15 novembre 2010

«Rencontre avec un ancien détenu de Tazmamart»

«Rencontre avec un ancien détenu de Tazmamart»

Résumé du débat proposé à la suite du film-documentaire «Rencontre avec un ancien détenu de Tazmamart», réalisé par Mohamed Ouchen et présenté le 13 novembre au Botanique dans le cadre du Festival du Film Méditerranéen. Parmi le public venu en nombre assister à la projection et au débat modéré par Souhail Chichah, de nombreux représentants politiques et associatifs avaient pris place pour écouter les points de vue et témoignages d'Ahmed Marzouki, ancien détenu de Tazmamart et Ignace Dalle, journaliste, spécialiste du monde arabe et auteur du livre «Les trois Rois : La monarchie marocaine, de l’indépendance à nos jours»

 

11 novembre 2010

Ahmed Marzouki agressé

Ahmed Marzouki agressé

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En nous rendant à la conférence sur l'évolution des droits humains qui devait se dérouler avec Meriem DEMNATI de l'observatoire Amazighs des droits et libertés et Ahmed MARZOUKI ancien bagnard de Tazmamart au Centre international sis Boulevard Maurice Lemonnier à Bruxelles, Ahmed MARZOUKI a été attaquer par plusieurs personnes qui ont eu le temps de le mettre a terre et de lui assener plusieurs coups de pieds au visage et sur le corps.

Les agresseurs étaient aux nombres de 2 personnes ayant participé activement au tabassage et 3 autres qui, d'après les témoignages receuillis, faisaient le guets au alentours.

L'objectif était clairement de porter atteinte à l'intégrité physique d'Ahmed MARZOUKI se manière à ne pas lui permettre de s'exprimer lors de cette conférence.

Cet incident nous renvoi vers les années de plomb où les menaces et intimidations étaient proférées contre les militants des droits humains.

Alors que nous pensions que ces procédés faisaient partie du passé, nous constatons qu'aujourd'hui encore et hors de ses frontières : le Maroc menace, intimide, agresse.

3 autres conférences se dérouleront à Bruxelles

1) le jeudi 11 novembre 2010 à 19h
Lieu : Centre Culturel l'Abbaye
Adresse : Place St Denis - 1190 Forest
*Ahmed MARZOUKI – Ancien détenu de Tazmamart
*Meriem DEMNATI - Pédagogue et chercheuse sur la culture amazigh, de l’Observatoire Amazigh des droits et libertés (OADL)

2) le 12 novembre 2010 à 19h
Lieu : Centre d’Action Laïque
Campus de la Plaine ULB, Accès 2, avenue Arnaud Fraiteur – 1050 Bruxelles
*Ahmed MARZOUKI – Ancien détenu de Tazmamart
*Ibtissame LACHGAR – Cofondatrice du mouvement MALIGroupe alternatif pour la défense au Maroc de la liberté individuelle
*Meriem DEMNATI - Pédagogue et chercheuse sur la culture amazigh, de l’Observatoire Amazigh des droits et libertés (OADL)
Modérateur de la conférence : Mohamed EL BATTIUI - ULB

3) au Festival du Cinéma Méditerrannée
Botanique à la salle la Rotonde, le 13 novembre à 17h
*Ahmed MARZOUKI – Ancien détenu de Tazmamart
*Ignace DALLE - Journaliste AFP et Ecrivain 
 

18 septembre 2010

Conférence : «Tunisie, regard derrière la carte postale, à quand une démocratie ?»

Conférence

«Tunisie, regard derrière la carte postale, à quand une démocratie ?»

Modérateur :

Loos Baudouin : Introduction sur l’actualité tunisienne

Journaliste au journal «Le Soir», et observateur des élections Tunisiennes.

Intervenants :

Sfeir Jihane : Rétrospective de la politique de Ben Ali et de ses cinq mandats

Membre de l’Institut d’Etudes Européennes (IEE), professeur à l’Université Libre Bruxelles (ULB)

Legrand Vincent : Impact de l'islam en Tunisie

Domaine de recherche : Problématique «Islam-Occident» - le monde arabo-musulman et la scène internationale ; évolution politiques, économiques et sociales dans le monde arabo-musulman.

Geisser Vincent : Situation économique de la Tunisie et corruption (sous réserve de confirmation)

Sociologue et politologue français, chargé de recherche au CNRS, chercheur à l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman (IREMAM).

Bensedrine Sihem : État des lieux de la liberté de la presse et de la culture

Journaliste, rédactrice en chef de Kalima, journal en ligne, porte parole et membre fondateur du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT).

Jendoubi Kamel : Entente de l'UE avec des dictatures et opportunités par rapport à la présidence Belge de l’UE

Président du Réseau Euro-Méditérranéen des Droits de l'Homme (REMDH) et du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT).

Nasraoui Radhia : Etat des lieux du système judiciaire et répressif du gouvernement

Avocate empêchée du barreau de Tunis, Docteur Honoris Causa de l’ULB.

Lieu :

ULB - Campus du Solbosch - H2.215

mardi 12 octobre, à 20:00

En collaboration avec :

l'Université Libre de Bruxelles, le Pôle Bernheim, Paix et Citoyenneté, Le Centre d’Action Laïque, Bruxelles laïque asbl, Amensty International, le Bureau étudiant de la faculté de droit et la Fédération du Libre Examen

27 avril 2010

Maroc - Pédophilie : dans 75% des cas, les agresseurs sexuels sont des proches

Maroc

Pédophilie : dans 75% des cas, les agresseurs sexuels sont des proches

 

 

 

La VieÉco  , (extrait), le 27 avril 2010

… Si la société civile est de plus en plus alarmée -et alarmiste- c’est qu’il y a danger en la demeure : les pédophiles sévissent d’abord contre des enfants qui leurs sont proches, souvent des membres de leur propre famille. Les exemples sont légion : Dikra (dont l’histoire est relayée par la presse ces jours-ci) est une fille dont l’abuseur sexuel n’est autre que son père, imam dans une mosquée en Hollande.

Pendant plusieurs années, et depuis qu’elle avait trois ans et demi, ce père abusait de sa petite fille. Ce n’est que plusieurs années plus tard, suite aux comportements bizarres de la victime, qui s’était repliée sur elle-même et qui commencait à vouer une haine farouche à l’égard de son père, que la mère eût la puce à l’oreille. Des doutes qui allaient se confirmer lors d’un séjour au Maroc, quand elle pris son conjoint en flagrant délit d’abus sexuel sur la petite fille. Une fois de retour en Hollande, elle menaça de porter l’affaire devant les juges. Craignant la justice hollandaise, le «monstre» se réfugia au Maroc.

En août 2008, la mère et la fille déposent une plainte auprès des autorités marocaines. Près de deux ans après, aucune poursuite judiciaire n’a encore été ordonnée contre le «coupable», et si la justice marocaine, menace la mère de la victime, ne fait pas son travail, c’est la justice hollandaise qui s’en chargera en demandant l’extradition du père. Les péripéties de cette histoire d’abus sexuel doublé d’inceste figurent noir sur blanc dans un livre, l’auteur attend seulement que l’affaire connaisse son épilogue judiciaire pour que ce témoignage trouve le chemin de l’édition.

Autre exemple, celui de Leila, qui vit à Guelmim. Elle a presque 18 ans quand elle accouche en 2005 d’un bébé en parfaite santé. Le père du bébé n’est autre que...son propre père, ce dernier abusait sexuellement de sa fille depuis qu’elle avait 14 ans.

Mais dans l’horreur il y a pire. En février dernier, la police judiciaire de Mohammédia mettait la main sur un homme de 36 ans, en flagrant délit de pédophilie. Lors de l’interrogatoire, l’accusé reconnaît avoir abusé depuis des années de plusieurs enfants de 8 à 12 ans. Le dossier est encore entre les mains de la justice. Toujours en 2010, il y a aussi l’affaire de ce Français de 56 ans qui a abusé sexuellement de sept enfants. Cet abus dépasse l’entendement puisque ce psychopathe sexuel infligeait des supplices à des enfants, élèves dans une école à Aït Ourir près de Marrakech, en associant des chiens à ses actes pédophiles, et en filmant avec des caméras. Le coupable écopa de cinq ans de prison. «Encore que le tribunal n’ait jugé dans cette affaire que sur la base de l’audition de trois des sept victimes», précise Omar Arbib, membre de la section de l’AMDH à Marrakech. Dans cette affaire, ajoute-t-il, toute la région s’est mobilisée, particulièrement la déléguée du ministère de l’éducation nationale et les institutrices de l’école, pour mettre en garde la population contre le tourisme sexuel.

26 avril 2010

Faits de pédophilie dans l’Eglise : pour le PS, c’est la justice des hommes qui prime

 Faits de pédophilie dans l’Eglise

Pour le PS, c’est la justice des hommes qui prime

[ndPYL Certains dirigeants du PS belge étaient déjà intervenus publiquement contre la désignation de Mgr Léonard comme nouvel archevêque de Bruxelles-Malines, primat de Belgique, maintenant le PS belge se prononce contre le célibat des prêtres catholiques. What next ? Le PS belge estime que l'église catholique devrait renoncer au dogme de l'immaculée conception ? Le PS belge estime que les juifs et les musulmans devraient abolir la circoncision ? etc. etc. Certains poussent des cris d'orfraie à propos des "ingérences du religieux dans la sphère politique", mais ici c'est bien de la situation inverse qu'il s'agit. Quelle est la légitimité d'un parti ("socialiste" qui plus est, dans le contexte historique belge) à suggérer aux dirigeants d'un culte religieux d'altérer ses dogmes ? Est-ce le rôle d'un parti politique ? Et quelle est la limite d'une telle ingérence ?]

 

 

 

 

 

Les faits de pédophilie reconnus par l’évêque de Bruges créent, à juste titre, un effroi particulier au sein de la communauté chrétienne et un trouble profond au sein de la population. Le PS prend acte de sa démission et salue l’ouverture rapide d’une enquête par le parquet.

 

 

Elio Di Rupo    , le président du PS, tient tout d’abord à adresser son soutien à la victime, à sa famille et à ses proches. De tels agissements sont particulièrement choquants et indignes. Ils le sont d'autant plus qu'ils émanent d’un haut représentant de l’Eglise qui disposait d’une autorité morale reconnue dans sa communauté religieuse.

De manière générale, le PS insiste sur l’absolue nécessité pour l’Eglise catholique belge et ses membres de transmettre de manière systématique et complète à la justice toutes les informations dont ils disposeraient sur d’éventuels autres abus sexuels. Par ailleurs, tous les efforts doivent être faits pour soutenir les victimes et leurs proches dans leur souhait de porter plainte concernant d’éventuels autres abus sexuels.

Si l’Eglise peut mettre en œuvre ses propres sanctions, pour le PS, c’est la justice des hommes qui prime. Il appartient à celle-ci de faire son travail avec diligence pour que toute la lumière soit faite dans l’affaire de l’évêque de Bruges.

Le devoir des adultes est notamment de protéger les enfants et de les aider à structurer leur personnalité pour qu'ils deviennent des adultes épanouis et acteurs de la société.

Les drames subis par des enfants depuis des décennies un peu partout dans le monde à la suite d'attitudes ignominieuses de curés, prêtres ou évêques devraient conduire les autorités de l'Eglise catholique à une profonde réflexion sur les conditions de vie des religieux et sur le célibat forcé qui leur est imposé.

PS    , le 25 avril 2010

07 avril 2010

Extradition d'un citoyen israélien par la Russie: Bogota persiste et signe

Extradition d'un citoyen israélien par la Russie

Bogota persiste et signe

Klein

 

RiaNovosti, le 07 avril 2010

La Colombie espère que la Russie lui livrera le "mercenaire" israélien Gal Yair Klein, condamné par la justice colombienne pour avoir formé des terroristes, malgré l'hostilité de la Cour européenne des droits de l'homme, a déclaré mercredi le ministre colombien des Affaires étrangères Jaime Bermudez, en visite à Moscou.

"La Colombie juge inacceptable la décision de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg et demande l'extradition de M.Klein (condamné à 10 ans et 8 mois d'emprisonnement pour enseignement de techniques militaires et terroristes). La Colombie proteste également contre la déclaration de la Cour selon laquelle Bogota serait incapable de garantir que M.Klein ne subira pas de mauvais traitements. La suprématie de la loi est assurée en Colombie qui respecte les droits de l'homme. La Colombie garantit que les droits de M.Klein ne seront pas lésés", a indiqué le ministre.

M.Klein a été arrêté en août 2007 à l'aéroport de Domodedovo à Moscou en vertu d'un mandat d'arrêt d'Interpol en vue de son extradition vers la Colombie. En mai 2008, la Cour Suprême de Russie a confirmé la décision du Parquet russe d'extrader l'Israélien. Toutefois, M.Klein, qui estime être poursuivi pour des raisons politiques, avait auparavant demandé à la Cour de Strasbourg d'empêcher son expulsion eu égard au risque sérieux de mauvais traitements à son égard en Colombie. Le 1er avril dernier, la CEDH a décidé que Moscou devait "s'abstenir d'extrader" Gal Yair Klein jusqu'au moment où son arrêt serait devenu définitif ou jusqu'à nouvel ordre.

"La Colombie ne peut pas faire appel de la décision de la Cour de Strasbourg, qui doit pourtant être contestée (...). Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a clairement indiqué que la Russie essaierait d'interjeter un appel et d'extrader M.Klein", a conclu M.Bermudez qui avait rencontré mercredi M.Lavrov dans la capitale russe.

13 mars 2010

Charkaoui poursuit Ottawa

 

 

 

Charkaoui poursuit Ottawa

 

 

 

Radio Canada  , le 13 mars 2010

Visé par un certificat de sécurité* pendant six ans, le Montréalais d'origine marocaine Adil Charkaoui a l'intention de poursuivre Ottawa pour 24,5 millions de dollars pour atteinte à sa réputation.

Le gouvernement fédéral le soupçonnait d'appartenir à un réseau terroriste lié à Al-Qaïda, ce qu'il a toujours nié.M. Charkaoui réclame une indemnisation en son nom et en celui de ses trois enfants. Il a indiqué que la poursuite civile avait été déposée devant la Cour supérieure du Québec à la fin de février.

Ce n'est pas une question d'argent, a-t-il assuré, mais de rebâtir sa réputation et de recouvrer sa vie.

Adil Charkaoui

Établi au Canada en 1995, Adil Charkaoui a le statut de résident permanent. Il a été arrêté en mai 2003 en vertu d'un certificat de sécurité. Après plus de 21 mois d'incarcération, il a été remis en liberté en 2005 par un juge de la Cour fédérale, qui lui a néanmoins imposé de strictes conditions, dont le port d'un bracelet électronique.

Ces

En septembre 2009, il avait

Il avait alors rappelé qu'il a séjourné en prison, qu'il a perdu son emploi, qu'il n'a pu retourner au Maroc pendant plusieurs années, qu'il n'a pu avoir de contact avec son enfant pendant près de deux ans et qu'il doit vivre avec les stigmates laissés par les soupçons qui ont pesé sur lui.

«Quand on ne peut pas toucher ses enfants, sa femme, sa famille, qu'il y une vitre entre les êtres qui nous sont chers, c'est incroyable, c'est à en devenir fou»

Note :

Le certificat de sécurité*

est une mesure d'exception utilisée à l'encontre d'individus considérés comme une menace pour le Canada.
, avait-il déploré lors d'une
a indiqué en entrevue à la Presse canadienne qu'il ne voulait pas publiciser la nouvelle parce que ses avocats finalisaient la poursuite. Mais il s'est échappé plus tôt cette semaine et a mentionné la poursuite lors d'une conférence qu'il donnait à Sherbrooke.
conditions de remise en liberté ont été assouplies   en février 2009, puis levées   sept mois plus tard par le tribunal. Son certificat de sécurité a été révoqué peu après.réclamé des excuses officielles du gouvernement, qu'il n'a pas obtenues. Il avait également estimé avoir droit à une compensation, pour les «années de souffrance» qu'il a vécues.entrevue accordée à Radio-Canada.ca en 2005.

Affaire Belliraj

Affaire Belliraj

 Emarrakech  , le 11 Mars 2010

Le parquet de la Cour d'appel de Salé a requis d'opposer une fin de non recevoir aux vices de forme présentés par la défense des 35 accusés dans l'affaire de la cellule Belliraj, dont deux sont en liberté provisoire.

Abdelkader Belliraj Le parquet a jugé "non crédibles" et "sans fondements juridiques" les vices de forme relatifs notamment à "la nullité des procès-verbaux de la police judicaire, de la procédure d'enquête préliminaire et détaillée, des procédures de saisie et de perquisition, de dépassement de la durée de garde à vue, de l'absence de flagrant délit et de violation du secret entourant la procédure d'investigation".

Le parquet a fait observer que les PV de la police judicaire, la procédure d'enquête préliminaire et détaillée, les procédures de saisie et de perquisition ainsi que la durée de garde à vue sont conformes aux dispositions du code pénal.

Le parquet a requis la non recevabilité de la demande de la défense relative à la nullité du jugement prononcé en Première instance, qui est conforme aux dispositions de la loi.

Le tribunal a décidé de poursuivre, lundi prochain, l'examen de cette affaire.

La chambre criminelle près le tribunal de première instance de Salé avait condamné, 28 juillet dernier, à la réclusion à perpétuité, Abdelkader Belliraj, pour atteinte à la sûreté de l'Etat et homicide volontaire. Les autres membres de cette cellule démantelée le 18 février 2008, ont été condamnés à des peines allant d'un an de prison avec sursis à 30 ans de prison ferme.

 

08 mars 2010

La torture est inacceptable

Rue de la Loi

La torture est inacceptable

Ensemble, combattons la !

24-juin-2008-048

Prisons secrètes: le rapport qui dérange

Prisons secrètes

Le rapport qui dérange

Des experts indépendants de l’ONU ont mené une vaste étude qui met en lumière les connections entre 66 pays impliqués dans des réseaux de détention secrète. Embarras du Conseil des droits de l’homme

 

 

Le Temps  , le 07 mars 2010

Malaise au Palais des Nations à Genève. En cause, le rapport choc documentant l’implication de 66? pays dans un réseau mondial de détentions secrètes liées à la lutte antiterroriste. Publié par l’ONU le 27 janvier, le document de 220 pages crée l’embarras au sein des gouvernements. Initialement prévue ce lundi, la présentation du rapport est reportée à la session de juin.

Fruit d’enquêtes croisées entre l’expert indépendant sur la lutte contre le terrorisme, Martin Scheinin, et celui sur la torture, Manfred Nowak, ainsi que les groupes de travail sur les disparitions forcées et sur la détention arbitraire, l’étude ne révèle rien qui ne soit déjà du domaine public – y compris le nom des 66 pays qui ont détenu au secret des personnes soupçonnées de terrorisme depuis 2001. En revanche, elle met en lumière l’ampleur des connexions et les complicités entre les Etats, tous continents confondus. «Ces informations étaient connues, mais de manière éparpillée, confirme Antoine Madelin, représentant de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) auprès de l’Union européenne. C’est la première fois qu’un document donne une vue universelle sur la question, avec en plus le tampon officiel de l’ONU.»

Dans son rapport sur les vols secrets de la CIA présenté en juin 2007 au Conseil de l’Europe, le parlementaire tessinois Dick Marty avait révélé la connivence de 14? pays européens. «Mais cette fois, la mise en évidence d’un réseau mondial démontre comment les services secrets peuvent élaborer des pratiques en dehors de tout contrôle démocratique, en parallèle, voire à l’insu de leur gouvernement, explique-t-il. Et on est encore loin d’avoir fait toute la lumière !»

Aussi bien pour Dick Marty que pour Antoine Madelin, le rapport pointe du doigt la nécessité impérative d’obtenir plus de transparence des services secrets dans la lutte contre le terrorisme. Un problème auquel la communauté internationale a refusé de répondre jusqu’à aujourd’hui, affirment-ils.

«Le rapport met aussi sur la table un autre problème non résolu en Europe : les responsabilités dans les vols de la CIA. Très peu d’affaires ont été traduites en justice alors que les liens sont avérés», ajoute le représentant de FIDH.

Des raisons qui expliquent le malaise général. Tandis que des pays occidentaux, dont la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, contestent les passages les concernant tout en acceptant le principe de la démarche, nombre de pays africains ou musulmans voudraient que le document passe à la trappe.

Selon Peter Splinter, représentant d’Amnesty International auprès de l’ONU à Genève, les protestations des pays de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et du groupe africain ne seraient que des «tactiques pour étouffer davantage les procédures spéciales à la veille du processus de révision du Conseil prévu en 2011». Ces pays, qui avaient réussi à imposer un code de conduite pour les rapporteurs spéciaux en 2007, aimeraient un contrôle encore plus serré.

Pour Dick Marty, le rapport est particulièrement embarrassant pour les pays musulmans qui voient apparaître au grand jour leur connivence dans la traque internationale de musulmans au nom de la lutte contre le terrorisme. «La quasi-totalité des personnes victimes de ces prisons secrètes sont aujourd’hui des musulmans, explique-t-il.

Ce qui est tragique, c’est qu’en employant des méthodes illégales, soit on atteint des innocents, soit on transforme des criminels en martyrs, suscitant ainsi la sympathie populaire à leur encontre.»

Les retombées positives du rapport sont pourtant palpables. «Il peut servir à renforcer la cohérence de l’ONU dans la lutte contre le terrorisme», suggère Antoine Madelin, faisant référence au comité ad hoc mis en place par le Conseil de sécurité juste après le 11 septembre 2001. Ce rapport peut contribuer à établir des lignes directrices pour renforcer les mesures de protection en démontrant notamment que les prisons secrètes ne contribuent en rien à la lutte contre le terrorisme.»

De son côté, Dick Marty, qui affirme n’avoir que peu de confiance dans le Conseil de sécurité, au sein duquel se noue, du moins sur ce sujet, une «alliance perverse entre Américains, Chinois et Russes où chacun a intérêt à faire passer ses méthodes», propose que les parlements fassent toute la lumière sur ce qui s’est passé et demandent des comptes à leurs gouvernements.

27 février 2010

Maroc : Une ONG demande la libération d'un officier franco-marocain

Maroc

Une ONG demande la libération d'un officier franco-marocain

 

 

 

Le Monde  , le 27 février 2010

Le gouvernement marocain "devrait mettre fin à l'incarcération injuste" du colonel-major franco-marocain Kaddour Terhzaz, 72 ans, à la retraite et emprisonné à Salé (ville jumelle de Rabat), estime l'ONG américaine Human Rights Watch (HRW) dans une lettre au roi Mohammed VI.

HRW "s'adresse à vous pour vous demander d'examiner le cas de Kaddour Terhzaz (qui) purge actuellement une peine de 12 ans à la prison de Salé pour "atteinte à la sûreté externe de l'Etat"", ajoute la lettre de l'ONG, adressée vendredi au souverain marocain.

A l'occasion de la fête du Mouloud, qui commémore samedi la naissance du prophète Mahomet, Mohammed VI a accordé des grâces partielles ou totales à 448 condamnés, mais le nom du colonel Terhzaz ne figure pas parmi eux.

M. Terhzaz a été condamné en novembre 2008 pour avoir écrit en 2005 une lettre au roi dans laquelle il affirmait que les avions de combat marocains n'étaient pas équipés de dispositifs anti-missiles pendant la guerre contre le Front Polisario, 20 ans plus tôt.

Selon HRW, il "déplorait (également) ce qu'il considérait comme un traitement indigne par le Maroc d'anciens pilotes de l'armée de l'air". Le Front Polisario, qui lutte pour l'indépendance du Sahara occidental annexé par le Maroc en 1975, avait abattu les avions de ces pilotes et les avait faits prisonniers, rappelle l'ONG.

"Libérés après avoir passé un quart de siècle en captivité en Algérie et de retour au Maroc, certains des anciens pilotes ont essayé d'organiser une association afin de faire pression pour obtenir un meilleur traitement", précise HRW dans un communiqué distinct.

"En soutien à leur cause, Terhzaz, qui commandait autrefois les pilotes, a mentionné dans sa lettre au roi que ces pilotes avaient combattu alors même que leurs appareils n'étaient pas équipés de défenses anti-missiles. Terhzaz avait alors remis une copie de sa lettre à l'un des anciens pilotes".

"Nous nous élevons (...) contre la sévérité de la peine et les conditions actuelles de son incarcération, notamment le placement en cellule individuelle", indique la lettre de HRW au roi du Maroc.

"Le tribunal militaire a jugé M. Terhzaz et lui a infligé une lourde peine d'emprisonnement 19 jours seulement après son arrestation, et une semaine seulement après que le tribunal a rédigé l'acte d'accusation", ajoute l'ONG.

"Votre Majesté, nous nous permettons de noter que l'article 34 de la Constitution marocaine vous donne le droit de gracier les prisonniers (et) vous demandons donc respectueusement d'ordonner la libération" du colonel-major Kaddour Terhzaz, conclut la lettre de HRW à Mohammed VI.

HRW souligne d'autre part dans son communiqué que, "depuis son arrestation, les autorités françaises ne se sont pas exprimées publiquement" à propos du cas du colonel-major Terhzaz, qui détient la double nationalité française et marocaine.

25 février 2010

«Affaire Belliraj» : Parole à la défense (2)

  «Affaire Belliraj»

Parole à la défense (2) 

Le 03 mars prochain, la Cour d'Appel à Salé (Maroc) réexaminera l’affaire dit du réseau terroriste Belliraj. Un procès dans lequel sont poursuivis 35 personnes.

Outre le traitement indigne infligé aux prévenus, il est question d’aveux arrachés sous la torture, certaines ONG dénoncent une parodie de justice et un verdict, en première instance, prononcé à l’issu d’un procès "inique", un procès "entaché de nombreuses irrégularités".

 

Que savons-nous du «dossier Belliraj» ?

 

Deuxième partie

Parole à Maître Vincent Lurquin, avocat du Belgo-marocain, "l'ennemi public n°1" au Maroc, Abdelkader Belliraj 

C’est en tant qu’avocats de la défense du Belgo-marocain Abdelkader Belliraj (condamné en première instance à la réclusion à perpétuité) et de l’un des deux frères Bekhti (Abderrahman, actuellement détenu à Bruxelles), le premier est présenté par les autorités judiciaires marocaines comme étant le cerveau d’une organisation terroriste et le second serait un de ses lieutenants, que Vincent Lurquin et Christophe Marchand sont venus, le 12 février au Garcia Lorca, clarifier leurs opinions sur ce qu’il en ressort du dossier Belliraj, … un dossier qui soulève de nombreuses questions.

24 février 2010

«Affaire Belliraj» : Parole à la défense

«Affaire Belliraj»

Parole à la défense

Le 03 mars prochain, la Cour d'Appel à Salé (Maroc) réexaminera l’affaire dit du réseau terroriste Belliraj. Un procès dans lequel sont poursuivis 35 personnes.

Outre le traitement indigne infligé aux prévenus, il est question d’aveux arrachés sous la torture, certaines ONG dénoncent une parodie de justice et un verdict, en première instance, prononcé à l’issu d’un procès "inique", un procès "entaché de nombreuses irrégularités".

 

Que savons-nous du «dossier Belliraj» ? 

C’est en tant qu’avocats de la défense du Belgo-marocain Abdelkader Belliraj (condamné en première instance à la réclusion à perpétuité) et de l’un des deux frères Bekhti (Abderrahman, actuellement détenu à Bruxelles), le premier est présenté par les autorités judiciaires marocaines comme étant le cerveau d’une organisation terroriste et le second serait un de ses lieutenants, que Vincent Lurquin et Christophe Marchand sont venus, le 12 février au Garcia Lorca, clarifier leurs opinions sur ce qu’il en ressort du dossier Belliraj, … un dossier qui soulève de nombreuses questions.

Première partie

Parole à Maître Christophe Marchand

 

17 novembre 2009

Abdelkader Belliraj pourrait perdre sa nationalité belge

Abdelkader Belliraj pourrait perdre sa nationalité belge

 

Par Ibrahima Koné,

Yabiladi  , le 16 novembre 2009

 

La Belgique ne veut pas de terroriste Belge

 

L’article 23 du Code de la nationalité

Quant à Abdelkader Belliraj, Belgo-Marocain de 50 ans, condamné le 28 juillet dernier à la prison à perpétuité pour «atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat et meurtre avec préméditation», il pourrait également être déchu de sa nationalité belge. Le procès en appel de ses 34 co-accusés, devant s’ouvrir ce lundi à la Cour d’appel de Salé, a été une nouvelle fois reporté au 7 décembre.

Selon le journal De Staandard, outre ces deux Belgo-Marocains, deux autres procédures ont également été lancées pour retirer la nationalité belge à Amor Sliti et Abdelkrim El Haddouti, tous deux été condamnés à Bruxelles au cours du procès de Nizar Trabelsi. Pour mémoire, cet ex-footballeur a écopé de dix ans de prison en 2004 au tribunal correctionnel de Bruxelles, pour un projet d’attentat contre la base militaire américano-belge de Kleine-Brogel.

Les journaux qui ont cité le porte-parole du parquet ont fait état d’un précédent cas. Il s’agit du Belgo-Tunisien Tarek Maaroufi. Après avoir été condamné à trois reprises pour terrorisme, ce Belge depuis la fin de l’année 1993 a perdu sa nationalité belge le 26 janvier 2009.

, stipule que les Belges qui ne tiennent pas leur nationalité d'un parent belge au jour de leur naissance et les Belges qui ne se sont pas vu attribuer leur nationalité en vertu de l'article 11 peuvent être déchus de la nationalité belge (…) «s'ils manquent gravement à leurs devoirs de citoyen belge». La semaine dernière, les quotidiens néerlandophones «Het Belang Van Limburg» et «Gazet Van Antwerpen» ont rapporté l’exemple de Mohamed Reha, condamné à Salé en 2007, à 10 ans de prison pour terrorisme. La procédure le visant est fixée au 19 janvier prochain.
. Selon le porte-parole du parquet général de Gand, Dominique Debrauwere, cité par l’agence Belga, des procédures sont en cours à Gand (Flandre-Orientale) contre sept individus pour leur retirer la nationalité belge, parce qu’ils auraient «sérieusement manqué aux obligations d'un citoyen belge». Parmi ces personnes figurent les Marocains Abdelkader Belliraj et Mohamed Reha.

 

14 novembre 2009

Maroc : La nouvelle harka

Maroc

La nouvelle harka

Par Khalid Jamaï, le 13 novembre 2009

Ils nous harcèlent. Ils nous traquent. Ils nous pourchassent.

Ils ont lâché leurs meutes de mercenaires de la plume pour insulter, vilipender, calomnier, recourant aux mensonges, à l’infamie. Par de tels vils procédés, ceux qui nous persécutent, nous autres journalistes, croient nous humilier par leurs petitesses, par leurs mesquineries, nous traînent devant une justice à leurs bottes, nous intentent des procès aussi absurdes que ridicules, nous condamnent à de la prison, nous infligent des amendes mirobolantes, croient pouvoir agir impunément ad vitam æternam

. A-historiques ils sont.

Leur ridicule et leur médiocrité en font la risée du monde. Prenez le cas de cette caricature que l’on a voulu cacher au monde et qui est aujourd’hui sur tous les sites Internet. Au Maroc, elle n’aurait été vue que par quelques dizaines de milliers d’internautes. Mais, grâce à leur insondable crétinisme, elle a été «admirée» par des dizaines de millions d’internautes, faisant d’un Bouachrine et d’un Gueddar des vedettes. Ceux qui ont été condamnés par ce simulacre de justice sortiront grandis de cette épreuve. Leurs défenseurs se comptent déjà par milliers. Et parmi ceux-ci des démocrates émérites et plusieurs personnalités qui ont affiché leur soutien.

On y trouve des dessinateurs, des associations, des syndicats et des partis politiques français. Et bientôt, ils seront des centaines. Dans leur aveuglement, nos apprentis Torquemada n’y voient que complots contre le royaume et cinquième colonne dont la mission est de nuire au royaume chérifien. Alors, ils dénoncent R.S.F. que notre inénarrable ministre de la Communication, Khalid Naciri, accuse de censurer et d’occulter systématiquement tout ce qui se fait dans le «plus beau pays du monde», de camoufler de manière systématique et méthodique toutes les «prouesses marocaines». Ce qui n’est nullement déontologique.

Et dans sa lancée, il n’hésite pas à affirmer que le Maroc est parmi les pays du monde où il est possible à un journal d’être imprimé sans aucun problème, sans oublier de qualifier de comportement indigne d’une organisation internationale non gouvernementale la décision de son secrétaire général, Jean-François Julliard, d’avoir préparé, mercredi 28 octobre à Casablanca, une conférence de presse «sans autorisation et sans respecter la procédure légale». Or M. Julliard avait déclaré que le sieur Naciri lui avait dit qu’il autorisait la tenue de la conférence mais qu’il fallait régler le problème avec les autorités locales. M. Julliard serait donc un fieffé menteur et M. Naciri, chantre des «lignes rouges» depuis des années, devrait, alors poursuivre le président de RSF pour diffusion de fausse information !

Et dans la foulée aussi, pourquoi ne pas intenter un procès à Plantu pour ses caricatures sur le Maroc, caricatures qui portent atteinte au drapeau du Maroc et au chef de l’Etat chérifien. Mais il y a là un hic. Il faut qu’il le fasse en France. Et là, il sait que la justice ne serait pas à ses ordres et qu’il serait, sans aucun doute, débouté. Par contre, au Maroc, il peut jouer au matamore sans risque. «Contre moi, dit le proverbe, il se comporte en lion, mais dans la guerre, il n’est rien d’autre qu’une autruche» !

Notre Beria de la presse envoie ainsi au diable RSF, déclarant à l’AFP à propos du classement de cette ONG : «C’est un classement incrédible et c’est le dernier de nos soucis» (c-à-d. des autorités marocaines)

. Cette attitude de défi à l’égard des organisations internationales, qu’elles soient celles des droits humains ou de l’ONU, est des plus improductives, des plus ridicules. Des fanfaronnades dignes d’un Tartarin de Tarascon. Par de tels comportements, ils portent atteinte à l’image et surtout à la crédibilité du royaume sur la scène internationale.

Dans l’affaire du Sahara, qui pourrait accorder un quelconque crédit au plan d’autonomie présenté par le royaume ? Car celui-ci ne pourrait être pris au sérieux que si régnaient au Maroc une vraie démocratie, un vrai respect des droits humains, une vraie séparation des pouvoirs, une véritable indépendance de la justice

Ceci dit, dans cette «harka» menée au pas de charge contre la partie véritablement indépendante de la presse, les partis politiques marocains assument une responsabilité complète et, tôt ou tard, ils devront rendre des comptes. Ils ont opté pour un silence aussi lâche que complice. Dans cette tentative de mise à mort de cette presse indépendante, avalisée par le PI, l’USFP, le PPS et par tous les autres partis ou associations à quelques exceptions : le PSU, Ennahj, Taliaa et, bien entendu, l’AMDH.

Aujourd’hui, circule avec insistance une rumeur selon laquelle le roi gracierait ces journaux. Or ces journaux n’ont commis aucun délit, encore moins un crime. Ils n’ont fait que leur travail. C’est la justice et ceux qui la télécommandent qui doivent rendre compte. La seule sortie possible de cette affaire est que, dans les procès en appel, la justice agisse en toute indépendance et prononce l’acquittement et l’innocence des responsables de ces journaux et des journalistes poursuivis.

En attendant, rappelons à notre Beria de la presse, comme l’a fait notre confrère Anouzla, qu’en moins de trois semaines, les tribunaux marocains ont prononcé des condamnations d’une durée de 11 ans d’emprisonnement ferme ou en sursis à l’encontre de 7 journalistes. Quant aux amendes et indemnités, elles s’élèvent à 3 millions 554 000 DH. Ainsi, la «nouvelle ère» totalise 40 années de condamnation à la prison et plus d’un million d’euros d’amendes et autres indemnités.

Tout bien réfléchi, peut-être nous faut-il, à nous journalistes, ne plus perdre notre temps dans de tels procès. Laissons les prétoires vides et les juges et le procureur pérorer et condamner à leur guise, exécutant les ordres qui leur seront donnés par ceux qui les supervisent et ce depuis le déclenchement de cette harka contre la presse indépendante. L’actuel Premier ministre ne disait-il pas que les juges devraient moins écouter leurs portables ? Rappelons que les journalistes et les journaux, traînés en justice ont été condamnés sans exception. Alors, pourquoi perdre notre temps dans des simulacres de procès que nous légitimons par notre présence ? Par contre, rendons la honte de cette justice plus honteuse