25 septembre 2008

Un Grec polyglotte champion du multilinguisme à la Commission européenne

Un Grec polyglotte champion du multilinguisme à la Commission européenne

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Info-Grece, le 24 septembre 2008

La Commission célèbre le 26 septembre la journée du multilinguisme.

A l'occasion de la Journée du multilinguisme le 26 septembre, la Commission européenne a présenté mardi à Bruxelles dans une conférence de presse son service de traduction et ses traducteurs, dont la vedette n'est autre qu'un Grec parlant 32 langues.

Ioannis Oikonomou, un Crétois d'origine, a été interprète à partir de 1996 (avec 7 langues) à la Commission européenne, puis est entré au service de traduction, expliquant son envoûtement pour les langues dès son plus jeune âge au contact avec les touristes étrangers, précisant avoir appris l'anglais à partir de 5 ans, l'allemand à partir de 7 ans, puis ensuite l'italien et le français. A son entrée au lycée, le jeune Oikonomou parlait déjà 7 langues qu'il complétait alors par le russe, le turc et l'arabe.

Dans le cadre de la Journée du multilinguisme le 26 septembre, le commissaire Leonard Orban participera aux «États généraux du multilinguisme» qui se tiendront à Paris. Une conférence sur la traduction aura lieu à Bruxelles et un «festival des langues» à Saint-Josse, commune bruxelloise où résident des locuteurs de nombreuses langues.

14:34 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23 septembre 2008

Pays-Bas : Des députés d'origine marocaine approchés par les services secrets?

Pays-Bas

Des députés d'origine marocaine approchés par les services secrets?

Point de Bascule, le 21 septembre 2008

Des députés travaillent pour les services secrets marocains. Débats sur la double nationalité et les conflits de loyauté

Des députés et des membres de conseils locaux d'origine marocaine sont régulièrement approchés par les services secrets marocains pour défendre les intérêts du Maroc. C'est ce que dit Fouad el Haji, un membre du conseil travailliste (PvdA) à Rotterdam. La Chambre basse est sous le choc et a exigé des explications du cabinet.

El Haji a dit au programme de télé Pauw & Witteman que des députés, des conseillers locaux, des entrepreneurs et des policiers d'origine marocaine sont sollicités par les services secrets marocains pour servir les intérêts du Maroc. Rabat veut les lier financièrement, culturellement et politiquement au Maroc, a-t-il déclaré.

El Hadji a suggéré que dans le PvdA, le Parti socialiste (PS) et le parti de gauche des Verts (GroenLinks), il y a des politiciens qui ont accepté l'offre et qui travaillent donc pour les services secrets. Il a suggéré qu'un ou plusieurs députés ou ex-députés en font partie. Mais il a refusé de nommer des noms.

El Hadji a dit que lui-même avait également été approché. «C'est typique», a-t-il expliqué. «Vous êtes invité à des galas et traité avec toutes les attentions. Avant que vous ne le réalisiez, vous êtes sur un avion pour le Maroc. Lorsque vous visitez le Maroc, vous êtes encore plus dorloté».

Des Marocains ordinaires sont également ciblés, ajoute El Haji. Par exemple, ils sont incités à utiliser leurs économies pour acheter une deuxième maison au Maroc. Le processus d'intégration est de ce fait délibérément empêché, selon El Haji.

Cette semaine, l'émission de télévision NOVA a révélé qu'un policier de Rotterdam, Lemhaouli Re, a été un espion pour les services secrets marocains. Cela a été découvert au printemps dernier, mais l'affaire a été étouffée par les autorités néerlandaises, selon NOVA.

Maintenant que l'affaire a été dévoilée, le Service d'enquête criminelle a finalement ouvert une enquête.

À la demande des chrétiens-démocrates (CDA), la Chambre tiendra un débat d'urgence sur la question la semaine prochaine. Le cabinet fera parvenir une lettre en prévision du débat. Si les allégations de El Hadji sont vraies, cela est «extrêmement grave», a déclaré hier le député CDA Sybrand van Haersma Buma.

Le leader du Parti de la liberté (PVV) Geert Wilders veut que le cabinet se penche sur les allégations de El Haij qu'un ou plusieurs députés ont des contacts, ou en auraient déjà eu, avec les services secrets. Le leader du parti Vert Femke Halsema dit que toute pression sur les marocains néerlandais est «inacceptable».

Le Ministre des Affaires étrangères Maxime Verhagen a déclaré qu'il avait parlé avec les autorités marocaines de l'affaire Lemhaouli. À la suite de cette conversation, l'ambassade du Maroc a rappelé deux diplomates à Rabat, a-t-il révélé hier.

Verhagen a nié avoir officiellement convoqué l'ambassadeur. Il a aussi refusé de confirmer que les deux diplomates avaient été renvoyés à son insistance. Mais il a dit qu'il a clairement fait savoir au Maroc que les Pays-Bas sont «mal desservis par les viles pratiques» mises au jour dans le cas Lemhaouli.

Verhagen tient pour acquis que le Maroc «mettra maintenant fin à ces pratiques». Il a refusé de spéculer sur les conséquences possibles pour les relations entre les Pays-Bas et le Maroc.

Wilders a déclaré que Verhagen devrait expulser l'ambassadeur marocain. Le leader PVV a également affirmé hier que cette affaire montre qu'il avait raison quand il a averti l'année dernière que la double nationalité de fonctionnaires de haut niveau, y compris les membres du cabinet, pourrait causer des problèmes de loyauté. À l'époque, la quasi-totalité de la Chambre basse l'avait hué.

Le Secrétaire d'État aux affaires sociales Ahmed Aboutaleb et le Secrétaire d'État à la justice Nebahat Albayrak ont respectivement un passeport marocain et turc en plus d'un passeport néerlandais.

Aboutaleb a dit hier qu'il n'a jamais été sollicité pour travailler aux Pays-Bas pour le Maroc.

Les Pays-Bas négocie en vain avec Rabat depuis des années sur la question de la double nationalité que détiennent tous les Marocains aux Pays-Bas. Même les couples marocains qui sont tous deux nés aux Pays-Bas et qui ne souhaitent que la nationalité néerlandaise reçoivent la nationalité marocaine, ainsi que leur progéniture.

À l'instar du PVV, les conservateurs (VVD) n'ont pas mâché leurs mots sur les Marocains aux Pays-Bas qui se laissent influencer par Rabat. «Ils ont deux passeports. S'ils pensent que leur avenir est au Maroc, il doivent alors y déménager le plus rapidement possible», a déclaré le député VVD Fred Teeven.

Le VVD veut savoir pourquoi le ministère public (OM) a pris des mesures seulement après que l'affaire Lemhaouli soit devenue publique. Dans un premier temps, l'OM a décidé de ne pas le poursuivre. Le député socialiste Jan de Wit a également appelé les pratiques d'espionnage «inadmissibles».

15:30 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

C’Est Dur D’Etre Pris Pour Des Cons

CEst Dur DEtre Pris Pour Des Cons

Par Sébastien Fontenelle, le 22 septembre 2008

Kurt Westergaard est l’audacieux "caricaturiste danois auteur du dessin de Mahomet portant un turban en forme de bombe".

En 2006, Charlie Hebdo le présentait, au terme d’une investigation exemplaire, comme un gars plutôt hyper-sympa, bossant pour un canard qui "en réalité, n’est absolument pas l’équivalent de Minute, mais du Figaro" [1].

Un progressiste, quoi - "plutôt anarchiste. Tout en ayant toujours voté social-démocrate" [2].

Un "libertaire", - follement "amoureux des libertés et donc un peu enragé à l’égard des religions".

Et là, ce soir ?

Qu’est-ce que je lis, dans Le Monde ?

En page 8, et en petits caractères ?

Je lis une petite brève qui dit comme ça que le même "Kurt Westergaard (…) a été l’invité vedette, samedi 20 septembre, du congrès du Parti du peuple danois (extrême droite)" [3].

Et ça, n’est-ce pas ?

Je voudrais que tu l’aies bien à l’esprit, la prochaine fois que Philippe Val te demandera de l’appeler François Marie Arouet.

Notes

[1] Ne ris pas, s’il te plaît : ce n’est pas très gentil pour nos ami(e)s de Charlie Hebdo, qui font vraiment de très gros efforts.

[2] Ne ris pas, s’il te plaît : ce n’est pas très gentil pour nos ami(e)s de Charlie Hebdo, qui font vraiment de très, très gros efforts.

[3] Ne ris pas, s’il te plaît : ce n’est pas très gentil pour nos ami(e)s de Charlie Hebdo, qui font vraiment de très, très, très gros efforts.

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22 septembre 2008

A l'ONU, les Occidentaux aux prises avec les puissances émergentes

A l'ONU, les Occidentaux aux prises avec les puissances émergentes

Par Natalie Nougayrède et Philippe Bolopion (correspondant aux Nations unies), LE MONDE, le 22 septembre 2008

L'Assemblée générale de l'ONU s'ouvre, lundi 22 septembre, dans un contexte difficile pour les Occidentaux, confrontés à une résistance accrue des puissances émergentes, qui entendent défendre leur vision des droits de l'homme et de la souveraineté des Etats. Sur la Birmanie, le Zimbabwe, le Darfour, la politique prônée par les Occidentaux s'est heurtée, au cours de l'année écoulée, à des oppositions fortes venant de pays du Sud, appuyés par la Russie et la Chine, détentrices du droit de veto.

Cette polarisation qui oppose, selon certains observateurs, "l'Ouest" et "le reste" du monde s'est ressentie sur la question du Kosovo et, récemment, la crise dans le Caucase. Le raidissement de la Russie, qui semble vouloir se positionner comme chef de file des critiques des Etats-Unis dans le monde, est l'un des éléments de la nouvelle donne internationale.

"A l'ONU on est sur la défensive, constate un diplomate occidental, on a un vrai problème pour faire passer notre message." Il note "un retour à une forme de tiers-mondisme rappelant les années 1970, une montée des non-alignés, avec des pays comme l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud qui veulent avoir toute leur place et se sentent frustrés face à l'absence de réforme du Conseil de sécurité".

En juillet, un projet de résolution de l'ONU soutenue par les Occidentaux sur la crise politique au Zimbabwe a été battu en brèche par un double veto russe et chinois, appuyé notamment par l'Afrique du Sud et l'Indonésie. Le Soudan a trouvé cette année des appuis importants au sein de l'Union africaine et de la Ligue arabe, en particulier sur la question d'une possible inculpation du président Omar Al-Bachir par la Cour pénale internationale pour les crimes perpétrés au Darfour.

"Les pays non alignés s'affirment d'avantage", se félicite l'ambassadeur de l'Afrique du Sud à l'ONU, Dumisani Kumalo. "Durant un temps, nous avons cru que les pays développés respecteraient un partenariat avec les pays en développement. Mais les aides promises ne viennent pas, dit-il, alors autant se relever et défendre les pays en développement dont nous pensons qu'ils sont injustement traités, comme le Zimbabwe ou la Birmanie."

Inquiète du recul de la capacité d'entraînement des Occidentaux au sein de l'ONU, la diplomatie française voudrait, à l'occasion de cette Assemblée générale, tenter de valoriser ce que l'Union européenne (UE) apporte au système des Nations unies. Mais les capacités de l'UE (premier contributeur au budget de l'ONU et premier donateur d'aide au développement) ne se traduisent plus en termes de soutiens politiques.

Un récent rapport du groupe d'analyse European Council on Foreign relations (ECFR) a calculé qu'en 2007 et 2008, lors des votes de l'Assemblée générale de l'ONU, l'UE n'a rallié un soutien à ses positions que dans respectivement 48 % et 55 % des cas, contre une moyenne de 72 % dans les années 1990.

Pendant ce temps, les positions de la Chine et de la Russie trouvaient des appuis croissants, passant de moins de 50 % des votes au sein de l'ONU dans la décennie 1990, à 74 % en 2007-2008. La Russie et la Chine "prennent à leur compte les frustrations des non-alignés", constate un diplomate occidental.

La notion d'universalité des droits de l'homme, telle que la conçoivent les Occidentaux, est contestée par des blocs de pays. L'Organisation de la Conférence islamique, qui regroupe 56 Etats au sein de l'ONU est, sur ce terrain, la plus virulente. "Seuls trois pays à dominante musulmane, l'Afghanistan, la Bosnie et la Turquie, figurent parmi les alliés fermes des Européens lors des votes" à l'ONU, relève l'étude du ECFR.

L'épisode de la guerre en Irak a laissé une forte méfiance : celle d'ingérences et d'atteintes à la souveraineté des Etats au nom de la démocratisation. La reconnaissance, cette année, de l'indépendance du Kosovo par les Etats-Unis et des pays européens a créé un sentiment de deux poids, deux mesures. "Il y a aussi le nuage noir du dossier palestinien, constate un diplomate occidental, c'est l'illustration, pour beaucoup de pays du Sud, d'une hypocrisie des Occidentaux."

"Le Conseil de sécurité est maintenant paralysé, observe l'ambassadeur sud-africain, Dumisani Kumalo, au bout du compte, c'est de la faute des Occidentaux, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis. Cela remonte au Kosovo. Nous les avons prévenus de ne pas ouvrir cette porte, qui a mené à ce que les Russes ont fait en Géorgie. Et maintenant nous sommes tous dans ce grand désordre."

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20 septembre 2008

Patrimoine fictif à Molenbeek

Patrimoine fictif à Molenbeek

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Pan, le 19 septembre 2008

L’échevin du Tourisme de la commune de Molenbeek, Jamal Ikazban (PS), vient de faire distribuer aux agents communaux un tract à l’occasion de la 20e édition des Journées du Patrimoine où il invite le public à «découvrir les trésors de l’architecture molenbeekoise qui, il faut bien le dire, restent souvent méconnus du grand public». Ces trésors sont visiblement tellement méconnus que même l’échevin ne les connaît pas vu que ce tract architectural a été doublement illustré par le portrait de… Jamal Ikazban !

Le coût de l’opération, 30.000 exemplaires payés par le contribuable et distribués par les travailleurs communaux, reste pour l’instant un mystère. Mais l’échevin PS espère un bel effet de ce coup de propagande politique à la veille de la campagne pour les élections régionales… quitte à vivre quelques tensions au sein de la majorité communale.

En octobre 2007, Jamal Ikazban faisait déjà l’objet d’une double plainte syndicale pour sa gestion «maffieuse» de l’asbl La Cles où règnerait, d’après les représentantes du syndicat chrétien et socialiste, «une gestion des ressources humaines désastreuse fondée sur l’arbitraire, le clientélisme, voire le népotisme et l’opportunisme politique»…

Pas de doute, il ira loin l’adjoint prometteur de Philippe Moureaux.

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17 septembre 2008

Touche pas au grisbi, salope !

Touche pas au grisbi, salope !

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Par Anonymous, commentaire, Le Grand Barnum, le 13 septembre 2008

Voici une profession (journalisme) dont tout le monde s’accorde à dire, de ce côté-ci de la planète, que la principale qualité est le déshonneur tant elle est méprisable. Une profession, que bien des gens de qualité ont raillé, de Balzac à Debord, en passant par Karl KraussUne profession qui s’apparente à la prostitution en bien plus sale, car ici il ne s’agit pas de vendre son cul, mais son âme, parfois même les deuxUne profession qui se vautre tous les jours, dans la complaisance, la connivence, la compromission, le panurgisme rédactionnel («la circulation circulaire de l’informations» a bon dos !), le crétinisme corporatiste, la paresse intellectuelle la plus crasse - la complexité, par définition, est étrangère aux journalistes…

Une profession pour qui le mot «déontologie» n’est que le cache-sexe permettant de cacher les turpitudes de ses membres ; pour qui, l’objectivité, qui revient pour celle-ci à éviter le « je », est le nom de code qui masque la veulerie et l’impuissance de toute cette corporation. Une profession qui brosse dans le sens du poil, pratique le lèche-bottisme envers tout ce qui semble avoir du pouvoir, qu’il soit politique, financier, militaire

Une profession qui aime mettre sur la sellette, mettre à la question, tourner en bourrique, le plus souvent, les dominés et les sans-grade, mais ne supporte pas qu’on puisse lui retourner la politesseDepuis peu, la profession est en crise, le peu de pouvoir qui lui revenait, qu’on lui allouait chichement, ah le très risible quatrième pouvoir!, lui échappe

Voici que devant l’effondrement de son capital symbolique, la fin de son monopole de la mise en récit, de la mise en spectacle, elle s’en prend, par le biais de son flicisme de la pensée, son moralisme hypocrite, ethos et doxa petit-bourgeois oblige, à plus mal loti qu’elle, elle s’attaque avec l’énergie du désespoir aux pauvres bougres du net, la blogosphère. Persuadée qu’ils sont les responsables de ces maux de laquais sempiternel, de fourrier et gardien de l’ordre du monde … Misère du journalisme !

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16 septembre 2008

Benoît XVI face aux églises vides

Benoît XVI face aux églises vides

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Par Marco Politi, La Repubblica, traduit et diffusé par Courrier International, le 15 septembre 2008

Le pape est en visite dans une France symbole d'une Europe déchristianisée. S'il veut enrayer le phénomène et engager l'Eglise dans le XXIe siècle, il va devoir assumer cette réalité et écouter les fidèles, estime le vaticaniste Marco Politi.

Les sept voyages en France du pape Jean Paul II n'ont pas apporté le renouveau attendu. Les églises restent vides, les messes désertées, le clergé est en extinction. C'est la preuve que le retour du religieux, les succès médiatiques, les ovations des foules cohabitent allègrement avec la sécularisation. Car l'éclipse du sacré en Europe est irréversible depuis que la vie des croyants n'est plus rythmée par un calendrier sacré comme au cours des précédents millénaires. En ces temps de sécularisation, le retour vers Dieu, la nostalgie de la transcendance, la recherche générique de spiritualité ont toujours leur place. Mais c'est un espace partagé avec d'autres instances, d'autres besoins, d'autres désirs.

Le pèlerinage de Benoît XVI dans la France du XXIe siècle est le rendez-vous le plus important de son pontificat [le pape se rend à Paris les 12 et 13 septembre et à Lourdes les 14 et 15]. Joseph Ratzinger a toujours considéré comme fondamental le rôle de la foi sur le Vieux Continent, berceau et pilier de la "société chrétienne". L'Europe est le laboratoire de son pontificat, qui aspire à sauvegarder l'intégrité de la foi et à diffuser le message d'un christianisme qui serait joyeux et libre, et pas seulement un fardeau de règles et de devoirs.

Aux fidèles qui, à Paris, attendent de le voir de près, le pape doit parler de laïcité positive et de culture. Il doit mettre l'accent sur le fait que la religion doit avoir un rôle dans la sphère publique, la question étant : pour y dire quoi ? En fait, c'est cette capacité de réinventer la configuration de son message qui caractérise le christianisme et qui fait la force particulière du catholicisme depuis toujours. Maintenant l'attente grandit pour ceux qui veulent comprendre, après trois années de pontificat, par quel message Joseph Ratzinger entend capter l'attention des sociétés occidentales.

L'organisation de son voyage est révélatrice par ailleurs de deux grandes faiblesses : aucune véritable rencontre avec les autres confessions chrétiennes n'est prévue, signe d'une crise de l'œcuménisme ; ni non plus de véritable confrontation avec les musulmans dans le pays d'Europe où l'islam est le plus présent.

A Paris, devant les représentants de l'UNESCO, Benoît XVI doit s'adresser à l'Europe entière. Mais ce voyage sera aussi pour lui l'occasion d'écouter. Le rappel des trois racinesJérusalem, Athènes et Rome – ne suffira pas. L'Europe, continent dynamique par excellence, est bien plus que cela. C'est la Renaissance, la Réforme protestante, les Lumières, la pensée libérale et socialiste, la nouvelle subjectivité de masse. C'est sur ce terreau en évolution qu'est également implanté un islam qui n'est pas un hôte de passage, mais une religion pratiquée par des millions de citoyens européens. Dans ce contexte extrêmement varié, dénoncer le relativisme ne suffit plus. On ne peut pas non plus traiter de relativisme une multiplicité de visions éthiques qui ont leur propre cohérence.

Que le christianisme soit désormais en minorité sur les territoires de l'ex-Saint Empire romain germanique, de la France "fille aînée" de l'Eglise, de l'Espagne autrefois apostolique est le résultat d'un processus profond qui va au-delà de ce que peuvent faire José Luis Rodríguez Zapatero, Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy.

Sur le Vieux Continent, où le christianisme a besoin d'être réimplanté, les temps sont peut-être mûrs pour le pape de se mettre à l'écoute de ce que pense le peuple de Dieu. Penser à une relance du christianisme en Europe sans y impliquer vraiment les chrétiens, sans donner suffisamment d'espace à la manière dont ils voient et vivent la doctrine, l'éthique, la morale et le message chrétien dans leur quotidien ne sera plus possible bien longtemps.

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11 septembre 2008

Le poids des images ?

Le poids des images ?

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Propos recueillis par Virginie Breuls, Causes toujours, trimestriel sept-oct-nov 2008.

Rencontre avec Benoît Grevisse, professeur Département de Communication (UCL), membre de l’Observatoire du Récit Médiatique

Fin du mois de mai dernier, après la finale de la Coupe de Belgique, des bandes de jeunes avaient décidé de se retrouver dans le but de s’affronter. La police était présente sur les lieux, mais elle n’est pas parvenue à éviter les échauffourées. Bilan : arrestation d’au moins 60 jeunes, des pierres jetées sur des voitures de police et des magasins, du mobilier urbain endommagé et quatre policiers blessés.

Outre la violence de cette «rencontre», c’est surtout la suite de cette histoire qui a attirée notre attention. Sous des prétextes d’enquête, le parquet de Bruxelles a envoyé une réquisition aux diverses rédactions afin de se faire remettre toutes les images de l’incident, diffusées ou non. Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir l’Association des journalistes Professionnels (AGJPB).

L’AGJPB a très clairement demandé aux rédactions de ne pas donner suite à cette réquisition. L’association craint-elle une perte d’indépendance des médias vis-à-vis du pouvoir judiciaire ?

Le problème d’indépendance se définit classiquement par rapport aux différents pouvoirs : l’économique, le politique et le judiciaire. L’évolution de ces derniers temps a montré une certaine émancipation de la presse. Maintenant il est clair que les pressions sont présentes. On le voit au niveau économique et au niveau politique, même si nous ne sommes plus à l’heure des «ministère de l’information». Disons donc que la pression du pouvoir judiciaire n’est pas la principale préoccupation des médias.

Mais cette pression n’est pas inexistante

Il est certain qu’il y a une sorte d’opposition entre les intérêts de la justice et ceux des médias. Chacun veillant à respecter tantôt le secret de l’instruction pour les magistrats, tantôt le secret des sources pour la presse.

Cela dit, depuis l’affaire Dutroux, il y a des efforts de communication du côté de la justice. Aujourd’hui, des magistrat presse, comme, par exemple, Philippe Morandini, sont chargés d’informer les journalistes sur le déroulement de la procédure, sur le fonctionnement du système judiciaire belge et les tenants et aboutissants du procès. De même, dans le cadre de leur formation, les magistrats ont des cours de communication où leur sont expliquées également les notions de déontologie des journalistes.

Mais si les journalistes livrent leurs images à la justice, ne risquent-ils pas de perdre la confiance du public ?

Bien entendu. D’où la réaction de l’AGJPB. Il y a un «devoir d’être journaliste», nous devons faire preuve de déontologie. On ne peut pas être journaliste et publicitaire, ni être journaliste et policier. Les médias doivent garder un certain contrôle sur les autres pouvoirs que sont le législatif, le judiciaire et l’exécutif. Dans cette optique, le mandat de la presse ne doit être exécuté que vis-à-vis du public. Le secret des sources (quand il est demandé par la source) doit absolument être respecté. Seule la prévention de l’intégrité physique des personnes, lorsqu’il n’y a pas d’autre moyen de la garantir fait exception à la règle.

Vu l’omniprésence de caméras de surveillance dans les lieux publics, le parquet a peut-être été tenté de s’attribuer le droit d’utiliser toutes les images, qu’elle proviennent des caméras publiques ou pas

Autant la justice progresse globalement sur ces questions, autant, de temps à autre, certains magistrats adoptent parfois isolement des positions farfelues. On a pu constater l’une ou l’autre tentative d’obtention des sources journalistiques, au mépris de la loi de 2005. Le journaliste choisit les images à diffuser en fonction de leur pertinence et surtout de l ’intérêt du public.

La question se pose souvent lors des manifestations. Les manifestants ne peuvent pas vraiment revendiquer leur droit à l’image et faire interdire aux médias de les montrer en posant un acte public dans un lieu public. Mais le journaliste doit se limiter à son rôle, ne pas devenir un enquêteur en dénonçant aux autorités judiciaires la présence de telle ou telle personne, alors que ceci n’aiderait en rien à prévenir une menace à l’intégrité de personnes. Dans le cas qui nous concerne, le parquet exigeait toutes les images, diffusées ou non. Cette demande démontre la maladresse du magistrat qui a totalement ignoré un des fondement de notre démocratie : la séparation des pouvoirs.

Nous vivons dans un monde où les images sont de plus en plus présentes. Sachant que chaque image implique un point de vue et donc, une certaine subjectivité, ne donnons-nous pas trop d’importance à celles-ci ?

La valeur de preuve par l’image est de plus en plus remise en question. Prenons l’exemple de l’affaire Jo van Holsbeeck, cet adolescent qui a été poignardé en avril 2006 par deux jeunes polonais qui voulaient lui voler son MP3. Des images des caméras de surveillance ont été fournies à la presse qui ne s’est pas privée de les diffuser. Sans doute de bonne foi, de nombreux médias ont décrété que les agresseurs étaient d’origine maghrébine alors qu’ils étaient polonais. Ces affirmations étaient finalement fondées sur la base d’images floues et des représentations mentales.

(A ce propos, je rappelle que Toujgani, l’imam de la mosquée Al-Khalil à Molenbeek, sous la pression du politique et en parfaite contradiction avec les principes de l’islam, certainement ravi de se rendre utile, s’est empressé, sous la surveillance bienveillante des caméras de nos médias d’État, lors d’un de ses prêches vendridiques, de culpabiliser ses ouailles en les appelant à dénoncer les auteurs de l‘affreux crime, membres, bien évidemment, de la oummah puisque les médias et les autorités judiciaires nous les présentaient maghrébins !!! Vous avez dit ridicule !?!) (Rachid Z)

N’était-ce pas quelque part un peu malsain de la part de la justice de fournir ces images sur lesquelles on devine les actions sans vraiment les voir ?

C’est une sorte de collaboration légitime entre la justice et les médias. Il y a un avantage évident pour les entreprises de presse de diffuser ce genre d’images. Cela dit, même si les intérêts varient en fonction de la position des uns et des autres, l’intérêt du public doit véritablement primer sur les autres, en tous cas pour le journaliste.

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10 septembre 2008

Ces chrétiens qui font le ramadan

Ces chrétiens qui font le ramadan

Par Tahar Hani, France 24, le 10 septembre 2008

Guillaume, Jean Pierre et Miguel… Des français baignés dans la culture catholique observent pendant chaque mois de ramadan entre un jour et une semaine de jeûne. Histoires...

De nombreux français catholiques se laissent de plus en plus tenter par l'expérience de quelques jours de jeûne pendant le mois de ramadan. Certains le font par amour à leurs conjoints. D’autres par solidarité ou simplement par curiosité. Guillaume, Jean Pierre et Miguel, pour ne citer que ceux là, font partie de cette catégorie de personnes. France 24 a recueilli leurs témoignages. Que pensez-vous des chrétiens qui font le ramadan ? Êtes-vous prêts à jeûner pour des motivations religieuses ou sentimentales ? Pensez vous que ce phénomène va prendre de l'ampleur dans les années à venir ? Est-ce que la mixité sociale et le dialogue de religion favorisent-t-ils une meilleure intégration de l'islam dans la vie quotidienne de la population catholique ? Pensez-vous que l’Islam, deuxième religion de France, est capable d’influencer vos croyances et votre spiritualité ?

C’est le cas de Guillaume Maillet, étudiant en médecine. Il a fait de ce mois sacré chez les musulmans un «cadeau» qu’il offre chaque année à sa compagne, le ventre vide. «Je fais le ramadan depuis deux ans et je pense encore le faire dans l’avenir. Je ne perds rien. Physiquement, c’est supportable. Affectivement, j’ai l’impression de prouver mon amour à ma moitié», confesse-t-il sans ambages.

Mais sans vouloir trop en faire non plus, Guillaume choisit de jeûner le jour ou il ne travaille pas. Car ce qu’il aime par-dessus tout, c’est l’ambiance qui règne à la maison avant la rupture du jeun. «Le soir, lors de l’Iftâr (premier repas après une journée d’abstinence), ça me fait durablement plaisir de le partager avec mon amie. Il y’a un petit coté récompense et euphorique dans tout cela». Des moments qui lui font rappeler la séquence de cadeaux que dépose le père Noël aux pieds de la cheminée. «On attend la journée et la nuit du 24 pour les découvrir, tout excité, le lendemain du 25 décembre».

Tout en avouant penser symboliquement aux gens rongées par la faim, Guillaume admet en revanche n’être guidé par aucune motivation spirituelle.

Jeûneur du dimanche

Dieu, islam, mektoub (destin), spiritualité, religion…Des mots qui reviennent comme une antienne pendant le mois du ramadan. Mais aux yeux de Jean Pierre Malvis, ils ne signifient pas grand-chose. Cet informaticien de 32 ans reconnaît éprouver déjà beaucoup de mal à respecter les préceptes de la religion catholique. Contrairement à Guillaume il avoue observer le jeûne uniquement un ou deux jours en signe «de solidarité et de respect» vis-à-vis de sa femme. «En gros, je fais comme elle. Je ne mange pas. Je ne fume pas. Et je m’impose les mêmes interdits que ceux auxquels elle fait face. Et figurez-vous ! Je ne bois même pas en cachette».

Quelles leçons tire-t-il alors de ses journées sans nourriture ? Pas grand-chose, de l’aveu de cet agnostique qui se décrit comme un «jeûneur du dimanche». «Hormis le fait que dans l’histoire le ramadan est fait pour que les riches se privent pour ressentir ce que vivent les pauvres, je ne lui trouve pas d’autres missions». Et de préciser avec une note d’amertume : «Moi au moins, je sais que le soir je vais manger jusqu’a ma faim, alors que le pauvre, lui, ne sait pas quand va-t-il se nourrir. C’est cela que je trouve un peu faux dans le ramadan».

Ce n’est pas le cas de Miguel Chemin, 24 ans qui vit à Arcueil, dans la banlieue parisienne. Lui, il baigne complètement dans l’ambiance religieuse qui caractérise ce mois sacré. Chrétien, converti à l’islam après avoir épousé une tunisienne, Miguel ne fait pas dans la demi-mesure. Il observe le jeun durant tout le mois de ramadan et veille à accroitre ses activités religieuses. «La première fois, j’ai jeûné seulement quatre jours, mais depuis 4 ans, je le fais (ramadan ndlr) en entier».

«Le ramadan purifie mon corps et lave mes péchés»

Armé de foi et de volonté, Miguel observe, avoue-t-il, le jeûne que pour Dieu. Au départ, il le faisait juste pour plaire à son amie. C’était le début de l’idylle et il fallait bien donner des gages de sérieux pour la famille de celle qui est devenue par la suite sa femme. Aujourd’hui, il ne compte pas les bienfaits de ce mois, qui en vaut mille selon le Coran. «Il purifie mon corps et mon âme. Il lave tous mes péchés et me permet de faire un pas supplémentaire vers le Maître de l’univers». Il ajoute : «Demain, même si je ne suis plus avec ma femme, eh bien je persévérai quand même dans la même voie. C’est le mektoub. Dieu a fait que mon chemin croise celui de l’Islam».

Quel est le nombre de chrétiens adeptes du ramadan en France ? La question étonne un responsable de la mosquée de Paris qui avoue ne s’être jamais penché sur la question. «Il est vrai que beaucoup de catholiques viennent manger à la mosquée au moment de l’Iftâr, mais nous n’avons jamais pensé leur demander s’ils jeûnaient ou pas. C’est une question sensible qui relève de la vie privée», admet-il.

A noter que près de 4 millions de musulmans vivent en France. C'est la deuxième religion du pays après le christianisme. Le nombre de mariages mixtes est également en perpétuelle augmentation. D'après les statistiques de l'institut national des études démographiques (INPED), près de 20.000 mariages mixtes ont été contractés durant la seule année de 2006.

Une autre étude citée dans le livre de Jonathan Laurence et Justine Vaïsse "Intégrer l'Islam paru chez Odile Jacob en 2007 mentionne que 40% des femmes d'origine arabe vivant en France ont épousé des "français de souche".

(Aussi, il est à savoir que selon une fatwa indiquée par l'imam et théologien Youssef Al Qaradaoui, une épouse et mère de famille qui se convertirait à l'islam est en droit de se maintenir dans sa relation de couple pour autant que l'époux non-musulman ne l'empêche pas de se conformer à sa nouvelle croyance !!! D'autres oulémas conseillent le divorce !!!) (Rachid Z)

13:55 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le côté obscur du Chili actuel

Le côté obscur du Chili actuel

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Par Ernesto Carmona*, InvestigAction, le 06 septembre 2008

Qu'est-ce qui a changé au Chili depuis que le gouvernement démocratiquement élu de Salvador Allende a été abattu ?

35 ans se sont écoulés, dont 17 ans de dictature militaire et 18 ans de "transition à la démocratie", conduite par une coalition appelée Concertation des Partis pour la Démocratie, constituée des partis Socialistes, Chrétien Démocrate et Pour la Démocratie ainsi que d'autres partis mineurs comme le parti Radical.

La première observation est que la "transition" a duré déjà plus longtemps que la dictature. Mais les conditions de vie du peuple ont dramatiquement empiré depuis l'époque d'Allende. Et il y a peu de possibilités de protester.

Aujourd'hui, il existe une démocratie perverse et formelle qui limite l'accès des pauvres à la politique et exclut toutes formes de participation de la minorité communiste et d'autres groupes de gauche. Un système binominal d'élections a été précisément créé pour que deux grands blocs, la droite et la Concertation, se relaient perpétuellement au pouvoir, comme cela se passe avec les démocrates et les républicains aux Etats-Unis.

La fin de la dictature n'a pas été uniquement le résultat de la lutte du peuple, qui a généreusement apporté son sang. Elle a été favorisée, d’une part par ceux qui, aujourd'hui, gouvernent le pays, mais également par un accord politique qui a prévalu et qui a été poussé par les mêmes acteurs internationaux à l’origine de la chute de Salvador Allende. C'est-à-dire les Etats-Unis, la CIA, l'Agence des États-Unis pour le développement international (United States Agency for International Development ou USAID), le Fond National pour la Démocratie (en anglais le sigle est NED). Et les grandes corporations transnationales dont les affaires relatives à l’exploitation des ressources naturelles vont nettement mieux depuis ces 18 dernières années, d’après tous les indicateurs. Les secteurs, parmi beaucoup d'autres qui produisent les plus grands bénéfices du capital local et international sont :

- le travail des mines de cuivre, à 70 % privé,

- l'industrie de la cellulose qui est extraite des bois du territoire indigène.

Nouvelle droite «progressiste»

La dictature reste présente, mais sous une autre apparence, dans le modèle à succès de "développement démocratique" dont pâtit le Chili, mais qui est exporté comme image enviable vers d'autres pays.

(…)

Pendant ces 18 années de "transition à la démocratie", la Concertation s'est convertie en une néo-droite, avec une teinte socialiste et sociale chrétienne. Comme cela s’est produit avec les partis "progressistes" d’Europe et d’ailleurs, où la démocratie sociale a imité la démocratie chrétienne comme nouvelle expression rénovée de la droite traditionnelle.

Le socialisme d'aujourd'hui n'est pas le même que celui de l’époque d'Allende. Le parti du président immolé, qui prétendait réaliser des réformes sociales, retourne en arrière en suivant le chemin suivi par ses collègues socialistes d'Espagne et de France, les travaillistes du Royaume-Uni, le parti "trabalhista" du Brésil et tant d’autres.

(…)

Une nouvelle classe politique d’apparence "démocratique et progressiste" s'est incrustée dans la superstructure du pouvoir de l'État pour administrer la spoliation du peuple chilien et de ses ressources naturelles avec une plus grande "efficacité" que les militaires. Et avec peu de réclamations de la part des travailleurs grâce au contrôle de la Concertation sur la Centrale Unique de Travailleurs (CUT). Cette classe politique a aussi mis en place un processus de corruption, aux dépens des fonds publics, sans précédent dans l'histoire politique républicaine du pays.

Les rebelles sont jeunes

(...)

Lorsque quelques syndicats, qui ne sont pas sous le contrôle de la Concertation, et certains secteurs de la société chilienne manifestent leur mécontentement du nouveau modèle politique et économique qui favorise les riches, ils sont brutalement réprimés par le gouvernement dit "socialiste", au nom du système sacré légal, hérité de la dictature, qui garantit la spoliation néolibérale.

Les plus affectés ont été les syndicats de travailleurs employés dans la sous-traitance, ou de «troisième» catégorie avec un emploi précaire et flexible, les étudiants et l'ethnie Mapuche (Indiens du sud du Chili), dont le territoire reste occupé militairement depuis des années, sans rien à envier à la situation palestinienne.

Comme Israël, le Chili ne fait aucun cas des recommandations des organisations de droits de l’homme des Nations Unies. La région Mapuche, avec des habitants d’une pauvreté extrême perpétuelle, est un territoire occupé par les Carabineros (police militarisée chilienne) et dans un état de siège permanent, tandis que ses terres sont exploitées par les industriels du bois des groupes économiques les plus riches du Chili.

Le gouvernement de la socialiste Michèle Bachelet a choisi le chemin de la répression, avec jusqu’à 1.500 arrestations d’étudiants en juillet 2008. La police militarisée des Carabineros exerce une brutalité sans borne, même lors d’arrestations régulières ordonnées par un tribunal. Le décès d’un chef policier dans un accident aérien au Panamá, alors qu'il partait faire du shopping avec sa famille et des parents, a été élevé au rang de tragédie nationale par le gouvernement et les médias, avec deuil officiel et un gaspillage de propagande qui a élevé le défunt au rang de saint.

Le rôle des médias

Tout cela arrive alors qu'il existe une criminalisation croissante de la protestation civile, qui a commencé par

L’intégralité : InvestigAction

* Ernesto Carmona, est conseiller national du Collège des Journalistes du Chili; le Secrétaire exécutif de la Commission Investigatrice d'Attentats aux Journalistes (CIAP) de la Fédération Latino-américaine de Journalistes (FELAP) et membre du mouvement Axis for Peace.

11:12 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05 septembre 2008

Qui veut que la France soit en guerre avec les musulmans ?

Qui veut que la France soit en guerre avec les musulmans ?

Par Schlomoh, Le Post, le 04 septembre 2008

Lors d'une interview donnée lundi 1er septembre 2008 sur Europe 1, François Fillon a déclaré à propos de la guerre en Afghanistan : «le conflit va durer, parce que les causes de ce conflit sont très profondes (…) C'est l'opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète, c'est le conflit israélo-palestinien, c'est les déséquilibres économiques et sociaux qui règnent dans le monde».

Nous constatons donc que non seulement l'engagement des troupes françaises a été une décision unilatérale de Nicolas Sarkozy qui n'a pas consulté le Parlement, mais plus grave encore le chef du gouvernement, reprenant la rhétorique guerrière de l'administration Bush et la théorie du choc des civilisations, déclare la guerre à l'ensemble du monde musulman sans que le peuple français ne soit ni consulté ni même informé.

Le Collectif des Musulmans de France déplore cette déclaration, d'autant plus qu'elle a été formulée le premier jour du Ramadan, mois de jeûne et de recueillement pour les musulmans !

Nous tenons à rappeler ou à informer le Premier Ministre que plusieurs millions de Musulmans vivent en France. La plupart d'entre eux sont français et ont parfois combattu pour l'armée française. Aucun d'entre eux ne se sent en guerre contre la France, tout comme le peuple français n'a mandaté quiconque à déclarer la guerre en son nom ni aux musulmans, ni dans le cadre du conflit israélo-palestinien, ni contre les victimes des déséquilibres économiques et sociaux.

Cette déclaration est inacceptable, le premier ministre doit la retirer !

Nous profitons du début du mois de Ramadan pour présenter nos meilleurs vœux aux musulmans de France, quelles que soient leurs origines, en leur recommandant de faire de ce mois un mois de piété, de solidarité avec les victimes des déséquilibres économiques et sociaux et de vigilance contre le populisme.

15:44 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

04 septembre 2008

Les familles et l'armée sous le choc des photos d'Afghanistan

Les familles et l'armée sous le choc des photos d'Afghanistan

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Par Jérôme Bouin (lefigaro.fr ) Avec AFP, RTL et Europe 1, le04 septembre 2008

 

Un général français qui commande la région de Kaboul se dit

Les réactions sont aussi venues du plus haut niveau de l'État. Ainsi, sur France Inter, le ministre de la Défense, Hervé Morin, s'est interrogé sur l'opportunité de publier ce reportage. «

C'est une guerre de la communication que mènent les talibans par des opérations de ce genre». «Ils ont compris que l'opinion publique occidentale était probablement le talon d'Achille de la communauté internationale présente en Afghanistan» (…). «Est-ce qu'on doit faire la promotion d'hommes qui ont compris qu'on était dans l'ère de la communication
?», a-t-il demandé.

«

Voyeurisme, consternant
»

Sur Europe 1 jeudi, le général Michel Stollsteiner, qui commande la région de Kaboul, s'est dit «révolté» par la publication de ces clichés. Jugeant «indécente» leur publication, il estime que les photos «n'apportent rien du tout et n'auront comme effet que de raviver la douleur des familles». Sur i-Télé, l'eurodéputé Verts Daniel Cohn-Bendit a déploré jeudi «un côté abject dans le voyeurisme de Paris Match»

.

Enfin, dans un communiqué adressé au figaro.fr, le député UMP du Nord Christian Vanneste, juge le procédé utilisé par Paris Match . Il annonce avoir sollicité le premier ministre «afin de lui demander, conformément aux nouvelles dispositions relatives à la protection des sources, de diligenter une enquête à l'encontre du journaliste et de la photographe»«La protection des sources trouve ainsi sa limite lorsqu'un intérêt public incontournable, et exceptionnel, l'emporte sur elle», écrit-il. Il annonce aussi avoir sollicité auprès des présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Défense, l'organisation d'une réunion afin de comparer les informations de Paris Match et celles délivrées le 26 août dernier par Bernard Kouchner et Hervé Morin à propos de l'embuscade du 18 août

.

Même tonalité critique chez le qui a dénoncé jeudi «. Le reportage de Paris-Match est

, dit-il

«

Couvrir la guerre des deux côtés
»

Jeudi matin sur RTL, le directeur de la publication de Paris Match a dit «comprendre» la douleur suscitée par ces photos mais rappelé la volonté de son hebdomadaire de «couvrir la guerre des deux côtés»

y compris en la montrant. Insistant lui aussi sur la prise de conscience que ces images pourraient occasionner sur la réalité du conflit en cours, il a aussi exclu toute forme de manipulation au profit d'une action de communication des talibans dont Paris Match aurait été victime. «C'est notre devoir de montrer la vie comme elle est», a-t-il expliqué.

«Je ne veux absolument pas paraître sans cœur, ou sans sentiment»avait expliqué dès mercredi Véronique de Viguerie, l'une des deux journalistes à l'origine du reportage. «Mais je pense juste avoir fait mon travail et j'espère que ça ne heurtera personne». Alors que cette dernière a expliqué qu'elle savait qu'une vidéo de l'attaque contre les Français existait, le directeur de la publication de Paris Match a cependant prévenu : «ces images vous ne les verrez pas dans Match»

.

Les familles des militaires tués doivent se rendre en Afghanistan les 12 et 13 septembre prochains lors d'un voyage organisé par l'armée

.

15:06 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28 août 2008

Les chiffres du chômage "tronqués"

Les chiffres du chômage "tronqués"

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7sur7, le 28 août 2008

Alors que les derniers chiffres de l'Onem font état de 389.747 chômeurs demandeurs d'emploi indemnisés en juillet 2008, soit une baisse d'environ 10.000 unités par rapport à juin, la Plate-forme contre le plan de chasse aux chômeurs nuance dans les journaux Sud Presse.

Selon elle,
ces chiffres sont "influencés". "Depuis 2004, les mesures prises ont permis d'améliorer nettement les statistiques", explique Yves Martens, porte-parole de la Plate-forme. En quelques années, la définition du mot "chômeur" a ainsi fortement évolué et les nouvelles terminologies excluent de nombreuses personnes de la catégorie. Les sanctions et exclusions de chômeurs aboutissent également à une diminution de leur nombre.

16:55 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 août 2008

Le gouvernement suisse s'oppose à l'interdiction des minarets

Le gouvernement suisse s'oppose à l'interdiction des minarets

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La Croix, le 27 août 2008

Le gouvernement suisse est opposé à une initiative populaire visant à faire interdire par voie de référendum la construction de minarets, craignant que cette interdiction ne "mette en péril la paix religieuse", a-t-on appris mercredi de source officielle.

Le texte de loi proposé par la droite populiste suisse et qui sera soumis au vote des citoyens "viole les droits de l'homme consacrés par le droit international et va à l'encontre des valeurs essentielles de la Constitution suisse", a jugé le Conseil fédéral (gouvernement) dans un communiqué.

Même si la "validité" de l'initiative a été reconnue, et qu'elle a réuni plus de 113.000 signatures, elle "mettrait en péril", si elle était adoptée, "la paix religieuse et ne contribuerait nullement à endiguer la diffusion des thèses fondamentalistes islamistes", souligne le gouvernement suisse.

"L'initiative porte atteinte à la liberté religieuse et au principe de non-discrimination car elle vise un symbole religieux de l'islam mais non les édifices similaires d'autres religions", poursuit le communiqué.

Ce projet de loi "nuirait à l'intégration de la population musulmane, qui, dans sa grande majorité, respecte l'ordre social et juridique suisse", indique le gouvernement.

L'acceptation du texte "susciterait l'incompréhension à l'étranger et nuirait à l'image de la Suisse", estime en outre le Conseil fédéral.

Le comité à l'origine de cette initiative a fait valoir que les minarets ne sont pas des constructions à caractère religieux mais "le symbole apparent d'une revendication politico-religieuse du pouvoir, qui remet en cause les droits fondamentaux".

"Celui qui, comme c'est le cas dans l'islam, place la religion au-dessus de l'Etat, se trouve en contradiction totale avec la constitution fédérale", selon le texte de l'initiative, lancée par des membres de l'Union démocratique du centre (UDC), le parti populiste qui est la première formation du pays avec 29% des voix aux dernières élections législatives.

14:05 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26 août 2008

La Ligue du Nord demande la fermeture des mosquées

La Ligue du Nord demande la fermeture des mosquées

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Par Mohcine Lourhzal,Yabiladi.com, le 26 août 2008

D’après Al Massae, les musulmans d’Italie auront un ramadan très chaud cette année. Le parti de la Ligue du Nord en Italie souhaite la fermeture des lieux de culte musulmans. En effet, le parti radical a déclare une guerre sans merci à tous ce qui serait en relation avec l’Islam.

Ramadan constituerait une période propice pour le parti Italien de la Ligue du Nord, afin d'attiser la haine vis-à-vis des Musulmans d’Italie et s'ériger comme défenseurs de la culture Italienne et chrétienne. Ce parti très radical dans son idéologie a choisi un moment très sensible pour les musulmans pour demander l'organisation d'un référendum visant l'interdiction des mosquées.

Le secrétaire de la Ligue du Nord,
«Roberto Cota» rajoute une couche en affirmant que c’est la seule solution contre ce qu’il a nommé «le danger musulman pour le peuple Italien» et
demande que tous les citoyens contribuent à la réussite du référendum. Il veut tout simplement une loi contre la construction des mosquées et des centres d’aide aux étrangers musulmans. Il a ajouté qu' «on n’acceptera en aucun cas que cette situation perdure (...) on ne permettra pas que toutes les 4 heures, une nouvelle mosquée soit bâtie». Roberto Cota souhaite aller encore plus loin, en interdisant les aides que les organismes musulmans percevaient du gouvernement Italien et obtenir le fermeture des écoles coraniques «je vais déposer ma proposition devant le parlement durant les prochains jours (...) il faudrait fermer les écoles coraniques».

Du côté des partis de gauche qui refusent cet
appel à la haine, ils estiment que ces agissements entrent dans le cadre du racisme et de la phobie de l’islam. La communauté musulmane d’Italie quant à elle a reçu cette déclaration avec crainte. Si cette loi venait à être approuvée par le parlement italien, elle constituerait une atteinte grave à la liberté de culte. Ils ont ajouté dans le même sens, que les propos de Roberto Cota sont en contradiction avec la constitution italienne qui garantie la liberté religieuse.

Mais des voix discordantes au sein de la communauté musulmane d'Italie font leur apparition. Un imam d’Italie, ayant préféré garder l’anonymat a affirmé que
les vrais responsables de cette situation sont les musulmans eux même qui ne sont pas arrivés à s’intégrer
, laissant le champ libre aux groupuscules extrémistes qui ont donné une très mauvaise image de l’Islam et des musulmans.

Cette atmosphère délétère en Italie vient dans un contexte particulier suite à l'arrestation de l’imam Abdlemjid Zerghout dans la ville de
«Farizi»
, ainsi que les derniers coups de filet visant plusieurs islamistes à «Bologne». La communauté musulmane et plus particulièrement marocaine en Italie, s'est également dite inquiète de l’arrestation du député marocain Yahya Yahya.

23:02 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |