21 mai 2012

Racisme : être noir au Maroc

Racisme : être noir au Maroc

Lasénégalaise, le 21 mai 2012

Actuel, nous avons souvent travaillé avec des journalistes subsahariens. Et en parlant avec eux, nous avons été frappés de découvrir l’ostracisme dont ils sont l’objet. Le mépris du peuple, comme des élites, pour les Noirs est une constante de la société marocaine. Une réalité trop souvent tue ou minorée. Alors, nous avons demandé à Bassirou de raconter son quotidien, des situations vues, parfois vécues, des humiliations subies, des violences sans fin. C’est un témoignage brut, sans fioritures qui nous renvoie une image guère flatteuse mais qu’il faut néanmoins regarder en face. Oui, de nombreux Marocains sont racistes. Le sujet est tabou. Mais le débat doit s’ouvrir.

On m’a souvent posé la question de savoir si les Marocains étaient racistes ou si, en tant que Noir, j’avais été victime ou témoin d’actes ou de comportements assimilables à du racisme. A chaque fois, cette question m’a mis dans l’embarras, et à chaque fois, j’ai répondu par une pirouette. Les rarissimes occasions où j’ai ouvert mon cœur sur la question, c’était entre amis ou collègues. Et j’ai été surpris de découvrir à quel point des amis marocains étaient abasourdis d’apprendre jusqu’où certains de leurs compatriotes pouvaient aller dans le déni de l’Autre. Scandalisés, ces derniers m’ont convaincu de surmonter cette gêne qui m’empêchait d’en parler publiquement. Voilà pourquoi j’ai décidé de briser la glace, en espérant contribuer à susciter le débat et aider à lutter contre ce mal qui, malheureusement, n’épargne aucun pays, aucun corps social.

Je suis arrivé au Maroc le 17 septembre 2000 pour entamer mes études supérieures, en compagnie d’une centaine d’autres camarades boursiers comme moi. Je n’avais aucune appréhension en atterrissant à l’aéroport Mohammed V, le Royaume étant dans l’imaginaire collectif des Sénégalais une sorte de prolongement naturel de leur pays et vice versa. Mais j’ai commencé à déchanter... deux jours seulement après mon arrivée.

Durant ces douze années, comme la plupart de mes «congénères», j’ai souvent été confronté à des situations tragi-comiques. Comme ce matin du 19 septembre lorsque, avec un groupe d’étudiants, nous nous rendions au marché de J5, dans un quartier situé à quelques encablures de la résidence universitaire, à Rabat. En chemin, nous avons essuyé des jets de pierre de la part de gamins qui devaient avoir entre douze et quatorze ans, et qui criaient à tue-tête : «Cannibales ! Cannibales !» Pour notre troisième jour au Maroc, c’était un drôle d’accueil, une rebuffade que j’ai toujours du mal à oublier.

J’apprendrai, quelques années plus tard, qu’un journal arabophone avait rapporté que des «migrants clandestins» subsahariens auraient mangé un nourrisson dans le quartier populaire de Takkadoum à Rabat. La publication en question aurait démenti plus tard cette information, mais le mal était fait : aux yeux de certains Marocains, nous n’étions que des cannibales, des mangeurs d’hommes.

«Elle n’est qu’une esclave !»

Deux ans après cette mésaventure, un nouveau «choc». Cela s’est passé dans un bus. Une vieille dame, qui tenait à peine sur ses pieds, venait de monter à bord. Toutes les places assises étant déjà occupées, une jeune étudiante subsaharienne s’est donc empressée de céder son siège à la «mamie» eu égard à son âge. Et alors qu’elle s’attendait à un mot aimable, voire à une bénédiction, la jeune fille a eu droit à un terrible «de toute façon, elle n’est qu’une esclave et donc elle devait céder sa place à n’importe quel Marocain dans ce bus !» Incrédules pendant un moment car ne parlant pas la darija, nous avons été abasourdis après qu’une Mauritanienne, noire elle aussi, nous eut traduit la phrase. C’était d’autant plus choquant qu’il ne s’agissait pas là de gamins comme à J5, mais bien d’une personne du troisième âge qui, à travers ce comportement, venait par ailleurs de porter un sacré coup à l’un des piliers de l’éducation africaine : le respect des personnes âgées. En effet, suite à cet incident, certains étudiants ont décidé de se passer le mot: désormais, on ne cède plus sa place à qui que ce soit, fût-t-il mourant !

Mendiante… et raciste

Comment peut-on être mendiante et avoir ce sentiment de supériorité propre à tous les racistes du monde ?? La scène s’est déroulée à Rabat quand j’y étais encore étudiant. Un ami comorien au teint de jais, qui venait de percevoir sa bourse, s’est arrêté devant une femme d’un âge avancé qui lui tendait la sébile et lui a remis une pièce de dix dirhams. Alors qu’il continuait son chemin, il entendit la mendiante dire en arabe : «Oh mon Dieu, qu’ai-je fait pour mériter un tel sort : un Noir, un fils d’esclave, qui me fait l’aumône!» Le bienfaiteur n’en croyait pas ses oreilles. Revenant sur ses pas, il dit à la femme, en lui tendant un billet de vingt dirhams : «Excusez-moi, c’est vingt dirhams que je voulais vous donner et non dix.» Quand elle lui a rendu la pièce de dix, le jeune étudiant l’a remise dans sa poche... avec son billet de vingt dirhams ! Il a alors assené à la mendiante, en arabe classique (les Comoriens sont aussi arabophones) : «Puisque votre dieu entend bien vos complaintes, demandez-lui donc de l’argent

«La prochaine fois, on te tue !»

Flâner aux alentours de la résidence universitaire à Rabat, quand j’y vivais encore, relevait d’une aventure dangereuse. De nombreux étudiants subsahariens y ont été victimes d’agressions atroces, certaines ayant même abouti à des hospitalisations. Je me souviens de Sacko, un étudiant malien, et de Kromah, un Libérien, pour ne citer qu’eux. Le premier avait été sauvagement roué de coups juste à l’entrée du campus, ses bourreaux lui crachaient dessus et le traitaient de «qird» (singe), de «k’hal» (Noir) de «3abd» (esclave)… Et n’eût été l’intervention des gardiens alertés par ses cris stridents, il serait mort. Finalement, il s’en est sorti avec plusieurs mois d’indisponibilité médicale, et a dû manquer la période des examens.

Kromah, lui, s’était pris un violent coup de couteau au niveau de l’abdomen. A la vue d’un groupe d’étudiants qui passait par là et qui était plus important en nombre, ses agresseurs ont pris la fuite, mais pas sans lui lancer cette menace : «La prochaine fois, on te tue ! Et c’est valable pour tous tes camarades, transmets-leur le message. Compris, sale nègre?» L’étudiant libérien, qui saignait abondamment et qui se tordait de douleur, n’a pu répondre que par un acquiescement de la tête.

Sacko et Kromah ne sont ni les premières ni les dernières victimes d’agressions anti-Noirs dans les environs de la cité, mais leur mésaventure a été la goutte d’eau de trop : les étudiants subsahariens étaient alors descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol et appeler les autorités à prendre les mesures qui s’imposaient. Depuis, le phénomène a certes perdu de l’ampleur mais il persiste.

Même les professeurs s’y mettent

Et pendant que de jeunes Marocains à la «chasse» au Noir semaient la terreur dans les environs immédiats du campus, dans les salles de classe, certains professeurs, pourtant censés véhiculer des valeurs telles que le respect de la dignité humaine, se sont montrés tout simplement indignes de l’une de leur mission. C’est le cas de cette professeure qui, en plein cours, ne s’est pas gênée pour traiter une Gabonaise de «négresse». Je me souviens que nous nous étions tous regardés avant de baisser la tête un certain moment. Alice – c’est son prénom –, qui était assise juste à côté de moi, m’a lancé un regard qui me hante encore aujourd’hui et m’a dit : «J’ai suffisamment entendu ce genre de propos désobligeants dans la rue et dans les transports en commun pour m’en accommoder, car je les ai jusque-là mis sur le compte de l’ignorance ; mais venant d’une prof’…» L’enseignante dont il est question est aujourd’hui à la retraite, je l’ai croisée une ou deux fois dans des conférences.

«Quelle heure est-il ?...»

Il s’agit là d’un classique ! Au début, je ne comprenais pas pourquoi le «quelle heure est-il?» était accompagné d’un sourire narquois dès que je regardais ma montre pour y répondre. Les aînés m’ont expliqué par la suite que c’était pour me signifier : «Regarde ton poignet et rappelle-toi que tu es noir !» Désormais, dès qu’on me demande ch’hal essa3a (quelle heure est-il?), je préfère prendre mon téléphone portable pour répondre…

L’autre Maroc

Faut-il mettre pour autant tous les Marocains dans le même sac ? Assurément non ! Car si j’ai pu rester plus de douze ans dans le Royaume, c’est parce qu’à côté de cette frange ignorante – le racisme est une des métastases de l’ignorance et intolérante, il y a l’autre Maroc, celui qui ne chosifie pas les Noirs, le Maroc ouvert. C’est celui-là qui m’a permis de minimiser l’impact de ceux qui me traitent de «3azzi», de «hayawan» ou encore de «khanzir». Ce Maroc, je l’aime, je le fais mien.

Par ailleurs, autant j’ai pu mesurer tous les efforts consentis par les autorités marocaines pour raffermir davantage les relations politiques, économiques et culturelles avec le continent, autant je remarque que malgré tout l’Afrique subsaharienne reste inconnue de nombre de Marocains. Car ces derniers tendent à surestimer la vocation européenne du Royaume ou ses solidarités culturelles avec d’autres aires (monde arabe). Il est sans doute temps de recadrer cette vision.

Enfin, il ne faut pas ignorer le fait que le racisme existe… au Maroc aussi. Il faut même oser en débattre ouvertement. Mais il faudrait au préalable que l’éducation de base, celle inculquée par les parents et celle apprise à l’école, joue pleinement son rôle. Le racisme expliqué à ma fille de Tahar Benjelloun est vivement conseillé dans ce sens.

Pour qu’on ne me rappelle pas sans cesse mon apparence mais qu’on se souvienne d’abord de ce que je suis, c’est-à-dire un humain.

20 mai 2012

Susann Bashir, 5 Millions de Dollars à l’Issue de son procés pour discrimination

Susann Bashir, 5 Millions de Dollars à l’Issue de son procés pour discrimination

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PSMRA, le 10 mai 2012

Le géant des télécommunications AT&T, qui n’a pas toléré la conversion de Susann Bashir à l’Islam, a été condamné a verser 5 millions de dollars de dommages et intérêts pour harcèlement moral. Susann Bashir, une mère de famille de 41 ans, résidant à Kansas City, dans le Missouri.

Son calvaire a commencé en 2005, période à laquelle elle a décidé d’embrasser la religion musulmane et de revêtir le hijab, alors qu’elle travaillait depuis six ans déjà au sein de l’entreprise en tant que technicienne de réseau.

Devenue la tête de turc de la société, copieusement injuriée par ses supérieurs et ses collègues qui la traitaient de tous les noms d’oiseau, dont un grand classique du dénigrement «terroriste», quand ils ne lui lançaient pas «d’aller au diable», la résistance psychologique de Susann Bashir a été mise à rude épreuve pendant de longs mois. Son avocate a précisé que son directeur, entre deux insultes, lui ordonnait régulièrement de retirer son hijab, ce qu’elle se refusait à faire, et qu’un jour, furieux, il l’a agrippée pour le lui ôter, en le déchirant.

Après s’être tournée vers les ressources humaines, et avoir déposé une plainte officielle pour discrimination auprès de la Commission de l’égalité des chances, Susann Bashir a été licenciée en 2010. Désavoué par la justice, le mastodonte des télécommunications a fait savoir qu’il ferait appel.

Pour Susann Bashir, sa grande victoire réside sans nul doute dans la reconnaissance de son statut de victime, même si elle est couronnée par une somme très rondelette, qui n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de milliards de dollars brassés par AT&T, comme l’a indiqué son avocate.

19 mai 2012

Canada: la laïcité berceau de l'intolérance ?

Canada

La laïcité berceau de l'intolérance ?

Natalia Trouiller, le 16 mai 2012

Les évêques canadiens montent au créneau contre ce qu'ils appellent un "relativisme agressif" qui génère selon eux de nouvelles formes d'intolérance. Dont les chrétiens sont la principale cible

Dans une lettre pastorale adressée "aux personnes de bonne volonté", les évêques canadiens lancent un appel "pressant" au respect des religions. Selon eux, la situation s'est suffisamment dégradée au Canada pour justifier une prise de position nette de l'épiscopat.

Après une définition de la liberté religieuse - "elle comprend la capacité de choisir sa foi et de la pratiquer ouvertement, personnellement et communautairement au sein de la société", les évêques rappellent qu'elle est un droit imprescriptible: "l'Etat reconnaît et respecte - il n'accorde pas - le libre exercice de la liberté religieuse". Enfin, ils s'inquiètent des "situations qui amènent à se demander si notre droit à la liberté de conscience et de religion est toujours respecté" depuis les dix dernières années.

Cette interrogation recouvre deux préoccupations. La première concerne un certain nombre de lois qui restreignent, selon les évêques, "le droit à l'objection de conscience chez les professionnels de la santé et du droit, les enseignants et les politiciens. Par exemple, des collèges de médecins exigent de leurs membres qui refusent de pratiquer l'avortement qu'ils redirigent leurs patients vers un collègue qui est prêt à le faire; ailleurs, des pharmaciens sont menacés d'être forcés de remplir des ordonnances de contraceptifs ou de "pilules du lendemain"; en Colombie-Britannique, au Manitoba, à Terre-Neuve et  en Saskatchewan, les commissaires de mariage doivent désormais célébrer les mariages homosexuels ou présenter leur démission".

La seconde préoccupation concerne ce que les évêques appellent le "relativisme agressif". "Moins flagrante que la persécution violente des chrétiens, la "dérision culturelle systématique des croyances religieuses", pour reprendre l'expression du pape Benoît XVI, sévit dans plusieurs régions du monde. Pour les laïcistes radicaux, toute expression de croyance religieuse doit être reléguée à la sphère privée: ils cherchent donc à priver la religion de la moindre influence sur la société. [...] La religion est de plus en plus marginalisée, et tenue pour insignifiante, étrangère, voire déstabilisante pour la société. [...] Contraindre les croyants à garder pour eux leurs convictions tandis que les athées et les agnostiques ne sont soumis à aucune restriction de cette nature, c'est en fait une forme d'intolérance religieuse".

Et pourquoi pas des écoles musulmanes ?

Et pourquoi pas des écoles musulmanes ?

Ouri Wesoly (CCLJ), le 18 mai 2012

L’information a été annoncée par notre confrère Le Soir : la mosquée Al Amal envisage d’obtenir l’agrément de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour ouvrir des écoles musulmanes. Elle a suscité quelques réserves. Et pas seulement chez certains partisans de la laïcité.

Le projet de la mosquée Al Amal, située, -ça ne s’invente pas- rue du Libre Examen à Anderlecht, est d’ouvrir trois écoles (maternelle, primaire et lycée) reconnues. C’est-à-dire dont les programmes sont acceptés, les diplômes reconnus et les enseignants payés par l’Etat.

Quel est le problème ? Ces établissements ne feraient que s’ajouter aux écoles catholiques, juives, protestantes ou non confessionnelles à pédagogie spécifique (Freinet, Montessori…)  qui existent depuis belle lurette.

Oui mais c’est, hé bien… musulmanUne religion dont le moins qu’on puisse dire, est que les excès de ses intégristes suscitent peur et colère. Qui plus est, le nom d’Al Amal évoque le récent «Questions à la Une» de la RTBF consacré à l’islam

C’est là qu’un imam tonnait avec haine contre la «Journée de la femme», invention juive…  Certes, depuis l’homme a été réprimandé. Mais Al Amal cache peu ses sympathies pour un salafisme qu’on espère tempéré.

Pour rappel, le salafisme prône un islam «ultra-orthodoxe» pour lequel le Coran doit régir l’ensemble de la vie des fidèles. Et dont les préceptes doivent être appliqués à la lettre. Pas de quoi rassurer la majorité laïque de notre population.

Sauf que des écoles prônant une vision rétrograde de la religion existent aussi chez les catholiques… ou les Juifs, (à Anvers, en tous cas). On peut certainement le déplorer mais, suivant le «Pacte scolaire» qui régit notre enseignement, elles sont légales.  Si…

Si elles respectent les lois, les décrets et les valeurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex Communauté Française). C’est-à-dire, entre autres, l’égalité des sexes, la mixité et les programmes et ce, même s’ils sont en contradiction avec la religion. (Pourtant les médias ne cessent de nous informer que ni le PO ni aucun établissement scolaire subsidié par la FWB à Bruxelles-Ville, par exemple, ne respecte ses décrets. D'ailleurs l'échevine Faouzia Hariche PS, une intégriste laïque, le reconnaît et justifie ce viol caractérisé des décrets ! ) (Rachid Z)

On pense bien sûr à la théorie de l’évolution, contestée par les intégristes de tous poils au profit du «créationnisme». Et c’est au Ministère de l’Education à veiller au respect de ces règles. Ce qu’il fait.

Ainsi, on se souvient peut être qu’en 2005, le ministère flamand de l'Enseignement avait privé de son agrément l’école juive de filles Bais Rachel d’Anvers qui refusait de donner des cours d’éducation sexuelle.

Au prétexte, affirmait la directrice que «nos enfants n'ont pas de problèmes sexuels.»...   Le Ministère flamand avait alors bien agi et on ne voit pas pourquoi son exemple ne serait pas suivi à Bruxelles.

Des accommodements si peu raisonnables

On notera qu’il n’y a pas que les laïcs suspicieux qui s’inquiètent de la création d’écoles privées musulmanes. Il y a aussi les partisans de ce qu’on appelle les «accommodements raisonnables»

A leurs yeux, ce serait à l’école publique de s’adapter dans la mesure, expliquent-ils, que le réseau officiel bruxellois compte plus de 40% d’élèves musulmans. Moyennant quoi, celle-ci devrait, par exemple, tolérer le port du foulard.

Au risque sinon de voir fleurir dix, cents écoles Al Amal et les enfants musulmans s’y engouffrer en masse. Sauf que ces accommodements ne sont jamais assez «raisonnables» aux yeux des intégristes. Et qu’ils en réclament  toujours davantage.

Car, si elle admet le foulard, ils exigeront que l’école publique renonce à la  natation, à certains cours, à la mixité en classe…  Bref, pour complaire à une minorité, qu’elle abandonne des valeurs démocratiques chèrement conquises contre la religion ex-majoritaire.

Ce n’est pas le rôle de l’enseignement public de revenir sur des questions tranchées par la société voici déjà longtemps.  Et il est douteux que les musulmans de la capitale eux-mêmes le désirent. Ils sont certes, comme tout le monde attachés à leurs racines et à leur culture d’origine.

Ce n’est pas pour autant qu’ils sont tous pratiquants et encore moins bornés ou intégristes. Ils sont bien davantage désireux de donner à leurs enfants toutes les chances qu’offre une éducation moderne et ouverte.

Certains, de fait, préfèreront envoyer leurs enfants dans ces écoles. Mais l’exemple de notre communauté est là pour montrer que ce n’est pas non plus une catastrophe. Il est possible à Bruxelles de suivre un «cursus juif» depuis la crèche jusqu’à la fin du lycée.

Et puis, après ? Nos jeunes y apprennent l’histoire, la culture, les fêtes juives,  des éléments d’hébreu, etc. En plus du reste. Après quoi, ils passent dans l’enseignement supérieur et n’y réussissent en général pas si mal.  Pourquoi en irait-il autrement dans les écoles musulmanes ?

Elles aussi se heurteront au principe de réalité : on exigera d’elles qu’elles accroissent les chances de réussites des élèves. Et si elles entendent se limiter, par exemple, à faire apprendre le Coran par cœur, elles n’intéresseront pas grand monde. Et tomberont sous le coup de la loi.

18 mai 2012

Racisme juif: «ne violez pas les règles du Shabbat pour sauver la vie d’un goy»

 Racisme juif

«Ne violez pas les règles du Shabbat pour sauver la vie d’un goy»

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Judéologie, (article d’Asher Zeiger, dans The Time of Israel), le 17 mai 2012

Donnant récemment une leçon sur les lois du Shabbat, le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti Shas et ancien grand rabbin séfarade a déclaré que les lois concernant la violation du Shabbat sont différentes selon que l’on a affaire à un «gentil» (ndlr : goy, non-juif, bref un sous-homme) ou a juif quand il s’agit de sauver une vie.

Yosef, qui a 91 ans, a dit dans la leçon qui a été enregistrée par ses adhérents, que parce que la Torah nous enseigne que ses lois sont pour nous pour «vivre par elles et non pour mourir par elles», le sauvetage d’une vie l’emporte sur toutes les lois de la Torah, mais seulement quand la vie est celle d’un Juif. Il a dit que la Torah ne permet pas la profanation du Shabbat pour sauver la vie d’un gentil.

Traduction du judéologue

C’est le même rabbin qui avait déclaré que les non-juifs ont été crées pour servir les juifs et qui déclare couramment que selon le Talmud, Jésus est, pour l’éternité, plongé dans des excréments en ébullition et que la Vierge Marie est une pute.

Après ces paroles de paix et d’amour de la part de ce haut dignitaire juif, on a qu’une seule question : comment peut-on encore être antisémite à notre époque ?

L'histoire pluriséculaire des discriminations identitaires et raciales

L'histoire pluriséculaire des discriminations identitaires et raciales

Charles Heimberg, le 18 août 2009

L'Italie a adopté une nouvelle législation contre les migrants et les sans-papiers. Mais les discriminations identitaires et raciales ont une longue histoire en Europe.

La majorité berlusconienne des parlementaires italiens a adopté en juillet 2009 des dispositions légales qui marquent un net durcissement de la politique transalpine à l'égard des migrants. Ainsi, après leur approbation par le Sénat, un appel a été lancé par des écrivains et des artistes contre ce qu'ils considèrent comme un véritable retour des lois raciales dans leur pays. Certes, la référence aux lois fascistes et antisémites de 1938 est discutable. Le contexte n'est pas le même. Comme il se doit, la comparaison historique mène à constater aussi bien des ressemblances que des dissemblances.

Parmi ces dernières, il y a d'abord la cible de ce racisme qui a changé : non plus la population juive de l'Italie, mais des centaines de milliers d'étrangers en situation irrégulière. Mentionnons également le fait que si nous savons aujourd'hui à quoi ont finalement mené le fascisme italien et ses lois raciales, nous ignorons encore ce que sera effectivement l'issue de cette politique extrêmement dure qui suscite de légitimes protestations démocratiques. Cependant, la nature des mesures prises à l'encontre de ces migrants et sans-papiers donne aussi à voir, malheureusement, des éléments communs entre les deux situations. En particulier, l'assignation et la stigmatisation identitaires y ont bien pour corollaire des formes d'exclusion et de négation de droits humains fondamentaux.

Des antécédents anciens

Les protestataires mettent en évidence le fait que l'Italie aurait souvent constitué un laboratoire politique pour l'Europe. Ils n'ont pas tort. Et cela ne peut que susciter quelque inquiétude. Mais les discriminations identitaires et raciales ont une longue histoire dans le continent européen. Il vaut ainsi la peine de les examiner dans la moyenne ou longue durée pour percevoir l'influence de l'héritage qu'elles charrient. Portons alors notre regard sur la Péninsule ibérique de la fin du Moyen Âge. En 1492, la conquête chrétienne de Grenade, qui met fin à l'époque d'al-Andalus, est marquée d'emblée par l'expulsion brutale de ceux parmi les juifs qui refusent de se convertir au christianisme. Toutefois, ceux qui se convertissent de gré ou de force, les conversos, désignés aussi comme marranes ou «nouveaux-chrétiens», sont regardés avec suspicion par les «vieux-chrétiens» qui inventent alors le terrible concept de «pureté de sang» (limpieza de sangre) pour justifier des politiques stigmatisantes et discriminatoires.

Une Inquisition qui préfigure la modernité

L'année 2009 marque aussi le 4e centenaire de l'expulsion, en 1609, des morisques d'Espagne, ces néoconvertis qui descendaient de familles musulmanes, mais qui sont devenus des étrangers chez eux par le biais d'une assignation identitaire à caractère religieux. Cette expulsion, survenue après plus d'un siècle de tensions et de révoltes à l'égard du pouvoir chrétien, a été définie il y a une dizaine d'années par un auteur espagnol comme la première «purification ethnique» moderne en Europe. Là encore, la circulation des concepts à travers le temps est discutable. Mais elle pose de bonnes questions qui expliquent peut-être pourquoi, aujourd'hui, contrairement à d'autres commémorations qui ont fait beaucoup de bruit en Espagne, celle de cette expulsion est apparemment discrète et gênée.

Mais revenons à la fin du XVe siècle. Un ouvrage récent de l'historien Nathan Wachtel sur les Inquisitions ibériques développe une hypothèse intéressante. L'Inquisition moderne contre les juifs convertis, fondée en Espagne en 1480, puis développée au Portugal et au Brésil jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, aurait constitué, par les modalités de ses mises en accusation et ses procédures de dénonciation, une préfiguration de cette modernité qui a produit les systèmes totalitaires ayant caractérisé le XXe siècle.

«Il faut rappeler que la finalité première du procès et de la condamnation à mort n'est pas de sauver l'âme de l'accusé, mais de procurer le bien public et de terroriser le peuple», écrivait le juriste Francisco Peña en 1578. En outre, l'Inquisition fonctionne à partir de réseaux de commissaires et de familiers, ces derniers étant des bénévoles chargés de la surveillance de la population et de l'arrestation des suspects. Elle ne poursuit pas les juifs en tant que tels, puisqu'ils ont été expulsés, mais toutes les hérésies judaïsantes dont les marranes sont naturellement suspectés. Ceux qui sont brûlés le sont au nom de conceptions raciales se référant à de prétendues impuretés de sang, y compris lorsqu'ils ont été allaités par une nourrice «au sang infect»: il faut en effet «épurer la société de tout sang juif». Les cérémonies d'autodafé, c'est-à-dire de proclamation et d'exécution des sentences, relèvent pour leur part d'une «pédagogie de la peur» et attirent des foules immenses avec «les fastes pompeux du baroque». Toutefois, en amont de ce processus inquisitorial, la dénonciation par son entourage, l'aveu et son caractère complet, les témoignages à charge ou encore les surveillances, à leur insu, des prisonniers, pour découvrir leurs pratiques alimentaires, jouent chacun un rôle fondamental.

Les précurseurs des anti-Lumières

A la fin de son ouvrage, Nathan Wachtel se réfère aux travaux d'Hannah Arendt sur le totalitarisme. Si l'essence du processus inquisitorial qu'il décrit est bien la terreur et «la collaboration forcée des victimes» à l'appareil de répression qui l'érige, nous retrouvons là tout l'intérêt et toutes les limites de la comparaison historique. Dans sa singularité, la destruction des juifs d'Europe est bien la mise en application la plus extrême de la logique de la «pureté de sang». Au-delà de leurs différences fondamentales, le caractère minutieusement organisé du processus inquisitorial et de l'implication de ses victimes relève sans doute de ce qu'il y a de commun entre la terreur fasciste et les purges staliniennes. Reste alors à clarifier la notion même de modernité: les crimes barbares du XXe siècle en sont bien le produit, mais ils ne sont pas le produit des Lumières. Au contraire, en réaction aux Lumières, les Anti-Lumières ont su s'approprier pour le pire ces formes précoces de la modernité.

02:38 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17 mai 2012

Bruxelles célèbre la journée mondiale contre l'homophobie

Bruxelles célèbre la journée mondiale contre l'homophobie

Belga, le 17 mai 2012

A l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie, la ville de Bruxelles a organisé, jeudi matin, une conférence dans la salle des mariages de l'Hôtel de Ville suivie d'une marche.

Cette journée commémore la suppression de l'homosexualité de la liste des maladies mentales reprises dans la classification internationale des maladies publiée par l'Organisation mondiale de la santé le 17 mai 1990.

Le bourgmestre Freddy Thielemans (PS) a rappelé l'engagement de la ville de Bruxelles contre ces discriminations à travers les formations dispensées aux policiers et la mise en place de patrouilles spécifiques. Il a insisté sur l'importance de déposer plainte pour la détermination de zones sensibles et annonce travailler sur la perception immédiate des amendes administratives.

Laetitia Delpierre, représentante de l'association Rainbow Cops créée le 24 février, a regretté la méconnaissance des procédures spécifiques et a exposé, sur base des résultats d'une enquête réalisée auprès des policiers, la tendance encore vivace de considérer que l'homosexualité ne doit pas être affirmée publiquement.

Jean-Yves Lestienne, capitaine de l'équipe gay de rugby des Straffen Ketten, a fait part les brimades vécues dans le milieu également éminément machiste du sport. Yahia Zaidi, cofondateur de l'association Omnya des LGBT d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, a signalé la difficile prise en compte des plaintes par la police et appellé à augmenter les initiatives dans les centres d'accueil pour les migrants qui fuient les discriminations.

Précédées par la fanfare Brussel's street band, une cinquantaine de personnes se sont ensuite rendues devant le monument "Ma Mythologie Gay", situé en plein cœur du quartier St-Jacques. Le dépôt d'une gerbe de fleur et une minute de silence en mémoire d'Ihsane Jarfi, victime d'un meurtre homophobe fin avril, a clôturé la marche.

(A propos de discrimination, même si les médias publics n’évoquent jamais le phénomène, il est à rappeler que de nombreux établissements gays à Bruxelles-ville sélectionnent à l’entrée le public, privant ainsi l’accès aux hétéros à partir d'une certaine heure !) (Rachid Z)

15:33 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15 mai 2012

Sexiste le concours miss T-shirt mouillé du Fabuleux Marcel de Bruxelles ?

Sexiste le concours miss T-shirt mouillé du Fabuleux Marcel de Bruxelles ?

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ELLE, le 15 mai 2012

Com décalée ou mauvais goût ? La marque belge qui a rendu le marcel hype invite les filles à poser en marcel mouillé.

Le 24 mai, un studio photo éphémère accueillera celles qui désirent participer au concours et se feront arroser le buste vêtu d'un Marcel généreusement offert par l'enseigne! Les clichés seront diffusés sur le site de la marque.

Certaines crient au scandale, nous à la rédac on trouve plutôt ça marrant.

"Le Fabuleux Marcel est une marque qui a le second degré chevillé à son ADN (rien que le nom de la marque... Flamande). Quant aux filles, si elles perdent leur sens de l'humour et du décalage au nom d'une attitude "chiennedegardiste", la vie sera bien triste." Béa Ercolini.

"Moi je trouve pas ça sexiste mais sexy! Et drôle!" Eugénie.

"La féministe en moi ne s'insurge pas : ces filles ne sont pas forcées..." Marie

Et vous vous en pensez quoi ?

15:22 Écrit par Rachid Z dans Discriminations, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14 mai 2012

L’exploitation sexuelle des enfants, une réalité au Cameroun

L’exploitation sexuelle des enfants, une réalité au Cameroun 

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Cameroononline, le 13 mai 2012

Environ 4000 enfants âgés de 11 à 17 ans sont impliqués dans l’exploitation sexuelle au Cameroun, selon les résultats d’une enquête que vient de publier l’Institut national de la statistique (INS).

Cette étude, menée en 2007 sur toute l’étendue du territoire, révèle que 98,6% des personnes touchées par ce phénomène sont des filles, et que le pourcentage d’enfants impliqués dans ce commerce sexuel augmente avec l’âge.

On y retrouve des personnes mariées, divorcées ou installées à leur propre compte, ou encore exploitées par des adultes (sans doute des proxénètes) qui les couvrent.

Dans cet ensemble, les jeunes en cours de scolarisation représentent une proportion de 34,9%, dont la majorité a le niveau du primaire (35,0%) ou du premier cycle secondaire (53,0%).

L’âge des enfants à l’entrée dans la prostitution varie entre 9 et 17 ans, la moyenne d’âge étant inférieure à 15 ans alors que plus de 40% y arrivent avant cet âge.

Selon l’enquête pilote sur l’exploitation sexuelle commerciale des enfants, près de 66,5% des concernés ont déclaré être entrés dans la prostitution de leur propre initiative, 11,3% d’entre eux y ont été amenés par déception ou tromperie, près de 5% y sont arrivés par l’entremise d’un membre de famille/autre parent ou sur demande d’un parent.

Une part importante de ces enfants sont obligés de migrer vers les milieux urbains afin de mener à bien leur activité, la principale raison avancée étant la recherche du travail et des moyens de survie pour la famille.

Un nombre grandissant des filles et garçons de moins de 18 ans pratique le commerce du sexe, installés à leur propre compte, ou alors, exploités par des adultes (sans doute des proxénètes) qui les couvrent

Les enfants pratiquant la prostitution ont souvent, relève l’INS, des problèmes de santé liés aux infections sexuellement transmissibles (IST), manifestement du fait du refus du port de préservatif par certains de leurs clients et de la consommation de l’alcool ou des stupéfiants.

Les enfants travailleurs du sexe connaissent, selon l’INS, «toutes sortes d’abus et de torture, tant de la part des parents ou autres membres de la famille, des clients que de la part des forces de l’ordre».

Malheureusement, du fait du caractère illicite de l’activité, ils ne bénéficient ni de protection ni de moyens de recours.

Ces résultats viennent corroborer les données d’une autre enquête, publiée en 2008 par la Coalition protégeons nos enfants, qui regroupe une vingtaine d’ONG.

Celle-ci avait révélé que 4000 enfants étaient en situation de traite sur un échantillon de 336 points d’exploitation d’enfants identifiés dans les 10 régions du pays.

«Le Cameroun tend à devenir une plaque tournante de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle», relevait cet autre rapport.

Ce pays dispose, depuis fin décembre 2005, d’une loi relative à la lutte contre le trafic et la traite des enfants.

Le Cameroun a également, entre autres, ratifie la Convention relative aux droits de l’enfant, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et les Conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) relatives aux enfants.

Principe de non-discrimination

Principe de non-discrimination

Par Agnès BONNES SERRANO, le 10 mai 2012

Quelle est la validité d'une décision concernant un salarié lorsque celui-ci est victime de discrimination ?

Principe à valeur constitutionnelle, la non-discrimination interdit aux employeurs de prendre en compte certains éléments inhérents à la personne du salarié ou à ses activités pour prendre une décision le concernant (par exemple lors de l’embauche, d’un licenciement etc.).

Le non-respect de ce principe expose l’employeur à des sanctions civiles et/ou pénales.

A ce titre, le Code du travail comprend une disposition d’ordre général interdisant la discrimination. En effet, l’article L.1132-1 dispose :

«Aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement ou de l'accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, telle que définie à l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations, notamment en matière de rémunération, au sens de l'article L. 3221-3, de mesures d'intéressement ou de distribution d'actions, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille ou en raison de son état de santé ou de son handicap».

Ainsi, constitue une discrimination directe le fait de traiter, pour l’un de ces motifs, une personne de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne l’aura été dans une situation comparable.

La loi prévoit la nullité notamment des licenciements prononcés en méconnaissance ou en violation des dispositions afférentes à la non-discrimination.

Selon la jurisprudence, le salarié victime d’un licenciement nul dont la réintégration est impossible ou qui ne la demande pas a droit, quelles que soient son ancienneté et la taille de l’entreprise, aux indemnités de rupture (indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, indemnité de préavis), ainsi qu’à une indemnité au moins égale à 6 mois de salaire au titre du caractère illicite du licenciement.

En conséquence, si un salarié a été licencié pour un motif personnel ou économique, il peut contester le motif de licenciement devant le Conseil de Prud’hommes afin d’en solliciter la nullité et d’obtenir ainsi l’octroi de dommages et intérêts.

09:42 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12 mai 2012

La Cour européenne de justice condamne la France pour discrimination fiscale

La Cour européenne de justice condamne la France pour discrimination fiscale

Par RFI, le 11 mai 2012

La Cour européenne de justice vient de condamner la France pour discrimination fiscale entre les fonds communs de placement français et étrangers. La sanction pourrait coûter 4 milliards d'euros au budget de la France.

Les fonds communs de placement étrangers qui investissent en actions françaises doivent payer 30% d'impôts, retenus à la source, sur les dividendes qu'ils versent à leurs actionnaires. La Cour européenne de justice a estimé que cette différence de taxation entre fonds communs de placements français et étrangers était contraire à la libre circulation des capitaux en Europe.

Les fonds communs de placement français soulignent qu'ils ne sont pas pour autant exonérés, puisqu'ils payent chaque année des impôts sur leurs résultats que les étrangers ne payent pas. Mais, après cette décision, la France pourrait être amenée à rembourser aux fonds étrangers plus de 4 milliards d'euros de trop perçus.

Pour faire face à cette condamnation en période d'austérité budgétaire, le ministère des Finances met à l'étude une réforme de la fiscalité de ces Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM). Ce pourrait être la généralisation de la retenue à la source pour tous les actionnaires, français et étrangers, afin de réduire, sinon supprimer, le manque à gagner de cette imposition pour les finances publiques.

10 mai 2012

Torture et exorcisme aux Assises

Torture et exorcisme aux Assises

La Dernière Heure, le 09 mai 2012

La jeune femme avait subi de graves sévices infligés par son mari et des exorcistes musulmans

Le jury a été constitué, mercredi, à la cour d'assises de Bruxelles dans le cadre d'une affaire d'exorcisme qui a coûté la vie en 2004 à Latifa Hachimi, une jeune femme de 23 ans. Le procès débutera réellement lundi.

Six personnes, dont l'époux de la victime, sont accusées d'avoir infligé de graves sévices à la victime au cours d'une séance d'exorcisme à Schaerbeek en 2004. La jeune femme était décédée suite à des violences physiques. Les accusés avaient fait subir à la victime une séance de Roqya, un rite musulman de "désenvoûtement". Les faits s'étaient déroulés dans l'appartement de la victime et de son époux, rue Waelhem, à Schaerbeek, en 2004.

De début juillet à début août, la jeune femme avait subi de graves sévices infligés par son mari et des exorcistes musulmans parce que, mariée depuis ses 18 ans, elle n'était pas encore tombée enceinte.

L'un des accusés, Abdelkrim Aznagui, qui se faisait appeler "cheikh", avait prétendu à la victime et son époux que celle-ci était possédée par les démons et qu'il fallait extraire ces derniers de son corps.

La victime avait notamment été obligée d'ingurgiter des doses énormes d'une préparation composée d'eau, de safran et d'huile, que l'accusé Xavier Meert, un soi-disant guérisseur et exorciste, avait confectionnée.

Latifa Hachimi avait aussi été plongée dans de l'eau bouillante, frappée et étranglée.

Le tribunal correctionnel avait tout d'abord condamné les accusés pour homicide involontaire. Puis, la cour d'appel avait requalifié les faits en tortures ayant conduit à la mort et renvoyé l'affaire aux assises.

Ismahane Chouder : avec la circulaire de rentrée scolaire 2012, «la discrimination est institutionnalisée»

Ismahane Chouder

Avec la circulaire de rentrée scolaire 2012, «la discrimination est institutionnalisée» 

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Par Assmaâ Rakho-Mom, le 05 mai 2012

La circulaire organisant la rentrée 2012 a été publiée le 27 mars 2012 au «Bulletin officiel». Une circulaire tout à fait ordinaire, si ce n'est ce petit paragraphe intitulé «Garantir la laïcité». Un paragraphe qui, à quelques semaines du premier tour de la présidentielle, est passé inaperçu. Pourtant, d'après Ismahane Chouder, membre fondatrice du collectif Mamans toutes égales (MTE), il entérine et institutionnalise la discrimination à l'égard des mamans portant un foulard. Son second alinéa demande, en effet, de faire figurer dans le règlement intérieur l'interdiction de manifester, par sa tenue, ses convictions religieuses. Entretien.

Buzzlim.fr : Dans la circulaire Chatel pour la rentrée 2012, que dit le paragraphe intitulé «Garantir la laïcité» ?

Ismahane Chouder : Il donne des directives claires aux académies pour que soit répercutée dans les règlements intérieurs des écoles maternelles et élémentaires la garantie du principe de laïcité. En clair, les parents accompagnateurs sont soumis au principe de neutralité et ne doivent pas porter de signes indiquant leur appartenance religieuse.

Qu'est-ce qu'implique cette recommandation ?

I. C. : Elle assimile de fait les parents d'élèves à des bénévoles du service public. Elle les assujettit au principe de laïcité, entérine la discrimination à l'égard des mamans portant un foulard, et officialise le fait que des mamans portant un foulard ne pourront ni encadrer les sorties scolaires, ni s'impliquer dans la vie scolaire.

Comment cela se passait-il jusqu'à présent ?

I. C. : Jusqu'à présent, la discrimination était illégale car il n'y avait pas de texte qui stipulait de manière aussi précise que vient de le faire cette circulaire. Les parents accompagnateurs sont maintenant de fait soumis au principe de laïcité. La majorité des établissements qui pratiquaient cette discrimination à l'endroit des mères portant un foulard s'appuyait sur la loi du 15 mars 2004 et sa circulaire d'application.

Et pourtant, elle disait bien que la loi ne concernait pas les parents d'élèves. Il fallait donc, au cas par cas, avoir des entrevues soit avec la direction de l'école, soit avec les professeurs des écoles qui pratiquaient cette discrimination de manière illégale, mais bien souvent dans l'ignorance de la loi. Alors que maintenant, c'est institutionnalisé par le ministère du gouvernement Fillon.

L'expression «il est recommandé» utilisée dans le texte oblige-t-elle les établissements à faire voter les conseils d'école sur ce sujet ?

I. C. : Normalement, c'est une recommandation non contraignante. La première circulaire qu'avait tentée Luc Chatel l'an dernier à peu près à la même période s'inscrivait un peu dans cet esprit de recommandation non contraignante. Sauf que déjà, en l'occurrence, certaines écoles s'étaient prévalues de cette recommandation pour appliquer cela, sachant que les parents d'élèves ou les conseils d'école pouvaient attaquer les règlements intérieurs qui mettaient en avant cet alinéa.

Maintenant ce qui va se passer, c'est que les directeurs ou les directrices d'école qui interprétaient le principe de laïcité, vont désormais se prévaloir d'une circulaire officielle parue au Bulletin officiel pour l'institutionnaliser. Donc ce qui change, ce n'est pas la discrimination en elle-même car elle existe depuis bientôt dix ans dans les faits, c'est que nous n'aurons que très peu de recours pour faire casser les règlements intérieurs qui vont adopter cette recommandation.

Les associations de parents d'élèves se sont-elles prononcées sur le sujet ?

I. C. : En ce qui concerne la PEEP, elle est clairement sur la ligne gouvernementale de Sarkozy et est très frileuse sur ces questions.

Par contre, la FCPE, qui avait pris une position très humaine qui l'a honorée en 2004, en précisant que la loi du 15 mars 2004 ne s'appliquait pas aux parents d'élèves, que cela constituait une discrimination et qu'elle appelait à ne pas faire barrage aux mères qui portaient un foulard dans l'accès aux instances de parents d'élèves et dans l'encadrement des sorties scolaires, est là très frileuse. Nous avions saisi la FCPE nationale il y a à peu près un an, en la personne de Michel Hervieux, et les arguments avancés étaient qu'il fallait privilégier le dialogue, ne pas aller au clash, que cela pouvait se résoudre par le dialogue. Une position frileuse donc, tout en condamnant cette discrimination à l'égard des mères portant un foulard.

Donc là, clairement, nous, en tant que Collectif Mamans toutes égales, nous allons remonter au créneau, en demandant à la FCPE de se positionner clairement, car la circulaire est désormais officielle.

Qui vote le règlement intérieur des écoles ?

I. C. : C'est le conseil d'école. Il est composé du personnel enseignant, de la direction de l'école, de représentants de la mairie et de l'académie et de parents d'élèves élus. Vers la mi-octobre en général ont lieu les élections de parents d'élèves, et dans les quinze jours suivants a lieu le premier conseil d'école auquel est soumis le vote du règlement intérieur.

Des actions à venir ?

I. C. : Il y a l'aspect juridique sur lequel nous sommes prêts à travailler, avec des mamans qui sont prêtes à attaquer juridiquement cette circulaire. Et en même temps, mener un véritable campagne de sensibilisation de manière à ce que les mères qui portent un foulard et qui sont engagées dans des conseils d'école en maternelle ou en primaire, s'impliquent et impliquent d'autres mamans avec elles, pour ne pas laisser voter un règlement intérieur qui les discriminerait.

Des recommandations ?

I. C. : Ce serait d'être très vigilant par rapport au contenu du règlement intérieur. Jusqu'ici, nous avons eu des cas malheureux où des mamans qui portent un foulard, qui étaient impliquées dans des conseils d'école, ont voté des règlements qui les avaient exclues, tout simplement parce que l'exclusion ne reposaient pas sur une légalité. Les mots étaient vraiment enrobés de manière à ne pas cibler directement ces mamans, pour ne pas avoir des règlements intérieurs susceptibles d'être invalidés.

Nous avons un cas notamment sur Créteil, où nous avons demandé, lors d'une information publique à une directrice présente qui s'est prêtée au jeu, de convoquer un conseil d'école extraordinaire de manière à casser un règlement intérieur qui avait été validé et qui établissait la discrimination au prétexte de la religion.

09 mai 2012

Racisme et xénophobie explosent dans une Europe en crise

Racisme et xénophobie explosent dans une Europe en crise

Par Maria Magassa-Konaté, le 09 mai 2012

Racisme, discrimination raciale, xénophobie, antisémitisme et intolérance sont de plus en plus courants en Europe. C'est le constat alarmant que fait la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) dans son rapport annuel 2011 publié jeudi 3 mai*. Un rapport plus que préoccupant car l'ECRI note que le discours xénophobe est de plus en plus accepté par la société et qu'il est repris par les politiques au pouvoir dans plusieurs pays du continent. Un constat bien illustré par la France marquée par 5 années d'une politique stigmatisant les immigrés et les musulmans et par le record historique de l'extrême droite lors du premier tour de l'élection présidentielle.

«Le "modèle du multiculturalisme" est remis en cause et la discrimination dans l’emploi est omniprésente. Le racisme et l'intolérance sont en hausse en Europe aujourd'hui et la tension qui en résulte conduit quelquefois à la violence raciste», peut-on lire dans le rapport de l'ECRI.

Après des travaux menés dans chacun des États membres du Conseil de l'Europe, la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance est arrivée à cette conclusion. Elle pointe du doigt des comportements d'intolérance de plus en plus présents sur le continent, qui, en prise à une crise économique, s'en prend aux immigrés et aux musulmans.

Les musulmans : premiers boucs émissaires

Ces comportements s'accompagnent d'un discours xénophobe. L'ECRI affirme que ce discours «s'est généralisé ces dix dernières années», car il est «de plus en plus accepté par la société.».

Pas de doute, en ce qui concerne la France. En effet, un récent sondage dévoile que 37 % (un chiffre record) des Français les idées du Front national. Marine Le Pen a d'ailleurs obtenu un score historique (17,90 %) lors du premier tour de l'élection présidentielle comme les autres partis d'extrême droite d'Europe qui ont obtenu plus de soutien ces derniers temps. Ils ont remporté «des sièges dans les coalitions gouvernementales et/ou les Parlements de plusieurs pays européens», à l'instar de la Grèce où les néo-nazis y ont fait une entrée historique le 6 mai.

De plus en plus de partis politiques se sont également emparés de ce discours comme s'est amusé à le faire Nicolas Sarkozy lors de la dernière campagne présidentielle. Un discours où « l’immigration rime avec l’insécurité, les migrants en situation irrégulière, les demandeurs d’asile et les réfugiés "volent les emplois" ou risquent de "faire chavirer notre système de protection sociale", tandis que les musulmans "sont incapables de s’intégrer dans les sociétés occidentales"», déplore l'ECRI, qui remarque que les musulmans sont devenus les premiers boucs émissaires. Ils «sont depuis peu au centre du débat xénophobe dans toute l’Europe».

Ainsi, après Amnesty International, c'est au tour de l'ECRI de dénoncer la discrimination dont sont victimes les femmes musulmanes. Une discrimination que la Commission qualifie de «multiple», car «elles font l'objet de préjugés non seulement en raison de leur religion, mais aussi de leur sexe et très souvent du fait qu’elles sont issues de l’immigration».

Le discours anti-musulmans est par ailleurs présent sur Internet, la Commission constatant la multiplication des sites Web islamophobes axés sur l’immigration musulmane en Europe.

L'ECRI s'inquiète aussi du sort réservé aux Roms. Dans toute l'Europe, ils restent exposés «à une discrimination généralisée, à l’intolérance et à la stigmatisation, notamment dans le discours public». Le discours de Grenoble en 2010 du désormais président sortant Nicolas Sarkozy se rappelle à nous.

La Commission nous apprend par ailleurs que l'année 2011 fut marquée par une mauvaise attitude des pays européens après l'afflux de migrants à la suite des Printemps arabes. «Parmi les problèmes recensés figuraient les refoulements rapides de certains arrivants et les mauvaises conditions d’accueil», note-t-elle.

Face à la crise, la diversité est une richesse

C’est la crise qui est derrière la montée des sentiments négatifs à l’égard des minorités. «En raison de débouchés économiques moindres et de coupes dans les programmes sociaux, ces groupes sombrent dans la pauvreté, ce qui alimente des sentiments négatifs qui renforcent la fracture sociale. Les immigrés et certaines minorités historiques sont considérés comme un fardeau pour la société.», explique l’ECRI.

Face à ce constat, elle préconise aux Etats de préserver les institutions de défense des droits de l’homme qui luttent contre le racisme et la discrimination raciale. L’ECRI les appelle «à éviter de réduire leurs moyens et, à long terme, leur indépendance en les assujettissant à des coupes budgétaires impitoyables et à des compressions d'effectif».

«Les pays européens doivent apprendre à gérer la diversité faute de quoi ils risquent de se priver d’un vivier de talents économiques.», souligne la commission. Pour ce faire, elle encourage chaque pays à véhiculer une image positive d’une société diverse en montrant les avantages qui en découlent et rappelle que les «groupes vulnérables» ont participé à l’enrichissement culturel et au bien-être économique de l’Europe.

Préoccupée par les discriminations dont font l’objet les Roms, l’ECRI a par ailleurs publié une recommandation de politique générale sur la lutte contre l’anti-tsiganisme et les discriminations envers les Roms. Elle demande aux pays d’adopter 90 mesures en faveur des Roms et appelle les médias à éviter tout propos «incendiaires».

La recommandation de politique générale de l’ECRI prévoyant de lutter contre l'intolérance et les discriminations envers les musulmans remonte à l’an 2000. Elle prouve que la stigmatisation dont sont victimes les musulmans ne date pas d’aujourd’hui. Le dernier rapport concernant plus particulièrement la France et datant de 2010 constatait d’ailleurs «une persistance en France d’attaques verbales ou physiques dirigées contre des personnes musulmanes ou des attaques contre des mosquées et des tombes musulmanes».

Malheureusement, le rapport annuel 2011 ne montre pas une amélioration de leur situation en Europe, y compris en France, bien au contraire

Voir le rapport annuel 2011 de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance ici

08 mai 2012

Des caméras de surveillance plus pointues à Etterbeek

Des caméras de surveillance plus pointues à Etterbeek

C. LECLERCQ, le 08 mai 2012

L'ensemble des caméras de surveillance de la commune d'Etterbeek sera remplacé, en septembre prochain, par des caméras plus perfectionnées, permettant notamment de faire des zooms précis, a-t-il été convenu au conseil communal.

L'initiative est soutenue financièrement par les autorités européennes, les manifestations dans le quartier européen étant fréquentes.

Des caméras munies de zoom seront installées, en septembre, rue Général Leman, sur le secteur de la rue Commandant Ponthier et de la promenade Hyppolyte Rolin et sur le secteur de la rue Philippe Baucq et de la rue de Haerne. Toutes les caméras de la commune seront, de même, remplacées par ce nouveau type de vidéosurveillance. Le traitement des images sera, désormais, directement confié à la zone de police Montgomery.