26 avril 2012

L'UNESCO célébre la journée mondiale de la liberté de presse en Tunisie du 3 au 5 mai

L'UNESCO célébre la journée mondiale de la liberté de presse en Tunisie du 3 au 5 mai

TunisieFocus, le 26 Avril 2012

«La liberté de la presse, un vecteur de transformation des sociétés», tel est le thème de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse qui sera tenue par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), en une première arabe, à Tunis du 3 au 5 mai prochain. «Cette année, nous avons choisi la Tunisie car elle a été à l’origine de tout un air de révolution et de changements dans les pays arabes. Cette conférence servira de plate-forme en matière de liberté de presse puisqu’elle ouvrira un débat sur plusieurs volets concernant ce sujet. C’est une première qu’on célèbre cette journée dans un pays arabe et avec un tel nombre de partenaires», a indiqué, hier lors d’une conférence de presse, Mehdi Ben Chelah, chef de bureau de l’Unesco à Tunis.

Il a affirmé qu’une telle conférence pourra influencer l’état de la liberté de la presse durant les années à venir, entre autres à travers l’élaboration d’une déclaration finale. Ben Chelah a précisé que le programme de ces célébrations onusiennes comporteront des tables rondes autour de plusieurs thèmes dont notamment la sécurité des journalistes lors de l’exercice de leur profession et le rôle des médias dans les pays en phase de transition démocratique.

Selon lui, cette manifestation est organisée par l’UNESCO en collaboration avec le gouvernement tunisien ainsi que plusieurs organisations tunisiennes et étrangères.

En marge de cette célébration et comme à l’accoutumée, l’on procèdera à décerner le Prix mondial de la liberté de la presse Unesco/Guillermo Cano, dans sa version 2012. Ce prix est destiné à distinguer une personne, une organisation ou une institution qui a contribué notablement à la défense et/ou à la promotion de la liberté de la presse, notamment si elle a pris des risques pour cela.

Contre l’agression, pour le développement «Nous appelons tous les pays, dont la Tunisie, gouvernements, associations... à encourager et développer des initiatives en faveur de la liberté de la presse. La partie tunisienne a vraiment compris l’enjeu que porte l’organisation de cette Journée mondiale de la liberté de la presse sur son sol. Une occasion à saisir certainement pour garder l’espoir en un avenir meilleur des médias. En tant que Nations unies, nous sommes contre toute agression contre le journaliste ou sa profession, ce qui sera débattu dans la conférence in ternationale que nous organisons», indique Amor Nekhili, directeur au Centre d’information des Nations unies à Tunis.

Pour sa part, Lotfi Madani, chargé de la communication à la Banque africaine de développement, l’un des partenaires de l’Unesco sur cet événement mondial, a souligné l’importance de la liberté de la presse en tant qu’allié pour le développement. Il a ajouté : «La liberté de la presse est en quelque sorte le garant d’un développement accru car elle est la condition qui permet de rester vigilant. Elle oblige les gouvernements et les opérateurs économiques à rendre compte des placements des financements que des institutions, comme la nôtre, fournissent. Une presse solide, avisée et bien formée peut nous donner un meilleur feed-back des gens concernées par les projets de développement que nous finançons. Ceci permet de rectifier des stratégies entières en matière de développement et c’est très important».

Les célébrations de Tunis seront ainsi l’occasion d’une grande conférence, qui portera, entre autres, sur les médias sociaux et les médias des jeunes, sur la sécurité des journalistes et des professionnels des médias, et sur les normes professionnelles et éthiques, notamment dans un contexte de transition vers une démocratie. Le rôle des législateurs et des hommes politiques dans la réglementation des médias et le développement de la radiodiffusion de service public, l’accès à l’information, la propriété des médias et la cartographie des médias numériques. Les organisateurs préconisent de lancer des sessions interactives dans le but d’engager un débat à une large échelle.

15:10 Écrit par Rachid Z dans Médias, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25 avril 2012

L'islamisme est-il soluble dans le glamour ?

L'islamisme est-il soluble dans le glamour ?

Le Soir, le 25 avril 2012

Créé en juin 2011, le mensuel Âlâ - "beauté", en ottoman - s'est déjà fait une place parmi les magazines féminins. Il tirait par exemple à 20.000 exemplaires en janvier, un peu moins que les versions turques de Cosmopolitan, Vogue et Elle (27.600, 25.800 et 21.700 respectivement) mais plus que Marie Claire (18.600). Dans ses pages au papier luxueux, le magazine propose des photos de mannequins professionnelles et amateurs, vêtues selon les canons de la mode "tesettür" (voilée): foulard, robes longues, formes effacées, bras couverts ; mais aussi conseils santé, entretiens avec des célébrités ou encore pages voyage.

Âlâ ne cache pas un certain militantisme : "Voilée is beautiful" clame une de ses publicités, scandant en sous-titre "ma voie, mon choix, ma vie, ma vérité, mon droit". Mais ces slogans semblent davantage un hommage aux luttes du passé, quand la laïcité, en vigueur en Turquie, était appliquée avec toute sa rigueur et que le port du foulard islamique était interdit dans les universités et la fonction publique. Rédactrice en chef d'Âlâ à 24 ans, Hülya Aslan, a connu ces temps difficiles. A cause de son foulard, elle a été contrainte de renoncer à l'enseignement supérieur et trouver un travail dans la banque, quand certaines de ses amies choisissaient de porter une perruque pour contourner un règlement draconien anti-islamiste. "Maintenant, il y a une normalisation, une amélioration. Désormais, nos camarades voilées peuvent entrer à l'université et ont davantage d'opportunités professionnelles. Depuis cinq ou six ans, on peut dire qu'on a passé le cap", affirme la jeune femme.

Avec un gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002, la laïcité est en effet devenue une notion plus élastique et les foulards ne sont plus vraiment ostracisés: la femme du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et celles de nombreux ministres le portent. Dans les milieux pieux, l'heure est à l'affirmation de soi, et le monde de la mode a compris qu'il y avait là un marché porteur - d'autant qu'environ trois femmes sur cinq en Turquie portent un foulard ou un voile. Et le magazine, créé par deux publicitaires, entend bien profiter de cette vague de fond, qui lui assure de confortables revenus publicitaires

22:52 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Médias, Turquie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Et si l’on parlait d’islam ?

Et si l’on parlait d’islam ?

Pour répondre à ceux qui attisent les tensions, pour éviter tout repli identitaire, croyants ou non-croyants doivent bâtir des ponts de compréhension mutuelle.

Le Centre d’Action Laïque (CAL) souhaite défendre toutes les démarches, toutes les positions d’ouverture et de liberté, respectueuse de la diversité et soucieuses des enrichissements réciproques.

C’est dans cette perspective que le président du CAL, Pierre Galand, à le plaisir d’inviter Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux et John Paul Lepers, journaliste et réalisateur du document «Qui a peur de l’islam ?», qui sera diffusé vers 19h00 et suivi d’un débat modéré par la journaliste Gabrielle Lefèvre.

Le Samedi 12 mai 2012 à partir de 18H30, à l’Espace Magh’ : 17 rue du Poinçon à 1000 Bruxelles

(A tout citoyen défendant «les positions d’ouverture et de liberté», «respectueux de la diversité et soucieux des enrichissements réciproques», laissez-moi vous rappeler le contenu de la doctrine de l’ancien dignitaire du CAL, Phillppe Grollet. Dans son ouvrage intitulé «Laïcité : Utopie et Nécessité», ce prélat de la laïcité qui a occupé sans interruption durant 16 années (1988-2004) la présidence du CAL, ce qui d'ailleurs lui a valu le titre de pape de la laïcité, expose sa morale, sa conception de la laïcité et ne se prive pas de nous livrer le regard "humaniste", càd très stéréotypé qu'il porte sur ses concitoyen(ne)s croyant(e)s.

Je vous propose, à travers quelques passages tirés de son receuil de sagesses, de mieux cerner la "spiritualité" qui anime cet avocat : "La morale laïque est celle qui se fonde sur un humanisme délivré de toute référence divine, c’est une conception de vie non confessionnelle fondée sur des valeurs : on parle alors de laïcité philosophique. (…) elle suppose l’engagement moral des individus sur des valeurs humanistes tirées de la pensée critique dégagée des dogmes et du surnaturel" (p. 5).

Une affaire de mots ? : "Évidemment, on ne peut pas non plus faire l’impasse sur le fait que l’islam génère aussi, de part le monde, un mépris de la vie humaine et que des milliers de musulmans sont éduqués dans la certitude que se faire exploser avec le plus possible de civils innocents assure l’entrée au paradis". (p. 9).

La longue marche : "Mais ces luttes ont surtout apporté une réponse pluraliste aux grands débats de société de ces dernières décennies : contraception, avortement, statut de l’enfant né hors mariage, divorce-remède, euthanasie, mariage homosexuel, protection des minorités. À cet égard, c’est bien sûr la conjonction des engagements progressistes de bords différents qui a rendu possibles ces avancées..." (p. 34).

L’impartialité de l’État ne suffit pas : "On ne peut que constater que le fondamentalisme religieux fait des émules en Égypte, en Afghanistan, au Moyen-Orient, mais aussi dans nos villes, dans des milieux islamiques" (p. 42)

Réhabilitation du plaisir : "Le paradoxe est que l’interdit bête et brutal, dont l’Église et la Mosquée ont été et resteront encore en grande partie les gardiens tartuffes, fait le lit de très graves dérives. C’est en refusant d’aborder la vie sexuelle et affective avec simplicité et franchise, et en entourant le sexe d’une chape de secret, qu’on favorise la pédophilie et les violences sexuelles" (p. 53).

La question du voile : "Bien plus encore que le christianisme, l’islam est otage du Livre. En l’occurrence, le Coran comporte un florilège de versets qui incitent à la haine et à la discrimination : haine de l’"incrédule", haine du juif et discrimination sexuelle. Heureusement les musulmans ne lisent pas tous le Coran et beaucoup de ceux qui le lisent font le tri" (p. 87).) (Rachid Z)

24 avril 2012

Lutte contre le terrorisme face à la liberté de naviguer sur le net

Lutte contre le terrorisme face à la liberté de naviguer sur le net

Par Yaël Cohen-Hadria, Avocat, le 24 avril 2012

Dans le cadre de son action de lutte contre le terrorisme, le gouvernement s’attaque à internet et propose une loi aux fins de punir les internautes qui consulteraient des sites faisant l’apologie d’actes terroristes ou contenant des messages incitant à des actes de terrorisme.

On verrait s’ajouter au Code pénal un article ainsi rédigé :

«Art. 421-2-5. – Le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne mettant à disposition des messages provoquant directement à des actes de terrorisme ou faisant l’apologie de ces actes au moyen notamment d’images montrant la commission d’infractions d’atteinte volontaire à la vie est puni de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Le présent article n’est pas applicable lorsque la consultation résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public, intervient dans le cadre de recherches scientifiques ou est réalisée afin de servir de preuve en justice.»

Il convient tout d’abord de soulever une première difficulté, les hébergeurs :

ont l’obligation de conserver les données des personnes ayant contribué à la création d’un contenu.

ne sont donc pas tenus de conserver les données des personnes qui consultent leur site internet. Pire, les autorités telles que la Cnil préconisent un effacement régulier de ces données de navigation.

Il a été demandé au Conseil National du Numérique (CNNum) de donner son avis sur ce projet de loi.

Le CNNum estime que «la lutte contre les contenus et les comportements illicites diffusés et propagés sur l’internet demeure un objectif important. La participation des acteurs de l’internet à cette lutte s’inscrit notamment dans la démarche de coresponsabilité prônée lors du eG8 Forum et reprise dans la déclaration finale du G8 des 26 et 27 mai 2011.»

Mais le CNNum rappelle également que «cette participation des acteurs de l’internet à la lutte contre toutes les formes de cybercriminalité doit s’inscrire et être conciliée avec un certain nombre de principes comme ceux de proportionnalité ou de liberté d’expression et de communication

Ainsi, le CNNum a prononcé quelques recommandations telles que :

1. Circonscrire d’avantage la définition du délit de consultation

2. Préciser ce qui est ou non caractérisé de contenu «provoquant des actes de terrorisme ou faisant l’apologie de ces actes»

3. Poser des critères objectifs à la notion de consultation «habituelle»

4. L’exclusion des correspondances privées

5. Déterminer la place des hébergeurs et des moteurs de recherche. Ainsi le texte devra être interprété de manière à pénaliser non pas la consultation du site de l’hébergeur, mais bien du seul contenu terroriste stocké chez l’hébergeur. Sur ce point le CNNum ajoute que «la participation des acteurs de l’internet à cette lutte s’inscrivant notamment dans la démarche de coresponsabilité prônée lors du eG8 Forum et reprise dans la déclaration finale du G8 des 26 et 27 mai 2011, il pourrait être envisagé de faire figurer ces infractions aux côtés de celles visées au 3e alinéa de l’article 6.I.7»

6. Maintenir l’exception aux fins de journalisme, de recherches scientifiques ou de recherches d’infractions.

Hébergeurs : un sujet à suivre de manière assidue…

21 avril 2012

"Comment parler de l'islam en Belgique?"

"Comment parler de l'islam en Belgique?"

MISE AU POINT

Peux-t-on débattre de tout ? Cette semaine, la question s'impose suite à la polémique autour du reportage de "Questions à la Une" sur l'islam. Philippe Moureaux, vice-président du PS, a jugé l'émission "scandaleuse" : "c'est comme ça que Goebbels essayait aussi d'attaquer les Juifs, comme maintenant certains attaquent les musulmans".

Alors, comment parler de l'islam en Belgique ? La critique est-elle possible ? Selon l'Association des Journalistes Professionnels, "informer sur les religions devient de plus en plus difficile pour les journalistes". Pourquoi ? Y a-t-il des tabous ? Après les polémiques, Mise au Point élargit le débat. Le reportage posait la question de la réislamisation des communautés arabes et turques et de la radicalisation partielle d'une minorité de ses membres. Qu'en est-il ? Comment parler de l'islam intégriste sans stigmatiser l'islam intégré ?

Débat à 11h50

Olivier Maroy et Thomas Gadisseux ont invité:

Philippe Moureaux, vice-président du PS

Louis Michel, MR, député européen

Sarah Turine, secrétaire politique bruxelloise d'Ecolo

Hamza Fassi-Fihri, CDH, député bruxellois

Yacob Mahi, théologien et islamologue

Hamid Benichou, administrateur de BXL-Espace Intercommunautaire

Musta Largo, artiste et chanteur

Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l'information RTBF.be

Edouard Delruelle, directeur du Centre pour l'égalité des chances

20 avril 2012

Projection au Nova : DSK, Hollande, etc.

Projection au Nova

DSK, Hollande, etc.

Le dernier film de Pierre Carles, en présence de Julien Brygo et Aurore Van Opstal

Les rapports médias-politique passés au crible avant l’élection présidentielle de 2012. Ou comment la presse présélectionne les candidats compatibles avec les intérêts du pouvoir économique. Après avoir fait le forcing pour la candidature de Dominique Strauss-Kahn en 2010, c’est sur François Hollande que se sont reportées les voix des «grands» médias à partir de l’affaire du Sofitel de New York.

Particularité des deux hommes : ils ont tous les deux fait Sciences-Po et l’école de commerce HEC. En n’imaginant pas d’autre second tour possible qu’un duel Hollande-Sarkozy et en présentant cet affrontement comme un combat gauche-droite alors qu’il s’agit plus vraisemblablement d’un affrontement centre droit-droite dure, les médias dominants cherchent-ils à éviter la présence d’un vrai candidat de gauche au second tour de l’élection présidentielle ?

Première version

Le 10 mai 2012 à 20h00

Cinéma Nova

Rue d’Arenberg, 3 à Bruxelles

19:16 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19 avril 2012

Pourquoi le reportage de la RTBF sur l'islam n'est pas à rejeter

Pourquoi le reportage de la RTBF sur l'islam n'est pas à rejeter

Le Soir, le 19 avril 2012

Felice Dassetto Sociologue, membre de l'Académie royale de Belgique  Questions à la Une suscite des émotions sincères et des propos déplacés. Frédéric Deborsu m'avait contacté pour participer à son reportage. Je lui avais dit et écrit que je ne le souhaitais pas, car mon expérience passée avec la RTBF m'avait fort déçu. Mais, ayant regardé Questions à la Une, j'ai écrit à M. Deborsu pour lui dire que je trouvais qu'il avait fait du bon travail journalistique, malgré des critiques à faire. Mon propos contraste avec pas mal d'opinions qui se sont manifesté ces jours-ci

Il me semble d'abord important de situer l'émission. Elle est dans le genre de Questions à la Une, au style piquant. Ce n'est pas une émission sur la jeunesse musulmane en général ni sur l'interculturel en général. C'est une émission sur une réalité religieuse, qui a ses dynamiques et ses logiques. Mais ce n'est pas une émission didactique ou descriptive de la totalité de l'islam. Le point de départ de la rédaction a été l'épisode de l'ULB, qualifié erronément par pas mal de journaux et d'hommes politiques, comme une expression de l'islamisme. Ont suivi d'autres événements : l'incendie de la mosquée chiite, l'exclusion d'une conseillère CDH à Verviers. Pourquoi choisir de parler de «la montée de l'islam» ? C'était une de mes objections. La réponse est que cette réalité s'est imposée. Toujours est-il que, de toute manière, les médias ont bien le droit de poser la question «Faut-il craindre la montée de l'islam ?» sans que cela soit par nature stigmatisant. Tout dépend de la manière de la traiter.

Le cadre étant celui-là, il importe de regarder toute l'émission. J'ai l'impression que les réactions suscitées n'ont retenu que l'un ou l'autre aspect ou la bande-annonce. Je pointe rapidement et de manière incomplète quelques aspects.

D'abord, la longue séquence sur l'instrumentalisation du religieux par les politiques, musulmans ou pas musulmans et sur l'ethnicisation électorale. Intéressante. La question de la «double allégeance» est importante. Il serait évidemment utile de poser la question en général : la Belgique n'est-elle pas le paradis de l'ethnicisation politique ?

La méconnaissance des réalités par les hommes politiques est intéressante : on dirait que Desthexe n'est plus sorti dans la rue depuis quinze ans et que le bourgmestre d'Anderlecht a besoin d'un cours pour connaître un peu mieux la réalité de l'islam de sa commune. Par contre, Moureaux qui joue à fond la carte ethnique, a un propos fort : sentiment réel ou parfois imaginaire de discrimination.

Intéressants, les propos des jeunes. Des femmes, s'affichant comme religieuses ou pas, qui tiennent des propos clairs, directs. Elles affirment leur religiosité, mais disent sans hésiter leur intégration. Parfois peu critiques sur elles-mêmes, lorsqu'elles clament comme une évidence l'obligation absolue du port du foulard. Une jeune femme remet à sa place, avec sourire, Deborsu qui fait de la provocation. Lui demandant s'ils peuvent se serrer la main, elle lui répond que son refus n'a rien à voir avec l'intégration ou la connotation sexuelle (ce qui n'est pas nécessairement vrai dans la doctrine).

Intéressants, par leur ambivalence, les propos des jeunes hommes, d'accord pour une femme émancipée mais en même temps, restituant les enseignements sur la nécessité de la protéger et la garder «près de soi». Intéressant, par son ambiguïté, le propos de Deborsu, pour qui une femme avec une tenue provocante est de manière évidente émancipée. On est là au cœur d'un des débats que les musulmanes amènent avec leurs revendications.

Les propos de la jeune enseignante qui n'a pas été engagée, malgré les besoins d'enseignants, parce qu'elle porte le foulard est remarquable pour montrer l'absurdité de la situation et des positions de principe. Deborsu semble épouser la thèse de légiférer en faveur d'une interdiction. Il aurait pu complexifier la position.

Probablement les séquences relatives aux livres et au prêche de l'imam salafiste font réagir. En même temps, le courant salafiste qui menace de l'enfer à tout bout de champ, a une fonction moralisatrice auprès des jeunes. Il prêche l'honnêteté et le travail. Un jeune l'a dit. Bien entendu, les musulmans ne suivent pas en masse les positions rigoristes. Il y a une sagesse qui prévaut. Mais le discours salafiste (et des Frères musulmans) donne le ton à une partie importante de l'islam belge. Souvent les fidèles et même les dirigeants ne s'en rendent pas compte. «Ont-ils compris ?», demande Deborsu. Certes, il y a d'autres facettes de l'islam belge et en particulier un islam réformiste. Mais pourquoi les intellectuels réformistes se font peu entendre ? Sont-ils réservés face à l'ampleur des échos salafistes ?

La polémique qui suit l'émission est intéressante. Sera-t-elle suivie d'un débat ? S'il a lieu, sans en rester à des accusations de surface (islamophobie, salafisme, islamisme, goebbelisme), des choses positives en sortiront. Pour diverses raisons. Des jeunes musulmans interviennent sur la scène publique à propos de l'islam : une première. Les leaders salafistes sont amenés à dire plus clairement en public le sens de leur propos. Et en débattre entre musulmans. Jusqu'à présent ce fut surtout un enseignement d'évidences importées. Quel islam en Belgique ? Peut-être que les musulmans religieux et pratiquants s'interrogeront sur la réalité de leur communauté, complexe, hésitante, ambivalente. Les non musulmans et les médias devront aussi s'interroger sur leurs positions et leurs évidences.

14:37 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Après la RTBF...

Après la RTBF et les responsables makhzeniens de la mosquée, voilà qu'une «vigilante» organisation musulmane dénonce le discours politiquement incorrect de l’imam d’El Amal

Le Soir, le 19 avril 2012

Vigilance musulmane considère «salutaire» le passage du reportage «qui met en lumière, même avec des moyens contestables, un discours tenu par un imam qui heurte d’abord et avant tout le public musulman». (Pourtant, sur les images qui nous ont été proposées par le média étatique, aucun fidèle ne semblait "heurté" par le discours de l'imam en question !) (Rachid Z) L’imam avait fustigé la célébration de la journée de la femme. L’association se réjouit de la décision des responsables de la mosquée El Amal, d’Anderlecht, de se séparer de l’imam controversé

(Il y a plusieurs années, d’attentifs observateurs politiques avaient relevé, sur une radio communautaire maghrébine, le discours très politiquement incorrect d’un imam makhzenien officiant, encore aujourd’hui, dans une des plus grandes mosquées de la capitale. Se référant à l’islam, il estimait licite le fait que le musulman en arrive à corriger son ou ses épouses lorsque le besoin s’en fait sentir… Les dirigeants de cette populaire mosquée devraient-ils, là aussi, sévir et démettre ce professionnel de l’islam de ses fonctions religieuses au sein du dit lieu de culte ?) (Rachid Z)

13:53 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18 avril 2012

Cinedomo : Les nouveaux chiens de garde

Cinedomo

Les nouveaux chiens de garde

LES MÉDIAS SE PROCLAMENT «CONTRE-POUVOIR»

Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations prémâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.

En 1932, Paul Nizan publiait Les Chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en gardiens de l’ordre établi.
Aujourd’hui, les chiens de garde, ce sont ces journalistes, éditorialistes et experts médiatiques devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, Les Nouveaux chiens de garde dressent l’état des lieux d’une presse volontiers oublieuse des valeurs de pluralisme, d’indépendance et d’objectivité qu’elle prétend incarner. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information pervertie en marchandise.

Invités :

Gérard de Selys :

Journaliste et photographe de presse. Il a publié plusieurs centaines d'articles consacrés à l'enseignement et aux affaires sociales en Belgique, France, Pays-Bas et Grande-Bretagne. Il a créé le "Groupe Quazar" de réflexion sur la sémiologie du cinéma et la linguistique. 1er prix de journalisme de l'association de la presse périodique belge.

Il est par la suite journaliste à la RTBF mais aussi Président du Conseil d'administration d'Infor-jeunes Bruxelles. Il collabore régulièrement avec le monde diplomatique, anime depuis 2004 un atelier d'écriture, est depuis 2005 conseiller scientifique et collaborateur de l'université de Lièges et créé en 2008 la fondation "Lire le monde"

Gregory Pascon :

Il a commencé à travailler dans/sur les médias à travers quelques expériences de mediactivisme menées à Liège au début des années 2000 (autour du projet "indymedia.liège", par exemple).

Rédacteur pour le magazine C4 depuis 2001 et co-secrétaire de rédaction depuis 2011. Au sein de l'asbl "d'une certaine gaieté" (héritière du Cirque Divers et éditrice de C4) il s'occupe également du projet d'atelier médias "dire son regard".

Le magazine C4, né en 92 au sein de l’asbl «Cirque Divers», est aujourd’hui un bimestriel tiré à 3500 exemplaires et distribué dans toute la Communauté Française. Il est publié par l’asbl «D’une certaine gaieté», association d’éducation permanente et pluridisciplinaire pour qui la culture est non seulement un champ d’action mais un matériau à partir duquel se questionner et (faire) réfléchir.

Mercredi 02 Mai 2012 à 19h30

Cinedomo

12:53 Écrit par Rachid Z dans Conférence-débats, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Belgique - Polémique concernant un documentaire islamophobe réalisé et diffusé par la télévision publique francophone

Belgique - Polémique concernant un documentaire islamophobe réalisé et diffusé par la télévision publique francophone

Pierre-Yves LAMBERT, le 17 avril 2012

Chose rare, je soutiens sans réserve les propos de Philippe Moureaux. Frédéric Deborsu, comme naguère Marianne Klaric dans la même émission, a en effet manipulé l'opinion par des montages et des amalgames choquants, le choix même comme "experts" d'individus méprisables comme le député d'extrême droite ("MR") Alain Destexhe et le haut fonctionnaire régional collabo d'un hebdo poujadiste, Claude Demelenne, est en soi la preuve de la malveillance de Deborsu.

Chose étonnante, la presse n'a pas mentionné le communiqué d'Ecolo Anderlecht dénonçant un montage diffamatoire mettant en cause un de ses conseillers communaux. Communiqué qui a totalement disparu du site d'Ecolo entretemps sans autre explication. Mais peut-être justement ce passage-là n'était-il pas un montage ?

L'amalgame entre la double allégeance nationale-chauviniste (Turcs négationnistes et Marocains partisans de l'occupation du Sahara occidental) et un double langage de nature religieuse relève par exemple de la crétinerie pure et simple. Et le manque de sérieux de ce "journaliste" et de son équipe est encore plus flagrant quand ils qualifient la mosquée Reda de "sunnite", c'est le summum de la bêtise ! On a même vu un "musulman liégeois" prénommé "Preston" s'exprimer à propos de la tenue d'une "musulmane liégeoise" Liza, "habillée court" (outrageusement maquillée, avec des bas résille noir et un short en cuir, c'est un autre qualificatif qui me viendrait à l'esprit en la voyant que "jeune femme musulmane habillée de court").

Qu'il y a des réactionnaires, des conservateurs, des islamistes de divers niveaux de radicalité, des mabouls aussi (du genre "takfiri", mais pas seulement, je croise régulièrement des malades mentaux qui hurlent ou chantonnent tout seul des slogans "islamistes" dans des salles d'attente de gare ou dans de stations de métro) parmi les gens qui habitent en Belgique et qui soit sont issus de familles musulmanes soit sont convertis à cette religion, personne ne le nie. La présence de "missionnaires" salafistes (qui n'appellent pas tous à la violence, ça n'est pas aussi simple que ça) est également indéniable. Mais ça n'est pas de ça qu'il a été question dans ce torchon télévisé digne des pires articles de Marie-Cécile Royen dans Le Vif-L'Express (autre pasionaria islamophobe prétendument "journaliste").

Il existe pourtant des experts universitaires qui auraient pu s'exprimer sur l'islam en Belgique, sur les "musulmans mainstream" comme sur les "libéraux" (à l'instar des juifs libéraux/réformateurs) et les radicaux, mais aucun n'a évidemment été invité, par exemple Felice Dassetto et Brigitte Maréchal à l'UCL, Sami Zemni et Meryem Kanmaz à la RUG, Nadia Fadil à la KUL. Et pourquoi ne pas aussi demander l'avis de psychiatres, de sociologues, mais apparemment mieux vaut ceux des gourous De&De (il ne manquait que Nadia Geerts, du RAPPEL, et Jamila Si M'Hamed, de Ni Putes ni Soumises).

Fort heureusement, la RTBF ne se limite pas à Deborsu et à Klaric. La solidarité affichée de leurs confrères ne doit pas non plus faire illusion, dans ces cas-là il est mal vu de mettre un bémol vis-à-vis de dérapages de collègues, le même problème se pose d'ailleurs à des journalistes du Vif-L'Express vis-à-vis de "MCR". Ne jetons pas l'anathème sur toute une profession, pas de mélenchonnisme SVP.

(Je me souviens de ce documentaire réalisé par la journaleuse Marianne Klaric et diffusé il y a quelques années sur les antennes étatiques de la RTBF et je me souviens aussi que, quelques mois plus tard, ce même «torchon médiatique» avait été jugé, par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) en France, non-diffusable sur les médias publics qu'il contrôle, l'estimant excessivement islamophobe. Par ailleurs, lorsque le bourgmestre «islamophile» d’aujourd’hui, Philippe Moureaux, occupait la présidence d’un média public bruxellois, il n’avait pas hésité, en tant que principal sponsor de l’évènement, à imposer aux organisateurs du Festival des Libertés de censurer l’intellectuel musulman Tariq Ramadan, qui devait participer avec Alain Gresh et Thomas Delthombe à une conférence-débat intitulée «L’islam et les médias». Tout comme d’autres élues PS (Lizin) et Ecolo (Nagi) proposaient une telle censure à la Chambre et au Sénat !) (Rachid Z)

09:33 Écrit par Rachid Z dans Médias, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 avril 2012

Meurtres dans l'Essonne : "Arrêtons la police-réalité"

Meurtres dans l'Essonne

"Arrêtons la police-réalité"

Par Celine Rastello, le 16 avril 2012

Le Syndicat de la magistrature accuse l'Intérieur de violer le secret de l'instruction et de mettre l'enquête en péril. Interview de son secrétaire général Matthieu Bonduelle.

Au tribunal d'Evry et chez les enquêteurs en charge du dossier sur la série de meurtres dans l'Essonne, "la colère et l'inquiétude" grandissent après les dernières informations parues dans la presse, rapporte le Syndicat de la magistrature. Au point que son secrétaire général Matthieu Bonduelle a tenu à mettre les points sur les i, dimanche 15 avril.

A une semaine du premier tour de la présidentielle, le syndicat de magistrats reproche au ministère de l'Intérieur de privilégier le bénéfice qu'il peut tirer de l'avancée de l'enquête au détriment de l'enquête elle-même, et l'accuse de violer le secret de l'instruction. Il dénonce par la même occasion l'omniprésence de Claude Guéant dans la gestion de l'affaire Merah, et l'intervention du président après les interpellations menées dans le cadre de l'enquête sur le groupe radical Forsane Alizza.

Interview du secrétaire général du Syndicat de la magistrature et juge d'instruction, Matthieu Bonduelle.

Qu'est-ce qui a vous a poussé à réagir ce week-end ?

- Il suffit de lire la presse pour constater que la place Beauvau diffuse dans cette affaire des informations extrêmement précises tirées d'une instruction couverte par le secret de l'instruction. Au tribunal d'Evry et chez les enquêteurs, la colère et l'inquiétude grandissent quant au risque de fuites et leurs conséquences. Ce risque serait différent si l'on était dans une phase plus avancée du dossier.

Or nous sommes dans une phase brûlante d'investigations cruciales, avant toute mise en examen, où la présomption d'innocence est particulièrement menacée. Dans l'absolu, le syndicat est favorable à la suppression du secret de l'instruction tel qu'il existe aujourd'hui, car il n'a pas de sens dans la durée. Mais il y aura toujours un secret de l'enquête, quel que soit son nom, pour protéger les investigations quand elles sont en cours de réalisation. Si par exemple une perquisition est prévue le lendemain, il est essentiel à l'enquête que la personne ne soit pas au courant.

Vous affirmez que des journalistes ont été au courant avant les juges de l'interpellation du premier suspect ?

- En effet, et je défie quiconque de me prouver le contraire. Je ne dis pas, évidemment, que les juges d'instruction ignoraient qu'une interpellation était sur le point d'intervenir, mais je suis certain du fait que, lorsque l'interpellation a été effective, la presse l'a su avant les juges d'Evry, ce qui est tout à fait choquant. Est-il normal que la justice, censée contrôler le travail de la police, soit avertie après la presse ?

Nous ne blâmons pas la presse, qui est là pour informer les citoyens et dont nous avons toujours soutenu la liberté. Nous savons même que des journalistes ne diffusent pas certaines informations dont ils disposent car elles pourraient gêner l'enquête. Nous blâmons ceux qui organisent les fuites dans des affaires aussi sensibles que complexes et nous appelons chacun à la prudence car le droit à l'information, qui est un bien précieux, doit être concilié avec les nécessités de l'enquête judiciaire.

Vous pointez aussi du doigt l'omniprésence de Guéant dans l'affaire Merah.

- Claude Guéant s'occupe de tout, comme s'il n'avait pas besoin des juges, et tout le monde semble trouver cela normal. Où est le ministre de la Justice ? Où est Michel Mercier ? Pendant l'affaire Merah, le procureur de Paris avait l'air d'être le porte-parole de Guéant. Normalement, le procureur gère l'enquête, la police est sous son autorité. Sans parler des propos de Nicolas Sarkozy (vendredi 30 mars ndlr) quand il a pris la parole sur "Europe 1" après les interpellations de membres présumés de Forsane Alizza. Il a dit : "nous avons des questions à leur poser." Mais ce n'est pas à lui de dire cela ! Dans quel pays sommes-nous ? Cette confusion des rôles est très grave.

Vous accusez la place Beauvau de vouloir "tirer prématurément les bénéfices" de l'enquête de l'Essonne. Qu'attendez-vous, aujourd'hui, du ministère de la Justice ?

- Dans cette affaire, la place Beauvau fait savoir qu'elle communique, au risque de violer le secret de l'instruction et de mettre l'enquête en péril, pour pouvoir crier victoire à quelques jours de l'élection présidentielle. C'est de la récupération, du marketing politique vampirisant les affaires judiciaires. Il faut que cela cesse. Il faut arrêter la police-réalité. On attend maintenant que le ministre de la Justice rappelle chacun à ses devoirs et fasse cesser toutes ces fuites pour que la justice puisse travailler sereinement. Mais comme il ne réagit pas, on tire la sonnette d'alarme.

- Contactée dimanche par l'AFP, la Chancellerie a seulement rappelé l'article 11 du code de procédure pénale selon lequel "seul le procureur de la République peut rendre publics des éléments objectifs tirés d'une procédure". Interrogée lundi par "Le Nouvel Observateur", elle ne souhaite pas commenter davantage et le ministre de la Justice se refuse à tout commentaire. Egalement contacté par "Le Nouvel Observateur", l'Intérieur n'était, quant à lui, pas disponible.

17:02 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14 avril 2012

Frères ennemis ? Les sunnites et les chiites

"Et dieu dans tout ça ? - Le magazine des philosophies et des religions"

Frères ennemis ? Les sunnites et les chiites

L’assassinat de l’imam de la mosquée Reda, à Anderlecht le 12 mars dernier, a remis en lumière la rivalité séculaire qui oppose chiisme et sunnisme. Bien que, d’emblée, toutes les voix «autorisées» se sont efforcées d’en minimiser l’importance, le fossé qui sépare les deux dénominations principales de l’islam semble être actuellement en train de s’élargir.

Est-ce qu’à Bruxelles se jouerait actuellement un épisode serré de l’ancienne concurrence entre chiisme et sunnisme ? Si c’est le cas, c’est assurément sur un mode feutré, en «circuit fermé», et sur des enjeux qui dépassent de très loin la réalité locale tout en l’englobant. L’assassin présumé de l’imam Abdullah Dahdouh, serait donc un Marocain sunnite qui prétendrait avoir agi pour punir les chiites, des «faux musulmans» selon lui, qu’il jugerait être complices du régime syrien actuel. La géopolitique et l’histoire s’invitent donc d’emblée dans ce débat presque aussi vieux que l’islam lui-même puisque c’est dès le VIIe siècle que la querelle de la succession du Prophète de l’islam a dégénéré en une rivalité conflictuelle qui dure encore aujourd’hui...

Avec comme invitées, deux éminentes imamettes officiant dans des univisersités philosophico-cultuelles non-musulmanes : 

Firouzeh Nahavandy, professeur de sociologie des pays musulmans, directrice du Centre d’étude de la coopération internationale à l’ULB et Brigitte Maréchal, socio-anthropologue, directrice du Centre Interdisciplinaire d'Etudes de l'Islam dans le Monde Contemporain (CISMOC – UCL)

Diffusion le dimanche de 11h à midi et 23h15 à minuit

RTBF La Première - Jean-Pol Hecq

52, boulevard Auguste Reyers B-1044 Bruxelles

Tel.: 02/737 46 02 - e-mail: jhe@rtbf.be

13:16 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Maroc: Interdiction de la publicité pour les jeux de hasard

Maroc

Interdiction de la publicité pour les jeux de hasard

Omma.com, le 13 avril 2012

Alors que la corruption de la monarchie marocaine est mise à nu dans le livre événement «Le Roi prédateur, main basse sur le Maroc» de Catherine Graciet et Eric Laurent, le paysage audiovisuel du royaume démystifié est en plein chamboulement éthique.

Petites douceurs politiques pour complaire à la frange islamo-conservatrice, ou véritable réveil culturel qui souhaite insuffler l’islamiquement correct à l’antenne, toujours est-il que le remodelage des chaînes publiques, annoncé par le ministre de la Communication  Mustapha El Khalfi, a provoqué une secousse sismique au Maroc.

Interdiction de la publicité pour les jeux de hasard, obligation de diffuser les cinq appels à la prière, et une plus grande arabisation des programmes, le nouveau gouvernement d’Abdelilah Benkirane, composé "d’islamistes dits modérés", apporte son coup de patte très personnel à la recomposition du secteur public de l’audiovisuel, censée entrer en vigueur  le 1er mai.

Suscitant des réactions très vives ou des sarcasmes, ces nouvelles orientations font couler beaucoup d’encre, et divisent même parmi les ministres. Ainsi, Mohamed Ouzzine, ministre des sports et président du Conseil d'administration de la Marocaine des jeux et des sports, critique ouvertement  "l'approche" de M. Khalfi, "qui est un ministre de la communication et non un Mufti ou un Fqih qui interdit et autorise".

L’arabisation à plus de 80% des émissions de la 1ère chaîne publique est accueillie sous une volée de bois vert par les milieux francophones, très influents au Maroc (Bien plus influents que l'AMA, par exemple, censée représenter toute la diversité de la culture des nombreuses populaltions amazighophones, notamment au Maroc !) (Rachid Z), criant au "Coup d’Etat" dans la sphère audiovisuelle, ou à "l’arabisation en marche", comme l’a désapprouvé  en Une le quotidien francophone Le Soir-Echos, au lendemain de l'adoption des deux cahiers des charges.

Pour le politologue Mohammed Darif, interviewé par l’AFP, le phénomène de l’arabisation généralisée est étroitement liée "à la domination des chaînes satellitaires arabes, comme Al-Jazeera". "En arabisant les médias, le gouvernement islamiste tente aussi de récupérer les téléspectateurs, pour la plupart arabophones, qui ont déserté les deux chaînes publiques", a précisé cet expert des mouvements islamistes.

Plus caustique, Naïm Kamal, ancien membre de la Haute autorité de la communication et de l'audiovisuel (HACA), a du mal à digérer la pilule télévisuelle "halal", et nettement moins "haram" : "Ces mesures constituent des amuse-gueules en direction des militants islamiques ; elles ne font rien pour améliorer la qualité de l'audiovisuel public", a-t-il déclaré dépité, après avoir chiffré à 27 millions de dirham (2,4 M euros) le manque à gagner de l'interdiction des publicités sur la TV 2M.

12:12 Écrit par Rachid Z dans Médias, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13 avril 2012

L'imam mis en cause dans Questions à la Une n'officiera plus à Anderlecht

L'imam mis en cause dans Questions à la Une n'officiera plus à Anderlecht

RTBF, le 13 avril 2012

Dans un reportage diffusé dans l'émission "Questions à la Une" mercredi dernier, on voyait une séquence dans laquelle un imam de la nouvelle mosquée d'Anderlecht critiquait ouvertement la journée de la femme. Les réactions ont été vives. L'imam mis en cause n'officiera plus à la mosquée Al Amal, ont fait savoir les administrateurs de l'ASBL qui gère la mosquée.

L'émission "Questions à la Une" diffusée ce mercredi soir se posait cette question : "Faut-il craindre l'Islam ?". Dans ce cadre, une équipe de la RTBF a discrètement enregistré ce qui se disait lors des prêches dans la nouvelle mosquée d'Anderlecht. Cet enregistrement du discours de l'imam s'était fait en caméra cachée, le 9 mars dernier, au lendemain de la journée internationale des femmes. L'émission est disponible ci-contre.

"Ce qu'ils appellent la fête de la femme est devenue une fête. C'est la fête POURIM dont l'origine est juive et qui date de 480 avant Jésus-Christ", prêche, de manière erronée, l'imam. "C'est encore une juive, Clara Zetkin, qui a relancé cette fête au 20è siècle. Écoute, femme musulmane, en célébrant cette fête, tu imites la femme juive dans un comportement qui est loin d'être divin", explique-t-il.

"Que des ignares pour respecter la fête de la femme"

Cette journée, reconnue par les Nations unies, prône l'égalité entre hommes et femmes. Des valeurs qui ne sont visiblement pas du goût de l'imam : "Il ne faut pas suivre ce que ces ingrats, ces vulgaires, ont créé comme fête qui n'appartient pas à la culture musulmane", poursuit l'imam.

"On ne trouve que des ignares pour respecter cette fête, ou bien des hommes politiques partisans qui veulent désorienter les gens de la voie divine. Craignez Dieu ! Il faut suivre la Sunnah. Il faut fuir les cultures innovatrices, qui ne font pas partie de l'Islam". Des propos interpellant qui ne prônent pas vraiment la tolérance.

"Si c'est vrai, il doit prendre la porte"

Même s'il s'agit d'un cas isolé, le bourgmestre d'Anderlecht a été directement mis au courant de la teneur de ces propos. Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) est abasourdi. S'il voyait d'un très bon oeil l'ouverture de cette nouvelle mosquée, il se sent aujourd'hui piégé. Les propos tenus sont "inacceptables", selon lui. Toujours dans le reportage de "Questions à la Une", le député sp.a bruxellois d'origine marocaine Fouad Ahidar se montre furieux à l'égard de l'imam: "Si c'est vrai qu'il a tenu de tels propos, il doit prendre la porte", dit-il à notre journaliste, Frédéric Deborsu.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. L'imam mis en cause dans "Questions à la Une" n'officiera plus à la mosquée Al Amal d'Anderlecht. C'est la décision prise par les admninistrateurs de l'ASBL qui gère la mosquée. Il ne s'agissait pas de l'imam officiel de la mosquée, préviennent-ils: il ne sera donc tout simplement plus invité à venir prêcher à Anderlecht.

Le CCOJB félicite l'Exécutif des Musulmans

À travers un communiqué, le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) félicite l'Exécutif des Musulmans de Belgique "pour sa rapide et ferme réaction à l'encontre de l'imam mis en cause lors de l'émission de la RTBF 'Questions à la Une'". En renvoyant le prêcheur, "l'Exécutif condamne les dérives islamistes contraires aux valeurs de l'Islam et qui ne souffre que trop (...) des manques de respect de la Femme et de l'antisémitisme".

12 avril 2012

Manif de Chichah contre le reportage sur l’islam de “ Questions à l’Une ” (RTBF)

Manif de Chichah contre le reportage sur l’islam deQuestions à l’Une (RTBF)

La Gazette, le 12 avril 2012

Face à la polémique suscitée par le reportage Faut-il craindre la montée de l’islam en Belgique? de l’émissionQuestions à l’Une diffusé mercredi soir, le professeur de l’ULB Souhail Chichah et d’autres militants comptent organiser une manifestation devant les locaux de la RTBF le jeudi 19 avril entre 18h30 et 20h.

Ce reportage est un chef-d’œuvre de manipulation islamophobe. C’est pour cela que nous souhaitons nous rassembler devant la RTBF. Nous attendons seulement l’autorisation de la commune de Schaerbeek, indique Souhail Chichah.

Pour sa part, le chef de cabinet du bourgmestre de Schaerbeek assure qu’il va donner un avis favorable à ce rassemblement. Nous avons bien reçu, dès hier soir, une demande pour manifester devant la RTBF le 19 avril prochain entre 18h30 et 20h. Mais, elle n’a pas été introduite par M. Chichah. Toutefois, il n’y a pas de raison de l’interdire, à condition qu’aucun propos injurieux ne soit tenu. Dans notre pays tout le monde a le droit de manifester. Nous attendons seulement l’avis de la police locale ce qui devrait encore être confirmé cette semaine, explique Marc Weber, chef de cabinet du bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (FDF). Par le passé, nous avons déjà autorisé ce genre de manifestation suite, d’ailleurs, à des reportages de Questions à l’Une Par exemple, des Rwandais mécontents du traitement du conflit dans leur pays par la RTBF.

Du côté de la chaîne publique francophone, on assure n’avoir reçu que très peu de plaintes ce matin. Nous n’avons eu que quatre réactions négatives pour l’instant au niveau du service médiation, déclare Bruno Deblander, porte-parole de la RTBF.