18 février 2013

Nafa KIRECHE : GPK-CRIF, des relations qui vont s'intensifier

Nafa KIRECHE

GPK-CRIF, des relations qui vont s'intensifier

Siwel, le 17 février 2013

Suite à la rencontre entre le Gouvernement provisoire kabyle et le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Nafa Kireche, ministre du GPK, chargé des relations avec les institutions et les organisations politiques françaises est revenu sur les objectifs de cette rencontre dans un entretien accordé à Siwel.

M. Kireche, une rencontre a eu lieu entre une délégation du GPK et le conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Quel en est l'objectif ?

Nafa Kireche: Le principe de cette rencontre était acté de longue date. Elle fait partie du travail diplomatique du GPK. L'objectif est de faire connaitre aux représentants qui comptent dans la société française nos revendications. Le président de l'Anavad a souhaité clarifier certains aspects de notre combat. Ainsi, la nécessité du passage de la revendication de l'autonomie de la Kabylie à l'autodétermination a longuement été évoqué. Ce fut un entretien cordial. D'autres sujets ont été soulevés, comme la crise malienne et ses conséquences sur la géopolitique de la région. Les revendications des peuples touaregs et kabyles sont concomittantes et constituent un prélude à un bouleversement de l'ancien ordre colonial.

Des liens entre les communautés kabyles et juives de France existent-ils ?

M. Prasquier nous a confié que pendant son parcours de médecin, il avait rencontré de nombreux médecins kabyles avec lesquels une sympathie naturelle s'était installée. Il existe de véritables liens et communautés de valeurs entre les communautés kabyles et juives. Son souhait, comme le notre, est d'approfondir et de donner des débouchés à ces liens afin, le cas échéant, de défendre des intérêts communs. Toutefois, sans un état kabyle, il est très difficile de donner une réelle existence à la communauté kabyle de France, souvent dispersée dans ses convictions. Une division qui profite à l'état algérien. Alors qu'un état kabyle constituerait une référence commune à tous les kabyles, indépendamment de leurs convictions politiques ou religieuses.

Quelles sont les attentes mutuelles du GPK et du CRIF ?

Ce qui inquiète le CRIF aujourd'hui, c'est la montée de l'antisémitisme sous diverses formes. Par exemple, l'antisémitisme issu de l'arabo-islamisme, mais également celui issu de certains courants nationalistes occidentaux. En période de crise, cela peut-être dramatique. A ce titre, les kabyles peuvent constituer un rempart, comme ils l'ont été lorsqu'ils ont caché des juifs à l'intérieur de la mosquée de Paris. Ferhat Mehenni a d'ailleurs présenté un document de cette époque écrit en kabyle (chose rare) demandant aux kabyles de cacher ces juifs comme s'ils cachaient leurs propres enfants.

M. Prasquier a reconnu que ce document est la seule preuve dont il dispose concernant le rôle de la mosquée de Paris pendant la deuxième guerre mondiale.

Pour finir, je tiens à informer les kabyles que Ferhat n'a plus de passeport et il a entamé une procédure à l'OFPRA pour obtenir un statut de réfugié politique. Déjà pour être cohérent avec ses convictions et en réponse à la procédure de déchéance de sa nationalité algérienne dont il fait l'objet de la part de l'administration algérienne.

15 février 2013

«Il y a une instrumentalisation de l’islam en France»

«Il y a une instrumentalisation de l’islam en France»

Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed, le 15 février 2013                                               

Ce week-end, l’Hôtel de ville de Paris accueille la 19ème édition du Maghreb des livres. Nadia Henni-Moulaï, journaliste et auteur, y présentera son second livre, Petit précis de l’islamophobie ordinaire.

Un recueil de nouvelles inspirées d’histoires vraies qui témoignent des discriminations et de la stigmatisation que vivent au quotidien les musulmans de France. Dans un contexte où la notion même d’islamophobie est rejetée, ce livre se veut être un manifeste contre "l’islamo-bêtise". Avec humour et ironie, mais sans minimiser la gravité des faits, l’auteure invite les non-musulmans à se rendre compte, au travers de ces chroniques, du ridicule de certaines préjugés, et de s’informer sur la religion musulmane et ceux qui l’incarnent avant d’émettre des avis négatifs.

Après un recueil de nouvelles sur la mémoire de la guerre d’Algérie, pourquoi avoir choisi le thème de l’islamophobie, très controverse, pour ce second livre ?

Nadia Henni-Moulaï : C’est un thème qui s’est imposé à moi. Parce qu’il me touche, qu’il touche à ma famille, à mon histoire. Je me disais il y a une vrai méconnaissance sur le sujet en France. Une amie me racontait une anecdote par rapport à ça - qui est devenue la première chronique de mon livre d’ailleurs -, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. D’où l’idée de ce livre. J’avais envi de rire de ces histoires mais aussi d’avoir un vrai engagement. Il y a une instrumentalisation de l’islam en France. C’est très clair depuis le 11 septembre 2001, mais ça existait bien avant. Sur le contexte, c’est une idée que j’ai eu il y a un an et demi, deux ans. L’actualité m’a confirmé l’importance d’écrire ce livre.

Vous parlez d’engagement. A qui est destiné ce livre ? Aux islamophobes ?

Nadia Henni-Moulaï : L’idéal serait qu’il soit lu par des personnes qui ont un problème avec l’islam. On peut penser qu’elles sont de plus en plus nombreuses. D’après un sondage publié récemment dans Le Monde, 74% des personnes interrogées jugent cette religion «intolérante». Mais combien d’entre eux ont lu ne serait-ce qu’un verset du Coran ? Combien d’entre eux côtoient réellement des musulmans ? J’avais envie, à travers des anecdotes, de démontrer que certains jugements sont à la limite du grotesque. C’est un livre qui s’adresse à ceux qui ont une idée préconçue sur l’islam, aux défenseurs de l’islamo-bêtise.

Le terme «islamophobie» est rejeté par une bonne partie de la sphère politico-médiatique en France, ainsi que par les associations de lutte contre le racisme. Une manière de nier le problème selon vous ?

Nadia Henni-Moulaï : Sur le thème islamophobie, il y a en effet une querelle lexicale. Faut-il parler d’islamophobie ou de musulmanophobie ? C’est une querelle de chapelle. C’est une spécialité bien française de jouer sur les mots pour noyer le poisson. A savoir la représentation de l’islam en France et de ceux qui l’incarnent, les musulmans de France. C’est encore un jeu de dupe. Et le terme, contrairement à ce qu’affirme Caroline Fourest et d’autres, n’est pas apparenté à la révolution iranienne mais remonte au 19e siècle. Si ce n’était qu’un problème de définition, ce ne serait pas si grave. Or, le débat autour du terme «islamophobie» vise justement à cacher une réalité, à savoir les discriminations et la stigmatisation que vivent au quotidien les musulmans en France. D’où l’idée de ces nouvelles.

Sur la forme, comme pour votre premier livre, vous avez fait le choix de vous baser sur des anecdotes pour en faire des nouvelles. Un mélange de réel et de fiction en somme. Pourquoi ce choix ?

Nadia Henni-Moulaï : Les nouvelles fonctionnent bien. Je voulais faire un livre qu’on puisse lire dans le métro. J’ai recueilli une série d’anecdotes, effectivement comme pour le premier livre, que j’ai respecté avant de laisser libre court à mon imagination pour en faire des nouvelles. Mais qui reposent sur des faits réels. L’idée c’était aussi de dédramatiser le sujet. Je ne voulais pas du tout en faire quelque chose de victimisant. C’était essayer de faire rire pour mettre en avant l’islamophobie sans pour autant minimiser la gravité des faits. Les musulmans ont de l’humour contrairement à ce que l’on pense.

Effectivement, si elles font grincer des dents, ces anecdotes sont aussi très drôles. Le rire est la meilleure arme pour combattre les préjugés ? Ainsi que le démontre tous les ans les Indivisibles avec les Y’a Bon Awards qui épinglent «les racistes» de l’année…

Nadia Henni-Moulaï : C’est une très bonne arme mais pas la seule. Il faut s’inscrire sur différents registres. Les Y’a Bon Awards c’est une très bonne initiative, parce qu’ils font tout un travail de veille. Mais il faut également être dans la proposition et dans l’innovation et pas seulement dans la dénonciation. Etre capable d’apporter des solutions. Il faut faire avancer les choses à ce niveau-là. Les populations issues de l’immigration s’illustrent beaucoup dans leur capacité à divertir, à un moment il faut faire autre chose, prendre son destin en main !

Dans ce livre vous adressez également un message aux non musulmans : s’informer. Aller vers la connaissance de l’autre, des musulmans notamment, et ne pas se limiter à regarder TF1 pour reprendre vos termes. La méconnaissance est à la source de la stigmatisation des musulmans en France d’après vous ?

Nadia Henni-Moulaï : Bien sûr, je ne suis pas naïve. Je ne suis pas là à dire allez lire le Coran. En plus, la lecture du Coran comme de la Bible ou de la Thora suppose de faire un effort intellectuel. Les musulmans, justement parce qu’ils sont confrontés à ses attaques, ont été obligés de faire ce travail de connaissance, pour assoir leur identité. Les gens ont le droit de critiquer l’islam, d’émettre des avis négatifs sur l’islam. L’idée dans ce livre c’est de dire aux gens : renseignez-vous sur l’islam avant d’apporter des jugements négatifs. Selon le baromètre Sofres, 69% des sondés passent par la télévision pour se tenir informé de l’actualité. C’est révélateur. Il faut aller au-delà.

Qui a lu la loi de 1905 sur la laïcité dont on parle si souvent ? Qui sait qu’elle a été modifiée plus de 50 fois ?

Nadia Henni-Moulaï : A un moment on ne peut plus faire l’économie du savoir. Encore plus quand on connait les contraintes actuelles des mass media, réagir à l’info dans l’urgence, avec des reportages ou des articles de plus en plus courts, l’obligation de provoquer pour faire du buzz… On ne peut pas se contenter de faire sa culture en regardant le journal de TF1. Ça tombe bien, Beaubourg est ouvert le dimanche !

13 février 2013

Torture au Maroc : le rapport Mendez bientôt rendu public

Torture au Maroc

Le rapport Mendez bientôt rendu public

Par Christophe Guguen, le 13 février 2013

Le rapport final du Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Mendez, sera dévoilé dans quelques jours à Genève lors de la 22e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

L'argentin Juan Mendez, Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, présentera son rapport final sur la torture au Maroc dans quelques jours, à l'occasion de la 22e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève.

Ce rapport, le premier du genre, fait suite à sa visite au Maroc en septembre dernier. Juan Mendez avait passé une dizaine de jours dans le royaume pour rencontrer les autorités marocaines, des représentants de la justice, de la société civile, des groupes de défense des droits de l'homme, des agences de l'ONU, ainsi que des victimes de violences et leurs familles.

Juan Mendez avait fait part de ses premières observations fin septembre lors d'une conférence de presse donnée à Rabat. Il affirmait alors que «le Maroc développe une culture de respect des droits de l'homme qui est un bon point de départ en vue de l'élimination de la torture dans un futur proche. Mais le pays est loin de pouvoir affirmer qu'il a éliminé la torture».

Il expliquait notamment : "Chaque fois qu'il est question de sécurité nationale, il y a une tendance à utiliser la torture dans les interrogatoires. Il est difficile de dire si c'est très répandu ou si c'est systématique, mais cela arrive assez souvent pour que le gouvernement marocain ne puisse l'ignorer".

Torture, impunité, prisons secrètes : ce que dit l'ONU

Pour rédiger son rapport final, Juan Mendez a pu s'appuyer sur les travaux du Comité de l'ONU sur la torture, qui a présenté son rapport périodique Maroc en juin 2012. Ce document fait en effet un point complet sur les sujets de préoccupation du Comité, la collaboration de l'Etat marocain et les recommandations de l'ONU.

Voici ci-dessous les grands axes de ce rapport Maroc, qui n'a fait l'objet d'aucune publicité dans le royaume depuis sa publication.

Aspects positifs

Le Comité de l'ONU sur la torture se félicite du «dialogue constructif» entre ses experts et l'Etat marocain. Il note également «avec satisfaction» la ratification par le Maroc d'un certain nombre de conventions internationales, de la mise en place du CNDH, du vote de la nouvelle constitution et du lancement de la réforme de la justice.

Définition et criminalisation de la torture

Selon le Comité, le Maroc «devrait s’assurer que les projets de loi actuellement devant le Parlement étendent le champ de la définition de la torture, conformément à l’article premier de la Convention contre la torture. L’État partie, conformément à ses obligations internationales, devrait veiller à ce que quiconque se rend coupable ou complice d’actes de torture, tente de commettre de tels actes ou participe à leur commission fasse l’objet d’une enquête, et soit poursuivi et sanctionné sans pouvoir bénéficier d’un délai de prescription.

Utilisation de la torture dans les affaires de sécurité

Le Comité se dit «préoccupé par les nombreuses allégations d’actes de torture et de mauvais traitements commis par les officiers de police, les agents pénitentiaires et plus particulièrement les agents de la Direction de surveillance du territoire (DST) – désormais reconnus comme officiers de police judiciaire – lorsque les personnes, en particulier celles suspectées d’appartenir à des réseaux terroristes ou d’être des partisans de l’indépendance du Sahara occidental, sont privées de l’exercice des garanties juridiques fondamentales comme l’accès à un avocat ou durant les interrogatoires dans le but de soutirer des aveux aux personnes soupçonnées de terrorisme».

Impunité des responsables de torture

Le Comité «est particulièrement préoccupé par le fait de n’avoir reçu à ce jour aucune information faisant état de la condamnation d’une personne pour actes de torture au titre de l’article 231.1 du Code pénal. Le Comité note avec préoccupation que les officiers de police sont dans le meilleur des cas poursuivis pour violences ou coups et blessures, et non pour le crime de torture, et que selon les données fournies par l’État partie, les sanctions administratives et disciplinaires prises à l’endroit des officiers concernés ne semblent pas proportionnées à la gravité des actes commis. Le Comité note avec préoccupation que les allégations de torture, pourtant nombreuses et fréquentes, font rarement l’objet d’enquêtes et de poursuites et qu’un climat d’impunité semble s’être instauré en raison de l’absence de véritables mesures disciplinaires et de poursuites pénales significatives contre les agents de l’État accusés des actes visés dans la Convention, y compris les auteurs des violations graves et massives des droits de l’homme commises entre 1956 et 1999».

«Transfèrements secrets» de la CIA

Le Comité «prend note des déclarations de l’État partie selon lesquelles il n’était pas impliqué dans les opérations de «transfèrements secrets» menées dans le contexte de la lutte internationale contre le terrorisme. Néanmoins, le Comité reste préoccupé par les allégations selon lesquelles le Maroc aurait servi de point de départ, de transit et de destination de «transfèrements secrets» opérés en dehors de tout cadre légal, notamment dans les cas de MM. Mohamed Binyam, Ramzi bin al-Shib et Mohamed Gatit. Il note que les informations lacunaires fournies par l’État partie sur les enquêtes qu’il a menées à ce sujet ne sont pas à même de dissiper ces allégations. Le Comité est gravement préoccupé par les allégations selon lesquelles tous ces «transfèrements secrets» se seraient accompagnés de détention au secret et/ou dans des lieux secrets, d’actes de torture et de mauvais traitements, notamment lors des interrogatoires des suspects, ainsi que de refoulements vers des pays dans lesquels les personnes auraient été également soumises à la torture».

Les prisons secrètes du Maroc

Le Comité «prend note des déclarations faites par l’État partie durant le dialogue selon lesquelles il n’existait aucun centre de détention secret au siège de la DST à Témara, comme l’attestaient les résultats des trois visites effectuées par le Procureur général du Roi en 2004, mais aussi par les représentants de la Commission nationale des droits de l’homme et par plusieurs parlementaires en 2011. Toutefois, le Comité regrette le manque d’informations relatives à l’organisation et à la méthodologie de ces visites, qui au vu de la situation et des allégations nombreuses et persistantes de l’existence d’un tel centre de détention secret ne permettent pas de lever le doute sur ce point. Cette question reste donc un objet de préoccupation pour le Comité. Ce dernier est également préoccupé par les allégations selon lesquelles des lieux de détention secrets existeraient également au sein même de certains établissements de détention officiels. D’après les allégations reçues par le Comité, ces centres de détention secrets ne feraient l’objet d’aucune surveillance ni inspection de la part d’organes indépendants. Pour finir, le Comité est préoccupé par les allégations selon lesquelles une nouvelle prison secrète aurait été construite dans les environs d’Ain Aouda, près de la capitale de Rabat, pour y détenir les personnes soupçonnées d’être liées à des mouvements terroristes».

Torture au Sahara

Le Comité «est préoccupé par les allégations faisant état d’arrestations et de détentions arbitraires, de détentions au secret et dans des lieux secrets, d’actes de torture et de mauvais traitements, de l’extorsion d’aveux sous la torture et d’un usage excessif de la force par les forces de sécurité et par les forces de l’ordre marocaines au Sahara occidental.»

Traitement des migrants et des étrangers

Le Comité «prend note» des informations fournies par le Maroc mais «reste toutefois préoccupé par les informations reçues selon lesquelles, dans la pratique, des migrants illégaux ont été reconduits à la frontière ou expulsés en violation des lois marocaines, sans avoir eu la possibilité de faire valoir leurs droits. Suivant plusieurs allégations, des centaines d’entre eux auraient été abandonnés dans le désert sans eau ni nourriture. Le Comité déplore le manque d’information sur ces événements de la part de l’État partie, ainsi que sur les lieux et les régimes de détention des étrangers en attente d’expulsion qui ne relèvent pas de l’administration pénitentiaire. Le Comité déplore enfin le manque d’information au sujet des enquêtes éventuellement menées sur les violences commises par les forces de l’ordre à l’encontre de migrants clandestins dans les régions de Ceuta et Melilla en 2005».

Coopération avec les mécanismes de l’ONU

Le Comité recommande au Maroc «d’intensifier sa coopération avec les mécanismes des droits de l’homme de l’ONU, notamment en autorisant les visites, entre autres, du Groupe de travail sur la détention arbitraire, de la Rapporteuse spéciale sur la traite des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants, et du Rapporteur spécial sur le droit de réunion et d’association pacifiques».

Il invite aussi le Maroc «à envisager d’adhérer aux principaux instruments relatifs aux droits de l’homme auxquels il n’est pas encore partie, notamment au Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et au Statut de Rome de la Cour pénale internationale». (un projet de loi a été validé en décembre dernier par le gouvernement pour ratifier ce protocole facultatif à la Convention contre la torture).

Enfin, le Comité de l'ONU exhorte le Maroc «à diffuser largement les rapports qu’il a soumis au Comité, ainsi que les conclusions et recommandations de celui-ci, par le biais des sites Internet officiels, des médias et des organisations non gouvernementales».

Terrorisme légal s’il est d’Etat

Terrorisme légal s’il est d’Etat

Par Manlio Dinucci, le 12 février 2013

Tandis qu’il promet dans son spot électoral des «réformes radicales contre le gaspillage et la corruption», Mario Monti envoie à Tripoli le ministre de la défense Di Paola avec un paquet cadeau d’environ 100 millions d’euros : 20 véhicules blindés de combat Puma, remis à «titre gratuit» (c’est-à-dire payés avec l’argent public des contribuables italiens) aux gouvernants libyens, dont l’engagement anti-corruption est bien connuUn groupe de pouvoir, à l’intérieur duquel sont en cours de féroces vengeances, mis en cause même par le Conseil de sécurité de l’Onu, pour ses «continuelles détentions illégales, tortures et exécutions extra-judiciaires». Tout parfaitement légal, cependant. La loi sur les missions internationales des Forces armées pour la «consolidation des processus de paix et de stabilisation», approuvée il y a trois semaines par le sénat avec un vote bipartisan presque unanime, autorise la dépense pour proroger l’emploi de personnel militaire italien en activité d’«assistance, support et formation en Libye» dans le but de «rétablir la sécurité publique». L’Italie se met ainsi en rang derrière les Etats-Unis, qui sont en train de former une force d’élite libyenne avec la mission officielle d’ «affronter et vaincre les organisations terroristes et extrémistes violentes». Les mêmes qui ont été utilisées en 2011 par les puissances occidentales pour semer le chaos en Libye, alors que l’Otan l’attaquait avec ses chasseurs-bombardiers et ses forces spéciales (les qataris comprises) infiltrées. Les mêmes organisations terroristes qui sont aujourd’hui armées et entraînées par l’Otan, notamment dans des camps militaires en Libye, pour semer le chaos en Syrie.

Le secrétaire à la défense étasunien Leon Panetta a déclaré au Congrès que, depuis l’an dernier, le Pentagone arme les «rebelles» en Syrie. La majorité d’entre eux n’est pas constituée de Syriens, mais de groupes et militants d’autres nationalités, parmi lesquels des Turcs et des Tchétchènes. Il s’avère de source autorisée qu’il y ait aussi des criminels saoudiens, recrutés dans les prisons, à qui est promise l’impunité s’ils vont combattre en Syrie.  La mission de ce ramassis armé est celle de semer la terreur à l’intérieur du pays : avec des bombes chargées d’explosifs à fort potentiel, des enlèvements, des violences de tous types surtout sur les femmes, assassinats en masse de civils.  Ceux qui ont le coeur bien accroché trouveront sur Internet des vidéos tournées par les «rebelles» eux-mêmes : comme celle d’un jeune garçon qu’on pousse à couper la tête, avec une épée, à un civil qui a les mains liées dans le dos.

De plus en plus, en Syrie comme ailleurs, la stratégie Usa/Otan mise sur la «guerre secrète». Non fortuitement Obama a choisi comme futur chef de la Cia John Brennan, «conseiller antiterrorisme» à la Maison Blanche, spécialiste des assassinats à distance par des drones armés, responsable de la «kill list» autorisée par le président. Où il n’est pas exclu qu’il y ait eu aussi le nom de Chokri Belaid, le dirigeant tunisien assassiné par des killers professionnels avec une technique typiquement terroriste.

Domination raciste: Des colonies aux quartiers

Domination raciste

Des colonies aux quartiers

Anarkismo, le 12 février 2013

L’héritage colonial des politiques sécuritaires menées aujourd’hui dans les quartiers populaires se manifeste dans les stratégies de maintien de l’ordre, avec la réactivation de la figure de l’«ennemi intérieur».

De nombreux éléments sécuritaires issus de l’héritage colonial sont parfaitement appliqués et transposés sur le territoire national, plus spécifiquement dans les quartiers dits populaires (QP). Il s’agit de faire peser sur ces quartiers une surveillance policière de tous les instants, à travers un quadrillage serré et une multiplication des contrôles. Cette répression est directement inspirée du modèle colonial. Aujourd’hui, comme au temps des colonies, il s’agit de pacifier, de reconquérir des territoires, d’éduquer des sauvageons ou des barbares, de les adapter à nos dispositifs forcément «civilisés».

La guerre coloniale comme référence

Les pratiques politiques, policières, voire législatives font clairement référence au contexte colonial, dans une perspective de guerre préventive : contrôles au faciès répétés, couvre-feu, interdiction des rassemblements dans les halls d’immeubles, pénalisation et sanctions financières pour les parents de jeunes considérés comme «déviants». Toute contestation des habitantes et habitants des quartiers est aussitôt dépolitisée, racisée et criminalisée.

Il s’agit bien là d’une législation d’exception. La pensée sécuritaire a été alimentée à partir de la reformulation de dispositifs de contrôle conçus pour la guerre coloniale. La construction de l’immigration et des quartiers populaires comme un danger participe de la représentation d’une menace globale, autorisant la promotion d’un contrôle sécuritaire et militarisé total. Mathieu Rigouste démontre comment les discours et les termes de la guerre coloniale sont utilisés comme référent technique de la pensée sécuritaire, entre reconduction pure, reformulations et réagencements [Mathieu Rigouste, "La domination policière, une violence industrielle"].

Les modèles actuels de politiques d’intervention (jusqu’aux pratiques de guerre psychologique) trouvent par exemple leurs racines dans la bataille d’Alger. Le fantasme de nouvelles menaces légitime des dispositifs de surveillance extrêmes, en terrorisant la population, la faisant vivre sous pression constante. Les institutions (école, medias…) viennent appuyer ces derniers en pratiquant un conditionnement psychologique visant à préparer les mentalités, à leur faire accepter un esprit de défense contre des menaces fabriquées.

Cette reproduction et la restructuration des mécanismes coloniaux de maintien de l’ordre servent à affirmer la domination policière sur une population en situation d’apartheid social.

S’organiser face à la violence d’État

Une mémoire des luttes s’est construite à travers les confrontations avec la police. Les trente dernières années sont marquées par l’embrasement récurrent des QP, des «rodéos des Minguettes» en 1981 jusqu’aux émeutes de novembre 2005. Ces mouvements de révolte ont mis en évidence le recours systématique et disproportionné à la fermeté et au contrôle. Le renforcement du dispositif sécuritaire et du pouvoir des policiers, conforté par dix ans de sarkozysme, nous appelle à nous positionner contre la gestion colonialiste des quartiers. Il s’agit de manifester notre solidarité avec les victimes de violences policières, celles et ceux qui subissent la répression, et de soutenir toutes les victimes de discriminations. Ce que nous révèle le traitement des QP, c’est la nature profondément raciste de l’État français, de droite ou de gauche.

Jozef De Witte : «La politique d’intégration est un échec à cause des hommes politiques»

 «La politique d’intégration est un échec à cause des hommes politiques»

Jozef De Witte 

Belga, le 9 Février 2013

Le directeur du Centre pour l’égalité des chances, Josef De Witte, n’y va pas par quatre chemins. Selon lui, si la politique d’intégration est un échec, c’est de la faute des hommes politiques.

La politique d’intégration et d’immigration est un échec et cet échec est dû aux hommes politiques. C’est la conclusion à laquelle est arrivé Jozef De Witte, vingt ans après la création du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme dont il est le directeur.

«Quand une politique échoue, il faut regarder du côté de ceux qui la font. Pas vers les migrants», affirme-t-il dans une interview au Morgen. «Je n’ai pas de problèmes à ce que les migrants aient des obligations, mais actuellement il y a un trop grand déséquilibre. En tant que société, nous avons aussi des obligations envers les migrants».

Le directeur résume la politique d’intégration comme «beaucoup trop tardive, avec beaucoup trop peu de moyens». «Dans les années 90, les budgets pour l’intégration étaient aussi ridicules. Les partis traditionnels ont commis une abstention coupable jusque dans les années 2000 parce qu’ils avaient peur de perdre des voix au profit du Vlaams Belang chaque fois que le mot ’migrant’ était prononcé. C’est pour cela qu’ils n’ont mené aucune politique migratoire ou d’intégration et qu’ils ont tu le problème pendant trop longtemps. Cette dette, on s’en débarrasse difficilement», souligne Jozef De Witte.

Un changement de mentalité

Il plaide pour un changement total des mentalités belges et pointe notamment les mauvais chiffres d’emploi des migrants. «Les employeurs raisonnent encore trop en terme de préjugés et de risques et les autorités font trop peu pour réduire ce problème», relève-t-il. «Chaque homme politique doit prendre conscience qu’il doit mener une politique qui n’exclue personne».

09 février 2013

Islam : 1 jeune Flamand sur 3 est intolérant

Islam : 1 jeune Flamand sur 3 est intolérant

SudInfo, le 08 février 2013

Selon une vaste étude relayée par De Morgen, 20% des jeunes Flamands estiment que les musulmans ne devraient pas pratiquer leur religion en Belgique alors qu’1/3 hésite sur la question.

Une étude de grande envergure réalisée auprès d’adolescents anversois et gantois révélée par le journal De Morgen est assez décapante  : on y apprend qu’un jeune Flamand sur 3 a une vision nettement négative des musulmans et près d’1/5 des personnes interrogées est persuadé du fait que beaucoup de musulmans sont des criminels.

De leur côté, les jeunes musulmans ne sont d'ailleurs pas en reste dans les positions intolérantes. Ainsi, ils sont près de la moitié à souhaiter l'annulation du mariage homosexuel et 1/4 estiment la violence contre les homosexuels justifiée. Puis, 21% des jeunes musulmans approuvent l’exécution des homos dans les pays où celle-ci est pratiquée. Mais, de manière générale, 1/3 des Flamands sont dérangés quand il voient deux hommes s’embrasser.

Les jeunes islamiques sont très nombreux à être portés par des idées antisémites : 45% se déclarent d’accord avec les clichés suivants : "les juifs sont dominants" ou "les juifs incitent à la guerre". Les chercheurs concluent que "l’antisémitisme semble progressivement s’intégrer dans l’identité contemporaine des jeunes musulmans".

Bref, la diversité n’est donc pas une valeur portée aux nues par les jeunes, musulmans ou non. Le professeur émérite Mark Elchardus, qui a mené l’étude, remarque que les conceptions traditionnelles et conservatives impliquent souvent une intolérance vis-à-vis des autres groupes. "Cette idée de melting-pot sympathique n’est que du baratin romantique" ajoute-t-il.

08 février 2013

Charte des juifs anti-sionistes

Charte des juifs anti-sionistes

CHARTE DE L’IJAN

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Par Arnold Lagémi, le 8 février 2013

... Nous formons un réseau international de Juifs et de Juives qui s’engagent de façon inconditionnelle en faveur de la lutte pour l’émancipation des êtres humains. Nous considérons que la libération du peuple palestinien et de sa terre forme un volet essentiel de cette émancipation. Notre engagement porte sur le démantèlement du régime d’apartheid israélien, le retour des réfugiés palestiniens et la fin de la colonisation israélienne sur la Palestine historique.

Le nettoyage ethnique historique et toujours en cours perpétré par Israël à l’encontre du peuple palestinien sur sa propre terre vient contredire et trahir cette longue histoire de la participation juive à des mouvements collectifs de libération.

Le sionisme – idéologie fondatrice de l’Etat d’Israël et qui en est le soutien actuel, est issu du colonialisme européen et s’est diffusé à la suite du génocide nazi. Le sionisme s’est nourri des épisodes les plus violents et oppressifs de l’histoire du dix neuvième siècle, marginalisant ainsi l’engagement de nombreux Juifs dans les mouvements de libération. Pour retrouver une place au sein des vibrants mouvements populaires actuels, il faut mettre fin au sionisme sous toutes ses formes.

En conséquence, le sionisme nous implique dans l’oppression du peuple palestinien et porte préjudice à notre propre héritage, à nos luttes pour la justice et à nos alliances avec nos semblables.

Nous nous engageons à : Nous opposer au sionisme et à l’État d’Israël Le sionisme est raciste. Il exige l’allégeance à un ordre politique, juridique et économique qui privilégie et valorise les Juifs ainsi que les Européens et leurs cultures par rapport aux peuples autochtones et à leurs cultures. Le sionisme n’est pas seulement raciste, il est aussi antisémite. Il reprend à son compte l’imagerie européenne et antisémite du “Juif de la diaspora” efféminé, cupide et faible, et y lui oppose celle d’un “Nouveau Juif”, violent, militariste et sexiste, un Juif qui est l’auteur d’une violence raciale plutôt que d’en être une victime.

Le sionisme perpétue l’exception juive. Pour justifier ses crimes, le sionisme présente une version de l’histoire juive déconnectée de l’histoire et de l’expérience d’autres peuples. Il promeut un narratif selon lequel l’holocauste nazi est exceptionnel dans l’histoire de l’humanité. Il place les Juifs à part, par rapport aux victimes et aux survivants d’autres génocides, au lieu de nous unir à eux.

Le sionisme prétend que la sécurité des Juifs repose sur un état juif militarisé. Mais Israël ne met pas les Juifs en sécurité. Sa violence garantit l’instabilité et la peur pour ceux qui sont sous sa sphère d’influence, et met en danger la sécurité de tous, y compris des Juifs, et ce bien au-delà de ses frontières.

Le sionisme a volontairement participé à créer les conditions qui ont conduit à la violence à l’encontre des Juifs dans les pays arabes. L’hostilité née de la violence israélienne et de la domination militaire sur les Juifs vivant en Israël et ailleurs est utilisée pour justifier encore plus de violence sioniste.

Nous nous engageons à : Rejeter l’héritage colonial et l’expansion colonialiste en cours. Dès l’instant où le mouvement sioniste a décidé de bâtir un état juif en Palestine, il est devenu un mouvement de conquête. A l’instar de tous les mouvements de conquête et des idéologies colonialistes en Amérique ou en Afrique, le sionisme s’appuie sur la ségrégation entre les peuples ; par la confiscation de la terre, il s’engage dans le nettoyage ethnique qui repose sur une violence militaire implacable.

Nous nous engageons à :

Nous opposer aux organisations sionistes. Non content de donner forme à l’Etat d’Israël, le sionisme a fondé sa politique internationale de domination militaire et d’hostilité envers ses voisins et a instauré un réseau mondial complexe d’organisations, de lobbys politiques, d’entreprises de relations publiques, de clubs universitaires, et d’écoles pour appuyer et propager les idées sionistes au sein des communautés juives et dans l’opinion publique de façon générale.

Un réseau international d’institutions et d’organisations sionistes appuie l’armée israélienne par des financements directs. De plus, ces organisations fournissent un soutien politique nécessaire à la légitimation et à la promotion de leurs visées politiques et de leurs projets humanitaires. Dans certains pays, ces organisations censurent toute critique envers Israël et ciblent des individus et des organisations qui sont mis sur listes noires et sont victimes de violences, d’emprisonnement, de déportation, de privation d’emploi et d’autres sanctions économiques.

Ces organisations diffusent l’islamophobie. Agitant l’épouvantail de la guerre à l’étranger, elles instaurent une législation répressive dans leurs propres pays. Aux Etats-Unis et au Canada les groupes sionistes ont aidé à faire passer la législation «antiterroriste», exposant ainsi à des poursuites judiciaires pour aide au terrorisme et trahison, toute activité favorable au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël ainsi que le soutien aux organisations palestiniennes, iraniennes, iraquiennes, libanaises et musulmanes. En Europe et aux Etats-Unis, des groupes soit disant «juifs» sont désormais au premier rang de l’appel à la guerre contre l’Iran.

Mais l’édifice sioniste et celui de la suprématie mondiale des Etats-Unis se fissurent. A la suite de l’extraordinaire résistance de la Palestineet du Sud Liban à l’agression et à l’occupation israélienne et américaine, qui ont tenu en dépit de ressources limitées et de nombreuses trahisons, le mouvement international de solidarité avec les Palestiniens en lutte contre la politique des USA et d’Israël prend de l’élan.

En Israël, cet élan est visible dans une contestation croissante qui ouvre la voie à la revendication d’un double héritage des années 60 celui du Matzpen, organisation israélo-palestinienne, juive et antisioniste et celui du parti Mizrahi des Panthères Noires. Plus largement, le refus de la conscription obligatoire dans l’armée israélienne est croissant dans la jeunesse.

La propagande de la guerre occidentale contre le terrorisme sert de caisse de résonance à l’islamophobie de l’élite indienne et fournit aux régimes du Moyen Orient et de l’Asie du Sud-ouest une opportunité pour réprimer sévèrement toute dissidence. Malgré cela, des soulèvements populaires et des chapitres glorieux des luttes anti-coloniales remettent en question cette alliance et devraient lui porter un coup fatal.

Nous nous engageons à : Etre solidaires et à travailler pour l’apaisement et la justice. Nous sommes engagés aux côtés du peuple palestinien pour sa libération et son autodétermination. De tout notre cœur, notre volonté et notre énergie politique nous soutenons la résistance du peuple palestinien dans toute sa diversité et sa vaillance et nous faisons front à l’injustice dont sont coupables les pays où nous vivons.

Nous soutenons sans équivoque le Droit au Retour des Palestiniens sur leur terre. Nous appelons à l’abrogation du droit au retour raciste israélien qui privilégie le droit de toute personne se déclarant juive de s’installer en Palestine tout en privant les réfugiés palestiniens de ce droit.

Nous nous engageons à soutenir la justice pour guérir les blessures infligées par la force et par le droit colonial en Palestine et dans l’ensemble de la région ; pour guérir les traumatismes qu’ont subi les Juifs en Europe et dont se sert le projet sioniste, pour guérir les peurs et privations endurées dans des massacres au fil des années ainsi que les manipulations de la culture et des ressources exercées dans le but d’exploiter les Juifs Mizrahi et de les séparer des Palestiniens.

La justice pour laquelle nous travaillons est à construire par ceux, partout en Palestine, y compris en Israël et par les réfugiés palestiniens, dont la lutte pour l’autodétermination leur apportera l’égalité et la liberté ainsi qu’aux autres habitants des alentours.

Nous vous appelons à nous rejoindre. Ces engagements nécessitent la construction d’un mouvement juif uni à l’échelle internationale, qui s’oppose au sionisme et à sa volonté de vouloir parler au nom de tous les Juifs. Face à un adversaire international il ne suffit pas de travailler au niveau local, ni au niveau national. Nous devons trouver des moyens d’agir ensemble par delà les frontières géographiques, sectorielles et linguistiques. Il y a place pour toutes sortes d’initiatives et d’organisations, existantes ou nouvelles, qui puissent travailler en toute indépendance et conjointement, en soutien mutuel et en collaboration.

Etes-vous contre le racisme sous toutes ses formes ? Alors, nous vous appelons à nous rejoindre pour mettre fin à l’apartheid israélien.

Pour que sur cette planète on puisse vivre dans la sécurité, la justice et la paix, il faut mettre fin au projet colonial israélien. C’est avec joie que nous nous lançons dans le travail de sape collective d’un système de conquête et de destruction qui a fait souffrir notre monde pendant trop longtemps.

"L'Islamophobie: Comprendre pour agir !"

"L'Islamophobie : Comprendre pour agir !"

Le Service Islamique de la Jeunesse de Belgique (www.SIJB.be) a le plaisir et l’honneur de vous convier à sa conférence intitulée : "L'Islamophobie: Comprendre pour agir !"

Avec Marwan Muhammed de France du Collectif Contre l'Islamophobie en France !

Samedi 23 février 2013 à 15h30

Réservation/ Information :

Adresse : Centre Islamique et Culturel de Belgique, 14, Parc du Cinquantenaire, Bruxelles - Belgique

Télèphone : 04 84 70 34 03

E-mail : Service.de.jeunesse@gmail.com

Organisateur : Le Service Islamique de la Jeunesse de Belgique

Un rapport accablant sur l'intégration fustige la polémique sur le port du voile

Un rapport accablant sur l'intégration fustige la polémique sur le port du voile

Oumma.com, le 8 février 2013

Matignon se mordrait-t-il les doigts d’avoir commandé un rapport sur la politique d’intégration, dont les conclusions et les préconisations, tout à la fois accablantes pour tous les gouvernements et à contre-courant de la doxa dominante, jettent un gros pavé dans la mare républicaine ? Faut-il voir dans l’annulation au dernier moment de sa présentation officielle, prévue aujourd’hui, un funeste présage ?

Pourtant, en confiant au conseiller d’Etat Thierry Tuot, ancien directeur général du Fonds d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles (FAS), et auteur d’un précédent réquisitoire «Les indésirables» contre l’inertie de la France en matière d’intégration des étrangers, la lourde tâche de dresser le bilan de 30 ans d’une politique d’intégration mille fois torpillée, et avec elle une certaine idée de la France, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devait bien s’attendre à un état des lieux sans complaisance, donnant un grand coup de pied dans la fourmilière des certitudes et des idées reçues.

Mais Thierry Tuot, l’empêcheur de gouverner en rond et de se complaire dans l’auto-satisfaction, aurait-il rendu une copie plus vitriolée que ne l'imaginait le chef du gouvernement, en épinglant notamment la tyrannie laïcarde qui voue aux gémonies l’islam et les musulmans ?

Ses deux propositions majeures, qui ne lui vaudront certainement aucune palme rutilante, à part celle de la franchise dans un océan de contrevérités, recommandent d’accorder un «titre de tolérance» pour régulariser progressivement une grande partie des sans-papiers et d’en finir avec les controverses incessantes sur le port du voile.

"La politique de lutte pour l'intégration des immigrés a toujours été un désir ou un regret (...) plutôt qu'une réalité", dénonce-t-il, dans un rapport transmis à l'AFP. Les responsables, "tous partis confondus", ont "oublié jusqu'au mot même d'intégration" et ont "détruit les outils" de cette politique, en coupant les crédits des établissements et des associations, critique-t-il.

La majorité des sans-papiers sont inexpulsables "soit parce que le pays vers lequel on les reconduirait leur ferait un très mauvais sort" soit en raison de leur "situation personnelle (enfants, santé...)", affirme-t-il.

Aux débats poudre aux yeux sur l’islam, aux polémiques passionnelles et bruyantes qui exacerbent l’islamophobie tout en faisant diversion sur le plan politique, à la diabolisation du voile, Thierry Tuot dit «Stop !» et pointe du doigt "le laïcisme de combat, furibond et moralisateur".

"La France a-t-elle jamais dépendu de ce qu'un bout de tissu - boubou, coiffe bretonne, chèche ou béret - soit porté d'une façon ou d'une autre?", interroge-t-il, tout en listant ses suggestions, dont certaines sont à forte charge symbolique : ériger un "mur du souvenir" aux soldats étrangers morts pour la France, créer des "lieux de mémoire" dans les quartiers, sans oublier les anciens immigrés, pour lesquels il suggère de rénover rapidement les foyers Adoma (ex-Sonacotra), et de faciliter leurs allers et retours entre la France et le pays d'origine.

La multiplication des carrés musulmans dans les cimetières figure aussi sur la liste des réformes soumises au gouvernement par Thierry Tuot, qui mène, à son tour, une chasse aux sorcières mais uniquement contre les fantasmes qui obscurcissent la réalité.

01 février 2013

Malgré les critiques à l’ONU, la loi sur les signes religieux à l’école devrait rester inchangée

Malgré les critiques à l’ONU, la loi sur les signes religieux à l’école devrait rester inchangée

Stéphanie Le Bars, le 31 janvier 2013

Le gouvernement français a jusqu’à fin avril pour apporter une réponse à l’avis rendu le 1er novembre par le comité des droits de l’homme de l’ONU sur une affaire opposant un élève sikh, souhaitant conserver son turban à l’école, à la France.

Critique sur la législation française, le comité estime que l’exclusion du jeune homme, conformément à la loi de mars 2004 prohibant le port de signes religieux dans les établissements scolaires publics «n’était pas nécessaire», qu’elle allait à l’encontre de «ses droits de manifester sa religion» et constituait donc une «violation» du pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Le comité relève certes que la mesure contestée par le jeune homme poursuivait un but légitime, en l’occurrence, la préservation de la neutralité, de la paix et de l’ordre dans le système public d’éducation, au nom de la laïcité. Néanmoins, il juge que la France n’a «pas fourni la preuve que le port du turban ait constitué une menace sur les droits et la liberté des autres élèves ou sur l’ordre public dans l’établissement». Il juge donc que la France doit dédommager le jeune homme, faire en sorte «d’éviter de pareilles violations» [des droits] à l’avenir et «revoir la loi de 2004».

Une loi "conforme" aux décisions de la CEDH

Pourtant contrairement à ce que laissent entendre depuis plusieurs semaines des sites musulmans d’informations ou des associations, cet avis, dont les effets ne sont pas contraignants, ne devrait pas avoir d’incidence sur la législation actuelle, qui concerne en grande partie les élèves musulmanes voilées. Le ministère des affaires étrangères, chargé de répondre au Comité, nous indique en effet que «dans le cadre de ses engagements au titre du protocole facultatif au pacte international relatif aux droits civils et politiques», la France rappellera au Comité que «l'interdiction de signes religieux ostensibles à l’école publique a été jugée conforme au système européen de protection des droits de l’homme par la Cour européenne des droits de l’homme».

Concernant une précédente affaire, examinée en juillet 2011 par le comité et qui opposait la France à un homme portant le turban et refusant de l’ôter pour procéder à des photographies d’identité, le ministère indique également : «la France a informé le Comité de son intention de ne pas modifier, à ce stade, la réglementation sur les photographies d’identité, jugée conforme au système européen de protection des droits de l’homme par la Cour européenne des droits de l’homme». «Les pouvoirs publics entretiennent des contacts réguliers avec les représentants des associations sikhes de France dans un esprit de dialogue constructif permettant des avancées concrètes dans le respect des lois et réglementations en vigueur», ajoute-t-on au ministère. Les représentants sikhs plaident eux pour que «leur liberté de religion et de croyance soit respectée et protégée par tous et pour tous ceux qui vivent sur le territoire français».

29 janvier 2013

Islam : la France est-elle devenue paranoïaque ?

Islam

La France est-elle devenue paranoïaque ?

Par Lucile Marbeau, le 29 Janvier 2013

Un récent sondage, réalisé par l’institut IPSOS, révèle l’ampleur de l’islamophobie en France. Raphaël Liogier, directeur à Sciences Po Aix-en-Provence de l'Observatoire du religieux, décrypte pour Atlasinfo cette ambiance paranoïaque. Il vient de publier "Le mythe de l’islamisation. Essai sur une obsession collective" (Seuil, 2012).

Publiée le 24 janvier dernier, l’enquête «France 2013 : les nouvelles fractures», menée par IPSOS pour Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et le CEVIPOF, démontre un large rejet de l’islam par les Français, au-delà de l’électorat de l’extrême-droite. Pour 74% des sondés, la pratique musulmane en France est intolérante et incompatible avec les valeurs de la société française. Pour 80% d’entre eux, l’islam cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres … Sous cette dernière statistique, le sociologue Raphaël Liogier lit le signe d’un sentiment paranoïaque plus que du simple rejet : «80% des Français pensent que les musulmans refusent sciemment de s’intégrer et qu’ils cherchent à imposer leur religion. Le fait de supposer une intention unique et maligne chez toute une population relève clairement d’un sentiment paranoïaque».

«L’Islamisation, une mise en scène du déclin de l’Europe»

Cette ambiance paranoïaque, selon Raphaël Liogier, s’explique par une grave crise identitaire : «Ce sondage met pour la première fois en exergue avec des chiffres, ce que j’explique dans mon livre: il existe un lien direct avec une crise identitaire des Européens. Une grande partie du sondage est consacré au fait que la majorité des Français pensent que la mondialisation n’est pas une opportunité mais un risque, qu’il faut avoir peur de l’autre, et que nous sommes dans une période de déclin irréversible. Quand on pense que tout est foutu, on cherche une raison au désastre, il faut un coupable, et c’est le musulman qui va jouer ce rôle».

Cette crise identitaire, accompagnée d’un rejet de l’islam est selon lui un phénomène européen. L’élément déclencheur ne serait pas tant les attentats du 11 septembre 2001, mais l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Pour la première fois, l’Europe a été mise de côté par les Etats-Unis. Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire américain à la Défense, la désigne même de «Vieille Europe»«C’est un tournant majeur historique. Après avoir perdu son importance économique, sa supériorité militaire, l’Europe ne garde même plus son prestige d’antan... Et on constate qu’à partir de 2003, des associations se créent à travers tout le continent pour lutter contre l’islamisation et défendre les identités européennes. C’est à la même époque que le mot «communautarisme» devient synonyme d’islam. La crainte de l’islamisation devient en quelque sorte une mise en scène du déclin de l’Europe. Or la crise identitaire vécue par l’Europe n’a rien à voir avec l’islam !». En 2006, les pays de l’Union se divisent d’ailleurs sur la question de l’introduction d’une référence aux «racines chrétiennes» dans la Constitution européenne …

Islamophobie et ambiance paranoïaque : le danger du populisme

Raphaël Liogier rappelle qu’en 2003, la France se lançait dans un grand débat sur la laïcité, dans le cadre de la Commission Stasi. La loi d’interdiction du voile à l’école suit en 2004. Le sondage effectué par IPSOS démontre que l’islamophobie n’est ni de droite, ni de gauche. Parmi les sondés, si 93% des électeurs du Front National estiment que la religion musulmane est intolérante, 65% des électeurs socialistes partagent la même opinion. « Les hommes politiques ont une grande part de responsabilité pour avoir alimenté l’ambiance paranoïaque dans l’opinion afin d’en tirer des bénéfices électoraux, alors qu’ils savent que les «musulmans» ne sont pas un problème en soi !» constate avec amertume le sociologue. Jean-François Copé, dans le combat qui l’opposait cet automne à François Fillon pour la présidence de l’UMP, n’a pas hésité à agiter le spectre de l’intégrisme musulman, en racontant la désormais fameuse histoire du pain au chocolat arraché des mains d’un jeune à cause du ramadan …

Sommes-nous confrontés à une «lepénisation» de la société française ? Pour Raphaël Liogier, «on n’assiste pas au déploiement de l’extrême droite, mais au contraire à sa disparition. Elle est remplacée par du populisme, ce qui est encore plus grave. Marine Le Pen, dont j’ai analysé l’évolution des discours depuis 2003, dit vouloir défendre les juifs, les homosexuels, les femmes, la souffrance des animaux, autant de thèmes très différents de ceux de l’extrême droite classique … On a tous compris que ce sont des prises de position contre l’islam. Mais en faisant cela, Marine Le Pen a transféré son parti de la marge au centre de la politique française. Elle peut maintenant arriver au pouvoir».

Le sociologue dresse des parallèles avec l’état de la société allemande lors de la République de Weimar, juste avant l’arrivée au pouvoir de Hitler. «La montée du national-socialisme (qui n’était ni de droite ni de gauche mais populiste) dans les années 30 était fondée sur une crise identitaire très forte de la Nation allemande. Comme lors de la République de Weimar, les hommes politiques se délégitiment aujourd’hui et apparaissent comme corrompus. C’est d’ailleurs une statistique qui figure dans le sondage. Du coup, la population est en attente du leader providentiel et charismatique, porteur de leurs espoirs, autrement dit la population attend d’être sauvé du chaos». 82% des sondés pensent en effet que les politiques agissent principalement pour des intérêts personnels, 62% pensent que la plupart d’entre eux sont corrompus. Et 87% des sondés affirment en effet que la France a besoin d’un vrai chef pour remettre de l’ordre. 

27 janvier 2013

Des fans israéliens protestent contre le recrutement de footballeurs musulmans

Des fans israéliens protestent contre le recrutement de footballeurs musulmans

AFP, le 27 janvier  2013

Une équipe de foot de Jérusalem a essuyé la colère de ses supporteurs, qui ont fustigé le projet du propriétaire du club de recruter deux joueurs musulmans, affirmant que l'équipe devait rester "pure".

Les médias israéliens ont rapporté samedi qu'Arkady Gaydamak, propriétaire russo-israélien du Beitar Jérusalem, avait décidé de recruter deux joueurs tchétchènes de l'équipe russe Terek Grozny.

Lors d'un match samedi soir, certains fans ont scandé des slogans racistes tels que "Aucune arabe ne marchera ici", agitant des banderoles "Beitar - pur pour toujours".

Le Beitar est réputé pour avoir un noyau dur de supporteurs farouchement anti-arabes, dont le comportement a par le passé entraîné des sanctions à l'encontre du club, et nombre de ses fans estiment qu'aucun arabe ne doit jouer dans l'équipe.

En mars, 16 supporteurs du Beitar avaient été arrêtés après avoir investi un centre commercial à l'issue d'un match aux cris de "mort aux Arabes". Selon des images vidéos visionnées par des médias israéliens, ils avaient craché sur des femmes arabes et agressé des hommes arabes tenant de venir à leur secours.

Mais M. Gaydamak a confirmé dimanche sa volonté de recruter les deux joueurs qui seraient selon la presse Zaur Sadaev et Dzhabrail Kadaev.

Il est "évident que la grande majorité des partisans du Beitar et de la population israélienne en général est opposée à la provocation anti-musulmane qui est le fait d'un tout petit groupe de supporteurs", a-t-il déclaré à la radio de l'armée israélienne depuis Moscou.

La police a arrêté trois fans du Beitar à la suite des incidents de samedi, a indiqué le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Le président du Parlement israélien, Reuven Rivlin, lui-même fan du Beitar, s'est dit choqué par ces incidents. "Imaginez ce qui se passerait si des groupes en Angleterre ou en Allemagne décidaient qu'un Juif ne pouvait pas jouer chez eux", a-t-il souligné, rappelant que dimanche était la journée internationale de l'Holocauste.

Selon les médias israéliens, les deux Tchétchènes seraient les premiers musulmans à jouer pour le Beitar. Mais selon le site internet du club, trois footballeurs de confession musulmane y ont joué dans le passé, deux dans les années 80 et 90, et un troisième en 2005, Ndala Ibrahim, qui n'a joué que trois mois.

23 janvier 2013

Le Fascisme italien et la Franc-Maçonnerie

Le Fascisme italien et la Franc-Maçonnerie

Djemila Benhabib Prix de l’islamophobie ou de la laïcité 2012

Djemila Benhabib

Une chienne de garde de la laïcité

Prix de l’islamophobie 2012