06 octobre 2012

"L'islamophobie touche l'ensemble du spectre politique"

"L'islamophobie touche l'ensemble du spectre politique"

L'esprit d'actu reçoit aujourd'hui Sébastien Fontenelle, journaliste et auteur du livre "Les briseurs de tabous. Intellectuels et journalistes anticonformistes au service de l'ordre dominant" aux éditions La Découverte, octobre 2012.

25 septembre 2012

MANUEL VALLS : LE LARBIN DU CRIF

MANUEL VALLS

LE LARBIN DU CRIF

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Jacob Cohen, écrivain franco-marocain, militant anti-impérialiste et antisioniste, le 12 juillet 2012

M. Valls, je vous ai écrit il y a quelques jours et je n'ai reçu aucune réponse. Il est possible que mon cas suscite peu d'intérêt chez vous. Je ne suis pas le "bon juif" défendu par le CRIF pour lequel la République se mobilise et qui est reçu et réconforté par les plus hautes autorités. Mais vous auriez pu charger un membre de votre cabinet pour me répondre.

Mais je comprends votre embarras. Qu'auriez-vous pu répondre ? Comment justifier l'injustifiable ? Comment reconnaître que vous pratiquez une politique de 2 poids 2 mesures ?

Je ne suis qu'un écrivain juif et antisioniste, un renégat en quelque sorte, agressé à 2 reprises par le bras armé du CRIF, j'ai nommé la Ligue de défense juive. Une organisation que votre ministère connaît très bien et qu'il protège amoureusement.

Pourtant les faits sont gravissimes. Les criminels de la LDJ m'ont agressé, filmé l'agression et postée celle-ci sur leur site. La 1ère agression date de plus de 4 mois. Et les criminels sionistes se baladent dans Paris et commettent d'autres agressions.

Savez-vous, M. Valls que vous êtes complice et pénalement responsable de ne pas avoir prévenu d'autres crimes de se commettre, et de non-assistance à personne en danger ?

Vous faites le matamore pour la sécurité mais uniquement pour celle des "judéo-sionistes". Cela dit, vous n'avez pas tort. Ayant des ambitions présidentielles, vous savez où réside le vrai pouvoir et vous vous empressez de le servir. Au mépris des règles de la République, et la première c'est l'égalité de tous les citoyens devant la loi.

Je ne vous envoie pas de lettre personnelle cette fois (dommage pour le timbre). J'espère qu'il se trouvera un membre des RG pour vous prévenir.

Manuel Valls, je vous méprise.

07 août 2012

Contre le massacre des Rohingyas

Contre le massacre des Rohingyas

Quelques 200 personnes, parmi lesquelles des membres du mouvement Sharia4Belgium et de la communauté chiite, se sont rassemblées ce 03 août devant l'ambassade du Myanmar à Bruxelles (Schaerbeek) pour dénoncer le massacre dont est victime la minorité musulmane du pays du nobel de la paix Aung San Suu Kyi ...

31 juillet 2012

Port du niqab: "Une leçon de démocratie"

Port du niqab

"Une leçon de démocratie"

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Guy Bernard, le 31 juillet 2012

Richissime français, Rachid Nekkaz a payé hier le PV d’une jeune fille en niqab. “Au nom de la liberté !”, a-t-il proclamé

SCHAERBEEK 62 € (50 d’amende et les frais de rappel). C’est la somme dont s’est acquitté, hier, à Schaerbeek, Rachid Nekkaz. Le businessman français s’échinait de la sorte à voler au secours d’une soi-disant liberté d’expression.

Flash back. Le 17 août 2011, le millionnaire d’Outre-Quiévrain déboule à Saint-Josse. Pour la première fois, le bonhomme fait parler de lui chez nous. Comment ? Il paie deux amendes tombées sur le râble de mineures portant le voile intégral.

Bis repetita, hier, donc. En sanctionnant de la sorte la jeune femme de 19 ans qui, le 22 août dernier, sortit affublée d’un niqab (un apparat noir geai de la tête aux pieds et empêchant toute tentative d’identification), la Belgique (qui, le 23 juillet 2011 interdit ce port de même que celui de la burqa dans les lieux publics), profère-t-il, “met la liberté des jeunes femmes en péril”. Persuadé du bien-fondé de sa démarche, le richissime homme d’affaires a remis le couvert aux fins de “faire entendre la raison” au pays. Et celui-là d’ajouter, en beau parleur sûr de son fait : “Une leçon de démocratie au gouvernement belge ! Une leçon de tolérance pour lui signifier qu’il fait fausse route…”

D’évidence, le très BCBG et musulman Rachid Nekkaz ne lâchera pas prise : “Depuis un an, nous avons déjà dépensé plus de 57.000 € en amendes et frais d’avocats (en Belgique et en France s’entend, NdlR).”

Sous nos latitudes, le cochon payeur intervenait pour la seconde fois, hier matin; et pour la troisième, à Charleroi (150 €), en début d’après-midi.

A-t-il conscience de peut-être être utilisé par les demoiselles l’incitant à bourse délier ? Chapeauté par les jolis principes cités plus haut, il n’en a cure.

Et la jeune Forestoise dont il effaça la dette, à Schaerbeek ? “Je ne suis forcée par personne”, exprima-t-elle timidement en ralliant le guichet 2 et en camouflant soigneusement jusqu’à son identité. “Je ne vois pas en quoi je dérange…”, estima-t-elle alors que la presse s’interrogeait sur le sens civique de quelqu’un qui enfreint systématiquement la loi belge.

(Une loi belge pas très respectueuse des principes sur lesquels elle prétend se fonder, une loi belge essentiellement guidée par des considérations idéologiques, une loi belge persécutante; autrement dit, une loi belge raciste qui déshonore le royaume et son peuple et un très tendancieux article de Guy Bernard, contrairement à celui de son confrère Philippe Carlot, dans lequel, lui, ne manque pas de préciser : "dans un récent avis, un commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe invite les gouvernements européens à renoncer aux lois et aux mesures visant spécifiquement les musulmans. La loi belge interdisant le port du voile intégral fait partie de ces mesures" !) (Rachid Z)

05 juillet 2012

L'homophobie est en baisse, excepté auprès des jeunes Musulmans

L'homophobie est en baisse, excepté auprès des jeunes Musulmans

RTL.be, le 05 Juillet 2012

L'homophobie enregistre une forte baisse en Belgique, excepté auprès des jeunes hommes de confession musulmane, selon une étude menée par le professeur Marc Hooghe de l'Université de Louvain (KUL), rapportée jeudi par les journaux Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen.

Le professeur a étudié l'évolution de l'homophobie auprès de 2.815 jeunes Belges âgés entre 18 et 21 ans, entre 2008 et 2011. Il classe l'homophobie sur une échelle allant de zéro (pas du tout homophobe) à trois (très homophobe). Il donnait des points sur base d'une série d'affirmations auxquelles les participants devaient répondre. A l'affirmation "J'évite le contact avec les homosexuels", 21,8 pc des Musulmans ont répondu "oui" (contre 20 pc en 2008), sept fois plus que les laïques et quatre fois plus que les catholiques. A l'affirmation "J'estime qu'on ne peut pas faire confiance à un homosexuel", 11,7 pc des Musulmans ont répondu "oui" (8,7 pc en 2008), soit 4 fois plus que les laïques et cinq fois plus que les catholiques. Les personnes de confession musulmanes, et principalement les jeunes garçons, sont clairement plus homophobes que les autres groupes de population. L'homophobie a toutefois également diminué auprès des Musulmans entre 2008 et 2011, mais seulement de 5,3 pc, contre une baisse de près de 11 pc chez les laïques et les catholiques.

17 juin 2012

L’anti racisme : un nouveau clientélisme ?

L’anti racisme : un nouveau clientélisme ?

Par Victor Lazlo, le 02 juin 2012

Le nouveau gouvernement formé par Mr Ayrault a mis en avant son exemplaire parité (17 hommes pour 17 femmes), et sa "diversité" (3 membres de l'Outre-Mer et 4 issus de l'immigration).

Cette "diversité" est le fruit d'une promesse électorale de Mr Hollande, et constitue la suite logique d'une démarche entamée par ses prédecesseurs et plus particuliérement par Mr Sarkozy,

Hier 31 mai, dans un article paru dans Libération Mr Sopo, président de SOS Racisme, dénonce le "faux semblant" de cette diversité, les cabinets ministériels étant essentiellement peuplés de "mâles blancs" ainsi que l'exprime par ailleurs Libération.

Comment définir la "diversité", ou plutot comment l'a définissent SOS Racisme et Libération ? Pour faire simple, nous répondrons : les "non blancs".

Occupé à dévisager et à compter les "noirs" et les "arabes" du Gouvernement et des Cabinets ministériels, Libération, Mr Sopo et son association subventionnés par nos impôts prétendent lutter contre le racisme.

Combien faudra t-il de "diversité" dans le gouvernement pour que Mr Sopo et SOS Racisme s'estiment satisfaits ?

Il y a peu Mr Sopo s'était indigné de certaines pratiques dans le football français révélées par "Mediapart". Certains dirigeants auraient cherché à diminuer le nombre "d'arabes" et de "noirs" dans les centre de formation.

Mr Sopo s'indignait que par ailleurs un Mr Frêche, maire de Montpellier, se soit inquiété du nombre insignifiant de "blancs" qu'il comptait dans ce même monde du football professionnel.

Doit on en déduire que seuls Mr Sopo et Libération ont le droit de compter ? Il y aurait un droit de compter "moral", "anti-raciste", et un autre "fasciste" ? Personnellement je pense que cette maniaquerie du comptage racial reléve, outre de la bêtise, du racisme pur et simple.

Le concept de "diversité" n'est-il d'ailleurs pas, en soi, un racisme ? N'est ce pas une façon de délimiter les individus en fonctions d'appartenance ethnique et/ou religieuse, et surtout de créer un monde de la haine et du ressentiment permanent ?

Ne s'agit-il pas plutot de la derniére ruse de la World Company pour diviser encore plus profondément la société qu'elle ne l'a jamais été ? Dans le livre "La diversité contre l'égalité" Walther Michaels nous met en garde contre une société dans laquelle l'obsession raciale détruit toute volonté commune de progrés social. Nous y sommes...

Mais selon certains il faudrait que le Parlement soit à l'image du pays "réel". Mais qu'est ce que le pays réel ? Pour parler diversité en langage "normal" (comme dirait Mr Hollande), voici les vraies questions en ce qui concerne les organes de pouvoir dans ce pays :

- Combien d'ouvrier(e)s parmi les candidats à la députation parmi les sénateurs ?

- Combien d'agriculteurs(trices) parmi les Présidents de Région ?

- Combien d'employé(e) ou de caissier(e)s dans les cabinets des ministéres ?

Où est la diversité sociale, la diversité des parcours ?

On me dira que les gens qui exercent ces professions n'ont pas les capacités suffisantes pour exercer de telles fonctions. Je ne suis pas certain qu'un professeur d'Allemand soit plus (ou moins) qualifié qu'un garagiste ou un Enarque pour exercer la fonction de 1er ministre. Par contre un Monory a fait un ministre d'une autre trempe que Mr Ayrault, tout diplomé qu'il soit.

Enfin on pourra s'étonner que des associations qui se proclament "anti-racistes" contemplent d'un oeil bovin la promotion de Me Taubira à la Justice. Me Taubira dont la loi sur les traites esclavagistes dite "La loi Taubira" reste éminemment critiquable, car lecture partielle et partiale de l'histoire, qui minimise les traites Arabes et Africaines, dont la traite européenne a été une conséquence (ce qui ne l'excuse en rien).

La même Me Taubira évoquant "sa" loi déclarait plus tard "qu'il ne faut pas trop évoquer les traites négriéres arabo-musulmanes pour que les jeunes arabes ne portent pas sur leur dos sur le poids de cette traite". Que les jeunes blancs portent, eux, ce poids ne l'incommodait pas...

Il est vrai que 93 % des musulmans votent à gauche, et ceci explique cela. L'"anti-racisme" se définit, au mieux, comme un clientélisme comme les autres...

14 juin 2012

Pays-Bas : les musulmans descendent dans la rue suite à l’interdiction de la burqa

Pays-Bas

Les musulmans descendent dans la rue suite à l’interdiction de la burqa

Le gouvernement des Pays-Bas a interdit la burqa fin 2011. Mais comme d’habitude, les musulmans disent qu’ils ne respecteront pas la loi parce que leurssœursseraient opprimées et qu’on bafouerait leurs libertés...

La discrimination à l’égard des femmes musulmanes augmente

La discrimination à l’égard des femmes musulmanes augmente 

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TRT, le 14 juin 2012

Dans un rapport rédigé par l’assemblée des parlementaires du Conseil de l’Europe, il a été relevé que la discrimination à l’égard des femmes musulmanes a augmenté dans les pays de l’Europe.

Le rapport a demandé à ce que soient mises en œuvre toutes les mesures positives visant à faire participer activement les femmes musulmanes dans la sphère publique en Europe.

Dans le rapport, la parlementaire socialiste grecque Athina Kyriakidou écrit que «dans les pays européens, les femmes musulmanes sont victimes des préjugés transformés en clichés, en raison de leur appartenance religieuse».

La parlementaire affirme que des mesures urgentes doivent être prises afin d’empêcher que les femmes musulmanes soient lésées tant dans leur vie privée que publique.

16:39 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La Cour condamne les Pays-Bas pour discrimination des étudiants

La Cour condamne les Pays-Bas pour discrimination des étudiants

Par Sophie Petitjean, le 14 juin 2012

La Cour de justice de l’Union européenne a condamné le 14 juin une disposition législative néerlandaise qui soumet le financement des études à l’étranger à la condition de résidence. A la suite d’un recours en manquement déposé par la Commission européenne (1), les juges ont en effet estimé que cette condition de résidence dite des «3 ans sur 6 ans» était interdite par le traité sur le fonctionnement de l'UE (TFUE) et contraire au règlement sur la libre circulation des travailleurs. Ils ont également rejeté les arguments du gouvernement néerlandais selon lequel cette disposition répondait à une raison impérieuse d’intérêt général.

La loi néerlandaise sur le financement des études détermine les personnes pouvant bénéficier d’une aide financière pour suivre des études d’enseignement supérieur aux Pays-Bas et à l’étranger. Ainsi, elle octroie une aide financière pour des études suivies à l’étranger à condition que l’élève ait légalement séjourné aux Pays-Bas pendant au moins trois ans au cours des six années précédant son inscription dans un établissement d’enseignement à l’étranger. Cette condition dite «des 3 ans sur 6» s’applique quelle que soit la nationalité de l’étudiant.

Or, la Cour rappelle que le TFUE et le Règlement 1612/68 relatif à la libre circulation des travailleurs à l’intérieur de la communauté (modifié par le Règlement 2434/92) implique l’abolition de toute discrimination, fondée sur la nationalité, entre les travailleurs des États membres en ce qui concerne l’emploi, la rémunération et les autres conditions de travail. Le principe d’égalité de traitement prohibe, entre autres, une mesure qui exige une durée de résidence précise à moins que celle-ci ne soit objectivement justifiée. A cet égard, la Cour écarte l’argument des Pays-Bas selon lequel la condition de résidence serait nécessaire afin d’éviter une charge financière déraisonnable. Elle estime en outre que l’argument de la promotion de la mobilité des étudiants présente un caractère trop exclusif : en imposant des périodes spécifiques de résidence sur le territoire de l’État membre concerné, la condition des «3 ans sur 6» privilégie un élément qui n’est pas nécessairement représentatif du degré réel de rattachement entre l’intéressé et ledit État membre.

La Cour conclut que les Pays-Bas ne sont pas parvenus à prouver que la condition de résidence ne va pas au-delà ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif poursuivi par cette réglementation. En conséquence, elle juge que la condition de résidence s’oppose au droit de l’Union car elle risque de jouer principalement au détriment des travailleurs migrants et des travailleurs frontaliers ressortissants d’autres États membres dans la mesure où les non-résidents sont le plus souvent des non-nationaux.

Les Pays-Bas doivent maintenant se conformer à l'arrêt dans les meilleurs délais, sinon la Commission pourra à nouveau introduire un recours demandant des sanctions pécuniaires.

16:26 Écrit par Rachid Z dans Discriminations, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

«N’utilisons pas la laïcité contre l’islam»

«N’utilisons pas la laïcité contre l’islam»

Propos recueillis par Élodie Maurot, le 23 février 2012

Pour le sociologue Jean Baubérot, la laïcité fait l’objet d’une lecture simpliste et fausse au regard de l’histoire. Il invite à remettre un peu d’ordre dans le débat autour de la laïcité

Dans votre dernier livre, vous dénoncez une «laïcité falsifiée». En quoi consiste cette falsification

Pour l’extrême droite, une partie de la droite, et même pour certaines personnes à gauche, la défense de la laïcité est devenue un moyen de stigmatiser les musulmans. Depuis ses déclarations sur les prières de rue, Marine Le Pen s’est autoproclamée championne de la laïcité et elle prétend voler au secours de la loi de 1905. L’UMP, de son côté, a organisé en 2011 un «débat sur la laïcité» en réalité dirigé contre l’islam, qui a divisé la droite elle-même.

On voit ainsi apparaître ce que j’appelle, à la suite de François Baroin, une «nouvelle laïcité», synonyme d’un contrôle de l’État sur la religion et de répression de ce qui échappe à ce contrôle. Cette laïcité ne ressemble pas à notre «laïcité historique», dont la loi de 1905 a fixé le cadre. C’est cette imposture historique et symbolique que j’ai voulu démonter.

En quoi la «nouvelle laïcité» s’oppose-t-elle à la «laïcité historique» ? 

La loi de 1905 pose que la religion n’est pas affaire d’État et qu’elle doit être distincte de la puissance publique. Mais cela ne veut pas dire que la religion soit confinée à la «sphère intime». Au contraire, la loi envisage la liberté de conscience et le libre exercice des cultes comme une liberté publique. Elle ne dit pas : «Cachez cette religion que je ne saurais voir»Les ultralaïques ont toujours voulu imposer cette optique. Ils ont été battus en 1905, mais ils dominent aujourd’hui.

Comment expliquez-vous une telle dérive ? 

Chez certains, le terme de «laïcité» est devenu un mot magique qui permet d’escamoter l’aspect honteux, inacceptable de propos tenus à l’encontre des musulmans. Si l’on peut ainsi instrumentaliser l’idée de laïcité, c’est parce qu’une mauvaise interprétation de la loi de 1905, binaire et simpliste s’est répandue. On y confond la neutralité de la puissance publique avec celle de l’individu.

Quels sont les risques de cette dérive

Une laïcité culturelle et identitaire devient rapidement très ambivalente à l’égard des religions. Elle permet de développer une liberté religieuse à géométrie variable, positive envers un catholicisme ou même un judéo-christianisme identitaire et plus sévère à l’égard de l’islam.

Non seulement cette inégalité de traitement est injuste, mais je la crois temporaire. Comme la loi doit toujours être générale et non-discrimante, l’hostilité à l’égard de l’islam finit par conduire à une attitude antireligieuse générale. La laïcité devient alors synonyme de toujours moins de visibilité possible pour les religions dans l’espace public.

Comment remettre un peu d’ordre dans le débat autour de la laïcité ? 

On pourrait déjà prendre quelques mesures concrètes. Il faudrait d’abord transférer le Bureau des cultes du ministère de l’intérieur vers le ministère de la justice. Le rattachement des religions au ministère chargé de «la sécurité des Français» incline en effet vers une vision sécuritaire de la religion.

Il faudrait ensuite décharger le Haut conseil à l’intégration (HCI) de la responsabilité d’émettre des propositions en matière de laïcité, car cela accrédite l’idée que la «nouvelle laïcité» s’applique essentiellement aux immigrés et à leurs descendants.

On pourrait enfin reprendre les dix mesures préconisées par la commission Stasi en vue de «la suppression des pratiques publiques discriminantes». Cette voie n’a pas été suivie, il faut la réactiver.

Comment réagissez-vous à la proposition de constitutionnaliser la loi de 1905 ? 

On est actuellement dans une impasse et il faut en sortir. La constitutionnalisation peut être l’occasion d’une clarification. J’y suis favorable, à condition que ce soit bien la loi de 1905 qu’on constitutionnalise et pas une conception régressive de la laïcité !

Il ne faudrait notamment pas oublier l’article 4, qui prévoit le respect de la constitution propre de chaque Église. Ce fut le combat le plus difficile mené par Briand et Jaurès contre les laïcistes. Tous deux avaient une culture syndicaliste : ils avaient conscience de l’importance du collectif pour l’individu et savaient qu’une liberté collective peut être une dimension de la liberté individuelle. Ils ont appliqué cette logique à la religion. La loi de 1905 prévoit ainsi le respect des religions en tant que groupement ayant ses règles et ses lois.

On voit ici clairement que la laïcité ne se limite pas à reconnaître aux croyants le droit de croire et de pratiquer dans la sphère privée. Cela, même les régimes autoritaires ne peuvent l’empêcher !

Quel rôle peuvent avoir les chrétiens dans ce débat

Le texte commun signé par les six religions au moment du «Débat sur la laïcité» de l’UMP a été très important. Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France, a très clairement mis en garde contre une laïcité «stigmatisante» et cette expression a été reprise à sa suite, par les associations laïques comme par des personnalités politiques, y compris de droite.

D’une façon plus générale, je crois que les chrétiens ne doivent pas chercher à défendre des privilèges. Et ils ne doivent pas croire que moins de laïcité va permettre de combattre la sécularisation.

12 juin 2012

Qui est discriminé ?

Qui est discriminé ?

Rudolf REZSOHAZY, le 11 juin 2012

Les nouvelles se multiplient au sujet des Jeux olympiques de Londres. En les lisant, une idée drôle m’est venue. Les compétitions sont organisées séparément pour les hommes et pour les femmes : comment se fait-il que nous n’ayons entendu jusqu’ici aucune protestation de la part des féministes ? Ne s’agit-il pas de discrimination ?

Alors que d’aucuns réclament en Grande-Bretagne des toilettes publiques communes aux ladies and gentlemen, affirmant qu’il n’est pas permis de distinguer les sexes. Monsieur Hollande s’est beaucoup mieux imprégné de l’air du temps. Il a composé une équipe gouvernementale où les femmes et les hommes sont en parfaite parité. Un esprit progressiste devrait suivre l’exemple et suggérer que les équipes de football, comprennent cinq joueuses et six joueurs ou inversement.

Encore une question surprenante : suivant la nature, les femmes vivent, en moyenne, quelques années plus longtemps que les hommes. Et cela, indépendamment de leur mode de vie : la tendance se vérifie aussi auprès des membres des ordres religieux qui appliquent les mêmes règles. La nature serait-elle injuste ? Pouvons-nous parler de discrimination, cette fois au détriment des hommes ?

Tâchons de répondre aux questions soulevées qui sont plus sérieuses que leur formulation à première vue saugrenue. Le terme discrimination est devenu un mot munition. Cela signifie qu’il sert de projectile tiré sur un adversaire qu’on veut faire taire. Il met fin au débat. Quand on lance à quelqu’un qu’il discrimine les immigrés (quand je suis arrivé en Belgique à l’âge de vingt ans, j’étais un étranger), celui-ci se sent touché, il ne sait pas répliquer. Comment prouver qu’il n’est pas xénophobe ? Dans le débat public, on utilise couramment des mots munition. Ceux-ci changent : "communiste" ou "stalinien" se sont raréfiés, "fasciste" ou "antisémite" sont plus fréquents.

En vérité, si nous voulons traiter objectivement notre sujet, définissons le mot "discrimination". Il signifie traiter différemment des personnes, des groupes, des situations, alors que ceux-ci sont de la même nature, comparables. C’est-à-dire, les traiter injustement, nier l’égalité, appliquer deux poids et deux mesures.

Revenons aux Jeux olympiques. Il saute aux yeux que dans les compétitions sportives, hommes et femmes ne sont pas comparables, ils ne peuvent être mesurés à la même aune. En effet, par leur nature, leur musculature assure aux hommes une performance supérieure à celle des femmes. Une autre valeur importante, l’équité, exige qu’ils concourent dans des épreuves différentes. L’organisation des Jeux olympiques n’est donc nullement discriminante (par contre, il serait discriminatoire d’organiser les jeux d’échecs séparément, car l’aptitude des deux sexes est ici identique). Nous pouvons dire la même chose de l’inégalité devant la mort. Celle-ci est due à la constitution physiologique différente des deux sexes. Nous pouvons regretter ce fait, mais il n’est pas imputable à l’action des hommes. Il ne s’agit donc pas de discrimination.

En politique, après de longues tergiversations, nous avons reconnu l’égalité des hommes et des femmes. Il y a donc discrimination si ces dernières sont empêchées, d’une manière ou d’une autre, d’accéder aux postes auxquels elles ont droit. Mais la mesure principale pour corriger la faible présence féminine, l’établissement de quotas sur les listes électorales en faveur des femmes est douteuse. Mesdames Thatcher, Indira Gandhi, Golda Meir, Bandanaraike, Cory Aquino, Benazir Bhutto, Angela Merkel n’avaient point besoin de "discrimination positive" pour parvenir à diriger leur pays. Il leur suffisait leur talent, leur programme et la confiance de leurs concitoyens. Ce n’est donc pas les quotas qui apportent la solution, mais l’attraction et l’ouverture équitable de la carrière politique. J’espère que mes arguments ont montré qu’il faut regarder de près les idées à la mode (le "politiquement correct") et exercer à leur égard une critique basée sur la raison et le bon sens.

11:20 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 juin 2012

Les contours de la loi sur l'interdiction du port du voile intégral en France

Les contours de la loi sur l'interdiction du port du voile intégral en France

Par Anna Piekarec, le 09 avril 2011.

Deux femmes portant le niqab ont été interpellées ce lundi 11 avril au matin à Paris, officiellement pour participation à une manifestation non déclarée. Lors d'une prière devant la cathédrale de Notre-Dame, elles protestaient contre la loi, en vigueur depuis aujourd'hui, qui interdit le port du voile intégral dans l’espace public. Retour sur les contours d'une telle législation dont la France est le premier pays européen à se doter.

Que dit la loi ?

Selon les statistiques, la loi interdisant de se dissimuler le visage concerne quelque 2000 femmes musulmanes en France. A partir de ce lundi, elles sont donc obligées d’enlever leur niqab ou burqa dans les rues, les transports en commun, les administrations, les écoles, les tribunaux ou les hôpitaux. Elles n’ont pas non plus le droit de se présenter voilées dans les commerces, les restaurants, les cinémas, les théâtres ou les parcs.

Le port de voile islamique intégral est autorisé en revanche dans des lieux de culte, à leur proximité et évidemment à la maison. En voiture, considérée comme un lieu privé, le niqab est permis, sauf au volant.

Les femmes qui violeront la loi risquent une amende de 150 euros. Les époux qui forceraient leurs femmes à se voiler peuvent être punis d’un an de prison et de 30 000 euros d’amende.

Comment l’appliquer ?

L’application de la loi bannissant certaines tenues liées aux pratiques jugées «extrémistes» par le Conseil français du culte musulman (organe représentatif de l’islam en France) s’avère pourtant très compliquée sur le terrain. Les policiers sont appelés à éviter tout dérapage et à faire preuve de pédagogie. Il n’est pas question d'utiliser la force. Pas question non plus de placer la «rebelle» en garde à vue ou de la retenir au poste de police plus de quatre heures.

«Les forces de sécurité intérieure n’ont pas le pouvoir de faire ôter le vêtement qui dissimule le visage», prévient le ministère de l’Intérieur dans une circulaire datée du 31 mars.

Les syndicats de police, sceptiques quant aux possibilités concrètes de faire respecter la loi du 11 octobre 2010, craignent aussi des provocations de la part des mouvements intégristes. Certains policiers se demandent par ailleurs comment arrêter la femme d’un émir qui sort de chez Cartier.

La législation française en question

La loi française prohibant le port de voile intégral dans les lieux publics est sévèrement critiquée par l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty international et le Conseil de l’Europe. Et c’est la Cour Européenne des droits de l’homme que veut saisir Kenza Drider, l’une des deux femmes arrêtées sur le parvis de Notre-Dame. Kenza, la seule femme voilée entendue par la mission parlementaire au moment de la préparation des textes de la loi, avait bravé l’interdiction dès ce lundi matin, en prenant le TGV Avignon-Paris, vêtue de son niqab. «Cette loi est une atteinte à mes droits européens, à ma liberté d’aller et de venir, à ma liberté religieuse», a-t-elle dit aux journalistes qui l’attendaient à la gare.

Avant les élections présidentielles

La loi sur le voile islamique intégral entre en vigueur dans un contexte particulier. A un an de la présidentielle de 2012 et sur fond de montée du Front national, la place de l’islam et la laïcité sont devenues des thèmes majeurs du débat politique. Le président Nicolas Sarkozy a déclaré en 2009 que la burqa «n’était pas la bienvenue sur le territoire de la République». La majorité des hommes politiques lui donnent raison, mais les membres de l’opposition de gauche, pour la plupart, ont refusé de voter la loi en soulignant des risques d’inconstitutionnalité.

Des tags à la gloire d'Hitler à Jérusalem

Des tags à la gloire d'Hitler à Jérusalem

AFP, le 11 juin 2012

La direction de Yad Vashem a évoqué la possibilité que ces actes soient le fait d'extrémistes juifs ultra-orthodoxes antisionistes, très minoritaires mais actifs dans certains quartiers religieux.

Une douzaine de graffitis antisionistes, certains remerciant Hitler, de près de deux mètres de haut ont été découverts lundi à l'intérieur de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, a constaté un photographe de l'AFP.

Parmi ces graffitis figurent des inscriptions telles que: "Si Hitler n'avait pas existé, les sionistes l'auraient inventé" et "Merci Hitler pour cette merveilleuse Shoah, c'est uniquement grâce à toi que nous avons obtenu un Etat de la part de l'ONU", en référence à la création d'Israël en 1948, à l'issue de la Deuxième Guerre mondiale.

On peut également lire: "Les sionistes ont amené la Shoah" et "Les guerres des sionistes ne sont pas celles du peuple juif".

La direction de Yad Vashem a évoqué la possibilité que ces actes soient le fait d'extrémistes juifs ultra-orthodoxes antisionistes, très minoritaires mais actifs dans certains quartiers religieux.

Sept de ces graffitis peints en blanc et rouge ont été retrouvés sur des murs autour du mémorial dédié aux combattants du ghetto de Varsovie. D'autres ont été inscrits près d'un wagon de chemin de fer symbolisant le déportation des juifs par les nazis.

Une enquête a été ouverte, a indiqué le porte-parole de la police Micky Rosenfeld, ajoutant que la police "ne privilégie aucune piste". Le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, est consacré à la mémoire des six millions de juifs victimes du génocide nazi.

Une petite minorité d'activistes ultra-orthodoxes juifs, antisionistes virulents, dénoncent régulièrement ce qu'ils considèrent comme une exploitation de la Shoah pour justifier la création de l'Etat d'Israël, qu'ils rejettent absolument.

Selon eux, l'établissement d'un Etat juif en Palestine n'aura de légitimité qu'après la venue du Messie.

Ce courant rassemble quelques centaines de familles à Méa Shéarim, quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, et il est très controversé au sein même de la mouvance juive ultra-orthodoxe.

Le directeur de Yad Vashem, Avner Shalev, a laissé entendre à la radio militaire que cet acte de vandalisme avait sans doute été commis par ces extrémistes juifs.

"Une des inscriptions est signée 'le judaïsme harédi mondial'", a affirmé M. Shalev. Le terme "harédi" ("craignant Dieu" en hébreu) fait référence à la communauté des ultra-orthodoxes. M. Shalev a rappelé que dans le passé des petits groupes ultra-orthodoxes se sont "livrés à des attaques féroces contre le sionisme et l'Etat d'Israël".

Avec cet acte de vandalisme "sans précédent, une ligne rouge a été franchie", a ajouté M. Shalev en précisant que la police examinait les bandes de la vidéosurveillance de Yad Vashem.

Le ministre de l'Education Gideon Saar s'est pour sa part déclaré "choqué" par cet acte de vandalisme. "Ceux qui ont ainsi profané et sali Yad Vashem avec des inscriptions démentes ont fait cela dans le but de porter atteinte aux sentiments de la population", a déploré le ministre dans un communiqué.

10 juin 2012

Sharia4Belgium : la demande de déchéance de nationalité belge de Belkacem est en cours

Sharia4Belgium

la demande de déchéance de nationalité belge de Belkacem est en cours

La Relève, le 9 Juin 2012

Le porte-parole de Sharia4Belgium pourrait se voir retirer la nationalité belge. Un dossier est en cours de réalisation. Un juge est chargé d'examiner la demande de déchéance de nationalité de Fouad Belkacem en vue d'une extradition.

La demande de déchéance de nationalité du porte-parole de Sharia4Belgium, Fouad Belkacem, est en cours. Il comparaîtra mardi devant la chambre du conseil d'Anvers qui doit décider de son maintien en détention

La ministre de la Justice Annemie Turtelboom avait elle-même estimé ce jeudi que la «déchéance de la nationalité» de Fouad Belkacem en vue de son extradition vers le Maroc où il a été condamné pour trafic de drogues pourrait constituer une «solution». Elle a cependant rappelé qu'il revenait à un «juge indépendant» d'éventuellement se prononcer en ce sens.

«Cette proposition a été lancée par le procureur général d'Anvers. C'est à lui que revient cette initiative. Madame Turtelboom soutient cette idée», explique sa porte-parole Margaux Donckier.

Est-ce un moyen de calmer les ardeurs au sujet de l'arrestation de Fouad Belkacem ?

«Non ce n'est pas le but. C'est juste la seule solution pour résoudre le problème que pose aujourd'hui Fouad Belkacem. Nous l'avons bien vu auparavant, il a déjà été condamné plusieurs fois mais il a récidivé. Il a obtenu la nationalité belge mais on a constaté qu'il ne la respecte pas et qu'il refuse de suivre les règles

La ministre de la Justice peut-elle intervenir ?

Ce n'est pas du ressort de la ministre de la Justice. Seul un juge peut le faire. Pour cela, il faut d'abord passer par l'étape de la déchéance de nationalité. «Le procureur général d'Anvers peut lancer la procédure. Pour l'instant, il est allé en appel. Puis si c'est accepté, il ira en cassation. Après cela, l'extradition pourra être effectuée.»

«Mais avant cela il faut constituer un dossier complet sur Fouad Belkacem. Notamment sur les événements qui se sont produits au Maroc. Afin de savoir pour quel motif il y a été condamné et à quelle peine.» Le Maroc exige l'extradition de Fouad Belkacem après une condamnation pour trafic de drogues, le Parquet pouvant en Belgique requérir la déchéance de sa nationalité à cette fin.

«Je tiens à dire que la ministre de la Justice ne peut pas se prononcer pour ou contre la déchéance de nationalité ni pour l'extradition de Belkacem. Mais elle estime que cela pourrait constituer une solution

09 juin 2012

La police secrète marocaine n'a plus de frontières ?

La police secrète marocaine n'a plus de frontières ?

Zineb El Rhazoui, le 08 juin 2012

L'arrestation en Espagne d'un Franco-Marocain, El Mostafa Naïm, torturé puis condamné au Maroc jette le trouble sur la coopération entre les services européens et marocains.

Un Français arrêté en Espagne et torturé au Maroc ? C’est possible grâce à la coopération euro-marocaine pour la lutte contre le trafic de drogue.

Si un policier marocain vous interpelle en Europe, ne croyez surtout pas à une blague. Prenez vos jambes à votre cou ! Les services du royaume n'ont manifestement plus de frontières.

A l’heure où les défenseurs des Droits humains marocains guettent les moindres signes de changement de politique hexagonale vis-à-vis de leur pays, avec l’avènement du gouvernement socialiste, les récits de torture de ressortissants français continuent à affluer depuis le royaume chérifien.

Si certaines affaires, comme celle du Franco-Marocain Adil Lamtaoui,  peuvent laisser dubitatif quant à leur véracité, d’autres ne laissent planer aucun doute sur les exactions commises. Pourtant, elles peinent à mobiliser.

C’est le cas d’un autre Franco-Marocain, dont la famille remue ciel et terre depuis son domicile lyonnais, pour dénoncer le caractère kafkaïen de son arrestation. El Mostafa Naïm, 28 ans, purge depuis 19 mois une peine de détention de 5 ans dans le bâtiment 6 de la prison d’Oukacha à Casablanca. Comme Adil Lamtaoui, il est condamné pour trafic de drogue, et comme lui, il clame son innocence.

Là où le bât blesse, c’est qu’El Mostafa ne se trouve officiellement même pas sur le territoire marocain, puisqu’il l’a quitté le 1er novembre 2010, et aucun tampon d’entrée au Maroc ne se trouve sur son passeport après cette date. Or, la police marocaine affirme dans ses procès-verbaux l’avoir arrêté le 11 du même mois à Mohammedia. Son affaire, rapportée par le quotidien Le Parisien, laisserait cois les plus fins exégètes du droit international.

De simples vacances au bled…

Le 1er novembre 2010, El Mostafa quitte le Maroc par voie terrestre avec son épouse Nora, enceinte de 8 mois, en direction de Vaulx-en-Velin (région de Lyon) où ils résident. Ce cuisinier de métier venait de passer des vacances en couple dans sa ville natale de Mohammedia et s’apprêtait, avec sa femme, à retourner en France pour accueillir la naissance de leur petite fille, aujourd’hui âgée de 16 mois. Mais le destin, et surtout les services, en ont voulu autrement.

A peine débarqués au port d’Algeciras à bord de leur véhicule, ils auraient été interpellés à la sortie du bateau par deux policiers marocains en civil. Non, ils ne se sont pas trompés de destination, ils sont bel et bien en Espagne, mais ce seraient des agents marocains qui les arrêtent.

Contrôle d’identité, puis les policiers ordonnent à El Mostafa de rembarquer vers le Maroc. Le jeune homme demande des explications, s’indigne, descend de sa voiture, refuse d’obtempérer, mais rien n’y fait. La Guardia Civile espagnole est étrangement absente, et le personnel espagnol du port ne voit rien et n’entend rien.

El Mostafa qui, de son propre aveu, n’est pas un enfant de chœur, se débat, se défend, mais trois autres policiers marocains en civil seraient arrivés, l'auraient mis à terre, et embarqué par la force à bord d’un autre bateau d’une compagnie espagnole. Direction le Maroc.

Nora, l’épouse d’El Mostafa, se résout à remonter avec lui dans le navire au volant de leur voiture. Une fois à bord, le Franco-Marocain est emmené à la cale, menotté et attaché au poteau. Ainsi, après avoir tamponné leur sortie du territoire marocain sur leurs passeports, ils ont dû y retourner illégalement.

… Au Bagne de Témara

Arrivé à Tanger, El Mostafa est conduit dans un commissariat où il doit «patienter» dans un bureau. Le jeune homme ne comprend toujours pas ce qu’on lui reproche. Il demande à aller aux toilettes: 10 personnes l’escortent.

«J’ai commencé à me dire que ça devait être grave», confie-t-il.

Quelques instants plus tard, des agents le font monter à bord d’un véhicule et prennent l’autoroute.

«Pendant le trajet, je n’ai pas cessé de m’inquiéter du sort de ma femme, ils m’ont dit qu’ils l’avaient mise dans un taxi pour aller chez des membres de la famille à Tanger», raconte El Mostafa.

«Juste avant d’arriver au péage de Rabat, ils m’ont mis un bandeau sur les yeux et m’ont obligés à me baisser».

Fort de sa connaissance du Maroc, El Mostafa commence à se douter qu’il se dirigeait tout droit vers le sinistre bagne de Témara. La suite du trajet n’allait pas le démentir. Peu après la capitale, la voiture bifurque sur une piste.

«Je ne saurais dire exactement pendant combien de temps, peut-être 5 minutes. Une fois arrivés à destination, les policiers qui m’escortaient n’ont même pas franchi le portail de l’enceinte, ils m’ont confié à une autre équipe. Pour entrer, je devais baisser la tête, je n’ai pas compris pourquoi», raconte-t-il. Arrivé dans le saint des saints de la torture made in Morocco, le Lyonnais a eu droit à 11 jours de sévices non stop.

«On ne me reprochait rien de particulier pendant les interrogatoires. Ils ont parlé de trafic de drogue, de terrorisme, ils prêchaient le faux pour avoir le vrai. J’ai été tabassé, électrocuté et filmé. Ils m’ont apporté des vêtements propres qui étaient dans mon coffre, j’ai donc compris que ma voiture était à Témara aussi», poursuit-il.

Le 11 novembre, El Mostafa Naïm sera finalement conduit dans un commissariat de Casablanca où la police judiciaire établira un procès verbal attestant de son arrestation le jour-même à Mohammedia «en flagrant délit» de détention de drogue et de trafic de stupéfiants. Se basant sur des aveux obtenus sous la torture, la justice l’inculpera pour constitution de bande criminelle et trafic international de drogue. El Mostafa écopera d’une peine de 8 ans de prison ferme en Première Instance, commuée en 5 ans en appel.

France-Espagne-Maroc, l’omerta

En France, son avocat Me François Heyraud, a déposé plainte auprès du parquet de Lyon pour enlèvement, séquestration et usage de faux. Le procureur de Lyon a saisi à son tour les autorités espagnoles afin qu’elles expliquent comment les services marocains peuvent agir en toute impunité sur leur sol. Pour l’instant, aucune réponse n’a été reçue. Pour la famille d’El Mostafa, faute d’explications de la part de l’Espagne, elle ne sera ni plus ni moins complice d’enlèvement.

Dans l’attente du dénouement de cette énième affaire qui éclabousse la justice du royaume, la mère et l’épouse du détenu ont saisi Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement français, et Alain Juppé, ancien ministre des Affaires étrangères. Silence radio.

Plus assourdissant encore, le silence du ministre de la Justice et des Libertés marocain Mustapha Ramid, qui a reçu plusieurs missives de Me Heyraud et de la famille d’El Mostafa, sans jamais daigner répondre. La dernière date du 21 mai, elle a été remise par El Mostafa lui-même à une délégation de parlementaires du PJD, parti de Ramid, en visite à la prison d’Oukacha. Ils se sont engagés à la remettre au ministre en mains propres, mais depuis, toujours pas de réaction.

Il est visiblement difficile pour Ramid de fournir une explication «légale» à ce dossier, d’autant que le comité de soutien d’El Mostafa à Lyon est résolu à obtenir une réponse à des faits attestés par des documents officiels.

Bernard Genin, maire de Vaulx-en-Velin, a d’ailleurs déclaré au site Yabiladi.

«Pour moi les choses sont très claires […] Nous n’avons en aucun cas à commenter le dossier lui-même. Tout comme son comité de soutien, nos seules interrogations portent sur les conditions de son arrestation. Il a été arrêté le 1er novembre, mais les documents officiels mentionnent le 11 novembre. Que s’est-il passé entre ces deux dates ? Il a été maltraité et torturé. En plus qu’il ait été arrêté sur le sol espagnol par des Marocains, tout cela nous semble bizarre. Nous demandons à la justice marocaine de faire son boulot».

Pour l’instant, personne ne semble disposé à «faire son boulot» dans cette affaire pour le moins compromettante pour les autorités marocaines et espagnoles. S’agit-il là de la fameuse «coopération» entre le royaume et l’Union européenne en matière de lutte contre le trafic de drogue ? La thèse reste plausible, tant que la France continue à faire la sourde oreille aux violations des droits de ses ressortissants par le Maroc, sous prétexte que la justice chérifienne est indépendante.