10 mars 2013

La Suède autorise l’appel à la prière dans sa capitale

La Suède autorise l’appel à la prière dans sa capitale

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Oumma.com, le 28 février 2013

Dans un beau geste de tolérance religieuse qui fait déjà date en Suède, et dont il y a fort à parier qu'il ne fera guère d’émules dans nos contrées, notoirement plus frileuses en la matière qu'un pays nordique, les autorités de Stockholm ont répondu favorablement à la demande émise par la communauté musulmane locale au sujet de l’Adhan.

Fin mars, l’appel à la prière pourra désormais retentir depuis les hauts-parleurs positionnés sur le minaret de la mosquée Fittja et résonner dans les cœurs des fidèles, le volume sonore ayant été préalablement mesuré et réglé par la municipalité de concert avec les responsables musulmans, et ce dans l’intérêt général.

Ismail Okur, le président du Centre culturel islamique, se réjouit du formidable esprit d’ouverture dont a fait preuve la Ville de Stockholm. Un courage politique mêlé de respect envers une spécificité cultuelle suffisamment rares pour être salués, d’autant plus dans un contexte européen sclérosé par les préjugés anti-musulmans et miné par la résurgence d’un nationalisme revanchard, qui crie à la reddition devant le péril vert à la moindre requête soumise par les citoyens musulmans.

"Nous remercions les membres du conseil pour leur approbation et leur confiance", a déclaré le très reconnaissant Ismail Okur, avant de s’exclamer ému: "Nous sommes tous très heureux."

Seule mosquée de Suède à être flanquée d’un minaret qui, contrairement aux peurs montées de toutes pièces, ne fut ni le minaret de la discorde, ni le minaret de l’islamisation rampante, la mosquée Fittja écrit une nouvelle page dans l’histoire du culte musulman suédois et européen, au son des modulations nuancées, sensibles et virtuoses de l’Adhan.

14:47 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09 mars 2013

Au moins 70 Belges sont partis se battre en Syrie

Au moins 70 Belges sont partis se battre en Syrie

Christophe Lamfalussy, le 09 mars 2013

L’estimation provient de la Sûreté, qui tente de surveiller les déplacements.

Au moins 70 ressortissants belges se battent actuellement dans les rangs des rebelles en Syrie, selon une estimation récente et confidentielle de la Sûreté, ont affirmé à "La Libre Belgique" plusieurs sources proches du gouvernement et des services de sécurité. La Sûreté refuse de confirmer cette estimation, parlant d’un phénomène mouvant, susceptible d’évoluer de jour en jour, mais ces sources sont alarmées par le nouveau pôle d’attraction du djihadisme en Syrie et des conséquences qu’il aura lorsque ces combattants reviendront en Belgique.

"Je pense même qu’il y en a plus que cela", nous dit un expert belge du terrorisme. "C’est plus facile d’aller en Syrie qu’en Afghanistan. Mais il faut rester prudent. Il y a des gens qui vont en Syrie pour se battre et d’autres qui veulent se faire prendre en photo avec une kalachnikov et faire le fanfaron à Bruxelles".

La Sûreté estime que "l’histoire est en train de se faire, la situation susceptible d’évoluer tous les jours" et qu’il est difficile d’établir un chiffre précis en raison des départs non détectés, des faux départs et des retours précoces. "Nous pouvons cependant confirmer avoir détecté depuis plusieurs mois le départ de ressortissants belges vers la zone de combat syrienne", nous dit le porte-parole de la Sûreté, ajoutant n’avoir pas connaissance de ressortissants belges partis se battre aux côtés des forces de Bachar Al Assad.

Dans une interview à la VRT-radio, diffusée jeudi soir, Michèle Coninsx, la magistrate belge qui préside Eurojust, a parlé de "quelques dizaines de jeunes Flamands" originaires d’Anvers, de Malines et de Vilvorde, mais le phénomène est plus large que cela. Eurojust, qui regroupe à La Haye 27 procureurs, coordonne l’échange d’informations sur ce dossier entre les États de l’UE. Eurojust se dit "préoccupé" et estime à plusieurs centaines le nombre d’Européens partis se battre avec les rebelles syriens.

Après l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, peut-être le Mali, la Belgique continue donc de fournir malgré elle des mercenaires de l’islam.

Certains présentent peu de dangers, tels ces jeunes musulmans bruxellois partis en 2008 vers le Waziristan, au Pakistan, qui furent refoulés par les talibans qui ne les prenaient pas au sérieux. Mais d’autres sont des recruteurs et idéologues de l’islam radical international. C’était le cas du Tunisien Moez Garsallaoui dont la mort par un drone américain, en octobre 2012 au Nord-Waziristan, est désormais confirmée par le renseignement belge.

Moez Garsallaoui, qui avait vécu en Belgique, est considéré comme le mentor de Mohamed Merah, le gamin de la banlieue de Toulouse devenu tueur en série après un séjour au Pakistan et en Afghanistan. "L’action de Merah était le résultat d’une préparation minutieuse, d’un véritable processus d’apprentissage fait de contacts nombreux", a averti le ministre français de l’Intérieur Manuel Valls, le 29 janvier à Bruxelles, lors d’une conférence sur la lutte contre l’extrémisme violent.

Le risque est que certains de ces jeunes, une fois drillés en zones de combat, reçoivent de groupes comme al Qaeda mission de commettre un attentat et de se fondre dans leur pays d’origine. Ils portent des vêtements occidentaux, pas de barbes, boivent de l’alcool, fument et mangent du porc, "tout ceci a pour but de passer inaperçu et de s’intégrer à la société qu’ils entendent attaquer", a souligné le 8 février le ministère espagnol de l’Intérieur après l’arrestation d’un Marocain de 22 ans, Mohamed Echaabi, présenté comme un "terroriste présumé".

La Syrie n’est pas l’Afghanistan

En Syrie, les choses sont moins claires qu’en Afghanistan. Les pays européens ont une position en retrait par rapport au conflit. Il n’y a pas de forces de coalition occidentales sur place contre lesquelles les islamistes se battent. Dès lors, sur quelle base juridique peut-on interdire à des jeunes Belges, convertis ou d’origine étrangère, de se battre à l’étranger ?

Le législateur avait prévu en 1979 d’interdire aux Belges de s’enrôler dans une armée étrangère. Cette loi trouve son origine dans la guerre d’Espagne mais n’a été concrétisée qu’avec le départ de ressortissants belges vers le Front Polisario dans les années 70. Elle est toujours d’actualité. Mais pour qu’elle soit appliquée, il faut qu’un arrêté royal soit décrété désignant le pays - ici la Syrie - comme l’un des pays où des Belges ne pourraient pas se battre. Cette loi de 1979 avait été utilisée au procès de Nizar Trabelsi avant qu’une législation antiterroriste soit adoptée.

En attendant, tétanisés par la guerre en Syrie où l’Onu estime à 70000 le nombre de victimes, certains répondent à l’appel, comme Abdel Raman Ayachi, le fils du cheikh Bassam, qui dirige désormais une brigade de 600 hommes au sein des "Faucons du Sham".

05:31 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

07 mars 2013

La minorité musulmane dans le Royaume du Swaziland

La minorité musulmane dans le Royaume du Swaziland

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IslamWeb, le 07 mars 2013

Le Royaume du Swaziland est un pays se situant à l’intérieur des terres du continent africain, il se situe exactement au sud de ce dernier, il est entouré par l’Afrique du Sud au nord, au sud et à l’ouest, et à l’est, il partage sa frontière avec le Mozambique. Le nombre d’habitants de ce petit royaume atteint les un million et demi, il est devenu un protectorat britannique depuis l’année 1881, il faudra attendre 1968 pour que le Swaziland obtienne son indépendance.

Les deux langues officielles de ce petit pays sont l’anglais et le swati, sa capitale est la ville de Mbabane, son économie est essentiellement basée sur la culture du riz, du maïs, du coton et de la canne à sucre, par ailleurs, ce pays pratique l’élevage de bovins et de chèvres notamment ; les produits de cette économie agricoles destinés à l’exportation sont majoritairement vendus aux pays voisins : le Mozambique, mais surtout l’Afrique du Sud (9/10e des exportations totales).

Il est à noter que les habitants du Royaume sont très majoritairement des Africains (97 %), même si l’on trouve quelques Européens (3 %). Les religions pratiquées au Swaziland sont les suivantes : on trouve 70 % de catholiques, 20 % de musulmans et 10 % de pratiquants de diverses religions (animisme, judaïsme, etc.). L’Islam s’est implanté récemment au Royaume du Swaziland via notamment l’émigration de populations pratiquant cette religion issues d’Afrique du Sud et du Mozambique, ces populations étaient notamment constituées de commerçants qui ont, en plus de faire des affaires, entrepris un travail de prédication auprès des populations locales. La prédication islamique a commencé à fonctionner de manière officielle à partir de 1989.

Les problèmes rencontrés par les musulmans du pays :

Parmi les principaux problèmes rencontrés par les musulmans du Swaziland on trouve entre autres :

1 – Une désunion des rangs musulmans dans le travail islamique et donc une absence d’un front uni et commun travaillant comme un seul homme à l’organisation de structures adaptées pouvant relever les défis faisant face à la communauté, et ce, de manière officielle et en partenariat avec les représentants du pouvoir du pays.

2 – Les musulmans doivent également relever le défi des divisions religieuses au sein de leur propre communauté provoquées par le travail incessant de sectes religieuses comme la Qâdiyâniyya ou le Chiisme, lesquelles sont très répandues en Afrique de manière générale et au Swaziland en particulier.

3 – Organisation d’un système de séparation forcée des diverses ethnies du pays, ce qui favorise beaucoup les sentiments racistes et empêche les musulmans de se réunir sur la base de leur foi commune malgré leurs origines ethniques diverses.

4 – Absence d’un système d’enseignement islamique unifié au Swaziland, ce qui favorise la désunion des musulmans et la confusion, et par conséquent le refus du gouvernement d’officialiser ces trop nombreux systèmes d’enseignement.

5 – L’insuffisance d’organisations ou d’institutions communautaires fournissant des livres islamiques en langue anglaise ou en langue swati, car en effet la demande des musulmans dans ce domaine est extrêmement forte.

6 – Présence de profondes divergences entre les différentes organisations islamiques et absence d’une vision à long terme de ces organisations.

7 – Absence d’institutions ayant pour mission de prêcher l’Islam aux Africains noirs.

8 – Faiblesse des organisations islamiques de prédication face au dangereux et efficace dynamisme des mouvements d’évangélisation qui sont pour la plupart financés et organisés par des Américains.

9 – Immenses efforts, et notamment financiers, consentis par les mouvements évangélistes dans les domaines de la santé et de l’agriculture en direction des populations musulmanes, évidemment avec l’arrière-pensée de la prédication, alors que dans le même temps les organisations islamiques n’ont ni les moyens ni la logistique d’occuper ces terrains-là.

Si les différents problèmes que nous venons de soulever peuvent s’appliquer à de nombreux pays africains où les communautés musulmanes sont minoritaires, désunies et assez faibles, les musulmans du Royaume du Swaziland rencontrent des problèmes qui leur sont spécifiques, et parmi ces derniers on trouve le grave problème du Sida. En effet, le problème de la grande diffusion du Sida dans ce petit pays est l’un des problèmes les plus dangereux menaçant les musulmans, il faut savoir que le Swaziland est l’un des pays du monde où l’espérance de vie est la plus faible (49,42 ans estimation 2012), principalement car c’est aussi le pays du monde où le taux de prévalence chez les adultes du Sida est le plus élevé, avec 25,9%. Face à ce qu’il faut bien appeler une véritable épidémie, le gouvernement du Swaziland a opté entre autres pour une solution islamique, c’est-à-dire qu’il a rendu obligatoire la circoncision de tous les hommes, ce qui doit avoir pour conséquence de limiter considérablement les nouvelles contaminations, car en effet il a été démontré scientifiquement que la circoncision est un frein à la transmission de cette maladie sexuellement transmissible.

Pour finir sur une touche un peu plus positive et optimiste voici la liste des principales organisations islamiques sud-africaines qui ont des branches et succursales dans le Royaume du Swaziland : le Centre de prédication islamique mondiale, le Comité des jeunes musulmans, le Haut comité de jugement, le Mouvement des jeunes musulmans, le groupe des oulémas, le Mouvement Tabligh, le Mouvement de la prédication islamique ou encore le Centre islamique : Nûr al-Islâm.

Evidemment même si la présence de ces diverses organisations est plutôt une chose positive, comme nous l’avons rappelé dans l’article leur principal problème est la désunion, si les musulmans du Swaziland veulent s’organiser et devenir une force qui compte politiquement et économiquement, ils n’ont d’autre choix que de s’unir et essayer de parler d’une seule voix. Nous sommes bien conscients que le nerf de la guerre reste l’argent, et par conséquent cette réorganisation de la communauté musulmane ne pourra se faire qu’avec des soutiens financiers extérieurs, en somme, ils doivent communiquer sur leur situation pour attirer l’attention des pays musulmans économiquement prospères avec lesquels des partenariats économiques seraient possibles. Il faut bien voir que pendant que nous musulmans dormons, les mouvements évangélistes, qui sont des officines américaines, eux, ont fait de l’Afrique un terrain de chasse, ils y convertissent hélas de nombreux musulmans grâce à leurs dollars et à leur organisation bien huilée. Enfin, une diffusion au Swaziland d’un Islam bien compris et pratiqué correctement aurait pour vertu de freiner l’épidémie du Sida, pas seulement grâce à la circoncision des hommes, mais surtout parce que l’Islam est un système de valeur vivant et dynamique qui éloigne les individus de ces turpitudes, il donne un sens à la vie et une éthique équilibrée et saine. Le Sida fait son nids et se développe dans les sociétés où les individus ne croient en rien et sont dans une recherche désespérée du plaisir charnel qui est fugace et illusoire. Les chiffres nous disent que les habitants du Swaziland sont majoritairement catholiques, mais cette épidémie de Sida effrayante qui touche ce petit pays est la preuve que l’Eglise a complètement échoué dans sa mission, elle n’a pu convaincre ces populations de suivre une voie qui les écarteraient de ce fléau. En conclusion et au risque de nous répéter, il paraît évident que seul l’Islam peut sauver ces populations d’un fléau endémique qui les aura bientôt anéantis si elles ne se réforment pas radicalement.

06 mars 2013

Un musulman dénonce le sionisme Mustafa Kastit

Un musulman dénonce le sionisme

Mustafa Kastit

14:49 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Le prosélytisme musulman sur Internet

Le prosélytisme musulman sur Internet

Takano Genki (ULB)*, le 05 mars 2013

Durant les années 70 et 80, des prédicateurs musulmans ont, à l’instar de Ahmed Deedat, su saisir l’opportunité née de l’apparition de nouvelles technologies, audio et vidéo, pour leur propagande. Comme le soulignait Felice Dasseto en 1996 dans son ouvrage La construction de l’islam européen, des musulmans ― parmi eux les Frères Musulmans, des étudiants américains, etc. ― utilisèrent dès ses débuts l’Internet comme «réseau de circulation des idées islamistes» ou comme plateforme pour proposer du contenu lié à l’islam et à sa pratique, contribuant ainsi au processus de réislamisation des musulmans européens engagé à partir des années 1980.

Depuis, l’Internet a considérablement changé, tant du point de vue de l’indexation des sites que de son utilisation et de ses utilisateurs. L’on peut dès lors se demander, en matière de prosélytisme et de processus de réislamisation, quels peuvent être les acteurs actuels et les moyens qu’ils déploient, leur approche à l’égard des internautes et des moteurs de recherche.

La prise en main de l'Internet comme outil pour la da'wah ― l'invitation des non-musulmans à l'islam ― et la ré-islamisation est un phénomène qui s’est amplifié au début des années 2000, en parallèle avec la croissance exponentielle du nombre d'internautes durant ces dix dernières années. Parmi les courants actifs pour la ré-islamisation des descendants d'immigrés maghrébins, le «salafisme de prédication» ―  le Wahhabisme y est inclus ― s'impose comme le premier acteur sur la toile. L’anonymat ― relatif ― sur Internet leur permet d'avancer à visage masqué et d'étendre leur influence en pénétrant l’intimité des foyers.

Le public ciblé est jeune, occidental et se divise principalement en trois catégories : les musulmans et les descendants de musulmans en Europe ; les chrétiens ; les athées et les agnostiques. Pour chacune de ces catégories, il y a une méthodologie et un argumentaire bien définis.

Pour la première, celle des musulmans, il s’agit de répondre à leurs questions par le biais de sites consacrés aux fatâwâ (fatwa au singulier), les avis juridiques et religieux donnés par un spécialiste de la loi islamique, ou d’investir les forums communautaires afin de convaincre les musulmans que certains courants les éloignent de la voie authentique. Ainsi, une normalisation des pratiques cultuelles et des rapports sociaux s’opère au travers de différents sites, à l’exemple de fatawaislam.com créé par l’association française «Aux sources de l’islam» qui «a pour objectif d'appeler à l'islam, ses principes et ses valeur [et] de clarifier l'authentique compréhension de l'islam à toutes personnes musulmanes et non-musulmanes». De son côté, Paltalk.com s’avère être l’un des sites qui permit au «salafisme de prédication» de prendre son essor par le biais de vidéo-conférences de prédicateurs arabophones, anglophones et francophones retransmises en direct.

Pour susciter des conversions parmi les chrétiens, les prosélytes ont appris à maîtriser les subtilités des moteurs de recherche tels que Google afin de placer leurs sites dans les premiers résultats, à l’exemple du mot-clef «Jésus» qui produira sur Google deux sites de prosélytes musulmans dans les vingt premiers résultats : aimer-jesus.com et jesusreviendra.com. Ces sites proposent divers arguments contre le christianisme. Le premier vise à réfuter la Trinité et à proclamer l’unicité de Dieu. Le second consiste à prouver que la Bible annonce la venue du prophète Mahomet, ce qui les amène parfois à citer l’Évangile de Barnabé ― un apocryphe tardif probablement rédigé en milieu musulman ―, voire de le proposer à la lecture. Le troisième tend à démontrer que Mahomet se situe dans la suite des prophètes et clôt la révélation. Le quatrième propose des récits de prêtres convertis à l’islam.

En ce qui concerne les athées, les auteurs ont développé des arguments du type «foi par la raison» et veulent réconcilier le rationalisme et l’évidence de Dieu. En parallèle, ils proposent une série d’articles contre les théories de l’évolution et les maux qu’ils imputent à l’athéisme et au darwinisme : le racisme et le nazisme. On peut retrouver ces arguments sur le site mensongedelevolution, créé en 2002 par l’auteur créationniste turc Harun Yahya, et très bien placé avec le mot-clé «évolution».

Le recours au concordisme et aux «miracles coraniques» est un point commun entre les sites à l’attention des chrétiens et des athées. Le concordisme est une exégèse apologétique qui vise à combiner les conclusions des sciences actuelles avec les textes religieux, ici le Coran et les Hadith. Les deux grandes figures de ce concordisme sont Maurice Bucaille, auteur de La Bible, le Coran et la science : les Écritures saintes examinées à la lumière des connaissances modernes, dont les travaux sont repris sur le site aimer-jesus.com, et Harun Yahya.

Il existe de nombreux acteurs du prosélytisme musulman sur Internet : leurs sites sont disponibles en plusieurs langues et sont majoritairement hébergés dans l’État américain du Texas. Deux tendances majeures sont à distinguer : l’une, turque, est menée par Harun Yahya ― probablement proche de la mouvance turque Milli Görüs ― ; l’autre est issue de la péninsule arabique. Harun Yahya (et sa maison d’édition, la Global Yayincilik), a ceci de particulier, que son mouvement se construit autour de sa seule personne et que la traduction des sites est effectuée uniquement par des bénévoles. Aussi, a été mise en place une politique axée sur des noms de domaine simples ― comme viedecemonde.com ― qui répondent aux recherches des internautes et contiennent peu de références directes à l’islam. Au contraire, la branche issue de la péninsule arabique manifeste son appartenance à l’islam au travers des noms de domaine. Ce courant possède plusieurs caractéristiques. Parmi celles-ci l’utilisation des langues les plus parlées sur le net à l’exemple de islamreligion.com, islam-guide.com, chatislamonline.org, etc. Seule exception, le site islamhouse.com qui propose près de 80 langues en tout.

Ces sites sont d’autant plus importants qu’ils sont gérés par des organisations officielles, à l’exemple de islamreligion.com, qui émane de la «Cooperative Office for Dawah in Rawdah (Riyadh)» et de islamhouse.com, supervisé par le Ministère saoudien des Affaires religieuses. Ces sites renvoient l’un à l’autre et proposent divers services comme un chat online, où les convertis, musulmans et non-musulmans, peuvent poser les questions qu’ils souhaitent en direct, ou des articles qui retracent étape par étape les actes à accomplir pour se convertir. Ils proposent également divers contenus comme les livres de Ibn Baz, ancien mufti d’Arabie Saoudite, et de Mohammed ben Abdelwahhab, fondateur du Wahhabisme. Parmi les acteurs principaux de cette branche très dynamique sur la toile, Ibrahim Ali Ibrahim Abu Harb s’impose. Ce propriétaire des sites islamreligion.com, islam-guide.com, newmuslims.com, etc. est l’auteur du Guide concis et illustré sur la compréhension de l’islam publié au Texas. Il a fait appel par quatre fois en 2003 à l’Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle, agence des Nations Unies, afin de faire radier les noms de domaine suivants : muslim.info, muslims.info, koran.info et quran.info. Ces démarches dénotent une politique anticoncurrentielle puisque l’objectif du domaine .info, créé en 2001, est de fournir de l’information aux internautes.

En ce qui concerne les initiatives francophones, deux tendances sont constatées. La première se caractérise par les sites proposés par des Français et hébergés en France comme islamconversion.com. La seconde est un ensemble de trois sites créés à Rabat, tous hébergés en France. Ces trois derniers sites appartiennent à un certain Otman Khrubiche, un informaticien, et ont chacun une vocation précise : Aimer-jesus.com s’adresse aux chrétiens, dieu-existe.com aux athées et islam-paradise.com aux nouveaux musulmans, à qui il offre des informations proclamées authentiques sur l’islam et reprend des arguments des deux autres sites.

À partir des argumentaires proposés sur ces sites ou de vidéos hébergées sur YouTube et Dailymotion, des internautes musulmans investissent les forums et sites Internet afin de propager leur foi. Il existe deux approches principales. La première consiste à participer aux discussions en cours, par exemple sur les nombreux débats relatifs à l’islam, et la deuxième se fait fort de créer des sujets de discussion, tel que «Que peut-on faire pour discuter plus librement de sexualité entre époux ?», dans le but de renvoyer le lecteur vers un site prosélyte musulman. La plateforme Google Books peut également servir des fins prosélytes puisqu’on y trouve de nombreux livres en libre accès comme le Guide concis et illustré sur la compréhension de l’islam ou encore Les vrais enseignements de Jésus (C) dans la Sainte Bible, et sa vie, prétendument écrit par un ensemble de cardinaux, de pasteurs et d’experts de la Bible et dont le but est de souligner les incohérences de la Bible afin de mener le lecteur, petit à petit, vers l’islam. Ce livre est intéressant à plus d’un titre : d’une part, l’auteur de la préface, un certain cardinal Luc Martin, invite le lecteur à le contacter par mail ou via sa page profil Facebook ― Cardinalluc Martin — ; d’autre part, le ou les auteurs incitent le lecteur à visiter la majorité des sites cités dans le présent article, qu’il s’agisse de ceux de la branche turque, de la péninsule arabique ou de Rabat.

En conclusion, l’espace public que représente Internet fait l’objet d’enjeux idéologiques et étatiques. Le développement croissant des technologies de l’information et de la communication a suscité un intérêt précoce auprès d’organisations prosélytes, leur permettant d’investir un nouvel espace qui transcende les frontières. Le phénomène est accentué par le faible coût qu’entraîne la mise en ligne d’un site Internet. Les prosélytes, en cernant le fonctionnement des moteurs de recherche, pèsent de tout leur poids sur l’évolution de la pratique de l’islam parmi les jeunes, qu’ils soient de famille musulmane ou non. À l’avenir, il reviendra au sciences humaines d’évaluer l’impact d’Internet sur le fait religieux.

*Ce texte est l’un des deux articles à avoir remporté le concours lancé par ORELA à destination des étudiants de l’Université libre de Bruxelles. Son auteur est inscrit en troisième année de BA en Histoire.

00:02 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05 mars 2013

Entretien exclusif avec le président du parti salafiste tunisien

Entretien exclusif avec le président du parti salafiste tunisien

Au sommaire de L'Esprit d'actu, un entretien exclusif avec Mouldi Ali El  Moujahed, président du parti salafiste tunisien Al Assala, dont l'influence  dans ce pays ne cesse de croître…

13:43 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03 mars 2013

Un Tunisien parle de la charia au quotidien

Un Tunisien parle de la charia au quotidien

«Salah Zeghidi, responsable de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme, décrit ce qu'est la charia au quotidien : héritage, mariage, conversion des non-musulmans, infériorité de la femme, incompatibilité avec la laïcité, mort pour les renégats, blasphème interdit, instauration de l'Etat musulman, réforme impossible, retour du voile…»

«Les gouvernements devraient renoncer aux lois visant spécialement les musulmans»

«Les gouvernements devraient renoncer aux lois visant spécialement les musulmans»

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Assirou, le 01 mars 2013

Dans une lettre publiée sur le site du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks commissaire aux droits de l’Homme de l’instance a appelé les différents gouvernements Européens à «renoncer aux lois et mesures visant spécialement les musulmans et interdire la discrimination fondée sur la religion ou les convictions dans tous les domaines».

Discriminations aux yeux de tous

L’intervention du commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe fait suite aux conclusions de différents commentateurs du «printemps arabe» qui n’ont pas hésité à jouer l’exagération concernant de potentiels risques de migrations massives de musulmans vers l’Europe.

Nils Muiznieks dénonce par ailleurs l’attitude des politiques et officiels sur la question de l’islam en Europe, il évoque notamment la polémique autour du niqab. Après un pseudo-débat qui avait duré près d’un ans et contre l’avis d’Amnesty Internationale et du Conseil Européen des Droits de l’Homme, l’UMP avec la complicité du Parti Socialiste avait voté cette loi islamophobe. Sur ce sujet Nils Muiznieks déclare :

De grands partis ont exploité la défiance à l’égard des musulmans en soutenant des mesures législatives restrictives dirigées contre cette population. En Belgique et en France, des lois prévoient depuis 2011 une amende ou un «stage de citoyenneté» pour les femmes portant un voile intégral dans l’espace public. En Italie, des collectivités locales ont invoqué une vieille loi antiterroriste qui interdit, pour des raisons de sécurité, de se couvrir entièrement le visage pour punir des femmes qui portaient le voile intégral. Il a été question d’initiatives similaires en Autriche, en Bosnie-Herzégovine, au Danemark, aux Pays-Bas, en Espagne et en Suisse.

Plus généralement, le commissaire aux Droits de l’Homme évoque les discriminations à l’égard des musulmans «il ressort d’une étude récente de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) que, dans l’UE, 1 musulman sur 3 a été victime de discrimination au cours des 12 mois précédents, les jeunes étant les plus touchés».  Nils Muiznieks indique par ailleurs que les «policiers, douaniers et gardes-frontières pratiquent une forme de discrimination particulièrement pernicieuse lorsqu’ils se livrent à un profilage ethnique ou religieux à l’encontre des musulmans en les arrêtant à cause de leur apparence».

Les mosquées ne sont pas épargnées, les difficultés pour obtenir le permis de construire sont une réalité que confirme Nils Muiznieks «dans de nombreuses villes européennes, les autorités se montrent bien plus réticentes à délivrer des permis de construire dans le cas de mosquées que pour d’autres lieux de culte.»

Renoncer aux lois visant les musulmans

Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe fait donc un triste constat et la France se targuant d’être le pays des Droits de l’Homme en prend pour son grade. Nils Muiznieks appelle donc les gouvernements européen à renoncer aux lois visant les musulmans et à lutter contre l’intolérance de l’opinion publique à l’égard des musulmans.

«Les gouvernements devraient renoncer aux lois et mesures visant spécialement les musulmanset interdire la discrimination fondée sur la religion ou les convictions dans tous les domaines… Parallèlement, il faudrait que les gouvernements combattent les préjugés et l’intolérance de l’opinion publique à l’égard des musulmans. Pour ce faire, ils pourraient s’inspirer utilement de la Recommandation de politique générale n° 5 de l’ECRI intitulée «La lutte contre l’intolérance et les discriminations envers les musulmans»

Le commissaire conclue en ces mots : «Il est temps de reconnaître que les musulmans font partie intégrante des sociétés européennes et qu’ils ont droit à l’égalité et à la dignité. Préjugés, discrimination et violence ne font qu’entraver l’intégration. Nous avons besoin d’un «printemps européen» pour éradiquer les formes anciennes et nouvelles de racisme et d’intolérance.»

02 mars 2013

Aubry choquée par l'invitation de prédicateurs jihadistes à Lille, l'organisateur se dit «blessé»

Aubry choquée par l'invitation de prédicateurs jihadistes à Lille, l'organisateur se dit «blessé»

La Voix Du Nord, le 01 mars 2013

Samedi, au Zénith à Lille, se tient la septième rencontre des musulmans du Nord, organisée par la Ligue islamique du Nord. La venue d'invités aux tendances jihadistes a contrarié Martine Aubry, qui a annoncé qu'elle boycotterait le rassemblement. Les organisateurs se sont indignés de cette ingérence dans leurs affaires.

Dans un courrier adressé à Amar Lasfar, président de la Ligue islamique du Nord, la maire de Lille (PS) a fait savoir qu'elle était choquée de voir parmi la liste des invités, outre Tariq Ramadan, le Sheik Salah Sultan, président du Haut Conseil islamique d'Egypte, membre du Conseil européen de la fatwa et de la recherche, ainsi que de l'Union internationale des savants musulmans.  Martine Aubry enfonce le clou en rappelant que «ses prises de position sont à l'inverse des valeurs que nous défendons, celles de notre République comme celles de notre ville.»

Il appelle les jeunes aux sports de combat pour libérer Jérusalem

«Je vous rappelle, à toutes fins utiles, quelques-uns des propos qui lui sont attribués, propos qui ne peuvent que nous heurter. Dans une interview (...), Salah Sultan a appelé les jeunes à pratiquer des sports de combat en vue de "libérer" la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem: "J'appelle les jeunes à pratiquer des sports, et à renforcer leurs corps dans la préparation du Jihad (...). » Des positions qui sonnent comme des incitations à la violence et sont porteuses de haine pour l'élue socialiste.

Boycott

En conséquence, ni elle ni aucun élu lillois ne participeront au rassemblement «qui porte des messages contraires aux valeurs de la République et de notre ville, partagées par tous, et, bien évidemment, par les musulmans.»

Indignation des organisateurs

Président de la Ligue islamique du Nord, Amar Lasfar estime pour sa part que Martine Aubry «outrepasse ses responsabilités de femme politique. Elle n'a pas à nous dire qui inviter ou pas à nos manifestations. Le vivre ensemble, on ne l'affiche pas, on le vit», avant de conclure que la maire de Lille l'avait personnellement blessé et habitué à des choses plus sérieuses.

 

La pensée unique chez certains musulmans

La pensée unique chez certains musulmans

Au sommaire de l'émission "'Islam aujourd'hui" un entretien avec  l'islamologue Eric Geoffroy. Maître de conférence  à l’Université de Strasbourg, Eric Geoffroy enseigne également à l’Université Ouverte de Catalogne (Barcelone), et à l’Université Catholique de Louvain (Belgique)...

13:30 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 mars 2013

Musulmans, le Sheikh Omar al-Haddouchi vous conseille de quitter la France !

Musulmans, le Sheikh Omar al-Haddouchi vous conseille de quitter la France !

«Après une longue absence, voilà que réapparaît le célèbre salafiste marocain cheikh Omar al-Haddouchi dans une vidéo postée sur Internet. Il y recommande aux émigrés musulmans de quitter (littéralement de fuir) la France, ce pays d’infidélité à Mahomet (kufr) où un musulman ne devrait pas résider...»

14:38 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Fatwa fish

Fatwa Fish

Les musulmans d'Europe attendent que soit prononcée une fatwa sur les aliments pour poissons contenant du porc

Al-Masry Al-Youm, le 28 février 2013

Les Egyptiens vivant en Belgique sont en attente d'un décret religieux d'Al-Azhar à savoir si il est interdit aux musulmans de manger du poisson nourri de protéines de graisse de porc. L'Union européenne a récemment approuvé une loi permettant aux éleveurs de l'UE d'utiliser des protéines de graisse des animaux dont les porcs à partir de Juin.

La décision a déclenché l'alarme parmi les communautés musulmanes vivant en Europe et incité les organisations islamiques à Bruxelles, la capitale belge, de demander aux institutions religieuses d'émettre une fatwa officielle

Gharib Radwan, un chauffeur égyptien vivant à Bruxelles, a déclaré: "Il est très important [d'avoir une décision] et nous faisons confiance à des organisations islamiques en Egypte [régneront] sur la question."

"Comme les Egyptiens, nous attendons à une fatwa d'Al-Azhar, en particulier depuis Al-Azhar qui détient une position de premier plan dans le monde islamique", at-il ajouté. "On a confiance dans les fatwas émises par l'institution non seulement par les Egyptiens, mais dans les communautés dans d'autres pays musulmans."

Emad Sharqawi, un propriétaire de restaurant égyptien, également à Bruxelles, a déclaré à Al-Masry Al-Youm : "les immigrés musulmans sont confrontés à un dilemme majeur car un grand nombre mange du poisson pour éviter de manger de la viande inconnue et éviter tout soupçon de manger du porc."

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28 février 2013

Un regard paranoïaque

Un regard paranoïaque

Maurice Tarik Maschino, le 28 février 2013

Il en est des sociétés comme des personnes : certaines perdent la raison, deviennent folles et s’enferment dans un délire. C’est le cas des sociétés européennes, qui s’enfoncent un peu plus chaque jour dans la peur de l’islam et des musulmans. Une peur panique, qu’analyse dans un essai absolument remarquable, Le Mythe de l’islamisation, essai sur une obsession collective, de Raphaël Liogier, professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix en Provence, où il dirige l’Observatoire du religieux.

Que les musulmans s’apprêtent à conquérir l’Europe n’est pas seulement la conviction de quelques racistes primaires, elle sévit dans de nombreux milieux qui, en Angleterre, en France, en Suisse, dénoncent l’imminence d’une «invasion» : une «conférence anti-djihad internationale» s’est tenue à Zurich en 2010 ; à Paris, la même année, ont été organisées des «assises internationales sur l’islamisation de nos pays».

Ce délire a pris forme à la suite de la Révolution iranienne de 1979, puis de la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran. Les attentats qui ont frappé la France et l’Espagne dans les années 1980/1990, la fatwa contre Salman Rushdie, la destruction des tours de Manhattan, les prises d’otages, les déclarations intempestives de certains dirigeants maghrébins à l’ONU (1) ont modifié le regard des Européens sur l’islam : au «regard méprisant» du XIXe siècle, au «regard effrayé» des années 1980 a succédé, précise R. Liogier, «un regard paranoïaque». Autrement dit, un regard fou, totalement déconnecté du réel, l’interprétant de façon toujours négative/agressive et transformant le fait le plus banal en preuve accablante.

Un regard qui prête à l’autre des plans machiavéliques, prend les propos les plus sensés pour autant de mensonges et voit par exemple dans la concentration de musulmans dans certains quartiers la «conquête» d’un territoire, dans les prières de rue du vendredi une «provocation», dans la construction de mosquées un défi à la chrétienté, dans les minarets le marquage islamique du ciel européen et dans les entrailles «surproductives» des musulmanes des fabriques d’«envahisseurs».

Répliquer à ces paranoïaques que, faute de ressources, les musulmans les moins aisés s’établissent dans les quartiers les moins chers, qu’ils prient dans la rue faute de mosquées – il n’y en a que 1990 en France et seules 23 ont un minaret –, qu’ils ne refusent pas de s’intégrer mais qu’en face, on fait tout pour les tenir en marge, ces objections sont d’emblée récusées. Dans leur délire, ces malades contestent jusqu’à l’objectivité des statistiques.

Les «envahisseurs» ne représentent que 4% de la population européenne et 3,5% de la population française. Leur taux de fécondité ne cesse de baisser, dans leurs pays d’origine comme en Europe : il est de 1,75% en Algérie, de 2% en Tunisie, de 2,2% en France (moyenne nationale : 2,1%). Un peu partout, le taux de renouvellement des générations (2,1%) est insuffisant ou au point mort. Au total, précise R. Liogier, «on dénombre dans l’UE entre 12 millions (fourchette basse) et 16 millions (fourchette haute) de musulmans pour une population de 500 millions d’individus» ; on est «très loin des 50 millions fantasmés».

Chiffres inaudibles, «trafiqués» pour ceux qu’habite le cauchemar d’une Europe en voie d’islamisation et qui deviennent, pour les musulmans, de plus en plus dangereux. S’il est des fous paisibles, les paranoïaques, eux, n’hésitent pas à passer à l’acte. A titre individuel comme de façon officielle.

A titre individuel : refus de crèche, refus d’école, refus d’emploi, refus de logement – de plus en plus souvent, les portes se ferment dès qu’un musulman se présente. Les discriminations sont en hausse dans tous les pays. Comme les agressions contre les personnes, qui ont été 9 fois plus fréquentes en France en 2011 qu’en 2010, comme les actes d’islamophobie, qui ont augmenté de 33% la même année, comme les actes de vandalisme contre les mosquées, plus 2%.

Comportements de voyous ? Certes. Mais les dirigeants politiques donnent l’exemple, qui, à force de lois et de réglementations diverses, s’acharnent contre les musulmans, qu’il s’agisse de la loi anti-burqa de 2011, de l’interdiction pour les mères qui portent un foulard de participer à des sorties scolaires, ou, pour des nourrices, de garder chez elle leur foulard lorsqu’elles accueillent des enfants. Qu’ils soient pratiquants ou pas, boivent du vin ou préfèrent l’eau minérale, fréquentent les cafés plutôt que les mosquées n’a aucune importance : les musulmans sont des musulmans et, comme tels, doivent être surveillés, contrôlés, tenus à l’écart ou à distance, éventuellement emprisonnés et si possible renvoyés dans leurs douars d’origine.

L’Europe, qui n’est plus «la référence mondiale», «est nostalgique de sa gloire passée», écrit R. Liogier. Le mythe de l’islamisation redonne un sens aux choses. Le paranoïaque antimusulman a besoin du musulman parce qu’il lui redonne une cause, une raison de lutter». «Boucs émissaires d’une crise d’identité européenne», les musulmans du Vieux Continent n’ont pas fini de souffrir.

1)  «Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère Sud pour conquérir l’hémisphère Nord. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire» (Houari Boumediène)

14:48 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Tareq Oubrou : «Les musulmans doivent s’adapter à la société française !»

«Les musulmans doivent s’adapter à la société française !»

Tareq Oubrou (recteur de la Mosquée de Bordeaux), 28 février 2013

La chose est assez rare pour être soulignée, il est encore possible de parler de l’islam de France en toute sérénité. Ce que vient de faire “L’Express” en donnant la parole à Tareq Oubrou.

Vous estimez que les musulmans doivent s’ajuster à la société dans laquelle ils vivent, française en l’occurrence. De quelle manière ?

En partant des réalités concrètes qui l’entoure. Il faut que les musulmans puissent accorder leurs gestes à leur foi sans perturber le fonctionnement de la société par des revendications outrancières, quitte à renoncer à une certaine visibilité. Le tout ou rien est néfaste et aboutit à une voie sans issue, qui alimente la peur chez les non-musulmans. On est musulman lorsqu’on a la foi ; c’est la grâce de Dieu qui sauve. Les pratiques cultuelles, elles, sont aménageables. Les prières peuvent être effectuées après le travail, par exemple, ou le jeûne du ramadan reporté en cas de maladie. Le vrai problème concerne les comportements qui relèvent de l’éthique personnelle et qui sont devenus des marqueurs pour beaucoup de musulmans: manger halal, porter le voile… Avec le halal, nous ne sommes pas dans le sacré. Le fidèle a seulement pour obligation d’alléger au maximum la souffrance de l’animal. Quant au voile, je n’ai trouvé aucun texte qui oblige la femme à se couvrir la chevelure. Le combat que les musulmans ont mené pour le port du voile me désole, parce qu’il donne une image négative de la façon dont l’islam perçoit la femme. Cette tendance à tout ritualiser conduit certains fidèles à parler plus de la pratique que de Dieu lui-même !

Les fidèles peuvent-ils s’appuyer sur les imams pour suivre cette voie?

Les imams sont malheureusement souvent les ventriloques des associations qui les salarient et qui sont tenues le plus souvent par des migrants de la première génération. Ces associations ne veulent pas d’imams intellectuels, mais des imams venus du bled, qui ne leur coûtent pas cher, ne font pas de vagues, et qui maintiennent le statuquo théologique. Dans les prêches, les problèmes comme l’échec scolaire, la drogue, l’usage de la raison et du bon sens critique, ne sont pas abordés, alors qu’ils devraient être l’occasion de responsabiliser les musulmans dans la société. Nous avons à Bordeaux un institut privé de formation, où une vingtaine de jeunes apprennent à penser la foi musulmane dans un environnement sécularisé, en tenant compte du droit français notamment. Dans cet institut, je veux avant tout former des gens équilibrés, car quelqu’un qui a des comptes à régler avec la société ne peut pas faire un bon imam. Avec le temps, nous espérons pouvoir développer des spécialités qui répondent aux attentes de la société: économie, bioéthique, etc. L’engagement dans la société : voilà l’antidote à l’esprit de victimisation si répandu dans la communauté musulmane.

Vous appartenez depuis longtemps à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), dont l’image s’est ternie ces dernières années. Ses détracteurs lui reprochent de s’être notabilisée, de ne pas suffisamment faire de place aux jeunes, d’inviter des prédicateurs polémiques… Pourquoi être resté ?

Je suis un homme très fidèle. Bien que je sois loin d’être d’accord sur tout, c’est à l’UOIF que j’ai appris la démocratie, la tolérance et le sens de la responsabilité qui m’ont mené sur le chemin que je poursuis aujourd’hui. Pour moi, l’UOIF ne doit pas intervenir sur le plan politique, par exemple; c’est une organisation religieuse. Elle est aujourd’hui profondément en crise, c’est vrai. À mes yeux, soit elle change radicalement, soit elle disparaît.

Et le Conseil français du culte musulman ? Faut-il le maintenir, en dépit de son manque cruel de représentativité ?

Le CFCM était nécessaire pour donner à l’Etat un interlocuteur. Mais je pense qu’il faut repartir de la base. On pourrait commencer par organiser des assises de l’islam en France rassemblant des imams, des théologiens, des penseurs, des présidents d’associations … L’islam est une religion qui vit sur le terrain, partout dans l’Hexagone. En revanche, il est encore beaucoup trop marqué par une représentation ethnique – marocaine, algérienne, tunisienne… Il n’existe pas d’islam de France, mais un islam maghrébin de France.

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Conseils du recteur de Al-Azhar aux jeunes prêcheurs musulmans en Europe

Conseils du recteur de Al-Azhar aux jeunes prêcheurs musulmans en Europe

ACRE, le 27 février 2013

Ahmed at-Tayyeb, recteur de l´université de Al-Azhar a demandé aux jeunes prédicateurs musulmans en Europe de se mettre en contact avec les autres musulmans européens pour résoudre leurs problèmes. «Le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche islamique doit garantir la tranquillité des citoyens musulmans afin qu´ils puissent coexister en paix sans tenir compte de la couleur, la race et la religion. Les différences du point de vue religieux ne doivent être un obstacle pour la paix sociale. La différence est un fait universel et continuera de l´être jusqu´au jugement dernier. Ces mots ont été prononcés, selon le journal égyptien Al-Chourouq, par Ahmed at-Tayyeb devant une délégation de musulmans irlandais présidée par Hassan Halawa, secrétaire général du Conseil de la Fatwa et de la Recherche Islamique et l´imam de la mosquée de Dublin, Muhammad Hussein.

00:04 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |