10 mai 2012

Torture et exorcisme aux Assises

Torture et exorcisme aux Assises

La Dernière Heure, le 09 mai 2012

La jeune femme avait subi de graves sévices infligés par son mari et des exorcistes musulmans

Le jury a été constitué, mercredi, à la cour d'assises de Bruxelles dans le cadre d'une affaire d'exorcisme qui a coûté la vie en 2004 à Latifa Hachimi, une jeune femme de 23 ans. Le procès débutera réellement lundi.

Six personnes, dont l'époux de la victime, sont accusées d'avoir infligé de graves sévices à la victime au cours d'une séance d'exorcisme à Schaerbeek en 2004. La jeune femme était décédée suite à des violences physiques. Les accusés avaient fait subir à la victime une séance de Roqya, un rite musulman de "désenvoûtement". Les faits s'étaient déroulés dans l'appartement de la victime et de son époux, rue Waelhem, à Schaerbeek, en 2004.

De début juillet à début août, la jeune femme avait subi de graves sévices infligés par son mari et des exorcistes musulmans parce que, mariée depuis ses 18 ans, elle n'était pas encore tombée enceinte.

L'un des accusés, Abdelkrim Aznagui, qui se faisait appeler "cheikh", avait prétendu à la victime et son époux que celle-ci était possédée par les démons et qu'il fallait extraire ces derniers de son corps.

La victime avait notamment été obligée d'ingurgiter des doses énormes d'une préparation composée d'eau, de safran et d'huile, que l'accusé Xavier Meert, un soi-disant guérisseur et exorciste, avait confectionnée.

Latifa Hachimi avait aussi été plongée dans de l'eau bouillante, frappée et étranglée.

Le tribunal correctionnel avait tout d'abord condamné les accusés pour homicide involontaire. Puis, la cour d'appel avait requalifié les faits en tortures ayant conduit à la mort et renvoyé l'affaire aux assises.

04 mai 2012

«Que cesse enfin l'homophobie au CDH !»

«Que cesse enfin l'homophobie au CDH !»

Extrait de la lettre envoyée à Madame Milquet par le Mouvement Exposant H*

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Tractothèque, le 27 août 2006

"En pratique par contre, à nouveau, certains de nos candidats n'ont rien trouvé de mieux que de faire une campagne avec de forts relents homophobes. Pour preuve une candidate, par ailleurs députée bruxelloise, pour «prouver» à «sa» population qu'elle «restait fidèle à ses valeurs et ses convictions ( dixit)», clame haut et fort et avec beaucoup de fierté à celle-ci qu'elle a voté, en juin dernier, contre la résolution du Parlement Bruxellois d'instaurer une journée contre l'homophobie. Notons d'ailleurs qu' elle fut la seule dans l'hémicycle à s'y opposer… même le Vlaams Belang n'avait osé cela. En juin dernier, un autre candidat CDH a agressé un candidat Ecolo sur son homosexualité… Voila les faits dont tu n'as, peut-être, pas eu connaissance mais qui, malheureusement, sont présents au sein du parti."

(*) : Mouvement rassemblant des gays et lesbiennes proches du CDH

17 avril 2012

Exil du politique, annonce du carnage

Exil du politique, annonce du carnage

Francis MARTENS, Anthropologue, psychanalyste, le 26 novembre 2011

Au hit-parade mondial du suicide, la Belgique semble occuper la deuxième place, la première revenant à la Finlande. Le suicide, en outre, est chez nous la deuxième cause de mortalité durant l’adolescence. Il sert aussi plus généralement d’issue à 15% des dépressions graves affectant, selon l’OMS, de 3% à 10% de la population mondiale. Ces pourcentages montent en flèche dans le sillage des maladies graves (44% de déprimés majeurs chez les malades du sida, 33% chez les cancéreux, 22% après un infarctus).

On sait, par ailleurs, que la dépression constitue elle-même un facteur de risque pour le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Plus lapidairement, les prévisions épidémiologiques pour la prochaine décennie voient dans la dépression la seconde cause d’invalidité au monde après ces mêmes maladies. Dans son rapport de 2002, l’OMS avait déjà noté que la dépression était à elle seule responsable de plus de 12% des années de vie vécues avec incapacité (AVI) sur toute la surface du globe.

En Europe, de nos jours, l’état dépressif se voit corrélé en premier lieu avec la solitude, en second avec le chômage - lui-même vecteur de solitude. Bien qu’une corrélation ne soit pas une cause, il y a là un indice qui ne peut laisser indifférent. Depuis un demi-siècle, des études sociologiques convergentes attestent le lien entre pauvreté, destruction du tissu social et taux de consultations psychiatriques. Dans nos pays, le marché des antidépresseurs explose. En modulant certains concomitants neurochimiques de l’état dépressif (par exemple, la sérotonine), ils ont souvent sur lui un réel impact. Néanmoins, dans la dépression ordinaire, ils ne fonctionnent pas mieux que des placebos (Irving Kirsch, 2008) - c’est-à-dire aussi bien que des remèdes efficaces non spécifiques, fondés sur l’espoir de guérir ainsi que sur la croyance en la compétence et la bienveillance des soignants. Ce n’est que dans la dépression grave que les antidépresseurs de dernière génération (ISRS) s’avèrent plus performants que le placebo.

Dans cet état de déréliction, il n’est plus possible en effet d’investir quelque relation que ce soit. Le lien à l’autre, la confiance en une thérapeutique, la foi en ses propres ressources, sont pratiquement abolis. Il ne reste plus - quand elles sont performantes - que le secours aveugle des molécules. Ajoutons qu’un palliatif à la violence contre soi peut consister en son retournement rageur contre autrui. D’un point de vue individuel, la haine de l’autre peut offrir une échappatoire salvatrice à la tentation du suicide. Au plan collectif, ce n’est pas le meilleur chemin.

Les données socio-cliniques qui précèdent donnent à penser.

Tout d’abord, la dépression apparaît bien plus comme une souffrance que comme une maladie - ce qui n’enlève rien à sa gravité. Elle intervient en fait comme une cause majeure d’invalidité. Ensuite, elle s’avère radicalement liée à la rupture du tissu social. Solitude, chute de l’estime de soi, perte de statut, d’assise, de projet, lui font cortège. Le chômage s’avère ici déterminant - lourd de risques pour la société en son entier. De même le travail, fut-il modeste, apparaît-il à ce niveau dans toute sa centralité anthropologique (Christophe Dejours, 1998). Tant comme facteur de sécurité individuelle, que comme élément clef dans un maillage de liens dont la mise à mal mène au désastre. Voir la montée du nazisme dans le marasme dans les années trente.

Or, cette dimension semble totalement absente de la réflexion politique contemporaine. Le politique d’ailleurs ne se voit plus que rarement convié à la décision. La Commission européenne semble ne se faire le relais que des "agences de notation". Chapeauté par l’idéologie de la "croissance" (des profits et des biens), le modèle économique dominant n’a du travail qu’une conception instrumentale et vénale : simple moyen technique interchangeable, délocalisable, et jetable. Dans une perspective réduite à la mécanique des fluides financiers, l’"économie" n’a plus rien à voir avec l’aménagement de la cité.

Dans une logique purement actionnariale, mettre en concurrence des ouvriers protégés par les acquis démocratiques avec de lointaines unités de production n’hésitant pas à exploiter les enfants, ne soulève aucune objection. Un zeste de protectionnisme, par contre, une subvention de l’Etat, une production à perte pour maintenir l’emploi, participent de la délinquance la plus grave. Sur le marché financier, autrement dit, le travail comme tel ne présente aucune valeur. Chacun est mis en concurrence avec chacun. La solidarité finit par céder le pas au sauve-qui-peut. Mus par l’intérêt du jour, les actionnaires retirent leurs avoirs d’une clinique pour les placer dans l’armement. Mieux "managée", la clinique apprend à gérer ses lits comme des stocks à flux tendu, et son personnel comme un cheptel.

Maltraitance. Dépression. Fautes professionnelles. Suicide sur le lieu du travail. Au dernier échelon, le patient.

Des personnages comme Madoff, des "traders" mégalomanes comme Kerviel, ne sont pas que des accidents de parcours. Ils manifestent l’essence d’un système économique réduit à de l’ingénierie financière. Prédateur sans frontières, expert en destruction du tissu social et de l’environnement, le "grand marché financier mondialisé autorégulé" n’a qu’une devise : "Après moi le déluge". L’optimisation et la répartition des ressources, plutôt que l’exacerbation anarchique des profits, ne sont pas vraiment son fort : il préfère la violence à la solidarité.

A l’échelon belge, la formation d’un gouvernement achoppe sur l’incapacité à concevoir une politique sortant du dilemme simpliste : "Plus d’économies ou plus d’impôts ?" Circonstance atténuante : l’"Europe" impose de remédier à l’effondrement sans quitter la logique qui l’a provoqué. Trop d’intérêts à court terme sont en jeu.

Ce qui semble clair néanmoins, c’est qu’on ne fera pas l’économie de l’austérité. Et c’est ici qu’intervient précisément le choix. Celui entre une austérité vécue comme pure privation, dans l’attente d’une hypothétique restauration du même, et une austérité inscrite dans une perspective de changement. En l’occurrence, celui de donner chance à l’avenir en payant le prix de la solidarité. Ceux qui veulent conclure un budget arithmétiquement conforme en rognant plus encore sur l’Etat, le politique, le service public, commettent ici une fatale erreur.

Car, en période de pauvreté annoncée, c’est du renforcement de ces protections dont nous avons besoin. Non l’inverse. Quant à la politique évoquée "de la solidarité", elle n’a rien à voir avec les bons sentiments. Démographie oblige, à l’entour de nos frontières et au-delà, la pauvreté fait place à la déréliction. Attisée par nos vitrines, la cohorte de ceux qui n’ont rien à perdre grossit de jour en jour. Aujourd’hui, le choix n’est plus entre la solidarité et l’égoïsme, mais entre la solidarité ou le carnage.

30 mars 2012

Montréalaise torturée par son mari convaincu d'avoir été «déshonoré»

Montréalaise torturée par son mari convaincu d'avoir été «déshonoré»

Par Caroline Touzin, le 28 mars 2012

Convaincu à tort que sa femme lui avait menti sur sa virginité pour se marier avec lui, Kassou Hammou Khales l'a torturée durant des semaines, allant même jusqu'à lui brûler les parties intimes avec une tige d'acier.

Ce drame ne s'est pas déroulé à l'autre bout de la planète, mais bien ici, à Montréal, l'automne dernier. Hier, au palais de justice de Montréal l'homme de 39 ans a plaidé coupable aux accusations les plus graves qui pesaient sur lui.

Manifestement dégoûté par le récit détaillé des sévices que l'accusé a infligés à sa femme, le juge Claude Parent a même interrompu la procureure de la Couronne au beau milieu de son résumé des faits. «C'est correct, j'en ai assez entendu à ce stade-ci», a lancé le magistrat.

Debout dans le box des accusés, Khales, qui était enseignant au Maroc mais qui gagne sa vie comme chauffeur de taxi à Montréal, est resté impassible.

Mariés depuis 10 ans, l'homme et la femme sont venus vivre au Québec en 2005. Leurs pères sont cousins, mais ce n'était pas un «mariage arrangé», a précisé la procureure de la Couronne, Me Sylvie Lemieux. Une fois établi ici, le couple a eu deux enfants.

En août dernier, toute la famille est allée au Maroc pour les vacances. C'est à ce moment que l'accusé entend une rumeur selon laquelle sa femme aurait eu une relation sexuelle avec un autre homme à l'âge de 16 ans. C'était bien avant leur mariage. Il se sent trahi, déshonoré.

Ce n'est qu'une fois de retour à Montréal que l'accusé questionne sa femme. Elle nie vigoureusement. Elle lui jure qu'elle était «pure» au moment de leur mariage. Il ne la croit pas.

Chaque soir, durant près de deux mois, l'accusé la torture pour la forcer à avouer : brûlure au troisième degré au vagin à l'aide d'une broche servant à faire cuire le poulet shish-taouk, autres brûlures avec un poêlon chauffé sur la cuisinière, multiples coups de poing et coups de couteau.

Soir après soir, la mère de famille s'empêchera de crier pour ne pas réveiller les enfants, de peur que son mari ne s'en prenne aussi à eux. L'accusé enregistre même ses séances de torture dans le but de lui soutirer des aveux. Il veut pouvoir envoyer à sa famille, au Maroc, la preuve qu'elle l'a déshonoré.

La victime finit par avouer dans l'unique but que la torture cesse, a indiqué Me Lemieux, hier. Or, la violence ne cesse pas, elle s'intensifie.

Le 21 octobre dernier, l'accusé a menacé de tuer les enfants. Pour la victime, c'en était trop : elle a porté plainte à la police. Les policiers l'ont conduite à l'hôpital, où un médecin a constaté des lésions sur pratiquement tout son corps.

M. Khales s'est reconnu coupable de voies de fait graves, de menaces de mort et d'avoir agressé sexuellement sa femme. L'accusé est défendu par Me Alexandre Bergevin. Ce dernier a demandé que son client subisse une évaluation sexologique. Les plaidoiries sur la peine se tiendront le 29 octobre.

29 mars 2012

France: De sinistres objets de torture des Algériens, aux enchères

De sinistres objets de torture des Algériens, aux enchères

eMarrakech, le 28 Mars 2012

En effet, Une exposition publique de 350 objets de torture et d'exécution des algériens lors de la guerre algérienne, est prévue le 31 mars dans un grand hôtel parisien avant la mise en vente de la "collection".

La vente aux enchères de ces objets qui comprennent des cordes d’exécution, des écrase-mains, des entraves, ou encore une guillotine, n’a pas manqué de choquer de nombreuses personnes, notamment le vice-président de la Ligue française des droits de l’Homme, qui a annoncé une réunion d’urgence pour «arrêter les voies et moyens d’une mobilisation conjointe contre cette vente d’objets de torture». Sans compter d’autres associations qui se sont opposées à cette vente.

Une initiative jugée scandaleuse par plusieurs observateurs, ainsi que la communauté algérienne résidant en France, dont un résident algérien, qui a souligné: «Il y va de notre devoir de manifester contre cette vente de l’horreur afin d’empêcher des fous de piétiner la dignité et la mémoire de nos morts et nos martyres»; rapporte la presse.

Par ailleurs, plusieurs associations de défense des droits de l’homme comptent tenir un rassemblement le 3 avril prochain à Paris pour protester contre une vente aux enchères annoncée pour ce jour d’instruments de torture appartenant au sinistre Fernand Meyssonier, reconnu responsable de 200 exécutions en Algérie de 1947 à 1958.

21 mars 2012

«J’AI ÉTÉ TORTURÉE, J'AI TOUT PERDU»

«J’AI ÉTÉ TORTURÉE, J'AI TOUT PERDU»

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Par Muriel Jarp, le 20 mars 2012

Un an après le début de la crise, Hadeel Kouky est venue témoigner à l’ONU des horreurs qu’elle a subies dans son pays. Pour avoir manifesté pacifiquement, la jeune femme de 20 ans raconte avoir passé 52 jours en prison, où elle a été violée, torturée à l’électricité puis contrainte à l’exil.

C'est une jeune femme de 20 ans habillée d’une coquette robe grise. Assise dans un hall, pianotant sur son téléphone portable, on croirait qu’elle attend un ami. Or, c’est avec le Conseil des droits de l’homme de l’ONU que Hadeel Kouky a rendez-vous. La jeune Syrienne a été invitée à Genève la semaine dernière par le Sommet genevois pour les droits de l’homme et la démocratie afin de témoigner de la terreur qui règne dans son pays. Et des horreurs qu’elle a elle-même subies avant de fuir vers l’Egypte en décembre dernier.

A priori, rien ne destinait Hadeel à devenir militante. Elle est chrétienne, «une minorité qui se tient tranquille et n’est pas directement inquiétée par Bachar al-Assad», provient d’un milieu socio-économique confortable, et étudie le droit et la littérature anglaise à l’Université d’Alep, dans le nord-ouest de la Syrie. «Avec quatre camarades, on a commencé à se réunir pour discuter de liberté, de démocratie. Depuis que nous sommes enfants, nous voyons nos droits bafoués. Nous avions envie de réagir, d’agir.» Une conscience politique qu’elle a héritée de son père. Hadeel a vite compris que certains mots coûtent trop cher dans son pays. «Un ami de la famille avait écrit un article évoquant des élections démocratiques. C’était en 1992. Il a passé dix-sept ans en prison. Et ça, c’est la norme chez nous. Or, ce n’est pas normal du tout.»

 40 jours en prison

Tout comme de nombreux jeunes Syriens, l’étudiante suit de très près les révolutions du printemps arabe. «Là-bas, les choses bougeaient. Pas chez nous. Mais c’est en Syrie qu’on subit le régime le plus dictatorial!» s’exclame-t-elle. Lors de la chute du président Moubarak, elle est «heureuse pour eux, mais triste pour la Syrie». C’est là que tout commence. Ou tout finit. «Avec mes amis, on a distribué des tracts, pour encourager les étudiants à manifester pacifiquement le 15 mars 2011. Tout le pays devait sortir dans la rue.»

Ce jour-là, seules quelques dizaines de personnes osent répondre à l’appel dans les grandes villes de Damas ou d’Alep. Mais pas Hadeel.

«J’ai été arrêtée le 11 mars.» Elle se tait. Se ressaisit. «Ils m’ont questionnée, puis m’ont laissé croupir dans une minuscule cellule pendant quarante jours.» Elle évoque les murs glacés, le sol toujours humide, la posture verticale qu’elle doit tenir des heures durant. Elle est relâchée comme des centaines d’autres prisonniers à la mi-avril, lorsque le président Bachar al-Assad annonce une amnistie générale: «Une mesure destinée à semer le chaos», analyse-t-elle.

Une expérience qui la traumatise, mais la galvanise aussi, tente-t-elle d’expliquer, le débit saccadé. «J’ai voulu continuer. J’avais la rage.» Elle participe à des manifestations à Alep. Toujours pacifiques. Et se fait de nouveau arrêter au mois d’août. A ce moment-là, elle réalise qu’elle est passée de l’autre côté. Elle fait partie de ceux qui sont fichés. «Ils avaient tout un dossier sur moi. Mais quel danger je représentais?» Les premiers jours, les interrogatoires se succèdent. Puis Hadeel entend ces mots: «Amène-la à la salle.» Elle comprend sur-le-champ que ses bourreaux parlent de cette salle d’où s’échappent des hurlements. Un tressaillement tord la partie gauche de son visage parfaitement maquillé. On ose quelques questions, qu’elle élude en partie. «Impossible d’expliquer. C’est l’électricité. On ne sent plus son corps.»

On réalise qu’elle a aussi été violée par les gardiens. «Je crois qu’ils ont été si brutaux afin de faire de moi un exemple. De nombreux  chrétiens soutiennent encore Bachar al-Assad. Le gouvernement craint qu’ils se rallient à la contestation.»

Fuite en égypte

Grâce à l’intervention de son évêque, elle est libérée. Elle en sort détruite. «J’étais fatiguée. Une fatigue qui semblait définitive. Et pourtant je devais être forte. Le lendemain de ma libération, j’ai appris la mort d’une de mes amies. J’ai vu des photos. Sa tête était en sang. Rouge. Et noire. Noire parce que le sang avait séché.» Elle devance les questions. Semble se demander dans quelle mesure l’Europe comprend ce qui se passe chez elle. «C’est étrange d’être ici à Genève pour parler de ça. Tout paraît si loin. Et je ne suis qu’un problème parmi d’autres. Ici, j’entends des Cubains, des Nord-Coréens qui parlent de leur régime, je me sens un peu noyée. C’est en Syrie que je devrais être.»

Une Syrie qu’elle n’est pas près de revoir. En décembre, elle a dû fuir pour se réfugier au Caire. Mais là non plus, elle n’est pas en sécurité. Deux mois plus tard, trois hommes débarquent dans son appartement. Ils la frappent et la menacent de revenir avec de l’acide si elle continue d’alimenter la révolution. Elle le sait, elle est chrétienne, elle est la preuve encore vivante que la révolte n’est pas le fait d’islamistes extrémistes, comme aimerait le faire croire Bachar al-Assad. «Il faut absolument ouvrir les yeux! On nous monte les uns contre les autres. Je le vois, la contestation est en train de se fragmenter. Mais nous devons être unis! Unis contre Bachar!» Elle se reprend. Il est l’heure d’aller témoigner à la tribune de l’ONU. Elle s’adressera à la présidente en ces quelques mots: «Madame la présidente: l’ambassadeur syrien a assuré à votre Conseil des droits de l’homme que son gouvernement n’était pas responsable des innombrables exactions commises dans mon pays. Je suis venue témoigner que ce n’est pas vrai. J’ai passé cinquante-deux jours en prison. J’ai été torturée. J’ai tout perdu. Ma famille, mon pays, mes études. J’étais juste une fille normale, je resterai une fille blessée.»

Un an de massacres

Jeudi dernier, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues afin de marquer le premier anniversaire du début de la révolution syrienne, le 15 mars 2011. Les forces du régime ont redoublé de violence, faisant des dizaines de morts.

Selon les estimations d’ONG, 9000 Syriens ont été tués depuis un an. Près de 30 000 personnes se sont réfugiées dans les pays voisins. Des mines auraient été posées par le gouvernement syrien le long de la frontière turque, selon le vice-premier ministre turc.

Amnesty International a publié la semaine dernière un rapport accablant sur les atrocités commises en Syrie. On recenserait pas moins de 31 moyens de torture utilisés par les forces de sécurité. Souvent, les prisonniers torturés sont relâchés, afin de dissuader leurs proches de toute opposition. Plus de 50 000 activistes auraient été arrêtés.

Pendant ce temps, le couple présidentiel continue son train de vie luxueux, commande des Louboutin et des sets à foudue sur l’internet comme l’a révélé le Guardian, publiant des e-mails piratés du couple sanguinaire.

23 février 2012

Zakaria Moumni

Zakaria Moumni

Zakaria Moumni revient pour la première fois en public sur les conditions de son arrestation et de sa détention. Il livre un témoignage poignant et expose les actes de torture dont il a été victime au centre d'interrogatoire de Témara : coups, privation de sommeil, électrocution … Interview réalisée mardi 21 février au siège de la FIDH…

19 juillet 2011

Cuba : un ex-journaliste espagnol jugé pour proxénétisme et corruption de mineurs

Cuba

Un ex-journaliste espagnol jugé pour proxénétisme et corruption de mineurs

AFP, le 18 juillet 2011

Un procès pour proxénétisme et corruption de mineurs s'est ouvert lundi à La Havane contre un ex-journaliste espagnol de télévision, Sebastian Martinez, qui avait réalisé en 2008 un reportage controversé sur la prostitution infantile à Cuba.

"Le procès tourne autour de l'existence ou non de la prostitution", a expliqué à l'AFP le consul espagnol à La Havane Pablo Barrios qui espère que les accusations initiales contre son compatriote seront abandonnées.

Le parquet devait requérir quinze années de prison contre l'ancien journaliste. L'avocat du prévenu, Ovidio Venero, entendait pour sa part demander une relaxe de son client.

Le reportage "Cuba prostitution infantile", réalisé par Sebastian Martinez et diffusé par une télévision privée espagnole, a été projeté à l'audience. Selon le consul d'Espagne, le journaliste "n'a pas payé un centime" aux enfants qui apparaissent dans le film.

Après avoir abandonné le journalisme, Sebastian Martinez avait été arrêté en juillet 2010 à son arrivée à Cuba où il venait comme directeur-gérant d'une entreprise touristique espagnole.

En cas de condamnation, a indiqué le consul, les autorités espagnoles demanderont immédiatement que l'ex-journaliste espagnol soit autorisé à purger sa peine en Espagne.

13 juillet 2011

On rend justice aux femmes violées à Bruxelles

On rend justice aux femmes violées à Bruxelles

 

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7sur7, le 13 juillet 2011

La marche mondiale des femmes congolaises contre les viols est arrivée mercredi midi esplanade de l'Europe à Bruxelles. Le cortège a parcouru 309 kilomètres en 14 étapes depuis son départ de Paris, le 30 juin.

L'objectif de la marche était de "rendre justice" aux femmes violées en République démocratique du Congo (RDC), et plus particulièrement dans l'est du pays.

Quarante-huit femmes sont violées chaque heure au Congo, soit plus de 1.100 par jour, selon les résultats d'une récente étude américaine.

Les participants à la marche-relais ont rencontré à chaque étape de leur trajet des élus et des citoyens dans le but d'attirer l'attention de l'opinion publique sur les crimes commis contre les femmes en RDC.

Après être arrivée samedi en Belgique lors de l'étape Valenciennes-Boussu, la marche est passée par Mons, Soignies, Hal et Bruxelles.

Mercredi après-midi, le cortège a pris la direction du rond-point Schuman. Il s'est arrêté à hauteur du palais de justice de Bruxelles, où une plainte dénonçant les crimes perpétrés contre les femmes en RDC sera déposée, précisent les organisateurs

18 janvier 2011

Rassemblement tunisien devant La Bourse

Des voix tunisiennes se font (enfin) entendre

Rassemblement devant La Bourse

11 janvier 2011

Tunisie, dictature mafieuse

Tunisie, dictature mafieuse

Par Moncef Marzouki, (auteur avec Vincent Geisser de «Dictateurs en sursis»), le 11 janvier 2011

Depuis trois semaines, un vent de révolte politique et sociale souffle sur la Tunisie. La violence de la répression, qui a fait vingt-trois morts, témoigne que le régime de Ben Ali se sent pour la première fois menacé. Mais la puissance et la persistance de la mobilisation du peuple tunisien offrent à l’opinion publique et aux représentants politiques européens et français l’occasion d’ouvrir les yeux sur la réalité tunisienne. Une perception biaisée depuis plus de vingt ans par des idées reçues alimentées par le pouvoir et nombre de ses sympathisants français.

Première idée : «Le régime tunisien n’est certes pas une démocratie, mais ce n’est pas une dictature, tout juste un régime autoritaire.» Non, les événements en cours le prouvent à ceux qui ne voyaient pas ou ne voulaient pas le voir : le régime tunisien est une dictature policière et mafieuse de la pire espèce. Ben Ali à Carthage, c’est Al Capone à la Maison Blanche.

Deuxième idée : «Le pays doit à Ben Ali un miracle économique.» En réalité, la Tunisie des années 1990 devait sa relative prospérité aux trois décennies de présidence Bourguiba, marquées par un investissement massif dans l’éducation, dans le planning familial et la mise en place d’une économie de marché saine, capable de dégager une croissance annuelle de 7 %. Cette situation, Ben Ali en a hérité. Vingt ans après, il a transformé la Tunisie en une économie de corruption dont les dérives mafieuses ne sont plus à démontrer. Après le «miracle», c’est la désespérance sociale.

Troisième idée : «Ben Ali a éradiqué le danger islamiste.» A ne pas le soutenir, le risque serait trop grand de voir se former un régime taliban au sud de la Méditerranée, comme l’affirme Nicolas Sarkozy en 2008. En réalité, Ben Ali a détruit, au prix de violations massives des droits de l’homme, un parti islamiste conservateur bourgeois, Ennadha, qui se situait à mille lieues de la violence djihadiste. Quant aux troubles politiques, les «barbus» y sont invisibles, comme en témoignent les slogans laïques scandés par les manifestants.

Quatrième idée : «Il n’y a pas d’opposition crédible. L’opposition tunisienne est faible, divisée et impuissante.» Ceux qui ont vécu et vivent sous un régime de dictature savent bien qu’une opposition ne peut exister que dans une démocratie, que dans une dictature, il ne peut y avoir qu’une résistance, civile ou armée. Ben Ali, «élu» et «réélu» en recueillant par trois fois plus de 90 % des suffrages, a organisé sa propre «opposition» pour donner le change, muselant, emprisonnant et torturant des centaines d’hommes et de femmes courageux et dignes, qui se sont battus contre une des machines les plus répressives et perverses qui aient jamais existé.

Cinquième idée, en forme de question faussement ingénue : «Quelle alternative à Ben Ali ?» Si un Tunisien posait la même question à un Français : «Quelle alternative à Sarkozy ?», la réponse apparaîtrait naturelle et évidente : la personne que les Français désigneront à la prochaine présidentielle. C’est la même chose pour un Tunisien répondant à son ami français : celui qui succédera à Ben Ali sera la personne désignée par le peuple tunisien dans des élections libres et transparentes. Qui a dit que nous sommes condamnés à la dictature à perpétuité ?

Longtemps Ben Ali a été présenté comme le garant de la stabilité en Tunisie. Depuis la révolte qui sévit dans le pays, il est devenu le principal ingrédient de l’instabilité, et seul son départ pourra ramener le calme. L’opinion publique et les responsables politiques français doivent ouvrir les yeux sur la réalité du pouvoir tunisien. Sinon le risque est grand que la France perde le capital de sympathie dont elle jouit en Tunisie. Elle perdrait la possibilité de jouer un rôle dans une transition pacifique vers un Etat de droit, et de participer à la création d’un espace euroméditerranéen stable, prospère et partageant les mêmes valeurs démocratiques.

10 janvier 2011

Massacre à huis clos en Tunisie

Massacre à huis clos en Tunisie

  

Plus de 50 tués la nuit dernière

Radio Kalima, le 09 janvier 2011

De violents affrontements se sont poursuivis entre la nuit de samedi et ce dimanche matin ayant entrainé plus de 50 morts dans les villes de Thala (16), Kasserine (22), Meknassi (2), Feriana (1) et Reguab (8). Les forces spéciales et des milices parallèles (escadrons de la mort) ont utilisé des balles réelles pour venir à bout des manifestations qui ont duré jusqu’à l’aube de la matinée d’aujourd’hui. Des témoins sur place ont qualifié ce qui s’est passé de «massacre des civils». Les forces spéciales ont tiré sur les cortèges funèbres et empêché les cérémonies d'ensevelissements.

Kalima a appris que la police a tiré à balles réelles sur le cortège funèbre d’un manifestant tué par balles, obligeant à l’abandon du cercueil de ce dernier sur la route menant au cimetière. Des sources ont déclaré que le nombre de morts définitif n’a pas pu être déterminé. Néanmoins vingt deux personnes auraient été tuées par les forces de l'ordre durant les affrontements d’hier à Kasserine. À la cité Ennour dans la ville de Kasserine, cinq manifestants ont été tués. Il s’agit de Raouf Bouzidi, Salah al Fridhi, Mounir Mbarki, Mohammed Lassoudi et Abdelkader Boulaabi. Dans la cité Ezouhour, trois personnes sont mortes. L’identité de seulement l’un d’entre eux a été révélée, il s’agit de Salah El Boughanmi.

16 personnes au moins ont été tuées et plusieurs autres grièvement blessées par balles dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité à Thala. Il s’agit de Marwan Jomli, Ahmed Boulaabi, Nouri Boulaabi, Marwane Mbarek, Nouri Boulaabi, Marawne Anemri, Ghassane Ben Taib Cheniti, Mohamed Omri, et un vielliard âgé de 90 ans, de nom de Bechir El Mbarki asphyxié par les gaz lacrymogènes.

Les mêmes sources ont fait état de trois cadavres jetés dans l’oued proche de l’hôpital régional de Kasserine.

Dans la ville de Feriana, des sources ont fait état d’un bilan provisoire de plusieurs blessés et de la mort d’un jeune de 13 ans dont l’identité n’a pas été encore révélée ; une vingtaine de personnes grièvement blessées ont été transférées vers l’hôpital Habib Bourguiba de Sfax et vers celui de Kasserine.

Dans la ville de Meknassi, les affrontements qui se sont poursuivis ont fait deux morts, Chihab Alibi et Youcef Fitouri, et sept blessées graves ont été transférés vers l’hôpital de Gafsa.

À Reguab (au centre, 90 km de Sfax), des affrontements ont fait plus de 8 morts et 7 blessés graves dans la nuit du samedi à dimanche.

Par ailleurs, le consulat de Tunisie à Pantin, a connu, le dimanche 9 janvier, un explosif qui a causé des dégâts légers sur le portail. Suite à cet incident, l’ambassadeur de Tunisie, Raouf Najar, a déclaré que l’ambassade était victime d’un attentat terroriste qui serait dû à l’amplification des événements de protestation sociale qui secouent le pays.

Dans la région de Kasserine, la nuit dernière, ce sont au moins vingt personnes (dont Marwan Jemni, Mohamed Amri, Nouri Boulaabi, Ammar Boulaabi, Ahmed Boulaabi, Heddaoui Chniti, Mounir Mbarki, Salah Lifridhi, Mohamed Assouadi, Raouf Bouzidi) qui ont été massacrées (voir ici et ici). Des snipers armés de Steyr AUG (portée : 300-500 m) ont été déployés et l’on signale également des tirs à Selyana, Jebeniana, Regueb (au moins une femme tuée), Talah (au moins un homme tué).

09 janvier 2011

Solidaires du peuple tunisien

Solidaires du peuple tunisien

La peur est encore à vaincre mais les langues doucement se délient. C‘est déjà ça.

Jeudi 06 janvier, quelques trente personnes, seulement (il est vrai que les sidibouzidis ne sont pas de Gaza !), se sont réunies au Centre International pour affirmer leur solidarité avec le peuple tunisien, victime de la répression, de la tyrannie du régime Benali …

19 novembre 2010

Action urgente : Ali Aarrass !

Action urgente : Ali Aarrass !

Tous devant l'ambassade espagnole !

Demain, samedi 20 novembre à 15 heures !

Motif : Madrid décide d'extrader Ali Aârras et Mohamed El Bay vers le Maroc

Le gouvernement espagnol a approuvé, vendredi, l'extradition vers le Maroc des dénommés Ali Aârras et Mohamed El Bay, soupçonnés de liens avec une organisation terroriste.

Lors d'une réunion du conseil des ministres, le gouvernement espagnol a décidé d'extrader Mohamed El Bay accusé d'appartenance à une organisation terroriste. Ali Aârras, de nationalité espagnole, est accusé de constitution d'une association illégale et de collaboration avec une bande armée.

Ali Aârras et Mohamed El Bay ont été arrêtés le 1er avril dernier dans la ville occupée de Melilia, suite à un mandat d'arrêt international, lancé par la justice marocaine, dans le cadre de l'enquête sur le réseau terroriste Belliraj, démantelé en février dernier au Maroc. (MAP)

16 novembre 2010

Les tortionnaires du camp de l’horreur aux assises

Les tortionnaires du camp de l’horreur aux assises

  
GUENAÈLE CALANT, le 16 novembre 2010

Quatorze personnes comparaissent devant les assises de Seine-et-Marne, à Melun, pour leur implication à des degrés divers dans le calvaire qu’a enduré pendant plusieurs années une femme aujourd’hui âgée de 30 ans.

C’est un procès de quatre semaines qui s’ouvre aujourd’hui devant la cour d’assises de Seine-et-Marne, à Melun. Une audience qui ne devrait pas se dérouler à huis clos : la principale partie civile, victime notamment de viols, ne devrait pas s’opposer à la publicité des débats. Quatorze accusés, dont sept détenus, vont devoir expliquer leur degré d’implication dans un système de terreur qui a régi la vie d’un campement, situé au bord de la N 3, à Claye-Souilly, entre et Meaux, durant plusieurs années.

Une quinzième personne devait comparaître, mais elle est décédée pendant l’instruction. Les chefs d’accusation : traite d’être humain, séquestration, viols, actes de torture et de barbarie en réunion sur personne vulnérable, séquestration, proxénétisme, extorsion de fonds. Ces huit hommes et six femmes, originaires de Claye-Souilly, Villevaudé, Longperrier, Meaux ou du nord de la encourent de lourdes peines de prison.

Vendue par ses parents pour payer une dette

C’est en mars 2006 que la police judiciaire de Meaux avait fait éclater l’affaire du «camp de la honte». Ils avaient investi le hameau de Bois-Fleuri, où la jeune Sabrina — 30 ans aujourd’hui — a vécu des années de calvaire. Dans le box des accusés, c’est un homme et une femme qui font figure de principaux tortionnaires : Franck Franoux, 51 ans, et Florence Carrasco, 36 ans. Sabrina était leur esclave dans cet ancien camping où étaient implantées plusieurs caravanes. Elle était régulièrement violée et livrée comme objet sexuel à d’autres, elle subissait au quotidien humiliations, actes de torture commis avec un fer à repasser brûlant, un marteau, une barre de fer, des sabots, des couteaux, des cigarettes

Les policiers avaient découvert deux autres victimes, Maurice et Jean-Luc, aujourd’hui âgés de 58 et 56 ans, des hommes régulièrement battus et martyrisés. D’autres tortionnaires avaient également été identifiés et interpellés. Parmi eux, les propres parents de Sabrina, qui l’avaient vendue au couple 5000 F (750 €) pour payer une dette.

Deux jeunes gens, Anthony R. et Tristan G., âgés aujourd’hui âgés de 20 ans mais mineurs au moment des faits, ont comparu devant le tribunal pour enfants de Meaux il y a quelques mois pour des violences commises à l’encontre de Sabrina. Ils ont été condamnés à un mois de prison avec sursis.