05 avril 2012

Zineb EL Rhazoui : "La véritable modernité, c'est la démocratie"

Zineb EL Rhazoui

"La véritable modernité, c'est la démocratie"

Dans le concert parfois ronronnant des discours sur les médias et l'information, le propos de Zineb El Rhazoui a le mérite de trancher. Interdite d'exercer sa profession de journaliste au Maroc, Zineb El Rhazoui a pris le parti de s'exprimer sur internet. A la caméra de TVREZE elle dénonce la complicité qu'elle perçoit entre les médias dominants français et l'actuel pouvoir marocain. Une situation qui selon elle, masque la réalité de la situation au Maghreb et s'explique par des conflits d'intérêts majeurs.

09 mars 2012

Photo de l'année 2011

Photo de l'année 2011

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La photo de l'année 2011 pour World Press. Le photo-journaliste espagnol Samuel Aranda, a pris cette photo dans un hôpital au Yemen après une manifestation contre le président Ali Abdullah Saleh. La photo a été prise le 15 octobre 2011

20:23 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le CMF censure Observations Citoyennes‏

Le CMF censure Observations Citoyennes

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Le Collectif des Musulmans de France (CMF), une organisation musulmane censée participer à la conscientisation citoyenne des jeunes (surtout musulmans), ne cesse de dénoncer dans l’hexagone Sarkozien les flagrantes atteintes à leur liberté d’expression, de presse, de pluralisme... et notamment, celle faite le 02 mars 2012 par les gestionnaires (PS) de la ville de Lille, qui en leur refusant l’accès à une salle municipale, ont donc infligé la censure d’une conférence-débat intitulée «Des révoltes des quartiers au réveil arabe».

La conférence s’est malgré tout tenue dans une autre salle (institut Avicenne). Or, il apparaît aujourd’hui, que ce même CMF pratique cette même censure qu’il n’arrête pas de dénoncer ! En effet, le blog Observations Citoyennes après avoir posté via Youtube (Conferencerie) un résumé vidéo de cette conférence-débat en est la victime sous prétexte, tenez-vous bien, d’une quelconque «atteinte aux droits d’auteur», cherchez l’erreur !

Vous pouvez toutefois visionner la vidéo (signée Conferencerie donc), censurée par le CMF pour "atteinte aux droits d'auteur", du contenu de la conférence-débat publique préalablement censurée, elle, par le PS de Lille, produite et réalisée par le gestionnaire du blog Observations Citoyennes, en vous connectant sur le site des lecteurs de Marc-Edouard Nabe.

23 février 2012

Boubker Jamaï

Boubker Jamaï

Journaliste marocain qui a remporté le prix international de la liberté de la presse

Interview réalisée par Radouane El Baroudi à la suite de la conférence organisée ce 22 février par le M20F Flandre à la VUB...

14:48 Écrit par Rachid Z dans Médias, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19 février 2012

Un numéro du quotidien El Pais interdit pour caricature du roi

Un numéro du quotidien El Pais interdit pour caricature du roi

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Par AFP, le 19 févier 2012

La distribution du numéro du quotidien espagnol El Pais, daté du 16 février, a été interdite au Maroc en raison d'une caricature du roi Mohammed VI, a indiqué samedi à l'AFP un responsable marocain.

"La décision d'interdiction a été prise en application de l'article 29 du code de la presse contre toute atteinte à la personne du roi", a précisé le haut responsable du ministère de la communication. "Dans cette caricature, a-t-il ajouté, y a une volonté délibérée de défigurer l'image pour porter atteinte à la personne du roi".

La caricature du roi dans El Pais, reprise d'une page Facebook, accompagnait un article du journaliste espagnol Ignacio Cembrero, spécialiste du Maroc. Interrogé par l'AFP, le journaliste s'est étonné de cette interdiction indiquant que la petite caricature en elle-même était "aimable et plutôt sympathique".

Selon lui, c'est la première fois depuis l'arrivée au pouvoir en janvier au Maroc du parti Justice et développement (PJD, modéré) qu'un journal étranger est interdit au motif d'une caricature du roi. Ignacio Cembrero a été, avec le directeur d’El País, le dernier journaliste étranger à interviewer le roi Mohammed VI en janvier 2005.

En début de semaine, un établissement privé marocain, l’Ecole de Gouvernance et d’Economie (EGE) de Rabat, a dû annuler une conférence sur les relations entre le Maroc et l’Espagne que devait prononcer, le 29 février le journaliste. Aucune raison n'a été donnée à cette annulation. Les principaux bailleurs de fond de cette école privée, fondée en 2008, sont l’Office Chérifien des Phosphates et un autre établissement public la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG).

L'interdiction d'El Pais survient alors des hebdomadaires français ont été interdits récemment au Maroc en raison de représentations du prophète Mahomet ou de Dieu, proscrites par la tradition musulmane.

Début février, la distribution d'un numéro du magazine français Le Nouvel Observateur avait été interdite au motif qu'il comportait une représentation de Dieu. Un mois plus tôt, le Maroc avait déjà interdit la distribution de cette revue qui avait publié un dossier sur le monde arabe aux prétexte d'une représentation en couverture du visage du prophète.

L'hebdomadaire français l'Express avait aussi été interdit en janvier pour avoir publié un dossier de 95 pages sur l'islam, avec le visage du prophète Mahomet. Il y a dix dix jours, la distribution d'un hors-série du magazine catholique Pèlerin, intitulé "50 clés pour comprendre l'islam", avait été interdite au motif qu'il contenait une "représentation" du prophète Mahomet, ce que l'hebdomadaire avait réfuté.

12:04 Écrit par Rachid Z dans Médias, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15 février 2012

Les médias sociaux, entre chiffres et mots !

Les médias sociaux, entre chiffres et mots !

Intervention du docteur/journaliste Fahd Al-Sunaidy directeur de la chaîne Al-Majd et présentateur de l'émission "Sa3aat Hiwaar" en ma compagnie lors d'un colloque. La vidéo est en arabe, français et néerlandais. Votre frère Azaouaj Iliass. 

02:32 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 février 2012

Le journalisme dans un monde numérique

Le journalisme dans un monde numérique

UNESCOPRESS, le 10 février 2012

Des professionnels et des responsables de plusieurs médias parmi les plus importants du monde, des universitaires, des experts du droit des médias et des représentants des organisations de défense de la liberté de la presse s’intéresseront à l’avenir du journalisme dans un environnement numérique, lors d’une conférence organisée au siège de l’UNESCO les 16 et 17 février.

Intitulée Le monde des médias après Wikileaks et News of the World, la conférence est organisée par l’UNESCO et l’ONG Comité mondial pour la liberté de la presse. Son objectif : mesurer l’impact sur le journalisme professionnel – avec ses pratiques, ses traditions et ses normes établies - des approches et des acteurs nouveaux désormais à l’oeuvre dans le monde numérique.

On estime que le nombre d’utilisateurs d’Internet atteignait deux milliards en 2011 et on recensait près de 156 millions de blogs publics, ce qui constitue une nouvelle forme de communication initiée par des journalistes citoyens.

Les participants s’intéresseront aux effets de la diffusion de milliers de câbles diplomatiques par le site Wikileaks et du scandale des écoutes téléphoniques qui a touché le journal britannique News of the World. Ils envisageront des pistes pour réconcilier liberté d’expression et normes professionnelles et éthiques dans un environnement numérique.

Evoquant l’objectif de l’UNESCO, inscrit dans son Acte constitutif, de promouvoir «la libre circulation des idées par les mots et par l’image», la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, déclare dans un message aux participants : «La réalisation de cet objectif nécessite une constante réactualisation de la réponse aux événements, aux développements politiques et au nouvel environnement des médias […]  Cela soulève d’importantes questions – des questions à propos de la régulation et de la sécurité, à propos de l’équilibre entre expression et responsabilité, entre la nécessité de rendre des comptes et la crédibilité».

La Directrice générale ouvrira cette conférence qui s’étendra sur deux journées. Le programme prévoit six débats qui seront notamment l’occasion d’envisager comment les professionnels des médias abordent l’environnement numérique ; le professionnalisme et l’éthique dans le nouvel environnement médiatique après Wikileaks et News of the World ;  la liberté d’expression sur Internet.

Les intervenants venus de toutes les régions du monde permettront d’aborder ces questions selon différentes perspectives.

Il s’agit de la deuxième conférence de l’UNESCO sur les défis posés par les médias numériques au journalisme. La première, intitulée Les nouveaux médias et la liberté de la presse, s’était tenue il y a cinq ans.

Ces deux événements s’inscrivent dans le cadre des activités de l’UNESCO dans le domaine de la communication et de l’information pour promouvoir la liberté d’expression, la liberté de la presse et l’accès à l’information.

La conférence est coparrainée par l’Association mondiale des journaux, le World Editors Forum et l’Institut international de presse, avec le soutien du groupe éditorial JP-Politiken (Copenhague, Danemark) ; le Programme média de la Fondation Open Society (Londres, Royaume-Uni) et la Fondation Nicholas B.Ottaway (New York, Etats-Unis).

La Conférence sera retransmise en direct à l’adresse suivante : mms://stream.unesco.org/live/room_4_en.wmv

Les journalistes souhaitant couvrir cet événement sont priés de s’accréditer.

 Contacts médias : Isabelle Le Fournis, Service de presse de l’UNESCO, i.le.fournis(at)unesco.org  +33(0)1 45 68 17 48

 ou Djibril Kébé d.kebe(at)unesco.org +33(0)1 45 68 17 41

00:33 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 février 2012

Liberté de la presse contre respect de la vie privée devant la Cour Européenne

Liberté de la presse contre respect de la vie privée devant la Cour Européenne

AFP, le 06 février 2012

Dans une de ces affaires, portées devant la CEDH en 2008, les plaignants sont la princesse Caroline de Hanovre (Caroline de Monaco) et son mari, le prince Ernst August.

Depuis le début des années 1990, la princesse Caroline s'efforce de faire interdire la publication dans la presse de photographies sur sa vie privée. En 2004, elle avait obtenu gain de cause devant la Cour de Strasbourg. Celle-ci avait estimé que la justice allemande n'avait pas protégé son "droit au respect de la vie privée et familiale", selon l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Se prévalant de cet arrêt, la princesse et le prince de Hanovre avaient engagé plusieurs autres procédures en Allemagne, visant à faire interdire la reprise de photographies prises à leur insu, publiées entre 2002 et 2004 dans deux magazines (Frau im Spiegel et Frau Aktuell).

La Cour fédérale de justice a approuvé l'interdiction de publier à nouveau deux clichés, mais débouté le prince et la princesse concernant une troisième. L'image en question, publiée début 2002, les représentait se promenant en vacances dans la station de ski suisse de Saint-Moritz.

Un article accompagnant ce cliché était intitulé "La princesse Stéphanie (soeur de Caroline), il n'y a qu'elle qui s'occupe du prince malade".

La Cour constitutionnelle allemande a considéré en février 2008 que les articles incriminés traitaient d'un sujet d'actualité (la maladie du prince Rainier) et que la presse avait le droit d'évoquer le comportement de membres de sa famille avec des photos.

Lors de l'audience publique devant la grande chambre de la CEDH, en octobre 2010, les avocats de l'Etat allemand ont soutenu la même thèse. Ils ont fait valoir que la princesse "héritière au trône d'un Etat membre du Conseil de l'Europe, était véritablement un personnage public", et que les articles et photos incriminés avaient pu contribuer au débat public sur la santé du prince et l'avenir de la Principauté.

Matthias Prinz, avocat de célébrités, a en revanche dénoncé une presse avide à publier des photos de sa "cliente en maillot de bain", au mépris de son désir de vie privée. "C'est une intrusion permanente dans sa vie par des paparazzi qu'autorise finalement la justice allemande", a-t-il martelé.

A l'inverse, dans l'autre affaire que les juges de la CEDH ont choisi d'examiner conjointement, c'est le groupe de presse allemand Springer, éditeur notamment du quotidien à grand tirage Bild, qui se plaint du non-respect d'un autre grand principe, la "liberté d'expression" (article 10 de la Convention).

Le groupe Springer s'est vu interdire en 2004 et 2005 toute nouvelle publication relative aux déboires de l'acteur de télévision Bruno Eyron, dont Bild avait révélé qu'il a été condamné à de la prison avec sursis en l'an 2000 pour possession de stupéfiants.

Un tribunal allemand a estimé que "le droit de l'acteur à la protection de sa personnalité l'emportait sur l'intérêt du public à être informé, même si la véracité des faits relatés n'était pas contestée".

Ce raisonnement a été confirmé en appel, puis par la Cour fédérale de justice et la Cour constitutionnelle.

07:37 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02 février 2012

Liberté de la presse : la France stagne encore

Liberté de la presse

La France stagne encore

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Par Jérémie Demay, 01 février 2012 

Dans le dernier classement de Reporters sans frontières, la France stagne. Les pays du Maghreb s’améliorent, mais la situation demeure préoccupante dans un grand nombre d’États où les journalistes restent les derniers remparts à une dictature.

Quels enseignements tirez-vous du dernier classement de Reporters sans frontières ?

Gilles LORBET : Nous observons des tendances en rapport avec l’actualité de 2011.  C’est-à-dire les mouvements de contestation, les rassemblements populaires, etc. qui ont rythmé l’actualité l’année dernière. C’est cela qui a pu faire bouger le classement d’un pays, souvent vers le bas. Les risques principaux pris par des médias étaient lors de manifestations. En premier lieu, on trouve le printemps arabe qui a entraîné de nombreux bouleversements. On voit le Bahreïn qui chute. C’est l’exemple type d’une censure réussie. Le Yémen a connu beaucoup de violence. La Libye aussi, où les mouvements d’opposition se sont transformés en conflits ouverts. La Tunisie, à l’inverse, a progressé de plus de trente places. L’enseignement principal est que cela renforce l’idée que l’information libre est du côté des démocraties. Le contrôle de l’information est un enjeu de survie dans les dictatures. C’est pour cela qu’en Syrie l’information est verrouillée ainsi que le net, et l’accès à son territoire interdit aux journalistes.

À côté du classement, un planisphère est édité. On voit des pays du Maghreb passer de la couleur noire au rouge. À l’inverse la Chine passe du rouge au noir. Que s’est-il passé ?

En termes de classement, la Chine n’a pas beaucoup évolué. Elle reste dans les dix derniers pays. Avant, il y avait quand même une information qui passait sur le net, on trouvait aussi des journalistes et des médias de renom. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Depuis le printemps arabe, les autorités chinoises se sont raidies à l’égard de l’information. C’est un pays qui est en proie à de grandes tensions sociales en ce moment. Le travail de propagande et de censure s’est considérablement durci. C’est pour cela que la Chine est passée du rouge au noir.

En Russie, la situation ne s’améliore pas non plus…

La Russie change, ce sera intéressant de voir ce qui va se passer pendant les élections. Il y a eu des manifestations de grande ampleur et elles n’ont pas été réprimées ! La situation est «moins pire»… Il y a encore quelques années, de nombreux meurtres de journalistes étaient perpétrés. Mais cela reste risqué pour un journaliste d’enquêter sur des sujets sensibles. Une censure sur le net se développe.

La France, l’an dernier, était 44eme. Cette année nous sommes en 38eme position. Pourtant la situation ne s’est pas forcément améliorée avec les pressions accrues des pouvoirs politiques, les écoutes, la censure… Comment la France a-t-elle fait pour gagner des places ?

Elle n’a pas vraiment gagné des places. C’est plutôt une stagnation. On peut gagner des places parce que d’autres en perdent. Il reste le problème du secret des sources. Charlie Hebdo a été victime d’un attentat et a brûlé. Il y a eu une menace contre un journaliste (1). Il y a eu aussi des incidents repérés en France. C’est pour cela que nous ne pouvons pas dire que la situation s’améliore. Elle est simplement moins mauvaise.

«En France, le secret des sources est malmené»

Quels sont les changements ?

En 2010, il y avait eu des diatribes assez violentes contre la presse, notamment autour de l’affaire Bettencourt. Les prises de positions de la part du pouvoir avaient été violentes. C’est aussi le tout début du scandale des fadettes. Cette année, le secret des sources est toujours malmené, mais la justice travaille.

Restons en Europe. Dans le classement, la Hongrie chute. Est-ce à cause de la politique du président Orbàn ?

C’est effectivement l’organisme de régulation des médias qui a pesé sur le classement.

Soixante-six journalistes ont été tués en 2011, plus deux collaborateurs. Ces chiffres demeurent effrayants…

Effectivement, c’est effrayant. Cette année, au Yémen c’était très violent. En Libye aussi… Mais dans certains pays, les violences contre la presse sont ancrées et perdurent comme au Pakistan, au Mexique, ou en Somalie. Il n’y a pas d’État de droit. C’est donc risqué pour un journaliste de travailler là-bas.

Pendant les révolutions arabes, la place des femmes journalistes était très compliquée. Doivent-elles se préserver pour couvrir des conflits ?

Non. Il faut qu’elles se préservent mais comme n’importe quels autres journalistes. Tout le monde doit rester prudent.

(1) Début septembre 2011, Fabrice Arfi, journaliste de Médiapart enquêtant entre autres sur l’affaire Karachi, reçoit une menace de mort de part de Pierre Sellier, dirigeant de l’entreprise d’intelligence économique «Salamandre».

13:41 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Le gouvernement Benkirane et le défi de la communication

Le gouvernement Benkirane et le défi de la communication

Par Mohammed Mraizika, le 02 février 2012

La communication gouvernementale, au sens d’«un service public» et non pas de «propagande» idéologique qui viserait l’endoctrinement et le contrôle des opinions et des initiatives, est un des outils privilégiés de sensibilisation, d’explication et de dévoilement des politiques publiques dans les plus grandes démocraties participatives. Au Maroc, c’est l’une des failles abyssales du système institutionnel. Nous sommes plutôt dans un état caractérisé d’incommunicabilité. La question est : le nouveau gouvernement, qui se veut proche et transparent, parviendra-t-il à combler cette faille et à inaugurer une ère nouvelle en matière de communication institutionnelle ? 

Le fléau de l’incommunicabilité

Si, en anthropologie,  l’incommunicabilité «dans les relations entre les hommes» est «du fait des différences de langue, de cultures, de systèmes de  référence» (Charlie Galibert, «L’incommunicabilité dans le cadre de la pratique anthropologique», Socio-anthropologie, N°23-24| 2009), l’incommunicabilité qui affecte les institutions nationales trouve sa source à la fois dans la complexité et l’inefficience des procédures et des outils employés et dans un mélange d’habitudes et de réflexes bien ancrés dans la culture administrative du pays. Le clientélisme, le favoritisme, la corruption et l’abus d’autorité ne sont, en définitif, que quelques-unes des manifestations de ce mal endémique qui entrave le bon fonctionnement du système institutionnel marocain. Les services publics de proximité (poste, hôpitaux, eau, électricité, conservation, impôts, préfectures, police, municipalités….) sont passés maîtres dans l’art de «noyer le poisson», d’entretenir le secret, de refuser le renseignement, et de ce fait, de mettre à rude épreuve les nerfs des usagers. Souvent, l’accueil est peu convenable, l’information une denrée rare, devenue, par la force des choses, monnayable. Les feuilles d’impôt et de soins, les factures d’eau, d’électricité et du téléphone sont hermétiques et incompréhensibles pour le commun des citoyens. Les opérations liées à la propreté et au ramassage des ordures ménagères, entourées d’opacité et très juteuses par ailleurs, ne génèrent que gêne et désagrément pour les citoyens.

Le plus triste dans l’histoire, c’est que peu de secteurs de la vie publique nationale échappent à ce fléau de l’incommunicabilité. Dans le domaine de l’économie, l’impact est considérable. Les entreprises les plus volontaires sont découragées par l’absence et/ou la rétention de l’information et par la complexité des procédures et règles en usage, notamment en matière d’attribution des autorisations (transport, construction, commerce) et de passation des marchés publics. Les Marocains du Monde les plus entreprenants et les investisseurs étrangers les plus sérieux sont rebutés par la manière dont leurs projets sont accueillis et traités. Aux tracasseries les plus absurdes s’ajoutent souvent les délais les plus aberrants. Tous ces «indignés», ces mécontents des services publics n’aspirent qu’à une chose, assez normale sous d’autres cieux : trouver en face d’eux des interlocuteurs compétents, capables de «communiquer» et, surtout, de fournir des renseignements fiables, indispensables à la conduite et à la gestion des affaires commerciales.

Le discours politique lui-même, est ennuyeux, décalé des réalités sociales. Incapable de produire de l’adhésion et du débat, ce discours ne suscite que rejet et indifférence voire pire, comme le souligne Roland Barthes : «Parler, et à plus forte raison discourir, ce n’est pas communiquer… c’est assujettir» (Extrait de Discours au collège de France).

Loin d’intégrer les mutations de la société civile, des technologies (réseaux sociaux/internet) et des opinions qui s’y expriment dans leur grande diversité avec méthode, rapidité et slogans percutants (cf. le Mouvement du 20 février), la communication institutionnelle en cours dans notre pays est en faillite. Elle est solidement arrimée à des pratiques que structurent des conceptions et des méthodes de gestion et d’exercice du pouvoir des plus archaïques.  Elle est, à ce titre, un frein est une tare dommageable à la fois à l’image du pays et à son évolution politique, sociale et économique.

Une lapalissade

C’est élémentaire mon cher Watson, une communication institutionnelle défaillante nuit à l’établissement de relations apaisées et confiantes entre les services de l’Etat et les citoyens. C’est l’incommunicabilité qui favorise l’incompréhension et la suspicion et rend possible toutes sortes d’abus d’autorité. Là où il y a rétention de l’information, les foyers de la corruption prospèrent et lorsque le message politique et institutionnel est brouillé les politiques publiques sont mal perçues et les urnes désertées.

L’incommunication favorise la confusion en réduisant les frontières qui existent entre l’intérêt général et l’intérêt particulier. La perception du sens du devoir et de  la responsabilité est elle-même brouillée.

La différence faite par les spécialistes entre «communication politique et communication publique» garde ici toute sa pertinence. Pour Thierry Saussez «la communication gouvernementale n'est nullement personnalisée. Elle ne porte pas sur des idées, des concepts ou des promesses, mais sur des faits précis, des mesures, des réformes ou des comportements qui vont dans le sens de l'intérêt général ou du mieux vivre ensemble» (cf. Pour ou contre la communication gouvernementale, Le Figaro, du 28/02/2009).                      

Le type de communication qui domine au sein de la plus grande majorité des institutions nationales est fait d’une confusion des genres : intérêt personnel, pécuniaire et centré, se mêlant et se mélangeant à l’intérêt collectif et général. En effet, lorsque la promotion d’une politique publique, d’une campagne de sensibilisation et d’information (Cancer, maltraitance, civisme, conduite à risque, civisme, vote…), ou une tournée ministérielle, privilégie la personne du Ministre et néglige la cause elle-même, lorsque c’est le parti d’origine qui récolte les bénéfices de l’action de communication – payée par le contribuable- et non le Ministère ou la catégorie de citoyens concernée, tous les repères se trouvent dévoyés et les effets réduits. Lorsque les Ministres partisans coalisés au sein d’un même gouvernement, favorisent en priorité leur clan et leur chapelle politique au détriment du collectif et du gouvernement auquel ils appartiennent, c’est la cacophonie, le conflit et la méfiance qui s’installent. Cette attitude irresponsable est coûteuse, déstabilisatrice et peu productive. L’exemple du gouvernement sortant est à ce propos fort éloquent.

Par conséquent, le nouveau gouvernement, qui se veut «communiquant», qui inscrit son action - sa stratégie et son discours - dans une démarche volontariste, privilégiant la transparence, le respect de la souveraineté du peuple, la proximité et la concertation, doit veiller à ce que le Comment et le Pourquoi «communiquer» des services publics et des institutions nationales trouvent de la hauteur et du sens. La lutte contre le fléau de l’incommunicabilité doit être, compte tenu de ses enjeux et effets, directs et collatéraux, sur le fonctionnement des institutions et la crédibilité de l’action gouvernementale, l’une de ses premières préoccupations. Responsable des politiques publiques, il a l’obligation - morale et politique - de les expliquer et d’informer les citoyens sur leur teneur et leur utilité.

Toutefois, il ne peut y avoir participation ni communication ou échange et débat démocratique sans respect des libertés publiques et individuelles, sans une véritable indépendance de la presse et sans l’association de la société civile dans sa grande pluralité et diversité. Dans les démocraties représentatives et participatives les plus avancées, le respect de la liberté d’expression, des oppositions et des opinions contraires et le contradictoires, est une vertu et non une faiblesse.  De même, il ne peut y avoir de bonne gouvernance sans la primauté du droit qui passe par l’éradication de la gabegie, de l’impunité et de toute forme d’abus de pouvoir, qui sont de véritables fléaux qui trouvent dans le secret et l’anarchie institutionnelle, et donc dans l’incommunicabilité, un terreau favorable. C’est le prix à payer pour que ce rêve longtemps caressé par le peuple marocain, d’un Etat de droit, devienne enfin réalité.

09:32 Écrit par Rachid Z dans Médias, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

31 janvier 2012

Racisme ou propos maladroits ?

Racisme ou propos maladroits ?

(Excellent article !) (Rachid Z)

Par Kaoutar Harchi, le 31 janvier 2012

L’affaire commence le 13 janvier 2012. La journaliste Nathalie Dolivo publie dans le magazine ELLE (papier et internet) un article intitulé «Black fashion power» où elle entend décrypter le style vestimentaire actuel des jeunes femmes noires américaines car, au fond, explique Nathalie Dolivo, «le chic est devenu une option plausible pour une communauté noire jusque-là arrimée à ses codes streetwear» et cela grâce, notamment, à l’arrivée au pouvoir d’un Barack Obama qui aurait permis aux siens d’«intégrer les codes blancs sans avoir oublié [leurs] racines

Cette appréhension du phénomène des tendances vestimentaires outre-Atlantique fondée sur le postulat de l’existence d’«une mode noire» a provoqué de nombreuses réactions de protestation. Anonymes et personnalités publiques – parmi lesquelles Audrey Pulvar, Inna Modja, Sonia Roland – ont fortement condamné de tels propos et poussé Valérie Toranian, rédactrice en chef du magazine ELLE, à présenter ses excuses, dix jours plus tard, à tous ceux et à toutes celles qui s’étaient sentis offensés par cet article.

Au-delà de la polémique qui, soyons-en sûrs, sera prochainement chassée par une autre, demeure une interrogation plus grave : comment comprendre la persistance d’une certaine forme de discours social opérant de constantes réifications de la croyance en des distinctions raciales supposément à l’origine du comportement des individus ? Jusqu’à maintenant, ce sont les performances des athlètes noirs qui avaient, le plus souvent, été soumises à des explications essentialistes établissant des corrélations entre la rapidité du coureur, par exemple, et sa morphologie anatomique.

L’article de Nathalie Dolivo – d’ailleurs plus symptomatique qu’emblématique des maladresses de la pensée journalistique – en remplaçant les rapports de classe à l’œuvre dans la société américaine par des rapports ethniques, soulève la question, ô combien sensible dans le champ des sciences sociales françaises, des incidences du culturel sur les actions des individus (1).

Le phénomène de la mode, fait social total, loin d’être fondé sur des clivages absolus relatifs à la couleur de peau, permet aux hommes et aux femmes de définir leur identité sociale à travers des jeux constants de combinaison, de mélange et de synthèse stylistiques. Cette affirmation de soi qui se veut affiliation symbolique à un groupe de pairs, aux Etats-Unis comme ailleurs, est largement tributaire d’une volonté tenace de distinction et d’une recherche de conformisme social. Abordé ainsi, il semble alors que n’ayons plus affaire qu’à des… individus. Alors ? Exit à jamais le facteur de l’ethnicité ? Le débat est ouvert.

(1) A cet égard, souvenons-nous du débat passionnel qu’avait provoqué la publication de l’ouvrage Déni de culture du sociologue Hugues Lagrange qui défendait alors l’idée selon laquelle la catégorie ethnique était scientifiquement valable pour expliquer la régularité de faits sociaux.

26 janvier 2012

Liberté de la presse au Maghreb

Liberté de la presse au Maghreb

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14:21 Écrit par Rachid Z dans Médias, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 octobre 2011

La Cour de cassation donne raison à un blogueur contre le maire d'Orléans

La Cour de cassation donne raison à un blogueur contre le maire d'Orléans

AFP, le 06 octobre 2011

La Cour de cassation a annulé jeudi les condamnations d'un blogueur qui avait dû verser plusieurs milliers d'euros de dommages et intérêts au maire UMP d'Orléans Serge Grouard pour l'avoir tourné en dérision lors des élections municipales en 2007.

La cour condamne M. Grouard à rembourser Antoine Bardet, alias Fansolo, de toutes les sommes qu'il a versées au député-maire. L'élu devra en outre payer 3 000 euros au blogueur au titre des dépens, a expliqué l'avocat de M. Bardet, Me Emmanuel Tordjman.

Le blog incriminé, baptisé ironiquement "Les amis de Serge Grouard", avait fonctionné entre septembre 2007 et juin 2008. Son auteur, qui figurait sur une liste électorale de gauche aux municipales, avait été identifié au terme d'une longue expertise à l'initiative du maire.

En octobre 2008, Antoine Bardet avait été condamné à verser 7.400 euros de dédommagements à M. Grouard, ainsi que plusieurs milliers d'euros notamment pour les frais d'avocats. La cour d'appel d'Orléans avait confirmé la décision en mars 2010.

Dans un arrêt rendu jeudi, la Cour de cassation a annulé ces deux décisions, estimant qu'un tel abus de la liberté d'expression relevait non pas de la responsabilité civile mais de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

"Les abus de la liberté d'expression ne peuvent être réprimés que par la loi du 29 juillet 1881", tranche la Cour dans son arrêt.

"C'est une belle victoire pour la liberté d'expression", a réagi Me Tordjman, joint par l'AFP.

"La décision est claire et nette : quel que soit le support, un blog, internet, un journal, on doit impérativement soumettre son action à la loi sur la liberté de la presse", a-t-il expliqué.

La mairie d'Orléans n'avait pas réagi jeudi soir.

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19 juillet 2011

Cuba : un ex-journaliste espagnol jugé pour proxénétisme et corruption de mineurs

Cuba

Un ex-journaliste espagnol jugé pour proxénétisme et corruption de mineurs

AFP, le 18 juillet 2011

Un procès pour proxénétisme et corruption de mineurs s'est ouvert lundi à La Havane contre un ex-journaliste espagnol de télévision, Sebastian Martinez, qui avait réalisé en 2008 un reportage controversé sur la prostitution infantile à Cuba.

"Le procès tourne autour de l'existence ou non de la prostitution", a expliqué à l'AFP le consul espagnol à La Havane Pablo Barrios qui espère que les accusations initiales contre son compatriote seront abandonnées.

Le parquet devait requérir quinze années de prison contre l'ancien journaliste. L'avocat du prévenu, Ovidio Venero, entendait pour sa part demander une relaxe de son client.

Le reportage "Cuba prostitution infantile", réalisé par Sebastian Martinez et diffusé par une télévision privée espagnole, a été projeté à l'audience. Selon le consul d'Espagne, le journaliste "n'a pas payé un centime" aux enfants qui apparaissent dans le film.

Après avoir abandonné le journalisme, Sebastian Martinez avait été arrêté en juillet 2010 à son arrivée à Cuba où il venait comme directeur-gérant d'une entreprise touristique espagnole.

En cas de condamnation, a indiqué le consul, les autorités espagnoles demanderont immédiatement que l'ex-journaliste espagnol soit autorisé à purger sa peine en Espagne.

17 juillet 2011

Pourquoi Google boycotte lesoir.be ?

Pourquoi Google boycotte lesoir.be ?

L'interview de Philippe Laloux, responsable de l'édition électronique du Soir

13:02 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |