19 juillet 2013

Amir Loon condamné à 14 ans de prison dont 8 ans et demi ferme

Amir Loon condamné à 14 ans de prison dont 8 ans et demi ferme

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AJIB, le 19 juillet 2013

Amir Junaid Muhadith, ex rappeur américain, plus connu sous son ancien nom d’e scène Loon vient d’être condamné à 14 ans de prison, dont 8 ans et demi ferme. C’est un lourd verdict annoncé le matin du 18 juillet pour Amir qui a décidé de se repentir en 2009. Abandonnant totalement le monde du Show Bizness, ayant trouvé la paix et le bonheur en embrassant l’islam, il donnait des conférences à travers le monde. Il fut arrêté à l’aéroport de Bruxelles fin novembre 2011 alors qu’il devait participer à la conférence «Wake Up – Et s’il te restait 24h chrono», organisé par Islamic-Events en collaboration avec le Centre Islamique et Culturel de Belgique.

Selon la justice américaine, Loon Amir serait impliqué dans une ancienne affaire de stupéfiants qui remonte à une dizaine années. Il était incarcéré dans la prison de Forest, en Belgique. Il a été par la suite extradé vers les Etats-Unis.

Qu’Allah lui facilite cette épreuve, ainsi que pour ses proches, longuement éprouvés depuis son emprisonnement en novembre 2011.

Qu’Allah fasse que cette épreuve l’élève encore en piété !

Adaptabilité et pragmatisme du droit musulman

 Adaptabilité et pragmatisme du droit musulman

Corinne Fortier, le 02 juillet 2010

Au cours de cette dernière décennie, de nouvelles réformes du statut personnel et du Code pénal ont vu le jour dans de nombreux pays musulmans. Ces réformes touchent en particulier au mariage (nikâh ou zawaj), à la répudiation (talâq), au divorce féminin (khul‛), à la filiation (nasab), à «l’adoption» (kafâla) et aux peines relatives à l’adultère (zinâ), au viol (zinâ) et aux crimes dits d’honneur (yusamma jarâ’am ash-sharaf). Dans un contexte migratoire comme celui de la France, la manière d’appréhender des institutions musulmanes inconnues du droit français, telles la répudiation, la polygamie, ou la kafâla, a également évolué. Par ailleurs, des nouvelles questions de bioéthique issues du développement de la science et des techniques comme la contraception, l’avortement, le diagnostic prénatal, les procréations médicalement assistées, les tests ADN, le clonage, les cellules souches, ou encore les greffes d’organes, ont amené les juristes musulmans (fuqâhâ’, ‘ulamâ’, muftî) à émettre des avis juridiques (fatâwâ, sg : fatwâ) sur ces questions inédites du point de vue du droit musulman classique tout en puisant leurs réponses dans l’esprit même de ces textes.

Ce livre regroupe un ensemble de contributions en français et en anglais d’anthropologues, de juristes, et d’historiens qui traitent de ces évolutions juridiques dans les communautés musulmanes de différents pays (Algérie, Tunisie, Maroc, Mauritanie, Sénégal, Niger, Nigéria, Égypte, Liban, Jordanie, Palestine, Pakistan, Iran, France). Les contributions concernent le contenu de ces réformes, le contexte au sein duquel elles sont apparues, les débats qui les ont accompagnées, ainsi que les résistances éventuelles à leur mise en œuvre. Les évolutions législatives récentes diffèrent localement selon les pays, leur histoire, leur culture, leur gouvernement ainsi que selon l’influence de mouvements plus globaux qu’ils soient féministes, islamistes, humanitaires. Parallèlement à la ratification de conventions internationales inspirées des droits de l’homme, de la femme, et de l’enfant, la référence à la loi islamique (Sharî‛a) demeure essentielle dans les pays musulmans, en tant qu’elle possède un caractère sacré et reste constitutive de leur identité.

En outre, le fait que des membres des populations civiles en Afghanistan, en Iraq et en Palestine aient été tués au nom d’une cause prétendue juste et démocratique qui se réclame des droits de l’homme, ont amené certains musulmans à ne plus croire en ces valeurs universalistes et à se tourner vers des valeurs religieuses qui incarnent une résistance à ce qui est parfois vécu comme une hégémonie et une ingérence de pays occidentaux. Or la référence à la Sharî‛a, dont le terme même est devenu synonyme de régression et d’obscurantisme en Occident, après l’application stricte et intransigeante qu’en ont faite les Talibans en Afghanistan, n’est pas toujours aussi sclérosée et immuable qu’on a tendance à le croire mais porte en elle une certaine plasticité ainsi qu’une logique pragmatique.

Le rappel du caractère pragmatique et non dogmatique du droit islamique est d’autant plus important aujourd’hui que l’islamisme gagne les consciences de nombreux musulmans de par le monde. On voit fleurir une littérature islamiste peu onéreuse qui envahit les étals des vendeurs ambulants des mosquées des pays musulmans comme les rayons des librairies musulmanes dont on peut constater le nombre croissant à Paris. Or, ces ouvrages donnent souvent une vision étriquée du statut des femmes, beaucoup plus régressive que les textes de droit musulmans anciens qui sont sur ce point plus subtils et complexes.

Le droit musulman classique ou fiqh constitue le socle de référence de nombreux pays musulmans bien que ceux-ci connaissent d’autres sources de droit (coutumier, ottoman, napoléonien, international…). Le droit musulman n’est pas homogène, variant selon les rites (mâdhâhib), en particulier sunnite et shiite, le sunnisme étant lui-même divisé en plusieurs rites qui sont assez similaires malgré quelques «petites différences». Le Liban, formé de diverses communautés religieuses, comme d’autres pays arabes, connaît un pluralisme juridique surtout en matière de divorce, de garde d’enfant, et de succession, pluralisme qui conduit parfois, comme le montre l’article d’Alexa Hechaime, à des conversions de complaisance, par exemple lorsque des familles sunnites qui n’ont pas d’enfants de sexe masculin se convertissent au shiisme pour protéger les droits successoraux de leurs filles.

En dépit de cette diversité interne, le droit musulman obéit à des principes (usul al-fiqh) unitaires dans son fonctionnement et il s’est constitué sur un socle scripturaire commun. La première source est le Coran qui jouit d’un statut incomparable auprès des musulmans sunnites ou shiites en tant que parole même de Dieu. La deuxième source est la Sunna, regroupant les dits ou hadith (hadîth) et les faits du Prophète (Muhammad) (m. 632 J.C.), ainsi que son assentiment parfois implicite (taqrîrât) aux actes de ses compagnons et de ses épouses. La Sunna constitue un modèle de conduite pour tout musulman, bien que les textes de référence en la matière diffèrent selon les sunnites et les shiites. Enfin, le droit musulman intègre la coutume (‘urf) comme source du droit, ce qui autorise une certaine spécificité juridique propre à chaque société…

Texte intégral

"On ouvre uniquement pour les Musulmans"

"On ouvre uniquement pour les Musulmans"

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Khalil Zeguendi, le 19 juillet 2013

Les visiteurs de la KERMESSE de Bruxelles font les frais de la ghettoïsation du quartier Lemonnier Stalingrad.

C'est un véritable scandale de se trouver confronté, le vendredi, entre 13 et 16h, à la fermeture de dizaines de magasins, situés dans le périmètre Annessens-Lemonnier- Bd du Midi et Avenue de Stalingrad. Périmètre auquel il faut inclure le quartier situé entre la Porte de Halle et la Place de jeu de balle. Dans cet immense ensemble bruxellois, tous les commerces, pour la plupart appartenant à des Musulmans, gardent porte close et volet baissé, lors de la prière du vendredi (heure très élastique s'étendant de 13 à 16h voire 17 heures).

Donc, quiconque ne jeûnant pas pendant le mois du Ramadan (du 10 juillet au 9 août 2013), est pénalisé par les fermetures de tous les débits de boissons dont le monopole est très largement en faveur des Musulmans.

Dans ces zones islamiques, tous les restaurants, snacks, salons de thé et autres cafés sont fermés durant toute la journée (jusqu'à l'heure de la rupture du jeûne, se situant aux alentours de 22 heures).

Et tant pis pour les visiteurs de la grande kermesse du Midi, qui en ces journées de fortes chaleurs, doivent pousser jusqu'à la Bourse ou les ruelles du centre historique bruxellois, pour pouvoir se désaltérer.

Cette attitude des commerçants musulmans dénote une véritable négation de la citoyenneté, de l'urbanité et un manque, voire une absence exécrable du respect du Vivre ensemble.  

Les professionnels de l'anti-islamophobie, si prompts à crier au loup, dès lors qu'une remarque ou critique est adressée aux Musulmans de notre pays, se taisent face à ces comportements emprunts de rejet des autres et privilégiant la vie entre soi en ghetto ethnique, religieux et culturel.

N'est-il pas du devoir des élus "spécifiques" de la ville de Ville de Bruxelles, de mener un travail de sensibilisation et d'éducation à la citoyenneté auprès de ces commerçants, dont l'attitude pénalise non seulement les visiteurs de la kermesse annuelle, mais également les forains, qui voient la fréquentation de leurs stands se réduire comme une peau de chagrin, durant le mois du Ramadan.

Bruxelles s'islamise de plus en plus avec des Musulmans qui tournent le dos à la vie en commun.

Un public qui ne jure que par la mosquée, le Ramadan, le Haram et le Halal et se moque comme de l'an quarante, du Meyboom, de la Fête nationale et des autres festivités bruxelloises et belges.  

11 juillet 2013

Premier jour du Ramadan chez Gutman

Premier jour du Ramadan chez Gutman

Monsieur Gutman a mis les petits plats dans les grands pour ses amis musulmans

Khalil Zeguendi, le 11 juillet 2013

Cette année, l'ambassadeur US en partance prochaine pour les Etats-Unis d'Amérique, n'a pas voulu rater sa rencontre habituelle du Ramadan avec les "cadres" de la communauté musulmane de Belgique.

La Harira "soupe traditionnelle du Ramadan" a été servie aux convives de l'ambassadeur, à l'heure de la rupture du jeûne.

Cette année, l'épouse de l'ambassadeur n'était pas de la partie. Certaines mauvaises langues pourraient penser aux dernières informations parues dans la presse, laissant entendre que monsieur Gutman aurait eu des relations charmantes avec d'autres membres du sexe féminin. Ce que l'ambassadeur a nié avec la plus grande véhémence... pour ce qui concerne son séjour de diplomate en Belgique

En tous cas, Mejloufi Fouad du consulat du Maroc à Bruxelles, l'ex blogger citoyen s'étant rangé à RTL Mehmet Köksal, le responsable de la communication au Centre islamique du Cinquantenaire, Mustapha Kastit et quelques dizaines d'autres convives musulmans étaient présents à la première soirée de rupture du jeûne ramadanesque.

Poussant la preuve d'"amitié" et d'allégeance envers l'ambassadeur à l'extrême, le président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique, le sieur Ugurlu, a surpris l'assistance, en tendant un très beau cadeau, sous forme d'un Mes7af (Coran) à son excellence l'ambassadeur. 

Cette année, personne ne fut invité à s'asseoir autour de la table de banquet comme ce fut le cas les années précédentes. Tous restèrent debout en sirotant leur harira.  

Deux élues allochtones étaient de la partie : madame la sénatrice flamande Nouzha Talhaoui (SP.A) et le fantôme de l'opéra depuis les dernières élections, l'enfoulardée Mahinur Özdemir (CDH), amie d'Erdogan et sous-marin de l'AKP en Belgique.

La chiite Isabelle Praile, vice-présidente de l'Exécutif des Musulmans de Belgique a dû mécontenter ses amis iraniens en participant à ce repas, offert par le représentant du "Grand Satan".

La grande amie des officiels algériens "généraux y compris" et soutien inconditionnelle du Polisario, Ghezala Cherifi (PS) était également à l'ambassade US.

A ne rien y comprendre à la diplomatie : Noureddine Taouil, celui que le grand patron de la Sûreté de l'Etat belge, le sieur Wynants, avait qualifié en 2009 d' "extrémiste d'orientation salafiste-wahabite qui milite dans des milieux salafistes", paradait allégrement au milieu de cette assistance.

09 juillet 2013

Égypte – Belgique : Appel à manifester

Égypte – Belgique

Appel à manifester

Contre le coup d’état et le carnage commis par l’armée en Égypte et pour soutenir la légitimité du président élu démocratiquement, Mohamed Morsi

Ce vendredi 12 juillet entre 16h00 et 18h00 à Bruxelles

(Rond-point Schuman)

EGYPTIANS IN BELGUIM 

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13:28 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 juillet 2013

Égypte – Belgique Supporting Democracy

Égypte – Belgique

Supporting Democracy

Rassemblement pro Morsi, ce 07 juillet à Bruxelles ...

20:39 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04 juillet 2013

Un «Livre blanc» sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone

Un «Livre blanc» sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone

Compte-rendu la conférence de presse annonçant la publication du premier «Livre blanc» sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone, organisée le 21 mars 2013 à l’Auberge de jeunesse Jacques Brel. Parmi les intervenants : Mohamed Ramoussi, Khalid Thami, Fouad Benyakhlef, Mustapha Chaïri, Yamina Bounir et Hajib El Hajjaji…

03 juillet 2013

«La plupart des djihadistes belges sont d'origine marocaine» : Anne Morelli

 «La plupart des djihadistes belges sont d'origine marocaine»

Anne Morelli

Entretien réalisé à Bruxelles par Mohsen Abdelmoumen et Jocelyne De Ruytter (pour le quotidien Algérie Patriotique), le 03 juillet 2013

Algeriepatriotique : On assiste en Europe au retour d’un mouvement fasciste très fort accompagné d’une démobilisation générale de la population privée d’un encadrement ouvrier combatif face à ce phénomène. Comment pouvez-vous l’expliquer ?

Anne Morelli : Il ne faut pas négliger le fait qu’il n’y a plus vraiment de parti ouvrier avec la disparition de la classe ouvrière en Europe, mais, par contre, il y a beaucoup de gens qui protestent de manière désorganisée. Cela n’ennuie personne quand les gens disent gentiment «un autre monde est possible» ou «nous sommes des protestataires pacifistes», etc. Cela ne dérange personne, et certainement pas les mouvements fascistes qui surgissent, notamment en Hongrie, et dans bien d’autres pays. Par exemple, on a laissé se produire récemment à Milan un grand rassemblement de néo-nazis sans rien faire pour l’empêcher. Ce qui manque beaucoup aujourd’hui, quand on compare la situation actuelle avec celle des années trente ou même soixante, c’est un encadrement de quelque parti qui aurait l’appui de l’ensemble de la population. En général, les populations européennes éprouvent un véritable dégoût de la politique, ce qui est justifié car les partis politiques au pouvoir sont tous plus corrompus ou achetés les uns que les autres, mais l’alternative politique qui pourrait émerger de ce dégoût est inexistante, et c’est là qu’est le problème, selon moi.

Les guerres impérialistes ont redoublé de férocité à travers le monde sur fond de crise économique. Quel est votre avis à ce sujet ?

Le redoublement des guerres impérialistes est peut-être bien lié à la crise économique. Il y a dans la propagande de guerre un principe important qui consiste à ne jamais parler des objectifs économiques d’un conflit qui pourtant sont essentiels. Lorsqu’on voit tous les conflits actuels, il y a toujours un arrière-plan économique. Même dans la guerre contre la Syrie, il y a des enjeux économiques, parce que la Syrie est concernée par d’importantes ressources qui ont été découvertes dans la Méditerranée. D’autre part, elle est sur le chemin du pétrole venant de l’est, mais ces aspects ne sont jamais évoqués. On invoque seulement de beaux principes comme la démocratie, on diabolise Al-Assad, etc. Mais en réalité, la crise économique a attisé les problèmes, notamment de fourniture énergétique, et donc un certain nombre de puissances occidentales sont absolument prêtes à tout pour garder cette puissance énergétique. On voit par exemple la dureté de l’Occident envers le Venezuela qu’il considère comme non démocratique, alors qu’il y a déjà eu 17 élections dans ce pays, mais, par contre, on n’ose absolument pas critiquer des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar, parce que ces gens sont richissimes et ont du pétrole. La crise économique a aiguisé les appétits en matière énergétique et cela explique un certain nombre de ces guerres impérialistes.

Vous avez assisté à une conférence à Bruxelles sur des djihadistes belges partis se battre en Syrie, quelle est votre impression à ce sujet ?

Effectivement, il y a un certain nombre de jeunes Belges, en général d’origine marocaine, qui partent combattre dans les rangs des djihadistes en Syrie. Nous avons eu les témoignages très émouvants de leurs mères, de leurs familles, qui disent que ce sont des mineurs d’âge pour beaucoup, des gamins de seize ans, qui sont partis là-bas comme volontaires par idéal et croient qu’ils vont aider le peuple syrien victime d’un monstre.

C’est la version des familles ?

En fait, nous sommes face à un cas de duplicité ou de schizophrénie de la part des médias occidentaux parce qu’ils présentent, notamment à ces gamins, les djihadistes syriens comme étant en lutte contre un pouvoir tyrannique et donc ils exaltent une juste cause qui serait celle des opposants. C’est ce qu’on voit à 95% dans les médias belges qui ont pris très clairement le parti des opposants à Bachar Al-Assad, et en même temps, on condamne ces gamins qui partent soutenir cette cause. Il y a là quelque chose de tout à fait curieux, et bien sûr, la politique occidentale est la même dans toutes les guerres récentes : on a soutenu les taliban contre les Soviétiques, les chiites irakiens contre Saddam Hussein, on a soutenu les Egyptiens les plus religieux et les plus fanatiques, etc. C’est assez fou mais à chaque fois, l’Occident soutient les djihadistes, y compris dans la guerre en Yougoslavie où on avait pris le parti des Kosovars, c’est-à-dire des islamistes albanais. Dans ce cas-ci, la presse soutient les djihadistes en les présentant comme sympathiques et quand des gamins vont les rejoindre, on s’étonne et on se scandalise en se demandant ce que ces jeunes vont faire dans les rangs de l’armée syrienne d’opposition.

Pensez-vous qu’au retour, ces jeunes ne représenteraient pas un danger potentiel pour l’Europe ?

Mais bien sûr. Je m’étonne quand même du fait qu’il existe une loi en Belgique qui interdit de recruter et de s’engager pour une armée étrangère. Cette loi de 1936 n’est pas du tout appliquée, parce que normalement, quand ces jeunes reviennent, ils devraient être arrêtés pour s’être engagés dans une armée étrangère. Et, effectivement, quand ils reviendront, ils auront appris là-bas à tuer, à commettre des attentats, etc. et je ne serais pas trop tranquille de les avoir comme voisins après leur retour.

Ne pensez-vous pas que, quelque part, les gouvernements occidentaux facilitent ces départs ?

Absolument. Dans une certaine mesure, ils facilitent ces départs d’abord par toute la propagande qui est faite autour de cette armée soi-disant de libération, présentée d’une manière très positive. Ensuite, les mères de ces jeunes nous ont dit qu’elles avaient immédiatement prévenu la police et les Affaires étrangères pour récupérer ces gamins tant qu’il en était encore temps. On sait très bien qu’ils passent par la Turquie, et le rôle nocif que celle-ci tient dans ce dossier en soutenant les djihadistes contre le gouvernement syrien, mais il y a eu un retard considérable des autorités belges pour rechercher ces gamins qui étaient déjà sur le front syrien lorsqu’ils ont été repérés. Effectivement, on ne fait rien en réalité pour les empêcher de partir.

Que pensez-vous de ce grand scandale d’espionnage américain surnommé Prism, révélé par l’agent de la CIA en fuite, Edward Snowden ?

Cela nous prouve qu’en fait, nous ne sommes que des puissances secondaires et que l’Europe n’est qu’un valet des Etats-Unis qui se permettent d’espionner non seulement les personnes mais aussi les structures européennes, et je suis très étonnée du peu de réactions de l’Europe. Il fallait évidemment immédiatement rompre toutes les tractations qui sont en cours pour le grand marché européen avec les Etats-Unis. Ç’aurait été au moins un coup de semonce mais au lieu de ça, on demande des explications et les Etats-Unis répondent qu’ils feront une enquête et qu’ils donneront de manière confidentielle les explications à ceux qui doivent en avoir. Cela signifie qu’ils se permettent tout. Quand on veut par exemple voyager aux Etats-Unis, il existe aujourd’hui un véritable service américain en Europe qui s’occupe soi-disant de la sécurité et qui décide qui peut partir et qui ne le peut pas. C’est tout de même étonnant que l’Europe accepte qu’une puissance étrangère fasse la loi sur son propre territoire.

Selon différents intellectuels, le modèle capitaliste a échoué, pensez-vous que le socialisme soit encore possible ?

Je ne suis qu’historienne et pas futurologue, je ne peux pas prédire l’avenir, mais ce que je peux dire, c’est qu’au cours de l’Histoire les changements des sociétés n’étaient jamais prévus. En 1788, tous les observateurs disaient que la France était très calme et qu’il n’y avait aucune raison de penser qu’un changement allait advenir. En 1789, on a vu ce qu’il en était. Donc, aujourd’hui, on ne peut rien prévoir. Alors, je dirais à titre personnel que ce que j’espère c’est qu’un jour les gens s’organisent sur le plan international, parce qu’il y a des mouvements de protestation au Portugal, et puis en Grèce, ensuite en Turquie, et quand c’est fini au Portugal, ça commence en Italie. Quand c’est fini en Grèce, ça commence ailleurs... Mais qu’est-ce qu’on attend pour s’unifier ? Qu’est-ce qu’on attend pour faire des mouvements internationaux, ne serait-ce qu’au point de vue syndical ? Quand est-ce qu’il y aura des grèves mondiales, ou des grèves ne fût-ce qu’européennes ? Le capitalisme est unifié depuis fort longtemps, il est mondialisé, mais la riposte n’est pas mondialisée et donc il suffit d’attendre que les protestations s’épuisent, comme elles vont s’épuiser un de ces jours en Turquie pour commencer dans un autre pays. Qu’attendons-nous pour construire une unité syndicale véritable qui puisse donner la parole aux gens ordinaires, à ceux que l’on appelle «les 99%» ?

L’Algérie poursuit son chemin de nationalisation, pourquoi les régimes politiques européens refusent-ils d’emprunter cette voie ?

Je crois que cette notion revient à l’ordre du jour avec la crise, car qu’est-ce qu’une nationalisation ? C’est le fait que les bénéfices d’une entreprise profitent à tout le monde. Or, ce que l’on voit, c’est que les entreprises qui ferment, notamment en Europe, ne sont pas en difficulté, mais veulent davantage de bénéfices en délocalisant vers des pays pauvres, moins exigeants, moins bien syndiqués. On l’a vu récemment avec le drame au Bangladesh. Les usines textiles ont fermé en Belgique, en France, en Italie et en Espagne non parce qu’on a besoin de moins de tissu qu’autrefois mais parce que les grandes entreprises comme Benetton, H&M, etc. produisent au Bangladesh dans des conditions de surexploitation de la main-d’œuvre tout à fait scandaleuses. Quand nous serons solidaires avec les gens du Bangladesh, quand ceux-ci exigeront un salaire décent, cela aura pour tous des conséquences bénéfiques. S’il y a un salaire minimum de 5 ou 600 euros par mois au Bangladesh, les producteurs ne seront plus tellement intéressés à faire produire là-bas mais reviendront à une juste distribution du marché du travail.

Avez-vous des échanges académiques avec des universités algériennes ?

Ma dernière collaboration a eu lieu avec l’université de Béjaïa. J’y suis allée il y a quelques années pour présenter un projet sur l’histoire de l’Afrique romaine. Nous avons élaboré un CD rom interactif pour les élèves de l’enseignement en Belgique et qui, au lieu de leur présenter Rome, leur présente plutôt l’Afrique romaine. Il y a absolument tout pour montrer ce qu’était une ville romaine mais pour une fois, pas du point de vue du centre, mais du point de vue de la périphérie, avec des exemples comme ceux de Timgad, Tipasa, Djamila, etc. C’était une expérience très intéressante et le contact avec les collègues était très enrichissant aussi.

Que pensez-vous de la situation catastrophique en Egypte avec ce président sectaire des Frères musulmans ?

Les électeurs sont pleins d’illusions et ce sont pour la plupart des gens qui connaissent de grandes difficultés économiques. Ils pensent qu’en changeant de maître, ils vont effacer leurs difficultés, et donc, ils ont écarté Moubarak et ont mis Morsi à la place. Ils se rendent compte que la situation sociale et économique est restée absolument la même, sinon pire, parce que la présence des Frères musulmans au gouvernement n’a évidemment pas encouragé le tourisme qui connaît une grosse crise en Egypte alors que c’était une ressource financière importante. Et, donc, après un an de régime Morsi, la population manifeste son mécontentement, ce qui est une réaction très compréhensible, mais il ne suffit pas de changer de maître pour améliorer sa situation sociale et économique, il faut chasser ce maître et prendre le pouvoir.

Pensez-vous que l’espoir de lendemains meilleurs soit permis dans ce déclin capitaliste ?

De nouveau, je dirai qu’en tant qu’historienne, je ne peux pas prévoir l’avenir, mais à titre personnel, je suis optimiste parce que je pense qu’il y a une volonté de l’ensemble de la population d’améliorer sa situation. Un jour, peut-être bien que les 99% se débarrasseront de ces 1% qui s’enrichissent et s’engraissent sur son dos. Quand vous voyez que beaucoup de secteurs sont en crise et que celui du grand luxe prospère, c’est tout à fait choquant. Il y a encore des gens qui ont de l’argent pour s’acheter une Rolex, une Rolls Royce, etc. J’espère qu’un jour viendra où ces 1% seront remis au même niveau que les 99%.

Frères Egyptiens ne soyez pas les pieds nickelés qui réitèrent le scénario algérien

Frères Egyptiens ne soyez pas les pieds nickelés qui réitèrent le scénario algérien

Omar Mazri, le 03 juillet 2013

La tragédie algérienne semble non seulement continuer d’inspirer les héritiers de l’interruption du processus électoral remporté par le FIS en Algérie qui ne sont pas pressés de revenir à la gestion démocratique du pays et à confier au peuple la conduite de ses affaires, mais elle donne des ailes aux assoiffés de pouvoir des mouvements hétéroclites de gauche et de droite en Égypte qui ne se plient pas au jeu démocratique.

Il ne s’agit pas dans cet article de faire porter encore le chapeau aux Frères Musulmans qui assument une partie de la responsabilité de ce qui arrive. En ce qui me concerne, j’ai situé le problème des Frères Musulmans sur le plan idéologique c’est-à-dire la mauvaise lecture de l’Islam et de la politique dans l’état des choses. Il était attendu qu’il ne s’empresse pas de s’accaparer le pouvoir sans impliquer toutes les forces et en particulier les jeunes qui ont mené la «révolution». Il était attendu de voir les Frères musulmans s’entourer de grosses pointures comme Heykel et tant d’autres pour construire ensemble une feuille de route de transition pour faire face aux crises structurelles et complexes : morales, politiques sociales, institutionnelles, économiques, financières, régionales et ensemble aller vers le redressement de l’Égypte.

J’avais espéré que les élites égyptiennes sortent du piège et du bourbier qui leurs était préparés, mais ils se sont crispés sur des détails ici insignifiants et sur des clivages idéologiques complexes ailleurs. Les Frères Musulmans n’ont pas eu le recul et ma sagesse de voir que ce qui leur a été confiait était empoisonnement et qu’il leur fallait, une fois en leur possession, de neutraliser sa nuisance et s’ouvrir vers le plus grande nombre autour du plus grand dénominateur commun : remettre les institutions en marche, remettre le peuple au travail, remettre les élites en confiance et en débat.

J’ai exprimé mes craintes et j’ai dénoncé les fautes et les erreurs d’empressement aux Frères Musulmans eu égard à leur puissante organisation et aux craintes réelles ou fabriquées à son égard. Il reste à dire la vérité amère sur l’armée et les forces se prétendant démocrates. Il n’est pas juste de ne pas supporter le mandat du Président alors que son mandat mal ou bien accompli ne va pas changer grand-chose eu égard aux catastrophes héritées de l’ancien régime. Les démocrates égyptiens à l’instar des démocrates algériens sont les premiers ennemis de la démocratie et les pires assoiffés de pouvoir. La haine de l’Islam les pousse à faire des fautes graves. La pire des fautes est de donner un quitus blanc à l’armée qui intervient dans la vie politique et sociale alors que son devoir est d’être à la frontière laissant les civils trouver une solution à leurs différents.

Qui est le coup d’État le plus méprisable : celui des Algériens ou celui des Egyptiens qui rejettent dans un avenir incertain la pratique démocratique et ouvrent la porte à des violences et des haines dont seul Allah connait l’intensité, la portée, les dimensions et les conséquences.

Les Frères Musulmans, appuyés par le peuple et par la légitimité vont-ils se laisser déposséder de leur droit de gouverner. Une période de transition sous la conduite des pourfendeurs de l’expérience démocratique sera-t-telle menée jusqu’à terme sans violence ? Les perdants lors des élections démocratiques ont-il la légitimité de parler au nom du peuple égyptien ?

Les Frères Musulmans ont commis des erreurs idéologiques, mais leurs adversaires vont commettre des erreurs idéologiques, politiques et morales. La pire des fautes c’est de placer l’armée en arbitre puis en acteur en faveur de la majorité du peuple contre la minorité. On peut rapprocher aux Frères Musulmans de n’avoir pas coopérer avec la minorité et ce reproche peut être surmonté si un débat serein et responsable s’ouvre où chacun fait des concessions pour sauver l’Égypte et épargner le peuple de la ruine économique et de l’effusion de sang qui se prépare. Les Égyptiens ne sont pas seuls. L’empire et le sionisme sont les acteurs les plus actifs et les plus dangereux.

Que les Frères Musulmans et leurs sympathisants n’aient pas recours au Jihad pour des affaires mondaines. Qu’il cherche le compromis ou le retrait dans la dignité. Leurs transgresseurs devront rendre compte de la folie qui va conduire l’Egypte à une instabilité. Les Frères Musulmans doivent revenir à Allah et faire le Bilan sans passion ni humiliation ni esprit de revanche. C’est maintenant plus que jamais et avant qu’il ne soit trop tard de faire preuve d’humilité, de sens des priorités et d’offrir la compétence de l’Islam à sauvegarder les intérêts suprêmes de la communauté.

Que les perdants apprennent à attendre leur tour et qu’ils se hissent au niveau politique d’opposants : conseiller, dénoncer et participer le cas échéant. Confondre la lutte politique avec la haine contre l’Islam ou le refus de la Charia ne peut trouver écoute auprès des peuples musulsmans. Vous êtes en train de jouer avec les sensibilités religieuses et sur ce terrain souvent les diables sont vivant et bien vivants. Réveillez-vous et faites preuve de probité. Vous avez tout à gagner.

Que les Militaires assument leurs responsabilités : ce sont leurs pratiques despotiques et leur mesure sécuritaire qui ont poussé les gens à vivre dans la clandestine, dans la haine et dans la confusion politique sur les solutions d’avenir. Il est temps de renforcer le processus démocratique et de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’effusion de sang. Il est temps d’engager une réconciliation nationale et de pousser les forces politiques et sociales à collaborer et à répondre aux attentes des masses plus nombreuses qui n’ont pris position ni pour ni contre les uns et les autres. Elles ne savent toujours pas qui leur apportera le pain, la sécurité et la dignité :

tous les Égyptiens peuvent et doivent empêcher l’institution d’un coup de force anti constitutionnelle en acceptant ou en demandant d’accepter de négocier sans condition ni parti prix un compromis historique qui leur conserve l’esprit d’initiative pour sauver la paix civile, redynamiser les institutions et proposer une autre feuille de route sur trois volets cruciaux :

La défense et le renforcement de l’État de droit non partisan

Le règlement des problèmes sociaux et économiques

La garantie des libertés individuelles et publiques

Un gouvernement non partisan, d’union nationale et de salut public, sous la présidence du président Morsi devrait superviser le règlement des affaires courantes (justice, police, sécurité, administration, etc.) et organiser la mise en place des États généraux pour tracer ensemble des programmes ambitieux pour redresser l’Égypte et la conduire dans les délais normaux aux prochaines élections sans gagnants ni perdants. Ils ont mille et une raisons d’aplanir leurs clivages idéologiques et de se rassembler sur un minimum démocratique pour sauver tout ce qui peut être sauvé de leur expérience démocratique imparfaite et relancer la machine économique et sociale à régler ce qui peut être réglable afin que l’Égypte ne soit pas mise à feux et à sang au profit du sionisme et de l’Empire.

Vous êtes à la croisée des chemins : ou bien refondation et nouveau départ ou bien ouverture vers l’inconnu. Vous avez mal démarré votre révolution et si vous ne redressez pas la conduite idéologique, politique, morale et sociale, vous serez tous du nombre des perdus et des perdants.

Par Allah ne faites pas couler votre sang et n’épuisez pas vos efforts. Le monde arabe est exsangue, sans ressources mentales. Il attend de vous un sursaut de dignité, une prise à corps de vos responsabilités. Ne nous faites pas honte après que vous nous avez déçus. Restez patients et apprenez à respecter les règles de l’alternance.

13:23 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02 juillet 2013

Égypte-Belgique : Rassemblement anti-Morsi,

Égypte-Belgique

Rassemblement anti-Morsi, ce 30 juin sur le rond-point Schumann et devant l’ambassade d’Égypte, de quelques 200 manifestants égyptiens, essentiellement venus des pays limitrophes, et des membres de la communauté chiite de Bruxelles…

19:07 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Syrie. Un nouveau «martyr» marocain

Syrie

Un nouveau «martyr» marocain

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Goud.ma, le 02 juillet 2013

Un Marocain originaire de Tétouan a trouvé la mort en Syrie où il était parti pour le jihad. Ahmed Bourbab, alias Abou Azzam Al-Maghribi pour ses frères d’armes, est mort dans l’attaque des domiciles des officiers de la 17ème compagnie de l’armée régulière syrienne, qui a eu lieu  le 21 juin à Rakka dans le nord sur la frontière avec l’Irak.

Le décès du Marocain a été rapporté par le Mouvement «Ahrar Cham» (mouvement islamique des hommes libres du Levant). Il faisait partie de la milice de Abdellah Ben Al Moubarak.

Jeune rentré de Syrie: "Il faut le dire"

Jeune rentré de Syrie: "Il faut le dire"

Un jeune Belge est rentré de Syrie. Joëlle Milquet, ministre des Affaires intérieures cdH reproche à Didier Reynders, vice-premier MR et ministre des affaires étrangères d'avoir révélé l'information. Voici sa réponse…

10:28 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

«Jeune Belge en Syrie : Il y a des raisons de s’interroger»

«Jeune Belge en Syrie : Il y a des raisons de s’interroger»

Bernard Clerfayt : bourgmestre (FDF) à Schaerbeek

10:23 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 juillet 2013

Guerre «humanitaire» : le scénario de la catastrophe

Guerre «humanitaire»

Le scénario de la catastrophe

Compte-rendu du Grand Débat organisé, dans le cadre de la 12ième édition du Festival du Cinéma d’Attac, le 10 mars 2012 au Botanique. Intervenants : Jean Bricmont, Bahar Kimyongür et Michel Collon ...

Facebook et les limites à la liberté d'expression

Facebook et les limites à la liberté d'expression

Par Dalila Madjid, le 27 juin 2013

79 % des internautes français sont inscrits à au moins un réseau social, selon une étude Médiamétrie et  2/3 d'entre eux se connectent tous les jours. (Source : lexpansion.com)

Facebook est le premier réseau social en France.

Se pose le problème de l'utilisation de facebook par certains salariés pour  critiquer leur hiérarchie et leur condition de travail.

Il y a lieu de rappeler que le salarié jouit de la liberté d'expression, garantie par l'article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par l'article 11 de la Déclarations des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.

Et aux termes de l'article L. 1121-1 du Code du travail:

"Nul ne peut être apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives des restrictions qui ne seraient justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché."

Ainsi, la liberté d'expression d'un salarié peut se traduire par la possibilité qu'il a de s'exprimer sur le travail qu'il effectue, de proposer des améliorations de ses conditions de travail, d'exprimer son opinion, de critiquer l'entreprise sur un lieu privé.

La liberté d'expression se concilie, bien évidemment avec l'obligation de loyauté inhérente au contrat de travail du salarié, qui se manifeste par un devoir de réserve, une obligation de discrétion et de non-concurrence envers son employeur.

L'avènement des réseaux sociaux et de Facebook en particulier, vient bouleverser le cadre juridique fixé par le célèbre arrêt Nikon, qui a permis de reconnaître aux salariés le respect de l'intimité de leur vie privée sur leur lieu de travail.

En effet, avec Facebook se pose le problème des propos tenus en dehors du temps de travail sur un ordinateur personnel et qui sont accessibles par un grand nombre de personnes, dépassant le cercle d'amis.

Depuis 2010, les juridictions se sont prononcées sur les limites de la liberté d'expression sur facebook et sur le caractère public ou non des propos tenus sur Facebook.

Pour beaucoup de juridictions, Facebook est un espace public.

1- Dans un arrêt de la Cour d'appel de Reims en date du 9 juin 2010, un journaliste avait été sanctionné pour avoir écrit sur le "mur" Facebook d'une amie des propos considérés comme injurieux et diffamatoires contre sa hiérarchie. La Cour d'appel a annulé l'avertissement en raison de l'ambiguité sur la personne visée.  (le terme de "chef" permet difficilement d'identifier la personne visée).

La Cour, dans cet arrêt, reconnaît clairement le caractère public de Facebook, en déclarant :"Nul ne peut ignorer que Facebook, qui est un réseau accessible par connexion internet, ne garantie pas toujours la confidentialité nécessaire (...). Que le mur s'apparente à un forum de discussion qui peut être limité à certaines personnes ou non (...); en mettant un message sur le mur d'une autre personne dénommée "ami", il s'expose à ce que cette personne ait des centaines d'amis ou n'ait pas bloqué les accès à son profil et que tout individu inscrit sur Facebook puisse accéder librement à ces informations", "il ne s'agit pas d'une atteinte à la sphère privée au regard de tous les individus, amis ou non qui peuvent voir le profil d'une personne et accéder à son mur et aux messages qu'elle écrit ou qui lui sont adressés".

La Cour d'appel précise que si le salarié "voulait envoyer un message privé non accessible à d'autres personnes que le destinataire ou quelques amis choisis, il pouvait utiliser la boîte mail individuelle de Facebook. (Cour d’Appel de Reims du 9 juin 2010, n° 09-3209 SAS l’Est Eclair c/Boris C).

2- Le 19 novembre 2010, le Conseil de Prud'hommes de Boulogne-Billancourt a validé le licenciement pour faute d'une salarié pour "avoir porté atteinte à l'autorité et à la réputation de sa supérieure hiérarchique". Les propos tenus sur Facebook avec une personne qui "a choisi dans le paramètre de son compte, de partager sa page Facebook avec "ses amis et leurs amis", permettant ainsi un accès ouvert" n'étaient pas des échanges privés.

Le Conseil de Prud'hommes a considéré que "ce mode d'accès à Facebook dépasse la sphère privée".(CPH Boulogne-Billancourt, 19 nov. 2010, n°10-853)

3- La Cour d'appel de Besançon, le 15 novembre 2011, a condamné une salariée pour avoir "tenu des propos diffamants, insultants et offensants" envers son employeur via Facebook, tels que "cette boîte me dégoûte (...) cette boîte de merde".

Les juges du fond considèrent que le réseau Facebook "au regard de sa finalité et de son organisation, comme un espace public, qu'il appartient à celui qui souhaite conserver la confidentialité de ses propos tenus sur Facebook d'apporter de restrictions offertes par les fonctionnalités du réseau. (CA de Besançon, 15 nov. 2011, N°10/02642)

4- Le 17 janvier 2012, le Tribunal correctionnel de Paris, a condamné pour délit des propos tenus sur Facebook.

La Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné un représentant du personnel et un délégué syndical pour injure publique. Les propos tenus étaient les suivants:"journée de merde, temps de merde, boulot de merde, chefs de merde ...".

Les juges ont rappelé que, conformément à l'article 29 al.2 de la loi du 29 juillet 1881, l'injure se définit comme "toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait".

Les juges ont précisé que "les expressions incriminés excèdent les limites de la critique admissible, y compris lorsqu'elle s'exerce dans un cadre syndical, par l'utilisation de mots ou de termes insultants ou injurieux voire vexatoires démontrant en eux-mêmes l'intention de nuire et portant clairement atteinte à la dignité des personnes".

5- La Cour d'appel de Reims, dans un arrêt en date du 24 octobre 2012, considère que le seul fait de critiquer son employeur sur Facebook cause nécessairement un préjudice à ce dernier. Elle estime qu'"une telle attitude, incompatible avec les obligations d'un apprenti dans le cadre de son contrat est manifestement fautive et qu'elle a nécessairement généré un préjudice à l'employeur". (CA Reims 24 oct. 2012 n°11/01249)

Dans cet arrêt, les juges se sont également prononcés sur l'existence d'un abus de la liberté d'expression du salarié.

6- La Cour de cassation, dans un arrêt en date du 10 avril 2013, n'était pas si tranchée sur le caractère public ou non de Facebook.

En l'espèce, une salariée de l'agence Century 21 avait publié des propos injurieux sur MSN et Facebook :"sarko devrait voter une loi pour exterminer les directrices chieuses comme la mienne"; "extermination des directrices chieuses", "éliminons nos patrons et surtout nos patronnes (mal baisées) qui nous pourrissent la vie!"; "Rose Marie motivée plus que jamais à ne pas me laisser faire. Y'en a marre des connes".

Selon la Cour d'appel, les propos tenus par la salariée sur Facebook ne constituent pas une injure publique, car ils ne sont accessibles qu'aux seules personnes agréées par l'intéressé, en nombre très restreint, constituant une communauté d'intérêt. Son mur était ouvert à ses amis.

La Cour de cassation tout en déclarant l'absence d'injure publique, reproche, néanmoins à la Cour d'appel de ne pas avoir recherché si ces propos litigieux pouvaient être qualifiés d'injures non publiques. (Cass. 1ère ch. civ. 10 avril 2013 n°11-19530).

Dans cet arrêt, la Cour de cassation ne se prononce ni sur le caractère public ou non de Facebook, ni sur l'usage du pouvoir disciplinaire de l'employeur.

Pour conclure, les positions des juridictions divergent sur le caractère public ou non de Facebook, notamment la Cour d'appel de Rouen en date du 15 novembre 2011, n°11/01827 et n°11/01830, estime que Facebook doit être présumé comme étant un espace privé dés lors qu'il est utilisé en dehors du temps et du lieu de travail et en usant de moyens techniques dont il n'est pas allégué qu'ils auraient été mis à leur disposition par l'employeur.

Et en l'absence d'une position tranchée, il convient de constater que si les réseaux sociaux sont devenus de nouveaux moyens de communication, le salarié doit faire preuve de prudence, lorsqu'il tient des propos publiés sur un mur ouvert au public et sur un mur ouvert qu'aux seuls amis. Même dans ce dernier cas, il n'est pas certain que la confidentialité soit assurée.

16:06 Écrit par Rachid Z dans Médias, Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |