le tribunal antiterroriste de Salé

, sont poursuivis pour "assassinats et tentatives d'assassinats avec des armes à feu et vol qualifié".

Leur chef présumé

, Abdelkader Belliraj, 50 ans, a été arrêté le 18 février au Maroc avec plusieurs autres personnes, en possession d'"un important arsenal d'armes à feu".

Plusieurs journaux belges et marocains

ont affirmé que Belliraj avait travaillé pour les services de renseignement belges

.

, a déclaré Me Lurquin, du barreau de Bruxelles, joint au téléphone par l'AFP.

"

Je n'ai même pas pu rendre visite à Belliraj en prison. Je souhaite le rencontrer car il existe une partie belge dans ce dossier. Belliraj possède également la nationalité belge"
, l'avocat d'Abdelkader Belliraj, Me Taoufik Idrissi, a accusé les autorités de "torture" et exigé l'ouverture d'une enquête.

Dans une déclaration à l'AFP, Me Idrissi a indiqué avoir déposé le 15 décembre une requête auprès du ministère de la Justice et du parquet : "enlèvement de (son) client par dix agents en civil, séquestration depuis plus de 2 mois, tortures de toutes sortes, extraction d'aveux sous la torture et menaces de mort, signature des procès-verbaux les yeux bandés".

pour ouvrir une enquête sur cinq points

13 décembre 2008

Mohieddine Cherbib : Président de la FTCR, victime de la dictature de Ben Ali

   

 

 

 

 

   

 

 

Mohieddine Cherbib

Président de la FTCR, victime de la dictature de Ben Ali

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Par FTCR,

une association qui depuis de longues années agit pour améliorer la situation des immigrés en France, a été condamné à deux ans de prison par contumace par la "justice" tunisienne dans le cadre de la parodie de procès des militants de Gafsa. Le MIR exprime toute sa solidarité à notre frère Mohieddine ainsi qu’à tous ceux qui ont été injustement condamnés. Ci-dessous un communiqué de la FTCR .

INIQUE DU BASSIN MINIER DE GAFSA

VERDICT DU PROCES

PARODIE DE JUSTICE, BRUTALITES ET LOURDES PEINES

Le

verdict du dernier procès du bassin minier vient de tomber

. La parodie de justice est parachevée nous sommes consterné par les peines prononcées contre les accusés. Une fois de plus, les juges apparaissent comme la main lourde d’un pouvoir décidé à faire un exemple, à sévir et à terroriser toute une population.

Il faut chercher

dans les archives noires des régimes les plus autoritaires pour trouver des peines allant de deux à dix ans de prison, sans audition ni plaidoiries, contre des militants «coupables» d’avoir des droits et d’avoir manifesté pour les revendiquer.

La condamnation de Mohieddine Cherbib, président de la FTCR, à

deux ans de prison ferme alors qu’il se trouvait à des milliers de km du bassin minier confirme, jusqu’à la caricature (sinistre en l’occurrence) la volonté du pouvoir de criminaliser toute forme de solidarité, et où qu’elle soit.

Mohieddine

«paye» aussi son obstination, celle de son association, à demeurer indépendant et à toujours soutenir les luttes démocratiques en Tunisie. Tout en réaffirmant notre solidarité avec tous les condamnés, nous appelons tous les démocrates à se mobiliser quant à ce nouveau forfait du régime de Ben Ali.

Paris

le 12 décembre 2008

Le bureau fédéral de la FTCR

MIR  

, le 12 décembre 2008

Mohieddine Cherbib

, président de la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR),

28 juin 2008

La torture est inacceptable

 

 

La torture est inacceptable

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Par Mehmet Koksal, le 28 juin 2008

 

Aujourd’hui la  . Tous les pays de l’Union européenne sont contre ces pratiques et luttent ensemble depuis 15 ans pour mettre fin à la torture .

C’est pourquoi l’Union européenne finance dans le monde entier des projets pour mettre fin à ce phénomène. Ces projets sont gérés par la Commission européenne, dans le cadre de l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme. (via La torture est inacceptable )

Dans le cadre de ce projet de la Commission européenne, j’ai prêté ma voix pour la version turque d’une animation visant à éradiquer la torture dans le monde entier.

 

 

Sami Elhaj : «J'ai subi six ans de Guantánamo, sans même être inculpé!»

    

Sami Elhaj

«

 

J'ai subi six ans de Guantánamo, sans même être inculpé!»

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?

Je travaille à Doha. Al-Jazira m'a chargé de placer sur le site web des informations sur les droits de l'homme
.

Barack Obama et John McCain ont promis de fermer Guantánamo, qui compte 269?prisonniers (500 autres ont été libérés depuis son ouverture en 2002).
L'avocat américain de Sami Elhaj affirme que les Etats-Unis détiendraient des milliers

de prisonniers dans des prisons secrètes

Par 24 Heures  , le 27 juin 2008

TÉMOIGNAGE du journaliste de la célèbre chaîne Al-Jazira
, Sami Elhaj est de passage à Genève
pour dénoncer le dérapage insensé de la grande machine antiterroriste américaine.

«Ma libération de Guantánamo ? Je n'y ai vraiment cru qu'à Khartoum, peu après mon atterrissage, quand j'ai vu mon fils de 8 ans entrer dans la chambre d'hôpital. Vous savez, ce n'était qu'un bébé de 14 mois quand on m'a arrêté, le 15 décembre 2001…» Sami Elhaj le dit d'une voix calme et posée. Sans colère. Ni résignation.
Après six ans et demi de cauchemar, le journaliste soudanais de la chaîne Al-Jazira a été libéré le 1er mai dernier. Cette semaine, il est venu dénoncer à Genève, «ville des droits de l'homme», ses longues années de détention sans avoir jamais été inculpé ou reconnu coupable de quoi que ce soit. Une expérience qu'il a confiée à l'ONU, au CICR, à la diplomatie suisse… puis bien sûr à ses
confrères de la presse
.

Vous avez été arrêté au Pakistan, sur la frontière afghane. Que faisiez-vous là
?

Avec cinquante autres journalistes, je retournais en Afghanistan suite à la chute des talibans. Dans un premier temps, j'avais couvert la guerre depuis leur fief de Kandahar, où Al-Jazira m'avait envoyé le 11 octobre 2001 pour travailler comme cameraman. Mais ensuite, c'était devenu trop dangereux, alors je m'étais réfugié au Pakistan. Après leur renversement, j'ai naturellement voulu retourner sur le terrain. Mais les douaniers ont vu pour qui je travaillais, ils m'ont arrêté. Les services de renseignements pakistanais m'ont détenu. Puis, le 7 janvier 2002, j'ai été remis aux Américains et transporté sur la base de Bagram, puis de Kandahar. Pour cinq mois. Le 13 juin, je débarquais à Guantánamo.

Que vous reprochait-on
?

Tout ce qui les intéressait, c'était Al-Jazira. Ils voulaient savoir d'où venaient les cassettes de Ben Laden. Si c'est moi qui les avais filmées. Si je les avais transmises. Si je savais comment Al-Qaida les faisait parvenir à la chaîne. Sur ma vie, ils ne demandaient presque rien. Après quelques jours, on me disait que je serais bientôt libre. Ils me le répétaient après quelques semaines. A mon arrivée à
Guantánamo, ils disaient que je serais le premier détenu à en sortir…
J'ai fini par me mettre en grève de la faim. Ils m'ont nourri de force, par un tube dans le nez.

Pourquoi votre libération a-t-elle autant tardé
?

D'abord ils voulaient recueillir le plus d'informations possible sur Al-Jazira. Ensuite,
ils m'ont proposé d'espionner la chaîne. Contre de l'argent et la nationalité américaine. J'ai refusé, je suis journaliste. Mais surtout, j'avais peur. Si Al-Qaida avait vent de l'affaire, j'étais un homme mort. Et ma famille avec. Mais, tout ça s'est passé en 2002. Après, je crois qu'ils avaient peur que je parle

Peur que vous parliez de quoi
?

De ma détention!
Comme je refusais d'espionner, ils m'ont mis dans une cellule qui mesurait 1 mètre de large et 2 mètres de long. Il y avait un matelas très fin, des toilettes turques et un robinet d'eau. J'y ai vécu la plus grande partie des six ans. Parfois, on m'a mis à l'isolement, nu dans une cellule froide et sans lumière du jour. Nous n'avions droit à rien. Sauf au Coran. Mais nous le refusions, car ils s'asseyaient dessus, le couvraient d'insultes, déchiraient des pages qu'ils jetaient aux toilettes

Le plus dur, c'est qu'
on faisait tout pour nous empêcher de dormir
. La lumière restait allumée 24 heures sur 24. Des couvertures étaient distribuées à 10?h le soir, puis récupérées le matin à 5?h. Il ne fallait jamais qu'elles couvrent les mains ou le visage, sans quoi on nous hurlait dessus.

Avez-vous été frappé ou subi des tortures physiques
?

Durant les interrogatoires, par exemple,
ils frappaient ma tête contre le sol.

Receviez-vous des visites
?

Seulement du CICR. Et des lettres de ma famille, caviardées et avec des mois de retard. Quand un docteur passait, il nous glissait des médicaments par une petite lucarne.
Pas question de nous ausculter. Nous étions coupés du monde extérieur. Sans aucun droit. Sans aucun futur. Nous étions tous déboussolés. J'en connais qui ont perdu la raison.

Qu'allez-vous faire maintenant

08 mai 2008

Abdelhamid Amin : L’évolution des Droits Humains dans une démocrature

Abdelhamid Amin

L’évolution des Droits Humains dans la

démocrature marocaine

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 Pour l’AMDH, précise d’emblée le militant, il est admis que le Maroc , pays d’origine de nombreux Belges, ne répond toujours pas aux critères d’un pays démocratique où règnerait l’État de droit .

Bien que les principales conventions internationales sur les Droits Humains soient ratifiées, poursuit-il, la législation chérifienne demeure en contradiction avec les valeurs humaines qui les fondent et qui ne sont, d’ailleurs, même pas reconnues et encore moins enseignées aux élèves ...

Abdelhamid Amin admet également, sans peine, que le peuple marocain ne peut même pas prétendre à l’accession à un véritable processus d’autodétermination, puisqu’il n’a pas la liberté de fixer son propre destin politique . La souveraineté populaire est un concept étranger à la Constitution du royaume , dans laquelle aucune place n’est réservée au

De plus, ajoute-t-il, tout le monde a pu constater, à l’issue des législatives de septembre dernier, où contrairement à ce que les médias du régime annonçaient, seul 20% de la population a réellement participé au processus électoral, qu’il revient, de coutume, aux conseillers du monarque absolu, la charge de constituer le gouvernement!

L’AMDH ne se prive pas de critiquer également la manière dont l’Instance Équité et Réconciliation (IER) a mené ses travaux, censés permettre l'instauration d'un climat de confiance entre les sujets du roi et les institutions du royaume. Elle dénonce, entre autre et surtout, l’impunité dont bénéficient, aujourd’hui encore, certains dignitaires du régime.

En réponse aux questions d’un public particulièrement averti, le représentant de l’AMDH, reconnaît ne pas partager le projet de société que propose l’alternative islamiste, qu'il compare volontier à un État totalitaire peu respectueux des droits de l’homme : nous savons à quoi nous attendre avec un état islamique, nous dit-il. Tout en admettant que depuis les années 80 la répression du régime se concentre principalement sur l’opposition islamique, force contestataire massive, plutôt que sur les forces du progrès, celles des démocrates de gauche...

Il est entendu, pour une grande part du public, que tout le long du discours développé par Abdelhamid Amin, se dévoile un royaume dans lequel la démocratie se résume au règne, sans partage, d’un monarque dont le peuple et les institutions aussi bien religieuses, politiques qu’économiques n’ont pour seul devoir et droit de satisfaire aux volontés du guide, le Commandeur des croyants, Mohamed VI. Pourtant, il s’abstient de qualifier son régime de despotisme ou de dictature.

S’il est vrai qu’ au royaume d’M6, les marocains doivent se contenter d’une démocratie de façade, il préfère remarquer, qu’en matière de droits de l’homme, il est le meilleur parmi les moins respectueux (faisant allusion aux états dits arabo-musulmans!), tout en tenant à souligner : je préfèrerais que mon pays soit le moins bon parmi les meilleurs (sous entendu, les états de l’UE!). C’est pourquoi, à défaut d’une sincère volonté de procéder à de profondes réformes en vue de l'instauration d'un État de droit pleinement respectueux des droits de l'homme, il convient, en tout cas pour l’AMDH, d’user du terme

démocrature pour désigner l‘ordre public qui règne au Maroc.

 

 

«sacro-saint» principe démocratique consacrant la séparation des pouvoirs (judiciaire, législatif et exécutif) ni même la séparation entre la sphère religieuse de celle du politique.

 

01 mai 2008

Tunisie : Tolérance zéro envers les médias

 

 

  

Tunisie

Tolérance

zéro envers les médias

20071107Benaliinside

 

Par Bakchich.info, le 28 avril 2008

Au

royaume tunisien du père Zine Ben Ubu, la liberté d’expression n’existe pas. Et gare aux récalcitrants !

Le charmant régime tunisien du président Ben Ali ne recule devant rien pour museler les médias

. Le chef de l’État figure d’ailleurs lui-même sur la liste des «prédateurs de la presse» érigée par l’ONG Reporters sans frontières (RSF). Un privilège qu’il partage avec les dirigeants de Corée du Nord, d’Érythrée ou encore de Guinée Équatoriale. La classe !

Il faut dire que

la situation des médias dans la Tunisie de Ben Ali est tout simplement catastrophique. Dans l’édition 2008 du rapport annuel de RSF, on peut ainsi lire en guise d’introduction : «le chef de l’État contrôle le pays depuis 20 ans d’une main de fer et rien ne laisse augurer d’une quelconque ouverture». Terrible quand on sait que Ben Ali

a toutes les chances d’être réélu avec un score à la soviétique l’année prochaine

La suite :

http://www.bakchich.info/article3563.html