24 juin 2011

Noirs dans les camps nazis

Noirs dans les camps nazis

Un documentaire sur un sujet méconnu : la déportation et l'extermination des Africains et Antillais.

Les nazis réservaient-ils un traitement particulier aux Noirs dans les camps de concentration ?
Serge Bilé : L'horreur était la même pour tout le monde !!! Mais les Noirs étaient considérés comme des sous-hommes ! des "sous-hommes", entre le singe et le juif. C'étaient des bêtes !

27 avril 2011

"ZAMBA ZAMBA" - "KABILA DEGAGE"

"ZAMBA ZAMBA" - "KABILA DEGAGE"

Samedi 23 avril dans les rues de Bruxelles, environs mille personnes originaires de la République Démocratique du Congo et venus de plusieurs villes européennes ont inlassablement dansé, chanté et scandé, sous des rythmes entraînants, des slogans hostiles au président Joseph Kabila, à la dynastie et au gouvernement du royaume de Belgique et aussi à l’ex-Commissaire européen, Louis Michel (MR) …

14 avril 2011

96ème COMMEMORATION DU GENOCIDE DES ARMENIENS

96ème COMMEMORATION DU GENOCIDE DES ARMENIENS

24 avril 1915 24 avril 2011


Dimanche 24 avril 2011

A la mémoire des 1.500.000 Arméniens victimes du génocide

A 10.00 h. : Messe de Pâques suivie d’un Requiem en l’église arménienne à Ixelles, rue Kindermans, 1A

Vers 12 h.: Cérémonie au Mémorial à Ixelles, place Michaux (parcTenbosch)

Le Comité des Arméniens de Belgique

Correspondance : chaussée de Bruxelles, 281-283, 1190 Bruxelles

Fax : 02/3720582 - mahmourian@armencom.be

07 avril 2011

IBUKA-Mémoire et Justice ASBL

IBUKA-Mémoire et Justice ASBL

Communiqué de presse à l'occasion de la 17ème commémoration du génocide des Tutsi commis au Rwanda en 1994

IBUKA, le 7 avril 2011

Cela fait déjà 17 ans qu'au Rwanda, en cent jours seulement, plus d'un million de personnes (hommes, femmes, bébés, enfants, personnes âgées, sans aucune distinction) ont été massacrées sur l'ensemble du territoire national pour la simple raison qu'ils sont Tutsi. Le 7 avril fut ainsi le début du dernier génocide du 20e siècle, planifié et organisé essentiellement sous les ordres du "Hutu Power".

Il est dès lors impératif d'entretenir la flamme de la mémoire pour rappeler à l'Humanité que, malgré les bonnes résolutions et les discours qui ont suivi les génocides des Arméniens et des Juifs, il y eut un autre génocide. Il est primordial, pour éduquer les générations futures au respect de la vie humaine, d'entretenir cette mémoire et d'élaborer les outils adéquats de répression et de prévention contre toute tentative de génocide ou d'acte génocidaire tout en favorisant par tous les moyens la résilience pour les victimes survivantes.

C’est pourquoi IBUKA vous convie aux activités de commémoration du génocide des Tutsi organisée ce jeudi 7 avril 2011 à Bruxelles :

- 19h00 : Marche du Souvenir : De la Place Royale au Palais de Justice.

- 20h30 : Soirée de la Mémoire au Centre Culturel d’Auderghem : 183, Boulevard du Souverain, B-1160 Bruxelles.

- 24h00 : Veillée

IBUKA asbl saisit l’occasion pour rappeler les recommandations d’un colloque qu’elle a organisée le 29 avril 2011 au Parlement européen sur le thème «La justice à l’épreuve du génocide des Tutsi». Organisé en collaboration avec le Collectif Ibuka-Europe et avec le soutien de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe, ce colloque a dressé le bilan de la justice post-génocide au Rwanda, au Tribunal Pénal International sur le Rwanda (TPIR) et en Europe. Des recommandations ont été formulées pour renforcer les acquis et relever de nombreux défis. Elles s’adressent aux autorités du Rwanda, de l’ONU et de tous les pays abritant des génocidaires rwandais présumés.

1. Recommandations en matière de justice nationale et internationale

- Un appel est lancé aux autorités politiques et judicaires en Europe pour que les enquêtes sur les présumés génocidaires rwandais vivant sur leur territoire soient une priorité dans leurs politiques. Une mention d’encouragement a été formulée à l’attention de la Belgique pour qu’elle continue à servir d’exemple en la matière par rapport aux autres pays européens.

- Un appel est lancé à tous les pays qui hébergent les génocidaires présumés pour qu’ils les jugent et contribuent ainsi à la manifestation de la vérité.

- Des efforts doivent se poursuivre pour renforcer la protection des témoins dans des procès relatifs au génocide des Tutsi.

- Les participants recommandent au législateur du Rwanda et de la Belgique de combler le vide juridique en matière de réparation collective.

- Les associations des survivants sont encouragées à apporter leurs contributions aux réflexions en cours sur le cadre juridique de l’après – gacaca au Rwanda

- Les rescapés sont encouragés à poursuivre la collaboration avec la justice nationale et internationale parce que la quête de la justice est lente mais indispensable.

- Dans la perspective de la clôture des travaux du TPIR à Arusha, les participants appellent l’ONU à confier les acquis et le patrimoine du TPIR à une institution rwandaise chargée de la préservation de la mémoire du génocide des Tutsi. Ces archives doivent contribuer à l’éducation de la population pour que plus jamais un génocide ne se reproduise au Rwanda ou ailleurs.

2. Recommandations en matière de réparation et d’indemnisation

- Un appel est lancé à l’attention du législateur rwandais afin qu’il mette en place une loi créant un fonds d’indemnisation en faveur des victimes du génocide des Tutsi.

- Un appel est lancé aux Nations Unies pour mettre en place un fonds de soutien aux survivants du génocide des Tutsi. Celui-ci permettrait de combler les lacunes liées à la non prise en compte de la question des réparations au niveau du TPIR.

3. Recommandations en matière de lutte contre le négationnisme

- Un appel est lancé aux autorités belges pour qu’elles élargissent la loi de 1995 réprimant le négationnisme de la Shoah aux génocides des Tutsi et des Arméniens.

4. Recommandations en matière d’aide juridique, psychologique et matériel des survivants.

- Un appel est lancé aux autorités du Rwanda et aux partenaires au développement pour qu’ils poursuivent et renforcent des programmes d’assistance juridique, psychologique, matérielle et plus particulièrement l’aide aux soins médicaux spécialisés pour les rescapés qui présentent encore des séquelles du génocide. Malgré les 17 ans écoulés et les progrès réalisés, les besoins restent considérables.

Ibuka – Mémoire et Justice ASBL

Rue de la Prévoyance, 58

1000 Bruxelles

E-mail : info@ibuka.net

Contact : 0486/327704

30 mars 2011

Equateur : plainte d'indigènes contre le président Correa pour "génocide"

Equateur

Plainte d'indigènes contre le président Correa pour "génocide"

 

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Romandie, le 30 mars 2011

La principale organisation indigène équatorienne a porté plainte contre le président Rafael Correa pour "génocide", dénonçant la mise en danger de deux peuples sans contact avec la civilisation en raison de l'exploitation pétrolière promue sur leurs territoires, a-t-elle annoncé mardi.

La Confédération des nationalités indigènes d'Equateur (Conaie), rassemblant les principales ethnies indiennes, a annoncé dans un communiqué que la plainte avait été déposée au parquet.

Elle viserait aussi plusieurs ministres et membres de l'exécutif, accusés de promouvoir l'exploitation pétrolière sur les territoires des Tagaeri et des Taromenane.

"En raison de la fragilité culturelle de ces peuples et de leur dépendance absolue vis-à-vis des écosystèmes de leurs territoires ancestraux, tout impact significatif sur leur milieu entraîne des problèmes en chaîne les rendant vulnérables", indique la Conaie.

"Cette situation les mène vers un processus de disparition culturelle, physique, qui relève du crime d'éthnocide ou de génocide", indique encore la Conaie en évoquant les tribus vivant dans l'Amazonie, non loin de la frontière péruvienne (sud).

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Celles-ci "souffrent de grands problèmes en raison de l'activité pétrolière dans leurs territoires ancestraux", poursuit le communiqué.

Selon une porte-parole de la Conaie, Janeth Cuji, la plainte ne pourra avoir d'effet dans l'immédiat sur le président Rafael Correa, jouissant d'une immunité pénale liée à ses fonctions. La procédure pourrait cependant avancer, et d'ici là "il se peut bien qu'il ne soit plus président", a-t-elle déclaré.

Aucune estimation fiable n'existe sur le nombre d'indigènes des ethnies taromenane et tagaeri, mais les experts assurent qu'ils sont menacés par un trafic illégal de bois de cèdre et les activités pétrolières.

Rafael Correa et la Conaie entretiennent des rapports tendus autour notamment d'un projet de législation minière qui porterait atteinte selon la Conaie à l'accès des indiens à l'eau.

La Conaie s'inscrit dans l'opposition au président socialiste, qu'elle accuse de mener, en sous-main, un programme néolibéral.

Les indiens représenteraient selon leurs dirigeants 35% de la population équatorienne (14,2 millions de personnes).

La communauté indienne a déjà provoqué la chute de deux de ses prédécesseurs, Abdala Bucaram en 1997 et Jamil Mahuad en 2000.

Le génocide des liens

Le génocide des liens

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Francis MARTENS*, le 24 août 2006

N'est-ce pas cher payer, que de ne pouvoir défendre Israël qu'au prix du démantèlement de l'identité juive, de la perte de ses valeurs humanistes et de l'instrumentalisation de l'antisémitisme ?

Première scène. Bruxelles. En 1999, au nouvel an berbère, à l'occasion des Grandes Nuits du Ramadan, sous les cintres d'un théâtre flamand, se produisait -guitare en fête- Lili Boniche. Né 78 ans plus tôt, de parents juifs issus de petite Kabylie, le petit Elie avait grandi dans la débrouille de la basse casbah d'Alger. Depuis lors, il n'avait cessé de chanter, mélangeant souvent, couplet après couplet, paroles en français et dialecte arabo-algérois. Dès l'âge de quinze ans, bien formé à la pratique de l'oud et d'une très ancienne musique, Lili était déjà vedette de la jeune radio algéroise. Ce soir-là au Beursschouwburg, après tant de péripéties, il était accompagné par Maurice el Médioni qui enfilait sur des touches blanches et noires les perles de la musique andalouse.

Il y a bien longtemps, au XVe siècle, les musiciens arabo-andalous n'avaient pas attendu la chute du royaume de Grenade pour se réfugier en Afrique du Nord. Gardien d'un classicisme nostalgique, leur art s'était transmis par la parole et par l'oreille, de maître à élève, au risque de se perdre et quelquefois de se figer. Mais cette nuit-là, dans ce théâtre flamand, par la grâce du décalage -judéo-franco-algérois- c'était pure jubilation! Dans un miracle tenant de l'évidence, au rythme d'une musique réinventée par un Juif maghrébin, une improbable cohorte de Flamands, Wallons, Turcs, Marocains, Bruxellois de souche, Arabes et Juifs de toutes origines, s'était mise à danser au pied de la scène du vieux théâtre.

En sortant, j'avais réalisé pour la première fois la perte causée par l'exode des Juifs des pays de culture arabe. Depuis lors, en feuilletant les bédés de Sfar, j'éprouve une tendresse particulière pour «le chat du rabbin» (qui ne parle plus mais n'en pense pas moins). Evoquant cette danse avec un ami kabyle, au coeur du Djurdjura, il me répond: «Mais tu sais, sur les vingt-quatre noubas (thèmes principaux) de la musique arabo-andalouse, douze se sont perdues... et les douze autres nous ont été transmises par les musiciens juifs.»

Deuxième scène. Berlin. Trois ans plus tard, au coeur du musée juif, dans la poignante architecture de Libeskind, je me rends compte soudain de la multitude d'artistes allemands du petit peuple (jongleurs, acrobates, musiciens de variétés, chanteuses de cabaret, illusionnistes...) engloutie dans le génocide. La créativité ne s'écrit pas qu'avec majuscule. Je me souviens alors des Comedian Harmonists. Fondé en 1927 par Harry Frommermann, au début des «années radio», ce groupe de six hommes incarna la quintessence de la musique de variétés allemande, jusqu'à sa dissolution par les nazis en 1935. Outre Frommermann, le sextet comportait deux autres Juifs, c'est-à-dire trois de trop. En 1930, «Veronika, der Lenz ist da» fut un véritable tube débordant des frontières de l'Allemagne. Leur interprétation berlinoise des «Gars de la marine» devait servir de calque au style des Compagnons de la Chanson. Cette façon de faire vivre la culture populaire en la décalant et en la réinterprétant, de donner saveur nouvelle à la cuisine locale, d'épouser la musique tzigane pour lui donner des enfants klezmer... est typique de la culture juive. Pollinisant les cultures dans l'entre-deux des exils, elle se garde pourtant des mélanges qui la feraient s'étioler. Le vieux fond nomade -bien antérieur à la diaspora- scelle une identité qui résiste aux longues traversées. Les rencontres qu'il permet vaccinent contre les paresses de la pensée.

Dans le mythe de la tour de Babel, le penseur israélien Yeshayahou Leibovitz (un sioniste religieux aux accents prophétiques) voit une allégorie dénonçant un totalitarisme susceptible d'écraser la pluralité des langues. Dans l'histoire en question, Dieu vient arranger les choses. Qu'en est-il aujourd'hui?

Troisième scène. Bar Mitzvah. Souvent frêle encore à treize ans, le garçon qui reçoit en ses bras les rouleaux de la Torah, hérite d'un message qui n'a rien de léger. Diffracté en d'innombrables règles, le sens peut néanmoins s'en résumer d'un trait. Sommé par un jeune impertinent d'en donner l'essentiel pendant le temps qu'on est capable de rester à cloche-pied, Hillel (un des grands sages du judaïsme, né à Babylone vers l'an 75 de l'ère ancienne) n'éprouva aucune difficulté: «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse. Voilà le tout de la Loi. Le reste n'est que commentaire» (Talmud de Babylone, Shabbat, 31a). C'est dans ce sillage que s'inscrit le devoir de mémoire dont hérite aussi, ce jour-là, le jeune garçon. Non point tant: «Souviens-toi que tu as été victime», mais bien plutôt: «Tâche d'en tirer des leçons d'humanité.»

Dans le rituel pascal, le récit de sortie d'Egypte rappelle la précarité des parcours. Il invite chacun à ne pas oublier son propre statut d'étranger. C'est dans cette foulée que chemine la haute silhouette du professeur Leibovitz quand il s'écrie: «Seigneur, libère-nous des territoires occupés!» Pour lui, ce serait cela aujourd'hui «Sortir d'Egypte». Ethiquement, le passé n'a de sens que tissé aux mailles du présent. L'intérêt des dires qui soutiennent l'identité, c'est qu'après avoir balisé le quotidien ils débouchent sur l'universel : «L'étranger qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l'aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers au pays d'Egypte. Je suis YHWH votre Dieu» (Lévitique, 19, 34). A ce degré d'exigence, peu importe ce que chacun voudra mettre sous le nom de «Dieu».

S'il est malchanceux, il est possible que les pas du jeune garçon croisent ceux d'un maître prêt à lui expliquer comment la Torah interdit non pas l'«homicide» (lo ta'arog) mais le «meurtre» (lo tirtzakh). Il y a tant d'excellentes raisons de tuer! Sous une meilleure étoile, il rencontrera plutôt rabbi Nachman (1772-1810), toujours soucieux de rappeler qu'«il est interdit d'interdire d'espérer!». Il ajoutera peut-être qu'au temps des origines, l'alimentation carnée n'était déjà qu'une concession. En effet, «tuer» -même un animal- ne va pas de soi, pour la bonne raison que le sang équivaut à la vie, et que la vie appartient à Dieu. D'où l'interdit général du sang. Les temps messianiques d'ailleurs, tout comme l'Eden, sont végétariens: «Le lion mange de la paille comme le boeuf», «le chevreau dort côte à côte avec la panthère» (Isaïe, 11, 6-7)... même si rabbi Allen concède à Woody que «le chevreau ne dormira que d'un oeil».

Quatrième scène. Sionisme. Ce sont les grands pogroms de Russie, à la fin du XIXe siècle, qui précipitent le désir d'un Etat sûr pour les Juifs. Dans l'élan sioniste, tout l'éventail des tendances politiques et religieuses juives se voit impliqué, sur fond du dépeçage des restes de l'empire ottoman par la Grande-Bretagne et la France. Le génocide rend le mouvement irréversible. Puissance mandataire, la Grande-Bretagne souffle longtemps le chaud et le froid. L'approbation du partage de la Palestine par l'Onu en 1947, suivie de sa confirmation des frontières de 1967, donne à Israël sa pleine légitimité.

Malheureusement pour le jeune Etat, sa création sous la houlette des puissances européennes fait identifier le flux migratoire sioniste à une résurgence du fait colonial -ceci à une époque où s'amorce un processus mondial de décolonisation.

Les populations juives quant à elles fuient un univers où la démocratie, le respect des différences, n'était pas vraiment à l'ordre du jour. Pour beaucoup d'immigrants, il est par ailleurs difficile de faire la différence entre Eretz Israël (un territoire mythique branché sans solution de continuité sur les récits bibliques et quelques avatars de l'histoire romaine) et la réalité géopolitique d'un jeune Etat, protégé par le droit international mais exposé à la colère de ceux que son émergence a spoliés. Rêvant de démocratie sans se doter d'une constitution, progressivement asservi à la logique des militaires et aux fantasmes des «religieux», prisonnier des enjeux de la guerre froide comme de ceux de l'antiterrorisme, Israël finira par ne plus croire qu'à la force. Abusé par les succès du fait accompli sous l'égide du «deux poids deux mesures», confondant dans la foulée l'étoile de David avec celles de la «bannière étoilée», il sera amené à galvauder de plus en plus systématiquement ses occasions de paix.

Cinquième scène. Le génocide des liens. Il semble paradoxal qu'un Etat qui doit tant pour son existence au droit international, méprise à ce point les institutions qui en sont les gardiennes, à commencer par l'Onu. Il apparaît étrange que la diaspora soutienne Israël d'autant plus aveuglément qu'il s'engage dans l'autodestruction. Du moins aujourd'hui, car ce ne fut pas toujours le cas. Ainsi, les premiers crimes de guerre d'Ariel Sharon 1957) suscitèrent-ils un vif tollé au sein de la communauté juive américaine. De nos jours, par contre, tout se passe comme si la rhétorique guerrière des Etats-Unis (instrumentalisation idéologique du terrorisme), conjuguée aux effets post-traumatiques du génocide (cicatrices transgénérationnelles régies par la seule émotion), ne laissait que peu de place à la pensée. Il n'est jusqu'aux commémorations -supposées garder la mémoire- pour brouiller les repères. A un point tel qu'en 1995, les chefs d'Etat européens, réunis à Auschwitz, laissent exterminer Srebrenica au moment même où ils célèbrent, en grande pompe, la libération des camps. Pour être vidée de son sens, cette cérémonie n'en est pas moins riche d'enseignement.

Mais il y a plus profond qu'un tel détournement. Pour ceux qui ont échappé à l'extermination (les survivants par rapport aux morts, les rescapés par rapport aux déportés), tout se passe comme si le nombre incalculable des «six millions» ne cessait de faire écran. Comme si le décompte de l'horreur pouvait dissimuler la profondeur de la blessure. Heureux sans doute, ceux qui ont pu passer par la maille du filet. Mais dans quel monde débouchent-ils, sinon dans celui du génocide des liens? Là où font défaut tout à coup les réalités les plus ordinaires et les plus essentielles: celles qui permettent de confier sa peine, apprivoiser sa perte, sortir peu à peu de la sidération. Une famille, des amis, une langue partagée, une communauté, un cimetière, quelques rituels dans la proximité quotidienne de la vie... Face à ce vide, on n'arrive parfois qu'à se murer. Ce n'est qu'après-coup -dans sa propre existence ou celle de ses enfants- que se rouvre parfois avec rage et douleur le livre de l'abomination. Dans celui-ci, l'épisode de la trahison par les voisins n'est pas le moindre. Il est difficile alors d'échapper à la confusion, et de ne pas prendre un jour Yasser Arafat pour Hitler, et Yitzhak Rabin pour un nazi.

Sixième scène. Une terre sans peuple. Peu à peu, l'horreur du vide s'exorcise au fil de ce qu'on a pu retrouver: le retour à la religion avec ce qu'il offre de bien-être identitaire et communautaire, l'antisémitisme comme un vieux vêtement qu'on déteste mais où l'on retrouve ses marques, et bien sûr Israël -l'«Etat hébreu»-, là où confluent mythe des origines et promesse d'un sûr ancrage. Pour la diaspora, ce que représente l'Etat Israël est sans commune mesure avec sa réalité. Comment ne serait-elle pas prisonnière elle aussi du déni sur lequel repose sa fondation? Mais la loi du silence étrangle l'avenir, et elle ne peut se rompre de l'extérieur. C'est pour cette raison que la diaspora, malgré tout, reste bien placée pour aider Israël à traverser la violence de ses origines. Car c'est là et nulle part ailleurs, dès l'achat de terres vidées de leurs habitants, que furent plantées les graines du Hamas et du Hezbollah. C'est là, dans le temps suspendu du déni et de la diabolisation de l'adversaire, qu'elles ne cessent de croître. Peu importe, à ce niveau, qu'elles aient été plus tard arrosées par d'autres.

Le vieux slogan sioniste «Une terre sans peuple pour un peuple sans terre» repose sur la négation même de l'autre. Il ne cesse de se conjuguer en d'innombrables variations, verrouillant chaque fois un peu plus la rage et le désespoir. Comment supporter une loi qui invite certains à «revenir» en un lieu où ils n'ont jamais été (sinon symboliquement), tout en interdisant le retour à ceux qui en ont été chassés? Dans ce contexte, s'il a résisté au désespoir, quelle autre issue que la haine pour un habitant de Gaza, spolié, humilié, maltraité, sans recours aucun, ni à une armée, ni au droit? Une telle remarque, j'en suis conscient, déclenche le plus souvent une riposte du style: «Vous justifiez le terrorisme!», ou «C'est encore la faute aux Juifs!». Cette réaction d'autodéfense protège l'interlocuteur du risque de penser. De cette façon, ce que représente Israël ne sera jamais entamé par ce que fait Israël. N'est-ce pas cependant cher payer, que de ne pouvoir défendre «l'Etat juif» qu'au prix du démantèlement de l'identité juive?

Il est douloureux certes d'avoir à faire le deuil des images qui ont redonné sens à la vie. En l'occurrence, ce deuil est d'autant plus difficile que les idéaux de l'épopée sioniste étaient loin d'être méprisables. Il s'est agi d'un véritable mouvement de libération. Mais le devoir de mémoire, dans l'éthique juive, porte précisément sur le fait que l'opprimé peut devenir oppresseur à son tour. Pratiquement, il n'est pas difficile de rencontrer la radicalité des faits. Il suffit d'un ticket pour Ramallah, Qualquilya, Kan Younès, et de feuilleter aux check-points un ouvrage de Benny Morris (un historien pas vraiment de gauche), ainsi que le «journal d'un combat pour la paix» de David Shulman (Ta'ayush), enrichi de quelques pages d'Amira Hass ou de Gideon Lévy (glanées dans les colonnes du Ha'Aretz mais aisément accessibles en français).

Septième scène. Europe. Cassé il y a peu, l'arrêt de la cour d'appel de Versailles, qui condamnait Edgar Morin et ses cosignataires pour «diffamation raciale», portait à son comble la perte des références et l'instrumentalisation de l'antisémitisme. Car Morin, s'il apostrophe Israël (dans un article du «Monde»), le fait surtout en tant que juif, et parce qu'en regard des valeurs juives il est des dérives qu'on peut comprendre sans pour autant les admettre. Ces dérives minent aujourd'hui la société israélienne de l'intérieur et font de ce pays le plus grand producteur mondial de haine contre les Juifs. Déplorer ces errances plutôt que les contenir, privilégier l'Etat d'Israël sans faire respecter les clauses des contrats, budgétiser la réparation de dégâts qu'on ne fera rien pour empêcher (Ramallah, Gaza, Beyrouth), c'est contribuer au naufrage du pays qu'on a contribué à créer. C'est pratiquer un antisémitisme de fait. Or, voilà l'attitude de l'Union européenne. Notons que le mot «attitude» ne surgit pas par hasard. Il semble qu'on évolue ici en deçà de toute ligne politique, dans un registre où l'absurdité des conduites ne peut s'éclairer que par le désordre des consciences. Car si l'Etat d'Israël se refuse à reconnaître la violence continuée de sa fondation, les pays européens n'ont jamais fait qu'effleurer celle de leur propre collaboration à la solution finale. Ainsi, au fil de la mauvaise conscience, le génocide ne cesse-t-il de se poursuivre par d'autres voies, ruinant les liens avec l'autre comme avec soi-même.

Rien de plus menacé pour l'heure que le fragile entre-deux où se trame la culture juive. Rien de plus destructeur pour Israël que ses propres capacités de destruction. Il n'est pire abandon pour les Israéliens que le feu vert donné par l'Europe à leur dérive. Il n'est pire destin pour l'«Etat juif» que son instrumentalisation par les Etats-Unis. A ce jour, en Palestine étranglée, en Liban dévasté, en diaspora aveuglée, c'est la conscience juive qui s'anéantit sous nos yeux.

* Psychologue et anthropologue de formation, Francis Martens a publié divers papiers concernant l'anthropologie du judaïsme ainsi que celle du racisme et de l'antisémitisme. Il s'est notamment attaché à l'étude de la kashrout (règles religieuses normatives en matière d'alimentation), et à celle des fondements universels de la xénophobie et de la figure du bouc émissaire. Il a participé à ce titre au volume d'hommage à Léon Poliakov: «Le racisme: mythes et sciences» (éditions Complexe). Il s'est associé activement, il y a quelques années, à l'Appel à la vigilance lancé par quelques intellectuels français, et qui visait à mettre en garde contre la banalisation des propos négationnistes.

01 novembre 2010

Tous contre Gayssot !

Tous contre Gayssot !

 

Ça y est ! Le fondateur de Reporters sans frontières Robert Ménard, l’écrivain et réalisateur du film Podium Yann Moix, l’universitaire et essayiste Jean Bricmont, l’ancien président de la Bibliothèque de France Dominique Jamet et l’humoriste Dieudonné viennent de signer, avec mille autres personnes, connues ou inconnues – et de toutes tendances politiques et confessionnelles -, une pétition réclamant l’abrogation de la loi Gayssot et la libération du révisionniste Vincent Reynouard, condamné à un an de prison ferme pour une brochure illégale de 16 pages et croupissant, de ce fait, depuis juillet dernier, à la maison d’arrêt de Valenciennes. 

 
Rappelons-nous que l’intellectuel américain Noam Chomsky avait soutenu ce projet dès le 5 septembre, en déclarant qu’il considérait «la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d’une société libre, tels qu’ils ont été compris depuis les Lumières». Cette loi, publiée paradoxalement au JO le 14 juillet 1990, interdit en effet de «contester (…) l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international [dit de Nuremberg] annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945» - alors qu’il est loisible à chacun de dire ce qu’il veut des événements de Bosnie dans les années 1990, du Rwanda en 1994 ou de l’Arménie en 1915... - et condamne les contrevenants à des sanctions financières exorbitantes et à de la prison ferme.
 
Comme indiqué dans la pétition, il ne s’agit pas, pour les signataires, «de soutenir les idées de Vincent Reynouard mais de défendre son droit à les exprimer et, ce faisant, de défendre un des principes fondamentaux de la République française.»
 
 L’un des signataires, le cinéaste et écrivain Yann Moix, Prix Goncourt du Premier Roman en 1996, a tenu à aller plus loin en écrivant un article sur le site de La Règle du jeu (la revue de Bernard-Henri Lévy), intitulé "Pourquoi je suis contre la loi Gayssot" : http://laregledujeu.org/2010/10/28/3167/contre-la-loi-gay...
  
Il y expose «huit bonnes raisons d’abroger une loi qui, punissant les révisionnistes, nous empêche, écrit-il, de les combattre». Ces huit raisons, les voici selon lui :
 
«La première raison, c’est que les révisionnistes sont mes ennemis. Et que, par conséquent, si leurs travaux, si leur idéologie (je pense que c’en est une, et des plus dangereuses) ne parvient pas à percer au grand jour, je n’aurai personne en face de moi. Aucun visage, aucun texte à combattre. Je me battrai contre des hommes invisibles, des adversaires que la loi Gayssot m’empêche de considérer comme des adversaires puisqu’elle fait tout pour empêcher leur existence. (…)
 
«La deuxième raison, c’est que vouloir juridiquement anéantir une réalité, une idéologie ou un courant de pensée n’anéantit pas cette réalité. Décidons, dès demain matin, que le cancer est passible de poursuites pénales : les tumeurs et les métastases s’arrêteraient-elles pour autant ? (…)
 
«La troisième raison est encore plus logique, plus évidente. C’est qu’elle affaiblit les opposants au révisionnisme. Moi, je pense, de toutes mes forces, que les révisionnistes et les négationnistes (nous n’allons pas entrer ici dans les coulisses de ce qui les sépare) se trompent. Se fourvoient. Se trompent gravement, et se fourvoient violemment. C’est ma conviction, intime. Mais si je demande aux tribunaux d’appuyer cette conviction, si je demande l’assistance d’une juridiction aussi solennelle, aussi forte, aussi puissante que celle du tribunal, j’affaiblis cette conviction. Je fais l’aveu de sa fragilité. (…)
 
«D’où la quatrième raison : il y a des historiens, en France, qui sont parmi les meilleurs du monde. Il y a des instituts de recherche sur la Shoah, et des scientifiques hors pair en qui j’ai (certains furent mes professeurs à l’Institut d’études politiques de Paris) une confiance sans borne. Leur travail, en partie, consiste à réprimer par des arguments historiques, scientifiques, ce que la loi a choisi de réprimer, automatiquement, par des arguments juridiques, pénaux. Ce qui revient à éviter une confrontation, un affrontement, très utile à mon avis, très fructueux, entre des grands et vrais historiens et des historiens qui s’égarent, des historiens qui n’en sont pas. Mais encore faut-il avoir la possibilité, autrement que par sanction d’un juge, de démontrer ce que leurs raisonnements ont de spécieux, leurs méthodes de fallacieuse. (…)
 
«La sixième raison qui me fait demander l’abrogation de cette loi naïve et inefficace (loi qui croit que masquer la réalité c’est l’éradiquer, qu’empêcher sa visibilité c’est la combattre) tient à la bêtise de l’immense majorité des négationnistes et des révisionnistes eux-mêmes. Il suffirait de faire venir une fois chacun des révisionnistes à la télé pour qu’ils se détruisent tout seuls (…)
 
«Ce qui me mène à la septième raison : leur cantonnement obligé à l’ombre et aux coulisses leur confère une aura mystérieuse, diabolique (parce que diabolisée) qui les rend attractifs pour un public mal dans sa peau, égaré, haineux, suicidaire, provocateur, fragile ou peu cultivé. La loi Gayssot, autrement dit, les décore perpétuellement d’une médaille de l’infréquentabilité, les pare d’un habit de soufre qui fabrique de la tentation, de l’attraction, du désir. On s’y intéresserait de fait beaucoup moins si, plutôt que de vouloir percer leurs ténèbres, on laissait éclater au grand jour leur insondable médiocrité.
 
«Seuls sont «sérieux», ou plutôt «font» sérieux, dans leur délire révisionniste, Robert Faurisson et Serge Thion. Rajoutons Henri Roques et Pierre Marais. Cela fait beaucoup. C’est peu, mais c’est beaucoup. Et la huitième raison est donc que ce sont ceux-là, les coriaces et les vrais, les révisionnistes «intelligents» qu’il faut désigner d’abord pour mieux les combattre ; car la loi Gayssot a cet autre tort, à mes yeux, de mettre sur un même plan, sur un plan de stricte égalité, les révisionnistes médiocres et les révisionnistes brillants, les révisionnistes caricaturaux et les révisionnistes subtils, les révisionnistes évidemment aberrants et les révisionnistes plus vicieux, plus malins, plus roués, plus méticuleux, plus intelligents.»
 
Que l’on soit d’accord ou non ou avec toutes les raisons qu’expose Yann Moix, il faut reconnaître qu’il s’inscrit dans l’esprit de Robert Badinter, ancien président du Conseil Constitutionnel, qui, tout en affichant un mépris souverain pour les révisionnistes, a déclaré à l’antenne de France Info, le 14 octobre dernier : «Ma position est très claire, très claire : le Parlement n’a pas à dire l’histoire. Le Parlement fait l’histoire, il n’a pas à la dire, il n’a pas à la fixer. Les lois mémorielles, que j’appelle d’ailleurs des lois compassionnelles, qui sont faites pour panser des blessures, apaiser des douleurs – et je comprends ça parfaitement – mais elles n’ont pas leur place dans l’arsenal législatif. La loi est une norme. La loi a pour fonction de réglementer une société, de prévoir son avenir. Elle n’a pas à prendre parti dans une querelle historique ou tout simplement à affirmer un fait historique même indiscutable. J’ajoute, il faut bien le prendre en compte : la Constitution ne le permet pas. Je le dis clairement, elle ne le permet pas ! La loi en France n’est pas comme en Angleterre, le Parlement ne peut pas tout dire. Le Parlement a une compétence d’attribution, et rien ne permet, au regard de la Constitution, au législateur de s’ériger en tribunal de l’histoire. Rien. Par conséquent je comprends très bien les passions et le désir des élus de panser les blessures et de faire des lois compassionnelles : ça n’est pas la finalité du Parlement et constitutionnellement, c’est hors de la compétence du Parlement.»
 
La pétition pour l’abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard, lancée à mon initiative le 6 août dernier et clôturée le 25 octobre, a été envoyée, avec la liste complète de ses signataires, à l’Élysée, à Matignon, au Conseil constitutionnel, au ministère de la Culture, à l’Assemblée nationale ainsi qu’à tous les grands organes de presse. On trouvera la liste complète des pétitionnaires à cette adresse : http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com/.
 
Cette pétition devrait faire du bruit...
 
Et pourtant : les grands médias vont-ils en parler ?
Paul-Éric Blanrue

14 août 2010

PÉTITION POUR L'ABROGATION DE LA LOI GAYSSOT ET LA LIBÉRATION DE VINCENT REYNOUARD

PÉTITION POUR L'ABROGATION DE LA LOI GAYSSOT ET LA LIBÉRATION DE VINCENT REYNOUARD

La loi Gayssot, votée en juillet 1990, interdit, dans son article 24bis, le fait de «contester (…) l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international [dit de Nuremberg] annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945.»

Aujourd'hui, vingt ans plus tard, cette loi permet à la justice française de mettre en prison le Français Vincent Reynouard, père de huit enfants, pour avoir écrit une brochure de 16 pages intitulée «Holocauste? Ce que l'on vous cache...», dans laquelle il conteste l’existence des chambres à gaz dans les camps de concentration nazis. C'est en vertu d'une condamnation en 2007 par le tribunal de Saverne (Bas-Rhin) à un an de prison ferme, confirmée l'année suivante par la cour d’appel de Colmar — qui lui inflige aussi une amende et des dommages-intérêts pour un total de 60.000 euros — que M. Reynouard est enfermé à la prison de Forest, en Belgique. Il est en effet depuis le 9 juillet 2010 sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par la France.

Les positions politiques de M. Reynouard, qui se déclare national-socialiste, qui défend une forme de racisme et une version radicale du catholicisme traditionnel, ne font que poser de façon plus claire la question de la liberté d'expression au niveau de ses principes.

Un des acquis de la Révolution française est précisément cette liberté d'expression. Si celle-ci est limitée en cas d'injures, de diffamation, de pornographie, d'atteinte à la sécurité de l'État ou à ses symboles, d'incitations à des actions illégales immédiates ou de fausses alertes, elle ne l'a jamais été, en France républicaine, pour des opinions scientifiques, historiques, philosophiques ou religieuses, quelles qu'elles fussent. On peut légalement penser et dire ce que l'on veut des régimes de Staline, de Mao, de Pol Pot, de Mussolini et même d'Hitler, mais à condition d'éviter de parler de ce qui tombe spécifiquement sous le coup de la loi Gayssot. La même liberté légale existe pour ce qui concerne les événements de Bosnie dans les années 1990, du Rwanda en 1994 ou de l'Arménie en 1915 et, bien sûr, pour toutes les guerres et horreurs présentes ou passées, en dehors de ce qui a été jugé à Nuremberg.

C'est pourquoi cette loi est une aberration absolue par rapport aux principes de notre droit. Nous considérons que la loi n’a pas à intervenir dans la définition de la vérité historique ; dans un État libre, cette fonction est celle des historiens. Il importe, selon la formule de John Stuart Mill, de laisser la vérité et l’erreur s’affronter à armes égales, sans qu’une loi menace de jeter en prison l’une des parties.

Les signataires de cette pétition réclament par conséquent l’abrogation la plus rapide possible de la loi Gayssot et, à titre provisoire, sa non-application, ainsi que la libération de M. Reynouard.

Il ne s’agit pas, pour les signataires de cette pétition, de soutenir les idées de Vincent Reynouard mais de défendre son droit à les exprimer et, ce faisant, de défendre un des principes fondamentaux de la République française.

Pétition lancée à l’initiative de Paul-Éric Blanrue, le 6 août 2010.

Pour signer cette pétition, merci d'indiquer vos nom et prénom, ainsi que votre ville (et votre profession si vous le désirez) à cette adresse : eugenie.blanrue@laposte.net

15 janvier 2010

A partir de quand est-ce un génocide ?

A partir de quand est-ce un génocide ?

Par Nadia Hijab,

De plus en plus de personnes ont commencé à employer le terme de génocide pour décrire ce que Israël fait à Gaza

Lors d’une visite à Ramallah il y a un an, alors que le bombardement de Gaza était en cours, j’ai évoqué mes craintes avec un ami proche, Palestinien.

«Je sais que cela peut paraître dément, mais je pense que l’objectif réel des Israéliens est de les faire tous mourir.»

Mon ami me dit de pas exagérer ; l’assaut était horrible, mais ce n’était pas un meurtre de masse.

Je lui ai dit que ce n’était pas là le problème : il s’agissait d’une population déjà très vulnérable à la maladie, dans un mauvais état sanitaire, souffrant de malnutrition après des années de siège, avec des infrastructures pourries, de l’eau et de la nourriture contaminées. La guerre menée par Israël allait à coup sûr faire passer les gens de l’autre côté de la limite, particulièrement si le siège se poursuivait – et tel a été le cas.

En d’autres termes, Israël ne va pas tuer directement des dizaines de milliers de Palestiniens, mais il va créer les conditions pour que des dizaines de milliers d’entre eux meurent. La première épidémie qui passera achèvera le travail. Mon ami resta silencieux, mais continua à hocher la tête en signe d’incrédulité.

Depuis l’an dernier, deux choses ont changé : de plus en plus de gens ont commencé à appliquer la terme «génocide» à ce que fait Israël à Gaza. Et il n’y a pas qu’Israël qui soit directement accusé, mais également, de plus en plus, l’Egypte.

Est-ce un génocide ? La «Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide», un document clair et concis adopté par l’Assemblée générale dans sa résolution 260 A (III) du 9 décembre 1948, déclare que le génocide est l’une quelconque de cinq actions commises «dans l’intention de détruire, en totalité ou en partie, un groupe national, ethnique, racial, ou religieux.»

Trois de ces actions s’appliquent à Gaza :

(a) Tuer des membres du groupe ;

(b) Causer des maux corporels ou mentaux graves aux membres du groupe ;

(c) Infliger délibérément au groupe des conditions de vie calculée pour provoquer sa destruction physique, en totalité ou en partie.

Les juristes universitaires discutent de la façon d’interpréter les articles de la Convention, et il s’est avéré difficile, au cours des années, de définir certains crimes comme des génocides, et plus difficile encore de les empêcher et d’y mettre un terme. En s’inspirant du précédent de la Bosniele seul traitement légal indiscutable du génocide à ce jouril serait nécessaire d’établir une intention délibérée pour qu’une accusation de génocide lancée contre Israël soit acceptée par un tribunal.

La direction israélienne n’a bien entendu jamais publiée une telle déclaration d’intention. Cependant, beaucoup de déclarations d’officiels israéliens vont dans ce sens :

Mettre les Palestiniens de Gaza «au régime»

Les exposer à «une plus grande shoah

Publier des directives religieuses exhortant les soldats à ne faire preuve d’aucune pitié

De telles déclarations correspondent à au moins trois des «8 stages du génocide» identifiées par Gregory Stanton

Il y a ensuite la destruction délibérée et l’interdiction d’approvisionnements et de moyens de subsistance, pratiquée par Israël sur terre et sur mer.

Déjà, le rapport Goldstone a déclaré que priver les Palestiniens de leurs moyens de subsistance, de leurs emplois, de leurs logements, de leur eau potable, de leur liberté de mouvements et de tout accès à une juridiction quelconque, que cela pouvait être qualifié de persécution.

Depuis l’attaque de décembre-janvier, il y a eu beaucoup de rapports incontestables établis par des organisations de droits de l’homme, ainsi que de respect de l’environnement, relatifs à l’impact de la guerre et de la poursuite du siège sur les personnes, les sols, l’air, et l’eau, et qui montrent une augmentation du nombre de cancers, de malformations à la naissance, et de morts non inévitables. Le nombre de morts de la grippe porcine à Gaza a atteint 9 en décembre et 13 une semaine plus tard.

La huitième étape d’un génocide : le refus des auteurs de reconnaître le moindre crime

Ironiquement, on peut rappeler que Stanton a dirigé l’Association Internationale des Universitaires Spécialisés sur les Génocides, au cours du conflit, qui, malgré quelques protestations, a terminé l’étude des actes d’Israël par, entre autres, une déclaration selon laquelle les politiques suivies par Israël étaient «trop gravement proches» d’un génocide pour être ignorées, et qui appelait à briser le silence.

«Gravement proches»

«le génocide ne signifie pas nécessairement la destruction immédiate d’une nation... Il correspond plutôt un plan coordonné comportant différentes actions visant la destruction des fondements essentiels de la vie de groupes nationaux, dans le but de parvenir à l’annihilation de ces groupes eux-mêmes. Les objectifs d’un tel plan seraient la désintégration des institutions politiques et sociales, de la culture, de la langue, des sentiments nationaux, de la religion, et de l’existence économique de groupes nationaux, ainsi que la destruction de la sécurité personnelle, de la liberté, de la santé, de la dignité, et même de la vie des individus appartenant à de tels groupes.»

Il est difficile d’imaginer une meilleure description de ce qui se passe à Gaza

Tous les pays membres des Nations Unies ont le devoir d’empêcher les actes de génocide, et au moins de s’y opposer

. Ce qu’il faut est qu’il y ait un pays assez courageux pour prendre la tête d’une telle action avant qu’il soit trop tard.
.
est bien le mot approprié. Voici ce que Raphael Lemkin, universitaire et juriste d’origine juive et polonaise, écrivait en 1943 :
, président de Genocide Watch, en 1990, à la suite du génocide au Rwanda : classification, déshumanisation, et polarisation.
- le rabbinat israélien au cours du conflit actuel.
(holocauste)» - Matan, ancien ministre adjoint de la défense, en 2008.
- Dov Weissglass, adjoint principal d’Ariel Sharon, en 2006.
. Israël ne va pas tuer directement des dizaines de milliers de Palestiniens, mais il va créer les conditions conduisant à la mort de dizaines de milliers d’entre eux. N’importe quelle épidémie finira le travail.Investig’ Action, le 12 Janvier 2010

08 mars 2009

UPJB : Thérèse Liebman

UPJB

 

Thérèse Liebman  

Lors du débat sur la Palestine occupée      organisé par la locale Ecolo de Saint-Josse, Thérèse Liebman, représentante de l'Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB), évoqua la question du génocide des arméniens :

«En Belgique nous ne reconnaissons pas ce génocide pour des raisons électorales parce que, notamment à Bruxelles, il y a beaucoup de turcs qui peuvent soutenir le parti socialiste »

27 février 2009

Génocide rwandais

Génocide rwandais

Le TPIR condamne un prêtre catholique à 25 ans de prison

 

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MSN Actualités, le 27 février 2009

 

L'abbé Emmanuel Rukundo, arrêté à Genève en 2001, a été condamné vendredi à 25 ans de prison par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé à Arusha, en Tanzanie. Il a été reconnu coupable de génocide, assassinats et extermination.

 

"Les actes de Rukundo faisaient bel et bien partie du génocide. Lorsqu'il commettait ces crimes, il avait l'intention de détruire en tout ou en partie le groupe ethnique tutsi", a déclaré le juge Joseph Asoka de Silva au terme de la lecture du résumé du jugement du tribunal basé à Arusha, en Tanzanie.

 

Selon le jugement, le prêtre, âgé de 50 ans, a participé en avril 1994 en collaboration avec des militaires et des Interahamwe (miliciens extrémistes hutu), à l'enlèvement de Tutsi qui avaient cherché refuge au Petit séminaire Saint Léon à Gitarama (centre du Rwanda). Plusieurs de ces Tutsi ont ensuite été tués.

 

La Chambre a par ailleurs conclu que l'homme d'église avait "agressé sexuellement le témoin CCH (une femme tutsi) comme celle-ci l'a décrit" dans son témoignage. Selon le jugement, le prêtre a tenté le 21 mai 1994, dans une chambre au Petit Séminaire Saint Léon, de violer cette femme. L'abbé Rukundo, aumônier militaire pendant le génocide, avait été arrêté à Genève en juillet 2001. Son procès a débuté le 15 novembre 2006.

26 février 2009

Réponse à l’ article Abdelwahab MEDDEB

Réponse à l’ article Abdelwahab MEDDEB

Au dela de Gaza(paru sur le Monde du 25 février 2009)

 

Fatma BENMOSBAH, floral@planet.tn, le 26 Février 2009

 

Après son article paru le 13 janvier sur le même journal le Monde, dans lequel Abdelwaheb Meddeb nous criait son horreur de la situation à Gaza, mélangeant nombres et genres, classant bourreau et victime dans un même registre, le voilà qui récidive de manière plus pernicieuse, jouant l’Apôtre de la tolérance.

 

Un accidentel à l'odeur de bel et bien provoqué

Cette fois, M. Meddeb nous parle de paix en décidant que la meilleure manière d’y arriver est de tout effacer et repartir à zéro : Citant Mrs. Gây Righif et David Shulman, il écrit : «Nous voudrions situer l'épisode sanglant de Gaza dans l'accidentel et préserver l'essentiel».

 

De quel accidentel parle-t-on ? Un génocide à coup de bombes au phospohre est-il accidentel ? Est-ce à dire que près de 1500 morts dont 450 enfants doivent être passés en compte de pertes et profits ? M. Gây Righif et David Shulman, situent-ils l’holocauste également dans l’accidentel ? Il faudrait peut-être demander aux victimes et à leurs familles ce qu’elles en pensent et ce qu’elles pensent de cet essentiel qui serait le "Ta'âyush mushtarik" ("convivance partagée") ?

 

Quel Ta’âyush avec ceux qui après s’être accaparés de vos terres et de vos biens, vous parquent comme du bétail dans une prison à ciel ouvert et ferment toutes vos frontières pour vous affamer ? Quel Ta’âyush avec ceux qui vous refusent le droit au retour après vous avoir fait fuir par la terreur ? Quel Ta’âyush avec ceux qui votent pour des criminels de guerre ? Quel Ta’âyush avec un Lieberman qui, une trentaine d’années en arrière était encore videur de boîte de nuit en Moldavie, vient aujourd’hui s’implanter sur vos terres et va jusqu’à menacer de lancer une bombe atomique sur Gaza ou de nettoyer Israël de ses Arabes dont les arrière grands parents étaient là depuis des siècles ? M. Meddeb connaît –il des Israéliens qui, pour le "Ta'âyush mushtarik", échangeraient la douceur de vivre de Tel Aviv pour s’installer à Gaza où la densité au Km² atteint le chiffre faramineux de cinq personnes au M² et non au Km² ?

 

Il est clair qu’au-delà des bonnes intentions, ce "Ta'âyush mushtarik" ("convivance partagée") dont nous parle M. Meddeb, sous tend la solution du fait accompli.

Non M. Meddeb, aucun peuple au monde n’accepte de se laisser déposséder de sa terre et venir, dans une geste «d’humanité grandiose» dire à son spoliateur «bienvenue chez nous, nous allons partager notre terre avec vous, en vous laissant le choix des meilleur morceaux», (à part les autochtones des deux Amériques que l’Occident a décimés à coups de hache). Ceci s’appelle le fait accompli. Ce n’est pas à Gây Righif ni à David Shulman de décider d’être «deux peuples citoyens d’un même Etat». Il revient aux Palestiniens et à eux seuls de décider de partager leur terre avec les autres.

 

Confusion et amalgame

Et M. Meddeb de nous prendre à témoin en nous posant la question : «Ne trouve-t-on pas en cette option une alternative possible au culte de mort que prône le Hamas ?». Comme d’habitude, le Hamas ne trouve aucun répit à ses yeux.

 

M. Meddeb fait allusion à la notion de Shahid. Sa haine de l’Islamisme l’empêche de porter un jugement partial. Si le Hamas est islamiste, on peut ne pas adhérer à l’idéologie qui le sous tend mais on ne peut pas lui dénigrer une légitimité de mouvement de résistance à une situation de colonisation anachronique.

 

Dans son livre de Robert Baert, ancien agent de la CIA, «Iran, une superpuissance émergente», pour éviter les amalgames nocifs entre El Quaida (aussi inutile que nuisible pour les Musulmans) et le Hezbollah ou le Hamas établit la distinction entre la notion de martyr et la pratique des kamikazes : «Regardez le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, il a redéfini la politique islamique en s’alliant avec les Chrétiens. Ben Laden veut tuer les Chrétiens, si l’on peut s’exprimer ainsi, alors que Nasrallah les considère comme des alliés».

 

Il est étonnant que M. Meddeb, qui inonde le marché européen de ces «essais» sur la religion musulmane, fasse l’impasse sur le message transmis par le soulèvement de Karbala où l’Imam Hussein y figure comme le modèle de celui qui, pour défendre l’islam, n’a pas reculé devant la mort tout en connaissant d’avance l’issue fatale qui l’attendait. Il avait accepté son martyre en lançant sa célèbre formule, devenue le crédo de la Résistance : «Hayhat Min Al Dhilla» (Non à l’humiliation). Il ne s’agit donc pas d’exalter un comportement suicidaire. La finalité du combat n’est pas la destruction de soi mais l’édification d’une vie digne, pour soi et pour les autres. Comment M. Meddeb ne réalise-t-il pas que ce courage face à la mort, n’est pas fondé sur une haine de la vie mais sur un détachement des choses matérielles par rapport à justement cet essentiel qui est la vie dans la dignité et la liberté ?

 

Nouveau titre foncier

Un grand bravo cependant à la centaine de chercheurs et d’historiens pour leur travail «L'Histoire des rapports des juifs et des musulmans du Coran à nos jours», et qu’il nous hâte de voir paraître en 2010. Il est sûr que cet ouvrage réussira à rétablir des vérités que l’Occident, dans sa schizophrénie originelle, a occultées à savoir l’apport de la civilisation judéo-musulmane à son émergence des ténèbres moyen- âgeuses. Sophie Bessis l’exprime bien dans son livre «L’Occident et les autres» où elle écrit : «…La volonté têtue des penseurs de la Renaissance de se fabriquer une filiation directe avec leurs ancêtres athéniens leur permet d’oublier comment ils en ont retrouvé la trace. A l’expulsion physique de l’Islam du territoire politique de l’Europe occidentale correspond l’expulsion de la pensée judéo musulmane du territoire intellectuel européen».

 

Mais en aucun cas cet ouvrage à paraître ne saurait être, après le mythe du retour suite à 3000 ans d’errance, un nouveau titre foncier délivré aux Israéliens pour les absoudre de leurs exactions et les conforter dans leur situation de colonie (appelée de toute façon à disparaître pour être anachronique au 21ème siècle).

02 février 2009

«Le crime des crimes»

«Le crime des crimes»

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Moshe Yaalon, criminel sioniste parmi tant d'autres !!!

Par Amira Howeidy, Info-Palestine, le 1er février 2009

Ancien juge au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, Fouad Riad déclare à Amira Howeidy qu’Israël s’est rendu coupable de génocide lors de sa guerre de 22 jours contre Gaza.

Au cours des 60 années de son histoire, jamais auparavant Israël n’avait fait l’objet de condamnations aussi intenses et vigoureuses pour ce qu’il a fait depuis le début de son existence : génocide, guerre, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Tandis que la plupart des critiques pointent du doigt ses «crimes de guerre», certains, comme l’Egyptien Fouad Riad, ancien juge au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), ont le courage d’abandonner le langage diplomatique et de nommer les choses par leur nom.

«Ce qu’Israël a fait à Gaza est un génocide» déclarait Riad à Al-Ahram Weekly. Il a «délibérément tué des enfants palestiniens» dans le but d’exterminer la population, dit-il.

Riad a servi sept ans au TPIY à La Haye. En février 2001, Riad et d’autres ont jugé que le massacre perpétré en 1995 à Srebrenica en ex-Yougoslavie était un «génocide». Rien dans le langage du droit international n’équivaut à l’ampleur du génocide, considéré comme «le crime des crimes». C’est la conséquence la plus extrême de la discrimination raciale et de la haine ethnique.

La Convention sur le Génocide de 1948 définit le génocide comme un certain nombre d’actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux : tuer des membres de ce groupe ; causer de sérieux dommages corporels ou mentaux à des membres du groupe ; infliger délibérément au groupe des conditions de vie calculées pour provoquer sa destruction physique totale ou partielle ; imposer des mesures de prévention des naissances dans le groupe et transférer de force des enfants du groupe dans un autre groupe.

Selon Riad, «Il ne fait aucun doute qu’Israël a commis ces crimes depuis 1948». En 1948, après que la milice sioniste Irgun eut perpétré un massacre dans le village palestinien de Deir Yassin, l’ex-leader de l’Irgun Menachim Begin (le futur Premier Ministre d’Israël) était cité pour avoir dit que l’objectif du massacre était réalisé puisqu’il avait exterminé la population du village et ethniquement nettoyé la zone des Arabes, déclare Riad.

Riad cite l’historien «natif» israélien Ilan Pappé qui a publié un commentaire accablant dans le webzine Electronic Intifada, le 2 janvier, intitulé «La fureur vertueuse d’Israël et ses victimes à Gaza». Non seulement Pappé décrit la guerre d’Israël à Gaza comme «génocidaire», il dit qu’Israël est «plus occupé que tout autre état dans le monde à détruire et à déposséder une population indigène».

«Le sionisme est une idéologie qui appuie la purification ethnique, l’occupation et maintenant des massacres massifs» écrit Pappé, titulaire de la chaire d’histoire à l’Université d’Exeter. Le génocide à Gaza, dit-il, est tout à fait en lien avec l’idéologie du «sionisme hégémonique» fondateur d’Israël qui a continué de le pratiquer tout au long des 60 dernières années.

Selon Riad, il est «impératif» de considérer la guerre à Gaza dans «tout le contexte qui relie le passé au présent». Tandis que Pappé trace le lien pour justifier l’appel au boycott, au désengagement et aux sanctions contre Israël, l’ancien juge du TPIY veut voir les pouvoirs de la justice criminelle internationale peser sur les cinq continents, et pas seulement sur certains d’entre eux.

A ce jour, des tribunaux ad hoc pour les crimes de guerre ont été instaurés pour les Nazis, l’ex-Yougoslavie, le Rwanda, les Khmers Rouges, le Sierra Leone et le Timor-Est. En outre, la Cour Pénale Internationale a ouvert des investigations dans quatre situations : dans le nord de l’Ouganda, en République Démocratique du Congo, en Centrafrique et au Darfour. Le Parlement libanais est sur le point de ratifier un tribunal international spécial mandaté par les NU sur l’assassinat de l’ancien Premier Ministre Rafik Al-Hariri.

C’est au cours des quatre dernières semaines que le monde a été le plus près de réclamer un recours judiciaire pour les Palestiniens, quand Israël pilonnait, avec des bombes d’une tonne, du phosphore blanc et des armes biologiques, la plus grande prison du monde - Gaza - dont le million et demi d’habitants avaient déjà subi un cruel blocus économique de 18 mois. Le bilan palestinien : plus de 1.230 tués dont 400 enfants et plus de 5.350 blessés (mutilés, rendus difformes et souffrant de blessures causées par des armes expérimentales inconnues qui ont laissé les médecins impuissants à les traiter) dont 1.900 enfants.

Des hôpitaux, des écoles de l’ONU, la plus grande université palestinienne et des dizaines de mosquées ont été bombardés. La Croix Rouge aussi bien que l’UNWRA (l’Office de secours des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine) ont dit avoir eu plusieurs de leurs collaborateurs tués et blessés.

Les travailleurs humanitaires des NU disent que des centaines de millions de dollars d’aide seront nécessaires pour le peuple de Gaza. La guerre a laissé plus de 100.000 personnes déplacées et sans logement. Le gouvernement du Hamas dit que 5.000 bâtiments ont été complètement détruits et 20.000 autres endommagés ou partiellement détruits lors des combats. Israël concède que 10 de ses soldats ont été tués.

Le 12 janvier, le Conseil des Droits de l’homme des NU publiait une résolution non contraignante qui accuse Israël de violations massives des droits de l’homme à l’encontre du peuple palestinien. Il décidait également d’envoyer une mission internationale indépendante pour investiguer sur toutes les violations des droits humains internationaux et du droit humanitaire international dans les territoires palestiniens occupés. Les résultats de la mission seront présentés à la prochaine session du Conseil en mars, braquant ainsi un «projecteur» sur les violations.

Le lundi, Amnesty International accusait Israël de commettre des crimes de guerre en bombardant de façon répétée au phosphore blanc des zones densément peuplées. Quand le phosphore blanc touche la chair humaine, elle brûle au travers des muscles jusqu’à l’os. L’organisation Human Rights Watch avait déjà accusé Israël d’utiliser l’arme incendiaire, mais sans la qualification de crime de guerre. La Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a dit que certaines actions israéliennes à Gaza pourraient justifier des poursuites pour crimes de guerre.

Le Sommet économique arabe au Koweit a publié mardi une déclaration exigeant une enquête sur les «crimes de guerre» israéliens. Tandis que cela semble justifié, il apparaît également que cela révèle, de la part des états arabes, un élément d’hypocrisie. A ce jour, 120 états ont signé le Statut de Rome sur la Cour pénale internationale (CPI). Seuls trois pays arabes - la Jordanie, Djibouti et les Comores - l’ont ratifié.

Naturellement, Israël n’est pas une Haute Partie Contractante de la CPI. Comme il n’y a pas d’état palestinien, il ne peut donc être membre. La cour ne peut exercer sa compétence que dans les cas où l’accusé est ressortissant d’un état-partie, ou sur renvoi du Conseil de Sécurité des NU (CSNU). Toute tentative de pression sur le CSNU réclamant une enquête sur les crimes de guerre d’Israël se heurtera à un veto des USA.

«Les cours de justice sont faites pour protéger les victimes» dit Riad. «Nous sommes des victimes et nous refusons toujours d’être membres de la CPI». Si les états arabes avaient ratifié le Statut de Rome, ajoute-t-il, ils auraient pu «avoir leur mot à dire» et présenter des cas devant la cour. «La justice internationale est importante et nous sommes en-dehors. C’est une grande perte».

Selon Riad, le Liban était sur le point de ratifier le Statut de Rome avant qu’Israël ne lance sa guerre contre le pays en juillet 2006. S’il l’avait fait, «il aurait pu amener des criminels de guerre israéliens devant la CPI».

Pendant ce temps, des dizaines d’activistes pour les droits humains et de juristes arabes sont dans l’actualité quand ils déclarent qu’ils «traîneront» des criminels de guerre israéliens devant la CPI. Leurs déclarations se basent sur l’article 15 du Statut de Rome que permet au Bureau du Procureur d’entamer une investigation proprio motu, de sa propre initiative, lorsqu’il est requis pas des groupes de la société civile. Riad dit que le procureur examine si ces cas relèvent de la compétence de la cour. «Hors de ce cercle, le procureur ne peut faire procéder à une investigation».

La voie alternative pour faire passer des criminels de guerre israéliens en justice incombe à des pays dotés de lois de «compétence universelle» relatives au génocide, aux crimes contre l’humanité et aux crimes de guerre. Ce principe permet aux états de déposer des plaintes criminelles contre des personnes dont les crimes présumés ont été commis hors des frontières de l’état qui poursuit, indépendamment de la nationalité, du pays de résidence ou de toute autre relation avec le pays qui poursuit. Selon Riad, la Belgique a été le premier état européen à avoir transcrit ce principe dans sa législation et d’autres pays ont suivi.

«Bien des cibles de ces tribunaux sont israéliennes» dit-il. «Le pourcentage de dirigeants israéliens qui sont poursuivis conformément à la compétence universelle est bien plus élevé que pour toute autre nationalité». Aucun, cependant, n’a été arrêté, et la compétence universelle ne contraindra pas Israël, dans le cas présent, à extrader ses dirigeants.

Ce qui laisse ouverte une troisième voie : les tribunaux populaires. «A première vue ils peuvent ne pas sembler convaincants, mais en pratique ils peuvent être très efficaces» dit Riad. Un tribunal populaire peut exposer des crimes de guerre à la face du monde, ternir le nom d’un dirigeant dans l’histoire, et il peut être «très gratifiant pour les victimes». Le modèle - un corps international constitué de personnalités enquêtant sur des crimes de guerre - a été impulsé en 1966 par le philosophe anglais Bertrand Russell, qui a constitué un tel tribunal d’opinion pour enquêter sur le génocide présumé des USA au Vietnam.

En 2006 au Caire, l’Union des Juristes Arabes a réuni un tribunal populaire pour enquêter sur les crimes commis par l’ancien président George W Bush, l’ancien Premier Ministre britannique Tony Blair et l’ancien Premier Ministre israélien Ariel Sharon. Il était présidé par l’ancien Premier Ministre malais Mahathir Mohamed.

De tels procès, selon Riad, peuvent «servir d’introduction aux futurs tribunaux pour les crimes de guerre israéliens devant des cours internationales», comme les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le génocide ne sont pas «sujets à des statuts de limitation». «Nous ne pouvons complètement exclure, sur le long terme, l’intervention de la communauté internationale pour porter les crimes [israéliens] dans les territoires occupés devant une cour internationale» ajoute Riad.

En Israël, certains expriment déjà leur inquiétude à propos de ce même scénario. Gideon Levy du quotidien israélien Haaretz écrivait le 12 janvier : «Malgré tous les obstacles que le monde nous a mis depuis une éternité, malgré l’indulgence témoignée à Israël, le monde pourrait parler autrement cette fois-ci. Si nous poursuivons ainsi, peut-être qu’un jour un nouveau tribunal spécial sera établi à La Haye».

Si jamais ce jour arrive, ce ne sera pas un jour trop tôt.

31 janvier 2009

Pas en leur nom, pas en notre nom

Pas en leur nom, pas en notre nom

1883

 

Michel Warschawski, le 30 janvier 2009 
 
 
Ehud Barak, Tzipi Livni, Gabi Ashkenazi et Ehud Olmert - n’ayez pas l’impudence de montrer vos têtes à aucune cérémonie commémorative des héros des ghettos, de Lublin, de Vilna, de Kishinev ou de Varsovie.
 
Et vous aussi, dirigeants de «La Paix Maintenant», pour qui la paix signifie une pacification de la résistance palestinienne par tous les moyens, y compris la destruction d'un peuple. A chaque fois que je serais présent, je ferai personnellement tout pour virer chacun d’entre vous de ces commémorations, parce que votre présence même serait un immense sacrilège.

Pas en leurs noms

Vous n'avez aucun droit de parler au nom de nos martyrs. Vous n'êtes pas Anne Frank du camp de concentration de Bergen-Belsen mais Hans Frank, général allemand responsable de l’anéantissement des juifs de Pologne.
 
Vous n’êtes pas les héritiers du ghetto de Varsovie, parce qu'aujourd'hui le ghetto de Varsovie est exactement devant vous, visé par vos tanks et votre artillerie, et son nom est Gaza. Gaza que vous avez décidé d'éliminer de la carte, comme le Général Frank a eu l'intention d'éliminer le ghetto. Mais, à la différence des ghettos de Pologne et de Biélorussie, dans lesquels les juifs ont été laissés presque seuls, on n'éliminera pas Gaza parce que les millions des hommes et de femmes des quatre coins de notre monde construisent un bouclier humain puissant portant ces mots : plus jamais ça !

Pas en notre nom !

Ensemble , avec des dizaines de milliers d'autres juifs, du Canada à la Grande-Bretagne, d'Australie à l'Allemagne, nous vous avertissons : n'ayez pas le culot de parler en nos noms, parce que nous allons vous pourchasser, si nécessaire jusqu'en enfer, l’enfer des criminels de guerre, et enfoncer vos mots jusqu'au fond de votre gorge jusqu'à ce que vous demandiez pardon pour nous avoir mêlés à vos crimes.
 
Nous, et pas vous, sommes les enfants de Mala Zimetbaum et de Marek Edelman, de Mordechai Anilevicz et de Stephane Hessel, et nous remettons leur message à l'Humanité dans les mains des Résistants de Gaza pour qu’ils le gardent : «Nous luttons pour notre liberté et la vôtre, pour notre honneur et le vôtre, pour notre dignité humaine, sociale et nationale et pour la vôtre.» (Appel du ghetto au monde, Pessa’h 1943)
 
Mais pour vous, les dirigeants d'Israël, «liberté» est un mot sale. Vous n'avez aucun «honneur» et vous ne comprenez pas le sens des mots «dignité humaine».

Nous ne sommes pas une «autre voix juive», mais la seule voix juive capable de parler au nom des saints martyrisés du peuple juif. Votre voix n'est rien autre que les vieilles vociférations bestiales des tueurs de nos ancêtres.

24 janvier 2009

Ils ont violé notre conscience d’hommes et de femmes

Ils ont violé notre conscience d’hommes et de femmes

Par Mohamed Belaali (enseignant à Poitiers),

Agora Vox  , le 24 janvier 2009

Israël vient de terminer son travail, fièrement, ostensiblement. Il vient d’achever froidement le massacre le plus horrible de ce début du siècle. Les dirigeants de ce monde insensé ont assisté sagement au spectacle de l’horreur absolue. Mais nous, citoyens du monde entier, les tueries collectives, les visages déformés, le linge blanc tâché de sang dans lequel les enfants sont enveloppés, les crânes fracassés, les chairs transpercées, les corps déchiquetés, les cadavres noirs et gonflés dispersés à travers des rues désertées, et à côté de leurs mères mortes, des enfants affamés et abandonnés, ce spectacle là nous a révoltés. Il a violé notre conscience d’hommes et de femmes.

Nous sommes sortis par millions à travers toute la planète crier de toutes nos forces notre dégoût pour cette tragédie humaine. Mais notre cri n’a eu comme réponse que le silence complice de nos dirigeants. Ils sont restés de marbre. Et le plus insupportable, c’est qu’ils veulent qu’on leur ressemble : devenir des êtres sans âme, calculateurs sordides, opportunistes, cyniques, sans aucun sentiment humain, bref de véritables brutes.

Jamais le contraste entre les peuples et leurs gouvernements n’a été aussi violent.

Etrange démocratie qui reste parfaitement compatible avec les crimes contre l’humanité. En son nom, les pires atrocités sont commises. Et c’est la même démocratie, celle de la république de Weimar, qui a produit en son temps un monstre dont on continue aujourd’hui encore à dénoncer les crimes. On va taire par pudeur cette immense escroquerie appelée Droits de l’homme.

A travers leurs médias, nos dirigeants nous expliquent froidement, que ces massacres comme ceux par exemple des écoles de l’ONU (48 morts) sont nécessaires pour éradiquer le terrorisme. C’est pour notre bien. C’est pour nous protéger de ces barbares qui déposent des bombes un peu partout et mettent le monde en danger. C’est pour cela qu’ils aident et encouragent Israël à utiliser, même si elles sont interdites par toutes les conventions internationales (entre autres par la Commission des Droits Humains de l’ONU), les armes les plus sophistiquées, les plus meurtrières et les plus horribles. Médecins et organisations indépendantes accusent Israël d’avoir fait usage à Gaza des armes à Uranium Appauvri, des bombes à fragmentations, du phosphore blanc et des armes inconnues. Il faut rappeler que l’utilisation de ces armes notamment à Uranium Appauvri est intimement liée à la notion de génocide. Elles sont considérées comme des armes d’extermination. Mais peu importe. La fin ici justifie vraiment les moyens. Comme par exemple le bombardement des hôpitaux qui manquent de tout et où les blessés par milliers viennent plus pour y mourir que pour se faire soigner. Les ambulances ne sont pas épargnées. Vous comprenez la lutte contre le terrorisme et pour la sécurité d’Israël sont à ce prix. Vous verrez qu’après ces massacres et ces horreurs indispensables, le terrorisme sera vaincu, Israël et le monde vivront en paix. Le temps viendra effacer de vos mémoires ces centaines de morts, de mutilés, de défigurés et les milliers de blessés. Tout rentrera dans l’ordre. Vous verrez.

Mais les crimes d’Israël datent depuis sa création en 1948 et même avant. L’histoire de cet Etat est chargée de massacres que l’on peut cacher, mais que personne ne peut nier : Sa’sa’, Qastal, Deir Yassin, al-Dawayma, Eilaboun, Lydda, Kufur Qasim, Sabra et Chatila, Jenine et aujourd’hui Gaza. A quand les prochaines tueries ? Ben Gourion ne disait-il pas qu’il fallait «attaquer sur tout le front et non seulement à l’intérieur de l’Etat d’Israël ou aux frontières de la Palestine, mais de rechercher l’ennemi et de l’écraser partout où il peut être». Le massacre des palestiniens ne date donc pas d’aujourd’hui. Tous les grands dirigeants du sionisme politique (Weizmann, Ben Gourion, Jabotinsky etc.) malgré leurs divergences sur les moyens, avaient le même but final : faire de la Palestine l’Etat du «peuple juif».

Le sionisme politique, depuis sa fondation au congrès de Bâle en 1897, porte en lui les germes de la négation des palestiniens

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Agora Vox