23 janvier 2013

Forum d'orientation au collège privé musulman de montigny le bretonneux

Forum d'orientation au collège privé musulman de Montigny le bretonneux

La 4ème édition du forum d’orientation et d’information au collège privé musulman de montigny le bretonneux  aura lieu le samedi 09 février 2013 de 13h30 à 17h dans les locaux de l’institut (3 rue François Geoffre). Il aura pour objectif de mettre en relation les professionnels que vous êtes avec les enfants de niveau collège / lycée des environs et leurs parents.

Ce rendez-vous annuel a pour ambition de leur faciliter la connaissance des carrières professionnelles tout en favorisant la création d’un lieu d’échanges entre enfants, familles et professionnels de tous corps de métiers (santé, social, enseignement, défense, sécurité, commerce, artisanat, tertiaire, sciences etc.).

Le but est alors de présenter dans un petit stand son activité professionnel à des élèves afin d’une part de les sensibiliser et de leur montrer des exemples de réussite et d’autre part de mettre en relation les exposants afin de développer un réseau professionnel.

Nous avons alors besoin de votre présence pour présenter votre métier dans des stands dédiés à cet effet.

Le 09 février 2013, 3 rue François Geoffre , Montigny le bretonneux - France

Je vous demande de bien vouloir confirmer votre présence en envoyant un mail à contact@ifsqy.org avant le 02 février pour que nous puissions bien nous organiser.

Nous serons heureux de vous accueillir au sein de l’institut.

Réservation/ Information :

Adresse : 3 rue François Geoffre , Montigny le bretonneux - France

E-mail : contact@ifsqy.org

Site Web : http://www.ifsqy.org/

Organisateur : collège privé musulman de Montigny le bretonneux 

21 janvier 2013

La fraternité en temps de crise : le cas des Rohingyas – musulmans de Birmanie

La fraternité en temps de crise

Le cas des Rohingyas – musulmans de Birmanie

Par Hanan Ben Rhouma, le 20 janvier 2013

Les souffrances des Rohingyas – musulmans – de Birmanie vont-elles finir par être entendues ?  C’est du moins ce qu’espère le Collectif Halte au massacre en Birmanie, dont la notoriété grandit depuis sa création en juin 2012, au lendemain des nouvelles exactions commises dans l’Etat d’Arakan. Sensible au travail accompli, Tariq Ramadan leur a prêté main forte en dénonçant les massacres et en mettant les musulmans face à leurs responsabilités.

«La fraternité en temps de crise : le cas des Rohingyas – musulmans de Birmanie.» Tel a été le thème de la conférence organisée dans l’Espace Chevreul de Nanterre (Hauts-de-Seine), dimanche 13 janvier, par le Collectif Halte au massacre en Birmanie, la seule structure à ce jour en France qui se mobilise pleinement contre le sort infligé aux minorités musulmanes du pays.

Sur le millier de personnes que pouvait accueillir la salle, seules 300 personnes ont répondu à l’appel du collectif, qui s’est pourtant donné les moyens d’attirer du monde en invitant Tariq Ramadan, qui draine habituellement des foules. La faute à la manifestation anti-mariage pour tous, qui a attiré, au même moment, jusqu’à un million de manifestants dans les rues parisiennes ?

Pas vraiment puisque les musulmans, premier public visé par les organisateurs de la conférence, ont été peu nombreux à avoir rejoint la «Manif pour Tous». Un signe malheureux que le sujet des Rohingyas ne mobilise pas encore en France, où le black-out médiatique est manifeste, alors même que la fraternité est un impératif en islam. Il n’en reste pas moins que la conférence fut de qualité, oscillant entre témoignages de terrain et analyses de la situation pour mieux comprendre la réalité vécue par les musulmans mais aussi les chrétiens birmans persécutés.

Une épuration ethnique et religieuse à l'oeuvre

«On n’a pas le droit de sélectionner les opprimés, on n’a pas le droit de dire que les seuls opprimés qui nous touchent sont Palestiniens ou ceux dont parlent les médias», indique M. Ramadan, qui fut sans conteste l’intervenant le plus attendu. «Il faut qu’on ait une position de principe claire : partout où il y a de l’oppression, (…) ce n’est pas par l’émotivité médiatique qu’il faut s’engager mais par la connaissance approfondie des faits.»

Il appelle ainsi à «développer une conscience plus politique qu’émotive» face à «une politique génocidaire et discriminatoire» envers les populations musulmanes de Birmanie qui a commencé depuis bien longtemps, 1982 étant une date clé pour l’histoire des Rohingyas : c’est alors que cette minorité se voit priver de sa citoyenneté. Une décision qui entre dans le cadre d’une politique d’homogénéisation culturelle et religieuse au profit des seuls bouddhistes.

Un soutien juridique indispensable

«Ils veulent un soutien juridique de la communauté internationale pour qu’ils aient une carte d’identité» au même titre que les autres citoyens, insiste Mouna Dérouiche, qui témoigne inlassablement des conditions de vie terrible des musulmans qu’elle a constaté lors de sonvoyage en novembre dans l’Etat d’Arakan. Pour appuyer son témoignage, deux Rohingyas ont été invités à intervenir auprès du public.

A choisir, «ce se sont eux (les Rakhines bouddhistes, ndlr) les immigrés illégaux, pas nous», déclare Maung Hla Aung, faisant remarquer que l’Etat d’Arakan était indépendant jusqu’à l’invasion en 1784 opérée par le roi birman Bodawpaya. Une terre sur laquelle les Rohingyas, descendants de marchands arabes, vivent depuis des siècles et dont il n’est pas question de s’en aller. Les exactions à leur encontre, qui se sont multipliées depuis juin 2012, ont tout de même provoqué, outre les centaines de morts, le déplacement de 200 000 personnes, selon des estimations.

«Le sang palestinien n’a pas plus de valeur que le sang de mes frères de Birmanie. La liberté ne peut pas être divisée, elle appartient à toute l’humanité», martèle Ibrahim Bornat, un militant palestinien du village de Bil’in, en Cisjordanie. Un rappel fraîchement applaudi par l’assemblée qui en précède une autre de M. Dedomy : «faire que ce combat pour les Rohingyas soit un combat politique universel».

Le mutisme coupable d’Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi, qui incarne le combat pour la démocratie en Birmanie, en prend sérieusement pour son grade. Pour M. Ramadan, son mutisme «n’est pas du tout à son honneur», qualifiant sa position de «lâche».

Frédéric Dedomy, un spécialiste des questions birmanes, est plus nuancé. Affirmant l’avoir rencontré l’an passé, il explique qu'Aung San Suu Kyi n’a «clairement pas de haine envers les Rohingyas» mais ne s’est pas prononcée ouvertement pour la reconnaissance des Rohingyas. Pour lui, la peur de «perdre une popularité qui lui permet de faire avancer son projet politique pour la démocratie» a pris le dessus. Une attitude que l’expert est aussi à même de critiquer mais «si hier, elle était une icône, il ne faut pas aujourd’hui la jeter aux orties».

Cependant, les Rohingyas, qui pensaient trouver en elle une défenseuse de leur cause, sont déçus de son attitude et continuent d’espérer que la communauté internationale se saisisse véritablement de la question, autrement que par l’adoption d’une résolution non contraignante pour les autorités birmanes. Le Collectif Halte au massacre en Birmanie interpelle les musulmans et les citoyens français sur leurs responsabilités dans leur silence face à cette répression oubliée.

12 janvier 2013

Islam et laïcité : des cours à l'université

Islam et laïcité : des cours à l'université

L'université Lyon 3 dispense une formation diplômante sur les rapports entre la religion et la laïcité. A Lyon, des agents de la fonction publique et des représentants du culte musulman la suivent côte à côte...

14:27 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 janvier 2013

À chacun son islam !

À chacun son islam !

Par Rachid Id Yassine, le 11 Janvier 2013

Tout porte à croire que l’identité musulmane contemporaine, dans les sociétés occidentales tout au plus, est une identité à la fois individualisée et religieuse, bien que cela puisse paraître paradoxal… Faut-il dès lors renoncer à envisager l’identité musulmane comme une identité collective ?

Une culture occidentale individuelle ?

La culture occidentale se caractérise par une «culture des individus» (Bernard Lahire) qui sont incités dans et par le contexte séculier et pluriel à se distinguer les uns des autres.

La socialisation culturelle propre aux sociétés occidentales considère en son point de départ et dans son déroulement l’individualité du sujet ; il est donc essentiellement question de «socialisations individuelles». Aussi la production culturelle des musulmans d’Occident est d’autant plus occidentale qu’elle est individualisée. Jocelyne Césari précise justement que «dans l’Occident postmoderne, le rapport privatisé, émotionnel, culturel et éthique à l’islam domine».

Cette privatisation du religieux s’illustre aussi à l’échelle mondiale avec le développement d’«un monde de l’islamo-business qui échappe aux autorités religieuses traditionnelles, mais aussi aux États dans le contexte actuel de libéralisation et de globalisation» (Olivier Roy).

Nous pouvons cependant nous demander si cela nécessite de renoncer à envisager l’identité musulmane comme une identité collective, pour n’y plus déceler qu’une identité individuelle, en faveur de laquelle milite d’ailleurs un philosophe comme Abdennour Pierre Bidar dans une autobiographie spirituelle intitulée Self islam.

Une religiosité musulmane individualisée ?

C’est d’ailleurs chez les convertis que l’on retrouve le plus nettement cette capacité à se défaire des injonctions solidaires que toute identité collective sous-entend.

Cette liberté individuelle s’incarne dans celle avec laquelle ils expriment leur adhésion à l’islam, et dans l’audace avec laquelle ils n’hésitent pas à bousculer les cadres et les frontières des appartenances culturelles. C’est au nom de la religion qu’ils invitent leurs coreligionnaires de «culture musulmane» à se débarrasser de celle-ci qu’ils considèrent n’être que la somme d’encombrantes scories de l’histoire.

Yusuf Islam (Cat Stevens), comme Abdelmalik (Régis Fayette-Mikano) et tant d’autres artistes populaires musulmans, s’est un temps posé la question de la compatibilité de sa musique avec sa nouvelle identité religieuse. Il en a fait un support d’expression ostensible de sa religiosité musulmane, s’assurant du coup d’une certaine légitimité aux oreilles musulmanes inaccoutumées à la chanson anglaise. Après tout chanter les louanges de Dieu, même en anglais, accompagnées de musique ou non d’ailleurs, comment oserait-on le réprouver à l’exception de jugements marginaux ?

Cela a permis crescendo de passer outre les réticences à l’usage de la musique, occidentale qui plus est, comme vecteur et support de la religiosité musulmane.

Yusuf Islam retourne ainsi avec son dernier album A Other Cup et Roadsinger à la musique pour elle-même.

Dawud Wharnsby lui a emboîté le pas avec son clip Midnight mettant en scène un couple au phénotype clairement européen agité par le port du foulard qui cacherait les cheveux blonds de la compagne. Assis sur une Coccinelle rouge (la voiture !), la guitare sur un genou, il chante les indélicatesses humaines d’une histoire d’amour travaillée par une autre histoire d’amour, celle du divin. La dispute conjugale prend un dénouement heureux grâce au Holy Quran en livre de chevet que lisent les amoureux, après s’être remis à courir dans les champs, main dans la main, sourires aux lèvres et… cheveux au vent.

Une quête identitaire individualiste ?

Si, pour Farhad Khosrokhavar, parlant de «bricolage identitaire […] l’islam culturel est de nature personnelle», l’islam religieux qu’incarne à merveille la démarche des convertis l’est tout autant. Tout porte donc à croire que l’identité musulmane contemporaine, dans les sociétés occidentales tout au plus, est une identité à la fois individualisée et religieuse, bien que cela puisse paraître paradoxal à Olivier Roy.

Le politologue écrit en effet que, comparativement à celui de la Grande-Bretagne, «le modèle français développe une approche de l’identité musulmane en termes plus individualistes et, paradoxalement, plus religieux». Les modalités d’expression et de manifestation de l’islamité dans la production culturelle des musulmans des sociétés occidentales tendent à donner raison à l’option française.

Si les musulmans «s’emparent des nouvelles valeurs de l’islam pour se définir, c’est parce qu’ils s’engagent dans une démarche identitaire qui […] s’infiltre dans la définition des mœurs, se traduit par des pratiques personnelles, relève d’une démarche performative, investit l’espace public et acquiert ainsi un caractère de visibilité et de réflexivité. L’identité islamique se définit moins, aujourd’hui, dans une démarche collective et discursive que dans celle, performative et personnelle, qui cherche à l’inscrire dans l’espace public» (Nilüfer Göle).

Ainsi une série de processus contradictoires semble gouverner les modes d’identification de soi. Si la religiosité musulmane déborde de la sphère privée, elle le fait au nom des libertés individuelles.

Les musulmans d’Occident trouvent en l’éthique une source de légitimité qui affronte volontiers les attitudes réfractaires à l’idée d’un «islam occidental». Gilles Lipovetsky écrit justement que «loin de s’opposer frontalement à la culture individualiste postmoraliste, l’effet éthique en est une des manifestations exemplaires». Si la culture occidentale socialise les individus indépendamment de leur appartenance communautaire, l’islam se vit de façon tout aussi subjective, sur le mode de «socialisations individuelles» (Bernard Lahire). 

11:28 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Opinions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10 janvier 2013

«L’islamophobie et la xénophobie sont les principaux problèmes sociaux en l’Europe»

«L’islamophobie et la xénophobie sont les principaux problèmes sociaux en l’Europe»

TurquieNews, le 10 janvier 2013

Lors d’une réunion tenue au Parlement Européen, des députés européens ont déclaré que les principaux problèmes sociaux engendrés par la crise économique en Europe sont la xénophobie et l’islamophobie. Les exigences démocratiques des musulmans sont par ailleurs ignorées, ont-ils ajouté.

Les problèmes auxquels sont affrontés les musulmans européens ainsi que leurs exigences pour leur résolution ont été discutés lors de la session tenue par les représentants des musulmans européens.

Lors de cette réunion, les députés ont attiré l’attention sur la montée de l’islamophobie et de la xénophobie dans les démocraties européennes actuellement enlisés dans une grave crise économique, politique et sociale.

Le député anglais Sajjad Karim a qualifié la situation d’«inquiétante» et assuré qu’il existe une corrélation évidente entre la dégradation de l’économie et de la montée de l’extrémisme. «Les personnes proches de l’extrême droite ont un programme commun contre l’Islam. L’Union Européenne doit immédiatement mettre en place des politiques adéquates afin de faire face à ce phénomène» a-t-il prévenu.

«La liberté d’expression doit évidemment être protégée en Europe, mais les crimes haineux sont en même temps encouragés par ces règlementations. Lorsqu’on en vient à la liberté d’expression, l’attitude des différents pays européens diffèrent.» A-t-il dit, soulignant que «la tolérance envers les personnes d’origines différentes doit absolument être enseigné à l’école. Cela représenterait un énorme pas vers la résolution de ce problème».

09 janvier 2013

Un artiste néerlandais dépose la marque "Allah"

Un artiste néerlandais dépose la marque "Allah"

Oumma.com, le 09 janvier 2013

La vocation de l’art est de provoquer des émotions, mais l’émoi que déclenche l’artiste néerlandais Teun Castelein ne transporte pas de joie et encore moins vers l’extase, il suscite des remous indignés, à l’aune de sa transgression, consciente ou non d’ailleurs.

Pour la modique somme de 250 euros, l’appellation sacrée par excellence «Allah» a été bradée pour finir enregistrée comme un vulgaire nom de marque auprès de l’Office Benelux de la Propriété intellectuelle, à la grande satisfaction de son nouveau promoteur, dont la créativité débordante n'a pas encore imaginé l’usage qu’il en ferait.

Heureux de son acquisition, Teun Castelein qui se dit fier d’être un précurseur en la matière, doit être sourd à la colère qui gronde parmi les organisations musulmanes nationales, lesquelles appellent à la résistance : "C’est un nom magnifique, je suis surpris que personne ne l’ait fait auparavant", a-t-il déclaré au quotidien De Telegraaf, en assurant apposer, d’ici à février, sa nouvelle griffe sur une activité dont le monde musulman n’aura pas à rougir. Ouf, quel soulagement !

Dans ce bas monde, affranchi du délit de blasphème, qui se prétend éclairé à la lueur de la diabolisation banalisée de l’islam, un artiste néerlandais de 32 ans pousse le bouchon de l’outrage encore plus loin, dans une insouciance béate, en apparence du moins, qui laisse sans voix. Un signe des temps, ou plutôt la marque de fabrique d’une Europe qui, elle, refuse obstinément de déposer l’appellation «islamophobie», alors même qu’elle en fait son fonds de commerce florissant, sans vergogne.

13:12 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Djihad

Djihad

Le djihad n’est pas un acte terroriste, mais un combat spirituel. C’est, en substance, ce que tente de dire la communauté musulmane de Chicago à travers une campagne de communication lancée le 14 décembre 2012, en réaction à des affiches placardées sur les bus et les trains de New York, Chicago et San Francisco...

08 janvier 2013

Royaume Uni Le vote en islam Par Cheikh Feiz

Royaume Uni

Le vote en islam

Par Cheikh Feiz 

15:30 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

A propos de Charly Hebdo

A propos de Charly Hebdo

Thierry Meyssan

Le 01 janvier 2013

Charly Hebdo est un journal qui n’existerait pas sans le soutien de l’État. Ce journal a été créé sur les fonds secrets de l’Elysée par François Mitterrand. L’État peut faire ce qu’il veut avec Charly Hebdo. Les responsables actuels de ce journal agissent avec le soutien d’un tas de groupes qui, eux, ont une stratégie tout à fait déterminée pour essayer d’attaquer les musulmans en Europe, de les humilier par un moyen ou par un autre… 

15:18 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 janvier 2013

Raphaël Liogier : «Les musulmans doivent descendre dans la rue»

«Les musulmans doivent descendre dans la rue»

Raphaël Liogier 

Propos recueillis par Maria Magassa-Konaté, le 07 Janvier 2013

Avec son dernier ouvrage «Le mythe de l’islamisation : essai sur une obsession collective», Raphaël Liogier balaie d’un revers de main l’idée que les musulmans seraient sur le point d’envahir l’Europe. Plus que de faire naître l’islamophobie, ce mythe nourrit, selon le sociologue, le regard paranoïaque à l’égard des musulmans, sur un continent en pleine crise identitaire. Le professeur de sociologie à l’Institut d’études politiques d'Aix-en-Provence et directeur de l’Observatoire du religieux nous dévoile son analyse.

Saphirnews : Vous démontrez dans votre livre que l’idée selon laquelle la religion musulmane envahirait l’Europe est fausse, preuves à l’appui. Pourtant, cette opinion reste largement ancrée dans les esprits. D’où vient ce mythe ?

Raphaël Liogier : En 2003, on commence à parler de l’islamisation. Cette année est marquée par le rapport Baroin qui parle d’une nouvelle laïcité qui s’oppose aux droits de l’homme, en pointant du doigt les musulmans. 2003, c’est aussi la conjonction entre les extrêmes avec la naissance de mouvements identitaires comme le Bloc identitaire, celles d’un nouveau populisme obsédé par l’islamisation. C’est également le début des grandes crises identitaires et économiques en Europe.

2003 a aussi été marqué par l’intervention des Etats-Unis en Irak, sans l’accord des Européens. Alors que l’Europe a été «le Monde» en rendant le reste du monde exotique, le continent se rend compte que les Etats-Unis se tournent à présent vers des pays comme la Chine ou le Brésil. Les Européens, incapables de se fédérer, se mettent à délirer et se demandent qui ils sont. Jusque-là, il y avait une phobie de l’étranger mais, avec la crise identitaire de 2003, elle va changer de nature. On va soupçonner une intention maligne. Une atmosphère paranoïaque va s’installer. On suppose qu’il existe un plan, un complot, que des gens veulent nous détruire.

«Ces gens», ce sont les musulmans. Pourquoi eux ?

Raphaël Liogier : Quel est le point commun entre les Turcs d’Allemagne, les Pakistanais en Grande-Bretagne et les personnes d’origine maghrébine en France ? Être musulman. Il y a aussi leur visibilité avec une résurgence spirituelle de l’islam qui a permis de les désigner comme ayant une intention de comploter contre l’Europe.

Quel rôle jouent les médias dans ce mythe ?

Raphaël Liogier : Ils ont joué un rôle d’accentuation du mythe de l’islamisation, surtout entre 2003 et 2005. Les grands médias vont diffuser et normaliser ce discours et participer à la croissance de ce nouveau populisme. Ils y participent de façon irresponsable mais se sont calmés depuis 2009, se rendant compte qu’ils sont allés trop loin, à l'exception de Charlie Hebdo qui ne se vend plus car il est de plus en plus mauvais et se sert des caricatures de Muhammad pour des questions économiques.

Les politiques participent toujours à la mise en scène de ce mythe...

Raphaël Liogier : Il y a une politique du signe, pas du sens. Les sondages montrent que les Français pensent majoritairement que les musulmans font exprès de pas s’intégrer. Les politiques le savent et font alors signe à l’opinion qu’ils cherchent à les protéger de cela. Aller sur ce créneau leur rapporte à coup sûr des voix. Tous surenchérissent. On l’a vu avec la loi anti-nounous voilées portée par la gauche.

Et ce n’est pas fini. Fin décembre 2012, dans un colloque sur la morale laïque, portée par le ministre de l’Education Vincent Peillon, la directrice de la crèche Baby Loup, qui a licencié une employée voilée, était invitée. On y a salué son courage, avec l’idée d’étendre la neutralité dans la sphère privée des nounous. Il devrait même y avoir la possibilité, pour les comités d’entreprise, d’inscrire dans leur règlement l’interdiction du port du voile. C’est un programme qu’on retrouve dans le rapport Baroin dès 2003. Il y a eu un renversement historique de la laïcité, rendu possible par une situation d’urgence avec l’Europe qui met en scène sa propre mort. Cela permet de ne pas voir les vrais problèmes comme la désindustrialisation.

Face à cela, alors qu’ils représentent seulement 4% de la population européenne et qu'ils font partie des plus pauvres, les musulmans sont présentés comme les plus puissants. Avec le mythe de l’islamisation, les prières dans les rues deviennent une occupation.

Sur quoi repose ce mythe ?

Raphaël Liogier : Il est fondé sur une mise en scène avec quatre personnages : le héros qui défend l’Europe, le peuple trompé qui représente la majorité silencieuse, le traître multiculturaliste qui choisit les droits de l’homme et qui va être soit un naïf, soit une personne qui se range du côté des forts, et le djihadiste. Cette dernière figure négative et répulsive peut attirer des personnes en situation économique et sociale précaire et psychologiquement faibles.

C’est le cas de Mohamed Merah...

Raphaël Liogier : Oui, on a appris par la suite qu’il avait aidé les Renseignements généraux (RG) puis avait essayé d’entrer dans la Légion. Il a d’abord visé l’objet de sa frustration en tuant des militaires. Mohamed Merah est devenu musulman pour se venger, en s’appropriant une figure peu désirable. Avec son look d’Arabe, originaire d’une cité, il va devenir djihadiste.

En Norvège, Anders Breivik, sans boulot, mis à l’écart, est blond aux yeux bleus, il va donc s’approprier la figure du héros, celle de la victime de l’islam. Si Merah avait eu un physique d’Occidental de souche, il serait sûrement devenu Breivik et si Breivik avait eu le teint basané, il serait devenu Merah. Leur condition raciale, économique et sociale sont des éléments déterminants qui les ont poussés à incarner le rôle de héros ou de djihadiste.

Le mythe de l’islamisation potentialise cette violence. Le populisme la rend possible. Ce populisme n’est plus extrême : aujourd’hui, il peut prendre le pouvoir avec Marine Le Pen en France. Il a déjà pris le pouvoir dans d’autres pays européens comme aux Pays-Bas. En Suisse, la votation pour l’interdiction des minarets l’a remporté majoritairement (en 2009).

A qui profite ce mythe ?

Raphaël Liogier : A ces mouvements populistes mais aussi aux mouvements islamistes terroristes durs qui sont en perte de vitesse depuis 2001. D’abord, il y a eu de nombreux démantèlements de ces réseaux et on constate une transformation des structures sociales du monde arabe, symbolisée par les révolutions du Printemps arabe. Cela se traduit par le développement des classes moyennes et l’émergence d’un islam bourgeois. Dans ce contexte, les terroristes islamistes ont de plus en plus de mal à recruter car il recrute par la frustration.

Ce mythe profite aussi aux Etats arabes, pays d’origine de nouvelles générations de musulmans européens, qui ont intérêt à ce que ces derniers ne se sentent pas intégrés et éprouvent un sentiment d'insécurité pour continuer à envoyer de l’argent dans les pays. A l’inverse, ce mythe ne profite pas aux musulmans ni aux citoyens européens.

Comment lutter contre ce mythe ?

Raphaël Liogier : Il faut déjà faire le bon diagnostic, trouver la vraie maladie. Sans cela, on fait des choses dans le vide. Ce diagnostic doit être précis. Il n’y a pas vraiment de phobie de l’islam mais l’existence d’un théâtre paranoïaque. On suppose que les musulmans veulent imposer leur manière de vivre. C’était l’objectif de ce livre : montrer qu’il n’y a pas de complot des musulmans.

Il faudrait, en plus, qu’il y ait un mouvement social des musulmans, qu’ils sortent défiler dans les rues. On n’entend pas les musulmans. Ne pas les voir est plus suspect. Une mobilisation de leur part pourrait créer un nouveau rapport de force. La troisième solution est que l’on puisse s’identifier à des héros positifs musulmans. La série télévisée danoise «Borgen» diffusée sur Arte, qui retrace la vie d’une femme politique, y parvient très bien avec le portrait d’un personnage secondaire, ministre de l’Ecologie qui adopte l’attitude la plus pure et la moins corrompue et dont on se rend compte, de manière complètement aléatoire, qu’il est musulman. Il y a là eu une normalisation qui agit au niveau inconscient.

Cela marche, car le téléspectateur n’a pas le sentiment qu’on l’oblige à croire à certaines choses, contrairement à La petite mosquée dans la prairie qui annonce la couleur.

Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a lancé une campagne d'affichage pour sensibiliser le grand public à la lutte contre l’islamophobie. Qu'en pensez-vous ?

Raphaël Liogier : C’est du très bon travail mais c’est dommage, la campagne a été sabotée, diffamée. Mais lutter contre l’islamophobie ne peut pas suffire. Avec le slogan «Nous sommes aussi la Nation», le CCIF voulait faire passer le message «N'ayez pas peur, nous partageons les même valeurs» mais, dans ce climat paranoïaque, il a été réinterprété par «Nous voulons prendre la Nation, nous voulons prendre votre place». D’où l’importance de faire le bon diagnostic.

Que retenez-vous du traitement médiatico-politique de l’islam en 2012 ?

Raphaël Liogier : 2011 et 2012 ont été marqués par l’accentuation du mythe de l’islamisation avec des mises en scène comme les affaires Merah, Breivik, la montée des mouvements populistes et une libération de la parole anti-musulmane sans précédent chez l’UMP comme chez le PS, les deux camps majoritaires à l’Assemblée nationale. L’extrême droite n’existe plus car elle est au milieu de l’échiquier politique avec Marine Le Pen. En 2012, ce mythe est arrivé à son summum. Mes vœux pour 2013 : qu’il y ait un changement majeur de ce côté.

14:47 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06 janvier 2013

Une fatwa n'est pas une condamnation

Une fatwa n'est pas une condamnation

L'émission "Islam aujourd'hui" revient sur la notion de Fatwa avec le Cheikh Larbi Bechri, directeur des études à l''Institut Européen de Sciences Humaines (IESH) de Château-Chinon...

12:51 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05 janvier 2013

Histoire de l'Islam en France

Histoire de l'Islam en France

Avec le professeur M. Arkoun

Première partie

France 2, 17 septembre 2006

Deuxième partie

16:14 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18 décembre 2012

Le dossier CEOM

Le dossier CEOM

Le Conseil européen des Ouléma marocains (CEOM), passé maître dans la dilapidation des deniers publics du peuple marocain...

Le Maroxellois

Une vidéo à charge contre des employés musulmans de la RATP circule sur la toile

Une vidéo à charge contre des employés musulmans de la RATP circule sur la toile

Oumma .com, le 18 décembre 2012

Depuis quelques jours, une vidéo à charge contre des salariés musulmans de la RATP enflamme des sites islamophobes et d’extrême droite, qui en profitent pour s'adonner à leur exercice favori : déverser leur haine de l’islam et agiter les pires fantasmes.

Alerté par une association anti-raciste sur la réalisation de ce réquisitoire inflammable qui met en scène des témoignages accablants de femmes machinistes contre leurs collègues musulmans, toutes se disant harcelées et victimes d’une maltraitance sexiste, Mourad Ghazli, syndicaliste, connu des Oummanautes pour avoir animé plusieurs chroniques sur OummaTV, a immédiatement réagi en adressant un courrier au sommet de la hiérarchie du groupe des transports publics parisiens, dans lequel il exige la condamnation officielle de ce film nauséeux et indigne, qui «tombe sous le coup de la loi pour propos racistes à partir de l'appartenance religieuse».

Un film aux méthodes plus que douteuses, dans la veine des productions électrisantes ou apocalyptiques qui portent la signature des farouches détracteurs de l’islam, puisque si ses sombres auteurs ont pris soin de ne pas montrer les visages des «victimes», un machiniste musulman n’a, lui, pas bénéficié des mêmes précautions d’usage, et a été livré en pâture à tous les regards. Si la RATP est à ce point soucieuse de son image, comment pourrait-elle décemment tolérer qu'un tel reportage ternisse son blason, et ce irrémédiablement ?

«Le Maroc a organisé le domaine des Fatwas d'une façon qui préserve les intérêts de la Oumma»

«Le Maroc a organisé le domaine des Fatwas d'une façon qui préserve les intérêts de la Oumma»

Habous, le 02 août 2012

Le Maroc a organisé les Fatwas d'une façon convenable pour préserver les intérêts de la Oumma, car il s'agit d'un domaine qui touche à des questions intéressant la société toute entière, a affirmé le ministre des Habous et des Affaires Islamiques, Ahmed Toufiq.

L'émission de Fatwas est une action collective émanant de l'institution chargée des Fatwas auprès du Conseil Supérieur des Oulémas, a fait observer M. Toufiq qui était l'invité de l'émission "Hiwar" diffusée mercredi soir par la chaine "France 24", soulignant que l'émission de Fatwas demeure l'apanage de cette institution.

Le Conseil Supérieur des Oulémas est "la seule institution autorisée à émettre des Fatwas, à trancher dans toute question et décider à quel point elle est conforme avec les principes de la religion et de la jurisprudence, à l'instar du Conseil Constitutionnel, le seul habilité à trancher dans la constitutionnalité des Lois", a-t-il dit.

Le ministre des Habous et des Affaires islamiques a estimé que les gens ont le droit de donner leur avis sur différentes questions qu'elles soient religieuses, politiques, économiques ou sociales. Des avis qui restent, toutefois, "une simple opinion personnelle".

Pour M. Toufiq, la nouvelle Constitution est venue consacrer le domaine de compétences de Imarat Al-Mouminine en matière de religion et renforcer la représentativité des Oulémas dans différentes institutions de l'Etat.

La religion dans les pays islamiques est "source de force, de mobilisation et de bienfaisance" au lieu d'être source de dissension, a-t-il fait remarquer, soulignant que "le Maroc reste préservé grâce à la Beiaa de Amir Al-Mouminine qui est en même temps Chef de l'Etat et garant du culte et de la religion".

Selon M. Toufiq, le modèle Marocain en matière de religion est fondé sur la modération, le juste-milieu et le rejet de toute forme d'extrémisme, de même qu'il répond aux besoins en matière de religion des Marocains résidant en Europe notamment la construction des mosquées, la formation des Imams et l'encadrement religieux.