27 mars 2013

Nantes : Un "Cannabis social club" déclaré en préfecture lundi ?

Nantes

Un "Cannabis social club" déclaré en préfecture lundi ?

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AFP, le 22 mars 2013

Des membres d'un "Cannabis social club" de Loire-Atlantique se rendront-ils en préfecture, à Nantes ce lundi à 16h pour marquer "le début de la reconnaissance pour""le peuple de l'herbe"" ?

C'est en tout cas ce qu'affirme Dominique Broc, le porte-parole du mouvement des Cannabis social clubs (CSC). Des quoi ? De groupements de personnes qui cultivent du cannabis et partagent leur production entre eux sans en faire commerce.

Ces CSC vont se déclarer dans plusieurs préfectures lundi, parmi lesquelles celles de Loire-Atlantique, de la Creuse, d'Indre-et-Loire, de Charente-Maritime et de Vendée selon Dominique Broc.

Des "clubs" illégaux en France

L'objectif de ces groupements, qui prônent la dépénalisation du cannabis et l'autoproduction, est de se déclarer comme des associations à but non lucratif (loi 1901) et faire reconnaître légalement leur activité.

Ces Cannabis social clubs, dont certains existent de fait parfois depuis plusieurs années, sont illégaux en France mais existent déjà en Espagne et en Belgique. Au total, plus de 400 Cannabis social clubs existent, affirme M. Broc, mais tous ne vont pas se déclarer lundi, faute d'avoir établi leurs statuts dans les temps.

Le 4 mars, il a déposé en préfecture d'Indre-et-Loire les statuts de la "Fédération des Cannabis social clubs" et a reçu quelques jours plus tard le récépissé délivré par la préfecture. "Désormais, la fédération existe en tant qu'association", a-t-il affirmé, attendant seulement qu'elle soit publiée au Journal officiel.

Même si la justice ou le préfet peuvent intervenir à tout moment pour demander sa dissolution, il affirme que cette première étape, "un acte de désobéissance civile" selon lui, marque "le début de la reconnaissance pour "le peuple de l'herbe"".

"Que va faire le gouvernement ?"

"La question est de savoir ce que va faire le gouvernement face à tous ces clubs qui vont s'afficher ouvertement", a-t-il dit. La loi de 1901 sur les associations précise que "toute association fondée sur une cause ou en vue d'un objet illicite, contraire aux lois (...) est nulle et de nul effet".

M. Broc a été interpellé et placé en garde à vue fin février pour détention illégale de cannabis, après avoir annoncé dans la presse qu'il cultivait des plants chez lui. Il est convoqué au tribunal correctionnel de Tours le 8 avril.

Ces Cannabis social clubs "ne visent pas à faire du business, mais à contrecarrer les trafics et les dealers, et à mieux contrôler la qualité du cannabis, afin de protéger la santé des usagers", affirme Farid Ghehioueche, autre fondateur des CSC, créateur de l'association Cannabis sans frontières et ancien candidat aux législatives dans l'Essonne sous l'étiquette "Cannabis santé liberté justice".

14:30 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Verviers: 24 mois requis contre Karima, la présidente de l'ASBL «Insoumises et dévoilées»

Verviers

24 mois requis contre Karima, la présidente de l'ASBL «Insoumises et dévoilées»

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Belga, le 26 mars 2013

Le substitut du procureur du roi de Verviers, Franklin Kuty, a requis mardi devant le tribunal correctionnel une peine de 24 mois de prison à l’encontre de Karima (37 ans), la présidente de l’ASBL «Insoumises et dévoilées», une association qui vient en aide à des femmes en détresse. On lui reproche des faux, des abus de confiance par rapport à l’objet social de l’ASBL ou encore des subventions indûment perçues.

La prévenue, qui avait défrayé la chronique judiciaire en 2008 pour son livre «Insoumises et dévoilées», nie toutes les préventions qui lui sont reprochées. À la tête de son ASBL depuis juin 2008, elle explique n’avoir reçu «qu’une partie des subsides sollicités auprès de différents ministres socialistes (les noms de Marc Tarabella, Fadila Laanan, Jean-Claude Marcourt et Eliane Tillieux sont cités, NDLR) qui étaient très contents de poser avec moi lorsque l’association faisait l’objet de reportages TV de France 2 ou TF1», explique-t-elle à la barre.

Elle poursuit en expliquant que ses problèmes ont commencé lorsqu’elle s’est rapprochée «du mouvement d’un conseiller communal réformateur. On m’a retiré mon local, mes points APE». Depuis, son ASBL a été dissoute sur assignation de l’ONSS qui n’avait pas été payée complètement, le tribunal du travail ayant condamné l’ASBL en 2011.

Le parquet dresse un portrait plus sombre de la prévenue décrite comme «présidente omnipotente», «manipulatrice», «refusant de travailler avec les autorités». La gestion de l’ASBL était des plus «opaques», son ancien mari, âgé de 62 ans, ayant été engagé comme trésorier, fonction qu’il n’a jamais exercée.

Le parquet reproche aux deux intéressés d’avoir confondu leurs comptes personnels et ceux de l’ASBL. «Je ne me suis jamais offerte de villa ou de voitures de luxe», a rétorqué Karima qui avait cependant des «goûts de luxe», selon une bénévole.

La Région wallonne réclame aujourd’hui près de 90.000 euros pour les points APE octroyés à une ASBL dont les statuts sont caducs pour le parquet en raison d’un faux procès-verbal de l’assemblée générale constitutive de l’association en juin 2008.

Le parquet requiert 24 mois à l’encontre de Karima et 12 mois contre son ancien mari. La défense plaidera le 16 avril prochain.

22 mars 2013

Des caméras pour lutter contre le racisme dans la police belge

Des caméras pour lutter contre le racisme dans la police belge

Par Loïc Struys, le 21 m ars 2013

Les violences policières à connotation raciste sont "un fait courant". Telle est la conclusion de la fédération européenne des organisations antiracistes (Enar) qui préconise un renfort des dispositifs de surveillance.

La police belge adopte-t-elle un comportement raciste? Trop souvent, à en croire le rapport publié mercredi par l'Enar. Ce racisme s'exprime notamment par une violence des représentants de l'ordre. Un fait que confirme un policier bruxellois qui cible la communauté musulmane. "L'islamophobie, chez nous, est un fait courant" relate-t-il dans Le Soir de ce jeudi. "Les insultes et les propos racistes sont banalisés, même dans les commissariats dotés de caméras, comme à Saint-Josse, pour la simple raison que si les images sont captées, le son, lui, ne l'est pas".

Une déclaration qui contredit les conseils de l'organisation européenne qui encourage la multiplication des dispositifs de caméra surveillance, dans les commissariats et les véhicules de police. Une démarche qui emboîte le pas de la Ligue des droits de l'homme et du Comité pour l'élimination des discriminations raciales des Nations Unies, également favorables aux caméras dans les cellules, les fourgons et les commissariats afin de réduire les risques de comportements discriminatoires.

Semira Adamu

Une solution loin d'être idéale pour Julien Pieret, chercheur au Centre de droit public de l'ULB. "La caméra n'est pas le dispositif le plus performant pour prévenir les infractions", insiste-t-il dans les colonnes du Soir. Et de rappeler que la dramatique et funeste expulsion de Semira Adamu était filmée.

Plus largement, le rapport alternatif de l'Enar sur le racisme en Europe constate que le racisme en Belgique se traduit par une islamophobie. Les discriminations dont sont victimes les 600.000 musulmans de notre pays s'expriment dans les domaines de l'emploi, l'éducation ou encore du logement. Un constat appuyé par le Centre pour l'Egalité des chances dont 80% des dossiers de discrimination religieuse concernent des musulmans. Les autres communautés vulnérables au racisme sont les populations juives, les gens du voyage, les populations noires et les migrants.

Rapport alternatif sur le racisme en Belgique

21 mars 2013

Bruxelles est la 3e région la plus riche d'Europe

Bruxelles est la 3e région la plus riche d'Europe

RTLInfo, le 21 mars 2013

Bruxelles est la troisième région la plus riche d'Europe, ressort-il d'une publication d'Eurostat, l'office européen de statistique. Le centre de Londres et le Grand-Duché de Luxembourg figurent aux deux premières places.

Eurostat a collecté les données du produit intérieur brut (PIB) par tête d'habitant dans les régions européennes et a établi un classement des régions les plus riches et les plus pauvres. Les chiffres concernent les 27 Etats membres européens en 2010. Huit régions de capitales figurent dans le top 10.

Une région sur sept a un PIB par tête d'habitant supérieur à 125 pc de la moyenne. Outre la région bruxelloise, Anvers, le Brabant flamand et le Brabant wallon font partie de ces 41 régions qui dépassent les 125 pc.

Quatre régions sur dix se trouvent sous les 75 pc. Les régions avec le PIB par tête d'habitant le plus bas sont en Bulgarie et en Roumanie. La région de Severozapaden en Bulgarie occupe la dernière place, avec 26 pc de la moyenne.

23:08 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20 mars 2013

Les indépendantistes flamands dévoilent leur stratégie d'éclatement de la Belgique

Les indépendantistes flamands dévoilent leur stratégie d'éclatement de la Belgique

Par Jean-Pierre Stroobants, le 19 mars 2013

Grandir encore pour imposer, lors du prochain scrutin, sa volonté aux francophones qui "devront alors accepter que Flandre et Wallonie se séparent". Geert Bourgeois, dirigeant historique de l'Alliance néo-flamande (NVA) et numéro deux du gouvernement régional de Flandre, a indiqué, samedi 16 mars, quel serait l'objectif de son parti et de son chef de file, Bart De Wever, en 2014. Après ce que le ministre nomme "la mère de toutes les élections", le parti indépendantiste réclamera le transfert de toutes les compétences encore fédérales (la sécurité sociale, la fiscalité, l'emploi...). Ce qui serait le prélude à l'implosion du pays.

"Si la NVA devient incontournable (...) les partis francophones ne pourront faire autrement que tenir compte de nos conclusions. C'est ce qui se passe dans un mariage. Si un partenaire dit "je veux cela" et que l'autre répond "non", alors c'est terminé", a détaillé M. Bourgeois, vieux militant de la cause nationaliste et cofondateur de la NVA.

Ses propos sans ambiguïté ont relancé le débat institutionnel qui promettait, en tout état de cause, de ressurgir à l'issue des régionales et législatives du printemps 2014. Ils confirment que la NVA n'entend pas rééditer l'épisode de 2010 lorsqu'elle avait participé - sans vouloir les faire réussir - à des négociations pour la formation du gouvernement fédéral qui durèrent cinq cent quarante jours et se traduisirent par son renvoi dans l'opposition. Cette fois, elle veut aller "vite", imposer sa volonté aux francophones, qui comprendront rapidement qu'ils "doivent suivre" et seront en outre obligés de se ranger à l'idée que la capitale du pays défunt sera cogérée. Le ministre poursuit : "Si la Belgique s'effondre, ils ne doivent pas penser qu'ils recevront Bruxelles. Nous ne lâcherons jamais la capitale commune."

"Commune", parce que M. Bourgeois n'utilise pas le terme d'indépendance, sans doute encore effrayant pour une partie de son électorat, mais préfère évoquer une "autonomie totale" de la Flandre et de la Wallonie. M. De Wever parle quant à lui d'une "confédération", vue comme le stade intermédiaire entre le fédéralisme et le séparatisme.

Les deux responsables tiennent, en réalité, des discours complémentaires. Le premier tente de conforter le "noyau dur" de son parti, marqué par le combat historique pour l'émancipation de la Flandre ; le second insiste surtout sur les thèmes socio-économiques et sécuritaires afin d'élargir encore la base de la NVA et conquérir les déçus de la démocratie-chrétienne et du Parti libéral, en quête de dirigeants charismatiques.

SAVANTE COMBINAISON

Une stratégie payante, selon les sondages : après avoir remporté, en 2012, les municipales et conquis la ville d'Anvers, la NVA est créditée de quelque 40 % des intentions de vote. Si elle réalise ce score, elle pourra à la fois prendre la tête du gouvernement régional et bloquer la négociation au niveau fédéral, rendant ainsi le royaume définitivement ingouvernable.

Les deux dirigeants du parti savent toutefois qu'une grande majorité de l'opinion flamande reste, à en croire les sondages, hostile à l'idée d'un éclatement du pays (15 % seulement y seraient favorables), même s'ils votent à raison de quelque 40 % environ pour des partis (la NVA et l'extrême droite du Vlaams Belang) qui prônent clairement l'éclatement.

MM. Bourgeois et De Wever tentent donc, dans une savante combinaison, de dénoncer les partis de droite et du centre-droit qui gouvernent actuellement l'Etat fédéral avec les francophones tout en leur proposant une alliance en vue de la mise en place d'une majorité au sein de la future Flandre autonome.

L'Open VLD (libéral) est critique : "Après le carnaval, les masques tombent", a déclaré le vice-premier ministre Alexander De Croo. Le CD&V (chrétien-démocrate) est ambigu : Kris Peeters, président du gouvernement régional, ne rejette pas catégoriquement l'hypothèse de l'autonomie complète, tout en estimant qu'elle est prématurée et qu'il faudrait, en toute hypothèse, en débattre préalablement avec les francophones.

Chez ces derniers, on assiste à une véritable levée de boucliers. "Personne ne touchera au statut de Bruxelles, qui ne pourra être gérée que par les Bruxellois eux-mêmes", déclare la vice-première ministre PS, Laurette Onkelinx. "Jamais la Flandre n'obtiendra son indépendance avec Bruxelles", commente Charles Michel, président du Mouvement réformateur (libéral). "Pas question de cogestion ! Geert Bourgeois devra me passer sur le corps. S'il veut l'autonomie, il devra lâcher Bruxelles", renchérit le député centriste Benoît Cerexhe.

13:21 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Rassemblement mensuel pour les détenus belgo-marocains dans les prisons marocaines

Rassemblement mensuel pour les détenus belgo-marocains dans les prisons marocaines  

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"Les Oubliés de la Oumma : les prisonniers musulmans entre injustice et indifférence"

  "Les Oubliés de la Oumma : les prisonniers musulmans entre injustice et indifférence"

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Avec les interventions des associations :

Cage Prisonners de LONDRES - Sanâbil de PARIS, ainsi que des témoignages

Le dimanche 14 avril à 14H30

14, Rue Saint Joseph. 1080 Molenbeek - Accès métro : Comte de Flandre

Entrée : 2€                          

19 mars 2013

Amsterdam : Musulmans et juifs restaurent le plus vieux cimetière juif de la ville

Amsterdam

Musulmans et juifs restaurent le plus vieux cimetière juif de la ville

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Par Gerard Fredj, le 19 mars 2013

Après avoir été laissé à l'abandon pendant plus de soixante-dix ans, l'ancien cimetière juif d'Amsterdam va rouvrir grace à l'action combinée de jeunes musulmans d'origine marocaine, et de jeunes juifs de la ville.

Plus de 175 000 juifs reposent dans le cimetière de Zeeburg, un quartier très défavorisé d'Amsterdam. Selon l'association pour la sauvegarde du cimetière, celui-ci pourrait réouvrir une fois par mois.

Une réouverture rendue possible grace à la mobilisation de plusieurs centaines de jeunes marocains et juifs de la ville qui se sont mobilisés pour nettoyer totalement le cimetière et le rendre accessible.

Ils ont également repeint les murs recouverts de graffitis, coupé la végétation sauvage qui avait envahi les allées et remis en état les allées qui serpentent entre les tombes.

Au total, la remise en état aura nécessité un investissement de plus de 120 000 euros financés par la municipalité pour une petite partie, et par des donateurs juifs et non juifs pour l'essentiel.

Tout devrait être prêt pour marquer le 300 ème anniversaire du cimetière.

Un millier de visiteurs s'étaient pressés pour la seule journée d'ouverture en fin d'année dernière.

Historiquement, ce cimetière était la dernière demeure des plus pauvres parmi les membres de la communauté juive de la ville. La plupart d'entre eux étaient des immigrants pauvres venus d'Europe de l'est pour s'installer en Hollande aux 18è et 19è siècles.

16 mars 2013

Est-il possible d’être socialiste et sioniste ?

"Cette figure du socialisme belge était un fervent sioniste et plus encore, un sioniste précoce"

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Luc Henrist, le 16 mars 2013

En Belgique, on trouve des dizaines de rues ou de places, et même une station de métro à Bruxelles qui portent le nom d’EMILE VANDERVELDE. Mais qui était cet homme ?

Né le 25 janvier 1866 à Ixelles (une commune de Bruxelles), Emile Vandervelde a été l’une des plus grandes figures du socialisme belge et européen. En 1914, il a été nommé Ministre d’État par le roi. Dès 1916, il est devenu membre du Conseil des ministres, puis ministre de l’Intendance de 1917 à 1918. Par la suite, il participera à la Conférence de la Paix à Paris comme membre de la délégation officielle belge. Et de 1918 à 1921, il sera en charge du portefeuille du Ministre de la justice.

Emile Vandervelde a défendu la réforme pénitentiaire, la lutte contre l’alcool, les droits syndicaux, les droits de la femme,… avant d’être nommé aux Affaires étrangères de 1925 à 1927 où il contribuera à l’élaboration du pacte de Locarno. De 1935 à 1936, il est devenu, à nouveau, membre du Conseil des Ministres, puis Ministre de la santé publique. Pendant ces vingt années, les socialistes belges voient aboutir plusieurs des réformes politiques qu’ils avaient appelées de leurs vœux : le suffrage universel ; la liberté syndicale ; la journée de 8 heures ; la pension et l’assurance chômage ; ou encore la loi contre l’alcoolisme, dite «loi Vandervelde».

En 1933, date de la création de la fonction, il assure la présidence du Parti Ouvrier Belge (P.O.B.) et ce durant les cinq dernières années de sa vie. En revanche, ce qui est moins connu, c’est que cette figure du socialisme était un fervent sioniste et plus encore, un sioniste précoce

Il existe de nombreuses lettres et articles qu’il a écrits et dont je vais vous citer quelques extraits :

«Le Sionisme» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 23 avril 1928) : «Après huit jours passés en Palestine, il ne saurait être question de porter un jugement sur le sionisme. Mais on peut donner une impression et, je le dis tout de suite, cette impression est formidable ! [..] Vers 1340, il n’y avait pour ainsi dire plus de Juifs en Palestine : un peu plus de 7.000, dont 4.500 à Jérusalem. Il y en a 160.000 aujourd’hui, dont 100.000 au moins arrivés depuis la guerre (14-18), de Russie, de Pologne, de Roumanie, des pays à pogroms, et rien n’est plus saisissant que le contraste entre les autochtones que l’on voit, le jour du Sabbat se cogner la tête contre le Mur des Pleurs, et ces nouveaux venus, dont 50% au moins sont des agnostiques, sans aucune autre religion que leur foi ardente en une résurrection nationale».

«Les pogromes de Palestine» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 13 sept. 1929) : «… Si les bagarres s’étaient limitées aux Juifs pieux qui se cognent la tête contre le Mur des lamentations et les derviches qui gardent farouchement l’enceinte sacrée de la mosquée d’Omar… Mais les troubles, en traînée de poudre, se sont étendus à toute la Palestine et l’émir El Hussein, le grand Mufti, déclare qu’il s’agit d’une révolte nationale visant à jeter à la mer les Juifs et – il ne le dit pas, mais on peut croire qu’il le pense – les Anglais et autres chrétiens. [..] La population juive ne s’est accrue qu’assez lentement. Toute immigration a été interdite pendant ces deux ou trois dernières années. Aujourd’hui encore on n’admet de nouveaux arrivants qu’au compte-gouttes. Les sionistes n’ont pas occupé d’autres terres que celles qu’ils ont achetées, très cher, aux propriétaires de latifundia syro-palestiniens».

«Karl Kautsky et le sionisme» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 2 nov. 1929) : «… si d’autre part les autorités britanniques locales en Palestine n’ont pas toujours tenu la balance égale, c’est du côté des Arabes, non des Juifs, que cette balance a penché. [..] Ce qui fait notre sympathie pour l’entreprise sioniste, ce qui la différencie avantageusement de tant d’autres colonisations de peuplement, c’est qu’elle ne recourt, ne peut recourir et ne veut recourir, vis-à-vis des populations arabes ou autres déjà établies en Palestine, à aucune moyen de force, à aucun procédé de contrainte, directe ou indirecte. Toutes les terres qu’elle occupe, elle les a achetées. Toutes les colonies qu’elle a créées, elle les a établies, non à la place des propriétés ou des villages arabes, mais à côté d’eux, transformant, assainissant, rendant à la culture – comme dans l’Émek – des marécages ou des landes abandonnées»

«La bestialité antisémite» (publié dans «Le Peuple» du 26 mars 1933) : «Que dans ce pays, des bandes fanatisées par le mensonge souillent les sépultures d’inscriptions ordurières, mettent à sac des synagogues, qu’il soit nécessaire, comme ce fut le cas au cours de ces dernières semaines, d’assurer la protection des fidèles assemblés dans les temples en mobilisant des forces de police, ce sont des symptômes bien troublants…»

«Idées et doctrines – L’oasis palestinienne» (publié dans « La dépêche de Toulouse » du 28 mars 1933) : «Aujourd’hui, par contre, paradoxe étrange, alors qu’ailleurs rien ne va plus, la Palestine juive traverse une ère de prospérité relative. Elle apparaît comme une oasis dans les déserts de la dépression économique. A Haïfa, comme dans d’autres localités, l’industrie se développe ; les travaux du port sont en voie d’achèvement ; le pipe-line des pétroles de Mossoul, dont une des branches doit y aboutir, lui donnera une grande importance. L’agriculture, modernisée, gagne du terrain sur les marais et sur les landes pierreuses et stériles. Les plantations d’orangers surtout, se développent avec une rapidité inouïe. L’orange est devenue le principal article d’exportation. Les environs de Jaffa et de Tel-Aviv sont déjà un nouveau jardin des Hespérides. [..] Jadis, ils s’en allaient, par grandes masses, aux Etats-Unis. Dans la seule ville de New-York, il y a plus d’un million de Juifs. Aujourd’hui, les Etats-Unis leur sont à peu près fermés par les lois prohibitives de l’immigration, et aussi par un antisémitisme dont l’Allemagne hitlérienne, hélas, est loin d’avoir le monopole. [..] La suite des évènements montrera, nous en avons la ferme conviction, que le peuple Juif, tant de fois persécuté et jamais dompté, trouvera dans la persécution même, de nouvelles forces de résistance et de cohésion».

«Un pays sans chômeurs» (publié dans «La dépêche de Toulouse» du 4 août 1935) : «Lorsque, sur l’invitation du docteur Weizmann, je visitai les colonies sionistes en 1928, la Palestine était en pleine crise, dans l’océan mondial de la prospérité. Aujourd’hui, c’est exactement le contraire. Au milieu de la dépression générale, la Palestine est, en dehors de l’U.R.S.S., à peu près le seul pays qui n’ait pas de chômage et qui vive dans un état de prospérité presque paradoxale. [..] Haïfa [..] était en 1919, une grosse bourgade laissée par les Turcs, de quelque 25.000 habitants. A présent, il y en a plus de 100.000. [..] De même qu’à Haïfa, la population y a presque doublé en trois ou quatre ans. En 1931, (Tel-Aviv) cet ancien faubourg de Jaffa ne comptait encore que 46.000 habitants. Leur nombre, aujourd’hui atteint également 100.000 et, d’une manière générale, l’ancien rêve sioniste de voir un jour dans Eretz-Israël, les juifs égaler ou dépasser les Arabes, n’apparaît plus comme une impossibilité absolue (Ils sont 250.000 aujourd’hui contre 600.000 Arabes et chrétiens)»

La suite : Actu-Chrétienne

LES RÉSEAUX CLANDESTINS DE L’OPPOSITION SYRIENNE AU LIBAN

LES RÉSEAUX CLANDESTINS DE L’OPPOSITION SYRIENNE AU LIBAN

Par Radwan Mortada, le 16 mars 2013  

Des réseaux de combattants syriens au Nord du Liban redessinent la physionomie du territoire. Depuis les cellules logistiques syriennes aux routes clandestines pour les armes, de nouvelles réalités politiques changent la manière dont les Libanais circulent dans leur pays.

Au Liban, dire que vous êtes stoppé par un Palestinien armé signifierait que vous êtes entré dans un camp de réfugiés contrôlé par une faction palestinienne. Mais dire que vous avez été stoppé par un combattant syrien armé – ce mois-ci à Tripoli, plusieurs années après le retrait de l’armée syrienne – est tout à fait autre chose.

C’est même encore plus problématique quand ce combattant armé vous demande de changer votre destination, qui se trouve en plein Liban, après avoir remarqué votre appareil photo.

Ces nouveaux arrangements suggèrent que la région se dirige vers une nouvelle phase que les officiels des services de sécurité tendent à comparer avec l’époque où les opérations de la résistance palestinienne au Liban avaient valu au pays le sobriquet de «Fatah Land».

Un haut responsable des services de sécurité base son évaluation sur le simple fait que le Nord du Liban accueille environ 100 000 réfugiés syriens dont il affirme qu’un tiers est prêt à prendre les armes. Il n’y a pas que ça, le même responsable indique que les informations recueillies par les forces de sécurité confirment la présence de centaines de combattants syriens qui se déplacent librement à l’intérieur du territoire libanais.

En parallèle, ces informations indiquent que le frère d’un député influent du district d’Akkar (près de la frontière avec la Syrie) continue à organiser des cellules syriennes. Elles sont réparties selon un plan conçu par des officiers de l’armée à la retraite qui soutiennent l’opposition syrienne.

Les informations des services de sécurité révèlent que l’officier syrien dissident Annad A. est arrivé à Halba (chef-lieu du district d’Akkar) en compagnie d’un militant d’Akkar après avoir fui la Syrie pour une zone du Liban favorable au député Walid Joumblatt, où il a reçu protection.

Ces informations disent aussi qu’il a tenu une réunion au domicile de Mahmoud Z. Ils ont discuté de la livraison d’armes et de fournitures à distribuer sur la place [publique] d’Halba.

Il y a aussi des rumeurs sur un genre de conseil militaire syrien dans le Nord, avec différentes activités conduits par les militants, dont la collecte de fonds, la coordination et l’approvisionnement en armes. Ils constituent ce qui s’apparente à un gouvernement militaire fantôme. Il existe aussi des indications crédibles sur leur relation avec des personnalités libanaises des milieux politiques et sécuritaires

En plus de financements étrangers, le ressortissant syrien Anwar S. B., alias Abu-Hassan al-Souri, s’occupe des fournitures et de l’armement en coordination avec des militaires à la retraite et un parlementaire du parti politique Tayyar Al Mustaqbal (Courant du Futur, le parti de Saad Hariri, NdT) originaire du Nord du Liban. Il convient d’observer que Souri avait été blessé dans l’explosion du dépôt d’armes d’Abi Samra à Tripoli.

En outre, le nom de Mohamed A., alias Abou Afif, est cité. Sa mission est de fournir les salaires mensuels qui doivent être transportés à al Qusayr via Arsal (où deux soldats libanais avaient été tués dans des affrontements avec le Jabhat al-Nosra). L’argent vient de donations effectuées en Europe et dans les pays arabes du Golfe et est déposé au domicile du député susmentionné.

En matière d’achat d’armement, le rôle le plus important revient à Ismail R. C’est un homme riche présenté par les membres de l’opposition syrienne comme étant en charge de la fourniture d’armes achetées à des officiers pro-régime de l’armée syrienne. Il est aussi chargé de recevoir les soldats blessés de l’Armée Syrienne Libre et de les répartir dans les hôpitaux libanais.

Tous coordonnent leur action avec le siège local de l’opposition syrienne établi dans la rue de l’Ordre des médecins à Tripoli, devant le réservoir central, derrière la maison du général Ashraf Rifi, directeur des Forces de Sécurité Intérieure du Liban.

Les informations indiquent que des réunions nocturnes se tiennent régulièrement entre des officiers syriens dissidents, des personnalités religieuses et d’autres personnes. Récemment, la zone résidentielle d’Abrar a été le lieu d’une fusillade en raison des désaccords entre un des blessés et ses médecins.

Des réfugiés se font passer pour des civils en journée, puis font leur devoir «djihadiste» à la faveur de la nuit. A Akkar, il y a certains endroits de la frontière qu’il est impossible d’approcher ou de franchir sans être stoppé par des hommes armés, dont des Syriens, qui vous demandent ce que vous faites, d’où vous venez et ce que vous voulez.

15:54 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La pédophilie doit être traitée comme une "maladie" et non comme un crime, dit un cardinal

La pédophilie doit être traitée comme une "maladie" et non comme un crime, dit un cardinal

La Libre Belgique, le 16 mars 2013

Le cardinal sud-africain Wilfrid Napier a affirmé que les pédophiles devaient être traités comme des "malades" et non comme des criminels, dans une interview à la BBC diffusée samedi.

"D'expérience, la pédophilie est vraiment une maladie, ce n'est pas un problème criminel, c'est une maladie", a dit l'archevêque de Durban, l'un des participants au conclave qui a élu mercredi soir le pape François. "C'est une maladie psychologique. Que faites vous avec les maladies ? Vous devez essayer de les guérir. Si moi, en tant qu'individu normal, je choisis sciemment de violer la loi, je dois être puni", a poursuivi le responsable religieux âgé de 72 ans, connu pour ses positions conservatrices.

Au début des années 2000, il avait été critiqué pour sa passivité face à un scandale de prêtres pédophiles, en refusant d'expulser les coupables de l'Eglise sud-africaine. Le cardinal a indiqué qu'il connaissait deux prêtres qui avaient été victimes d'abus sexuels dans leur enfance et qui étaient ensuite eux-mêmes devenus pédophiles. "Ne me dites pas que ces personnes sont pénalement responsables au même titre que quelqu'un qui choisit de faire cela", a-t-il dit sur la BBC. "Je ne pense pas qu'on puisse estimer qu'une personne mérite d'être punie quand elle a elle-même été blessée".

Barbara Dorries, agressée par un prêtre pédophile dans son enfance et membre d'un groupe de victimes basé aux Etats-Unis, a réagi à ces propos sur la BBC: "Que ce soit une maladie, peut-être, mais c'est aussi un crime et les crimes doivent être punis, les criminels doivent répondre de leurs actes passés et présents", a-t-elle dit. "Les évêques et les cardinaux se sont donné du mal pour couvrir ces crimes et permettre aux prédateurs de continuer à agir, de ne pas être arrêtés, de garder ces choses secrètes au sein de l'Eglise", a-t-elle dénoncé.

La nationalité belge peut-elle s'acheter ?

La nationalité belge peut-elle s'acheter ?

Jusqu'à peu, la Belgique était l'un des pays européen où il était le plus facile d'obtenir la nationalité. Est-ce encore le cas ? Patrick Wautelet, professeur au département de Droit, fait un état des lieux…

13:36 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les zones franches vont-elles sauver Bruxelles ?

Les zones franches vont-elles sauver Bruxelles ?

Raphaël Meulders, le 16 mars 2013

La capitale plie sous son taux de chômage. Ces zones, déjà lancées en Wallonie, visent à attirer des entreprises dans des quartiers difficiles.

Plus de 107 000 chômeurs, soit 20 % de la population active: Bruxelles n’est pas loin de l’impasse en termes d’emploi. L’étude de Marion Englebert (ULB), décortiquée par "La Libre" cette semaine, a mis en lumière les causes de ce que d’aucuns considèrent comme une "bombe sociale".

Elle tire aussi la sonnette d’alarme : le taux de chômage atteint des records dans certains quartiers de la capitale, et la régionalisation des compétences pourrait encore affaiblir Bruxelles sur sa politique d’emploi. Le député Emmanuel De Bock (FDF) va un pas plus loin : selon lui, Bruxelles plie lentement mais sûrement sous le poids de son taux de chômage. Il compare la situation actuelle au déclin de l’Empire romain. Rien que ça. Selon lui, la chute de Bruxelles est donc proche, si on n’inverse pas rapidement la vapeur.

Mais que faire ? Depuis des années, les hommes politiques se cassent les dents sur le sujet. Un constat ressort : l’inégalité du développement économique s’accroît dans la capitale. Elle est géographique. "Il existe des zones où le taux de chômage est tel que de génération en génération, on ne pense qu’à être assisté par les pouvoirs publics. Il n’y a pas d’autres sources de motivations", constate amèrement Denis Lievens du cabinet de la nouvelle ministre bruxelloise de l’Economie, Céline Frémault (CDH).

Une initiative vise à "briser ces habitudes qui ne sont pas saines". Elle a été lancée par l’ancien ministre Benoît Cerexhe. Il s’agit de la création de zones franches urbaines à Bruxelles. Le concept n’est pas neuf. Il existe en Wallonie depuis 2006 et dans différents pays européens depuis plusieurs années déjà. Avec des fortunes diverses (voir l’exemple de la France ci-dessous).

Le mécanisme "belge" (il n’existe pas tel quel en Flandre, même si le port d’Anvers a un statut particulier) diffère toutefois du français. Mais l’objectif est semblable : faire venir des entreprises dans des zones dites difficiles socio-économiquement, et les inciter à engager des travailleurs locaux.

En France, les entreprises reçoivent des ristournes fiscales. "On ne peut pas mettre en place un tel mécanisme à Bruxelles ou en Wallonie, puisque nous ne sommes pas compétents pour les impôts des sociétés", poursuit Denis Lievens, chargé du projet bruxellois. Les deux Régions fonctionnent donc via des "primes" et "incitants". D’après le ministre de l’Economie wallon Jean-Claude Marcourt (PS), ces politiques d’octroi d’aides seraient moins onéreuses et plus efficaces qu’une diminution de l’impôt des sociétés. En Région wallone, 13 millions d’euros ont pourtant été injectés rien qu’en 2012 pour ce processus. "Depuis 2006, 2053 dossiers d’entreprises, situées en zones franches urbaines, ont été traités. Cela représente un investissement total de la part des entreprises de plus de 1,2 milliard d’euros", affirme Jean-Claude Marcourt dans une réponse parlementaire. Toujours d’après le ministre, ces entreprises auraient créé 2556 nouveaux emplois en zones franches urbaines et 844 en zones franches rurales. Le tout sur 24 communes wallonnes ciblées.

Reste que le projet wallon a, à son lancement, suscité la polémique. En cause ? Pour le Conseil d’Etat, il existait, avec la création de ces zones franches, une "discrimination entre les entreprises wallonnes". Le premier texte a ainsi été jugé "illégal", et l’exécutif wallon a dû revoir sa copie. "Il faut être prudent et bien ficeler son dossier", explique Denis Lievens. "Ces zones font partie d’un régime dérogatoire par rapport à l’Union européenne." Dérogatoire ? Oui, car la création de zones franches urbaines fait entrave à deux sacro-saints principes de la Commission européenne : l’interdiction d’aides d’Etat aux entreprises et la libre circulation des travailleurs. "L’employeur doit pouvoir choisir où il recrute et ne doit pas être influencé par le pouvoir public", précise M. Lievens.

Mais à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, donc "hors des principes adoptés dans les traités". L’Europe considère ainsi que la croissance économique n’est pas équitable et qu’il faut la rééquilibrer. Les zones franches sont donc tolérées par l’Union européenne, du moins si elles respectent plusieurs critères stricts. "Nous devons démontrer que nous ne faisons pas de concurrence déloyale aux autres zones économiques proches", poursuit le chargé du projet bruxellois.

Les zones franches ne peuvent également pas exister pendant plus de cinq ans et doivent être évaluées régulièrement. Autre contrainte : les zones ne peuvent pas dépasser plus de 50 000 habitants et doivent être marquées par un déclin économique "clair" et un taux de chômage élevé.

"Pour Bruxelles, nous avons ciblé les quartiers situés le long du canal, soit près de 70 ha. On pourrait créer plusieurs zones franches, peut-être 4 ou 5. Mais pas plus." Un budget de 5 millions est prévu pour le lancement du programme dans la capitale. Trois types d’aide sont prévus, dont l’un couvrant les charges patronales du travailleur, c’est-à-dire environ 30 % du salaire brut.

Le but est de créer 450 nouveaux emplois peu qualifiés et locaux par an. Une goutte d’eau dans l’océan des demandeurs d’emploi bruxellois ? "Il faut voir à long terme. Les vrais effets de cette mesure se feront sentir dans plusieurs années", nuance M. Lievens pour qui il va surtout exister un "effet de rattrapage" pour des quartiers entiers. "Dans ces zones, le revenu moyen par habitant va progresser et rattraper la moyenne régionale. Cela aura un effet positif sur le pouvoir d’achat des Bruxellois."

Enfin, le but est aussi de lutter contre le travail au noir. "Il deviendra plus intéressant de recruter quelqu’un que de continuer à l’utiliser de manière non déclarée", conclut M. Lievens.

11:35 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15 mars 2013

Pourquoi les djihadistes s’installent en Syrie

Pourquoi les djihadistes s’installent en Syrie

Par Armin Arefi, le 14 mars 2013

D’après Mathieu Guidère, proche du Qatar, «d’un côté, Riyad soutient la rébellion contre le régime syrien, de l’autre il a une peur bleue que ces djihadistes, une fois Bachar al-Assad tombé, rentrent chez eux et perpétuent de nouveaux attentats contre le Royaume, comme ce fut le cas au cours des années 2000.»

C’est un symbole qui s’est effondré la semaine dernière à Raqa. La statue de Hafez al-Assad, père de Bachar et ancien président de Syrie, a été déboulonnée par des groupes rebelles syriens qui se sont emparés de ce chef-lieu de la province du même nom. Soit leur plus importante victoire depuis le début de la révolution entamée il y a deux ans. Or, à peine quelques jours plus tard, ces mêmes rebelles refont parler d’eux sur un tout autre registre. Ils ont annoncé la création d’un «Conseil religieux pour gérer les affaires de la population» dans l’est du pays, dont ils contrôlent la majorité du territoire. «Dieu a commandé aux bataillons islamiques de former le Conseil religieux dans la région de l’est pour gérer les affaires de la population et combler le vide sécuritaire», affirme le communiqué diffusé par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), ONG basée à Londres qui dispose du meilleur réseau de militants sur le terrain. Le Conseil doit être formé de plusieurs «bureaux», chargés notamment de la justice, de la police, des secours et de divers services. «Les vidéos qui nous sont parvenues indiquent que ces islamistes possèdent désormais leurs propres tribunaux et leur propre police dans l’est de la Syrie», affirme Rami Abdul Rahmane, directeur de l’OSDH.

On peut notamment apercevoir sur les images des rebelles arborant des drapeaux noirs à calligraphies blanches, accrochant sur un bâtiment de la ville de Mayadeen une banderole sur laquelle est écrite «Conseil religieux de la région de l’est». Des images-chocs que tient toutefois à tempérer le spécialiste Thomas Pierret (1), maître de conférences en islam contemporain à l’université d’Édimbourg.
 "L’État n’est plus présent dans les zones libérées par les rebelles syriens", explique ce spécialiste de la Syrie. «Ainsi, c’est à ces groupes armés de reconstruire un semblant de système administratif. La tendance générale est effectivement au développement de tribunaux basés sur la charia, car la majorité de ces groupes utilisent des codes d’inspiration islamiste», ajoute-t-il. De tous les groupes rebelles présents sur le territoire syrien, celui qui a le vent en poupe se nomme le Front al-Nosra (Le Front de défense du peuple syrien, NDLR).
 Créé en avril 2011, après que Bachar al-Assad eut décidé de libérer de prison la quasi-totalité des djihadistes syriens, le groupe ainsi formé a depuis bénéficié de l’arrivée de plusieurs centaines de djihadistes étrangers. «On estime aujourd’hui leur nombre à 4 000 combattants, dont deux tiers d’étrangers», affirme Mathieu Guidère (2), professeur d’islamologie à l’université de Toulouse Le Mirail. «Ce sont avant tout des Tunisiens, des Saoudiens, des Jordaniens et des Irakiens, auxquels viennent s’ajouter une minorité d’Occidentaux», précise l’islamologue. Un nombre pourtant ô combien inférieur aux quelque 30 000 à 50 000 soldats de l’Armée syrienne libre (ASL), formée d’anciens combattants des forces de Bachar al-Assad ayant fait défection. Mais les djihadistes d’al-Nosra se révèlent d’une redoutable efficacité. «Ils agissent en groupe de 300 à 400 hommes, regroupés selon leur nationalité, avec un mode d’action rappelant l’organisation médiévale des armées musulmanes», explique Mathieu Guidère. «Ces djihadistes demeurent sous la coupe d’un émir - un commandant militaire -, mais surtout celle d’un chef théologien, chargé de décider de la validité religieuse de leurs actes.» 


Comment expliquer leurs succès retentissants, comme le dernier à Raqa, alors qu’ils ont face à eux une armée régulière encore composée de près de 300 000 hommes ? «La principale différence tient dans le fait qu’ils sont prêts à mourir», souligne Mathieu Guidère. «Surtout, ils possèdent une expérience de la guérilla glanée en Afghanistan, en Irak ou au Yémen.» «Leur visée n’est pas syrienne, mais transnationaliste et dirigée vers l’oumma [la communauté des musulmans, NDLR]», assure une source diplomatique européenne, qui insiste par conséquent sur l’importance du soutien international à la Coalition nationale syrienne, principale coalition de l’opposition à l’étranger. 
Toutefois, la source diplomatique rejette l’idée d’une irrésistible ascension des djihadistes radicaux en Syrie. «Nous ne sommes pas dans le déni de réalité. Mais on constate une différence entre les communications d’organisations comme le Front al-Nosra et ce qui se passe réellement sur le terrain», insiste-t-elle. «Personne ne peut stopper le Front al-Nosra aujourd’hui», insiste pourtant Rami Abdul Rahmane, directeur de l’OSDH. «Personne ne me prenait au sérieux en France, il y a un an, quand j’évoquais l’essor de ces groupes islamistes face à l’inaction internationale. Aujourd’hui, toute personne qui n’admet pas cette réalité ment.»


De tous les groupes armés qui combattent aux côtés de l’opposition, le Front al-Nosra est le seul à mener et à revendiquer des attentats-suicides contre les intérêts du régime, qui n’épargnent pas les vies civiles. C’est sans doute ce qui a amené les États-Unis - qui considèrent le Front al-Nosra comme une émanation d’Al-Qaïda en Irak - à placer en décembre 2012 le groupe sur sa liste des organisations terroristes, au grand dam de l’opposition syrienne. «On ne comprend pas pourquoi la communauté internationale se focalise tellement sur eux, alors que le Front al-Nosra n’a jamais proféré la moindre menace contre l’Occident», s’insurge Fahad al-Masri, porte-parole du commandement conjoint de l’Armée syrienne libre de l’intérieur.
 Pour l’heure, le groupe djihadiste se concentre sur la chute de Bachar al-Assad, qu’il accuse de tuer des musulmans sunnites, confession majoritaire de la population syrienne. D’après Mathieu Guidère, les chefs juridiques du Front al-Nosra ont même récemment intimé l’ordre à leurs combattants de ne pas s’occuper de la place de la charia dans les territoires conquis. «Ils effectuent un travail impressionnant sur le terrain et tuent un grand nombre de soldats syriens», confie de son côté Rami Abdul Rahmane. 


Outre l’efficacité de leurs combats, les djihadistes impressionnent par l’aide humanitaire qu’ils apportent aux populations locales, dans un territoire riche en puits gaziers et pétroliers. «Loin de se livrer au pillage, ils font bénéficier les Syriens de leurs conquêtes, en leur redistribuant des bonbonnes de gaz ou du pain à un prix coûtant», affirme le directeur de l’OSDH. Récemment, ils auraient même escorté des véhicules de la Croix-Rouge dans la ville meurtrie d’Idleb. Quoi de plus normal, dès lors, que ces combattants soient accueillis à bras ouverts par les populations «libérées» ? «Ils ne commettent aucune exaction sur les civils, ne demandent rien aux populations et n’essaient même pas de profiter de l’économie de la guerre», rappelle l’islamologue Mathieu Guidère. «S’ils n’étaient pas là, les populations seraient soit bombardées, soit massacrées par les miliciens du régime.» «Pendant que la communauté internationale laisse les Syriens à l’abandon, le Front al-Nosra, lui, soutient le peuple», ajoute Fahad al-Masri, le porte-parole de l’ASL.


Reste l’épineuse question du financement de ce groupe islamiste. À en croire Rami Abdul Rahmane, les djihadistes du Front al-Nosra disposeraient de bien plus d’armes que l’ensemble des autres brigades de l’opposition. S’il n’avance pas de preuves, le directeur de l’OSDH suggère que leur argent pourrait venir des pays du Golfe. «Si cela est vrai, ce financement ne vient certainement pas d’un appareil d’État, mais de fonds privés», assure Thomas Pierret. «Parce qu’il est inconcevable que des monarchies comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar financent des groupes qui leur sont ouvertement hostiles», précise ce spécialiste de la Syrie. «L’Arabie Saoudite est aujourd’hui prise entre deux feux», renchérit Mathieu Guidère. «D’un côté, Riyad soutient la rébellion contre le régime syrien, de l’autre il a une peur bleue que ces djihadistes, une fois Bachar al-Assad tombé, rentrent chez eux et perpétuent de nouveaux attentats contre le Royaume, comme ce fut le cas au cours des années 2000.» D’après l’islamologue, l’argent du Front al-Nosra viendrait avant tout des djihadistes eux-mêmes. «Le financement est totalement privé. Chaque combattant, lorsqu’il s’engage, arrive avec tous ses biens et ses armes pour financer son combat», indique Mathieu Guidère. «Ils sont dans une logique encore plus radicale que le djihadisme, le martyrisme : celle de pouvoir mourir en martyr.» Avec le risque que ces hommes souhaitent jouer un rôle dans la Syrie de demain.

(1) Thomas Pierret, auteur de Baas et islam en Syrie. La dynastie Assad face aux oulémas (Puf, 2011).

(2) Mathieu Guidère vient de publier Les cocus de la révolution (éditions Autrement).

La loi anti-nounous voilées est de retour

La loi anti-nounous voilées est de retour

CCIF, le 14 mars 2013

Une proposition de loi identique à celle déposée par la sénatrice Mme Françoise Laborde et les membres du groupe RDSE fin 2011 a été enregistrée à l’Assemblée nationale ce 16 janvier 2013. Il s’agit pour Roger-Gérard Schwartzenberg et le groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste de faire examiner la proposition par la commission des lois et de reprendre la loi anti-nounous voilées.

La proposition de loi votée par le Sénat n’avait pas été reprise par les députés, ceux-ci semblaient avoir pris conscience de l’injustice criante de cette loi. Mais pourtant, rien n’y fait, on souhaite une nouvelle fois stigmatiser la communauté musulmane.

Le CCIF appelle donc les citoyens à une nouvelle mobilisation pour faire barrage à cette loi d’exclusion. L’Assemblée Nationale, passée à gauche, a quant à elle le devoir de rejeter et balayer une proposition qui vise à exclure des citoyennes sous prétexte de faire respecter la laïcité. Cette proposition doit se réduire à ce qu’elle est : une proposition purement islamophobe.

Le CCIF appelle à l’indignation de tous ceux qui s’inquiètent de la voie que prend notre pays, où les idées islamophobes se banalisent jusque dans les plus hautes instances démocratiques. Le CCIF demande donc à tou-te-s les citoyen-ne-s d’écrire à leur député leur indignation afin d’empêcher l’adoption de la loi.

La proposition de loi (n°593) disponible sur le site de l’assemblée nationale