30 octobre 2009

Langue de bois et consensus mou

Langue de bois et consensus mou

Langue de bois

 

Par Eric de Bellefroid,

Vivre ensemble

, le 29 octobre 2009

Aux temps de la pensée unique et du politiquement correct, on est tous à peu près victimes de cette langue frigide et insensible.

Charles Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838) avait le sens de la formule. Il lui en fut d’ailleurs souvent tenu rigueur. Car, non sans orgueil lui-même, il avait le don de blesser celui des autres. D’un mot, d’un seul, il pouvait frapper un homme, et le tuer. Au demeurant n’est-ce pas par hasard qu’il pensait ceci, que "la parole a été donnée à l’homme pour déguiser ses sentiments".

On ne saurait mieux dire pour évoquer aujourd’hui la langue la mieux partagée au monde : celle de bois. Aux temps de la pensée unique et de ce que l’on nomme vilainement le "politiquement correct" - un vaste domaine qui recouvre de l’immigration à la sexualité -, on est tous à peu près victimes de cette langue frigide et insensible, qu’on pratique dorénavant sans vergogne.

Expert en histoire des médias et communication politique, l’écrivain Christian Delporte vient de se fendre d’"Une histoire de la langue de bois" (Flammarion, 350 p., env. 21 €) qui nous éclaire sur cette nouvelle pathologie de la parole. Maladie qui s’apparente aux novlangues annoncées naguère par le roman orwellien de politique-fiction, et qui culmina avec les grands totalitarismes du siècle dernier. Sans parler, dès avant cela, de la Terreur; ni, bien après, de la guerre froide.

Les politiques - naguère les politiciens - ne doivent plus craindre désormais de proférer une énorme tautologie ou un truisme vertigineux. Ils en sont du reste rarement avares. Ainsi Georges Marchais sur TF1 en 1992: "Il faut toujours décoller pour prendre de l’altitude." Ou le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dans sa déclaration de politique générale de juillet 2002: "Dans cette situation, notre route est droite mais la pente est forte." Dont acte.

Ces généralités, en définitive, se fondent dans la recherche du consensus. Mou de préférence. Pour rassembler, une fois pour toutes, il faut éviter de choquer le peuple. Alors, on l’anesthésie avec du changement, de l’avenir, de l’union, du rassemblement et de la confiance. Le publiciste Jacques Séguéla ("la force tranquille"), à cet égard, est un maître orfèvre en cisèlement du lieu commun.

 

En fait d’évidence, le grand Charles de Gaulle lui-même ne résistait pas toujours à la tentation. Paraphrasant Alphonse Allais sur l’Angleterre, il s’écria un jour de 1960: "Fécamp, port de pêche qui entend le rester et le restera!" "Curieusement troublé par l’air iodé et les embruns", rapporte Christian Delporte, le Général avait déjà, deux mois plus tôt à Saint-Nazaire, pour le lancement du paquebot France, commencé son discours en ces mots : "Il va épouser la mer. La mer, si redoutée et si désirée des peuples, la mer, qui sépare les nations mais leur permet de se joindre, la mer, par où les pires dangers peuvent menacer les Etats mais sans laquelle il n’est point de grandeur." On eût dit du Valéry, mais l’inspiration était mal aboutie.

De nos jours, la langue de bois a conquis une très large part de marché. Tandis qu’existait déjà le franc-parler, non seulement a-t-on de surcroît inventé le parler-vrai, mais aussi le mentir-vrai, c’est dire qu’on n’arrête pas le progrès. Du coup, quand un marchand de soupe nous dit: "Je vais être très clair", il est encore temps de s’enfuir. Le vaste ensemble du personnel politique belge a beau nous expliquer "très clairement la problématique de BHV", nul n’y entend goutte.

Le discours dominant a fait désormais de l’immigré un allochtone, de l’aveugle un déficient visuel, du camping une hôtellerie de plein air. De la prostituée une travailleuse du sexe, et du mensonge lui-même, une contre-vérité. Pour être bref, enfin n’est-ce pas disons, il va sans dire qu’à la limite, dans une certaine mesure, tout cela nous "interpelle quelque part au niveau du vécu". Voilà au moins une phrase indémodable, qui disait bien ce qu’elle voulait dire [?].

10:56 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29 octobre 2009

Quel est le sens de la politique d’ «ouverture» de Sarkozy ?

Quel est le sens de la politique d’ «ouverture» de Sarkozy ?

Par Emrah KAYNAK,

BellaCiao , le 27 octobre 2009

La stratégie politique du gouvernement français de l’ouverture ne s’arrêtera pas parce que la France a besoin de mobiliser toutes ses énergies et tous ses talents dans une situation aussi grave…«S’il y a des talents à gauche qui doivent servir leur pays, mon devoir de président de la République c’est de faire appel à leur talent», déclarait Nicolas Sarkozy qui emboîta le pas aux mots.

L’Elysée poursuit sans répit sa stratégie, avec la nomination de deux cadors, Alain Juppé et le PSiste Michel Rocard, à la tête d’une commission de réflexion sur le futur emprunt national. Ces deux derniers ne viennent qu’étendre une longue liste d’imposteurs que Sarkozy est parvenu sans trop d’efforts à débaucher. Sarkozy se gausse de s’ouvrir «aux autres sensibilités de la majorité. Plus nos adversaires sont sectaires, plus nous devons nous montrer ouverts». Il ne s’agit d’aucune façon d’une ouverture mais bien d’un ordonnancement logique entre des hommes partageant une même cosmovision politique.

On voit très clairement, concernant Bernard Kouchner, qu’il ne s’agit pas d’une «ouverture» à d’autres sensibilités idéologiques puisqu’une ouverture se fait envers des personnes qui ont une autre vision. Or les points de vue de Bernard Kouchner ne se distinguent pas de ceux de Nicolas Sarkozy : soutien à l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan, exaltation de l’interventionnisme militaire sous pavillon humanitaire, rhétorique de la confrontation civilisationnelle,… A l’avenant pour le pseudo-socialiste Dominique Strauss-Kahn qui ne s’est jamais signalé par la profondeur de ses convictions ou le thuriféraire Jacques Attali toujours disposé à conseiller le Prince. Jack Lang, émissaire spécial du Président français à Cuba et en Corée, s’est lui aussi toujours accommodée de la ligne politique étrangère sarkozyenne.

C’est un artifice encore plus grossier que de présenter comme témoins de l’ouverture des transfuges de l’UDF/ Modem, tel que Hervé Morin, alors que ce parti a toujours partagé une parenté idéologique avec le RPR/UMP.

La stratégie de l’ouverture de Sarkozy poursuit des objectifs de différents ordres. A titre subsidiaire, elle vise à déforcer l’opposition en brouillant les lignes idéologiques ainsi qu’à accumuler une réserve de voix à l’approche des prochaines échéances électorales. Dans la même perspective électoraliste, Sarkozy, idéologue du libéralisme le plus rigoureux, promeut sournoisement la régulation des marchés financiers pour exempter le capitalisme décadent.

A titre principal, l’«ouverture» consiste à consolider l’axe atlantico-sioniste qui gravite désormais autour de son mentor. Que ce soit aux USA ou en France, le sionisme transcende les structures de parti ; on retrouve des sionistes à «droite» comme à «gauche» et toujours dans les rangs du pouvoir en place. Les nouvelles recrues de Sarkozy au talent si précieux ont tous un dénominateur commun : ils accréditent tous l’hégémonie belliciste des USA et la politique coloniale d’Israël. Sur cette question, leur position est redoutablement extrémiste.

Le sionisme obsessionnel de Sarkozy a des implications fondamentales sur l’identité de la France et sa politique étrangère. Nicolas Sarkozy n’a jamais dissimulé ses accointances avec le lobby pro-israélien à qui il a juré loyauté. Il vient d’ailleurs de nommer Valérie Hoffenberg comme représentante spéciale de la France au processus de paix au Proche-Orient, qui est censée soutenir «toutes les initiatives concrètes» susceptibles de créer «un climat favorable à la paix dans les domaines économique, culturel, éducatif et environnemental», selon un communiqué de l’Elysée. Or, Valérie Hoffenberg, conseillère UMP de Paris, est par ailleurs directrice pour la France de l’AJC (American Jewish Committee), un mouvement ultra-sioniste très agissant aux Etats-Unis. Ce choix révèle parfaitement la perfidie du Président et sa subordination inconditionnelle à la cause sioniste.

Le sionisme est une doctrine politique qui outrepasse la stricte question du conflit territorial israélo-palestinien ; il ne consiste pas à soutenir uniquement un foyer national juif en Palestine, mais dans les faits, il équivaut à appuyer un la colonisation, l’occupation et la réaction internationale partout dans le monde. Il est établi en effet qu’Israël apporte un soutien logistique et militaire à bon nombre de dictatures fascistes, notamment en Colombie et au Honduras.

Sarkozy a d’ores et déjà atteint ses objectifs supérieurs : il est parvenu en l’espace de quelques années à désorganiser l’opposition et raffermir ainsi la conversion de la France en vassal des intérêts usaméricains et israéliens.

 

05:01 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le grand débat n'aura pas lieu, mais…

Le grand débat n'aura pas lieu, mais


911 Mysteries - stfr
ReOpen911  

, le 28 octobre 2009

À l'image de la pièce de théâtre de Jean Giraudoux,

 

la guerre de Troie n'aura pas lieu 

, le débat qui devait avoir lieu entre Jean-Marie Bigard, Mathieu Kassovitz, Éric Laurent, Niels Harrit et leurs contradicteurs a finalement été annulé quelque jours avant la date prévue.

En effet demain mercredi 28 octobre devait avoir lieu le premier débat contradictoire sur le sujet au combien délicat du 11 Septembre 2001. Guillaume Durand, qui avait précédemment consacré une partie de son émission l'objet du scandale sur France2 aux attentats meurtriers d'il y a huit ans, avait pourtant proposé à ses interlocuteurs l'organisation d'une courageuse première télévisuelle. L'idée de base était simplement de proposer un débat ouvert sur la version officielle du 11 Septembre 2001. Pendant près de deux semaines le débat a été planifié et organisé sans autre problème que de trouver les bons interlocuteurs défenseurs de la dite "version officielle".

Mais à quelques jours de la date fatidique, la production de l'émission nous informe que, pour des raisons indépendantes de sa volonté, organiser un débat argumenté sur ce sujet n'est pas possible. Etaient invités aux côtés de Mathieu Kassovitz et Jean-Marie Bigard, le grand reporter et spécialiste de politique internationale

Éric Laurent   qui publia en 2004 une enquête détaillée et approfondie sur la face cachée du 11 septembre , au vu de ses interventions sur les chaines de TV à l'époque  , il semble difficile à contredire tant il connaît effectivement bien son sujet  

!

Devait aussi venir sur le plateau de l'émission, le scientifique danois Niels Harrit, qui lors d'analyses d'échantillons de poussière du World Trade Center,

découvrit des traces d'explosifs militaires  

.

Au vu de ce panel de gens compétents le débat promettait d'être passionnant. Toutefois puisque la production s'est vue interdire de possibilité d'un débat argumenté, il ne resta que la seule possibilité de faire venir Mathieu Kassovitz et Jean-Marie Bigard sur le plateau de Guillaume Durand. Ce dernier étant complété par deux chroniqueurs Frédéric Bonneau et Hervé Gattegno.

On comprend mal le pourquoi de ce renoncement à cette première télévisuelle. D'autant plus que la parole sera tout de même donnée aux deux célébrités qui ont courageusement pris position pour un débat public sur les

attentats du 11 Septembre. Toutefois on notera que ces derniers réclament depuis le début, la venue d'experts et autres personnalités compétentes sur le sujet. En ce sens, c'est encore une fois une faillite médiatique !

Comble de l'ironie, l'association reporters sans frontières vient de publier le

classement mondial de la liberté de la presse 2009.  

On retrouve la France en piteuse position à la 43e place distancée par des jeunes démocraties africaines comme le Mali, l'Afrique du Sud ou le Ghana ou encore par des pays comme l'Uruguay, la Lettonie et la Lituanie. Mauvais élève de l'Europe, la France se retrouve bien loin derrière les États-Unis où pour exemple, le 11 Septembre n'est pas un sujet banni des médias.

Le Danemark figure à la première place du classement et ce n'est pas son ex-premier ministre Rasmussen qui dira le contraire, c'est un exemple de transparence puisqu'il a lui-même

déclaré, avoir été averti quelques minutes avant de l'effondrement de la première tour du World Trade Center, au matin des tragiques attentats du 11 septembre 2001.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rendez-vous donc demain mercredi 28 vers 23:00 sur France2

pour continuer à espérer que la liberté de la presse n'est pas une vaine illusion !

Post-scriptum :

Internet

et selon certains

 

"la plus grande saloperie que l'humanité ait inventée"  

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L'état investit dans Dailymotion après y avoir placé des hommes  

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A voir aussi

 

le bon reportage de la Télé Libre  

avec, entre autres, Cynthia McKinney, Matthieu Kassovitz et Niels Harrit.

Une production de ReOpen911 :

 

Les points sur les i avec Poincarré  

.

 

 

 

 

 

Association ReOpen911

 

www.ReOpen911.info 
Pour en savoir plus sur l'association ReOpen911 :
Questions à l'association ReOpen911

 

01:38 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 octobre 2009

Femmes voilées : laissons-les en paix !

Femmes voilées : laissons-les en paix !

 

Par Fabienne Brion (Centre de recherches interdisciplinaires sur la déviance et la pénalité, UCL) et Philippe Van Paris (Chaire Hoover d’éthique économique et sociale, UCL),

Le Soir, 27 octobre 2009

Des femmes et des jeunes filles musulmanes portent le foulard. Cela gêne, irrite, enrage même pas mal de monde. Le Vlaams Belang en premier, bien entendu. Mais derrière lui une foule bariolée que l’on n’a pas l’habitude de voir défiler ensemble, mais qui se retrouve ici pour réclamer à l’unisson l’interdiction du voile à l’école et en d’autres lieux.

Nous sommes convaincus qu’ils ont tort

 

Partialité d’abord. Les partisans de l’interdiction du foulard postulent que les musulmanes qui le portent y sont obligées par les hommes de leur communauté. Ce n’est pas toujours vrai, loin de là, mais supposons que ce le soit. Obliger des femmes, et seulement des femmes, à se couvrir la tête, nous dit-on, est une pratique qui entretient des liens évidents avec l’inégalité entre les sexes, avec la libido des hommes et avec la domination que ceux-ci exercent sur les femmes. C’est vrai. Mais cette asymétrie vestimentaire n’est pas exactement une exception dans les sociétés humaines.

Ainsi, nous en connaissons une où les femmes portent fréquemment des jupes et d’inconfortables chaussures à talons hauts. Nous en connaissons même une où les hommes peuvent circuler torse nu dans les parcs publics et les piscines sans être inquiétés, et où les femmes qui feraient de même seraient illico embarquées pour outrage aux bonnes mœurs. Qui niera que ceci aussi ait quelque chose à voir avec la libido masculine et l’oppression des femmes ? Pourtant, curieusement, personne ne semble prôner l’interdiction du soutien-gorge dans les piscines avec la même ardeur que l’interdiction du foulard à l’école.

Les critères de décence varient d’une culture à l’autre. Dans les sociétés libérales comme dans les sociétés musulmanes, la différenciation sexuelle de ces critères est la règle et manifeste des rapports de pouvoir complexes entre les sexes. L’obsession actuelle pour le foulard semble donc difficilement pouvoir échapper à l’objection des «deux poids, deux mesures». Loin de défendre «nos valeurs», elle viole l’idéal de respect mutuel impartial dont se revendiquent nos démocraties libérales.

Cette obsession éradicatrice ne fait pas meilleur ménage avec l’idéal de liberté. Remplacer une obligation héritée d’un père ou d’une mère par une interdiction imposée par un directeur ou un ministre ne peut être jugé libérateur que par ceux qui se font de la liberté une conception bien particulière. La liberté, c’est avoir le droit de poser des choix. C’est être considéré comme capable d’en poser. C’est surtout en avoir réellement la possibilité. De ce point de vue, la question du port du foulard est bien superficielle. Bien plus cruciale est la question de savoir comment fournir aux élèves musulmanes comme à tous les adultes de demain une formation scolaire qui augmente leur marge de choix dans tous les domaines. Et qui permette ainsi de réduire les inégalités liées au sexe, à la classe sociale ou à «l’ethnicité», au lieu de les perpétuer.

Pareils raisonnements n’évacuent-ils pas une dimension centrale de la question, sa dimension religieuse ? Si on porte le foulard, c’est certes parce qu’on est femme, mais aussi parce qu’on est musulmane. Ici encore, ce n’est pas toujours vrai : les immigrées chrétiennes d’origine arménienne ou araméenne ne portent guère moins le foulard que les femmes musulmanes de la même génération. Mais peu importe. Supposons que tous voient dans le port du foulard une obligation religieuse. Et alors ?

La foi serait-elle un nouveau pudendum ? Et la manifestation d’une conviction religieuse, une forme d’attentat à la pudeur ? Après Le sexe et l’effroi (Pascal Quignard, éd. Gallimard), le moment est-il venu de passer à Dieu et l’effroi ? Et de cacher non seulement ce sein, mais cette croyance que l’on ne saurait voir ? Tel fondamentalisme impose aux musulmanes de coiffer le foulard avant d’émerger de leur maison ; tel autre exige qu’elles l’ôtent avant de franchir le seuil d’un parlement ou d’une école. Entre l’un et l’autre, la différence est-elle si évidente ?

Cette cécité à sa propre partialité prêterait à sourire si elle était sans conséquence. Ce n’est pas le cas. Même du point de vue des objectifs proclamés par les partisans de l’interdiction, la mesure serait gravement contre-productive.

En premier lieu, parce qu’elle pousse à la radicalisation. Les musulmanes sont devenues l’objet d’un conflit visant à déterminer comment il convient qu’elles s’habillent. Est-il si difficile de voir qu’il s’agit là d’une manière de s’approprier leur corps ? De comprendre que cette appropriation puisse susciter des réactions de crispation ? De se rappeler que la stigmatisation incite à retourner le stigmate ? D’imaginer, enfin, que la disqualification des pères et des frères ou de la religion des ancêtres invite cent Antigone voilées à se soulever, comme dans la pièce de François Ost ? Cent Antigone qui, forcées de se soumettre à une interdiction perçue comme arbitraire et humiliante, arboreront le foulard ailleurs avec d’autant plus d’ardeur, voire d’extravagance ?

En second lieu, parce qu’elle comporte un risque sérieux de piliarisation perverse de notre système scolaire. Il existe un moyen de contourner l’interdiction proposée : la création d’écoles musulmanes, dans lesquelles le port du foulard pourra être imposé comme l’est aujourd’hui le port de la kipa dans les écoles juives. Cette solution, que notre constitution autorise, serait un désastre, en raison d’une corrélation entre confession religieuse et catégorie socioéconomique qui n’a jamais existé pour les écoles catholiques et les écoles juives. La ghettoïsation des écoles accueillant les enfants d’origine marocaine et turque, déjà excessive aujourd’hui, s’en trouverait encore renforcée.

Il nous faut aujourd’hui apprendre à vivre avec une pluralité nouvelle et irréversible. Pour y faire face efficacement et équitablement, il faut résister à la tentation d’imposer à toutes et à tous le moule auquel nous sommes accoutumés. Il faut au contraire infléchir nos institutions d’enseignement, officielles ou libres, confessionnelles ou non, de la maternelle à l’université, de manière à ce que musulmans et non musulmans puissent les fréquenter côte à côte, en s’y sentant toutes et tous pleinement respectés et reconnus. Il faut dès lors abandonner toute velléité d’interdiction générale du foulard. Il faut aussi récuser l’option irresponsable de laisser à chaque établissement la faculté de l’interdire ou de l’autoriser, avec pour effet, à terme, d’induire une concentration intenable dans les établissements qui ne l’interdiraient pas. Il faut au contraire avoir le courage d’interdire l’interdiction au niveau de l’ensemble de la Communauté française et de la Communauté flamande.

Au lieu de s’accrocher fébrilement à un passé révolu, il faut affronter lucidement le présent. Sans nullement renoncer à nos valeurs de tolérance et de solidarité. Au contraire, en les mettant en œuvre avec cohérence et fermeté. Face aux femmes et aux jeunes filles voilées, la fidélité à ces valeurs exige avant tout qu’on leur permette de se former sereinement à la citoyenneté et à l’emploi dans des écoles où elles côtoient des élèves très différents d’elles-mêmes sans avoir le sentiment de devoir renoncer à leur identité. Elle ne requiert donc nullement que nous nous acharnions à les dépouiller de leurs foulards. Elle requiert au contraire qu’on les laisse en paix.

. Pour le prouver il ne suffit pas d’invoquer la compagnie suspecte – même le Belang peut parfois avoir raison – ni la corrélation positive relevée par Vassilis Saroglou entre opposition au port du voile et propension aux attitudes racistes. Il faut plutôt tenter de faire comprendre à quel point les arguments invoqués pour persécuter le foulard sont d’une part aveugles à leur propre partialité et d’autre part trop peu sensibles aux conséquences qu’un brin de réflexion suffit à anticiper.

13:30 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

25 octobre 2009

«Il est temps de réagir…»

«Il est temps de réagir…

»

Par Khalil Zeguendi,

Au CDH, Ahmed El Khannouss, échevin à Molenbeek et député régional bruxellois est le seul à ce jour à s'exprimer contre cette mission.

Il déclare au quotidien la Capitale

du 21 octobre, je le cite :

"Une mission dans un pays qui bafoue les droits des Palestiniens et qu'un rapport de l'ONU juge avoir commis des crimes de guerre très graves est inopportune. C'est un mauvais message. Dire qu'il ne faut pas mélanger économie et politique est absurde"

L’attitude d'Ahmed El Khannouss est d'autant plus courageuse qu'il est conseiller au cabinet Cerexhe, lequel Cerexhe appuie sans réserve l'organisation de cette mission

Contactée par mes soins par SMS hier en début d'après midi, Madame Milquet qui avait pris l'engagement de ne pas faire des affaires avec Israël lors de la guerre contre Gaza, tarde à me répondre. Mais je ne désespère pas...

Quant à Mohamed Daïf, également député régional et échevin PS à Molenbeek, il déclare à la même Capitale

, je le cite :

"Avec son gouvernement actuel d'extrême droite, ce n'est pas une bonne idée de faire une mission économique en Israël. Les affaires et la politique sont liées. Il faut reporter cette mission jusqu'à ce que Israël ait une attitude plus claire vis à vis du processus de paix"

Quant à Aziz Albishari, député régional Ecolo, il déclare :

"C'est une question sensible, vu les événements de Gaza. Et, dans tout événement sensible, l'économie est un outil politique. Dès qu'on sort d'Europe occidentale, on est confronté à ce type de situation. Mieux vaut y aller, en rappelant la politique de la Belgique"

Là, Albishari se montre expert en langue de bois... et se rend complice des assassins des enfants de Gaza... Il parle à deux reprises d' "événements" hésitant à qualifier de massacre, ce qui s'est passé à Gaza.

Quant à Ahmed Mouhssine, également député régional Ecolo que j'ai joint au téléphone hier soir, il semblait gêné de la situation dans laquelle il se trouve et renvoie sa position à prendre, à la réunion du groupe Ecolo.

Et donc, lui qui circulait en décembre passé durant toute la journée à bord d'un camion, "guelephone au poing" pour rameuter tout Bruxelles pour la manifestation contre les massacres de Gaza, lui, n'a pas de position et s'en remet à la décision que prendra le groupe Ecolo à laquelle il adhérera.

Il me dit au téléphone qu'il ne s'imaginait pas que les choses étaient plus compliquées quand on est député que lorsqu'on est simple militant de terrain.

Sauf que quand on est député, on touche un paquet d'argent que l'on na pas lorsqu'on est simple conseiller communal à Saint Josse. Et ça, ça peut rendre les choses, effectivement plus compliquées

Il me parle d'une interpellation qu'il compte faire au parlement de la région comme si une interpellation à laquelle Cerexhe n'est pas obligé de répondre, allait influer sur le cours des choses

Rayon élus sionistes, il n'est pas nécessaire de signaler que Viviane Teiltelbaum MR, Monique Langbrd MR et Yaron Pesztztat Ecolo sont pour cette mission même si pour le dernier cité, c'est le groupe Ecolo qui doit définir la position à adopter.

On sait quelle sera cette position d'Ecolo lorsqu'on suit l'actualité et les déclarations des dirigeants de ce parti

N'est ce pas Isabelle Durant qui déclarait récemment préférer Frédérique Ries à Anne Delvaux...?

sont ces élus qui ont défilé par dizaines dans tous les cortèges de protestation contre le massacre de Gaza ? Certains d'entre eux animent des associations pro palestiniennes comme le COCAB présidée par Fadi Ben Addi et se retrouvent les vendredis sur les marches de la Bourse pour "soutenir le combat des Palestiniens pour la dignité"

sont ces élus qui nous bassinent avec leur adhésion au combat de ce peuple et qui annuellement accueillent des enfants palestiniens à Molenbeek notamment ou organisent des rencontres de foot ball de l'équipe palestinienne contre le Brussels ?

C'est là où ils siègent qu'ils doivent actionner les leviers décisionnels afin de contrer l'influence des lobbies sionistes et pas dans la rue...

Il est encore temps de réagir...

"Bruxellois, non peut être?" suivra à la trace les réactions de chaque élu et rapportera à l'opinion publique les attitudes de chacun d'entre eux

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.Commentaire de "Bruxellois, non peut être ?", le 21 octobre 2009

02:19 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20 octobre 2009

Un automne à Shanghai

Un automne à Shanghai

shanghai_pudong-1

Par

Shanghai est la modernité en actes ; c’est une ville faite pour les affaires. Ses nombreux gratte-ciels étourdissants défient autant l’imagination que le ciel. Cette métropole est saturée d’un glamour festif quasi irréel ; elle est imbibée de richesse, elle déborde de fierté et pourtant, elle est humaine – et même, de fait, très humaine. C’est une ville habitable, relativement calme ; l’on s’y sent en sécurité et elle vous souhaite la bienvenue à bord. C’est la Métropole Occidentale du futur. Et pourtant, elle se trouve en Orient.

L’on m’avait prévenu, avant mon voyage : Shanghai n’est pas réellement un «choc culturel», bien au contraire ; l’on a l’impression d’avoir déjà rencontré Shanghai dans ses rêves urbains bien avant de s’y poser. De fait, Shanghai est l’incarnation du rêve urbain occidental : c’est la matérialisation surprenante de tout ce qu’une métropole occidentale prétend être. Dans certains quartiers, elle est l’incarnation de l’imaginaire urbain ; c’est ce vers quoi tendait New York, mais qu’il a échoué, quelque part, à atteindre. Dans d’autres, l’on ressent la tranquillité urbaine suprême d’une avenue parisienne bordée d’arbres, avec de petits bars et des cafés stylés. Elle offre tout ce que peut offrir une grande ville en matière de culture, de loisirs, de business et de bonne cuisine, mais, en plus, elle est totalement sympathique tant pour ses visiteurs que pour ses habitants. J’ai donné un cours de jazz, en Chine, cette semaine, et j’ai participé au Shanghai Jazz Festival. Et, bien que fort occupé, avec mes étudiants, les combos de jazz, les concerts et mes autres engagements musicaux, j’ai essayé d’absorber Shanghai, au maximum de mes possibilités : j’ai sillonné la ville, je me suis attaché à rencontrer des gens du crû et à tenter de comprendre ce miracle. Ainsi, j’ai par exemple visité la Shanghai Music Fair, probablement la plus importante foire-exposition musicale au monde.

Aujourd’hui, la Chine est le premier producteur mondial d’instruments de musique occidentaux. Et vous savez quoi ? Ils fabriquent des saxophones du tonnerre, là-bas ! Des saxos incroyables ! J’avais essayé des saxophones chinois, dans le temps ; j’en avais fait la critique. Pour une raison que j’ignore, j’étais depuis toujours convaincu que les nombreuses marques de saxos chinois devaient sortir de la même boîte, ou au maximum de chez deux ou trois fabricants… En gros, l’idée était que tous les saxophones et clarinettes chinois contemporains ont un design très approchant et qu’ils sont tous aussi bons les uns que les autres. Mais, à cette foire musicale, je me suis rendu compte que j’avais tout faux. Il y a, en réalité, plusieurs petits fabricants de saxophones, et ils sont tous excellents ! Ceux que j’ai rencontrés étaient manifestement avides de critique ; d’une manière extrêmement modeste, ils sont enclins à vous demander de leur dire franchement ce que vous pensez de leurs différents modèles. Ils ne veulent qu’une chose : faire mieux. Ils n’aspirent qu’à s’améliorer, encore et encore

La Chine est un miracle financier ; elle est en passe de doubler le Japon et de devenir la seconde économie mondiale. L’on s’attend à ce qu’elle sème l’Amérique au cours des cinq années à venir, devenant la première puissance économique du monde. La Chine est déjà le premier producteur mondial des principaux produits industriels et agricoles. En dépit des critiques occidentales incessantes de la structure politique et du système de parti unique de la Chine, le succès de ce pays démontre que son système politique et son modèle économique sont sans doute bien plus efficaces que ce que les démocraties occidentales sont en mesure de proposer. Contrairement à l’Empire Anglophone en train de s’effriter et des autres économies de service occidentales, la Chine est une société productive, et pourtant elle est gouvernée par l’unique «Parti du Peuple». Plutôt que de copier le modèle économique et le système des valeurs de l’Occident, la Chine a adopté certains avantages de l’Occident, elle les a modifiés, puis elle les a intégrés à son propre modèle économique et à son propre système social.

La Chine et Israël

Lors de ma visite à Shanghai, je suis descendu dans un hôtel occidental plutôt étonnant. Dès mon arrivé, après les formalités d’usage, tandis que j’attendais mon tour au bureau des renseignements touristiques, une ménorah* dorée rutilante me faisait familièrement de l’œil sur la couverture de l’une des brochures. Je la pris. Elle portait sur «Les juifs à Shanghai», et indiquait, en sous-titre : «L’histoire des trente mille juifs qui trouvèrent refuge à Shanghai entre 1933 et 1941». J’imagine que vous n’êtes désormais plus en mesure d’imaginer une seule métropole, sur notre planète, qui n’ait un rapport ou un autre avec l’Holocauste ou avec les juifs. Les visiteurs de Shanghai ont l’embarras du choix : des temples, des paysages à couper le souffle, le shopping, de nouveaux marchés en plein développement, la cuisine, le folklore chinois et, bien entendu, y compris un petit chouilla de «Shoa business». Honnêtement, je pense que personne, mis à part quelques juifs, ne s’intéresse au rôle historique joué par Shanghai dans l’Holocauste. Et pourtant, cette brochure était là, et bien là : il devait y avoir une raison. Beaucoup d’Israéliens et de juifs visitent Shanghai depuis une vingtaine d’années, la Chine et Shanghai étant le futur. Et ça, les Israéliens le savent parfaitement.

En prenant mon petit-déj’ à l’hôtel, j’ai entendu beaucoup parler l’hébreu. Ce n’était pas des touristes israéliens : dans les conversations, il était essentiellement question d’acheter et de vendre. Ils rencontraient des businessmen locaux, alors qu’il n’était encore que huit heures du mat’ !

Mais ce n’était pas que le business : l’infiltration israélienne est patente, à tous les niveaux concevables.

Dans le bus qui nous a emmené jusqu’à la salle du festival où nous allions nous produire, nous avons trouvé un drapeau israélien, accroché au rétroviseur. Une brève enquête, avec l’aide de notre metteur en scène qui parlait l’anglais, a révélé que l’orchestre qui avait joué juste avant nous était une formation de Dixieland israélienne. Je dois mentionner que je vis moi-même en Grande-Bretagne depuis quinze ans, que je voyage dans le monde entier avec des musiciens provenant de tous les continents, mais que je n’ai jamais vu un seul musicien laisser des souvenirs nationalistes où que ce fût. Pour les artistes israéliens, en revanche, il semble que le fait de laisser traîner leurs Etoiles de David soit une pratique habituelle.

Je ne tardai pas à me rendre compte que je connaissais ces musiciens de Dixieland israéliens ; c’était même d’anciens amis, en Israël. Certains d’entre eux avaient été mes profs et mes mentors et d’autres avaient joué dans mon orchestre. Deux d’entre eux étaient vraiment mes potes, à l’époque. Dois-je vous préciser que les rencontrer, après tant d’années, était une perspective excitante ? De fait, ils étaient très bons. Ils savaient jouer, et ils maîtrisaient manifestement le style Dixieland. J’ai entendu un de mes anciens amis déclarer, sur scène, à son public chinois : «Nous sommes ici pour célébrer les soixante ans de la République chinoise et les soixante-et-un ans de l’Etat juif ! Et tout ce que nous voulons vraiment, c’est la paix !»

Un message tellement simple (d’une simplicité quasi biblique) : nous, les juifs, et vous, les Chinois, nous partageons tous une croyance très simple.

Ce corniste israélien ne s’était sans doute pas rendu compte du fait que quelques heures auparavant, la République Populaire de Chine avait voté en faveur de l’adoption du rapport Goldstone au Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu. Pour la Chine, en tout cas, les crimes de guerre d’Israël doivent faire l’objet d’une enquête plus approfondie.

Toutefois, tout le monde sait que la plupart, sinon la totalité, des exportations artistiques israéliennes sont sponsorisées par le ministère israélien des Affaires étrangères. Les artistes israéliens servent de messagers de la propagande sioniste et des bobards de la hasbara. L’idée est très simple : pendant que «Tsahal» balance du phosphore blanc sur des Palestiniens tandis qu’elle en affame d’autres, les artistes israéliens parcourent le monde entier, diffusant leur message «Sex, Love and Peace» fleurant bon les Sixties. Inutile de préciser que les gens, autour de moi, n’ont pas réellement mordu à l’hameçon.

Le sionisme, comme nous l’apprennent Herzl et ses trop nombreux disciples, est tout entier voué à rechercher les liens entre les intérêts nationaux juifs et les puissances dominantes dans le monde. La Chine est, à n’en pas douter, la puissance montante. De fait, la Chine est même un pays phénomène ; sa croissance est sensationnelle. Bien que n’ayant passé qu’une semaine en Chine, j’ai pu y constater de visu l’intensité de l’entrisme israélien sur le terrain.

Comme nous ne le savons que trop, il est des pacifistes naïfs pour parier toutes leurs cartes sur une coupure potentiellement croissante entre Israël et les Etats-Unis. Ils oublient qu’Israël peut très facilement changer d’allié, comme il l’a déjà souvent fait, par le passé. Israël est toujours en train de bâtir des relations avec les puissances en train de se renforcer. Les Israéliens ont d’ores et déjà investi des efforts énormes sur l’Inde et la Chine.

La success-story chinoise doit énormément au fait qu’elle est gouvernée par un système politique aussi unique que son parti du Peuple. C’est un miracle, parce que la Chine réussit peu ou prou à réfréner le capitalisme pur et dur par un système sans équivalent dans le monde de par sa préoccupation sociale. Savoir s’il y a une possibilité, pour ce système, de s’acoquiner la philosophie nationaliste bourgeoise fondée sur le suprématisme raciale et sur l’élection exclusiviste de manière générale qui est celle d’Israël est une vaste question

[* Ménorah : candélabre à sept branche, un des plus anciens symboles du peuple juif].

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Gilad Atzmon, le 19 octobre 2009

14:45 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

06 septembre 2009

Dictature et franc-maconnerie en terre d'islam

Dictature et franc-maconnerie en terre d'islam

04:45 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

18 mai 2009

Jean Bricmont Paroles objectives et justes sur L'Occident

Jean Bricmont

Paroles objectives et justes sur L'Occident

13:37 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06 mai 2009

Chronique de la normalité

Chronique de la normalité

"Il ne s'est rien passé"

Tract reçu ce mercredi 06 mai à Saint-Josse

Encore un mort

C'était un mauvais jour peut-être ? Un de ces jours où l'on meurt pour avoir refusé l'humiliation. Quelques balles au nom de la loi, "légitime défense et prévention", toujours la même version. Un quelconque, un ami, un frère ne verra plus le jour. Ultime dépossession.

Dis-moi de quel coté l'urgence ?

Gérer le désordre. Matraquer à coups de propagande, de nouveaux dispositifs de mercenaires. Qui désire défendre se monde ? Défendre cette société en ruine, veiller à ce que rien ne déborde, du prof à l'agent de prévention, des transports en commun aux plaines de jeux, du travail aux gardes à vues, c'est tout un monde qui voudrait nous intégrer. Tout un monde que nous haïssons et où pour apprendre à vivre, nous n'avons pu qu'apprendre à aimer nos haines.

Nous haïssons la police parce qu'il n'y aura bientôt plus un geste, plus une rue, plus un recoin de nos existences qui n'échapperont à sa surveillance, à sa punition. Nous haïssons la police parce que nous haïssons le contrôle. Nous haïssons la police parce qu'elle nous impose une vie parfaitement légale, normée, rangée. Nous haïssons la police parce qu'elle est le bras armé de ce qui nous tue lentement et sûrement. Parce qu'elle est la paix armée. La lâcheté armée. Parce qu'elle est la "démocratie".

Dis-moi de quel côté l'urgence ?

Nous haïssons la police parce qu'elle sert l'ordre et qu'il n'y a pas d'ordre juste. Parce qu'elle a été de tout temps dans le camps des collabos. Nous haïssons la police parce qu'elle fait son travail. Parce qu''Alexis comme Bouna et Zied.

Nous haïssons la police parce qu'entre la vie que nous voulons et celle-ci, elle sera toujours un obstacle. Nous haïssons la police parce qu'elle n'a jamais servi à autre chose qu'à défendre ceux qui ont de ceux qui n'ont pas...

Parce que ce monde assassine nos existences, nos rues, nos mondes,...

Rendre mémoire à Mohammedi Saoudi, c'est s'abandonner ici et maintenant au précipice de la rage

16:40 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26 mars 2009

Alain Soral dit oui à Dieudonné

Elections européennes

Alain Soral dit oui à Dieudonné

 

Par Abel Mestre et Caroline Monnot, Le Monde, le 26 mars 2009

 

Dans une lettre publiée sur le site Internet de son association politique Egalité & réconciliation, Alain Soral répond favorablement à l'invitation de Dieudonné à participer à sa liste en Ile-de-France pour les élections européennes du 7 juin.

S'adressant à "[son] cher Dieudonné", l'ancien membre du Front national, affirme qu'il "a entendu haut et clair ton vibrant appel à l'union de tous les insoumis". Et de confirmer qu'il "en est" pour s'opposer "au sionisme" et pour "dénoncer les ingérences chaque jour plus voyantes et pesantes du lobby prosioniste français dans les affaires de notre pays ; agissements qui ne manquent pas d'avoir des conséquences néfastes, tant au regard des principes républicains que sur notre politique étrangère".

Cependant, estimant que la lutte contre le communautarisme et contre le sionisme ne sauraient "constituer à eux seuls un programme électoral pour un scrutin européen", M. Soral ajoute quelques points à la feuille de route politique de son ami "humoriste", comme "la lutte contre ce marchepied du totalitarisme marchand mondialiste qu'est en réalité l'Union européenne", "la défense des travailleurs français et de leurs droits face à l'entreprise de destruction par le capitalisme mondialisé – et donc l'Union européenne – de nos industries, services publics, petits commerces et PME", "le retour de l'Etat dans tous les grands secteurs économiques" ou encore un "protectionnisme raisonné appelé de ses vœux par Emmanuel Todd".

Assurant qu'il entend discuter "entre insoumis de tous bords intéressés à ce projet, sans exclusive et sans délai" son rang et sa place sur "cette liste d'authentiques résistants", Alain Soral conclut sa missive par un lyrique "bien à toi courageux et talentueux combattant !"

17:28 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 février 2009

Je suis l'avenir et je n'ai pas le droit de fuir

 

 

 

 

Je suis l'avenir et je n'ai pas le droit de fuir

Par Agnès Maillard, le 12 février 2009

L'épicentre de la France qui lutte contre la

crise qui rabote notre droit de vivre dignement s'est largement déplacé à 7000 km au sud-ouest de Paris

.

Le

mécontentement latent des Français d'outre-mer, dont le statut d'insulaires semblait justifier bien des dérapages de prix, s'est brusquement cristallisé le 19 janvier dernier en Guadeloupe autour de la question du prix de l'essence. Déjà qu'en métropole, Total gonfle ses profits en jouant sur la marge de raffinage pour amortir à son avantage les fluctuations du marché de l'or noir, dans les DOM, il apparaît clairement que les compagnies pétrolières se goinfrent sans vergogne sur le dos des consommateurs.

Dès le 20 janvier, la grève des gérants de stations-service est rejointe par un collectif de 52 organisations diverses qui lance un appel à la grève générale, pour lutter contre l'exploitation outrancière.

Tout comme pour les habitants de la métropole, la course insensée au profit maximum a dépouillé la population des îles caraïbes, non pas de son pouvoir d'achat, comme on tente encore de nous le faire croire, mais de sa simple possibilité de survie. La flambée des prix de l'alimentation, du logement, de l'énergie, de l'eau, c'est-à-dire de tout ce qui nous est simplement indispensable, conjuguée au blocage des salaires, rend de plus en plus aléatoire les capacités de survie d'une grande partie de la population. D'où des revendications fortes sur les prix et les salaires.

La Martinique, soumise au même régime sec que sa voisine est aussi entrée en lutte et la grève générale paralyse l'île depuis 8 jours, rendant problématique d'accès à la nourriture ou à l'essence. Mais la population tient bon et dans la nuit du 10 au 11 février, le collectif obtient une baisse de 20% sur une liste de 100 produits de première nécessité sous la pression d'une foule sans cesse mobilisée.

Pour prendre la mesure de ce qui se passe là-bas, et donc chez nous, il faut se brancher sur les journaux de
France Ô, ex-RFO, que l'on peut visionner sur Internet 7 jours après leur diffusion (enfin, c'est un poil plus difficile pour les Linuxiens) : des reportages complets, des commentaires intelligents, des journalistes consciencieux, comme on aimerait en voir plus souvent.

Hier soir, c'est donc sur France Ô Martinique qu'ils étaient les invités du journal, avec leur t-shirt qui affichait fièrement : Je suis l'avenir et je n'ai pas le droit de fuir.
On a perdu la culture de la lutte, on a été anesthésié par la société de consommation.


Lui, c'est un manifestant d'un bled de la Martinique et son discours raconte tout avec une lucidité frappante. Nous sommes loin de la métropole et de ses tranquilles petites journées de mobilisation intersyndicales sans lendemain

, juste pour exprimer le mécontentement pourtant endémique, revoir les vieux potes, se compter, aussi, un peu et rentrer chez soi, reprendre le petit train-train quotidien, sans avoir rien changé, rien obtenu, rien gagné, mais avec la conscience du devoir accompli.

 

Dans les Antilles, les gars ne veulent rien lâcher. Pas de colère qui explose, mais pas de fléchissement non plus : une volonté claire et farouche de ne plus payer la facture, la détermination de ne pas lâcher le morceau. - 20% arrachés à la grande distribution : un bon début et c'est tout. Ils veulent aussi 300 € d'augmentation des bas salaires, net d'impôts et veulent tout renégocier : le logement, l'eau, l'énergie. Sous la pression sans faille de la rue, les négociations commencent. Une première leçon, d'Al Capone : on obtient plus en demandant poliment, une arme à la main, qu'en demandant juste poliment. Deuxième leçon : il y avait du lest à lâcher, ce qui confirme que les revendications sont justes.

C'est sûr qu'avec des prix parfois trois fois plus élevés qu'en Métropole, la grande distribution a encore pas mal de mou sous la pédale de frein. On peut toujours arguer que c'est le coût du transport qui fait la différence, parce que le gros de la consommation est importé... Sauf qu'en France aussi, on doit bien importer massivement, vu que l'outil de production a été délocalisé off-shore. Comme quoi...

Malik Duranty et Bénédicte di Géronimo ont la petite trentaine sage et déterminée et jusqu'ici, ils n'avaient jamais manifesté. Lui, il est étudiant à Sciences Po, elle, employée de banque. Ils représentent l'un des nombreux collectifs qui se sont créés dans le flux de la contestation, le Collectif Martinique Avenir : Nous ne sommes pas à la recherche de réponses tout de suite, mais de se réunir avec ceux qui se posent les mêmes questions. Au-delà des revendications immédiates, les Martiniquais s'organisent déjà pour penser un avenir durable qui ne se pose pas en terme de quantités, mais de qualité. Interroger le présent, refondre ce qui ne se passe pas comme il faut : engagement et lucidité politique et sociale sont à l'ordre du jour dans les DOM.

Une lutte et des réflexions qui devraient tous nous inspirer.
Vite.

13:26 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30 janvier 2009

Autopsie de la connerie

Autopsie de la connerie

Le 30 janvier 2009 par Denis Faïck

 

Le sens

Il est évident que le titre de cet article peut paraître léger, voire humoristique, mais il n’en est rien. Il ne s’agit pas, en effet, de proposer un ensemble de circonstances qui prêteraient à rire (ce n’est pas, plus précisément, la finalité), ou de proposer des histoires drôles. Il ne s’agit pas non plus, loin s’en faut, de constituer une catégorie nommée «Con» en pointant du doigt quelques individus dont on pourrait se gausser, croyant alors, au travers de ces rires, échapper complètement à cette dite catégorie. Le projet est d’essayer autant qu’il est possible de mettre en évidence des aspects de la connerie, et ainsi de déterminer peut-être un fond. Le projet n’est pas simple dans la mesure où tout auteur qui traite de ce genre de sujet doit prendre le recul nécessaire : la modestie et la prudence sont requises.

L’étymologie

Étymologiquement, le mot con désigne le sexe de la femme. C’est dans ce sens que le prend Aragon dans son livre Le Con d’Irène. La dérive du sexe à l’insulte est très certainement misogyne. C’est peut-être dans la «passivité» du sexe féminin dans l’acte sexuel que l’insulte trouve son fondement, cette passivité renvoyant à l’inertie physique puis à l’inertie intellectuelle. La connerie est alors, selon cette étymologie, une incapacité d’agir, de réagir, de faire, de résoudre, de construire, de comprendre, etc.

A quoi renvoie l’insulte ?

Le mot con renvoie à des considérations d’ordre intellectuel, lato sensu, l’insulte visant alors les capacités de compréhension : résoudre un problème, comprendre un raisonnement, appréhender des règles logiques, utiliser des paramètres pour mener à bien une finalité. Mais un con peut aussi parfaitement mener à bien un processus sans voir que le but est inutile ou vicié. On verra alors qu’un con ne manque pas toujours d’intelligence.

Le mot con est aussi utilisé pour qualifier l’aveuglement devant l’expérience, qui mène à des jugements illusoires, à des idées banales, à des comportements psychorigides, dogmatiques et bornés.
On l’utilise également dans le vocabulaire relationnel : un con ne prend pas en considération, ou fort peu, autrui. Il est peu sympathique, dénigrant ou méprisant. Au con manque alors la psychologie nécessaire pour compatir avec les autres. On utilise aussi cette insulte pour marquer la carence culturelle, mais une carence qui est incroyable, peu commune, tant la culture attendue est élémentaire.

On peut noter que l’insulte qualifie les personnes qui disposent normalement des moyens d’éviter d’être con. On suppose par exemple que les données d’un problème sont utilisables par tous. On ne traitera pas de con celui qui ignore tout d’un sujet particulier, celui qui n’arrive pas à résoudre un problème mathématique complexe, ni une personne victime d’un accident, d’une maladie, ou autre, qui l’empêchent d’utiliser toutes ses capacités.

On est d’autant plus con qu’on a la capacité de ne pas l’être. Alors je traite l’autre de con parce qu’il devrait savoir, parce qu’il devrait faire. La connerie est impuissance, impossibilité, inertie, inaptitude de l’être à résoudre des problèmes de toute sorte en s’adaptant. Mais cela, insistons, relève de tout ce qui est considéré comme basique. Avec un peu de réflexion …

La suite : Denis Faïck

22:03 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24 janvier 2009

L'homme qui parlait à l'oreille de la foule

 

L'homme qui parlait à l'oreille de la foule

Par

Rouge Le Renard, le 21 janvier 2009

Je vais ici, me laisser aller à une pérégrination verbale, prismes de visions, une ballade sans nom, un va sans vien. Il y a des fois où je me demande sincèrement si le monde, l'instinct humain est définitivement matérialiste de façon absolue, le cul comme alpha et omega de tous les autres désirs, ou bien la transcendance, l'envie de liberté, de rapports sociaux de qualité, de bon niveau intellectuel, de valeurs sont tout aussi importants, vitaux

?

Il faut dire que nous vivons dans l'ère implacable du tout matériel, tout cul, tout nécessité première,

l'omerta pèse sur celui qui ose avoir d'autres velléités. Pour illustrer il suffit de se remémorer ce que disent les p'tits caniches esclaves du système en réaction à l'esprit critique : "vas travailler", "glandeur, profiteur", "t'es trop négatif", le rappel au travail n'est jamais ici qu'un rappel à l'ordre de l'esclavage salarial. Cela n'est pas anodin, en effet, car l'esprit critique étant le début de l'esprit libre, l'esclave du système utilise toute la puissance de l'idéologie dominante autour du travail pour renvoyer celui qui a l'indécence de réfléchir les choses à l'esclavage, c'est à dire la négation de l'esprit, puisque pour avoir l'esprit critique encore faut il qu'il y ait un esprit, donc si l'on veut éviter la critique le mieux est d'ôter l'esprit. C'est de cela dont souffrent les peuples modernisés jusqu'au trognon ! La destruction de la vie spirituelle par les marchands et autres chiens du capital a finit d'enlever toutes essences autres que désirs matériels, même si la vie spirituelle religieuse ne volait pas très haut chez le petit peuple, il n'empêche qu'il y avait le mérite d'y avoir une vie spirituelle.

Pour moi la seule révolution qui soit digne de couler le sang est celle spirituelle, ou de modèle social. Les révolutions du pain, sans vouloir faire le Platon trop épris d'idées, sont des mouvements vils qui retourneront veules à la cellule, une fois la panse pleine et le goût de la matraque sur les os.

La bourgeoisie sait y faire en manipulation et sabotage de processus révolutionnaires. Eh oui... Car la bourgeoisie qui est notre peste aujourd'hui a connu son avènement par Sa révolution de 1789 puis dans l'Europe entière, il faut voir comment elle a pris le temps, par un procédé transgénérationnel, pas à pas, pallier après pallier, décénie après décénie, siècle après siècle. Il est presque impensable de la renverser par un mouvement révolutionnaire, car elle sait trop y faire, elle a cela dans le sang, la Bourgeoisie est mère et fille de la révolution, elle passe même son temps à se révolutionner, d'où que son capitalisme est toujours en crise et fabrique de toute pièce ses prochaines crises pour en ressortir triplement régénérée.

Elle se révolutionne de façon chronique car elle sait que ses plans voués au court terme, la rentabilité immédiate en dépit de tout, le maximum de bénéfice-jouissance en peu de temps, elle a donc opté pour la réhitération perpétuelle du court terme, donc elle se révolutionne avant que ses ennemis ne le fasse à sa place et contre elle. Du libéralisme au néo-libéralisme, de l'impérialisme bonapartiste à la république démocratique, de l'exode rurale à la "libération" de la femme, de l'Europe de l'acier à l'Europe de Bolkenstein, de la richesse par la production au bénéfice par l'usure, de l'impérialisme colonial au néo colonialisme, du progrès à la modernité, du nationalisme au mondialisme, du racisme fasciste au multiculturalisme, de l'humanisme au droit-de-l'hommisme, du protectionnisme à l'effacement de certaines frontières, la bourgeoisie séculaire empêche la révolution d'en bas en assomant les peuples par des révolutions répétitives d'en haut ! D'où le changement dans la continuité. Ce stratagème impressionnant est mortifère en cela qu'il étouffe toute tentative de dessiner autre chose donc de continuer l'Histoire. L'Histoire n'est plus celle des peuples mais celle des ploutocrates apatrides où les peuples ne sont que de pâles figurines dont le sang et la sueur alimentent la machine à produire de la richesse...

La suite : Rouge Le Renard

 

01:53 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

14 janvier 2009

LES DROITS DE L’HOMME SONT MORTS A GAZA

LES DROITS DE L’HOMME SONT MORTS A GAZA

raphael-confiant

Par Raphaël Confiant, écrivain, le 12 janvier 2009

 

Retenez bien cette date : samedi 27 décembre 2008, 11h30 du matin, heure du Proche-Orient.

 

Ce jour-là, les Droits de l’Homme sont morts.

 

Ce jour-là, ils ont été enterrés définitivement sous la chape de «Plomb durci» de l’agression israélienne contre la minuscule bande de Gaza où sont parqués depuis 60 ans une partie du peuple de Palestine.

 

Ils ont été pulvérisés sous un déluge de feu, de bombardements, de missiles, par terre, mer et air, déluge qui n’a fait aucune distinction entre bâtiments publics, hôpitaux, écoles, mosquées, ambulances ou convois humanitaires de l’ONU.

 

Etalage sans précédent de barbarie qui se poursuit depuis bientôt trois semaines grâce à la complicité des gouvernements occidentaux et à la passivité de régimes arabes corrompus.

 

Femmes et enfants éventrés par les DIME, ces armes étasuniennes ultrasophistiquées qui déchiquètent le corps humain, empêchant toute opération chirurgicale, ambulances attaquées à l’hélicoptère «Apache», écoles de l’ONU froidement explosées, tout cela laisse de marbre les intellectuels occidentaux si prompts à pontifier sur la démocratie, l’universalité, le respect de la personne humaine et les Droits de l’homme. De même que leurs négros-larbins de SOS-Racisme, du Haut Conseil à l’Intégration ou du Secrétariat aux Droits de l’Homme. Silence à tous les étages !

 

Les Droits de l’homme sont mort à Gaza le samedi 27 décembre à 11h30.

 

Ne venez plus jamais, mesdames et messieurs du Quartier Latin, d’Oxford, de Greenwich Village ou de Yale, ne venez plus jamais nous en parler !

 

Plus jamais !

 

Nous n’avons que faire désormais de vos leçons hypocrites, de votre double langage, de votre haine rentrée pour tout ce qui ne se plie pas à la logique impérialiste occidentale !

 

Nous n’avons que faire de vos admonestations à géométrie variable, de vos exhortations, de vos «French doctors» de merde, de votre ONU, chambre d’enregistrement de vos diktats les plus ignobles !

 

Le samedi 27 décembre 2008, les Droits de l’Homme sont morts et enterrés sous le sable de Gaza.

 

Sachez en tout cas qu’Israël ayant allègrement violé les lois plus élémentaires de la guerre, cela avec votre entière complicité, toutes les options sont désormais ouvertes

13:53 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

02 janvier 2009

Permis de tuer‏

Permis de tuer

PAPIER 1Nabil El Haggar

 

Par Nabil El-Haggar (1), Université de Lille, 2 janvier 2009

 

Quand la vérité n'est pas libre,

la liberté n'est pas vraie

Prévert

 

Il est 11h 30 du matin, c'est la sortie de l'école des filles. Le visage peureux, une mère ne trouve pas sa fille de dix ans. Son regard figé comme s'il se préparait à plonger dans le vide, à s'éloigner de la vie pour fuir la réalité qu'il devine, exprime à lui tout seul la souffrance de millions de palestiniens qui dure depuis plus de soixante ans. Réfugiée de génération en génération, comme des milliers de palestiniens, cette femme a vécu dans la peur du lendemain, la peur d'une arrestation, d'une humiliation, d'un bombardement, peur de mourir ou de voir les siens mourir.

 

Un missile vient de frapper les alentours de l'école. Il sera difficile d'identifier le corps de la fillette sans nom. Écoles, mosquées, universités, maisons, magasins, hôpitaux, postes de polices et ministères sont bombardés : plus de 360 morts et 1600 blessés. Grands et petits, écoliers et policiers, filles et garçons, commerçants, employés et combattants, personnes n'est à l'abri de raids et bombardements aussi ciblés soient-ils.

 

Une fois de plus, Israël a lâché sa puissance destructrice sur Gaza pour «se défendre contre le harcèlement par le Hamas», disent les officiels israéliens. On pourrait croire qu'il s'agit d'un Etat puissamment armé qui harcèle l'Etat hébreu, lequel ne fait que «se défendre» et ça marche ! Il est vrai que la puissance israélienne ne réside pas seulement dans sa puissance militaire, elle est aussi dans sa capacité, avec la complicité bienveillante d'une partie des médias, à se faire passer pour victime.

 

Or qui ne sait pas encore que le territoire de Gaza est palestinien et qu'Israël est la puissance occupante qui a pillé ses ressources, fait souffrir sa population des décennies durant et le soumet depuis deux ans, par la puissance militaire, à un blocus total qui a asphyxié l'ensemble des activités et un million et demi de personnes qu'elle a pourtant l'obligation de protéger en vertu du droit international. Ce n'est donc pas le Hamas qui a commencé les hostilités. Le porte parole du gouvernement israélien ne fait qu'entonner que «les Israéliens ont le droit de vivre en sécurité». Les Palestiniens, eux sont réduits depuis 1967 à vivre sans droit aucun, à côtoyer l'horreur de l'occupation militaire.

 

Quelle comédie de faire croire que le Hamas serait véritablement menaçant pour Israël… Cela en rappelle une autre qui s'est passée en Irak !

 

Nous savons qu'Israël ne fait rien au hasard. Alors, quels sont les messages de l'opération militaire dite "plomb durci" ?

 

Le premier est électoral, adressé aux Israéliens qui doivent élire la nouvelle équipe gouvernementale. Plus l'équipe de la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni se montre intransigeante, plus elle sera gagnante.

 

Le deuxième est à destination de l'équipe Obama : Israël n'acceptera aucun éventuel changement dans la politique américaine à son égard.

 

Le troisième est adressé à l'Autorité palestinienne, laquelle pourrait récolter le fruit de l'offensive contre le Hamas en échange d'une soumission encore plus grande aux exigences israéliennes.

 

Enfin, la dernière est à l'attention de l'ensemble des résistants en Palestine et aux Palestiniens citoyens d'Israël. La Ministre Livni lors d'une réunion de la Knesset s'est adressée à un député palestinien : «va à Gaza et ne reviens pas» !

Alors après un tel massacre, que se passera-t-il ?

 

D'abord, précisons que le Hamas, malgré ses déclarations menaçantes, n'a pas les moyens d'arrêter l'offensive.

 

Il est clair que la résistance armée telle qu'elle a été menée n'est pas en mesure de vaincre une telle machine de guerre. Il est de la responsabilité de la résistance palestinienne d'en tirer enfin la leçon pour repenser la nature de sa résistance.

Il est de la responsabilité de l'Autorité palestinienne de reconnaître son incapacité à protéger son peuple. Par conséquent, elle devrait arrêter toute négociation avec Israël, se dissoudre et mettre les territoires palestiniens sous protection de la communauté internationale, tout en organisant la résistance populaire contre l'occupation

 

Quant aux pays arabes, incapables d'instaurer le moindre rapport de force face à Israëlvont-ils enfin comprendre que chaque jour de souffrance palestinienne est un jour en moins dans la survie de leurs régimes ?

 

Reste à savoir si l'Occident se rendra compte que chaque jour de souffrance palestinienne, d'impunité d'Israël et d'absence d'une solution politique respectueuse de tous les droits de Palestiniens est un affaiblissement de droits de l'Homme et de sa crédibilité dans la région. Ce qui se traduit par le renforcement de la confessionnalisation du conflit israélo-palestinien et de l'intégrisme  islamiste au Moyen-Orient et au cœur de l'Occident.

 

Note :

 

(1) : Aux municipales de 2001 et de 2008, Nabil El-Haggar, était tête de liste de "les Gens d'Hellemmes" (http://lesgens-hellemmes.org), un "mouvement d'habitants", affilié à aucun parti politique national (présentant certaines similarités avec les Motivé-e-s de Toulouse), qui est devenu l'opposition officielle dans la commune d'Hellemmes, une "commune associée" à Lille (ni fusionnée ni indépendante). Par le passé, il avait été candidat aux régionales sur la liste des Verts dans le Nord.

Je l'avais rencontré et interviewé en 2001 (
http://suffrage-universel.be/fr/hellemmes.htm), voici sa bio (non actualisée):
"Vice-président de l'Université des sciences et technologies de Lille, ce fils de réfugiés palestiniens, né dans un camp en Jordanie, est arrivé en France comme étudiant voici près de trente ans, et a décidé de s'y fixer après ses études et habite Hellemmes depuis cinq ans. Il enseigne la mécanique et organise les "rencontres d'Archimède", des débats hebdomadaires où se croisent le scientifique, l'artistique et le philosophique, prolongés par une revue trimestrielle, "Le Nouvelles d'Archimède", et par une collection qu'il dirige aux éditions L'Harmattan, "Les rendez-vous d'Archimède". "

Il a été (est encore ?) coprésident de la section Nord-Pas-de-Calais de l'Association France Palestine Solidarité (
http://www.nord-palestine.org/). (Pierre-Yves Lambert)

14:10 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |