27 mars 2010

Un prof désire changer de sexe : le transsexualisme à l’école pose question

 

Un prof désire changer de sexe

Le transsexualisme à l’école pose question

transsexualisme

 

Enseignons.be, le 27 mars 2010

A priori, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Un professeur d’éducation physique d’une petite école primaire du Brabant wallon a officiellement informé sa direction de sa volonté de changer de sexe. Depuis toujours, le professeur a l’intime conviction qu’il est une femme. L’info n’aurait peut-être jamais dû paraître en première page des quotidiens nationaux. Mais voilà, l’affaire prend des proportions inattendues. Ainsi, l’école a cru bon de mettre l’administration de la Communauté française et la ministre Simonet au courant. A la demande du directeur, de nouveau, des équipes mobiles, composées de spécialistes extérieurs à l’école, ont été dépêchées sur place. Leur mission est d’encadrer les membres du personnel et les élèves. L’établissement a même poussé le zèle jusqu’à organiser une réunion d’information avec les parents, prévue ce mardi 30 mars. Qui a parlé de vie privée ?

L’enseignant doit à présent gérer ce «coming out» médiatisé et préparer son opération de conversion sexuelle. Un défi sur le plan personnel mais aussi social et médical. La direction de l’école se défend :

Nous essayons de gérer le dossier de la façon la plus subtile qui soit. Mais je sens beaucoup d’inquiétude, de questionnement. Nous avons donc réuni un maximum de données juridiques et psycho-sociales. Cette réunion va nous aider à rationaliser les choses.

Rationaliser les choses ? Vraiment ? De nombreux parents, avertis, ont déjà annoncé leur intention de retirer leur enfant si l’enseignant restait en place. Ce dernier est cependant protégé par plusieurs dispositions belges et européennes dont le décret anti-discrimination du 12 décembre 2008. Mais on comprend que cette situation mette en lumière un certain nombre de tabous liés à la sexualité et à l’identité sexuelle. La situation des transsexuels en Belgique n’est pas rose. Une étude menée en 2008 à la demande de l’Institut pour l’égalité entre les femmes et les hommes conclu qu’une fois l’annonce faite, beaucoup de transsexuels sont obligés de quitter leur travail, de leur propre chef ou sous la pression de leur entourage professionnel.

Encore beaucoup de tabous

Il en résulte de nombreux troubles pour la personne ainsi exclue comme la dépression, le suicide (ou la tentative de)… Le rejet social s’exprime par une discrimination à l’emploi, au logement, à l’assurance.

L’école étant un lieu d’ouverture et d’apprentissage à la toléranceva-t-elle réussir cette intégration dans le respect de chacun ?

L’étude la plus complète à ce jour concernant les «trans» en Belgique :

http://igvm-iefh.belgium.be/fr/publications

22:44 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

25 mars 2010

Une enseignante belge suspendue pour port du foulard reprend ses cours

Une enseignante belge suspendue pour port du foulard reprend ses cours

 

 

 

La Croix  , le 25 mars 2010

Une enseignante musulmane, professeur de mathématique dans une école de Charleroi (sud de la Belgique), un temps suspendue pour port du voile par la municipalité, a repris ses cours jeudi, après avoir gagné un recours en justice, a rapporté la télévision Bel-RTL.

En début d'année scolaire, la direction de l'école, qui dépend de la ville de Charleroi, avait demandé à la jeune femme de retirer le voile, qu'elle portait en classe depuis deux ans et demi.

L'enseignante avait refusé et porté l'affaire en justice. En première instance, le tribunal de Charleroi avait donné raison à la direction, au nom d'un décret sur la "neutralité" de la Communauté française de Belgique (l'institution compétente pour l'enseignement francophone en Wallonie et à Bruxelles).

Mais le 11 mars, cette décision a été cassée par la Cour d'appel de Mons (ouest), qui a estimé que le décret en question n'était valable que pour les écoles faisant partie du réseau directement géré par la Communauté française.

Or, l'école où exerce l'enseignante musulmane ne fait pas partie du réseau de la Communauté française mais est une émanation de la ville de Charleroi, qui n'a pas précisé dans ses règlements qu'elle interdisait le port de signes religieux à ses enseignants, a relevé dans son jugement la Cour d'appel, citée par la RTBF.

Du coup la ville de Charleroi a annoncé qu'elle allait adopter un règlement rendant la "neutralité" des enseignants obligatoire en matière religieuse, et interdisant le port de tout signe distinctif.

L'avocat de l'enseignante a prévenu jeudi que sa cliente se pourvoirait en justice, s'il lui était de nouveau interdit la semaine prochaine d'enseigner avec son foulard.

Le débat sur le foulard voire la burqa a pris de l'ampleur en Belgique. Les partis belges sont divisés sur la question.

Le 18 mars, le Conseil d'Etat belge a suspendu l'interdiction du port de signes religieux dans les écoles publiques en Flandre (nord), le temps pour la justice de décider si cette mesure est conforme à la Constitution du pays.

La Belgique n'est pas officiellement un Etat laïc. Des élèves de l'école de Charleroi concernée par l'affaire en cours y portent le foulard sans que cela constitue un problème pour l'instant.

18:27 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22 janvier 2010

Rappel : A propos de la question du voile

Rappel

A propos de la question du voile

1. Les laïcards dans nos écoles publiques

Conférence-débat organisée par une association se prévalant de la laïcité, dans une école publique de la capitale.

Propos disqualifiants et justification sur des bases juridiques douteuses de l'interdiction arbitraire imposée aux élèves refusant de se soumettre aux présuposés d'une oppressante doctine idéologico-philosophique !!!

2. La manifestation des convictions religieuses

(1ère partie) 
Selon Dan Van Raemdonck (ex-président de la Ligue des Droits de l’Homme et ex vice-président du Centre d’Action Laïque), Francis Delperé, constitutionaliste et Yacoub Mahi (professeur de religion islamique)...

(2ième partie)

3. Le voile en question

4. ÉGALITÉ dans l'enseignement

12:12 Écrit par Rachid Z dans Discriminations, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31 décembre 2009

Décret Files, décret Loto... décret Ghettos ?

Décret Files, décret Loto... décret Ghettos ?

Contrat pour l’école : «Priorité 9 : Non aux écoles Ghettos»

 

Par Françoise Clara et Pascale Pilawski (pour le collectif Décret lotto), le 31 décembre 2009

Le futur décret aurait dû viser une organisation équitable, transparente et simple des inscriptions

En particulier, le décret en projet aurait dû répondre à trois objectifs :

1. organiser de manière pragmatique le processus d’inscription, en vue de limiter la tension entre les places disponibles dans certains établissements et l’importance de la demande les concernant ;

2. assurer à toutes les familles l’égalité d’accès à l’ensemble des établissements et l’égalité de traitement dans le processus d’inscription ;

3. promouvoir la lutte contre l’échec scolaire, améliorer les performances de chaque enfant, lutter contre les mécanismes de relégation en soutenant la mixité sociale, culturelle et académique.

Nous avons pris connaissance du projet de décret préparé par la nouvelle majorité et c’est avec regret que nous constatons que, loin de contribuer à la réalisation des objectifs susmentionnés et ainsi, de réduire la dualisation, il risque de l’aggraver. Les critères choisis vont modifier les comportements humains et nul ne peut préjuger de leurs effets à court et moyen termes.

En effet, nous avons de bonnes raisons de craindre que ce nouveau décret n’induise, dans les prises de décision des parents, des modifications qui radicaliseront encore plus la dualisation de notre système éducatif, en particulier à Bruxelles. Ainsi, l’importance dont bénéficie le critère géographique domicile-école primaire et le manque d’attention accordée au critère lieu de travail-école (sauf pour les professeurs, évidemment !) vont avoir pour effet probable que le centre de Bruxelles se prive des enfants issus de la classe moyenne, qui accompagnent quotidiennement leurs parents qui y travaillent. Or, ces enfants contribuaient eux aussi à la mixité. A présent, ils vont être cantonnés dans des «ghettos», dans les quartiers où leurs parents habitent, de façon similaire à ce qu’a induit la carte scolaire en France (et dont tous les partis français reconnaissent aujourd’hui les méfaits). Est-ce vraiment ainsi que nos représentants politiques entendent promouvoir la mixité ? Sont-ils à ce point aveuglés par leurs calculs électoralistes et court-termistes pour croire que nous sommes dupes ? Pour les convaincre que ce n’est pas le cas, nous passons ci-dessous en revue les différents critères qui ornent ce décret.

Liberté ?

Egalité ? Le décret consacre la discrimination criante entre les 90 % des écoles sans problèmes et le solde de 10 %, toutes situées à Bruxelles et dans le Brabant wallon. Le décret apporte des solutions là où il n’y avait pas de problèmes et aggrave les problèmes là où il y en avait. Comment oser parler d’égalité alors que les enfants de Bruxelles et du Brabant wallon sont les seuls à assumer les conséquences de la gestion catastrophique de ce dossier ?

Mixité sociale ? L’idée initiale (qui fut à l’origine du chaos que l’on sait) était d’assurer une égalité d’accès aux plus défavorisés. Or, force est de constater que le critère ici choisi de mixité sociale sur la base de l’école d’origine ne permet pas de cibler les enfants dont l’indice socio-économique est faible. Il est inacceptable qu’un décret ayant pour objectif principal l’égalité d’accès ait si peu d’ambition quant à la définition même de la mixité sociale. Les critères doivent être personnels, quand bien même ils seraient plus compliqués à mettre en œuvre. Les plus défavorisés méritent qu’une législation qui leur est destinée les favorise effectivement.

Réussite scolaire ?

Proximité ?

Transparence ?

En résumé, appliqué comme tel, le nouveau décret va manquer ses objectifs déclarés et avoir un effet pervers majeur : il va stimuler la création de ghettos et élégamment consacrer des ghettos de «riches» et des ghettos de «pauvres». A force de compromis, les bonnes bases initialement proposées par la Ministre ont été érodées et ce qu’il en reste aboutit à concentrer les enfants au plus près de chez eux.

Afin d’atténuer quelque peu cet effet pervers, nous proposons

d’autoriser les parents à choisir entre le domicile et le lieu de travail.

Sans cela, les familles qui, in illo tempore non suspecto, ont fait le choix de la proximité du lieu de travail pour l’enseignement primaire, seront d’office pénalisées. En effet, une école proche du lieu de travail est souvent éloignée du domicile. Nous proposons donc d’introduire le choix entre l’un et l’autre pour :

- atténuer les effets délétères de l’embryon de carte scolaire que le nouveau décret va créer ;

- éviter de discriminer les familles ayant souvent bien des difficultés à concilier travail et éducation de leurs enfants (en particulier les familles défavorisées) ;

- ne pas discriminer les enfants domiciliés en périphérie mais scolarisés à Bruxelles.

Dire et écrire, comme il est fait dans le décret, que les parents peuvent valoriser leur 1er choix est un leurre : s’ils ne veulent pas prendre le risque de se voir effectivement éjecter du système, les parents seront contraints de moduler leur choix en fonction des critères imposés et des biais qu’ils induisent.

Ce décret n’est pas neutre et le problème est que rien ne garantit que les modifications précitées auront pour effet d’accroître la mixité et la réussite scolaire. C’est même probablement tout le contraire : il est tellement alambiqué que nul ne peut présager de ses effets à court et moyen termes.

C’est pourquoi nous demandons également qu’un nombre important de points soient clarifiés dans les plus brefs délais : Calcul des distances ? Comment le logiciel traitera-t-il les distances équivalentes à la centaine de mètres près ? Le cas n’est pas anecdotique. Fratrie ? Quelle est la définition précise de la fratrie ? La fratrie dite «inversée» (le cadet en primaire donne priorité à l’aîné dans l’établissement secondaire situé sur le même site) ne peut faire l’objet de compromis.

En résumé et au risque de nous répéter, sans les modifications et les clarifications que nous proposons, nous craignons que, malgré toute la bonne volonté, l’ouverture, le rejet de la violence envers les familles (par la suppression des multi-inscriptions) et l’esprit de dialogue manifestés par le Cabinet, le décret en gestation ne permette pas de réduire la dualisation de l’enseignement, la pénurie, la déshumanisation du système et la déresponsabilisation des directions et des familles. Il risque même de les aggraver. N’est-il pas temps d’avoir le courage de ne rien faire, c’est-à-dire d’en revenir au décret Missions ?

Peut-on encore parler de transparence face à une telle complexité procédurale ?
En contrepartie du bénéfice de l’adossement, les partis semblent avoir cherché à favoriser les enfants fréquentant les écoles orphelines de proximité mais comme nous le démontrons au travers des applications pratiques proposées en annexe, le système ne fonctionne pas comme cela. D’après notre analyse, le critère distance domicile-école primaire ne fonctionnera «parfaitement» que dans les villages où n’existent que deux écoles (une libre et une communale). Ce qui n’est évidemment pas le cas de Bruxelles, précisément là où les problèmes sont les plus criants. A nouveau, les critères choisis pour départager les élèves en surnuméraire fonctionneront effectivement là où on n’en aura pas besoin mais pénaliseront principalement les enfants des grandes villes, c’est-à-dire essentiellement les Bruxellois.
Les critères (distance) sont tellement prépondérants que l’acte d’orientation pédagogique qu’est l’inscription en 1ère secondaire sera totalement absent. L’élément humain, de même que la réalité de la dualisation de l’enseignement primaire, sont niés. Pour les politiques, l’obtention du CEB semble être une garantie absolue de réussite. Or, tous les acteurs de terrain savent qu’il n’en est rien. Rien ne laisse donc présager que la politique prônée ici mènera à une diminution de l’échec scolaire.
Il est particulièrement choquant que le critère de la proximité entre le domicile et l’école primaire soit tellement prépondérant, au point d’en être handicapant. Les familles sont bloquées dans un état de fait contre lequel elles ne peuvent agir. Un choix effectué il y a plus de 6 ans va aujourd’hui les affecter d’un indice statique, sur lequel elles n’auront aucune prise. Le risque d’une désobéissance civique pour contourner le décret, comme cela s’est passé dans d’autres pays de même que sous les décrets Arena et Dupont, n’est jamais à exclure.
. Il aurait dû faciliter la mobilité sociale. S’il ne pouvait prétendre, à lui seul, résoudre ou bouleverser les stratifications urbaines, économiques et sociales, il aurait au moins dû veiller à respecter, comme annoncé dans la déclaration de politique gouvernementale, la liberté des parents et l’autonomie des acteurs et partenaires de l’école.

12:26 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

21 décembre 2009

Bientôt des profs de bouddhisme dans les écoles ?

Bientôt des profs de bouddhisme dans les écoles ?

 

 

 

Enseignons.be  , le 20 décembre 2009

Le bouddhisme devrait être officiellement reconnu par le Parlement en 2011. Il rejoindra le catholicisme, le judaïsme, l’Islam, la laïcité organisée… Un sondage – effectué auprès de 1000 Belges – avance que près de six personnes sur dix seraient favorables à l’enseignement du bouddhisme à l’école. Celle qui sera bientôt la huitième conviction reconnue – le Vlaams Belang reste le seul à s’opposer à sa reconnaissance – pourrait donc faire son entrée bientôt dans les établissements scolaires. Le statut que lui confèrera le Parlement lui ouvre en effet l’accès au financement public des lamas, des professeurs de bouddhisme et des «aumôniers» officiant en hôpital et en prison.

Petit à petit, le bouddhisme trouve sa place dans notre société. Un lama tibétain encadre déjà une trentaine de détenus, à Lantin. Et une Haute école de Louvain, donne déjà l’opportunité à ses élèves d’opter pour des cours de bouddhisme. S’ils ne sont qu’une douzaine pour l’instant, la proportion d’étudiants intéressés pourraient atteindre 32.000 si toutes les Hautes Ecoles devaient proposer cette option.

Pour le sociologue Erik Stevens, le défi est très important :

«Les autorités et la population belges attendent une présence du bouddhisme à moyen terme dans les écoles, les prisons et les hôpitaux… Des choix stratégiques s’imposent afin que des pools de personnes-ressources puissent se constituer, dans tout le pays». Une formation qui passera par la cinquantaine de centres bouddhiques établis en Belgique, qu’il s’agisse de salles de méditation zen, de temples thaï ou d’instituts tibétains.»

Edel Maex

«Nous devons nous préparer dès aujourd’hui. Nos «consultants» ne devront pas transmettre la tradition dans laquelle ils se sont épanouis, mais bien les valeurs qui rassemblent les grandes écoles du bouddhisme. Notre sondage montre que ce sont nos valeurs communes – non-violence, compassion, bienveillance, écoute, respect de la nature… – qui touchent les Belges. Ce sont ces valeurs et pas une croyance qu’il nous revient de transmettre.»

, secrétaire général de l’UBB (Union bouddhique belge) :

 

14:24 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09 décembre 2009

Réforme de l'histoire ?

Réforme de l'histoire ?

 

Discussion de Freyr avec Paul-Eric Blanrue, Onirik, le 09 décembre 2009

Suite à la réforme controversée sur l’enseignement de l’Histoire-Géo, nous avons voulu avoir l’avis d’un spécialiste, historien de formation, de profession et de coeur à savoir Paul-Eric Blanrue.

 

Onirik

PEB

: Il ne faut pas se leurrer : l’enseignement de l’histoire tel qu’on le pratiquait était déjà très critiquable en bien des points : on revenait deux fois sur les mêmes périodes, jugées primordiales, d’abord au collège puis au lycée, avec une insistance particulière sur l’histoire moderne et contemporaine, en délaissant l’histoire du royaume de France ("Bayard ? Connais pas !"), l’antiquité ou les civilisations anciennes, européennes ou non, qui sont au fondement de ce qu’est devenu notre monde. Et le tout se faisait déjà de façon a-critique, c’est-à-dire sans cours de méthode ou d’esprit critique sur les données transmises, ce que je n’ai eu de cesse de réclamer à l’époque où j’enseignais, il y a 20 ans.

:

Le programme d’Histoire va être traité entièrement en première et non plus en première et terminal. Pensez-vous que cela soit possible sans une réduction de facto de l’information transmise aux étudiants ?

Maintenant, on va davantage encore trancher dans le vif, supprimer des pans essentiels de notre passé et faire ingurgiter aux élèves un prêt-à-penser historique qu’ils auront d’ailleurs oublié dès les grandes vacances. Depuis des décennies, l’histoire ne cesse d’être dévaluée. Cette dernière décision est une façon de s’en défaire encore plus. On a décidé d’éliminer notre passé : pas seulement le passé de la France, le passé mondial.

Ce n’est pas juste une question, comme je l’ai entendu, de perte de "culture générale" : c’est beaucoup plus grave. La "culture générale", c’est bon pour "Question pour un champion" ! Non, nous assistons à un assassinat de la mémoire, tout simplement. Voyant à quel point l’histoire n’intéresse plus les autorités qui sont censées la dispenser, les élèves cesseront automatiquement de la prendre en considération (comme c’était déjà en partie le cas). L’histoire devient une sorte d’option intellectuelle, équivalente à l’initiation au macramé ou à la pétanque. C’est une catastrophe pour l’esprit et un recul de civilisation effrayant. Tout à fait entre nous, je n’en suis pas spécialement surpris.

 

 

 

Onirik

PEB

Onirik

PEB

: On peut sans doute se construire sans le latin-grec, mais on se construit mieux avec, car on perçoit mieux les évolutions des choses. Prenez un mot comme "vertu" - du mot latin virtus, dérivé du mot vir, "homme"- qui désigne à l’origine les qualités viriles : il devient ensuite synonyme de "bon citoyen", sous la Révolution française, puis de "bonnes moeurs" au XIX, au sens (a-)sexué du terme. On est donc passé d’un mot à connotation héroïque à un qualificatif d’essence bourgeoise. Sans parler des dames de "petites vertus" ! Est-ce que cela ne nous en apprend pas beaucoup sur l’esprit de chacune des époques concernées ?
: L’hyperspécialisation, en histoire, n’est concevable qu’à un niveau supérieur, une fois qu’on a assimilé tout le reste. On ne comprend pas Wagner si on ignore tout de Beethoven, auquel on ne rend pas justice si on ne sait pas qui est Mozart. Le problème, c’est que les bases ne sont pas acquises à l’école. Quel est l’intérêt de connaître l’histoire de la pomme de terre, ou la forme du robinet de baignoire, à travers les âges si on ignore à quoi correspondent précisément lesdits âges, du point de vue politique, économique et culturel ? À quoi cela sert-il de se concentrer sur une période précise si on ne sait pas ce qui vient avant et ce qui en découle, c’est-à-dire dans quel processus cette période s’inscrit ? En histoire, il y a trois choses fondamentales à acquérir : les principaux faits, ce que nos grands-pères appelaient "les dates" ; le sens général qu’elle peut prendre, de manière à former les esprits à appréhender sa logique interne ; enfin, l’esprit critique qui permet de se détacher des croyances établies, autrement dit la compréhension de "comment on fait l’histoire" pour avoir la capacité de se l’approprier et non de subir ce qu’on nous raconte.

:

Le latin et le grec étaient appelées les humanités. Peut-on se construire sans Histoire et sans Humanités ?

:

Quand on regarde l’évolution des dernières décennies que ce soit la décision de supprimer certains enseignements (langues mortes, Histoire-Géo) ou des suppressions de fait vu les faibles coefficients pour le bac (philosophie en S, Maths en L), on constate une hyperspécialisation de plus en plus tôt. Pensez-vous que cette hyperspécialisation soit une bonne chose ?

Maintenant, pour vraiment comprendre l’époque, il faut en connaître les principaux phénomènes. Donc l’histoire. Pas seulement l’histoire politique, chronologique, à l’ancienne, entendons-nous bien : toute l’histoire, du "petit fait vrai" à la Lenotre aux infrastructures chère à l’École des Annales, mais aussi à l’art et à la religion. Peut-on savoir ce qu’est le baroque, et la mentalité de la contre-réforme catholique, sans avoir fait le tour du "Rapt de Proserpine" du Bernin ? Allez à Rome, à la Villa Borghèse et dites m’en des nouvelles. Par conséquent, sans histoire, on déconstruit, on tue dans l’oeuf toute compréhension possible de l’humanité. Toute perspective est cassée, toute distance est anéantie, tout recul critique est sabordé. Le présent devient l’alpha et l’oméga de toute chose, mais un présent lourd à porter, sans humanité conscience, un univers bête et plat, nivelé, ni linéaire, ni cyclique : circulaire. Aucun événement n’est plus relié à un autre. Tout devient absurde, et cette absurdité ne sert plus qu’à justifier l’ordre actuel du monde, c’est-à-dire servir au premier chef ceux qui ont intérêt à ce à qu’il perdure ainsi.

Un monde sans passé vise à légitimer les puissants du jour (n’oublions pas Marx : "Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante"). Ce faisant, on fait disparaître les citoyens pour fabriquer des consommateurs obéissants, déracinés, fascinés par le zapping, uniquement préoccupés par les plaisirs immédiats et abrutis par la technique. ll va être temps de reprendre notre passé en main ! Avoir de nouveau conscience, comme le disait Bernard de Chartres, que nous sommes "des nains sur des épaules de géants" (nanos gigantium humeris insidentes), ces géants qui ont tout à nous apprendre et chez qui nous devons puiser sans cesse pour nous élever au lieu de pratiquer jusqu’à plus soif le culte de l’argent et nous vautrer comme des porcs dans la marchandise.

Que l’on sorte enfin du règne de la quantité, comme disait René Guénon, pour revenir à celui de la qualité. Nous n’y sommes pas encore, je vous en avertis ! Mais il faut avancer.

15:01 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 novembre 2009

Une histoire qui fait encore trop mal

Une histoire qui fait encore trop mal

Par Carmen K. Sisson, The Christian Science Monitor,

Grâce à une réforme pionnière aux Etats-Unis, le Mississippi s'apprête à imposer à l'école l'enseignement de l'histoire des droits civiques. Un sujet qui reste douloureux.

Au Mississippi, rares sont les enfants qui ont entendu parler d'Emmett Till, ce jeune Noir de 14 ans lynché par une foule blanche en 1955. L'événement avait galvanisé le mouvement pour les droits civiques dans cet Etat du Sud. Ils n'ont pas entendu parler non plus du Freedom Summer de 1964, lorsque 1000 bénévoles sillonnèrent la région pour inscrire les électeurs noirs sur les listes électorales. Ils ne savent rien de ces citoyens ordinaires qui ont surmonté tant d'obstacles pour contribuer au changement.

Ces écoliers vont bientôt apprendre ce pan de l'histoire : dès l'automne prochain, tous les épisodes de ce combat seront enseignés dans toutes les écoles publiques.

Voilà qui met un terme à une culture du silence vieille de plusieurs décennies. Par ici, on n'aime guère se souvenir de ces nuits d'attentats et d'explosions dans les églises, du bruit des fusils que l'on armait dans les ténèbres alors que des citoyens patrouillaient dans les rues et autour des lieux de culte dans l'espoir d'enrayer les violences. On n'aime pas se souvenir de la peur et de la méfiance - entre Noirs et Blancs, mais pas seulement.

"Les gens n'en parlent pas, c'est simple, reconnaît Jacquelyn Martin, une militante noire des droits civiques. Ils ne comprennent pas que la guérison commence en partie par la parole."

En faire une matière étudiée dans les écoles constitue "un changement très marquant", assure Chauncey Spears, spécialiste des programmes scolaires. "Car comment avoir un programme d'enseignement solide lorsque même les élèves brillants ont une connaissance aussi limitée de leur propre histoire ?"

L'enseignement des droits civiques s'imposera à tous les élèves du Mississippi, de la maternelle à la terminale. Dans les petites classes, les écoliers liront des livres comme I Love my Hair ! afin que soient abordés des concepts de différence comme la couleur de peau ou la texture des cheveux. Les plus âgés plongeront plus avant dans l'œuvre de ces citoyens ordinaires qui façonnèrent le mouvement des droits civiques et dans les effets de cette lutte dans tout le pays.

Mais comment explorer ce territoire dans un Etat où cette partie de l'histoire est encore toute fraîche ?

Dès que la question a surgi, le corps enseignant s'est naturellement tourné vers la classe de Vickie Malone, au lycée de McComb. Il y a trois ans, quand elle a commencé à enseigner le programme "Local Cultures", alors facultatif, à ses terminales, elle n'avait aucune idée de ce qu'allait devenir ce cours. Elle voulait simplement que ses élèves entendent toutes les voix de l'histoire, tant les noires que les blanches, dans un climat de compréhension.

Son cours ressemble plus à un séminaire universitaire qu'à un cours de lycée. Les élèves se retrouvent autour d'une table pour discuter de questions que même leurs parents et grands-parents (qui pour certains participèrent à la lutte pour les droits civiques dans un camp ou l'autre) auraient sans doute du mal à aborder.

Lors d'un cours le mois dernier, ils se sont penchés sur le thème des différents points de vue, et chacun devait écrire un poème selon deux angles afin de regarder les choses à travers les yeux d'un autre.

Susan Glisson, qui dirige l'institut William Winter pour la réconciliation raciale de l'université du Mississippi, consacre beaucoup de temps à réfléchir à ce sujet et à analyser les actions de l'Etat du Mississippi et ses résultats. Les zones de progrès voisinent encore avec de lourds obstacles [notamment celui des inégalités sociales qui touchent les Afro-Américains].

"Il y a comme un canal qui conduit directement les gamins de l'école à la prison, estime-t-elle. Ajoutez à cela la crise économique, le terrorisme, la peur des guerres à l'étranger, le premier président afro-américain, et vous avez une situation potentiellement explosive. Cela nous impose à tous d'être plus vigilants que jamais."

Selon le Southern Poverty Law Center, les groupes haineux et l'extrémisme sont en progression de 50% aux Etats-Unis depuis 2000. Dans le cadre du projet Klanwatch, cette association à but non lucratif surveille l'activité de 900 groupes de ce genre actifs actuellement, dont 22 au Mississippi, et près de 400 concentrés dans les autres anciens Etats sécessionnistes que sont le Texas, la Louisiane, l'Alabama, l'Arkansas, le Tennessee, la Géorgie, la Floride, la Virginie et les deux Caroline.

Tensions encore vives

Sur fond de pauvreté persistante dans cet Etat du sud des Etats-Unis, le nouveau programme ravive bien des blessures jamais refermées. D'autant qu'au niveau fédéral, des inégalités persistantes entre Blancs et Afro-Américains sont à nouveau constatées.

Ainsi, malgré la politique de discrimination positive menée par les Etats-Unis depuis trente ans dans l'éducation et l'emploi en vue de gommer les inégalités raciales, le nombre de jeunes Noirs obtenant de bons résultas aux examens avait reculé en 2000 par rapport à 1990. Les tensions restent vives. A McComb, la ville pilote du programme d'enseignement de l'histoire des droits civiques, un éditorialiste local craignait ouvertement que le nouveau programme ne distille un message où "les Blancs seraient présentés comme des méchants et les

 Noirs des gentils"...

Courrier International, le 16 novembre 2009

10 novembre 2009

Colloque : Les désintégrations scolaires

Colloque

Les désintégrations scolaires

 

Dans le cadre des 20 ans de la Convention des Droits de l’Enfant

Une organisation de la Ligue des Droits de l’Enfant et de la Plateforme pour l’intégration scolaire, avec le soutien du Délégué Général aux Droits de l’Enfant

Le samedi 28 novembre 2009

Aux facultés universitaires Saint-Louis

Rue du Marais 109

1000 Bruxelles

L’Ecole en Communauté française est la plus discriminatoire de l’OCDE. Elle détruit chaque année l’avenir de 100 000 jeunes (60 000 redoublements, 17 000 orientations précoces, 20 000 abandons, … ) ! A cela, il faut ajouter des enfants qui subissent l’exclusion scolaire. Ils sont, de ce fait, dés-intégrés de l’Ecole. Pourtant, la Convention des Droits de l’Enfant est claire : l’éducation est un droit et doit se faire sur la base de l’égalité des chances.

Des milliers d’enfants ne sont pas scolarisés suite à une dés-intégration ! Les raisons qui amènent à une dés-intégration des jeunes sont diverses : phobies scolaires (celles-ci sont en augmentation), troubles comportementaux ; jeunes prostitué-e-s ; précarité ; conflits scolaires ; …

Mais il est possible de mettre des choses en place. Dans des écoles un travail d’accueil, d’écoute et d’encadrement se met en place. De même, des structures existent qui parviennent à réintégrer des jeunes qui avaient été désintégrés par le système scolaire et peuvent venir en aide aux écoles.

L’Ecole actuelle est un lieu de devoirs. L’Ecole du 21e siècle devra être un lieu de Droits. Ce colloque espère pouvoir apporter une toute petite pierre à cette édification.

Le matin

Etat des lieux

Vue d’ensemble en communauté française

Les enfants scolarisables non scolarisés

Les enfants exclus qui ne trouvent plus d’école

Les déscolarisations. Pourquoi ?

Les phobies scolaires

Les troubles neurologiques

La précarité

La violence scolaire

Débat

L’après-midi

«Et le droit dans tout cela»

Pistes de solutions

Des pistes de solutions existent

Présentation - débat

Délégué Général aux Droits de l’Enfant

Conclusion – regard extérieur

Mot de la fin

14:50 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08 novembre 2009

Voile : Faisons confiance aux enseignants

 

Voile

Faisons confiance aux enseignants

Par Guy Haarscher,

Le Soir, le 06 novembre 2009

Carte blanche Guy Haarscher Professeur à l’ULB et au

Collège d’Europe (Et les mots bleus sont de Rachid Z)

Dans le débat sur le voile à l’école, il existe des protagonistes raisonnables. Ceux-ci défendent des thèses souvent très opposées, mais quoi de plus normal en démocratie ? On les distinguera soigneusement des racistes, qui détestent les musulmans, ainsi que des intégristes, qui n’utilisent le voile que pour affaiblir les institutions démocratiques. Les racistes et les intégristes sont en défaveur ou en faveur du voile pour de détestables raisons. (Mais à qui fait-il allusion, quels sont ces ennemis de la démocratie ? Comment les distingue-t-il ? Sans aucun doute, Guy Haarscher ne se classe dans aucune de ces catégories, il s‘exprime en garant de la démocratie !

)

Je veux débattre ici avec des interlocuteurs que je respecte

. Ce qui nous distingue des racistes et des intégristes, c’est que nous partageons un certain nombre d’idéaux en ce qui concerne les missions de l’école

. (Quelle est cette mission ? Civiliser les races inférieures, comme le déclarait Jules Ferry ?) Nous affirmons que les cours de science doivent pouvoir être donnés sans la moindre interférence d’origine religieuse (Qui dit le contraire ?) ; nous voulons que l’on enseigne à nos enfants le strict respect de l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre hétérosexuels et homosexuels ; nous affirmons que l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, et en particulier la Shoah, doit être expliquée sans pressions ni intimidations, parce qu’elle forme le socle de nos démocraties («plus jamais ça») (Pourquoi se limiter à cet épisode de l’histoire, d’autres drames se perpétuent actuellement sous les yeux des élèves, ne faut-il pas en parler de ces barbaries guerrières, sans pression ni intimidation ?) ; et nous défendons la mixité, le droit des individus des deux sexes de se rencontrer, de travailler ensemble et de s’aimer sans que les familles et la société fassent intrusion dans leur intimité et leurs choix les plus personnels.

(Cette liberté ne vous est pas contestée, que je sache, ce qui dérange, par contre, c’est de présenter la mixité comme un dogme, nous n‘allons quand même pas forcer des jeunes filles à se baigner aux côtés de jeunes garçons juste pour satisfaire à votre idéal sociétal, ce qui apparaît, à mon sens, comme une forme d’intégrisme !)

Ce qui, en revanche, nous divise, c’est ceci : les uns pensent que l’on peut tenir ce cap – vital pour l’avenir de nos enfants – en acceptant le voile à l’école, d’autres considèrent que ce n’est pas possible. Je me range parmi ces derniers pour les raisons suivantes

.

En 1989, quand la querelle du voile a commencé en France, le Conseil d’Etat a considéré que le port du foulard à l’école publique n’était pas en tant que tel contraire à la laïcité. Il était nécessaire que des éléments supplémentaires soient présents (pressions, prosélytisme, refus de suivre certains cours, etc.) pour que les autorités scolaires puissent prendre une mesure d’interdiction. En Belgique, les directions scolaires ont été laissées libres d’autoriser ou d’interdire, en fonction de leurs projets pédagogiques respectifs.

(S’il est vrai que dans certains établissements scolaires, la décision de restreindre arbitrairement les droits fondamentaux des enfants et des parents est laissée à l‘appréciation du chef d‘établissement, la plupart du temps, ce sont les Pouvoirs Organisateurs qui imposent, en parfaite violation du droit public, à travers d’incivils R.O.I. l’interdiction de manifester les opinions religieuses ou idéologiques dans les écoles !)

Une quinzaine d’années plus tard, les enseignants français ont dans leur majorité considéré la situation comme intenable. Le phénomène moderne du foulard

charrie son lot de violences, de pressions et de dégradation du statut de la femme. Certes, chaque jeune fille peut le porter pour des raisons qui lui sont propres, mais le phénomène d’imposition et de pression de conformité est devenu massif. Les directions d’écoles se sont trouvées devant la tâche impossible consistant à devoir trancher entre le

«bon» foulard (les bonnes élèves voilées) et le «mauvais» (la colonisation de l’espace public par des intégristes plus ou moins déguisés). Ces décisions au cas par cas sont ingérables et intrusives. La loi d’interdiction de 2004 fut votée dans un tel contexte.

En Belgique, les directions avaient le choix, mais aujourd’hui,

95% des écoles interdisent le voile, notamment parce que celles qui avaient de bonne foi tenté l’expérience inverse ont, comme en France, été confrontées à des phénomènes d’intégrisme patents. Il faut respecter les enseignants, responsables de nos enfants et souvent si maltraités. (

Pourtant, selon les professionnels de l’Enseignement qui se réfèrent aux droits de l’Enfant, on parle, avant tout, nettement plus d’abus, de violence infligée à l’intégrité morale des enfants par l‘Institution scolaire!) Le Conseil d’enseignement de la Communauté flamande a récemment pris une mesure d’interdiction générale. Je dis simplement à mes interlocuteurs, qui voudraient faire adopter par la Communauté française une législation inspirée de l’ancien avis du Conseil d’Etat français, que l’histoire a montré le caractère ingérable de cette solution.

Dans une

Carte blanche récente du Soir, Fabienne Brion et Philippe Van Parijs prennent une position opposée à la mienne. Mais ils ne respectent pas la distinction que je fais entre interlocuteurs raisonnables et extrémistes. Ils n’hésitent pas à invoquer une prétendue corrélation entre l’opposition au port du voile et la propension aux attitudes racistes. Je trouve cette affirmation insultante pour tous ceux qui, comme moi, tentent de conjuguer le combat antiraciste avec la lutte contre l’intégrisme. (

Pour ce faire, vous devriez, monsieur Guy Haarscher prendre conscience de vos propres sentiments intégristes (donc racistes) et associer également à votre lutte contre le racisme celle contre le phénomène malsain de colonialisation des esprits !) Il ne me viendrait pas à l’esprit d’invoquer à leur propos la «corrélation» entre la défense du voile à l’école et la propension au fondamentalisme religieux.

«

Il nous faut, affirment les auteurs, aujourd’hui apprendre à vivre avec une pluralité nouvelle et irréversible.» Ils ajoutent un peu plus loin qu’il ne faudrait pas «s’accrocher fébrilement à un passé révolu»

J’ai beau retourner l’article de mes collègues dans tous les sens : je n’y trouve pas mention de ce que signifie le voile pour tant de femmes musulmanes : la violence, les pressions, la dégradation de leur statut

. Je pense à toutes ces femmes que la brutalité intégriste n’a plus laissées en paix depuis longtemps, et j’espère que notre société continuera à leur offrir un sanctuaire à l’abri du bruit et de la fureur du monde, pour leur permettre d’accéder à des acquis que nous serions bien téméraires de jeter aux orties au nom d’une «tolérance» et d’un «pluralisme» mal compris.

(En fait, monsieur Guy Haarscher, connaît mieux que ces femmes musulmanes ce qui est bon pour elles, il en est tellement con-vaincu, qu’il ne s’aperçoit même pas du caractère paternaliste, intégriste et subversif de ses propos. Il en oublie le principe constitutionnel, en vigueur en Belgique, garantissant la liberté de manifester des opinions religieuses ou autres aussi bien en public qu’en privé. Par ailleurs, l'institution scolaire qui a pour mission de transmettre des savoirs et former les citoyen(ne)s de demain, des citoyen(ne)s destiné(e)s à construire une société plus respectueuse de l’Autre, pourrait-elle parvenir à ses fins sans y inclure toutes les diversités existentes dans la société ?)

. Je pense tout au contraire qu’il serait déraisonnable de fragiliser nos acquis. (On se demande justement qui les fragilise ces acquis, en permettant aux tenants des établissements scolaires de persécuter, au nom de votre idéal, des élèves qui ne partagent pas vos présupposés idéologiques !) Ne soyons pas honteux de nos réalisations. Les régimes dans lesquels la religion intervient dans la sphère de l’Etat et de l’enseignement ont montré les effets délétères d’une telle confusion des rôles. (Donc, vous seriez pour la déjudaïsation de l’État colonialiste d’Israël ? Peut-on vraiment comparer ces régimes qui mettent en avant, contrairement au principe de neutralité de la Belgique, une religion d’État ? ) Il est probablement plus facile d’être musulman sunnite en Belgique que de l’être dans un pays chiite, et vice versa.

Les auteurs croient que l’on veut

«cacher… cette croyance que l’on ne saurait voir». Je ne voudrais pas réveiller les vieilles querelles entre laïques et catholiques – je suis moi-même tout sauf un «laïcard» dogmatique – mais je pense qu’il y a une place et un moment pour tout. La liberté religieuse et de culte est très bien respectée dans notre pays. Je voudrais que nous soyons assez fiers de nos acquis démocratiques pour les offrir à toutes et à tous sans ouvrir l’école à ce que la Cour suprême des Etats-Unis appelle les «most vocal and powerful orthodoxies», bref les orthodoxies les plus puissantes, et les activistes qui crient le plus fort.

 

 

 

 

 

20 octobre 2009

Italie : L’Eglise contre l’enseignement de l’islam à l'école

Italie

L’Eglise contre l’enseignement de l’islam à l'école

Par Ibrahima Koné,

Yabiladi  , 19 octobre 2009

 

Une mesure proposé par le gouvernement italien n’est pas vue d’un bon œil par l’église de ce pays. Il s’agit de l'enseignement de l'islam à l'école. L’information a été relayée par l’Agence France Presse (AFP). Voilà un bel exemple d’intolérance à l’heure où tout le monde parle de dialogue de religions et des cultures.

 

Le vice-ministre italien au Développement économique, Adolfo Urso, a proposé d'introduire dans les écoles publiques et privées une heure d’enseignement de la religion musulmane, heure facultative et alternative à celle de la religion catholique. L’objectif recherché par l’exécutif est d’éviter de laisser les élèves musulmans «dans les ghettos des écoles islamiques intégristes». Mais avant même l’instauration de cette heure d’islam, les religieux ont exprimé leur opposition.

«L'heure (d'enseignement) de religion catholique se justifie par le fait qu'elle fait partie de notre histoire et de notre culture. La connaissance du fait religieux catholique est indispensable pour la compréhension de notre culture»

Les politiques sont aussi divisés sur la question. Elle a été accueillie favorablement à gauche, qualifiée notamment par Massimo d'Alema, ancien président du Conseil (1998-2000), de «proposition difficile à mettre en œuvre mais tout à fait raisonnable». Au sein de la droite, l’ancien ministre des Affaires étrangères (2004-2006) et actuel président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini a parlé de «bon sens élémentaire qui va dans l'intérêt national de la cohésion sociale». Du côté de la Ligue du Nord, dirigée par Umberto Bossi, le parti anti-immigrés, allié de Silvio Berlusconi, on a qualifié ce projet de «provocation».

Les étrangers inscrits dans les écoles italiennes représentaient 4,2% du total des effectifs fin 2007. 37% de ces élèves sont de confession musulmane, selon des chiffres du ministère italien de l'Education.

, a expliqué le président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Angelo Bagnasco, dans un entretien publié le dimanche par le quotidien Corriere della Sera. Selon lui, «il semble que l'heure de religion envisagée (par le gouvernement pour la religion musulmane) ne corresponde à cette motivation raisonnable et reconnue», a-t-il ajouté.

 

13:27 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 octobre 2009

Ecole du Saint Coran de Bruxelles

 

 

 

 

      

 

 

   

   

Ecole du Saint Coran de Bruxelles

 

Salam aleikom wrwb,


L’Ecole du Saint Coran de Bruxelles (

L’

 

 

Apprentissage du Saint Coran pour :

 

Enfants

: samedi et dimanche de 9h00 à 12h00 et de 12h30 à 15h30
ESCB

 organise des cours de :

Adultes

Femmes

 

Inscription

:

 

Condition d’admission

:

Motivation

Frais

:

frais d’inscription et assurances 10

cotisation trimestrielle : 45 

Accès :

Metro : Etangs noirs

Bus : 89 

Pour plus d’info :

Site :

www.escb.be

Email :

 

info@escb.be

Jeudi

: de 16h30 à 18h00

samedi

& dimanche : de 9h30 à 15h30

: samedi et dimanche de 9h00 à 14h00: lundi et mardi de 9h30 à 13h30, le vendredi de 16h30 à 20h30 et le samedi de 15h30 à 19h30

 

Apprentissage de langue arabe :

Enfants

: samedi et dimanche de 9h00 à 12h00 et de 12h30 à 15h30

Adultes

: samedi et dimanche de 16h00 à 19h00

Femmes

: dimanche de 15h30 à 19h30

ESCB

) est une école spécialisée dans l’apprentissage et les sciences du Saint Coran, située à 28 rue Edmond de Grimberghe 1080 Bruxelles

Tel : +32 484 659 667

22:20 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

26 septembre 2009

Manif anti foulard

Manif anti foulard

Heureusement que le ridicule ne tue pas

Par

Khalil Zeguendi  , le 26 septembre 2009

Annoncée via un grand tapage médiatique par NPNS et le RAPPEL de Nadia Geerts, la manif anti foulard qui a eu lieu ce matin devant le siège du ministère de l'Enseigenement de la Communauté française, Place Surlet de Choquier près de Madou, a rassemblé à peine une soixantaine de personnes.

Le renfort du CCLJ et des organisations sionistes soutenant l'initiative n'a pas permis de faire sortir ce rassemblement de son caractère numériquement ridicule.

De ce que j'ai pu constater sur place, aucun politique de premier ou de second plan ne s'est joint à cette manifestation qui ressemblait davantage à une réunion entre "amis".

Aucun slogan n'a été entendu et les quelques dizaines de personnes ayant fait le déplacement se demandaient sûrement ce qu'elles étaient venues faire un samedi matin devant des bureaux vides du ministère.

La STIB n'a même pas cru utile de dévier ses lignes de bus 65, 66, 63 et 29 empruntant la place Surlet et aucun retard n'était enregistré chez les conducteurs de ces lignes qui, comme les passagers de ces véhicules, jetaient au passage un regard curieux sur ce groupe de badauds ridicules.

Un mot d'ordre mystérieux émanant d'un groupe non identifié avait appelé la veille à une contre manifestation d'opposants au rassemblement de NPNS. Mais l'appel d'ÉGALITÉ et d'autres associations appelant à s'abstenir de contre manifester pour ne pas donner de la publicité au rassembelement de NPNS a été entendu et nul contre manifestant n'a fait acte de présence ce matin.

Mobiliser les télévisions et les journalistes pour un rassemblement ridicule de cette taille, il n y a que Nadia Geerts qui soit capable d'une telle connerie.

 

 

11 septembre 2009

"Un décret doit interdire le voile"

"Un décret doit interdire le voile"

Metro, le 11 septembre 2009

Les Femmes prévoyantes socialistes ont demandé hier que les autorités politiques prennent au plus vite "un décret interdisant le port de tout signe religieux dans l'enseignement obligatoire".

La question du port du voile à l'école est revenue à l'avant-plan à la faveur de la rentrée scolaire, que ce soit à l'Athénée d'Anvers ou dans une école communale de Dison. Citant la directrice de l'école d'Anvers, les Femmes prévoyantes socialistes estiment que "le voile n'est plus un symbole religieux, c'est devenu un symbole politique". 

12:09 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

09 septembre 2009

Elèves voilées à Dison

Elèves voilées à Dison

la justice leur donne raison

 

Le Soir , le 09 septembre 2009

Le tribunal de première instance de Verviers vient de casser un nouveau règlement communal et d'ordre intérieur des écoles de Dison. Les élèves voilées de confession musulmane peuvent donc fréquenter ces établissements scolaires. Mais malgré ce jugement, 3 fillettes se sont vues interdire l'entrée dans leur école ce matin.

Le tribunal de première instance de Verviers a autorisé hier mardi, dans un jugement, la fréquentation des établissements scolaires de Dison nonobstant le port du voile, contrairement à ce que prévoit le règlement d'ordre intérieur de ces écoles ... et le nouveau règlement communal en vigueur depuis le 1er septembre. Il interdit aux élèves de porter un couvre-chef, peu importe lequel. "Un règlement lorsqu’il est voté par une assemblée élue démocratiquement, il s’impose à tout le monde. Il n’y a pas d’exception, sinon on est dans l’arbitraire. Ce qui n’est pas la règle à Dison", soulignait hier Yvan Ylieff, bourgmestre de Dison (PS).

Mardi, nous vous révélions que le collège communal de Dison avait lancé lundi une procédure de renvoi définitif à l'encontre des trois fillettes. Malgré ce jugement, les trois enfants de confession musulmane et portant le voile, déjà visées par cette procédure de renvoi définitif, se sont vus interdire ce mercredi matin l'entrée dans les deux établissements disonais où elles sont inscrites. Cela a été constaté par un huissier de justice et l'affaire n'en restera donc pas là ...

17:07 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 septembre 2009

Manifestation contre l'interdiction du voile à Anvers

Manifestation contre l'interdiction du voile à Anvers

Géén Discriminatie

 

 

Belga, le premier septembre 2009

La rentrée scolaire ne sera pas passée inaperçue mardi à l'athénée royal d'Anvers. Une soixantaine de personnes ont protesté contre l'interdiction du voile qui est d'application dès à présent

. La manifestation était organisée par la plate-forme d'action Baas Over Eigen Hoofd! (BOEH! ), composée de différents groupes féministes luttant ensemble contre la discrimination des femmes.

 

"Nous fustigeons cette discrimination"

"Cette interdiction est en conflit avec la liberté de religion et viole le droit à l'enseignement pour ce groupe spécifique", explique Samira Azabar de BOEH! "Nous fustigeons cette double discrimination et appelons au rassemblement mardi afin de mettre en lumière le non-sens de cette interdiction", a-t-elle poursuivi.

 

Une soixantaine de personnes, élèves, parents, soeurs et anciens élèves de l'école, ont donné suite à cet appel. Les manifestants se sont rassemblés devant l'école et ont protesté dans le calme contre cette interdiction.

 

Selon la plate-forme d'action, tous les jeunes doivent jouir d'un droit égal à l'enseignement. Il ne faut donc pas qu'ils soient contraints de devoir choisir une école en fonction de la possibilité de porter leur voile.

 

12 élèves désinscrites

"Le choix n'en sera que plus limité si de plus en plus d'écoles interdisent le voile. Ce qui ne profitera pas au développement et à la qualité de la formation des jeunes. Or, l'enseignement est la meilleure garantie d'émancipation, selon nous", indique la plate-forme.

 

Jusqu'à présent, douze élèves se sont déjà désinscrites à la suite de l'interdiction du port du voile à l'athénée d'Anvers, selon la directrice Karin Heremans.

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Photo De Morgen

 

12:43 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |