11 novembre 2012

De l’Islam de France à l’Islam tout court ?

De l’Islam de France à l’Islam tout court ?

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Hassan Safoui, le 10 novembre 2012

J’avais toujours, aux côtés d’autres musulmans de France, utilisé la formule «Islam de France». Je crains aujourd’hui, que cette formule ne soit désuète, et un pur effet d’annonce sans réelle signification, ou du moins sans contenu clairement défini. Une catégorisation à l’intérieur de l’Islam qui, des siècles durant, a su traverser tant de péripéties et s’installer dans toutes les régions du monde, sans jamais être rattaché à l’une d’elles.

Une formule par laquelle des musulmans éclairés entendent, certes, l’adoption de pratiques et de principes musulmans fondés, et intelligemment adaptés à leur contexte, puisque l’Islam se vit nécessairement dans un contexte précis et se pratique par des musulmans de leur époque et de leur milieu.

Cependant, cette formule permet aussi au musulman impuissant ou servile, de renoncer lâchement à son droit à l’indifférence et à la liberté de pratiquer, et promet au politique crispé par la visibilité de l’Islam, la dénaturation de celui-ci, avec l’ultime objectif de le rendre invisible…

Il est donc compréhensible qu’un musulman qui voit dans sa religion une foi, une assise solide pour vivre ici-bas et l’au-delà, considère que toute limitation «géographique» ou culturelle de l’Islam ne fait qu’en réduire l’horizon historique large et l’étendue transnationale.

L’Islam, au-delà des adaptations contextuelles touchant à sa pratique, est d’abord une foi, une philosophie de vie, une morale capable de prendre corps dans tous les contextes. C’est dans la lecture que les erreurs se commettent.

Aussi, la lecture dont on ne peut aujourd’hui faire abstraction c’est celle qui prône un retour à la pureté du message originel, qui consacre maladroitement la pureté même d’une époque de l’histoire de l’Islam, arguant de la parole prophétique où il rend hommage aux musulmans pionniers, et oubliant que le prophète Mohammed «Paix sur lui» a aussi salué les musulmans d’aujourd’hui tant qu’ils ne bradent pas les idéaux universels que leur religion leur enseigne. Cette tendance qui cherche à revenir à l’authenticité des débuts de l’Islam, se propage souvent auprès d’une jeunesse qui porte les stigmates d’une société moderne où sévissent, individualisme, hypocrisie et matérialisme. Selon cette vision, une société aussi souillée ne peut compter en son sein des «savants» capables de divulguer la «bonne parole». Celle-ci est obligatoirement hérétique voire hypocrite. La solution ? C’est de se couper des codes de cette société, sinon la quitter physiquement pour s’installer dans un ailleurs plus pur et plus garant de l’authenticité. C’est cette lecture qui a considéré hérétique, des années durant, la participation aux processus démocratiques dans les pays arabes, mais qui a du renoncer à l’observation de ce «péché» lorsque les révolutions arabes se sont déclenchées… Et bien qu’elle se réclame des sources, cette école opère un tri sélectif dans les références musulmanes pour ne favoriser que des textes sortis de leurs contextes historiques, pour servir une vision préconçue.

Une seconde lecture, quant à elle, réduit la foi musulmane à un engagement spirituel déconnecté de la société. Cet engagement ne cherche ni à promouvoir les valeurs de l’Islam, ni à combattre les dictatures et les injustices, mais seulement à «purifier» le cœur, loin de toute considération de ce qu’exige l’ancrage dans la société et l’interaction avec les autres

Aussi, la pratique à minima, dans le cadre de ce qui est aujourd’hui appelé «charia des minorités», repose selon certains, sur une idée prise pour argent comptant ; les français seraient incapables de vivre sereinement et d’accepter la visibilité de l’Islam. Cette société ne peut s’intégrer à la nouvelle donne qu’est la présence musulmane, c’est donc aux musulmans de s’accommoder, quitte à se désintégrer… En témoignent les nombreux sondages, et les problèmes où des musulmans sont «impliqués». Aucune étude n’étaye cette «vérité», rien non plus n’est dit sur le parti-pris et les manipulations éhontées de politiques et de médias qui réservent un traitement plus que biaisé à l’Islam….

D’aucuns passent allégrement de la fondation d’une «charia des minorités» à une minoration de la visibilité des musulmans, quitte à ce que le prix en soit de désinscrire telle ou telle pratique de l’éventail des pratiques religieuses musulmanes… Comme si l’effort de compréhension mutuelle n’incombe qu’aux musulmans, quant aux décideurs politiques et aux acteurs des médias qui usent des moyens coercitifs et de discours anxiogènes de tous genres au mépris des libertés fondamentales, nul grief pour eux… L’Islam étant définitivement exogène !

Le courage consistant pour certains à amputer cette religion de ses attributs. La défense de certaines pratiques musulmanes, bien que «religieusement» fondées, en devient un archaïsme, dont il faut soigner les adeptes… A l’opposé, le courage est justement de proclamer la liberté, étant donné que celle-ci ne peut être invoquée que lorsqu’une certaine visibilité peine à se manifester

Du coup, l’on est en droit de se demander en parlant d’"Islam de France" : quelle France ? La fille aînée de l’église que d’aucuns ne cessent de rappeler au point d’en faire un déterminant immuable de l’identité nationale, ou la France-sortie de l’hégémonie de l’église grâce à la laïcité qui a mis les religieux à l’écart de toute gestion de «la chose publique» ?

Ou encore «la France des libertés», dont certains veulent qu’elle devienne liberticide à l’endroit de la visibilité des musulmans ?

Je refuse que ce label «islam de France» devienne un faire-valoir à des responsables souvent autoproclamés loin d’être reconnus par leurs coreligionnaires, pour s’assurer une notabilité imméritée.

Je ne supporte plus que des responsables «politiques» ou «religieux» agissent avec mépris vis-à-vis d’une communauté musulmane digne. Il raisonne encore dans ma tête la prétention de ces responsables religieux saluant la dignité des musulmans lors des derniers évènements et surtout leur «appel» au calme qui aurait trouvé un écho. Comme si les musulmans de France, dans leur immense majorité ne sont que des irascibles fervents, dont il faut calmer les ardeurs par un «appel» de responsables, surtout lorsqu’ils sont absents des mosquées...

Aussi, est-il impératif de promouvoir l’Islam sans qualificatif, ni adjuvant. Sans être «de France», cette religion n’a jamais fait abstraction de son contexte. Sans être affublée de «modérée», cette religion a toujours en son sein les ingrédients de la souplesse et de l’adaptation. Sans être de France, la sagesse de l’Islam suffit à ce que les mosquées soient ouvertes à l’Autre pour l’échange et dans le respect mutuel. Sans être de France, l’Islam interdit toute atteinte à l’âme humaine. Sans être de France, l’Islam consacre l’importance de la famille, la primauté des considérations éthiques et morales, le respect des libertés, la promotion du respect et de la responsabilité,…

Notre engagement ne peut être limité, en se référant à notre religion, à notre sphère franco-française. Nos concitoyens ne cesseront de nous interroger sur ce qui se passe dans le monde dit «musulman», et on ne peut faire semblant d’y être insensibles. Nous sommes touchés par ce qui se passe ailleurs, d’aucuns parmi nous, musulmans de France, ont applaudi le succès des partis islamiques suite aux révolutions arabes, et les musulmans, partout dans le monde attendent que nous les rassurions quant à la compatibilité de leur religion avec les exigences de la modernité, et sa capacité à y contribuer…Il suffit de le faire au grand jour. Peut-on continuer à s’arque bouter sur un «islam de France» dans un monde de plus en plus mondialisé ? Je ne le pense pas

En France ou ailleurs, les teneurs d’une lecture de l’Islam déconnectée du contexte, d’un rapport à l’autre excommuniant, ou d’un discours fataliste poussant au renfermement sur soi, ne sont pas les maîtres à penser de l’écrasante majorité des musulmans.

Le débat doit d’abord être encouragé entre les musulmans eux-mêmes sans besoin d’un facilitateur, ni d’un censeur majeur. C’est aux musulmans d’adopter la lecture qu’ils souhaitent de leur propre religion. Et pour vivre celle-ci, la recette n’a pas changé des siècles durant : Un socle de principes et de pratiques immuables, sauf par ceux qui nient les évidences, et des aménagements que dicte la réalité vécue. C’est intrinsèque à la religion musulmane et c’est partout valable, même en France…

02:03 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10 novembre 2012

Un passager se met à prier, l'avion atterrit d'urgence

Un passager se met à prier, l'avion atterrit d'urgence

Oumma.com, le 10 novembre 2012

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion, et surtout n’écoutant que ce que lui dicte son bon sens le plus élémentaire ?

C’est la question que l’on est fondé à se poser, après avoir appris, vendredi, qu’un avion de la compagnie américaine United Airlines en provenance de Denver avait atterri précipitamment à Washington. Qui dit atterrissage d’urgence d’un avion civil, qui plus est sous escorte militaire, dit forcément détection d’un danger imminent à bord mettant en péril la vie des passagers et de l’équipage.

En théorie seulement, car, dans les airs, une simple prière, aussi insolite et peu réglementaire soit-elle, peut produire le même effet qu’une bombe, dont la déflagration émotionnelle pulvérise toute rationalité et conduit à déployer des mesures de sécurité quelque peu disproportionnées...

Relayé par la chaîne américaine KUSA-TV, l’incident aérien qui a mis en émoi le tarmac de l’aéroport international de Washington-Dulles a été déclenché par la prière d’un passager, dont l’islamité n’est pas précisée mais fortement présumée, au milieu de l’allée centrale de l’avion.

Onze ans se sont écoulés depuis le 11-septembre, onze ans au cours desquels la psychose du terrorisme, certes compréhensible, n’a cessé d’être exacerbée par la fabrication de peurs envers le musulman fantasmé, continuant à provoquer des zones de fortes turbulences en altitude, qui pourraient être évitées si seulement une certaine lucidité prévalait.

14:08 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09 novembre 2012

Islam de France: imams, nouveaux médiateurs interculturels ?

Islam de France

Imams, nouveaux médiateurs interculturels ?

Par Maria Magassa-Konaté, le 08 novembre 2012

La communauté musulmane de France doit faire face à cette méfiance, qui puise sa source dans les amalgames entre Musulmans et terroristes. Pour contrer cette stigmatisation, elle doit s’organiser, en France. Au micro de France Inter, mercredi 17 octobre, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a invité les instances représentatives du culte musulman à s’engager, plus nettement, dans la formation des imams. Pour le sociologue des religions, Olivier Bobineau, la solution est surtout à rechercher du côté de la médiation interculturelle.

L’interpellation, en octobre, d'une dizaine de personnes converties à l'Islam et soupçonnées de faire partie d’une cellule terroriste ravive une peur de l’Islam et des Musulmans, déjà, prégnante. Ainsi, selon le dernier sondage IFOP, 67 % des Français estiment que les musulmans ne sont pas bien intégrés dans la société française et 43 % considèrent la présence d’une communauté musulmane comme une «menace pour l’identité du pays».

L'image de l'islam s'est dégradée et elle est aujourd'hui «très mauvaise», d’après Olivier Bobineau, sociologue des religions et co-auteur avec Stéphane Lathion, coordinateur du Groupe de recherche sur l’Islam, en Suisse (GRIS), de l’ouvrage Les Musulmans, une menace pour la République ?, paru aux éditions Desclee de Brouwer, en juin 2012.

Du péril rouge au péril vert

Cette méfiance à l'égard des musulmans n’est pas nouvelle. Selon Olivier Bobineau, 1989 est la date fatidique à partir de laquelle les musulmans deviennent les boucs émissaires des sociétés occidentales. «Alors, que de 1945 à 1989, l’adversaire était le communisme, après la chute du mur de Berlin en 1989, il y a substitution du péril rouge par le péril vert», nous indique le sociologue. Dernièrement, l’Institut américano-arabe (Arab American Institute, ou AAI) révélait ainsi que les Arabes et les Musulmans sont les minorités les moins appréciées, aux États-Unis. 41 % des Américains se sont déclarés défavorables aux Musulmans.

Des jeunes, en quête d’identité

En France, les «Beurs» de confession ou de culture musulmane, aujourd'hui, stigmatisés, ne représentent, pourtant, pas un danger. Ils sont «en quête d’identité» car, au bled, ils sont rejetés par leur «groupe d’origine» et ne parviennent pas à accéder au «groupe de référence», incarné par les personnes qui ont un statut social élevé, juge Olivier Bobineau.

Résultat : dès la fin des années 1980, ils se réfugient dans un «groupe d’appartenance», où ils vont développer avec leurs «semblables» leurs propres caractéristiques avec le «verlan», la musique «rap» et une revendication contre le porc. Côté tenue vestimentaire, les garçons vont s’emparer du keffieh, symbole du leader palestinien, Yasser Arafat, quand les filles vont commencer à porter le voile en opposition à leur groupe d’origine du Maghreb, où le voile est rejeté à cette période, analyse le sociologue.

Cette «contre-culture» des jeunes issus de la deuxième génération d’immigrés se développe en réaction à leur groupe d’origine, qui ne les «reconnaît pas», et au groupe de référence qui ne leur fait que «des promesses», relève le sociologue. «Cette construction en adversité contre la culture dominante renforce leur identité», note-t-il. Mais cette «surenchère identitaire» peut, alors, mener certains à la violence. Une violence dirigée contre soi-même ou contre les autres.

Les médiateurs interculturels, dans les quartiers et les mosquées

Au regard de cette analyse, cette violence est donc d’origine sociologique plus que religieuse. Pourtant, la religion musulmane reste suspecte aux yeux des Français. Une méfiance renforcée par une actualité géopolitique de 1991 à 2001, «années rouges», selon M. Bobineau, qui relient bombes et musulmans.

Alors comment faire pour effacer cette image ? «Il y a deux solutions. La première est conjoncturelle. Il faut établir un plan Marshall dans les banlieues, en menant une vraie politique urbaine avec une réhabilitation des logements. La seconde est structurelle, c’est la médiation», estime-t-il. Pour cela, il prône la création de postes de médiateurs interculturels qui auraient «une connaissance de la laïcité, des lois de la République», mais aussi, de la «culture de l’autre». Ils pourraient ainsi intervenir dans les quartiers, tout en officiant dans les mosquées, car, selon lui, contrer les dérives vers l’extrémisme passe avant tout par la médiation.

A l'inverse, l'ancien directeur du «Interculturalité, Laïcité et Religions» de l'Institut catholique de Paris, qui forme des imams, ne croit plus en la formation de ces chefs religieux. «J’ai démissionné de ce poste car, avec tous les débats sur la laïcité, l’islam était à chaque fois visé. Comment dire qu’on est imam avec une telle image de l’islam ?», interroge-t-il.

Mais, dans un contexte hostile à l’islam, bannir le terme «imam» est-il vraiment la solution ? Cela reviendrait plutôt à renier un élément important de la religion musulmane. Reste que le sociologue a proposé ses idées au gouvernement, depuis le mois de décembre 2011. Pour l’heure, il n'a reçu aucune réponse.

Face à l'ignorance, la source principale des peurs qui se cristallisent, au sein de la société française, des solutions restent encore à trouver et à mettre en place, pour mieux faire connaître l’Islam et lutter contre les dérives extrémistes.

16:17 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les confidences d'un ancien des RG sur l'Islam de France

Les confidences d'un ancien des RG sur l'Islam de France

Considéré comme étant la mémoire de l'Islam de France, Bernard Godard est l'invité de l'Esprit d'Actu. Ancien fonctionnaire des Renseignements généraux de 1985 à 1997, chargé de mission sur ce dossier auprès de plusieurs ministres de l'Intérieur, il est co-auteur avec Sylvie Taussig du livre "Les musulmans en France" (Robert Laffont, 2007), qui a été réédité chez Hachette pluriel en 2009…

15:29 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08 novembre 2012

R&B, rap, pop : la nouvelle vague de la musique religieuse

R&B, rap, pop : la nouvelle vague de la musique religieuse

Par Erkam Emre, le 08 novembre 2012

La musique religieuse musulmane connue sous le nom d’anasheed et popularisée par de jeunes artistes originaires de pays aussi divers que la Macédoine, l’Azerbaïdjan ou le Liban, rencontre un succès désormais international.

Les albums des chanteurs religieux modernes ont acquis aujourd’hui une certaine notoriété grâce au soutien de producteurs essentiellement européens et américains, et atteignent à présent des records de vente. Avec des morceaux musicalement colorés, les chanteurs religieux transmettent le message universel de l’islam et interprètent leurs œuvres dans diverses langues, notamment l’anglais et l’arabe.

Ce style de musique a été remis au goût du jour en 1995 par le célèbre artiste anglais Yusuf Islam avec son album La Vie du dernier Prophète et s’est depuis étendu au fil des années dans le monde entier.

Sami Yusuf, Maher Zain, Mesut Kurtis, le groupe Raihan, etc., ces noms désormais célèbres ont occupé le devant de la scène artistique avec des interprétations qui ont su renouveler ce genre musical resté longtemps traditionnel.

Dans leurs albums, cette nouvelle vague de musiciens a exprimé les valeurs musulmanes à travers des compositions interprétées dans les styles R&B, rap, pop. Le style propre de ces jeunes musiciens formés dans leurs pays est connu non seulement des musulmans, mais également, au-delà, d’un public plus large. Leurs chansons, largement diffusées dans les médias sociaux, se positionnent au top de la liste des ventes.

Gros plan sur une nouvelle génération de chanteurs religieux qui a réussi à concilier islam et star system.

Zain Bhikha : le vétéran

Zain Bhikha, un artiste sud-africain, est peut-être le plus ancien des chanteurs religieux modernes.

Bikha, qui possède une maison de production à son nom, est passé sur le devant de la scène avec Yusuf Islam et l’artiste musulman canadien Dawud Wharnsby.

Auteur de plusieurs chansons sur des thèmes islamiques, l’artiste, à la voix au timbre rare, s’est fait remarquer par sa participation dans la bande originale du dessin animé de Walt Disney Le Roi Lion.

Actuellement, il travaille sur un projet d’apprentissage de la musique destiné aux enfants et présente une émission sur la télévision indienne. Parmi ses titres les plus célèbres figurent Allah Knows, A Is for Allah, Allah Hu Allah et Better Day.

Sami Yusuf : la pop star du monde musulman

Sami Yusuf, issu d’une famille d’origine azérie, est né et a grandi à Londres. A 3 ans, Yusuf chantonnait de petites mélodies ; à 9 ans il monte sur scène et chante ses premières chansons.

Son grand talent musical n’a été cependant découvert qu’après que son père lui eut offert un tombak, un instrument à percussion iranien. Sami Yusuf prenait également des cours de musique et a étudié en parallèle le droit au King’s College de Londres.

Même s’il se sentait souvent tiraillé entre son aspiration pour la musique et ses cours de droit, Sami Yusuf a sorti son premier album Al Mu‘allim à 23 ans. C’est rapidement le grand succès, et certains médias n’hésitent plus à le présenter comme la nouvelle pop star du monde musulman. L’album Al Mu’allim, sorti en 2003, a été vendu à plus de 2 millions d’exemplaires.

Parmi les morceaux les plus appréciés, citons Al-Muallim, Supplication, Ya Mustafa et The Creator. Le musicien travaille en ce moment sur un nouvel album et donne des concerts dans plusieurs pays, dont la Turquie.

Mesut Kurtis sur la voie de la musique soufie

Mesut Kurtis, né à Skopje en 1981, est un Macédonien d’origine turque. Il est issu d’une famille religieuse et conservatrice, qui émigre en Angleterre alors qu’il est encore jeune.

Il poursuit au pays de Galles un master en sciences islamiques. Il s’intéresse alors à la musique soufie et devient soliste dans des groupes de chants religieux.

Grandir dans la culture balkanique lui a donné beaucoup d’atouts. Kurtis parle 5 langues et interprète ses chants en anglais, en arabe et en turc. Il fait partie des chanteurs religieux de la nouvelle génération, plus proche de la tradition des chants turcs avec des morceaux comme Sevgili, No One But Allah, Burdah et Alaika.

Maher Zain : du R&B sur des thèmes religieux

Maher Zain est né en 1981 à Tripoli, au Liban. Il émigre en Suède avec toute sa famille alors qu’il est âgé de huit ans.

Il compose très vite des œuvres essentiellement R&B. Bien qu’il ait terminé ses études de génie aérien, la musique a toujours occupé une place plus importante dans sa vie. Il décide donc de poursuivre sa carrière artistique.

Maher Zain, qui composait ses œuvres en Suède en collaboration avec son producteur d’origine marocaine, a continué son travail mais aux Etats-Unis.

De retour en Suède, il s’oriente vers l’écriture de chansons R&B sur des thème islamiques. En 2009, il sort un album intitulé Thank You Allah, qui a rapidement brisé les records de vente dans le monde.

Maher Zain a obtenu 8 disques de platine en Malaisie en 2011. Le morceau intitulé Freedom, sur le printemps arabe, fait partie des chansons les plus écoutées sur le Web.

Raihan : honoré par le prince Charles

Raihan est un groupe de chant religieux composé de 5 Malaisiens qui s’est fait connaître pour la première fois en 1996, année où leur album Puji-Pujian a brisé les records de vente dans leur pays. Leur premier album a été vendu à 3,5 millions d’exemplaires dans le monde. Ils ont été désignés pour recevoir la médaille d’honneur du prince Charles en 1997. En 2001, le groupe Raihan perd un de ses membres, Azhari Ahmed, juste avant la cérémonie de remise de la médaille. Le groupe travaille avec des personnalités importantes telles que Yusuf Islam et fait partie des groupes de chant religieux les plus appréciés dans le monde. Parmi leurs plus grands succès figurent Thank you Allah, 25 Rasul, Syukur, Kasih Sayang et Assolatuwassalam.

Hamza Robertson : l’artiste converti à l’anasheed

Le parcours de Hamza Robertson est un peu différent. Le jeune artiste s’appelle en réalité Tom Robertson et est né en 1982, dans la ville anglaise de Lancashire.

Tom a grandi dans une famille chrétienne avant de se convertir à l’islam à l’âge de 21 ans. Passionné par la musique et les arts de la scène depuis son plus jeune âge, Hamza Robertson a toujours joué du piano jusqu’à ses 20 ans, et a été soliste dans de petits groupes de musique.

Le Britannique sort de l’anonymat en 2007 avec un album dont les morceaux les plus connus sont Your Beauty, My Hero, The Mountain, He Is One et O Allah.

14:48 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

06 novembre 2012

L'art de transmettre le message : Conférence Hani Ramadan

 L'art de transmettre le message

Conférence Hani Ramadan

Le 12 février 2012

17:48 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Lettre ouverte à nos concitoyens concernés par l’islam

Lettre ouverte à nos concitoyens concernés par l’islam

Par Serge Grossvak, le 05 novembre 2012

Certains d’entre nous sont croyants, chrétiens, juifs, musulmans ou autres. Beaucoup d’entre nous sont athées et n’hésitent pas à critiquer les religions, les moquées, voire à en blasphémer les symboles ressentis comme aliénants. Nous ne devons pas vous le cacher, nous aimons la critique, la remise en cause, la moquerie. Cet esprit de fronde nous libère en nous autorisant à penser hors de conceptions dogmatiques. C’est un droit, notre droit, et nous y tenons.

Mais, chers concitoyens qui vous réclamez d’une forme d’adhésion religieuse ou culturelle à l’islam, aujourd’hui nous sommes affligés et révoltés par ce malsain climat de dénigrement à l’égard de tout ce qui touche de près ou de loin à l’islam, à une part de votre identité. Le caractère continu des campagnes médiatiques à votre encontre n’entre plus dans le cadre d’une légitime critique de la religion, des religions, mais est devenu un dénigrement nauséabond. Nous vivons un magma où se mêlent viande hallal, pain au chocolat, violence de banlieue, voile et niquab, caricatures, attentats, polygamie… Ce climat actuel prend racine dans des épisodes peu glorieux : ceux des mépris à l’égard des «macaronis», des «youpins», des «espingoins», des «polacks», des «nègres», des «bouseux», des bougnats auvergnats, des bretons… dans ces pans délétères de notre histoire nationale, que nous voudrions révolus, et qui profitent de chaque recul des valeurs humaines de solidarité, des effacements des fondements démocratiques et de l’esprit républicain authentique.

Bien sûr que nous n’ignorons pas certains faits insupportables, contraires aux droits de l’homme, et qui sont constatés dans certains pays. Leurs auteurs les justifient au nom de l’islam. Nous les condamnons. Nous ne condamnons pas l’islam. Comme par le passé, comme à chaque poussée raciste, certains veulent en déduire une supériorité intrinsèque d’un groupe humain sur un autre groupe humain. Aujourd’hui l’Occident est présenté donnant la leçon à l’Orient. L’histoire, cruelle, nous a pourtant enseigné qu’en matière d’atteinte aux droits de l’homme l’Europe n’a pas été préservée. «Le ventre est toujours fécond d’où est sortie la bête immonde» ainsi que le montre l’actuelle montée des «idées» de l’extrême droite.

Ce ventre fécond d’où naît tout autant la «cellule terroriste» dévoilée dans notre pays ou le tueur norvégien Breivik. Ce ventre de haine que nous avons à combattre avant qu’il ne soit trop tard pour nous tous que nous croyions en Dieu ou que nous n’y croyons pas, que ce Dieu soit celui des musulmans, des juifs ou des chrétiens. Défenseurs de la dignité nous devons nous unir par-dessus les frontières, par delà les différences de croyances ou d’incroyance.

Nous qui signons cette lettre, voulons adresser une alerte.

C’est à l’ensemble des Français, de ceux qui font notre pays que nous voulons dire attention ! On veut nous engager sur une pente périlleuse. Au bout de celle-ci, on ne trouve que la haine et l’ignominie. Notre passé récent nous a montré que cette haine peut mener très loin.

Notre alerte est sans complaisance et veut marquer notre solidarité active pour un indispensable sursaut en faveur du vivre ensemble. Nous voulons interpeller le Président de la République, et l’ensemble des pouvoirs publics dont le devoir est d’œuvrer à la fraternité des citoyens.

Pour signer cette pétition et/ou voir les signataires : http://www.mesopinions.com/petition... 

16:55 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Opinions | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Les jeunes français musulmans, de jeunes fidèles très fidèles à l'islam

Les jeunes français musulmans, de jeunes fidèles très fidèles à l'islam

Oumma.com, le 06 novembre 2012

Au cœur d’un Hexagone gagné par une déspiritualisation qui a conduit à la désaffection progressive des églises au profit d’un sanctuaire ultra laïc avec ses multiples idoles, la piété musulmane en pleine cure de jouvence fait dire aux plus alarmistes de nos Cassandre que l’islam est incompatible avec la République.

Ce leitmotiv de sinistre augure, dont on nous rebat constamment les oreilles, ignore les études qui font entendre un autre son de cloche, à l’instar de celle menée en 2006 par le Pew Research Center établissant que  "72%  des Français musulmans ne ressentent pas un conflit naturel entre le fait de pratiquer l'islam et le fait de vivre dans une société moderne". Mais les 28% restants font prédire le pire aux prophètes de malheur...

Dans un climat où la déraison politico-médiatique l’emporte en criant à la démocratie en danger, sous les assauts d’un communautarisme systématiquement associé à l’islam, l’approche du sociologue Hugues Lagrange a le mérite de brosser un tableau dépassionné de l’islam de France, assorti de recommandations sur les politiques volontaristes à mettre en œuvre.

Directeur de recherche au CNRS, Hugues Lagrange a réalisé une grande étude croisée, qui sera officiellement publiée en 2013, mêlant les enquêtes de l'Institut national des études démographiques, "Trajectoires et origines" et "Mobilité géographique et insertion sociale", de l'Institut des sciences sociales du politique, du WVS (World Values Survey), du Centre de recherches politiques de Sciences Po et du ministère de l'intérieur, et dont le Monde a livré en primeur les premiers résultats.

Selon cette analyse, l'"affirmation musulmane" se généralise chez les Français de 18-25 ans issus de l'immigration du Maghreb, du Sahel et de Turquie, 90% d’entre eux respectant les prescriptions alimentaires et le ramadan. L’assiduité à la prière atteint 30 % chez les 21-25 ans alors qu'elle est inférieure à 20 % pour les plus de 40 ans. Quant à "l'importance accordée à l'éducation religieuse", comme au mariage religieux, elle augmente chez les 21-25 ans, plus encore chez ceux nés ou arrivés jeunes en France.

Hugues Lagrange résume cette tendance ainsi : "La résurgence des pratiques cultuelles et la religiosité augmentent chez les immigrés venus en France avant l'âge de 16 ans et chez les Français descendants d'immigrés, mais pas chez les immigrés arrivés à l'âge adulte."

Cette réalité confirme "l'analyse classique", souligne-t-il, selon laquelle il existe une corrélation entre inégalité, échec scolaire, chômage durable, ségrégation et l'importance accordée à la religion. Les facteurs culturels et interculturels ne sont toutefois pas à minorer pour éclairer ce regain de religiosité chez les jeunes descendants d’immigrés, souvent français, se démarquant ainsi des immigrés plus âgés et précarisés. Le fait que "le sentiment de relégation sociale" soit très sensible chez les secondes générations les éloigne de la culture européenne, commente Hugues Lagrange.

Entremêlant culture et données sociales, il analyse ce phénomène en ces termes : "La religiosité est un élément de construction identitaire satisfaisante autant qu'une consolation. Cela suggère de ne pas se focaliser sur les seules perspectives de l'intégration et de l'assimilation et d'envisager les attitudes religieuses des immigrés et descendants d'immigrés comme des constructions culturelles, à la fois morales et politiques, éventuellement oppositionnelles."

Hugues Lagrange conclut son enquête non sans avoir recommandé l’application de politiques d’intégration adaptées, privilégiant notamment la scolarisation précoce des enfants sahéliens et conférant plus de pouvoir aux mères, via le microcrédit, économie solidaire, allocations indirectes. Essentielle à ses yeux, la mixité sociale est un effort à poursuivre et à amplifier, tout en incitant fiscalement les entreprises à s'installer en banlieue et les collectivités territoriales à investir dans les associations culturelles et sportives.

14:15 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03 novembre 2012

Barcelone : Création d’une association Islamique homosexuelle

Barcelone

Création d’une association Islamique homosexuelle

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Khalil Zeguendi, le 3 novembre 2012

«Nous avons tous été créés par Allah. Si nous renions ce que nous sommes, nous lui attribuons une erreur. Etant donné qu'il est parfait dans sa création, on ne peut cesser d'être ce que l'on est».

C’est par ces mots justificatifs, que s’est exprimé Abdeljalil Zam Zam, président de l’Association de Musulmans Homosexuels LGBT (AMHO), lors d’un point de presse de présentation, organisé à Barcelone, à l’occasion de la sortie sous les feus de l’AMHO.

En effet, crée dés 2007, l’AMHO était tenue secrète pour des raisons de sécurité, indique Zam Zam, «nous voulons normaliser la situation des homosexuels hommes et femmes, ou encore transsexuels fidèles au Coran» a-t-il souligné.

L’AMHO compte 8 premiers membres dont 3 femmes subsahariennes lesbiennes, Zam Zam a déclaré que grâce à Internet, il a réussit à réseauter autour de son association, rassemblant prés de 140 personnes de la même condition dans le monde.

Abdeljalil Zam Zam est argentin, ex catholique et puis athée, il se convertit à l’Islam et s’assigna l’objectif d'y faire accepter l’homosexualité.

12:58 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01 novembre 2012

"Cet islam sans gêne", la croisade contre l’islam continue dans Le Point

"Cet islam sans gêne", la croisade contre l’islam continue dans Le Point

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Oumma.com, le 1 novembre 2012

«Cet islam sans gêne». Dans la foulée du dernier sondage sans complexe du Figaro, l’hebdomadaire Le Point ne s’est pas gêné pour faire sa Une avec un titre racoleur ce mercredi 31 octobre, ne s’embarrassant pas de la plus élémentaire déontologie pour faire ses choux gras d’un sujet, véritable «marronnier» journalistique, dont manifestement notre presse nationale n’a pas encore exploité toutes les immenses potentialités…

Ce ne sont pas les scrupules qui étouffent la direction d’un magazine dit «sérieux», mais à droite toute, pour tirer une fois encore, une fois de trop, sur la corde de l’islamisation de la société, en passant en revue tous les pans de la société française susceptibles d’être menacés par le très juteux péril vert, qui bat tous les records de ventes mais aussi de qualificatifs péjoratifs.

"Hôpitaux, cantines, piscines, jupe, programmes scolaires...", rien n'échappe à ce numéro qui se moque comme de l’an quarante de se vautrer dans un sensationnalisme de caniveau, et surtout de faire dans la surenchère islamophobe comme les copains, ou plutôt les concurrents,  sans imagination, sans éthique, et sans le moindre sens des responsabilités. Mais le mercantilisme médiatique, qui s'est généralisé au fur et à mesure que s'est banalisé le racisme anti-musulmans, capitalise sur sa croisade contre l’islam sans foi ni loi, et avec un sans-gêne qui laisse sans voix.

13:27 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23 octobre 2012

Raphaël Liogier: "Il n’est pas exclu que survienne un Anders Breivik à la française"

Raphaël Liogier

"Il n’est pas exclu que survienne un Anders Breivik à la française"

Propos recueillis par Oumma.com, le 22. octobre 2012

Dans cet entretien accordé à Oumma, le sociologue Raphaël Liogier revient sur l'occupation de la future mosquée de Poitiers par le groupe Génération identitaire. Il estime que "nous sommes dans une situations explosive" et "qu'on ne réalise pas clairement le danger de la situation dans laquelle nous nous trouvons".

L'occupation de la future mosquée de Poitiers par le groupe Génération identitaire marque-t-elle une nouvelle escalade dans les actes islamophobes ?

Il faut bien comprendre que depuis le milieu des années 2000 nous sommes entrés dans un système extrêmement dangereux s’appuyant sur le mythe de l’islamisation. C’est cela que j’essaye d’expliquer dans mon livre. L’espace public est devenu une sorte de scène théâtrale tragique avec quatre acteurs principaux : le héros défenseur de l’Occident, le peuple trompé, le traître multiculturaliste (que l’on appelle parfois «l’idiot utile»), et enfin le jihadiste (qui s’est confondu ces derniers mois avec le «salafiste», nouveau mot valise très populaire dans les médias).

J’avais déjà essayé d’expliquer qu’Anders Breivik et Mohamed Merah sont les deux faces de la même pièce. L’un s’identifie au héros défenseur de l’Occident, l’autre au jihadiste. Ces rôles peuvent être joués de façon légère, et cela n’aboutit pas au drame, mais certains individus parce qu’ils sont socialement frustrés et psychologiquement fragiles, peuvent passer à l’acte, et par exemple revêtir le vêtement de l’islam ou celui de l’identité européenne menacée pour justifier des actes violents.

Il n'y  a  plus besoin de réseaux pour passer à l'action violente

Tout à fait ! L’image du jihadiste, du martyre, peut devenir attractive pour des jeunes en déshérence. Des jeunes qui n’avaient, avant cette soif d’en découdre avec le monde, souvent aucune culture musulmane. Ils se découvrent musulman pour devenir jihadiste.

Avec Génération identitaire, qui occupe une mosquée en construction à Poitiers (ville emblématique s’il en est) aux cris de «Reconquista», nous sommes dans le même scénario, mais cette fois avec des acteurs qui se vivent en héros protégeant l’Europe contre l’islamisation. Le plus grave n’est pas ce qui s’est passé ce week-end, mais que nous sommes dans une situation explosive où il n’est pas exclu que survienne un Anders Breivik à la française qui serait psychologiquement plus fragile, auquel pourrait répondre, comme en écho, un nouveau Mohamed Merah.

Comment jugez-vous les réactions de la classe politique suite à cette Occupation ?

Evidemment la classe politique a condamné cette action, mais cependant avec des pincettes. Je pense qu’on ne réalise pas clairement le danger de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Le mythe de l’islamisation est si bien intériorisé aujourd’hui que la classe politique ne peut pas dénoncer trop franchement ce type d’action sans prendre un fort risque électoral (rappelons que selon un sondage ifop de 2011 près de 76 % des Français estiment que l’islam progresse trop dans le pays, et que selon un autre sondage de 2012, toujours de l’ifop, plus de 60 % des européens seraient convaincus que les musulmans refusent consciemment de s’intégrer).   

Peut-on parler d'une obsession française de l'islam ?

L’islam n’est pas, ou au moins n’est plus seulement une obsession française, mais il  est devenu une obsession européenne, toujours depuis le milieu des années 2000. Au moment précisément où les identités européennes se sont senties fragilisées. On a assisté à des débats sur les identités nationales partout en Europe, en France bien sûr, mais aussi en Hollande, en Allemagne, au Royaume-Uni, etc.

L’Europe traverse une crise d’identité extrêmement forte : les européens ne sont plus ce qu’ils ont été, le centre du monde. Aujourd’hui la première puissance mondiale, les Etats-Unis, regarde plutôt du côté de la Chine, de l’Inde ou même du Brésil, et moins du côté des petites nations européennes incapables de se fédérer, de s’unir continentalement. C’est dans ce contexte de grande fragilité que s’est constitué un nouveau populisme anti-musulman fondé sur le mythe de l’islamisation, l’idée d’une occupation progressive quantitative (numérique) et qualitative (culturelle) de l’Europe par l’islam.

Comment lutter efficacement contre l'islamophobie ?

A mon avis, nous sommes plus dans la paranoïa que dans la phobie. Le paranoïaque cherche une intention maligne dirigée contre lui, et contre laquelle il doit absolument se défendre d’urgence, contrairement au phobique qui se contente d’éviter l’objet de sa peur. Le mythe de l’islamisation construit une mise en scène paranoïaque. C’est contre cette mise en scène qu’il faut aujourd’hui lutter, si l’on veut lutter contre les risques de passage à l’acte violent qui risquent de devenir de plus en plus incontrôlable si l’on ne s’attaque pas au problème à sa racine.

Les actions des «héros défenseurs de l’Occident» de «génération identitaire» ou  les jihadistes improvisés comme Jérémie Sidney et ses acolytes font partie du même système. Il faut réaliser qu’en déconstruisant le mythe de l’islamisation, on lutte à la fois contre l’islamophobie, contre l’islamisme extrémiste, contre le terrorisme, mais aussi contre la judéophobie. Il faudrait me semble-t-il que nos politiques prennent leurs responsabilités à ce sujet et comprennent qu’au-delà de leur intérêt politique à court terme, c’est la paix civile qui est en jeu

15:32 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19 octobre 2012

Le mythe de l’islamisation, un essai de Raphaël Liogier

Le mythe de l’islamisation

Un essai de Raphaël Liogier

Par Clémentine Autain, le 19 octobre 2012

Le débat sur l’Islam aura fait coulé beaucoup d’encre. Professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, où il dirige l’Observatoire du religieux, Raphaël Liogier livre un essai vif et argumenté réfutant l’hypothèse d’une islamisation de la société française. Un mythe s’est imposé : l’Europe et la France seraient menacées par l’arrivée massive de musulmans, véritables ennemis venus imposés de façon unifiée une colonisation de l’intérieur. "Le principal problème tiendrait au fait que ce sont eux qui refusent de se mélanger à nous", explique l’auteur. Il démonte, chiffres l’appui, l’argument d’une bombe démographique et tord le cou à l’hypothèse du complot.

"Cette vision obsédante de "trop de" musulmans, l’impression que leur nombre s’accroit dangereusement va bien au-delà des sympathisants de l’extrême droite, et transcende même les clivages gauche-droite", affirme Raphael Liogier. Or, écrit-il, "l’atmosphère paranoïaque et discriminatoire à l’encontre des musulmans européens est au service des intérêts islamistes". En effet, "les débats vexatoires, les discriminations généralisées, les lois spécialement concotées contre les musulmans sont comme des perfusions dans le corps agonisant de l’islamisme".

Reste à comprendre pourquoi les Européens ont tant besoin de "l’ennemi musulman"... Raphael Liogier développe cette hypothèse : "Les musulmans ne sont plus simplement les boucs émissaires des crises économiques et sociales nationales, mais d’une crise d’identité européenne". Cet essai porte un parti pris radical, comme une dissonnance, mais elle est étayée et non simplement passionnée. Passionnant.

Raphaël Liogier, Le mythe de l’islamisation. Essai sur une obsession collective, Seuil, 2012, 201 pages, 16 euros.

15:13 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05 octobre 2012

Vincent Geisser : «Valls est paternaliste avec les musulmans»

Vincent Geisser

«Valls (PS) est paternaliste avec les musulmans»

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Par Julie Chaudier, le 29 septembre 2012

Manuel Valls a prononcé un discours, à Strasbourg, à l'occasion de l'inauguration de sa grande mosquée, jeudi 27 septembre. Pour Vincent Geisser, chercheur à l'Institut français du Proche Orient de Beyrouth, l'attitude paternaliste du nouveau gouvernement vis à vis des musulmans est dans la continuité de la présidence de Nicolas Sarkozy.

Manuel Valls, à la tribune, à l’intérieur de la grande mosquée, a affirmé qu’il n'accepterait «pas les comportements des salafistes et autres groupes qui défient la République», devant un public de musulmans sans reproche au risque de renvoyer le second vers les premiers. Quelle signification donner à cette déclaration ?

Vincent Geisser : Manuel Valls reste dans une forme de continuité politique par l’utilisation d’injonction contradictoire vis-à-vis des musulmans. D’une part on dit qu’il n’y a pas de communauté musulmane, d’autre part, on s’adresse aux musulmans comme si elle existait. Manuel Valls s’est adressé aux musulmans de l’assemblée comme si ceux qui troublent l’ordre public - et je ne le nie pas, il en existe bel et bien - étaient dans le public. Il crée une chaine imaginaire d’islamité entre tous les musulmans, comme si le public de la mosquée de Strasbourg avait un pouvoir d’action, pouvait influencer ceux là qui commettent des actes délictueux. En agissant ainsi, Manuel Valls ne rend pas coupables tous les musulmans pour les actes de quelques uns, mais il les rend tous responsables. C’est révélateur d’une attitude paternaliste où le musulman est toujours considéré comme immature du point de vue de la démocratie et politique.

Dans son discours, Manuel Valls a regretté que la Fondation pour les œuvres de l’islam de France, [lancé en 2005, ndlr] qui «était une initiative pertinente» n’ait «pourtant jamais porté ses fruits.» En quoi consiste ce fonds ?

Ce fonds a été créé dans la volonté de mettre en œuvre une sorte de transparence dans le financement des cultes pour notamment faire face aux accusations, mais là encore il y a contradiction avec la République. La laïcité française est souple, contrairement à ce que l’on croit souvent, elle ne coupe pas les relations avec les cultes, mais elle aménage des espaces de contact. En appelant à la réactivation du fonds des œuvres de l’islam, Manuel Valls va toutefois beaucoup plus loin que cette souplesse de l’autorise, en principe, car là l’Etat intervient directement dans un culte. Il est normal que l’Etat surveille la provenance des fonds mais certainement pas au point d’en être le maître d’œuvre, d’organiser l’administration et le financement de l’islam. C’est ce que Franck Fregosi appelle «l’exception musulmane à la laïcité». Il n’appartient pas à l’Etat d’être le promotteur de cette fondation ; c’est une entorse au principe de laïcité.

La laïcité suppose la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions, pourtant Manuel Valls a affirmé : «le racisme, le fondamentalisme, ce n'est pas cela l'islam». Peut-il légitimement tenir de tels propos ?

C’est presque drôle de voir un ministre de l’Intérieur devenir exégèse de l’islam. Ce n’est pas à lui de dire ce qui est musulman et ce qui ne l’est pas. Le ministère de l’Intérieur doit agir en garant de l’ordre républicain et non en interprète de la religion.

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01 octobre 2012

Caricatures du Prophète : pourquoi nous devons nous indigner et défendre notre sacré

Caricatures du Prophète

Pourquoi nous devons nous indigner et défendre notre sacré

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Par Youssef Boussoumah, le 26 septembre 2012

Au moment où Sarko-Valls déclare : "Les musulmans de France ont prouvé leur maturité" quand en fait il vient tout simplement de leur appliquer des lois d’exception, nous disons «A quand le retour du couvre-feu pour les Musulmans, comme le 17 octobre 1961 ? Paris mis en état de siège dans les quartiers où devaient se dérouler les manifestations de protestation contre les caricatures du Prophète et le film raciste anti-Islam, des centaines de R.G en amont, des flics partout, toutes les sorties de métro fermées, un CRS tous les dix mètres pour dissuader tout cortège et on ose dire que les musulmans ont «prouvé leur maturité» ?

La démocratie rêvée par Hollande, Valls et le P-S, c’est ça. C’est quand les musulmans comprennent d’eux-mêmes qu’ils doivent courber l’échine. Quand ils comprennent que quoi qu’on leur fasse, ils doivent savoir rester à leur place et se taire. Pourtant le 17 octobre 61, on pensait leur avoir déjà expliqué les limites de leur recherche de dignité. 300 morts. Du moins croyait-on qu’ils avaient compris définitivement, mais non ! Charlie Hebdo peut au nom de la liberté d’expression faire paraître d’odieuses caricatures mais cette liberté d’expression est interdite aux musulmans quand ils veulent exprimer leur indignation. «Supportez cette épreuve de façon stoïque. Supportez l’avilissement de ce que nous avons de plus précieux» nous disent certains. Pourquoi faut-il que ce droit à l’indignation tant célébré par Stéphane Hessel dans un ouvrage culte vendu à des centaines de milliers d’exemplaires soit refusé aux musulmans ? Un droit pourtant enseigné dans les cours d’éducation civique comme étant un acte citoyen ? Toi qui ne comprends pas notre profond écœurement et soutient la liberté d’expression de Charlie Hebdo sache que nous sommes effectivement devant un conflit de valeurs.

Les caricatures vulgaires du Prophète Mohammed ne sont pas simples critiques d’une religion ou même un trait d’humour anodin. Pour les musulmans elles constituent une véritable profanation de par la large publicité qui leur est faite. Pour les citoyens que nous sommes, il s’agit là d’une légitimation de l’expression raciste.

Tout d’abord rien n’est plus faux que l’assertion selon laquelle ces dessins ne seraient choquants que pour les islamistes radicaux. En fait ils heurtent la conscience de centaines de millions de musulmans à travers le monde pour qui tout ceci, loin d’être le triomphe de la liberté, s’apparente à une opération sacrilège guidée par le simple plaisir d’en découdre avec la foi musulmane. Dans la continuité de ce que l’Occident leur fait subir depuis des siècles. Les réactions des musulmans offensés ne sont pas un soudain coup de tonnerre dans un ciel d’été. Elles font suite et accompagnent une agression permanente subie par nos peuples depuis au moins deux siècles. Oui la sensibilité de ces hommes et femmes offensées est à fleur de peau, il ne s’agit pas de paranoïa . Qui ne le serait à leur place. Ce ne sont tout de même pas les musulmans qui ont lancé des dizaines d’agressions militaires contre des pays occidentaux à l’instar de ce que ceux-ci ont fait contre les pays musulmans, depuis la fondation de l’ONU en 1945. La liberté d’expression ? Tu parles... Finissons-en avec ce mythe. Ta société quand il le faut, sait parfaitement protéger ses idoles. Tout un arsenal de lois punit le délit d’outrage au drapeau, à l’hymne national, à la nation, au président de la république même. Tout ça pour préserver le sacré des Français. Et jusqu’à preuve du contraire, tout le monde s’y conforme. N’a-t-on pas menacé de poursuivre en justice certains jeunes français d’origine maghrébine qui avaient osé siffler la Marseillaise ? Quant à J.L Mélanchon, qui verse des larmes en entonnant la Marseillaise lors de ses meetings, que penserait-il si, non pas Charlie Hebdo, mais des indigènes infligeaient à la pauvre Marianne le châtiment que ses amis de Charlie hebdo font subir au Prophète dans les dessins du numéro en question ? Dis-moi franchement, combien de temps leur resterait-il à vivre avant que ne se déclenche contre eux une Saint Barthélémy médiatique ? Revenons-en à la prétendue liberté d’expression de Charlie Hebdo. Quel cynisme ! Depuis longtemps celui-ci est en mort clinique. Ce zombie beaucoup plus proche de Chasse, Pêche et Tradition que du magazine insolent créé par feu le professeur Choron et dans les veines duquel ne coule plus que du fiel, se réveille tous les 3 ans pour cracher sa haine des musulmans et renflouer ses caisses à leur frais en distillant son venin. Histoire de faire croire qu’il est impertinent mais oublieux du fait que l’impertinence à l’encontre des pauvres, n’est que morgue hautaine, oublieux du fait que le courage ne s’apprécie qu’à l’encontre des puissants et que frapper sur des gens à terre comme il le fait relève de la lâcheté la plus extrême. Dans une société taraudée par le racisme anti-arabe, anti-noir et anti-musulman, l’islamophobie de Charlie est un secours idéologique inespéré pour le pouvoir comme pour la droite, en perte de vitesse.

Quant au respect du sacré, il ne relève d’aucun principe constitutionnel, d’aucune loi et n’est pas gravé dans le marbre. Il relève de la banale sensibilité humaine et de la fraternité. Nous n’avons pas les mêmes codes ni le même sacré. Pour toi ce sera peut-être Marianne, la Marseillaise, le chant des partisans, pour Charlie Hebdo, ce sera à coup sûr l’apéro-saucisson. Pour nombre d’entre nous, ce sera entre autres le respect dû à notre Prophète. Chaque groupe humain place son sacré là où il le souhaite et nul n’a le droit moral de galvauder ce choix. Nul n’a le droit moral de le fouler des pieds et d’humilier quiconque. L’Occident n’a plus rien à dire, il a soumis ses dieux au Moloch nommé indice Dow Jones. Profaner le sacré des autres s’avère pour lui une façon de se convaincre qu’à l’image de Prométhée, il est l’égal des Dieux.

N’importe quel musulman, pratiquant ou pas mais aussi tout Arabe, agnostique, athée, voire chrétien se sentira insulté lorsque l’on touchera à la personne du Prophète. Du Maroc à l’Indonésie. Il représente pour nous une force de libération et une aspiration à la justice. Car non seulement celui-ci est fondateur de la religion mais il est également fondateur de la civilisation arabo musulmane. L’Occident matérialiste impose aux peuples subalternes de brûler leurs dieux s’ils veulent mériter la grande modernité consumériste à laquelle il les convie et qui leur permettra de célébrer le roi OGM. Il qualifie de sauvage quiconque ne s’y résout pas.

Mais si nous préférons demeurer ces sauvages que fustige actuellement une publicité sioniste sur les murs du métro de New York ? Qui es-tu pour nous le reprocher ? Notre Prophète est notre frère supérieur, et nul n’a pas besoin d’être très pratiquant pour le considérer comme tel. Pour nous qui vivons dans l’exil, dans ces sociétés froides, où nombre des nôtres tombent chaque année victimes de l’intolérance, où nos chibanis meurent dans la précarité la plus extrême, pourquoi veux-tu que nous acceptions dans l’indifférence la souillure, proclamée à grands renforts de publicité, de l’image de celui qui incarne pour nous la justice et la dignité, le seul vrai réconfort face à la marchandisation des hommes et des âmes de l’Occident ?

Au moment de la répression de l’insurrection malgache en 1947, les militaires français, pour démoraliser les populations révoltées et briser leur résistance conduite par les chefs coutumiers et hommes de religion, embarquaient ces derniers dans des avions et les précipitaient dans le vide au-dessus des villages. Histoire de terroriser les populations et de leur expliquer qui étaient les nouveaux dieux. Je ne peux m’empêcher de trouver une certaine analogie avec la frénésie iconoclaste de Charlie, confinant au délire. Je ne sais pourquoi mais c’est invariablement cet épisode colonial qui me vient à l’esprit avec cette histoire de caricatures. Il s’agit bien d’une humiliation, la volonté d’atteindre au plus profond, l’être musulman. Pour ensuite contempler son nombril en proclamant, regardez comme nous sommes courageux. Une violence symbolique inouïe ressentie comme telle par des populations issues de sociétés qui ont toujours respecté le sacré, quel qu’il soit, et qui ne comprennent pas pourquoi une telle hargne, un tel acharnement, un tel manque de respect : le mépris pour leurs repères identitaires et l’ordre symbolique auxquelles elles adhèrent. En un mot, puisque ceci est fait paraît-il au nom de la liberté. Que tous ceux qui cherchent absolument à libérer les musulmans contre leur gré le sachent : votre liberté de type néocolonial, qui meurtrit nos âmes, nous n’en voulons pas, pas plus hier avec vos chars qu’aujourd’hui avec vos Charlie-hebdo.

Le prophète a fait l’expérience que nous vivons, celle de l’émigration, de l’exil. Il a été mouhajir lui aussi, "émigrant", lorsque persécuté par les marchands de La Mecque, il a dû fuir cette ville pour Médine. Nous sommes nous aussi des fils et filles d’émigrants, des mouhajirin. C’est même son émigration qui marque le début du calendrier musulman. L’Hégire, Hijra ou émigration. Cette émigration des anciennes terres coloniales qui fait de nous de perpétuels étrangers que le pouvoir et ses collabos, de droite comme de gauche, libre-penseurs ou réactionnaires, veulent maintenir sous leur botte.

Une question se pose : aujourd’hui le dispositif politique et médiatique défend la liberté d’expression raciste de Charlie Hebdo et réprime l’indignation des musulmans à grand renfort policier. Après l’histoire du mouton dans la baignoire, les tags nazis sur les murs des mosquées, les têtes de porcs déposées devant des lieux de culte, la profanation des cimetières, les attaques contre les boucheries et restaurants halal, et jusqu’à l’agression, voire au crime raciste, tu ne crois pas que ça commence à faire beaucoup ? Quelle sera la prochaine étape si nous ne réagissons pas ? Crois-tu vraiment que l’on puisse piétiner éternellement la dignité d’un groupe humain ?

10:54 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

29 septembre 2012

Le parlement suisse s'oppose à l'interdiction du voile intégral

Le parlement suisse s'oppose à l'interdiction du voile intégral

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Libération, le 28 septembre 2012

La Suisse a rejeté vendredi un projet de loi prévoyant l'interdiction du voile intégral.

Les élus de la majorité suisse ont estimé que ce texte risquait de nuire à l'intégration des femmes musulmanes et au tourisme.

La Suisse n’interdira pas le port dans les lieux publics de vêtements couvrant l’intégralité ou une grande partie du visage, a décidé vendredi le parlement suisse. Le Conseil National, la chambre basse, a voté contre une proposition d’interdiction du voile intégral, comme la burqa ou le niqab, dans les lieux publics par 93 voix contre 87. Le Conseil des Etats, la chambre haute du parlement avait déjà rejeté le projet en mars.

Le parlementaire de la majorité Hugues Hipthold a jugé la mesure «excessive» et susceptible de nuire au tourisme venant des pays musulmans par les adversaires du projet. «Aujourd’hui en Suisse le port de ce type de vêtements pour des raisons religieuses ne pose pas de réels problèmes au quotidien, cette pratique étant peu courante au sein de la communauté musulmane suisse. Si le port du niqab ou de la burqa venait à être interdit cela aurait des conséquences néfastes du l’intégration des femmes musulmanes en Suisse», a-t-il dit. 

Les partisans du projet estimaient qu’il contribuerait à la promotion de l'égalité hommes et femmes et à l’intégration sociale de ces dernières. 

13:15 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |