06 mars 2012

Halal-Cacher: Fillon demande aux juifs et musulmans de revenir sur les "traditions ancestrales"

Halal-Cacher

Fillon demande aux juifs et musulmans de revenir sur les "traditions ancestrales"

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AFP, le 06 mars 2012

En pleine polémique sur la viande halal, François Fillon a provoqué lundi la colère du Crif en suggérant aux juifs et aux musulmans de revenir sur les "traditions ancestrales" d'abattage rituel des animaux, qui ne correspondent plus aujourd'hui "à grand-chose".

Lundi matin, le Premier ministre, s'exprimant à titre personnel, a estimé sur Europe 1 que "les religions devaient réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé".

Ces déclarations ont suscité le mécontentement du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, dont l'organisation entretient de bonnes relations avec Nicolas Sarkozy.

"J'ai été choqué de l'entendre s'exprimer ainsi", "la déclaration de François Fillon est stupéfiante", a déclaré à l'AFP Richard Prasquier.

"Même s'il dit que c'est à titre personnel qu'il s'exprime, quand on est Premier ministre, on a une parole officielle. Nous sommes dans un pays de séparation de l'Eglise et de l'Etat", a rappelé M. Prasquier.

Sollicité à plusieurs reprises, le Conseil français du culte musulman (CFCM) n'a pu être joint.

A l'UMP, la secrétaire nationale Salima Saa, étoile montante du parti majoritaire, s'est déclarée "attristée de voir s'étaler des jugements négatifs et dévalorisants sur les musulmans de France".

M. Fillon avait précisé sa pensée en affirmant qu'"on est dans un pays moderne". "Il y a des traditions qui sont des traditions ancestrales, qui ne correspondent plus à grand-chose alors qu'elles correspondaient dans le passé à des problèmes d'hygiène", a enchaîné M. Fillon.

"On pourrait y réfléchir", a-t-il ajouté, précisant toutefois que ce n'était "pas le jour et pas le moment d'engager ce débat".

Juppé mal à l'aise

La polémique sur la viande halal a été initiée par la candidate du Front national, Marine Le Pen, puis reprise par Claude Guéant qui l'a même liée au droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales.

Nicolas Sarkozy a pour sa part plaidé samedi à Bordeaux en faveur de "l'étiquetage de la viande en fonction de la méthode d'abattage". Lundi dans l'Aisne, il est revenu sur le sujet devant la presse, : "Un sondage disait il y a dix jours que le premier sujet de préoccupation des français, c'est cette question de la viande halal", a-t-il lancé, alors qu'il avait jugé le 21 février qu'il s'agissait d'une "polémique qui n'a pas lieu d'être".

Il n'est "pas judicieux" et "ce n'est pas le moment de parler" de l'étiquetage de la viande halal ou casher, a de son côté réagi le Grand rabbin Bruno Fiszon, spécialiste des questions d'abattage au Consistoire central.

"Si on veut informer, qu'on informe le consommateur sur tous les événements qui ont amené son steak dans l'assiette. Un étiquetage qui se focaliserait uniquement sur le rituel conduirait à une stigmatisation", a-t-il insisté.

M. Fillon a défendu la position du président-candidat et réfuté toute stigmatisation des musulmans et juifs de France: "On ne peut demander à la fois la traçabilité de tous les produits et ne pas souhaiter que les Français sachent ce qu'ils mangent".

Il n'a pas désavoué non plus Claude Guéant pour avoir établi un lien entre droit de vote des étrangers et viande halal. Le ministre de l'Intérieur a d'ailleurs répété lundi soir, quasiment dans les mêmes termes, ses propos sur un lien éventuel entre vote des étrangers et viande halal.

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a pour sa part pris ses distances avec le sujet. "J'ai déjà dit que le 'choc des civilisations' n'était pas ma tasse de thé. Je pense que le problème de la viande halal est un faux problème en réalité, qu'il y a d'autres vraies questions qu'il faut se poser", a déclaré le maire de Bordeaux.

La difficile intégration des migrants de l'Est

La difficile intégration des migrants de l'Est

Par Élodie DARDENNE, le 06 mars 2012

À la fin 2010, 125 personnes résidaient dans la Manche sous le couvert du statut de réfugié politique ou de protection subsidiaire.

Depuis l'éclatement de l'URSS, les migrants d'Europe centrale et de l'Est affluent en France. Réfugiés politiques pour la plupart, ils sont de plus en plus nombreux à Saint-Lô.

«Il y a à peine plus de 1 % d'étrangers dans la Manche. Le mythe de l'invasion des immigrés est d'autant plus faux ici, l'un des départements qui accueille le moins d'étrangers, explique Jacques Declomesnil, président du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), qui aide les demandeurs d'asile dans les démarches administratives. En 2011, selon la préfecture, 88 personnes ont été reconduites à la frontière (contre 55 ayant obtenu la nationalité française au cours des six derniers mois). Parmi eux, de plus en plus de Kirghizes, de Kazakhs, de Russes, de Moldaves, d'Arméniens... Des personnes qui fuient les conflits ethniques ou politiques, la répression et le racisme. «Depuis l'éclatement de l'URSS, la situation dans ces pays est inextricable. Il y a beaucoup de couples mixtes rejetés à cause de cette mixité. Ils sont humiliés, leurs passeports sont confisqués», poursuit Jacques Declomesnil.

Réfugiés politiques

Ils arrivent à Saint-Lô le plus souvent par hasard, en fonction des places disponibles en hébergement d'urgence et centres Cada. Ils sont pour la plupart réfugiés politiques et fuient les discriminations, avant la misère. «Dans le milieu des années 1990, beaucoup de Géorgiens sont arrivés ici. Depuis quelque temps, nous avons beaucoup d'Arméniens et de Kirghizes. C'est étonnant car on connaissait à peine ce pays avant», déclare-t-on au CCAS. «Il y a beaucoup de familles des pays de l'est qui vivent à la Dollée», ajoute Viviane Tardif, déléguée représentante à Saint-Lô pour La Pastorale des migrants.

Sur les sept enfants en cours de scolarisation à Saint-Lô en 2012 et pris en charge par l'AUDA (Accueil d'urgence des demandeurs d'asile, qui dépend du CCAS), tous sont originaires de ces pays. «L'inspection académique s'occupe de placer les enfants dans les différentes écoles de la ville, explique Françoise Mounier (CCAS). Notre rôle est de les signaler». Selon Jacques Declomesnil, l'obligation de scolarisation des enfants protège un peu les familles : «Les personnes isolées sont les plus fragiles. Les enfants aident à l'insertion, souvent une solidarité existe autour des enfants, des réseaux se créent au niveau des écoles».

La langue, premier barrage

«Le principal problème des personnes originaires des anciens pays de l'est, c'est la barrière de la langue. Ils veulent travailler, s'intégrer mais souvent, au début, c'est difficile à cause de cela», constate-t-on à la Pastorale des migrants, qui apporte écoute et soutien aux immigrés, et répond aux besoins du quotidien comme le partage d'un repas ou l'achat d'une gazinière. Jacques Declomesnil confirme : «Il faut trouver un interprète pour toutes les démarches administratives.» Le centre Mersier propose des formations au français pour les adultes. De quoi patienter en espérant la régularisation de leur situation. Mais «80 % des demandes d'asile sont déboutées en France. Nous sommes un peu des marchands d'espoir», déplore Jacques Declomesnil.

02 février 2012

Comment Sarkozy va tenter de récupérer le vote gay par la peur de l'Islam

Comment Sarkozy va tenter de récupérer le vote gay par la peur de l'Islam

Par Frédéric Martel, le 01 février 2012

Les milieux gays ont-ils viré à droite ? C'est ce qu'affirme l'activiste Didier Lestrade dans un petit livre qui jette sur la présidentielle un regard intelligent et décalé. Et pourrait bien annoncer la tonalité "anti-islam" de la campagne sarkozyste à venir

Il y a des livres qui ne ressemblent à rien. Un pamphlet ? Un témoignage personnel ? Un essai ? On ne sait quoi penser. Pourtant, le petit ouvrage que publie ce jeudi Didier Lestrade sonne juste. Et frappe fort.  

Intitulé Pourquoi les gays sont passés à droite, le livre de Lestrade - qui fut le fondateur d'Act Up-Paris et le co-fondateur du mensuel Têtu - aborde une question bien plus sensible qu'il n'y paraît

Évacuons tout de suite le problème sociologique. Les sondages confirment-ils l'affirmation de Lestrade ? Oui et non. Selon la dernière étude sur le sujet publiée, en janvier 2012 par l'Ifop et le Cevipof, cette "minorité sexuelle" serait en fait bien ancrée à gauche. Les électorats "gays, bis et lesbiennes" rejetteraient clairement la droite parlementaire et, "moins abstentionnistes, moins hésitants et plus constants dans leurs choix que le reste des Français", ils formeraient un socle très sûr pour la gauche. En même temps, l'étude de l'Ifop montre que cette "minorité" a une "propension à se situer comme proche du Front National (10%) aussi forte que dans le reste de la population (9%)".  

L'autre point intéressant de l'enquête de l'Ifop concerne le poids électoral de cette "minorité". D'après ces données, les gays, bis et lesbiennes représenteraient 6,5% de la population âgée de 18 ans et plus (3% se revendiquant homosexuelles et 3,5% comme bisexuelles) soit 3,2 millions de personnes affirmant une "part d'homosexualité" en âge de voter, dont 1,5 millions d'homosexuel(le)s et 1,7 millions de bisexuel(le)s.  

François Kraus conclut, au nom de l'Ifop et du Cevipof: "Le poids électoral des bis et des homosexuels est donc loin d'être négligeable si on le compare, par exemple [à d'autres] groupes électoraux tels que le noyau dur des catholiques pratiquants ou encore, à l'ensemble des musulmans inscrits sur les listes électorales".  

En résumé, il n'y a pas, électoralement, de "droitisation du milieu gay", même si cette minorité reste très sensible au Front National. Enfin, l'enjeu est important puisque 2,8 millions de personnes revendiquant "une part d'homosexualité" vont prendre part aux élections d'avril et mai prochain.  

Ce n'est donc pas en termes quantitatifs ou statistiques qu'il faut lire l'ouvrage de Didier Lestrade. Et c'est là qu'il devient formidablement intéressant.  

Le communautarisme gay est la solution 

Par bien des aspects, Pourquoi les gays sont passés à droite est d'abord un récit personnel. Un des plus grands militants homosexuels français raconte son parcours circulaire, de sa province natale au retour en province à l'âge de la maturité. Entre les deux, il y a bien sûr: Paris. Plus Lucien de Rubempré que Rastignac, Lestrade a connu la nuit urbaine, le journalisme (il sera adopté par le magazine Gai Pied qui sera pour lui "une seconde famille"), le militantisme gay ("je trouve leur discours trop obtus et surtout trop triste"), la passion pour la house et la musique techno dont il fut l'un des introducteurs en France et dont il deviendra le critique du journal Libération. Et puis, bien sûr, le sida. Lestrade appartient à cette génération d'homosexuels, unique dans l'histoire, qui, entre 1983 et les années 2000, ont perdu un grand nombre de leurs amis. Au retour d'un voyage aux États-Unis, il crée Act Up-Paris à l'été 1989. Son combat, radical et d'abord solitaire, aura finalement un impact considérable sur l'histoire de la pandémie et sur la politique française.  

De ces années de luttes dures, Lestrade a conservé une certitude: le communautarisme sida a sauvé des dizaines de milliers de vies dans les années 1990. Pour lui, "les minorités se développent, s'épanouissent et s'affirment au sein de la société à travers la notion de groupe". Lestrade assume, ce qui est rare en France, une position communautariste. Aimanté par les quartiers gays des États-Unis, il pense que les gays ont réussi à s'entraider parce qu'ils formaient une communauté. Et cette idée le fascine. 

A partir de là, Lestrade va concentrer ses attaques contre le modèle républicain français, aveugle aux différences, rigide dans son universalisme abstrait, qui cache trop bien son racisme et son homophobie sous couvert de l'égalité pour tous. Lestrade dénonce une France qui "s'est engluée dans son refus obsessionnel de la discrimination positive et du multiculturalisme". Il rappelle aussi, dans une confession très personnelle, comment "la République" lui a "enlevé" un de ses boyfriends arabes, qui n'a pas pu rester avec lui parce qu'il n'était pas Français et n'avait probablement pas de papiers.  

En cela, son parcours est un peu l'inverse de celui de Caroline Fourest, née dans le communautarisme dur et qui va évoluer vers le républicanisme obtus. Mais à la différence de Fourest, qui est l'une de ses principales cibles, Lestrade n'a pas l'intention de se limiter à la défense de sa petite minorité: il ouvre ses bras et prend la défense des autres groupes marginalisés. "C'est dans ce climat, écrit-il, que les gays participent à la montée en puissance du racisme et de la xénophobie dans le pays... J'ai le sentiment que le mouvement gay se détourne de son histoire et s'en prend à d'autres minorités". Il pense bien sûr aux Noirs et aux Arabes.  

Le livre de Lestrade consiste à faire la genèse de ce grand basculement à droite d'une certaine élite homosexuelle française et à dénoncer des "personnalités gays" dont l'égoïsme les a conduits à être communautaristes au nom de leurs intérêts et universalistes au nom de leurs principes. Pro-gays pour eux-mêmes et anti-arabes contre les autres.  

Après avoir analysé la montée de l'extrême droite en Europe (y compris en décrivant le rôle de figures gays comme Jörg Haider en Autriche ou Pim Fortuyn aux Pays-Bas), Didier Lestrade s'intéresse au cas français. Son chapitre sur Marine Le Pen, qui n'est pas toujours bien informé, est juste de ton; surtout, Lestrade est l'un des premiers à décrire l'entourage de la patronne du FN où les gays sont nombreux. "Sait-on, écrit-il, que la garde rapprochée de Marine Le Pen est constituée d'une solide poignée de gays?".  

Après ces généralités, l'ancien président d'Act Up passe aux choses sérieuses et vise, nommément, les responsables de la droitisation du milieu gay: Caroline Fourest, Renaud Camus, François-Marie Banier, Frédéric Mitterrand et Joseph Macé-Scaron (les mêmes figures que, sur un autre registre, je dénonce moi-même pour être devenues les symboles du "sarkozysme culturel").  

"Caroline Fourest, tu devrais avoir honte

Son sujet, c'est "l'homo-nationalisme" et le néo-racisme des gays à l'égard des autres minorités, et d'abord des Arabes. Au "choc des civilisations" huntingtonien qui a accompagné le 11 septembre correspondrait un "choc des sexualités". Un vent de panique serait en train d'atteindre les gays, eux qui étaient si tolérants, si libéraux et si occidentaux, face à l'émergence d'un monde musulman sexiste et xénophobe. "J'ai réalisé tout à coup, écrit Lestrade, que j'étais entouré de personnes qui n'aimaient pas les Arabes".  

Ce qui le mène directement à Caroline Fourest. Frontalement. Lestrade consacre à cette journaliste multi-cartes ultra-féministe, qui squatte les plateaux de télévision, un chapitre complet d'une particulière dureté. Après avoir mis en lumière l'ultra-communautarisme de Caroline Fourest, lorsqu'elle présidait le Centre Gay et Lesbien de Paris et animait la revue ProChoix (qui développait "une analyse du monde à partir de l'angle gay"), Lestrade note son basculement en "passionaria de la laïcité" et bientôt en islamophobe caricaturale. Il étrille cette "success woman de la guerre contre l'Islam" et pointe habillement ses contradictions. Lestrade est très en colère et s'adresse à elle directement: "Nous nous désolidarisons de toi, tout de suite... Tu devrais avoir honte". Que Caroline Fourest, égérie des lesbiennes, s'en prenne à une autre minorité "ça, écrit Lestrade, on ne l'a jamais fait".  

Après cette charge où la sincérité frappe à chaque ligne, Lestrade continue le passage en revue des figures qui "déshonorent" la cause gay dans "cette vieille France de Renaud Camus". Voici le tour de Frédéric Mitterrand. Là, difficile de taxer le ministre de la Culture de "raciste", étant donné qu'il a la double nationalité tunisienne et qu'il passe toutes ses vacances dans sa maison de Tunisie. Lestrade attaque ailleurs où, évidemment, ça fait mal: le tourisme sexuel. Il fut déjà, durant l'affaire de La Mauvaise Vie de l'automne 2009, un critique sévère du comportement du ministre de la Culture. Il récidive dans ce livre. C'est la charge la plus dure que j'ai lue d'un gay contre le comportement de Frédéric Mitterrand. Elle fera date. 

Un plombier polonais nommé Joseph Macé-Scaron 

Voici le tour du romancier et critique littéraire Joseph Macé-Scaron. Après avoir décrit comment ce journaliste réactionnaire du Figaro portant polo Fred Perry (symbole des skinheads) était devenu "wild" et "macho" à Marianne, Lestrade dénonce ses livres où il bascule à droite et s'en prend à sa propre communauté : "C'est comme si un plombier polonais écrivait un livre pour s'en prendre à la vague des plombiers polonais qui sont arrivés en même temps que lui". Pour Lestrade, "c'est la version light de ce que dit Renaud Camus".  

On pourrait trouver off the limit cette tonalité pamphlétaire du livre et regretter autant d'attaques ad hominem. On n'a pas oublié, d'ailleurs, que Didier Lestrade a toujours été unpartisan de l'"outing", action qui consiste à dévoiler publiquement l'homosexualité de gays cachés lorsqu'ils se révèlent publiquement homophobes. Alors comment se fait-il que l'on trouve la charge efficace et jouissive ? 

L'une des raisons profondes de l'intérêt que suscite Pourquoi les gays sont passés à droite réside dans la personnalisation du livre par son auteur. On ne lit pas un essai, pas même un pamphlet, mais plutôt le témoignage personnel d'une des principales figures françaises du monde gay d'aujourd'hui. Va-t-il trop loin ? Oui, bien sûr, et Lestrade répond par avance à la critique: "Oh, vous me trouvez trop personnel, trop intime? Mais vous savez, on a le droit de dire ces choses-là entre gays et lesbiennes. C'est comme les blagues juives, il faut être un peu juif pour les comprendre vraiment. Entre nous, on a le droit de se dire ses quatre vérités". Argument imparable. 

A quelques occasions, Didier Lestrade ne mesure pourtant pas tout à fait la charge de ses coups. Et certaines de ses attaques sont vraiment too much, à commencer par cette incroyable page 41 où il compare l'attrait du FN pour les gays à un "plan cul" avec "bareback" (et qu'il eut été plus prudent d'édulcorer). Peut-être aussi que la page 57 sur la politique pro-gay d'Israël, analysée sous le seul angle d'un "pink-washing" pour faire oublier les violences anti-palestiniennes, aurait mérité d'être plus argumentée. Quant à Luciano Visconti, il en dresse un portrait biaisé, alors qu'il est si loin de John Galliano par exemple. On peut noter aussi quelques erreurs sur Philippe Val ou une faute de frappe sur l'élection présidentielle de 2007 (et non pas 2005).  

Sarkozy, les gays et l'Islam 

Mais au-delà des attaques, le message est bien plus puissant, et plus actuel, qu'il n'y paraît. Lestrade montre comment les gays peuvent être séduits par la droite, par peur de l'immigration et un certain racisme anti-arabe. J'y reviendrai prochainement dans cette chronique hebdomadaire de L'Express, mais je pense qu'il y a là un axe fort que ne va pas manquer de saisir le président-sortant Nicolas Sarkozy pour tenter d'être réélu. Je suis certain qu'il va faire de la proposition de François Hollande d'ouvrir le vote des étrangers aux élections locales, de la peur de l'Islam, des révolutions arabes islamisées, l'un des moteurs de sa campagne à venir. Les gays y seront sensibles et leurs intellectuels de droite aussi. Didier Lestrade nous aura prévenu.  

Lestrade est inconsolable quand il repense à un temps où la pensée gay était "internationaliste, universaliste, tranversale". Un temps d'avant le FN, d'avant le sida et d'avant Caroline Fourest.  

Reste un dernier point. Lestrade a-t-il raison? Sur ses cibles, sur ses critiques contre Caroline Fourest, Renaud Camus, Frédéric Mitterrand et Joseph Macé-Scaron je me sens plutôt proche de lui. Je pense qu'il voit juste et qu'il a bien nommé les responsables des dérives du milieu gay dans la perspective de 2012.  

Là où je ne peux pas le suivre complètement, c'est sur son analyse sociologique (on l'a vu), mais aussi historique. Didier Lestrade appartient, comme moi, à une génération pour qui le militantisme gay a penché très largement à gauche, du FHAR au PACS, des gazolines à Act Up, de Gai Pied Hebdo à Aides et de Bertrand Delanoë jusqu'au mariage gay.  

Mais avant 1968, moment où il bascule à gauche, le militantisme gay était presque exclusivement de droite. Ce fut le cas de la grande association Arcadie entre 1948 et 1982 et de son leader catholique André Baudry. Ce fut encore le cas des grands écrivains qui ont tant marqué cette histoire, d'André Gide à Henri de Montherlant, sans oublier Marcel Jouhandeau ou Julien Green. Et s'il fallait rappeler que les homosexuels ont pu tomber à l'extrême droite par haine des Juifs, il suffirait pour s'en convaincre d'évoquer les noms de collaborateurs comme Maurice Sachs, Robert Brazillach ou Abel Bonnard, que Pétain lui-même surnommait "gestapette". Sans oublier, plus près de nous, les liens complexes avec l'extrême droite entretenues par des écrivains de second ordre comme Roger Peyrefitte ou le comte Jacques de Ricaumont, lequel expliquait avoir "préféré les Allemands couchés plutôt que debout" (Peyreffite et de Ricaumont ont été les mentors littéraro-mondains de Renaud Camus).  

Comme en écho, Daniel, le personnage homosexuel des Chemins de la liberté de Sartre, applaudit l'arrivée des Allemands dans Paris. Et quant à Jonathan Littell, il fait de son personnage nazi un homosexuel dans Les Bienveillantes. La droitisation supposée du milieu gay et la persistance en son sein d'une frange lepénisante n'ont donc rien de vraiment nouveau. Et ici, je renverrais à Lestrade l'une de ses critiques: "Know your history... idiote"!  

Lestrade met les points sur les "i"

Le combat de Lestrade est-il pour autant vain? Il est au contraire très actuel, à la veille d'une importante échéance de 2012. Il est même vital que quelqu'un ait osé tirer la sonnette d'alarme. Et mis les points sur les "i".  

Didier Lestrade était l'homme idoine. Désormais provincial, loin des coteries parisiennes et de ses opportunismes contraints, se situant bien au-delà des désillusions perdues, autant attaché à la décroissance qu'à l'indépendance, heureux des plaisirs de la campagne -ici idéalisée à travers le jardinage et l'amour des chiens en liberté- l'ex-diva de la house music a acquis une image de grand sage.  

A 54 ans, il peut tout dire. C'est un Renaud Camus qui a bien vieilli, une Caroline Fourest qui n'est pas aigrie, un Macé-Scaron qui aurait enfin lu Montaigne. Son livre Pourquoi les gays sont passés à droite est un bijou, rare, incongru, inattendu. Un sourire. Pour moi, c'est un des livres les plus justes que j'ai lus sur la question gay contemporaine

Et en fin de compte, le livre de Lestrade aurait pu tout aussi bien s'intituler: Pourquoi je ne suis pas passé à droite. Pourquoi? Peut-être pour une seule raison qui figure dans le livre page 108 et qui résume aussi bien cet ouvrage, bourré de mots anglais, que ce parcours, rempli de générosité: "Giving back". C'est parce qu'il aime les siens, parce qu'il est généreux avec les êtres, et parce qu'il entend "rendre" à sa communauté ce qu'elle lui a donné, que Didier Lestrade n'est pas passé à droite. Lui, au moins, tient la porte pour les autres. Il se soucie des autres.  

10:52 Écrit par Rachid Z dans Discriminations, Opinions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

27 janvier 2012

Marie Laforêt condamnée pour discrimination

Marie Laforêt condamnée pour discrimination

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France Soir, le 26 janvier 2012

Marie Laforêt cherchait un service de nettoyage mais stipulait dans son annonce que les "musulmans orthodoxes" pouvaient "s'abstenir". La chanteuse a été condamnée par la justice.

L’annonce publiée sur le site Lememo-nettoyage.com disait : «Deux heures chaque lundi, mercredi, vendredi ou samedi. Petit chien (chihuahua) : allergique ou musulman orthodoxe s’abstenir». Le mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples a porté plainte. Et il a obtenu gain de cause : Marie Laforêt, 72 ans, identifiée comme l’auteur du texte, a été condamnée à 500 euros d’amende avec sursis pour discrimination.

Aucune intention raciste

L’interprète de Mon Amour et d'Ivan, Boris et moi devra par ailleurs verser un euro de dommages et intérêts au Mrap. Pour sa défense, l’avocat de la chanteuse a expliqué que sa cliente n’avait «aucune intention raciste» en publiant cette annonce visant à trouver un service de nettoyage pour un appartement situé dans le IIe arrondissement de Paris. Pour preuve de la bonne foi de sa cliente, il a souligné que son fils s’appelle Jean Mehdi Abraham et que «sa femme de ménage depuis 25 ans s’appelle Fatima». En réalité, selon Me David Koubbi, Marie Laforêt «connaît le statut du chien dans l’islam». Elle sait que «le chien est impur dans l’islam quand il est pratiqué de manière orthodoxe».

Mais la 17e chambre a considéré, ce jeudi, que «quels que soient les mobiles qui aient pu animer la prévenue, la formulation explicite (...) établit la volonté qui était la sienne de ne pas embaucher les personnes concernées, étant observé qu'il lui suffisait de mentionner dans son annonce la présence à son domicile d'un chien pour que les candidats à son offre d'emploi ne tolérant pas cet animal, pour des raisons de santé, religieuses ou autres, renoncent d'eux-mêmes et en toute liberté à postuler, sans qu'il soit aucunement nécessaire de leur signifier de “s’abstenir”».

01:50 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 octobre 2011

Rassemblement contre les discriminations raciales dans l'enseignement

Rassemblement contre les discriminations raciales dans l'enseignement

En discutant avec des jeunes sur la question de l'intégration des belges issus de la diversité, j'ai décidé de passer de la parole aux actes et de me battre contre les discriminations à l'école. le But de l'enseignement est de pousser les jeunes vers l'avant sans accepter aucune forme de discrimination. Nous entendons beaucoup trop de témoignages de discrimination scolaire: des étudiant(e)s notés d'après leur origine ou pénalisées parce qu'elles portent un voile, des élèves orientés vers des écoles poubelles ou écoles ghettos. Ce n'est pas ce que nous voulons pour les jeunes belges issus de la diversité. Nous voulons qu'ils soient jugés d'après leur valeur et qu'ils disposent des mêmes moyens et opportunités que tous les autres.

Venez dénoncer ces injustices avec nous car tout commence par une prise de conscience.

Soyons nombreux

Dimanche 30 octobre de 15:00 à 17:00

Lieu : Ministère de la Communauté française, administration générale de l'enseignement.

Boulevard du Jardin botanique 20-22 1000 Bruxelles

13:16 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24 octobre 2011

Une formation en finance islamique interdite aux femmes portant le voile

Une formation en finance islamique interdite aux femmes portant le voile

Islamic-Events, le 22 octobre 2011

Le 12 octobre dernier avait lieu la conférence intitulée «Emergence de la Finance Islamique sur la scène internationale».

Cette conférence était proposée en prélude au lancement le 25 octobre prochain de la première formation certifiante en Finance Islamique de Belgique proposée par Impact Cooremans en collaboration avec la société Al Maalya.

La conférence qui avait lieu dans un auditorium de la banque ING a fait salle comble. Le ministre des finances Didier Reynders a fait un discours d’introduction. Il y a eu des interventions du professeur Eric De Keuleneer et de l’expert en finance islamique Annouar Hassoune. La conférence s’est clôturée par une série de questions/réponses dirigée par Michel Visart, journaliste à la RTBF.

Ce que beaucoup de musulmans se demandent (en témoigne les emails que nous recevons), quand vais-je pouvoir faire un crédit halal pour acheter une maison ? Apparemment ce n’est pas pour tout de suite.

Mohamed Boulif, directeur de la société Al Maalya, dit avoir essayé de convaincre les banques belges de lancer des produits financiers islamiques. Il n’y a pas eu d’intérêt. En proposant cette nouvelle formation il veut changer de stratégie en formant les professionnels du domaine financier pour qu’eux découvrent les avantages de la finance islamique. Il dit que la mauvaise image de l’Islam a probablement contribué à ce désintérêt. Il reste tellement de clichés et on en a eu un exemple lors de la conférence aussi,  le journaliste Michel Visart s’était étonné qu’il y avait autant de femmes musulmanes dans la salle qui sont intéressées par la finance islamique.

Il y avait beaucoup de femmes dans la salle mais pour celles qui sont intéressées par la formation et qui portent le voile, ça ne sera pas possible. Incroyable non? Une formation en finance ISLAMIQUE où l’on exclut des femmes musulmanes parce qu’elles portent le voile qui est prescrit par l’ISLAM. Nous avions participé à cette conférence et nous étions vraiment optimistes par rapport à cette formation, mais après cette nouvelle nous sommes vraiment déçus.

Nous vous rapportons le témoignage d’une femme qui a voulu s’inscrire à la formation :

Salam Aleykoum,

Vous trouverez ci-dessous le mail que j’ai reçu ainsi que le règlement.

J’aimerais préciser les circonstances de l’information.

J’ai assisté à la formation avec une amie qui ne portait pas le hijab. Nous avons remplis le formulaire d’inscription, cela demandait une photo mais nous n’en avions pas ce jour-là. Donc nous avons quand même remis le formulaire afin de nous assurer d’une place vu la demande concernant cette formation.

Mon amie a reçu un mail lui indiquant les lieux et quant à moi, j’ai reçu le mail ci-dessous.

Donc, je vous prie de bien vouloir faire passer le message qu’il serait inconcevable pour tout musulman d’y assister.

Le plus incroyable est de ne pas en avoir été informé sur place alors que nous avons discuté avec Mr Cooremans.

Voici la réponse de monsieur Laurent Fourny (Coordinateur général & Project Manager d’Impact Cooremans) :

Chers étudiants,

Vous vous êtes inscrits au programme «principes et pratiques de la finance islamique» qui commence ce mardi 25 octobre à 17h30.

Vous trouverez en pièce jointe le règlement des études.

Vous recevrez lundi le planning du programme, les horaires et noms des intervenants. Impact Cooremans est un centre de formation continue associé à la Ville de Bruxelles.

Notre enseignement respecte les principes et valeurs de l’enseignement officiel, et, à ce titre, la Ville de Bruxelles interdit dans les locaux d’enseignement le port d’insignes, bijoux ou vêtements qui expriment une opinion ou une appartenance politique, philosophique ou religieuse. Les cours se donnent dans les locaux de la Haute Ecole Francisco Ferrer (place Anneessens, 11), établissement d’enseignement de la Ville de Bruxelles.

Nous vous demandons de bien vouloir respecter le règlement des études et plus particulièrement l’article 3.1.Nous vous souhaitons une agréable et enrichissante formation.

Cordialement,

Laurent Fourny

Impact Cooremans asbl

Centre d’études, de recherches et de formation dans le domaine économique

C’est incroyable non ? Mr. Visart s’étonnait qu’il y ait autant de femmes musulmanes intéressées par la finance islamique présentes à cette conférence. Nous, nous sommes à notre tour étonnés et nous recevons à nouveau la preuve que ce n’est pas l’Islam qui met les femmes de côté dans notre société mais depuis plusieurs années des écoles et des institutions qui ne veulent pas former des femmes parce qu’elles ont des convictions religieuses et qu’elles veulent porter un voile.

La société Al Maalya a fait peut-être un mauvais choix dans le choix d’un partenaire dans cette aventure, peut-être ceci était leur seul choix. Impact Cooremans interdit le port du voile dans ses établissements. Partant de cela il est normal qu’ils ne font pas une exception pour cette formation.

A quand une formation en sciences islamiques interdite aux musulmans … (sic)

09:31 Écrit par Rachid Z dans Discriminations, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

11 octobre 2011

«Le recrutement est un rapport de force»

«Le recrutement est un rapport de force»

Par Marie Bartnik, le 10 octobre 2011

Un récent documentaire souligne la violence morale et l'humiliation qui vont parfois de pair avec le processus de recrutement. Géraldine Rieucau, chercheuse au centre d'étude de l'emploi et à Paris 8, en analyse les rouages.

La Gueule de l'Emploi*, documentaire de Dominique Cros, met en lumière des pratiques du recrutement humiliantes. Est-ce monnaie courante ?

Géraldine Rieucau : Non, bien sûr. Les recruteurs ne sont pas majoritairement irrespectueux des candidats. Sinon, ils ne réussiraient pas à pourvoir correctement les offres. Comme partout, il y a de bons et de mauvais recruteurs. Mais même s'il ne faut pas généraliser, ce documentaire met quand même en évidence des pratiques qui existent : l'infantilisation des candidats, la volonté de les déstabiliser, la discrimination de certains profils, un mépris affiché pour le demandeur d'emploi sont des attitudes que l'on observe, de plus en plus.

Pour quelles raisons ?

Il existe toujours un rapport de force entre le recruteur et le candidat. La nature même du recrutement créé une inégalité entre les deux parties. Mais plusieurs facteurs sont venus accroître ce déséquilibre. La crise économique d'abord, qui a intensifié la concurrence entre les candidats, et permet au recruteur d'exiger davantage de leur part.

Ensuite et pour diverses raisons, les recruteurs accordent de plus en plus d'importance à la personnalité des postulants, au point que ce critère prend parfois le pas sur les diplômes et les compétences. Et sous prétexte de voir comment un candidat résiste à la pression, certains ont tôt fait de le déstabiliser ou de le mettre mal à l'aise.

Conséquence de ces deux facteurs, le degré de motivation du postulant est devenu un critère essentiel. Mais derrière ce concept, ce que le recruteur cherche à savoir, c'est finalement souvent s'il sera suffisamment disponible, prêt à faire des heures supplémentaires, etc.

Les cabinets de recrutement mettent-ils davantage en oeuvre ces mauvaises pratiques ?

Non, je ne pense pas. Un employeur, un service RH, est tout aussi susceptible de déraper. Mais il est vrai que les cabinets, dont le service est coûteux, sont souvent sollicités pour pourvoir des postes de cadres, en CDI. Le recruteur fera dès lors passer plus de tests, présélectionnera davantage les candidatures… Mais il faut savoir que moins de 3% des recrutements se font via un cabinet de recrutement. A l'inverse, 40% font suite à une candidature spontanée.

Le discours sur la lutte contre la discrimination se traduit-il dans la réalité ?

Depuis 10 ans, les recruteurs font clairement plus attention à ne pas discriminer sur des critères visibles. Mais il existe des formes de discrimination indirecte qui perdurent et sont très difficiles à contrôler. Lorsqu'un employeur exige que son futur salarié habite près de son travail, par exemple.

Globalement, les grandes entreprises disposent de plus de moyens pour éviter les discriminations. Bien souvent, cela a abouti à standardiser davantage les recrutements, à centraliser les procédures. Le secteur des ressources humaines en a bénéficié : aux États-Unis par exemple, les effectifs de ce secteur et l'influence des RH se sont fortement accrus.

* La Gueule de l'emploi a été diffusé sur France 2. Le documentaire est consultatble ici.

19:02 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09 octobre 2011

Silence pour le Yom Kippour

Silence pour le Yom Kippour

Agence QMI, le 08 octobre 2011

Malgré le règlement municipal qui interdisait de faire du bruit samedi à Hampstead, il y a des citoyens qui ont décidé de ne pas arrêter leurs activités.

Quelques plaintes de bruit ont été formulées, mais le niveau de bruit est resté relativement bas et les tensions ne se sont pas échauffées entre voisins.

La communauté juive a célébré samedi le Yom Kippour, une des fêtes religieuses les plus importantes de son calendrier. La Ville de Hampstead, qui est à 85 % juive, a récemment interdit tout bruit lors des fêtes religieuses juives. Ce règlement a été vivement contesté. Samedi, certains travailleurs ont défié le règlement.

«Il faut que ça soit fini pour demain (dimanche), a expliqué un travailleur. Mon boss m'a dit de le faire. Je ne suis pas juif. De toute façon, ce n'est pas trop dérangeant, il n'y a pas de machines qui partent.»

«Je respecte toutes les religions, a ajouté un autre travailleur. Sauf que si les gens doivent travailler, c'est peut-être parce qu'ils n'ont pas les moyens d'arrêter, ajoute un autre travailleur. Dans le domaine de la construction, c'est fréquent.»

Peu de temps après, un agent de sécurité a averti les travailleurs de plier bagage, à la suite d’une plainte. Selon certains juifs pratiquants, le règlement n'est qu'une question de bon sens. «Si les gens sont pas très bruyants, il n'y a pas de problème. Il faut quand même respecter les gens avec lesquels ont vit, donc les gens qui ne sont pas juifs», a expliqué Jaime Benhamron, juif pratiquant.

Par ailleurs, une plainte été formellement déposée devant la Commission des droits de la personne relativement à ce règlement municipal sur l’interdiction de faire du bruit.

La Commission a confirmé avoir reçu une plainte basée sur des motifs de discrimination, mais elle a refusé de rendre publique l'identité du plaignant.

Le citoyen qui a alerté les médias de ce règlement, Fred Chano, a indiqué qu'il n'a pas encore formulé de plainte. «Je ne suis pas surpris, a-t-il dit. J'ai eu beaucoup d'appels en support de cette cause. Il y en aura sûrement beaucoup qui vont essayer de combattre cette loi ridicule, qui est, dans mon opinion, très raciste envers d'autres religions, surtout la religion de la majorité du Québec.»

De son côté, le maire de Hampstead, William Steinberg, a indiqué dans un communiqué qu'il était regrettable qu'on accuse son administration. Il a ajouté que Hampstead est une ville laïque qui ne fait aucune discrimination envers les minorités.

16:33 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02 août 2011

Jobs d’été : privilégier les enfants du personnel est discriminatoire !

Jobs d’été : privilégier les enfants du personnel est discriminatoire !

Par Anne-Lise Barnel, le 02 août 2011

Des emplois saisonniers ne peuvent pas valablement être réservés aux enfants des salariés de l’entreprise.

Le Code du travail prévoit qu’aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage en raison notamment de sa situation de famille.

S’appuyant sur ce texte, le Défenseur des droits, qui a succédé à la Halde depuis le 1er mai dernier, est venu récemment rappelé que les offres d’emploi exclusivement réservées aux enfants du personnel constituent une discrimination directe fondée sur la situation de famille.

Vous ne pouvez donc pas, pour un job d’été comme pour tout autre emploi, privilégier les enfants de votre personnel lors du recrutement.

Attention : l’employeur qui commet une discrimination lors de l’embauche s’expose notamment à une peine d’emprisonnement de 3 ans maximum et à une amende de 45 000 €.

15:12 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26 juillet 2011

Les Eglises chrétiennes lancent un appel à la grève de la faim pour faire reconnaître les droits des dalits chrétiens et musulmans

Les Eglises chrétiennes lancent un appel à la grève de la faim pour faire reconnaître les droits des dalits chrétiens et musulmans

 

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EDA, le 19 juillet 2011

Les principales Eglises chrétiennes de l’Inde, rejointes par de nombreuses organisations de défense des droits des dalits (ex-intouchables (1)), ont appelé à une grève de la faim générale du 25 au 27 juillet à New Delhi, afin d’obtenir du Parlement fédéral qu’il abolisse enfin les discriminations fondées sur la caste et la religion.

Organisée par la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI), le Conseil national des Eglises chrétiennes (NCCI) – un rassemblement d’Eglises orthodoxes et protestantes –, la Commission nationale pour les dalits chrétiens (NCCDC), le Conseil national des dalits chrétiens (NCDC), ainsi que par différents organismes et associations, la grève de la faim de trois jours se clôturera par une marche vers le Parlement le 28 juillet, afin de réclamer l’amendement de la Constitution qui permettrait d’étendre le statut de «Scheduled Castes» (2) aux dalits chrétiens et musulmans.

La manifestation de masse, une grande première dans cette lutte de plus de 60 ans pour la reconnaissance des droits des dalits, est destinée à frapper les esprits ; évêques, prêtres, religieux, laïcs, membres d’associations et d’institutions diverses se préparent à se rassembler par milliers dans les rues de New Delhi pour jeûner en public et marcher ensemble vers Lok Sabah, le Parlement fédéral. Après des années de manifestations, de déclarations, de campagnes de sensibilisation et de requêtes auprès des autorités, toutes restées lettres mortes, l’Eglise catholique en Inde, dont trois membres sur quatre sont dalits, se dit aujourd’hui lassée de l’immobilisme du gouvernement fédéral, quel que soit le parti au pouvoir.

Vincent Manoharan, dalit et président de la Fédération nationale du mouvement pour les droits des dalits (NDDLR), rappelle que le Parti du Congrès, actuellement au pouvoir, «n’a absolument rien fait», alors que la Commission nationale pour les minorités religieuses et linguistiques, à la demande de la Cour suprême, avait présenté au Parlement en 2010 un rapport en faveur de l’intégration des dalits chrétiens et musulmans au sein des Scheduled Castes (3). «Manmohan Singh dirige officiellement le pays, mais tout le monde sait qu’il ne peut prendre aucune décision seul. Je pense qu’il ne pourra prendre une décision favorable envers les dalits chrétiens et musulmans que s’il peut s’affranchir des influences extérieures», regrette-t-il.

Bien que la Constitution indienne promulguée en 1950 ait interdit toute discrimination fondée sur la caste, le sexe, le lieu de naissance ou la religion, et aboli l’intouchabilité (le système des castes n’a pas été officiellement supprimé mais seulement considéré comme ‘non-existant’), les dalits se heurtent toujours à une tradition tenace et à l’opposition farouche des tenants de l’hindutva (4). Quant aux dalits non hindous, ils ont été exclus de la politique de discrimination positive des Scheduled Castes (SC) par l’article 3 de la Constitution, au motif que le système des castes n’existait pas dans leurs religions respectives.

Soulignant le caractère anticonstitutionnel et contradictoire d’une loi autorisant l’exclusion d’une catégorie des dalits en fonction de leur religion, tout en interdisant toute discrimination religieuse, les défenseurs de la cause des ex-intouchables n’ont de cesse d’obtenir la réintégration des dalits chrétiens et musulmans dans le système des Scheduled Castes. Depuis la reconnaissance du statut de SC aux bouddhistes en 1956 puis, plus récemment, aux sikhs en 1990, aucune raison objective ne s’oppose à l’intégration de l’ensemble des dalits, affirment-ils encore, et ce d’autant plus que ni le bouddhisme ni le sikhisme ne reconnaissent le système des castes.

La grande grève de la faim des chrétiens à New Delhi coïncidera avec l’ouverture de la session d’été du Parlement qui doit approuver de nombreuses mesures dont l’une, très attendue, contre la corruption. Comme le souligne The Examiner India, dans son édition du 16 juillet dernier, «si tous les archevêques, les évêques et un grand nombre de prêtres et de religieux, accompagnés de milliers de laïcs, participent à la grève de la faim et à la marche sur le Parlement, alors que débute la session de la mousson, le gouvernement fédéral sera bien obligé de faire le petit pas nécessaire pour que les chrétiens dalits dont les droits sont bafoués depuis 1950 obtiennent enfin justice».

Pour Vincent Manoharan, même si cette dernière tentative échoue, les dalits resteront très déterminés : «Lorsque, dans une démocratie, une demande légitime émanant d’une personne ou d’une communauté entière reste trop longtemps sans réponse de la part de ceux qui représentent cette même démocratie, alors cette personne ou cette communauté sera forcée d’utiliser d’autres moyens pour combattre ces situations antidémocratiques et obtenir ce qu’elle demande (...). Les dalits chrétiens et musulmans sont aujourd’hui dans ce cas» (5).

Notes

(1) Les dalits (littéralement «les écrasés») sont exclus du système des castes en raison de l’impureté attachée traditionnellement à leur statut, faisant d’eux des intouchables. Malgré les différentes mesures prises en faveur d’une meilleure considération des dalits, ces derniers souffrent toujours d’une forte discrimination, sont souvent séparés dans les écoles, interdits d’entrée dans nombre de bâtiments publics, temples hindous et lieux d’incinération, et fréquemment interdits d’accès à l’eau potable.

(2) Les Scheduled Castes (SC) sont les catégories au sein desquelles les dalits peuvent bénéficier de certains avantages (quotas au sein de la fonction publique ou l’enseignement, possibilité de se présenter aux élections, etc.), dans le cadre d’une politique de discrimination positive. Selon le recensement de 2001, les SC représentent aujourd’hui plus de 166 millions personnes, soit 16 % de la population. La plupart d’entre eux (79 %) vivent en milieu rural.

(3) En 2010, pour la première fois, à la demande de la Cour suprême, la Commission nationale pour les minorités religieuses et linguistiques et la Commission nationale pour les Scheduled Castes ont soumis au Parlement fédéral deux rapports demandant l’élargissement des mesures de discrimination positive aux dalits chrétiens et musulmans.

(4) L’hindutva est le terme désignant l’idéologie de l’extrême-droite hindoue, qui identifie l’hindouisme à la nation indienne.

(5) National Academy for Dalits (NAD), 16 juin 2011 ; AsiaNews, 18 juillet 2011 ; The Examiner India, 16 juillet 2011; Fides, 28 juin 2011.

01 mars 2011

Exemples indécents

Exemples indécents

Racisme et xénophobie, contraire à la loi

Lu dans le journal (N° 184) communal d’information de la commune de Jette (CDH-PS-Ecolo), mars 2011

Tout d’abord, il est important de noter que la loi ne vise pas les relations strictement privées, par exemple les relations amicales. En effet, bien qu’ayant une portée très large, la législation belge (et européenne) ne vise que les domaines de la vie publique (accès aux biens et aux services, emploi, soins de santé, participation à toute activité économique, sociale, culturelle ou politique). Ainsi, les comportements punis sont clairement ceux qui ont pour conséquence qu’une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre dans une situation comparable ; et cela, sans qu’une justification ne puisse être apportée.

Quelque exemple de :

Discrimination direct : En plein Matonge, on refuse l’accès à une discothèque à une personne de type occidental alors qu’on laisse entrer les personnes de couleur sans commentaire.

Discrimination indirect : Un employeur n’autorise que les cadres à suivre des formations. La plupart des cadres sont autochtones. Indirectement, les employés d’origine étrangère sont discriminés par cette mesure.

Harcèlement discriminatoire : Des travailleurs insultent et rabrouent sans cesse un ou une collègue d’origine juive.

Injonction de discriminer : Un propriétaire demande à une agence immobilière de ne lui envoyer que des candidats-locataires européens.

Incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’encontre d’une personne ou d’un groupe : Une voisine tient régulièrement en public des propos haineux à l’encontre des «profiteurs étrangers».

(Les dicriminations en Belgique francophone sont avant tout institutionnelles : c'est l'institution scolaire; la Communauté française, les différents Pouvoirs Organisateurs, les bourgmestres, les échevins, les préfets, les enseignants..., par exemple, qui entretiennent impunément un climat discriminant, exluant, maltraitant, puant !) (Rachid Z

14:58 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 novembre 2010

Helvétiser son nom pour faciliter sa vie

Helvétiser son nom pour faciliter sa vie

 

Marie Nicollier, le 27 novembre 2010

A l’image de Dragan Dragoz, des centaines de Vaudois d’origine étrangère modifient chaque année leur patronyme. Un nom compliqué à écrire ou à prononcer, qui soulevait aussi parfois la méfiance.

«Je ne renie pas mes origines, bien au contraire. J’essaie de simplifier mon quotidien.» Jusqu’en août dernier, Dragan Dragoz s’appelait officiellement Dragan Dragojlovic. Une naissance en ex-Yougoslavie, une arrivée en Suisse quelques mois plus tard, un diplôme d’ingénieur et une naturalisation dans les règles à 23 ans.

Et puis, en février dernier, cette demande de modification de son patronyme, requête à laquelle la Direction vaudoise de l’état civil accède quelques mois plus tard.

«Je vais bientôt être père et je ne veux pas que mon enfant ait de problèmes liés à mon origine, explique l’habitant de Cully. La xénophobie au quotidien est quelque chose de lourd à vivre. Un nom balkanique, ça fait grimacer certains. Les gens ne sont pas fondamentalement malpolis mais j’avais droit à des regards de travers pratiquement toutes les semaines.» Des réactions qui lui pèsent tout particulièrement à l’adolescence. «J’avais l’impression d’être différent, d’être étranger.»

«Trop compliqué»

Même si discriminations et racisme en tous genres sont bien présents, le Vaudois dit avoir troqué son nom avant tout pour des raisons pratiques. «Quatre syllabes, c’était trop compliqué, sourit-il. Je devais sans cesse répéter, épeler…»

Sans compter qu’au travail, tout le monde l’appelle Drago, histoire de faire plus simple. «C’est une familiarité pas toujours appréciable lorsque tous vos collègues se font appeler M. X ou Y», note le quadragénaire qui se réjouit au fond – quelques mois après l’officialisation de sa nouvelle identité – que son prénom le rattache encore à ses racines.

D’Eugenio à Eugène

Voilà dix ans, le musicien Eugène Montenero, né Eugenio en 1965, franchit le même pas. «Pour moi, c’était une façon d’être vraiment intégré. Je me sens en phase avec ce choix: je suis né en Suisse et j’ai fait toutes mes études ici.» Dans les années 70, l’habitant de Châtillens subit sur les insultes de camarades de classe qui raillent ses origines italiennes.

Alors à l’adolescence, le guitariste décide de se faire appeler Eugène. «Une blessure a dû grandir en moi, analyse-t-il aujourd’hui. Quand je suis devenu Suisse, franciser mon nom a été une évidence.»

Doit-on considérer l’existence de ce type de demande comme un échec d’intégration ? Non, répond Magaly Hanselmann, déléguée vaudoise à l’intégration. «Je ne ferais pas ce raccourci, réagit-elle. Mais il est vrai qu’il est nettement plus difficile de trouver du travail avec un nom à consonance étrangère. Je comprends donc ce choix.» Gabriela Amarelle, cheffe du Bureau lausannois pour l’intégration des immigrés (BLI), estime pour sa part que «ces démarches mettent en évidence que l’égalité des chances n’est pas encore effective».

14:55 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

31 octobre 2010

L’éloge de la discrimination par la Communauté française

 L’éloge de la discrimination par la Communauté française

Par Rachid Z, le 31 octobre 2010

Au nom du vivre ensemble, la Communauté française (Cabinet PS Fadila Laanan, surtout), à travers une brochure réalisée en collaboration avec le Centre pour l’Égalité des Chances et la Lutte contre les Discriminations intitulée «Discrimination toi-même», tente de convaincre les jeunes du bien fondé de la mesure d’exclusion arbitrairement instituée en milieu scolaire à l’encontre des élèves dont l’attitude vestimentaire trahirait la conviction religieuse ou idéologique, tout en rappelant qu’une telle discrimination, dans un quelconque lieu public ou privé autre que l‘école publique, au nom du même vivre ensemble, serait inadmissible et contraire à la loi :

Convictions philosophique et religieuses (Page 35), on nous explique par l’exemple : «Ma copine porte le voile. Hier, dans un resto, la serveuse lui a demandé de le retirer parce que cela pourrait déranger les autres clients.» qu’une telle discrimination contreviendrait à l’éthique et à la loi.

Par contre, interdire aux élèves le port de signe religieux et philosophiques dans une école, est-ce une discrimination ? (page 37) : «Si cette interdiction est prise par une mesure générale - qui vise tous les élèves et toutes les convictions - et quel est motivée par les valeurs et les objectifs de l’école (le 'vivre ensemble', la réussite scolaire …), ce n’est pas une discrimination aux yeux de la loi.» puisque dans ce cas, "la question de savoir si une telle interdiction est juste ou non relève du débat politique et éthique" ...

Faut certainement comprendre le sens que la Communauté française accorde au mot éthique par passion antireligieuse ou obscurantisme idéologique !

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29 octobre 2010

Les jeunes victimes de discrimination plus enclins à la violence

Les jeunes victimes de discrimination plus enclins à la violence

7sur7, le 27 octobre 2010

Les jeunes qui ont été victimes de discrimination, de marginalisation sociale et de racisme courent un risque plus accru de devenir eux-mêmes violents, selon une enquête de l'Agence des droits fondamentaux (FRA) de l'Union européenne.

L'Agence des droits fondamentaux (FRA) a mené une étude auprès de 3.000 jeunes musulmans et non-musulmans en France, en Espagne et au Royaume-Uni, en 2008-2009.

L'enquête, dont les résultats ont été publiés mercredi, portait sur des États membres de l'UE qui ont connu des troubles urbains impliquant des jeunes immigrants issus principalement d'un milieu musulman, ou des attentats terroristes liés à l'islamisme radical. Elle avait pour but d'explorer les liens potentiels entre les expériences de discrimination vécues par ces jeunes et leur attitude à l'égard de la violence.

Les résultats indiquent que la plupart des jeunes ne sont pas en faveur de la violence. Et ce, quelle que soit leur religion ou leur origine. En revanche, les jeunes ayant subit des discriminations risquent davantage de soutenir la violence et d'adopter un comportement violent. Il ressort cependant de l'enquête qu'être en faveur de la violence n'implique pas nécessairement le passage à l'acte.

11:02 Écrit par Rachid Z dans Discriminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01 février 2010

Conseil de l’Europe : comment le rapport Gross a été retardé

Conseil de l’Europe

Comment le rapport Gross a été retardé

Chrétienté Info, le 01 février 2010

 

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a donc remis à plus tard l’adoption du rapport Gross sur la discrimination à raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. les débats étaient prévus pour mercredi matin mais, vu les dizaines d’amendements proposés, il a été d’emblée décidé de ne pas procéder au vote le 27 janvier comme initialement prévu, mais de remettre à la session d’avril l’examen de ces modifications suggérées pour la plupart par des élus du groupe PPE (partis populaires européens) dont une partie est attachée aux droits des religions, la reconnaissance de la famille naturelle et l’importance de la liberté d’expression pour ceux qui expriment leur attachement à la loi naturelle.

On a donc seulement entendu, mercredi, le rapporteur, André Gross (critique de sa proposition de résolution par le Centre européen pour la loi et la justice ici), ainsi que ses partisans, l’examen des amendements étant confié pour les semaines à venir à un comité parlementaire.

C’est un premier succès, sinon une victoire, des élus pro-vie et pro-famille comme l’Italien Luca Volonté et l’Irlandais Ronan Mullen. Et la preuve qu’enfin une opposition se structure au sein du COE (Conseil de l’Europe) qui pendant de longues années a pu imposer son consensus à sens unique. Il ne faudrait pas faire l’erreur de croire que ces discussions lointaines n’ont que peu d’intérêt au niveau des 47 Etats qui le composent. Les actions du COE sont souvent à l’unisson de celles de l’UE – dont on sait le poids sur les législations nationales – et elles pèsent aussi sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui affecte directement les droits nationaux des Etats membres.

Pour mémoire, le rapport Gross conjugue l’exigence du simple traitement humain et du refus de la discrimination injuste avec la revendication de droits très larges et la demande d’une répression de l’homophobie qui pourrait aboutir à l’exclusion de tout jugement moral sur l’activité homosexuelle.

Le fait qu’une opposition se soit constituée et qu’elle se soit mobilisée avec succès a suscité la colère des associations LGBT mais aussi la réprobation de catholiques de gauche qui reprochent au nouveau nonce à Paris, Mgr Luigi Ventura, d’avoir voulu peser sur le vote à travers les élus du PPE qu’il est accusé d’avoir contacté par lettre. Cette «transgression» de la laïcité (eh bien oui, c’est ça, la laïcité) a été épinglée par Golias qui bien sûr ne fait jamais de jugements de valeur sur rien ni sur personne.

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