05 mars 2013

Liberté d’expression : deux poids, deux mesures !

Liberté d’expression : deux poids, deux mesures !

«De quoi la Burqa Pride est-elle le nom ?» 

Malgré la censure de l'ULB, Quart d’X - Collectif Anti-Racismes, confirme la tenue de la conférence débat «De quoi la Burqa Pride est-elle le nom ? » interdite sur le campus universitaire.

Le recteur de l’ULB musèle ainsi une liberté d'expression pourtant sanctifiée, au prétexte de motifs aussi grotesques que farfelus: le recteur ne dénonce pas moins qu'un complot du Soir contre l'ULB, allant même jusqu'à contredire son propre vice-recteur qui venait, lui, d'affirmer, dans les colonnes de ce quotidien, que l'ULB "n'avait aucun tabou" à débattre de la Burqa Pride. Et puis Monsieur Le Recteur n'aime pas non plus l'affiche du débat, na !

Les rires et les lazzi provoqués par la crise de complotite aigüe de Didier Viviers amèneront à une reformulation de l'interdiction: "Selon les autorités de l’ULB, les conditions pour un débat serein et contradictoire ne sont pas remplies."

On ne peut que s'étonner de l'argument: l'ULB est en effet en ébulition suite à la décision rectorale de se placer "sous le haut patronage de l'ambassade d'Israël", à l'occasion d'une réception en l'honneur du président israélien. Didier Viviers se targue d'y débattre avec le président d'Israël "des sujets qui fachent". Ni plus ni moins. Plus fort que les Nations Unies qu'Israël bafoue depuis des décennies par son mépris patent du droit international: Didier Viviers!

Notre chevaleresque recteur pense-t-il vraiment que "les conditions pour un débat serein et contradictoire sont remplies" alors même que l'UE vient de condamner, une fois encore, Israël pour sa politique coloniale et qu'une vingtaine d'associations, déjà, appellent à manifester contre la soirée de propagande organisée par l'ambassade israélienne avec la collaboration de l’ULB ? Il n'est pas sûr que la sérénité y trouve son compte. Sur le campus de l'ULB en tout cas !

"Nous ne sommes pas tenus d'organiser un débat contradictoire en toutes circonstances" concluait le recteur Didier Viviers, en réponse à l’interpellation des burqa priders qui dénonçaient l'absence de contradiction lors de la tribune laudative offerte, l'an dernier, par les autorités universitaires, à Caroline Fourest, "la porte-parole de l'islamophobie de 'gauche'" selon le directeur adjoint du Monde Diplomatique lui-même, Alain Gresh.

Néanmoins, c'est bel et bien un débat contradictoire que nous voulions organiser à l'occasion du premier anniversaire de la Burqa Pride. Etonnamment, alors que cette manifestation a suscité un extraordinaire battage médiatique, il ne s'est trouvé personne parmi les innombrables voix autorisées, qui ont participé au lynchage public de Souhail Chichah, pour débattre sereinement avec ce dernier: ni à l'intérieur ni à l'extérieur de l'institution universitaire. Ne se serait-il rien passé le 7 février 2012 ? La démocratie ne venait-elle donc pas d'être assassinée ?

Nous n'évoquerons pas plus ici les mots d'ordre, dont celui du président des alumnis de l'ULB, Premier Grand Maître adjoint du Grand Orient de Belgique et journaliste vedette à la RTBF, Eddy Caekelberghs, appelant à empêcher la tenue du débat. Ce n'est pas la première fois que l'ULB conditionne la tenue d'une conférence jugée subversive à un dispositif discursif manichéen ("pour" vs "contre"): ainsi les voix minoritaires se trouvent-elles prises au piège du chantage à la participation d’un représentant du discours dominant, seul habilité à s'exprimer sans contrainte. Ce dispositif s'avère ainsi être une censure pernicieuse qui ne dit pas son nom, lorsque l'injonction au débat contradictoire s'accompagne du refus de ladite contradiction: nous avons invité les plus grands professeurs de l’ULB qui s’étaient exprimés dans la presse, en ce compris le recteur. Tous ont refusé.  Alors que dans les couloirs, l’opinion des uns et des autres s’exprime aisément, nul ne semble vouloir braver l’injonction du président de l’UAE, E. Caekelberghs, qui a publiquement appelé à saboter le débat.

L’associatif institutionnel et la classe politique ne sont pas en reste. Alors qu’ils ont hurlé en cœur à l’attentat talibanesque au moment de la Burqa Pride, le Centre pour l’Egalité des Chances allant même jusqu’à annoncer l’ouverture d’un dossier pour incitation à la haine contre Souhail Chichah, nul ne souhaite plus s’exprimer aujourd’hui en présence de celui qui fut erronément désigné, par le recteur de l’ULB, comme « l’instigateur » de la manifestation. La commission disciplinaire de l’ULB, en charge du procès politique de Chichah sera d’ailleurs contrainte de désavouer le recteur sur ce point. Il n’en reste pas moins que Chichah fut jeté en pâture aux affects islamophobes de l’opinion, chauffés à blanc par les déclarations de Didier Viviers relayées sans regard critique par les médias, la classe politique et le monde associatif.

Aujourd’hui, le même recteur Viviers qui expliquait que l’ULB « n’est pas là pour faire écho à des intérêts particuliers et moins encore pour servir de vitrine à tel ou tel mouvement d’opinion », qui déclarait refuser de « se prêter à un jeu de dupes dont la vraie liberté d’expression sortira encore un peu plus atteinte et la qualité de l’institution universitaire davantage questionnée » et qui ajoutait que « la sérénité d’un débat se construit bien avant qu’il ne s’engage » montre l’étendue de son hypocrisie en ressortant des arguments opposés et contradictoires pour justifier sa présence  à la réception organisée « sous le haut patronage de l’ambassade israélienne » en l’honneur de Shimon Peres. Ne craignant pas même le ridicule, déclamant pro domo : « le courage du dialogue, surtout lorsque l’on est en désaccord, surtout lorsque l’on est en position minoritaire » !

Mais notre débat aura bel et bien lieu ! Nous avons une salle. Nous avons un public. En l’absence de ceux, hier si diserts dans les médias, nous assumons notre posture minoritaire. Nous inviterons donc M. Chichah sans contradicteur pour le corseter, hormis le public, afin de débattre des enjeux de la Burqa Pride et de son traitement médiatique.

Nous vous invitons donc toutes et tous à ce débat public sur la Burqa Pride, mardi 12 mars à 19h, rue du Danemark, n°15-17, à Saint Gilles

«Et je terminerai en disant que ceux qui ont interdit la parole, ceux qui ont œuvré contre la liberté, nous avons vu exactement qui ils étaient.» Didier Viviers le 7 février 2012

Conférence – Débat : De quoi la Burqa Pride est-elle le nom ?

Mardi 12 Mars 2013 à 19h à la salle Rodelle

rue du Danemark, 15-17 1060 saint Gilles

PAF : 5 euros (drink prévu à la fin)

Contacts : Géraud Hougardy : 0486 45 85 61

Nathalie Mathieu : collectifantiracismes@gmail.com

L’exception au pluriel – et au quotidien

L’exception au pluriel – et au quotidien

Présentation du livre : Chronique du racisme républicain

Par Pierre Tevanian, le 04 mars 2013

Du «débat dur l’identité nationale» aux sondages sur «l’Islam», en passant par les procès pour «racisme anti-blanc» et les «affaires Charlie Hebdo», de l’impunité des homicides policiers au lynchage judiciaire des «cinq de Villiers-le-Bel», des emplois réservés aux lois antivoile, de l’effet Marine Le Pen à l’effet Manuel Valls, le livre de Pierre Tevanian, Chronique du racisme républicain, revient, en une quinzaine d’épisodes, sur la manière dont la (déjà ancienne) tradition raciste-républicaine s’est (un peu) renouvelée et (beaucoup) perpétuée, entre la fin du mandat Sarkozy et le début de l’ère Hollande-Ayrault... En voici l’introduction, et la table des matières.

Ce que d’ordinaire on appelle l’État d’exception est une suspension du droit commun décrétée par le pouvoir souverain. Cette suspension vaut toujours pour une période et un territoire délimités – par exemple un «état d’urgence» liée à une période de guerre ou de guerre civile – mais elle s’applique à tous. Il existe en revanche une autre formulation, pour ainsi dire inverse, de l’exception, dont la délimitation n’est ni spatiale ni temporelle mais plutôt corporelle : c’est le contours de chaque corps qui constitue la frontière, de sorte que seuls certains corps – de la mauvaise couleur, du mauvais «type», enveloppés dans le mauvais tissu – sont soumis au traitement d’exception, mais en tout lieu et en tout temps.

Le pouvoir souverain n’est en somme pas seulement celui qui, selon la formule consacrée de Carl Schmitt, détient le pouvoir de décréter l’État d’exception : il est aussi celui qui, en temps normal, gère au quotidien, de manière «chirurgicale», une pluralité d’États d’exception permanents, et qui pour cela doit produire – à l’aide de discours, d’expertises, de lois, décrets et circulaires – ce que Sidi Mohammed Barkat a nommé des corps d’exception.

Cette production et cette gestion des corps d’exception porte un autre nom : racisme. Le racisme n’est en effet pas une simple opinion, se situant sur un terrain strictement psychologique et individuel, mais un rapport de domination, voire un mode de gouvernement : les groupes racisés ne sont pas simplement perçus et pensés par des «citoyens à part entière» comme des citoyens «entièrement à part», ils sont aussi, dans le même mouvement, traités d’une manière particulière. Cette différence, qu’il convient de qualifier plutôt d’inégalité de traitement (dans la mesure où elle consiste toujours à maltraiter, défavoriser, reléguer, discriminer), se traduit très concrètement par le déni de droit ou a minima par l’inégalité des droits et des chances – la chance par exemple, quand on est noir ou arabe, de trouver un emploi ou un logement, ou le droit, quand on est musulmane et qu’on porte un foulard, d’aller à l’école publique.

L’intérêt de la notion de corps d’exception est précisément là : en renvoyant explicitement au concept politique d’État d’exception, elle permet de rappeler sans équivoque possible que le racisme, y compris sous ses formes les plus et quotidiennes et populaires, n’est pas un réflexe naturel de peur face à une différence elle-même naturelle, mais plutôt le produit d’une construction juridique, politique et étatique – par exemple, pour ce qui concerne le racisme anti-noir, anti-arabe ou antimusulman contemporain : le système colonial puis les politiques publiques dites d’immigration ou d’intégration...

La suite : Les Mots sont Importants

04 mars 2013

Gréce : les jeunes fascistes s’attaquent aux musulmans

Gréce

Les jeunes fascistes s’attaquent aux musulmans

Katibin, le 04 mars 2013

En Grèce, depuis plusieurs années, l’islamophobie montante fait de nombreuses victimes. Mais, fait plus inédit, ces responsables d’actes racistes sont de plus en plus jeunes.

Alors qu’un pakistanais a été poignardé en janvier dans les rues d’Athènes (de lourds soupçons pèsent sur les partis néo-nazis), une réelle banalisation des actes xénophobes orchestrés par des adolescents se multiplient dans le pays. Tout récemment, c’est un nouvel acte d’islamophobie qui illustre dramatiquement cette réalité. Un petit commerçant pakistanais a subi les conséquences de cette haine viscérale en pleine expansion : un groupe de jeunes d’une quinzaine d’années ont violement attaqué son commerce, blessant gravement sa fille.

Les fascistes de la cour de récré

Plusieurs partis fascistes prennent confortablement place au sein de la classe politique grecque. Ils ont pour point commun la haine de l’étranger et plus particulièrement du musulman (turc et pakistanais). Ces groupes ont une réelle aisance pour engager le dialogue avec les plus jeunes. Alors que ces attaques anti-musulmans se développaient dans les rues des grandes villes, les autorités grecques font face à une évolution des plus inquiétante. En effet, dorénavant, ces manifestations de haine raciale et religieuse s’expriment dans l’enceinte même des établissements scolaires : graffiti néo-fascistes, slogans nationalistes et signes ressemblant à des croix gammées apparaissent de manières très manifestes sur les murs des écoles. La propagande néo-fasciste gagne du terrain parmi les jeunes du pays. Elle se base principalement sur un discours anti-immigrés. Les immignés sont coupables, par anticipation, de leurs voler leurs «futurs emplois». Ces jeunes sont une aubaine pour ces mouvances fascistes : influençables et facilement enrôlables, ils s’avèrent être d’une féroce cruauté et inconscients des risques encourus.

Comment recruter cette jeune cible ?

Comme tout extrémisme politique, celui-ci est bien plus efficace sur le terrain de la pauvreté et trouve ainsi dans la jeunesse défavorisée une cible facile. Pour recruter ces jeunes, rien de plus simple. Golden Dawn, le principal parti fasciste grec, mène donc sa propagande dans les régions les plus pauvres, ayant connus une hausse de la criminalité et un fort afflux de migrants. Cet endoctrinement use des vecteurs de communication connus des jeunes : Internet, facebook, clubs de jeunes et les salles de sports. Le fascisme devient alors «cool» aux yeux des ados grecs. Une des méthodes d’approche la plus fréquemment utilisée par le parti fasciste s’apparente à une réelle technique mafieuse : un des membres est planté à la sortie d’écoles et remet discrètement son numéro directement dans la main des jeunes grecs en l’invitant à l’appeler s’il a besoin d’aide pour se protéger lorsqu’il rentre tard de l’école! Les partis fascistes utilisent également la musique comme outils de communication à destination des plus jeunes (deux des députés Golden Dawn sont des musiciens). Ils arrivent ainsi à endoctriner les adolescents, plus malléables que leurs ainés, pour commettre des actes de violences à l’encontre des étrangers.

Une caricature négationniste pour illustrer un débat sur le sionisme à Molenbeek le CCLJ dénonce

Une caricature négationniste pour illustrer un débat sur le sionisme à Molenbeek

Le CCLJ dénonce

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La Capitale, le 04 mars 2013

Le CCLJ, le Centre communautaire laïc juif, dénonce l’illustration utilisée pour faire la promotion d’un débat organisé à Molenbeek et intitulé «Et si on parlait librement et sereinement du sionisme». Pour le centre, le dessin est celui d’une caricature négationniste.

Le débat aura lieu le 19 mars à 19 h (rue des Quatre Vents, 10) et est organisé par le PS de Molenbeek. Sont invités à débattre, Philippe Moureaux (PS) et Yves Goldstein (PS), juif laïque, conseiller communal à Schaerbeek et chef de cabinet de la ministre fédérale Laurette Onkelinx.

«Pourquoi la section PS de Molenbeek a-t-elle donc choisi un Zéon, un «artiste» néofasciste et négationniste pour illustrer un débat supposé serein sur le thème du sionisme ? Faut-il y voir sinon un signe ou simplement un manque total de culture politique ? Total en effet, car, au-delà de la personnalité sulfureuse de son auteur, le dessin en soi transpire la haine du Juif en tant que tel», écrit Nicolas Zomerstaijn, rédacteur en chef de Regards, la revue du CCLJ.

«Que nous montre, en effet, la caricature de Zéon ? Le fameux «deux poids, deux mesures» à travers un Juif (sioniste ?) sorti tout droit du mensuel nazi Stürmer qui joue, ni plus ni moins, de la Shoah pour exercer sa domination sur le monde. Il paraît difficile d’interpréter autrement la production de cet émule de Dieudonné. Si tel est le message que veut donner la section socialiste de Molenbeek, il eut mieux fallu inviter directement Alain Soral, cet ancien militant communiste, reconverti désormais dans la droite radicale et qui n’est autre que le maître à penser de notre caricaturiste.»

Et d’jaouter : «Au-delà de ce dérapage, il est évident que l’on ne peut parler aujourd’hui du sionisme et d’Israël sans verser, précisément, dans la caricature. Il suffit de songer au nouveau maître à «panser» d’Ecolo, Henri Goldman, pour s’en convaincre. Peu nous chaut qu’il soit antisioniste, mais qu’il en vienne à comparer Shimon Peres à Ahmadinejad, pour mieux souligner la supériorité du président iranien qui, lui, n’aurait pas de sang sur les mains, témoigne d’un aveuglement qui tient de la névrose, sinon de la psychose.»

Le rédacteur en chef espère en tous les cas que le débat restera «serein» et «historique». «Il serait bon que soit rappelé, à toutes fins utiles, qu’Israël n’est pas né à cause mais malgré la Shoah. Israël était destiné à accueillir la masse des Juifs pauvres d’Europe centrale et orientale, ceux-là même qui furent assassinés durant la nuit du judéocide.»

03 mars 2013

«Les gouvernements devraient renoncer aux lois visant spécialement les musulmans»

«Les gouvernements devraient renoncer aux lois visant spécialement les musulmans»

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Assirou, le 01 mars 2013

Dans une lettre publiée sur le site du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks commissaire aux droits de l’Homme de l’instance a appelé les différents gouvernements Européens à «renoncer aux lois et mesures visant spécialement les musulmans et interdire la discrimination fondée sur la religion ou les convictions dans tous les domaines».

Discriminations aux yeux de tous

L’intervention du commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe fait suite aux conclusions de différents commentateurs du «printemps arabe» qui n’ont pas hésité à jouer l’exagération concernant de potentiels risques de migrations massives de musulmans vers l’Europe.

Nils Muiznieks dénonce par ailleurs l’attitude des politiques et officiels sur la question de l’islam en Europe, il évoque notamment la polémique autour du niqab. Après un pseudo-débat qui avait duré près d’un ans et contre l’avis d’Amnesty Internationale et du Conseil Européen des Droits de l’Homme, l’UMP avec la complicité du Parti Socialiste avait voté cette loi islamophobe. Sur ce sujet Nils Muiznieks déclare :

De grands partis ont exploité la défiance à l’égard des musulmans en soutenant des mesures législatives restrictives dirigées contre cette population. En Belgique et en France, des lois prévoient depuis 2011 une amende ou un «stage de citoyenneté» pour les femmes portant un voile intégral dans l’espace public. En Italie, des collectivités locales ont invoqué une vieille loi antiterroriste qui interdit, pour des raisons de sécurité, de se couvrir entièrement le visage pour punir des femmes qui portaient le voile intégral. Il a été question d’initiatives similaires en Autriche, en Bosnie-Herzégovine, au Danemark, aux Pays-Bas, en Espagne et en Suisse.

Plus généralement, le commissaire aux Droits de l’Homme évoque les discriminations à l’égard des musulmans «il ressort d’une étude récente de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) que, dans l’UE, 1 musulman sur 3 a été victime de discrimination au cours des 12 mois précédents, les jeunes étant les plus touchés».  Nils Muiznieks indique par ailleurs que les «policiers, douaniers et gardes-frontières pratiquent une forme de discrimination particulièrement pernicieuse lorsqu’ils se livrent à un profilage ethnique ou religieux à l’encontre des musulmans en les arrêtant à cause de leur apparence».

Les mosquées ne sont pas épargnées, les difficultés pour obtenir le permis de construire sont une réalité que confirme Nils Muiznieks «dans de nombreuses villes européennes, les autorités se montrent bien plus réticentes à délivrer des permis de construire dans le cas de mosquées que pour d’autres lieux de culte.»

Renoncer aux lois visant les musulmans

Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe fait donc un triste constat et la France se targuant d’être le pays des Droits de l’Homme en prend pour son grade. Nils Muiznieks appelle donc les gouvernements européen à renoncer aux lois visant les musulmans et à lutter contre l’intolérance de l’opinion publique à l’égard des musulmans.

«Les gouvernements devraient renoncer aux lois et mesures visant spécialement les musulmanset interdire la discrimination fondée sur la religion ou les convictions dans tous les domaines… Parallèlement, il faudrait que les gouvernements combattent les préjugés et l’intolérance de l’opinion publique à l’égard des musulmans. Pour ce faire, ils pourraient s’inspirer utilement de la Recommandation de politique générale n° 5 de l’ECRI intitulée «La lutte contre l’intolérance et les discriminations envers les musulmans»

Le commissaire conclue en ces mots : «Il est temps de reconnaître que les musulmans font partie intégrante des sociétés européennes et qu’ils ont droit à l’égalité et à la dignité. Préjugés, discrimination et violence ne font qu’entraver l’intégration. Nous avons besoin d’un «printemps européen» pour éradiquer les formes anciennes et nouvelles de racisme et d’intolérance.»

01 mars 2013

Mécanicien, il est "viré parce qu'il devient une femme"

Mécanicien, il est "viré parce qu'il devient une femme"

RTLInfo, le 01 mars 2013

La cour du travail de Liège a condamné l'entreprise Agusta Aerospace Services, établie à Grâce-Hollogne, à payer une indemnité de 14.100 euros à un de ses mécaniciens harcelé et licencié de façon abusive, alors qu'il subissait un processus médical de changement de sexe, rapporte vendredi La Meuse (SudPresse).

Peu après son engagement, le mécanicien s'est vu formuler beaucoup de reproches par un superviseur qui, selon lui, n'acceptait pas sa singularité.

Une réunion de concertation organisée par un responsable de l'entreprise n'a pas apaisé les rapports et le mécanicien s'est vu signifier cinq jours plus tard la fin de son contrat d'essai en raison d'une série d'erreurs alléguées dans son travail.

Le tribunal a suivi la plainte pour licenciement abusif déposée par le mécanicien qui, depuis lors, "est devenu une jeune femme, tant physiquement qu'à l'état civil", note La Meuse.

13:24 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28 février 2013

Création de la section belge de l’association marocaine des droits humains

Création de la section belge de l’association marocaine des droits humains

Conférence de Presse, le 16 février 2013

La Belgique et le Zimbabwe: une “vision positive” contestée

La Belgique et le Zimbabwe

Une vision positive contestée

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Par Jean-Paul Marthoz, le 28 février 2013

La Belgique a laissé pas mal de gens perplexes au sein de la "communauté internationale des droits de l’homme", lorsqu’elle a plaidé à la mi-février pour l’assouplissement des sanctions qui frappent le Zimbabwe du président Robert Mugabe. En évoquant une évolution positive du régime et au risque d’être soupçonnée de «relayer les intérêts diamantaires anversois», la diplomatie belge demandait en particulier la légalisation des exportations de diamants de la mine de Marange, contrôlée par l’entourage du président zimbabwéen.

Or, la plupart des analystes sont loin de partager cette appréciation de la situation politique au Zimbabwe. Hier, 27 février, trois Rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont encore exprimé leurs inquiétudes et leurs critiques à propos des intimidations exercées par le pouvoir à Harare.

Le 15 février, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par le site d’informations en ligne EUOBserver, cet assouplissement des sanctions devait contribuer à promouvoir la transition démocratique dans le pays. Selon cet article, la Belgique estimait, en effet, que la situation de la démocratie et des droits humains s’est améliorée à Harare et elle en voulait pour preuve l’organisation d’un référendum constitutionnel le 16 mars prochain, suivi d’un processus électoral censé ouvrir les espaces de liberté dans un pays depuis longtemps verrouillé par une gérontocratie accrochée au pouvoir et à ses prébendes.

Interrogé par Le Soir (17 février 2013), le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders avait précisé que “les sanctions ne sont pas faites pour faire tomber des dirigeants, mais pour faire avancer les choses. Et les ONG, avait-t-il assez imprudemment ajouté, n’ont pas apporté les preuves du financement du régime par l’argent du diamant“.

Rien n’a vraiment changé

Toutefois, la vision positive du Zimbabwe esquissée par la Belgique ne fait pas l’unanimité. C’est sans doute ce qui explique que les ministres européens des Affaires étrangères n’aient pas suivi la requête belge. La semaine dernière à Luxembourg, l’Union européenne a levé quelques sanctions, mais elle a remis à plus tard la discussion sur la mine de Marange. Ce cas est en effet trop controversé. Selon un rapport publié en août 2011 par Human Rights Watch, les autorités du Zimbabwe auraient eu recours à la torture et à l’assassinat pour forcer des villageois et même des enfants à travailler dans cette mine et elles auraient utilisé les revenus de la prospection pour renforcer la bureaucratie de la terreur mise en place par le parti officiel, ZANU-PF.

Dans son édition de cette semaine, l’hebdomadaire libéral britannique The Economist exprime lui aussi ses doutes à propos du processus constitutionnel mentionné par la diplomatie belge comme une étape importante de la transition. Même si le contexte régional a évolué au détriment de Mugabe, «les chefs des forces armées et de la police, écrit le journal, ont répété qu’ils n’accepteraient jamais de servir sous une présidence de Morgan Tsvangirai (Ndlr. : le leader de l’opposition et actuel premier ministre, coincé dans un accord surréaliste de cohabitation avec le président Mugabe). Au cours de ces dernières semaines, les membres de l’omniprésente et brutale Central Intelligence Organization ont arrêté, tabassé et harcelé les leaders de groupes civiques. Ils ont aussi saccagé les bureaux du Zimbabwe Election Support Network, le plus vaillant des groupes d’observation électorale…L’année dernière, le niveau de violence d’Etat contre le MDC (Mouvement pour le changement démocratique, opposition) a diminué, note The Economist, mais beaucoup craignent qu’elle ne reprenne avant les élections». L’hebdomadaire contredit également l’affirmation de Mr. Reynders sur les liens entre le régime et la mine de Marange. Les coffres du parti de Mugabe ont été remplis par les gains illégaux retirés de la mine de Marange, écrit l’auteur, "ce qui devrait permettre provisoirement quelques largesses au bénéfice de la population rurale.

La police a également annoncé l’interdiction, particulièrement dans les zones rurales, des postes de radio de fabrication chinoise qui captent les radios internationales, permettant ainsi aux citoyens de d’échapper aux programmes de la radio d’Etat, qui, à longueur de journée, célèbre Mugabe et stigmatise ses opposants.. Cette mesure a été vivement condamnée par le Media Institute of Southern Africa (MISA), l’une des principales organisations de défense de la liberté de la presse dans la région.

Dans une dépêche datée du 21 février, l’agence de presse américaine Associated Press a fait état également de mises en garde lancées par les autorités à l’encontre d’associations zimbabwéennes «soutenues par l’Occident». Ces ONG locales sont accusées d’activités «proches de l’espionnage», ce qui ne présage rien de bon.

Le 27 février, trois Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sont venus confirmer ce jugement pessimiste de l’évolution au Zimbabwe. Dans un communiqué diffusé par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, ils ont condamné les harcèlements à l’encontre d’organisations de la société civile et en particulier des perquisitions aux sièges de groupes d’observation électorale. «Nous demandons aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que les voix de tous soient entendues, étant donné les actes d’intimidation et de harcèlement contre ceux qui exercent leurs droits à la liberté de rassemblement et d’association», ont déclaré les trois Rapporteurs onusiens.

"Touche pas à mon prophète": plainte de SOS Racisme pour slogan détourné

"Touche pas à mon prophète"

Plainte de SOS Racisme pour slogan détourné

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LCI-TF1, le 21 septembre 2012

L'association veut porter plainte contre X pour détournement de son slogan "Touche pas à mon pote", sur les réseaux sociaux mobilisés contre un film islamophobe et des caricatures publiées par Charlie Hebdo.

"SOS Racisme va porter plainte contre X pour détournement de son slogan et de son logo SOS Racisme - Touche pas à mon pote. Dans le cadre des appels à  manifestations de ce samedi 22 septembre, l'association a pu constater un détournement de son slogan et de son logo, utilisé à des fins fondamentalement contraires à nos missions, à nos convictions et à nos combats", indique un communiqué. Le slogan est notamment repris sur Facebook.

"Ce détournement a pu créer une confusion quant à l'adhésion de notre  association aux lignes de militants intégristes, alors même que SOS Racisme s'est déclarée en soutien de Charlie Hebdo et de son équipe", qui ont publié mercredi des caricatures de Mahomet, poursuit l'association.

"Attachement absolu à la laïcité, à la liberté d'expression"

Après la diffusion d'extraits d'un film islamophobe "Innocence of Muslims", une manifestation non déclarée avait rassemblé samedi dernier à proximité de l'ambassade des Etats-Unis à Paris entre 200 et 250 personnes. Des appels à manifester samedi prochain dans plusieurs grandes villes de France sont relayés via les réseaux sociaux avec le slogan "Touche pas à mon  prophète"

"SOS Racisme rappelle qu'elle a dénoncé et caractérisé le film Innocence of  Muslims comme provocation raciste, instrumentalisée par des mouvements  extrémistes, mais ne saurait être assimilée d'une façon ou d'une autre aux flambées de haine, d'intolérance et d'antisémitisme", déclare l'association, en  soulignant son "attachement absolu à la laïcité, à la liberté d'expression, incluant le droit au blasphème".

Il existe un lien entre le racisme et la stagnation de la créativité

Il existe un lien entre le racisme et la stagnation de la créativité

François Heilbronn, le 28 février 2013

Une étude réalisée dans le cadre de la Faculté de Gestion de l'université de Tel-Aviv montre que les stéréotypes raciaux et la stagnation de la créativité découlent d'un même mode de raisonnement : la pensée catégorique.

D’après une étude réalisée par le Dr Carmit Tadmor, spécialiste de l’étude du comportement organisationnel au Département d’Administration des Affaires, et ses collègues, la pensée stéréotypée et la stagnation de la créativité possèdent un dénominateur commun : le raisonnement catégorique. «Bien que les deux processus aboutissent à des résultats différents, tout deux se déroulent lorsque les individus se fixent sur des modèles d’information connus et des tournures d’esprit conventionnelles» expliquent les chercheurs.

Partant d’une hypothèse de base selon laquelle la mise en marche d’un mode de pensée essentialiste provoque une limitation de la réflexion sur les éventuels points de vue alternatifs et un rétrécissement du champ général du raisonnement, les chercheurs ont examiné s’il existait une relation de cause à effet entre «l’essentialisme racial», conception selon laquelle les personnes appartenant à une race spécifique possèdent par nature une essence comprenant des caractéristiques et des capacités données et immuables, et la créativité.

La pensée catégorique porte atteinte à la créativité

Pour se faire, ils ont divisé les participants en trois groupes. Le premier groupe a lu un article sur une étude fictive confortant des idées reçues essentialistes sur la race, le deuxième une recherche également fictive défendant des croyances sur les caractéristiques raciales non essentialistes, c’est-à-dire transformables, et le troisième une étude portant sur les propriétés scientifiques de l’eau.

Les participants ont ensuite été soumis à un test de créativité basé sur un processus d’association (identification d’un mot cible faisant la jonction entre trois mots distincts). Les individus qui ont été exposés à une conception du monde raciste essentialiste (le premier groupe) ont obtenus des résultats nettement inférieurs à ceux des participants des deux autres groupes.

Quand la «boite se ferme»

Les résultats d’une étude consécutive montrent que le lien entre le racisme essentialiste et la baisse de la créativité peut s’expliquer, au moins en partie, par l’immobilisme de la pensée. D’après le Dr Tadmor «les personnes possédant cette conception divisent le monde en catégories hermétiques et pensent que les choses ne peuvent pas se mélanger, passer d’une boite à l’autre. La créativité implique par définition de forcer les barrières entre les catégories et de «penser en dehors de la boite». L’expérience souligne de plus que la seule l’exposition à des opinions fixes et racistes influence la manière de penser et réduit la créativité.

Du racisme à la tolérance

L’étude suggère cependant que les opinions essentialistes sont assez malléables. Bien que de nombreux aspects doivent encore être explorés, Carmit Tadmor et son groupe pensent qu’il est possible d’utiliser ces résultats pour mettre au point un programme d’intervention qui réduirait les croyances raciales essentialistes et conduirait les participants, non seulement à développer une plus grande tolérance sociale, mais aussi à libérer leur potentiel de créativité par le même processus.

27 février 2013

Le racisme, terreau du fascisme en Europe

Le racisme, terreau du fascisme en Europe

Nathalie L.*, le 27 Février 2013

Il ne se passe pas une semaine en Europe sans que nous n'apprenons une nouvelle manifestation du racisme, avec parfois des conséquences tragiques.

La France est bien placée en la matière. Les discriminations et le racisme y sont ancrés depuis longtemps, parfois structurellement. A commencer par cette inégalité criante qui fait que les immigrés n'aient pas le droit de vote. Ainsi existent en France depuis des décennies des «citoyens» de seconde zone auxquels est nié le droit fondamental à la base de toute démocratie : celui de voter. La France se distingue aussi de par le monde par son acharnement à criminaliser les femmes musulmanes par une série grandissante de lois sur leur tenue vestimentaire.

Sarkozy porte une responsabilité écrasante dans l'instauration de ce climat délétère qui incite au mépris, à l'infériorisation de ceux et celles qui viennent d'autres cultures. A peine intronisé président, le ton est donné, avec son fameux discours de Dakar (en juillet 2007, ndlr) digne des plus belles heures de la colonisation : l'homme africain ne serait «pas assez entré dans l'Histoire», cet homme africain qui vit «en symbiose avec la nature».

En 2010, il lance la chasse aux Roms, fait voter la loi contre la burqa. Pendant la campagne électorale de 2012, face à sa chute dans les sondages, Sarkozy évite soigneusement de poser les vraies questions au profit de considérations islamophobes nauséabondes. Manuel Valls a vite pris le relais, poursuivant le harcèlement des immigrés, la persécution des Roms, sans compter ses déclarations sur l'antisémitisme dans les quartiers visant à monter les communautés les unes contre les autres.

Cependant, le phénomène dépasse largement la France. Avec la crise économique, l'Europe est touchée par une vague sans précédent de montée du racisme et de l'islamophobie.

En effet, pour faire passer la pilule de l'austérité, les gouvernements européens détournent la colère des populations en désignant des boucs émissaires. La vieille recette : diviser pour régner, ici par le racisme. Les musulmans sont particulièrement visés, comme le furent les juifs après la crise de 1929 qui ravagea les économies occidentales. Les fautifs ne sont plus les gouvernements d'austérité mais ceux qui ont une culture et une religion différentes.

Sur ce fond de racisme montant, on assiste à une croissance des partis d'extrême droite en Europe. Le Parti Pour la Liberté en Autriche bat les records atteignant 27% dans les sondages ; le PVV de Geert Wilders en Hollande a connu une ascension fulgurante. Dans la plupart des pays, l'extrême droite dépasse maintenant les 10 %. Le racisme est le terreau fertile sur lequel poussent ces partis : islamophobie, chasse aux Roms ou aux immigrés ici, antisémitisme en Europe de l'Est, négrophobie ailleurs.

Ces extrêmes droites cherchent à se «relooker» et à se rendre présentables, telle Marine Lepen et la soit-disante «dédiabolisation» du FN. Mais, quand on sème la haine, les dérapages et les passages à l'acte arrivent vite. Ainsi en Grèce, le groupe néo nazi Aube Dorée, en progression constante dans les sondages, «nettoie» - selon ses termes - régulièrement les quartiers : destruction des échoppes des travailleurs migrants, passages à tabac voire meurtres d'étrangers. En Angleterre, le groupuscule néofasciste English Defence League, au nom de la lutte contre l'islamisation, organise des manifestations pour «brûler les mosquées» et attaque physiquement les musulmans.

Le fascisme avance toujours masqué, il commence par le racisme pour s'en prendre ensuite à toutes les libertés démocratiques. Ne fermons pas les yeux comme le font nos dirigeants quasi-indifférents, voire indulgents, à la percée de Marine Lepen et à la lepénisation des esprits.

Face au racisme «décomplexé» qui sévit à l'heure actuelle, il devient urgent de réagir. D'abord informer de ce qui se passe vraiment, dénoncer les discriminations, stigmatisations et injustices. Mais il importe d'aller plus loin. Il faut d'ores et déjà commencer à construire des réseaux de solidarités entre nous, lutter sur le terrain pour empêcher que les idéologies racistes ne pénètrent le tissu social et nous divisent. Construisons une autre société où les valeurs de tolérance et de respect de l'autre deviendront la règle.

Ces thèmes seront l'objet de la conférence du 1er mars au Shakirail (72 rue Riquet, 75019 Paris, Métro Riquet ou Stalingrad) dès 14h : faire un état des lieux des racismes aujourd'hui, de la résurgence de la violence fasciste à laquelle ils mènent en Europe et dégager des solutions qui peuvent être mises en place pour contrer ces phénomènes.

* Nathalie L. est membre du collectif «Sortir du colonialisme».

23 février 2013

Philippe Servaty, le pornographe d'Agadir s'en sort avec 18 mois seulement

Philippe Servaty, le pornographe d'Agadir s'en sort avec 18 mois seulement

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Agadirnet, le 22 février 2013

Huit ans après des faits qui avaient choqué en Belgique et au Maroc, Philippe Servaty, 48 ans, a été reconnu coupable, par le tribunal correctionnel de Bruxelles, de "débauche ou prostitution de mineur", "traitement dégradant" et "exposition et distribution d'images pornographiques".

Selon l'AFP "l'ancien journaliste belge, Philippe Servaty, a été condamné mardi à 18 mois prison avec sursis à l'issue du premier procès de ce type en Belgique.

Huit ans après des faits qui avaient choqué en Belgique et au Maroc, Philippe Servaty, 48 ans, a été reconnu coupable, par le tribunal correctionnel de Bruxelles, de "débauche ou prostitution de mineur", "traitement dégradant" et "exposition et distribution d'images pornographiques".

Il était également été accusé du viol d'une jeune fille, Samira. Mais le tribunal a estimé que le dossier ne permettait pas d'établir que celle-ci était âgée de moins de 14 ans au moment où elle avait entretenu des relations sexuelles consenties avec lui, ce qui écarte la prévention de viol.

L'ancien journaliste du quotidien Le Soir a donc été reconnu coupable d'"attentat à la pudeur sur mineur de moins de 16 ans" pour les faits concernant cette jeune fille.

Alors que le procureur avait réclamé une peine de 2 ans avec sursis, le tribunal s'est montré moins sévère en le condamnant à 18 mois avec sursis.

L'ex-journaliste, qui avait été licencié par son journal lorsque l'affaire a éclaté en 2005, a également été condamné à indemniser cinq jeunes Marocaines. A titre provisoire, le tribunal a fixé à 50.000 euros le dédommagement dû à Samira. Deux autres victimes devraient recevoir 5.000 euros et les deux dernières 1.500 euros d'indemnités.

"C'est très peu cher payé. C'est une sentence extrêmement clémente", a déploré Redwan Mettioui, l'un de leurs avocats à l'issue de l'audience.

"Mon client a reconnu des faits odieux sur des femmes. C'est donc un jugement juste qui le condamne et il l'attendait", a en revanche estimé l'avocat de Philippe Servaty, Me Georges-Henri Beauthier, satisfait que l'accusation de viol n'ait pas été retenue.

L'ancien journaliste s'était rendu au Maroc, principalement à Agadir (sud), à plusieurs reprises de 2001 à 2005. Il séduisait des jeunes filles pauvres "moyennant des manouvres allant de la flatterie à la promesse de mariage", selon le jugement. Il parvenait aussi à les convaincre de se laisser photographier dévêtues, dans des positions "obscènes".

Le Bruxellois avait placé sur internet une partie de ces photographies, dont certaines se sont retrouvées sur des DVD vendus à Agadir. Plusieurs des jeunes femmes avaient été répudiées ou emprisonnées pour "débauche" au Maroc.

22 février 2013

Libre circulation des personnes: dernier avertissement à la Belgique

Libre circulation des personnes

Dernier avertissement à la Belgique

La Dernière Heure, 21 février 2013

La Commission européenne a adressé jeudi un dernier avertissement à la Belgique pour qu'elle adapte sa législation afin de garantir pleinement la libre circulation des personnes.

Une directive européenne impose aux Etats membres de garantir aux citoyens de l'Union et les membres de leur famille, y compris s'ils viennent de pays tiers, le plein bénéfice de leurs droits à la libre circulation en matière d'entrée et de séjour dans un autre État membre et de protection contre l'éloignement.

Selon la Commission, la Belgique n'a pas correctement transposé certaines dispositions de cette directive et entrave dès lors l'entrée et le séjour de membres de la famille d'un citoyen de l'Union qui sont ressortissants de pays tiers.

De plus, poursuit l'exécutif européen, la Belgique n'a pas transposé toutes les garanties matérielles et procédurales contre l'éloignement de citoyens de l'Union qui ont recours au système belge d'assistance sociale: la législation belge ne prévoit pas d'évaluation individuelle de la situation personnelle du citoyen concerné avant la prise de toute mesure d'éloignement.

En conséquence, les citoyens de l'UE ne sont actuellement pas protégés contre les mesures d'éloignement automatiques et ne sont pas en mesure de se protéger aisément contre les décisions illégales prises par les autorités belges, déplore Commission.

Celle-ci estime en outre que les règles relatives à la protection contre l'éloignement pour des raisons d'ordre public ou de sécurité publique en vigueur en Belgique offrent des garanties uniquement aux membres de la famille d'un citoyen de l'Union qui sont ressortissants de pays tiers et non à ceux qui sont citoyens de l'Union.

Le gouvernement belge dispose de deux mois pour se conformer aux règles de l'Union européenne. À défaut, la Commission européenne pourra saisir la Cour de justice de l'Union européenne.

21 février 2013

Une maman accuse une crèche d’abus sexuels

Une maman accuse une crèche d’abus sexuels

Raphaël Cayrol, le 21 février 2013

Liza, 41 ans, a porté plainte contre trois crèches de la capitale. Entre septembre 2009 et septembre 2010, ma fille née en février 2009 était dans une crèche privée, à Anderlecht. Souvent j’ai constaté qu’elle avait des hématomes sur tout le corps. Je me disais que c’était faux mais j’ai porté plainte lorsque la crèche a été fermée depuis par la police pour maltraitance.” Photos à l’appui, elle porte plainte pour coups et blessures volontaires contre un mineur. Son médecin constate des hématomes, des lésions d’ongles et des preuves de négligences hygiéniques et physiques .

Mais c’est entre septembre 2011 et février 2012 que les faits les plus horribles auraient été commis dans une autre crèche d’Anderlecht. “Ma fille pleurait et ne voulait pas que je l’emmène à la crèche. Elle faisait des cauchemars et refusait que je la lave au niveau du sexe pendant le bain.

Dans une vidéo tournée par la maman, la petite Jennifer mime des va-et-vient avec sa main au niveau de ses parties intimes et explique qu’un homme tatoué, nettoyeur de l’établissement, fait ça à tous [ses] copains, à tout le monde, et tout le monde pleure. Sans compter [qu’]il met quelque chose dans la bouche pour qu’on ne pleure pas. Sa mère vit un cauchemar. Je ne dors pas, j’en suis malade. Je veux qu’il soit en prison.

La maman, qui se sent abandonnée, attaque également une garderie de Woluwe-Saint-Pierre. La mèche de sa petite aurait été coupée par deux employés. Elle aurait également été fessée et frappée à la tête et au visage. Ils nous disent de ne pas nous brosser les dents et on nous lave les cheveux toutes les deux semaines, explique Jennifer.

C’est Liza elle-même qui a placé sa fille à l’Aide à la jeunesse, ne pouvant plus s’en sortir avec son salaire de 978 € net par mois. Je me prive de nourriture et d’habits pour elle. Son placement revient à 450 € par mois. Liza, orpheline, avait aussi été élevée dans un centre, comme Jennifer. Mais jamais je n’ai été abusée ou frappée. Punie, oui, mais uniquement privée de sortie.

Le parquet a ouvert une information judiciaire contre la crèche privée. Ainsi que pour les violences sexuelles dans la seconde garderie. Mais pour Fabrice Cumps, échevin (PS) à l’Enseignement, les dates de présence de l’enfant ne correspondent pas. Mi-2012, la police n’a pas donné suite à l’enquête. La personne accusée est un ouvrier qui travaille le matin et jamais en présence des enfants ou alors avec une puéricultrice. À aucun moment les enfants ne sont laissés seuls avec du personnel ouvrier.

Les choses s’activent depuis que le parquet a pris connaissance des photos et de la vidéo : La police est venue vendredi à mon appartement vérifier si la petite, désormais dans une école flamande, ne manquait de rien. Liza rencontrera en outre le bourgmestre dans quelques jours.

19 février 2013

Dieudonné : nouvelle censure du PS et de SOS Racisme

Dieudonné

Nouvelle censure du PS et de SOS Racisme

Sachab, le 19 février 2013.

Dieudonné M’bala M’bala est encore victime de tentatives de censure et d’intimidation de la part du pouvoir politique socialiste et de son bras armé de la Terreur, SOS Racisme. Cette fois, c’est à Saint-Étienne que les garants de l’Ordre moral ne veulent pas laisser l’humoriste s’exprimer. La mise sous silence des opposants au régime, c’est maintenant !

Jeudi 14 février, Maurice Vincent, sénateur-maire PS (oui, le parti qui dénonce les cumuls des mandats !) de Saint-Étienne a demandé à ce que le spectacle de Dieudonné soit censuré dans sa ville, où le comique devait jouer le 16 mars 2013.

Dans un communiqué de presse, le courageux maire inquisiteur, a expliqué, pour justifier ce déni de liberté d’expression, que "cet artiste, très controversé en raison de ses prises de position à caractère discriminatoire et négationiste, a en effet fait l’objet de plusieurs plaintes et procès". Un homme qui veut pouvoir débattre au sujet de l’Histoire ne devrait-il pas directement aller en prison, aux côtés de tous les homophobes qui sont contre l’égalité pour tous les homosexuels ? L’Histoire est une discipline qu’il convient évidement, au nom de la démocratie, de laisser verrouiller par le politique (Taubira et ses lois mémorielles) et par la justice (SOS Racisme et ses procès).

Seule une personne dotée de sa carte du PS devrait pouvoir exprimer son opinion par rapport aux cahiers officiels d’Histoire distribués aux lycéens.

Bien évidement, la demande du dirigeant socialiste a été immédiatement appuyée par SOS Racisme Loire, organe local de recrutement et de Terreur du PS, qui a également fait part de son refus de laisser un comique pratiquer le politiquement incorrect. Vu que SOS Racisme est une annexe du PS, ils devraient faire une plainte commune, ça ferait des économies…

La ville de Montpellier avait déjà été condamnée à payer une amende pour déni de liberté d’expression, car son maire socialiste refusait de laisser Dieudonné jouer dans sa ville. Mais pour un socialiste, c’est bien connu, mieux vaut mettre les finances publiques sur la paille que laisser s’exprimer des personnalités en désaccord avec l’idéologie ambiante.