27 mars 2012

suite débat après évènement de Toulouse‏

A propos du dramatique évènement de Toulouse‏

Par Hamid Benichou, Administrateur de l'association Bruxelles-Espace-Intercommunautaire, le 26 mars 2012

Je voudrais tout d’abord, au nom de l'association Bruxelles-Espace-Intercommunautaire et en mon nom personnel, m’incliner devant la mémoire des personnes innocentes, froidement assassinées parce qu'elles sont Autres. Il n'y a pas de mots devant cette tragédie, mais sachez que nous partageons pleinement la douleur des familles et des proches pour lesquels nous éprouvons une profonde compassion.

Ce criminel a tué des personnes de confession Juive, Chrétienne et Musulmane.

Faut-il accepter que cet individu salisse toute une communauté et à cause de personnages pareils, sommes-nous obligés de raser les murs et être stigmatisés.

Ces voyous qui se recyclent dans le djihadisme primaire doivent comprendre qu'ils n'ont plus leur place dans notre communauté. Nous devons les bannir sans état d'âme.

Nous ne pouvons pas passer sous silence la diffusion de la haine et de la discorde par le verbe au sein de notre communauté et dans certains lieux de culte marginalisés.

Depuis des années, nous dénonçons ces comportements dangereux tout en souffrant en silence, à chaque fois qu'un membre de notre communauté commet l'inqualifiable au nom d'une pensée moyenâgeuse et rétrograde ou au nom des causes importées.

Certains fous de Dieu ont profité de l’espace d'expression que garantit notre constitution pour proférer la haine, stigmatiser la différence et prôner le rejet de l'autre en utilisant le verbe malveillant et parfois réellement méchant et aussi  en exploitant des questions d'actualité ou des conflits qui déchirent certaines parties du monde.

Et à travers cette exploitation, ils imprègnent les cœurs de leurs disciples d'animosité, d'intolérance et de violence.

Notre communauté par son comportement passif est complice. Elle doit se lever et dénoncer fermement ces auteurs, ces fanatiques qui empêchent le Vivre-Ensemble.

La communauté Arabo-Musulmane doit en outre arrêter de se victimiser et refuser de vivre en marge comme des parias et à être montrée du doigt à chaque fois qu'elle engendre un criminel recyclé en un fou de Dieu.

Ces agissements sont tolérés, voire acceptés et repris même par certains médias. Des responsables d'institutions ainsi que des services de sécurité sont au courant de cette situation, mais malheureusement ne réagissent pas ou si peu.

Certains responsables politiques nous décrivent comme des voleurs, des agresseurs, des violents en puissance et des chômeurs.

Aussi certains spécialistes déclarent que nous portons en nous les germes de la violence intrafamiliale; que nous sommes des trafiquants de tous genres; de par notre culture nous imposons à nos enfants des mariages forcés ou arrangés, etc.

Nous rejetons cette caricature exploitée par tout un système, nous voulons simplement vivre notre Belgitude dans ce pays qui nous a tant donné.

Il faut constater que la politique prônée à ce jour a montré ses limites. Il est regrettable qu'aucune vision pacifique ne soit proposée aujourd’hui. Une vision où toutes les couches qui composent notre société multiculturelle se retrouvent. Un projet fédérateur qui surmonterait nos divisions et protègerait notre société notamment des menaces que peut représenter le transfert de conflits étrangers sur notre territoire.

Je souhaite ardemment un rassemblement de toutes les communautés pour dire non au racisme, non à l'intolérance et à la violence, en mettant l'humain et la solidarité au cœur de nos préoccupations.

15:25 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19 février 2012

Dominique Vidal : L'état du monde 2012, Nouveaux acteurs, nouvelle donne

Dominique Vidal

L'état du monde 2012, Nouveaux acteurs, nouvelle donne

Interview de Dominique Vidal, historien et journaliste, par Les Pieds dans le Cloître et La Vie Rennaise, tournée à la librairie Planète IO de Rennes, à l'occasion de la sortie de "L'état du monde 2012 : Nouveaux acteurs, nouvelle donne"...

 

18:00 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Roger Garaudy : Appel aux vivants

Roger Garaudy

Candidat, "porteur d'un réel projet de société et qui ne se reconnaît dans aucun parti", à la présidence de la République française en 1981

Appel aux vivants

Radioscopie : Jacques CHANCEL s'entretient avec Roger GARAUDY, homme politique, philosophe et écrivain Roger GARAUDY : sa lutte personnelle contre les idées reçues ; se considère toujours communiste ; ses rapports difficiles avec le PC ; son livre Appel aux vivants ; les menaces nucléaires; l'expérience tirée de ses erreurs ; l'importance d'être militant ; ses activités ; son livre Comment l'homme devint humain ; la montée de l'Islam ; les "opiums du peuple" actuels ; sa candidature aux présidentielles de 1981 ; sa conception du Président de la République ; les dangers de l'avenir immédiat ; les mérites du Club de Rome ; son exclusion du PC... Entretien diffusé le 10 octobre 1979 sur France Inter…

Appel aux vivants

16:23 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Edgar Morin expose sa vision de l'optimisme, et se définit comme un optipessimiste !

Edgar Morin

Expose sa vision de l'optimisme, et se définit comme un optipessimiste !

Cette vidéo a été réalisée le 19 janvier 2012, lors de la journée Interférences n°1, organisée par Adgency Experts au Cercle National des Armées, Paris

 

15:03 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18 février 2012

Des éjaculations littéraires qui mettent le PAF mal à l'aise !

Des éjaculations littéraires qui mettent le PAF mal à l'aise !

Propos recueillis par François Brummell, le 12 janvier 2012

Seuls Jean-Pierre Elkabach sur Europe 1 et Éric Naulleau sur Paris Première ont accepté de recevoir Nabe pour son dernier roman.

Du coeur à l'outrage

Auteur de L'Enculé, roman hilarant et poisseux sur l'affaire DSK-Diallo, Marc-Édouard Nabe jette un regard perçant sur cette histoire très (mal) médiatisée, qui n'avait pas encore été interprétée de manière si... profonde ! Langue de pute, mais pas de bois, l'écrivain nous a reçus chez lui pour dégueuler son mauvais goût irrésistible sur la politique, le sexe, les femmes... Attention, ça tache !

Auto-édité par Nabe, son dernier roman s'est déjà vendu à plus de 2500 exemplaires.

Vous étiez enthousiaste à l'idée de faire une interview pour Hot Vidéo plutôt que pour Le Magazine Littéraire (je vous cite) lorsque nous vous avons contacté. Pour quelle raison ?

MARC-ÉDOUARD NABE : Oh la la ! Bien sûr ! Pour moi, c'est une consécration ! Je suis enchanté, ravi et vraiment très fier d'être dans Hot Vidéo pour L'Enculé.

Pourquoi un titre aussi insultant ?

C'est insultant, mais c'est aussi poétique. C'est l'un des plus beaux mots de la langue française, je l'ai toujours adoré. Personne ne l'avait jamais utilisé comme titre, aucun éditeur ne l'aurait accepté. Et ça va parfaitement au personnage dont il est question. C'est un sacré enculé dans le sens où il s'en est sorti !

On sent une jubilation dans votre narration de l'affaire, celle de voir le masque d'un puissant tomber et de le révéler dans sa condition animale, «simiesque» comme vous dites...

Je me réjouis toujours quand les masques tombent. Je déteste les masques surtout les masques sociaux. Le social me dégoûte profondément. Dans le cas de DSK, le masque est tombé, mais il l'a vite ramassé et se l'est remis sur le visage avec l'aide de son entourage. On le lui a verrouillé comme le masque de fer : c'est le masque du «nieur». C'est ça sa tragédie : il nie l'évidence. S'il avait simplement dit à la télé : «Oui tout à coup j'ai eu envie de baiser et il n'y a que ça qui m'intéresse, je me fous de la politique, j'aime la France, mais là c'est plus fort que tout, j'ai 62 ans, il me reste encore quelques années pour triquer, j'ai vraiment besoin de ça, d'ailleurs tous les hommes me comprendront», il aurait eu tout le monde avec lui. Et «pardon Nafissatou, c'est vrai, je l'ai un peu brutalisée, mais j'avais tellement envie d'elle !», aucun homme ni aucune femme n'aurait pu, en l'entendant, résister à un pareil aveu de vérité.

Pourquoi racontez-vous cette histoire à la première personne, dans la peau de DSK ?

Donner mon avis sur DSK aurait été trop prévisible, j'ai des choses à dire sur cette affaire, mais en tant que romancier c'est beaucoup plus intéressant de se mettre dans la peau de DSK, d'expliquer à la première personne la pulsion masculine. Plus que la charge politique, c'est l'aspect sexuel de L'Enculé qui l'empêche d'être présent dans les médias, il est boycotté à cause de la bourgeoisie et de la bienséance, ça ne se fait pas de parler d'un livre aussi sexué.

Vous écrivez : «foutre tout en l'air pour foutre un peu». Au-delà du cas DSK, tous les hommes sont ils réductibles à leur désir sexuel ?

Complètement. S'ils ne le sont pas, c'est qu'ils se refoulent, se briment. Un seul métier est compatible avec une sexualité débridée chez un homme : celui d'artiste. En tant qu'artiste, on peut ne rien s'empêcher sexuellement, cette liberté profite toujours à l'Art. Mon personnage a essayé d'appliquer ça dans le monde de l'économie et de la politique et s'est cassé la gueule. Les hommes politiques sont des queutards, mais ils ne le vivent pas bien, la preuve... Au moindre dérapage, ils se font gauler. Pour un artiste, ce n'est pas grave de se faire gauler. En tournant dans Paris pour trouver une pute, il m'est arrivé de tomber sur un lecteur qui m'a reconnu et m'a désigné du doigt en me disant «ah je t'ai vu ! Tu vas aux putes !», comme s'il était de la police et comme si je me cachais... Je lui ai répondu «oui, et je m'en vante, Monsieur !» puis il est parti.

L'Enculé décrit le sexe de manière crue, obscène et pas forcément sensuelle. Vous êtes-vous inspiré de l'imagerie porno pour décrire le sexe ?

Non, je n'ai pas besoin de regarder des films pour me rappeler comment se passe le sexe. Mais considérer mon livre comme pornographique est un grand compliment littéraire. Vous savez, si c'est bandant, c'est gagné. J'ai trois objectifs quand j'écris, et ça devrait être les fondations de toute écriture : faire rire, faire pleurer et faire bander (ou mouiller).

Êtes-vous consommateur de porno ?

Oui, mais je ne suis pas un addict. J'ai davantage une addiction à la prostitution qu'aux films pornos, mais j'ai des flashes, des images que j'ai vues et qui me suivent, car j'ai une mémoire visuelle et sexuelle très forte, je peux me souvenir de tout ce qui s'est passé à chaque fois que j'ai rencontré une femme depuis que je suis adolescent. Il m'est arrivé de me branler en voyant des images pornos sans pour autant être en manque par rapport à une autre activité sexuelle, conjugale ou prostitutionnelle. J'ai toujours tout mélangé, on peut faire l'amour à sa femme, et pendant qu'elle va faire les courses se branler avec du porno, puis le soir aller avec une pute. Pourquoi s'interdire ? C'est la grande hypocrisie de la société, on croit toujours qu'il y a une maladie ou un manque, mais ce n'est pas parce qu'un type manque de femmes qu'il va voir une pute, ni parce qu'il est tout seul ou célibataire qu'il se branle devant des films pornos. Ce sont des étapes différentes de la journée sexuelle d'un homme.

Il y a forcément une part de vous-même dans ce personnage, mais laquelle ?

L'instantanéité. Je me retrouve dans le fait de rencontrer une femme et de pouvoir faire l'amour avec elle tout de suite, le jour même, dans une liberté totale. Ça m'est arrive assez souvent et à DSK aussi j'imagine. C'est ce que tous les hommes rêvent de vivre, la plupart ne le font pas parce qu'ils n'ont pas l'occasion, la force, ou le courage et ne savent pas prendre le présent à bras-le-corps. Moi je n'ai rien à voir avec ce mec et sa brutalité me répugne, je suis beaucoup plus tendre comme amoureux du sexe, mais l'impulsion originelle, fondamentale, primordiale, est là chez moi aussi, évidemment.

Vous êtes plus féroce avec l'entourage de DSK, Anne Sinclair notamment («Édith Piaf sous Cortisone»), qu'avec DSK lui-même...

Bien sûr. Je suis contre l'épouse, la conjugale, l'autorité que la femme représente à l'intérieur d'un couple, parce que c'est un abus de pouvoir, surtout dans son cas puisqu'elle est millionaire, elle le domine completement sur le plan social... Je règle aussi à travers elle des conflits avec la gauche, cette gauche qui pue, qui est ignoble. Je déteste la droite, tous mes ennemis sont à droite, vous ne verrez jamais un article sur moi dans Le Figaro Mag, Paris-Match, ils me détestent. Mais alors, cette gauche sartrienne, dont toutes les idées se sont écroulées depuis la Libération, est encore pire. Comment un type comme DSK peut-il encore se prétendre de gauche ? Mitterrand le premier a sacralisé cette figure de l'hypocrite suprême, le franchouillard de droite qui se déguise en gauchiste humanitaire pour avoir des électeurs et pour devenir président de la République. Mitterrand n'a jamais rien eu de gauche à part sa femme qui vient de mourir. C'était elle, la seule gauchiste du couple, elle l'était authentiquement, ce n'est pas du tout le cas d'Anne Sinclair et de Strauss-Kahn, les deux sont des hyperbourgeois de droite qui se déguisent en gens de gauche pour accroître leur pouvoir.

Je reviens à votre livre. L'Enculé suinte la haine, envers de nombreux personnages publics, juifs surtout...

(Il coupe) Ce n'est pas le livre qui suinte la haine, c'est le personnage qui ne peut plus supporter les gens de se communauté. J'ai déjà écrit ça dans bien des livres sur ces gens-là : Badinter, Elie Wiesel, Anne Sinclair... Dans mon Journal intime, il y a des portraits monstrueux d'un tas de personnalités, pas seulement juives, où je parle en mon nom propre. Dans L'Enculé, c'est différent : je joue avec les clichés du racisme, sans me positionner en tant que raciste, mais en faisant de DSK et de son entourage des racistes, ce qui casse les clichés justement. Par exemple, on dit que les noirs sont comme des singes et que les juifs aiment l'argent. Dans le livre, c'est le contraire : les Noirs aiment l'argent et les Juifs se comportent comme des singes. Anne Sinclair est très raciste envers les Noirs et DSK envers les Juifs, alors que lui-même fait partie de la communauté juive. On est dans ce mauvais goût.

L'humour est-il possible sans mauvais goût, selon vous ?

Oui, mais moi, ça me fait moins rire. L'Enculé est vraiment un livre d'humour très noir. C'est de l'humour noir juif ! Par exemple, le torchage avec La Nuit d'Elie Wiesel, ce n'est pas par hasard, je n'ai pas pris n'importe quel livre de déporté, je n'aurais jamais fait ça avec Si c'est un homme, de Primo Lévi, qui est un livre authentique, irréprochable, tandis que celui d'Elie Wiesel est beaucoup plus contestable, selon moi...

L'outrage est-il le moteur de votre travail ?

Oui, c'est vrai, c'est l'un des moteurs, surtout dans ce livre-là : c'est l'outrage aux bonnes moeurs. L'outrage que le personnage a fait subir à Nafissatou Diallo, je le lui fais subir à lui par les mots. Il ne faut pas oublier que c'est un livre «hyper-Nafissatoussien», c'est la première fois qu'on prend sa thèse pour argent comptant. La scène du viol que j'ai décrite est une reconstitution littéraire de ce qu'elle a dit à la police et aux médias.

«Nafissatoussien», peut-être, mais pas féministe : vous pestez contre la «sensiblerie lacrymale» des femmes, vous traitez les féministes de «connasses»... Que vous ont-elles fait ?

Rien, justement ! (rires) Tout dépend ce que l'on entend par féministe, je peux me considérer comme féministe dans ce livre, puisque je dénonce l'outrage infligé aux femmes par DSK, mais c'est vrai que le côté «ni pute ni soumise» est tellement révélateur de la méconnaissance volontaire de la femme... Les femmes qui se connaissent elles-mêmes savent qu'elles sont fondamentalement «et putes et soumises» et que toute leur vie est un combat contre cette putasserie et cette soumission. Alors tant mieux si ça les a fait évoluer sur le plan social, mais fondamentalement, quand une femme est excitée dans votre lit, elle est et pute et soumise, et ça la fait jouir, je ne parle pas de l'homme qui jouira de ça, c'est elle qui jouira d'être pute et soumise. C'est la nature féminine qui est comme ça, et tant mieux, c'est ça qui est magnifique, splendide.

03:43 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02 février 2012

Comment Sarkozy va tenter de récupérer le vote gay par la peur de l'Islam

Comment Sarkozy va tenter de récupérer le vote gay par la peur de l'Islam

Par Frédéric Martel, le 01 février 2012

Les milieux gays ont-ils viré à droite ? C'est ce qu'affirme l'activiste Didier Lestrade dans un petit livre qui jette sur la présidentielle un regard intelligent et décalé. Et pourrait bien annoncer la tonalité "anti-islam" de la campagne sarkozyste à venir

Il y a des livres qui ne ressemblent à rien. Un pamphlet ? Un témoignage personnel ? Un essai ? On ne sait quoi penser. Pourtant, le petit ouvrage que publie ce jeudi Didier Lestrade sonne juste. Et frappe fort.  

Intitulé Pourquoi les gays sont passés à droite, le livre de Lestrade - qui fut le fondateur d'Act Up-Paris et le co-fondateur du mensuel Têtu - aborde une question bien plus sensible qu'il n'y paraît

Évacuons tout de suite le problème sociologique. Les sondages confirment-ils l'affirmation de Lestrade ? Oui et non. Selon la dernière étude sur le sujet publiée, en janvier 2012 par l'Ifop et le Cevipof, cette "minorité sexuelle" serait en fait bien ancrée à gauche. Les électorats "gays, bis et lesbiennes" rejetteraient clairement la droite parlementaire et, "moins abstentionnistes, moins hésitants et plus constants dans leurs choix que le reste des Français", ils formeraient un socle très sûr pour la gauche. En même temps, l'étude de l'Ifop montre que cette "minorité" a une "propension à se situer comme proche du Front National (10%) aussi forte que dans le reste de la population (9%)".  

L'autre point intéressant de l'enquête de l'Ifop concerne le poids électoral de cette "minorité". D'après ces données, les gays, bis et lesbiennes représenteraient 6,5% de la population âgée de 18 ans et plus (3% se revendiquant homosexuelles et 3,5% comme bisexuelles) soit 3,2 millions de personnes affirmant une "part d'homosexualité" en âge de voter, dont 1,5 millions d'homosexuel(le)s et 1,7 millions de bisexuel(le)s.  

François Kraus conclut, au nom de l'Ifop et du Cevipof: "Le poids électoral des bis et des homosexuels est donc loin d'être négligeable si on le compare, par exemple [à d'autres] groupes électoraux tels que le noyau dur des catholiques pratiquants ou encore, à l'ensemble des musulmans inscrits sur les listes électorales".  

En résumé, il n'y a pas, électoralement, de "droitisation du milieu gay", même si cette minorité reste très sensible au Front National. Enfin, l'enjeu est important puisque 2,8 millions de personnes revendiquant "une part d'homosexualité" vont prendre part aux élections d'avril et mai prochain.  

Ce n'est donc pas en termes quantitatifs ou statistiques qu'il faut lire l'ouvrage de Didier Lestrade. Et c'est là qu'il devient formidablement intéressant.  

Le communautarisme gay est la solution 

Par bien des aspects, Pourquoi les gays sont passés à droite est d'abord un récit personnel. Un des plus grands militants homosexuels français raconte son parcours circulaire, de sa province natale au retour en province à l'âge de la maturité. Entre les deux, il y a bien sûr: Paris. Plus Lucien de Rubempré que Rastignac, Lestrade a connu la nuit urbaine, le journalisme (il sera adopté par le magazine Gai Pied qui sera pour lui "une seconde famille"), le militantisme gay ("je trouve leur discours trop obtus et surtout trop triste"), la passion pour la house et la musique techno dont il fut l'un des introducteurs en France et dont il deviendra le critique du journal Libération. Et puis, bien sûr, le sida. Lestrade appartient à cette génération d'homosexuels, unique dans l'histoire, qui, entre 1983 et les années 2000, ont perdu un grand nombre de leurs amis. Au retour d'un voyage aux États-Unis, il crée Act Up-Paris à l'été 1989. Son combat, radical et d'abord solitaire, aura finalement un impact considérable sur l'histoire de la pandémie et sur la politique française.  

De ces années de luttes dures, Lestrade a conservé une certitude: le communautarisme sida a sauvé des dizaines de milliers de vies dans les années 1990. Pour lui, "les minorités se développent, s'épanouissent et s'affirment au sein de la société à travers la notion de groupe". Lestrade assume, ce qui est rare en France, une position communautariste. Aimanté par les quartiers gays des États-Unis, il pense que les gays ont réussi à s'entraider parce qu'ils formaient une communauté. Et cette idée le fascine. 

A partir de là, Lestrade va concentrer ses attaques contre le modèle républicain français, aveugle aux différences, rigide dans son universalisme abstrait, qui cache trop bien son racisme et son homophobie sous couvert de l'égalité pour tous. Lestrade dénonce une France qui "s'est engluée dans son refus obsessionnel de la discrimination positive et du multiculturalisme". Il rappelle aussi, dans une confession très personnelle, comment "la République" lui a "enlevé" un de ses boyfriends arabes, qui n'a pas pu rester avec lui parce qu'il n'était pas Français et n'avait probablement pas de papiers.  

En cela, son parcours est un peu l'inverse de celui de Caroline Fourest, née dans le communautarisme dur et qui va évoluer vers le républicanisme obtus. Mais à la différence de Fourest, qui est l'une de ses principales cibles, Lestrade n'a pas l'intention de se limiter à la défense de sa petite minorité: il ouvre ses bras et prend la défense des autres groupes marginalisés. "C'est dans ce climat, écrit-il, que les gays participent à la montée en puissance du racisme et de la xénophobie dans le pays... J'ai le sentiment que le mouvement gay se détourne de son histoire et s'en prend à d'autres minorités". Il pense bien sûr aux Noirs et aux Arabes.  

Le livre de Lestrade consiste à faire la genèse de ce grand basculement à droite d'une certaine élite homosexuelle française et à dénoncer des "personnalités gays" dont l'égoïsme les a conduits à être communautaristes au nom de leurs intérêts et universalistes au nom de leurs principes. Pro-gays pour eux-mêmes et anti-arabes contre les autres.  

Après avoir analysé la montée de l'extrême droite en Europe (y compris en décrivant le rôle de figures gays comme Jörg Haider en Autriche ou Pim Fortuyn aux Pays-Bas), Didier Lestrade s'intéresse au cas français. Son chapitre sur Marine Le Pen, qui n'est pas toujours bien informé, est juste de ton; surtout, Lestrade est l'un des premiers à décrire l'entourage de la patronne du FN où les gays sont nombreux. "Sait-on, écrit-il, que la garde rapprochée de Marine Le Pen est constituée d'une solide poignée de gays?".  

Après ces généralités, l'ancien président d'Act Up passe aux choses sérieuses et vise, nommément, les responsables de la droitisation du milieu gay: Caroline Fourest, Renaud Camus, François-Marie Banier, Frédéric Mitterrand et Joseph Macé-Scaron (les mêmes figures que, sur un autre registre, je dénonce moi-même pour être devenues les symboles du "sarkozysme culturel").  

"Caroline Fourest, tu devrais avoir honte

Son sujet, c'est "l'homo-nationalisme" et le néo-racisme des gays à l'égard des autres minorités, et d'abord des Arabes. Au "choc des civilisations" huntingtonien qui a accompagné le 11 septembre correspondrait un "choc des sexualités". Un vent de panique serait en train d'atteindre les gays, eux qui étaient si tolérants, si libéraux et si occidentaux, face à l'émergence d'un monde musulman sexiste et xénophobe. "J'ai réalisé tout à coup, écrit Lestrade, que j'étais entouré de personnes qui n'aimaient pas les Arabes".  

Ce qui le mène directement à Caroline Fourest. Frontalement. Lestrade consacre à cette journaliste multi-cartes ultra-féministe, qui squatte les plateaux de télévision, un chapitre complet d'une particulière dureté. Après avoir mis en lumière l'ultra-communautarisme de Caroline Fourest, lorsqu'elle présidait le Centre Gay et Lesbien de Paris et animait la revue ProChoix (qui développait "une analyse du monde à partir de l'angle gay"), Lestrade note son basculement en "passionaria de la laïcité" et bientôt en islamophobe caricaturale. Il étrille cette "success woman de la guerre contre l'Islam" et pointe habillement ses contradictions. Lestrade est très en colère et s'adresse à elle directement: "Nous nous désolidarisons de toi, tout de suite... Tu devrais avoir honte". Que Caroline Fourest, égérie des lesbiennes, s'en prenne à une autre minorité "ça, écrit Lestrade, on ne l'a jamais fait".  

Après cette charge où la sincérité frappe à chaque ligne, Lestrade continue le passage en revue des figures qui "déshonorent" la cause gay dans "cette vieille France de Renaud Camus". Voici le tour de Frédéric Mitterrand. Là, difficile de taxer le ministre de la Culture de "raciste", étant donné qu'il a la double nationalité tunisienne et qu'il passe toutes ses vacances dans sa maison de Tunisie. Lestrade attaque ailleurs où, évidemment, ça fait mal: le tourisme sexuel. Il fut déjà, durant l'affaire de La Mauvaise Vie de l'automne 2009, un critique sévère du comportement du ministre de la Culture. Il récidive dans ce livre. C'est la charge la plus dure que j'ai lue d'un gay contre le comportement de Frédéric Mitterrand. Elle fera date. 

Un plombier polonais nommé Joseph Macé-Scaron 

Voici le tour du romancier et critique littéraire Joseph Macé-Scaron. Après avoir décrit comment ce journaliste réactionnaire du Figaro portant polo Fred Perry (symbole des skinheads) était devenu "wild" et "macho" à Marianne, Lestrade dénonce ses livres où il bascule à droite et s'en prend à sa propre communauté : "C'est comme si un plombier polonais écrivait un livre pour s'en prendre à la vague des plombiers polonais qui sont arrivés en même temps que lui". Pour Lestrade, "c'est la version light de ce que dit Renaud Camus".  

On pourrait trouver off the limit cette tonalité pamphlétaire du livre et regretter autant d'attaques ad hominem. On n'a pas oublié, d'ailleurs, que Didier Lestrade a toujours été unpartisan de l'"outing", action qui consiste à dévoiler publiquement l'homosexualité de gays cachés lorsqu'ils se révèlent publiquement homophobes. Alors comment se fait-il que l'on trouve la charge efficace et jouissive ? 

L'une des raisons profondes de l'intérêt que suscite Pourquoi les gays sont passés à droite réside dans la personnalisation du livre par son auteur. On ne lit pas un essai, pas même un pamphlet, mais plutôt le témoignage personnel d'une des principales figures françaises du monde gay d'aujourd'hui. Va-t-il trop loin ? Oui, bien sûr, et Lestrade répond par avance à la critique: "Oh, vous me trouvez trop personnel, trop intime? Mais vous savez, on a le droit de dire ces choses-là entre gays et lesbiennes. C'est comme les blagues juives, il faut être un peu juif pour les comprendre vraiment. Entre nous, on a le droit de se dire ses quatre vérités". Argument imparable. 

A quelques occasions, Didier Lestrade ne mesure pourtant pas tout à fait la charge de ses coups. Et certaines de ses attaques sont vraiment too much, à commencer par cette incroyable page 41 où il compare l'attrait du FN pour les gays à un "plan cul" avec "bareback" (et qu'il eut été plus prudent d'édulcorer). Peut-être aussi que la page 57 sur la politique pro-gay d'Israël, analysée sous le seul angle d'un "pink-washing" pour faire oublier les violences anti-palestiniennes, aurait mérité d'être plus argumentée. Quant à Luciano Visconti, il en dresse un portrait biaisé, alors qu'il est si loin de John Galliano par exemple. On peut noter aussi quelques erreurs sur Philippe Val ou une faute de frappe sur l'élection présidentielle de 2007 (et non pas 2005).  

Sarkozy, les gays et l'Islam 

Mais au-delà des attaques, le message est bien plus puissant, et plus actuel, qu'il n'y paraît. Lestrade montre comment les gays peuvent être séduits par la droite, par peur de l'immigration et un certain racisme anti-arabe. J'y reviendrai prochainement dans cette chronique hebdomadaire de L'Express, mais je pense qu'il y a là un axe fort que ne va pas manquer de saisir le président-sortant Nicolas Sarkozy pour tenter d'être réélu. Je suis certain qu'il va faire de la proposition de François Hollande d'ouvrir le vote des étrangers aux élections locales, de la peur de l'Islam, des révolutions arabes islamisées, l'un des moteurs de sa campagne à venir. Les gays y seront sensibles et leurs intellectuels de droite aussi. Didier Lestrade nous aura prévenu.  

Lestrade est inconsolable quand il repense à un temps où la pensée gay était "internationaliste, universaliste, tranversale". Un temps d'avant le FN, d'avant le sida et d'avant Caroline Fourest.  

Reste un dernier point. Lestrade a-t-il raison? Sur ses cibles, sur ses critiques contre Caroline Fourest, Renaud Camus, Frédéric Mitterrand et Joseph Macé-Scaron je me sens plutôt proche de lui. Je pense qu'il voit juste et qu'il a bien nommé les responsables des dérives du milieu gay dans la perspective de 2012.  

Là où je ne peux pas le suivre complètement, c'est sur son analyse sociologique (on l'a vu), mais aussi historique. Didier Lestrade appartient, comme moi, à une génération pour qui le militantisme gay a penché très largement à gauche, du FHAR au PACS, des gazolines à Act Up, de Gai Pied Hebdo à Aides et de Bertrand Delanoë jusqu'au mariage gay.  

Mais avant 1968, moment où il bascule à gauche, le militantisme gay était presque exclusivement de droite. Ce fut le cas de la grande association Arcadie entre 1948 et 1982 et de son leader catholique André Baudry. Ce fut encore le cas des grands écrivains qui ont tant marqué cette histoire, d'André Gide à Henri de Montherlant, sans oublier Marcel Jouhandeau ou Julien Green. Et s'il fallait rappeler que les homosexuels ont pu tomber à l'extrême droite par haine des Juifs, il suffirait pour s'en convaincre d'évoquer les noms de collaborateurs comme Maurice Sachs, Robert Brazillach ou Abel Bonnard, que Pétain lui-même surnommait "gestapette". Sans oublier, plus près de nous, les liens complexes avec l'extrême droite entretenues par des écrivains de second ordre comme Roger Peyrefitte ou le comte Jacques de Ricaumont, lequel expliquait avoir "préféré les Allemands couchés plutôt que debout" (Peyreffite et de Ricaumont ont été les mentors littéraro-mondains de Renaud Camus).  

Comme en écho, Daniel, le personnage homosexuel des Chemins de la liberté de Sartre, applaudit l'arrivée des Allemands dans Paris. Et quant à Jonathan Littell, il fait de son personnage nazi un homosexuel dans Les Bienveillantes. La droitisation supposée du milieu gay et la persistance en son sein d'une frange lepénisante n'ont donc rien de vraiment nouveau. Et ici, je renverrais à Lestrade l'une de ses critiques: "Know your history... idiote"!  

Lestrade met les points sur les "i"

Le combat de Lestrade est-il pour autant vain? Il est au contraire très actuel, à la veille d'une importante échéance de 2012. Il est même vital que quelqu'un ait osé tirer la sonnette d'alarme. Et mis les points sur les "i".  

Didier Lestrade était l'homme idoine. Désormais provincial, loin des coteries parisiennes et de ses opportunismes contraints, se situant bien au-delà des désillusions perdues, autant attaché à la décroissance qu'à l'indépendance, heureux des plaisirs de la campagne -ici idéalisée à travers le jardinage et l'amour des chiens en liberté- l'ex-diva de la house music a acquis une image de grand sage.  

A 54 ans, il peut tout dire. C'est un Renaud Camus qui a bien vieilli, une Caroline Fourest qui n'est pas aigrie, un Macé-Scaron qui aurait enfin lu Montaigne. Son livre Pourquoi les gays sont passés à droite est un bijou, rare, incongru, inattendu. Un sourire. Pour moi, c'est un des livres les plus justes que j'ai lus sur la question gay contemporaine

Et en fin de compte, le livre de Lestrade aurait pu tout aussi bien s'intituler: Pourquoi je ne suis pas passé à droite. Pourquoi? Peut-être pour une seule raison qui figure dans le livre page 108 et qui résume aussi bien cet ouvrage, bourré de mots anglais, que ce parcours, rempli de générosité: "Giving back". C'est parce qu'il aime les siens, parce qu'il est généreux avec les êtres, et parce qu'il entend "rendre" à sa communauté ce qu'elle lui a donné, que Didier Lestrade n'est pas passé à droite. Lui, au moins, tient la porte pour les autres. Il se soucie des autres.  

10:52 Écrit par Rachid Z dans Discriminations, Opinions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01 février 2012

ALAIN SORAL : DEMAIN LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?

ALAIN SORAL

DEMAIN LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?

09:19 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31 janvier 2012

Entretien avec Laurent James

Entretien avec Laurent James

20:52 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17 juillet 2011

"L'ésotérisme révolutionnaire"

"L'ésotérisme révolutionnaire"

Laurent James de l'association Parousia nous propose sa conférence sur le thème de "L'ésotérisme révolutionnaire".
Celle-ci a eu lieu le 21 mai 2011 à Rennes ...

19:22 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 juillet 2011

Tempêtes arabes

Tempêtes arabes

Par Catherine Simon, le 16 juillet 2011

Le titre de l'ouvrage est une allusion transparente à la Révolution française (1789) et à la chute du mur de Berlin (1989). Spécialiste de la guerre d'Algérie, l'historien Benjamin Stora, né à Constantine en 1950, a été, alors qu'il était étudiant à Paris, l'un des dirigeants d'un groupe trotskiste. Son "dialogue" avec le journaliste Edwy Plenel, ancien trotskiste lui aussi, se nourrit de ce terreau commun, autant que de son propre parcours de chercheur.

Les fantômes du Portugal et de sa "révolution des oeillets" (1974), ceux du syndicat polonais Solidarnosc, qui lança la grève générale contre le pouvoir communiste (1981), sont convoqués, faisant écho aux soulèvements en Tunisie et en Egypte. L'auteur de La Gangrène et l'Oubli (La Découverte, 1998) replace à grands traits les tempêtes qui secouent le monde arabe dans leur contexte contemporain.

Il rappelle comment l'élan de la pensée et de la réforme, si vigoureux à la fin du XIXe siècle - en particulier en Egypte, en Tunisie et dans la Syrie mandataire -, fut brisé et interrompu par la conquête coloniale. Et comment, dans les années 1960, au lendemain des indépendances, furent également brisés les espoirs révolutionnaires qui avaient mobilisé les intellectuels français, "de Raymond Aron à Pierre Bourdieu, de Pierre Nora - qui a écrit son premier livre sur l'Algérie - à Jean-Paul Sartre, de Pierre Vidal-Naquet à Jean Daniel".

C'est à partir de 1968, souligne Benjamin Stora, que le "centre de gravité" de la révolte "revient en Europe, en Occident, avec les mouvements de contestation de la jeunesse". Le renouveau du monde arabe aujourd'hui marquerait donc, au nord, "la fin d'un cycle historique", tandis qu'au sud, par la brèche ouverte en Tunisie, s'esquisserait une "reprise de l'histoire interrompue". Paradoxe, note l'universitaire, "ce que l'on sent aussi, c'est que ces révolutions n'ont pas de force d'attraction en Europe", où elles demeurent "perçues comme des "rattrapages" : nullement le début d'un monde nouveau et exaltant, mais plutôt l'entrée dans un monde déjà constitué".

La faute au Sud ou au Nord, serait-on naïvement tenté de demander ? Le livre répond à sa façon. Ni la gauche française ni les grands syndicats, CGT ou CFDT, n'ont bougé : cette "absence" est un "signe d'affaiblissement des marques de solidarité internationale", juge Benjamin Stora, qui déplore la "faiblesse des relations tissées" avec les pays du Sud.

UNE "FAIBLESSE"

Une "faiblesse" dont souffrent aussi (un peu) ces "réflexions sur les révolutions encours" : contrairement à l'Algérie, longuement évoquée, la Tunisie et sa révolution sont à peine analysées, pas plus que ne sont mentionnés, pour la seule Tunisie, des auteurs, importants, comme les politologues Michel Camau et Vincent Geisser, l'historienne et journaliste Sophie Bessis ou les philosophes Raja Ben Slama ou Hamadi Redissi.

Est-ce parce qu'aucun livre d'histoire ne peut s'écrire à chaud ? Benjamin Stora ne l'ignore pas, qui pointe avec justesse comment, à partir des années 1970, "les recherches ou réflexions autour de la question d'Orient (...) se font rares". Une "grande ignorance" à ce sujet s'installe, ajoute-t-il, qu'il s'agisse de l'histoire de ces pays, de leurs sociétés ou de l'islam, trop souvent "abordé par le seul prisme del'actualité des conflits". Intelligent, malin, frustrant, ce livre réactif informe plus sur le déclin de l'Europe que sur le renouveau arabe. Ce faisant, il ouvre des pistes de réflexion. Ce n'est pas si courant.

15:30 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

30 juin 2011

Le texte sur la Collectivité Unique à l’Assemblée Nationale

Le texte sur la Collectivité Unique à l’Assemblée Nationale

ALFRED MARIE-JEANNE PROPOSE DEUX AMENDEMENTS DEMOCRATIQUES

 

Alfred Marie-Jeanne.jpg

Montray Kreyol, le 30 juin 2011

Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, l’aspiration à l’émancipation est inhérente à la vie de tout peuple. Chaque jour, l’histoire nous enseigne qu’il est plutôt sensé de l’accompagner. L’entraver est toujours source de déboires aux conséquences parfois incalculables.

C’était tout un symbole que d’avoir inscrit dans le préambule de la Constitution le droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes. La France s’assignait ainsi solennellement la noble mission d’assurer cet objectif fondamental.

Pourtant, aujourd’hui, s’agissant de la simple mise en place d’une collectivité unique, qui aurait dû aller de soi depuis bien longtemps, on ergote encore, on parle de temps perdu. Est-ce pour donner le change ? En agissant de la sorte, on oublie volontairement de dire que le temps se perd chaque fois que le tardigrade prend le pas sur l’émancipateur.

À cet égard, il y a eu, dans tous les camps, à la fois des émancipateurs et des tardigrades inconditionnels. Pour ne pas évoluer, ces derniers évoquaient pour la Martinique, tantôt le droit commun, tantôt une assimilation pure et dure – l’État lui-même n’a pas été en reste.

Puisqu’il est de bon ton, en cette circonstance, de prendre l’histoire à témoin, permettez que je vous en rappelle certains points, sans chercher à les dénaturer ni à les magnifier.

À la suite de la mise en place d’un Établissement public régional en Martinique, après le rejet du projet d’instauration de la grande région Antilles-Guyane, le mouvement «La parole au peuple», ancêtre du Mouvement indépendantiste martiniquais, avait lancé l’idée de la création d’une assemblée unique.

En 1974, en tant que président du mouvement «La parole au peuple», dans un document remis à Gaston Deferre, représentant personnel de François Mitterrand, candidat unique de la gauche à la présidence de la République, je préconisais déjà ceci : «Aucun statut d’autonomie ou d’indépendance ne sera, d’autorité, imposé au peuple martiniquais contre sa volonté générale par le gouvernement français (…) Militer pour l’émancipation nationale martiniquaise ne pourra être considéré comme une atteinte à l’intégrité territoriale française ni à la sécurité de l’État français (…) De plus, la présence militaire française sera considérablement réduite et les casernes ainsi désaffectées, réutilisées à des fins sociales (…) L’ORTF, en tant qu’office public d’information, sera réellement démocratisé (…) Le libre accès et un temps de parole devront être garantis à toutes les tendances politiques et syndicales».

Quelle résonance démocratique ! Et c’était il y a 37 ans ! Le candidat François Mitterrand fut laminé en Martinique, car les tardigrades de tous bords ont utilisé les arguments éculés bien connus, remis sans cesse au goût du jour, que sont notamment le largage et la perte des acquis sociaux. Toutefois, il y eut une exception singulière. À Rivière-Pilote, dont j’étais le maire depuis seulement trois ans, Mitterrand sortit premier avec 99 voix de majorité.

Le même François Mitterrand est arrivé en 1981 à la présidence de la République avec, en bandoulière, sa loi de décentralisation, loi que j’ai considérée comme une loi d’émancipation des collectivités, tant la tutelle de l’État était tentaculaire et étouffante.

Tout le monde sait que l’assemblée unique, proposée par le gouvernement de François Mitterrand et par personne d’autre – une idée à laquelle se sont ralliés tous les élus de gauche de l’outre-mer – a été «retoquée» par le Conseil constitutionnel le 2 décembre 1982 au regard de l’état de la législation en vigueur.

Et le temps s’écoule encore.

En effet, de 1982 à 1998, aucune réforme de la Constitution n’a été proposée par quiconque pour réparer cette aberration juridique de région monodépartementale, certains élus préférant s’accommoder d’une situation équivoque qu’ils dénonçaient par ailleurs avec véhémence. Dès 1998, élu député puis président de région, je demandais la création d’une assemblée régionale unifiée de transition, lors du débat organisé par l’Assemblée nationale sur l’avenir de l’outre-mer. C’était précisément le 23 octobre.

Le 1er décembre 1999, j’ai signé la déclaration de Basse-Terre, avec Mme Lucette Michaux-Chevry et M. Antoine Karam. Document en main, nous avons convaincu le Président Jacques Chirac de la nécessité de débloquer la situation. Il le fit en modifiant la Constitution, permettant pour la première fois, en 2003, la consultation populaire obligatoire que nous avions réclamée. Mais entre-temps, à l’initiative de Claude Lise et de moi-même, le congrès des élus s’était réuni pour aboutir à l’objectif qui était déjà le même que celui d’aujourd’hui, à savoir la mise en place d’une collectivité unique dans le cadre de l’article 73 de la Constitution. Ce sont les mêmes qui dénoncent aujourd’hui la perte de temps, qui ont freiné cette transformation ratée à 1 030 voix près, c’est-à-dire à moins de 1 % !

Et le temps s’écoule encore.

J’ai récidivé avec Claude Lise, en prenant contact avec le Président Nicolas Sarkozy. C’est lui qui a permis la double consultation des 10 et 24 janvier 2010 que nous avions sollicitée. Pour arriver à ce résultat, utile certes, mais pas suffisant à lui tout seul, j’ai frappé à la porte de trois Présidents de la République, car l’intérêt général de la Martinique l’exigeait !

Cependant, la défense de cet intérêt général passe nécessairement par le respect intégral des règles démocratiques les plus élémentaires. Toute prolongation accordée pour la mise en place de cette collectivité unique, regroupement de deux institutions déjà bien rodées, relève tout simplement de la pinaillerie et de la finasserie. Se souvient-on qu’il nous est arrivé de mettre en place une collectivité de façon accélérée ? N’est-ce pas la collectivité régionale qui a été officiellement installée en Martinique, bien avant son entrée en vigueur en France même ? Quelle situation ubuesque !

Et le temps s’écoule encore.

Madame la ministre, dans ces conditions, je voterai contre le report à 2014. Un autre point de désaccord essentiel porte sur l’étranglement de la démocratie au nom d’une prétendue stabilité. Je déposerai, à ce sujet, deux amendements qui devraient réconcilier majorité absolue et stabilité.

La règle de la majorité absolue, celle de la prime majoritaire exorbitante de 20 %, ainsi que le conseil exécutif monocolore, prévus dans le texte, créent objectivement les conditions de l’absolutisme, or l’installation de la collectivité unique ne doit pas conduire à l’installation de la pensée unique. Et pour coiffer le tout, vous remettez en selle un préfet devenu gouverneur superstar ! Si nous bafouons à ce point la démocratie, nous passerons d’une situation aberrante à une situation aberrante aggravée, avec un président de l’exécutif omnipotent, un vrai roitelet en somme. Nou ka soti en sann pou tombé en difé – nous sommes sortis de la cendre pour tomber dans le feu !

Pour éviter toutes ces entorses, je propose que la liste obtenant la majorité absolue au premier ou au deuxième tour ne bénéficie pas d’une prime majoritaire supplémentaire, puisque l’objectif de stabilité est déjà atteint. Dans le cas contraire, il suffirait d’accorder à la liste sortie en tête, mais n’obtenant pas la majorité absolue, le nombre de sièges supplémentaires pour l’atteindre.

Un pays, fût-il de taille modeste, a autant besoin de démocratie que les autres pour se vivifier. Il faut continuer à déverrouiller le système. Cette collectivité unique est un sas symbolique, qui ouvre le champ des possibles.

Car l’œuvre de l’homme n’est pas achevée : pour la parfaire, la démocratie doit en être le socle permanent.

02:46 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29 mars 2011

«Marche pour la vie»

«Marche pour la vie»

A l’appel de plusieurs associations de jeunes militants, chrétiens essentiellement, hostiles à l’avortement, des centaines de personnes parmi lesquelles le primat de Belgique, Monseigneur Léonard se sont rassemblées ce dimanche 27 mars à Bruxelles pour dénoncer la loi d‘interruption volontaire de grossesse (IVG) …

01 novembre 2010

L'analyse politique d'Alain Soral

L'analyse politique d'Alain Soral

15:34 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Islam et identité nationale : Vincent Geisser

Islam et identité nationale

Remarquable intervention de Vincent Geisser

13:35 Écrit par Rachid Z dans Europe, Opinions | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

19 octobre 2010

Alain Soral : "De la virtuosité du logos"

Alain Soral

"De la virtuosité du logos"

(Un vrai régal, à voir jusqu'au bout)

03:38 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |