11 octobre 2011

ADOLESCENCES EN EXIL

ADOLESCENCES EN EXIL

Quel est le vécu des adolescents bruxellois en situation d’exil ? Quelles logiques animent leur rapport au monde, à l’école, à l’espace public ? Bruxelles serait-elle aux prises avec une dynamique globale d’ethnicisation des rapports sociaux, de fragmentation et de polarisation sociale ?

Quels enseignements tirer pour nos pratiques professionnelles et nos politiques publiques de l’écoute approfondie de ces jeunes ?

En lien avec leurs actions respectives, la LBFSM, CGé et le Méridien organisent une rencontre avec des travailleurs de terrain (intervenants sociaux, enseignants, professionnels du secteur de l’adolescence,…) pour présenter l’éclairant ouvrage réalisé par Pascale Jamoulle et Jacinthe Mazzocchetti, anthropologues au SSM Le Méridien et au LAAP/UCL.

Elles ont mené une enquête de terrain auprès d’adolescents bruxellois issus des anciennes et des nouvelles migrations. Cette démarche d’anthropologie impliquée a été soutenue par la CoCoF et Innoviris.

Cette enquête porte sur le vécu d’adolescents qui vivent dans des quartiers marqués par la précarisation, du nord-ouest de Bruxelles. Elle éclaire les dynamiques qui traversent leurs lieux de socialisation (familles, quartiers, écoles…), leurs relations aux institutions, leurs lieux d’exil ici et là-bas, "l’ethnicisation" de leurs regroupements et de leurs écoles et, enfin, les violences de l’Etat qu’ils relatent (c’est-à-dire, les processus étatiques qui renforcent les mécanismes d’exclusion).

Beaucoup se sentent doublement étrangers. Ils éprouvent un sentiment d’«étrangéité» propre à l’adolescence, et, parallèlement, ils sont désignés comme des étrangers, renvoyés à leur absence de statut socio-administratif ou à leurs phénotypes. Nous les avons rencontrés grâce à une observation participante de trois années, dans des quartiers populaires et des écoles à forte densité immigrée. Si la capitale de l’Europe est cosmopolite, elle vit aussi d’importants conflits communautaires et se polarise sur les plans social et «ethnique». Des adolescents sont toujours davantage confinés dans des quartiers relégués et des écoles dites «de seconde zone», qui deviennent mono-culturels. Avec ces jeunes, nous avons développé une démarche réflexive, en ouvrant des espaces individuels et collectifs d’expression sur eux-mêmes et leur expérience de la ville (récits de vie, entretiens collectifs dans les groupes classes…).

Leurs analyses conjuguées nous livrent des enseignements concrets pour les pratiques et politiques publiques.

Le Méridien asbl, avec le soutien de la CoCoF, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, du LAAP-UCL et Innoviris

Jeudi 10 novembre 2011 de 13H30 à 18H

Programme :

13h30 : Accueil café à la FARES (56 rue de la Concorde à 1050 Bruxelles)

13h45 : Introduction de la recherche par Charles Burquel (SSM Le Méridien)

Présentation de la démarche collective par Sophie Tortolano (LBFSM)

14h00 : Adolescences en Exil : Pascale Jamoulle, (SSM Le Méridien) et Jacinthe Mazzocchetti (LAAP/UCL). A propos de ces ados qui nous occupent… ces ados en exil, Barbara Santana (SSM Le Méridien et Ulysse)

15h00 : Quels impacts sur les pratiques professionnelles et les politiques publiques ?

Joëlle Conrotte, Psychanalyste, Groupe adolescence du SSM Le Méridien

Annick Delférière, Psychologue, Coordinatrice Adolescence à la LBFSM, responsable du projet S’Acc’Ados (DAJA/SSM Chapelle-aux-Champs)

Sandrine Grosjean, Chargées d’étude CGé

Isabel Ramallo, Pédopsychiatre, Groupe adolescence SSM Le Méridien

15h30 : Débat avec la salle

16h00 : Présentation des groupes de travail par Stéphanie Martens (Coordinatrice Adolescence à la LBFSM)

16h30 Drink à la LBFSM (53-55 rue du Président à 1050 Bruxelles situé derrière la FARES)

18 juillet 2011

100 años de regulares - Forces régulières indigènes

100 años de regulares - Forces régulières indigènes

Un article de Wikipédia

Les Forces régulières indigènes (Fuerzas Regulares Indigenas en espagnol), couramment appelées les Regulares, étaient l'ensemble des troupes d'infanterie et de cavalerie de l'armée espagnole recrutées au Maroc espagnol. Elle étaient composées de volontaires marocains encadrés par des officiers espagnols.

Créées en 1911, elles jouèrent un rôle de premier plan lors de la guerre du Rif, contre les populations marocaines soulevées contre l'occupation espagnole et française, mais aussi dans la péninsule Ibérique durant la guerre d'Espagne, où elles furent souvent considérées comme les troupes d'élite des forces nationalistes rebelles au gouvernement de la Seconde République espagnole. Réorganisées et réformées, elles sont encore actives sur le terrain, comme au Kosovo ou en Afghanistan.

Histoire - Origines (1911-1936)

La création des regulares est due en grande partie à la protestation de la population civile espagnole relayée par la presse contre la participation des soldats espagnols de l'armée régulière aux combats et au maintien de l'ordre dans la zone du Protectorat marocain.

Il existait déjà alors diverses unités indigènes, comme la «Compagnie des Maures Mogataces d'Oran» (Compañía de Moros Mogataces de Orán), la «Milice volontaire de Ceuta» (Milicia Voluntaria de Ceuta ) ou les «Tirailleurs du Rif» (Tiradores del Rif). Les missions de ces forces étaient principalement à l'avant-garde et le combat sur tous les terrains, les embuscades et les combats en haute montagne. Peu de temps avant la création des regulares, ces unités furent rassemblées sous le nom de «Forces régulières indigènes de Melilla» (Fuerzas Regulares Indígenas de Melilla), avec pour chef le lieutenant-colonel de cavalerie Dámaso Berenguer Fusté. C'est en 1911 que furent définitivement créées les «Forces régulières indigènes» (Fuerzas Regulares Indígenas).

En 1914, les forces des regulares furent accrues et divisées en quatre «Groupe des forces régulières indigènes» (généralement abrégé en G.F.R.). Chacun d'eux était formé par deux tabors d'infanterie de trois compagnies et d'un tabor de cavalerie de trois escadrons. En 1921, après le désastre d'Anoual, leur fut adjointe une cinquième unité, le «Groupe des forces régulières indigènes d'Alhucemas». Les regulares furent alors le fer de lance de l'armée espagnole durant les opérations de la guerre du Rif : ils s'illustrèrent particulièrement lors de la campagne du Desquite et du débarquement d'Alhucemas (1925).

Ils se firent également remarquer lors de la révolution de 1934, où ils furent employés par le gouvernement républicain afin de réprimer les soulèvements anarchistes, en particulier dans les Asturies...

15:43 Écrit par Rachid Z dans Enseignements, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

René Vautier : Au nom de la civilisation

René Vautier

… En 1950, il réalise son premier film, Afrique 50, qui était une simple commande de la Ligue de l'enseignement destinée à mettre en valeur la mission éducative de la France dans ses colonies. Sur place, il décide de témoigner d'une réalité non commandée, le film sera interdit pendant plus de quarante ans. Ce sera le premier film anticolonialiste français, chef-d’œuvre du cinéma engagé, qui lui vaudra 13 inculpations et une condamnation de prison, son co-inculpé est Félix Houphouët-Boigny. Il s'agit une condamnation en violation du décret Pierre Laval (Ministre des colonies) de 1934 et Vautier est mis en prison militaire à Saint-Maixent, puis à Niederlahnstein en zone française d’occupation en Allemagne. Il sort en juin 1952.

Afrique 50 reçoit la médaille d’or au festival de Varsovie. Engagé en Afrique sur divers tournages, il rejoint le maquis des indépendantistes du FLN. Directeur du Centre Audiovisuel d’Alger (de 1962 à 1965), il y est aussi secrétaire général des Cinémas Populaires.

De retour en France, il fonde en 1970 l'Unité de Production Cinématographique Bretagne (UPCB) dans la perspective de «filmer au pays». En janvier 1973, il commence une grève de la faim, exigeant «[…] la suppression de la possibilité, pour la commission de censure cinématographique, de censurer des films sans fournir de raisons ; et l’interdiction, pour cette commission, de demander coupes ou refus de visa pour des critères politiques». René Vautier aura raison de la commission. Il sera soutenu par Claude Sautet, Alain Resnais et Robert Enrico. Au terme de cette grève, la loi sera modifiée. En 1974 il reçoit un hommage spécial du jury du Film antiraciste pour l’ensemble de son œuvre. Il fonde en 1984 une société de production indépendante: «Images sans chaînes».

Il s'est toujours efforcé de mettre «l'image et le son à disposition de ceux à qui les pouvoirs établis les refusent», pour montrer «ce que sont les gens et ce qu'ils souhaitent». Comme Jean-Luc Godard, René Vautier est un des très rares cinéastes à développer une théorie en acte de l’image.

Il a reçu en 1998 le Grand Prix de la Société Civile des Auteurs Multimédias pour l’ensemble de son œuvre …

Camera citoyenne

Au nom de la civilisation

12:08 Écrit par Rachid Z dans Enseignements, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17 juillet 2011

L'écriture de l'histoire de France : Le pouvoir des lobbys sionistes

L'écriture de l'histoire de France : Le pouvoir des lobbys sionistes

Par Chems Eddine Chitour, le 16 juillet 2011

«Cela fait longtemps qu'il existe un consensus chez les historiens sérieux, israéliens compris, pour dire que les expulsions ont bien eu lieu. Il y a aussi eu des départs volontaires, mais comme c'est le cas à chaque conflit. Les populations veulent éviter les combats, comme en France en 1940. Les Palestiniens ne sont pas gentiment partis de chez eux.» Henri Laurens Professeur au Collège de France

Une information anodine mais lourde de signification pour l'histoire de France, a paru sans aucun commentaire, ni des bien- pensants ni des politiques. Il s'agit, ni plus ni moins, d'une revisitation insidieuse et déterminée de l'enseignement de l'histoire dans les lycées et collèges de France et de Navarre. Pour rappel, ce même pouvoir politique avait cru bon, à l'époque, de légiférer concernant la nécessité d'inscrire dans le marbre le rôle positif de la colonisation en Algérie. Il y eut un tollé des historiens! Changement de décor six ans après, des organisations communautaristes s'ingèrent dans un travail dé pédagogie pour dénaturer les faits. Silence radio de tout le monde. Ainsi, on apprend que «des passages de nouveaux manuels d'histoire contemporaine à destination des classes de première générale, contestés par des associations juives, vont être «modifiés» à l'occasion de l'impression des versions définitives, a indiqué l'éditeur Hachette Education. Ces passages étaient relatifs au «partage de la Palestine».

Or, «après relecture, il est apparu que certains passages contestables devaient être modifiés. A l'occasion de l'impression, ils seront changés», a-t-on ajouté, sans préciser le détail des passages mis en cause ni la teneur des modifications. Le ministère de l'Education nationale n'avait pas réagi lundi en fin de journée. Contacté par l'AFP, le président du Crif, Richard Prasquier, a évoqué une «présentation du conflit israëlo-palestinien tout à fait scandaleuse». Il a, notamment dénoncé «une idéologisation», via par exemple l'emploi du mot «nakba» («catastrophe», selon l'appellation dans le Monde arabe de la création de l'Etat d'Israël en 1948 et de l'exode des Palestiniens qui s'en est suivi), quand le terme Israël «n'apparaissait pas». Il a par ailleurs, dénoncé «des erreurs factuelles», sans préciser lesquelles. Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (Bnvca) a reproché aux auteurs du manuel «d'interpréter les faits historiques, de tronquer la vérité, de prendre parti».

«A Hachette, Myriam Simonneaux, adjointe au directeur de la communication, cherche à désamorcer la polémique qui enfle depuis le 5 juillet: «L'éditeur et l'auteur l'ont examiné de près et ont décelé sur deux pages, des mots et des imprécisions qui peuvent prêter à interprétation». «Les modifications sont en train d'être effectuées en toute indépendance, il n'y a aucune raison de s'exprimer sur un processus en cours.»

La réalité après: la poursuite du nettoyage ethnique

C'est peu dire que tout ce qui concerne le conflit israélo-palestinien est surveillé de près par les institutions juives se réclamant du sionisme. (...) On notera qu'historiquement, le nom d'Israël n'était pas mentionné dans les documents de l'ONU concernant la préparation d'une partition entre ce qui était alors appelé «Etat juif» et «Etat arabe». Ainsi, de ceux composant la double page controversée. Et les expulsions de populations palestiniennes furent bel et bien une réalité historique. L'association Europe-Israël nie ces deux réalités, mais elle va beaucoup plus loin dans son interprétation de l'histoire. Elle reproche aux auteurs de l'ouvrage «une négation de l'histoire du peuple juif sur cette terre depuis plus de 3000 ans» et met sur un pied d'égalité Palestiniens arabes et juifs (ceux-là représentaient à peine 17% de la population palestinienne en 1931). (...) On se rappellera que les mêmes se vantèrent d'avoir fait interdire récemment une conférence de Stéphane Hessel à l'Ecole normale supérieure de Paris.

Sur justement, les expulsions, un consensus existe chez les historiens. L'historien Henry Laurens, titulaire de la chaire «Histoire contemporaine du monde arabe» au Collège de France et qui a rédigé de nombreux ouvrages sur la question de la Palestine, regrette que l'éditeur soit influencé par les critiques qui ont été formulées par le président d'Europe-Israël, connu pour sa lecture extrêmement partiale de l'histoire du conflit israélo-palestinien.

Le discours lucide d'Yitzak Lahor, un écrivain israélien du camp de la Paix rapporté par François Xavier, est plus éloquent que cent discours: «Pour fêter dignement les 60 ans de cet Etat voyou, remettons un peu les pendules à l´heure (...)... Il y a donc 60 ans que la Nakba eut lieu. Depuis lors, la plus folle entreprise de colonisation du XXe siècle est menée tambour battant avec force mensonges et communications biaisées. L´une d´elles étant ce que le président français osa dire le 13 février 2008: en effet, le contenu central de cette intervention a été éclipsé par sa bêtise du jour, le fait d´associer chaque enfant de CM2 à la mémoire d´un enfant français victime des nazis».

Il est évident, pour Yitzhak Laor, qu´Israël manipule l´opinion et instrumentalise les plaintes des Juifs contre l´antisémitisme, particulièrement en France, alors que la télévision nous inonde d´images terribles des territoires occupés; cela afin de doubler le passé. L´Histoire est détournée par celui qui en fait le récit dans le présent, créant des distorsions et des amalgames dangereux. Laor est tout aussi dépité de constater que la Shoah est utilisée à des fins politiques, et par ceux-là mêmes (les Alliés de la guerre 1939-1945) qui l´avaient reléguée au second plan de leurs préoccupations)...

L´oubli est la pire des tombes, et les millions de morts côté soviétique sont gommés des tablettes puisque la mémoire du nazisme s´est transformée en mémoire du génocide et la mémoire du génocide en mémoire d´Auschwitz».

De même, l'étude de Benny Morris, l'un de ceux que l'on nomme les «nouveaux historiens» israéliens, est aussi révélatrice. L'auteur rappelle que les Palestiniens n'ont pas choisi l'exil pour la plupart d'entre eux, mais qu'ils furent chassés par les troupes juives. Pour les 369 villes et villages arabes de l'Etat israélien et des zones qui passeront sous contrôle israélien avant la fin du conflit, il établit les causes du départ des habitants. 228 villes et villages ont été désertés sous les attaques juives, 41 donnant lieu à une expulsion manu militari. 90 villages se sont vidés de leur population, affolée par les témoignages de massacres, notamment celui de Deir Yassine. Pour 45 cas, Benny Morris avoue ignorer les causes du départ. Dans seulement 6 cas, le départ s'est fait à l'appel des autorités locales arabes.

En fait, entre 800.000 et 900.000 Palestiniens sont devenus réfugiés par la politique d'expulsion israélienne. Cette tragédie humanitaire, la Nakba, est toujours ignorée par Israël. Au total, 5 vagues successives marquent l'exode. (...) Le plan Dalet mis en action lors de la contre-offensive juive crée une deuxième vague de l'exode qui s'étale d'avril à juin 1948, marqué en avril 1948 par le massacre de 250 habitants du village de Deir Yassine par les miliciens de l'Irgoun et du Lehi.

Un rapport rédigé par les services de renseignements de l'armée israélienne et daté du 30 juin 1948 estime à près de 400.000 les habitants palestiniens qui ont quitté le territoire à ce jour et affirme que près des trois quarts des départs ont été directement provoqués par les Israéliens. De juillet à août a lieu la troisième vague de l'exode. Les bombardements sur Lydda (Lod) et Ramallah sont accompagnés d'un massacre de 250 civils. Itzhak Rabin et Ben Gourion organisent l'expulsion vers l'est par camion et bus des habitants, expulsion suivie d'un pillage incontrôlé de la ville. En août, de nouvelles opérations, parfois explicitement nommées «purification», se produisent dans des villages au nord de Tel-Aviv, avec de nombreuses liquidations de civils. La quatrième vague commence dans le Néguev, qu'Israël entend occuper au plus vite. Des groupes de villageois de Beer Sheva, notamment, sont expulsés vers la bande de Ghaza. Leur nombre dans cette région monte à 230.000. Enfin, de novembre 1948 à juillet 1949, de nouvelles expulsions ont lieu».

«Des attaques au nord ont pour but de raser tous les villages arabes sur une bande de 5 à 15 kilomètres de la frontière du Liban. D'autres expulsions chassent les Arabes revenus «illégalement». Les massacres et atrocités des armées israéliennes ne se limitent pas à Deir Yassine comme c'est l'opinion couramment admise en Israël aujourd'hui. (...) Des voix s'élèvent cependant, comme celle du ministre de l'Agriculture, Aharon Zisling, qui reproche à Ben Gourion d'avoir ignoré le problème. «Maintenant les Juifs aussi se conduisent comme des nazis et mon être entier en est ébranlé», déclare-t-il le 17 novembre 1948. Les nouveaux historiens affirment, aujourd'hui, que toute cette politique d'expulsion a été voulue et organisée par Ben Gourion, souhaitant notamment une Galilée «propre et vide» d'Arabes. Ils expriment le fait que le problème des réfugiés n'est pas une conséquence normale de la guerre, mais l'expression d'une politique délibérée. Les notes de Ben Gourion confirment cette version: «A chaque étape, écrit-il, un souffle décisif doit frapper, provoquant la destruction des maisons et l'expulsion de la population». Aujourd'hui, il est considéré comme l'un des héros fondateurs de l'Etat.

La résolution 181 des Nations unies décide sa partition en deux États: l'un doit être presque exclusivement peuplé d'Arabes; dans l'autre, les Juifs seraient légèrement majoritaires. Un an plus tard, c'est un État à très forte majorité juive, Israël, qui occupe 78% de la Palestine. Plus de 500 villages ont été rasés, de nombreuses villes ont presque entièrement perdu leur population arabe. Et 800.000 Arabes palestiniens originaires des territoires qui font, désormais, partie d'Israël peuplent des camps de réfugiés hors de ses frontières.

Ilan Pappe explicite ce nettoyage ethnique. A l'aide de documents d'archives, de journaux personnels, de témoignages directs, il reconstitue en détail ce qui s'est vraiment passé à la fin de 1947 et en 1948, ville par ville, village par village. Apparaît, alors, une entreprise délibérée, systématique, d'expulsion et de destruction: un «nettoyage ethnique» de la Palestine. En quelques mois, forts de leur supériorité militaire, de leur accord secret avec le roi de Jordanie, de la passivité complice des soldats britanniques et de l'impéritie de l'ONU, les dirigeants du mouvement sioniste ont organisé le «transfert», par la violence et l'intimidation, d'une population arabe plutôt pacifique, sans défense, abandonnée de tous.

Il se trouve, enfin et tout à l'honneur des Israéliens, certains députés ou intellectuels qui s'insurgent même en Israël contre cette politique d'effacement délibéré de mémoire; les invectives que nous allons lire dans l'article suivant nous montrent en creux le travail remarquable de la députée Hanin Zouabi, contre l'oubli. Nous lisons: «Après la décision du ministre de l'Education Guidon Saar d'introduire l'enseignement de la Shoah dans le programme de baccalauréat d'Histoire du secteur arabe, Hanin Zouabi demande au contrôleur de l'Etat, Micha Lindenstrauss, et à Guidon Saar de «modifier la manière d'enseigner la Shoah dans les écoles»! «Le problème n'est pas tant le fait d'enseigner la Shoah», précise Zouabi, que nous remercions de cette concession, «mais (tenez-vous bien) parce qu'Israël utilise la Shoah pour créer une identité juive fermée, menaçante et aveugle à son entourage arabe, ceci afin de légitimer une politique hostile envers les Arabes» !!! Zouabi accuse Israël «de déconnecter la Shoah de toutes les valeurs humanistes qui devraient être rattachées à cet enseignement, comme la lutte contre le racisme, la relation à l'Autre ou l'opposition à la politique de meurtre» !!! Autrement dit, tout ce dont elle accuse Israël du haut de la Knesset ou dans les forums internationaux: Israël est un Etat raciste et fasciste. Et elle enfonce le clou: «Au contraire, l'enseignement de la Shoah en Israël donne un vent favorable à des politiques dangereuses, il aggrave le racisme au sein de la société israélienne, favorise les partis de droite et les partisans de la violence, et entraîne un désintérêt total de l'Autre.» Et elle précise ce qu'elle entend par ce dernier aspect: l'interdiction d'enseigner la «Nakba» palestinienne dans les écoles juives, alors que l'on oblige maintenant les écoles arabes à enseigner la Shoah! (...) Zouabi demande donc avec un toupet sans pareil au ministre de l'Education «de modifier en profondeur l'enseignement de la Shoah en Israël et d'introduire celui de la «Nakba» dans les écoles juives».

Dominique Vidal s'interroge sur les prérogatives du ministère de l'Education nationale. Nous l'écoutons: «Responsable, en dernier ressort, du contenu des manuels scolaires destinés aux lycéens français, le ministère ne tombe-t-il pas dans le communautarisme, si souvent vilipendé par le président de la République et le Premier ministre, en acceptant de laisser un éditeur en réviser le contenu à la demande d'associations ou de groupes d'influence représentant (ou prétendant représenter) diverses «communautés»? La question se pose d'autant plus que la prise de position du CRIF rejoint la loi récemment votée par l'Assemblée nationale israélienne interdisant la commémoration, sous le nom de Nakba, de l'exode des Palestiniens durant la guerre judéo-palestinienne, puis israélo-arabe de 1947-1949... Ce qui pose une question supplémentaire: le CRIF a-t-il pour objectif de faire appliquer en France la législation israélienne, et la République française doit-elle se plier à cette exigence, notamment en matière d'éducation? (...) Même l'Israélien Benny Morris, qui a justifié en 2004 la politique du gouvernement Sharon, a réaffirmé, sur ce point, les résultats de ses vingt années de plongée dans les archives israéliennes. L'homme qui est allé jusqu'à défendre le «nettoyage ethnique» -«Un Etat Juif n'aurait pas pu être créé sans déraciner 700.000 Palestiniens. Par conséquent, il était nécessaire de les déraciner», avait-il déclaré dans une interview au quotidien Haaretz le 8 janvier 2004 - serait-il, aux yeux du CRIF, un «antisémite»?

On apprend dans la foulée de cette «affaire» qu’un commando de la Ligue de Défense Juive est allé dans les locaux des éditions Hachette pour leur intimer l’ordre de réécrire l’histoire de France en les menacant de représailles s’ils n’obtempéraient pas. Naturellement aucune réaction officielle et les «médias» regardent ailleurs.

Hichem Hamza écrit : «La scène est édifiante : un groupe de jeunes hommes munis de pancartes et d’un drapeau israélien investit le hall d’entrée des éditions Hachette. Le but ? «Dénoncer» ce qu’ils estiment être de la «désinformation et de l’antisionisme», en l’occurrence la photo issue d’un manuel scolaire de 4ème qui serait, selon eux, de nature à attiser «l’antisémitisme». (…) Il s’agit là d’une nouvelle action coup de poing de la Ligue de Défense Juive , une association extrémiste interdite aux Etats-Unis et même en Israël. Prénommé Yoni, l’homme s’affichant auprès d’une responsable d’Hachette comme un «représentant de la communauté juive» fait connaître les exigences de son groupe : «On demande au directeur s’il pourrait faire un effort pour éventuellement enlever cet exercice et le remplacer». Pour appuyer son propos, le militant prétend qu’il sera prochainement reçu «en personne» par le ministre de l’Education.

Jusqu'à quand les lobbys d'Israël dans les pays occidentaux continueront-ils à dicter la politique pluridimensionnelle de ces pays ? Est il normal en définitvie que le communautarisme soit à géométrie varialbe ? On permet à certains ce qu’on refuse à d’autres. La République qui doit être équidistante des communautés en les incitant au vivre ensemble, ne pas ne pas laisser faire. Ce type d’incident anodin au départ peut amener aux pires dérives. La nation dont parle Renan et qui est un « plébiscite de tous les jours » est mise à mal par ces attaques insidieuses qui risquent à terme de miner la cohésion sociale. La liberté, l’égalité et la fraternité deviendraient alors une vue de l’esprit.

06 avril 2011

Conférence-débat Les élèves primo-arrivants : Entre soif de réussite et désenchantement

Conférence-débat

Les élèves primo-arrivants : Entre soif de réussite et désenchantement

La Voix des Femmes a le plaisir de vous inviter à notre conférence sur les élèves primo-arrivants, la matinée du 29 avril, au Sleep Well (rue du Damier 23 - 1000 Bruxelles - métro Rogier, derrière l’Innovation)

Programme :

9h00-9h15 Accueil

9h15-9h30 Introduction : Fouzia Haddache, coordinatrice de l’école de devoirs, La Voix des Femmes

9h30-9h50 Les besoins et les difficultés des jeunes primo-arrivants : observations de terrain : Brigitte Welter, service communal de médiation scolaire de St-Gilles

9h50-10h10 Exemple de classe passerelle en région Bruxelloise : Marie-Ange Veyckemans, professeure de classes passerelles de l’Institut Cardinal Mercier de Schaerbeek

10h10-10h30 Exemple d’actions menées par le milieu associatif : Virginie Maingain, fondatrice de l’école de devoirs pour primo-arrivants Chom’hier-aid

10h30-11h00 Pause

11h00-11h20 Propositions de révision du dispositif de classe passerelle : Recommandations de la Plate forme Mineurs en exil : Alain Clignet, coordinateur de la classe passerelle au Campus Saint-Jean

11h20-11h40 Faire vivre la langue française aux primo-arrivants : Wivine Drèze, chercheuse, praticienne en didactique du Français Langue Étrangère (Université de Mons)

11h40-12h00 L’accueil des primo-arrivants en Région Bruxelloise : La place des jeunes : Philippe Sterckx, conseiller du Ministre-Président du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale

12h00-12h30 Débat avec la salle

Réservation souhaitée au 02 218 77 87 ou lvdf@lavoixdesfemmes.org

Avec le soutien du service Éducation Permanente de la Communauté française

05 avril 2011

HACHIS - Parmentier, NKM et la laïcité

HACHIS - Parmentier, NKM et la laïcité


Le Monde, le 05 avril 2011

Interrogée sur sa présence au débat sur la laïcité organisé par l’UMP, mardi 5 avril, Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’écologie, a expliqué de manière très claire ce qu’elle en attendait sur France Inter. En parlant d’un sujet qui se pose quotidiennement et qui commence à casser la tête de tout le monde”, elle dénonce ces enfants de 6 ans qui refusent de manger du hachis Parmentier sous prétexte que le bœuf n’a pas été égorgé comme il faut.

Arrêt sur images s’est demandé d’où pouvait sortir cette histoire de hachis Parmentier et a appelé les écoles et les responsables des cantines de Longjumeau, la ville dont NKM est maire. Et la plupart sont perplexes et avouent qu’ils n’ont jamais eu connaissance de problèmes de hachis Parmentier. Sur le halal, il y a effectivement des demandes, mais je suis incapable de les chiffrer. Mais il n’y a pas eu de problème récemment, confie le responsable des cantines au site.

Idem dans plusieurs écoles interrogées, qui n’ont pas connaissance de tels problèmes. Les parents qui souhaitent que leurs enfants mangent halal préfèrent en effet les faire déjeuner à la maison plutôt qu’à la cantine. Nathalie Kosciusko-Morizet détient cette information d’une Atsem (agente territoriale spécialisée des écoles maternelles), qui lui a dit que certains enfants refusaient de manger un plat qui n’est pas halal. Cela pose problème quand il y a un plat unique comme le hachis Parmentier où tout est mélangé. Mais cela concernerait très peu de personnes, peut-être deux ou trois, dans une ou deux écoles. Ce n’est pas un mouvement de fond”, finit par admettre le directeur de cabinet de NKM.

09 février 2011

La loterie géographique sera encore plus contraignante pour les parents

La loterie géographique sera encore plus contraignante pour les parents

Le décret Inscription Simonet «GOOGLE MAP 2» sera voté par la majorité ce mercredi 9/02. Les circulaires, déjà dans les écoles sont datées du 18 janvier !

ASBL Élèves, le 09 février 2011

Les parents ne sont décidément pas écoutés : après trois années d’inscriptions synonymes de souffrances pour des centaines de familles, il n’y a pas eu d’évaluation externe, ni même interne, du décret et le système de géo localisation basé sur Google Map a été maintenu. Ainsi l’avenir scolaire des enfants se jouera à partir d’un système dont les concepteurs avouent eux-mêmes que ses données peuvent être inexactes et incomplètes.

En outre, certains critères officiellement déclarés non-constitutionnels par la Cour seront malgré tout encore appliqués cette année.

L’étau administratif se resserre sur le choix responsable des parents suite aux derniers ajustements prêts à être votés par la majorité. Plus d’enfants piégés en CIRI qui agira dans une logique uniquement administrative : correspondance par recommandé, langage abscons de l’administration remplacement le contact parents/écoles. Un mandat en faveur de la CIRI sera demandé aux parents objets de «l’optimisation des choix d’école» sur base de critères de proximité. Le gouvernement par cette centralisation a décidé à la place des parents des «bons» critères de choix d’une école secondaire.

Morceaux choisis :

Les écoles qui se rempliront au –delà de leur capacité en cours de processus devront aussitôt céder les derniers 20% des élèves à la CIRI pour la gestion centralisée des inscriptions.

Le nombre d’enfants traités par la centralisation sera donc bien plus conséquent.

Les parents ne pourront plus inscrire leur enfant par ordre chronologique dans une autre école que celles de leur liste en cas de problème avec celle-ci (attente infernale, positions peu favorables,…) tant que la CIRI gère la centralisation. Ils seront donc totalement dépendants du système centralisé tout au long du processus.

Au 31/08 , les enfants seront automatiquement rayés de toutes leurs listes d’attente, quel que soit leur niveau d’avancement. Ils devront se contenter de leur position à ce stade.

Les enfants HP (Haut Potentiel) et dys (dyslexiques, dyscalculiques, dysphasiques,etc..) ne seront pas reconnus dans leur spécificité et ne seront donc pas prioritaires dans les écoles proposant un projet d’accueil spécialisé pour les accueillir.

Par contre, l’indice moyen pour les enfants habitant en Flandre et/ou issus de l’enseignement néerlandophone a été maintenu tout au long du processus. Ce qui devrait leur donne plus de chance d’obtenir une place.

Carton rouge pour la rencontre des objectifs du décret.

Le décret n’est pas transparent tant il est complexe. Sa transcription en circulaire le 18/01/2011 nécessite soixante et une page pour l’enseignement primaire et nonante et une pour l’enseignement secondaire. La longue lettre destinée aux parents suscite inquiétudes et incompréhensions

Le décret ne favorise pas la mixité sociale et ne l’accompagne pas.

En l’absence de chiffres concernant l’intégration réussie des élèves issus des écoles ISEF, le décret Robin des Bois restreint sensiblement les moyens des écoles accueillant ces enfants au profit de celles qu’ils désertent Le risque est réel que le nombre de familles se sentant dupées augmentent corolairement avec le nombre d’enfants blessés par le système. Une évaluation externe de l’impact du décret sur la psychologie des enfants et des familles s’avère indispensable.

Les décrets Inscription et Robin des Bois renforcent les ghettos et dualisent progressivement la société en surfant sur la notion violente et ringarde de lutte des classes, ressuscitée par certains groupements actifs dans l’ombre des trois cabinets de la majorité.

Le décret ne lutte pas contre l’échec scolaire, sur ce point encore, une évaluation est indispensable. Il rompt le continuum pédagogique (suppression des adossements prévu dans 2 ans), et les projets des écoles. Il nie les spécificités des enfants et des écoles.

Cynisme des statistiques et «premiers choix» sous contrainte

L’année dernière encore, des centaines d’enfants n’ont connu l’issu de leur attente que début septembre ! Plusieurs dizaines d’élèves ont même fini par quitter le système éducatif de la Communauté française, déçus de leur classement. Le gouvernement exprimait malgré tout sa satisfaction avec des statistiques incluant la situation en Wallonie qui n’a jamais connu de problème de saturation.

Il se félicitait aussi du nombre de premiers choix obtenus. Mais bon nombre de ceux-ci ont été réduits à des positions refuges pour éviter la centralisation.

De plus, les écoles secondaires figurent sur la liste dès qu’elles proposent un premier degré, sans spécifier si elles sont spécialisées dans l’enseignement général, technique ou professionnel, ni si elles offrent le latin ou non : une fois encore les spécificités sont gommées.

Mais l’inégalité la plus criante est au bout du tunnel de la frénésie égalitaire. Quand lutterons-nous efficacement et donc humainement pour permettre à tous les enfants, quels qu’ils soient, de réussir leur scolarité ? Quand retrouverons-nous le respect de la démocratie participative qui semble se perdre sur les bancs du Parlement ? Il en va de l’avenir de notre société.

Priscilla Casterman administratrice - Anne François, coordonnatrice

22:09 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02 février 2011

"Silence dans les Rangs!"

"Silence dans les Rangs!"

 Faut-il être fou pour être prof ? Ce n'est pas nécessaire mais ça aide!  

silence dans les rangs.jpg

L’école va mal ?  L’école devient folle ?  "Silence dans les Rangs!"  tente le pari de “sauver“ l'enseignement. Un peu niais et exalté, Pierre Mathues perd les pédales et les rattrape. Tout passe à la moulinette du rire et de l'insolence : la rentrée, les réformes, les voyages scolaires, les collègues, les parents, les carnets de notes, les congés… 

Pierre Mathues est lui-même enseignant et ça se sent!  Conseiller pédagogique en Belgique, il anime des groupes de profs dans la “vraie vie“. Il est un professeur détaché de l'enseignement qui est chargé d'accompagner des réformes et d'animer des journées pédagogiques dans les écoles, de proposer de journées de formation pour les enseignants débutants, d'accompagner des groupes d'éducateurs, etc..

Une heure et quart (sans intercours !) dans l’univers impitoyable de l’école.  Enseignants, parents, élèves… Ce spectacle est pour vous: ne le manquez pas! 

Le spectacle "Silence dans les Rangs!" est un  “one man show“ qui cartonne depuis sa création en Belgique. Ecrit et joué par Pierre Mathues, mis en scène par Jean-Louis Danvoye, il est coproduit par la Province de Hainaut/Fabrique de Théâtre et le Centre culturel d'Herlaimont, avec la complicité d'Insolent.be  et les Tournées Art et Vie de la Communauté française de Belgique.  Il est très librement inspiré du  “Petit Manuel de savoir-vivre à l'usage des enseignants“, de Boris Seguin et Frédéric Teillard. On y entend les vraies voix de Bruno Coppens, Bernard Melchior, William Dunker, Amélie Nothomb.

Il tourne en séances tous publics et aussi en scolaires (journées pédagogiques, débats), en Belgique, en Suisse et en France.

www.silencedanslesrangs.be 

Infos

Dimanche 6 février à 15h au Centre culturel d'Auderghem.

Boulevard du Souverain 183 à 1160 Auderghem. Tél. : 02/660.03.03.

12:51 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

27 janvier 2011

Mauvais bulletin pour Simonet (CDH)

Mauvais bulletin pour Simonet (CDH)

Metro, 27 janvier 2011

Avec une moyenne de 1,5 sur 10, la ministre de l’Enseignement obligatoire de la Communauté française Marie-Dominique Simonet (CDH) n’est pas épargnée par le Comité des Elèves Francophones (CEF) qui lui a attribué hier son «bulletin de notes». La nouvelle organisation de jeunesse vient d’être reconnue et titille déjà la ministre. Le CEF pointe notamment du doigt les carences en matière de capacité et qualité d’accueil (2/10), rappelant qu’il y a "besoin d’urgence de 79 nouvelles écoles à Bruxelles" alors que beaucoup d’établissements "tombent en ruine".

Par ailleurs, la ministre obtient un maigre 1/10 pour la non-gratuité de l’enseignement et même 0/10 en matière d’égalité de l’enseignement, le CEF citant ainsi une étude PISA. Quant à la valorisation du statut d’enseignant, pour lequel Mme Simonet affiche un 3/10, le CEF plaide «pour des études plus longues pour les futurs enseignants, qui devraient bénéficier d’un salaire plus attractif».

09:19 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05 octobre 2010

Aider les écoles catholiques à intégrer les musulmans

Aider les écoles catholiques à intégrer les musulmans

 
Par Marion Brunet, le 05 octobre 2010

 

Le nombre d'élèves de confession musulmane est en hausse dans ces établissements privés, où ils se retrouvent même parfois en majorité. L'enseignement catholique distribue à ses enseignants un manuel de «bonne conduite».

Dans un lycée catholique, un groupe d'élèves de Terminale refuse d'aller à la piscine pendant le Ramadan sous prétexte qu'ils risquent d'avaler de l'eau. Invoquant une raison d'ordre médical, leurs parents réclament une dispense d'activités sportives. Malaise du côté du corps enseignant : ces activités donnent lieu à une évaluation qui compte pour l'obtention du baccalauréat. Autre lieu, autre scène : une école primaire catholique accueille plus de 200 élèves. Parmi eux, environ 70% sont de confession musulmane. Or, le chef d'établissement décide d'installer une crèche dans le hall pendant l'Avent. Un parent musulman exige alors le retrait de celle-ci, «un musulman ne pouvant pas entendre que Jésus est Fils de Dieu.»

Les écoles catholiques ne savent pas toujours quelle attitude adopter face à l'islam. Et ce d'autant qu'elles y sont de plus en plus confrontées avec un nombre d'élèves musulmans en hausse ces dernières années. Ils sont même devenus majoritaires dans certaines écoles, notamment à Villeurbanne (Rhône), Marseille ou Mantes-la-Jolie (Yvelines). Un phénomène récent sur lequel a décidé de se pencher le Secrétariat général de l'enseignement catholique (SGEC) en partenariat avec le Service pour les relations avec l'islam (SRI) de la Conférence des évêques. Pendant deux ans, des chefs d'établissements et des experts ont ainsi planché sur cette question. Résultat : un dossier intitulé «Musulmans en école catholique» et chargé d'apporter des conseils pratiques et des outils théoriques aux enseignants. La direction de l'enseignement catholique le diffuse depuis la rentrée auprès de ses équipes éducatives.

«Rester ouvert sans se renier»

Quelles raisons poussent aujourd'hui certains parents musulmans à se tourner vers les écoles catholiques ? La loi, déjà. Elle les y autorise depuis 1959, au motif qu'aucun établissement catholique sous contrat ne peut refuser un élève à cause de sa religion. «Ils pensent aussi que dans ce type d'établissement, au moins, on parlera de Dieu aux jeunes. D'autres y voit également une formation de bon niveau pour leurs enfants», explique Pierre Robitaille, l'animateur du groupe de travail sur les «Musulmans en école catholique» pour la SGEC. Parmi les cinquante premiers lycées du Palmarès Figaro 2010 figurent en effet 80% d'établissements privés, alors même que ceux-ci ne représentent que 20% de l'effectif général. Sans compter que le privé est un bon moyen de contourner la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école puisque celle-ci ne s'applique qu'au public.

Dans le dossier, seize fiches pratiques sont donc mises à disposition des enseignants pour leur permettre de mieux appréhender la religion musulmane et d'en comprendre les mécanismes : «Vocabulaire islamique élémentaire», «Fêtes et évènements en Islam», «Place traditionnelle de la femme en société musulmane» ou encore «Le voile islamique». En plus, le rapport aborde quatorze cas concrets déjà rencontrés dans des écoles et y apporte des «pistes de réflexion et d'action». Car le défi de l'enseignement catholique ici est bien de parvenir à rester ouvert à tous sans pour autant se renier. «La foi doit s'exprimer, mais on ne cherche pas pour autant à faire du prosélytisme, prévient Pierre Robitaille. Attention toutefois, si l'ouverture aux autres compte, les enseignants doivent aussi être prudents afin d'éviter que certaines situations ne deviennent ingérables». En témoigne ce geste d'une directrice qui a proposé à des lycéens musulmans une salle pour prier, afin qu'ils évitent de se faire mouiller par la pluie dans la cour de l'école. Ils l'ont transformée en salle de prière et y invitent parfois des personnes extérieures à l'établissement pour prier avec eux. Depuis, la directrice ne parvient plus à utiliser cette pièce pour d'autres activités.

«L'idée est que les élèves d'autres confessions religieuses pratiquent plutôt leur religion à l'extérieur de l'école, avec des exceptions pour les internats. Dans ces derniers, on peut mettre des salles polyvalentes à la disposition des jeunes, mais elles ne doivent pas se transformer en salle dédiée à la prière, souligne l'animateur du groupe de travail sur «Les Musulmans à l'école». Nous avons une mission d'Eglise. Nous ne sommes pas un self des religions !»

13:43 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

14 septembre 2010

Mixité à l'école : la fin d'un dogme

Mixité à l'école : la fin d'un dogme

 

Par Natacha Polony, le 14 septembre 2010

 

Les effets pervers de la cohabitation filles-garçons sont mis en avant par des travaux de sociologues. Des expériences de séparation sont menées dans les autres pays développés, mais en France, la mixité est une valeur aussi ancrée que la laïcité

Elles sont trois filles, assises sur la balustrade, devant le portail de leur lycée parisien. Jean serré, bouche maquillée. Ultraféminines. «S'il n'y avait pas de mecs? On y penserait encore plus, lance Julie avec un rire provocateur. Et puis entre filles, c'est supermesquin: jalousies, commérages…» Mais à côté d'elle, Mylène tempère: «En fait, ce serait peut-être moins dur. Les filles moches, ou celles qui ne sont pas populaires, ça doit être très violent pour elles, le regard des garçons.» Et la troisième de conclure, philosophe: «Ça dépend ce que tu cherches au lycée. Si tu veux bosser, c'est sûr que c'est mieux de pas être trop distrait par le reste.» Julie et ses copines ont du mal à imaginer ces temps lointains et barbares où filles et garçons vivaient séparés. Elles ne savent même pas que c'est une revendication de mixité dans la cité universitaire de Nanterre qui finit par embraser le printemps 1968. La mixité est pour elles une évidence. Comme elle le fut longtemps en France, depuis que la loi Haby la rendit obligatoire en 1975, faisant d'elle un élément aussi important que la laïcité dans l'édifice républicain français.

Mais la plus lumineuse des évidences finit un jour par être mise en question. Et la mixité ne fait pas exception. Quand la très sérieuse sociologue Marie Duru-Bellat, auteur d'ouvrages vantés par l'ensemble des tenants du progressisme scolaire, et insoupçonnable de dérive réactionnaire, publie cet été dans la revue de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) un article intitulé «Ce que la mixité fait aux élèves», le débat, très vite, s'anime. D'autant que la Revue française de pédagogie s'apprête à publier à son tour, sous la direction de la même chercheuse, un numéro consacré à ce sujet.

Meilleurs résultats pour les filles 

Avant cela, toute remise en cause, et même toute interrogation sur les effets de la mixité, semblait intolérable. Michel Fize, auteur en 2003 des Pièges de la mixité scolaire (Presses de la Renaissance) en a subi les conséquences. Depuis, son argumentation a pourtant fait florès : toutes les études le prouvent, les filles obtiennent de meilleurs résultats à l'école, toutes catégories sociales confondues -même si les écarts se creusent au fur et à mesure que l'on descend dans l'échelle sociale- mais elles ont une moindre estime d'elles-mêmes que les garçons, se perçoivent comme moins brillantes, et s'orientent majoritairement vers des filières peu valorisées. «Tous les professeurs vous le diront, remarque François Portzer, professeur d'histoire-géographie, les filles sont moins dans une attitude d'opposition contre le système. Il faut dire que les images de réalisation de la virilité qu'on offre aux garçons passent par le foot, pas par l'école.» Résultat, des garçons plus turbulents, et des professeurs qui leur accordent 56% de leur temps, contre 44% aux filles.

Pire, certains s'inquiètent de l'effet potentiellement délétère de la mixité scolaire sur les garçons. «Il faut arrêter de croire que les enfants sont des anges asexués, proteste Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l'IUFM de Créteil et auteur de Sauvons les garçons! (Descartes & Cie, 2009). Dès l'apprentissage de la lecture, on voit que les filles s'en sortent mieux. Parce que l'apprentissage se décompose en différents moments, énoncé, exécution, vérification, correction et finition. Or les petites filles apprennent très tôt à exécuter des tâches, comme aider à mettre la tableElles ont intégré ce processus. Les garçons, surtout dans les milieux populaires, sont souvent élevés comme des petits rois et ne sont donc pas préparés au métier d'élève. Au moment de la découverte de la différence des sexes, vers 5-6 ans, le garçon est tenté d'en conclure que l'école est faite pour les filles.» À cette différence culturelle, on peut ajouter une différence naturelle, celle d'une puberté plus précoce chez les filles, qui peut, à l'adolescence, perturber certains garçons.

«En 2003, se souvient Michel Fize, j'avais été conspué parce que j'avais écrit qu'il y a des différences physiologiques entre filles et garçons, et qu'on pouvait en tenir compte à certains moments du développement. Mais de toute façon, la donne a changé.» Car beaucoup l'ignorent, mais depuis 2008, la mixité n'est plus obligatoire en France. La retranscription d'une directive européenne sur les discriminations avait permis d'introduire dans la loi l'autorisation d'aménagements de la mixité pour certains enseignements.

La loi du 15 mai 2008 a ému les défenseurs de l'égalité homme-femme car elle coïncidait avec des revendications de groupes religieux pour revenir sur ce principe fondamental de l'organisation de l'école. C'est encore cette crainte qui limite la réflexion sur la question. Et qui fait de la France une exception puisque les écoles non mixtes ont fait l'objet, dans les années 2000 d'expériences diverses aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, ou en Grande-Bretagne. Aux États-Unis, c'est George Bush qui avait autorisé ces expériences dont les résultats ont été jugés très positifs pour les filles issues des minorités. Encore ces jeunes filles étaient-elles toutes volontaires, ce qui fausse l'évaluation. Mais la revendication émanait autant de féministes radicales voulant sortir les filles des déterminismes sexués que d'extrémistes religieux. En Allemagne, où il s'agissait de développer des enseignements non mixtes, en sciences physiques ou en informatique, les résultats étaient très positifs pour les filles, même si leur réinsertion dans des classes normales, où elles se heurtaient à des stéréotypes renforcés, était difficile.

En France, où n'existe pas la tradition anglo-saxonne de séparation des sexes dans l'espace social, seul le privé hors contrat développe, de façon très marginale, des classes non mixtes. Dans l'enseignement catholique sous contrat, où la non-mixité est peu à peu devenue rare, on se veut prudent. Pour Claude Berruer, secrétaire général adjoint de l'enseignement catholique, «il faut avoir conscience que la mixité ne contribue pas forcément à une égale dignité garçon-fille. Mais un retour en arrière ne serait pas la solution. Bien sûr, nous avons des familles, notamment musulmanes, qui expriment des réserves et mettent le doigt sur des façons de vivre la mixité qui ne respectent pas la pudeur. On se désole du machisme, mais il faut réfléchir sur ce qu'on donne à voir du rapport au corps dans nos sociétés.» Et de fait, les quelques classes non mixtes de l'enseignement privé sous contrat sont plébiscitées.

Respecter la sensibilité des adolescents 

Ainsi, le célèbre établissement Saint-Jean-de-Passy, dans le XVIe arrondissement de Paris, ancien lycée de garçons, s'est ouvert aux filles pour le primaire, puis pour le collège et le lycée. Mais le choix a été fait, au collège, de conserver des classes non mixtes. «Nous avons toujours pensé qu'il y avait une complémentarité des sexes, plaide Marie-Odile Idrac, qui dirige l'établissement depuis un an. Nous aménageons de longs moments de mixité, pendant les repas, les récréations, mais nous avons voulu développer une approche originale, respectant la sensibilité des adolescents.» Et dans les examens qui sont mixtes, les filles s'en sortent avec en moyenne deux points de plus que les garçons.

Au collège Stanislas, dans le VIe arrondissement, on laisse le choix aux élèves. Philippe, dont le fils est entré cette année en 4e, raconte: «Dans son ancien collège, Clément était classé “intello”. Il était harcelé par des garçons, souvent poussés par des filles plus mûres qu'ils voulaient impressionner. Mais à Stanislas, il est finalement dans une classe mixte, et cela ne pose aucun problème. Pour une raison simple: tout le monde est là pour travailler, pour apprendre. Garçons et filles jouent le jeu parce qu'ils savent que sinon, ils sont virés.»

De l'autre côté de l'échelle sociale, Mourad Rebrab, professeur à Belfort, observe lui aussi que les problèmes liés à la mixité révèlent surtout des carences de l'école. «Les filles sont en moyenne meilleures, mais elles sont plus fragiles. On en voit qui basculent et deviennent ingérables à la suite de problèmes familiaux graves, parce que personne n'est là pour les écouter. Chez elles, elles n'existent pas. On n'a pas de solution, on les exclut parce que le collège unique ne sait pas prendre en charge les élèves déviants.» Les garçons, eux, s'enfoncent dans l'échec et dans la frustration. Les filles ont gagné le droit d'être instruites au moment où l'école renonçait à la transmission au profit de nouvelles pédagogies. Mieux préparées à une absence de cadre, elles s'en tirent mieux, mais au prix de relations dégradées et violentes avec les garçons.

01:58 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09 septembre 2010

A.E.C.S.I.B

A.E.C.S.I.B

L’Académie Européenne de la Culture et des Sciences Islamiques de Belgique (A.E.C.S.I.B) est un institut supérieur de niveau universitaire.

Depuis près de quatorze ans, grâce à la qualité et au dévouement de tout son personnel, l’A.E.C.S.I.B. prépare les jeunes et les moins jeunes à relever les nouveaux défis de la citoyenneté musulmane en Europe. 

Pour ce faire, l’A.E.C.S.I.B. offre aux étudiants titulaires du diplôme de fin d’humanités une formation en sciences islamiques en 3 ans (Bachelor) ou 5 ans (Master) conformément au décret de Bologne du 31/03/2004. Les cours de cette formation à horaire décalé à raison de 19 h/semaine se donnent essentiellement en français

Pour aborder la nouvelle année académique 2010-2011, le recteur et le corps professoral vous invitent à la cérémonie d’ouverture qui aura lieu ce 18 septembre 2010 à 11h. 

Pour plus d’informations : http://www.alkhayria.eu/projets/fr/aecsib01.html 

ALKHAYRIA BELGICA asbl

Rue Broyère 17-23

1070 Bruxelles

Tél. :  +32 2 742.02.47

Fax : +32 2 734.73.22

info@alkhayria.com

12:52 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25 août 2010

La Commission contre le racisme ne veut pas interdire le foulard

La Commission contre le racisme ne veut pas interdire le foulard

Romandie News le 25 août 2010   

La Commission fédérale contre le racisme (CFR) s'oppose à l'interdiction du port du foulard à l'école, comme le propose le canton de St-Gall. Elle y voit une mesure dirigée spécialement contre l'islam qui enfreint le principe de l'égalité des droits.

La commission voit dans l'interdiction demandée par le chef du département saint-gallois de l'éducation Stefan Kölliker (UDC) "une action dirigée contre la minorité musulmane et principalement dictée par des motifs partisans". La CFR juge "inacceptable" cette mesure, écrit-elle.

Le port du foulard s'inscrit dans le domaine de la liberté de religion, tant que celle-ci ne contrevient pas à un droit fondamental supérieur, poursuit la commission.

La CFR est ainsi d'accord avec le Tribunal fédéral, qui a interdit en 1997 le foulard aux enseignantes dans l'exercice de leur fonction publique, mais elle n'admet pas une interdiction générale faite aux écolières et aux travailleuses.

 

Invoquer la nécessité de l'intégration comme le fait le Conseil de l'éducation saint-gallois est un prétexte : la mesure est au contraire un obstacle à l'intégration.

15:00 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10 mai 2010

Comment relancer «l’ascenseur social» ?

Comment relancer «l’ascenseur social» ?

Iqra

Par Philippe SMITS, Solidarité Savoir, le 10 mai 2010

 

L’unanimité des observateurs des sociétés développées ou en voie de développement estiment que l’éducation des personnes, des groupes ou des populations est le moyen le plus efficace pour faire démarrer l’ascenseur social.

Dans le monde moderne, les analphabètes n’ont ni les possibilités de se réaliser, ni même les moyens de se défendre.

 

Ne savoir ni lire ni écrire, ne posséder aucunes des bases qui sont les socles de la vie sociale commune est un immense désastre sociologique. Ne posséder aucun savoir, aucun savoir-faire exploitable, aucun moyen de communication autre que l’oralité amène les personnes à devoir mener une lutte constante pour simplement pouvoir vivre leur existence au quotidien.

Par contre, pouvoir jouir de connaissances, connaître les arcanes d’un métier, être capable de s’informer et donc de réfléchir et de décider par soi-même est une inépuisable source d’ouverture à soi et aux autres.

Le «décrochage scolaire» est le bouton d’arrêt d’urgence de

«l’ascenseur social»

Lorsque cesse l’apprentissage, la machine se bloque. L’être humain est arrêté dans ses possibilités de se réaliser. La société perd l’occasion de bénéficier de la jeunesse qu’elle a fait naître.

Solidarité Savoir a décidé de lutter, en collaboration avec beaucoup d’autres, contre ce fléau qu’est l’abandon scolaire.

Bien sûr, pour que l’École soit performante, il faut que chacun y mette du sien et surtout de la bonne volonté.

Les Pouvoirs publics doivent créer les conditions optimales, les enseignants et les autres acteurs de l’école doivent pouvoir exercer leur sacerdoce en parfaite symbiose avec la société, les parents doivent encourager tous leurs enfants à apprendre, encore et encore

Lorsque toute une société, dans ses composantes multiples, s’unit pour tendre vers le Savoir pour toutes et tous, un bel avenir s’ouvre à elle.

Le cours de l’histoire nous apprend qu’à tout moment naissent des théories qui veulent exclure, censurer, limiter les possibilités de certains groupes ou encore enserrer dans un carcan d’idées préconçues la liberté de penser et de créer.

Tous nos efforts doivent tendre à permettre à tous les enfants de prendre «l’ascenseur social» qui tire sa force et son énergie vitale de la connaissance, de l’éducation et donc de la qualité de l’enseignement.

Un enseignement auquel tous doivent avoir un égal accès sans distinction d’origine, de statut social, ou de sexe.

12:48 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21 avril 2010

Madrid : Port du voile : exclusion maintenue de Najwa

Madrid

Port du voile : exclusion maintenue de Najwa

Par Frederic Schmachtel,

Contrairement à ce que laissait entendre son directeur, le conseil du lycée Camilo José Cela de Pozuelo (région de Madrid) a voté, mardi, en faveur de l'actuel règlement intérieur interdisant de se couvrir la tête au sein de l'établissement. L'école propose à Najwa, la lycéenne exclue de cours pour port de hijab, de changer d'école.

 

A 500 mètres de l'actuel lycée, le lycée San Juan de la Cruz de Pozuela accepterait les élèves portant le voile, comme 60% des lycées de Madrid. D'ailleurs, une lycéenne de cet établissement commentait dans les pages d'El País que ca lui paraissait «un peu absurde qu'on veuille interdire le voile.»

Le directeur de l'institut s'était exprimé dans le même sens, vendredi, quand il disait que le l'interdiction de se couvrir la tête était destinée aux casquettes, pas au port du hijab. Nombre d'associations et d'organisations islamiques ont aussi critiqué cette décision, et à travers la médiatisation de cette affaire, les plus hauts niveaux politiques ont pris position. Les ministres espagnols de l'Education nationale et de la Justice, Ángel Gabilondo et Francisco Caamaño ont condamnés cette exclusion. Le droit à l'éducation et la liberté religieuse seraient au dessus de cette polémique, et l'Espagne devait faire preuve de tolérance.

Mais pourtant, hier, le conseil du lycée, composé de professeurs, de parents, d'élèves, du personnel non enseignant et de représentants de la commune, à statué à 15 voix contre 2 que l'interdiction de se couvrir la tête dans l'établissement serait maintenue. L'école se devrait de maintenir sa laïcité, et le conseil de l'école aurait considéré que le règlement intérieur ne pouvait pas être changé «pour une personne, encore moins sous pression», indique un communiqué de la MAP. Esperanza Aguirre, présidente de la communauté de Madrid et membre du Parti Populaire (PP), soutenait, dans une interview à la RTVCM, cette décision, autant du point de vue formel que sur le contenu. Elle «respectait l'autonomie des lycées en la matière», mais penserait «qu'on ne doit pas se couvrir la tête à l'école» - comme l'a décidé le conseil.

Dès lors, Najwa pourra soit continuer de passer les heures de cours dans la salle de visites, à l'écart de ses camarades, soit enlever son voile à l'école, soit changer de lycée. Ultime possibilité : un recours contre cette décision devant les autorités éducatives de la Communauté de Madrid, recours qui pourrait finir devant les tribunaux. Parcours long et difficile pour Najwa, qui n'est plus allée en cours depuis lundi et souffrirait beaucoup de cette situation, selon son père et ses proches. Mais une de ses amies maintient également que «Najwa continuera de lutter, elle n'enlèvera pas le voile». En signe de soutien, trois de ses amies mettent le voile à l'entrée et à la sortie des classes.

Yabiladi , le 21 avril 2010