04 avril 2013

Les musulmans du Sri Lanka pris pour cible par des bouddhistes intégristes

Les musulmans du Sri Lanka pris pour cible par des bouddhistes intégristes

Par Charlotte Boitiaux, le 03 avril 2012

Les agressions contre la communauté musulmane se multiplient ces dernières semaines. Les autorités attribuent ces actions à des moines bouddhistes extrémistes. Signe d'un bouleversement idéologique en Asie du Sud-Est ou simple crise ponctuelle ?

La scène se déroule le soir du 28 mars dans la banlieue de Colombo, la capitale du Sri Lanka. Alors qu’il s’apprête à fermer boutique, un commerçant musulman voit son magasin mis à sac par quelque 500 Cinghalais. La foule, qui jette des pierres contre l’enseigne, insulte également le propriétaire, raconte le correspondant de la BBC Charles Haviland. Plusieurs personnes, dont des journalistes, sont blessées durant la bousculade.

Ces derniers mois, le Sri Lanka, à très grande majorité bouddhiste (70 %), a vu se multiplier le nombre d’agressions à l’encontre de la communauté musulmane, qui représente moins de 10 % de la population de l’île. Outre l’attaque de leurs commerces, les musulmans sri-lankais déplorent des actes de vandalisme de plus en plus fréquents contre les mosquées et dénoncent le boycott de nombre de leurs boutiques.

Autant d’agressions qui ont conduit le principal partenaire du gouvernement de coalition du président Mahinda Rajapakse, le Congrès des musulmans du Sri Lanka (SLMC), a dénoncé des "campagnes d'attaques et de haine" contre les musulmans, tandis que les autorités ont attribué ces actions à des moines bouddhistes extrémistes.

L’islam, un "envahisseur"

Comment expliquer ce regain de violences interreligieuses alors qu’en Occident le bouddhisme renvoie l’image d’une religion tolérante ? Selon Raphaël Liogier, spécialiste du bouddhisme et directeur de l’Observatoire du religieux à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, la colère des bouddhistes est avant tout liée à un sentiment de concurrence religieuse. Même s’il n’est encore qu’ultra-minoritaire dans le pays, le "succès" de l’islam auprès des classes populaires sri-lankaises fait ressurgir un sentiment de "danger" chez les Cinghalais.

"Le Sri Lanka a construit toute son identité autour du bouddhisme. Il faut bien comprendre que, sur l’île, le bouddhisme n’est pas une simple religion mais une identité culturelle profonde, une idéologie d’État", explique à FRANCE 24 le chercheur. Or, depuis quelques années, un "élément conjoncturel" vient bousculer cette institution : l’islam. "Si je devais vulgariser, je dirais que les moines bouddhistes fanatiques considèrent les musulmans comme des envahisseurs qui menacent l’identité même du Sri Lanka. Ces bouddhistes ont donc le sentiment qu’ils doivent résister à l’envahisseur", poursuit-il.

Une résistance qui s’organise autour d’un mouvement politique particulièrement radical : le Bodu Bala Sena (BBS). Considérée comme un groupe "fasciste" selon le diplomate sri-lankais Dayan Jayatilleka ou encore "pernicieux" selon l’"Asian Tribune", cette formation, créée il y a dix mois, connaît un succès populaire "inquiétant", explique Raphaël Liogier.

Retrait du label halal

Surfant sur l’idée d’une crise identitaire inéluctable, le BBS a réussi à étendre son influence sur le terrain politique. Mieux : le 11 mars, il a obtenu le retrait du label halal sur les viandes commercialisées dans le pays. Les industriels de l'alimentation au Sri Lanka fabriquent en effet depuis longtemps tous leurs produits en utilisant des méthodes halal, pour une question de coût principalement.

Les moines bouddhistes ne comprenaient pas pourquoi la minorité religieuse contraignait la majorité de la population à consommer des aliments préparés selon les préceptes de l'islam. Après une longue campagne de boycott, ils ont donc fait plier la "All Ceylon Jamiyyathul Ulama" (ACJU), la principale organisation islamique de l’île, qui a justifié cette décision historique au nom de la paix entre les religions. "Comme dans toutes les croyances, on s’aperçoit qu’il existe dans le bouddhisme une frange ultra-radicale qui va à l’encontre du fantasme collectif selon lequel seuls les musulmans peuvent connaître ce degré d’extrémisme", précise Raphaël Liogier.

Reste à savoir si cette radicalisation reflète une crise ponctuelle ou est le symptôme d’un bouleversement idéologique plus profond en Asie du Sud-Est. "Ce qui me préoccupe, c’est que ces tensions s’étendent en Birmanie où l’on constate des similitudes avec les violences au Sri Lanka. Et je crains, en fait, que la crise d’identité que traverse le pays n’en annonce une bien plus profonde, qui touchera dans les prochaines décennies tous les pays d’Asie du Sud-Est", conclut Raphaël Liogier.

22 mars 2013

Des caméras pour lutter contre le racisme dans la police belge

Des caméras pour lutter contre le racisme dans la police belge

Par Loïc Struys, le 21 m ars 2013

Les violences policières à connotation raciste sont "un fait courant". Telle est la conclusion de la fédération européenne des organisations antiracistes (Enar) qui préconise un renfort des dispositifs de surveillance.

La police belge adopte-t-elle un comportement raciste? Trop souvent, à en croire le rapport publié mercredi par l'Enar. Ce racisme s'exprime notamment par une violence des représentants de l'ordre. Un fait que confirme un policier bruxellois qui cible la communauté musulmane. "L'islamophobie, chez nous, est un fait courant" relate-t-il dans Le Soir de ce jeudi. "Les insultes et les propos racistes sont banalisés, même dans les commissariats dotés de caméras, comme à Saint-Josse, pour la simple raison que si les images sont captées, le son, lui, ne l'est pas".

Une déclaration qui contredit les conseils de l'organisation européenne qui encourage la multiplication des dispositifs de caméra surveillance, dans les commissariats et les véhicules de police. Une démarche qui emboîte le pas de la Ligue des droits de l'homme et du Comité pour l'élimination des discriminations raciales des Nations Unies, également favorables aux caméras dans les cellules, les fourgons et les commissariats afin de réduire les risques de comportements discriminatoires.

Semira Adamu

Une solution loin d'être idéale pour Julien Pieret, chercheur au Centre de droit public de l'ULB. "La caméra n'est pas le dispositif le plus performant pour prévenir les infractions", insiste-t-il dans les colonnes du Soir. Et de rappeler que la dramatique et funeste expulsion de Semira Adamu était filmée.

Plus largement, le rapport alternatif de l'Enar sur le racisme en Europe constate que le racisme en Belgique se traduit par une islamophobie. Les discriminations dont sont victimes les 600.000 musulmans de notre pays s'expriment dans les domaines de l'emploi, l'éducation ou encore du logement. Un constat appuyé par le Centre pour l'Egalité des chances dont 80% des dossiers de discrimination religieuse concernent des musulmans. Les autres communautés vulnérables au racisme sont les populations juives, les gens du voyage, les populations noires et les migrants.

Rapport alternatif sur le racisme en Belgique

21 mars 2013

"PEUT-ON PARLER SEREINEMENT DU SIONISME ?"

"PEUT-ON PARLER SEREINEMENT DU SIONISME ?"

Débat animé par Henri Gutman, président du CCLJ. En collaboration avec le PAC (Présence et Action Culturelles)

Jeudi 28 mars 2013 à 20h30

Invités : 

Guy Haarscher (Philosophe), Joël Kotek (Historien), Josy Dubié (sénateur honoraire Ecolo et ancien grand reporter), Michel Gheude (Ecrivain et administrateur du PAC)

INFORMATION

Non-membres 8.00 €, Membres 6.00 €, Etudiants & sans emplois 3.00 €

Où : CCLJ - RESTAURATION POSSIBLE AU FOYER DU CCLJ DÈS 18H30

Quand : 28/03/2013 à 20:30

Informations et réservations : 02/543.02.70 ou info@cclj.be

Réserver en ligne en cliquant ici

ICH BIN MUSLIM

ICH BIN MUSLIM

Wenn Du Was Gegen Muslims Hast !

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20 mars 2013

Valls laïcité

 Valls laïcité 

Islamophobie croissante en Belgique

Islamophobie croissante en Belgique

Ricardo Gutiérrez, le 20 mars 2013

Un rapport européen constate la hausse des discriminations à l’égard des musulmans. Notamment en Belgique

Le racisme, en Belgique, se manifeste de plus en plus sous les traits de l’islamophobie. C’est le constat que vient de poser, ce matin, la fédération européenne des organisations antiracistes, ENAR. Le constat est en tous points conforme au rapport que présentait Amnesty International, voici un peu moins d’un an, sur les discriminations à l’égard des musulmans.

Les 600.000 musulmans de Belgique font l’objet de discriminations persistantes, dans le domaine de l’emploi, de l’éducation et de l’accès aux services publics et privés. Les chiffres cités par ENAR sont édifiants : sur l’ensemble des dossiers de discrimination «religieuse», près de 80 % visent les musulmans ou les communautés musulmanes. En cause, principalement : les médias (51 % des plaintes), le monde professionnel (19 %) et l’enseignement (11 %).

Sur l’ensemble des nouveaux dossiers concernant des musulmans traités par le Centre pour l’Egalité des Chances, 58 % présentent des signes d’islamophobie et 23 % contreviennent aux lois antidiscriminations. Comme Amnesty, ENAR pointe l’exclusion de l’enseignement pour les étudiantes qui portent le foulard, alors même qu’aucun décret n’appuie ces réglementations.

Pour l’organisation européenne, les pouvoirs publics belges devraient s’employer à «rendre effectives les libertés fondamentales, dont celle de religion, des élèves, en abrogeant toutes les dispositions interdisant le port du foulard et autres pratiques ou signes convictionnels à l’école».

"Les Oubliés de la Oumma : les prisonniers musulmans entre injustice et indifférence"

  "Les Oubliés de la Oumma : les prisonniers musulmans entre injustice et indifférence"

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Avec les interventions des associations :

Cage Prisonners de LONDRES - Sanâbil de PARIS, ainsi que des témoignages

Le dimanche 14 avril à 14H30

14, Rue Saint Joseph. 1080 Molenbeek - Accès métro : Comte de Flandre

Entrée : 2€                          

19 mars 2013

Un racisme sans race

Un racisme sans race

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Le Grand Soir, le 18 mars 2013

Relations : Y a-t-il continuité ou rupture entre le racisme d’hier et celui d’aujourd’hui qui a banni le mot race ?

Étienne Balibar : Il y a nécessairement des continuités essentielles, d’abord parce que les modes de pensée ou de représentation qui s’enracinent dans les sentiments d’appartenance et dans les images de la communauté n’évoluent que très lentement, mais surtout parce que – contrairement à ce que mes précédentes remarques pourraient donner à penser – le racisme n’est pas simplement un phénomène psychologique ; il a toujours une base institutionnelle. Il m’est arrivé de dire que tout racisme est un «racisme d’État» : c’est peut-être tordre le bâton exagérément dans l’autre sens. J’avais en vue la façon dont se développait en France l’idéologie de la «préférence nationale», autour de laquelle la droite et l’extrême-droite ont échangé une partie de leurs discours et de leurs électorats ; mais je crois quand même que tout racisme est inscrit dans des institutions et dans les «effets pathologiques» plus ou moins accentués liés à leur fonctionnement.

Historiquement, il y a trois grands ancrages institutionnels du racisme, qui évidemment ne sont pas complètement indépendants – et quand l’État se charge de les «totaliser» et de les «officialiser», on atteint des résultats terrifiants. Le premier, c’est ce que Michel Foucault a appelé la «biopolitique» des sociétés industrielles, qui traite le «matériel humain» comme une ressource exploitable, ce qui implique de le sélectionner, de l’évaluer et éventuellement de l’éliminer (ce que Bertrand Ogilvie appelle la «production de l’homme jetable»). Le second, c’est la xénophobie, ou ce que j’avais appelé – dans mon livre écrit avec Wallerstein, Race, nation, classe. Les identités ambiguës (La Découverte, 1988) – le «supplément intérieur» du nationalisme. Il s’agit de la représentation d’une certaine «identité» ou d’une certaine «pureté» biologique, culturelle ou religieuse, comme un ciment nécessaire à la préservation de l’unité nationale et à la protection contre ses ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur (surtout peut-être ceux de l’intérieur…). Enfin, le troisième, c’est la représentation de la diversité des groupes humains à la surface de la terre sous la forme d’une concurrence entre des maîtres et des esclaves, ou simplement des civilisations «incompatibles». Cette représentation, qui a été considérablement développée par le colonialisme, se reproduit dans le post-colonialisme, donc dans le monde des nouveaux rapports de force mondiaux. C’est ce qu’on pourrait appeler une sorte de «cosmopolitisme inversé», en opposition au cosmopolitisme issu de la tradition des Lumières. Car il n’en découle plus une reconnaissance mutuelle et une conscience d’appartenir à une même humanité, mais plutôt une intensification d’intolérance et un repli identitaire.

Eh bien, je pense qu’aucun de ces grands points d’ancrage institutionnels n’a disparu dans le monde d’aujourd’hui, mais aussi qu’il est très important d’analyser leurs variations. La biopolitique du capitalisme change, de même que les inégalités, les flux de populations, les dominations à l’échelle mondiale et même les fonctions et les tendances du nationalisme, qui dépend lui-même des situations nationales. C’est pourquoi l’idée de «race» se recompose, y compris en devenant invisible : par exemple dans ce qu’on a appelé le «racisme différentialiste» ou «culturaliste» et que j’avais moi-même appelé il y a quelques années un «racisme sans races».

Extrait d’une entrevue avec le philosophe Étienne Balibar, publié dans la revue québécoise Relations (n° 763, mars 2013).

18 mars 2013

L’interdiction du voile intégral dans l’espace public devant le Tribunal Suprême espagnol

L’interdiction du voile intégral dans l’espace public devant le Tribunal Suprême espagnol

Fernando Arlettaz, le 15 mars 2013

... Dans son arrêt du 6 février 2013, ce fut au tour du Tribunal Suprême espagnol de se prononcer sur le sujet. Pour mieux saisir les particularités du cas en droit espagnol, nous avons pris le parti de ne pas traduire certains mots correspondant à des institutions juridiques précises. Ainsi, le mot espagnol Ayuntamiento est maintenu pour faire référence à l’autorité municipale dont l’activité est essentiellement régie par la Ley 7/1985 Reguladora de las Bases del Régimen Local (loi sur les bases du régime municipal)... 

Le contentieux porté devant le Tribunal suprême espagnol a surgi dans un contexte spécifique en Espagne, les interdictions visant la dissimulation du visage dans l’espace public ayant été le fruit d’initiatives locales (1°). Dans ce cadre, se posait donc la question de la compétence des Ayuntamientos pour adopter, au niveau municipal, de telle mesures touchant aux droits fondamentaux (2°). Mais le présent contentieux offrait surtout l’occasion au Tribunal suprême espagnol d’encadrer, à l’aune de la liberté de conscience et de religion, les conditions dans lesquelles les autorités publiques seraient susceptibles de restreindre voire d’interdire la dissimulation du visage dans l’espace public (3°).

Le voile islamique dans le contexte espagnol

La controverse publique autour du voile islamique en Espagne a une histoire plus brève que celle d’autres pays européens, en raison notamment du caractère plus récent de l’immigration musulmane. Les premiers cas controversés sur l’utilisation du voile concernaient des élèves de collèges et de lycées qui revendiquaient, elles et leurs familles, le droit à porter un voile pendant les cours. Tels sont par exemple les cas des jeunes Fatima, en 2002, et Najwa, en 2010 (voir les informations de presse : La Comunidad de Madrid obligará a escolarizar a la niña a pesar del pañueloEl País du 17 février 2002 ; Najwa, fuera de clase en Pozuelo por cubrirse la cabeza con ‘hiyab’El País du 16 avril 2010; La justicia examinará la expulsión de Najwa de un colegio por llevar ‘hiyab’El País du 3 septembre 2010). Les affaires de ce genre ont trouvé une solution soit par des décisions des autorités éducatives locales, soit par des compromis au niveau des établissements eux-mêmes.

En 2010, le Sénat espagnol a adopté une proposition qui incitait le gouvernement à promouvoir les réformes législatives et réglementaires en vue d’interdire les vêtements qui dissimulent le visage dans les espaces publics. Cette proposition n’a jamais été mise en exécution par le Gouvernement. Hormis une valeur symbolique, elle n’implique donc aucune contrainte juridique.

À la même époque, plusieurs Ayuntamientos ont adopté des dispositions locales visant à interdire la dissimulation du visage dans les établissements municipaux. La plupart de ces Ayuntamientos se situent dans la Communauté Autonome de Catalogne, et parmi eux Lérida. Le 8 octobre 2010 l’assemblée plénière de l’Ayuntamiento de Lérida a adopté une ordenanza modifiant l’Ordenanza Municipal de Civismo y Convivencia (règlement général sur le vivre ensemble). Selon cette modification, «les règlements spécifiques sur les services publics et sur l’utilisation des bâtiments et des équipements municipaux […] pourront limiter ou interdire l’accès ou la permanence dans les espaces ou locaux destinés à un tel usage des personnes portant le voile intégral, des passe-montagnes, des casques intégrales ou d’autres vêtements ou accessoires qui empêchent ou gênent l’identification et la communication visuelle des personnes […]».

(...)

Une association d’immigrants musulmans, l’Asociación Watani por la Libertad y la Justicia, a introduit une action en justice contre ces modifications au moyen de la procédure de protection des droits fondamentaux prévue dans la Ley 29/1998 de 13 de julio Reguladora de la Jurisdicción Contencioso Administrativa (loi sur la juridiction contentieuse administrative). L’action ne concernait pas toutes les réformes globalement considérées, mais seulement les réformes en tant qu’elles étaient relatives au port du voile intégral. Le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne a rejeté la demande, et l’association s’est donc pourvue en cassation devant le Tribunal Suprême.

Un problème de compétences étroitement lié au respect des conditions de limitation d’un droit fondamental

Le premier point mis en exergue par la demanderesse en cassation, mis à part certains motifs de type formel qui ont été rejetés par le Tribunal, était celui de la compétence des Ayuntamientos pour adopter des dispositions qui touchent aux droits fondamentaux.

Or, selon le Tribunal Suprême, la question de la compétence de l’Ayuntamiento de Lérida pour adopter l’ordenanza et les reglamentos mentionnés ci-dessus ne peut pas être séparée de la question de fond concernant la validité d’une telle activité normative à l’égard des droits fondamentaux garantis par la Constitution et par la Convention Européenne. En effet, l’Ayuntamiento n’invoquait pas une compétence spécifique pour la réglementation directe de la liberté idéologique et religieuse, compétence qu’il n’a pas et qui revient au pouvoir législatif par la loi selon les termes clairs de l’article 53 de la Constitution. Il invoquait en revanche une compétence pour la réglementation de matières à caractère typiquement municipal, comme c’est le cas des conditions d’accès et de permanence dans les espaces municipaux, qui touchait indirectement aux conditions d’exercice d’un droit fondamental.

Le Tribunal Suprême espagnol insiste sur le fait que l’Ayuntamiento n’a pas exercé une activité de réglementation d’un aspect accessoire d’un droit fondamental, comme le laisserait entendre l’arrêt du Tribunal Supérieur de Catalogne, mais une activité de réglementation de matières propres, dans les limites des compétences qui lui sont attribuées par la Constitution et par la LBRL, et qui, alors, dans ce cadre, touche accessoirement à un droit fondamental. Il fallait donc analyser si l’exercice que l’Ayuntamiento a fait de ses compétences s’en tenait aux limites constitutionnellement imposées...

La suite : Fernando Arlettaz

 

Arveyres : Islamophobie à l'école ?

Arveyres

Islamophobie à l'école ?

Le 18 mars 2013

Un anti-migraineux atténue les mauvais souvenirs et le racisme

Un anti-migraineux atténue les mauvais souvenirs et le racisme

RTBF, le 18 mars 2013

Le laboratoire du stress traumatique de Toulouse, en France, travaille sur un traitement anti-migraineux. Ce traitement s'avère aussi réduire la charge émotionnelle liée aux mauvais souvenir. Le propanolol, la molécule responsable, appartient à la classe des bêta-bloquant, elle peut avoir un effet de modérateur du tempérament et agit sur les émotions, notamment la peur.

En 2000, le professeur canadien Alain Brunet a testé le propanolol chez des patients souffrant de symptômes post-traumatiques suite à des accidents ou des agressions. Depuis 2007, le laboratoire de stress post-traumatique de Toulouse teste aussi le propanolol. Le laboratoire travaille avec des victimes de l'explosion de l'usine AZF, un accident arrivé le 21 septembre 2001 qui avait causé la mort de 31 personnes, 2500 blessés et de nombreux dégâts matériels à Toulouse. Les résultats du professeur Alain Brunet et du laboratoire de Toulouse ont été comparés et confirment une baisse des symptômes post-traumatiques après une prise de propanolol.

Des patients à Toulouse, Montréal et Boston ont bénéficié de ce traitement et après 90 minutes ils ont montré se sentir mieux. Les souvenirs ne disparaissent pas mais la souffrance liée au souvenir est amoindrie.  

Dans l'étude menée à Toulouse au laboratoire de stress traumatique, les patients suivent le traitement durant six semaines à raison d'une séance par semaine. Le propanolol permet aux patients de bénéficier de traitements plus courts qu'une thérapie et moins onéreux que la prise d'antidépresseurs

En Grande-Bretagne des études sur le propanolol sont aussi en cours. Les chercheurs de l'université d'Oxford qui étudient cette molécule ont révélé que sur un panel de 36 hommes d'origine ethnique blanche, un tiers des personnes testées avec le propanolol ont eu un score décelant des préjugés racistes. Sans le propanolol les préjugés racistes se produisent sur plus de 50% des personnes testées, selon les chercheurs d'Oxford. Par conséquent, le propanolol qui amenuise la peur atténue aussi les peurs manifestées à l'égard des étrangers.

Pour en savoir plus: ladepeche.fr et aussi leparisien.fr.

17 mars 2013

Jacob Cohen invité de Lakome

Jacob Cohen invité de Lakome

Dans cet entretien accordé à Lakome, l'écrivain juif marocain et militant antisioniste considère que l'action de la diplomatie marocaine offre plus de crédibilité à l'Etat d'Israël. Entre autres questions, revenu de Paris le temps d'animer deux conférences à Rabat et Meknes, Jacob Cohen rappelle l'épisode d'immigration des juifs marocains vers l'Etat d'Israël, Etat qui s'affaiblira davantage selon Cohen après les soulèvements du printemps arabe…

16 mars 2013

Sionisme : «Pas en notre nom»

Sionisme : «Pas en notre nom»

CQFD, le 13 mars 2013

Pierre Stambul, militant libertaire et antisioniste, vient de publier Israël/Palestine, Du refus d’être complice à l’engagement. Il raconte ici ses racines juives et athées et, en opposition au colonialisme israélien, évoque un judaïsme multiethnique et sans frontières, ainsi que le souvenir du Yiddishland de ses ancêtres, vecteur d’une culture, d’un état d’esprit et de courants d’idées prônant une émancipation universelle.

(...)

Tu es un contributeur de CQFD. Mais tu es surtout co-président de l’Union juive française pour la paix (UJFP). On connaît tes positions antisionistes radicales. Une technique de propagande usuelle veut que dès l’instant où l’on critique l’État d’Israël, on soit accusé d’antisémitisme. Peut-on inverser le propos en disant que le sionisme est antisémite ?

D’une certaine manière, oui. Le sionisme, comme le dit Michel Warschawski, préfacier de mon bouquin, est une théorie de la séparation. À la fin du XIXe siècle, à l’époque où il y avait un large consensus antisémite en Europe, et où dans l’Empire russe, État où vivaient peut-être les deux tiers des Juifs du monde entier, il y avait une politique antisémite officielle, une majorité des Juifs se sont tournés vers les mouvements révolutionnaires aspirant à une émancipation universelle. Les sionistes étaient une petite minorité, qui affirmait que le mélange avec les autres populations était impossible et que l’antisémitisme est un mal inéluctable. Pour eux, la seule solution était la séparation et la création d’un État juif. Cette idéologie aboutit à l’état actuel des choses. Car elle a impliqué de fait une conquête coloniale.

C’est à ce propos que l’on peut dire que les sionistes sont profondément anti-Juifs : pour fabriquer l’Israélien, il a fallu tuer la figure du judaïsme née essentiellement au cours des deux derniers siècles, un judaïsme mêlé à une population à majorité non juive. Les Juifs d’alors voulaient à la fois conserver leur différence et lutter pour l’égalité des droits, ils pensaient que c’était la seule façon d’accéder à leur émancipation. Dans toutes ces figures du Juif, il n’y a ni colonialisme, ni exclusion du non-Juif, ni nationalisme, ni revendication d’une terre, ni militarisme, ni racisme. Ce qu’a construit le sionisme est complètement antijuif, à la fois pour le judaïsme athée – qui est mon origine –, mais aussi pour le judaïsme religieux, pour qui la conquête d’une terre est impie et aller à Jérusalem avant le retour du Messie un péché.

Quelle différence fais-tu entre antijuif et antisémite ?

Il y a eu quinze siècles d’antijudaïsme chrétien. Quand au IVe siècle, le christianisme triomphe dans un empire romain où énormément de citoyens étaient devenus juifs, le judaïsme cesse d’être prosélyte. Il va se replier sur lui-même et, pendant quinze siècles, les chrétiens vont inventer tout un tas de stéréotypes racistes. On est là sur un terrain de concurrence religieuse. Dans son étude sur le Moyen Âge, Robert I. Moore explique que la société féodale avait besoin de populations identifiables à détester et sur lesquelles concentrer la haine : il n’y avait pas que les Juifs, il y avait aussi les hérétiques, les prostituées, les lépreux… À partir de 1850, l’antijudaïsme chrétien cède la place à l’antisémitisme racial, qui résulte de l’émancipation des Juifs, du fait qu’ils sont sortis du ghetto et qu’ils sont «parmi nous». Toutes ces «nouveautés» vont à l’encontre de l’explosion nationaliste en Europe qui affirme qu’«un peuple égale un État» et que ces États doivent être ethniquement purs. L’antisémitisme frappe spécifiquement le Juif intégré et invisible sur lequel se concentre la haine, parce que justement il est semblable à tous tout en étant différent. C’est ce qui explique qu’il n’y a pas d’antisémitisme contre le tankiste israélien et qu’aujourd’hui l’extrême droite européenne, foyer traditionnel de la stigmatisation des Juifs, est pro-israélienne. Il y a une véritable mutation. Lord Balfour, homme d’État britannique et artisan de la création du foyer national juif devenu ensuite État d’Israël, était très violemment antisémite. Il disait que les Juifs étaient des pouilleux, des révolutionnaires et des asiatiques inassimilables dont il fallait se débarrasser. Arrivés en Palestine, ces parias sont devenus des colonisateurs européens.

Shlomo Sand, qui critique radicalement le sionisme en démontant notamment les mensonges fondateurs, affirme que cette idéologie a été favorisée par le christianisme et plus particulièrement par le protestantisme.

Il est vrai qu’aujourd’hui, les évangélistes chrétiens sionistes – ils sont plusieurs dizaines de millions aux USA, et pas seulement – disent que les Juifs doivent revenir en Terre sainte pour y chasser le mal – Armageddon, c’est-à-dire les Arabes –, puis se convertir au christianisme sous peine d’être anéantis. Mais, surtout, la sanctification de la Terre promise est d’origine chrétienne et ne correspond pas à la tradition juive, qui n’a pas d’attachement à la terre.

Le sionisme est un colonialisme très particulier. Il ne vise pas à asservir le peuple, il vise à l’expulser. C’est un nationalisme original parce qu’il a dû créer la terre, le peuple et la langue. C’est une idéologie qui a exercé une gigantesque manipulation de l’histoire, de la mémoire et des identités juives et qui raconte une histoire fantastique, complètement fausse. Les fondateurs du sionisme n’étaient pas croyants. Ils ont utilisé la bible comme un livre de conquête coloniale.

(...)

Qu’en est-il aujourd’hui de cette culture juive ?

La plus grande partie des Juifs qui vivent en France, en Angleterre ou encore en Allemagne, ne font plus rien d’autres que d’être des supports inconditionnels de l’État d’Israël, de son militarisme et de son racisme. La fonction historique qui était celle de mêler émancipation singulière et émancipation universelle est morte, sans doute définitivement. En transformant une partie de la main-d’œuvre persécutée d’Europe en colons, cette disparition-là a profité à l’Occident, qui détient aujourd’hui un porte-avion en plein Moyen-Orient. Quand le président américain G.W. Bush a déclaré le choc des civilisations, cette guerre du bien contre le mal – le mal étant les Arabes et les musulmans –, les Israéliens l’ont totalement reprise à leur compte et se sont vus comme la pointe avancée de l’Occident dans la lutte contre les Arabes.

Ton père a visiblement suivi ce grand écart historique qui va de positions révolutionnaires de type prolétariennes au sionisme le plus réactionnaire…

Mes parents avaient côtoyé des dirigeants de la résistance comme Artur London, Boris Holban, qui ont tous, après guerre, subi les purges antisémites menées par les partis communistes. Mais le grand virage a été la guerre de 1967, où la propagande a rabâché le fait que les Juifs allaient être encore une fois jetés à la mer. Si mes parents sont devenus sionistes, c’est aussi parce qu’une énorme partie du judaïsme européen qui avait versé dans la révolution s’est vu confronté au stalinisme, qui a lui aussi contribué de façon décisive au succès du sionisme.

Et aujourd’hui ?

Shlomo Sand dit que même un enfant né d’un viol a droit à l’existence. Bien sûr, les Juifs vivants en Israël resteront, mais ils resteront sur la base d’une égalité des droits. Quand on parle d’un État juif et démocratique, Sand dit qu’il s’agit là d’un oxymore. Si on y supprime la discrimination, la colonisation, ce pays-là n’est plus IsraëlIl ne pourra pas y avoir de paix avec le sionisme, de même qu’en Afrique du Sud, il ne pouvait pas y avoir de paix avec le maintien de l’apartheid.

Est-il possible d’être socialiste et sioniste ?

"Cette figure du socialisme belge était un fervent sioniste et plus encore, un sioniste précoce"

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Luc Henrist, le 16 mars 2013

En Belgique, on trouve des dizaines de rues ou de places, et même une station de métro à Bruxelles qui portent le nom d’EMILE VANDERVELDE. Mais qui était cet homme ?

Né le 25 janvier 1866 à Ixelles (une commune de Bruxelles), Emile Vandervelde a été l’une des plus grandes figures du socialisme belge et européen. En 1914, il a été nommé Ministre d’État par le roi. Dès 1916, il est devenu membre du Conseil des ministres, puis ministre de l’Intendance de 1917 à 1918. Par la suite, il participera à la Conférence de la Paix à Paris comme membre de la délégation officielle belge. Et de 1918 à 1921, il sera en charge du portefeuille du Ministre de la justice.

Emile Vandervelde a défendu la réforme pénitentiaire, la lutte contre l’alcool, les droits syndicaux, les droits de la femme,… avant d’être nommé aux Affaires étrangères de 1925 à 1927 où il contribuera à l’élaboration du pacte de Locarno. De 1935 à 1936, il est devenu, à nouveau, membre du Conseil des Ministres, puis Ministre de la santé publique. Pendant ces vingt années, les socialistes belges voient aboutir plusieurs des réformes politiques qu’ils avaient appelées de leurs vœux : le suffrage universel ; la liberté syndicale ; la journée de 8 heures ; la pension et l’assurance chômage ; ou encore la loi contre l’alcoolisme, dite «loi Vandervelde».

En 1933, date de la création de la fonction, il assure la présidence du Parti Ouvrier Belge (P.O.B.) et ce durant les cinq dernières années de sa vie. En revanche, ce qui est moins connu, c’est que cette figure du socialisme était un fervent sioniste et plus encore, un sioniste précoce

Il existe de nombreuses lettres et articles qu’il a écrits et dont je vais vous citer quelques extraits :

«Le Sionisme» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 23 avril 1928) : «Après huit jours passés en Palestine, il ne saurait être question de porter un jugement sur le sionisme. Mais on peut donner une impression et, je le dis tout de suite, cette impression est formidable ! [..] Vers 1340, il n’y avait pour ainsi dire plus de Juifs en Palestine : un peu plus de 7.000, dont 4.500 à Jérusalem. Il y en a 160.000 aujourd’hui, dont 100.000 au moins arrivés depuis la guerre (14-18), de Russie, de Pologne, de Roumanie, des pays à pogroms, et rien n’est plus saisissant que le contraste entre les autochtones que l’on voit, le jour du Sabbat se cogner la tête contre le Mur des Pleurs, et ces nouveaux venus, dont 50% au moins sont des agnostiques, sans aucune autre religion que leur foi ardente en une résurrection nationale».

«Les pogromes de Palestine» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 13 sept. 1929) : «… Si les bagarres s’étaient limitées aux Juifs pieux qui se cognent la tête contre le Mur des lamentations et les derviches qui gardent farouchement l’enceinte sacrée de la mosquée d’Omar… Mais les troubles, en traînée de poudre, se sont étendus à toute la Palestine et l’émir El Hussein, le grand Mufti, déclare qu’il s’agit d’une révolte nationale visant à jeter à la mer les Juifs et – il ne le dit pas, mais on peut croire qu’il le pense – les Anglais et autres chrétiens. [..] La population juive ne s’est accrue qu’assez lentement. Toute immigration a été interdite pendant ces deux ou trois dernières années. Aujourd’hui encore on n’admet de nouveaux arrivants qu’au compte-gouttes. Les sionistes n’ont pas occupé d’autres terres que celles qu’ils ont achetées, très cher, aux propriétaires de latifundia syro-palestiniens».

«Karl Kautsky et le sionisme» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 2 nov. 1929) : «… si d’autre part les autorités britanniques locales en Palestine n’ont pas toujours tenu la balance égale, c’est du côté des Arabes, non des Juifs, que cette balance a penché. [..] Ce qui fait notre sympathie pour l’entreprise sioniste, ce qui la différencie avantageusement de tant d’autres colonisations de peuplement, c’est qu’elle ne recourt, ne peut recourir et ne veut recourir, vis-à-vis des populations arabes ou autres déjà établies en Palestine, à aucune moyen de force, à aucun procédé de contrainte, directe ou indirecte. Toutes les terres qu’elle occupe, elle les a achetées. Toutes les colonies qu’elle a créées, elle les a établies, non à la place des propriétés ou des villages arabes, mais à côté d’eux, transformant, assainissant, rendant à la culture – comme dans l’Émek – des marécages ou des landes abandonnées»

«La bestialité antisémite» (publié dans «Le Peuple» du 26 mars 1933) : «Que dans ce pays, des bandes fanatisées par le mensonge souillent les sépultures d’inscriptions ordurières, mettent à sac des synagogues, qu’il soit nécessaire, comme ce fut le cas au cours de ces dernières semaines, d’assurer la protection des fidèles assemblés dans les temples en mobilisant des forces de police, ce sont des symptômes bien troublants…»

«Idées et doctrines – L’oasis palestinienne» (publié dans « La dépêche de Toulouse » du 28 mars 1933) : «Aujourd’hui, par contre, paradoxe étrange, alors qu’ailleurs rien ne va plus, la Palestine juive traverse une ère de prospérité relative. Elle apparaît comme une oasis dans les déserts de la dépression économique. A Haïfa, comme dans d’autres localités, l’industrie se développe ; les travaux du port sont en voie d’achèvement ; le pipe-line des pétroles de Mossoul, dont une des branches doit y aboutir, lui donnera une grande importance. L’agriculture, modernisée, gagne du terrain sur les marais et sur les landes pierreuses et stériles. Les plantations d’orangers surtout, se développent avec une rapidité inouïe. L’orange est devenue le principal article d’exportation. Les environs de Jaffa et de Tel-Aviv sont déjà un nouveau jardin des Hespérides. [..] Jadis, ils s’en allaient, par grandes masses, aux Etats-Unis. Dans la seule ville de New-York, il y a plus d’un million de Juifs. Aujourd’hui, les Etats-Unis leur sont à peu près fermés par les lois prohibitives de l’immigration, et aussi par un antisémitisme dont l’Allemagne hitlérienne, hélas, est loin d’avoir le monopole. [..] La suite des évènements montrera, nous en avons la ferme conviction, que le peuple Juif, tant de fois persécuté et jamais dompté, trouvera dans la persécution même, de nouvelles forces de résistance et de cohésion».

«Un pays sans chômeurs» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 4 août 1935) : «Lorsque, sur l’invitation du docteur Weizmann, je visitai les colonies sionistes en 1928, la Palestine était en pleine crise, dans l’océan mondial de la prospérité. Aujourd’hui, c’est exactement le contraire. Au milieu de la dépression générale, la Palestine est, en dehors de l’U.R.S.S., à peu près le seul pays qui n’ait pas de chômage et qui vive dans un état de prospérité presque paradoxale. [..] Haïfa [..] était en 1919, une grosse bourgade laissée par les Turcs, de quelque 25.000 habitants. A présent, il y en a plus de 100.000. [..] De même qu’à Haïfa, la population y a presque doublé en trois ou quatre ans. En 1931, (Tel-Aviv) cet ancien faubourg de Jaffa ne comptait encore que 46.000 habitants. Leur nombre, aujourd’hui atteint également 100.000 et, d’une manière générale, l’ancien rêve sioniste de voir un jour dans Eretz-Israël, les juifs égaler ou dépasser les Arabes, n’apparaît plus comme une impossibilité absolue (Ils sont 250.000 aujourd’hui contre 600.000 Arabes et chrétiens)»

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La pédophilie doit être traitée comme une "maladie" et non comme un crime, dit un cardinal

La pédophilie doit être traitée comme une "maladie" et non comme un crime, dit un cardinal

La Libre Belgique, le 16 mars 2013

Le cardinal sud-africain Wilfrid Napier a affirmé que les pédophiles devaient être traités comme des "malades" et non comme des criminels, dans une interview à la BBC diffusée samedi.

"D'expérience, la pédophilie est vraiment une maladie, ce n'est pas un problème criminel, c'est une maladie", a dit l'archevêque de Durban, l'un des participants au conclave qui a élu mercredi soir le pape François. "C'est une maladie psychologique. Que faites vous avec les maladies ? Vous devez essayer de les guérir. Si moi, en tant qu'individu normal, je choisis sciemment de violer la loi, je dois être puni", a poursuivi le responsable religieux âgé de 72 ans, connu pour ses positions conservatrices.

Au début des années 2000, il avait été critiqué pour sa passivité face à un scandale de prêtres pédophiles, en refusant d'expulser les coupables de l'Eglise sud-africaine. Le cardinal a indiqué qu'il connaissait deux prêtres qui avaient été victimes d'abus sexuels dans leur enfance et qui étaient ensuite eux-mêmes devenus pédophiles. "Ne me dites pas que ces personnes sont pénalement responsables au même titre que quelqu'un qui choisit de faire cela", a-t-il dit sur la BBC. "Je ne pense pas qu'on puisse estimer qu'une personne mérite d'être punie quand elle a elle-même été blessée".

Barbara Dorries, agressée par un prêtre pédophile dans son enfance et membre d'un groupe de victimes basé aux Etats-Unis, a réagi à ces propos sur la BBC: "Que ce soit une maladie, peut-être, mais c'est aussi un crime et les crimes doivent être punis, les criminels doivent répondre de leurs actes passés et présents", a-t-elle dit. "Les évêques et les cardinaux se sont donné du mal pour couvrir ces crimes et permettre aux prédateurs de continuer à agir, de ne pas être arrêtés, de garder ces choses secrètes au sein de l'Eglise", a-t-elle dénoncé.