29 décembre 2008

Votre question m'interpelle...

Votre question m'interpelle

...

Et

puisque vous me la posez

, je veux prendre qqs minutes pour y répondre

Par Daniel Vanhove, le 29 décembre 2008 (En réponse à la question posée par Souhail Chichah)

C'est effectivement la bonne question à poser

 

Or

il faut bien constater que l'asphyxie du peuple palestinien se poursuit. Impunément. C'est donc que qq part, nous échouons dans nos manifestations pour le soutien à cette cause... Et

nous échouons en grande partie pcq nos manifestations sont... sans lendemain

...

Il faut continuer à dénoncer

in-la-ssa-ble-ment ce qui se passe dans cette région du monde, tant que la justice n'aura pas retrouvé ses droits... Le combat est donc de longue durée... ce qui est la difficulté pour nos pays riches (et donc pour les militants), habitués à être satisfaits rapidement dans leurs désirs multiples... Nous sommes des coureurs de sprint quand il faudrait des coureurs de fond (c'est un autre aspect de la question, mais à mon sens, c'est lié...)

Par ailleurs, le dernier vote du Conseil des 27 ministres européens , y compris de la part de partis de gauche. C'est l'objet du prochain article que je termine et qui sera d'ici peu sur Internet. A ma connaissance, aucun parti en Belgique ne condamne clairement et fermement la politique israélienne, si ce n'est qqs partis dits "d'extrême gauche" mais qui en finalité, sont devenus les seuls à appliquer une réelle politique de gauche, digne de ce nom.

confirme la complicité de l'UE

Pour donc

répondre clairement à votre question

, après avoir demandé lors de chaque élection passée, la position des partis sur la question palestinienne, aujourd'hui, je ne peux que vous encourager à délaisser les partis traditionnels, de gauche comme de droite, tant ils sont hypocrites et empêtrés dans leurs contradictions entre ce qu'ils disent et ce qu'ils font, et vous orienter vers de nvx partis qui renouvelleront peut-être un peu notre paysage politique hyper coincé et traditionnel... et feront peut-être contrepoids

aux politiques menées actuellement...

Pour ma part

, dans l'isoloir, il n'y a pas d'autre choix... le pire étant de voter blanc ou nul... ce qui laisse un bld aux partis actuels

...

. C'est ce que je dis et répète inlassablement à travers mes interventions, articles et livres : manifester comme nous le faisons ne sert pas à grand chose si c'est sans lendemain...

15:44 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26 décembre 2008

Le Père Noël est en or dur

Le Père Noël est en or dur

Moi, victime consentante déclare accepter de mon plein gré ce qui suit

Par Romain Desbois, le 23 décembre 2008

J’accepte que nos impôts servent à renflouer les magouilles des banquiers et leur permettent de continuer à gagner pour certains plus de 100 000 par mois. Lire

J’accepte que l’on trouve des centaines de milliards d’euros de lignes de crédits alors que les caisses sont vides pour loger les pauvres pendant que trois villes d’île de France se portent candidates pour offrir des milliers d’hectares à un circuit de Formule 1 . Lire

J’accepte de servir de caution pour les banques sans que l’on n’ait demandé mon avis et ce sans contre partie. Lire

J’accepte que nos impôts servent à payer 6 milliards d’euros par an des charge sociales à la place de ceux qui font des heures supplémentaires et à la place des entreprises qui profitent pour ne pas embaucher. Lire

J’accepte que 200 millions d’euros de nos impôts aient servi de bonus pour acheter des voitures diesel, augmentant le taux de fines particules hautement cancérigènes dans l’air, dont les enfants sont les premières victimes. Lire

J’accepte que l’Etat donne 400 millions d’euros pour financer la recherche sur les voitures propres alors que cela fait au moins quinze ans que Renault et Peugeot les fabriquent en Amérique Latine (ex Renault FLex) et refusent de les vendre en Europe. Voir

J’accepte que les cents traders les mieux payés puissent toucher ensemble, en 2007, 600 milliards de dollars ! (240 milliards d’euros), soit le salaire de 120 millions de personnes à 2 000 euros charges comprises. SOIT DIX MILLIONS D’EMPLOIS. Lire

J’accepte que l’on importe 60% du bio consommé en France, alors que l’on subventionne l’élevage et l’agriculture intensive comme j’accepte qu’en France 1 million 300 hectares de terres cultivables soient en friches, friches subventionnées par Bruxelles et donc par nos impôts. Lire

J’accepte que l’Etat, l’Union Européenne utilisent nos impôts pour maintenir élevés les prix de la viande, puis dépensent nos impôts pour inciter les gens à acheter de la viande (veau-tez c’est voter comme des veaux ?) et donc j’accepte de payer ma viande à mon boucher alors que je l’ai déjà payée trois fois. Lire

J’accepte que l’Etat subventionne l’exportation, truquant ainsi la balance commerciale, qui fait que sur les marchés d’Afrique les poulets français congelés sont vendus moins chers que l’élevage local, jetant ainsi les éleveurs autochtones dans la misère. Lire

J’accepte qu’Emmaus revende à vil prix sur les marchés des pays pauvres les vêtements neufs que je leur ai donné, fabricant ainsi des pauvres parmi les fabricants de vêtements locaux. Lire

J’accepte que l’argent de la recherche serve à soutenir le foie gras Lire, à soutenir le commerce de la fourrure Lire.

J’accepte que l’argent de la recherche serve à maintenir des méthodes expérimentales obsolètes et dont l’extrapolation à l’homme est de fait non scientifiques Lire

J’accepte que mes impôts servent tous les ans à boucher le trou de la Coface, équivalent du trou de la sécu selon M. David, président de la Coface (BFM 2007), argent qui a servi entres autres à payer à Dassault les Mirages fournis à Saddam Hussein et qui n’ont jamais été payés par l’Irak. Lire

J’accepte enfin de donner au Téléthon, Sidathon, Restothon, Sarkothon et autres michethons, l’Etat ayant tellement d’autres chats à nourrir.

15:07 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21 décembre 2008

Logique de la haine : Réflexions sur la mécanique raciste

Logique de la haine

Réflexions sur la mécanique raciste

philippe-val

Pierre Tevanian, le 19 décembre 2008

Le texte qui suit, extrait de La mécanique raciste, présente une critique des discours convenus de l’antiracisme d’État, qui réduisent le racisme à la «haine de l’autre». Il propose une tout autre analyse : la haine n’est pas le fondement du racisme, mais au contraire le signe d’une crise du racisme.

Nous l’avons déjà souligné : le racisé n’est perçu et traité comme un corps furieux, menaçant et haïssable que lorsqu’il refuse sa position subalterne et s’affirme avec trop de détermination comme un égal. Inversement, lorsque l’ordre social et symbolique inégalitaire demeure incontesté, le racisé demeure invisible et bénéficie même d’une certaine forme de sympathie, en tant que loyal serviteur.

Le récent déchaînement de violence et de furie prohibitionniste contre les filles voilées, par exemple, ne marque pas l’émergence d’un nouveau racisme : il constitue plutôt la forme réactive et exacerbée qu’a prise un racisme très ancien au moment où les racisées l’ont mis en crise. La haine qui s’est abattue à partir de 2003 sur ces femmes peut en effet être comprise comme une réaction de panique qui s’est emparée des gardiens de l’ordre social et symbolique raciste face à l’émergence d’une génération de jeunes musulmanes sûres d’elles même, de leur choix et de leur bon droit, face à leur insertion dans le paysage français et face à leur accession progressive à des espaces sociaux qui leur étaient jusqu’alors interdits par les lois non-écrites de la bienséance républicaine – l’école, l’université, les emplois qualifiés et le monde associatif et politique.

En d’autres termes, si les filles voilées n’ont pas été confrontées à une telle haine au cours des décennies précédentes, ce n’est pas parce que le racisme anti-arabe et anti-musulman n’existait pas, mais bien au contraire parce qu’il était beaucoup plus fort et incontesté : les femmes voilées étaient pour l’essentiel des mères au foyer ou des femmes de ménage, invisibles socialement, et la pression sociale intégrationniste dissuadait de toute façon les autres d’user de leur droit de porter le voile à l’école ou au travail. Les lois de prohibition et les campagnes de dénigrement n’étaient pas à l’ordre du jour pour la simple raison que sauf exception, les femmes voilées n’accédaient de toute façon pas à l’école et l’université, ni sur le marché de l’emploi – ou bien en faible nombre et à des places très subalternes. C’est uniquement lorsque leur exclusion sociale de facto a pris fin que le vote d’une loi de prohibition s’est imposé comme ultime rempart.

La loi anti-foulard du 15 mars 2004 doit en somme être considéré à la fois comme un recul grave sur le plan juridique et politique et comme un signe plus positif d’un point de vue sociologique, dans la mesure où elle révèle, en s’y opposant, un progrès de l’égalité sociale – suffisamment marquant pour inquiéter les gardiens de l’ordre inégalitaire et les pousser à l’extrême. La question qui se pose dès lors et de savoir ce qui, de la dynamique sociale égalitaire ou du contre-feu étatique, va l’emporter. Car s’il est certain que la perte de sang froid, le déferlement d’injures et le recours à la prohibition trahissent une perte de puissance et de confiance des dominants, il n’est pas moins certain que les campagnes de diabolisation et les lois de prohibition transforment radicalement le rapport de force et tendent à renvoyer les filles voilées dans l’inexistence sociale. Rien n’est joué, même si l’on joue – comme toujours dans une situation de domination – à armes inégales.

On peut d’ailleurs généraliser cette analyse, en interprétant de manière analogue l’actuelle libération de la parole raciste – des éditoriaux arabophobes et islamophobes de Philippe Val dans Charlie Hebdo au sidérant Discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, en passant par les élucubrations d’Alain Finkielkraut et par l’avalanche de campagnes médiatiques arabophobes ou islamophobes (affaires de voile, affaire du RER D, affaire des caricatures de Mahomet, affaire Redeker, limogeage des bagagistes de Roissy, affaires du «mariage annulé» et du «tournoi de basket non-mixte») sans oublier la création d’un Ministère de l’identité nationale ou les accusations absurdes de «racisme anti-blancs» qui sont proférées contre les Indigènes de la République par le ministre Brice Hortefeux. La tonalité souvent haineuse, bête et méchante de ces discours est à la fois inquiétante en tant qu’elle attise et légitime les tendances racistes dans l’ensemble de la population, et symptomatique d’une salutaire crise de l’ordre social et symbolique raciste.

Car si la parole haineuse prolifère ainsi, jusqu’au sommet de l’État, c’est que désormais plus rien ne va sans dire. La forteresse raciste est assiégée. Les sans-papiers sortent de l’ombre et réclament leur dû. Les détenus brûlent leur centre de rétention. La jeunesse – et plus largement la population – non-blanche refuse de plus en plus la posture de profil bas et d’hyper-correction que leur impose l’idéologie intégrationniste, manifeste ostensiblement sa référence musulmane ou son identité «lascarde», exige le respect et demande des comptes. La monopolisation des postes de pouvoir politique, économique et médiatique par des Blancs est plus que jamais mise en question, aussi bien par des activistes «radicaux» comme les Indigènes de la république que par des lobbies «respectables» comme le CRAN (Conseil représentatif des associations noires). Le débat est ouvert sur la nécessité de nommer et compter les blancs et les non-blancs afin de lutter contre les discriminations. Le passé colonial et son occultation sont mis en cause

Bref : à une situation de domination tranquille a succédé une situation de domination inquiète, menacée, et de ce fait plus loquace et plus agressive.

D’une telle situation de crise peut émerger le pire (un violent backlash raciste, prenant corps dans la population et s’inscrivant dans la durée) comme le meilleur (un réel enrayement de la mécanique raciste). Nul ne peut en vérité prévoir qui, des gardiens de l’ordre raciste ou de ses adversaires, est en mesure de l’emporter. Raison de plus, si l’on se veut réellement antiraciste, pour entrer en lutte.

23:38 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Une Leçon De Savoir-Dessiner De Caroline Fourest

Une Leçon De Savoir-Dessiner De Caroline Fourest

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Sébastien Fontenelle, le 21 décembre 2008

L’autre jour, dans Le Monde, l’essayiste raffinée dont Jean-Louis Debré aime très fort le style, je veux parler bien sûr de Caroline Fourest, qui écrit aussi dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo, a dispensé à son lectorat vespéral l’une de ces rudes mais justes leçon de vie qu’elle affectionne tant, et qui cette fois-là portait sur les caricatures de presse : "Le triomphe de l’image sur l’écrit favorise le fait-divers, le personnel et l’émotion au détriment de l’analyse, du récit et de la confrontation d’idées. Mais avec un peu de talent, le goût pour l’image peut être mis au service de l’esprit critique grâce à la satire et à l’impertinence. À condition de vouloir effectivement fortifier cet esprit critique et non conforter certaines pulsions infantiles, bêtes et méchantes. D’où la division au sein de la presse satirique entre, d’un côté, celle qui veut fortifier la démocratie et, de l’autre, celle qui s’en moque, voire celle qui la vomit".

Écrivait-elle, en solide sentinelle des fortifications démocratiques.

Jean-Louis Debré, lisant cela, aurait dit-on crié qu’il fallait promptement élever l’auteure d’une si profonde analyse au rang de chevalière des Arts-et-des-lettres.

Cavanna, quant à lui, justement ulcéré par tant de morgueuse pontifiance, répond cette semaine dans Charlie - et sa réponse fait comme une (cruelle) épitaphe pour l’hebdomadaire dont Val(taire) est le big boss : "En cet été 92, quand, dans l’enthousiasme, fut relancé Charlie Hebdo, l’accord était unanime, le propos clair et sans ambiguïté : l’esprit "bête et méchant" renaissait dans toute sa fougue, dans toute sa virulence, et s’interdisait, entre autres, toute complaisance envers quelque faction politique que ce fût".

Mais, ajoute Cavanna : "L’ambition, cette gueuse papelarde, était tapie au coeur même de cette joie. Charlie Hebdo est aujourd’hui ce qu’il est. Sûrement pas un journal "bête et méchant". Pas encore bon chic bon genre, mais déjà estimé des gens en place. Des gens qui placent".

(Val(taire) pourra en parler avec son copain Denisot.)

"Démocratie" oblige, Caroline Fourest fait, dans le même numéro de Charlie, une réponse à la réponse de Cavanna.

Concrètement, ça veut dire qu’un ami attentionné lui a gentiment soumis, avant publication, le billet de Cavanna, pour qu’elle puisse répondre vite à l’impudent moustachu qui a osé la moquer.

Cet ami, cependant, n’est pas si joueur qu’il ait, après, offert à Cavanna le droit de répondre à la réponse (de Caroline Fourest) à sa réponse (à Caroline Fourest) - en sorte que, tu l’as compris : c’est Caroline Fourest qui a le dernier mot.

(J’aime "la démocratie", quand elle se hisse vers de si venteuses hauteurs.)

De nouveau, dans sa réponse à la réponse de Cavanna, l’"essayiste" subtile que mon pote Pierre Tevanian appelle, taquin, Soeur Caroline, pose, gravement, qu’"on ne doit jamais juger un dessin comme on juge un texte", mais qu’"on peut sonder l’intention" du caricaturiste, en se posant quelques simples questions : "Le but est-il d’informer ? De faire réfléchir ? De dénoncer une injustice ? Ou de satisfaire son ego, de flatter l’instinct et la parano, quitte à conforter son public dans ses peurs les plus absurdes, les plus confuses ?"

Caroline Fourest précise, modeste : "Je ne prétends pas avoir la réponse".

Or : si.

Dans la vraie vie, Caroline Fourest a plusieurs fois répondu à son propre questionnement.

Ainsi, quand Charlie Hebdo a publié (courageusement) le fameux "dessin de Mahomet portant un turban en forme de bombe", Caroline Fourest a longuement battu des mains, jugeant que tant d’impertinence confinait au sublime : elle a dès lors tenu à présenter l’auteur de cette caricature comme un gars hyper-sympa, un mec "plutôt anarchiste", un "libertaire" avec du poil aux bakounines, follement "amoureux des libertés et donc un peu enragé à l’égard des religions".

Bon, les masques finissent toujours par tomber comme étrons de chiens au caniveau , et au mois de septembre dernier, le même délicieux progressiste "a été l’invité vedette du congrès du Parti du peuple danois (extrême droite)" - où l’on avait, naturellement, adoré un dessin qui flattait "l’instinct et la parano" islamophobes du porcelet moyen, et le confortait "dans ses peurs".

Est-ce que l’exquise Caroline Fourest a pris la peine de signaler à son lectorat mondique ou charlique cette (courageuse) prestation de son Danois chéri ?

Neun : trop de transparence tuerait le sondage de l’intention.

De même, en juin dernier : Caroline Fourest, n’écoutant que son amour de "la démocratie", est allée jusqu’"aux Pays-Bas" rencontrer pour Charlie Hebdo "le caricaturiste hollandais Gregorius Nekschot" - injustement harcelé par les tyrans de la bien-pensance.

Que dessine en effet cet iconoclaste humoriste ?

"Un imam habillé en Père Noël en train d’enculer une chèvre avec pour sous-titre qu’il faut savoir partager les traditions".

Ou un Arabe mahométan, solidement "assis" (comme sont le plus souvent les Arabes) sur un très folklorique "pouf", qui déplore : "Le Coran ne dit pas s’il faut faire quelque chose pour avoir trente ans de chômage et d’allocs"".

(…)

Attends, que je comprenne bien : le mec dessine des Arabes enculeurs de chèvres, et Caroline Fourest lui trouve des circonstances un peu atténuantes ?

Voui-da, petit : elle trouve.

Et nonobstant, elle continue de prodiguer de savantes leçons de caricature démocratique ?

Yes, petit : elle continue.

Mais comment ose-t-elle, et n’est-ce point là gigantesque foutage de gueule ?

Bonne question, petit - bonne question.

L’intégralité : Sébastien Fontenelle

19:24 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18 décembre 2008

Choukran, Muntadar !

Choukran, Muntadar !
Merci au combattant à lachaussure

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Cher Muntadar,

Comme des millions de gens dans le monde, j’ai souvent serré les poings de rage en voyant les crimes impunis de Bush. J’aurais tant aimé l’avoir en face de moi... Lui faire ressentir ne serait-ce que la millième partie de la peur et des souffrances infligées à tant d’innocents !

Vous l’avez fait. Quel courage, en sachant qu’un gouvernement de marionnettes vous le ferait payer. Mais vous avez choisi d’incarner notre révolte à tous face aux guerres du pétrole, guerres du dollar, guerres du mensonge.

S'il y avait une Justice, vous seriez décoré, Bush jugé pour crimes contre l'humanité et les Etats-Unis devraient payer des dommages à l'Irak - martyr.

Choukran (merci), Muntadar !

MICHEL COLLON

PETITION DE SOUTIEN :
Muntadar al-Zeidi
a été tabassé et est menacé de sept années de prison par le "gouvernement" irakien
. Pour le soutenir, vous pouvez signer à :
Pétition

14:16 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13 décembre 2008

Résistance !

Résistance !

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Sébastien Fontenelle, le 13 décembre 2008

… Je suppose que tu l’as compris : j’ai (enfin) rejoint la Résistance (à la tyrannie de la pénitence politiquement correcte).

J’ai pris le maquis - non sans courage.

Appelle-moi John Moulin : j’ai rejoint le batallon Éric Zemmour (nom de code "Race-poutine"), fer de lance des FTRD (Francs-Tireurs de la Réaction Décomplexée).

Tu vas me dire : mon pauvre con, t’as quand même été long à réaliser que les Valeurs Ancestrales De La France Éternelle étaient foulées aux barbes dans les glauques sous-sols des loubiankas de la Seine-Saint-Denis.

Je n’en disconviens pas.

J’ai (trop) longtemps cru, mea fucking culpa, qu’une droite versaillaise, haineuse et fricophile, étendait sur nos vies son emprise dégueulasse.

J’ai (trop) longtemps refusé de voir que nous ployons sous le dur joug de la terreur islamo-gauchiste.

J’ai (trop) longtemps collaboré avec la dictature (de la bien-pensance) - nonobstant que Pascal Bruckner (nom de code "Sanglooooots") s’époumonait en mises en garde.

Je voudrais saluer ici notre Fier Camarade Ivan-le-bloc-noteur (nom de code "Blanchette"), qui m’a ouvert les yeux.

(Comme l’a si bien rappelé Daniel d’Arte (nom de code "Bozo") dans son dernier long-métrage (plusieurs fois primé au Festival International Du Film De Résistance De Sucy-en-Brie) : "Ivan is incontestablement the meilleur d’entre nous, c’est pas Serge Dassault qui me contredira".)

Pour ce qui me concerne : c’est quand j’ai lu dans Le Figaro son mythique appel à "bouter loin de nos cuisines les crêpes au sarrasin", que j’ai enfin compris ce qui se passait dans mon Cher Et Vieux Pays.

("Les Rouges sont partout".

Écrivait Ivan (comme toujours).

"Les Rouges sont là, et là, et là.

Et là, il y a des musulmans : des MILLIARDS de mahométans.

Arrière, fils de putes !

Arrière, communistes !

Arrière, fanatiques !

Non, vous n’aurez paaaaa-aaaaa-as.

Ma libertééééé de penser.

Comme Sarkozy.")

Sacré Ivan !

Un bien-pensant lui a dit : "Monsieur, dans la vraie vie, c’est la droite qui règne partout, et un sénateur UMP qui vous assure vos fins de mois".)

Ivan a répondu : "J’ai pas peur de toi, Oussama."

C’est aussi pour Ivan, que nous sommes là, planqués dans la neige, Pierre-André, Philippe et moi - prêts au combat.

(C’est parfois un peu chiant (ça fait moulte plombe qu’on est plantés comme des fougères et il ne se passe rigoureusement rien, même Drogo s’est tiré) - surtout quand Philippe se met à nous parler de Spinoza : mais nous avons échoué à lui faire comprendre qu’il ferait mieux de s’en tenir aux aventures de Fantômette.)

Ah : je crois que j’entends le bruit des chenilles des chars de la division Tariq Besancenot.

Ah ben c’est pas trop tôt.

(Depuis que j’ai rejoint les rangs de la Résistance Iconoclaste, j’entends aussi des voix, qui me disent : "T’es qu’un gros mytho ravagé".

Ces foutus Rouges sont très forts.)

Allez viens, enculé de communiste barbu.

Viens, que je te présente Lulu.

L’intégralité : Sébastien Fontenelle

14:36 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10 décembre 2008

Le bon sens près de chez vous

Le bon sens près de chez vous

Par Agnès Maillard le 9 décembre 2008

Quand la politique se targue de l'argument du bon sens pour nous faire avaler des couleuvres plus grosses que des anacondas, il convient de chausser ses gros sabots et d'aller jusqu'au bout de la démarche.

Les mômes font peur.

Je ne sais pas trop à qui ou pourquoi, mais vu les discours et les pratiques qui ont cours en ce moment, voilà la classe d'âge dangereuse, que l'on éduque avec des chiens policiers et que l'on veut à toute force coller en taule le plus tôt possible. Et détecter aussi. Les germes de la violence et du danger doivent se planquer au fond des couches-culottes. Forcément.

Mais dans quel monde vivons-nous, ma pauvre dame!
Il y a des spectateurs qui ont bien dû flipper leur race devant la télé quand la future mère
Dati a fait l'étalage de la délinquance en culottes courtes : des hordes de gniards enragés qui ne pensent qu'à abreuver de sang nos villes et nos campagnes. Comme si nous n'avions pas déjà assez des immigrés, des chômeurs et des SDF pour nous faire régurgiter nos saucisses-fayots au coin du 20h! Dati et ses chiffres qui craignent, c'est pour bien nous faire enfin admettre une chose : les gosses ne sont que des petits adultes pervers déguisés en chérubins qu'il convient de dresser le plus tôt possible. D'ailleurs, ce n'est pas compliqué, dès 12 ans (mais pourquoi pas 10 comme chez nos voisins d'outre-Manche ?), ces petites vermines fourbes savent parfaitement ce qu'elles font et sont donc suffisamment responsables de leurs actes pour aller en répondre pleinement devant la justice.

Terminée ! l'incurie indulgente des chiffes molles fumeuses de pétards, il faut en finir avec 68, voire 45, par tous les moyens. En finir donc avec l'héritage du Conseil de la Résistance, qui nous légua en 1945 un État solidaire comme barrage aux tentations totalitaires, un programme de régression actuellement rondement mené, il faut bien le reconnaître. En finir aussi avec la fameuse ordonnance de 1945, celle qui reconnait, bien avant Françoise Dolto, que l'enfant est certes bien une personne, mais pas un adulte en miniature et que l'éducation prime sur la sanction.

D'ailleurs, tout est là! Remplacer le savoir par le battoir. À l'heure où l'on démantèle l'Éducation nationale, rien d'étonnant que l'on substitut des matons aux éducateurs. Simple question de logique... et de bon sens.

En parlant de bon sens, encore faudrait-il avoir le courage de le pousser jusqu'au bout. Puisque les gosses sont des adultes comme les autres, je ne vois pas trop pourquoi on se fatigue encore à leur créer une signalétique sur mesure pour leur éviter d'être traumatisés par un film au ciné ou à la télé. Ou pourquoi, aussi, l'on déploie des trésors de technologie pour leur filtrer l'accès à ce repère de pédonazis qu'est forcément Internet. Si tu es assez grand pour découvrir le sens de la fraternité à Fleury-Mérogis, je ne vois pas pourquoi tu ne l'es pas assez pour aller picoler dans les bars, t'acheter des Gitanes sans filtre, aller aux putes ou mater des revues pornos chez le kiosquier du coin. Si tu as assez de discernement pour être incarcéré, tu dois bien en avoir assez aussi pour voter ou pour conduire une voiture.

Soyons
cohérents et demandons la majorité pleine et entière à 12 ans !

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09 décembre 2008

Communiqué barbichu

Communiqué barbichu

Sébastien Fontenelle, le 9 décembre 2008

Merci de bien vouloir trouver, ci-dessous, la version intégrale de l’éditorial-du-jour de Laurent Joffrin, dont un remix raccourci a été publié ce matin par erreur.

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"ÉPOUVANTAIL, POIL AU MENTAIL.

Plus le temps passe et plus l’horrifique spectre brandi par Michèle Alliot-Marie et Libération perd de la consistance. Plus le temps passe et plus l’idée d’un «terrorisme anarcho-autonome» d’"ultragauche" qui prospérerait au milieu des vaches de Corrèze est privée de sa crédibilité. Libération, par conséquent, a très gravement divagué. On se gardera de se prononcer sur le fond du dossier qui reste entre les mains de la justice et que les avocats des prévenus de Tarnac ont apparemment du mal à consulter, alors que c’est leur droit élémentaire.

Une chose est claire : la justice a estimé que trois des accusés qu’elle gardait encore devaient être relâchés. S’ils sont si dangereux, pourquoi les a-t-on élargis ? Et si on les a élargis, n’est-ce pas que l’incrimination choisie est décidément disproportionnée ? Libération a longuement parlé avec l’un d’entre eux, après lui avoir posément chié dans les bottines : le gars, c’est le moins qu’on puisse dire, n’est pas (du tout) rancunier. Le lecteur jugera lui-même des explications qu’il fournit avec bonne grâce sur son itinéraire, sa garde à vue, son emprisonnement et ses idées politiques.

Difficile en tout cas, à l’entendre, de l’assimiler à un émule d’Oussama ben Laden ou de Ravachol, comme l’a fait Libération le mois dernier, en délirant atrocement sur un pseudo-"bréviaire anarchiste". Et s’il dit vrai, la ministre de l’Intérieur aura, tout comme Libération, délibérément posé sur un militant alter, vivant au grand jour dans une communauté sympathique et altruiste (et pleine de mièvre gentillesse, mais assez conne tout de même pour ne pas considérer mon ami Bertrand, manager de Paris, comme le sauveur d’un "socialisme" enfin émancipé de sa tutelle hypergauchiste), l’infamante étiquette de terroriste en organisant son arrestation à grand spectacle et son embastillement pour plus de deux semaines.

est la présomption d’innocence, quand des gens de Libération hurlent que "l’ultragauche déraille" ? sont les droits de la défense ?

est le simple bon sens policier chez la première flic de France ? est le simple bon sens journalistique chez le premier barbichu de la presse quotidienne nationale ? Un jour, s’il se confirme que ces terroristes n’en sont pas (mais continuons tout de même de les nommer comme tels tant qu’on ne sait pas ce qu’il en est), la ministre devra répondre de cette injustice.

Et pour ce qui me concerne : je suppose que vous aurez compris que mon intention n’est pas (du tout) de "répondre de" la une infecteLibération (poils au menton) caqueta que "l’ultragauche" déraillait. (Très) loin de battre sa coulpe, (très) loin de confesser un quelconque manquement à la désongoloto… Détonlogogie… Ah, merde, j’arrive jamais à le dire : Libération préfère proclamer ce matin que l’usage du mot "ultragauche" était une répugnante "opération de communication" du "ministère de l’Intérieur" - plus que c’est gros, plus que ça passe.

L’important, n’est-ce pas, comme il est dit ce matin à la page 9 de Libération, est que, nobstant "la première une que nous avons faite sur le sujet", des "liens avec les familles et le comité de soutien" aux interpellé(e)s de Tarnac ont finalement été noués. Comme quoi, ainsi que je dis souvent à mon ami Bertrand : à la fin, c’est toujours la presse bourgeoise qui gagne - tu ne devrais jamais l’oublier, si tu es ultragauchiste.

PS. Je rappelle que c’est au mois de janvier que paraîtra au Seuil ma courageuse "réfutation polémique" du "poujadisme à vernis intellectuel" connu sous le nom de critique-radicale-des-médias."

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04 décembre 2008

Anarcho-libertaire ou anarcho-autonome

Anarcho-libertaire ou anarcho-autonome

Par Claude Guillon, le 1er décembre 2008.

… La police a hésité, depuis le début des années 1990, entre plusieurs appellations pour désigner les milieux ou la mouvance qui se situent hors de l’extrême gauche (par ex. LCR, LO...) et de l’anarchisme organisé (par ex. FA, OCL...). La première expression, bel exemple de redondance, était «anarcho-libertaire». Elle englobait aussi bien des militants de la CNT anarcho-syndicaliste que les antifascistes radicaux du SCALP. Puis vient «anarcho-autonome».

On peut prendre comme point de repère commode du passage d’une expression à l’autre le rapport des Renseignements généraux sur l’extrême gauche, produit en avril 2000 (Extrême gauche 2000, 116 p.). Classés parmi les «électrons libres», figurent les «anarcho-autonomes» : «Rassemblant de façon informelle des éléments se signalant par une propension à la violence, la mouvance autonome, regroupée pour l’essentiel dans la capitale, compte également des ramifications en province. Hors les organisations transversales qu’elle s’emploie à dévoyer, cette sensibilité se retrouve dans les squats politiques et également dans des structures spécifiques, plus ou moins éphémères, voire de circonstance, s’interpénétrant peu ou prou, au nombre desquelles : [le Scalp, Cargo, collectif agissant au sein d’AC !, le Collectif des papiers pour tous, etc.].» (p. 32) Dans l’une des annexes, intitulée «Les manifestations d’une violence marginale de janvier 1998 à avril 2000» (pp. 79 à 84), énumération d’actions plus ou moins illégales, on trouve les deux expressions, utilisées pour désigner tel militant censé y être impliqué, mais avec une nette prépondérance d’«anarcho-autonome» (15 contre 2, et, pour être tout à fait complet, 2 «anarcho-punks»).

Certes l’hybride «anarcho-autonome» est à peine moins ridicule que l’«anarcho-libertaire», mais il présente l’avantage de combiner le vieil épouvantail de l’anarchiste poseur de bombes avec une «autonomie» qui tient davantage de l’adjectif - bel adjectif d’ailleurs ! - que de la filiation réelle avec les mouvements autonomes italiens et français des années 1970.

Il faut attendre la deuxième moitié des années 2000, et l’arrivée de Michèle Alliot-Marie au ministère de l’Intérieur pour que le vocabulaire policier évolue. Encore le phénomène est-il lent et contradictoire, comme en témoigne les articles de la presse. Le Figaro (8 juin 2007) titre «L’extrême gauche radicale tentée par la violence». Il est question dans le corps de l’article d’«une mouvance particulièrement active ces dernières semaines. Qualifiés d’anarcho-autonomes par les services de police [...].» Le Monde (1er février 2008) titre «Les RG s’inquiètent d’une résurgence de la mouvance autonome». L’article parle d’une «mouvance, qualifiée pour l’heure d’“anarcho-autonome» puis utilise, sans guillemets, l’expression mouvance autonome.

C’est, à ma connaissance, dans une nouvelle note, produite cette fois par la Sous-direction anti-terroriste de la Direction centrale de la Police judiciaire, et datée du 26 janvier 2008, que s’achève la formation de l’expression qui fait son titre : Renseignements concernant la mouvance anarcho autonome francilienne (cf. article de Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget sur le site bakchich.info, 14 novembre 2008). Voici donc la «mouvance anarcho autonome» qui, pour avoir perdu un trait d’union, a enfin gagné sa cohésion. Et elle gagne encore, détail décisif, une localisation géographique : «francilienne». Certes, cela peut signifier simplement la modestie de l’objet envisagé (on ne traitera pas de la mouvance toulousaine...). Cependant, l’adjectif francilienne, s’il est réducteur dans l’espace géographique, ouvre des perspectives «organisationnelles» et donc policières intéressantes. Au prix de son troisième adjectif qualificatif, la «mouvance», terme par définition vague, acquiert un semblant de consistance... Bref, par la vertu d’un mot, nous avons affaire à une organisation, à un groupe constitué, autant dire à un parti ! Lequel s’exprime, selon la note de la PJ, «par des actions concertées à l’encontre des forces de l’ordre et de symbole du capital (banques, agences d’intérim, compagnies d’assurances, sociétés commerciales internationales...), préparées par les intéressés lors de rencontres dans les squats, à la fois lieu de vie, de réunion et de passage».

Il manquait une touche, logique, à cette élaboration. Elle est fournie par une note, en date du 13 juin 2008, de la Direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice, adressée aux magistrats parquetiers de toute la France. Il s’agit de faire face «à la multiplication d’actions violentes commises sur différents points du territoire national susceptibles d’être attribuées à la mouvance anarcho-autonome.» La Chancellerie demande par cette note aux parquets locaux «d’informer dans les plus brefs délais la section anti-terroriste du parquet de Paris [de toute nouvelle «affaire»] pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un dessaisissement à son profit». La «mouvance anarcho-autonome» est donc bien l’équivalent d’une organisation structurée au niveau national, et comportant des ramifications ou des «cellules» locales.

Ce laborieux effort de visibilisation d’un ectoplasme permettra d’accuser demain tel individu interpellé et mis en examen, pour possession d’un fumigène par exemple, d’appartenir à la Mouvance anarcho autonome, comme on est délégué Force ouvrière ou agent de la CIA. L’intérêt étant que, aussi minuscule et dérisoire que puisse être le prétexte de son arrestation et de sa mise en examen, il sera considéré comme un élément d’un ensemble d’autant plus dangereux pour l’ordre social qu’il est flou. À travers lui, c’est «le parti» que l’on frappera !

Ultra-gauche

Annonçant les interpellations de Tarnac, le 11 novembre 2008, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie ajoute un terme à la déjà indigeste «mouvance anarcho-autonome», la faisant précéder du terme «ultra-gauche». Ce qui donne, sans respiration : «ultra-gauche mouvance anarcho-autonome». Mentionnons pour mémoire que le terme Ultras désigne, au début du XIXe siècle, les ultra-royalistes.

Ultra-gauche a d’abord été employé au milieu des années 1920 pour désigner des militants léninistes, membres du KPD (parti communiste allemand pro-soviétique), qui déviaient de la ligne officiel de Moscou, en s’opposant par exemple à la politique de front unique avec les sociaux-démocrates. Par la suite, il a été utilisé de manière vague et confuse pour désigner les communistes de conseils (Pannekoek par ex.) et de manière générale les marxistes antistaliniens.

Rien ne dit que le vocabulaire politico-judiciaire soit fixé. On peut cependant prévoir qu’il sera difficile, ne serait-ce que d’un point de vue euphonique, d’allonger encore cette suite de trois termes, dont deux sont composés. Il sera plus simple d’utiliser, comme en d’autres temps, le mot «terroriste».

A lire également : «L’Insurrection qui vient» ou le livre comme pièce à conviction

14:53 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

26 novembre 2008

Tirer Sur Les Pouvoirs Publics

Tirer Sur Les Pouvoirs Publics

 

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Par Sébastien Fontenelle, le 26 novembre 2008 

 

Dans Le Monde (où quelque bonne âme (sous peu sous bonnet d’âne) lui donne le mardi "carte blanche"), Nicolas Baverez, "essayiste français reconnu comme économiste et historien par plusieurs institutions", qui est comme tu sais l’un de nos plus fameux humouristes régimaires, note que : "Les banques sont au cœur de la crise qui bouleverse le capitalisme mondialisé".

 

Baverez note également que les banques, dans cette crise, "constituent le lien entre le krach immobilier, l’effondrement du crédit et la chute des marchés financiers".

 

Baverez souligne ensuite que "la matérialisation du risque systémique que les banques font peser sur le capitalisme entraîne des coûts gigantesques : 700 milliards de dépréciation, 450 milliards de recapitalisation, une violente récession et des millions de chômeurs dans le monde développé, sans oublier la banqueroute de pays comme l’Islande".

 

Et pourtant : "Les États ont mobilisé plus de 1000 milliards de dollars aux États-Unis et près de 1900 milliards d’euros en Europe pour éviter le défaut des banques".

 

(Un peu comme si tout d’un coup ils avaient pris la décision de sponsoriser un tsunami.)

 

Dans ce cadre, comme tu le sais : la France a fait pour les banques un effort particulier - de 320.000.000.000 (320 milliards) d’euros.

 

 C’est pas rien : c’est, par exemple, et à peu de chose près, 32 fois le (mythique) "trou de la Sécu".

 

Or, ce (vrai-faux) trou, comme tu sais ?

 

Baverez n’aimerait pas (du tout) que l’État le bouche.

 

On vient de voir que ça ne coûterait qu’une infime part du gros gâteau nappé de contributions que l’État vient de filer aux banques - mais Baverez trouverait scandaleux qu’une démocratie authentique ploie trop longtemps sous "le "fardeau" de la protection sociale" d’inspiration communisante : le gars est de ces fanatiques totalement flippants qui hurlent, quand la nuit tombe, qu’il faut d’urgence "ouvrir le chantier des dépenses de Sécurité sociale" - et plus généralement libérer la France de ses tout derniers services publics, vestiges honteux d’une préhistoire où les classes populaires s’accrochaient comme des poux à leurs privilèges soviétiques.

 

En toute logique, par conséquent, Baverez devrait, aussi, exiger de l’État qu’il se désengage fissa du sauvetage des banques - où le gouffre est d’une profondeur abyssale : 32 fois supérieure, ainsi qu’on se disait, à celle du (mythique) trou-de-la-Sécu.

 

Or ?

 

Ce n’est pas.

 

Du tout.

 

Ce que préconise Baverez.

 

Après avoir signalé que les banques nous ont déjà coûté "près de 1900 milliards d’euros en Europe" (soit, tout de même, 12.455.000.000.000 (12.445 milliards) de francs), loin de brailler qu’il faut lancer vite fait "le chantier de ces monstrueuses dépenses", il nous annonce plutôt que les banques sont, tiens-toi bien, notre "bien public".

 

(Yes, madam : d’aucuns osent tout, et notre Baba est de ceux-là.)

 

Naturellement : c’est une craque.

 

Mais ce boniment est ce qui permet à Nico de nous asséner, juste après, que désormais : "La priorité absolue doit de fait être accordée au sauvetage des banques", par "tous les moyens" possibles, "des plus classiques - injection massive de liquidités et baisse des taux d’intérêt par les banques centrales, recapitalisation, y compris par la voie de nationalisation et restructurations - jusqu’aux plus innovants, à travers la garantie des États sur les actifs et les dettes bancaires".

 

Ces "moyens", tu l’auras noté, ont en commun que dans tous les cas, c’est l’argent (public) de tes impôts qui va, plutôt qu’à la Sécu (ou à la protection du service postal), aux caisses des banques (privées).

 

L’idée qui là n’est pas dite, mais qui depuis un mois sous-tend la propagande fricophile, est grosso modo que si tu donnes pas de ton argent aux banques pour éviter qu’elles ne sombrent, tu pourras pas récupérer l’argent que tu as donné aux banques : c’est le racket le plus raffiné de toute l’histoire de l’humanité

 

La suite : http://www.bakchich.info/article5955.html

02:37 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14 novembre 2008

Réflexions nabéennes sur le fascisme

Réflexions nabéennes sur le fascisme

 

Par MEN, (extraits de son livre Au régal des vermines, 1985)

 

Moi, je veux supprimer tout l’éventail ! Pourrir toutes les causes ! De la gauche à la droite. Abolir les syndicats, les trusts, les derniers vestiges de l’Église, l’armée et les écoles. Plus d’ouvriers, plus d’étudiants, plus de pistons et d’assistance !

Renaissance ! Renaissance intégrale et suprématie sans bornes à l’Art et aux vrais artistes… Solutions finales pour les escrocs, tous les imposteurs, et les magouilleurs de tout poil dans tous les secteurs.

 

Une société idéale serait une société qui vivrait sur l’absurdité de toutes les politiques, une surcharge d’idéologies tourbillonnantes dans laquelle l’homme social serait broyé. Je ne suis pas pour une révolution qui instaurerait une république mais pour le contraire : une révolution permanente, un état de bousculade incessant où à tout instant serait promulgué mon seul édit : «La-Déclaration-des-Aucun-Droit-et-Aucun-Devoir-de-l’Homme.»

 

Ce que je veux, c’est l’ANARCHIE OBLIGATOIRE : tout ce qui sort du désordre serait sévèrement puni !

 

Et l’extrême-droite est encore démocratique. Le fascisme est beaucoup plus loin, hors de l’hémicycle. La gauche est maintenant au centre de la droite. Tout à dévié. Après l’extrême-gauche, il y a l’anarchie. Après l’extrême-droite, il y a le fascisme. Les plus forts sont ceux qui trempent en même temps leur plume dans les deux encres.

 

C’est vrai que j’ai du fascisme dans mon comportement, mais pas plus qu’un autre. Je ne le terre pas, c’est tout. Il y a toujours de tout chez tous. Tout le monde est méchant, tout le monde est bête, tout le monde est intelligent, tout le monde est généreux, égoïste : c’est l’histoire des paramètres. Moi je n’attends pas de voir réapparaître un certain national-socialisme en France pour prendre conscience du fascisme intrinsèque de tout individu.

(…)

Je suis persuadé que le fascisme est un état d’esprit profondément ancré chez l’homme et que seuls les plus honnêtes mettent sur la table. Le fascisme n’est pas groupusculaire mais individuel. Certaines autruches méprisables nient ce sentiment foncier. Humainement, il est pourtant bien réel, il a l’actualité brûlante d’un instinct biologique. Le fascisme appartient à la psychanalyse, c’est une sensation, un frisson des nerfs.

(…)

Toute poésie est foncièrement fasciste. Si dans la rue, la civilisation nous pousse à pratiquer une politique de gauche, dans la créativité, il n’est d’autre solution que d’être d’extrême-extrême-droite. De gauche dans le quotidien et de droite sur le papier. Un créateur ne peut travailler dans la justice. L’Égalité, la Liberté, la Fraternité, il connaît pas. J’estime que tout artiste est fasciste. C’est trop facile à démontrer. C’est l’exigence intime. Le fascisme est la seule issue pour un artiste.

 

C’est un humanisme mal digéré qui fait que les gens se croient plus à gauche qu’ils ne sont réellement. Viscéralement, tout le monde est à droite. L’instinct est de droite. C’est le cœur qui est à gauche.

(…)

Politiquement, je ne suis pas assez nationaliste et socialiste pour faire un fasco ressemblant. Pourtant humainement, tout m’y pousse : mon esthétique, ma littérature, mes idoles ma métaphysique, mon mépris et toute ma rage, mon hérétisme, mon romantisme, mon élitisme, ma sexualité, ma gaîté, mon intolérance, ma provocation, mon pessimisme, mon énergie, ma délicatesse, mon égoïsme, mon lyrisme. Une seule chose me plaît dans le catholicisme, c’est l’inquisition. J’aime les devoirs, les pompes, l’Enfer et le Paradis.

 

Politiquement, le fascisme est un mélange particulier entre une certaine droite et une certaine gauche : l’Ordre et l’Idéal. Ce qui n’est traduit de la nature humaine que par un autre mélange encore plus singulier, celui du Bon sens et de la Poésie. L’individu fasciste (car il s’agit toujours d’un adjectif) est quelqu’un qui a en lui aussi fort le rigorisme et la fantaisie. Il n’y a qu’un «bon sens poétique» c’est le fascisme…

(…)

Je ne suis patriote que d’une chose : de mes instincts. Je suis pour la barbarie de la sincérité. La bassesse de ma moralité n’est qu’une absence totale de préjugés. Je vais chercher la littérature et l’amour de la grandeur, partout où ils se trouvent, dans les poubelles historiques les plus dégueulasses.

(…)

Réfractaire je suis. Je me refuse à tout parti, toute doctrine, tout système. Je suis seul. Il le faut. Je n’aime que les viscéraux, pas les opportunistes.

(…)

Regardez-les aujourd’hui ces affreux individus, ces héritiers de la Droite conservatrice, ces petits merdiques aussi bien dans la politique que dans la littérature, ces petites envergures enarques, ces «fascos» réacs, sobres, pleutres et hyper-bourges ridics, les stylés Science-Po (ghetto insupportablement puant) et les hussards divers, surdoués sousémus de la vingtaine à la future Répression ou, en littérature, ces sexagénaires éthyliques cocorigrotesques, «possédés» par le persiflage infantile et la dignité rhétorique de leurs rots divers.

(…)

Antisémitisme, Collaboration, Nazisme, Hitlérisme, Camps, Tortionnaires, Milice, Résistance : quelle est cette symphonie grotesque dont on nous tanne, ce wagnérisme bon enfant bien compact devant la vraie question ?... Moi, je n’ai jamais été fasciné par Hitler : je n’ai rien du tout de l’exégète, du trifouilleur d’histoire, du connaisseur indigné, subtil, illuminé par l’énormité, arriviste sordide du «comprendre»

19:16 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le MRAX dévoile un nouvel enregistrement antisémite et négationniste et forme plaintes contre les deux FN

Le MRAX dévoile un nouvel enregistrement antisémite et négationniste et forme plaintes contre les deux FN

Réflexions shaïtanesques

 

Pierre-Yves LAMBERT, le 14 novembre 2008

 

Je ne comprends pas très bien sur quelle base juridique repose l'action contre Cocriamont. Si je lis bien le communiqué, il s'agit de propos privés tenus dans un entretien avec un étudiant dans le cadre d'un mémoire ou d'un doctorat, donc un enregistrement en vue de retranscription pour une œuvre à caractère scientifique, pas de propos publics. Idem d'ailleurs pour ceux de Delacroix (particulièrement horribles), tenus dans le cadre familial, qui n'ont été rendus publics que dans le cadre d'une procédure de divorce.

 

Que ces gens soient des crapules, ça ne fait aucun doute, on l'a toujours su, mais je m'inquiète de l'angle d'attaque du MRAX et du Centre pour l'égalité des chances, il risque de faire passer les fachos pour des martyrs. Les procédures en cours basées sur les malversations financières des diverses branches du FN étaient beaucoup plus pertinentes et percutantes, parce qu'elles faisaient la lumière sur leur véritable nature, des associations de malfaiteurs dont l'objectif est l'enrichissement personnel de leurs dirigeants grâce à l'argent public. (Tout comme celles chapeautées par le parti socialiste, par exemple. On l’a vu à Bruxelles-Ville et Molenbeek !!!) (Rachid Z)

 

Je constate par ailleurs que des propos négationnistes tenus publiquement, notamment dans des interviews, publiées par des sites internet, de divers politiciens (de partis belges traditionnels comme le CD&V, le MR, le PS et le CDH) et responsables associatifs turcs de Belgique, n'ont pas entraîné de réactions aussi fortes des organisations antiracistes belges associatives (MRAX) ou institutionnelles (CECLR).

 

Le MRAX, sous l'impulsion de son Président Radouan Bouhlal, s'était impliqué à l'époque dans le combat pour une extension de la législation belge contre le négationnisme à la négation ou la relativisation des génocides arménien et tutsi. Il avait pris des positions courageuses sur ce plan, s'opposant frontalement aux complices de ces politiciens négationnistes, les Leterme (CD&V), Reynders (MR), Milquet (CDH) et Di Rupo (PS) qui refusent de se séparer de leurs élus ou candidats de cet acabit parce que ces derniers rapportent des paquets de voix à chaque élection.

 

Dans quelques mois, la campagne électorale pour les régionales et les européennes va battre son plein, et on peut s'attendre, comme à chaque élection depuis 1999, à de "nouveaux" propos négationnistes tenus publiquement des candidats d'origine turque, dont certains occupent des fonctions exécutives au niveau local ou régional, au contraire des élus d'une extrême droite belge francophone qui est marginale et le restera probablement encore après les élections de juin 2009.

 

Il reste donc à espérer que le MRAX le CECLR, la Ligue des droits de l'homme, la Liga der mensenrechten et les autres acteurs de la lutte contre le racisme et le négationnisme agiront concrètement dans les mois à venir pour que les partis traditionnels fassent le ménage dans leurs rangs et pour que la législation sur le financement des partis inclue des sanctions conséquentes pour tout parti qui ne prendrait pas des mesures immédiates contre un de ses élus ayant tenu publiquement des propos racistes et/ou négationnistes, quel que soit le génocide contesté ou minimisé.

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13 novembre 2008

Sécurité d’Israël et Idéologie allemande

Sécurité d’Israël et Idéologie allemande

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Par Saïd Mekki, MIR, le 13 novembre 2008

 

Le discours hier de la chancelière Angela Merkel à la synagogue de Berlin à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la nuit de cristal a été l’occasion d’affirmer avec force et conviction que la sécurité de l’entité sioniste se situe au plus haut des préoccupations stratégiques de la République Fédérale Allemande.

 

La nuit de cristal, prélude à l’extermination des juifs d’Europe, est le nom d’un pogrom commis par les séides du troisième Reich contre la communauté juive dans la nuit du 8 au 9 novembre 1938. On aurait compris que dans cette enceinte religieuse, la chancelière germanique fasse acte de contrition ; l’énormité du crime justifie amplement le devoir de mémoire.

 

Ce qui est moins compréhensible est la confusion complète, l’identification intégrale de l’ensemble des juifs à l’Etat d’Israël. Ce qui ressort donc du propos officiel est que l’imprescriptible culpabilité allemande s’exprime non pas en direction des juifs, de tous les juifs y compris (et ils sont plus nombreux qu’on le croit) qui ne se reconnaissent pas dans Israël, mais dans la solidarité avec l’arbitraire sioniste. Nul besoin d’une analyse savante : le discours officiel est visiblement celui de la bonne conscience retrouvée sur les cendres du droit du peuple palestinien, sa condamnation à l’exil et les épouvantables souffrances endurées depuis 1948.

 

Raison d’Etat

 

Madame Merkel énonce tranquillement, du haut de l’arrogance des puissants, que les crimes de l’Allemagne nazie à l’endroit des juifs doivent être assumés par un autre peuple exempt de toute responsabilité génocidaire. En termes simples, les palestiniens doivent payer pour les crimes commis par des allemands. Et si il advient que ces palestiniens aient l’idée de se rebeller contre le sort qui leur est fait, les armes allemandes sont à la disposition des israéliens pour ramener les rebelles à la «raison d’état» allemande. Il est vrai que la barbarie d’aujourd’hui n’a plus le même visage que celle d’hier. L’extermination ne figure heureusement plus dans les agendas politiques occidentaux. Mais abandonner un peuple à l’errance, au blocus et à la spoliation ne pose pas de problème à Madame Merkel.

 

La très démocrate chancelière réussit le tour de force sémantique d’associer dans la même formule «cœur, raison et Etat». On sait ce que pensent les juristes et les philosophes de la politique, y compris ceux qui comme Karl Popper se situent nettement à la droite de l’échiquier politique, de la «raison d’état». La formule recouvre dans le flou et l’imprécision le domaine de souveraineté qui échappe au droit et qui ne peut ni ne doit être justifié vis-à-vis des tiers. Il s’agit donc de l’espace de tyrannie ou d’arbitraire que les élites de pouvoir s’arrogent de manière régalienne. Il est clair que l’Etat n’étant pas un être humain ne peut avoir ni cœur ni raison. Le propos de la Chancelière allemande renvoie directement à la célèbre sentence de son lointain compatriote Friedrich Nietzsche «L’Etat est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement...»

 

Idéologie allemande, idéologie occidentale ?

 

Alors recourir au «cœur et à la raison d’Etat» serait-il seulement une clause de style ? A l’évidence non. Exprimé sur des registres moins émotionnels, le soutien à Israël est une constante de l’idéologie occidentale. En souhaitant réparer l’injustice par l’injustice, le crime par l’arbitraire, cette idéologie porte en elle ses contradictions immédiates. En justifiant la guerre au peuple arabe de Palestine, la contradiction omniprésente du discours dénie toute signification réelle à l’universalité des «valeurs occidentales» dont se repaissent les chroniqueurs islamophobes de la guerre des civilisations. L’Occident dont l’histoire est une épouvantable série d’agressions, de guerres atroces et de rapines se redécouvre dans une pureté virginale depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Son modèle politique et social serait le summum de la civilisation, inhérent à des «valeurs» supérieures intrinsèques qui ont le mérite d’occulter l’histoire en la réduisant à une succession de mémoires fractales. La mémoire suprême, celle qui efface toutes les autres, étant celle de l’extermination des juifs d’Europe. La seule dont l’expiation est sans limites.

 

Qu’importe que ce soit précisément Israël qui menace la paix. L’Etat sioniste héritier exclusif du génocide appartient au premier cercle des nations, bien au-dessus - n’est-ce-pas ? - des obscurantismes arabo-musulmans. Dans ce système de représentation, l’ordalie palestinienne est un dommage collatéral, une péripétie secondaire. Tel est l’énoncé très civilisé de Madame Merkel. La barbarie a de beaux jours devant elle.

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10 novembre 2008

L'effroyable spirale palestinienne

L'effroyable spirale palestinienne

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Pendant la fragile pacification du Liban, l'Etat d'Israël poursuit sa guerre presque oubliée contre les Palestiniens des Territoires occupés. Incursions militaires meurtrières et bombardement intensif sur Gaza se conjuguent à l'asphyxie de l'économie palestinienne. Parti au Proche-Orient avec une mission d'observation du CNCD, le journaliste Olivier Mukuna livre ses carnets de route sur "la pire des situations qu'aient jamais connu les Palestiniens"

 

Jenine - 23 août 2006

 

Petit-dèj' accéléré avant de grimper dans la camionnette de Noor, notre chauffeur palestinien. A bord : le Président du CNCD, Fouad Lahssaini, son directeur financier, Souhail Chichah, Evelyn Lernout (Oxfam), Jessica (Solsoc) et le Palestinien Waba. Les deux jeunes femmes seront nos guides durant la semaine. Sans encombre, notre équipe passe les différents check points (points de contrôle militaire de l'armée israélienne) qui marquent la sortie d'Israël pour les Territoires occupés.

 

Condamné en 2005 par la Cour internationale de Justice de La Haye, le Mur et ses miradors symbolisent l'impunité de la politique d'apartheid de l'Etat israélien

 

Avant d'atteindre Jenine, au Nord de la Cisjordanie, nous nous arrêtons dans deux villages qui partagent une caractéristique commune : la spoliation de leurs terres cultivables après l'apparition du "Mur de sécurité". Vice-président du Conseil du village de Jalboun, Samir décrit le quotidien de ses administrés: "Avant, à Jalboun, l'agriculture était un revenu d'appoint. Beaucoup travaillaient dans les entreprises en Israël. Depuis le Mur, c'est fini ! Aucun Palestinien ne passe ! L'exploitation agricole est devenue le seul revenu possible, mais nos terres cultivables se trouvent derrière le Mur. Idem pour l'eau ! De notre côté, il nous est interdit de creuser des puits. Nous avons seulement l'autorisation de récolter l'eau de pluies".

 

A Faqqua, au nord-est, même désolation sous perfusion humanitaire. Ce village dépendait aussi d'Israël et de ses opportunités d'emplois au rabais réservés aux Palestiniens. La seconde Intifada, puis le Mur ont brutalement assombri la donne. Pour survivre, les habitants de Faqqua se rabattent sur des projets agricoles alternatifs. Non viables sans soutiens extérieurs. Dès lors, les Présidents de Conseil de ces villages sont résolument tourné vers les ONG occidentales, dernier espoir pour empêcher l'exode …

 

La suite :

http://www.michelcollon.info/Carnet_de_route_Palestine.php

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07 novembre 2008

De l’exploitation économique de la misère du monde à son exploitation idéologique

De l’exploitation économique de la misère du monde à son exploitation idéologique

Ou

De la vache à lait, du bouc émissaire et du grand méchant loup

(Première partie)

 

Par Souhail Chichah, le 07 novembre 2008

 

Noël 2006. les autorités marocaines attestent une fois de plus de la «manière exemplaire dont le Maroc traite les réfugiés subsahariens» en déportant vers sa frontière algérienne, plusieurs centaines d’hommes, de femmes et d’enfants pris dans les filets de rafles nocturnes dans différentes villes du pays dont la capitale Rabat.

 

Ces rafles, qui ne sont pas sans rappeler les pages noires d’une ère que l’on voudrait révolue, ont pour justification officielle les engagements marocains vis-à-vis de l’Union Européenne. Il est en effet loin le temps où, en 1992, le Parlement Européen refusait de confirmer l’aide européenne à destination du Maroc au motif du non-respect des droits humains dans le royaume alaouite.

 

Aujourd’hui l’Europe, une fois encore, se discrédite par l’application à géométrie variable de ses valeurs civilisationelles, bien qu’elle les déclame universelles et inaliénables, en sous-traitant à des régimes non-démocratiques la répression des flux migratoires et en contribuant ainsi par ailleurs à fragiliser les quelques avancées en matière de modernité politique de ces pays par la légitimation et le financement de leur appareil répressif.

 

Ainsi dans le cas du Maroc, l’UE n’hésite pas à détourner le principal outil de coopération financière du partenariat euro-méditerranéen de sa vocation première, à savoir le développement économique et social du pays, en le subordonnant à l’engagement marocain de jouer un rôle de premier plan dans la répression de l’immigration. Ce faisant, le Maroc ouvre les yeux sur une population qu’il n’avait jamais daigné considérer et qui se terre dans les interstices de sa société, population déshabillée de toute protection de fait ou de droit et, en conséquence, livrée à toutes les exploitations.

Pourtant, le Maroc, dont l’une des principales ressources économiques est le rapatriement de devises de ses émigrés, est bien peu crédible dans son rôle de chien de garde de l’Europe.

 

Par ailleurs, les migrants subsahariens ne représentent qu’une fraction négligeable (0.05%) d’une population marocaine dont 10% (!) vit à l’étranger, en conséquence de raisons, tantôt politiques, le plus souvent économiques. Malheureusement, cette part non négligeable de la population marocaine qui réside à l’étranger et dont la conscience sociale s’est forgée au contact de l’exclusion et du racisme n’a pas immunisé, loin s’en faut, le royaume chérifien de la xénophobie. En effet, le racisme à l’égard des étrangers, dès lors qu’ils sont pauvres, s’exprime aujourd’hui de manière virulente dans toutes les strates de la société marocaine, bien que fermement dénoncé par nombres d’acteurs associatifs, académiques et politiques locaux.

 

Fondamentalement, les quelques 15 000 réfugiés subsahariens qui survivent tant bien que mal au Maroc se retrouvent au cœur d’un enjeu qui dépasse la question de leurs droits et dignité pour nous interpeller tous directement, nous, citoyens du Maroc et d’Europe, sur notre ordre social et sa légitimation.

 

En effet, il est entendu que l’Europe ne peut accepter «toute la misère du monde» et que l’Afrique doit porter sa part du fardeau migratoire. C’est donc au nom de la sauvegarde de leur modèle social que les démocraties européennes rappellent qu’elles ne peuvent être plus hospitalières et généreuses que de raison. Face à l’invasion de la misère du monde, l’Europe se doit d’avoir une politique migratoire ferme mais humaine. Qui pourrait lui contester ce droit d’ailleurs repris en cœur tant par la gauche européenne que maghrébine ?

 

Toutefois, derrière l’apparence pernicieusement péremptoire de cette manière de cadrer la question de l’immigration se cache le caractère hautement idéologique de sa représentation. Il suffit pour s’en convaincre d’en confronter notre perception à quelques données quantitatives qui font, bien trop souvent, cruellement défaut dans ce débat.

 

Ainsi, les statistiques soulignent que seul 1% du total des demandeurs d’asile et des réfugiés dans le monde s’installe en Occident, à peine 0.05% en Europe. Le vieux continent est donc particulièrement mal placé pour rappeler le reste du monde à son devoir de solidarité, au contraire des pays paupérisés qui supportent la quasi-totalité du «fardeau migratoire» en tant que principales destinations d’immigration.

 

Par ailleurs, si l'immigration en provenance de l’Afrique subsaharienne est quantitativement peu significative (moins de 3% du total du flux migratoire annuel vers l'Espagne), elle n’en est pas moins fortement médiatisée. Il en est de même pour l’immigration en général, présentée dans les pays de l’Union Européenne comme une menace pour son ordre social alors qu’elle ne pèse pas même pour 1% de sa population totale.

 

Comment dès lors expliquer qu’une portion si infime «de la misère du monde» effraye à ce point les responsables européens au point de devenir un élément central de leur communication politique tant à destination de leurs voisins du pourtour méditerranéen que vis-à-vis de leur propre opinion publique?

 

L’analyse de la politique migratoire belge, pays au cœur de l’UE et siège de ses principales institutions, permet d’apporter des éléments de réponse qui peuvent être étendus aux principaux pays européens. En effet, bien avant le Maroc, la Belgique s’est lancée dans une politique de répression et de criminalisation de l’immigration clandestine et ce, alors que les personnes d’origine non-européenne ne représentent que 2% de sa population active[1] et l’immigration clandestine moins de 1% de sa population totale. De plus, si l’on prend la perspective des flux migratoires, le solde migratoire des non-Européens est en 2002 d’un peu plus de 30 000 personnes… du même ordre, à l’échelle de la population belge, que le nombre de Belges qui ont choisi cette année-là de quitter leur pays pour s’installer à l’étranger.

 

La politique migratoire belge, incarnée par les centres fermés présentés par Bruxelles comme la «clé de voûte» de sa «politique d’immigration», prétend participer d’une gestion efficace et humaine des flux migratoires. Cependant, les statistiques attestent de la fonction purement symbolique de ces centres qui sont autant de zones de non-droit au sein même d’un État qui se veut démocratique 

15:13 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |