30 août 2010

Appel de musulmans, de laïcs, d'antisexistes et d'antiracistes contre la loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public

Appel contre la loi interdisant ...

 

Mohammed BEN YAKHLEF, le 28 Août 2010

Lundi 13 septembre 2010, le "projet de loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public" sera examiné par le Sénat. Celui-ci s'inscrit dans un contexte où la majorité parlementaire tente d’occuper le débat public autour d’un discours sécuritaire contre la burqa.

La démocratie et l'égalité hommes-femmes sont instrumentalisées afin de défendre une rhétorique xénophobe et raciste pour "stigmatiser" les musulmans vivant en France

Cette loi est anti-laïque et raciste. L'Etat transgresse la notion de laïcité en édifiant des lois sur les pratiques religieuses pour la seule communauté musulmane. Cette loi a été rédigée au cours d'un grand débat sur le port de la burqa et sur l'oppression des femmes dans la communauté musulmane. Le projet de loi stipule pourtant que "la présence de femmes portant la burqa n’est pas attestée à ce jour". Cette rhétorique a été utilisée pour stigmatiser la communauté musulmane afin d'amadouer l'électorat d'extrême droite après les élections régionales. Ainsi comme sous l'Algérie française, l'Etat s'arroge le droit de codifier ce que doit être une bonne pratique "républicaine" de la religion musulmane. Et ce afin, selon le projet de loi, de préserver "la cohésion sociale"

Cette loi va à l’encontre des droits fondamentaux. La "liberté de pensée, de conscience et de religion" de chacun (Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, texte aujourd’hui à valeur constitutionnelle) et "la protection de la liberté de conscience de chacun, dans la sphère publique comme privée" (article 9 paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales) sont foulées aux pieds pour des intérêts politiciens de courte vue

Cette loi ne cherche pas à combattre le sexisme. D’après nous, la majorité présidentielle ne cherche pas à défendre l'égalité homme-femme contre le port de la burqa. La vraie menace ne provient pas du port de la burqa en France, mais de l’établissement d’une loi comme réponse systématique à tout phénomène social et de son instrumentalisation politique. Permettre à l'Etat de soumettre l’autre (le communiste, le syndicaliste, l’homosexuel, le gitan, le juif, le musulman) à une idéologie et un mode de vie que le pouvoir détermine comme norme à un instant donné, représente un danger impérieux pour les libertés fondamentales

Nous appelons donc l'ensemble des associations, organisations et citoyens soucieux de défendre les libertés fondamentales à se rassembler à l'occasion du vote de cette loi par le Sénat, le lundi 13 septembre à partir de 15h devant le jardin du Luxembourg (lieu à définir en préfecture). 

Nous ne laisserons pas les libertés individuelles disparaître sans réagir.

A l'appel de l'Association Touche pas a Ma Constitution, Actif Emsemble, Association des Musulmans de VSG, Cercle des Maghrebins de Paris, ECRI, Ensemble Contre le Racisme et l'Injustice, Entr'Aide, la Gauche Musulmane, Horizon IqraMarxistes Unitaires, Peace Breather, Respaix Conscience Musulmane, Reveil des Consciences,  ... 


Nous contacter : par email : respaix@gmail.com - tel : 06.14.14.34.35

23 août 2010

Mon voyage à Makkah, un voyage pas comme les autres !

Mon voyage à Makkah, un voyage pas

comme les autres !LaMecque.jpg

Par M. Lachkar, 22 Août 2010

Dans deux jours, je vais m’absenter pour une courte période, je  prends donc congé de mes amis et de ceux qui prennent la peine de me lire régulièrement sur MédiapartJe vais faire un  voyage, en compagnie de ma femme, vers Makkah, la Maison de Dieu pour y passer le reste du mois de Ramadan, faire ce qu’on appelle  Omra ou le «petit pèlerinage».  Un voyage pour pouvoir nous détacher, ne serait-ce que provisoirement et pour quelques jours, de tout ce qui est hormis Dieu et pour nous consacrer essentiellement à son adoration. Un voyage pour fuir les illusions de l’éphémère, pour le cheminement vers Dieu.

Les préparatifs, depuis quelques jours déjà, nous remplissent d’un désir ardent de retrouver ces lieux sains comme si c’était notre premier voyage. C’est notre quatrième séjour et pourtant ce sont  les mêmes sentiments d’espoir et de réconfort qui continuent à nous envahir malgré les palpitations de nos cœurs pour ce long voyage. Un voyage pour lequel  nous partons avec un équipage très léger, avec comme seule provision notre piété. Un voyage qui exige de chacun de nous une profonde humilité et une vraie pudeur.

Pendant dix huit jours, nous allons vivre au rythme du spirituel et du ressourcement. Nous devrons accomplir un immense effort intellectuel, voire psychologique, une rupture quasi mentale, pour arrêter de vivre et de penser comme nous avons l’habitude de le faire le reste des jours de l’année.

Physiquement l’épreuve sera dure comme d’habitude : les longues attentes dans le désordre au niveau des aéroports, les bousculades dans la foule, la chaleur, la soif, le manque de sommeil. Toutes ces contraintes secondaires, ne nous découragent plus, nous y sommes déjà habitués ; nous avons appris à les surmonter sans trop de difficultés.

Notre première escale sera Médine. La ville vers laquelle le Prophète était obligé d’émigrer. La ville qui a vu naître le premier Etat musulman. Les habitants de Médine, contrairement à ceux de Makkah sont très accueillants. Ne sont-ils pas les descendants des Ansars (ceux qui avaient soutenu le Prophète et ses compagnons obligés de fuir la Mecque car pourchassés et menacés par leurs frères ) ?

Pendant quatre jours et quatre nuits nous allons avoir la chance de revivre des moments très forts lors des prières dans la Mosquée du Prophète et surtout au moment de la visite de sa tombe et de celles de ses compagnons les plus proches : Aboubakr et Omar.

Le voyage de Médine vers Makkah (500 km environ), nous préférons le faire seuls en taxi, de jour, et en tenue de l’Ihram «état de sacralisation». Une tenue faite de deux pièces de tissus blancs non cousues pour moi, djellaba blanche pour ma femme. Une tenue qui fait de nous des êtres simples et pauvres : des esclaves de Dieu. Une tenue qui nous rappelle aussi le linceul dans lequel seront enveloppés nos corps après la mort. Un voyage pas comme les autres : pendant plus de cinq heures, nous allons traverser un paysage désertique  exceptionnel dans un silence presque total rompu uniquement par nos invocations, nos prières et par «talbyya»  que nous n’arrêterons pas jusqu’à l’arrivée à Makkah.

Arrivés à Makkah, le lieu le plus sacré de l’Islam, la «mère des cités», la première des choses à faire est d’aller accomplir «attaouf» autour de la  «Kaaba». Un des moments les plus forts de notre séjour sur le plan émotionnel. Au début, un sentiment de panique et de confusion  vous prend et vous étrangle . Toutes les invocations apprises au paravent se perdent, tous les préparatifs s’évaporent. Vous êtes bousculés dans tous les sens par la marée des milliers d’hommes et de femmes qui avancent sans tenir compte de votre présence. Ils sont de tous les âges, de toutes les couleurs et de toutes les races...

La suite : M. Lachkar

03:46 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12 août 2010

Le Ramadan n’est pas seulement une abstinence alimentaire

Le Ramadan n’est pas seulement une abstinence alimentaire

 

Par M. Lachkar, le 11 Août 2010

Le Ramadan ne peut être réduit à une simple pratique superficielle du jeûne. L’observance des conditions extérieures du jeûne, bien que nécessaire, est loin d’être suffisante pour en faire un acte ayant une véritable portée spirituelle. Un hadith du Prophète nous le rappelle : «Combien de jeûneurs ne reçoivent de leur jeûne que la faim et la soif !».

Faut-il rappeler que le jeûne est purement intérieur qui ne laisse rien transparaitre de lui ; il ne se manifeste pas par une action extérieure, comme c’est le cas des mouvements de la prière ou des actes rituels du pèlerinage par exemple. Un acte qui pousse à l’absence d’ostentation et à la sincérité.

Le Ramadan ne peut être aussi réduit à quelques rites ponctuels, qui une fois finis, on se laisse attirer vers l’excès après les privations diurnes.

Le vrai sens du jeûne est de contrôler ses pulsions négatives, de contraindre son ego à rompre avec ses habitudes, de réduire l’ardeur de ses désirs pour la préparer à ce qui lui apportera salut et bienêtre.

Le mois de ramadan est une station de ressourcement inépuisable durant laquelle, le croyant est tenu d’atténuer sa prise sur ses perceptions sensibles. Tout le corps est convié au jeûne et pas seulement son tube digestif et ses organes sexuels. Chaque organe a une abstinence qui le caractérise : la langue, les yeux, les oreilles

C’est un mois d’effort pour retrouver le sens de l’effort. En particulier, le croyant est appelé à respecter quelques règles : soustraire son regard de tout ce qui est blâmable et réprouvé, retenir sa langue du bavardage, du mensonge, des insultes ; ne pas tendre ses oreilles pour écouter ce qui est réprouvé car ce qu’il est interdit de dire, il est aussi interdit de l’écouter ; préserver tous les autres organes de tout péché, et ne manger que des aliments licites ; et enfin se maîtriser lors de la rupture du jeûne le soir venu et manger sans excès.

Pour moi le jeûne est avant tout un acte d’adoration et de méditation pieuse qui me permet d’élever la perspective de mon aspiration au-delà de son horizon limité.

Mais c’est aussi le mois de solidarité et de partage, pour Dieu et avec les hommes.

Je vous présente à toutes et à tous mes meilleurs vœux.

Ramadan Moubarak 2010

Dr Mhamed Lachkar, Alhoceima

03:40 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05 août 2010

Europe orientale : 5 siècles d’islam, 12 millions de

Europe orientale

5 siècles d’islam, 12 millions de musulmans

Par Seyfeddine Ben Mansour, Zaman France, le 05 août 2010

Des commémorations ont eu lieu à Srebrenica, 15 ans après le massacre de 8.000 musulmans bosniaques. Slaves comme leurs meurtriers, leur unique tort était d’être musulmans.

Il existe aujourd’hui 12 millions de musulmans de souche européenne en Europe orientale, legs vivant de l’ancien Empire ottoman. Nous savons que tuer un seul être humain revient à tuer l’humanité toute entière a déclaré Recep Erdogan, faisant référence à un verset du Coran. Aujourd’hui, a-t-il ajouté, nous faisons nos adieux à nos frères pour lesquels, depuis 15 ans, nulle pierre tombale n’avait été posée […]. C’est par ces mots que le Premier ministre turc, venu assister aux commémorations, a rendu hommage le 11 juillet dernier aux victimes du massacre de Srebrenica.

En 1995, les forces serbes bosniaques s’étaient emparées de l’enclave musulmane de Srebrenica. Sous la direction de leur chef, Ratko Mladic, inculpé depuis de génocide par le TPI pour l’ex-Yougoslavie, ils ont massacré 8.000 musulmans bosniaques ; hommes, femmes et enfants. Comme dans le cas des Juifs ashkénazes un demi siècle plus tôt, ce crime contre l’humanité a visé une population autochtone non-chrétienne. Turquie mise à part, il existe actuellement des communautés musulmanes de souche européenne dans 11 Etats du continent : Albanie, Roumanie, Grèce, Hongrie, Macédoine, Bulgarie, Croatie, Serbie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo. Ils représentent environ 12 millions d’individus. Il s’agit pour l’essentiel de populations d’origine slave, illyrienne ou grecque, et, dans une moindre mesure, turque ou tzigane. Leur présence remonte à l’expansion des Turcs ottomans en Europe orientale à la fin du 14e siècle. C’est en Albanie, faiblement peuplée, qu’elle est la plus intense et en Bulgarie, proche du cœur de l’Empire Ottoman et premier pays conquis en Europe, qu’elle est la plus ancienne. C’est néanmoins l’ex-Yougoslavie, malgré son éloignement relatif, qui regroupe le plus grand nombre de musulmans (près de 4 millions).

A l’origine, l’islam européen s’est alimenté surtout des conversions des classes sociales supérieures, soucieuses de conserver leur statut, avant de s’étendre progressivement à l’ensemble de la population. La conversion permettait en effet d’échapper au paiement de l’impôt auquel étaient soumis les sujets non-musulmans de l’Empire, et, pour certains, de profiter des avantages offerts par l’administration et l’armée ottomanes. Par ailleurs, les transferts de paysans ou de soldats de l’Anatolie vers l’Europe et les rafles de jeunes chrétiens recrutés dans le corps des janissaires ont aussi contribué à l’islamisation. Enfin, lors des guerres des 17e et 18e siècles entre les Ottomans et les Autrichiens, des tribus albanaises ont été forcées à la conversion.

De nos jours, avec des populations comprenant respectivement 80% et 90% de musulmans, l’Albanie et le Kosovo sont, avec la Turquie, les seuls Etats d’Europe qui soient à majorité musulmane. Dans les autres pays, l’islam autochtone représente une minorité plus ou moins importante : Bosnie-Herzégovine (40%), Macédoine (33.3%), Bulgarie (12.2%), Serbie (3.2%), Grèce (1,5%), Croatie (0,4%), Roumanie (0.3%), Hongrie (0.2%).

Il est à noter que la population musulmane de la Grèce a baissé de manière significative en 1923, suite à un échange de population. En application du traité de Lausanne signé entre la Grèce et la nouvelle République turque, près de 500.000 musulmans de Grèce ont été échangés contre 1,5 millions de chrétiens de Turquie.

Enfin, même lorsqu’ils sont majoritaires, les musulmans autochtones d’Europe orientale ont un taux de fécondité supérieur à la moyenne (l’Albanie est ainsi le pays le plus nataliste du continent). Sans doute faut-il y voir la réaction de défense ou de survie de communautés longtemps brimées et qui sentent aujourd’hui encore leur culture menacée.

19:21 Écrit par Rachid Z dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 août 2010

Brésil : l'essor de l'islam dans les favelas

Brésil

L'essor de l'islam dans les favelas

13:53 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09 juillet 2010

Mexique : Allah au pays des Mayas

Mexique

Allah au pays des Mayas

 

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Par Emilie Trevert, Le Figaro, le 09 juillet 2010

 

Dans les bidonvilles de San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas, une communauté de 300 Indiens vit au rythme des cinq prières quotidiennes de l'islam. Un phénomène insolite dans un pays majoritairement catholique.

 

«Salam alaikoum!», lance un vieillard en descendant d'une colline. Turban sur la tête, pardessus en laine de mouton et sandales, l'homme porte l'habit traditionnel tzotzil (une ethnie maya). Un bâton à la main, il se dirige vers une petite maison blanche sur laquelle est inscrit en rouge «Centre culturel islamique du Mexique». Aidé par une ribambelle d'enfants, il déchausse ses pieds fatigués, s'agenouille et pose sa tête sur le carrelage, en direction de... La Mecque. Une grand-mère fluette aux yeux plissés le rejoint. Voilée de blanc, elle s'installe au bout de la pièce, derrière un rideau à fleurs.

 

Suleiman et Habiba sont des Indiens du Chiapas convertis à l'islam. Avant ils s'appelaient Salvador et Maria... Catholiques convertis au protestantisme, ces paysans devenus des dissidents religieux furent expulsés de leur village, San Juan Chamula, dans les années 1970, avant de devenir musulmans, voilà plus de dix ans. Aujourd'hui, toute leur famille les Gomez rebaptisés Chechev est fidèle à Allah. Quatre générations, de 4 mois à 105 ans !

 

De l'autre côté du chemin, où l'on croise des bergères voilées qui ramènent leurs moutons, on retrouve Nujeila, 21 ans, l'une des petites-filles Chechev.

Les mains posées sur un Coran de poche, elle attend sagement que sa sœur libère le bac à lessive du jardin pour faire ses ablutions. Des suppliques résonnent dans la vallée. Elles proviennent de l'appentis de Juan, alias Mohamed. Coiffé d'une chéchia, ce menuisier de 28 ans apprend les sourates sur CD... Difficile pour eux d'expliquer leur conversion. La seule chose qu'ils expriment, c'est la «tranquillité» qu'ils ont trouvée dans l'islam. «Les Chamulas sont profondément croyants, explique l'anthropologue chiapanèque Gaspar Morquecho. Pour eux, qui ont connu l'oppression, le seul moyen de trouver la paix, c'est d'entrer en religion, et peu importe la religion! Dans l'islam, ils retrouvent certains rites indigènes, comme manger dans la même assiette ou, pour certains, avoir plusieurs femmes.»

 

Un peu plus loin, dans le quartier Nueva Esperanza, une colonie peuplée d'Indiens, vit un des fils de Suleiman. Polygame, Manuel alias Muhammad, un sexagénaire moustachu, est à la tête d'une tribu de 15 enfants. «C'est grâce à l'islam qu'on a réussi à reconstruire notre vie ici», confie ce maçon. Presbytériens puis sabbatiques dans une région où pullulent les sectes d'inspiration protestante, Muhammad et sa première femme, Nura, dont le père fut assassiné par un catholique, sont devenus musulmans en 1996. Jamais ces Chamulas n'avaient entendu parler de l'islam avant de croiser la route d'un missionnaire espagnol: Aureliano Perez, dit l'«Emir Nafia». Arrivé au Chiapas en pleine révolte zapatiste, cet ex-prof de philo marxiste, proche du mouvement morabite de Grenade, a d'abord tenté de convertir les troupes du souscommandant Marcos... En vain. Il s'est alors tourné vers les Indiens les plus pauvres de San Cristóbal. Anastasio, alias Ibrahim, le cadet de Muhammad, fut sa première recrue. A 15 ans, il entraîna toute sa famille sur le chemin du prophète Mahomet.

 

«L'Émir nous disait qu'on allait changer de vie et retrouver la paix, poursuit Muhammad, devenu hadj après deux pèlerinages à La Mecque. Ensuite, les problèmes ont commencé... Il ne voulait pas qu'on ait une vie en dehors de la communauté, il refusait que les enfants aillent à l'école, il nous faisait travailler sans nous payer, nous interdisait de parler tzotzil et de manger de la tortilla...»

Il y a trois ans, Muhammad et les siens sont parvenus à se défaire des griffes de l'Emir.

 

A deux pas de chez lui, sur un grand mur blanc, on peut lire «Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et Mahomet est son messager.» C'est ici qu'Aureliano Perez a fondé sa communauté d'inspiration soufie, baptisée Mission pour la Da'Wa. Avec sa famille et quelques morabites espagnols, il a acheté des terrains, fait bâtir des maisons, une mosquée et ouvert des commerces. A la fin des années 1990, près de 400 Indiens vivaient derrière ce mur. Profitant des donations de l'Oumma (la communauté internationale musulmane), Aureliano Perez vivait en nabab. Décrit comme mystique et autoritaire, intelligent mais pervers, il se comportait en véritable gourou. Jusqu'à ce que les Indiens se rebellent... Seules deux ou trois familles chamulas sont encore sous sa coupe. La plupart des commerces ont fermé. Il reste une pizzeria hallal. L'accueil y est glacial. Deux missionnaires espagnols refusent de nous parler sans l'accord de l'Emir. Surveillé depuis le 11 septembre 2001, leur chef s'est exilé à Mexico, où il poursuit son prosélytisme, sans grand succès. Ses anciens adeptes, eux, sont restés très pieux.

 

«Un moyen de prendre leur revanche sur le racisme»

 

Il est 17 heures. Comme tous les soirs, des oraisons en arabe s'échappent de la maison des Gomez-Chechev. Dans le quartier, à majorité catholique et protestante, cela ne surprend plus personne. «En 2001, certains nous ont traités de terroristes. Mais maintenant, nos voisins, des presbytériens, nous invitent à leur table», raconte Abdul Hafid, l'un des fils de Muhammad, qui vit dans la pièce qui sert de salle de classe aux enfants. Entre les lits superposés et la gazinière, une dizaine d'enfants, assis en tailleur, se bousculent devant des pupitres bricolés avec des caisses en bois. Les fillettes récitent avec ferveur une sourate. Déscolarisées depuis leur passage à la Da'Wa, elles ne manqueraient pour rien au monde un cours du «maestro Dahud», qui leur enseigne le Coran. Vêtu de noir, fines lunettes sur le nez, le jeune maître de 18 ans écrit la leçon du jour dans un arabe littéral impeccable. Orphelin, il a été formé dès l'âge de 11 ans à la madrassa de la Da'Wa, avec une cinquantaine d'enfants, à raison de dix heures par jour. Le reste du temps, Aureliano Perez le faisait travailler bénévolement dans la menuiserie avec les adultes. Aujourd'hui, le jeune homme rêve d'étudier dans une école coranique au Maroc ou en Espagne, afin de devenir l'imam de la communauté indigène. Car, ici, il n'y a pas de chef religieux. Chaque vendredi, les hommes les plus érudits se relayent pour assurer le prêche dans un mélange d'espagnol et de tzotzil.

 

«En appartenant à une communauté où ils sont tous frères, ces Indiens trouvent un moyen de gommer les différences et de prendre une revanche sur le racisme, analyse l'anthropologue Yvon Le Bot, spécialiste des communautés indiennes. Ils trouvent dans l'islam une forme d'universalité.» Notamment, en effectuant le hadj. Les yeux pétillants de souvenirs, Abdul Hafid est encore bouleversé par son pèlerinage à La Mecque: «C'était pour nous, indigènes, la seule occasion de sortir de notre pays...»

20:43 Écrit par Rachid Z dans Reste du monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08 juillet 2010

Un Facebook spécial Musulmans

Un Facebook spécial Musulmans 

 

7sur7  , le 07 juillet 2010

Les Frères Musulmans égyptiens ont crée une sorte de Facebook réservé aux Musulmans. Le site s'appelle IkhwanBook.

Ikhwan signifie fraternité en arabe et l'objectif de ce programme est de ramener les Musulmans au "véritable islam". C'est ce qu'indique son créateur, Ragab Mosam, dans le National arabes. Le site qui est déjà en ligne mais ne sera totalement opérationnel que d'ici quelques mois.

IkhwanBook n'est pas la première alternative du Facebook pour Musulmans. Les internautes pakistanais avaient déjà lancé un site très similaire.

01:22 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

06 juillet 2010

Liban: des milliers de fidèles aux funérailles de l'ayatollah Fadlallah

Liban

Des milliers de fidèles aux funérailles de l'ayatollah Fadlallah

Par Mohamad Ali HARISSI, AFP, le 06 juillet 2010

Des dizaines de milliers de personnes ont participé mardi dans la banlieue sud de Beyrouth aux funérailles du Grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, considéré comme le premier mentor du Hezbollah et figure éminente de l'islam chiite.

Le Liban a décrété une journée de deuil à la mémoire de l'ayatollah, qui était inscrit par les Etats-Unis sur leur liste des "terroristes internationaux" établie en 1995.

Une marée noire a envahi les rues de la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, tandis que des hauts-parleurs diffusaient des prières et des discours du dignitaire, décédé dimanche à l'âge de 75 ans à la suite d'une hémorragie interne.

"Le Sayyed (titre donné auxdescendants du Prophète Mahomet) est le bien-aimé de Dieu", scandaient les fidèles habillés en noir, portant également des portraits du défunt ainsi que des drapeaux noirs en signe de deuil.

Des femmes éplorées en tchador étaient alignées sur les deux bords des rues et certaines se sont évanouies en raison de l'émotion et de la chaleur, selon un correspondant de l'AFP.

Le cortège, qui s'est ébranlé en début d'après-midi, est arrivé vers 16H00 locales (13H00 GMT) à la mosquée Al-Imamayn al-Hassanayn, où l'ayatollah Fadlallah doit être enterré.

"Je suis venu parce que le 'Sayyed' a été le premier à soutenir la résistance islamique. C'est lui qui a lancé la résistance", affirme Hassan Fakih, 55 ans, arrivé avec sa femme de Nabatiyeh, dans le sud du pays.

"Sa mort est une perte pour le Liban, le monde arabe et les chiites en particulier", renchérit sa femme Amale.

Des membres du Hezbollah en civil surveillaient étroitement le cortège.

Le dignitaire était considéré comme le guide spirituel du mouvement chiite durant les premières années de ce parti fondé au Liban en 1982 avec le soutien des Gardiens de la Révolution iraniens.

Il avait été accusé dans les années 1980 par des médias américains d'être à l'origine des prises d'otages d'Américains au Liban par des groupes radicaux liés à l'Iran. D'autres médias le présentaient au contraire comme un médiateur dans cette crise. La nature de son rôle n'a jamais été élucidée.

Dès les premières années, les relations s'étaient distendues entre le dignitaire et le Hezbollah du fait de l'influence grandissante de Téhéran sur le "parti de Dieu". Mais le "Sayyed" était resté un partisan de la Révolution islamique en Iran et de la lutte armée contre Israël.

"Il était un sincère et proche soutien de la République islamique et durant les 30 dernières années, il a prouvé, dans ses discours et en pratique, sa dévotion à la révolution islamique et à son système", a affirmé lundi le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Le Grand ayatollah était depuis plus de 40 ans l'une des principales autorités de l'islam chiite dans le monde arabe.

Il a émis des fatwas (décrets religieux) interdisant les crimes dits d'honneur ou l'excision, présentant une image modérée de l'islam dans le domaine social.

Auteur de plusieurs ouvrages théologiques, il était connu pour son pragmatisme, pour être un partisan du dialogue, pour son ouverture sur le développement scientifique et son audace dans l'interprétation des textes de l'islam (ijtihad, propre au chiisme).

Le charismatique religieux à la barbe blanche et au visage serein était connu pour ses avis religieux tolérants, notamment vis-à-vis des femmes.

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03 juillet 2010

Malaisie : "Le jeune imam", une émission de télé-réalité, fait un tabac

Malaisie

"Le jeune imam", une émission de télé-réalité, fait un tabac

AFP, le 02 juillet 2010

Ils ont entre 18 et 27 ans et vivent coupés du monde pendant dix semaines : huit jeunes hommes s'affrontent pour être sacrés le "meilleur imam" dans une émission de télé-réalité qui rencontre un grand succès en Malaisie.

Le vainqueur d'"Imam Muda" ("Le jeune imam") sera récompensé par un pèlerinage, tous frais payés, à La Mecque, une bourse pour étudier dans une université saoudienne et un poste dans une mosquée importante de Malaisie.

Il lui faudra pour cela être le dernier en lice des épreuves éliminatrices qui testent leurs connaissances de l'islam. Les candidats, qui étaient dix au départ, ont ainsi dû réciter des versets du Coran, effectuer les ablutions sur deux morts et convaincre des jeunes de se détourner du sexe hors-mariage et de la drogue.

L'émission "fera date car elle propose une approche rafraîchissante de l'islam", estime Azman Ujang, un expert des médias.

L'ancien grand imam de la mosquée nationale de Kuala Lumpur, qui supervise l'émission, espère que les candidats vont jouer un "rôle modèle" pour "lutter contre la décadence sociale et morale qui affecte les musulmans".

Les premiers épisodes ont provoqué des réactions passionnées, notamment des femmes, séduites par le physique avantageux des candidats, qui portent souvent la tenue traditionnelle et un fez sur la tête.

"Les fans gardent leurs photos et les mères n'ont pas peur de proposer leur fille", indique l'un des très nombreux messages de soutien publiés sur Facebook.

"Pour les musulmans, les jeunes imams sont des gendres idéaux car ils ont un métier reconnu et une bonne connaissance de l'islam", souligne Izelan Basar, le directeur de la chaîne câblée diffusant le programme.

Plus de 60% des 28 millions de Malaisiens sont musulmans sunnites, tandis que 20% sont bouddhistes et 10% chrétiens. Des représentants des religions minoritaires ont récemment exprimé leurs craintes d'une "islamisation" du pays après une vive controverse sur l'utilisation du mot "Allah" et des condamnations à la flagellation de personnes coupables d'adultère.

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Un peu de vérité dans le débat sur l'islam français

Un peu de vérité dans le débat sur l'islam français

Par Hakim El Karoui, banquier d'affaires et président de l'Institut des cultures d'islam,

 

Décidément, l'islam fait peur. Entre apéro géant, polygamie, voile intégral, débat sur l'identité nationale, il ne se passe pas une semaine sans que le sujet de l'islam ne trouve sa place en haut de l'agenda médiatique. Avec un message commun : l'islam n'est pas compatible avec la France.

Le problème pour les tenants de cette thèse – et ils sont multiples, car les préjugés sont multiples, fondés tous sur la peur, peur de l'autre, peur de soi-même et de la perte de son identité avec, au bout du chemin, rejet de l'autre et haine – est que l'islam est devenu, qu'on le veuille ou non, une religion française et une partie de la culture nationale. Qu'il faille être vigilant sur ses dérives – qui existent et qui sont trop nombreuses, mais ce ne sont que des dérives –, c'est une évidence et c'est d'autant plus important que l'islam fait partie de notre culture, la culture française. Qu'il faille refuser ceux qui, au nom de l'islam, tentent de promouvoir des valeurs incompatibles avec les valeurs de la République, c'est une autre évidence. Qu'il faille enfin refuser, encore et toujours, les amalgames, les raccourcis indignes, les confusions qui n'ont d'autres objectifs que d'entretenir les préjugés ou tout simplement de dire la haine, c'est une troisième évidence.

Un récent article du journal Le Monde a retenu mon attention : il est signé Caroline Fourest, éditorialiste bien connue qui se présente comme ennemie de l'extrémisme. Commencé de façon consensuelle par une condamnation de l'agitation de l'extrême droite ces derniers jours à la Goutte d'Or, le papier explique que le "populisme marque des points là où des élus cèdent au communautarisme et à l'intégrisme". Et de prendre l'exemple de la "mosquée qui annexe la rue Myrha" qui a été dirigée par un des fondateurs du Front islamique du salut (FIS) qui fut ensuite assassiné et devant laquelle on prie en plein air sans que "Daniel Vaillant n'y voit rien à dire", pas plus que la préfecture de police. "Et la situation dure depuis dix-sept ans". Un peu avant, elle avait cité l'exemple du prosélytisme du FIS qui "marquait son territoire avec la prière dans la rue". Les raccourcis sont formidables, au sens propre du mot : ils font peur. Le lecteur peu informé comprend que si les musulmans prient dans la rue à la Goutte d'Or, c'est parce qu'ils veulent marquer leur territoire, dans une logique de prosélytisme exacerbé si violent qu'il peut conduire à l'assassinat de l'un des leurs qui aurait voulu composer avec le pouvoir.

En précisant que la prière dans la rue est due au manque de lieu de culte dans le nord-parisien (la mosquée de la rue de Tanger dans le XIXe a été récemment détruite et n'a pas été encore reconstruite, en dépit du permis de construire accordé par la Mairie), continuons la lecture de l'article : la préfecture de police n'interdirait pas la prière dans la rue "le temps que la Mairie de Paris inaugure un Institut des cultures d'Islam : 4 000 mètres carrés. But non avoué ? Offrir une immense salle de prière."

En tant que président de l'Institut des cultures d'islam, je dois au lecteur quelques explications devant un mensonge qui ferait sourire s'il n'était écrit par quelqu'un qui écrit chaque semaine dans un quotidien sérieux. Bertrand Delanoë et Daniel Vaillant, avec le soutien unanime de tous les élus du Conseil de Paris, ont créé il y a quatre ans maintenant – dans une phase de préfiguration – et depuis quelques mois, sous la forme d'une association dont j'assure la présidence, l'Institut des cultures d'islam (ICI). C'est un établissement culturel dont l'objectif est multiple : montrer les islams d'Europe et la façon dont cette religion s'inscrit dans l'espace européen, dans la douleur parfois, dans la paix souvent ; faire partager la culture de l'islam, sa poésie, ses chanteurs, ses écrivains et montrer l'effervescence créatrice ; comprendre aussi la crise que connaissent les pays d'islam, qui souffrent pour certains de la menace intégriste, du conformisme agressif mais qui sont surtout le théâtre d'une transformation sociale d'une rapidité inédite qui bouleverse les codes sociaux et permet à certains d'utiliser l'islam pour refuser cette modernité-là. Mais, il y aura aussi un établissement cultuel : parce qu'il faut régler le problème de la prière dans la rue, le maire de Paris et le maire du XVIIIe ont décidé de vendre un peu moins d'un quart de l'espace qui va être construit à une association cultuelle, l'Association des musulmans de l'ouverture. Et cette vente se fera sous forme de bail en état futur d'achèvement, ce qui signifie que l'acheteur devra avoir prouvé sa capacité à acheter avant le début des travaux.

"POPULISME ANTIMUSULMAN"

"4 000 m2 de salle de prière" ? Non, quatre fois moins. "Offrir une salle de prière" ? Non, vendre un espace qui sera intégré à un espace plus large qui a vocation à devenir le lieu de référence des travaux et des réflexions sur l'islam à Paris et en France.

"La gauche hurle pourtant lorsque la mairie de Bordeaux installe un groupe intégriste dans une église désaffectée (…) Il existe déjà soixante-quinze mosquées à Paris, dont certaines sont loin d'être bondées. La Mosquée de Paris s'est dite prête à accueillir les fidèles de la rue Myrha. Mais, allez savoir pourquoi, ses fidèles préfèrent prier en plein air à la Goutte-d'Or… bien qu'ils ne soient pas tous du quartier." Tant de mélange et de simplification sidèrent : l'association des musulmans de l'ouverture n'est pas une association intégriste, c'est une association de musulmans, à moins bien sûr de considérer que tous les musulmans sont des intégristes. Quant aux soixante-quinze mosquées évoquées, le ministère de l'intérieur dénombre à Paris deux mosquées (la Mosquée de Paris et la mosquée de la rue de Tanger, actuellement en travaux pour l'heure et remplacée par un chapiteau porte de la Villette) et quarante-quatre salles de prières (vingt-quatre foyers de travailleurs de 20 à 70 m2 ; neuf en appartement ou anciens commerces reconvertis ; neuf ensembles immobiliers plus ou moins autonomes d'une surface d'au moins 200 m2, tous ces lieux étant bondés le vendredi).

Enfin, il a dû échapper à Madame Fourest que la Goutte d'Or et le Ve arrondissement n'étaient ni exactement dans le même quartier ni qu'ils étaient fréquentés par les mêmes populations (il n'y a pas au Quartier latin l'équivalent du marché Dejean où l'on trouve beaucoup de produits venus d'Afrique subsaharienne !).

"Que fera la mairie lorsque des prêches douteux résonneront dans ces murs ?" Mais, pourquoi ce ton si assuré ? Pourquoi considérer à priori que des prêches douteux seront prononcés ? Sur le fondement de quelle information ? Pourquoi ce soupçon général contre une composante de la population française ? Madame Fourest s'inquiète pour finir sans rire du "populisme antimusulman" : qu'elle évite d'abord de le susciter !

Le Monde , le 01 juillet 2010

15 juin 2010

"L'Islam républicain. Ankara, Téhéran, Dakar"

"L'Islam républicain. Ankara, Téhéran, Dakar"

Jean-François Bayart : laïcités islamiques

 

 

 

 

Le Monde  , le 14 juin 2010

 

Nul doute que la question devenue sempiternelle de la compatibilité de l'islam avec la République resurgira en juillet à l'occasion du débat sur le projet de loi interdisant le port du voile intégral, quand bien même les pouvoirs législatif et exécutif se mobilisent en vérité depuis un an pour de bien maigres cohortes.

Manifestement agacé par la teneur du débat que le sujet a suscité, ainsi que celui sur l'identité nationale, Jean-François Bayart a décidé de faire parler la poudre de l'expert en politique comparée. L'ancien directeur du CERI-Sciences Po n'y va pas par quatre chemins, mais par trois, vers Ankara, Téhéran et Dakar, pour démontrer que, pour peu que l'on veuille bien se déprendre de quelques confortables certitudes, l'islam républicain n'a rien d'un oxymore, voire d'une provocation.

Première tâche : revenir sur des simplismes. Comme le rappelle Jean-François Bayart, la République ne signifie pas la démocratie en toutes occasions et elle n'est pas l'amie naturelle des femmes, argument suprême avancé dans le débat sur le voile intégral. La France, qui se prétend modèle en la matière, a tardé, jusqu'en 1946 et son quatrième avatar républicain, pour accorder à ces dernières le suffrage universel. Deuxième travail préconisé par le comparatiste : déconstruire un islam trop souvent réifié, en France comme ailleurs. "L'islam n'existe pas, affirme Jean-François Bayart, il n'est que des musulmans (...) dont les pratiques sociales sont plurielles et contradictoires."

Le parcours proposé au lecteur, qui épouse l'itinéraire scientifique du chercheur, est savant et stimulant. L'étape turque est notamment visitée dans ses moindres recoins. Ce parcours livre, du moins Jean-François Bayart l'espère-t-il, cette certitude : l'islam républicain existe, la supposée confusion-acquisition de l'Etat et de la religion n'est vérifiée ni à Ankara, ni à Dakar, ni à Téhéran, où les événements, depuis la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad, témoignent de la fausseté du sobriquet de "régime de mollahs" dont certains continuent d'affubler la République islamique.

"Matrice gallicane"

Mais ce voyage pédagogique trouve sa véritable destination ou plutôt ses véritables cibles (la Place Beauvau et "les fondamentalistes de la laïcité française"), dans les ultimes pages du livre, les plus corrosives. Et Jean-François Bayart de décocher ses flèches. Ethno-confessionnelles, les Républiques turques, iraniennes ou sénégalaises ? Pas moins que la française, "issue de la matrice gallicane" et dont "la catholicité que prouve la consommation de porc et d'alcool" a été rappelée par l'épisode de la rencontre entre le militant UMP d'origine maghrébine et le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, qui a valu à ce dernier une condamnation pour racisme. Exemplaire, cette République qui a "transformé sa pragmatique de l'esprit laïque (...) en nouvelle religion d'Etat", "dont le bras armé" est "le recours intempestif à la loi, à toujours plus de lois prohibitives, et donc à toujours plus de répression" ?

Jean-François Bayart lui oppose la sagesse des républicains "opportunistes" de la jeune IIIe République qui surent donner "du temps au temps (...) en attendant que les campagnes se convertissent au nouveau régime sous la houlette des "hussards noirs" au prix d'un énorme investissement public". Le parfait contraire du traitement réservé aux territoires de la République à reconquérir aujourd'hui.

23:09 Écrit par Rachid Z dans Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09 mai 2010

Invasion musulmane...

Invasion musulmane

Lors d'une commémoration en hommage à l'Armée Rouge

«À l’occasion le 65ième anniversaire de la victoire de l’Armée Rouge sur le nazisme», ce samedi 08 mai, alors qu’une trentaine de partisans bolcheviques, membres de différents groupuscules communistes et du Front Anti-Fasciste communiaient devant les marches de la Bourse, un commando de guérilleros musulmans armés de slogans à la gloire d’Allah s’invitait, non sans heurts, à la cérémonie afin de témoigner, ostensiblement, de leur foi : «il n’y a de Dieu que Dieu et Mohammed est son messager»

04:00 Écrit par Rachid Z dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03 mai 2010

Il n'existe pas de burqa en Europe, mais bien un voile intégrale

Il n'existe pas de burqa en Europe, mais bien un voile intégrale

Burqaface2th

 

Médiane.TV

00:09 Écrit par Rachid Z dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25 avril 2010

Pourquoi je vais porter le voile...

Pourquoi je vais porter le voile...

voile 21

Par

Musulmane pratiquante, je ne portais pas le voile jusqu’ici par manque de conviction certainement, mais également par coquetterie et souci de mon apparence, ou encore par le sentiment de gêne que je pourrais éprouver vis-à-vis d’autrui...

Mais du fait de l’actualité à propos du voile intégral, je me suis à nouveau intéressée aux principes de ma religion, et tenté de rechercher les preuves de l’obligation faite aux femmes de se couvrir les cheveux...

Je me suis documentée. J’ai sollicité l’aide des savants, écrit aux plus illustres institutions religieuses et obtenu à chaque fois les mêmes réponses : le voile est bien une injonction divine...

Par conséquent, parce que j’aime mon créateur au point de l’adorer en me prosternant cinq fois par jour, je me dois tout naturellement de lui plaire en suivant ses prescriptions...

J’ai alors décidé de porter le voile, par amour pour Allah et son messager, et pour cette paix intérieure que l’on ressent du fait du devoir accompli...

Une démarche volontaire légitimée par l’amour uniquement, celui qui vous guide lorsque vous êtes amoureux et chercher à plaire à votre bien-aimé...

Un pas, un autre vers mon créateur pour lui montrer ma volonté de me rapprocher de lui et de mériter son amour : «Mon serviteur ne s’approche pas de moi par quelque chose que j’aime davantage que par les actes que je lui ai prescrits, il ne cesse de s’approcher de moi par les œuvres surérogatoires jusqu’à ce que je l’aime. Et lorsque je l’aime, je suis son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit, sa main par laquelle il saisit...». (Hadith Qudsi).

Je ne suis pas devenue quelqu’un d’autre désormais parce que je porte le voile, mais j’ai le sentiment à présent de vivre davantage en adéquation avec les principes de ma religion, en suivant les enseignements dictés par le Coran et les hadices, vers cette démarche spirituelle qui me rapprochera encore plus de Dieu, inchallah...

Ma religion, ma force, ma joie, tout simplement musulmane et fière de l’être...

Farida, le 24 avril 2010

03:25 Écrit par Rachid Z dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 avril 2010

Interview exclusive de l'imam Ayachi Bassam emprisonné en Italie

Interview exclusive de l'imam Ayachi Bassam emprisonné en Italie

A. Bassam

Ses enfants s'expriment devant les caméras lors de la conférence de presse donné par leurs avocats. "Le problème de mon père c'est qu'il a la tête de l'emploi: un turban sur la tête, une longue barbe,mais surtout un oeil vif sur la politique,mon père Ayachi Bassam est un homme qui dérange".

Médiane.TV

03:56 Écrit par Rachid Z dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |