20 janvier 2009

Dénonçons ces ignobles négationnistes

Dénonçons ces ignobles négationnistes

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Manuel Abramowicz

(Cet ignoble négationniste, animateur du site http://www.resistances.be/ et salarié du Centre pour l'Egalité des Chances, pretextant d'outrancières  expressions, à caractère "antisémite" et "négationniste", qu'auraient tenus certains manifestants, s'est aventuré à porter plainte à l'encontre des organisateurs de la mégamanifestation antisioniste du 11 janvier dernier !!!)

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Pascal Fenaux

(Cet autre ignoble négationniste : sociologue, "spécialiste" du Moyen-Orient, et journaliste au Courrier international, prétend, sans vergogne, que notre vaillante "jeunesse bruxelloise" qui dénonçait, lors de cette même manif, les crimes sionistes perpétrés à Gaza en les assimilant, à juste titre, à ceux des nazis, incitait à la haine racial !!!)

"Je ne suis pas allé à la manifestation du 11 janvier à Bruxelles, parce que j’avais des articles à remettre, précisément sur l’opération "Plomb forgé".

Mais les échos que j’en ai eu sont édifiants. Plusieurs de mes connaissances (qui n’étaient pas au même endroit dans le cortège) ont croisé de trop nombreuses pancartes antisémites et, pour ceux qui connaissent l’arabe, entendu des slogans tout aussi clairement antisémites, ainsi que le décidément indémodable "Egorgez les Juifs" ("Izbah el-Yahud"). Je parle bien d’antisémitisme (ou de racisme judéophobe, si certains préfèrent), pas d’antisionisme. Sans parler d’affiches carrément négationnistes. C’est simple, plusieurs ami(e)s ont quitté le cortège, tant l’atmosphère était irrespirable.

Quelques slogans bien sentis, puisés sur les photos prises par des amis et sur les sites d’agences de presse, qui, sans doute, font système, voire participent d’un complot destiné à "alimenter la paranoïa d’une partie de l’opinion publique" :

-  "Juif = Nazi".
-  "Gaza = Dachau"
-  "Gaza, nouvelle Shoah"
-  "Israël = Génocide"
-  "L’Holocauste n’existe pas, à Gaza si".
-  "Israël = Nazi, USA = Fascisme"
-  "Stop l’Holocauste à Gaza"
-  "Gaza Now" (sur un dessin représentant Auschwitz et où les drapeaux israéliens remplacent les étendards nazis.
-  "Stop au génocide à Gaza" (en néerlandais)
-  "C’est un génocide, médias, dites la vérité"
-  Sans parler des dessins..., où où une tête de Juif (né crochu, bouche ensanglantée et tête cornue) figure au coeur d’une étoile de David. Et sans parler des poupées habillées en fillettes palestiniennes avec une ceinture d’explosifs autour de la taille...

Les organisateurs s’étaient engagés à exclure ce genre de panneaux, mais ils n’ont finalement pas osé. De même, alors que dénoncer à la tribune (lors des discours de fin de manifestation) ces slogans antisémites n’aurait tout de même pas mangé de pain, les organisateurs et porte-parole de la mouvance associative et politique n’ont pipé mot.

Le pire, c’est que même autour de moi, plusieurs collègues qui ont participé à la manifestation considèrent que ces slogans ne sont pas à prendre au pied de la lettre.

Seulement, il faudra un jour que l’on m’explique comment on peut dénoncer les slogans antisémites et/ou négationnistes prononcés par l’extrême droite, et en minimiser la portée lorsqu’ils sont prononcés par "la jeunesse bruxelloise" ?

Enfin, comparer l’identification d’une partie de l’opinion "arabo-musulmane" de Belgique à la Palestine à l’identification de l’opinion "juive" à Israël, c’est peut-être audible.

Sauf que, ce faisant, ce texte relativise beaucoup trop facilement la gravité de certains messages clairement prononcés et qui relèvent de l’incitation à la haine raciale."

(http://blogs.politique.eu.org/henrigoldman/20090117_gaza_et_la_jeunesse.html)(le 17 janvier 2009)

A suivre...

04 janvier 2009

Propos négationniste et raciste d’un membre du cabinet Keulen

Propos négationniste et raciste d’un membre du cabinet Keulen

 

Mehmet Koksal, le 04 janvier 2009

 

Le lundi 29 décembre 2008, j’ai relaté – sans commentaire – la participation du ministre libéral flamand, Marino Keulen (Open-VLD) à une soirée politique organisée (le 28/12/2008) par la branche belge du parti d’extrême droite turque, le MHP (Milliyetçi Hareket Parti - Parti d’Action Nationaliste). Cette participation n’est pas contestée par le ministre qui plaide néanmoins sa «bonne foi» en précisant qu’il ne s’agissait nullement d’un événement d’extrême droite à caractère politique.

 

On voit pourtant clairement sur les photos que Marino Keulen prend la parole devant un drapeau géant représentant Alparslan Türkes, leader historique de l’extrême droite turque et ex-dirigeant du MHP, et qu’un député turc du MHP (Atilla Kaya) lance un appel au vote pour son parti tout en remerciant le ministre flamand d’avoir honoré la soirée.

 

Dans un article publié par le quotidien turc Turkiye et distribué dans les librairies belges, le ministre Keulen revient sur la polémique en déclarant : «je n’hésiterai pas à participer à nouveau» à ce genre d’événement. Il ajoute que les associations organisatrices «sont des associations reconnues par les autorités belges», qu’elles «ne sont impliquées dans aucune activité terroriste» et il s’interroge sur «le mal qu’il peut y avoir à participer en tant qu’invité à une activité organisée par une association qui n’est pas interdite par la loi belge».

 

Marino Keulen prétend au journal Türkiye qu’ «il n’y a eu aucun élément ou discours à caractère politique lors de la soirée» et répète que s’il devait recevoir une même invitation à ce type de soirée, il y participerait à nouveau sans hésiter

 

La suite : Mehmet Koksal

26 décembre 2008

Turquie : Débats autour de la pétition demandant pardon aux Arméniens pour la «Grande Catastrophe» de 1915

 

 

 

Turquie

Débats autour de la pétition demandant pardon aux Arméniens pour la «Grande Catastrophe» de 1915

 

Pierre-Yves Lambert,


Annoncée au départ pour le Nouvel An, un manifeste-pétition a été lancé le lundi 15 décembre 2008 par 200 intellectuels turcs et mis en ligne sur le site

(Özür diliyorum signifie «Je demande pardon»). Le texte exact, traduit en plusieurs langues sur le site (rendu inaccessible du 20 au 22/12 par des hackers nationalistes, rétabli le 23/12) est : «Ma conscience ne peut accepter que l'on reste indifférent à la Grande Catastrophe que les Arméniens ottomans ont subie en 1915, et qu'on la nie. Je rejette cette injustice et, pour ma part, je partage les sentiments et les peines de mes sœurs et frères arméniens et je leur demande pardon.»

Ces excuses adressées aux victimes du , ce qui explique l'utilisation du terme «Grande Catastrophe», habituellement surtout utilisé par les Grecs pour désigner les massacres et l'exode des Micrasiates (Grecs d'Asie mineure, d'Anatolie) dans les années 1920.

génocide de 1915 ont été formulées par quatre intellectuels issus de la gauche turque : l'économiste Ahmet Insel, le professeur de sciences politiques Baskin Oran, le spécialiste des questions européennes Cengiz Aktar, et le chroniqueur Ali Bayramoğlu, un ami de feu Hrant Dink. Selon ce dernier, «Le terme "génocide"aurait rendu l'identification difficile pour certains.»

Parmi les

200 premiers signataires, on relève aussi la présence de deux Turcs de la diaspora, le coprésident des Verts allemands, le député Cem Özdemir, et le fondateur d'Info-Türk, Dogan Özgüden, réfugié à Bruxelles depuis le coup d'état de 1971. Quelques heures après sa mise en ligne le 15 décembre, la pétition était déjà passée de 200 à un millier de signataires. Quatre jours plus tard, ils étaient 13.000, et le 24 décembre ils avaient dépassé les 24.000.

Au sein du parti au pouvoir, le Parti de la Justice et du Développement (AKP, islamo-démocrate), la réaction n'a pas été unanime, le premier ministre Erdogan estimant que

«Si un tel crime a eu lieu, celui qui l'a commis peut s'excuser. Mais ce n'est pas mon cas, pas plus que celui de mon pays ou de ma nation», le président de la République Gül se limitant quant à lui à constater qu'une telle pétition relevait de la liberté d'expression.

Le porte-parole de l'armée turque et les dirigeants des deux partis fascistes issus des Loups Gris, le Parti de l'action nationaliste (MHP,

laïcisto-fasciste) et le Parti de la grande unité (BBP, islamo-fasciste), ont condamné l'initiative, et des contre-pétitions ont été lancées sur internet,
www.ozurbekliyoruz.com le 17 décembre et www.ozurdilemiyoruz.biz le 18 décembre.
Suffrage Universel , 26 décembre 2008http://www.ozurdiliyoruz.com/

Şafak et Ozan Arif), ainsi que par des députés du CHP (

La deuxième, seule encore en ligne quelques jours plus tard, a été initiée par des personnalités artistiques (Ahmet laïcisto-nationaliste, membre en sursis de l'Internationale socialiste) et du MHP (Loups Gris laïco-fascistes), par le député Muhsin Yazıcıoğlu, président du BBP (Loups gris islamo-fascistes), ainsi que par des journalistes : …

La suite :

Suffrage Universel

10 décembre 2008

GENOCIDES ET CRIMES CONTRE L'HUMANITE

GENOCIDES ET CRIMES CONTRE L'HUMANITE

Vidéo vue sur le blog de la schaerbeekoise Véronique Devos

22 novembre 2008

Séminaire : "La répression du négationnisme en Belgique : de la réussite législative au blocage politique"‏

Séminaire

"La répression du négationnisme en Belgique : de la réussite législative au blocage politique"    

 

[ndPYL A cette occasion, je tiens à préciser que je suis évidemment en total désaccord avec l'exigence formulée "en passant" par les auteurs de la carte blanche d'hier dans Le Soir "Nous demandons par conséquent que le Mrax (...) lutte dorénavant pour l'abolition de toutes les lois qui rendent possible ce genre de poursuites.". Ainsi que je l'ai constamment exposé sur cette liste depuis des années, je suis favorable à l'extension de la législation contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme, et bien évidemment pas du tout à sa suppression. Et dans mon esprit le négationnisme inclut évidemment l'apologie des crimes contre l'humanité, comme ce fut le cas de l'ambassadeur turc à Bruxelles il y a deux semaines, et ça inclut ceux commis par les régimes communistes ou bassistes. Par contre, et les auteurs de cette carte blanche - et le Vilain Coco de Pan - me rejoignent sur ce point, pas question d'en revenir aux pratiques fascistes, nazies et communistes, quand les enfants étaient chargés d'espionner leurs parents à la maison pour rapporter leur "propos déviants" au commissaire politique.]

Le 21 novembre 2008

Madame, Monsieur,

C'est un grand plaisir pour moi de vous annoncer la prochaine séance des séminaires départementaux en sciences politiques :

Lundi 24 novembre 2008, intervention de Geoffrey Grandjean (Aspirant FNRS, Unité de politologie générale), La répression du négationnisme en Belgique : de la réussite législative au blocage politique, de 12h à 13h30, ULg, Département de sciences politiques, boulevard du rectorat, 7, B31, 4000 Liège (trifac 1).

Cette étude se concentre sur la répression du négationnisme en Belgique et sur l'impasse actuelle de cette problématique. Une approche politologique est utilisée pour éclairer ce dossier qui, à maintes occasions, fait surface dans l'actualité. Cette étude se base, d'une part, sur un travail d'analyse des travaux parlementaires et, d'autre part, sur une série d'entretiens avec des acteurs clés du dossier. Cette approche permet d'aboutir à une présentation analytique du problème. Le sujet de cette recherche est d'autant plus prégnant qu'il concerne la dialectique entre le présent et le passé et qu'il interroge la place de l'histoire dans le
monde politique.

La participation à ce séminaire est évidemment libre.

Bien à vous

Grandjean Geoffrey

Aspirant Fonds de la Recherche Scientifique - FNRS
Département de Sciences Politiques

Université de Liège
Boulevard du Rectorat 7 (Bât. B31)
4000 Liège

15 novembre 2008

"Les Fantômes du Roi Léopold II. Un holocauste oublié"

"Les Fantômes du Roi Léopold II. Un holocauste oublié"

 

 

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Par Antoine de Gaudemar, MIR, le 15 novembre 2008

 

La colonisation du Congo par la Belgiquea été particulièrement meurtrière. Il y a tout juste cent ans, le 15 novembre 1908, le Congo est devenu officiellement colonie belge. Pour en savoir plus, nous vous recommandons le livre, publié en 1998, présenté ci-dessous.

 

Cinq à huit millions de morts, peut-être même dix : tel est le bilan accablant de la conquête et de l’exploitation coloniale du Congo belge, entre les années 1880 et la première guerre mondiale. C’est à ce chiffre que conclut le journaliste américain Adam Hochschild, au terme de son effarante enquête sur cet «holocauste oublié».

 

L’acteur principal de ce bain de sang ne fut autre que le roi des Belges, Léopold II. Obsédé par l’idée de posséder une colonie, comme les autres pays européens alors en pleine expansion africaine, il jette son dévolu sur la région du Congo, encore quasi inconnue. En 1876, il crée l’Association internationale africaine, destinée en principe à financer des expéditions. S’appuyant notamment sur le célèbre explorateur Henry Morton Stanley et sous couvert d’ouverture de comptoirs pour voyageurs et marchands, cette association devient le cheval de Troie d’une colonisation rampante et cachant son nom. Moins de dix ans plus tard, en 1885, le roi obtient la reconnaissance internationale de «l’Etat indépendant du Congo», qui reste sa propriété personnelle et non celle de son royaume.

 

Entre-temps, il a déjà organisé l’exploitation de la colonie, commerce de l’ivoire d’abord, du caoutchouc ensuite et surtout. Ce trafic très lucratif se fait sauvagement : asservissement des populations autochtones, déportations, travail forcé avec prise d’otages des femmes et des enfants pour faire travailler les hommes à la cueillette extrêmement pénible du latex, villages rasés, tortures et mutilations contre les récalcitrants, quand il ne s’agit pas de massacres purs et simples. Outre le fouet en peau d’hippopotame, la «chicotte» - innombrables sont les cas de flagellation à mort -, la torture la plus répandue est la section de la main : le Congo devient le pays des mains coupées. Le roi Léopold II agit d’autant plus impunément qu’il tient en public le discours le plus «humanitaire» qui soit : il se présente en émancipateur et en civilisateur, organisant même des conférences internationales sur le sujet, jusqu’à ce que les premiers témoignages sur la sinistre réalité arrivent à se faire entendre.

 

Parmi ces derniers, les voix de missionnaires, notamment Noirs américains (venus étudier la possibilité de faire retourner certains de leurs compatriotes affranchis dans leur continent d’origine) ; celles de deux écrivains, l’Américain Mark Twain et celle de l’Anglais d’adoption Joseph Conrad, dont le roman Au cœur des ténèbres, une apocalyptique et saisissante description de la ruée coloniale, est directement né de son séjour de six mois au Congo en 1890. Mais le plus acharné des protestataires sera Edmund Dene Morel, agent commissionnaire au port d’Anvers, qui va consacrer sa vie à la lutte contre les nouveaux négriers. Malgré les ingénieuses manœuvres de Léopold II, manipulant la presse et arrosant de pots-de-vin la planète entière, le Congo devient sujet d’un scandale international, le premier peut-être de l’ère du téléphone et de la photographie : et il donne lieu à la première campagne pour les droits de l’homme, au sens moderne de l’expression.

 

Précis et fort documenté, l’ouvrage d’Adam Hochschild retrace toutes les étapes de la tragédie. Le Congo n’a certes pas été le seul pays où la colonisation a pris le tour d’un cauchemar sanglant, et l’auteur fournit à l’occasion des exemples de la cruauté française, allemande, ou même britannique, en Afrique. Mais le colossal bilan en victimes (exécutions, mutilations, épidémies, famine) est la preuve d’un systématisme à cette époque inégalé. L’auteur souligne aussi le mal qu’il a eu pour avoir accès aux archives : peu avant sa mort, Léopold II céda «son» Congo à la Belgique, mais brûla toutes les traces de ses forfaits ; et ce qui a subsisté, est resté classé secret jusqu’au début des années 1980. Ce n’est pas le moindre paradoxe de cette affaire : l’oubli, voire l’amnésie, est aujourd’hui presque aussi totale que le fut en son temps le scandale.