07 juin 2013

Une entreprise de sécurité installée au Maroc accusée de torture en Israël

Une entreprise de sécurité installée au Maroc accusée de torture en Israël

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Adam Sfali, le 07 Juin 2013

Une société privé de sécurité installée au Maroc et filiale d‘une multinationale du très lucratif secteur de sécurité privée au monde, a été accusé de torturer des palestiniens dans des prisons israéliennes.

La société ‘G4S’ dont le siège se trouve à Crawley au Royaume-Uni, fait l’objet d’une campagne internationale pour son boycott.

Selon le militant des droits de l'Homme, l'activiste marocain de confession juive Sion Assidon, cité par le quotidien du parti Istiqlal Al Alam, dans son tirage du vendredi 7 juin, la G4S qui a une antenne au Maroc et une autre, entre autres, en Israël, y est chargée notamment de la gestion des prisons et elle est accusé de sous-traitance de torture des détenus Palestiniens.

A noter que la G4S est une entreprise britannique de services de sécurité.

Avec 657 000 employés, la G4S est la 3e plus grande entreprise au monde en terme d'employés.

C'est également la plus grande société de services en termes de chiffre d'affaires.

Colloque international "Discriminations territoriales"

Colloque international "Discriminations territoriales"

Ce colloque international, organisé par l’EA 3482 Lab’Urba, s'interrogera sur les usages et les enjeux de la notion de "discriminations territoriales".

Du 10 juin 2013 au 11 juin 2013

Comment penser le développement actuel de l’utilisation du terme "discriminations", et pourquoi l’importation de ce vocabulaire dans la réflexion sur la ville et les territoires ?

Il nous semble important de démêler ce qui relève des "territoires", c'est-à-dire des lieux de résidence des personnes concernées, et ce qui relève de leurs autres caractéristiques ou propriétés sociales, ce qui relève de disparités dans la présence des services publics et entreprises et ce qui relève de mécanismes de discrimination à l'encontre des habitants, sans omettre la façon dont les deux aspects s'alimentent mutuellement.

Il nous semble intéressant aussi d'analyser les façons dont on mobilise aujourd'hui le vocabulaire de la "discrimination", les raisons de mobiliser ce vocabulaire et pas un autre, et en quoi celui-ci se distingue d'autres catégories d'analyse comme "ségrégation", "inégalités" ou encore "injustice".

Comité d’organisation

Claire Hancock (UPEC, Lab'Urba)

Christine Lelévrier (UPEC, Lab'Urba)

Fabrice Ripoll (UPEC, Lab'Urba)

Serge Weber (UPEMLV, LVMT)

Comité scientifique

Patrick Simon, INED

Yannick L'Horty, ERUDITE, UPEMLV

Sylvie Tissot, CSU-CRESPPA, Paris-8

Sylvie Fol, Géo-Cités, Paris-1

Valérie Sala Pala, TRIANGLE, Saint-Etienne

Stefan Kipfer, York University, Toronto

Mustafa Dikeç, Royal Holloway College, Londres

En savoir plus

Télécharger le programme [PDF - 396 Ko]

Inscriptions et informations

discriminationsterritoriales@gmail.com

09:22 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

DES ROMS MILITENT CONTRE LA DISCRIMINATION

DES ROMS MILITENT CONTRE LA DISCRIMINATION

Témoignages recueillis par Amnesty International

Par Marine Jeannin, jeudi 6 juin 2013

En Europe, des millions de Roms subissent préjugés, exclusion, expulsions forcées, ségrégation scolaire, privation de services essentiels et hostilité pouvant se transformer en violence. Que font-ils pour résister à cette discrimination quotidienne ? Qu’est-ce qui leur permet d’espérer que leur situation va s’améliorer ?

Voici le témoignage de militants roms qui parlent de leur lutte pour le respect de leurs droits fondamentaux, des droits de leurs enfants et de tous ceux qui partagent leur quotidien.

Lutter contre la ségrégation à l’école - «Vous nous avez donné de la force»

Peter et Marcela vivent à Levo è a, en Slovaquie. Avec l’aide d’Amnesty, ils ont récemment remporté une bataille contre la scolarisation de leurs enfants dans des classes réservées aux Roms, une pratique qui perdure néanmoins.

Peter : «Je me sens slovaque, mais je suis rom. Je ne veux pas être étiqueté rom ou tsigane. Je fais partie de la société, tout comme mes enfants. Leur avenir sera meilleur que le mien. Ils vont dans des classes mixtes – ils ont plus de possibilités et une autre façon de voir l’école. J’espère la venue du changement. Il faut supprimer les classes séparées. C’est bien d’informer les gens – si l’on n’en parle pas, rien ne bougera et aucun problème ne sera réglé. Notre collaboration avec Amnesty a sans aucun doute été positive, parce que, à Levo èa et ailleurs, les choses ont changé.»

Marcela : «Je me suis battue pour mes enfants, mais aussi pour tous les enfants. Je serais tellement contente que le ministère de l’Éducation supprime toutes les écoles et les classes réservées. Et je voudrais que les autres parents se battent comme nous l’avons fait, mon mari et moi. Collaborer avec Amnesty International, cela m’a donné beaucoup de force et d’énergie. Si vous ne nous aviez pas aidés, je n’aurais pas su par où commencer. J’ai trouvé que c’était une expérience importante. Vous nous avez donné suffisamment de force pour poursuivre notre lutte.»

Lutter contre les expulsions forcées - «Je ne peux pas abandonner»

En décembre 2010, Claudia Greta et les habitants de son quartier ont été expulsés de force de Cluj-Napoca, en Roumanie, pour être réinstallés dans les faubourgs de la ville, près de la décharge municipale. Leur histoire figurait dans notre marathon d’écriture de lettres en 2012. Claudia et d’autres militants font aujourd’hui campagne aux côtés d’Amnesty International pour être réinstallés en ville dans des logements décents.

«Le jour de l’expulsion m’a marquée à vie. Depuis, nous nous sommes battus pour montrer que nous devions bénéficier des mêmes droits que tous au regard de la loi. Je veux montrer au monde entier que nous ne renoncerons pas, même si notre peau est plus foncée. Cela ne compte pas – nous sommes tous humains. Je ne veux pas que nos enfants grandissent en enfer».

«Je veux que les gens voient que nous sommes normaux : nous envoyons nos enfants à l’ école, nous allons travailler, nos enfants vont au jardin d’enfants. Nous avons des activités normales, comme n’importe quel groupe ethnique. Nous sommes des êtres humains».

«Mon voyage à Varsovie avec Amnesty International m’a beaucoup marquée. Un garçonnet de 10 ans m’a montré la lettre qu’il avait écrite pour nous. Cela m’a profondément touchée. Désormais, nous ne nous sentons plus seuls. Chaque lettre est la preuve que d’autres personnes luttent à nos côtés. Quand je vois toutes ces lettres d’encouragement, je ne peux pas baisser les bras. Même la mort ne m’arrêtera pas. Je laisserai derrière moi quelqu’un pour persévérer».

«Quand la Roumanie a rejoint l’Union européenne, cela incluait les Roms, les Hongrois, les juifs et tous les autres groupes ethniques qui y vivaient. Nous faisons donc, nous aussi, partie de l’Union européenne. Si l’UE voit des discriminations dans notre pays, elle doit intervenir.»

Lutter contre la discrimination - «J’étais en colère»

Rita Izsák est une Rom de Hongrie. Elle est aujourd’hui l’experte indépendante des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités.

«Le nom de ma mère est Orsós, un nom rom traditionnel. Toute ma vie, lorsque j’ai dû donner le nom de ma mère pour des documents officiels, on comprenait tout de suite que j’étais rom».

«Quand j’étais étudiante, je travaillais à temps partiel comme organisatrice d’événements, et j’ai été licenciée subitement sans raison. Mon patron, m’a-t-on dit, avait découvert que ma mère était rom et ne pouvait pas admettre que l’entreprise soit représentée par une Rom. Peu lui importait que je fasse des études de droit, que je parle deux langues couramment, que je sois propre sur moi et polie ; la seule chose qui comptait à ses yeux, c’était que ma mère était d’origine rom».

«J’étais en colère et j’ai rejoint le Centre européen des droits des Roms. Je suis devenue militante pour les droits des Roms. J’étais confrontée à cette réalité terrible, et cela a fait de moi une combattante».

«Je vois des signes encourageants – par exemple, mon organisation en Hongrie vient de monter un club de femmes roms, où je vois des dizaines de jeunes femmes très talentueuses et très instruites œuvrer en faveur de la cause rom».

«Je pense que ce qui fait vraiment défaut est un discours clair sur la réalité des faits. Il n’y a pas suffisamment de discussions franches permettant aux gens de comprendre ce qui se passe. Les responsables politiques ont souvent peur de prononcer des mots comme ségrégation, violence ou homicides de Roms. Tout le monde se tait».

«En Europe occidentale, on assiste à une montée des discours haineux et de la haine, non seulement envers les Roms, mais aussi envers d’autres groupes, comme les juifs et les musulmans. Mais le cas des Roms est à part, parce que nous servons de cibles dans la quasi-totalité des pays où nous vivons. Le problème est que nous ne disposons pas d’un pouvoir politique, économique ou médiatique suffisant. Il est donc important de trouver des lieux d’échange pour témoigner de notre solidarité. ll existe toujours un moyen de tendre la main à ces communautés».

«Nous devons agir maintenant pour éviter de voir apparaître une nouvelle génération perdue de Roms, qui n’aurait pour perspective qu’une vie marquée par la pauvreté, la discrimination et l’exclusion.»

01:22 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06 juin 2013

Discrimination à l'accès à l'emploi même pas voilée

Discrimination à l'accès à l'emploi même pas voilée

Maison de l'Emploi et de la Formation - Bruxelles-Ville

"URGENT ! La Ville de Bruxelles recrute 10 Agents-contrôleur (horodateur) pour engagement immédiat !

Profil :

- avoir le CESI

- Habiter la Ville de Bruxelles

- Etre flexible et bonne gestion du stress

Intéressé(e) ? Contactez les médiateurs emploi de la Maison de l'Emploi au 02/503 65 58 avant ce lundi 10/06."

Lien facebook : https://www.facebook.com/maisonemploiformation/posts/529226317139165

30 mai 2013

DÉCHUS SOUS VICHY

DÉCHUS SOUS VICHY

Ces 15 154 Français que le régime de Vichy a dénaturalisés

Alix Landau-Brijatoff, le 25 mai 2013

Les 22, 23 juillet et 7 octobre 1940, trois lois sont votées, autorisant la dénaturalisation des «indignes d’être français», la déchéance de la nationalité pour ceux qui rejoignent de Gaulle à Londres et l’abrogation du décret Crémieux : 15 154 hommes, femmes, enfants et vieillards sont ainsi dénaturalisés, 446 personnes sont déchues et 110 000 juifs d’Algérie perdent leur citoyenneté.

À travers le parcours de quelques figures marquantes qui ont eu à subir l’infamie de la perte de nationalité - Marc Chagall, Serge Gainsbourg, René Cassin, Ève Curie, Jean Daniel, Jacques Derrida… -, c’est l’histoire de toutes les victimes qui est racontée dans Indignes d’être Français - Dénaturalisés et déchus sous Vichy, d’Alix Landau-Brijatoff. Mais c’est aussi l’histoire de ces trois lois et de ceux qui les ont édictées et consciencieusement mises en application, sans être inquiétés à la Libération. Les 15 154 dénaturalisés nous renseignent donc sur l’État français d’hier, d’aujourd’hui et peut-être de demain. Car la nationalité française et son acquisition restent l’objet de polémiques permanentes, mais aussi d’une certitude : «elle ne se mérite pas».

Comme l’énonce Denis Olivennes dans sa préface, «l’un des mérites du présent livre est de nous rappeler combien la conception ouverte de la patrie est au cœur de l’identité française. Il est bon que cela soit souligné en un temps de crise économique et de doute national si propice à l’oubli de nos valeurs fondatrices».

Extraits de Indignes d’être Français, d’Alix Landau-Brijatoff (BUCHET CHASTEL)

Les 15 154 dénaturalisés entre 1940 et 1944 sont le sujet principal de ce livre : ils sont «retrayés» – mot issu du Moyen Âge, adjectif de droit relatif au retrait de «droits litigieux» selon le Code civil, et plus précisément à la loi du 22 juillet 1940 instaurant une «commission de révision des naturalisations». Ce sont les naturalisations intervenues depuis la loi du 10 août 1927 : environ 900 000 personnes sont concernées.

Les 468 déchus de leur nationalité seront également évoqués : les Français de souche «ayant quitté le territoire national entre le 10 mai et le 30 juin 1940» – loi du 23 juillet 1940, ainsi que les lois du 10 septembre 1940 et du 28 février 1941.

Enfin la loi du 8 mars 1941, permettant la déchéance de ceux «qui trahissent les devoirs incombant aux membres de la communauté nationale, ou encore se rendant à l’étranger sans autorisation gouvernementale».

Il en va de même des 110 000 juifs algériens collectivement déchus de leurs droits à la citoyenneté française, c’est- à-dire ramenés de l’état de citoyen à celui de sujets, d’indigènes, par l’abolition (loi du 7 octobre 1940) du «vieux» décret Crémieux, décret no 136 du 24 octobre 1870, qui accorde d’office la citoyenneté française aux juifs d’Algérie. Ils subiront alors de nombreuses vexations : 18 000 enfants seront exclus des écoles publiques et 2 000 personnes seront enfermées dans des camps de travaux forcés.

Ces trois lois constituent le premier volet de la refonte de la nationalité française.

Il s’agit de :

– revenir rapidement sur les naturalisations, rectifiant les «errements» responsables de la décadence et de la défaite françaises ;

– réduire le nombre de naturalisations par des conditions drastiques (durée de séjour, critères et qualités des admis) ;

– bâtir surtout un nouveau code de la nationalité.

La nouvelle législation est mise en chantier dès l’installation du gouvernement en juillet 1940. Elle est non aboutie en 1944, après des travaux incessants du ministère du Sceau, interventions innombrables des théoriciens (Mauco, Benoît, etc.), des autres ministères (Affaires étrangères, Intérieur), des cabinets de Laval et Pétain, du CGQJ (Commissariat général aux questions juives), et bien sûr des autorités allemandes en France et à Berlin.

L’auteur principal de ces trois lois est le premier ministre de la Justice et du Sceau de Vichy, Raphaël Alibert, maurrassien et antisémite violent, considéré comme «fou» par certains de ses collègues du gouvernement de Vichy. Il présente les lois, les met en place, tout comme les textes qui suivent sur le statut des juifs et autres textes raciaux. Condamné par contumace, puis amnistié par de Gaulle, il meurt tranquillement dans son lit en juin 1963. Ces lois sont consanguines dans l’esprit des auteurs, mais répondent à des objectifs différents.

Les dénaturalisations : la loi du 22 juillet 1940 vise certes à revenir sur «le laxisme» de la IIIe République, mais surtout à mettre en œuvre les tendances de fond (politiques, sociales, culturelles) réactionnaires, xénophobes et antisémites portant sur la nationalité, telles que développées tout au long des années 1930. D’inspiration fortement maurrassienne, ce texte inaugure et concrétise ce que la droite dite «nationaliste» dénonce depuis la loi de 1927 et ses conséquences : l’afflux de «Français de papier». Les coupables de la décadence française et de la défaite sont les étrangers, les juifs, les communistes, les francs-maçons. Ils sont indésirables, indignes d’être français. La débâcle, l’arrivée du maréchal Pétain, l’armistice, la capitulation, l’occupation nazie et la Collaboration ont pu les autoriser, les faciliter.

L’objectif prioritaire et urgent de Vichy – mais non atteint – est la refonte complète du code de la nationalité. Son caractère racial ou raciste est indiscutable, tant dans les textes de Georges Mauco qui les inspire, que dans les nombreuses lois raciales inspirées des lois nazies promulguées dès 1933. Certaines d’entre elles seront même autochtones et devancières. Elles sont mises en œuvre dès 1940.

20 mai 2013

Marseille : les musulmans font un état des lieux de l'islamophobie

Marseille

Les musulmans font un état des lieux de l'islamophobie

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Luc Leroux, le 20 mai 2013

L'islamophobie gagne du terrain et prend un tour inquiétant, selon les participants de la 11e rencontre annuelle des musulmans du Sud, organisée hier au Parc Chanot de Marseille par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). "Les musulmans sont devenus des cibles", affirme même Raphaël Liogier, politologue et sociologue de l'Institut d'Études Politiques d'Aix-en-Provence et directeur de l'Observatoire du Religieux.

Selon lui, "nous sommes dans une situation comparable aux années 1930" avec des musulmans "pris en étau" entre progressistes et traditionalistes. "L'Europe est sur le déclin, explique le sociologue, elle n'est plus le centre du monde. On ne peut pas en vouloir à la Chine, l'Inde, le Brésil ou au capitalisme mondialisé, alors il faut personnaliser la cause. Et les musulmans sont là pour personnaliser la cause". Une "laïcité en état de siège" conduirait à des "mesures d'exception" comme l'interdiction faite aux mères portant un voile simple d'accompagner les sorties scolaires ou visant les nounous à domicile.

Porte-parole du collectif contre l'islamophobie, Marwan Muhammad a recensé en 2012 469 actes reposant sur la discrimination. Il distingue une "islamophobie de droite bâtie autour de l'identité, de l'assimilation pour laquelle le musulman est désigné comme une menace" d'une "islamophobie de gauche plus pernicieuse car construite autour de valeurs ayant une connotation positive comme la liberté des femmes, la liberté d'expression, la laïcité". L'islamophobie, selon le collectif, "instrumentalise les valeurs de gauche pour rendre le racisme acceptable. Ce n'est plus : "Sale Arabe, rentre chez toi !" C'est désormais : "Il convient de réaffirmer la laïcité avec force !"

Bons citoyens

La loi de mars 2004 sur le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics entre, selon Raphaël Liogier, pour la première fois en "contradiction avec les droits de l'homme" mais, explique-t-il, son respect montre que "les musulmans sont de bons citoyens car ils obéissent à une loi qui leur était défavorable".

Cette rencontre annuelle s'est questionnée sur "un manque de communication des musulmans" qui représentent 10 % de la société française. S'interrogeant sur leur part de responsabilité dans l'islamophobie, Rachid Lamaarti, administrateur de l'UOIF, a appelé les musulmans à "vivre à l'intérieur de notre société. C'est bien d'écouter Al Djazira mais c'est ici que ça se passe. Nous avons la place que nous méritons."

Il a souhaité le développement de médias musulmans et invité à "quitter des espaces sécurisés dont on a du mal à sortir par peur d'une perte identitaire pour vivre, de manière plurielle, avec la société à laquelle nous appartenons". L'opposition au mariage pour tous aura fourni l'occasion d'un tel décloisonnement.

16 mai 2013

Le Mossad israélien infiltre le Maroc

Le Mossad israélien infiltre le Maroc

Bladi.net, le 15 mai 2013  

Le Mossad, services secrets israéliens, a infiltré le Maroc, et est capable d’influencer en fonction des besoins d’Israël, les domaines politique, économique et social du pays, a affirmé récemment le général Amos Yadlin, patron du Mossad.

Amos Yadlin explique que le Mossad est très en avance quant au déploiement de ses réseaux d’espionnage et de collecte d’information notamment au Maroc, en Libye, en Tunisie, en Egypte, en Palestine, en Syrie et au Soudan.

Abderahmane Mekaoui, expert marocain en affaires stratégiques et militaires cité par le quotidien Al Massae, estime qu’Israël peut en effet disposer d’un réseau d’espionnage au Maroc, mais ne peut en aucun cas infiltrer et influencer les décisions politiques et militaires, car les institutions marocaines sont très complexes, même pour les Etats-Unis.

Mekaoui trouve toutefois étrange que le Mossad ne fasse pas référence à l’Algérie, rappelant que les deux fils de feu l’Émir Abdelkader, chef militaire et symbole de la résistance lors de la conquête de l’Algérie par la France à la fin du 19e siècle, vivent encore en Israël.

Un rapport du ministère des Affaires étrangères israélien révélait en 2011, que le Mossad avait reçu plusieurs demandes de Marocains, proposant leurs services au département.

12 mai 2013

La liberté d’expression aux USA

La liberté d’expression aux USA

Un jeune facebookiste risque 20 ans de prison pour avoir crié sa colère contre le gouvernement

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Par Ahmed Halfaoui, le 11 mai 2013

Les twitteristes, facebookistes, blogueurs et autres internautes des pays à «régimes dictatoriaux» seraient étonnés de savoir ce qui est arrivé à un jeune lycéen du Massachusetts, aux Etats-Unis. Cameron D’Ambrosion, âgé de 18 ans à peine, encourt une peine de prison de 20 ans. La caution a été fixée à 1 million de dollars. Le chef d’accusation : il a reproduit sur facebook les paroles d’un rappeur, des «menaces terroristes», selon la lecture qui en a été faite. Les paroles en question : «Fuck politics, Fuck Obama and Fuck the government». Des insultes qui expriment un ras-le-bol, sans plus. Pas de quoi égaler la prose prolifique et colorée qui inonde les réseaux des Arabes et assimilés, des Chinois, des Russes, des Iraniens… Mais, aux Etats-Unis, cela relève du crime.

Maintenant, rappelons-nous ce mardi 15 février 2011, où Mme Hillary Clinton, alors chef du département d’État, a déclaré que «ceux qui répriment la liberté sur internet arrivent peut-être à empêcher l’expression pleine et entière des aspirations de leur peuple pendant un moment, mais pas pour toujours». Elle a ajouté, sans sourciller devant son mensonge, que «Les États-Unis soutiennent cette liberté partout et pour tout le monde, et nous avons demandé aux autres pays d’en faire autant». Pour la défense des libertés sur internet, elle a annoncé que ses services allaient ouvrir des comptes twitter en chinois, russe et hindi. Des comptes en persan et en arabe avaient été créés en premier. L’objectif : communiquer directement avec les habitants du Moyen-Orient. Dans le même discours, elle a milité pour les «libertés d’expression, de réunion et d’association en ligne».

En novembre 2008, Mme Clinton a attribué 5 millions de dollars de subventions «à des programmes pilotes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord qui permettront d’accroître les nouveaux médias et les capacités de mise en réseau des organisations de la société civile». Le but étant d’aider les organisations «indépendantes» à travers le monde à «utiliser la technologie numérique». De quoi rassurer Cameron D’Ambrosion, qui n’a pas été concerné par l’aide, puisqu’elle était destinée à d’autres que les jeunes étatsuniens. Un jeune qui a dû être convaincu que ce qui était valable pour le reste du monde était, aussi, valable pour lui.

A l’instar de ceux dont parlait Mme Clinton, certainement dégoûté du régime qui gouverne son pays, il a pensé à le dire. Un acte ordinaire, si l’on se réfère aux millions de «posts» qui émaillent le Web. Pas de quoi se faire même pas réprimander. Erreur fatale. Il ignorait au plus haut point et le cynisme du gouvernement étatsunien et sa conception particulière des libertés publiques.

Il ignorait, à coup sûr, qu’il vivait sous un État d’exception, consacré par le «USA Patriot Act» et sa section 802 qui traite du «Domestic Terrorism», qui autorise les services de renseignements et les forces de l’ordre à assimiler le moindre écart politique à un acte terroriste. C’est ce qui est arrivé. Mais, si le cas de Cameron a pu filtrer dans quelques sites, combien d’autres restent ignorés du grand public ? On n’en saura rien au pays de la liberté et des droits de l’homme.

05 mai 2013

Laïcité : les conclusions de cette commission ne sont pas une première

Laïcité : les conclusions de cette commission ne sont pas une première

Pierre-Yves Lambert, le 02 mai 2013

L'analyse faite par cet organisme américain n'est pas une première. Plusieurs organismes internationaux, y compris de défense des droits de l'Homme, ont fait le même constat. A chaque nouvelle loi, sur le foulard, la burqa, l'interdiction des signes convictionnels etc. des organismes comme la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, Amnesty International, des associations féministes protestent énergiquement. La Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) était elle-même hostile à une interdiction absolue du voile intégral.

Sur le plan historique, la France jouit d'une certaine réputation en matière de droits de l'Homme, ce qui explique en partie qu'elle soit plus particulièrement pointée du doigt par ce type de rapports. Mais le problème se pose également dans d'autres pays d'Europe.

La question se pose par exemple en Suisse avec les minarets, en Allemagne avec la circoncision et également dans ces deux pays avec la «Kirchensteuer», cette sorte de dîme prélevée par l'Etat via les impôts pour être versée à une église ou une association religieuse du choix du contribuable. Dans ce dernier cas, l'Etat a déterminé quelles étaient les religions qui pouvaient en bénéficier. L'Islam n'en fait pas partie. Il y a là une discrimination claire qui existe, comme d'ailleurs en Alsace-Moselle pour les cours de religion, le paiement du salaire des prêtres et l'entretien des édifices du culte.

Des conséquences sur l'intégration sociale

Ce phénomène dénoncé par le rapport de la commission américaine des libertés religieuses a des conséquences en terme d'intégration sociale, notamment après ce qui s'est passé lors de l'affaire de la crèche Baby Loup et des mesures discutées ensuite pour l'interdiction de signes religieux dans le secteur privé. Le problème se pose de la même manière en Belgique, à ceci près qu'existe dans ce pays une jurisprudence selon laquelle on ne peut interdire le port de signes religieux dans l'entreprise, à moins que celui-ci présente un danger pour le salarié.

L'autre conséquence est un renforcement des radicalismes. Celles et ceux qui portent des signes convictionnels ou font partie (pour ce qui est de l'autre volet du rapport) d'une secte se sentent mis au ban de la société. Un sentiment dangereux pour la cohésion sociale du fait de la réduction considérable des perspectives d'emploi pour les personnes concernées. La plupart des études montrent pourtant que les jeunes femmes musulmanes ont un taux de réussite scolaire et de diplôme souvent plus élevé que les garçons. Ce type de "laïcité agressive" conduit à une frustration plus grande encore au sein des familles.

Par ailleurs, je tiens à exprimer mon total désaccord avec une section de la partie du rapport consacrée à l'Europe occidentale, qui traite des «Hate speech laws» (lois contre le racisme, le négationnisme etc.). Si un organe consultatif équivalent de l'Union européenne ou du Conseil de l'Europe devait publier ce genre de rapport sur les Etats-Unis, il devrait souligner l'absence de telles lois qui permet toutes les dérives racistes et néo-nazies notamment, mais aussi homophobes.

Le débat

22 avril 2013

Bruxelles: un inspecteur principal condamné pour violences et racisme

Bruxelles

Un inspecteur principal condamné pour violences et racisme

RTL.be, le 22 avril 2013

Huit mois de prison avec sursis. C'est la peine à laquelle a été condamné un inspecteur principal de police de Bruxelles pour avoir proféré des insultes à caractère raciste à l'encontre de deux personnes.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné lundi un inspecteur principal de la police locale de Bruxelles Midi (Anderlecht/Saint-Gilles/Forest), âgé de 46 ans, à huit mois de prison avec sursis. L'homme a été reconnu coupable de deux faits de violences racistes, l'un contre un subordonné et l'autre contre une personne qu'il voulait arrêter. Le prévenu avait nié avec force, mais il a été condamné sur base du témoignage d'un ex-collègue.

Violences physiques également constatées

Les incidents se sont déroulés en août et septembre 2009. L'inspecteur principal M.C. avait donné un coup de poing à son collègue inspecteur puis l'avait agrippé à la gorge, en le qualifiant de "bougnoule". L'inspecteur principal devait également répondre d'un incident survenu lors de l'arrestation d'un homme qui tenait une manifestation interdite. Il avait poussé l'homme à deux reprises contre une porte en lui lançant une bordée d'injures racistes.

Le témoignage d'un collègue incrimine l'inspecteur principal

Plusieurs collègues de l'inspecteur principal ont d'abord réfuté toutes les accusations, mais en 2010, l'un d'entre eux a changé ses déclarations et a reconnu que tous les reproches étaient fondés. C'est sur cette base que le prévenu a été condamné. L'inspecteur principal a fait un malaise à la lecture du jugement et a dû recevoir des soins médicaux.

21 avril 2013

La haine de la religion : Comment l'athéisme est devenu l'opium du peuple de gauche

La haine de la religion

Comment l'athéisme est devenu l'opium du peuple de gauche

L'Esprit d'actu reçoit Pierre Tévanian, auteur du livre La haine de la religion - ou comment l'athéisme est devenu l'opium du peuple de gauche paru aux éditions La Découverte.  Un livre à lire impérativement ! Professeur de philosophie, Pierre Tévanian est également le créateur et l'animateur du site Les Mots sont importants…

18 avril 2013

Le Conseil national souhaite recueillir l'ADN de certains requérants d'asile

Le Conseil national souhaite recueillir l'ADN de certains requérants d'asile

Il y a quelques mois, la proposition avait provoqué un tollé, mais elle a désormais trouvé une majorité au parlement …

Syrie : Enlevé par des islamistes mais oublié par le monde

Syrie

Enlevé par des islamistes mais oublié par le monde

L’histoire du père Michael Kayal est emblématique du sort des chrétiens de Syrie

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Propos recueillis par Carly Andrews, le 18 avril 2013 

Kidnappé puis oublié : le 9 février 2013, le père Michael Kayal, un jeune prêtre de 27 ans, vivant à Alep, en Syrie, a été enlevé par des rebelles extrémistes islamiques. Deux mois après sa disparition on est sans nouvelles de lui, mais le monde n’en parle pas.

Mgr Georges Dankaye, recteur du Collège arménien de Rome et procureur de l’Eglise arménienne catholique près le Saint-Siège, parle de cet enlèvement et du terrible cauchemar que vivent les chrétiens de Syrie chaque jour : violences, sang, torture et un niveau d'inhumanité incroyable.

«Père Michael a été un de mes élèves au séminaire pendant deux ans à Alep. Il était très gentil et intelligent», raconte Mgr Dankaye, un sourire triste aux lèvres. «Il aimait le sport, la musique et le chant, était toujours prêt à aider».

Les deux hommes étaient ensemble au Collège arménien, quand Michael étudiait le droit canon à l’Institut pontifical oriental. Il a ensuite été ordonné prêtre le 2 novembre 2011.

Quand le père Michael est retourné en Syrie, les émeutes avaient déjà commencé et la violence était en train de s’étendre à tout le pays. Mais son «esprit, son enthousiasme et son zèle» avaient conquis le cœur du curé et des paroissiens. Alors que la situation empirait et que les réfugiés affluaient des banlieues d’Alep, père Michael, en compagnie de trois autres jeunes prêtres, a lancé une mission avec les migrants. «Ils allaient tous les jours dans les écoles où les familles musulmanes avaient trouvé refuge. Ils leur apportaient de la nourriture pour le déjeuner et le dîner, ainsi que d’autres aides, voire des médecins».

Père Michael semblait suivre la voie des saints, travaillant dans un esprit de service et de compassion: «Je me souviens d’un coup de fil où il m’a dit: 'ce que je peux faire toujours, c’est servir, rien n’est plus grand que cela '», se rappelle Mgr Dankaye. 

le 9 février, le père Michael a quitté Alep. Il était prévu qu’il se rende à Rome, en faisant une halte dans une petite localité sur la route de Beyrouth avant d’arriver en Italie le 12 février. Il venait de se mettre en route lorsqu’à un des nombreux postes de contrôle le long des routes syriennes, une bande de rebelles a pris d’assaut l’autobus. «Il y avait  à l’intérieur trois prêtres, deux en habit sacerdotal et un salésien en civil. Ils ont fait descendre les deux en habit et pas le troisième».

«Une demi-heure plus tard, les ravisseurs téléphonaient à son frère : «Nous vous contacterons bientôt pour arriver à un accord», a raconté Mgr Dankaye. «Depuis ce moment-là, le seul contact a été avec son frère, jamais avec l’Eglise; le frère a ensuite parlé à l’évêque…et l’évêque aurait informé le gouvernement». La famille du Père Michael a fait savoir qu’elle avait reçu la demande d’une rançon d’un million de lires syriennes et la libération de 15 détenus. Toutefois, plus tard, les terroristes renonceront à la demande de libérer des prisonniers, se contentant uniquement de l’argent. «Ceci nous fait penser qu’il s’agit plus d’un petit groupe armé que du Front de libération Syrien, car la libération de 15 prisonniers aurait fait vraiment envie». «Il y a environ 2000 petits groupes comme ça. Ils ne sont ni coordonnés, ni organisés entre eux ; chaque groupe suit ses propres objectifs, ses propres idéaux». Leur désorganisation est devenue évidente après le «oui» de la famille au paiement de la rançon, quand le groupe ne s’est plus manifesté pour la réclamer.

Quelle est donc la situation aujourd’hui ? Père Michael est-il toujours vivant ? Mgr Dankaye affirme que  «la seule information qu’on ait de lui est un coup de téléphone du 20 février ; ils lui ont permis de parler à sa mère pendant une demie minute à peine, et il a dit 'Maman, je vais bien, mais prie pour moi'. Depuis, il n’y  a pas eu d’autres contacts. Nous ne savons plus rien. C’est le mystère !».

Avons-nous affaire à une persécution manifeste et cruelle de l’Eglise chrétienne en Syrie ? La réponse, bien entendu, est «oui», mais la situation est complexe; Mgr Dankaye explique qu’au début des affrontements, l’opposition a dit qu’elle voulait préserver la communauté chrétienne. Elle a dit 'N’ayez pas peur d’aller contre ce régime ; nous vous traiterons bien; mais bien sûr il n’a pas obtenu la réponse positive qu’il attendait. Pour Mgr Dankaye, "l’opposition pensait que la communauté chrétienne en Syrie aurait pris les armes et se serait unie aux rebelles", mais celle-ci ne sait pas prendre les armes ou entrer en guerre. Elle est composée de citoyens normaux qui aiment leur pays, et il est difficile pour eux de prendre les armes contre quiconque... Ils n’ont donc pas participé aux manifestations, ni pris les armes, et cela a mis les rebelles en colère».

Et maintenant, a poursuivi Mgr Dankaye, «ils disent : 'Nous nous vengerons. Vous chrétiens vous ne participez pas à la guerre, vous le payerez'». Cette attaque est plus dictée par la vengeance qu’une persécution spécifiquement religieuse. Mgr Dankaye a néanmoins évoqué d’autres groupes  comme les «Djihadistes ou les Nusrats, auquel cas on peut parler franchement de persécution religieuse».  Il a aussi cité les Alawouites, ajoutant qu’une «bonne partie des sunnites est favorable au gouvernement et commet des massacres».

«La communauté chrétienne n’a aucune issue, elle est encerclée», a souligné Mgr Dankaye. «Elle se prépare pour le martyre... nous ne le voulons pas, nous ne l’espérons pas; nous le craignons mais c’est comme ça». Mgr Dankaye a ensuite rappelé les paroles prononcées par son père deux semaines auparavant : «Il m’a dit :  'Si tu entends dire que nous sommes morts, ne viens pas à nos funérailles ; nous ne voulons pas que tu subissent notre sort».

Mgr Dankaye a ensuite fait part d’un message reçu par un ami il y a quelques jours, qui incarne la gravité choquante de la situation des chrétiens syriens: «Le loup tue les louveteaux qui n’y arrivent pas tout seuls, de manière à ce qu’ils ne soient pas mangés vivants par des souris et des fourmis. C’est un geste de pitié. Ne juge pas mes paroles trop sévèrement. Parle avec tes parents». Quand des parents arrivent à penser qu’il vaut mieux mettre fin à la vie de leurs enfants, on peut imaginer les atrocités qui les attendent à quelques pas de leur porte.

A la dernière question sur ce que peuvent faire les chrétiens du monde entier, la réponse a été : «prier, ne pas cesser de prier. C’est un moment que Notre Seigneur a lui aussi vécu dans le jardin de Gethsémani. Il y a la tentation de fuir, ou de crier au Seigneur 'Sauve-nous!', mais ensuite, si telle est sa volonté, nous devons être prêts, comme l’ont été les martyrs, à affronter la mort dans la fidélité... c’est dans la prière que nous restons accrochés à notre foi et forts dans l’espérance, et jusqu’au dernier moment nous restons dans l’amour, même face à celui qui ne sait pas ce qu’il fait».

Nous nous adressons donc aux chrétiens du monde entier : priez pour le père Michael; priez pour la Syrie, une terre maculée de sang, dévastée par une vague de mal inexorable; priez pour les hommes torturés et mutilés, pour les femmes et les jeunes filles violées, pour les chrétiens persécutés ; priez pour tous ceux qui commettent ces terribles atrocités, mais surtout priez que le monde sorte de cette insupportable spirale de silence et vienne au secours de ses frères sœurs.

Nous lançons enfin un appel désespéré aux ravisseurs du père Michael, nous faisons appel à leur humanité : faites-le rentrer chez lui. S’il vous plait, laissez le père Michael rentrer chez lui.

Antisémitisme et xénophobie en hausse en Allemagne

Antisémitisme et xénophobie en hausse en Allemagne

Selon de récents sondages de l'opinion publique, les attitudes racistes et xénophobes sont en hausse en Allemagne. Un nombre croissant de personnes dans plusieurs villes disent qu'ils ont une opinion négative des Juifs et une opinion sur les musulmans encore plus négative qu'il y a quelques années.

L'un des principes les plus fondamentaux des droits de l'homme, c'est la liberté de religion et sa pratique, tout en protégeant et promouvant la diversité culturelle, en 1989, la ville de Francfort a créé un ministère des Affaires multiculturelles.

Christamaria Weber, du ministère des Affaires multiculturelles de Francfort: "Il y a quelques semaines, nous avons eu une discussion dans un coin de Francfort, un conflit au sujet de la nouvelle mosquée qui sera construite là-bas, et une des personnes les plus âgées se leva et dit: "Oui, mais il y a beaucoup de musulmans et c'est la troisième mosquée que l'on construit dans cette partie de la ville et chaque jours il y a moins de gens qui vont à l'église. Et puis une autre personne a crié, oui, mais ce n'est pas la faute des musulmans, et ça ne l'est certainement pas, mais pour certaines personnes, c'est difficile à accepter"

04 avril 2013

Antiracisme :le langage responsable

Antiracisme : le langage responsable

Shannon Pfohman, le 04 avril 2013

Réagissant à l’article de la Libre Belgique sur le rapport annuel du Réseau européen contre le racisme (ENAR) sur le racisme en Europe, M. Destexhe a commis une longue tirade ayant pour seul mérite de concentrer en fort peu de lignes l’essentiel des fadaises réactionnaires sur l’antiracisme et la lutte pour l’égalité de toutes et tous en Europe (LLB 27/03/2013). La cause ? Notre rapport s’inquiétait de la progression constante des propos et actes islamophobes en Europe depuis le 11 septembre 2001. Il avance que les rapports sur le racisme, dont celui de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme en France, ne sont pas scientifiques et se contente d’affirmer que "beaucoup d’éléments convergents [ ] prouvent" que l’Europe est particulièrement tolérante.

M. Destexhe balaie d’un revers de la main les nombreuses études sur l’islamophobie menées depuis plus d’une décennie tant par des organisations internationales (Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, Agence des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne, Eurostat, Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe, Nations Unies), que par des organisations respectables comme Amnesty International ou ENAR. En tentant de les décrédibiliser, M. Destexhe prétend en fait briser le thermomètre pour guérir la fièvre. Récusant les méthodologies de collecte d’information, il conclut que le phénomène n’existe pas. En France, 83 % des victimes recensées d’actes islamophobes sont des femmes. Deux tiers au Royaume-Uni. En Bulgarie, 35-40 % des musulmans sont exclus du marché de l’emploi contre 12 % de la population majoritaire. Aux Pays-Bas, un jeune musulman met 6 fois plus de temps pour décrocher son premier job qu’un jeune issu de la population majoritaire à compétences égales.

Selon les données de l’Agence des Droits Fondamentaux, en 2009, un musulman sur 10 en Europe a subi une agression raciste au cours des 12 derniers mois. Cela, ce sont des faits. La fine pointe émergée de l’iceberg. Car toutes les études en Europe montrent que 80 à 90 % des musulmans victimes d’islamophobie ne rapportent pas auprès des autorités compétentes les insultes, les violences physiques, les refus de service, les vexations quotidiennes, les propriétaires indélicats, les courriels haineux, les violences policières, le profilage ethnique et religieux auxquels ils font face chaque jour. Manque de connaissance de leurs droits à l’égalité, manque de confiance dans les institutions, conviction que de toute façon, "ça ne sert à rien". Plus grave encore. Dans la région de Bialystok, en Pologne, où l’on trouve une des populations musulmanes les plus intégrées d’Europe à tel point qu’il est impossible de distinguer à l’œil nu une mosquée d’une église, une population présente depuis plus de 5 siècles, contribuant à tous les niveaux de l’Etat, s’étant battue comme tant d’autres pendant le siège de Varsovie, voit maintenant ses mosquées vandalisées avec des tags néonazis. Ça ne vous rappelle rien ?

Récurrence d’un temps où les Allemands juifs du début des années 20 étaient également parfaitement intégrés et contribuaient positivement au développement de leur pays. Quand il a fallu trouver un bouc émissaire pour les déboires de la crise financière et économique de l’époque, on a su les retrouver, un par un. L’Allemagne ne s’est pas réveillée, un beau matin, antisémite et avide de pogroms. Au contraire, la violence sociale inouïe que connut cette société a été construite, patiemment, sur plusieurs décennies, jusqu’au point de basculement de l’ensemble du corps social. Tout commence de manière anodine, par des remarques de plus en plus racistes qui se banalisent peu à peu dans le discours majoritaire (comme ces commentaires sur les "Norvégiens" dans le métro bruxellois), jusqu’à culminer dans des manifestations de violences collectives : lieux de culte vandalisés, tombes d’anciens combattants désacralisées, maisons brûlées avec leurs habitants.

Nous, Européens, horrifiés par l’abomination qu’a produite notre civilisation à un moment donné de son histoire, nous avons encapsulé la Shoah dans sa singularité, nous l’avons muséifiée et aseptisée à tel point que nous sommes devenus incapables d’en reconnaître dans notre quotidien les mêmes prodromes liés à la gestation de la même "bête immonde", que ce soit à l’encontre des Juifs, des Roms, des musulmans ou des Noirs.

Partout en Europe, les membres d’ENAR, dont bon nombre sont volontaires, combattent conjointement l’antisémitisme et l’islamophobie (qui n’a rien à voir avec la critique ou la peur de l’islam, mais avec le racisme et les discriminations spécifiques sur la base d’une islamité réelle ou supposée). Ils savent que l’antisémitisme et l’islamophobie sont les deux facettes d’une même pièce. Notre rapport sur le racisme en Europe a mis en évidence la responsabilité écrasante des décideurs politiques qui, sous couvert de parler vrai des vrais problèmes, diffusent en permanence des discours toxiques et stigmatisants à l’encontre de certaines populations, dont les musulmans et les Roms en particulier.

Ce constat dépasse le clivage gauche/droite et les discours de haine sont communs à l’ensemble de l’échiquier politique, de Reykjavík à Bucarest, de Lisbonne à Helsinki. La liberté d’expression - par ailleurs en péril - a des limites définies notamment par la Convention Européenne des droits de l’Homme. L’incitation à la haine est une de celles-ci. Les médias n’échappent pas à la critique. La titraille de la Libre Belgique du 26 mars, "Les Européens islamophobes", est un cas d’école. Le discours, mettant pourtant en évidence notre rapport, est a priori innocent mais il suscite stigmatisation et rejet. M. Destexhe ne s’y est pas trompé. Or, nous n’avons jamais fait une telle généralisation qui revient presque à faire du racisme à l’envers.

Le mouvement antiraciste européen parle aujourd’hui un langage de responsabilité. Le passé ne peut justifier que l’on élude les questions légitimes qui accompagnent les profonds changements que connaissent nos sociétés. Cela implique en premier lieu de reconnaître que notre Europe n’est pas guérie de ses vieux démons. Mais elle a prouvé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que c’est en faisant confiance à son immense diversité, en faisant le pari de l’égalité et en partageant les fruits de la croissance entre tous - nationaux comme migrants - qu’elle a connu une des plus belles périodes de son histoire.

Les Européens savent, au fond d’eux-mêmes, que c’est encore possible. Ils savent aussi qu’ils n’ont aucune envie de haïr leur voisin juif, musulman ou rom, et qu’ils désirent au contraire partager, car ce passé récent nous a démontré que cela contribue massivement à notre droit au bonheur. Aujourd’hui, nous sommes une force de proposition concrète, indépendante, contente de prêter main-forte à tout qui souhaitera mettre en place des politiques progressistes et alternatives pour le bénéfice de toutes et tous