15 mars 2013

La loi anti-nounous voilées est de retour

La loi anti-nounous voilées est de retour

CCIF, le 14 mars 2013

Une proposition de loi identique à celle déposée par la sénatrice Mme Françoise Laborde et les membres du groupe RDSE fin 2011 a été enregistrée à l’Assemblée nationale ce 16 janvier 2013. Il s’agit pour Roger-Gérard Schwartzenberg et le groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste de faire examiner la proposition par la commission des lois et de reprendre la loi anti-nounous voilées.

La proposition de loi votée par le Sénat n’avait pas été reprise par les députés, ceux-ci semblaient avoir pris conscience de l’injustice criante de cette loi. Mais pourtant, rien n’y fait, on souhaite une nouvelle fois stigmatiser la communauté musulmane.

Le CCIF appelle donc les citoyens à une nouvelle mobilisation pour faire barrage à cette loi d’exclusion. L’Assemblée Nationale, passée à gauche, a quant à elle le devoir de rejeter et balayer une proposition qui vise à exclure des citoyennes sous prétexte de faire respecter la laïcité. Cette proposition doit se réduire à ce qu’elle est : une proposition purement islamophobe.

Le CCIF appelle à l’indignation de tous ceux qui s’inquiètent de la voie que prend notre pays, où les idées islamophobes se banalisent jusque dans les plus hautes instances démocratiques. Le CCIF demande donc à tou-te-s les citoyen-ne-s d’écrire à leur député leur indignation afin d’empêcher l’adoption de la loi.

La proposition de loi (n°593) disponible sur le site de l’assemblée nationale

«L’honneur et la gloire du sionisme» Emile Vandervelde. (1866-1938)

«L’honneur et la gloire du sionisme»

Emile Vandervelde (PS) (1866-1938)

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Arnold Lagémi, le 11 mars 2013

Homme politique Belge. Député socialiste (1894) Président de la II Internationale 1900. Il fut notamment Ministre des Affaires Etrangères (1925-1927) et signa le Pacte de Locarno (1925).

«Ce que je veux souligner en ce moment, et ceci s'applique à toutes les colonies, c'est l'effort prodigieux accompli en quelques années, par ces hommes, qui étaient presque tous des citadins, dont beaucoup étaient des intellectuels,- avocats, médecins, professeurs,- pour se recréer une patrie en s'astreignant aux travaux les plus durs, en s'exposant aux risques d'un climat insalubre, en organisant le retour à la terre de travailleurs qui semblaient aussi peu faits que possible pour être des agriculteurs...

Pour des raisons diverses, qui seraient trop longues à dire, il serait incontestablement plus aisé, du point de vue économique, d'établir les Juifs de l'Europe Orientale en Argentine ou au Katanga.

Pour choisir la Palestine, il faut que des facteurs moraux interviennent. Mais, c'est l'honneur, et je le crois fermement, ce sera, un jour, la gloire du sionisme d'avoir compté sur ces facteurs moraux et de s'en être servi pour faire de grandes choses.»

A cette époque le Socialisme Européen était cet humanisme qui laisse encore ce goût de miel. Emile Vandervelde en faisait partie. Ce politicien Belge s'émerveille de la rapidité avec laquelle des citadins sont devenus des agriculteurs.

Le jeune Etat Juif avait-il le temps de négocier avec la réussite ? Soit, il réussissait en tout domaine ; soit l'insuffisance d'une seule pièce du puzzle précipitait tout l'édifice dans le Néant. La nécessité fait souvent loi ! Et là cette sagesse s'impose !

Toutefois, on ne pourra s'empêcher de se demander d'où cette génération puisait-elle la force ?

Car, cette même génération a connu la Nuit de Cristal, les humiliations, les arrestations, les déportations, les fours, le gaz. Elle témoigne que les Nations l'ont abandonnée et renvoyée à Hambourg sur l'Exodus ! Qu'en 1948, elle dut faire face à la coalition Arabe, sans l'aide de quiconque. Alors devenir agriculteur, quand on était citadin !

Que de pareils prodiges puissent impressionner, jusqu'à susciter envies et jalousie se comprend. Quand on n'a pas le choix, on surmonte ou l'on meurt !

Et le choix n'a pas, souvent, été proposé aux Juifs !!!

Ni antisionisme, ni antisémitisme

Ni antisionisme, ni antisémitisme

(Édito sionisite!) (Rachid Z)

Marc FEMSOHN, le 15 mars 2013

Qui doit s’inquiéter pour l’autre ? Le Juif de diaspora pour l’Israélien ou l’Israélien pour le Juif de diaspora ?

Personnellement, je ne suis pas inquiet pour nous, les Israéliens.

Nous avons une armée, nous votons, nous sommes maîtres de notre destin et nous assumons nos risques.

Il est à mon avis, et sans être parano, beaucoup plus difficile et dangereux d’être juif en France et en Belgique, par exemple que de vivre en Israël.

Il ne se passe rien à Neuilly ou à Levallois, à Uccle ou à Ixelles (et encore…) me direz-vous, mais qui pouvait penser qu’il se passerait quelque chose à Toulouse.

Il ne se passe rien, non, il n’y a pas d’antisémitisme, juste parfois un peu d’antisionisme.

On laisse faire, on est apathique, on ne veut pas savoir, on travaille, on fait de l’argent, on fait carrière jusqu’au moment où…. jusqu’à quand ? Jusqu’à ce qu’il ne soit trop tard.

Non, ce n’est pas vrai, il n’y a pas d’antisémitisme en Europe, il y a éventuellement de l’antisionisme, mais le sionisme est un crime contre l’humanité.

C’est certainement vrai puisque c’est le Premier ministre turc Erdogan qui l’affirmé devant le secrétaire-général de l’Onu Ban Ki-moon qui n’a pas bronché. Il est donc légitime de combattre cette idéologie raciste et fasciste par tous les moyens possibles.

Israël est le valet de l’impérialisme américain pour les pauvres chavistes orphelins de Caracas, le petit Satan pour les ayatollahs de Téhéran, un état terroriste et génocidaire pour le reste du monde arabo-musulman, un pays belliqueux où règne l’apartheid, menaçant l’équilibre du Moyen-Orient et la paix mondiale pour une grosse partie des populations européennes et tout cela à la fois pour ceux qui tressent des lauriers à l’indigné auquel a été rendu un vibrant hommage national la semaine dernière dans la Cour des Invalides à Paris.

Pourtant, me direz-vous, le président Shimon Pérès a prononcé cette semaine un discours devant le Parlement européen à l’issue duquel il a reçu une «standing ovation». C’est vrai, mais en Occident on ne touche pas aux géants, témoins et acteurs de l’Histoire.

Pérès est le dernier symbole vivant de cet Israël post-Shoah qui a prévalu jusqu’en 1967, un Israël qui, tel un frêle moineau, avait besoin d’être aidé, protégé, fortifié, réconforté par cet Occident traversé par un très éphémère sentiment de culpabilité à l’égard des Juifs après Auschwitz.

Shimon Pérès, sans aucun doute le meilleur de tous les présidents de l’Etat d’Israël, profite de son charisme et de son aura, pour faire passer les messages d’Israël qu’on n’accepterait pas de Netanyahou ni d’aucun autre dirigeant politique de la nouvelle génération israélienne.

Les politiciens européens aiment Pérès, ce qui leur permet de balayer toute accusation d’antisionisme et, à fortiori, d’antisémitisme pour certains.

Chaque antisémite a son bon Juif, c’était le cas pendant la période de la Shoah, mais cela n’a pas changé puisqu’il y a des Juifs au Front national, tout comme à la gauche de la gauche. Chaque antisioniste a son bon Israélien, ceux que l’on invite lors de conférences ou sur les plateaux de télé comme Rony Brauman, Michel Warschawski, Shlomo Sand, Gilad Atzmon, Eyal Sivan, Gideon Levy, etc…

Les Juifs sont paranoïaques, c’est bien connu.

Il n’y a pas d’antisémitisme en France.

Toulouse, le tueur fou au scooter? Il avait plein de problèmes le pauvre, j’ai failli pleurer en entendant la mère et la soeur de Merah dans le documentaire diffusé par France 3 la semaine dernière où la famille du terroriste avait la part belle. Mais je suis rassuré quant à l’esprit démocratique qui règne à la télévision publique française : on y applique à la lettre la théorie du réalisateur Jean-Luc Godard pour lequel la véritable démocratie consiste à accorder 15 minutes d’antenne aux Juifs et 15 minutes à Hitler

Remarquez, pour leur bonne conscience, les pouvoirs publics organisent une commémoration avec de beaux discours.

Les oraisons funèbres à la mémoire des Juifs sont une mécanique bien huilée, pas vrai Ilan Halimi?

Il n’a pas d’antisémitisme à Bezons où la municipalité du Front de Gauche (ils ont si honte qu’ils ont retiré le mot communiste) a élevé cette semaine au rang de citoyen d’honneur Majdi Irhima Rimawi, un terroriste palestinien condamné à la prison à perpétuité en Israël pour avoir envoyé le commando ayant assassiné Rehavam Zeevi (Gandhi), le ministre du Tourisme du criminel Ariel Sharon. Un argument de plus pour justifier les actes du prochain «tueur fou».

Il n’y a pas d’antisémitisme à Lyon où on a découvert cette semaine une bombe factice devant un bâtiment culturel juif.

Il n’y a pas d’antisémitisme en Belgique.

La semaine dernière était organisé par la section du parti socialiste de Molenbeek (Bruxelles-Capitale) un débat intitulé : «Et si on parlait librement et sereinement du sionisme?» illustré par une affiche du caricaturiste négationniste Zéon dont vous pouvez «admirer» deux de ses «oeuvres sereines» accompagnant cet édito. Sans commentaire…

Il n’y a pas d’antisémitisme en Allemagne.

Pourtant, il y est aujourd’hui aussi fort qu’à l’époque de Hitler, selon Tuvia Tenenbom dont le livre, Allein unter Deutschen («seul parmi les Allemands»), suscite un vif débat. Il note l’antisémitisme primaire des Allemands d’origine turque et l’obsession des Allemands de souche pour lesquels 70% de l’argent dans le monde se trouve dans les mains des Juifs qui contrôlent Obama (si seulement c’était vrai !!!).

Il n’y a pas d’antisémitisme en Espagne où un étudiant sur deux refuse de s’assoir à côté d’un Juif.

Il n’y a pas d’antisémitisme aux Pays-Bas où pourtant de nombreux observateurs constatent que la haine des Juifs au pays d’Anne Frank a atteint le niveau qui était le sien avant la Shoah.

Il n’y a pas d’antisémitisme en Autriche où, 75 ans après l’Anschluss (12 mars 1938), 42% des Autrichiens sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle la vie «n’était pas si mal que ça sous les Nazis».

Il n’y a pas d’antisémtisme en Grèce bien que le parti Aube Dorée, dont le sigle directement inspiré de la croix gammée nazie, soit représenté au parlement où ses députés prononcent impunément des discours antisémites promettant «d’ouvrir les fours» et transformer les étrangers en abat-jours.

Bien sûr, il n’y a pas d’antisémitisme en Pologne, Hongrie et Roumanie…

Si la résurgence de l’antisémitisme et sa banalisation sous couvert d’antisionisme sont des phénomènes effectivement inquiétants, l’apathie des Juifs de la Diaspora et l’avenir qu’ils infligent à leurs enfants en faisant l’autruche, les rendent seuls responsables des risques qu’ils prennent en n’aboutissant pas à la seule conclusion qui s’impose : le retour à Sion.

Même le prétexte de la vie professionnelle ne tient plus. Grâce aux nouvelles technologies, on peut continuer sa carrière professionnelle tout en étant établi en Israël.

Cela me fait penser à ceux qui ont un patronyme d’origine juive et qui ne le sont pas. Les pauvres, souffrir d’antisémitisme alors qu’on n’est pas juif, c’est vraiment pas de chance.

Mais subir tous les aléas de la détestation d’Israël alors qu’on n’est «que juif», tant qu’à faire, vaut mieux habiter en Israël et profiter de tous les avantages de cet Etat où personne ne vous dira que vous n’êtes pas chez vous ou vous traitera de «sale Juif».

A moins de compter sur François (non, pas le successeur de Nicolas, mais l’autre avec la kippa blanche depuis mercredi soir) dont on nous dit qu’il est proche des Juifs…

Il est quatre choses que Dieu regrette d’avoir créées : l’une d’entre elles est l’exil (Soucca 52b).

A bon entendeur salut.

14 mars 2013

Grande-Bretagne: un lord musulman suspendu pour propos antisémites

Grande-Bretagne

Un lord musulman suspendu pour propos antisémites

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Belga, le 14 mars 2013

Le Parti travailliste britannique d'opposition a annoncé jeudi la suspension d'un lord musulman soupçonné d'avoir tenu des propos antisémites après sa condamnation à une peine de prison pour conduite dangereuse.

Nazir Ahmed, d'origine pakistanaise, "a prétendu que des médias appartenant à des juifs avaient fait pression sur le tribunal (britannique) pour le condamner à une peine plus lourde" en 2009, a rapporté jeudi le journal The Times.

Le quotidien britannique dit se fonder sur une interview du membre de la chambre haute du parlement, donnée en langue ourdou sur une chaîne de télévision pakistanaise.

Nazir Ahmed a aussi affirmé que le juge qui l'avait condamné à douze semaines de prison avait été nommé à la Haute Cour après avoir aidé "un collègue juif" de l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair, a rapporté le journal.

Le Parti travailliste a réagi jeudi en suspendant le lord, "dans l'attente des résultats d'une enquête", rappelant qu'il "déplorait et ne tolérait aucune forme d'antisémitisme".

Lors de son procès, Nazir Ahmed avait plaidé coupable de conduite dangereuse, après avoir tué un automobiliste en 2007, le jour de Noël, près de Sheffield, dans le nord de l'Angleterre.

L'enquête de police avait révélé que le lord avait reçu et envoyé cinq sms lors de son voyage, et que le dernier message avait été envoyé deux minutes avant l'accident.

Nazir Ahmed, premier musulman à avoir été nommé lord, en 1998, avait déjà été suspendu momentanément du Parti travailliste en 2012 à la suite d'informations selon lesquelles il avait offert 10 millions de livres (12,1 millions d'euros ou 15,9 millions de dollars) à toute personne qui capturerait le président américain Barack Obama et son prédécesseur George W. Bush. Il avait nié avoir tenu ces propos et avait ensuite été réintégré dans le parti.

Le viol d’une femme de 60 ans, seule et miséreuse, émeut l’Algérie

Le viol d’une femme de 60 ans, seule et miséreuse, émeut l’Algérie

Oumma.com, le 14 mars 2013

A Blida, à 47 km au sud-ouest d’Alger, un odieux fait divers vient cruellement rappeler que le viol est un crime et que sa propagation alarmante en fait un phénomène de société qu’il convient de ne pas minimiser, en rejetant la faute sur la femme, mais bel et bien d’éradiquer, en mettant hors d'état de nuire ses monstrueux auteurs.

L’émotion a étreint les habitants de la «ville des roses» ainsi que tous les Algériens, depuis que l’agression sexuelle dont a été victime une femme de 60 ans, particulièrement fragile et miséreuse, vivant seule avec son enfant handicapée, a été révélée au grand jour.

Proie facile et toute désignée pour le dangereux prédateur sexuel, dénué de moralité et d’humanité, qui l’a repérée, traquée, attaquée et sauvagement violée à son domicile, la malheureuse femme ne doit la vie sauve qu’à ses cris de détresse qui ont alerté ses voisins, lesquels ont immédiatement volé à son secours, la libérant des griffes de son agresseur qui a réussi à fuir devant l’adversité.

Non identifié, comme le précise le quotidien Le Soir d’Algérie, le criminel est dans la nature, une perspective guère rassurante, laissant derrière lui une femme à jamais traumatisée et une population saisie d’effroi.

Loin d’être un cas isolé de l'autre côté de la méditerranée, l’agression abominable subie par cette soixantenaire survient après une véritable hémorragie de violences sexuelles qui a terni l’année 2012, faisant plus de 300 victimes de toutes conditions sociales et de tous âges, les violeurs se livrant à leurs pulsions coupables sur des femmes, jeunes et moins jeunes, célibataires, mariées, divorcées, et mères de famille, sans distinction et sans état d’âme.

Condamné à 4 mois de prison avec sursis pour avoir arraché un niqab

Condamné à 4 mois de prison avec sursis pour avoir arraché un niqab

AJIB, le 14 mars 2013

Le tribunal de Nantes a condamné ce mercredi un homme qui avait violemment arraché le niqab d’une femme musulmane à Nantes le 12 septembre 2012.

Alors qu’elle se promenait à la fête foraine, l’agresseur âgé de 29 ans au moment des faits a soudainement arraché le niqab de la victime. Un geste brutal qui a valu à la jeune femme trois jours d’incapacité totale de travail. Selon des témoins de la scène, l’agresseur a crié au moment de son acte : «j’aime pas ces gens-là». Immédiatement placé en garde à vue, il avait déclaré à la police vouloir  "faire respecter la loi" interdisant le port du niqab au sein de l’espace public.

Le prévenu qui a plaidé coupable a été condamné à 5 mois de prison de sursis dont un pour avoir donner une fausse identité aux policiers lors de son interpellation. Il a par ailleurs été condamné à verser 1000 € à la victime pour le préjudice moral qu’elle a subi et une euros symbolique au Collectif Contre l’Islamophobie en France qui s’était constitué partie civile.

Profanations de mosquées, discriminations d’individus en raison de leur appartenance religieuse à l’islam, agressions physiques et verbales… les actes islamophobes en France sont en perpétuelle augmentation. Selon le CCIF, 94% des victimes d’agression verbale ou physique sont des femmes.

Affaire du Coran déchiré : Droit de réponse de Charlie Hebdo

Affaire du Coran déchiré

Droit de réponse de Charlie Hebdo

(La collabeurette franco-marocaine du torchon français aurait mieux fait de la boucler !) (Rachid Z)

Marcel Sel, 13 mars 2013

Suite à mon article précédent, Charlie Hebdo me demande de publier le droit de réponse suivant. Je commente ce droit sous l’article :

Cher Marcel Sel,

Merci d'être un lecteur de l'hérétique, petit carré de papier où l'on tente, avec les moyens du bord, comme on le peut, comme une bouteille à la mer, de parler de cas divers et variés où des personnes aussi différentes qu'un journaliste saoudien, un étudiant anglais ou — pourquoi pas — un facho belge, seraient victimes de l'ordre religieux.

Votre réaction au cas du mystérieux Arne S est intéressante à plus d'un égard, car elle apporte un éclairage aux «faits», tel qu'il n'y en a pas eu dans les médias. Toutefois, cela change-t-il quelque chose au fond ? L'info, pour Charlie, c'est la sentence prononcée par la justice belge. Peut-on condamner — quiconque — en démocratie, pour avoir déchiré un coran ? Cette personne n'a pas été condamnée pour acte de vandalisme, pour destruction de biens d'autrui, ni pour injures raciales, mais bien pour avoir déchiré un coran.

Justifier la sentence par l'appartenance, certes, nauséabonde du condamné, relèverait de l'Argumentum Ad Hominem et non plus de la justice, qui se prononce aveuglément, en jugeant les actes seuls. Clin d'oeil au passage, car vous avez bien modéré le titre «Charlie Hebdo défend le Vlaams Belang», en précisant que l'auteure (moi-même), est d'origine arabe, donc non soupçonnable de racisme. Encore un Argumentum Ad Hominem. Pas besoin de s'appeler Zineb pour être blanchi de l'accusation. Charlie Hebdo, de ce côté-là, a toujours défendu des principes clairs. Il est difficile de dire si ce sont les religieux ou les fachos qui sont les plus ridiculisés sur nos colonnes.

Non, Charlie ne défend pas les racistes, Charlie s'inquiète simplement du fait que déchirer un coran soit passible de poursuites en Belgique.

Zineb EL RHAZOUI, journaliste.

Ma Réponse :

Chère Zineb,

Nous ne savons pas, ni vous, ni moi, ce qui s’est passé exactement dans ce café, ni dans ce tribunal. Le point fondamental de mon billet est qu’une dépêche d’agence ou un article de journal ne disent pas forcément la «vérité».

Je n’hésiterais pas à défendre un «facho belge» contre une injustice, mais en l’occurrence, celui-ci n’est pas «victime de l'ordre religieux». Il est condamné par une cour de justice sur base de la Loi en vigueur en Belgique, petit pays incertain situé juste au-dessus de la France et dont la législation s’est largement inspirée du Code Napoléon. Pas de la charia.

Arne S n’a donc en aucun cas été condamné «pour avoir déchiré un coran», mais bien pour incitation à la haine raciale. Aucune Loi en Belgique n’interdit de déchirer un livre religieux. Ce qui est interdit, c’est de crier, par exemple, «les musulmans dehors» en déchirant un coran. Ou «les Juifs au gaz» en déchirant la Torah. Ou «mort aux Français» en déchirant un exemplaire de Charlie Hebdo. À moins que le fait de déchirer un livre excuse les autres actes qui, avec cette déchirure, constituent le délit ?

Donc, oui, cette personne a bien dû être condamnée «pour injures raciales», c’est notamment sur ce point que Belga a péché par omission (ce que l’agence a reconnu dans une justification ultérieure dans laquelle elle regrette que le journaliste n’ait tenu compte que de l’explication de l’avocat de la défense). Je n’ai du reste par justifié la sentence envers Arne S par une appartenance à un parti, mais complété un exposé lacunaire quant aux circonstances : de fieffés xénophobes se seraient retrouvés dans un café, en même temps que quelques «musulmans» (leur qualité de musulman n’est même pas établie), cela, après une manifestation du Vlaams Belang contre l’ouverture d’une mosquée à Ostende. L’avocat d’Arne S prétend qu’un des «musulmans» lui aurait jeté le Coran à la tête. Arne S l’aurait alors déchiré. Ça, c’est la version de l’avocat. Il nous demande d’imaginer un jeune musulman qui va dans un café (où l’on sert de l’alcool, à moins que les islamophobes soient allés boire un pot dans un maqhâ par sens de la provoc, mais je n’en connais pas à Ostende), avec son coran, et le jette à la tête d’un manifestant sachant qu’il n’est certainement pas seul

Le Vlaams Belang est islamophobe parce que c’est le moyen le plus simple aujourd’hui en Belgique d’exprimer sa xénophobie envers les immigrés méditerranéens (tout autre moyen contreviendrait à la Loi contre le racisme). Il n’est pas particulièrement laïc, ce sont les «valeurs chrétiennes» qu’il défend en demandant l’expulsion des «musulmans», qui, selon eux, veulent «dans leur large majorité» islamiser l’Europe. Avant la Loi contre le racisme, il préconisait de réexaminer toutes les naturalisations intervenues depuis 1974. Ce parti, que je qualifie de néo-nazi sur base d’arguments factuels, appelle les Flamands à devenir des «guerriers» pour «défendre ‘leurs’ enfants» contre l’«Eurabia». Vous noterez que ce dernier terme ne fait pas référence à l’islam, mais bien à l’Arabie. À ce sujet, le Vlaams Belang affirme notamment que «Bruxelles va devenir la capitale de l’Eurabia et ressemblera à une ville d’Afrique du Nord ou d’Arabie saoudite». Quand un proche ou un membre de ce mouvement déchire un coran devant des musulmans, ce n’est donc pas un geste anticlérical : la critique de l’islam n’est pour lui qu’un moyen pour tenter de débarrasser la Belgique des «immigrés».

Le second argumentum ad hominem (celui vous concerne) n’était donc pas là pour «défendre» Charlie Hebdo mais pour souligner l’absurde de la situation. Votre article revenait au final à défendre un parti qui, si vous étiez belge ou viviez en Belgique, vous renverrait volontiers «au bled» pour le seul nom que vous portez. L’article que le Vlaams Belang a publié sur l’affaire n’est cependant pas très différent du vôtre (vous devrez me croire sur parole, il est en néerlandais). Ni celui de Riposte laïque. Les sites islamistes ne sont pas en reste, qui concluent tout aussi bêtement que déchirer un Coran est désormais interdit en Belgique. J’eus préféré que la riposte de Charlie fût mieux renseignée et ne conclue pas avec la même facilité, tire d’autres conclusions.

Et bien sûr, je sais que tout le monde sait que vous ne défendez pas les racistes, sinon, je ne me serais jamais permis ce titre. Mais en arriver — involontairement, je le crois volontiersà défendre ceux qui s’opposent à la liberté religieuse autant qu’à la liberté d’expression (le Vlaams Belang a notamment ouvert un site où les écoliers peuvent dénoncer leurs professeurs «trop de gauche»), pour s’attaquer à un excès qui n’a probablement pas existé, me paraissait mériter une chiquenaude. Surtout venant d’un journal qui a, un jour, viré un journaliste qui se moquait de la conversion au judaïsme d’un certain fils de président.

Sinon, en général, l’Hérétique est bien sympathique.

«Casse-toi pov'con»

«Casse-toi pov'con»

Devant la justice européenne

AFP, le 14 mars 2013

La Cour européenne des droits de l'Homme doit dire jeudi si la France a bafoué la liberté d'expression en condamnant un homme qui avait brandi une affichette «casse-toi pov'con» en marge d'un déplacement de Nicolas Sarkozy en 2008.

Hervé Eon, un militant de gauche, avait détourné l'invective lancée quelques mois plus tôt par Nicolas Sarkozy lui-même à un visiteur du Salon de l'agriculture qui refusait de lui serrer la main. Au-delà de la question de l'opportunité des poursuites intentées par le procureur de Laval à l'encontre d'Hervé Eon, les juges de Strasbourg auront l'occasion de se prononcer sur la légitimité du délit «d'offense au chef de l'Etat», inscrit dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse et passible de 45'000 euros (55'500 francs) d'amende.

Dans le cas d'Hervé Eon, le parquet avait requis 1000 euros (1234 francs) d'amende, mais le tribunal avait préféré opter pour une peine «de principe» de trente euros avec sursis, un choix confirmé en appel. L'avocate d'Hervé Eon, Me Dominique Noguères, y voit elle aussi «une question de principe». «Même si la condamnation a été très légère, il est ahurissant que ce monsieur ait été arrêté et poursuivi en justice» pour offense au chef de l'Etat, estime l'avocate, rappelant que «le nom du président de la République n'était même pas cité» sur la pancarte litigieuse.

Les juges de Strasbourg avaient déjà poussé la France à abroger en 2004 un délit similaire, celui «d'offense à chef de l'Etat étranger». Dans un arrêt de 2002 concernant le quotidien «Le Monde», ils avaient en effet estimé qu'il revenait «à conférer aux chefs d'Etats étrangers un privilège exorbitant», car leur seul statut leur permettait de se soustraire à la critique. Un argument repris par les détracteurs du délit d'offense au chef de l'Etat, qui y voient une survivance du crime de lèse-majesté et ont tenté à plusieurs reprises de l'abroger, au Sénat et à l'Assemblée nationale.

13 mars 2013

Antisémitisme: un événement épouvantable et scandaleux au Parlement régional bruxellois

 "Antisémitisme

Un événement épouvantable et scandaleux au Parlement régional bruxellois"

Philosémitisme, le 13 mars 2013

Contexte: Belgique francophone, ne dites plus antisémite dites "inculte" ou "naïf" et PS belge : une caricature négationniste pour illustrer un débat sur le sionisme

Jacques Brotchi est un éminent neurochirurgien belge qui a fondé le service de neurochirurgie de l’hôpital Erasme. Il est membre du Parlement bruxellois et du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (MR). Le 8 mars il écrivait sur Facebook:

"Aujourd'hui, j'ai vécu un événement épouvantable et scandaleux au Parlement régional bruxellois. Mon collègue Alain Destexhe interpellait la ministre CDH Céline Fremault [Note: son parti ne semble pas avoir sanctionné le conseiller échevinal Abdullah Mohammad qui a tenu des propos antisémites] au sujet d'une affiche antisémite [du dessinateur français Zéon] publiée par la section socialiste de Molenbeek et annonçant un débat sur le sionisme. La ministre a relativement bien répondu mais le PS, par l'entremise de son chef de groupe Rudy Vervoort, a tout fait pour empêcher Alain Destexhe de parler, relayé par plusieurs députés PS. Ce que j'ai vécu m'a traumatisé et j'ai dû sortir, ne supportant pas les cris et injures du PS vis-à-vis d'Alain Destexhe, qui a eu le courage de dire la vérité. Dans une société démocratique, dans un Etat de droit, ce comportement est inadmissible et intolérable. Vraiment, j'ai été profondément choqué par ce que j'ai vécu cet après-midi au parlement bruxellois."

Réaction du politogue Claude Moniquet: "Malheureusement, je ne suis pas étonné. Entre les injures de certains et cette affaire d'affiche répugnante, il est plus que manifeste que le P.S. a un gros problème dans certaines de ses sections et, singulièrement, à Molenbeek. Triste de voir un grand parti démocratique et laïc sombrer de la sorte en refusant de prendre les mesures qui s'imposent pour faire le ménage dans ses rangs..."  [La réalité est telle qu'il n'y a rien à faire.  La situation va se détériorer - qu'on le déplore - ce qui est loin d'être le cas de tous les démocrates - ou non.]

Alain Destexhe (Facebook): Séance agitée au Parlement bruxellois où j'interrogeais la ministre sur la caricature antisémite relayée par le PS de Molenbeek et une association (Présence Action Culturelle) proche du PS et subventionnée par la Région.  La plupart des députés ne veulent pas voir réalité de la montée de l'antisémitisme à Bruxelles. Un des membres du personnel (qui n'est pas juif) m'a ensuite confié que, récemment un jour de pluie, il portait un grand manteau et un chapeau. Cela a suffit pour qu'il entende "Nique Israël" et se fasse traiter de "sale juif" par une bande de jeunes!!!

Nous ne devons pas accepter ce retour de l'antisémitisme qui s'infiltre jusqu'au sein de partis démocratiques. On aurait aimé des réactions plus fermes!

Repris du blog d'Alain Destexhe (Député de la Communauté Wallonie - Bruxelles): Une caricature digne de la propagande nazie:

J'aimerais revenir un instant sur la caricature antisémite diffusée par le PS molenbeekois à l'occasion d'une conférence sur le sionisme (voir post précédent)

Je suis surpris de constater que cette affiche, absolument ignoble, ne suscite pas plus de réaction de la part des médias ou de la classe politique. Elle est, pourtant, symptomatique d'une montée de l'antisémitisme au sein même du PS bruxellois. Un antisémitisme qui se développe également chez les jeunes, plus particulièrement au sein de la communauté arabo-musulmane.

Certes, la conférence a été annulée. Et le Président du PS molenbeekois (dont je n'avais personnellement jamais entendu parler jusqu'alors) a regretté ce "dérapage". La caricature aurait ainsi été choisie à l'insu du plein gré des militants socialistes, selon la formule consacrée... L'affirmation selon laquelle cette caricature n'aurait été choisie que par "maladresse" me semble malheureusement peu plausible.

La caricature mérite d'être décortiquée. Chaque détail compte. Et il est un fait certain que les membres du PS molenbeekois qui auront fait le choix de l'utiliser savaient très bien toute la portée symbolique véhiculée par ce dessin.

Tous les stéréotypes présents: Qu'y voit-on ? Le personnage principal, d'abord. Il porte un masque. Car, c'est bien connu, "le Juif" avance masqué. Le petit chapeau noir sur la tête est celui porté par les Hassidim, les Juifs ultraorthodoxes. Une image assez récurrente chez les nazis, les communautés juives d'Europe de l'Est comptant à l'époque en leur sein un nombre important de groupes très religieux. C'est aussi cette caractéristique que reflète la barbe du personnage, les Juifs étant en principe tenus de porter la barbe. Le nez proéminent et les oreilles pointues parachèvent le profil-type du Juif tel que perçu par les antisémites.

Les vêtements du personnage renvoient quant à eux à l'image du Juif/Israélien comme "boucher" des innocents. Outre le sang dans lequel semble avoir baigné son uniforme, les plus avertis reconnaîtront les lettres hébraïques "tsadé", "" et "lamed", acronyme de "Tsva Haganah LéIsraël" (soit "Armée de Défense d'Israël"), plus couramment prononcé "Tsahal" et désignant l'armée israélienne. Les dents acérées du personnage et la bave qui en coule renforcent l'image du Juif "assoiffé de sang".

En outre, la présence sur l'épaule droite du personnage des drapeaux israélien et américain vient confirmer une idée fort répandue dans les milieux antisémites: le lobby juif contrôle la politique américaine et manipule les cercles de pouvoir de Washington, de telle sorte que les Etats-Unis et Israël, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. On notera, enfin, la chevalière du personnage. Car oui, c'est bien connu : le Juif est riche.

Attardons-nous maintenant sur le geste du personnage principal.

Une balance se tient devant lui. D'un côté, un Juif que l'on devine rescapé des camps d'extermination (on ne pourra donc pas reprocher au dessin d'être "négationniste"). Par contre, on devine que son poids, par la volonté du personnage principal, pèse beaucoup plus que celui des "damnés de la Terre" réunis, qu'il s'agisse des esclaves Noirs, des Indiens d'Amérique ou encore de personnes issues du Tiers et du Quart monde. Un dessin qui s'inscrit donc grosso modo dans la même veine que la "pornographie mémorielle" évoquée par l'humoriste Dieudonné, plusieurs fois condamné pour antisémitisme.

Cette caricature doit être vue par le plus grand nombre, quitte à être recontextualisée. Il est essentiel de pouvoir la décortiquer, afin de prendre conscience du degré d'ignominie des militants socialistes qui n'ont pas hésité à l'apposer sur une affiche relative à un évènement officiel de leur section. Elle démontre enfin, si c'était encore nécessaire, que derrière le masque de l'antisionisme (le militaire israélien ne porte après tout que le "masque" du Juif - or, beaucoup d'antisionistes prétendent que les Juifs religieux seraient hostiles à l'Etat d'Israël, ce qui n'est pas exact) se cache presque systématiquement un antisémitisme virulent. C'est manifestement le cas ici. Que fait le centre pour l'égalité des chances ?

[1] Le parti de Mme Céline Fremault (CDH) ne semble pas avoir sanctionné

Les Frères et le sionisme

Les Frères et le sionisme

Par Ahmed Halfaoui, le 12 mars 2013

L’histoire répond souvent aux besoins des sociétés de régler leurs comptes aux équivoques. C’est ce que sont en train de subir les Frères chez les Arabes et assimilés. Il faut dire que l’exemple du grand frère turc, Rajeb Tayeb Erdogan, ne signifiait pas grand-chose. Mais quand Mohamed Morsi, le président égyptien, s’y met, ce ne sont plus des doutes qui assaillent l’opinion.

On pouvait deviner que les accointances avec les Etats-Unis n’étaient pas gratuites, que la reconduction des relations israélo-égyptiennes ne relevait pas du simple respect des accords internationaux, sauf que les certitudes se mettent en place. Les Frères sont bien inscrits dans le camp qu’ils ont aidé à déstabiliser ou à détruire les nationalismes de la région. Même si, dans le discours officiel, ils sont autorisés à y aller de leurs diatribes, même s’ils croulent sous les lauriers pour avoir «réussi» à parvenir à un cessez-le-feu à Ghaza, les Frères égyptiens ont avant tout accepté de garantir à l’entité sioniste de ne plus subir la riposte, car c’est de riposte qu’il s’agit, contre son blocus.

Apparaît cette lettre de Morsi, écrite le 19 juillet dernier, à Shimon Peres, où il lui donne du «mon cher et grand ami», «votre ami fidèle», lui fait part de son «grand désir de développer les relations amicales», des propos qui dépassent largement le simple effet protocolaire. Hosni Moubarak aurait été plus sobre. Le pire est que la lettre a d’abord été cachée et niée, prouvant l’intention coupable d’une personne issue d’un mouvement dont la principale insulte contre les adversaires politiques est leur assimilation aux Juifs.

Les Frères marocains, plus loin des regards, n’en font pas moins dans ce type de relations, en droite ligne de la conduite de Mohammed VI qui, selon un article de JSS News, «est à l’image de son père, un bon roi. Mais il sera demain un grand roi quand il rentrera dans les livres d’histoire pour son apport à la paix au Proche-Orient» et, selon le souhait de Barack Obama, «va jouer un rôle important dans le rapprochement entre le Monde arabe et Israël». Le député druze israélien, Majali Wahabi, vice-président de l’Assemblée parlementaire pour la Méditerranée (APM), qui a répondu au message : «La famille royale vous invite à titre personnel au colloque (les défis énergétiques dans l’espace euro-méditerranéen) comme prévu (Ouarzazate du 14 au 16 septembre)», a tenu des entretiens officiels avec des membres du Parlement marocain et des ministres du «nouveau gouvernement marocain».

En Tunisie, c’est une clause antisioniste qui met les Frères dans l’embarras. Ils sont contre le fait, avec acharnement, que cette clause, qui criminalise «toute forme de normalisation avec l’entité coloniale sioniste», soit inscrite dans la Constitution. Encore, peut-être, loin de s’accuser de vouloir nouer des relations avec le sionisme, ils n’en trahissent pas moins un sens caché dans cette attitude, qui ne peut avoir comme explication que la réponse aux exigences des alliances qu’ils ont contractées avec, au moins, les néoconservateurs étatsuniens et à celles de ne rien gâcher de la sympathie occidentale en général. Et plus loin, se maintenir dans la ligne de leur confrérie.

La disparition forcée au Maroc : Houcine El Manouzi

La disparition forcée au Maroc

Houcine El Manouzi 

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L’AMBDH est une association de défense des droits humains aussi bien en Belgique qu’au Maroc. Elle n’obéit à aucune idéologie politique et est totalement indépendante de tout parti ou mouvement politique que ce soit au Maroc ou en Belgique.

Elle a été fondée il y a 23 ans, en octobre 1990, par un groupe de militants démocrates marocains venant d’horizons politiques et syndicaux divers (du Maroc et de Belgique) convaincus par la nécessité d’unir leurs forces et leurs convictions démocratiques pour lutter efficacement contre les violations graves des droits humains qui sévissaient au Maroc pendant les années de plomb et les discriminations dont étaient victimes les immigrés en Belgique et en Europe.

L’AMBDH a le statut juridique d’asbl (association sans but lucratif) et fonctionne conformément à la législation belge en la matière.

Outre les prises de position et les communiqués qu’elle publie, à chaque fois que nécessaire, l’AMBDH contribue également à la sensibilisation, la formation et la mobilisation des citoyens marocains, toutes générations confondues, hommes et femmes, par l’organisation périodique de colloques, conférences débats, meetings et séminaires.

Contacts et renseignement:

Courriel: ambdh.2@skynet.be

08 mars 2013

Sionisme, Israël, les questions interdites

Sionisme, Israël, les questions interdites

07 mars 2013

La haine de la religion : Pierre Tevanian

La haine de la religion

Pierre Tevanian

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«La religion est l'opium du peuple : relisez Marx !» C'est en ces termes qu'au début de l'année 2010, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) fut renvoyé à ses chères études par un choeur politique et médiatique unanime. Le motif ? La candidature, jugée saugrenue, d'une jeune militante qui avait le mauvais goût d'être musulmane et de porter un foulard. Ce sarcastique conseil de lecture est depuis lors repris quasi-rituellement, dans l'ensemble de la gauche française, à chaque fois que des musulmans investissent le champ politique, tandis que se multiplient les professions de foi antireligieuses.

C'est ce conseil qu'on a ici choisi de prendre au sérieux - et l'expérience se révèle passionnante. On découvre en chemin qu'il est fort difficile d'enrôler post mortem l'auteur du Capital dans la cabale éradicatrice des chasseurs de voile, d'islam ou de religion. On découvre même qu'un des grands apports du mouvement socialiste au combat progressiste est d'avoir pointé les limites du combat antireligieux issu de la tradition des Lumières, en le dénonçant comme un écueil, un idéalisme ou une ruse de la bourgeoisie. On découvre que Marx et les marxistes ont même théorisé et pratiqué l'alliance entre «celui qui croit au Ciel et celui qui n'y croit pas». On réalise enfin la malicieuse actualité de leurs analyses : c'est aujourd'hui l'athéisme et le combat antireligieux qui peuvent être considérés comme l'opium du peuple de gauche.

06 mars 2013

L’Agence Belga incite à l’islamophobie par une dépêche incomplète et biaisée

L’Agence Belga incite à l’islamophobie par une dépêche incomplète et biaisée

Pierre-Yves Lambert, 6 mars 2013

L’Agence Belga a diffusé ce mercredi 6 mars une dépêche incendiaire (comme en témoignent les commentaires des lecteurs sur les sites de presse et sur twitter, e.a. «4 mois de prison pour avoir déchiré un Coran ?! et ce n’est pas en Afghanisan !»)

Ostende : Arne prend 4 mois fermes pour avoir déchiré le Coran devant des musulmans

Arne S., originaire de Blankenberge, a été condamné mercredi, par le tribunal correctionnel de Bruges, à une peine de quatre mois de prison ferme pour avoir déchiré un Coran devant un groupe de musulmans (...). Le 8 juin dernier, en début de soirée, le prévenu a participé à une petite manifestation à Ostende. Après la manifestation, il s’est rendu dans un café où il a échangé des mots avec une dizaine de musulmans. Devant leurs yeux, Arne S. a déchiré un exemplaire du Coranhttp://www.rtl.be/info/belgique/faitsdivers/985711/ostende-arne-prend-4-mois-fermes-pour-avoir-dechire-le-coran-devant-des-musulman

La dépêche en version néerlandaise est identique

Op 8 juni vorig jaar had Arne S. in de vooravond deelgenomen aan een kleine betoging in Oostende. Na de betoging ging hij nog even op café. Daar moet het tot een woordenwisseling gekomen zijn met een tiental moslims. Voor hun ogen verscheurde S. een exemplaar van de koran. Hij zei dat ze het islamitische heilige boek eerst naar zijn hoofd hadden geslingerd. http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20130206_00459631

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Etrangement, aucune précision sur cette «petite manifestation» à laquelle il venait de participer, un détail sans importance pour Belga.

Une simple petite recherche sur google avec les mots-clés betoging oostende 8 juni 2012 (manifestation ostende 8 juin 2012) donne en premier hit la dépêche Belga, en deuxième un texte qui n’est plus accessible mais dont le titre était éclairant

NIEUWS uit OOSTENDE - Anti-moskee betoging op 8 juni jongstleden.

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traduction : Nouvelles d’Ostende - Manifestation anti-mosquée ce 8 juin

Le neuvième hit est encore plus précis et mène au site de la télévision locale ostendaise qui a consacré pas moins de trois reportages à cette manifestation, avant http://www.focus-wtv.tv/video/protest-tegen-nieuwe-moskee-oostende, pendant http://www.focus-wtv.tv/video/protest-tegen-moskee et après http://www.focus-wtv.tv/video/op-stap-met-een-moslim-oostende, il y est bien question de

In Oostende houdt het Vlaams belang vanavond een protestactie tegen de komst van een nieuwe moskee. Er worden zo’n tachtig manifestanten verwacht, onder wie ook enkele nationale kopstukken als Filip Dewinter. De partij waarschuwt voor de islamisering van de stad.

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traduction : Ce soir le Vlaams Belang organise une action de protestation contre la venue d’une troisième mosquée. On attend dans les 80 manifestants, parmi lesquels quelques figures nationales comme Filip Dewinter. Le parti lance l’alerte à l’islamisation de la ville.

En fin de compte, il n’y avait eu qu’une soixantaine de manifestants. Dont au moins un a poursuivi la soirée dans un café, «où il a échangé des mots avec une dizaine de musulmans», l’étape suivante étant le déchirement de Coran :

Selon les dires du prévenu, les musulmans lui ont lancé le livre sacré à la tête, ce qui a provoqué son geste.

Chacun sait en effet que le lancer de Coran est une discipline sportive particulièrement appréciée par les musulmans...

On notera au passage qu’à Ostende les fachos et les musulmans fréquentent les mêmes cafés, ce qui serait difficilement imaginable à Anvers ou à Bruxelles

Racisme : au Liban, les préjugés ont la peau dure

Racisme

Aau Liban, les préjugés ont la peau dure

Par Camille Lorente, le 05 mars 2013

L’Afrique est une destination privilégiée de la diaspora libanaise depuis le 19e siècle. Mais aujourd’hui, les enfants issus de mariages mixtes installés au pays du Cèdre subissent au quotidien un mélange de racisme et de préjugés sociaux.

Il fait nuit, Gemmayze s'agite. Dans ce quartier chrétien de la capitale libanaise, on se presse en talons hauts sur des trottoirs impraticables pour rallier le dernier bar en vue. Eddy Abbas a prévu de boire quelques bières. Ce rappeur de trente ans, membre du groupe Fareeq El Atrash, a les yeux en amande de son père libanais et la peau mate de sa mère ivoirienne. Première interpellation policière à l'heure de l'apéritif. Fouille et contrôle des papiers. «Quand ils ont vu ma carte d'identité libanaise, ils m'ont dit "On pensait que vous aviez besoin d'aide". Ils auraient pu trouver une meilleure excuse», plaisante Eddy, amer, en dégageant les dreads qui tombent sur son front.

Eddy, dont le père dirige une scierie en Côte d’Ivoire, a été envoyé très jeune dans sa famille paternelle au Liban. À l’école, on lui sert du «Yo rastaman !». En ville, il découvre les arrestations arbitraires. Un soir à Dora, quartier pauvre de la banlieue beyrouthine, le trentenaire natif d’Abidjan passe une heure à l’arrière d’une Jeep de police, le temps que son frère lui apporte ses papiers.

Amalgames

Beyrouth la cosmopolite n’échappe pas aux amalgames raciaux et socio-économiques. Au jeu du délit de faciès, la classe sociale présumée compte au moins autant que la couleur de peau. «La société libanaise fonctionne par catégories très cloisonnées», explique Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. «Entre religion, origine géographique et position socio-économique, les gens cherchent à se distinguer en permanence. À cela s’ajoute l’idée que les Libanais ont une certaine tête. Les métisses sont donc pris pour des migrants pauvres et illégaux.»

Ce qui est loin d’être une chance. Au Liban, la majorité des immigrés africains et asiatiques occupent des emplois subalternes, jugés dégradants par les locaux. Employée de maison pour les femmes, éboueur ou plongeur pour les hommes : ils représenteraient 30% de la main-d’œuvre. Souvent exploités, peu ou pas protégés par le droit du travail, les migrants subissent aussi l’absence de législation en matière de racisme. Seule une circulaire du ministère du Tourisme datant de mai 2012 est censée garantir l’accès aux piscines et plages privées «sans discrimination de race, de nationalité ou de handicap». Les associations antiracistes ont depuis prouvé son inefficacité, notamment au moyen de testing en caméra cachée.

Partir ou rester

Hassan Merheba n’a pas ce problème. «Grâce à ma grande taille, on voit que je suis basketteur. Les gens pensent que je suis Américain et je peux rentrer à la piscine, en club». Né en Sierra Leone où son père libanais a émigré au début des années 70, le jeune métis n’échappe pas aux remarques dégradantes. Dans les embouteillages monstres de la capitale, au volant de sa jolie Citroën neuve, il s’amuse des regards interloqués. «C’est la pire chose pour les racistes de voir un Noir dans une meilleure position sociale que la leur.»

Pour changer les mentalités, Nisreen Kaj, auteure et activiste ayant fui la guerre au Niger il y a douze ans, a présenté en 2012 «Mixed Feeling», une série de portraits d’Africains-Libanais issus des classes moyennes et aisées. Sur les trente personnes photographiées, deux seulement avaient confié se sentir bien au Liban. Une dizaine d’entre elles a depuis quitté le pays pour l’Afrique. Nisreen aussi pense à partir, «mais pour aller où ?».

Lassé par l’instabilité politique, Eddy le rappeur devrait bientôt rejoindre son père en Côte d’Ivoire. Les travailleurs du continent noir et d’Asie continuent d’affluer en terre libanaise. Human Right Watch estime aujourd’hui à 200 000 le nombre de domestiques migrants au Liban, soit 25% de plus qu’en 2006.