03 janvier 2013

Les juifs du Maroc seront ils indemnisés par l’Allemagne ?

Les juifs du Maroc seront ils indemnisés par l’Allemagne ?

Par Yigal Bin-Nun, le 30 décembre 2012

Un an et demi est passé depuis que la Claims Conference annonça la décision d’indemniser les Juifs du Maroc qui furent limités dans leur droit à la libre circulation. La Claims Conference est une fédération d’organismes juifs fondée en 1951 pour défendre les revendications de dédommagement des victimes juives et des survivants de l'Holocauste. Son siège se trouve à New York. Une requête fut adressée dernièrement au bureau israélien de cette institution lui demandant de fournir des détails sur le sort de milliers de dossiers déposés par des sexagénaires.

Toutes les tentatives de la part des intéressés d’avoir des nouvelles concernant leur revendication à l’indemnisation sont restées sans réponses. Á ce jour il semble que personne n’ait été dédommagé.

Le bureau israélien de la Claims Conference avait promis la somme de 2556 Euros aux Juifs marocains nés jusqu’en aout 1943 et qui furent discriminés dans leurs «droits à la circulation». Des milliers d’intéressés avaient rempli des formulaires officiels du gouvernement allemand qui devait décider du sort de chaque demande.

Dès la publication dans la presse de ce projet d’indemnisation, trois historiens israéliens Michael Laskier de l’Université de Bar Ilan et Yaron Tsur de l’Université de Tel Aviv, et moi même, tous les trois spécialistes de l’histoire du Maroc contemporain et de sa communauté juive s’étaient adressés, le 15 septembre 2011, à Hen Yurista, directeur du bureau israélien de la Claims Conference pour lui demander de réviser l'accord avec le gouvernement allemand concernant l’indemnisation des Juifs marocains persécutés pendant la guerre ou de l’annuler. Dans un courrier qui lui fut envoyé, nous avons développé les raisons précises pour lesquels cet accord était à nos connaissances incompatible avec la réalité historique et négligeait les personnes qui avaient été véritablement discriminées, sans pour autant appartenir aux critères d’indemnisation.

STATUT DES JUIFS ET DAHIRS

En effet la réalité historique semble incompatible avec les critères de la Claims Conference. Voici quelques détails sur cette triste histoire : Un dahir daté du 31 octobre 1940 publié par le Résident Général Charles Noguès devait imposer aux Juifs marocains le «Statut des Juifs»  instauré par le gouvernement de Pierre Laval qui définit les Juifs comme une race et non pas comme une religion. Ce statut exclut les Juifs de toute profession libérale (enseignants avocats, médecins, artistes, journalistes, fonctionnaires etc...) et écarte aussi tous les Juifs de la fonction publique. Ce dahir que le sultan Mohammed ben Youssef a du signer sous pression de la Résidence et après plusieurs atermoiements, s’applique aussi bien aux Juifs du Maroc, sujets du sultan, qu’aux Juifs nés aux Maroc ou en dehors du Maroc de nationalités étrangères. Ces derniers furent particulièrement touchés professionnellement et leurs enfants renvoyés des écoles françaises.

Un autre dahir daté du 8 aout 1941 prévoyait de procéder à un recensement général pour obliger les Juifs à faire une déclaration détaillée  de leurs biens qui mènerait à des confiscations et spoliations. Seul le débarquement américain (Opération Torch) du 8 novembre 1942 mit fin à ce recensement. Les listes de biens furent souvent brulées par les pachas locaux. Dès le début de la guerre, le Maroc servit de refuge à de nombreux Juifs fuyant principalement l’Europe centrale et qui furent accueillis par des volontaires juifs locaux, avant de rejoindre les Etats Unis.

En outre, un dahir publié par la Résidence Française, relevant du pouvoir de Vichy allié de l’Allemagne nazie a été publié en ce sens. Ce dahir publié par Xavier Vallat, ancien député de l’extrême droite et Commissaire aux Affaires Juives, datant du 22 août 1941, déclare que les Juifs du Maroc habitant en ville dans les quartier européens depuis le 1 septembre 1939 devront quitter ces quartier et retourner vivre au quartier juif – au mellah. Selon nos sources très peu de personnes rentrent dans cette catégorie qui n’était pas la plus discriminatrice envers les Juifs du Maroc.

Le Résident général Noguès cherchant à faire du zèle à cause de l’origine juive de sa femme, décida d'interner dans des camps de travail tous les «étrangers indésirables» y compris quelques 2000 Juifs étrangers, certains d’entre eux engagés dans la Légion étrangère pour combattre l'Allemagne nazie. Le camp de Bou‘arfa au Sahara oriental où étaient internés Juifs et non Juifs était l’un des sinistres camps où les conditions de vie étaient des plus dures. Dans un autre camp, celui de Aïn Béni Matar (Berguent), près de Jerrada, furent internés 400 Juifs qui subirent des traitements cruels. Même à Boudnib dans le Tafilalt, berceau de la dynastie royale alaouite, et ville natale du général Mohammed Oufkir, trois bâtisses de l’armée française servirent de camp de travail où furent internés des centaines d’Européens parmi eux des Juifs.

Signalons enfin qu’entre 1940 et 1942, le sultan Mohammed ben Youssef fut contraint de signer à contre cœur les dahir anti-juifs comme il a du signer même des dahir portant atteinte à son pouvoir (comme le dahir berbère du 16 mai 1930 qui le démunissait de son pouvoir sur la campagne amazigh), afin de ne pas mettre son trône en danger. Par contre, la multitude de gestes publics ou discrets qu’il fit en faveur de ses sujets juifs montre son rejet de l’antisémitisme si répandu chez les résidents français au Maroc. Les témoignages rapportés par l’historien américain Robert Satloff soulignent dans son livre Parmi les justes, histoires perdues dans le long prolongement de l'holocauste dans les pays arabes «qu'il n'y avait aucune crainte de ces gardes arabes mais plutôt des militaires encadreurs français». L’auteur cite «un rapport rendant compte de nombreux cas de tortures sadiques sur les malheureux prisonniers juifs et non-juifs, où les seuls étincelles d'humanité venaient des gardes arabes».

Ignorant toutes ces informations, le directeur de la Claims Conference affirme qu’il n’existe aucun accord particulier avec le gouvernement allemand concernant «la shoah des juifs du Maroc». Son bureau israélien a juste demandé d’inclure le Maroc dans les accords existants relatifs aux Juifs d'Europe qui n’ont pas été déportés. En outre il précise que le seul critère valide pour le droit à l’indemnisation ne repose que sur celui de la "restriction au droit de circulation" pour les Juifs nés au Maroc nés jusqu’au 31/08/1943

"Il est important de noter, affirmèrent les trois historiens dans leur requête au bureau israélien de la Claims Conference, que ce critère est incompatible avec la réalité historique des Juifs du Maroc pendant la guerre. Nous voulons en préciser les éléments essentiels" :

"LA SHOAH DES JUIFS DU MAROC"

- Le terme «Shoah des Juifs du Maroc» est inexact et trompeur. En aucun cas il n’y a eu de Shoah au Maroc. Au contraire le Maroc a servi de refuge à de nombreux Juifs fuyant l'Europe. En outre quelques centaines de Juifs de nationalités étrangères ont été envoyées dans les camps de travail par les Français vichystes à Bou Arfa mais de là à parler d’extermination la différence est grande. De toute façon aucun Juif marocain n’a été déporté du Maroc vers les camps de la mort. L’utilisation de ce terme porte atteinte au terme de Shoah et risque d’encourager des attitudes négationnistes.

- Il y a eu des persécutions contre les Juifs du Maroc pendant la guerre mais la restriction au droit de circulation n’était pas la discrimination la plus importante mais plutôt la plus marginale. Ce n’est pas l’occasion d’énumérer ici les décrets (dahir) discriminatoires dont ont souffert plusieurs Juifs du Maroc, signés par le roi Mohamed Ben Youssef sous la pression du résident général Charles Noguès, représentant du gouvernement de Vichy au Maroc. Mais il est évident que de nombreux  Juifs du Maroc ont été discriminés et ont perdu leur emploi et leur statut professionnel, surtout dans les professions libérales : médecins, avocats, experts comptables, artistes et fonctionnaires. Cette discrimination était douloureuse et blessante mais le gouvernement allemand et la Claims Conference ont préféré totalement l’ignorer.

- Le gouvernement allemand a accepté la requête de la Claims Conference d’indemniser, après si longtemps et par des sommes dérisoires, les Juifs du Maroc nés jusqu’au 31/8/1943 considérés comme discriminés dans leur droit à la circulation suite à un dahir (décret) qui n’a pratiquement pas été appliqué. Cette atteinte au droit à la circulation est bien moins cruciale par rapport aux nombreux Juifs qui ont perdu leur emploi ou de jeunes élèves juifs chassés des écoles françaises conformément au décret du numerus clausus.

- Cette décision est pour le moins surprenante et soulève plusieurs questions : pourquoi le gouvernement allemand a-t-il décidé d’adopter ce critère et non pas ceux qui reflètent la situation réelle au Maroc ? Pourquoi tant de publications de la part de la Claims Conference incitant les Juifs originaires du Maroc à remplir des formulaires de requête bien qu’il soit évident que selon le critère en question n’est concernée qu’une infime quantité de Juifs? Est-ce de cette manière que l’Allemagne et ses anciens alliés pendant la guerre pensent calmer leur conscience, après si longtemps, tout en dédaignant les faits historiques ?

- Tenant compte de ces arguments, nous pensons que la décision du bureau israélien de la Claims Conference est une décision erronée et insoutenable, bien que décidée de bonne foi. Etant donné qu’à votre avis il n’est pas possible d’exiger un dédommagement collectif en faveur d’oeuvres humanitaires il est souhaitable que vous révisiez votre décision. Une indemnisation, même très tardive, pourrait être positive, mais elle nécessite de revoir ses critères et de les adapter à la réalité des faits et actes subits par les Juifs du Maroc pendant la guerre.

Avec mes collègues historiens du Maroc moderne et de sa communauté juive, les Professeurs Laskier et Tsur nous estimons que l’accord signé entre le bureau israélien de la Claims Conference et le gouvernement allemand ne reflète en rien la réalité au Maroc durant la guerre et va à l’encontre des faits historiques. L’unique critère de la restriction au droit à la circulation sur lequel est basé cet accord n’a presque pas été appliqué. Par contre l’éviction de nombreux Juifs de leur profession, de l’administration et des écoles qui était bien plus cruelle n’a pas été prise en compte. En outre plusieurs Juifs marocains atteints par ces dahir anti juifs pensent que la décision du gouvernement allemand arrive trop tard et le montant si dérisoire qu’il vaut mieux rejeter tout accord d’indemnisation individuel. Pour plusieurs c’est un accord humiliant pour la communauté juive marocaine à travers le monde.

Les Juifs marocains seront ils indemnisés ou ce ne fut qu’une fausse alerte de la part de la Claims Conference ?

14:02 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

31 décembre 2012

Abdelkrim al-Khattabi et la guerre du Rif

Abdelkrim al-Khattabi et la guerre du Rif

00:01 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30 décembre 2012

Marine le Pen à Marrakech : Le Maroc aux Français ?

Marine le Pen à Marrakech

Le Maroc aux Français ?

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Demainonline, le 29 décembre 2012

Il paraît que Marine Le Pen, la dirigeante du parti d’extrême-droite le Front national, va passer la fête de fin d’année à Marrakech avec sa petite famille. Elle rejoindra dans la ville ocre Dominique Strauss-Kahn, qui vient partouzer comme chaque année dans une demeure de la médina, Jean François Copé, le dirigeant par usurpation de la droite la plus bête au monde, et d’autres grosses pointures de la classe politique française.

Marrakech, ville la plus française du Maroc, où les étrangers ont détruit l’ancienne médina pour en faire un havre de riads qui n’ont rien à voir avec la maison traditionnelle marocaine, devrait se réjouir de cette présence.

Sauf si Marine, fidèle à son slogan préféré, déclare Marrakech ville française !

13:56 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

28 décembre 2012

Les Frères musulmans appellent les Juifs d’Egypte au retour

 Les Frères musulmans appellent les Juifs d’Egypte au retour

Al-Manar, le 28 décembre 2012

Un leader des Frères musulmans a appelé les émigrés juifs originaires d’Egypte et vivant en Palestine occupée par Israël à y retourner.

«Les juifs d’Egypte doivent rentrer à leur pays, ceci est de leur droit, et afin de permettre aux Palestiniens de s’établir dans leur terre», a lancé le vice-président du parti au pouvoir Liberté et justice Essam ElArian.

«Abdel Nasser a encouragé les juifs à occuper les terres d'autrui. Pourquoi les a-t-il chassés du pays ?», s’est indigné elArian dans un entretien télévisé!

Commentant l'initiative lancée par l'ancien candidat à la présidence Amr Moussa, ElArian a demandé: "Y a-t-il une barrière entre Amr Moussa et le président ? Pourquoi ne va-t-il pas chez lui et lui parle-t-il de ses propositions?".

Ce leader des Frères musulmans a dit n’avoir aucune objection sur cette initiative, tout en accusant Amr Moussa de transgresser les règles constitutionnelles, qui stipulent que les élections législatives commencent après 60 jours seulement de l’adoption de la Constitution.

Selon lui, il faut attendre six mois pour permettre aux partis de se préparer et activer ensuite cette initiative.

Ancien chef de la Ligue arabe, Amr Moussa avait proposé une initiative de plusieurs points pour sortir de la crise politique qui paralyse le pays. Parmi les points de l’initiative on en cite :

- Annonce d’une trêve politique suivie immédiatement d'un accord avec le front du salut national

- Formation d’un gouvernement d’urgence pour un an, présidé par le chef d’Etat et regroupant les différentes forces politiques. 

- Le gouvernement d’urgence fixe la date des élections parlementaires, qui ne peuvent se tenir avant les six mois prochains.

- Cessation de toutes les grèves qui paralysent le pays et retour de tous les citoyens à leurs travaux.

- Formation d’une commission par décret présidentiel, regroupant des  spécialistes du droit constitutionnel et des professeurs pour étudier la Constitution et débattre des clauses controversées ou celles qui ont besoin d’être modifiées.

La commission termine son travail en six mois et expose les résultats au gouvernement pour débattre de la mesure suivante à prendre, au sujet du traitement du texte de la constitution et de l’activation des clauses modifiées, dont le rôle de la cour constitutionnelle suprême. 

23:34 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le Pjdiste Abdelmoula Parrain de la «Comarit-Comanav connection»?

Le Pjdiste Abdelmoula Parrain de la «Comarit-Comanav connection»?

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La Relève, le 15 décembre 2012

Cela fait maintenant plus de six mois que Samir Abdelmoula, patron de la «COMARIT-COMANAV», ne cesse de défrayer la chronique judiciaire, notamment depuis le déclanchement de l’affaire de falsification de billets de vente de cette compagnie maritime au bord de la banqueroute et l’éclatement du «scandale Toufik Ibrahimi», qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Il y a quelques jours, le fringant amateur tangérois a été auditionné par la BNPJ dans le cadre d’une affaire de trafic international de stupéfiants suite a la découverte, en 2007, par la police espagnole, de 15 tonnes de Chira sur l’un de ses Bateaux.

Pour la petite histoire; il s’agit d’un container espagnol contenant des produits agricoles, embarqué à bord de l’un des navires de la COMARIT, auquel les services de la police du port maritime de Tanger ont demandé de revenir à quai, suite à son appareillage vers Algesiras, notamment après avoir constaté la falsification du bon de sortie de ladite marchandise.

Avisé, Samir Abdelmoula a refusé d’obtempérer aux instructions de la Police marocaine, chargeant l’un de ses collaborateurs d’aviser cette dernière que le container en question n’allait pas être débarqué en Espagne et sera réacheminé vers Tanger et ce, sans douter que les agents de la Guardia civile allaient contredire ses prévisions.

S’il est précoce de tirer une quelconque conclusion à propos de cette ténébreuse affaire, au sujet de laquelle la justice est la seule institution habilitée à en découvrir le fin mot, il n’en reste pas moins que ce nouveau scandale suscite d’inévitables questionnements, particulièrement, lorsque l’on tente d’en cerner les ressorts à la lumière de la stratégie de développement boulimique de la «COMARIT-COMANAV» initiée, à l’époque, par Samir Abdelmoula, qui fut propulsé, dés 2006 par son généreux père et député PJD, Abdelali au poste de vice président de cette compagnie maritime.

En effet, étant fraichement «diplômé» d’une école de management à Casablanca, l’héritier Abdelmoula voit très grand et décide d’initier dés son débarquement au sein de l’entreprise familiale, une politique d’investissement tous azimut, en procédant à l’acquisition de la majorité du capital au sein de la «COMARIT» et la «COMANAV», à la construction en leasing, pour un cout estimé à 150 million de Dhs, d’un immeuble flambant neuf en front de mer à Tanger, devant abriter pour un loyer mensuel de 800.000 Dhs (au lieu de 3000 Dhs) les nouveaux sièges desdites sociétés, au lancement de la station régionale privée «Cap Radio» et à la création d’une Régie, spécialisée dans la commercialisation de l’affichage publicitaire sur les taxis de Tanger.

Si Samir Abdelmoula s’évertue à cultiver l’image d’un «Golden boy» redoutable et aguerri dans le monde des affaires, en engageant, simultanément et sans vision d’ensemble, cohérente, des opérations au rendement aussi douteux que risqué, ayant nécessité un endettement  bancaire en milliards de dirhams, ses paires au sein de la corporation des armateurs, ont décelé plutôt l’existence d’une personnalité, narcissique, qui n’hésite pas pour satisfaire sa mégalomanie, à plomber les finances de son entreprise qui, pourtant générait beaucoup de cash.

Dans ce contexte, plusieurs voix s’interrogent légitimement, si le manque patent de scrupules chez cet apprenti-manager, réputé pour son penchant festif, ne l’aurait pas incité à faire le pas de trop, en décidant d’utiliser ses navires dans le trafic des stupéfiants, afin de lever des fonds pour financer ses ambitions démesurées.

Cette hypothèse parait pour le moins vraisemblable, lorsqu’on observe le parcours politique opportuniste de Samir abdelmoula, qui, semble surtout intéressé par son rapprochement avec des personnalités influentes susceptibles de lui fournir une immunité dans le cadre de son business et ce, comme à l’époque où son père bénéficiait de la protection du General Dlimi, dont il est marié à sa nièce.

C’est de cette manière qu’un grand nombre d’observateurs de la scène politique nationale ont interprété le ralliement de Samir Abdelmoula au PAM, lui ayant permis de briguer avec succès, lors des communales de juin 2009, le poste de maire de Tanger, duquel il finira par démissionner après plus d’un an, non sans avoir affiché une nonchalance déconcertante dans l’exercice de ses responsabilité, prouvant par là même, son indifférence quant à la gestion des préoccupations des Tangérois.

Ne pouvant rester sans «Papa-Poule», Samir Abdelmoula, qui n’a jamais partagé ni de prés ni de loin le référentiel religieux du PJD, a décidé de miser sur ce parti en se précipitant pour y adhérer, notamment après s’être convaincu que dans la foulée du «printemps arabe», les islamistes modérés pourraient accéder au gouvernement et tout ne serait que bénéfice pour lui.

Aujourd’hui, l’opinion publique nationale s’interroge sur le sort qu’entend réserver Mustapha Ramid, le Ministre de la justice et des libertés d’obédience PJD, à l’instruction de l’affaire de trafic international de stupéfiant pour laquelle a été récemment auditionné Samir Abdelmoula.

Cette question se pose avec beaucoup d’acuité, dans la mesure où, contrairement aux dossiers de l’ONDA et du CUH, au sujet desquels Mustapha Ramid s’était montré intransigeant en ordonnant, dés la prise de ses fonctions ministérielles, une accélération des étapes de la procédure judiciaire y afférant ; la nouvelle affaire de Samir Abdelmoula, dont les faits remontent à 2007, semble promise à un traitement très laxiste, comme en témoigne l’attitude condescendante affichée par ce dernier, qui s’est permis à plusieurs reprises et d’une manière qui prête à équivoque, d’ignorer les convocations de la BNPJ. 

14:02 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Maroc - Abdellah Tourabi : "La partie d'échecs entre Al Adl et l'État ne fait que commencer"

Maroc

"La partie d'échecs entre Al Adl et l'État ne fait que commencer"

Abdellah Tourabi

Propos recueillis à Rabat par Youssef Aït Akdim, le 28 décembre 2012

Selon ce spécialiste de l'islam politique, l'après-Yassine restera marqué par l'héritage intransigeant du cheikh. Mais il n'est pas exclu que la relève assouplisse un jour la ligne d'Al Adl wal Ihsane.

Ceux qui ont assisté aux funérailles d'Abdessalam Yassine, le 14 décembre, à Rabat, ont pu constater l'impressionnante force de mobilisation d'Al Adl wal Ihsane. Depuis les années 1970, le mouvement a réussi à s'ancrer dans la société marocaine, au point d'offrir un concentré du «pays profond». La foule disciplinée et silencieuse qui accompagnait, ce jour-là, le cheikh au cimetière des Chouhada est un instantané du royaume du Maroc. Vieillards en djellaba et turban, jeunes au look branché, ingénieurs et citoyens lambda, adeptes et sympathisants étaient nombreux. Combien ? La direction du mouvement a refusé la guerre des chiffres, et d'ailleurs la police n'en donne pas.

«Rabat», comme on dit pour nommer l'État, a tout simplement fait comme si de rien n'était. Même la presse francophone (celle de l'élite) était frappée, ce matin-là, d'une soudaine myopie, omettant de revenir sur la mort, la veille, de Yassine, étalée à la une de tous les quotidiens arabophones. Mais de loin, alors que le cortège soulignait le potentiel d'un mouvement éminemment contestataire, un observateur lâchait dans un souffle : «Si le Parti de la justice et du développement [PJD, qui dirige aujourd'hui la coalition gouvernementale, NDLR] est l'opposition islamiste de Sa Majesté, l'opposition à Sa Majesté est là.» Glaçant.

Que change la mort du cheikh Yassine dans le paysage politique marocain ?

Abdellah Tourabi : Le décès d'Abdessalam Yassine marque d'abord la disparition de l'un des derniers opposants historiques à la monarchie au Maroc, fondateur et chef spirituel d'une organisation islamiste populaire et influente. À court terme, cette fin biologique ne changera pas grand-chose à la configuration politique actuelle. Al Adl place en effet son activité en dehors des institutions officielles et préfère investir d'autres secteurs, plus porteurs en termes de contestation et d'opposition à l'État. On l'a vu l'année dernière dans le cadre du Mouvement du 20-Février, où l'organisation du cheikh Yassine a été fortement présente. Il est probable donc qu'Al Adl, même après la disparition de son chef, continue d'adopter cette stratégie contestataire visant à affaiblir et à déstabiliser le pouvoir. C'est à une longue et patiente partie d'échecs que se préparent les deux adversaires.

Y a-t-il une crise de succession possible à l'intérieur d'Al Adl ?

Je ne le crois pas. Il est évident que le décès du cheikh Yassine est une grande perte pour le mouvement. Pour différentes raisons, c'est un personnage irremplaçable pour ses adeptes, mais Al Adl se préparait déjà à cette éventualité, notamment après la détérioration de la santé du cheikh depuis quelques années. La Jamaa dispose de règles strictes, élaborées par Yassine lui-même, pour fixer la question du choix des instances dirigeantes, y compris celui du «guide général», le chef spirituel et politique du mouvement. D'ailleurs, depuis plus de six ans, à cause de l'âge avancé du cheikh et de sa santé fragile, Al Adl était géré en réalité d'une façon collégiale par le conseil de la guidance, la plus haute instance du mouvement.

Yassine et ses disciples considèrent que la monarchie est illégitime et non conforme à l'idéal islamique d'un régime juste et vertueux.

Justement, que représentait le cheikh Yassine pour ses adeptes ?

Pour ses adeptes, il était un guide spirituel, un chef politique et un modèle de vie. Dans une pure tradition soufie, le cheikh Yassine représentait pour ses disciples un pôle de sainteté, entouré de grâce et de baraka, dont la proximité et le compagnonnage sont source de salut spirituel. Il était aussi un chef politique en raison de son opposition à la monarchie et de ses idées, qui constituent un programme politique et une ligne de conduite pour le mouvement qu'il a fondé. Enfin, ses partisans lui vouaient une admiration sans limite et continueront de voir en lui un modèle de courage, de rectitude morale et de résistance.

En somme, Al Adl est-il une confrérie, un mouvement contestataire ou un parti en devenir ?

Al Adl est tout cela à la fois. À l'image des confréries, Al Adl place au coeur de sa formation et de son programme les questions de l'éducation spirituelle, du compagnonnage d'un cheikh et du lien indéfectible de «fraternité» entre les membres de la communauté. C'est pour cette raison qu'Al Adl est accusé d'être une secte dirigée par un chef spirituel aveuglément suivi par ses adeptes. Par ailleurs, la nature contestataire du mouvement est liée à un positionnement politique : Yassine et ses disciples considèrent que la monarchie est illégitime et non conforme à l'idéal islamique d'un régime juste et vertueux. Quant à la question du parti, Al Adl dispose déjà d'une structure nommée Cercle politique, qui se charge de gérer les activités politiques du mouvement. Ce dernier est donc susceptible de se transformer, au gré de l'évolution des rapports avec l'État, en parti.

Faut-il lire l'indifférence des officiels à l'annonce de la mort de Yassine comme le signe d'une réconciliation impossible ?

Cette indifférence traduit le poids du conflit qui oppose l'État marocain au mouvement et les dissensions profondes qui les séparent. Il ne faut pas oublier qu'en 2011, quand le Printemps arabe battait son plein, Al Adl était à la pointe de la mobilisation contestataire et qu'il a fourni au Mouvement du 20-Février l'essentiel de ses moyens humains et logistiques. Le flou autour des raisons de sa participation au sein de ce mouvement de protestation politique et sociale cachait à peine son souhait et but ultime : affaiblir la monarchie et la renverser si possible. Forcément, cela a laissé des traces chez les officiels marocains.

Al Adl juge inutile et illusoire la stratégie, adoptée par le PJD, qui consiste à accepter les règles du jeu politique marocain

Pourquoi le mouvement refuse-t-il de participer aux élections ? Pour qui votent ses disciples ?

On l'a dit, Al Adl refuse de reconnaître le caractère religieux de la monarchie et conteste au roi le statut de Commandeur des croyants. Or cette reconnaissance est un prérequis, notamment pour les partis islamistes, afin d'accéder à la vie politique officielle et aux institutions représentatives du pays. Tous les partis islamistes marocains, à l'image du PJD, sont passés par là pour être autorisés et intégrés. Selon une vision eschatologique, le mouvement du cheikh Yassine considère également que la monarchie héréditaire, en vigueur au Maroc, s'oppose au califat, qui doit constituer l'horizon politique et religieux des musulmans. Les membres de la Jamaa préfèrent donc ne pas participer à des élections, dépourvues d'enjeux selon eux, et la direction du mouvement ne donne aucune consigne de vote, pas même au profit des formations islamistes existantes.

À quoi joue le PJD dans sa relation avec Al Adl ?

Il y a beaucoup de respect et une proximité idéologique évidente entre le PJD et Al Adl en raison de leur appartenance à la même famille islamiste. Mais ça s'arrête là. Les choix politiques et les démarches prônés par les deux organisations sont diamétralement opposés et empêchent toute collaboration ou alliance entre elles. Al Adl juge inutile et illusoire la stratégie, adoptée par le PJD, qui consiste à accepter les règles du jeu politique marocain. Pour Yassine et ses adeptes, ce choix d'un certain gradualisme ne permet pas de transformer la nature despotique de l'État. Inversement, le parti de Benkirane considère l'intransigeance et la radicalité prônées par le cheikh Yassine comme une posture stérile et irréaliste. On est donc en présence de deux visions différentes et opposées : réformiste chez le PJD et révolutionnaire pour Al Adl.

Peut-on identifier un courant «participationniste» et un autre plus intransigeant ?

À court terme, il serait très difficile d'identifier ce genre de courants, car la pensée et la ligne tracée par le cheikh Yassine seront encore présentes et dominantes, et continueront de cimenter le mouvement. Néanmoins, il faut observer une évolution sociologique et démographique au sein d'Al Adl qui pourrait contribuer, dans l'avenir, à un réajustement des positions du mouvement à l'égard de la question de la participation politique. Ainsi, ses cadres, aujourd'hui quadragénaires et quinquagénaires, pourraient être tentés par la «notabilisation» et la sortie d'un militantisme intransigeant dont le coût est très élevé en termes de carrière professionnelle et de stabilité sociale (prison, procès, intimidations policières). Cette situation pourrait pousser de larges pans du mouvement à interpréter autrement la pensée du cheikh Yassine pour l'adapter à une nouvelle ligne plus souple et participationniste

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Maroc: condamnation douteuse d'un militant anti-régime

Maroc

Condamnation douteuse d'un militant anti-régime

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Par RFI, le 28 décembre 2012

Au Maroc, les voix trop critiques du régime continuent d’attirer les foudres des autorités. A Rabat, c’est le cas d’Idriss Boutarada. Emprisonné depuis une dizaine de jours, le jeune homme de 37 ans a été condamné le 27 décembre à un an de prison ferme et 5 000 dirhams d’amende. Officiellement condamné pour trafic de stupéfiants, ses défenseurs dénoncent un procès monté de toutes pièces pour faire taire ce militant du Mouvement du 20-février, un collectif de jeunes qui s'opposent aussi bien à la monarchie qu'aux islamistes.

La police marocaine assure avoir arrêté le jeune homme en possession de quinze grammes de cannabis et de 20 euros, preuve du trafic selon eux. Pour la défense, c’est un mensonge. Le procès serait monté de toutes pièces. La preuve, selon son avocate : Idriss a été arrêté deux jours après avoir participé à une manifestation où il parodiait le roi.

Ce jour-là, ce militant notoire avait revêtu une djellaba traditionnelle, un couvre-chef rouge et une béquille ; une tenue dans laquelle le roi Mohammed VI est apparu publiquement ces dernières semaines. Pour les défenseurs d’Idriss, la condamnation servirait à punir le militant pour s’être moqué du souverain marocain.

Ces derniers mois, la drogue a régulièrement été utilisée comme prétexte à l’encontre d’autres militants trop critiques vis-à-vis du régime. Une façon subtile, selon les défenseurs des droits de l’homme, de ne pas s’en prendre directement aux droits politiques et d’expression. Une cinquantaine de militants sont actuellement derrière les barreaux après des procès similaires. Idriss Boutarada, lui, a décidé d’interjeter appel.

11:32 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 décembre 2012

"La France a un problème de racisme" selon Taarabt

"La France a un problème de racisme"

Adel Taarabt

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AFP, le 27 décembre 2012

Le milieu de terrain offensif franco-marocain des Queens Park Rangers, Adel Taarabt, a expliqué préférer jouer pour le pays de son père que pour la France qui a, selon lui, un "problème de racisme", dans une interview publiée mercredi en Italie.

"Mon père, Marocain, insistait pour (que je choisisse) les Bleus mais à la maison on mange et on parle arabe. Je me sens Français mais l'hymne du Maroc me fait vibrer davantage que la Marseillaise", a expliqué Taarabt, 23 ans dans un entretien avec la Gazzetta dello Sport.

Pour Taarabt, qui n'a pas été retenu pour la CAN-2013 par le sélectionneur du Maroc Rachid Taoussi, "la France a un problème de racisme. S'il y a du bazar en équipe nationale, c'est toujours de la faute des Blacks, des Nasri, Ben Arfa ou Benzema, jamais des types comme Ménez, qui n'est même pas un nom français (sic)".

"Ils feraient mieux de ne convoquer que des Blancs. Ils ont massacré Nasri en Coupe d'Europe mais personne ne sait que quand il a remporté la Premier League contre nous (QPR, ndlr), le dernier jour, il pleurait car sa mère est à l'hôpital, malade du cancer depuis trois ans", a ajouté Taarabt.

Le joueur a aussi évoqué son admiration pour Zinedine Zidane, qui a grandi comme lui à Marseille. "C'est mon Maradona à moi. Je l'imitais sur les terrains de mon quartier, qui était moins malfamé que le sien, même s'il y avait là-bas aussi des trafics, des bagarres, des trucs qui te font grandir plus vite", a-t-il déclaré.

"C'est de cette période-là que j'ai gardé l'envie d'être le meilleur mais aussi les feintes, le dribble et les petits ponts, ce sont des choses que tu n'apprends que dans la rue", a-t-il expliqué.

Le joueur a aussi déclaré qu'il ne se voyait pas évoluer pour le Paris SG. "Tant que Leonardo, qui m'a préféré Pastore et a dit du mal de moi, sera là, je n'y irai jamais. Même si je parle souvent au téléphone avec le président Nasser Al Khelaifi", a-t-il dit.

Dans l'entretien, il a indiqué qu'il "ne renoncerait aux (clubs) britanniques que pour le Milan". "Mon agent parle avec Galliani (administrateur de l'AC Milan) mais tout dépend de Robinho et encore de Pastore", qui a fait part mi-décembre de son envie de jouer à l'AC Milan dans l'avenir, a noté Taarabt, qui a ajouté que "réussir sous le maillot rouge et noir (lui) ouvrirait les portes de grandes équipes comme le Real Madrid ou Barcelone".

26 décembre 2012

Polygamie: comment les Marocains rusent pour avoir une seconde épouse

Polygamie

Comment les Marocains rusent pour avoir une seconde épouse

Jaouad Mdidech, le 25 décembre 2012

Certains hommes changent de ville pour produire un certificat de célibat, d’autres enfantent avec la deuxième partenaire pour obliger le juge à mener une action en reconnaissance du mariage.

Bon an mal an, le nombre d’hommes se donnant le droit d’avoir plus d’une épouse au Maroc ne dépasserait pas le millier par an (0,27% de l’ensemble des mariages scellés en 2008; 0,31% des 314.400 actes de mariage conclus en 2009, selon le ministère de la justice).

Nombre insignifiant, pourra-t-on dire, la polygamie n’est pas interdite, mais elle est assortie, depuis le code de la famille entré en vigueur en 2004, de conditions si draconiennes qu’elle devient, en théorie, quasiment impossible.

Mais la réalité sur le terrain dit autre chose, les demandes pour avoir une seconde épouse se comptent par milliers dans les tribunaux, selon Nadia Mouhir, avocate au barreau de Rabat, «et ce ne sont pas uniquement les riches qui la formulent, j’en vois aussi des moins riches, des intellectuels, des cadres de société…»

Seul hic, ajoute-t-elle, «avec la nouvelle procédure instituée par le nouveau code, ils ne l’obtiennent pas facilement».

La procédure: Pour avoir droit à une seconde (ou à une troisième ou quatrième épouse, la loi marocaine ne l’interdit pas), la loi exige de l’époux une autorisation du tribunal, que sa demande soit suffisamment justifiée, que le requérant ait la capacité financière de subvenir aux besoins des deux familles, qu'aucune injustice ne soit à craindre.

Cela dit, l’accord de la première épouse est obligatoire, sinon elle aura le droit de demander le divorce. Conditions que tous les maris ne sont pas capables de remplir. On détourne alors la loi en recourant à des subterfuges, qui vont jusqu’à livrer des dossiers falsifiés au juge pour obtenir son aval.

Il change de ville pour avoir un certificat de célibat vierge

Au mois de novembre 2012, Ahmed B., 31 ans, marié depuis huit ans à Salé, père de deux enfants, a procédé à un deuxième mariage dans une autre ville, Agadir, avec un faux certificat de célibat.

Beaucoup de prétendants à la polygamie le font:

«Ils désertent la ville où ils vivent avec leurs épouses, se font une adresse dans une autre, pour le seul but d’avoir droit à un certificat matrimonial vierge», certifie Khadija Rabbah, de la section casablancaise de l’Association démocratique des droits de la femme (AMDH).

Souvent, la première épouse n’est même pas informée.Toujours est-il que notre bonhomme d’Agadir n’a pas pu longtemps jouir des délices de l’amour avec sa nouvelle dulcinée: pas plus d’un mois après la conclusion de l’acte, il est arrêté dans le domicile de sa seconde et condamné à trois ans de prison ferme.

On peut se poser la question: pourquoi ce polygame qui a choisi Agadir pour se remarier n’avait tout simplement pas divorcé de sa première femme, et éviter ainsi la prison? Me Nadia Mouhir a son explication:

«Tout simplement pour éviter de verser la pension alimentaire.»

Changer de ville n’est pas le seul subterfuge utilisé pour détourner la loi. Comme il est obligatoire d’avoir l’accord de la première femme, des hommes, pour faire pression sur elle et sur le juge, font en sorte que leur deuxième partenaire tombe enceinte.

Le juge recourt alors à l’article 16 du code de la famille pour mener une action en reconnaissance du mariage. Ainsi, et le juge et la première femme sont devant le fait accompli, et cette dernière n’a qu’à accepter cette situation, ou la refuser et demander le divorce.

44% des Marocains sont pour la polygamie

Il faut dire que huit ans après l’entrée en vigueur de la nouvelle législation sur la famille, des poches de résistances persistent et montent à chaque fois au créneau.

Juges, adouls (sorte de notaires traditionnels) n’hésitent pas à jeter l’anathème sur nombre d’articles de ce code, dont celui relatif à la polygamie.

Abdesslam El Bouraini, président de l’ordre national des adouls du Maroc ne comprend toujours pas pourquoi le législateur a rendu la polygamie si difficile à obtenir:

Si l’islam l’a autorisée, assène-t-il, «c’est pour le bien de la communauté, sinon c’est la débauche. Cette loi a encouragé les hommes et les femmes à avoir des relations sexuelles hors du mariage. L’âge du célibat augmente de plus en plus, et des femmes ne trouvent pas de mari, pourquoi ne pas alléger la procédure pour permettre aux hommes qui ont les moyens  d’épouser d’autres femmes?»

Bien entendu, à une seule condition ajoute-t-il, «que le mari les traite avec équité. Comme ça, on aura sauvé beaucoup de femmes

Oui, équité, c’est la grande question: comment un homme, avec ou sans moyens financiers, pourra-t-il être juste avec deux familles? Partager son amour avec deux (trois ou quatre) femmes? Equité ou pas, une chose est sûre: culturellement la société marocaine ne rejette pas tout à fait la polygamie, et plus on avance dans l’âge plus on y est favorable.

44% des Marocains sont pour la polygamie. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée, en 2007, par trois chercheurs marocains sur les valeurs et les pratiques religieuses.

Face aux conservateurs qui demandent un allègement de la procédure de la polygamie, les modernistes revendiquent purement et simplement son interdiction.

Pour K. Rabbah, permettre encore la polygamie est une entorse aux engagements pris par le Maroc au niveau international quant à l’égalité entre la femme et l’homme.

Rappelons que, en 2011, parmi les recommandations qu’une vingtaine d’ONG avaient soumises dans un rapport envoyé au Haut commissariat des droits de l’Homme des Nations unies, on demandait, pour être conforme avec la lettre et l’esprit de la Constitution et aux engagements du Maroc de «réviser l’actuel code de la famille afin de disposer de l’interdiction de la polygamie et du mariage des mineures…»

00:21 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

24 décembre 2012

Routes du cannabis : tous les chemins mènent au Rif

Routes du cannabis

Tous les chemins mènent au Rif

Propos recueillis par Fatima Arab, le 24 décembre 2012                          

Abdelkader Abderrahmane, chercheur au sein de la division de Prévention des conflits et analyses des risques (CPRA) de l’Institut d’études de sécurité (ISS) à Addis-Abeba, (Ethiopie) explique que la crise qui secoue de plein fouet l’Europe offre un terrain propice pour la prospérité du trafic de la drogue au niveau des deux rives de la méditerranée.

Les deux phénomènes étant étroitement liés. Il faut savoir que selon cet expert, les premières plantations de cannabis au Maroc sont apparues au XVe siècle. Sa culture et sa consommation étaient autorisées par le roi Hassan Ier au XIXe siècle dans certaines zones limitées. Avec le temps, la culture du cannabis se développa, particulièrement dans les régions montagneuses et pauvres du Rif. Mais c’est à partir des années 1960 que le cannabis a pris son essor au Maroc. «En effet, l’exclusion intentionnelle de la région rifaine de tout développement économique de la part du souverain Hassan II, ne fit qu’encourager et accroitre la culture du haschisch», soutient M. Abderrahmane qui fera remarquer que "cette sanction délibérée poussa éventuellement les Rifains à un exode massif vers l’Europe au cours des années 60 et 70.

Cependant, cette immigration qui devait s’installer essentiellement en France, en Belgique, au Pays-Bas, en Allemagne et à partir des années 1980, en Espagne, allait par la suite poser les premières bases de ce qui deviendra  plus tard et jusqu’à ce jour, la filière marocaine du trafic de cannabis entre le Maroc et le continent européen". Comme conséquence, commente le même chercheur, «la culture du cannabis devint alors pour de très nombreux Rifains ayant un lien familial avec ces migrants, un substitut de plus en plus attrayant, d’autant plus que la demande de cannabis émanant des marchés européens ne cessait d’augmenter». Il devint au fil des années, la première source de revenue pour beaucoup de marocains dans cette région montagneuse.

Le résultat actuel est qu’avec l’aide de trafiquants européens, les réseaux de commercialisation marocains, ont avec le temps, réussi à se consolider, transformant le royaume chérifien en tant que premier fournisseur de cannabis du continent européen. L’expert du CPRA se réfère aussi au rapport de L’Office des Nations unies pour la lutte contre la drogue et le crime, (UNODC), qui indique que le Maroc cultivait en 2011, près de 50000 hectares de terres pour une production totale de cannabis et de résine de cannabis de 40 000 tonnes. M. Abderrahmane reste sceptique quant à un éventuel changement de position des autorités marocaines pointées du doigt pour laxisme dans la lutte contre ce fléau.

«Il est à l’heure actuelle peu probable que le Maroc puisse faire d’énormes efforts afin de contenir le trafic de cannabis et les activités illicites liées à ce même business. En ces temps de crise économique, il est en effet difficile pour Rabat d’être très regardant sur la provenance de fonds susceptibles de renflouer les caisses de l’Etat et de contribuer à l’économie nationale. Aussi, cette situation ne peut que renvoyer aux calendes grecques l’éradication totale de la culture du cannabis et d’anéantir par la même, les efforts de lutte contre ce fléau engagés par le royaume chérifien».     

13:36 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21 décembre 2012

Maroc : Lettre ouverte à Mr le Ministre de l’Education Nationale, Mohammed el Ouafa

Maroc

Lettre ouverte à Mr le Ministre de l’Education Nationale, Mohammed el Ouafa

Par Maguy Kakon, le 21 décembre 2012

Et encore une ! Mr le Ministre, celle-ci est de taille ! Lors de la visite de Mr Eisenberg, président de l’Alliance israélite universelle, venu au Maroc évaluer l’état de l’enseignement des écoles de l’Ittihad Maroc, et lors de la visite de courtoisie au Ministre, ce dernier propose de «réhabiliter» certaines écoles vétustes appartenant à l’Ittihad Maroc, action des plus honorables, mais pour qui ? L’ensemble des enfants scolarisés juifs ne dépassent pas les 400 élèves, 250 élèves musulmans, car certains enfants de notables ou éducateurs scolarisent leurs enfants dans les écoles de l’Ittihad Maroc.

Ce qui m’interpelle et me sidère, ce sont «les plaques commémoratives pour faire connaitre aux générations actuelles et futures l’histoire commune de partage et de cohésion entre les communautés juive et musulmane au Maroc» dixit le ministre rapporté par la MAP.

Mr le ministre, l’histoire s’apprend dans les livres, l’histoire est programmée dans les livres scolaires, l’histoire de notre pays est un droit fondamental qui doit être enseigné à nos enfants avec toutes ses composantes, sans amnésie, car la connaissance est génératrice de mécanismes civiques, d’altruisme, de dignité. «Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir», disait l’illustre Ghandi.

Mr le ministre, la contribution de la communauté juive au développement de notre pays, le rôle joué par la diaspora juive, mérite un peu plus d’égard qu’un mur commémoratif, elle mérite sa place dans l’histoire, sa légitimité est à rappeler à certains enseignants dont le rôle est majeur et déterminant, qui véhiculent des ignominies. Imposer la lecture de notre nouvelle Constitution évitera à nos jeunes, bien des dérapages et des amalgames.

Mr le ministre, engagée dans le droit à l’éducation pour tous, partisane de l’urgence de l’école de la petite enfance à la réflexion sur la faillite du système scolaire national, (300 000 élèves déscolarisés par an, pour 518 000 nouveaux inscrits, sur 100 élèves, seulement 8 ou 10 iront à l’Université, pour venir grossir les rangs des diplômés chômeurs car l’inadéquation de leur enseignement et diplômes les pénalisent….. ) il est venu le moment d’appliquer et d’écouter les recommandations des chercheurs de l’Unicef, Unesco, CSE, la société civile…..

Septembre 2012, via Luxe Radio et Aswat, au cours d’une table ronde sur les failles de notre système éducatif, je vous ai lancé un appel pour rapprocher vos équipes des systèmes performants comme l’Ittihad Maroc, l’exemple du Kérala en Inde (pays où vous étiez ambassadeur, pourtant les voyages forment l’esprit disait Montaigne, que nenni.

Mr le ministre il m’est indispensable de vous rappeler la responsabilité de votre ministère, combien il est impactant pour la formation de l’avenir de notre jeunesse qui est le Maroc de demain avec toutes ses ethnies présentes ou absentes, le Maroc est en eux, on ne peut renier d’où on vient, tout est question d’Education.

Mr le Ministre pour votre information, je suis vivante, engagée dans la marche de mon pays, dynamique pour de longues années encore, cette "plaque" merci de la réserver pour d'autres usages, votre invité a peut-être été séduit mais il n'est pas marocain : il est d'usage dans les pays européens pour s’acter des responsabilités et les culpabilités après la seconde guerre mondiale envers la déportation des juifs, de commémorer cela par une plaque murale, il ne peut en être ainsi chez nous, nous avons des modes adéniques. Cela m'insupporte et m'indigne et serait la pire insulte faite à mes aïeux au Maroc depuis le VIIème siècle avec leur sépulture dans le Tafilalet et l'Oued Draa que tout un pan de l'histoire du Maroc soit réduit à une plaque. Feu Mohamed Arkoun grand humaniste s’étonnait avec tristesse que les historiens marocains se soient amputés d’une de leur plus belle page de leur Histoire.

Certains se demandent si vous n’auriez pas été plus utile à la tête de votre parti plutôt qu’aux commandes de l’Education, qui n’est pas du ravaudage.

Mes salutations, M. Le Ministre.

11:01 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Laïcité à la marocaine

Laïcité à la marocaine

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Par Ibnkafka,  le 3 décembre 2012

Dans un Etat qui se dit musulman dont le chef d’Etat a pour titre officiel Commandeur des croyants, où le culte musulman (du moins dans sa version sunnite malékite) est une administration publique, et dont le statut personnel est à fondement religieux, il peut paraître surprenant que des élections soient invalidées par le juge électoral parce que des tracts électoraux des candidats vainqueurs comportaient des photos des candidats dont l’arrière-plan laissait paraître un minaret.

C’est ce qui s’était passé avec la décision du Conseil constitutionnel marocain n° 856/2012 du 13 juin 2012 : en application de la loi n° 57-11 relative aux listes électorales générales, aux opérations de référendums et à l’utilisation des moyens audiovisuels publics lors des campagnes électorales et référendaires, et plus particulièrement de son article 118, les «sages» avaient invalidé l’élection des candidats PJD de la circonscription de Tanger-Asilah. Que dit cet article ? Le voici :

Article 118:

Les programmes de la période électorale, ainsi que les émissions préparées pour la campagne électorale ne doivent en aucun cas comporter des matières susceptibles de:

- porter atteinte aux constantes de la Nation telles qu’elles sont définies dans la Constitution;

- troubler l’ordre public;

- porter atteinte à la dignité humaine, à la vie privée ou manquer au respect dû à autrui;

- porter atteinte aux données et informations protégées par la loi;

- comporter un appel de fonds;

- inciter au racisme, à la haine ou à la violence.

Ces programmes et émissions ne doivent pas également:

- faire usage des emblèmes nationaux;

- faire usage de l’hymne national en totalité ou en partie;

- comporter l’apparition dans des lieux de culte ou faire usage total ou partiel de ces lieux;

- comporter une apparition à l’intérieur des sièges officiels identifiables comme tels, qu’ils soient locaux, régionaux ou nationaux;

- faire apparaître des éléments, des lieux ou des sièges susceptibles de constituer une marque commerciale.

La Haute autorité de la communication audiovisuelle veille au respect des dispositions prévues dans le présent article conformément aux attributions qui lui sont dévolues par la législation en vigueur.

On pourra certes ergoter: l’article en question parle de programme électoral, et l’article 118 de ladite loi s’insère dans le chapitre 2 «Utilisation des moyens audiovisuels publics pendant les campagnes électorales et référendaires» du titre IV «Sondages d’opinion et utilisation des moyens audiovisuels publics lors des élections générales et des referendums". En l’occurence, il s’agissait de tracts et non pas de clips électoraux diffusés sur l’audiovisuel public marocain. Mais c’est oublier que seule la loi pénale doit s’interpréter strictement sans recours à l’analogie – or ici, il s’agit du Conseil constitutionnel en tant que juge électoral, qui apprécie la régularité des opérations électorales et qui n’a pas pour rôle de réprimer des infractions pénales éventuellement commises par les candidats dont elle juge l’élection. Il est donc loisible au Conseil constitutionnel de faire – comme il le fait ici en précisant que l’interdiction de l’article 118 s’applique indépendamment du support – une application par analogie de l’article 118, et de l’appliquer à d’autres supports que les clips électoraux – cela fait sens, car si le législateur a voulu interdire aux candidats d’exploiter le sentiment religieux ou national en prohibant notamment l’usage d’images de lieux de culte, cela vaut indépendamment du support choisi par les candidats, tract électoral, clip télévisé ou clip sur Internet.

Dans la mesure où l’objectif visé – empêcher la manipulation des sentiments religieux des électeurs en interdisant aux candidats de se mettre en scène dans des lieux réservés au culte – est légitime – et on peut estimer qu’il l’est – notons cependant que la loi est imparfaite: quid en effet du candidat imprimant des versets coraniques, faisant figurer des exemplaires du Coran sur un tract ou invoquant des titres religieux (imam, ou diplôme religieux)? Ce serait sans doute pousser l’analogie trop loin que de prohiber de telles utilisations de tels mentions ou symboles religieux dans l’état actuel de la loi, et on pourrait sans doute franchir la démarcation délicate qui sépare l’interdiction de la manipulation des sentiments religieux des électeurs de celle de l’interdiction de l’expression d’une sensibilité religieuse ou philosophique, que chaque candidat doit être libre de pouvoir invoquer dans une société démocratiqueon pourrait imaginer ainsi une inquisition contre les candidats barbus ou les candidates voilées.

On relèvera cependant l’ironie qui veut que le Code électoral français - pays où les écolières sont expulsées de l’école publique si elles ont un couvre-chef d’apparence musulmane et ou les principaux candidats à l’élection présidentielle cette année discutaient de viande halal et d’horaires séparées de piscine – ne contienne aucune interdiction de contenu religieux dans les affiches ou tracts électoraux de candidats aux élections en France – tout juste l’article R-27 de ce Code interdit-il l’usage des trois couleurs du tricolore (et encore, sauf si ces couleurs sont incluses dans le symbole du parti dont se réclame le candidat, ce qui est par exemple le cas du Front national) (1). Le PJD aurait ainsi pu se présenter en France avec ce tract, sans encourir de sanction de la part du juge électoral français

Ce n’est donc bien évidemment pas la laïcité qui a animé le législateur marocain en adoptant l’article 118 de la loi n° 57-11 – la Constitution de 2011 affirme dans son préambule que le Maroc est "un Etat musulman souverain", dans son article 3 que "l’Islam est la religion de l’Etat", puis dans son article 41 que "le Roi, Amir al mouminine, assure le respect de l’Islam" , qu’"il préside le Conseil supérieur des oulémas" et qu’il "exerce par dahirs les prérogatives religieuses inhérentes à l’institution d’Imarat al mouminine…" . Ce n’est donc pas le mélange des genres, religieux et politique, qui dérange l’Etat marocain: c’est le fait que son monopole – ou plutôt celui du Roi -serait rompu si chaque candidat ou parti pourvait également se réclamer de l’islam. Cette volonté de monopole est clairement exprimée dans la Constitution: l’article 41 précise ainsi que les prérogatives que cette disposition lui attribuent «lui sont attribuées de manière exclusive» et que seul le Conseil supérieur des oulémas qu’il préside peut valablement émettre des fatwas (ce dernier conseil semble d’ailleurs ne pas pouvoir s’auto-saisir ou être saisi par une autre autorité que le Roi lui-même).

Laïcité à la marocaine ? Non, et même si c’est fort heureux vu le discrédit qui frappe ce terme, il faut voir dans cette jurisprudence constitutionnelle la règle d’airain du makhzen – faites ce que je dis, pas ce que je fais.

(1) Bien évidemment, la communication électorale d’un candidat aux élections en France demeure soumise au droit commun en matière de diffamation ou d’injures publiques, ou encore de provocation à la haine raciale ou d’appel à la violence. Mais la simple publication d’une photo de candidats comportant un minaret en arrière-plan paraîtrait difficilement sanctionnable par le juge électoral, même s’il ne faut jurer de rien s’agissant de France et d’islam.

10:33 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20 décembre 2012

EFJ debates about press freedom and freedom of expression in Turkey

EFJ debates about press freedom and freedom of expression in Turkey

«Au Maroc, tout le monde est hypocrite»

 «Au Maroc, tout le monde est hypocrite»

Jacob Cohen

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19 décembre 2012

Egypte

Egypte

L'Egypte traverse encore des turbulences politiques avec un bras de fer entre le président Mohammed Morsi issu des Frères musulmans et l'opposition. Pourquoi ces nouveaux heurts près de deux ans après la chute de Moubarak ? Il y a aussi des tensions avec les islamistes sur la place de la charia dans la future Constitution. Dans ce contexte, les coptes orthodoxes d'Egypte ont désigné leur nouveau patriarche. Tawadros II a été intronisé le 18 novembre au Caire. Qui est-il ? Quels espoirs pour les chrétiens sur cette terre refuge pour la Sainte Famille ? Décryptage avec notre invité dans Eglises du Monde…

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