06 juin 2011

Les médias sont-ils libres ?

Les médias sont-ils libres ?

Intégralité de la conférence-débat organisée le 26 avril 2011 par le Librex ...

14:04 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09 février 2011

«Décrypter les médias»

«Décrypter les médias» 

Vous êtes enseignant, éducateur, animateur socioculturel ou étudiant, et vous souhaitez :

développer vos compétences d'animation ; ouvrir ou continuer une réflexion sur les médias – comment en parler avec les jeunes ; augmenter vos connaissances sur les droits humains

La Ligue des droits de l'Homme asbl vous propose

Dans le cadre de son programme «Education aux droits humains» 

«Décrypter les médias»  

 

Une formation d’éducation aux médias : décoder et comprendre l’information.

Le samedi 26 et le dimanche 27 février 2011 au siège de la Ligue des droits de l’Homme, 22 rue du Boulet, 1000 Bruxelles.

AU PROGRAMME (sous réserve de modification)

Rencontres-discussion avec des professionnels ou non des médias (J-J Jespers, professeur à l’ULB, Hugues Dorzée, journaliste au soir, l’équipe du journal C4,…)

Ateliers sur le langage, internet, radios associatives, …

Inscription :
20 places disponibles – clôtures des inscriptions le 10 février 2011

Tarif : 30 € –  étudiants et personnes sans emploi : 10 €

Informations : formations@liguedh.be ou au  02 209 62 80

Cécile de Borman et Nicolas Vandenbroucke

Département Formations

Ligue des droits de l'Homme ASBL

22, rue du Boulet - 1000 Bruxelles

formations@liguedh.be  

18 novembre 2010

Journaliste : Un métier à haut risque en Russie

Journaliste

Un métier à haut risque en Russie

Depuis le début de l'année, 40 journalistes ont été agressés en Russie et huit ont trouvé la mort. Ces deux dernières semaines, trois d'entre eux ont été victimes d'attaques particulièrement violentes. Ces récentes agressions montrent une fois de plus qu'il ne fait pas bon enquêter et toucher aux sujets qui fâchent en Russie.

 

19:20 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 novembre 2010

Maroc: Al-Jazira condamne la suspension des activités de son bureau

Maroc

Al-Jazira condamne la suspension des activités de son bureau

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Le Monde, le 30 octobre 2010

La chaîne satellitaire Al-Jazira a condamné samedi la suspension des activités de son bureau à Rabat et affirmé que la décision des autorités marocaines n'influerait pas sur sa ligne éditoriale.

Les autorités marocaines avaient suspendu vendredi les activités du bureau de la chaîne à Rabat et retiré leurs accréditations à ses journalistes.

Dans un communiqué, Al-Jazira a "condamné la décision des autorités marocaines" et assuré qu'elle s'en tenait à "sa politique éditoriale" basée sur le principe de transmettre "les différents points de vue".

La chaîne affirme que "sa couverture des questions marocaines a toujours été professionnelle, équilibrée et précise".

Elle souligne que "la décision des autorités marocaines ne changera pas la ligne éditoriale d'Al-Jazira" et qu'elle "continuera à couvrir les affaires marocaines de manière à servir les intérêts de ses téléspectateurs".

Le ministère de la Communication marocain avait déclaré vendredi dans un communiqué que cette suspension "faisait suite à de multiples manquements aux règles du journalisme sérieux et responsable".

Al-Jazira continue en revanche à être diffusée sur le territoire du Maroc.

Les autorités marocaines reprochent à Al-Jazira la manière dont elle "traite les dossiers relatifs aux islamistes et à l'affaire du Sahara (occidental)", a indiqué un responsable du gouvernement sous le couvert de l'anonymat.

19:07 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

13 octobre 2010

L'info à la P.A.S.

L'info à la P.A.S.

13:48 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10 octobre 2010

Le Point en flagrant délit de bidonnage

Le Point en flagrant délit de bidonnage

Il habite Clichy-sous-Bois et a grandi à Montfermeil. Il désespère de la mauvaise image de ces deux communes voisines de Seine-Saint-Denis, qu'il estime amplifiée à tort par les médias. Il a donc décidé de piéger Le Point, en se faisant passer, au téléphone, pour une épouse de polygame dont le fils serait au bord de la délinquance...

02:05 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04 octobre 2010

Tijjini (ex-Erroukou) lance la "Télé Bordel"

Tijjini (Er-Roukhou) lance la "Télé Bordel"

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Khalil Zeguendi, le 03 octobre 2010

Après s'être présenté aux élections pour siéger à l'Exécutif des Musulmans de Belgique avec un programme tout ce qu'il y a de plus pieux, après avoir organisé des soirées Ramadan MR en invitant une troupe religieuse Boudchichiya, notre ami Mohammed Tijjini a probablement trouvé sa vraie voie : celle du cabaret, de la danse du ventre et de la "culture" du déhanchement.

C'est son droit le plus strict d'opter pour ce concept "tripot" et de servir le "divertissement" et la "distraction" de très bas étage.

Je ne suis pas un moraliste ou un donneur de leçons..Mais là où Mohamed Tijjini me fait ch..., c'est lorsqu'il prétend avec sa bande annonce "en dessous de la ceinture" - au sens propre et figuré du terme - promouvoir la culture maghrébine à destination du jeune public.

Comme si ce public n'était composé que de voyeurs ou de refoulés sexuels.

Encore une fois c'est le droit de Tijjini de faire le choix purement commercial qui est le sien... Sauf qu'il doit immédiatement cesser de présenter la seule exhibition du ventre comme étant "la culture maghrébine."

Soyons clairs pour ne pas laisser planer un doute sur notre engouement pour le Rap, le Rai, le disco et même la techno...

Ces formes d'expressions ont tout à fait leur place, non seulement en underground, mais également sur les vecteurs publics de diffusion...

Mais présenter, comme le fait Tijjni, ces seules formes d'expression, agrémentées de strip tease, comme étant les seules formes d' expressions culturelles chez les jeunes du Maghreb, c'est sûrement chercher à véhiculer, consciemment ou non, l'idée selon laquelle seuls la danse du ventre et le tremblement des fesses, intéressent les jeunes d'aujourd'hui.

AMTV est un projet purement commercial. Et je ne reprocherai jamais à son promoteur d'avoir, après avoir essayé, un profilage par la politique et par la religion, d'opter in fine pour le cabaret - avec le respect que j'ai pour le cabaret, le vrai - Vive Liza MINELLI ...

Autant j'avais salué le site Belgomag, autant je pose la question : QUI EST REELLEMENT DERRIERE AMTV ?

13:31 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24 septembre 2010

Éditocrates : les éditorialistes qui font la pensée unique

Éditocrates : les éditorialistes qui font la pensée unique

 

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Les éditocrates, tu les aimes ou tu les détestes. Dans les éditocrates (éditions La Découverte), ouvrage collectif signé Mona Chollet, Olivier Cyran, Mathias Reymond et Sébastien Fontenelle (que nous interviewons ci-dessous), les auteurs n’y vont pas avec le dos de la cuillère. 
 
Ils éparpillent façon puzzle les dix éditorialistes les plus médiatiques du moment : Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali, Alain Duhamel, Alexandre Adler, Laurent Joffrin, Christophe Barbier, Jacques Marseille, Nicolas Baverez, Ivan Rioufol et Philippe Val.

Mona Chollet a signé un seul portrait (celui de Val qui, depuis qu’il dirige France Inter, n’éditocratise plus), Mathieu Reymond a signé celui de Jacques Attali, Olivier Cyran portraiture Alain Duhamel (le doyen officie depuis 1963), de Christophe Barbier (âgé de 42 ans, le cadet de la bande fait tomber la moyenne d’âge de ces vénérables à 58 ans) et de Jacques Marseille.
 
Quant à Sébastien Fontenelle il s’occupe de BHL, d’Alexandre Adler (l’essentiel des infos contenues dans ce portrait figurent dans «Alexandre Adler, portrait d’un omniscient» que son collègue Mathias Reymond avait publié dans le Monde diplo), de Laurent Joffrin (qui éditocratise beaucoup moins depuis qu’il dirige Libération), de Nicolas Baverez et de Ivan Rioufol. La femme, apparemment, n’est pas l’avenir de l’éditocrate. A part ça le tableau de chasse est idéal. Presque trop.

Pour Sébastien Fontenelle qui signe l’introduction, ils parlent "tout le temps, du lundi au dimanche. Et partout, dans la presse écrite, à la télévision, à la radio, sur Internet. Ils ne se taisent jamais : c’est à cela aussi, qu’on les reconnaît. Quiconque a fait le pari un peu fou de traverser toute une semaine sans se cogner sur Jacques Attali ou Bernard-Henri Lévy à tous les coins de médias sait, pour avoir fait là l’amère expérience de l’échec, qu’un tel défi est impossible à relever." On a les défis qu’on peut.
 
Tout de même, il faut avoir l’âme chevillée au corps pour ingurgiter matin, midi et soir la soupe néo-libérale de ces donneurs de leçons. C’est dur le journalisme d’investigation. Être obligé de lire Duhamel, d’écouter Adler, de regarder Barbier. Ne pas avoir la force de ne pas ouvrir Le Point ou l’Express. Ne pas trouver de ressources pour se forger soi-même sa propre opinion. Pas une vie.
 
Chaque éditorialiste est passé au scanner. On nous rappelle ses connivences, ses travers, ses défauts, ses erreurs, ses errements, ses contradictions. La belle affaire. On les connaissait déjà. Pour mémoire, Castoriadis, Pierre Vidal-Naquet et Raymond Aron (une paille) ont déjà réglé son compte à BHL et Nicolas Beau et Olivier Toscer lui ont consacré un livre (Une imposture française). Le 12 janvier 1983, le Canard enchaîné est le premier a avoir révélé les accusations de plagiat de Jacques Attali lors de la publication de Histoires du temps. Il suffit juste de lire wikipedia pour le savoir...
  
Olivier Bailly interviewe Sébastien Fontenelle pour les Rendez-vous de l’Agora
 
Olivier Bailly : Comment est née l’idée de ce livre ?
Sébastien Fontenelle : L’idée est venue en en parlant d’une part avec l’éditeur, François Gèze, de La Découverte, et d’autre part avec les auteurs. C’est un sujet qui nous divertit tous les quatre.

OB : Qui vous divertit, c’est-à-dire ?

SF : Ça nous amuse

OB : Comment la liste définitive des dix portraits a t-elle était établie et arrêtée ?
SF : Chacun a proposé des portraits. On s’est arrêtés sur cette liste-là parce qu’elle nous semblait relativement cohérente et exhaustive, sinon par l’ensemble des portraiturés au moins par ce qu’ils représentaient du spectre médiatico-politique

OB : Donc c’est selon vous un ensemble représentatif ?
SF : Oui.

OB : Il n’y a pas de raisons personnelles derrière ce choix, pas d’homme à abattre ?
SF : Non, pas spécialement

OB : Ce sont tous des hommes
SF : Oui, mais vous aurez noté qu’à peu d’exceptions près les éditocrates sont tous des hommes.

OB : Leur moyenne d’âge est de 58 ans. Christophe Barbier, 42 ans, la fait chuter conséquemment. Est-ce que ces éditocrates ne représentent pas plus le passé que l’avenir ?
SF : Non. C’est une vraie question. Ils sont toujours là. C’est encore eux qui tiennent le haut du pavé. Il y a probablement une relève qui se prépare derrière, mais qui n’est si pléthorique parce qu’ils vérouillent tout. Des gens comme Barbier, en effet, ou comme Caroline Fourest on un potentiel en éditocratie qui est assez fort, mais il n’en reste pas moins vrai que ces gens sont là depuis très longtemps et probablement encore pour un bon moment.

OB : Les éditocrates, à travers ce choix, représentent tout de même une certaine génération vieillissante

SF : Je suis moins optimiste que vous. Je pense que le système est un gigantesque estomac qui digère tout. Même internet probablement pas les blogs ni Agoravox je pense que d’une façon ou d’une autre ça sera digéré. Je pense qu’il y aura finalement une normalisation du net et qu’on se retrouvera dans une configuration qui peut être celle de la presse écrite. A côté des grands news magazines vous avez une presse qui est plus engagée, de Politis à CQFD, sur toute une gamme de nuances et je crains qu’à terme on arrivera à ça sur le net.

OB : Est-ce un pamphlet ou un essai documenté ?
SF : Je pense qu’on peut parler d’un pamphlet. Le ton est assez vif. Je ne m’engage pas pour les autres auteurs, mais à titre personnel je n’ai aucun problème avec la notion de pamphlet qui n’est absolument pas dépréciative dans mon esprit. C’est important de noter que la critique des médias telle qu’elle se pratiquait jusqu’à présent par Acrimed, etc., est maintenant extrêmement relayée par le net. Il y a plein de blogs qui font du décryptage et de la critique des médias. Cela se démocratise.

OB : Internet est-il selon vous le fossoyeur de l’éditocratie ?
SF : Ce qui est certain c’est que c’est une espèce de source d’emmerdements pour l’éditocratie. Si Laurent Joffrin écrit une connerie à 8 H du matin dans son édito, à 8 H 05 ça peut être dénoncé comme tel sur Internet. D’où l’espèce de rage qui les prend, pour la plupart, quand ils se mettent à parler du Net. Laurent Joffrin, Alain Duhamel ou Philippe Val quand ils se mettent à parler ce n’est jamais très gentil. Donc ça doit quand même les titiller quelque part. Fossoyeur c’est peut-être un peu excessif parce qu’encore une fois ils sont toujours là, dans l’espace médiatique hors internet. Ils sont partout, à la radio, à la télé, dans la presse, dans l’édition...

OB : Dans quelle mesure sont-ils influents ?
SF : La question n’est pas tant de savoir s’ils sont influents, mais d’observer la façon dont ils verrouillent l’information - je mets toutes les guillemets nécessaires au mot information -, dont ils façonnent l’opinion.

OB : Ils sont omniprésents, on ne peut le nier, mais façonnent-ils vraiment l’opinion ?
SF : Par définition, peut-être plus que l’opinion, ils façonnent un air du temps. Après il ne faut pas préjuger d’une éventuelle sottise de leur lectorat qui doit être à mon avis beaucoup plus lucide qu’on ne le pense. Les gens ne sont pas dupes. Mais il n’empêche que ça continue.

OB : Ils façonnent où ils reflètent ?
SF : Un peu les deux. Sur certains sujets ils façonnent, sur d’autres ils reflètent. On l’a vu dans l’immonde débat sur l’identité nationale, une initiative 100% gouvernementale et "sarkozyque", ils se sont précipités là-dedans avec un enthousiasme assez délirant. Donc ils relaient assez fidèlement les messages gouvernementaux.

OB : Qu’est-ce que les éditocrates disent sur l’état des médias en France ?
SF : Cela reflète leur nullité, pour le dire de façon un peu abrupte. Ce n’est pas un hasard si la presse est en permanence en perte de lectorat. Cela doit aussi s’expliquer par ça. Non pas par les éditocrates en eux-mêmes, mais par la pauvreté navrante de leur discours et de leurs analyses.

OB : Qu’est-ce qui fait la différence entre un éditocrate d’un journaliste moniprésent. Je pense à Jean-Pierre Elkabbach, Sébastien Demorand ou Jean-Michel Aphatie qui eux aussi influencent quotidiennement leurs auditeurs ?

SF : Demorand est prometteur et pourrait figurer dans un tome deux, si tome deux il y avait, ce qui n’est pas le cas !

OB : A part leur omniprésence médiatique qu’est-ce qui définit précisément les éditocrates ?
SF : On ne peut pas mettre à part leur omniprésence parce qu’elle est un des éléments déterminants et constitutifs de l’éditocratie. Deuxièmement il y a leur omniscience proclamée et autoproclamée, c’est-à-dire cette faculté de parler de tout, mais vraiment de tout. BHL qui peut parler du nez de Michael Jackson comme du sauvetage de l’Afghanistan... C’est infini. Le troisième élément c’est la médiocrité atterrante de l’analyse, voire le burlesque absolu de ces gens-là.

OB : Pourquoi n’évoquez vous pas les éditocrates culturels, tous ces gens qui font la pluie et le beau temps en matière culturelle, qui façonnent eux aussi le «bon» goût ?
SF : C’est vrai, c’est un sujet qui est un petit peu différent parce que justement on n’est pas dans cette omniscience dont je vous parlais plus haut. On peut être dans l’omniprésence, dans le n’importe quoi, c’est une évidence, mais il n’y a pas ce caractère polyvalent qui fait qu’on peut disserter de tout et de n’importe quoi.
 
OB : Il n’y aurait pas la volonté de dégager la place ? Il y a des précédents dans l’histoire des idées. Regardez les surréalistes qui ont commis leur premier pamphlet contre Anatole France.
SF : Sincèrement non. On n’a aucun envie de prendre aucune place. On travaille au Plan B, au Monde diplo, à Politis, si on avaient des envies... On travaille où on se sent bien et c’est notre seul souci dans la vie, franchement.

OB : André Breton en 1925 n’était pas l’écrivain auréolé de gloire qu’on connaît aujourd’hui
SF : A titre personnel je fais mes petits trucs dans mon coin, ça va très bien comme ça, je suis très content, j’espère que ça durera. Je ne demande absolument rien de plus.

OB : Est-ce que le problème de la presse française n’est pas de laisser la place à l’analyse au détriment du fait ? Finalement est-ce qu’il n’y aurait pas une crise du journalisme d’enquête qui fait qu’il y aurait une inflation d’éditorialistes ?
SF : Je n’en sais rien. Je ne sais pas trop quoi répondre à ça. Ça nécessiterait un peu de temps pour y réfléchir. Je ne suis pas contre l’analyse si elle est pertinente. On pourrait dire aussi qu’on est dans une espèce de religion du fait immédiat, voire du fait-divers. Donc ce n’est pas en ces termes-là que je le poserais. Après qu’il y ait un déficit au niveau de l’enquête... J’ai quand même l’impression que la presse à tendance à abuser du fait. Qu’on se souvienne de la séquence hallucinante autour de Johnny. Johnny Hallyday a 39 de fièvre, puis la fièvre retombe... On est dans le fait brut, inintéressant, grotesque et monté en épingle.

OB : Vous parlez-là du traitement d’un people par la presse, pas d’une enquête
SF : Quand on énonce le fait que l’excellent Eric Besson vient encore d’expulser neuf Afghans, on peut avoir envie de lire des analyses qui soient autres que celles qu’on lit tous les jours sous la plume de ces braves gens. Il ne faut pas écarter l’analyse par principe. Si elle est pertinente elle est quand même assez bienvenue. Un vieux dicton berrichon explique que «ceux qui savent ne parlent pas et que ceux qui parlent ne savent pas». Il se vérifie quotidiennement dans la presse.

OB : Il y a tout de même de bons journalistes

SF : Bien sûr qu’il y a d’excellents journalistes. Mais ce n’est peut-être pas forcément la majorité de l’espèce.

OB : Est-ce que les humoristes ne représentent pas une nouvelle sorte d’éditocrates ?
SF : Possible. Pourquoi pas ? En même temps il y a humoriste et humoriste.

OB : Pour prendre un spectre large, de Guillon à Gerra, en passant par les Guignols, Porte, Roumanoff, Canteloup. Aujourd’hui ils sont finalement aussi écoutés que les éditocrates.
SF : J’ai surtout l’impression que tout ce qui pourrait être oppositionnel se réduit à ces quelques comiques qui ne le sont pas toujours d’ailleurs et je trouve ça un peu navrant. C’est une sorte de mordant qui est tellement toléré. Roumanoff est chez Drucker, non ? On a tout dit. Quand le grinçant est chez Michel Drucker c’est qu’il ne doit pas être si grinçant que ça. Après il y a des nuances. Il ne faut pas tous les mettre dans le même sac. Guillon je ne l’écoute pas, donc je ne peux pas vous en parler. Je pense que tant que c’est toléré, tant que ça existe c’est qu’au fond ça ne gêne personne. En même temps, les Guignols je suis assez bon public, je suis même assez fan. Mais les Guignols sont chez Denisot dont l’émission est pour moi le sommet de l’horreur. Tout ça est un peu compliqué. On a tous un peu nos limites, de toute façon.

OB : Quel remède voyez-vous à l’éditocratie ?
SF : Je n’en vois pas et je n’ai pas spécialement envie d’en avoir. On n’est pas là pour donner des recettes.

OB : Après avoir écrit un livre entier sur ce que vous appelez l’éditocratie, cette espèce de maladie de l’information, vous pourriez avoir un point de vue...
SF : C’est une petite spécialité française. Je pense qu’il faut tabler sur le fait que les gens ne sont probablement pas dupes et qu’ils se font leurs opinions hors des prescriptions de Laurent Joffrin. On peut l’espérer. Le problème n’est pas de ne pas les écouter, mais de ne pas les entendre. On les entend tout le temps. Ou alors on arrête de lire la presse, d’écouter la radio et d’allumer la télévisionIls sont carrément inévitables. Regardez la presse pendant une semaine vous tombez sur Jacques Attali à tous les coins de rue. Après il y a d’autres endroits, il y a tout un espace qui est apparu qui est probablement porteur d’alternatives.

OB : Pensez-vous que des gens comme Guy Birenbaum, Loïc Le Meur, Daniel Schneidermann, pour ne pas les nommer, préfigurent les éditocrates 2.0 ?
SF : Je ne sais pas. Tous ces trucs d’influence...

OB : C’est quand même le fonds de votre livre...
SF : Je ne sais pas. Peut-être. A ce moment-là on peut dire que les blogueurs influents, comme ils s’appellent eux-mêmes, sont des éditocrates du net. En effet. La vérité c’est que je n’avais pas vu le truc sous cet angle. C’est tout à fait pertinent comme remarque. Sauf qu’un gars comme Schneidermann ce qu’il raconte est quand même moins neu-neu que ce que raconte un Alain Duhamel. Qu’un gars soit un éditocrate au sens d’une espèce continue, voire diversifiée, ça ne me gène pas s’il a des choses intéressantes à dire. Il ne s’agit pas de museler tout le monde. C’est dans le degré de pertinence de ce qui est dit que ça se juge.

03:35 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15 août 2010

La FIJ appelle le Sénégal à mettre fin aux poursuites judiciaires contre un journaliste

La FIJ appelle le Sénégal à mettre fin aux poursuites judiciaires contre un journaliste  

PressAfrik, le 10 Août 2010

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a appelé aujourd’hui les autorités sénégalaises à mettre fin aux poursuites judiciaires contre Abdou Latif Coulibaly, journaliste d’investigation, Directeur de Publication de l’hebdomadaire La Gazette, inculpé le 10 juillet 2010 pour «recel de documents administratifs et privés», appartenant à la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), une société nationale suite à une plainte de son Directeur général, M. Baila Wane.

«L’accusation en elle-même est problématique car les documents concernés sont du domaine public, la LONASE étant une société nationale», a déclaré Gabriel Baglo, Directeur du Bureau Afrique de la FIJ. «Cette inculpation du journaliste porte une atteinte grave d’une part au droit d’accès des citoyens à l’information publique et d’autre part à la protection des sources qui constitue un des principes de base de l’exercice du métier de journaliste», a-t-il ajouté.

Au mois de juillet 2007, suite à un travail d’investigation, Abdou Latif Coulibaly, Directeur de publication de l’hebdomadaire La Gazette avait publié un ouvrage intitulé : «Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) : chronique d’un pillage organisé» faisant état d’une mauvaise gestion des deniers publics au sein de cette société nationale. A la suite de cette publication, le Directeur général et la LONASE, a déposé une plainte contre le journaliste au Tribunal régional hors classe de Dakar pour «diffamation et diffusion de fausses nouvelles».

Le Tribunal statuant en audience pénale, a débouté les plaignants, en déclarant irrecevable la procédure initiée par le Directeur Général de la LONASE. Ce dernier a immédiatement interjeté appel de la décision du Tribunal devant la Cour d’Appel et l’audience est prévue le 5 novembre prochain.

Entretemps, le directeur de la LONASE a déposé une nouvelle plainte auprès du Tribunal régional de Dakar pour «recel de documents administratifs et privés, appartenant à la LONASE». Le 10 juillet 2010, le juge saisi a convoqué et entendu Abdou Latif Coulibaly avant de lui notifier son inculpation tout en le laissant en liberté provisoire, en attendant la fin de l’instruction.

Pourtant, l’article 8 de la Constitution de la République du Sénégal garantit à tous les citoyens des libertés individuelles fondamentales, parmi lesquelles la liberté d’opinion, la liberté d’expression et la liberté de la presse.

En plus, le Sénégal a adopté la loi 2006-19 du 30 juin 2006 relative aux archives et aux documents administratifs qui précise en son article 3 que l’ensemble des documents produits par les sociétés nationales font partie des archives publiques qui selon l’article 4 de la même loi, font partie du patrimoine de la Nation et sont par conséquent au service de l’Administration et des citoyens.

Cette loi dispose également que pour sa mise en œuvre, une Commission nationale sur l’accès à l’information administrative doit être mise en place par décret pour définir les modalités d’accès des citoyens à l’information. Mais le décret d’application attend encore d’être pris.

La Déclaration de principes sur la liberté d’expression en Afrique de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples dont le Sénégal est l’un des pays parties, dispose en son point IV que «les organes publics gardent l’information non pas pour eux, mais en tant que gardiens du bien public et toute personne a le droit d’accéder à cette information, sous réserve des règles définies et établies par la loi». Selon cette Déclaration, nul ne doit faire l’objet de sanction pour avoir livré en bonne foi des informations sur des comportements illégaux

La FIJ demande aux autorités sénégalaises de mettre fin aux poursuites à l’encontre du journaliste pour «recel de documents administratifs et privés» et d’accélérer le processus de mise en place de la loi sur l’accès à l’information en vue de renforcer la liberté d’expression au Sénégal et de maintenir l’image d’une démocratie exemplaire.

05:18 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05 août 2010

Médiapart et la culture de la différence

Médiapart et la culture de la différence

Par M. Lachkar, le 04 Août 2010

Mon entrée au Club de Médiapart, il y a juste dix mois coïncidait avec les hésitations que je vivais au sujet d’un livre/témoignage dont j’avais écrit à peine la moitié. Je ne savais pas quoi faire ? Réaliser mon projet : terminer l’écriture et éditer le livre ou me contenter de publier des extraits écrits sur mon blog que je venais de créer. Vu les encouragements que je ne cessais pas de recevoir après chaque extrait publié, je m’étais retrouvé, un peu, dans l’obligation de faire les deux à la fois. Terminer le livre et continuer à poster quelques extraits sur mon blog que j’ai stoppé depuis que j’ai remis mon manuscrit définitif à l’éditeur.

En adhérant à Mediapart, je venais de découvrir un monde nouveau, celui de l’écriture et du débat. Je me suis donc entraîné à survivre dans une ambiance qui m’était au début complètement inconnue mais jamais hostile. Un monde qui était très différent au mien. Je m’étais engagé à surmonter ma différence et à supporter le regard scrutateur des autres. Lentement, j’ai appris à discerner les règles du jeu, à distinguer les clans et à rendre visibles les tendances. Je ne cherchais pas à me positionner, ni à défendre les uns contre les autres. Ce n'est pas mon genre. Je dois avoué que je me sentais bien accueilli, certains commentaires (et beaucoup de messages personnels) sur mes premiers billets étaient même très touchants. Ils m’ont encouragé à continuer à écrire.

Au début, j’hésitais beaucoup, je n’étais pas sûr de moi, je craignais tant de faire mal, de blesser, d’être mal compris. Mais à aucun moment, je me suis obstiné à défendre que ma vérité fût la seule et unique vérité. J’ai toujours tenu à écouter l’autre, à le comprendre malgré nos différences. Je ne prends jamais l’initiative de rompre le lien avec mon interlocuteur pour me retrancher derrière ma vérité à moi, celle de mes certitudes, y compris sur des sujets aussi sensibles comme la religion. Je n’ai fui que rarement la confrontation des idées. Je ne m’enfermais jamais, j’ai toujours choisi la lumière plutôt que l’obscurité. Par transparence et par respect aux autres, je n’ai jamais refusé de décliner mon identité et mes engagements ; c’est ma conviction qu’on peut partager ou pas, à chacun ses choix.

Quand un billet m’intéresse, je le lis entièrement. Je me contente d’en lire quelques uns seulement, c’est vrai. Je commence toujours par le billet et ensuite les commentaires, jamais l’inverse. Quand je lis un article ou un billet, je suis à l’écoute de son auteur que je cherche souvent à connaître pour éviter un jugement précipité. Quand quelqu’un n’est pas d’accord avec moi, à aucun moment cela signifie qu’il est mon ennemi ? Quand ma vision des choses est différente de l’autre, je m’interdis de lui imposer de les voir et de les penser comme moi ? J’offre toujours l’opportunité à l’autre d’être mon opposé, de s’exprimer comme il le souhaite.

Quand je ne partage pas le point de vue de quelqu’un, je défends le mien par des arguments à travers le dialogue. Je ne renie pas l’autre. Je n’éprouve envers lui aucun mépris, aucune haine

La suite : M. Lachkar

04:05 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 mai 2010

La bande des quatre cadenasse le débat

La bande des quatre cadenasse le débat

Pas de débat avec les petits partis à la RTBF

RTBF

 

 

7sur7, le 11 mai 2010

Le Conseil d'administration de la RTBF a reconduit le dispositif électoral de 2007 et 2009 en ce qui concerne l'accès à l'antenne des partis sans représentation, rejetant ainsi l'hypothèse d'une intervention des petits partis dans le cadre des débats électoraux, peut-on lire mardi dans Le Soir.

La bande des quatre cadenasse le débat

La rédaction de la RTBF avait en effet proposé au CA de mettre les petits partis démocratiques en présence des quatre partis francophones disposant de parlementaires (PS, MR, Ecolo, CDH) et qui sont aussi les quatre partis représentés au sein du conseil d'administration, note le quotidien.

L'idée était de faire intervenir les petites listes dans les débats électoraux sur certains points particuliers, par exemple le PTB+ sur le social ou le RWF sur le communautaire. A l'unanimité, le CA a rejeté cette hypothèse.

Démocratie ?

"Nous devons répondre, nous, sur tous les sujets possibles ; il n'y a aucune raison que ces partis ne répondent que sur certains de leurs dadas alors qu'ils n'ont peut-être rien à dire à côté de ces sujets", ont argué les partis représentés au CA.

Les quatre partis traditionnels ont, de la sorte, exclu tout débat avec les petites listes. Comme l'an dernier pour les régionales, un débat mettra toutes ces petites listes en présence.

13:26 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03 mai 2010

La presse ne doit pas donner une image déformée de l’islam

La presse ne doit pas donner une image déformée de l’islam

 

Par

Devant les débordements de violence et d’instabilité qui caractérisent les pays à majorité musulmane, à commencer par l’Irak et l’Afghanistan, certains en déduisent à tort que cette violence découle de l’enseignement islamique, alors qu’en fait l’islam n’approuve en rien de tels actes. La presse ne fait rien pour calmer le jeu, préférant souvent mettre l’accent sur les activités de terroristes se réclamant de l’islam, au lieu de les dénoncer pour les criminels qu’ils sont et de témoigner de la nature véritable de l’islam.

Les médias montrent des terroristes musulmans armés de fusils en train de faire la prière, mais n’associent que rarement des termes comme terroriste, fanatique ou intégriste à un autre groupe religieux. Ainsi des expressions comme fanatiques hindous or terroristes juifs sont rarement employées, alors qu’on trouve dans tous les groupes confessionnels des gens qui se démarquent de la majorité.

Dans leur immense majorité, les musulmans sont épris de paix et vivent en harmonie avec ceux qui les entourent. Ils vous diront que l’essence de l’islam est la tolérance, la coexistence et le respect de toutes les religions. De fait, le Prophète Mahomet était connu pour son comportement digne, sa compassion et sa tolérance envers tous, sans distinction de race ou de religion.

L’islam est une religion universelle, pour tous les lieux et pour tous les temps. Il invite à la tolérance et au respect de la différence. Alors que notre monde se transforme en village planétaire, alors que le progrès technique rapproche les cultures et crée des liens entre les civilisations, nous devons choisir la voie de la tolérance religieuse, principe essentiel des sociétés démocratiques saines.

De nombreux versets du Coran viennent confirmer ce message de coexistence pacifique et d’harmonie. Un des éléments fondamentaux de l’islam est le principe de liberté de pensée et d’absence de contrainte en religion. Nulle contrainte en religion ! (2.256) et Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? (10.99).

Quand le Prophète Mahomet a fondé la première communauté musulmane à la Mecque, il a garanti la liberté confessionnelle, le caractère sacré de l’âme humaine et le droit à la sécurité pour les non-musulmans, y compris les chrétiens et les juifs – les Peuples du Livre, comme les appelle le Coran. Ils relevaient des mêmes droits et des mêmes devoirs que les musulmans, et bénéficiaient d’une protection contre les menaces extérieures.

L’islam ne se contente pas de reconnaître le droit à la liberté de culte pour les non-musulmans, il enjoint également de respecter les juifs et les chrétiens et leurs fois, soulignant que la foi est une affaire personnelle entre une personne et son Seigneur.

Les musulmans en général respectent le concept de la liberté religieuse tel que le prescrit le Coran. C’est ce concept qui est incarné dans la vie quotidienne, dans le pays où je vis, le Maroc, pays à majorité musulmane où les juifs ont vécu depuis des siècles en toute liberté de culte. La communauté juive marocaine a ses propres juges en matière de droit de la famille - successions, mariage, divorce - prouvant ainsi que la tolérance religieuse peut se vivre dans la pratique.

Le Prophète tenait à établir avec les non-musulmans des relations fondées sur le respect, l’égalité et la justice ; il recommandait qu’on les traite bien. Il disait : Celui qui fait du mal à un non-musulman est mon ennemi jusqu’au Jugement dernier et Celui qui a tué une personne protégée par un traité n’ira jamais au paradis. Ce respect est encore renforcé dans le hadith (dits et actes du Prophète Mahomet) rapporté par son compagnon Jaber Ibn Abdallah : le Prophète s’est levé au passage d’un convoi funèbre. Quand on lui dit : la défunte est une juive, il répondit : “N’est-ce pas une âme ?

Les enseignements de l’islam invitent au rapprochement et à la communication entre tous les peuples, ainsi qu’au mélange au sein des sociétés : Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des Nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez (49.13).

Il est important aujourd’hui que chacun - et surtout les médias - s’abstienne de n’évoquer l’islam qu’en rapport avec le terrorisme, et s’efforce au contraire de propager une connaissance de l’islam dans toute sa diversité.

Hind Al-Subai Al-Idrisi, (blogueur marocain), le 03 mai 2010

14:48 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22 février 2010

Tamazight, la première TV berbère est lancée au Maroc

Tamazight

La première TV berbère est lancée au Maroc

TifIrcam

Par Léa-Lisa Westerhoff,

Après un lancement plusieurs fois annoncé puis reporté, cette fois c’est officiel, «Tamazight», la chaîne en langue berbère, vient d'être lancée au Maroc. C'est le 8e canal du pôle audiovisuel public. Pour la première fois, la minorité berbère marocaine aura sa chaîne de télé avec six heures de programmes quotidiens en langue berbère pendant la semaine et dix heures le week-end. Pour le moment, Tamazight est en rodage sur la TNT (Télévision Numérique Terrestre) et sera entièrement opérationnelle dès le 1er mars.

Naïma Akke

Depuis deux mois, la jeune femme, pantalon noir, veste blanche et cheveux lâchés, est l’un des visages de Tamazight : «Pour nous c’est une très bonne nouvelle, cela fait longtemps qu’on attendait une chaîne de télévision berbérophone», commente la journaliste sur le point d’enregistrer son émission hebdomadaire.

Cette télévision, c’était l’une des revendications du mouvement amazigh au Maroc depuis l’indépendance du pays en 1956. C’est aussi la dernière initiative de l’Etat marocain pour désamorcer des conflits potentiels sur la base d’identités régionale. «C'est la réparation d’une injustice, cela fait plus de 45 ans que nous réclamons que l’amazigh ait une place dans les médias et dans l’enseignement», explique Rachid Raha, vice-président du Congrès mondial amazigh.

Au Maghreb, c’est au Maroc que la minorité berbère est la plus importante

En 2001, le Maroc avait créé l’Institut royal pour la culture amazigh, puis en 2003, la minorité a obtenu que le berbère soit enseigné au même titre que l’arabe dans certaines écoles, mais l’idée d’une télévision avait du mal à se dessiner. Depuis quatre ans, les berbérophones ont droit à treize minutes de journal quotidien en tamazight et neuf émissions par semaine, pas plus. «Le modèle, c’est l’Etat nation, centralisateur et homogène. On ne voulait surtout pas donner trop de place aux identités régionales», analyse Ahmed Assid, directeur de l’Observatoire amazigh des droits et libertés.

Pourtant, c’est au Maroc que la minorité berbère est la plus importante au Maghreb. Selon un recensement de 2004, contesté par les amazighs, 8,4 millions de personnes, soit un tiers des 32 millions de Marocains utilisent quotidiennement l'un des trois principaux parlers berbères : le tarifit dans le Rif (Nord), le tamazight dans le Moyen et Haut Atlas et le tachelit dans le Souss, principale région berbérophone dans le Sud. Mais sans enseignement généralisé et sans média, les militants amazighs craignent de voir cette langue disparaître peu à peu.

Aujourd’hui encore, Tamazight ne diffusera pas exclusivement en berbère : 30% des programmes seront en arabe. La chaîne étatique veut éviter l’étiquette communautaire. «Tamazight ne doit surtout pas être un ghetto linguistique», justifie Mohamed Mamad, le directeur de la chaîne publique. «Au Maroc, personne ne peut dire aujourd’hui qu’il est 100% arabe ou amazigh à 100%».

Eviter le scénario algérien

Dans ce cas, «pourquoi ne pas imposer que les deux autres chaînes publiques diffusent 30% de leurs programmes en amazigh ?», s'interroge en écho Abderahmane Lakhsafi. Pour ce professeur de philosophie à la faculté de Rabat, «cette chaîne a été créée en partie pour éviter une radicalisation du mouvement amazigh».

Il faut éviter le scénario algérien, quand en 2001 des manifestations amazighes avaient embrasé la Kabylie. Elles avaient forcé Alger à créer une chaîne de télévision kabyle en 2005 et faire du berbère une langue officielle.

Mais la création de tamazight ne règle pas tout au Maroc. La revendication principale du mouvement berbère demeure : la reconnaissance de l’amazigh comme langue officielle. «L’essentiel est là», martèle Abderahmane Lakhsafi. «Faire de l’amazigh une langue officielle c’est la seule façon d’empêcher qu’elle disparaisse. Or, il n’y a aucune raison qu’une langue nationale ne soit pas inscrite dans la Constitution».

sourit d’un air légèrement crispé. Elle respire à fond, regarde droit dans la caméra et d’une voix chaleureuse énonce : «Marhaba issoun agidoun gougrawou oussen ntamazight !». («Bonjour et bienvenue dans l’émission l’agenda de mon pays!»).
RFI, le 15 février 2010

18:21 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

12 décembre 2009

RTBF : Libère la parole islamophobe, ce racisme "respectable" !

RTBF

Libère la parole islamophobe, ce racisme "respectable" !

  

Rachid Z, le 12 décembre 2009 

  

Dans l’émission littéraire «Mille-Feuilles», présentée par le journaliste Thierry Bellefroid, rediffusée ce vendredi 11 décembre 2009 sur la Une, avait place, autour de l’invité d’honneur, le très narcissique Jean d’Ormesson, membre de l’Académie française, une certaine Wassyla Tamzali dont le livre «Une femme en colère», ne semble être qu’un vulgaire recueil de propos, islamophobes... même pas voilés.

 

Des sentiments quasi haineux à l’égard des personnes affichant un «look islamique», à savoir le voile pour les femmes ou la barbe pour les hommes sont propagés, sous couvert de promotion culturelle, par un média public, la RTBF

 

Jugez plutôt vous même si toutefois vous parvenez à retrouver sur le net l'entièreté de l'émission d'une durée 56 minutes.  

16:24 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

14 novembre 2009

Internet est-il la voix du peuple ?

Internet est-il la voix du peuple ?

Par Narvic,

Novövision  , le 29 octobre 2009

Certains voient dans l’expression libre qui se déploie sur internet, souvent marquée par des opinions «radicales» et même parfois de la «colère» ou du «ressentiment» , une sorte de «voix du peuple», un «miroir de l’opinion». Cette expression serait celle «simplement des citoyens, des Français»...

C’est oublier que de nombreux éléments nous indiquent au contraire que le «débat» en ligne est essentiellement animé par une infime minorité des internautes, qui se croit représentative alors qu’elle représente surtout elle-même, et qui, de surcroit, fait aussi partie des élites sociales du diplôme et du revenu, dont elle dénonce pourtant la mainmise sur le débat public.

Si internet constitue bien un réel progrès de la liberté d’expression par rapport aux médias traditionnels, on est encore très loin de la «démocratie numérique» car le débat en ligne est bel et bien aujourd’hui monopolisé par une minorité agissante.

Il y aurait donc un monde d’«en haut», celui du pouvoir et des élites sociales, et un monde d’«en bas», dont internet serait l’expression. Internet serait déjà un espace global, au sein duquel se formerait désormais l’opinion publique, prélude à l’émergence d’une démocratie directe de masse électronique... Ça viendra peut-être, mais on en est aujourd’hui très loin, et bien des discours courants sur internet aujourd’hui traduisent une perception biaisée, quand ils ne relèvent pas d’un fantasme partagé.

La perception, par bien des internautes, de l’importance d’internet et de son usage réel dans la population générale me semble en effet très décalée par rapport à la réalité.

Tout d’abord car tout le monde ne possède pas un ordinateur et n’a pas accès à internet (que ce soit à domicile ou au travail). Si la majorité de la population française est aujourd’hui connectée et fait un usage régulier d’internet, il reste tout de même une minorité non négligeable de 37% des Français qui ne se connectent jamais à internet.

Surtout, la répartition socio-démographique de l’usage d’internet est très inégalitaire : il y a de vrais accrocs (les jeunes, les urbains, les diplômés, les cadres, les hauts revenus) et d’autres qui ne le sont pas du tout (les vieux, les ruraux, les non-diplômés, les ouvriers, les bas revenus).

La population des internautes n’est donc pas du tout, socialement, économiquement et démographiquement, représentative de la population française

Ensuite, qui s’exprime en ligne ? Internet est sans aucun doute un formidable outil d’expression, qui élargit considérablement les possibilités offertes aux gens de se faire entendre par rapport au monde des médias traditionnels, dont l’espace est limité (volume de pages, temps d’antenne) et dont l’accès est contrôlé par des professionnels, selon la logique économique de leur support. Certes, mais

qui utilise réellement ces possibilités nouvelles d’expression ?

Là-encore la perception me semble biaisée et donner lieu à des fantasmes. Parmi les internautes, ceux qui s’expriment dans le cadre d’une forme de débat public en ligne sont une infime minorité. Et le problème, car il y a bien là un problème, c’est que cette infime minorité ne se perçoit pas elle-même comme telle.

On le constate dans tous les espaces d’expression ouverts sur internet, dans les blogs et leurs espaces de commentaires, dans les espaces de commentaires des médias en ligne et même dans les réseaux sociaux : l’écrasante majorité des lecteurs ne s’exprime jamais. Dans les forums des débuts d’internet, il existait même un terme pour les désigner, qui semble aujourd’hui tombé un peu en désuétude :

. Les élites sociales, justement, en termes de diplômes et de revenu, y sont même très sur-représentées. Et «la France d’en bas» y est, quant à elle, très sous-représentée, voire quasiment absente.

les lurkers

.

Non seulement ceux qui s’expriment sont très minoritaires (on peut avancer la proportion de 1% des lecteurs), mais parmi eux l’expression semble quasiment monopolisée par une toute petite minorité au sein de cette toute petite minorité. On atteint là un groupe d’une taille si réduite par rapport à l’ensemble de la population, qu’on ne peut plus le considérer comme représentatif d’autre chose que de lui-même et seulement de lui-même.

Considérer internet comme la voix du peuple, ou même seulement comme un miroir de l’opinion publique, est donc finalement, aujourd’hui, totalement abusif. Internet permet probablement une libération et un élargissement de la prise de parole en public par rapport aux médias traditionnels, mais l’usage qui en est fait reste très modeste. On a même le droit de penser qu’internet n’est pas, pour l’heure, cet espace où «le peuple» prendrait la parole à laquelle «les élites traditionnelles» lui refusaient l’accès, mais celui de l’émergence d’une autre forme d’élite, une aristocratie de l’expression en ligne, peut-être un peu plus large que l’autre, mais alors à peine et encore ce n’est même pas sûr.

Ce tableau ne poserait d’ailleurs pas de problème en soi, si l’on considère que l’espace d’expression d’internet est plus libre d’accès que celui des médias traditionnels - c’est donc une amélioration du débat démocratique. Mais ça le devient si cette minorité agissante d’internet s’affirme, et même se considère elle-même, contre toutes évidences, comme représentative d’autre chose que d’elle-même.

Pour le moment, et jusqu’à nouvel ordre, la légitimité démocratique réside toujours dans le suffrage universel. «La souveraineté nationale appartient (toujours) au peuple» et celui-ci «l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice» (

article 3 de la Constitution

). Ces représentants ne sont d’ailleurs pas uniquement les élus des institutions politiques, mais aussi ceux des «corps intermédiaires», les partis politiques, les syndicats et organisations professionnelles, et de multiples organisations représentatives et associations, formant cette «société civile», dépositaire elle-aussi d’une part de la légitimité démocratique.

On peut juste noter au passage que la France compte probablement bien plus d’élus politiques, syndicaux et associatifs, qu’elle ne compte réellement d’internautes actifs prenant la parole dans le débat public (à eux-seuls, les conseillers municipaux sont déjà plus d’un demi-million, alors que cette minorité agissante d’internet ne dépasse peut-être pas 100.000 individus aujourd’hui).

Notre société de masse moderne vit ainsi, encore de nos jours, sous le régime de la démocratie représentative, même si l’on sent monter depuis plusieurs décennies une aspiration à plus de démocratie directe. Ce mouvement s’exprime d’ailleurs «dans les deux sens» : des citoyens vers les représentants, sous la forme du référendum et des pétitions (dont la reconnaissance de la légitimité politique a été plusieurs fois étendue par des réformes de la Constitution ces dernières décennies), et des représentants vers les citoyens, à travers le développement de l’usage des sondages (qui sont une manière d’interroger l’opinion avant de prendre une décision). De nouvelles institutions démocratiques plus directes sont également développées, comme les enquêtes publiques, les conseils de citoyens (de quartier, de la jeunesse, des anciens, etc.), tous ces outils de ce qu’il est convenu d’appeler «la démocratie participative».

Internet ouvre, bien entendu, des perspectives pour développer de manière plus massive et en profondeur cette association de l’ensemble des citoyens au débat public, à la réflexion collective et à la prise de décision politique, mais les initiatives sont encore balbutiantes. Ne serait-ce que la question du vote électronique. Celui-ci est encore très loin d’être satisfaisant, alors de là à passer à la consultation en ligne, quand plus du tiers des Français n’est pas connecté à internet, il reste du chemin à parcourir...

 

 

 

18:12 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |