03 janvier 2013

Les liens entre les juifs et les berbères

Les liens entre les juifs et les berbères

Selon la vision sioniste de Lynda Asmani

02 janvier 2013

Il critique Israël, le CRIF hurle à «l’antisémitisme» : Richard Falk contre-attaque

Il critique Israël, le CRIF hurle à «l’antisémitisme»

Richard Falk contre-attaque

Traduction de cette «lettre ouverte en réponse au CRIF», sollicitée par Oumma et rédigée par Richard Falk le 29 décembre 2012

Je suis choqué et attristé que votre organisation puisse m’étiqueter comme un antisémite et un Juif cultivant la haine de soi. C’est totalement diffamatoire et de telles allégations sont entièrement basées sur la déformation de ce que je crois et de ce que j'ai fait. Amalgamer mes critiques d'Israël avec la haine de soi en tant que Juif ou la haine des Juifs est une calomnie. J'ai longtemps été un critique de la politique étrangère américaine, mais cela ne fait pas de moi un anti-Américain.

C'est la liberté de conscience qui est le noyau définissant la réalité d'une société véritablement démocratique, et son exercice est essentiel à la qualité de la vie politique dans un pays donné, en particulier ici, aux États-Unis, où sa taille et son influence exercent une grande importance sur la vie et le destin de nombreux peuples exclus de toute participation à sa politique.

Il est toujours difficile de démentir des accusations de ce genre. Ce qui suit est une tentative de clarifier mes positions prises en toute honnêteté par rapport à une litanie d'accusations formulées lors d’une campagne menée contre moi par UN Watch depuis que j'ai été nommé en 2008 par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en tant que rapporteur spécial pour les droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés. Voici de brèves clarifications en réponse aux principaux chefs d'accusation:

- Les attaques contre moi par des individus aussi prestigieux que Ban Ki-Moon, Susan Rice, David Cameron ont été faites en réponse aux lettres diffamatoires à mon sujet envoyées par UN Watch, et signées par son Directeur exécutif, Hillel Neuer. L'affirmation selon laquelle Mme Navi Pillay, Haut-Commissaire aux droits de l'homme, m’a également attaqué a pu induire en erreur. Elle a regretté la publication d'une caricature sur mon blog qui avait un motif antisémite mais elle a pris note de mon affirmation selon laquelle c’était complètement accidentel et que la caricature a été immédiatement retirée lorsqu'elle fut est amenée à mon attention.

- C'était cette caricature qui a servi à UN Watch comme support de leurs propos répétés selon lesquels j’étais un antisémite. Leur mauvaise foi est démontrée par leur grossissement réitéré pour la Cour pénale internationale du dessin au-delà de ce que j'avais affiché en se basant sur sa taille affichée sur la page Google Image. Comme je l'ai expliqué à plusieurs reprises, je n’étais pas au courant du caractère antisémite de la caricature quand je l’ai posté, et j’ai fait remarquer que le billet dans lequel elle a été insérée traitait de mon argument selon lequel la CPI était partiale dans l'utilisation de son autorité comme, par exemple, dans  l'émission de mandats d'arrêt contre le régime de Kadhafi. Israël n'a pas été mentionné dans ce billet dont le contenu n’a rien à voir avec le judaïsme ou les Juifs.

Selon moi, ignorer une telle explication et reproduire la caricature dans une forme élargie est un signe de malveillance. Toute lecture équitable des 182 billets sur mon blog, dont un consacré à l'identité juive, mettrait en évidence pour tout lecteur objectif que je n'ai pas exprimé un seul sentiment qui peut être qualifié d’antisémite. C’est un mauvais service rendu, à la fois, à Israël et aux Juifs d‘amalgamer la critique de l’attitude d’Israël envers les Palestiniens avec de l'antisémitisme.

- L'affirmation selon laquelle je suis un théoricien du complot du 11-Septembre, en fait l'une des allégations principales à mon encontre, est également fausse. J'ai toujours maintenu que mes connaissances sont insuffisantes pour tirer des conclusions quant à savoir s’il y a un récit alternatif sur les événements du 11-Septembre qui serait plus convaincant que la version officielle.

Ce que j'ai dit, et maintiens, c'est que David Griffin et beaucoup d'autres ont soulevé des questions qui n'ont pas obtenu de réponse satisfaisante et qui constituent de graves lacunes dans la version officielle, non résolues par le rapport de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre. Je voudrais réaffirmer que David Griffin est un ami très cher, et que nous avons professionnellement collaboré sur plusieurs projets bien avant le 11-Septembre. Il convient de souligner que Griffin est un philosophe des religions de notoriété mondiale qui a écrit sur un vaste éventail de sujets, notamment sur une série de problématiques dans le monde post-moderne et l'opportunité d'une civilisation écologique.

- La récente lettre de UN Watch qui m'a amené à être démis du conseil de Human Rights Watch de Santa Barbara affirme également que je suis un partisan du Hamas, ce qui est polémique et faux. Ce que j'ai encouragé est une vision équilibrée du Hamas basée sur le contexte intégral de leurs  déclarations et comportements, et non la fixation sur le langage employé dans la charte du Hamas ou dans un discours particulier. Lorsque le contexte plus large est considéré, incluant les déclarations du Hamas et leur récent comportement, alors je crois qu'il existe une opportunité potentielle à travailler avec les dirigeants du Hamas afin de mettre fin à la violence, libérer les habitants de Gaza de la captivité, et générer un processus diplomatique qui conduira à une période prolongée de coexistence pacifique avec Israël. Je n'ai jamais insisté sur le fait que cette interprétation optimiste est nécessairement correcte, mais je maintiens qu’elle vaut la peine d'être explorée, et qu’elle constitue une alternative préférable à l’actuel refus rigide et persistant de traiter le Hamas comme un acteur politique parce qu'il est «une organisation terroriste».

Il était évident lors de la récente violence précédant le cessez-feu de Novembre à Gaza que les dirigeants à travers le Moyen-Orient considéraient le Hamas comme l’autorité gouvernementale de la bande de Gaza et comme entité politique normale, ce qui a contribué à ce que les violences prennent fin.

- Enfin, UN Watch déclare que je suis partial et unilatéral dans mon traitement de l’attitude des Israéliens -citant en renfort Susan Rice et d'autres- et de noter mon incapacité à rendre compte des violations commises par le Hamas, le Fatah et l'Autorité palestinienne. Je peux seulement dire une fois de plus que je fais de mon mieux pour être objectif et honnête, bien que je ne suis pas disposé à céder à la pression. J'ai fait un effort lors de ma première comparution devant le Conseil des droits de l'homme afin d'élargir mon mandat pour tenir compte des violations palestiniennes, mais cela a été repoussé par la plupart des 49 membres gouvernementaux du Conseil et des motifs raisonnables ont été avancés pour ne pas changer mon mandat. J'ai noté les violations palestiniennes du droit international lorsque cela était pertinent pour l'évaluation du comportement israélien, comme, par exemple, en ce qui concerne le lancement de roquettes aveugles.

Les violations des droits de l'homme entre Palestiniens dans les parties de la Palestine occupée qui sont sous leur administration sont en dehors de mon mandat, et je n'ai pas le pouvoir de commenter un tel comportement dans l'exercice de mes responsabilités en tant que Rapporteur spécial.

C'est mon point de vue qu'Israël est en contrôle des territoires palestiniens occupés de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la bande de Gaza, et qu’il est principalement responsable de la situation et de la persistance du conflit, en particulier par leur insistance à réaliser des actions provocatrices comme les assassinats ciblés et l’accélération de l’expansiondes implantations.

Je serais reconnaissant si ce récit relatif à mes véritables opinions pouvait être largement diffusé en réponse à la répétition du CRIF des attaques de UN Watch.

01 janvier 2013

Un racisme antitzigane

Un racisme antitzigane

Par Philippe-Jean Catinchi, le 22 décembre 2012

Savez-vous ce qu'est un "platz" ? Ce que recouvre la notion de "baxt" ? Qu'il y a sans doute autant de "Romanès" que de communautés roms, tant les us et coutumes, langage et rituels collectifs varient d'un groupe humain à l'autre, alors même que les médias, avides de traiter la "question Rom", amalgament et schématisent jusqu'à rendre la réalité de terrain presque fictive...

Ils sont trois à s'attacher aujourd'hui à disqualifier les poncifs, corriger les erreurs et surtout restaurer une empathie humaine là où la suspicion est de mise. Valentine Goby signe naturellement le texte de la docu-fiction Lyuba ou la tête dans les étoiles.

Ce récit de vie est le dixième d'une collection consacrée à l'histoire de l'immigration en France publiée en collaboration avec la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. Versant destiné aux enfants et aux adolescents de la série pour adultes "Français d'ailleurs, peuples d'ici" - pour l'heure en sommeil -, cet espace éditorial qui conjugue fiction et information est parfaitement tenu par la romancière, qui, avant de se consacrer à l'écriture, a travaillé au Vietnam et aux Philippines dans l'humanitaire au sortir de ses études en sciences politiques.

Autant de jalons d'un parcours exemplaire qui garantit la tenue de ces portraits souvent terribles qui sensibilisent au drame de l'exil et à la difficulté de l'intégration. Dans l'aventure, de ses trois complices chargés de l'illustration, Olivier Tallec, Philippe de Kemmeter et Ronan Badel, c'est ce dernier qui est le plus fidèle puisqu'il signe, avec Lyuba, sa sixième collaboration.

D'un crayonné simple et discret, juste mis en valeur quand la peinture le rehausse, l'artiste souligne le dénuement, le pouvoir de l'objet, toujours précieux, qu'il soit gage d'identité ou projection du désir, les scènes, grises, où le monde extérieur menace la cellule communautaire, repliée dans un campement de fortune, ce platz, site précaire qui n'a de sens que dans la langue de l'immigré.

Le jeune lecteur découvre donc le quotidien d'une jeune fille qui vit dans la crainte de voir se briser le fragile équilibre des siens, venus quatre ans plus tôt des confins de la Roumanie tenter leur chance en banlieue parisienne, aux abords désolés du Stade de France. Contrôle policier ou détresse économique. La force de la narration tient à sa juste mesure.

Pour de réels périls, le tableau est contrasté, et l'on voit des gadjé, ces voisins immédiats des Roms, leur venir en aide. Pour des soins médicaux ou une assistance juridique. Lyuba, elle, s'évade dans les étoiles qu'une infirmière passionnée d'astronomie lui offre comme horizon.

Persécutions génocidaires

La mesure et la finesse de l'évocation préparent à la lecture du cahier documentaire signé de l'anthropologue Martin Olivera, membre de l'observatoire européen Urba-Rom, qui conjugue une compétence de chercheur à une riche expérience de terrain.

Où l'on apprend comment le mot "tzigane" s'est effacé depuis les années 1990 devant celui de "rom", moins péjoratif ; comment distinguer selon leur aventure géographique les Gitans, les Manouches et les Roms ; comment naquit et se fortifia un racisme antitzigane qui, assimilant nomadisme à comportement antisocial, fit le lit des persécutions génocidaires du IIIe Reich contre les Zigeuner ; comment l'amalgame entre Roms et Roumains achève de brouiller les esprits ; comment l'entrée de cet Etat balkanique dans l'Union européenne en 2007 n'a pas empêché certains Etats, dont la France, de maintenir des restrictions en matière de droits sociaux ou d'accès à l'emploi qui dérogent aux règles de base de l'Union.

Reste à comprendre la spécificité des valeurs de la culture rom avec cette "baxt", cette chance, cette fortune, qui dit la santé, la réussite, le bonheur. Tout ce qui fait vivre, même dans les pires conditions.

Lyuba ou la tête dans les étoiles. Les Roms, de la Roumanie à l'Ile-de-France de Valentine Goby et Ronan Badel. 

30 décembre 2012

Détentions secrètes de la CIA : la Macédoine coupable de traitements inhumains

Détentions secrètes de la CIA

La Macédoine coupable de traitements inhumains

Par Roseline Letteron, le 30 décembre 2012

La Cour européenne s'est montrée très ferme à l'égard de la Macédoine qui a participé activement avec la CIA à une entreprise de torture et d'internement arbitraire.

La Cour européenne des droits de l'homme a rendu, le 13 décembre 2012 un arrêt El Masri c. Ex-République yougoslave de Macédoine  particulièrement remarqué. La Cour s'y montre très ferme à l'égard de ce pays, qui a participé activement aux "remises extraordinaires" ("Extraordinary Renditions"). Après le 11 Septembre, les États-Unis se déclaraient en guerre contre le terrorisme, invoquaient le GWAT (Great War against Terrorism), puis le GWOT (Global War on Terror), et faisaient pression sur leurs alliés pour qu'ils remettent secrètement à la CIA des personnes suspectées d'avoir participé à des activités terroristes. Les services américains les conduisaient alors dans des lieux de détention secrets, zones de non-droit où il était possible de torturer et de prolonger l'enfermement de ces personnes qu'aucun système juridique ne protégeait plus.

Dans sa décision Babar Ahmad et a. c. Royaume-Uni du 6 juillet 2010, la Cour définit la notion de "remise extraordinaire" comme désignant le "transfert extrajudiciaire d'une personne de la juridiction ou du territoire d'un État à ceux d'un autre État, à des fins de détention et d'interrogatoire en dehors du système juridique ordinaire, la mesure impliquant un risque réel de torture ou de traitements inhumains ou dégradants".

Un cas emblématique

La Macédoine a fait partie de ces États sollicités par les États-Unis pour participer à cette entreprise de sous-traitance, ou plutôt de délocalisation de la torture et de l'internement arbitraire. Dans un rapport de 2006 effectué précisément à la demande du Conseil de l'Europe, le suisse Dick Marty mentionnait parmi les pays européens participants la Pologne et la Roumanie, mais aussi la Macédoine. M. El Masri, le requérant de l'arrêt du 13 décembre 2012 avait alors été entendu par la Commission d'enquête.

M. El Masri, citoyen allemand d'origine libanaise, s'est rendu en autocar de son domicile près de Neu Ulm à Skopje, en Macédoine, dans les derniers jours de l'année 2003. Il souhaite alors prendre quelques jours de vacances. À la frontière serbo-macédonienne, il est arrêté, au motif que son passeport présenterait des irrégularités, interrogé par la police puis transféré et détenu dans un hôtel de Skopje. Questionné sans relâche sur ses liens éventuels avec des terroristes islamistes, il se voit refuser tout contact avec l'ambassade d'Allemagne. Après vingt trois jours de détention, il est conduit à l'aéroport, subit ce que la CIA elle même qualifie de "Capture Shock Treatment", mélange de violence et d'humiliation, et embarqué dans un avion pour Kaboul. Une fois arrivé, il est roué de coups, jeté dans une cellule ou il est détenu durant quatre mois et subit bon nombre d'interrogatoires. En mars 2004, M. El Masri et plusieurs de ses co-détenus entament une grève de la faim. Après un mois, le requérant est alimenté de force, mais il peut enfin rencontrer des représentants des services américains et allemands. En mai 2004, M. El Masri est remis dans un avion qui atterrit dans un lieu inconnu, puis embarqué dans un camion qui le laisse en pleine campagne. Pris en charge par des hommes armés, il apprend qu'il est en Albanie. Accompagné à l'aéroport de Tirana, il est enfin remis dans un avion pour Francfort.

La recherche d'un juge

La question posée n'est pas celle de la réalité du calvaire subi par monsieur El Masri, dont le témoignage a été corroboré par de multiples éléments, considéré comme parfaitement fondé aussi bien par le rapport Marty que par la résolution du Parlement européen du 30 janvier 2007, qui fait expressément référence à son cas, que par un rapport diligenté par une commission d'enquête parlementaire du Bundestag allemand. Le problème posé est plutôt celui du juge compétent pour condamner les responsables et indemniser la victime.

Le requérant, rentré en Allemagne, commence par saisir la justice allemande qui a émis, en janvier 2007, des mandats d'arrêt à l'encontre de treize agents de la CIA, dont les noms ne furent pas rendus publics. Le juge allemand, certainement de bonne volonté, s'est heurté à une farouche rétention d'information et un refus de toute coopération, tant de la part des autorités macédoniennes qu'américaines.

Assisté par l'American Civil Liberties Union (ACLU), le requérant a, en décembre 2005, déposé une plainte aux États-Unis contre l'ancien directeur de la CIA et des agents non identifiés de son personnel. Elle fut rejetée au nom du secret d’État qui, selon le juge américain, doit primer sur l'intérêt individuel du requérant à ce que justice lui soit rendue. La Cour Suprême a confirmé cette décision en octobre 2007, refusant l'examen de l'affaire.

Restait la Macédoine, dont une première enquête administrative menée par le ministère de l'intérieur concluait que M. El Masri avait séjourné durant trois semaines dans un hôtel de Skopje, et qu'il avait passé d'excellentes vacances... La plainte pénale déposée en octobre 2008, et accompagnée de tous les éléments de preuve réunis notamment par le rapport Marty, a été déclarée sans fondement par le procureur de Skopje, dès décembre 2008. Un examen pour le moins rapide.

Face à ce qui ressemble fort à un déni de justice, la Cour européenne va introduire un peu de souplesse, voire accepter quelques entorses aux principes généraux gouvernant son contrôle. Puisque seule la Macédoine peut être condamnée, elle va s'efforcer d'aplanir les obstacles procéduraux, et la rendre responsable de l'ensemble des mauvais traitements infligés au requérant.

Aplanir les obstacles procéduraux

La règle de l'épuisement des voies de recours internes donne lieu à une interprétation compréhensive. La Cour constate ainsi que quatre années se sont écoulées entre la libération du requérant, et la saisine de la justice macédonienne. Mais ce délai s'explique par le contexte de l'affaire, les "démentis" et "dénégations" persistantes des États concernés, qu'elle considère comme la mise en œuvre d'une véritable "politique de dissimulation". Il était donc logique que le requérant attende de disposer d'éléments de preuve suffisants pour saisir le juge macédonien.

La Cour se montre d'une égale souplesse en matière de preuve. Faisant observer que l’État défendeur nie toute implication dans l'affaire, elle autorise le requérant à fournir toutes les pièces utiles, qu'elles proviennent des différentes enquêtes internationales, des investigations menées par les autorités allemandes, voire des câbles diplomatiques diffusés sur Wikileaks. À partir de ces éléments, la Cour procède à un renversement de la charge de la preuve : dès lors que le requérant fournit des éléments sérieux à l'appui de sa requête, les autorités macédoniennes ne peuvent se borner à opposer le secret d’État. Elles doivent "fournir une explication plausible et satisfaisante" des événements qui se sont déroulés lorsque M. El Masri était en Macédoine. Dès lors que ces explications font défaut, la Cour en déduit que les allégations du requérant sont établies, "au-delà du doute raisonnable".

Dès lors, la Cour peut utiliser tous les éléments de preuve apportés par le requérant, et elle ne s'en prive pas. Elle condamne très lourdement la Macédoine pour traitements inhumains et dégradants (art. 3), à la fois ceux subis par M. El Masri sur le territoire macédoniens, mais aussi pour le risque de torture encouru par sa remise à la CIA. Les autorités macédoniennes ont également violé l'article 5 de la Convention européenne, puisque la détention du requérant n'a pas été décidée ni contrôlée par un juge, l'article 8 car il y a eu une ingérence évidente dans sa vie privée, et l'article 13 puisque ses griefs n'ont jamais donné lieu à une enquête sérieuse des autorités macédoniennes. In fine, la Macédoine est condamnée à verser au requérant 60 000 € pour dommage moral, somme relativement ridicule si l'on considère le calvaire que le requérant à subi.

Et le cerveau de l'affaire ?

Dans sa note sous cette décision (RDH), Nicolas Hervieu est évidemment fondé à se réjouir de cette sévérité de la Cour et d'observer que cette jurisprudence conduit presque à reconnaître un "droit à la vérité" dont seraient titulaires les victimes de ces exactions. Force est de constater cependant que la Macédoine est, comme il le note justement, un "État complice". Considérer qu'elle est coupable des mauvais traitements infligés à Kaboul au requérant parce qu'elle a accepté de le livrer à la CIA relève d'une fiction juridique, une fiction louable puisqu'il s'agit de réparer le dommage qu'il a subi, mais une fictions tout de même. Les coupables principaux doivent être recherchés ailleurs, aux États-Unis, pays qui, comme la Macédoine, refuse absolument de lever le secret sur ces affaires.

Mais les États-Unis restent drapés dans leur splendide isolement juridique. Il ne peuvent évidemment pas être poursuivis devant la Cour européenne des droits de l'homme. Leurs agents ne peuvent pas davantage être poursuivis devant la Cour pénale internationale, puisque ce pays a retiré sa signature de la Convention de Rome. Certes, les autorités macédoniennes méritaient la condamnation qui les frappe, mais il n'en demeure pas moins qu'elles apparaissent comme le maillon faible, le sous-traitant qui assume l'intégralité d'une responsabilité qui devrait incomber largement au donneur d'ordre.

27 décembre 2012

"La France a un problème de racisme" selon Taarabt

"La France a un problème de racisme"

Adel Taarabt

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AFP, le 27 décembre 2012

Le milieu de terrain offensif franco-marocain des Queens Park Rangers, Adel Taarabt, a expliqué préférer jouer pour le pays de son père que pour la France qui a, selon lui, un "problème de racisme", dans une interview publiée mercredi en Italie.

"Mon père, Marocain, insistait pour (que je choisisse) les Bleus mais à la maison on mange et on parle arabe. Je me sens Français mais l'hymne du Maroc me fait vibrer davantage que la Marseillaise", a expliqué Taarabt, 23 ans dans un entretien avec la Gazzetta dello Sport.

Pour Taarabt, qui n'a pas été retenu pour la CAN-2013 par le sélectionneur du Maroc Rachid Taoussi, "la France a un problème de racisme. S'il y a du bazar en équipe nationale, c'est toujours de la faute des Blacks, des Nasri, Ben Arfa ou Benzema, jamais des types comme Ménez, qui n'est même pas un nom français (sic)".

"Ils feraient mieux de ne convoquer que des Blancs. Ils ont massacré Nasri en Coupe d'Europe mais personne ne sait que quand il a remporté la Premier League contre nous (QPR, ndlr), le dernier jour, il pleurait car sa mère est à l'hôpital, malade du cancer depuis trois ans", a ajouté Taarabt.

Le joueur a aussi évoqué son admiration pour Zinedine Zidane, qui a grandi comme lui à Marseille. "C'est mon Maradona à moi. Je l'imitais sur les terrains de mon quartier, qui était moins malfamé que le sien, même s'il y avait là-bas aussi des trafics, des bagarres, des trucs qui te font grandir plus vite", a-t-il déclaré.

"C'est de cette période-là que j'ai gardé l'envie d'être le meilleur mais aussi les feintes, le dribble et les petits ponts, ce sont des choses que tu n'apprends que dans la rue", a-t-il expliqué.

Le joueur a aussi déclaré qu'il ne se voyait pas évoluer pour le Paris SG. "Tant que Leonardo, qui m'a préféré Pastore et a dit du mal de moi, sera là, je n'y irai jamais. Même si je parle souvent au téléphone avec le président Nasser Al Khelaifi", a-t-il dit.

Dans l'entretien, il a indiqué qu'il "ne renoncerait aux (clubs) britanniques que pour le Milan". "Mon agent parle avec Galliani (administrateur de l'AC Milan) mais tout dépend de Robinho et encore de Pastore", qui a fait part mi-décembre de son envie de jouer à l'AC Milan dans l'avenir, a noté Taarabt, qui a ajouté que "réussir sous le maillot rouge et noir (lui) ouvrirait les portes de grandes équipes comme le Real Madrid ou Barcelone".

26 décembre 2012

Qu’est-ce que «la question sociale» ?

Qu’est-ce que «la question sociale» ?

Sexe, race et classe

Par Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, le 24 décembre 2012

«Social ou sociétal, la gauche doit-elle choisir ?», s’interroge ces jours-ci Libération, sans vraiment questionner les termes du débat. Dans le texte qui suit, nous revenons sur cette opposition qui n’est pas seulement une fausse opposition, mais aussi une redoutable hiérarchisation des questions pensées comme prioritaires ou secondaires. Le racisme, le sexisme et l’homophobie sont en effet présentés très souvent comme des questions «sociétales» par opposition à «la question sociale», réduite à sa seule dimension économique – sans d’ailleurs que soient prises en compte les dimensions proprement économiques de l’oppression raciste ou hétérosexiste. Ce qui revient, de manière plus ou moins assumée, à reléguer les combats antiracistes, féministes et homosexuels au rang de fronts secondaires, qu’il serait par conséquent avisé de sacrifier à «l’urgence sociale» – et de repousser aux calendes grecques. Plus violemment encore, certains, au sein même de la «gauche de gauche», vont jusqu’à accuser les militant-e-s non-blanc-he- et antiracistes, féministes, homosexuel-le-s et anti-hétérosexistes, de semer la division et la diversion, et de faire le jeu du Capital. C’est à ce gauchisme hétéro- andro- et/ou blanco-centré, ou à sa version social-démocrate incarnée aujourd’hui par la «Gauche populaire», que s’attaque le texte qui suit, en soulignant que les questions raciales et sexuelles, loin d’être distinctes de la question sociale, en sont, au même titre que la question de classe, des composantes essentielles.

Dès la création du Collectif Les mots sont importants il y a plus de dix ans, l’ethnicisation de la question sociale a été au centre de notre réflexion. Occulter les clivages de classes en mettant l’accent sur les différences culturelles, rendre l’immigration responsable d’un chômage généré en réalité par la rigueur budgétaire et les contraintes de la construction européenne, restreindre les droits des immigrés au nom de la défense de l’identité nationale : autant de stratagèmes qu’il était et qu’il est toujours important de pointer, d’analyser et de combattre.

Mais cette démarche salutaire s’est vite avérée renfermer ses propres pièges. Car les questions dites ethniques ne sont pas seulement des opérations de diversion : elles existent bel et bien, même si ce n’est pas sous la forme dépolitisée ou stigmatisante qu’on retrouve dans les débats publics. Il y a bien une question raciale, qui n’est ni la criminalité des immigrés, ni le séparatisme ethnique dans les banlieues, mais la discrimination subie par leurs habitant-e-s – une discrimination que la classe politique et les grands médias entretiennent en ethnicisant lesdit-e-s habitant-e-s.

Le mot diversion est donc lui-même un mot piégé, car il implique toujours le risque d’introduire une hiérarchie entre la question sociale, identifiée à la seule question de classe, et les autres questions – de race, de genre, de sexualité – considérées comme simplement «sociétales».

Des questions secondaires ?

Or, ces dernières sont loin d’être secondaires. D’abord parce que la domination de classe elle-même ne cesse de recourir aux subterfuges de la pensée raciste et sexiste : pour stigmatiser les «jeunes de banlieues » et les faire taire, l’héritage colonial a fourni son vocabulaire (sauvageons ou racailles) et ses dispositifs d’exception (forces de l’ordre spéciales et couvre-feu), et l’invention d’un problème du voile à l’école, construit de toutes pièces au printemps 2003, a permis de mettre un terme définitif à la révolte contre la réforme des retraites. De même, c’est une rhétorique viriliste qui est mobilisée pour faire passer la soumission aux intérêts des plus riches pour du courage politique.

Il est vrai que nos élites savent aussi adopter le langage de l’antiracisme et de l’antisexisme : c’est par exemple au nom de l’antiracisme que le Non au référendum sur le Traité européen, réduit à un simple repli nationaliste, a été disqualifié, et on ne compte plus les féministes les plus intransigeant-e-s dès que pointe un foulard islamique ou, plus largement, dès qu’il s’agit de dénoncer le sexisme des «jeunes de banlieue».

Faut-il en conclure, comme le fait par exemple Walter Benn Michaels dans un pamphlet caricatural et au fond assez odieux, que ces élites sont soudainement devenues antiracistes et antisexistes ? Que ces causes sont tout à coup devenues légitimes, intégrées par un système disposé à céder sur les fronts secondaires pour sauver l’essentiel : la domination économique et sociale ?

Le croire serait aussi naïf que de penser que la classe dirigeante, lorsqu’elle se penche sur les «quartiers difficiles» pour y promouvoir la «mixité sociale » et la «citoyenneté», est désormais résolue à lutter contre la pauvreté. Nulle hiérarchie ne peut en fait être établie entre un front principal, le front de classe, sur lequel les dominants ne céderaient rien, et des fronts secondaires, les dominations racistes et hétérosexistes, sur lesquels ils seraient prêts à lâcher du lest.

Stratégies de division et alliances opportunistes

Car après tout, s’ils savent adopter des postures antiracistes, féministes et même gay-friendly à des fins de stigmatisation des classes populaires (disqualifiées comme racistes, sexistes et homophobes), la réciproque est tout aussi vraie : les gardiens de l’ordre raciste et hétérosexiste – qui sont souvent mais pas toujours les mêmes que les défenseurs de l’ordre capitaliste – adoptent avec tout autant de facilité une posture et un vocabulaire populiste, ouvriériste voire classiste quand il s’agit de disqualifier le mouvement féministe, les revendications homosexuelles ou les luttes de l’immigration : les unes sont stigmatisées comme des bourgeoises mal baisées, les autres comme des nantis du Marais, les troisièmes comme une «beurgeoisie» bobo terrorisant les pauvres petits-blancs-prolétarisés-qui-votent-FN, et tou-te-s sont accusé-e-s de méconnaître la pauvreté voire de mépriser les pauvres – forcément mâles, blanc et hétérosexuels.

Au mépris de classe déguisé en antiracisme ou en féminisme répond symétriquement ce que Christine Delphy a nommé la haine des femmes déguisée en amour des prolétaires, à quoi il convient d’ajouter la haine du garçon arabe déguisée en féminisme pro «beurette» et la haine de l’immigré déguisée en compassion pour le prolétariat lepénisé, ou à l’inverse – chez un Alain Soral par exemple – la haine des femmes et des Juifs déguisée en amour des Arabes. Bref : le pouvoir manie à la perfection la division et les alliances opportunistes, et aucun groupe dominé ne peut à cet égard se prévaloir d’un traitement de faveur.

Racisme, sexisme, homophobie : des questions socio-économiques

Si les préoccupations antiracistes et antisexistes ne constituent pas une diversion et un funeste oubli de la question sociale, c’est enfin parce que cette dernière est une totalité complexe où s’intriquent aussi bien la sexualité, le genre et la race que la classe. Si la catégorie des ouvriers, des chômeurs et des précaires est plus féminine que masculine et si les non-blanc-he-s y sont sur-représenté-e-s, si la population la plus aisée est massivement blanche et masculine, c’est bien que l’oppression raciste et sexiste est partie prenante de l’oppression économique. Dissocier la question sociale du racisme et de l’hétérosexisme, réduits au rang de questions sociétales, n’a donc aucun sens.

21 décembre 2012

Déportation des Juifs: la responsabilité d'autorités belges bientôt reconnue

Déportation des Juifs

La responsabilité d'autorités belges bientôt reconnue

30 000 Juifs ont été déportés avec le concours des autorités belges

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Belga, le 20 décembre 2012

La Commission des Affaires institutionnelles du Sénat a terminé jeudi la discussion de la proposition de résolution par laquelle la Haute assemblée reconnaîtra solennellement que "des autorités belges" ont mené avec l'occupant allemand dans des domaines cruciaux une "collaboration indigne" d'une démocratie avec des "conséquences dramatiques pour la population juive". Les sénateurs devraient se prononcer au début de l'année prochaine en séance plénière sur cette résolution.

A travers cet acte solennel formulé à la suite de l'étude du CEGES pointant la collaboration d'une "Belgique docile", le Sénat prendra acte de la reconnaissance par le gouvernement de la "responsabilité d'autorités belges" dans "la déportation des Juifs". Alors que le Premier ministre Guy Verhofstadt s'était déjà prononcé à plusieurs reprises sur cette responsabilité il y a quelques années, l'actuel chef du gouvernement, Elio Di Rupo s'est exprimé en ce sens le 9 septembre 2012 à la caserne Dossin d'où partirent les déportés.

La Haute assemblée pourrait recommander que l'Etat réfléchisse à l'adoption d'un statut de déporté.

Elle informera par ailleurs les Communautés compétentes pour enseigner auprès des jeunes générations les événements qui se sont produits durant cette période sombre de l'histoire.

Le texte final de la résolution doit encore être finalisé en vue du vote en Commission à la rentrée.

Quelque trente mille Juifs ont été déportés avec le concours d'autorités belges durant la seconde guerre mondiale, soit la moitié de la communauté résidant sur le territoire. La quasi-totalité d'entre eux sont morts dans les camps du régime génocidaire national-socialiste allemand.

20 décembre 2012

Deux élus MR du Hainaut refusent de financer les mosquées

Deux élus MR du Hainaut refusent de financer les mosquées

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(L'un des des deux racistes hainuyers de service) (Rachid Z)

Ettore Rizza, le 20 décembre 2012

Lors du vote, ce jeudi, du budget provincial hainuyer, le conseiller MR Bernard Beugnies (Mons) a déposé un amendement afin que la province ne finance plus les cultes. Surtout le culte musulman... Un seul autre libéral sur seize l’a suivi.

Le conseiller provincial Bernard Beugnies, ancien échevin des Finances de Mons et membre de l’actuelle majorité PS-MR, s’insurge contre le fait que la province du Hainaut doive pallier le déficit des mosquées, des lieux de cultes orthodoxes et des Maisons de la laïcité. C’est pourtant une obligation légale, de même que les communes sont contraintes de financer les déficits des fabriques d’églises, des synagogues et des temples anglicans ou protestants.

A cette différence près, selon Bernard Beugnies, «que les provinces n’ont aucun pouvoir de contrôle sur la manière dont cet argent est dépensé. Avec la montée de l’intégrisme, il y a lieu de s’en inquiéter». Le conseiller estime, par ailleurs, que le Hainaut est défavorisé : avec 24 mosquées reconnues, la province verte compte en effet la moitié des lieux de culte musulmans de Wallonie, estime-t-il. Cette année, le solde des déficits à éponger pour les deux cultes avoisine les 150 000 euros. «Mais ça risque de gonfler», précise-t-il.

Un seul autre conseiller MR, Fernand Dechainois, a voté en faveur de l’amendement proposé, contre quatre abstentions et dix refus. Le reste de l’assemblée a accueilli la proposition avec amusement… «Il s’agit d’une obligation légale, explique Bernard Liébin, le chef de groupe MR. Si nous avions rejeté ce point, la tutelle régionale aurait refusé le budget.»

Bernard Beugnies se dit toutefois surpris : selon lui, les autres membres du groupe MR partagent ses vues, et l’auraient même encouragé à déposer ce point. «On m’a dit que je pouvais y aller, que les instances nationales étaient d’accord. J’ai l’impression d’avoir été envoyé en kamikaze», regrette-t-il.

EFJ debates about press freedom and freedom of expression in Turkey

EFJ debates about press freedom and freedom of expression in Turkey

19 décembre 2012

Laïcité mal partagée

 Laïcité mal partagée

Isabelle de Gaulmyn, le 05 mars 2012

Ignorance, inculture, ou inconscience ? Toujours est-il que, lorsqu’ils cherchent à utiliser la religion comme argument de campagne, les hommes politiques se prennent inévitablement les pieds dans le tapis. Que François Hollande, candidat socialiste, promette d’intégrer la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat dans la Constitution, il oublie qu’une partie de la France est exonérée de cette loi, et qu’au royaume de la laïcité, les choses ne sont pas si simple qu’il voulait le croire : voilà déjà bien longtemps que s’est construit toute une jurisprudence des relations entre Etat et cultes, qui sont tout sauf séparés strictement

Lapsus maladroit

Que Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP, pour renchérir sur la candidate du Front national, commence à vouloir faire la chasse à la viande halal, le voilà entraîné bien au-delà d’un simple problème d’abattage, et en train de mettre en cause les traditions religieuses profondes de la communauté musulmane, mais aussi juive… Rien d’étonnant que, sur la lancée du Président, le Premier ministre François Fillon, dans une sorte d’énorme lapsus bien maladroit, en vienne, toujours sous prétexte de viser les pratiques alimentaires des musulmans, à critiquer sur Europe 1 lundi, les «traditions ancestrales» des religions «qui ne correspondent plus à grand-chose», et qui sont inconcevables «dans un pays moderne»… C’est remettre en question le principe même de liberté de l’expression religieuse, blessant au passage les millions de Français croyants, dont la pratique se trouve reléguée au rang d’archaïsme tout juste sorti du Moyen-âge…

Ces mêmes politiques répètent à l’envie, et avec raison, qu’au nom du principe de séparation, les religieux ne doivent pas interférer dans la sphère politique. On aimerait juste qu’ils appliquent d’abord ce principe à… eux-mêmes. Et s’interdisent de s’immiscer dans l’organisation des religions. Après tout, la laïcité concerne aussi les hommes politiques !

18 décembre 2012

L'Islam contre le racisme, nationalisme, communautarisme

L'Islam contre le racisme, nationalisme, communautarisme

Le frère Abou Hammad Sulaiman Al-Hayiti ( qu'ALLAH le bénisse ), évoque un problème qui existe au sein de la oumma, le communautarisme et racisme. Un fléau à éradiquer.

l'Islam condamne le racisme, et le prophète Muhammad (que la paix & la bénédiction d'ALLAH soient sur lui) nous a donné des enseignements magnifiques, qui relient les croyants entre eux, sans distinction de couleur de peau, d'origine, ou autre…

Une vidéo à charge contre des employés musulmans de la RATP circule sur la toile

Une vidéo à charge contre des employés musulmans de la RATP circule sur la toile

Oumma .com, le 18 décembre 2012

Depuis quelques jours, une vidéo à charge contre des salariés musulmans de la RATP enflamme des sites islamophobes et d’extrême droite, qui en profitent pour s'adonner à leur exercice favori : déverser leur haine de l’islam et agiter les pires fantasmes.

Alerté par une association anti-raciste sur la réalisation de ce réquisitoire inflammable qui met en scène des témoignages accablants de femmes machinistes contre leurs collègues musulmans, toutes se disant harcelées et victimes d’une maltraitance sexiste, Mourad Ghazli, syndicaliste, connu des Oummanautes pour avoir animé plusieurs chroniques sur OummaTV, a immédiatement réagi en adressant un courrier au sommet de la hiérarchie du groupe des transports publics parisiens, dans lequel il exige la condamnation officielle de ce film nauséeux et indigne, qui «tombe sous le coup de la loi pour propos racistes à partir de l'appartenance religieuse».

Un film aux méthodes plus que douteuses, dans la veine des productions électrisantes ou apocalyptiques qui portent la signature des farouches détracteurs de l’islam, puisque si ses sombres auteurs ont pris soin de ne pas montrer les visages des «victimes», un machiniste musulman n’a, lui, pas bénéficié des mêmes précautions d’usage, et a été livré en pâture à tous les regards. Si la RATP est à ce point soucieuse de son image, comment pourrait-elle décemment tolérer qu'un tel reportage ternisse son blason, et ce irrémédiablement ?

16 décembre 2012

Non au racisme ANTI-GOY !

Non au racisme ANTI-GOY !

Alain Soral

12 décembre 2012

Une déléguée syndicale UGTG comparaît pour racisme antiblanc à Fort de France

Une déléguée syndicale UGTG comparaît pour racisme antiblanc à Fort de France

Par Michelle Guerci, le 11 décembre 2012

Elle s’appelle Régine Delphin. Jeudi 13 décembre, cette jeune Guadeloupéenne comparaît devant le tribunal de Fort de France pour «provocation à la discrimination et à la haine raciale». Son crime ? Des propos tenus en créole, lors d’un meeting,en avril 2009, peu de temps après la fin de la grève générale en Guadeloupe et en Martinique contre la «profitation». Deléguée syndicale de la Sodimat, société de matériel d’équipement du groupe Vivies (1), grande famille héritière de colons européens, Régine Delphin comparaît pour la quatrième fois devant la justice parce qu’elle a dénoncé publiquement le système de domination des békés de Guadeloupe.

8000 euros d’amende, un mois de prison avec sursis 

Le 25 mars 2010 (2), le tribunal de Pointe à Pitre la condamne à 8000 euros d’amende, un mois de prison avec sursis sur la base d’une traduction de ses propos en créole par un huissier, ni interprète, ni créolophone. Elle fera appel de cette condamnation. Le 14 septembre 2010, l’audience à la  cour d’appel de Basse Terre commence mal : «Vous ne me faites pas peur», lance le président du tribunal à la salle, où des militants de l’UGTG sont venus la soutenir. A une question du président, Régine Delphin répond en créole. «Dans mon  tribunal, on parle français», l’interrompt celui-ci. Il lui interdit alors d’utiliser sa langue, reconnue pourtant par la Constitution française et la charte européenne des langues «régionales». Remous dans la salle aussitôt évacuée par la gendarmerie. Et le procès ne se tiendra pas.

«Dans mon tribunal, on parle français»

Pourtant, par arrêt du 9 novembre 2010, la cour d’appel confirme le jugement prononcé en première instance.  Régine Delphin se pourvoit alors en cassation. Le 3 janvier 2012, la cour de cassation  annule  les dispositions de l’arrêt de la cour d’appel Pointe à Pitre et renvoie à la cour d’appel de Fort de France. Le 20 septembre 2012, nouvelle audience à Fort de France. Un interprète est dépêché pour traduire les fameux propos en créole de R. Delphin. Rien de méprisant, d’insultant, conclut l’interprète. L’affaire aurait pu s’arrêter là. Pourtant, elle continuera. Le tribunal, peu satisfait de la traduction, désigne un nouvel expert en créole guadeloupéen cette fois !, pour une nouvelle audience, ce 13 décembre toujours pour incitation à la haine raciale. Surréaliste ? Pas si sûr. Emblématique surtout du climat qui règne en Guadeloupe et en Martinique depuis la grève de 2009.

«Ne me touchez pas, sales nègres», :  Sylvie Hayot n’est pas condamnée

«L’acharnement contre Régine Delphin, c’est la poursuite des représailles contre un mouvement qui a osé dénoncer l’ordre colonial qui règne aux Antilles, explique Elie Domota, secrétaire général de l’UGTG et porte-parole du LKP. Au 17e siècle, on était pendus, aujourd’hui, les tribunaux nous condamnent, mais c’est le même état d’esprit.» Selon Elie Domota, pas moins de 80 syndicalistes ont été poursuivis par la justice pour motifs divers : vol de matériel, entraves à la liberté du travail, entrave à la liberté de la circulation, refus de prélèvement ADN... Un record absolu et un constat : cette répression syndicale féroce a une couleur, car tous les syndicalistes poursuivis sont noirs.

Une autre affaire judiciaire, emblématique, a retenu depuis 2011 toutes  les attentions en Guadeloupe, l’affaire Sylvie Hayot, nièce de Bernard Hayot, patron béké le plus puissant des Antilles, 151e fortune française (3).

Le 1er octobre 2011, secourue par des pompiers lors d’un accident de la route provoqué par son état d’ivresse, elles les accueille avec ces insultes : «Pa mannyé mwen, sal nèg !» «Ne me touchez pas sales nègres !» Et de les menacer, arguant de son appartenance «à une famille qui a ses entrées à l’Elysée». Elle ira jusqu’à gifler un des pompiers.

Le 17 novembre 2011, Sylvie Hayot comparaît devant le tribunal de Pointe à Pitre pour neuf chefs d’accusation (4), dont celui d’injures publiques à caractère racial.

La veille, Bernard Hayot recevait à l’Elysée, la distinction de commandant de la Légion d’honneur des mains de Nicolas Sarkozy. Aussi, personne dans la salle ne s’étonna, ce 17 novembre, du report du procès. Le 22 décembre, nouvelle audience, nouveau report. Motifs ? «Trop de dossiers, pas d’assurance que les parties puissent disposer du temps nécessaire pour plaider»Plus c’est gros, plus ça passe. Tout aura été tenté pour dissuader les pompiers, parties civiles, d’abandonner leur plainte.  Seule leur détermination et le soutien d’une population très mobilisée, empêchera que cette affaire ne sombre dans les oubliettes. Le 24 avril 2012, Sylvie Hayot est condamnée à 8 mois de prison avec sursis mise à l'épreuve pendant 3 ans (5). Mais le délit d'injures à caractère racial, n’est pas retenu, pour vice de procédure «imputable au parquet». (6) Le procureur de la République de Pointe à Pitre jugera la réponse judiciaire «satisfaisante» et cessera les poursuites. Sylvie Hayot avait raison, on ne s’attaque pas impunément à une famille qui a ses entrées à l’Elysée.

«La classe sociale correspond à une couleur»

Ce deux poids, deux mesures n’étonne pas Maryse Condé, écrivaine guadeloupéenne, qui vit actuellement à New York : «Le pacte colonial n’a jamais été remis en question au Antilles. L’abolition de l’esclavage ne s’est accompagnée d’aucune réhabilitation des 700000 Noirs déportés. Le racisme est institutionnalisé ici.»

Elie Domota renchérit : «Nous vivons dans un système d’apartheid. Le préfet, le chef de police, de la gendarmerie, le quasi totalité des dirigeants des grandes entreprises, des cadres supérieurs sont blancs. Les Noirs sont dans la salle des machines. Chez nous, la classe sociale correspond à une couleur.»

C’est dire si le jugement de Régine Delphin est attendu en Guadeloupe. Mais il est instructif aussi de ce coté de l’Atlantique. Quelle évidente démonstration de l’objectif poursuivi par le très à la mode concept de racisme antiblanc : transformer les coupables en victimes et réduire au silence ceux qui dénoncent les discriminations de l’ordre racialisé dominant. Elie Domota ne fait pas confiance à la justice «coloniale», mais il le sait : «Les békés et l’Etat français sont très ennuyés par ce procès. Ce n’est même pas sûr qu’il se tienne demain.» Le 13, Regine Delphin ne sera peut-être pas fixée.

(1)  Originaires de Martinique, les Viviès se sont implantés en Guadeloupe dans les années 30. Ils y ont bâti un groupe spécialisé dans le négoce des matériaux de construction, qui pèse 70 millions d'euros de chiffre d’affaires (source l’Expansion).

(2)  Le 25/03/2010, le Tribunal correctionnel de Pointe Pitre a relaxé Régine Delphin pour les faits de provocation au vol et de diffamation à l’encontre de la Société Sodimat et Frédéric Vivies. Par contre, elle a été déclarée coupable de diffamation publique à l’encontre de Béatrice Vivies, d’injures publiques à l’encontre de Béatrice Vivies et Frédéric Vivies, de provocation à la discrimination et à la haine raciale.

(3)  Groupe Bernard Hayot (GBH) : parti de Martinique, Bernard Hayot a étendu son emprise sur les Dom, où il représente Carrefour, Renault, Mr Bricolage, Décathlon, Michelin, Danone… Il a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 1,9 milliard d'euros, dont 38% à l'île de la Réunion. Famille Hayot, 155e fortune française estimée en 2012 à 275 millions d’euros. (source Challenges)

(4)  Sylvie Hayot devait répondre de défaut de maîtrise, conduite sous l'empire d'un état alcoolique, rébellion contre les gendarmes, usage de cocaïne, violences et outrages sur des gendarmes, violences et outrages sur des pompiers, injures publiques à caractère racial.

(5)  Sylvie Hayot a été condamnée à 8 mois de prison avec sursis mise à l'épreuve pendant 3 ans avec obligation de soins, à 10 mois de suspension de son permis de conduire et à deux amendes de 3 000 et 500 euros. Elle a été aussi condamnée à payer à chacun des quatre pommiers agressés 1 euro de dommages-intérêts.

(6)  Le tribunal s'est déclaré non saisi du délit d'injures publiques à caractère racial et a renvoyé le parquet à mieux se pourvoir. La procédure à mettre en œuvre en matière d’injure publique à caractère racial est régie par la loi du 31 juillet 1881. Or, lors du procès, le vice-procureur, a affirmé que le parquet a omis de faire référence à cette loi.«La parquet a fait une boulette», dira publiquement le vice-procureur !

11 décembre 2012

Le député britannique George Galloway s’oppose au projet de loi anti-niqab

Le député britannique George Galloway s’oppose au projet de loi anti-niqab

Oumma.com, le 11 décembre 2012

Elle a mis en émoi la bien-pensance de Sa gracieuse Majesté, la victoire écrasante de George Galloway, en avril dernier, aux élections législatives de Bradford Ouest, la ville la plus pakistanaise d’Angleterre, dans le comté du Yorkshire, a fait de nouveau entrer dans le temple législatif le leader du Respect Party, travailliste dans une autre vie, connu pour son opposition à la guerre en Irak et pour avoir la défense de la souveraineté palestinienne chevillée au corps.

Champion incontesté du vote musulman, ce ténor de la vie publique britannique, à l’extrême gauche de l’échiquier politique, est le premier à faire entendre sa différence au sujet de la tentation nationale d’éradiquer le voile intégral de l’espace public. Entraînée dans le sillage des deux locomotives européennes de la criminalisation du long voile marginal, la France et la Belgique, la Grande-Bretagne succombe à son tour aux sirènes de la pénalisation et cherche à prendre le train législatif en marche.

Mais c’était sans compter la belle résistance de George Galloway qui a fait résonner sa réprobation dans l’enceinte du Palais de Westminster à l’encontre de mesures restrictives qui, d’une rive à l’autre de la Manche, et d'un modèle laïque à la française à un sécularisme anglo-saxon, s'exportent toutefois au-dessus d'un océan de différences…

"Tout le monde comprend la nécessité de privilégier une sécurité adéquate", a commenté ce dernier, dimanche, dans le Daily Mail, avant de reprocher : "Mais ces règles m’apparaissent un peu maladroites et confuses."

C'est peu dire que les arguments sécuritaires avancés par ses collègues ne trouvent pas grâce à ses yeux. George Galloway les perçoit comme une discrimination flagrante visant une poignée de musulmanes, et derrière laquelle se dissimule une arrière-pensée foncièrement hostile à la présence musulmane dans toutes ses composantes.

"Nous vivons dans une société multiconfessionnelle et nous devons, plus que tout autre, être particulièrement sensibilisés et vigilants à l’égard d’une telle législation", a-t-il insisté. Mais la voix de George Galloway ne se perdra-t-elle pas face à la clameur anti-voile intégral qui monte des quatre coins du royaume, se faisant chaque jour plus forte et univoque, à l’instar d’un récent sondage YouGov où 67% des Britanniques se déclaraient favorables à l'interdiction du niqab ?