28 janvier 2013

Mariage homosexuel et laïcité

Mariage homosexuel et laïcité

Michel Pinton, ancien député au Parlement européen, le 29 décembre 2012

Le 9 décembre dernier, le Président de la République a fait savoir son intention d’instituer un «observatoire de la laïcité». Pour le moment, on ignore quel sera le mandat de ce nouvel organisme. Le Chef de l’Etat a seulement indiqué qu’une de ses missions serait de donner une nouvelle impulsion à la «transmission de la morale laïque à l’école».

L’intention est louable. Mais elle va se heurter à une contradiction insurmontable : la loi autorisant le mariage entre deux personnes du même sexe, si elle est votée, portera atteinte à l’idée de laïcité et de morale laïque. L’observatoire annoncé commencera mal.

A première vue, cette affirmation semble injustifiée. Le mariage homosexuel est présenté par ses laudateurs comme une victoire de la laïcité. Il s’agit, nous disent-ils, de faire en sorte qu’une minorité injustement refoulée accède enfin à la pleine citoyenneté. La loi, en mettant toutes les orientations sexuelles sur un pied d’égalité, reste fidèle à la grande tradition émancipatrice de la République. Elle élargit et enrichit la morale laïque. Si les religions choisissent de rester dans leurs rigidités dogmatiques, libre à elles. Une fois de plus, l’Etat  fera progresser la société française malgré leur opposition.

Ce raisonnement est faux. Essayons de le montrer.

Qu’est-ce que la laïcité ? C’est la distinction institutionnalisée entre le domaine de la raison et celui de la foi. L’Etat règne sur le premier et laisse le second aux cultes. Qu’est-ce que la morale laïque ? Elle a pour fondement la même distinction. Son énoncé le plus clair se trouve dans une lettre que Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique, a envoyée, le 17 novembre 1883, à tous les instituteurs de France. Après leur avoir rappelé la nécessité de «transmettre à (leurs) élèves, avec les connaissances scolaires proprement dites, les principes mêmes de la morale», il définit cette dernière de la manière suivante : «cette bonne et antique morale que nous avons reçu de nos pères et mères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie sans nous mettre en peine d’en discuter les bases philosophiques». Il insiste sur le fait qu‘elle doit se limiter à des «vérités incontestées» c’est-à-dire «à la sagesse du genre humain, aux idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité». On admettra que le mariage homosexuel n’appartient pas à l’héritage reçu de nos pères et mères, n’a rien d’une vérité incontestée ni d’une idée d’ordre universel et n’est jamais entré dans le patrimoine de l’humanité. Il sort des limites de la morale laïque.

Peut-on arguer du progrès de nos connaissances rationnelles pour élargir jusqu’à lui le domaine de compétence de l’Etat ? Même pas. Aucune science n’a jusqu’à présent démontré l’équivalence physique, psychologique ou sociale du mariage homosexuel avec celui d’un homme et d’une femme.

Y rentrerait-il par une obligation d’égalité devant la loi ?  Non. Les citoyens français sont tous parfaitement égaux, hommes d’un côté, femmes de l’autre, devant les règles du mariage civil institué par la Révolution. En réclamant un droit particulier, certains homosexuels aspirent à un privilège qu’aucun service rendu à l’intérêt général ne justifie.

En réalité, le gouvernement veut donner force de loi à une croyance : celle selon laquelle le mariage n’a rien à voir avec la complémentarité des deux sexes. En affirmant que la différence sexuelle est un préjugé voué à disparaître, il élève au rang de vérité d’Etat un dogme inaccessible à la raison. Il s’apprête à officialiser une doctrine qui, pour être séculière, n’en relève pas moins de la foi. En confondant deux domaines qui doivent rester distincts, il chasse l’idée de laïcité.

Les conséquences pratiques en seront considérables. Sans laïcité fermement établie, la liberté de conscience, la liberté d’expression sont menacées d’asphyxie. La légalisation du mariage homosexuel, en affaiblissant notre laïcité, rongera inévitablement l’une et l’autre. Les signes en sont déjà visibles. Donnons-en quelques exemples.

Les enseignants, quand ils devront expliquer la nouvelle morale à leurs élèves, ne pourront plus viser à former ce que Ferry appelait des «âmes libres» c’est à dire attachées aux vérités de la raison universelle ; ils seront condamnés à se faire les «apôtres d’un nouvel Evangile», mission rejetée par le père de notre laïcité. Ils vont jouer dangereusement avec «cette chose délicate et sacrée qui est la conscience d’un enfant». Ils seront obligés d’enfreindre la règle d’or que la lettre du 17 novembre 1883 fixait à leurs prédécesseurs : «Au moment de proposer aux élèves un précepte…demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent dans la classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire».      

Certains maîtres encore attachés à notre laïcité, demanderont à être dispensés d’enseigner la nouvelle religion à leurs écoliers. Mais le gouvernement ne pourra leur donner satisfaction sans mettre l’Etat en contradiction avec lui-même. L’objection de conscience sur ce sujet lui sera inacceptable. Tous les fonctionnaires devront professer la croyance officielle. A ceux qui doutent d’un tel aboutissement, il suffit de rappeler le sort dont sont menacés les maires et adjoints qui ont annoncé leur volonté de ne pas célébrer de mariage entre personnes du même sexe. A ce jour ils sont plus de dix-sept mille. Le Président de la République, troublé par leur nombre et leur détermination, a vaguement promis qu’ils ne seraient pas contraints d’agir contre leurs consciences. La protestation des zélateurs de l’émancipation homosexuelle l’a vite fait battre en retraite. Tout officier d’état civil sera tenu, sous peine de sanctions, allant de l’amende à la révocation, de participer aux cérémonies du culte public.

Parce qu’elle est indissociable de la liberté de conscience, la liberté d’expression sera aussi mise au pas. Pour pressentir le harcèlement de censure qui nous attend, il suffit d’observer l’usage extensif qui est fait, avant même le vote de la loi sur le mariage, des textes réprimant l’homophobie. Le fragile barrage édifié à la hâte par la Cour de Cassation risque d’être emporté.         

Les dirigeants de la majorité politique actuelle prédisent qu’en pratique, il ne se passera rien. Selon le Président de l’Assemblée nationale, le mariage homosexuel, une fois autorisé par la loi, prendra un tel caractère de banalité que tous les préjugés tomberont. Autrement dit, il est persuadé que les Français vont se convertir en masse à sa religion, sitôt que celle-ci sera devenue officielle. Il semble ignorer les leçons de notre histoire. Chaque fois qu’un gouvernement a essayé de forcer les consciences au nom d’une croyance d’Etat, il a attisé les refus et les divisions. Il pourrait bien en aller de même. Alors le pouvoir politique serait conduit à établir un régime d’arbitraire et de contrainte. Celui qui se dessine n’aurait pas le caractère brutal et totalitaire de ses devanciers au XXè siècle. Il serait seulement rampant et sournois.

15:00 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25 janvier 2013

Franc-maçonnerie Disséquée

Franc-maçonnerie disséquée

La franc-maçonnerie résumée en 20 minutes par Johan Livernette

La franc-maçonnerie résumée en 20 minutes par Johan Livernette

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18 janvier 2013

Explication des actions de Ançar Dine par le djihadiste Oumar Amarha

Explication des actions de Ançar Dine par le moudjahid Oumar Amarha

13:27 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13 janvier 2013

L’éducation civique au collège, ça sert aussi à faire la guerre

L’éducation civique au collège, ça sert aussi à faire la guerre

Bernard Girard, le 13 janvier 2013

Dans le but d’entraîner les élèves de 3e à l’épreuve écrite d’éducation civique au diplôme national du brevet (DNB) – car en France, le civisme est soluble dans l’examen écrit – l’académie de Nantes a préparé et mis en ligne un sujet test : les missions de l’armée française.

Pourquoi pas, sauf que, dans le cas présent, les candidats ne sont pas évalués sur leur esprit critique, leurs capacités de raisonnement ni même de rédaction mais exclusivementdans le cadre d’une stricte grille de «réponses attendues»sur leur disposition à réciter un cours dont les contenus, définis par le ministère de l’Education nationale, ne souffrent aucune discussion.

Sans état d’âme, mais aussi sans le moindre respect pour les convictions personnelles, les programmes d’éducation civique imposent sur la guerre et l’armée une vérité officielle, une morale d’état.

Pour un candidat au DNB, les missions de l’armée sont celles-ci et rien d’autre : «protéger le territoire français et sa population (dans le cadre de la défense globale) ; garantir les intérêts de la France ; former la jeunesse dans la JDC». Il y a aussi les missions dites «de souveraineté», à ne pas confondre avec les missions «de présence» : assurer la paix et la sécurité internationale, et participer à des missions humanitaires ou à d’autres actions en collaboration avec l’UE, l’Onu et l’Otan.

Convaincre que l’armée est un facteur de paix

Actualité oblige, viendrait-il à l’esprit d’un citoyen ou d’un apprenti-citoyen de s’interroger sur la présence militaire française en Afrique depuis la fin officielle de la décolonisation ? De se demander au nom de quelle légitimité, au cours du demi-siècle écoulé, la France fait et défait les régimes politiques sur le continent, soutenant les plus autoritaires et les plus brutaux, sans être en mesure pour autant de garantir la paix et le développement ?

De soupçonner dans ces expéditions, pudiquement baptisées «opérations extérieures», comme un arrière-goût de matières premières ? D’y voir comme un terrain d’expérimentation grandeur nature pour les industriels de l’armement, qui, de toutes manières, sauront en tirer de juteux contrats ?

De justifier aux yeux de l’opinion publique l’extravagant budget militaire de la France (le cinquième plus important au monde) sans rapport avec les services rendus par l’institution ? Ou encore d’assurer aux dirigeants politiques un prestige et une autorité, certes provisoires, que leur compétence dans les autres domaines ne saurait leur apporter ?

Autant de question priées de rester à la porte de l’école : en classe de 3e, le thème «la défense et la paix» doit convaincre sans discussion possible les collégiens que l’armée est un facteur de paix. Un enseignement d’autant plus verrouillé qu’il fait l’objet exclusivement d’une épreuve écrite obligatoire, sans recours au contrôle continu, à partir de questions biaisées téléguidant des réponses toutes faites, ces fameuses «réponses attendues» : avec l’éducation à la défense, le bourrage de crâne se trouve promu au rang d’examen.

Une «culture de défense» qui s’incruste partout

Cela dure depuis trente ans, depuis qu’un ministre (socialiste) de la Défense, Charles Hernu, s’était mis en tête de faire de l’école l’antichambre de la caserne, quand le service militaire, alors obligatoire, était vécu comme une corvée. Le 11 juillet 1982, il déclarait au Monde :

«Il faut arriver à l’armée préparés, et préparés par l’école, le lycée et l’université. Il faut une symbiose avec l’Education nationale.»

Depuis cette date, «l’esprit de défense», matérialisé par des protocoles conclus par les ministères de l’Education nationale et de la Défense (1982, 1989, 1995, 2007), de droite comme de gauche, est devenu un incontournable de l’éducation civique, jusqu’à la gangréner, et malgré cela ne suscitant que très marginalement l’opposition des enseignants chargés de l’appliquer.

L’infiltration de l’éducation par la Défense nationale s’est encore aggravée avec la disparition du service militaire (1996), l’école se voyant en quelque sorte chargée d’assumer la mission auparavant dévolue à l’armée, autour de deux préoccupations principales : «répondre aux besoins de recrutement de l’armée» (protocole de janvier 2007) et promouvoir avec l’esprit de défense des habitudes de pensée qui interdiront, à l’âge adulte, toute remise en cause des politiques décidées dans ce domaine par les gouvernants.

Avec une doctrine et un budget militaire «sanctuarisés», les politiciens unanimement au garde-à-vous devant toute opération militaire, l’armée, en France, est un tabou. Un tabou en germe dans l’éducation à la défense.

Une «culture de défense»

En affirmant qu’ «au collège et au lycée, l’ensemble des disciplines doit concourir à l’éducation à la défense», la circulaire du 13 septembre 2007 va très loin dans la manipulation des consciences. Elle met au service de conceptions idéologiques et politiques partisanes toute la hiérarchie de l’Education nationale, ainsi que l’ensemble des personnels mais aussi les programmes scolaires et jusqu’aux sujets d’examen, comme on le voit avec le DNB, pour aboutir à une «culture de défense» qui interdit toute remise en cause.

Les «trinômes académiques», curieuses structures émanant à la fois du rectorat et de l’autorité militaire, se voient confier des responsabilités dans les domaines de formation des maîtres et d’accompagnement des programmes, aboutissant à ce que la sensibilisation des élèves aux questions de défense et de guerre soit assurée exclusivement par l’armée.

Une éducation civique faite de questions/réponses, un enseignement qui – dans un domaine touchant aux convictions individuelles les plus profondes – refuse le débat et rejette l’exercice de l’esprit critique : c’est pourtant ainsi que l’Education nationale prétend former les citoyens.

14:53 Écrit par Rachid Z dans Enseignements, Opinions | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

11 janvier 2013

À chacun son islam !

À chacun son islam !

Par Rachid Id Yassine, le 11 Janvier 2013

Tout porte à croire que l’identité musulmane contemporaine, dans les sociétés occidentales tout au plus, est une identité à la fois individualisée et religieuse, bien que cela puisse paraître paradoxal… Faut-il dès lors renoncer à envisager l’identité musulmane comme une identité collective ?

Une culture occidentale individuelle ?

La culture occidentale se caractérise par une «culture des individus» (Bernard Lahire) qui sont incités dans et par le contexte séculier et pluriel à se distinguer les uns des autres.

La socialisation culturelle propre aux sociétés occidentales considère en son point de départ et dans son déroulement l’individualité du sujet ; il est donc essentiellement question de «socialisations individuelles». Aussi la production culturelle des musulmans d’Occident est d’autant plus occidentale qu’elle est individualisée. Jocelyne Césari précise justement que «dans l’Occident postmoderne, le rapport privatisé, émotionnel, culturel et éthique à l’islam domine».

Cette privatisation du religieux s’illustre aussi à l’échelle mondiale avec le développement d’«un monde de l’islamo-business qui échappe aux autorités religieuses traditionnelles, mais aussi aux États dans le contexte actuel de libéralisation et de globalisation» (Olivier Roy).

Nous pouvons cependant nous demander si cela nécessite de renoncer à envisager l’identité musulmane comme une identité collective, pour n’y plus déceler qu’une identité individuelle, en faveur de laquelle milite d’ailleurs un philosophe comme Abdennour Pierre Bidar dans une autobiographie spirituelle intitulée Self islam.

Une religiosité musulmane individualisée ?

C’est d’ailleurs chez les convertis que l’on retrouve le plus nettement cette capacité à se défaire des injonctions solidaires que toute identité collective sous-entend.

Cette liberté individuelle s’incarne dans celle avec laquelle ils expriment leur adhésion à l’islam, et dans l’audace avec laquelle ils n’hésitent pas à bousculer les cadres et les frontières des appartenances culturelles. C’est au nom de la religion qu’ils invitent leurs coreligionnaires de «culture musulmane» à se débarrasser de celle-ci qu’ils considèrent n’être que la somme d’encombrantes scories de l’histoire.

Yusuf Islam (Cat Stevens), comme Abdelmalik (Régis Fayette-Mikano) et tant d’autres artistes populaires musulmans, s’est un temps posé la question de la compatibilité de sa musique avec sa nouvelle identité religieuse. Il en a fait un support d’expression ostensible de sa religiosité musulmane, s’assurant du coup d’une certaine légitimité aux oreilles musulmanes inaccoutumées à la chanson anglaise. Après tout chanter les louanges de Dieu, même en anglais, accompagnées de musique ou non d’ailleurs, comment oserait-on le réprouver à l’exception de jugements marginaux ?

Cela a permis crescendo de passer outre les réticences à l’usage de la musique, occidentale qui plus est, comme vecteur et support de la religiosité musulmane.

Yusuf Islam retourne ainsi avec son dernier album A Other Cup et Roadsinger à la musique pour elle-même.

Dawud Wharnsby lui a emboîté le pas avec son clip Midnight mettant en scène un couple au phénotype clairement européen agité par le port du foulard qui cacherait les cheveux blonds de la compagne. Assis sur une Coccinelle rouge (la voiture !), la guitare sur un genou, il chante les indélicatesses humaines d’une histoire d’amour travaillée par une autre histoire d’amour, celle du divin. La dispute conjugale prend un dénouement heureux grâce au Holy Quran en livre de chevet que lisent les amoureux, après s’être remis à courir dans les champs, main dans la main, sourires aux lèvres et… cheveux au vent.

Une quête identitaire individualiste ?

Si, pour Farhad Khosrokhavar, parlant de «bricolage identitaire […] l’islam culturel est de nature personnelle», l’islam religieux qu’incarne à merveille la démarche des convertis l’est tout autant. Tout porte donc à croire que l’identité musulmane contemporaine, dans les sociétés occidentales tout au plus, est une identité à la fois individualisée et religieuse, bien que cela puisse paraître paradoxal à Olivier Roy.

Le politologue écrit en effet que, comparativement à celui de la Grande-Bretagne, «le modèle français développe une approche de l’identité musulmane en termes plus individualistes et, paradoxalement, plus religieux». Les modalités d’expression et de manifestation de l’islamité dans la production culturelle des musulmans des sociétés occidentales tendent à donner raison à l’option française.

Si les musulmans «s’emparent des nouvelles valeurs de l’islam pour se définir, c’est parce qu’ils s’engagent dans une démarche identitaire qui […] s’infiltre dans la définition des mœurs, se traduit par des pratiques personnelles, relève d’une démarche performative, investit l’espace public et acquiert ainsi un caractère de visibilité et de réflexivité. L’identité islamique se définit moins, aujourd’hui, dans une démarche collective et discursive que dans celle, performative et personnelle, qui cherche à l’inscrire dans l’espace public» (Nilüfer Göle).

Ainsi une série de processus contradictoires semble gouverner les modes d’identification de soi. Si la religiosité musulmane déborde de la sphère privée, elle le fait au nom des libertés individuelles.

Les musulmans d’Occident trouvent en l’éthique une source de légitimité qui affronte volontiers les attitudes réfractaires à l’idée d’un «islam occidental». Gilles Lipovetsky écrit justement que «loin de s’opposer frontalement à la culture individualiste postmoraliste, l’effet éthique en est une des manifestations exemplaires». Si la culture occidentale socialise les individus indépendamment de leur appartenance communautaire, l’islam se vit de façon tout aussi subjective, sur le mode de «socialisations individuelles» (Bernard Lahire). 

11:28 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Opinions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10 janvier 2013

«L’exécution publique de la foi chrétienne» en France

«L’exécution publique de la foi chrétienne» en France

Propos recueillis par Daniel Hamiche, le 10 janvier 2013

Excellent billet du Père Robert Poinard, vicaire général du diocèse aux Armées françaises…

Dans l’Antiquité, lorsqu’on voulait effacer de la mémoire collective le souvenir d’un adversaire, on martelait sur les monuments publics toutes les inscriptions le concernant. C’est ainsi que l’on connaît foule de généraux et de souverains dont les noms ont été ainsi éradiqués des stèles, pyramides, arcs de triomphe, nécropoles et autres édifices religieux ou funéraires.

Un ciseau et un burin suffisaient à la besogne. Enfin… momentanément. Car cette pratique du martèlement a-t-elle empêché l’Histoire de se souvenir de ces hommes dont les ennemis avaient voulu effacer la moindre trace ? Nullement et même au contraire : il est dans la nature de l’homme de vouloir toujours connaître ce qu’on s’efforce de lui cacher !

De nos jours c’est le marteau-pilon médiatique qui fonctionne : quand un adversaire vous embête la méthode est simple. Il suffit, par tous les moyens – moraux et immoraux – de tenter de lui clouer le bec. Il en va ainsi actuellement de la religion chrétienne. Quand j’étais adolescent Guy Béart chantait «La vérité» dans laquelle le refrain dit : «le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté». L’exécution publique de la foi chrétienne est en marche si j’en juge au matraquage médiatique actuel. Mais qu’est-ce qu’une démocratie sans opposition, sans possibilité pour la minorité de se faire entendre ? Pour avoir la paix il faudrait donc se taire, contre ses convictions, contre sa conscience. Les uns auraient tous les droits, y compris d’éradiquer toute forme de contestation, les autres n’auraient que celui de rentrer dans le rang. Étrange conception des «valeurs de la République»

L’interdiction de débattre est donc à l’ordre du jour. Pour l’instant on en reste encore aux grandes invectives : le marteau-pilon frappe à droite et à gauche mais son efficacité actuelle n’est pas encore si dangereuse. Jusqu’à quand ? Je suis plongé dans un livre sur la Révolution et je m’étonne de la rapidité avec laquelle on est passé des attaques verbales aux atteintes juridiques. Entre 1792 et 1793 le virage a été rapide pour qualifier les opposants politiques en délinquants et pour décréter la contestation comme un délit puis comme un crime. On connaît la suite.

13:22 Écrit par Rachid Z dans Cultes, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09 janvier 2013

Cible d'une plainte pour racisme, Nicolas Bedos fulmine

Cible d'une plainte pour racisme, Nicolas Bedos fulmine

La Libre Belgique, le 09 janvier 2013

"Ca me fait de la peine que des gens n'arrivent pas à comprendre le degré zéro du deuxième degré."

Pas facile tous les jours d’avoir une grande langue, même quand la plume est belle mais parfois trop acérée. Nicolas Bedos l’apprend à ses dépens, quotidiennement. Déjà condamné l’année dernière pour injures publiques envers des forces de police, l’auteur humoriste est à nouveau la cible d’une plainte.

Cette fois, elle est déposée par l’association CollectifDom (lobby pour l’Outre-Mer) qui n’a pas accepté le sens comique de deux chroniques de Bedos dans Marianne. Dans la première, intitulée "Indolence insulaire" et remontant au 9 décembre, c'est l'expression "enculé de Nègre" (qu’il admire infiniment) qui a eu du mal à trouver écho auprès du lobby antillais et réunionnais. Dans la seconde, portant le titre "Un voyage en Chirac" et datant du 16 décembre, l'association cible des propos tels que "autochtones oisifs".

CollectifDom a donc associé ces expressions à de l’injure publique raciale, d’où la plainte à l’encontre de l’humoriste. Selon Jules Ramaël, l'un des avocats du collectif, "l'humour n'autorise en aucune façon l'injure raciale". Il estime également que le chroniqueur véhicule "des préjugés infamants sur les Antillais" et que les dires sont "néfastes pour la communauté antillaise puisqu'ils contribuent à vulgariser et à banaliser des propos racistes".

Bedos: "rien d'autre à foutre que d'emmerder des comiques"

De son côté, Nicolas Bedos fulmine. Contacté par France Info, il soutient qu'il souhaitait "faire l'éloge de cette île, de l'indépendance d'esprit, de la liberté. Je fais la critique des colons, des Békés et des bourrins. Donc qu'on ne m'attaque pas sur ce que je dénonce (...) Ca me fait de la peine que des gens n'arrivent pas à comprendre le degré zéro du deuxième degré". Selon lui, employer le terme "nègre" "le banalise pour mieux le dénoncer".

Le trublion estime également qu'"il est temps, une bonne fois pour toute, que l'on fasse le procès de ces associations qui n'ont rien d'autre à foutre que d'emmerder des comiques, des rigoleurs, des amuseurs et des petits Molières de supérette". (Et cette fois, ce n'est pas Dieudo qui le dit!) (Rachid Z

16:04 Écrit par Rachid Z dans Médias, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 janvier 2013

Raphaël Liogier : «Les musulmans doivent descendre dans la rue»

«Les musulmans doivent descendre dans la rue»

Raphaël Liogier 

Propos recueillis par Maria Magassa-Konaté, le 07 Janvier 2013

Avec son dernier ouvrage «Le mythe de l’islamisation : essai sur une obsession collective», Raphaël Liogier balaie d’un revers de main l’idée que les musulmans seraient sur le point d’envahir l’Europe. Plus que de faire naître l’islamophobie, ce mythe nourrit, selon le sociologue, le regard paranoïaque à l’égard des musulmans, sur un continent en pleine crise identitaire. Le professeur de sociologie à l’Institut d’études politiques d'Aix-en-Provence et directeur de l’Observatoire du religieux nous dévoile son analyse.

Saphirnews : Vous démontrez dans votre livre que l’idée selon laquelle la religion musulmane envahirait l’Europe est fausse, preuves à l’appui. Pourtant, cette opinion reste largement ancrée dans les esprits. D’où vient ce mythe ?

Raphaël Liogier : En 2003, on commence à parler de l’islamisation. Cette année est marquée par le rapport Baroin qui parle d’une nouvelle laïcité qui s’oppose aux droits de l’homme, en pointant du doigt les musulmans. 2003, c’est aussi la conjonction entre les extrêmes avec la naissance de mouvements identitaires comme le Bloc identitaire, celles d’un nouveau populisme obsédé par l’islamisation. C’est également le début des grandes crises identitaires et économiques en Europe.

2003 a aussi été marqué par l’intervention des Etats-Unis en Irak, sans l’accord des Européens. Alors que l’Europe a été «le Monde» en rendant le reste du monde exotique, le continent se rend compte que les Etats-Unis se tournent à présent vers des pays comme la Chine ou le Brésil. Les Européens, incapables de se fédérer, se mettent à délirer et se demandent qui ils sont. Jusque-là, il y avait une phobie de l’étranger mais, avec la crise identitaire de 2003, elle va changer de nature. On va soupçonner une intention maligne. Une atmosphère paranoïaque va s’installer. On suppose qu’il existe un plan, un complot, que des gens veulent nous détruire.

«Ces gens», ce sont les musulmans. Pourquoi eux ?

Raphaël Liogier : Quel est le point commun entre les Turcs d’Allemagne, les Pakistanais en Grande-Bretagne et les personnes d’origine maghrébine en France ? Être musulman. Il y a aussi leur visibilité avec une résurgence spirituelle de l’islam qui a permis de les désigner comme ayant une intention de comploter contre l’Europe.

Quel rôle jouent les médias dans ce mythe ?

Raphaël Liogier : Ils ont joué un rôle d’accentuation du mythe de l’islamisation, surtout entre 2003 et 2005. Les grands médias vont diffuser et normaliser ce discours et participer à la croissance de ce nouveau populisme. Ils y participent de façon irresponsable mais se sont calmés depuis 2009, se rendant compte qu’ils sont allés trop loin, à l'exception de Charlie Hebdo qui ne se vend plus car il est de plus en plus mauvais et se sert des caricatures de Muhammad pour des questions économiques.

Les politiques participent toujours à la mise en scène de ce mythe...

Raphaël Liogier : Il y a une politique du signe, pas du sens. Les sondages montrent que les Français pensent majoritairement que les musulmans font exprès de pas s’intégrer. Les politiques le savent et font alors signe à l’opinion qu’ils cherchent à les protéger de cela. Aller sur ce créneau leur rapporte à coup sûr des voix. Tous surenchérissent. On l’a vu avec la loi anti-nounous voilées portée par la gauche.

Et ce n’est pas fini. Fin décembre 2012, dans un colloque sur la morale laïque, portée par le ministre de l’Education Vincent Peillon, la directrice de la crèche Baby Loup, qui a licencié une employée voilée, était invitée. On y a salué son courage, avec l’idée d’étendre la neutralité dans la sphère privée des nounous. Il devrait même y avoir la possibilité, pour les comités d’entreprise, d’inscrire dans leur règlement l’interdiction du port du voile. C’est un programme qu’on retrouve dans le rapport Baroin dès 2003. Il y a eu un renversement historique de la laïcité, rendu possible par une situation d’urgence avec l’Europe qui met en scène sa propre mort. Cela permet de ne pas voir les vrais problèmes comme la désindustrialisation.

Face à cela, alors qu’ils représentent seulement 4% de la population européenne et qu'ils font partie des plus pauvres, les musulmans sont présentés comme les plus puissants. Avec le mythe de l’islamisation, les prières dans les rues deviennent une occupation.

Sur quoi repose ce mythe ?

Raphaël Liogier : Il est fondé sur une mise en scène avec quatre personnages : le héros qui défend l’Europe, le peuple trompé qui représente la majorité silencieuse, le traître multiculturaliste qui choisit les droits de l’homme et qui va être soit un naïf, soit une personne qui se range du côté des forts, et le djihadiste. Cette dernière figure négative et répulsive peut attirer des personnes en situation économique et sociale précaire et psychologiquement faibles.

C’est le cas de Mohamed Merah...

Raphaël Liogier : Oui, on a appris par la suite qu’il avait aidé les Renseignements généraux (RG) puis avait essayé d’entrer dans la Légion. Il a d’abord visé l’objet de sa frustration en tuant des militaires. Mohamed Merah est devenu musulman pour se venger, en s’appropriant une figure peu désirable. Avec son look d’Arabe, originaire d’une cité, il va devenir djihadiste.

En Norvège, Anders Breivik, sans boulot, mis à l’écart, est blond aux yeux bleus, il va donc s’approprier la figure du héros, celle de la victime de l’islam. Si Merah avait eu un physique d’Occidental de souche, il serait sûrement devenu Breivik et si Breivik avait eu le teint basané, il serait devenu Merah. Leur condition raciale, économique et sociale sont des éléments déterminants qui les ont poussés à incarner le rôle de héros ou de djihadiste.

Le mythe de l’islamisation potentialise cette violence. Le populisme la rend possible. Ce populisme n’est plus extrême : aujourd’hui, il peut prendre le pouvoir avec Marine Le Pen en France. Il a déjà pris le pouvoir dans d’autres pays européens comme aux Pays-Bas. En Suisse, la votation pour l’interdiction des minarets l’a remporté majoritairement (en 2009).

A qui profite ce mythe ?

Raphaël Liogier : A ces mouvements populistes mais aussi aux mouvements islamistes terroristes durs qui sont en perte de vitesse depuis 2001. D’abord, il y a eu de nombreux démantèlements de ces réseaux et on constate une transformation des structures sociales du monde arabe, symbolisée par les révolutions du Printemps arabe. Cela se traduit par le développement des classes moyennes et l’émergence d’un islam bourgeois. Dans ce contexte, les terroristes islamistes ont de plus en plus de mal à recruter car il recrute par la frustration.

Ce mythe profite aussi aux Etats arabes, pays d’origine de nouvelles générations de musulmans européens, qui ont intérêt à ce que ces derniers ne se sentent pas intégrés et éprouvent un sentiment d'insécurité pour continuer à envoyer de l’argent dans les pays. A l’inverse, ce mythe ne profite pas aux musulmans ni aux citoyens européens.

Comment lutter contre ce mythe ?

Raphaël Liogier : Il faut déjà faire le bon diagnostic, trouver la vraie maladie. Sans cela, on fait des choses dans le vide. Ce diagnostic doit être précis. Il n’y a pas vraiment de phobie de l’islam mais l’existence d’un théâtre paranoïaque. On suppose que les musulmans veulent imposer leur manière de vivre. C’était l’objectif de ce livre : montrer qu’il n’y a pas de complot des musulmans.

Il faudrait, en plus, qu’il y ait un mouvement social des musulmans, qu’ils sortent défiler dans les rues. On n’entend pas les musulmans. Ne pas les voir est plus suspect. Une mobilisation de leur part pourrait créer un nouveau rapport de force. La troisième solution est que l’on puisse s’identifier à des héros positifs musulmans. La série télévisée danoise «Borgen» diffusée sur Arte, qui retrace la vie d’une femme politique, y parvient très bien avec le portrait d’un personnage secondaire, ministre de l’Ecologie qui adopte l’attitude la plus pure et la moins corrompue et dont on se rend compte, de manière complètement aléatoire, qu’il est musulman. Il y a là eu une normalisation qui agit au niveau inconscient.

Cela marche, car le téléspectateur n’a pas le sentiment qu’on l’oblige à croire à certaines choses, contrairement à La petite mosquée dans la prairie qui annonce la couleur.

Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a lancé une campagne d'affichage pour sensibiliser le grand public à la lutte contre l’islamophobie. Qu'en pensez-vous ?

Raphaël Liogier : C’est du très bon travail mais c’est dommage, la campagne a été sabotée, diffamée. Mais lutter contre l’islamophobie ne peut pas suffire. Avec le slogan «Nous sommes aussi la Nation», le CCIF voulait faire passer le message «N'ayez pas peur, nous partageons les même valeurs» mais, dans ce climat paranoïaque, il a été réinterprété par «Nous voulons prendre la Nation, nous voulons prendre votre place». D’où l’importance de faire le bon diagnostic.

Que retenez-vous du traitement médiatico-politique de l’islam en 2012 ?

Raphaël Liogier : 2011 et 2012 ont été marqués par l’accentuation du mythe de l’islamisation avec des mises en scène comme les affaires Merah, Breivik, la montée des mouvements populistes et une libération de la parole anti-musulmane sans précédent chez l’UMP comme chez le PS, les deux camps majoritaires à l’Assemblée nationale. L’extrême droite n’existe plus car elle est au milieu de l’échiquier politique avec Marine Le Pen. En 2012, ce mythe est arrivé à son summum. Mes vœux pour 2013 : qu’il y ait un changement majeur de ce côté.

14:47 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Juifs de France : Attention Danger !

Juifs de France : Attention Danger !

Bernard Darmon, le 06 janvier 2013

La pensée dominante parmi les juifs francophones se radicalise dangereusement de jour en jour.

Ceux qui émettent des critiques sur les décisions politiques israéliennes sont immédiatement étiquetés de doux rêveurs gauchistes intellos s’ils sont juifs, et simplement antisioniste- antisémites s’ils ne sont pas juifs. Le dialogue n’est plus toléré. Il est empêché avec la sempiternelle menace d’être un traître ou un anti-juif.

La situation en France:

De nombreux intellectuels juifs français se positionnent sur un terrain miné lorsqu’ils expliquent que la France ne serait plus un Etat où les juifs ont leur place. Chaque croix gammée taguée sur un mur fait l’objet de communiqués enflammés et de condamnations, comme si nous pouvions empêcher les provocations de décérébrés.

Les Juifs francophones d’Israël sont devenus les maîtres à penser des Juifs de France et ce n’est pas anodin. Leur objectif clairement avoué est de prouver aux Juifs qu’il n’est plus possible de vivre en France compte tenu d’une déferlante antisémite islamiste. Israël, Etat refuge pour les juifs attend avec impatience les prochains immigrants. Cette dialectique fait son chemin et alimente les théories nationalistes exacerbées d’un pays en pleine crise. Sur des sites juifs ou pro-israéliens francophones les articles islamophobes vont au-delà de ce que l’on peut lire sur le site du Front National.

Faire peur, c’est le leitmotiv et ceux qui refusent d’entrer dans le moule sont d’affreux gauchistes.

Dénoncer l’islamisme radical est bien entendu une priorité, mais cette dénonciation ne saurait être productive si elle n’est pas accompagnée d’une ouverture et d’un dialogue avec ces musulmans qui ne se reconnaissent pas dans les valeurs du djihad armé. Nous juifs ne sommes-nous pas les premiers à être victimes d’amalgames ? On connait ça par cœur : Un voleur, ou un escroc est arrêté, s’il est juif, c’est son identité juive qui l’aura incité à son travers. Devrions-nous tomber aussi bas que nos ennemis ? 

La France n’est pas un pays antisémite. La France est l’un des Etats au monde dont la législation est la plus sévère contre le racisme et l’antisémitisme.

La lutte contre l’antisémitisme ne passe pas par l’exacerbation de la paranoïa.

Au sujet de la politique en Israël:

Les mêmes vendeurs de peur n’hésitent plus à désigner les traitres. Pas moins que l’actuel Président Shimon Perez, un ancien premier ministre, ou une ancienne ministre des affaires étrangères. Est-ce acceptable ?

Sont-ils d’affreux gauchistes, tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans les manœuvres politiciennes de Benjamin Netanyahou et ses colistiers du parti de Lieberman ?

Est-il possible à la veille d’une élection de donner son avis sur la politique d’un gouvernement qui demande une reconduction de son mandat ?

Quelles qualités particulières ont ces procureurs pour jeter l’anathème sur tous ceux qui pensent autrement ?

Pour que chacun comprenne la bêtise de cette propagande extrémiste, vous trouverez plus bas quelques noms de ces affreux gauchistes :

Amnon Lipsik-Shahak, l’un des soldats les plus décorés de l’Etat d’Israël, ancien ministre, ancien chef d’Etat Major vient de mourir à l’âge de 68 ans. Il a eu en ligne le premier ministre Benjamin Netanyahou quelques jours avant son décès et l’a exhorté à modifier sa politique et à s’engager sur la voie de la Paix. Il avait signé en 2008 l’appel du groupe de pression J Street.

Ephraïm Halevy qui fut Directeur du Mossad entre 1998 et 2002 et qui est aujourd’hui un partisan d’un accord avec le Hamas.

Meïr Dagan qui fut Directeur du Mossad entre 2002 et 2010 et qui s’est déclaré contre une attaque de l’Iran, et pour des pourparlers de Paix avec les Palestiniens.

Yuval Diskin, l’ancien chef du Shin-Beth (la sécurité intérieure) a lui aussi pris publiquement des positions très tranchées contre Benjamin Netanyahou à propos de ses menaces contre l’Iran. Il s’est interrogé en avril dernier : «Comment peut-on avoir confiance en des dirigeants politiques qui se fondent sur des sentiments messianiques pour prendre leurs décisions ?», et qui trompent l’opinion mondiale en affirmant qu’une attaque israélienne pourrait interrompre le programme nucléaire iranien.

Vous l’aurez compris, mon propos n’est pas de donner ou pas des satisfécits à l’un ou l’autre des deux camps. D’autant qu’il est probable qu’après les élections nous retrouvions au sein du gouvernement israélien une coalition élargie de droite à gauche.

Il s’agit de mettre en garde sur les effets pervers de la censure et de l’anathème.

Il règne un climat d’intolérance et de radicalisation insupportable, qui,  in fine ne servira que la cause des pires de nos détracteurs.  

14:17 Écrit par Rachid Z dans Opinions, Palestine occupée | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'Europe : La mise en place d'une dictature

L'Europe : La mise en place d'une dictature

François Asselineau

05 janvier 2013

"Apprenez, défiez, agissez maintenant !"

"Apprenez, défiez, agissez maintenant !"

Discours de Julian Assange, fondateur de Wikileaks, depuis l'ambassade équatorienne à Londres

La vraie démocratie n’est pas à la Maison-Blanche, la vraie démocratie, c’est la résistance des personnes armées de la vérité contre les mensonges, de la place Tahrir à Londres…

13:32 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04 janvier 2013

Cadres politiques arabo-musulmans et sociétés juives (1/2)

 Cadres politiques arabo-musulmans et sociétés juives (1/2)

Par Rochdy Alili, le 4 janvier 2013

Conquête et changements

Lorsque les Arabo-musulmans conquièrent le Croissant fertile, ils y trouvent des juifs pour qui les changements découleront de plusieurs nouveautés. La première est la fin de la séparation entre les domaines perses et byzantins. Cette conquête, en effet, instaure une continuité entre Méditerranée et océan Indien d’où va procéder la prospérité de l’espace musulman pendant un demi-millénaire.

La deuxième est la fin de la distinction culturelle entre la zone araméenne du Croissant fertile et la zone hellénisée d’Egypte, vite arabisées l’une et l’autre. De ce fait, la Mésopotamie, lieu florissant du judaïsme, entre en relation avec les judaïsmes de langue grecque.

La troisième est le système de ségrégation de la société musulmane, fondé à la fois sur le principe qu’il ne peut y avoir de contrainte en religion et sur la conscience, pour chaque musulman, de la supériorité de l’islam. C’est le système de cohabitation entre confessions, que l’on appelle la dhimma.

Périodisation de l’histoire musulmane

C’est ainsi que s’ouvre l’histoire des Juifs et des Arabo-musulmans. Il va de soi qu’un millénaire et demi ne se résume pas en quelques paragraphes. Aussi faut-il s’en tenir aux grands traits, lesquels reposent sur une claire périodisation. Il y a d’abord, du VIIe au XIe siècle, un demi-millénaire d’apogée "classique", période qui correspond au haut Moyen Age européen.

Mais, à partir du XIe siècle, quand l’Occident connaît des progrès, le monde de l’Islam subit une succession de coups de boutoirs. Le premier, au XIe siècle, est une invasion turque "renomadisant" les espaces de l’isthme indo-méditerranéen. Le second est, au XIIe siècle, l’installation des croisés européens au Levant. Le troisième, au XIIIe siècle, est la conquête mongole. Le quatrième, au XIVe siècle, est la Grande Peste, dont on oublie qu’elle a touché l’espace musulman et l’a affaibli. Le cinquième est, au XVe siècle, l’installation de la suprématie de l’Occident dans l’Atlantique et, au XVIe siècle, dans l’océan Indien.

Ensuite, l’on entre dans une ère d’un demi-millénaire où l’Islam se redonne une apparence grâce à l’empire ottoman, qui constitue au XVIe siècle la première force de l’Europe. Mais ce n’est que survie et bientôt les puissances de l’Europe mèneront le jeu.

Les communautés juives dans l’histoire de l’Orient arabe

A toutes ces périodes il y eut des juifs dans ce Proche Orient et ils subirent les coups et contre coups de l’histoire.

L’époque classique

A l’époque classique, entre le VIle et le XIe siècle, ils vécurent la dhimma dans ce qu’elle pouvait avoir de positif. A ce moment, la communauté juive la plus nombreuse était en Mésopotamie. Elle était dirigée par des exilarques* et c’est en fonction de la dhimma que les califes laissèrent les juifs s’administrer eux-mêmes sous ces exilarques qui jouissaient à la cour d’un grand respect.

Parallèlement aux exilarques, il existait des directeurs dans deux grandes académies talmudiques, à Sura et Poumbedita. On les appelait les gaonim (singulier : gaon). Ces gaonim exercèrent une influence sur les communautés juives du monde entier. Ils leur envoyaient des "consultations" sur des points de religion, de liturgie, de droit ou autres.

Crises et survie

On peut considérer fini l’âge classique de l’Islam au milieu du XIe siècle. Les académies de Soura et Poumbédita déclinent, le prestige des exilarques et des gaonim n’existe plus. Dès lors, chaque siècle apporte sa catastrophe, la prospérité disparaît, les intrusions se multiplient et la situation des communautés juives va se dégrader.

A cette époque incertaine où les juifs, contre vents et marées résistent et parviennent à survivre, c’est en Syrie, en Palestine et en Égypte, sous la dynastie des Mamelouks*, que leur situation est la moins mauvaise. Ainsi, entre le XIIIe et le XVe siècle, renaissent les centres judaïques de Jérusalem, Hébron, Tibériade et, surtout, Safed, qui sera un lieu majeur de la vie juive au Proche Orient.

Les siècles ottomans

Au XVIe siècle, les Turcs ottomans, maîtres de l’Asie Mineure et des Balkans, commencent à conquérir l’Orient arabe et les juifs passent sous leur administration. Leur sort pourra alors être considéré comme relativement correct pendant les siècles fastes de l’Empire, c’est-à-dire aux XVIe et XVIIe siècles.

Au début de cette période, l’événement est l’arrivée des juifs d’Espagne. Ils apportent des compétences dans les domaines industriels, financiers et scientifiques, une connaissance des langues européennes et la maîtrise de réseaux entre monde musulman et monde chrétien. Ces savoirs, les Turcs en tireront parti et l’on assista même à ce que l’on pourrait appeler des "migrations de compétence", suivant le système de Sürgün (exil) qui permettait de déplacer des populations arbitrairement. Pour les juifs, ces migrations avaient le plus souvent pour but de transplanter des communautés industrieuses dans des régions à développer.

Par ailleurs, bien que la Mésopotamie ait décliné, Bagdad était la ville arabe où vivaient le plus de juifs. Ils commerçaient avec l’Inde, l’Insulinde, l’Extrême-Orient et, d’un autre côté, la Méditerranée par le comptoir d’Alep. Très assimilés, ils fournirent des hommes de talent et de savoir jusqu’à une époque récente.

Quant aux juifs espagnols, ils virent leurs compétences disparaître par la concurrence des minorités chrétiennes dont les puissances européennes faisaient les vecteurs de leur influence.

Alors, aux XVIIe et XVIIIe siècles, la situation se dégrada avec le déclin de l’empire, la pression des puissances européennes et l’appauvrissement des masses arabes dans un climat où se mêlaient le mépris traditionnel des musulmans à l’égard des juifs et les schémas de l’anti judaïsme chrétien. Les persécutions se multiplièrent au XIe siècle. La plus connue, attisée par le consul de France, est l’affaire de Damas en 1840 qui vit des juifs être accusés du meurtre rituel d’un moine franciscain. Cette persécution ne cessa qu’après l’intervention de notables juifs anglais, français et autrichiens auprès des puissances européennes.

A cette époque, en effet, l’intervention de ces puissances est de plus en plus directe et c’est dans ce cadre que se déroulera le dernier siècle de l’histoire des juifs au sein des sociétés arabo-musulmanes du Proche-Orient.

A suivre...

13:52 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20 décembre 2012

Laïcité et féminisme : le malentendu ?

Laïcité et féminisme : le malentendu ?

Luc Van Campenhoudt (La Revue Nouvelle), décembre 2012

Assises aux premiers rangs du grand auditoire, une dizaine de jeunes femmes voilées suivaient attentivement le cours de sociologie et prenaient note avec application. Elles découvraient les principes clés de l’analyse sociologique des phénomènes sociaux. La matière comprenait l’examen de nombreuses questions comme la construction sociale et symbolique des différences sociales, notamment le genre bien sûr, les fonctions des pratiques et des croyances religieuses dans la vie économique et sociale, la socialisation en contexte multiculturel, l’apprentissage des rôles sociaux... D’autres notions classiques comme aliénation et violence symbolique faisaient bien entendu partie du programme. Au fil des cours, la concentration de ces jeunes femmes faisait rarement défaut. Parfois même, elles s’amusaient discrètement d’un propos peu en phase avec les idées convenues ou les poncifs dans l’air du temps. Quelquefois, elles s’arrêtaient net d’écrire, le stylo à bille suspendu au-dessus de la feuille, comme si ce qui venait d’être dit suscitait leur vive réflexion. Comme elles étaient assises à l’avant de l’auditoire, le profil quelque peu protégé par le voile, seul le professeur pouvait apercevoir leurs réactions et elles en avaient sans doute conscience. Assis derrière elles, la grande majorité des étudiants ne voyaient de dos que leurs sombres voiles. Ce qu’ils imaginaient peut-être dans les têtes ainsi couvertes n’avait sans doute rien à voir avec ce qui s’y passait réellement. Le professeur se disait alors que, sous plusieurs de ces voiles austères, à l’insu de tous, murissaient nombre de jeunes femmes modernes.

Cette situation de cours assez courante nous est revenue à l’esprit au moment de lire la fin du texte de Marc Jacquemain où il critique l’infantilisation des femmes portant le hijab ou le niqab et où il insiste sur l’importance de ne pas disqualifier les victimes supposées d’une discrimination en tant qu’interlocutrices qualifiées.

Ce sont notamment les débats actuels sur la condition des femmes dans l’islam en Belgique qui justifient de consacrer un dossier à l’examen détaillé des relations entre laïcité et féminisme, en donnant un poids particulier à la perspective historique. Ce dossier est construit autour d’un texte-tronc, assez consistant pour que s’y développe une solide argumentation. En l’occurrence, il s’agit d’un texte où Marc Jacquemain examine dans quelle mesure laïcité et féminisme marchent ou non de conserve ou, pour le dire autrement, dans quelle mesure la laïcité est ou non favorable aux femmes. Dans un second temps, l’historienne Catherine Jacques, le philosophe Stéphane Leyens et le sociologue Albert Bastenier ont accepté de réagir à ce texte principal…

La suite : La Revue Nouvelle

22:22 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18 décembre 2012

Aucune laïcité n'est absolue

Aucune laïcité n'est absolue

Jean Baubérot, le 14 novembre 2012

La première définition formalisée de la laïcité fut donnée par le philosophe Ferdinand Buisson, en 1881-1883, lors de la laïcisation de l'école publique. Résumons la. Selon lui, la laïcité résulte d'un processus historique au cours duquel les diverses institutions et l'Etat lui-même s'autonomisent à l'égard de la religion. Il en résulte "l'Etat laïque, neutre entre tous les cultes, indépendants de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique". Cet Etat laïque permet "l'égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les cultes."

Cette définition est toujours valable. Tout au plus peut-on la compléter par le rappel des principes majeurs de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes" avec comme seul limite "l'intérêt de l'ordre public" (article 1). Elle "ne reconnait, ne salarie ni ne subventionne aucun culte", à l'exception "des services d'aumôneries" pour "assurer le libre exercice du culte dans les établissements publics" (article 2). Elle respecte les "règles d'organisation générale" de chaque culte (article 4).

La loi de 1905 constitue toujours la base principale de la jurisprudence française en matière de laïcité. Toutefois on peut remarquer que, depuis un siècle, la laïcité française a doublement évolué. Et aujourd'hui, la laïcité historique cohabite avec ce que François Baroin a qualifié, en 2003, dans un Rapport officiel, de "nouvelle laïcité" qui, selon lui, est une "valeur de droite".

La laïcité française est devenue progressivement moins "séparatiste". Donnons quelques exemples. En 1919, quand l'Alsace-Moselle est redevenue française, ni la loi Ferry laïcisant l'école publique, ni la loi de 1905 ne fut appliquée aux 3 départements de l'Est. Ainsi le clergé des "cultes reconnus" (catholique, protestant et juif), soit 1400 personnes, est toujours payé par l'Etat, donc grâce aux impôts de tous les Français. À partir des années 1950, un processus de subventions publiques aux écoles privées (la plupart confessionnelles) s'est instauré et est devenu consensuel à partir de 1984. Si cela ne concerne pas directement la loi de 1905, cela se situe davantage dans l'optique d'une "laïcité de collaboration" que d'une laïcité séparatiste. Diverses mesures ont complété cet aspect. L'insistance identitaire, depuis quelques années, mises sur "les racines chrétiennes de la France" (de N. Sarkozy à d'anciens partisans du "citoyen abstrait") va également dans ce sens, de même que le retard pris par la France sur plusieurs de ses voisins en matière de laïcisation des mœurs. Dans ce dernier domaine, l'élection de François Hollande semble induire la reprise d'une dynamique séparatrice avec le projet de loi sur "le mariage pour tous" et, peut-être un futur projet de loi sur l'euthanasie.

Depuis une dizaine d'années, la laïcité est invoquée de manière dominante comme si elle était un équivalent de la neutralité, notion interprétée d'une façon nettement plus extensive que la loi de 1905. Celle-ci, en effet, implique que la puissance publique soit neutre pour pouvoir être un arbitre impartial entre les différentes religions et convictions. Mais les parlementaires qui l'ont votée ont refusé les amendements qui étendaient cette neutralité à l'espace public. Au contraire, les manifestations religieuses sur la "voie publique" (comme on le disait à l'époque) sont plus libres après qu'avant 1905.

Le mot d'ordre "la religion, affaire privée" ne signifie nullement que la religion soit reléguée dans l'espace privé ou intime, mais que la religion est un choix privé, personnel et libre. A ce titre, la religion est une composante de la société civile et bénéficie, comme les autres composantes, des libertés publiques, notamment de la liberté d'expression. Mais la religion ne doit ni dominer l'espace public, ni dicter sa loi à l'Etat. Cette extension actuelle de la notion de neutralité ne vise d'ailleurs en fait que certaines religions et crée une référence à la laïcité qui s'avère à géométrie variable, ce qui va à l'encontre de la définition que donnait Buisson. On ne s'étonnera pas que, dans ce cas de figure, la droite dure et l'extrême droite puissent invoquer "la laïcité" pour justifier des attitudes de rejet. Mais, malgré ce qu'il en est dit, il ne s'agit plus, alors, de la laïcité de 1905.

Enfin il faut rappeler que, pour Buisson et pour Briand (le 'père' de la loi de 1905), la laïcité n'est nullement une exception française. Aucune laïcité n'est absolue et il existe diverses formes de laïcité. Les critères de respect de la liberté de conscience de tous, croyants et non croyants, et la non- discrimination pour raison de religion ou de conviction constituent les finalité de la laïcité. Celle-ci relève avant tout d'un équilibre subtil, qui s'accommode mal d'une inflation idéologique quelle qu'elle soit.

09:57 Écrit par Rachid Z dans Citoyenneté, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |