14 juin 2012

La Cour condamne les Pays-Bas pour discrimination des étudiants

La Cour condamne les Pays-Bas pour discrimination des étudiants

Par Sophie Petitjean, le 14 juin 2012

La Cour de justice de l’Union européenne a condamné le 14 juin une disposition législative néerlandaise qui soumet le financement des études à l’étranger à la condition de résidence. A la suite d’un recours en manquement déposé par la Commission européenne (1), les juges ont en effet estimé que cette condition de résidence dite des «3 ans sur 6 ans» était interdite par le traité sur le fonctionnement de l'UE (TFUE) et contraire au règlement sur la libre circulation des travailleurs. Ils ont également rejeté les arguments du gouvernement néerlandais selon lequel cette disposition répondait à une raison impérieuse d’intérêt général.

La loi néerlandaise sur le financement des études détermine les personnes pouvant bénéficier d’une aide financière pour suivre des études d’enseignement supérieur aux Pays-Bas et à l’étranger. Ainsi, elle octroie une aide financière pour des études suivies à l’étranger à condition que l’élève ait légalement séjourné aux Pays-Bas pendant au moins trois ans au cours des six années précédant son inscription dans un établissement d’enseignement à l’étranger. Cette condition dite «des 3 ans sur 6» s’applique quelle que soit la nationalité de l’étudiant.

Or, la Cour rappelle que le TFUE et le Règlement 1612/68 relatif à la libre circulation des travailleurs à l’intérieur de la communauté (modifié par le Règlement 2434/92) implique l’abolition de toute discrimination, fondée sur la nationalité, entre les travailleurs des États membres en ce qui concerne l’emploi, la rémunération et les autres conditions de travail. Le principe d’égalité de traitement prohibe, entre autres, une mesure qui exige une durée de résidence précise à moins que celle-ci ne soit objectivement justifiée. A cet égard, la Cour écarte l’argument des Pays-Bas selon lequel la condition de résidence serait nécessaire afin d’éviter une charge financière déraisonnable. Elle estime en outre que l’argument de la promotion de la mobilité des étudiants présente un caractère trop exclusif : en imposant des périodes spécifiques de résidence sur le territoire de l’État membre concerné, la condition des «3 ans sur 6» privilégie un élément qui n’est pas nécessairement représentatif du degré réel de rattachement entre l’intéressé et ledit État membre.

La Cour conclut que les Pays-Bas ne sont pas parvenus à prouver que la condition de résidence ne va pas au-delà ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif poursuivi par cette réglementation. En conséquence, elle juge que la condition de résidence s’oppose au droit de l’Union car elle risque de jouer principalement au détriment des travailleurs migrants et des travailleurs frontaliers ressortissants d’autres États membres dans la mesure où les non-résidents sont le plus souvent des non-nationaux.

Les Pays-Bas doivent maintenant se conformer à l'arrêt dans les meilleurs délais, sinon la Commission pourra à nouveau introduire un recours demandant des sanctions pécuniaires.

16:26 Écrit par Rachid Z dans Discriminations, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13 juin 2012

Doulkeridis pour la suppression des cours de religion

Doulkeridis pour la suppression des cours de religion

(Encore un dégoûtant laïcard qu'il est de notre responsabilité d'éjecter de la scène politique bruxelloise !) (Rachid Z)

Belga, le 13 juin 2012


Le secrétaire d’État Écolo de la Région de Bruxelles-capitale, Christos Doulkeridis, est favorable à la suppression des cours de religion et leur remplacement par un cours de philosophie pour tous. Il est aussi d’avis qu’il faut «une espèce d’obligation» du parcours d’intégration pour ceux qui ne maîtrisent pas une des langues nationales.

Doulkeridis a souligné mardi matin sur Bel-RTL que l’éducation et plus spécialement la connaissance d’une des langues du pays est un facteur essentiel d’intégration. Pour les adultes, «si on veut être crédible avec le parcours d’intégration», il faudra instaurer «une espèce d’obligation» pour ceux qui ne maîtrisent pas une des langues du pays.

«En matière d’intégration, la situation à Bruxelles est complexe. Une personne sur deux y a un parent d’origine étrangère. Nous n’avons donc pas tous le même passé. Il faut se donner les moyens de faire de la cohésion sociale», a encore dit Doukeridis pour qui le fait que chacun suive un cours de religion séparé «est une erreur».

«Il est essentiel» que chacun suive un cours de moral ou de philosophie «mais ce débat est bloqué depuis des années».

Doulkeridis est d’avis qu’il faut si nécessaire changer la constitution. «Les cours de religion c’est un débat des années 50. Il est dépassé. Il faut maintenant faire partager des valeurs communes comme la laïcité de l’État, l’égalité homme/femme...»

Le débat sur l’intégration a été relancé ces derniers jours après les événements de Molenbeek et l’arrestation du porte-parole de Sharia4Belgium.

07 juin 2012

Bienvenue au pays des enfants codes barres

Bienvenue au pays des enfants codes barres

14:37 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

05 juin 2012

Accès limité à la cantine aux enfants de chômeurs : un père attaque en justice

Accès limité à la cantine aux enfants de chômeurs

Un père attaque en justice

AFP, le 05 juin 2012

Un père a réclamé lundi devant la justice l'abrogation des dispositions prises par la municipalité de Saint-Cyr-L'Ecole (Yvelines) restreignant l'accès à la cantine aux enfants dont au moins l'un des parents ne travaille pas, qu'il juge "discriminatoires".

Le tribunal administratif, saisi en référé, rendra sa décision dans une quinzaine de jours.

Sébastien Durand, père de deux enfants, bénéficie d'un dispositif d'aide à la création d'entreprise tout en ayant le statut de chômeur, tandis que son épouse est en congé parental.

Le couple s'est vu dernièrement restreindre à deux jours par semaine l'accès à la cantine pour leur fillette, qui ira à l'école maternelle à partir de septembre.

"Nous sommes ici dans un cas d'école de discrimination des enfants en fonction de la situation des parents pour l'accès à la restauration scolaire", a plaidé M. Durand devant le tribunal.

"La discrimination à Saint-Cyr est encore plus étendue" que dans d'autres communes ayant pris de telles dispositions "car elle concerne aussi les parents en longue maladie", a-t-il dénoncé.

M. Durand s'est notamment appuyé sur l'arrêt du Conseil d'Etat de 2009 dit "arrêt Oullins", du nom d'une commune située en banlieue lyonnaise dont la limitation de l'accès à la cantine aux enfants de chômeurs avait été jugée discriminatoire et annulée par la justice.

L'avocat de la commune de Saint-Cyr-L'Ecole, Me Hugues Portelli, a nié tout "calcul discriminatoire" dans ces mesures votées en 2008.

"A Saint-Cyr, la capacité d'accueil est atteinte et quand il n'est pas possible matériellement d'accueillir tout le monde, la ville est obligée d'établir des critères", a-t-il déclaré.

"Il n'y a pas d'autre critère que celui de la disponibilité des parents", a-t-il ajouté.

Plusieurs communes ont pris des dispositions ces dernières années pour limiter l'accès des enfants de chômeurs à la restauration scolaire, suscitant une vive émotion des parents d'élèves.

18:11 Écrit par Rachid Z dans Discriminations, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Quand des professeurs «laïcistes» manquent de jugement total

Quand des professeurs «laïcistes» manquent de jugement total

Au nom de la laïcité, tout n’est pas permis

Marius Morin, le 17 février 2012  

C’est tout de même incroyable, ce délire «laïciste» de la part d’un professeur de musique d’une école primaire de Sorel-Tracy. Dans son cours de musique, il s’est donné le droit de censurer une chanson d’Édith Piaf sur l’amour, où le nom de Dieu apparaissait. Selon les informations, il aurait pris cette décision d’un commun accord avec ses collègues enseignants.

Le comble dans tout cela, c’est l’attitude d’Alain Laberge, le directeur général de la Commission scolaire de Sorel-Tracy qui a défendu son professeur… il n’a pas eu de plaintes… dit-il. Il n’a même pas formulé une réprimande envers ce professeur aliéné et ceux et celles qui l’ont appuyé. Si on suit bien leur laïcisme sans jugement, il nous faudra bientôt amputer les phrases suivantes du «O Canada» comme : «Car ton bras sait porter l’épée, il sait porter la croix» ou encore «God keep our land glorious and free !».

J’entends des commentaires acerbes et négatifs, et les gens ont raison. Ils ont raison pour deux raisons : on se doit en tout temps de respecter les Droits d’auteur, les œuvres musicales, littéraires et autres ne nous appartiennent pas ; deuxièmement, comme société laïque, on se doit de protéger à tout prix notre patrimoine culturel, éducatif et linguistique. Sous aucun motif, nous avons le droit de réécrire l’histoire des peuples et de l’humanité, encore moins la nôtre !! Ce n’est pas pour rien que l’UNESCO veille depuis 40 ans à la protection du patrimoine mondiale. Je me réjouis de la réaction de la Ministre de l’Éducation Line Beauchamp et de Christine St-Pierre, Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.

04 juin 2012

Bruxelles aurait-elle abandonné la rénovation de l'athénée Emile Bockstael ?

Bruxelles aurait-elle abandonné la rénovation de l'athénée Emile Bockstael ?

Philippe Carlot, le 04 juin 2012

La Ville de Bruxelles a-t-elle laissé filer un budget de 20 millions d'euros de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour la rénovation de l'athénée Emile Bockstael, à Laeken ? C'est la question que posera, ce soir, au conseil communal, l'Ecolo Zoubida Jellab. L'école aurait pourtant bien besoin d'un coup de jeune.

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a lancé un plan de rénovation des écoles. Dans l'enveloppe figure une somme de 20 millions destinés à l'athénée Emile Bockstael. Mais la Ville de Bruxelles, pouvoir organisateur, n'aurait pas introduit son dossier dans les délais.

La conseillère communale Ecolo Zoubida Jellab s'en inquiète. "Le dossier devait être rentré pour début juin. On constate que la Ville n’a pas fait son travail. Cela fait des années que l’on parle d’une rénovation de l’athénée et là, encore une fois, on voit que la procédure n’a pas été suivie, que l’on traîne… Peut-être même que ce dossier sera perdu pour quelques années."

Le cabinet du ministre Nollet, en charge des bâtiments scolaires, confirme : la Ville de Bruxelles a affirmé ne pas être en mesure d'effectuer les travaux de rénovation avant 2017 et abandonne le dossier. Surprenant, quand on connaît l'état de l'école. "Vous avez des peintures qui sont complètement défraîchies, les sanitaires sont dans un état pitoyable, on peut parler aussi des éviers inexistants dans les toilettes des garçons, certains locaux sont fermés pour insalubrité… la liste que dresse Zoubida Jellab est longue. C’est vraiment dommage !"

Réponse de l'échevine (PS) de l'Enseignement ce lundi soir, lors du conseil communal.

23 mai 2012

Les laïcs risquent d'être déçus

Les laïcs risquent d'être déçus

Olivier Landini, le 23 mai 2012

Mandaté par le gouvernement - sous la pression des forces laïques à la Chambre des députés - le groupe d'experts chargé d'étudier les relations entre l'État et les communautés religieuses vient d'entamer son état des lieux. Il devrait présenter un catalogue de recommandations encore avant cet été.

Quelles seront les relations futures entre l'État luxembourgeois et l'Église ? Une chose semble aujourd'hui quasiment certaine, le modèle concordataire que nous connaissons va évoluer. Reste à savoir dans quelle direction. Va-t-on vers une véritable révolution institutionnelle ou bien simplement vers une réformette de façade ?

Comme il n'existe – jamais et en aucune matière – d'experts tout à fait neutres, on peut d'ores et déjà se faire une petite idée de l'orientation que devrait prendre le rapport que présentera ce groupe d'experts dans moins de deux mois.

Et c'est donc le modèle belge qui devrait être privilégié au vu du profil de ces derniers. À savoir un modèle dans lequel l'État continue à reconnaître certaines religions – dites officielles – les subventionne toujours – même si dans une moindre mesure qu'actuellement au Grand-Duché – et leur ouvre toujours les portes de ses établissements scolaires. Notons que l'État belge subventionne également – même si, là encore, dans une moindre mesure – les «communautés philosophiques» reconnues officiellement.

Outre le fait que ce type de compromis risque de décevoir fortement tous les laïcs convaincus dans le pays qui auraient certainement préféré voir se dessiner une séparation stricte entre l'État et l'Église (à la française), le problème de l'enseignement religieux à l'école risque donc, selon toute vraisemblance, également de persister. Un enseignement qui, même s'il est aujourd'hui encore fortement plébiscité par les élèves (le mimétisme et l'effet de bande n'y étant certainement pas pour rien), constitue un véritable scandale sous sa forme catéchistique. Ce n'est tout simplement pas le rôle de l'école que d'entretenir des croyances. Inculquer des savoirs (le contraire des croyances), des compétences et développer des esprits critiques : telles devraient être ses seuls missions.

11:10 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21 mai 2012

"Les évaluations ont un impact négatif"

"Les évaluations ont un impact négatif"

Propos recueillis par Stéphanie Bocart, le 21 mai 2012

CEB, CE1D, TESS, interros,… Les évaluations pleuvent dans nos écoles. Sont-elles utiles et pertinentes ? Réponses avec la chercheuse Sabine Kahn. Entretien

Dans un peu moins d’un mois, seront organisées diverses épreuves externes certificatives : le certificat d’études de base (CEB), le certificat d’études du premier degré de l’enseignement secondaire (CE1D) et le test d’enseignement secondaire supérieur (TESS).

De tout temps, nos élèves ont été notés et évalués, mais ces multiples épreuves sont-elles utiles et pertinentes ? Nous avons interrogé Sabine Kahn, chercheuse à l’Unité de recherche des Sciences de l’éducation (SSE) de l’ULB.

Les élèves sont régulièrement cotés au travers de travaux qu’ils réalisent en classe et/ou à domicile et évalués via diverses épreuves nationales et internationales. Ces évaluations leur permettent-elles réellement d’améliorer leurs apprentissages ? Quel en est l’impact ?

L’impact est plutôt négatif sur une grande partie des élèves, puisque cela dévoie complètement le sens qu’ils peuvent donner à l’école et aux apprentissages. Il y a eu des travaux sur la question du rapport aux savoirs. On se rend compte que les élèves qui font des carrières scolaires intéressantes, qui apprennent des choses, qui vont loin sont des élèves qui ont compris qu’apprendre, c’était intéressant, c’était prendre du pouvoir sur le monde, c’était grandir. Ces élèves qui font des carrières scolaires sans heurts, sans redoublement ne parlent jamais des notes, ne disent jamais qu’"apprendre, c’est intéressant, parce qu’ils ont de bonnes notes". En revanche, les élèves qui pensent que l’école, c’est intéressant pour avoir des bonnes notes, sont en fait complètement trompés et égarés par la note. Donc, la note n’est pas intéressante en termes d’apprentissage et d’enseignement.

Une épreuve telle que le CEB, obligatoire, est-elle pertinente et organisée au bon moment ?

L’école est une institution qui s’inscrit dans la tradition. On voit apparaître, aux alentours du XVe siècle, la première école qui fonctionne par classe de niveau. Et, depuis, elle n’a pas beaucoup changé. Donc, le CEB s’inscrit dans la tradition : enfants, parents et enseignants y sont attachés. On ne va donc pas l’enlever comme ça. Mais il est clair qu’il est organisé à un mauvais moment de la scolarité. De même, il n’est pas très pertinent en termes d’efficacité et d’équité du système scolaire.

C’est-à-dire…

Les évaluations telles que Pisa (NdlR : enquête menée tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 34 pays membres de l’OCDE et dans de nombreux pays partenaires) ont cet intérêt de nous avoir montré que les systèmes scolaires les plus équitables sont ceux qui permettent une orientation des élèves la plus tardive possible. Or, on voit bien que le CEB est un instrument d’orientation, puisque lorsque l’enfant est en 1ère différenciée, ce n’est pas très facile de s’en sortir, avant d’être orienté vers l’enseignement professionnel par défaut. Certes, la volonté politique est, au départ, de remettre ces élèves de 1ère différenciée dans le circuit. Mais, de fait, on se rend compte que si l’on forme des classes homogènes d’élèves de même niveau, ces classes ont une dynamique d’apprentissage très peu intéressante pour les élèves et les enseignants. Pour le moment, malgré la volonté politique et l’acharnement de certains professeurs à vouloir que leurs élèves s’en sortent, peu d’élèves sortent de cette spirale.

D’aucuns ont soulevé l’idée que si le CE1D arrive à prendre de l’ampleur et à concerner toutes les écoles de la Communauté française, il pourrait remplacer le CEB…

Cela donnerait beaucoup plus de cohérence au système, car on ne couperait pas le continuum du primaire et du début du secondaire. Ce serait intéressant de ne pas rajouter un examen, mais de faire en sorte qu’un examen puisse prendre la place du CEB.

Que pensez-vous du TESS en fin de secondaire ?

A l’heure où nos voisins français se demandent régulièrement s’ils ne vont pas supprimer le baccalauréat, on dirait que la Communauté française essaie d’en installer un progressivement. Mais on voit bien que dans nos universités, arrivent des étudiants qui ont réussi l’examen de fin de secondaire, mais qui n’ont pas le même niveau. En 1ère année d’université, le taux d’échec est de 60 %, ce qui est très coûteux pour les étudiants, leur famille et les universités. Donc, qu’on réfléchisse à un examen de fin de secondaire qui serait plus équitable, car il concernerait toutes les écoles de la Communauté française, cela me paraît plutôt louable. Après, on voit bien que les choses ne se font pas en droite ligne. Pour le moment, tel qu’il est, le TESS n’est pas très satisfaisant. Après, il faut penser à ce vers quoi il peut mener. Parce que le système actuel n’est pas non plus satisfaisant : à partir du moment où on n’a pas d’examens fédérateurs qui vont pouvoir noter tous les élèves dans toutes les écoles du pays, on renforce d’une certaine façon les bonnes et les mauvaises écoles.

Le temps de préparation dédié à ces épreuves n’empiète-t-il pas sur le temps qui pourrait être consacré à l’apprentissage ?

Au niveau des classes, c’est une grosse perte de temps, mais ce que j’y vois d’assez intéressant, c’est que, d’une certaine façon, dans ces préparations d’examens, l’enseignant se situe en dehors : il est là pour préparer ses élèves pour qu’ils réussissent. L’instance qui va évaluer est externe. Pour une fois, l’enseignant n’est pas l’ennemi pour certains élèves. C’est assez positif. Néanmoins, pour les élèves qui ne réussissent pas, la sanction est toujours négative, qu’elle soit interne ou externe.

Ces évaluations, une fois leurs résultats délivrés, n’entraînent-elles pas une concurrence malsaine entre les élèves, entre les écoles, entre les professeurs et entre les parents ?

C’est effectivement très malsain. Une classe dont tous les élèves ont réussi le CEB, de milieu favorisé, on peut dire que cette école et ses enseignants n’ont aucun mérite. Mais dans des classes qui sont dans une plutôt grande "misère" sociale et où 50 à 60 % des élèves ont réussi, on peut dire qu’elles ont beaucoup plus de mérite. Quant à la concurrence entre un élève qui a réussi le CEB et un autre qui l’a raté, on veut qu’il y ait de l’échec, mais que cela ne soit pas pour nos enfants. Il faut toutefois qu’il y en ait, car, sinon, la réussite de nos enfants ne présenterait aucun intérêt. C’est un vrai problème de société. Mais il faut bien se dire qu’à terme, on le paiera, car on est en train de construire une société extrêmement violente. On assure une position sociale à ses enfants, mais à quel prix ? A-t-on envie de ça ?

Pourquoi ne pas supprimer le système de notes et des évaluations ? Comment élèves et professeurs pourraient-ils alors vérifier que la matière a été bien comprise et acquise ?

C’est très compliqué. On voit bien que la note ne réfléchit pas grand-chose et a des effets pervers. Mais, en effet, il faut bien qu’on sache si nos élèves ont compris ou non. Notre système scolaire vise à les rendre compétents - ont été mis en place des socles de compétences - et, donc, il faut bien qu’on sache a minima s’ils ont atteint ou pas ces compétences. Là, c’est très compliqué, car ce n’est pas une note qui reflète les compétences. En outre, évaluer des compétences, cela prend beaucoup de temps. Plus on va vouloir évaluer souvent, plus on voudra que cela se passe vite, tant au niveau des passations que des corrections (QCM, vrai-faux, ). Or, une évaluation des compétences nécessiterait que l’on mette l’élève devant de la complexité. De l’avis de tous les chercheurs, la compétence s’exprime face à de la complexité, en mobilisant des choses qu’on a apprises. Cette mobilisation est très compliquée à repérer. Cela prend du temps, et il y a toujours un peu d’incertitude quand on évalue la complexité. Mais quand on évalue de façon plus classique, pour éliminer l’incertitude, on enlève plein de dimensions aux apprentissages : on évalue que ce qu’on sait évaluer, ce qui ne reflète pas la situation d’apprentissage de l’élève.

14:05 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19 mai 2012

Et pourquoi pas des écoles musulmanes ?

Et pourquoi pas des écoles musulmanes ?

Ouri Wesoly (CCLJ), le 18 mai 2012

L’information a été annoncée par notre confrère Le Soir : la mosquée Al Amal envisage d’obtenir l’agrément de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour ouvrir des écoles musulmanes. Elle a suscité quelques réserves. Et pas seulement chez certains partisans de la laïcité.

Le projet de la mosquée Al Amal, située, -ça ne s’invente pas- rue du Libre Examen à Anderlecht, est d’ouvrir trois écoles (maternelle, primaire et lycée) reconnues. C’est-à-dire dont les programmes sont acceptés, les diplômes reconnus et les enseignants payés par l’Etat.

Quel est le problème ? Ces établissements ne feraient que s’ajouter aux écoles catholiques, juives, protestantes ou non confessionnelles à pédagogie spécifique (Freinet, Montessori…)  qui existent depuis belle lurette.

Oui mais c’est, hé bien… musulmanUne religion dont le moins qu’on puisse dire, est que les excès de ses intégristes suscitent peur et colère. Qui plus est, le nom d’Al Amal évoque le récent «Questions à la Une» de la RTBF consacré à l’islam

C’est là qu’un imam tonnait avec haine contre la «Journée de la femme», invention juive…  Certes, depuis l’homme a été réprimandé. Mais Al Amal cache peu ses sympathies pour un salafisme qu’on espère tempéré.

Pour rappel, le salafisme prône un islam «ultra-orthodoxe» pour lequel le Coran doit régir l’ensemble de la vie des fidèles. Et dont les préceptes doivent être appliqués à la lettre. Pas de quoi rassurer la majorité laïque de notre population.

Sauf que des écoles prônant une vision rétrograde de la religion existent aussi chez les catholiques… ou les Juifs, (à Anvers, en tous cas). On peut certainement le déplorer mais, suivant le «Pacte scolaire» qui régit notre enseignement, elles sont légales.  Si…

Si elles respectent les lois, les décrets et les valeurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex Communauté Française). C’est-à-dire, entre autres, l’égalité des sexes, la mixité et les programmes et ce, même s’ils sont en contradiction avec la religion. (Pourtant les médias ne cessent de nous informer que ni le PO ni aucun établissement scolaire subsidié par la FWB à Bruxelles-Ville, par exemple, ne respecte ses décrets. D'ailleurs l'échevine Faouzia Hariche PS, une intégriste laïque, le reconnaît et justifie ce viol caractérisé des décrets ! ) (Rachid Z)

On pense bien sûr à la théorie de l’évolution, contestée par les intégristes de tous poils au profit du «créationnisme». Et c’est au Ministère de l’Education à veiller au respect de ces règles. Ce qu’il fait.

Ainsi, on se souvient peut être qu’en 2005, le ministère flamand de l'Enseignement avait privé de son agrément l’école juive de filles Bais Rachel d’Anvers qui refusait de donner des cours d’éducation sexuelle.

Au prétexte, affirmait la directrice que «nos enfants n'ont pas de problèmes sexuels.»...   Le Ministère flamand avait alors bien agi et on ne voit pas pourquoi son exemple ne serait pas suivi à Bruxelles.

Des accommodements si peu raisonnables

On notera qu’il n’y a pas que les laïcs suspicieux qui s’inquiètent de la création d’écoles privées musulmanes. Il y a aussi les partisans de ce qu’on appelle les «accommodements raisonnables»

A leurs yeux, ce serait à l’école publique de s’adapter dans la mesure, expliquent-ils, que le réseau officiel bruxellois compte plus de 40% d’élèves musulmans. Moyennant quoi, celle-ci devrait, par exemple, tolérer le port du foulard.

Au risque sinon de voir fleurir dix, cents écoles Al Amal et les enfants musulmans s’y engouffrer en masse. Sauf que ces accommodements ne sont jamais assez «raisonnables» aux yeux des intégristes. Et qu’ils en réclament  toujours davantage.

Car, si elle admet le foulard, ils exigeront que l’école publique renonce à la  natation, à certains cours, à la mixité en classe…  Bref, pour complaire à une minorité, qu’elle abandonne des valeurs démocratiques chèrement conquises contre la religion ex-majoritaire.

Ce n’est pas le rôle de l’enseignement public de revenir sur des questions tranchées par la société voici déjà longtemps.  Et il est douteux que les musulmans de la capitale eux-mêmes le désirent. Ils sont certes, comme tout le monde attachés à leurs racines et à leur culture d’origine.

Ce n’est pas pour autant qu’ils sont tous pratiquants et encore moins bornés ou intégristes. Ils sont bien davantage désireux de donner à leurs enfants toutes les chances qu’offre une éducation moderne et ouverte.

Certains, de fait, préfèreront envoyer leurs enfants dans ces écoles. Mais l’exemple de notre communauté est là pour montrer que ce n’est pas non plus une catastrophe. Il est possible à Bruxelles de suivre un «cursus juif» depuis la crèche jusqu’à la fin du lycée.

Et puis, après ? Nos jeunes y apprennent l’histoire, la culture, les fêtes juives,  des éléments d’hébreu, etc. En plus du reste. Après quoi, ils passent dans l’enseignement supérieur et n’y réussissent en général pas si mal.  Pourquoi en irait-il autrement dans les écoles musulmanes ?

Elles aussi se heurteront au principe de réalité : on exigera d’elles qu’elles accroissent les chances de réussites des élèves. Et si elles entendent se limiter, par exemple, à faire apprendre le Coran par cœur, elles n’intéresseront pas grand monde. Et tomberont sous le coup de la loi.

17 mai 2012

Les enfants d'Edouard ?

Les enfants d'Edouard ?

Par Ep2c, le 15 mai 2012

Dans son discours en hommage à Jules Ferry, le nouveau président de la République a confirmé son engagement de rétablir une véritable formation des enseignants. Il a cité un discours de Jules Ferry qui avançait qu’il ne suffit pas de savoir pour savoir transmettre et qu’enseigner était un métier qui, comme tous les métiers, devait s’apprendre.

Occasion de rappeler au monde de la culture combien la haute idée qu’il se fait de lui-même doit à une condescendance toujours renouvelée pour le métier d’enseigner.

En ce sens, Malraux qui affirma vouloir faire pour «la culture» ce que Ferry avait fait pour l’éducation, fut bien un enfant d’Edouard plus que l’héritier de Jules

enfants-dedouard-L-_10vYc.jpg

Extrait d’un vieil et mien article sur la culture scolaire

Voir aussi, du même auteur, «Institution et formation» in Le métier d’instruire, sous la direction de Laurence Cornu, 1992

16:26 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Fédération Wallonie-Bruxelles: 80% des plaintes concernent l'enseignement

Fédération Wallonie-Bruxelles

80% des plaintes concernent l'enseignement

Baptiste Hupin, le 17 mai 2012

Le médiateur de la Fédération Wallonie-Bruxelles a remis son rapport. Ce rapport reprend les plaintes qui lui sont parvenues l'année dernière. Les plaintes les plus fréquentes des citoyens à l'égard de la fédération concernent l'enseignement : plus de 80% des plaintes.

Dans son rapport annuel, le médiateur de la Fédération Wallonie-Bruxelles pointe plus particulièrement les plaintes qui concernent les inscriptions. Pas les inscriptions en première année du secondaire comme on pourrait le croire, mais bien dans l'enseignement fondamental. De plus en plus d'écoles primaires ou maternelles établissent effectivement des critères de sélection pour l'inscription d'élèves.

Jean Marie Lienard, médiateur faisant fonction explique que l'on tient compte, par exemple, du lieu de résidence, "ce qui n'est pas un critère reconnu par la loi pour refuser une demande d'inscription qui est faite en temps utiles".

Un phénomène principalement bruxellois en raison du manque de place dans les écoles. La ville de Bruxelles donne, par exemple, priorité aux élèves domiciliés sur son territoire. Ce qui va a l'encontre du décret mission de la Communauté française. Faouzia Hariche est échevine (PS) de l'enseignement public à Bruxelles elle reconnait le phénomène et justifie ces choix par deux éléments : l'essor démographique d'une part. D'autre part, "toutes les communes n'investissent pas de la même manière dans l'enseignement: celles qui investissent en masse sont prises d'assaut".

Le manque de place dans les écoles en Région bruxelloise commence donc de plus en plus à imposer sa loi.

15:14 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15 mai 2012

Sexiste le concours miss T-shirt mouillé du Fabuleux Marcel de Bruxelles ?

Sexiste le concours miss T-shirt mouillé du Fabuleux Marcel de Bruxelles ?

Sexiste-le-concours-miss-T-shirt-mouille-du-Fabuleux-Marcel-de-Bruxelles_article_full.jpg

ELLE, le 15 mai 2012

Com décalée ou mauvais goût ? La marque belge qui a rendu le marcel hype invite les filles à poser en marcel mouillé.

Le 24 mai, un studio photo éphémère accueillera celles qui désirent participer au concours et se feront arroser le buste vêtu d'un Marcel généreusement offert par l'enseigne! Les clichés seront diffusés sur le site de la marque.

Certaines crient au scandale, nous à la rédac on trouve plutôt ça marrant.

"Le Fabuleux Marcel est une marque qui a le second degré chevillé à son ADN (rien que le nom de la marque... Flamande). Quant aux filles, si elles perdent leur sens de l'humour et du décalage au nom d'une attitude "chiennedegardiste", la vie sera bien triste." Béa Ercolini.

"Moi je trouve pas ça sexiste mais sexy! Et drôle!" Eugénie.

"La féministe en moi ne s'insurge pas : ces filles ne sont pas forcées..." Marie

Et vous vous en pensez quoi ?

15:22 Écrit par Rachid Z dans Discriminations, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Séminaire de réflexion "Egalité de genre dans le choix des études : un leurre ?"

Séminaire de réflexion

"Egalité de genre dans le choix des études : un leurre ?"

Aujourd’hui, en Belgique, des lois existent pour protéger les citoyens contre toutes formes d'inégalités de genre, et des institutions veillent au respect de l'application de ces lois, mobilisent des acteurs de terrain pour accompagner leur mise en place, réalisent des campagnes de sensibilisation et de prévention pour faire évoluer les mentalités dans ce sens. Malgré la panoplie d’outils, force est de constater que les inégalités de genre sévissent encore dans la vie quotidienne, professionnelle, sociale ou privée.

Certains stéréotypes véhiculant des relents sexistes s’avèrent bien plus persistants qu'il n'y parait. Il est donc nécessaire de continuer à travailler sur les imaginaires collectifs que nous renvoie la société, imaginaires qui interviennent dans la construction de nos modèles sociaux.

Un tel constat s'applique à l’orientation professionnelle qui, nous le savons, commence bien avant d'entrer sur le marché du travail, à savoir dès l'école secondaire. Ainsi, les services chargés de l’égalité des chances s'inquiètent des différences marquées en matière de choix de filière d'études entre les garçons et les filles, preuve que les stéréotypes sont toujours actifs et interviennent de façon inconsciente dans nos choix, nos orientations et nos préférences. Des nombreuses études fouillées sur la question, nous retiendrons ici trois éléments qui pointent le poids injustifié des stéréotypes :

les filles sont très souvent mieux informées que les garçons sur les filières d’enseignement ainsi que sur les débouchés professionnels qui en découlent.

dès le début du secondaire, les filles se voient plus facilement reléguées que les garçons vers des filières comportant peu de mathématique et à ce titre, moins bien considérées.

les filles obtiennent en moyenne de bien meilleurs résultats que les garçons, et ce quelle que soient les options secondaires ou universitaires dans lesquelles elles sont inscrites. Il y a lieu de s'interroger pourquoi elles s'orientent massivement dans leurs études vers des filières moins valorisantes.

Lors de ce séminaire de réflexion, le Centre régional du Libre Examen ouvrira le débat afin de mieux comprendre les raisons de la persistance de ces stéréotypes tout en réfléchissant à des pistes de solutions pour l’élaboration d’une égalité de genre dans les choix professionnels.

Programme du séminaire

"L'orientation scolaire : influencée par le genre" - José-Luis Wolfs, Chef de Service des Sciences de l'Education de l'ULB

"Le choix du domaine d'études universitaires selon l'origine" - Maud Van Campenhout, chercheuse au Girsef (groupe interdisciplinaire de recherche sur la socialisation, l'éducation et la formation) et assistante en sociologie à l'UCL

"Impossible de lutter contre l'écart salarial sans lutter contre les stéréotypes ... ?" - Françoise Goffinet, attachée à l'Institut pour l'Egalité des femmes et des hommes

"Genre, orientation et élèves "non-traditionnels" - Lionel Galand, Chargé de recherches à Cap-Sciences Humaines asbl

Quand : Mardi 22 mai 2012 de 9h30 à 13h00

Où : Maison de la Solidarité - 66, rue Coenraets - 1060 Bruxelles

Paf : 2 €

Réservation recommandée au info@centre-librex.be ou vlacroix@centrelibrex.be -

02 535 06 78

Organisation : Pascale De Boeck

www.centre-librex.be  

14:30 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10 mai 2012

Ismahane Chouder : avec la circulaire de rentrée scolaire 2012, «la discrimination est institutionnalisée»

Ismahane Chouder

Avec la circulaire de rentrée scolaire 2012, «la discrimination est institutionnalisée» 

2179071-3037220.jpg

Par Assmaâ Rakho-Mom, le 05 mai 2012

La circulaire organisant la rentrée 2012 a été publiée le 27 mars 2012 au «Bulletin officiel». Une circulaire tout à fait ordinaire, si ce n'est ce petit paragraphe intitulé «Garantir la laïcité». Un paragraphe qui, à quelques semaines du premier tour de la présidentielle, est passé inaperçu. Pourtant, d'après Ismahane Chouder, membre fondatrice du collectif Mamans toutes égales (MTE), il entérine et institutionnalise la discrimination à l'égard des mamans portant un foulard. Son second alinéa demande, en effet, de faire figurer dans le règlement intérieur l'interdiction de manifester, par sa tenue, ses convictions religieuses. Entretien.

Buzzlim.fr : Dans la circulaire Chatel pour la rentrée 2012, que dit le paragraphe intitulé «Garantir la laïcité» ?

Ismahane Chouder : Il donne des directives claires aux académies pour que soit répercutée dans les règlements intérieurs des écoles maternelles et élémentaires la garantie du principe de laïcité. En clair, les parents accompagnateurs sont soumis au principe de neutralité et ne doivent pas porter de signes indiquant leur appartenance religieuse.

Qu'est-ce qu'implique cette recommandation ?

I. C. : Elle assimile de fait les parents d'élèves à des bénévoles du service public. Elle les assujettit au principe de laïcité, entérine la discrimination à l'égard des mamans portant un foulard, et officialise le fait que des mamans portant un foulard ne pourront ni encadrer les sorties scolaires, ni s'impliquer dans la vie scolaire.

Comment cela se passait-il jusqu'à présent ?

I. C. : Jusqu'à présent, la discrimination était illégale car il n'y avait pas de texte qui stipulait de manière aussi précise que vient de le faire cette circulaire. Les parents accompagnateurs sont maintenant de fait soumis au principe de laïcité. La majorité des établissements qui pratiquaient cette discrimination à l'endroit des mères portant un foulard s'appuyait sur la loi du 15 mars 2004 et sa circulaire d'application.

Et pourtant, elle disait bien que la loi ne concernait pas les parents d'élèves. Il fallait donc, au cas par cas, avoir des entrevues soit avec la direction de l'école, soit avec les professeurs des écoles qui pratiquaient cette discrimination de manière illégale, mais bien souvent dans l'ignorance de la loi. Alors que maintenant, c'est institutionnalisé par le ministère du gouvernement Fillon.

L'expression «il est recommandé» utilisée dans le texte oblige-t-elle les établissements à faire voter les conseils d'école sur ce sujet ?

I. C. : Normalement, c'est une recommandation non contraignante. La première circulaire qu'avait tentée Luc Chatel l'an dernier à peu près à la même période s'inscrivait un peu dans cet esprit de recommandation non contraignante. Sauf que déjà, en l'occurrence, certaines écoles s'étaient prévalues de cette recommandation pour appliquer cela, sachant que les parents d'élèves ou les conseils d'école pouvaient attaquer les règlements intérieurs qui mettaient en avant cet alinéa.

Maintenant ce qui va se passer, c'est que les directeurs ou les directrices d'école qui interprétaient le principe de laïcité, vont désormais se prévaloir d'une circulaire officielle parue au Bulletin officiel pour l'institutionnaliser. Donc ce qui change, ce n'est pas la discrimination en elle-même car elle existe depuis bientôt dix ans dans les faits, c'est que nous n'aurons que très peu de recours pour faire casser les règlements intérieurs qui vont adopter cette recommandation.

Les associations de parents d'élèves se sont-elles prononcées sur le sujet ?

I. C. : En ce qui concerne la PEEP, elle est clairement sur la ligne gouvernementale de Sarkozy et est très frileuse sur ces questions.

Par contre, la FCPE, qui avait pris une position très humaine qui l'a honorée en 2004, en précisant que la loi du 15 mars 2004 ne s'appliquait pas aux parents d'élèves, que cela constituait une discrimination et qu'elle appelait à ne pas faire barrage aux mères qui portaient un foulard dans l'accès aux instances de parents d'élèves et dans l'encadrement des sorties scolaires, est là très frileuse. Nous avions saisi la FCPE nationale il y a à peu près un an, en la personne de Michel Hervieux, et les arguments avancés étaient qu'il fallait privilégier le dialogue, ne pas aller au clash, que cela pouvait se résoudre par le dialogue. Une position frileuse donc, tout en condamnant cette discrimination à l'égard des mères portant un foulard.

Donc là, clairement, nous, en tant que Collectif Mamans toutes égales, nous allons remonter au créneau, en demandant à la FCPE de se positionner clairement, car la circulaire est désormais officielle.

Qui vote le règlement intérieur des écoles ?

I. C. : C'est le conseil d'école. Il est composé du personnel enseignant, de la direction de l'école, de représentants de la mairie et de l'académie et de parents d'élèves élus. Vers la mi-octobre en général ont lieu les élections de parents d'élèves, et dans les quinze jours suivants a lieu le premier conseil d'école auquel est soumis le vote du règlement intérieur.

Des actions à venir ?

I. C. : Il y a l'aspect juridique sur lequel nous sommes prêts à travailler, avec des mamans qui sont prêtes à attaquer juridiquement cette circulaire. Et en même temps, mener un véritable campagne de sensibilisation de manière à ce que les mères qui portent un foulard et qui sont engagées dans des conseils d'école en maternelle ou en primaire, s'impliquent et impliquent d'autres mamans avec elles, pour ne pas laisser voter un règlement intérieur qui les discriminerait.

Des recommandations ?

I. C. : Ce serait d'être très vigilant par rapport au contenu du règlement intérieur. Jusqu'ici, nous avons eu des cas malheureux où des mamans qui portent un foulard, qui étaient impliquées dans des conseils d'école, ont voté des règlements qui les avaient exclues, tout simplement parce que l'exclusion ne reposaient pas sur une légalité. Les mots étaient vraiment enrobés de manière à ne pas cibler directement ces mamans, pour ne pas avoir des règlements intérieurs susceptibles d'être invalidés.

Nous avons un cas notamment sur Créteil, où nous avons demandé, lors d'une information publique à une directrice présente qui s'est prêtée au jeu, de convoquer un conseil d'école extraordinaire de manière à casser un règlement intérieur qui avait été validé et qui établissait la discrimination au prétexte de la religion.

09 mai 2012

Enseignement bruxellois Attention danger

Enseignement bruxellois

Attention danger

Par Alain Buekenhoudt, école Clair-Vivre (pédagogie Freinet), instituteur classe de 5/8), le 08 mai 2012

J'aimerais faire appel ici aux enseignants bruxellois qui s'apprêtent à prendre de plein fouet le boum démographique que l'on nous promet à Bruxelles. Je constate que les enseignants et les parents commencent à réagir dans mon école mais je me doute que certains collègues n'auront pas de tels soutiens. Peut-on faire de ce forum un lieu d'échanges des différents projets de créations de places dans les 19 communes ? Des différentes stratégies mises en place par les PO ? Peut-on essayer de décrire ici les projets pour en percevoir le sens et la pertinence ? Je pense qu'il ne faut pas s'épuiser à se battre contre des conditions de travail de plus en plus irrespectueuses des enfants chacun dans son coin mais qu'il faut mutualiser nos revendications pour que des écoles où les parents sont peu présents ne soient pas abandonnées à leur triste sort.

Il me semble cependant qu'un certain fatalisme s'installe. L'an dernier, au cours d'une réunion politique concernant l'avenir de l'enseignement à Bruxelles, j'ai pu entendre un responsable politique bruxellois de tout premier plan avoir le discours suivant :

- la salle : "Ne pensez-vous pas que des classes-containers ne sont pas très adaptées pour un enseignement de qualité?"

- le responsable politique : "Ce n'est pas l'idéal mais il faudra bien s'y résoudre".

- La salle : "Une autre question se pose, y a-t-il des enseignants pour occuper ces classes ?"

- Le responsable : "Des personnes sans diplôme pédagogique, avec un titre de crise, c'est pas l'idéal... mais il faudra bien s'y résoudre".

Nous n'aurons donc plus un enseignement publique de qualité dans les années à venir mais faudra-t-il s'y résoudre.?

15:40 Écrit par Rachid Z dans Enseignements | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |