01 février 2013

"Le diable contre les humains"

"Le diable contre les humains"

La Ligue Islamique Interculturelle a le plaisir de vous inviter à une conférence du Pr. HANI RAMADAN sur le Thème: Le diable contre les humains

Le dimanche 3 février 2013 à 17h

Adresse :

Ligue Islamique Interculturelle

68 rue Joseph Claes à 1060 Bruxelles

A proximité de la Porte de Hal et de la Gare du Midi

Ouvert à toutes et à tous

Entrée Gratuite

13:26 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31 janvier 2013

Tout sur Chalgoumi, Larbin du CRIF et de Sarkozy

Tout sur Chalgoumi, Larbin du CRIF et de Sarkozy

11:55 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'islam, cause ou symptôme de la crise ?

L'islam, cause ou symptôme de la crise ?

Tareq Oubrou, le 31 janvier 2013

À partir des questions d'actualité liées à l'islam et ses problématiques qu'il pose à travers les musulmans en France, j'ai essayé d'ouvrir des voies de réflexions fondamentales pour repenser l'islam et ses pratiques à partir de la réalité laïque française. L'imam que je suis est ici à la fois pasteur et docteur. Il a une double fonction: liturgique et pastorale d'une part et docteur de la loi (Mufti), d'autre part en tant qu'interprète des Textes sacrés. Autrement dit, praticien et théoricien. C'est dans cette optique qu'il faudrait lire mon livre-entretien.

Dans ce billet, je proposerai une analyse sommaire de la visibilité de l'islam en France: est-elle source du problème identitaire national ou un simple marqueur sociologique? Puis, je proposerai quelques perspectives théologiques pour une présence musulmane paisible.

Ma réflexion admet par conséquent un aspect pragmatique pour résoudre une question musulmane concrète liée au contexte laïque français. Il propose implicitement une refondation herméneutique des Textes de l'islam et une inventivité méthodologique plus fondamentale et plus générale de la religion musulmane. Ce projet n'a donc pas pour seule ambition de s'arrêter à nos frontières françaises.

L'islam, cause ou symptôme de la crise ?

Devenu un lubrifiant de la machine politicienne, le thème de l'islam apparaît à chaque échéance électorale. À la fin de l'année 2009, juste avant les élections régionales, le président de la République Nicolas Sarkozy a lancé un débat national sur l'identité française.

Ayant été invité moi-même à participer à ce débat dans ma région, en Gironde, j'ai pu mesurer le degré émotionnel et irrationnel du débat et les incohérences de certaines réflexions qui ne convainquent même pas ceux qui les avançaient. Ce même thème fut repris une deuxième fois par Nicolas Sarkozy comme une stratégie pour les présidentielles. On connaît tous la suite de cette tactique politicienne. Elle s'est soldée par un échec et n'a fait que renforcer davantage l'extrême-droite. Aujourd'hui, une certaine droite qui se veut décomplexée s'obstine encore à continuer dans cette voie pour accéder au pouvoir et parfois pour des ambitions personnelles. Ce jeu politicien fragilise la démocratie.

De l'immigration, le débat passe sans transition à l'islam et au terrorisme, en passant par le fondamentalisme et l'intégrisme. Délinquance, violence, sexisme, terrorisme, islamisme..., tous ces mots évoqués parfois dans un même discours donnent l'impression aux Français qu'il y aurait un déterminisme islamique qui expliquerait ces phénomènes. Ce genre de glissement sémantique sème la confusion. Il laisse entendre que les musulmans sont tous et partout les mêmes, inflexibles et insensibles à l'environnement, comme si le Coran était leur code génétique. Comme s'il suffisait de consulter le Coran pour comprendre les musulmans, et de scruter les comportements des musulmans pour comprendre le Coran.

Cette erreur s'explique en partie par un sentiment de défiance à l'égard de l'islam qui remonte au Moyen-Âge chrétien et qui s'exprime aujourd'hui en langage laïque. En effet, l'histoire laisse toujours ses traces -conscientisées ou non- dans les mentalités: les croisades "religieuses" il y a longtemps; la guerre coloniale séculière, notamment d'Algérie, dont la plaie n'est pas encore fermée.

Quant à la crise identitaire française actuelle, elle est d'abord liée à un modèle d'intégration qui ne répond plus à la réalité nouvelle de notre monde et à la nouvelle configuration de notre société française désormais pluriculturelle et multiconfessionnelle. Aussi le système scolaire reproduit-il les exclusions et les inégalités de la société qui touchent en premier chef des jeunes issus de l'immigration, comme on aime encore les appeler alors qu'on est à la quatrième génération. Une des raisons de cette crise revient à une politique de la ville et du logement, de droite comme de gauche d'ailleurs, qui a procédé par relégation géographique et urbaine de cette population. Cette politique contre la mixité sociale fut à l'origine d'un communautarisme non choisi, et dont on accuse aujourd'hui paradoxalement cette population. Ce qu'on qualifie de communautarise religieux musulman n'a fait que se greffer sur ce communautarisme économique. Une sorte de religiosité identitariste par défaut.

Néanmoins toutes ses explications franco-françaises ne peuvent être les seules raisons de la crise de l'identité française. Il y a d'autres facteurs extrinsèques. Effectivement, la France européanisée puis mondialisée est emportée dans un mouvement dont on ne réalise pas encore ni la célérité ni l'ampleur.

Ce qu'on qualifie de mondialisation n'est plus un simple phénomène, mais devenu un vrai paradigme nécessaire pour comprendre notre situation actuelle. Il s'agit d'un phénomène "d'intrication", concept que j'ai emprunté à la physique quantique, et qui bouleverse notre perception du temps et de l'espace, à cause des déplacements physiques et virtuels permis la technique et les moyens de transport et de communication de plus en plus sophistiqués. Cette intrication est à l'origine d'une imbrication des événements, des cultures, des civilisations et d'une fusion entre le réel et le virtuel. Tout cela provoque un changement anthropologique radical. Le destin de toute notre humanité est désormais pour la première fois et plus que jamais lié. Ce qui était distal devint proximal; l'étranger, un voisin et concitoyen désormais. Et c'est ainsi que notre humanité se révèle à elle-même brusquement et brutalement dans toute sa diversité et ses différences.

Cette mondialisation explique aussi l'affaiblissement des Etats nations, qui s'effacent de plus en plus devant l'empire économique. On ne fabrique plus le citoyen mais le consommateur universel. En effet, la globalisation économiste tend à standardiser le style de vie par une production culturelle et communicationnelle qui procède par hypermassification et uniformisation des désirs, créant ainsi les mêmes besoins pour vendre le même produit et partout. Et si cet économisme s'impose avec la mondialisation, c'est qu'il y a parallèlement un terreau favorable car la mondialisation correspond historiquement à une postmodernité marquée par un mouvement général de désécularisation, caractérisé par un recul de la raison au profit de l'irrationnel favorable à une économie des instincts, notamment celui de la peur et de l'émotion. Une sorte de prémodernité.

En effet, après avoir cru longtemps à un désenchantement annoncé par Max Weber selon une perception linéaire de l'histoire et à un progrès qui mènerait à une sortie de la Religion, prédit par Marcel Gauchet, on vit aujourd'hui cet "éternel retour". Le retour de celui-même qui a paradoxalement annoncé la mort de Dieu et qui par inadvertance n'avait peut-être pas prévu son retour. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui "le retour au religieux", et qui s'annonce fracassant et menaçant, notamment au regard d'un esprit français laïque.

Pour résumer, nous sommes aujourd'hui "gouvernés" par deux forces: l'émotion et l'irrationnel d'une part ; la technique et la technologie d'autre part. La mondialisation pour finir est aussi un paradoxe. Nous assistons à deux mouvements antagonistes: celui de l'uniformisation par l'économisme à laquelle s'opposent des crispations et des revendications identitaires de tous genres.

Dans ce climat, l'islam apparaît comme une religion qui réchauffe l'actualité mondiale et notamment française par son ébullition et dope par sa crispation "salafiste" celles des autres. Ce salafisme qui n'est pas le vrai, car "néowahabite" pour être plus précis, n'est qu'un retour irrationnel et simpliste à un passé imaginaire et imaginé. Cet aspect subversif de la religion musulmane apparaît comme un catalyseur de ce retour identitariste généalogique contagieux.

09:46 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29 janvier 2013

Thaïlande : des camps de détention pour les Rohingyas

 Thaïlande

Des camps de détention pour les Rohingyas

Par Henri Emanglon, le 29 janvier 2013   

Bangkok ne veut pas que les Rohingyas restent plus de six mois sur le sol thaïlandais.

Après une réunion le 25 janvier des agences de sécurité de la Thaïlande sur la question des Rohingyas se trouvant dans le sud du royaume, le chef du Conseil national de Sécurité (CNS), le général Paradon Pattanathaboot, a indiqué, selon le Bangkok Post, que des camps de détention pour Rohingyas allaient être établis dans les provinces de Songkhla et de Ranong. Environ 1.400 Rohingyas ayant fui l’Etat Rakhine dans l’ouest de la Birmanie après les affrontements intercommunautaires de l’été dernier se trouvent dans les provinces du sud de la Thaïlande. Les Rohingyas, de confession musulmane, et les bouddhistes de l’Etat Rakhine se sont violemment affrontés en juin 2012 ; les heurts ont provoqué près de 200 morts et des milliers de blessés. Après la destruction de leurs villages, beaucoup de Rohingyas ont fui la Birmanie, souvent dans l’objectif de se rendre en Malaisie pour y trouver du travail. Ceux qui, à mi-chemin, manquent de vivres, s’égarent ou sont interceptés par des trafiquants ou des militaires aboutissent en Thaïlande.

Peu à peu, cette concentration de réfugiés rohingyas en Thaïlande devient une crise majeure, qui n’est pas sans rappeller l’exode des Cambodgiens durant et après le régime khmer rouge dans les années 70 et 80 ou même celle des “boat people” vietnamiens. Le dernier camp de réfugiés cambodgiens a été fermé en 1992. Le général Paradon souligne ainsi, selon le quotidien thaïlandais, que permettre aux Rohingyas de s’installer “à long terme” en Thaïlande aurait un effet d’aimant qui augmenterait les arrivées de Rohingyas. Pour cette raison, il affirme qu’ils ne pourront pas demeurer dans le pays plus de six mois et semble insinuer que ceux qui arriveront après la fin janvier ne pourront pas débarquer sur le sol thaïlandais. Les 1.400 Rohingyas qui se trouvent déjà dans le pays, dans des centres d’immigration ou des locaux administratifs, seront placés en détention et devront, à l’issue de cette période de six mois, être renvoyés en Birmanie ou dans un pays d’accueil. Nous devons maintenant contacter les pays qui ont voulu que nous aidions les Rohingyas et leur demander s’ils sont prêts à accepter ces gens chez eux, a dit le chef du CNS cité par le journal.

15:49 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

«La pratique religieuse peut-elle empêcher le plein exercice de la citoyenneté ?»

«La pratique religieuse peut-elle empêcher le plein exercice de la citoyenneté ?»

Débat avec Tariq Ramadan, Mohamed Ali Hadraoui, Xavier Lemoine (maire UMP de Montfermeil) et Yvan Rioufol…

28 janvier 2013

Dar al-Fatwa et les instances religieuses musulmanes condamnent le mariage civil

Dar al-Fatwa et les instances religieuses musulmanes condamnent le mariage civil

L’Orient le Jour, le 26 janvier 2013

Il semblerait que Khouloud Succariyeh et Nidal Darwiche, premiers Libanais à s’être mariés civilement au Liban, ne sont pas au bout de leurs problèmes. Non seulement les ministères de la Justice et de l’Intérieur ont refusé d’enregistrer leur mariage dans les registres de l’État, «faute d’une loi civile qui puisse le régir», la voix de la religion s’est fait entendre hier du côté de Dar al-Fatwa, mais aussi du côté de la famille Succariyeh.

Cette dernière, originaire de la localité d’al-Fakiha, a en effet publié hier un communiqué à ce sujet. «Nous avons été très étonnés par ce bazar médiatique autour du mariage de Khouloud Succariyeh et Nidal Darwiche, pour promouvoir ce que l’on appelle mariage civil, comme si le pays vivait ses plus beaux jours», a affirmé le communiqué. «En réponse aux atteintes qui ont touché la famille, ses croyances, ses valeurs et ses coutumes, il nous importe de clarifier que notre famille est fervemment croyante en l’islam hanafite, et que nous refusons catégoriquement ledit mariage civil. Le comportement de Khouloud est personnel et n’exprime pas nos valeurs. Contrairement à tout ce qui a été dit, le contrat entre Khouloud et Nidal a été conclu chez un homme de Dieu, et il n’y a aucune raison pour cette campagne qui marque des points en faveur du mariage non religieux», a ajouté la famille Succariyeh.

Par ailleurs, Dar al-Fatwa a distribué des prêches du vendredi ayant été prononcés dans des mosquées hier, à propos du mariage civil. C’est ainsi que le directeur général des wakfs islamiques, cheikh Hicham Khalifa, a estimé que «le projet du mariage civil sert uniquement à attiser les tensions et la discorde, et qu’il est contraire à la loi de Dieu». De son côté, cheikh Ahmad el-Baba, membre du comité exécutif des wakfs islamiques, a déclaré que «les musulmans n’accepteront pas le mariage civil, qu’il soit obligatoire ou facultatif». Il a appelé enfin à «fermer ce dossier définitivement». En outre, cheikh Mohammad Anis Arwadi, membre du Haut-Conseil supérieur chérié, a défendu le contrat de mariage islamique, le jugeant «civil en lui-même, mais limité par des conditions religieuses».

20:09 Écrit par Rachid Z dans Cultes, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le «capitalisme extrême» des Frères musulmans

Le «capitalisme extrême» des Frères musulmans

Par Gilbert Achcar, (aperçu), février 2013

Aux affaires en Egypte, les Frères musulmans ne peuvent plus se contenter du slogan «L’islam est la solution». Car leur politique libérale risque de susciter de fortes oppositions.

Monsieur Khairat Al-Shater est le numéro deux des Frères musulmans, et le représentant de son aile la plus conservatrice. Quant au richissime Hassan Malek, après avoir débuté dans les affaires en partenariat avec M. Al-Shater, il dirige aujourd’hui avec son fils un réseau d’entreprises dans le textile, l’ameublement et le commerce employant plus de quatre cents personnes. Ces deux hommes incarnent bien le credo économique des Frères musulmans en faveur de la libre entreprise, qui se conforme davantage à la doctrine néolibérale que la forme de capitalisme développée sous la présidence de M. Hosni Moubarak.

Le portrait de M. Malek dressé par Bloomberg Businessweek aurait pu s’intituler «L’éthique frériste et l’esprit du capitalisme», tant il semble paraphraser l’ouvrage classique du sociologue Max Weber. Les Malek, explique le magazine, «font partie d’une génération de conservateurs religieux ascendante dans le monde musulman, dont la dévotion stimule la détermination à réussir dans les affaires et la politique. Comme le dit Malek :Je n’ai rien d’autre dans ma vie que le travail et la famille. Ces islamistes posent un formidable défi à la gouvernance laïque dans des pays comme l’Egypte, non seulement à cause de leur conservatisme, mais aussi en raison de leur éthique de travail, de leur détermination et de leur abstention apparente du péché de paresse. (…) “Le fonds de la vision économique de la confrérie, s’il fallait la définir d’une façon classique, est un capitalisme extrême”, dit Sameh Elbarqy, ancien membre de la confrérie».

Ce «capitalisme extrême» se manifeste dans le choix des experts en économie participant à l’assemblée chargée de rédiger le projet de Constitution égyptienne, largement dominée par les Frères musulmans et les salafistes, et boycottée par l’opposition libérale et de gauche. «M. Tareq Al-Dessouki est un homme d’affaires, député du parti Nour [salafiste]. Il dirige la commission économique du nouveau Parlement et a pour mission de résoudre les conflits éventuels ...

Syrie: les tribulations d'un Français qui voulait combattre pour l'Islam

Syrie

Les tribulations d'un Français qui voulait combattre pour l'Islam

AFP, le 27 janvier 2013

Bouleversé par les reportages télévisés, Djamel Amer al-Khedoud, un Français de 50 ans, a quitté Marseille (sud) pour aller combattre le régime en Syrie mais jouant de malchance, il a d'abord atterri dans une station balnéaire turque avant de terminer dans une prison en Syrie.

Portant une longue barbe blanche et vêtu d'une jellabiyé (robe masculine) grise, amaigri, cet homme, qui a enchaîné toute sa vie des petits boulots, a cru à 50 ans avoir découvert sa vocation: mener le jihad en Syrie.

Voulant démontrer le rôle pernicieux des médias arabes qui leur sont hostiles, les autorités ont permis à un journaliste de l'AFP de le rencontrer dans un centre de détention à Damas.

"Je suis un musulman, un salafiste modéré, et comme tout le monde, je regarde la télévision. Sur (les chaînes arabes) Al-Jazeera et Al-Arabiya, j'ai vu ce que subissaient mes frères en Syrie, surtout les enfants. J'en pleurais tellement cela me faisait mal", raconte Djamel, né à Blida en Algérie et arrivé en France à 19 ans - il possède d'ailleurs les deux nationalités.

Puis un jour, il décide qu'il doit aller les défendre. "J'ai pris mon courage à deux mains, et je suis parti, tout seul, en Turquie", poursuit ce père de six enfants, grand-père d'un petit garçon. Il raconte ses mésaventures, en présence du chef de la prison qui ne semble pas comprendre le français.

Comme il ne connaît rien à la géographie, il confond Antalya, sur la côte turque, avec Antakya, point de passage pour la Syrie. Il prend alors un bus pour relier ces deux villes.

C'est là qu'il découvre, sur internet, l'existence d'un camp de réfugiés syriens dans le village de Yayanari, à une quinzaine de kilomètres de là. Il y subit un entraînement rudimentaire.

"On faisait surtout de la marche à pied et on tirait quelquefois avec un fusil de chasse". Il y reste deux mois puis, fin mai, c'est le grand départ pour mener la guerre sainte.

"Un rêve évanoui"

La Turquie, qui a pris fait et cause pour la rébellion, laisse ouverte sa frontière à qui veut combattre le régime syrien. Damas a d'ailleurs accusé son voisin d'avoir laissé pénétrer des jihadistes de différentes nationalités.

"Une nuit, on m'a donné une kalachnikov et nous sommes entrés en territoire syrien", confie-t-il. Toutefois son exaltation retombe vite car en deux semaines, il change deux fois de village, mais il ne se passe rien, hormis le fait de courir vers la forêt à l'approche des hélicoptères.

Il ne retrouve pas les horreurs qu'il a vues à la télévision et voit s'évanouir son rêve d'être le protecteur du peuple. Désoeuvré, il passe ses journées à l'intérieur d'une maison. Peut-être en raison de son âge et de son manque d'expérience militaire, les membres de son groupe ne lui offrent même pas de les accompagner dans leurs missions nocturnes.

Amer et désemparé, il décide de regagner la Turquie puis la France. "J'ai rendu mon arme, pris mon sac à dos et j'ai quitté le groupe pour rejoindre seul la Turquie. C'est en chemin que j'ai été arrêté par des hommes armés habillés en civil et conduit en prison", ajoute-t-il.

Il est transféré le 2 juin dans le centre de détention de Damas, après avoir été détenu une dizaine de jours dans celui d'Alep. Selon le directeur de la prison, il devrait être présenté bientôt à la justice. Djamel dit qu'on l'accuse d'entrée illégale en Syrie en possession d'une arme. Il ignore la peine qu'il encourt car il n'a vu aucun avocat et le Comité international de la Croix Rouge (CICR) n'a jamais visité cette prison.

"Je n'ai pas dit grand chose à ma famille, juste au revoir. Je ne suis pas sûr qu'elle sache que je suis en prison, mais peut être savent-ils que je suis en Syrie", avoue-t-il.

"Je veux leur dire que je les embrasse très fort, qu'ils me manquent beaucoup", poursuit-il avant d'éclater en sanglots.

15:22 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 janvier 2013

L'Iran appelle à la création d'une "organisation militaire islamique"

L'Iran appelle à la création d'une "organisation militaire islamique

AlterInfo, le 27 janvier 2013

Le ministre iranien de la Défense, le général Ahmad Vahidi a appelé samedi les pays musulmans à créer une organisation militaire.

"Nous avons proposé la création d'une organisation militaire regroupant les forces armés des pays musulmans afin de défendre les droits des peuples opprimés, y compris les Palestiniens", a dit le ministre iranien cité par la chaîne de télévision Presse TV.

Les pays musulmans devraient se transformer en une puissance militaire pour ne permettre à aucun agresseur de penser à les envahir, a affirmé le général Vahidi.

L'Iran avait appelé en août 2012 les pays musulmans à conclure un accord de défense, affirmant que si les pays musulmans formaient une alliance de défense forte et stratégique pour défendre la Palestine, le régime sioniste (Israël) n'aurait pas d'autre choix d'accepter la volonté et les demandes des Palestiniens.

25 janvier 2013

Cheikh Muhammad Ibn Abdil Wahbab

Cheikh Muhammad Ibn Abdil Wahbab

Quel est votre conseil pour ceux qui prêchent dans les pays mécréants et qui n’appellent pas les musulmans à faire la hijra vers les pays musulmans ?

14:51 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23 janvier 2013

Le monde de l’enseignement islamique dans le cycle obligatoire

Le monde de l’enseignement islamique dans le cycle obligatoire

Felice Dassetto, extrait issu de son dernier livre : L’Iris et le Croissant

Le système institutionnel belge, en raison de son histoire et des rapports de force internes, tout comme celui d’autres pays européens, donne la possibilité à des initiatives privées d’organiser des écoles, l’État ne détenant pas le monopole de l’instruction obligatoire. En Belgique, contrairement à ce qui se passe aux Pays-Bas, au Danemark ou au Royaume-Uni, il y a, jusqu’à présent, relativement peu d’initiatives de création d’écoles «islamiques» assorties de la demande de reconnaissance par l’État. La raison pourrait être due à l’incertitude de l’élite dirigeante musulmane, aux divergences d’opinions à ce sujet, mais également à l’existence de cours de religion islamique dans le réseau officiel et à la relative ouverture de l’importante offre du réseau catholique. Il n’est pas exclu que la demande grandissante d’un enseignement, et surtout d’un environnement islamique, n’aboutisse à terme à une multiplication de ces initiatives.

Par ailleurs, dans le cadre de la loi belge issue du Pacte scolaire, il est prévu que, dans le réseau officiel, il soit donné des cours de religion pour les cultes ayant fait l’objet de reconnaissance ainsi que des cours de morale laïque, et ce, dans le cycle primaire et secondaire.

Les écoles «musulmanes»

Certaines écoles inspirées par des associations musulmanes se sont développées à Bruxelles. La première en date est l’École islamique Al Ghazali, fondée en 1989 et qui offre un enseignement maternel et le cycle complet de l’enseignement primaire. Elle a été lancée par l’ancien directeur saoudien du Centre islamique et culturel de Belgique (qui quittera la Belgique en 1990) et un groupe de parents. Cette initiative fut lancée de manière polémique avec la naissance de la première affaire des foulards.

L’asbl École islamique Al Ghazali (M. B., asbl n° 443.359.383) était à l’origine composée surtout de fonctionnaires du Centre islamique et culturel de Belgique. Les ambitions comprenaient, en plus de finalités générales en termes de scolarité, des objectifs spécifiquement religieux : «Dans le cadre des buts et objectifs de l’enseignement islamique inspiré par le Coran et la Sunna et dans l’esprit d’entente et de respect envers les lois du royaume belge et les différentes communautés religieuses l’association poursuit les objectifs suivants...» (art. 4). Parmi ceux-ci, celui de promouvoir l’«enseignement de la langue arabe» et l’«enseignement de la religion islamique».

Cette école a été abritée jusqu’en 2008 dans les locaux du Centre islamique. En 1997, l’asbl prend la dénomination d’Enseignement confessionnel islamique en Belgique. Ce changement, qui ne mentionne plus l’école Al Ghazali, laisse entendre que le projet est plus large que celui de la création d’une seule école. En même temps, les mentions relatives à l’islam signalées plus haut sont abandonnées.

Le règlement d’ordre intérieur, par contre, rappelle qu’il s’agit bien d’un enseignement confessionnel. Ainsi, l’élève, est-il rappelé à l’article 13, «ne doit pas oublier qu’il est à la fois dans une école et dans une mosquée», ce qui se réfère au temps où l’école se situait dans la mosquée du parc du Cinquantenaire. L’on rappelle que les classes commencent par la récitation de la Fatiha et se terminent par la récitation d’el-Asr. Au réfectoire, on récite l’invocation avant et après le repas.

Le changement de statuts de 1997 marque aussi une emprise moindre de l’institution Centre islamique sur le conseil d’administration. Quelques figures issues du premier CA, comme l’Égyptien Hassan Mahmoud Megahed, l’enseignant tunisien Mohamed Laroussi ou Kebir Bencheikh, un ancien militant marocain, aujourd’hui conseiller communal CDH à Evere, demeurent et vont jouer un rôle clé dans l’école. En 2003, le siège sera transféré progressivement à Evere et puis, en 2008, dans de nouveaux locaux en face de l’Hôtel de ville d’Etterbeek.

Cette année, ce centre, qui avait besoin de locaux, a pu déménager grâce à l’acquisition par le Centre islamique et culturel de Belgique, via un financement de 400 000 dollars obtenu auprès de la Banque islamique de développement, d’un bâtiment loué à l’école pour un prix symbolique.

Des familles traditionnelles ou salafistes y sont très influentes. L’enseignement suit évidemment le programme de la Communauté française et fait l’objet d’inspections comme toute autre école. Cette école libre est reconnue et subventionnée par la Communauté française.

Deux autres écoles primaires, rattachées plus ou moins directement au mouvement turc des nurgiu de Fethullah Gülen, existent à Bruxelles (avec également une section à Charleroi). Il s’agit de l’École des étoiles, située à l’origine à Anderlecht, et établie aujourd’hui à Haren, et de son pendant flamand, Lucerna, située près du canal. Ces écoles sont respectivement reconnues par les Communautés française et flamande.

Elles ont été fondées en 2005. L’École des étoiles est affiliée à la Fédération des écoles libres. La philosophie de cette école est moins immédiatement islamique qu’Al Ghazali. Dans l’esprit de formation de l’élite turquemusulmane du mouvement nurcu en général et des fethullaci en particulier, elle bénéficie d’une contribution financière d’hommes d’affaires turcs en Belgique, via l’association professionnelle Betiad (2). L’école Lucerna (qui a essaimé à Gand, Genk et Anvers) est néerlandophone et vise notamment à améliorer les performances des enfants turcs en vue de contribuer à la création d’une élite turco-flamande.

Une initiative scolaire non reconnue prépare au jury central au niveau secondaire des élèves qui ne fréquentent plus l’école à cause de l’interdiction du port du foulard. C’est l’institut Avicenne de Molenbeek qui fait partie de l’ensemble des activités associées à la mosquée Al Khalil. Des enfants de l’école islamique Al Ghazali y prolongent leur scolarité au-delà du primaire.

Notes :

(1) : Ce financement a été mentionné dans un communiqué de la Chambre islamique du commerce et de l’industrie en lien avec une mission économique de l’Awex conduite par le prince Philippe en 2009 (www.iccionline.net). Après avoir fait état de la signature d’un accord général entre Philippe Suinen, «PDG» de l’AWEX et Ahmad Mohammed Ali, président de la Banque islamique de développement concernant de nombreuses activités de coopération futures, l’accès à la finance islamique etc., le communiqué dit ceci : «Les deux parties ont convenu d’établir des programmes spécifiques au bénéfice des communautés musulmanes du Royaume de Belgique... Il est à noter, ajoute le communiqué, que la Banque (islamique de développement) entretient des bonnes relations avec la communauté musulmane de Belgique et a déjà contribué à hauteur de 400 000 dollars pour l’achat du bâtiment de l’école Imam al-Ghazali à Bruxelles en faveur de la communauté musulmane de Belgique».

Ce mélange entre accords commerciaux et accords religieux n’est pas sans rappeler celui qui est à l’origine de l’implantation du Centre islamique du cinquantenaire dans les années 1960.

(2) : La politique d’implantation des écoles par le mouvement de Fethullah Gülen suscite des questions. Voir par exemple B. Balci, Missionnaires de l’islam en Asie Centrale. Les écoles turques de Fethullah Gülen, Paris, Maisonneuve-Larose et Institut français d’études anatoliennes, 2003. Un collège privé «Educative» a été créé dans la banlieue Sud de Paris. D’autres centres d’aide scolaire sont ouverts dans diverses villes françaises.

Écoles islamiques : personne n’est compétent

 Écoles islamiques

Personne n’est compétent

Belga, le 23 janvier 2013

La ministre a reconnu hier que ces écoles islamiques en Belgique échappaient à son contrôle.

Il existe une dizaine d’écoles islamiques en Belgique. Elles seraient financées par l’Arabie Saoudite. Selon la sûreté de l’État, ces écoles représentent un danger. Car elles prônent un islam rigoriste, influencé par le courant wahhabite.

La ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open-VLD), a confirmé dernièrement cette inquiétante réalité. Elle avait aussi expliqué dans la foulée que la Sûreté de l’État n’exerçait aucun contrôle officiel sur l’enseignement. Ce contrôle relève de la compétence des Communautés.

Hier, la ministre de l’enseignement, Marie-Dominique Simonet (CDH), a avoué que la Communauté n’en avait nullement le contrôle non plus. Elle était interrogée par le député Richard Miller (MR). «Des informations en ma possession, il apparaît que les écoles évoquées par la ministre de la Justice ne sont ni reconnues ni subventionnées par la Communauté. Leur fréquentation ne permet donc pas de répondre à l’obligation scolaire et encore moins d’acquérir un diplôme homologué par la Communauté française», a expliqué la ministre de l’enseignement. Elle a toutefois assuré de sa plus grande vigilance quant à cette problématique et de sa pleine collaboration avec la justice sur ce sujet. En clair, il faudrait que ces écoles demandent des subsides pour pouvoir être contrôlées. Ce n’est pas le cas.

«Il y a donc une zone de non-droit puisque la ministre de la justice ne peut pas intervenir et que le ministre de l’enseignement ne le peut pas non plus», a répliqué le député Richard Miller. «En outre, ces élèves qui sont en âge d’obligation scolaire doivent suivre en plus un enseignement dans nos écoles, où ils peuvent alors diffuser labonne parole».

Le wahhabisme est un mouvement politico-religieux saoudien. Cette doctrine diffère des autres doctrines de l’Islam, très largement majoritaires. Parfois perçue comme une secte, le wahhabisme est régulièrement présentée comme un mouvement ultra-orthodoxe et extrémiste.

Forum d'orientation au collège privé musulman de montigny le bretonneux

Forum d'orientation au collège privé musulman de Montigny le bretonneux

La 4ème édition du forum d’orientation et d’information au collège privé musulman de montigny le bretonneux  aura lieu le samedi 09 février 2013 de 13h30 à 17h dans les locaux de l’institut (3 rue François Geoffre). Il aura pour objectif de mettre en relation les professionnels que vous êtes avec les enfants de niveau collège / lycée des environs et leurs parents.

Ce rendez-vous annuel a pour ambition de leur faciliter la connaissance des carrières professionnelles tout en favorisant la création d’un lieu d’échanges entre enfants, familles et professionnels de tous corps de métiers (santé, social, enseignement, défense, sécurité, commerce, artisanat, tertiaire, sciences etc.).

Le but est alors de présenter dans un petit stand son activité professionnel à des élèves afin d’une part de les sensibiliser et de leur montrer des exemples de réussite et d’autre part de mettre en relation les exposants afin de développer un réseau professionnel.

Nous avons alors besoin de votre présence pour présenter votre métier dans des stands dédiés à cet effet.

Le 09 février 2013, 3 rue François Geoffre , Montigny le bretonneux - France

Je vous demande de bien vouloir confirmer votre présence en envoyant un mail à contact@ifsqy.org avant le 02 février pour que nous puissions bien nous organiser.

Nous serons heureux de vous accueillir au sein de l’institut.

Réservation/ Information :

Adresse : 3 rue François Geoffre , Montigny le bretonneux - France

E-mail : contact@ifsqy.org

Site Web : http://www.ifsqy.org/

Organisateur : collège privé musulman de Montigny le bretonneux 

Moussa Zemmouri

Moussa Zemmouri

Un Belge ex détenu de Guantanamo récite la sourate Al Ankabout 1- 15

10:43 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21 janvier 2013

La fraternité en temps de crise : le cas des Rohingyas – musulmans de Birmanie

La fraternité en temps de crise

Le cas des Rohingyas – musulmans de Birmanie

Par Hanan Ben Rhouma, le 20 janvier 2013

Les souffrances des Rohingyas – musulmans – de Birmanie vont-elles finir par être entendues ?  C’est du moins ce qu’espère le Collectif Halte au massacre en Birmanie, dont la notoriété grandit depuis sa création en juin 2012, au lendemain des nouvelles exactions commises dans l’Etat d’Arakan. Sensible au travail accompli, Tariq Ramadan leur a prêté main forte en dénonçant les massacres et en mettant les musulmans face à leurs responsabilités.

«La fraternité en temps de crise : le cas des Rohingyas – musulmans de Birmanie.» Tel a été le thème de la conférence organisée dans l’Espace Chevreul de Nanterre (Hauts-de-Seine), dimanche 13 janvier, par le Collectif Halte au massacre en Birmanie, la seule structure à ce jour en France qui se mobilise pleinement contre le sort infligé aux minorités musulmanes du pays.

Sur le millier de personnes que pouvait accueillir la salle, seules 300 personnes ont répondu à l’appel du collectif, qui s’est pourtant donné les moyens d’attirer du monde en invitant Tariq Ramadan, qui draine habituellement des foules. La faute à la manifestation anti-mariage pour tous, qui a attiré, au même moment, jusqu’à un million de manifestants dans les rues parisiennes ?

Pas vraiment puisque les musulmans, premier public visé par les organisateurs de la conférence, ont été peu nombreux à avoir rejoint la «Manif pour Tous». Un signe malheureux que le sujet des Rohingyas ne mobilise pas encore en France, où le black-out médiatique est manifeste, alors même que la fraternité est un impératif en islam. Il n’en reste pas moins que la conférence fut de qualité, oscillant entre témoignages de terrain et analyses de la situation pour mieux comprendre la réalité vécue par les musulmans mais aussi les chrétiens birmans persécutés.

Une épuration ethnique et religieuse à l'oeuvre

«On n’a pas le droit de sélectionner les opprimés, on n’a pas le droit de dire que les seuls opprimés qui nous touchent sont Palestiniens ou ceux dont parlent les médias», indique M. Ramadan, qui fut sans conteste l’intervenant le plus attendu. «Il faut qu’on ait une position de principe claire : partout où il y a de l’oppression, (…) ce n’est pas par l’émotivité médiatique qu’il faut s’engager mais par la connaissance approfondie des faits.»

Il appelle ainsi à «développer une conscience plus politique qu’émotive» face à «une politique génocidaire et discriminatoire» envers les populations musulmanes de Birmanie qui a commencé depuis bien longtemps, 1982 étant une date clé pour l’histoire des Rohingyas : c’est alors que cette minorité se voit priver de sa citoyenneté. Une décision qui entre dans le cadre d’une politique d’homogénéisation culturelle et religieuse au profit des seuls bouddhistes.

Un soutien juridique indispensable

«Ils veulent un soutien juridique de la communauté internationale pour qu’ils aient une carte d’identité» au même titre que les autres citoyens, insiste Mouna Dérouiche, qui témoigne inlassablement des conditions de vie terrible des musulmans qu’elle a constaté lors de sonvoyage en novembre dans l’Etat d’Arakan. Pour appuyer son témoignage, deux Rohingyas ont été invités à intervenir auprès du public.

A choisir, «ce se sont eux (les Rakhines bouddhistes, ndlr) les immigrés illégaux, pas nous», déclare Maung Hla Aung, faisant remarquer que l’Etat d’Arakan était indépendant jusqu’à l’invasion en 1784 opérée par le roi birman Bodawpaya. Une terre sur laquelle les Rohingyas, descendants de marchands arabes, vivent depuis des siècles et dont il n’est pas question de s’en aller. Les exactions à leur encontre, qui se sont multipliées depuis juin 2012, ont tout de même provoqué, outre les centaines de morts, le déplacement de 200 000 personnes, selon des estimations.

«Le sang palestinien n’a pas plus de valeur que le sang de mes frères de Birmanie. La liberté ne peut pas être divisée, elle appartient à toute l’humanité», martèle Ibrahim Bornat, un militant palestinien du village de Bil’in, en Cisjordanie. Un rappel fraîchement applaudi par l’assemblée qui en précède une autre de M. Dedomy : «faire que ce combat pour les Rohingyas soit un combat politique universel».

Le mutisme coupable d’Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi, qui incarne le combat pour la démocratie en Birmanie, en prend sérieusement pour son grade. Pour M. Ramadan, son mutisme «n’est pas du tout à son honneur», qualifiant sa position de «lâche».

Frédéric Dedomy, un spécialiste des questions birmanes, est plus nuancé. Affirmant l’avoir rencontré l’an passé, il explique qu'Aung San Suu Kyi n’a «clairement pas de haine envers les Rohingyas» mais ne s’est pas prononcée ouvertement pour la reconnaissance des Rohingyas. Pour lui, la peur de «perdre une popularité qui lui permet de faire avancer son projet politique pour la démocratie» a pris le dessus. Une attitude que l’expert est aussi à même de critiquer mais «si hier, elle était une icône, il ne faut pas aujourd’hui la jeter aux orties».

Cependant, les Rohingyas, qui pensaient trouver en elle une défenseuse de leur cause, sont déçus de son attitude et continuent d’espérer que la communauté internationale se saisisse véritablement de la question, autrement que par l’adoption d’une résolution non contraignante pour les autorités birmanes. Le Collectif Halte au massacre en Birmanie interpelle les musulmans et les citoyens français sur leurs responsabilités dans leur silence face à cette répression oubliée.