26 janvier 2012

L'associatif de la seconde génération marocaine est malade de "pseudo pouvoir"

L'associatif de la seconde génération marocaine est malade de "pseudo pouvoir"

Par Khalil Zeguendi, le 24 janvier 2012

Que cela soit au niveau de l'Exécutif des Musulmans de Belgique ou en ce qui concerne la gestion des mosquées ou des très nombreuses associations agissant en milieu socio-cu...marocain, la bagarre que se livrent les cadres et les intervenants, pour occuper le devant de la scène et s'accaparer le "pouvoir", au sein des structures formant ce tissu, tourne au jeu de massacre.

Commençons par l'organe chef de culte islamique: depuis sa sortie publique fin 1998, cet organe, sensé s'exprimer au nom des Musulmans et gérer leurs affaires, liées au temporel du culte, a passé le plus clair de son temps à vivre des "coups d'Etat", des Putschs et des complots en tous genres.

Cette situation, en permanence conflictuelle a conduit au gel effectif des actions et des activités devant être menées par cet organe au profit des Musulmans qui l'avaient élu, massivement, en 1998.

Aucun président n'a achevé son mandat "normal" à la tête de cet exécutif. Tous ont été "vidés" par leurs adversaires, suite à des coups tordus et des magouilles sans nom.

Les politiques belges n'ont pas aidé à ramener la sérénité indispensable au sein de cet organe et certains, comme Onkelinckx, ont tout simplement salopé le fonctionnement de l'Exécutif des Musulmans, en débarquant leurs adversaires et mis en selle leurs amis. En 2005, bafouant totalement l'indépendance de cet Exécutif, Laurette Onkelinckx, provoqua des élections anticipées, dans le but de soutenir le clan qui lui était favorable.

Hassan Boucetta, aujourd'hui sénateur PS, a joué à cette occasion un sale rôle, en acceptant de prendre en charge, à la demande de la même Onkelinckx, l'organisation de ces élections, voulues par le politique, en totale infraction avec la nécessaire neutralité que se doit d'observer le pouvoir politique, vis à vis du fonctionnement des instances ayant à gérer le temporel du culte.

Le fonctionnement des instances dirigeant les mosquées est tout, sauf démocratique.

A ce niveau, les magouilles et les manœuvres putschistes, règnent en maîtresses.

Au niveau associatif, là où des jeunes de seconde génération ont pris pied, rien ne fonctionne selon les règles élémentaires de la démocratie et du respect du pluralisme.

En 2004, Boucetta, toujours lui, contribue avec ses "amis" à sortir de l'EMIM" Mémorial de l'Immigration marocaine", ceux qui avaient pris l'initiative de fonder cette association.

Pour rappel, l'EMIM a été créée, par un groupe de jeunes, menés par Mohamed Boukourna, pour célébrer les 40 ans de présence marocaine en Belgique.

La bataille des associatifs et des Politiques Marocains de Belgique, pour l'appropriation des cérémonies de commémoration des Marocains morts en 1940, lors de la bataille de Gembloux, continue de faire rage, depuis que Rachida Attar, a déterré cette tranche de l'histoire, en consacrant son mémoire à ce fait historique.

Ikazbane, Laanan et d'autres politiques tentent de récupérer cet événement, pour en faire un fonds de commerce électoral. Cette année, année électorale, ils y seront tous pour faire semblant de commémorer les morts de Gembloux, tombés pour vaincre le nazisme.

Faut-il encore relater les faits d'armes de Radouane Bouhlal et de la pléthore de magouilleurs qui l'ont porté aux nues, avant de le lâcher comme un malpropre ?

Ceux qui comme moi, avions misé sur cette relève, instruite et intelligente, en sont pour leurs frais.

Ce à quoi l'on assiste aujourd'hui, s'agissant de cette relève, est affligeant.

Et quoi que formés au niveau scolaire, la plupart des jeunes cadres de seconde génération marocaine, reproduisent aujourd'hui, le système de fonctionnement qu'ils ont connu et acquis au sein de leurs familles.

Un système marqué par l'absence de relations démocratiques et de tolérance.

Un système qui les a souvent privés de l'épanouissement matériel et éducatif et qui les pousse aujourd'hui, à "rattraper le temps perdu", en cherchant le profit vénal, rapide et souvent non conforme à l'éthique et à la morale.

31 décembre 2011

Ya Latif : Lemchaheb

Ya Latif

Lemchaheb

Achever 2011 avant d'affronter 2012

15:49 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30 décembre 2011

Cinedomo : La terre parle arabe

Cinedomo

La terre parle arabe

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La Terre parle arabe croise le regard de l’historien et du cinéaste pour soulever une vérité brûlante, celle du nettoyage et de la spoliation de la terre palestinienne par les sionistes.

Fin XIXème le sionisme, mouvement politique (juif) minoritaire, apparaît sur la scène internationale. Son but est de créer un Etat pour les Juifs quelque part dans le monde. Ce choix se portera finalement sur la Palestine. Cependant cette terre palestinienne «parle arabe» et se trouve habitée par un peuple, les Palestiniens.

Pour mettre en avant leur projet, les leaders sionistes élaborent une solution bien avant la déclaration Balfour de 1917. Il s’agit de penser d’abord et d’organiser ensuite le transfert de la population locale palestinienne hors de sa terre. Tous les moyens seront utilisés pour cela et en particulier la force brutale. Ce projet, élaboré en secret dans les premières années, sera progressivement mis en avant par ses leaders après la grande révolte palestinienne de 1936 au cours de laquelle toutes les formes d’oppositions à ce projet par les Palestiniens seront fortement réprimées par la puissance mandataire britannique.

Le film de Maryse Gargour est construit essentiellement sur des citations des leaders sionistes, sur des archives audiovisuelles inédites, sur la presse de l’époque et sur des documents diplomatiques occidentaux croisés avec des témoignages de personnes ayant vécu directement cette période. Le fil conducteur historique est donné par l’historien Nur Masalha.

Invité : Lucas Catherine.

Lucas Catherine est un auteur Bruxellois néerlandophone. Il publie depuis 1978 sur les relations entre l'Europe et le monde Arabe, sur la colonisation de la Palestine et du Congo.

Traduit en français entre autres: Palestine dernière colonie (2003).

En mars de cette année il était invité comme expert par la Commission des Affaires Etrangères du Parlement belge sur le Printemps Arabe.

Mercredi 11 Janvier 2012 à 19h30

15:44 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

LAISSE PAS TRAÎNER TON FILS

LAISSE PAS TRAÎNER TON FILS

NTM

A l'aube de l'an 2000
Pour les jeunes c'est plus le même deal
Pour celui qui traîne, comme pour celui qui file
Tout droit, de tout façon y'a plus de boulot
La boucle est bouclée, le système a la tête sous l'eau
Et les jeunes sont saoulés, salis sous le silence
Seule issue la rue même quand elle est en sens
C'est pas un souci pour ceux qui s'y sont préparés, si ça se peut
Certains d'entre eux même s'en sortiront mieux
Mais pour les autres, c'est clair, ça sera pas facile
Faut pas se voiler la face, il suffit pas de vendre des "kil"
Faut tenir le surin pour le lendemain
S'assurer que les siens aillent bien
Éviter les coups de surin
Afin de garder son bien intact
Son équipe compacte, soudée, écoute de scanner pour garder le contact
Ou décider de bouger, éviter les zones rouges, et
Surtout jamais prendre de congés
C'est ça que tu veux pour ton fils?
C'est comme ça que tu veux qu'il grandisse?
J'ai pas de conseil à donner, mais si tu veux pas qu'il glisse
Regarde-le, quand il parle, écoute-le!
Le laisse pas chercher ailleurs, l'amour qu'y devrait y'avoir dans tes yeux

Laisse pas traîner ton fils
Si tu ne veux pas qu'il glisse
Qu'il te ramène du vice
Laisse pas traîner ton fils
Si tu veux pas qu'il glisse


Putain, c'est en me disant: "J'ai jamais demandé à t'avoir!"
C'est avec ces formules, trop saoulées, enfin faut croire
Que mon père a contribué à me lier avec la rue
J'ai eu l'illusion de trouver mieux, j'ai vu
Ce qu'un gamin de quatorze ans, avec le décalage de l'âge
Peut entrevoir, c'était comme un mirage
Plus d'interdit, juste avoir les dents assez longues
Pour croquer la vie, profiter de tout ce qui tombe
La rue a su me prendre car elle me faisait confiance
Chose qui avec mon père était comme de la nuisance
Aucun d'entre nous n'a voulu recoller les morceaux
Toute tentative nous montrait qu'on avait vraiment trop d'ego
Mon père n'était pas chanteur, il aimait les sales rengaines
Surtout celles qui vous tapent comme un grand coup de surin en pleine poitrine
Croyant la jouer fine. Il ne voulait pas, ne cherchait même pas
A ranger ce putain d'orgueil qui tranchait les liens familiaux
Chaque jour un peu plus
J'avais pas l'impression d'être plus coté qu'une caisse à l'argus
Donc j'ai dû renoncer, trouver mes propres complices
Mes partenaires de glisse
Désolé si je m'immisce

Que voulais-tu que ton fils apprenne dans la rue?

Quelles vertus croyais-tu qu'on y enseigne?
T'as pas vu comment ça pue dehors
Mais comment ça sent la mort?
Quand tu respires ça, mec, t'es comme mort-né
Tu finis borné
A force de tourner en rond
Ton cerveau te fait défaut, puis fait des fonds
Et c'est vraiment pas bon quand t'en perd le contrôle
Quand pour les yeux des autres, tu joues de mieux en mieux ton orle
Ton orle de "caï-ra", juste pour ne pas
Qu'on te dise: "Voilà tu fais plus partie de la "mille-fa" d'en bas"
C'est dingue mais c'est comme ça
Sache qu'ici-bas, plus qu'ailleurs, la survie est un combat
A base de coups bas, de coups de "tom-ba"
D'esquives et de "Paw!" de putains de "stom-bas"
Laisse pas traîner ton fils
Si tu veux pas qu'il glisse
Qu'il te ramène du vice
Non laisse pas traîner ton fils

Paroles et musique: Lopes, Morville, Guion, Firmin, 1998

15:03 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 novembre 2011

Lettre ouverte à tous les députés du parlement belge

Lettre ouverte à tous les députés du parlement belge

Par Ali Khedher et Hawa Djabali, le 28 septembre 2011

Le 22 septembre 2010 une commission pluridisciplinaire et intersectorielle, anonyme, sous la responsabilité de la Ministre (PS) Fadila Laanan, conclut dans son rapport, en absence de tout élément objectif, dans un fatras de contradictions et d’assertions erronées, avec une violence inouïe, que l’association «Centre Culturel arabe» doit cesser ses activités, licencier son personnel et «Elle charge l’inspection de la culture de contacter en 2011 les autorités communales afin de définir avec elles de nouvelles affectations culturelles pour les infrastructures actuellement occupées par le Centre Culturel Arabe». Cette commission se substitue à l’Assemblée Générale de l’association pour décider de sa fermeture. De plus, ce rapport a été écrit avant que la Commission ne soit en possession du rapport quinquennal définitif, avant même d’avoir les rapports de la dernière année. Et enfin, le ton de l’injonction convient mal à une commission dite consultative. En dernier lieu, cet appel à l’expropriation est plus que choquant.

Ce rapport ne parviendra au CCA que neuf mois plus tard, en mai 2011. Ce rapport a été réfuté point par point (documents disponibles).

Ce rapport et sa conclusion ne sont pas étrangers à ce qui s’organise méthodiquement à l’égard du Centre. En fait, depuis 2008, des contrôles récurrents, plus nombreux que la norme, tendaient à intimider, à effrayer l’association. Il n’y avait rien à redire au fonctionnement du CCA mais les contrôles se succédaient. En 2009 une tentative de récupération du Centre Culturel Arabe est organisée. Il s’agit bien de récupérer l’association avec ses locaux, ses subsides, ses postes ACS, sa réputation, et d’après les rumeurs qui circulent à ce moment-là, il s’agit de le mettre, discrètement, entre les mains d’un état étranger. Au CCA, c’est le déni : personne ne peut imaginer une action construite contre ce petit centre culturel. A ce moment-là, c’est le Cabinet du Ministre (CDH) Benoît Cerexhe qui mettra de l’ordre, après neuf mois d’injustice, et ramènera le comportement de certains fonctionnaires sous sa responsabilité à la raison.

Après la réception du rapport et sa violente conclusion, Le CCA envoie deux courriers à certains députés, ou hommes politiques (documents disponibles), pour intervenir auprès de Fadila Laanan (PS). La première lettre les informait de la situation. La seconde relevait les dysfonctionnements de ladite commission (document disponible). Suite à ce rapport de la Commission, il a fallu supprimer certaines activités. Sur le site du CCA force fut d’avouer la vérité et d’informer au dernier moment les personnes qui s’étaient inscrites à un colloque, et le public qui risquait de se présenter, que le personnel du CCA n’était pour rien dans cette annulation. Révoltés par le silence, le contenu de ce «rapport», par la diffamation en cours, les rédacteurs du communiqué ne voilent pas la réalité et les mots sont durs à l’égard de deux inspecteurs.

Suite aux interventions en faveur du CCA (documents disponibles) le Cabinet de Fadila Laanan (PS) convoque les responsables du CCA pour une réunion. Le Cabinet ne reconnaît pas son erreur. Il est demandé au CCA, pour débloquer le subside, de faire des excuses publiques : en clair, les informations envoyées aux députés auraient été des mensonges. Il est demandé au CCA de prendre contact avec une association (STICS) pour établir une médiation. La médiation est imposée. Cela est confirmé par une lettre de l’administration dans laquelle il est demandé «le démenti» des déclarations faites aux députés et sur le site du CCA. A noter que subitement on ne parle plus des pseudo-arguments contenus dans le rapport, ni de la «mauvaise gestion», ni d’un rapport de l’Inspection des Finances (que l’association ne peut consulter). Il faut juste trouver prétexte à «lessiver» ce Centre (document disponible).

La médiation a commencé. Le médiateur était en pleine négociation, la ministre Laanan (PS) envoie des lettres de diffamation à l’égard du Centre Culturel Arabe à certaines personnes étant intervenues auprès d’elle pour le Centre. Elle ose asséner des mensonges grossiers comme par exemple que les membres du CCA se plaindraient d’un complot de la part du Mossad ou de la CIA ! Une invraisemblance de plus, énorme. Où a-t-elle pu aller chercher cela ? (Documents disponibles) Ni dans les écrits du CCA, ni de la bouche d’aucun des membres du CCA. La médiation est sabotée : tout est refusé de la part de l’administration. Impossible de savoir ce qu’on veut du CCA. Le médiateur désigné par le Cabinet de la Ministre (PS) et par l’Administration est bloqué dans ses démarches par ceux-là mêmes (le Cabinet de la Ministre PS) qui avaient demandé sa collaboration.

Impossible de comprendre ce qui se passe jusqu’à ce que la démission, sous pression exercée, de certains membres du Conseil d’administration (les démissionnaires nient la pression par peur), ne découvre un pan de la vérité. Il s’agit d’analyser la situation : peu à peu, des éléments de réflexion émergent, il faut comprendre que le problème est, probablement, quasi extérieur à la Belgique : un Etat tient ses émigrés à l’œil, ses opposants en particulier, et ne supporte pas ce Centre Arabe qui agit en démocratie et en liberté. Il y a donc, très probablement, une ingérence dans les affaires belges et des personnes en Belgique qui travaillent pour assurer cette action. Certains servent donc plus le pouvoir de leur pays d’origine que leur pays d’accueil. Si c’est le cas cela explique l’incohérence du «procès» fait au Centre, le manque total d’arguments logiques, l’attitude de l’administration qui sort de son rôle en bien des occasions et le dysfonctionnement d’une relation qui ne s’en tient pas aux convenances.

Faut-il fermer ce Centre parce que certaines personnes ne sont pas obéissantes au pouvoir de leur pays d’origine et qu’elles fréquentent le CCA ou que certaines sont membres dans son Conseil d’Administration ? Ou parce que le Centre est ouvert aux Arabes qui ont besoin de se concerter et donc, aussi, aux associations d’opposants aux pouvoirs arabes en place ? Ou parce que le verbe est libre pourvu qu’il excepte la violence ? Ou parce que cette association refuse les injonctions implicites ?

Si ces réfugiés, ces opposants, des pays arabes, ne peuvent trouver aucun lieu où se rencontrer et s’exprimer, que fait-on des principes démocratiques ? Leur présence est normale et ne devrait pas poser problème. Ce Centre est culturel, il n’est ni politique, ni religieux. Toute personne, respectueuse des Droits de l’Homme, est la bienvenue, religieuse, athée, avec sa philosophie et son goût, avec sa vision du monde.

Donc, les humiliations, les déclarations déplacées, la privation de subsides, l’agression jusque dans la place physique occupée par le CCA (expropriation ordonnée), la diffamation, l’atteinte à la réputation des personnes, le harcèlement, l’abaissement des responsables (accusés entre autres choses de ne pas savoir rédiger) tout cela ne serait que les symptômes de manoeuvres qui n’ont pas le droit au nom de «politique» par respect pour ce qui est vraiment politique ? La société civile doit-elle obéissance idéologique aux institutions ? Aux pouvoirs des pays diplomatiquement proches ? Les administrations ont-elles pour tâches de décider de la personne des responsables et des programmes des associations ? Evidemment, il ne faut pas nier non plus que certains voudraient bien profiter de cette situation tendue pour récupérer les locaux, les subsides, les postes ACS, les publics… Pourquoi pas ? Qui a amorcé quoi ? Cela vient-il d’en haut ou d’en bas ?

Depuis 2009, les événements s’enchaînent de façon logique. On peut dire qu’il y a une détermination, qui se moque de la légalité, pour supprimer un lieu de libre-pensée et d’expression non-censurée. Est-ce que c’est admissible dans un état de droit ? Dans une démocratie ?

Les Arabes doivent présenter des excuses et demander pardon d’avoir été agressés.

En septembre 2011 le problème n’est pas réglé. Il est impossible de comprendre ce que l’Administration exige du CCA, ce que le Cabinet exige ? L’impression générale c’est que des prétextes sont enfilés dans le but, en traînant les choses indéfiniment, d’épuiser l’équipe du CCA. Qui a rédigé ce rapport ? Aux ordres de qui ?

Le 22 septembre 2011, madame Guillaume (de l’administration de la CF) accepte de parler téléphoniquement avec un membre du CCA et déclare formellement au cours de la conversation : «qu’il n’y a pas de racisme au sein de son administration». Nouveau texte de la part du CCA pour en prendre acte, soulagé par cette déclaration, et revenir, en conséquence, sur les plaintes parues sur le site du Centre contre certains membres de l’administration. Le texte est communiqué à madame Guillaume après avoir, très aimablement, été relu par le médiateur. Le CCA attend la réaction de madame Guillaume pour le publier sur son site. En attente, aucune réaction.

S’adaptant à toutes les exigences d’accusations, envoyant, à chaque fois, documents et textes à l’administration, le CCA comprend maintenant que les prétextes vont s’ajouter indéfiniment les uns aux autres et que, ce qui, apparemment, est attendu, c’est un épuisement total des ressources qui oblige l’association à fermer.

Dans un pays totalitaire on supprime ce qu’on veut, qui on veut, quand on veut. Mais en Belgique ? Il parait que le CCA est puni d’avoir osé une communication avec les députés

Nous requérons vos capacités à défendre les valeurs de la démocratie pour soutenir le CCA et l’aider à comprendre cette éviction programmée des expressions de la société civile.

Tous les documents cités, et d’autres, sont à votre disposition. Envoyez-nous une adresse où nous puissions vous les faire parvenir si vous désirez les consulter.

14:40 Écrit par Rachid Z dans Citoyenneté, Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27 octobre 2011

Les chemins de la mémoire

Les chemins de la mémoire

Un pays peut-il réinventer son histoire chaque jour ? Bien que certaines circonstances recommandent l’amnésie politique, la réalité finit toujours par prouver que non. C’est pourquoi, au-delà du voile de l’oubli imposé par le franquisme et du tribut payé à l’époque par la jeune démocratie, Les chemins de la mémoire entend mettre à jour notre histoire récente en rendant la parole à ceux qui furent condamnés pendant plus d’un demi-siècle à un silence forcé.

Le film s’aventure sur des routes dispersées, niées, ou, simplement, ignorées : 300.000 personnes dénoncées, 60.000 exécutions, 400.000 prisonniers, 3 millions de personnes fichées, et un chiffre approximatif de 130.000 disparus. Voilà le bilan des victimes laissées par le régime de Franco, qui s’est bien gardé de rendre ces statistiques publiques pendant les longues années de dictature. Cependant, au-delà des chiffres, il reste aujourd’hui les témoignages.

Structuré en trois grands blocs, Les chemins de la mémoire est aussi la chronique d’un long voyage: celui de l’exil intérieur et extérieur, duquel certains reviendront "juste pour les arbres", tandis que d’autres ne réussiront jamais cet impossible retour. Car, comme l’a dit l’un d’entre eux, "un exilé ne cesse jamais de l’être".

Invité : Jose Luis Peñafuerte, réalisateur du film

Né à Bruxelles en 1973, de nationalité belge et espagnole, José-Luis Peñafuerte a passé son enfance à Bruxelles. En 1984, il suit ses parents exilés qui retournent en Espagne, leur terre natale. Il passera 6 ans à Gijon (Asturies) et à Cordoue (Andalousie), avant de regagner la Belgique.

Il collabore étroitement à la création du premier festival de cinéma hispanique à Bruxelles. En 1993, il entre à l’IAD (école belge de cinéma), en section réalisation cinéma et documentaire. Son mémoire de fin d’études traite de l’évolution politique et artistique de l’industrie cinématographique espagnole.

En 2001, le réalisateur présente son premier documentaire de création, Niños, qui retrace l’exil des orphelins de la guerre civile espagnole. Le film sera sélectionné dans divers festivals internationaux et diffusé par plusieurs télévisions européennes. Son deuxième film, Aguaviva, s’intéresse à la question de l’immigration, à travers le cas d’un petit village espagnol vieillissant et déserté qui fait appel à des étrangers pour se repeupler et revivre.

En 2007, le Ministère espagnol de la Culture lui confie la captation des témoignages filmés des derniers exilés politiques espagnols vivant en Belgique.

L’année suivante, il fonde le collectif Les Sentiers de la Mémoire qui a pour but de préserver et de promouvoir la mémoire de l’exil espagnol en Belgique.

Avec Les Chemins de la Mémoire, José-Luis Peñafuerte continue à interroger le passé et le présent de l’Espagne, et à créer un pont entre ses deux cultures d’origine.

Ses projets futurs, entre la Belgique et l’Espagne, tant en documentaire qu’en fiction, s’articulent également autour de cette double identité.

En collaboration avec pianofabriek culturen centrum

Mercredi 09 Novembre 2011 au Pianofabriek à 19h30

Rue du fort 35, 1060 Bruxelles.

Droit d’entrée : 5,00 € 

Toutes les infos sur www.cinedomo.be

09:25 Écrit par Rachid Z dans Conférence-débats, Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24 octobre 2011

Apprendre le tamazight en tifinagh

Apprendre le tamazight en tifinagh

L’association Hiwar porte à votre connaissance que ses portes sont ouvertes pour celles et ceux qui désirent s’inscrire pour apprendre le tamazignt en tifinagh

Les samedis et dimanches de 14h à 16h

Rue des Alliés, 52 à 1190 Bruxelles

Infos : 0484 100 843

Email : info@hiwar.be

12:54 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17 octobre 2011

Conférence et célébration : "Déclenchement de la Révolution Algérienne en 54"

Conférence et célébration

"Déclenchement de la Révolution Algérienne en 54"

Quel regard sur les colonisations et les guerres en Afrique ?

Le 1er Novembre 1954 nous a annoncé la libération et l’indépendance de l’Algérie en 62. Le 1er Novembre 2011 nous annonce le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie en 2012, mais aussi celui de plusieurs pays africains. De ce fait, l’association K-Alem Euro-Eldjezaïr et Algériennes Solidaires organisent une conférence de presse le 31 Octobre en présence et avec le soutien du Bourgmestre (PS) et de l’échevine (PS) de la ville de Bruxelles Mme Faouzia Hariche.

(Alors que nul n'ignore que ce même PS n'a jamais cessé de soutenir les dictatures au Maghreb et adopte ici, face aux populations issues de cette région, une détestable posture islamophobe !) (Rachid Z)

Par la même occasion nous annoncerons la semaine de l’Algérie en Belgique programmée du 16 au 22 Avril 2012 (l’Algérie en 7jours), dans le cadre du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie et de plusieurs pays Africains.

Nous aurons l’honneur d’accueillir parmi nous des personnalités, des hommes et des femmes (algérien-ne-s et belges) qui ont marqués l’histoire de la révolution algérienne et celle de l’Algérie indépendante.

Lors de la conférence de presse du 31 Octobre 2011, un hommage sera rendu aux porteurs de valises «le front du Nord» qui ont courageusement et inconditionnellement soutenus la révolution algérienne et la liberté des peuples.

Dans le même cadre, nous allons aborder le sujet des colonisations, des guerres et leurs répercussions sur l’avenir des anciennes colonies et des nouvelles générations.

La colonisation est-elle un acte de civilisation ?

Est-ce que l’indépendance des territoires a réellement engendré une indépendance et une liberté des esprits ?

Nous allons essayer de répondre à toutes ces questions avec la participation des hommes et des femmes qui se sont battus et qui se battent encore pour la liberté des peuples et de la pensée.

Nous serons honorés de vous accueillir Madame, Monsieur, pour prendre part à cette conférence de presse à la veille de la fête du déclenchement de la révolution algérienne.

La conférence de presse se tiendra le 31 octobre 2011 de 10H00 à 12H00 à la salle des mariages de l’Hôtel de ville de Bruxelles (Grand’ Place). Une réception pour fêter le déclenchement de la révolution Algérienne «le 1er Novembre 54» sera offerte aux invités

Mokhtaria Ben-Nourine

NB. Veuillez, je vous prie, confirmer votre présence.

Mail : constantinebm@hotmail.com, mbennourine@kalemnews.eu  

Tél  : +32 (0) 475 276 146

11 octobre 2011

Les catholiques dans la campagne présidentielle

Les catholiques dans la campagne présidentielle

Par Guillaume Tabard, le 04 octobre 2011

Le cardinal Vingt-Trois a présenté lundi les enjeux essentiels de l’élection présidentielle pour les catholiques de France. Dans une République laïque, sort-il de son rôle ? Non car la laïcité, même à la française, ce n’est pas la relégation des religions à la seule sphère privée, c’est la possibilité reconnue à toutes les sensibilités, y compris religieuses, de s’exprimer, voire d’alerter sur les enjeux importants de la société.

Même en recul, les catholiques restent l’une des minorités les plus importantes en France, avec à peu près 3 millions de pratiquants réguliers. Et, comme l’a dit le cardinal Vingt-Trois lundi, «s’ils sont minoritaires, les catholiques n’entendent pas être des citoyens interdits de parole dans la société démocratique».

Que veulent dirent les évêques de France ? Il y a bien sûr une conception de la vie qui, quelques semaines après la révision des lois de bioéthique, leur fait rappeler leur opposition à «l’instrumentalisation de l’embryon», à la généralisation du diagnostic prénatal ou encore à l’euthanasie qui revient, disent-ils, «à abandonner les personnes au moment où elles ont le plus besoin d’aide et d’accompagnement».

Autre thème qui sera très présent dans la campagne présidentielle : le mariage et l’adoption homosexuels, qui figurent dans le programme du PS ou des Verts, et acceptés par certains à droite, comme Alain Juppé. Les évêques redisent qu’à leurs yeux, «la différence sexuelle de l’homme et de la femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain».

Le texte de l’Eglise de France parle aussi des banlieues, pour mettre en garde contre une politique «purement répressive» ; ou encore de l’immigration, pour dire «une régulation des migrations est nécessaire», elle ne peut pas se réduire à «une fermeture protectrice des frontières». Dans les rapports économiques et sociaux, elle met en avant la notion de «gratuité», peut-être pas si éloignée du «care» défendu par Martine Aubry. Enfin, comme le fait souvent le pape Benoît XVI, elle défend l’écologie en rappelant que l’homme n’est que le "gérant" de la Terre.

Ces rappels conduiront-ils l’Eglise de France a donner des consignes de vote ? Non ce n’est pas son rôle, qui est d’abord missionnaire, et ce n’est pas la tradition française où, contrairement à d’autres pays, il n’y a jamais eu de parti spécifiquement chrétien.

Même Christine Boutin, dont l’archevêque de Paris a salué le courage et les convictions, ne prétend pas, a-t-il dit, être le «porte-parole» de l’Eglise de France. D’ailleurs, l’intervention des évêques n’est pas uniquement un plaidoyer pro domo. Ils mettent par exemple en garde, dans les débats sur la laïcité, contre un discours qui stigmatiserait tous les croyants : les musulmans comme les catholiques.

Enfin, si ce texte est publié à six mois de la présidentielle, c’est bien pour souligner qu’ils ne voulaient pas trancher entre des candidats – cela relève de la conscience de chacun -, mais alerter l’opinion en amont sur des sujets qui préoccupent bien sûr les chrétiens, mais concernent la société française toute entière.

Certaines positions seront majoritairement refusées voire susciteront la polémique. Mais ce texte des évêques, court mais dense, aura le mérite de sortir la campagne présidentielle de seuls jeux de posture ou de petites phrases.

15:35 Écrit par Rachid Z dans Cultes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09 octobre 2011

L'Enculé

L'Enculé

Ce vendredi 7 octobre, Marc-Edouard Nabe annonce par courriel la parution de L’Enculé, un roman inspiré de l’affaire DSK. Un court extrait annonce la couleur : «Brusquement, j’ai ouvert la porte. Je bandais comme un gorille et ruisselais de partout…» Autoédité à 2000 exemplaires, le livre est en vente sur le site officiel de l’écrivain

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14:45 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 octobre 2011

Nicolas Sarkozy fait l'éloge de la liberté de conscience

Nicolas Sarkozy fait l'éloge de la liberté de conscience

 

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Par Guillaume Mollaret, le 04 octobre 2011

Le président de la République était mardi matin dans le site cévenol récemment classé au patrimoine de l'Unesco. Il y a rendu hommage aux protestants.

De mémoire de protestant, c'est la première fois qu'un président de la République rend officiellement hommage à cette communauté religieuse. En visite, mardi, à Mialet (Gard), haut lieu de la résistance huguenote face à la tyrannie royale interdisant la liberté de culte après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, Nicolas Sarkozy a loué cette terre cévenole, «où est née la liberté de conscience» prônée par les minorités religieuses. «C'est une dimension qui s'inscrit dans l'histoire nationale» commente pour sa part Laurent Schlumberger, président de l'Église réformée de France présent lors la visite présidentielle au musée du Désert de Mialet.

Alors qu'il avait été reproché au président de la République de privilégier le catholicisme aux autres croyances après le discours du Puy-en-Velay (Haute-Loire) en mars dernier, Nicolas Sarkozy a salué cette autre grande religion. Il a loué les paysages des Causses et Cévennes, à la fois œuvre de la nature et façonnés par l'homme, qui ont été récemment classés au patrimoine mondial de l'Unesco.

Résister

Louant la résistance pour la liberté de culte des camisards cévenols face aux diktats de Louis XIV, Louis XV, puis Louis XVI, il a rappelé que c'est ici même, à Mialet, qu'un pasteur avait en 1942 appelé à «ne pas plier devant la politique de Vichy et à résister à sa politique antisémite. En Cévennes, on plie mais on ne rompt pas (…) Résister, ce mot est à lui seul, pour une famille comme un pays, le plus bel héritage.»

Mais Sarkozy a aussi renoué, comme à Vézelay, avec le thème de l'histoire de France, thème récurrent du président rassembleur. «Je veux rendre hommage à cette France des morts qui a construit la France dans laquelle nous vivons» s'est-il exclamé. Il a ensuite repris à son compte l'article 10 de la déclaration des Droits de l'homme de 1789 instaurant que «nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses.» À l'origine, il était l'œuvre de Rabaut Saint-Etienne. Un pasteur cévenol protestant et franc-maçon.

13:19 Écrit par Rachid Z dans Cultes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 juillet 2011

Minguettes : réveil de la cité-dortoir ?

Minguettes : réveil de la cité-dortoir ?

Par Mélanie Rauscher, le 15 juillet 2011

Cette année, Vénissieux célèbre le 30ème anniversaire des émeutes qui ont eu lieu sur le plateau des Minguettes l’été 1981. A cette occasion, la Mairie de Vénissieux a organisé le vendredi 8 juillet une conférence pour revenir sur l’évolution du quartier depuis cette période trouble. Les Minguettes, une ZUS (Zone Urbaine Sensible), occupent une place singulière dans l’imaginaire collectif : celle de la périphérie lyonnaise délétère, vétuste, pauvre. Mairie et Grand Lyon ne comptent pourtant pas leurs efforts pour casser cette image. S’il y a des progrès, tous les indicateurs ne sont toujours pas au vert.

Les chiffres parlent d’eux-même : Quand Vénissieux affiche 30,7% de taux de chômage pour les non-diplômés en 1999, ce chiffre atteint 39,8% aux Minguettes. Et les habitants du Plateau représentent plus d’un tiers des Vénissians. Ainsi, la Ville s’est engagée depuis 1994 à rénover ce plateau laissé à l’abandon. Petit retour sur l’histoire d’un quartier qui connaît un nouveau dynamisme.

Les Minguettes sont construites entre 1966 et 1973, sur un espace de 200 hectares au Sud-Ouest de la commune de Vénissieux. Dans les années 60, en pleine période des Trente Glorieuses, l’heure est à la construction de grands ensembles urbains pour répondre au manque de logements en conséquence du baby-boom et de l’arrivée massive de Pieds-noirs. Vénissieux est une cible prioritaire de cette politique de logements : entre 1950 et 1975, la population est passée de 20 000 à 75 000 habitants. 60% des logements affichent des loyers modérés. A l’époque, ces barres et tours suscitent l’émerveillement : des familles modestes ont désormais accès à des toilettes, des douches et découvrent la modernité.

De l’ensemble urbain moderne à la cité-dortoir

Le choc pétrolier de 1973 met brutalement fin à l’euphorie : la hausse du chômage, les fermetures d’usines et la fracture territoriale frappent de plein fouet les périphéries des villes, les Minguettes y compris. L’image du quartier se dégrade. Les classes moyennes fuient et les classes pauvres et immigrés s’y installent. Entre 1975 et 1982, le plateau perd 30% de sa population. Les Minguettes deviennent le symbole de ces banlieues délaissées, des ghettos dortoirs ignorés par les politiques.

Un coup de tonnerre retentit en 1981, lorsque la jeunesse du quartier se soulève. Un cri d’alarme pour dénoncer la ghettoïsation, le sentiment d’exclusion et signaler l’urgence de mettre en place des politiques publiques : «L’été 81 a été à la fois un révélateur, brutal mais quelque part salutaire, et un laboratoire pour la Politique de la ville», analyse Michèle Picard, maire de Vénissieux. Les nuits sont rythmées par des violences continues, des dégradations, comme les désormais fameuses voitures brûlées et des altercations avec les forces de l’ordre.

Les Minguettes sont secouées à plusieurs reprises par des émeutes violentes, qui en font un épicentre des contestations et qui à chaque fois, défraient la chronique. En décembre 1983, dans un contexte politique tendu, la Marche pour l’égalité et la liberté, connue sous le nom de Marche des Beurs est lancée à l’initiative de l’association SOS Avenir Minguettes de Toumi Djaïdja et le père Christian Delorme, aujourd’hui devenue SOS Racisme. Cette marche est une première charge contre le racisme et l’exclusion. Le défilé monte jusqu’à Paris, dans les bureaux de l’Élysée, où les jeunes rencontrent le Président Mitterrand.

D’échec en échec

Ces crises à répétition conduisent à une prise de conscience précoce à Vénissieux, en comparaison avec d’autres quartiers défavorisés. «Le chantier, énorme, a démarré chez nous plus tôt et plus vite que dans d’autres agglomérations, et nous avons profité d’une coopération fertile entre l’État, les collectivités et la Ville de Vénissieux», se félicite Mme Picard. Les tentatives de renaissance sont nombreuses jusqu’en 2002, mais les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances.

Dans les années 1980, les politiques de rénovation restent inachevées, en raison des limites budgétaires. Entre 1990 et 2002, 80 millions d’euros sont mobilisés pour rénover le plateau. Réhabilitation du Centre Commercial de Vénissy, démolition de tours pour construire une résidence dans le quartier de la Darnaise. Néanmoins, ces efforts s’avèrent vains, puisque la paupérisation des Minguettes se généralise.

La fracture est trop profonde. Le fléau du chômage de longue durée résiste aux campagnes de ré-insertion et les populations se renferment sur elles-mêmes. Les habitants pâtissent également de la mauvaise image du quartier. Un échec fracassant qui conduit à une montée significative du communautarisme. Les exclus de la République cherchent de nouveaux repères et les trouvent notamment dans le culte musulman. Les signes de l’appartenance islamique se multiplient dans l’espace public. Signe de cette crispation identitaire : L’association Union des jeunes musulmans est créée en 1987 avec pour crédo l’affirmation de sa religiosité.

Des rénovations successives ont néanmoins conduit à une transformation du paysage urbain des Minguettes. Bien sûr, les grandes tours s’amoncellent toujours sur ses collines, mais le renouveau et la modernité sont indéniables. Et aujourd’hui, à force d’un travail acharné et d’un projet cohérent de la maire Michelle Picard, les Minguettes ont changé de visage.

Le temps du renouveau. Ou presque.

A partir de 2002, Jean-Louis Borloo, alors ministre du travail, met en place l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine), qui finance à hauteur de 90% la construction de logements, d’infrastructures publiques et d’aménagements urbains. Couplés aux politiques urbaines de la Mairie de Vénissieux, les résultats sont probants.

De nouveaux logements sociaux ont été construits, contemporaines et souvent aux normes HQE (Haute qualité environnementale). Il y a également des pavillons à taille humaine, comme ceux derrière l’avenue Jean Cagne, avec un loyer de 7,50 euros par m². Ou encore rue de la Démocratie, avec des logements en locatif social avec loyer libre. «Ce qui est important, c’est que ce sont les Vénissians qui s’y installent», se félicite Michèle Picard. En effet, le plan urbanisme prend en compte les populations et continue la construction de logements sociaux. «D’anciens Vénissians reviennent habiter sur le plateau», souligne la maire. Le centre commercial Vénissy, aujourd’hui en ruine, va être remplacé par 75 logements sociaux et des commerces aux pieds des immeubles, pour une plus grande proximité. Le projet est d’aérer et d’ouvrir l’espace, avec la construction de nouvelles voiries entre les bâtiments.

Le plan d’urbanisme comprend l’implantation d’équipements publics à vocation culturelle, pour donner «un caractère plus urbain au plateau», dixit la Maire : La rénovation de l’école de Musique Weiner et l’extension et la modernisation du cinéma Gérard Philippe sur l’îlot cerisier, pôle culturel bénéficiant d’un positionnement géographique central, tendent vers un rayonnement dépassant les frontières des Minguettes. «Ce sont des personnes des alentours, de Feyzin, qui viennent au Cinéma», ajoute l’élue. «Un pari réussi, car ça permet de casser les préjugés». Une réussite, qui profite à la population et à l’image du quartier.

Les Fêtes escales, festival vénissian, s’installent également sur le plateau. Il y a aussi l’Institut Bioforce, une association humanitaire, qui propose des formations aux jeunes. «Un élément moteur dans le quartier, qui contribue à l’animation du quartier», précise la mairesse.

Le désenclavement du plateau a été rendu possible, grâce à la mise en service du tramway T4 en 2009, un réel outil d’aménagement urbain : «Le logement social et l’urbanisme ne font pas tout, la mixité sociale ne sera pas renforcée, si tout cet ensemble n’est pas inséré dans un maillage toujours aussi dense de services publics de proximité», explique Mme Picard.

Faciliter la création d’entreprises est aussi un des projets. Avec le dispositif Zone franche urbaine, créé en janvier 2004, les entreprises qui s’installent aux Minguettes ou dans d’autres zones de Vénissieux, bénéficient d’exonérations d’impôts. La pépinière le Pyramidion accueille aujourd’hui une vingtaine d’entreprises.

D’autres indicateurs restent toutefois obstinément au rouge. Le taux de chômage chez les jeunes atteint 40%, soit presque le double de la moyenne nationale. Entre 2006 et 2010, l’échec scolaire et la délinquance ont augmenté. Alors que Vénissieux compte 53% de ménages imposés, aux Minguettes ce taux retombe à 37,5%. Et Vénissieux, tout en étant la troisième ville de l’agglomération lyonnaise, est également la plus pauvre.

Un renouveau à demi-teinte donc, car les plaies ne sont pas tout à fait cicatrisées. «La lame de fond du capitalisme financier [...] font de nos bassins d’emplois des terres sinistrées», justifie Michelle Picard. Pas de quoi décourager l’élue communiste : «Nous devons continuer à faire preuve d’audace, d’imagination, de modernité, de courage aussi, car c’est dans les quartiers populaires que se joue en priorité l’avenir de notre République».

13:08 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22 juin 2011

L’IDENTITE ET LA CULTURE REUNIONNAISE : DES COMBATS D’ARRIERE-GARDE ?

L’IDENTITE ET LA CULTURE REUNIONNAISE

DES COMBATS D’ARRIERE-GARDE ?

 

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Aude-Emmanuelle Hoareau, le 20 juin 2011

Le 8 juin dernier, Didier Robert, le président du Conseil Régional de la Réunion, est intervenu sur France Inter. Il était l’invité politique du “7-9”. En direct, il a déclaré que «la défense de la langue créole n’a aucun sens» suscitant immédiatement de vives polémiques chez Les Réunionnais.

Au-delà de la langue créole dont il est question des ses paroles, c’est tout le rapport des Réunionnais à leur culture qui est remis sur le tapis.

Que devons-nous penser aujourd’hui tous ces mouvements culturels qui habitent l’espace public en plaçant par exemple des stèles en mémoire des esclaves marron exécutés au XIXème siècle ? A travers l’affirmation d’une identité créole forte, doit-on craindre l’émergence d’une nouvelle minorité agressive, susceptible de troubler l’ordre social ? Et si «l’identité et la culture réunionnaises sont des combats d’arrière-garde», à quoi bon s’attacher à des éléments de folklore sans vertu universalisable et peu riches, dans un monde qui a déjà changé ? Pensons au séminaire de Claude Lévi-Strauss qui s’est tenu au Collège de France en 1974-1975, et dans lequel il était question des revendications identitaires. «La foi que nous mettons encore en elle [l’identité] pourrait n’être que le reflet d’un état de civilisation dont la durée aura été limitée à quelques siècles.» selon le propos de l’ethnologue. La notion d’identité serait moribonde et sans commune mesure avec les constellations culturelles qui redessinent notre univers. Alors pourquoi s’acharner à défendre l’identité réunionnaise ou créole ?

S’agirait-il d’un phénomène transitoire qui s’inscrirait comme résistance à une mondialisation et à son pouvoir uniformisant ? Un phénomène vain, sans contenu viable ?

Ou d’un autre type de processus ?

Pas de société apaisée sans reconnaissance de ses composantes culturelles

Se proclamer créole réunionnais, c’est un peu embrasser le bric-à-brac du monde dont les identités s’amalgament ou s’interpénètrent. C’est imaginer l’évolution, le changement, la confrontation d’éléments divers comme ce qu’il y a de plus permanent dans la non-permanence de l’être. C’est se faire le chantre du métissage et de l’interculturalité. C’est en tant qu’individu, lâcher prise et se fondre dans le flux du devenir. Serait-ce en ce sens dépasser la notion même d’identité (ce qui est semblable à soi-même tout en ayant le sentiment de son unité) qui semble aujourd’hui galvaudée, impropre à décrire le mouvement perpétuel de l’être et des métissages culturels autant que biologiques qui dessinent le monde mais ne parviennent plus à en témoigner ?

Gageons que oui et la langue créole plus que nulle autre témoigne de ce mouvement. Une langue permet de matérialiser un rapport unique au monde et de le partager. Elle est l’éclosion sans cesse renouvelée de la singularité d’une population, et pour cette raison seule, nul n’est autorisé à la disqualifier. L’enjeu aujourd’hui serait non pas de militer pour une identité figée mais plutôt de développer notre réunionnité en connexion avec les autres cultures du monde, et dans une relation positive à nous-mêmes et aux autres. Ce qui suppose qu’à défaut d’être aimés ou même encore respectés, nous soyons reconnus par l’autre. Car la reconnaissance, selon nous, serait bel et bien la finalité essentielle de la quête identitaire. La reconnaissance suppose en ce sens à la fois acceptation et davantage encore peut-être, une certaine dose d’intérêt et d’admiration. Admiration pour une histoire, une culture, une certaine manière de se rapporter au monde, une différence, une singularité, une ou des langues...

Etre reconnu positivement, intégré par un autrui approbateur dans le cercle de la vie sociale, c’est un peu selon Axel Honneth (sociologue et philosophe qui revisite les fondements de la sociologie à la lumière des concepts de Hegel) la destination du cheminement identitaire... En ce sens, nier cette part de «besoin de reconnaissance» au sein du fonctionnement social d’une île comme la nôtre, ne serait-ce pas à terme foncer droit dans le mur ? «L’existence des individus et des collectivités ne consiste pas seulement dans des échanges de biens et de services utiles à la conservation de soi, mais aussi des «attentes de reconnaissance», explique Axel Honneth.

Lutter contre le ressentiment

La reconnaissance serait en quelque sorte l’assise de l’être, une deuxième naissance à soi, une validation par l’autre de son existence qui permettrait à l’individu de s’épanouir.

Difficile à mener, parfois utopique, mais nécessaire afin de prévenir les blessures narcissiques qui se perpétuent encore à l’heure actuelle et qui peuvent être très graves.

Un enfant dont on méprise l’origine sociale, un individu dont on fustige la langue maternelle, vivent des humiliations très souvent intériorisées et qui resurgiront plus tard sous une forme destructrice. Dénigrer le créole réunionnais, même de manière insidieuse, peut être vécu comme une humiliation à petite dose, susceptible de nourrir un fort ressentiment chez des individus qui ont besoin de se construire. Et les conséquences de ce ressentiment tapi peuvent être lourdes et s’exprimer sous diverses formes de violence.

La société hypermoderne qui est la nôtre fonctionne bel et bien sur le ressort de l’humiliation, qui consiste trop souvent à plaquer les individus quels qu’ils soient au sol, les dépouiller de leur dignité... des individus qui retourneront leur colère contre eux-mêmes ou l’exprimeront plus tard contre ceux qui symbolisent l’humiliation. Alors luttons pour le bien de tous contre les tendances à la dévalorisation des êtres et de leurs cultures, d’où qu’elles viennent et quelles que soient leurs motivations.

La vraie menace qui pèse sur les langues aujourd’hui (dont environ 25 meurent chaque année), selon le linguiste LJ Calvet, ce n’est pas leur supposée pauvreté intrinsèque mais plutôt les choix politiques des gouvernements, qui privilégient l’uniformisation linguistique et la maîtrise des langues fortes, c’est-à-dire aptes à servir le développement économique : «derrière la guerre des langues se profile une autre guerre, économique, culturelle».

La langue est devenu un enjeu de pouvoir et se voit détournée de sa fonction première : faire vivre l’âme d’une population, exprimer la richesse humaine, se poser comme un élément de la diversité culturelle au sein d’un monde...

Fustiger une langue comme étant non compétitive, inapte à servir la croissance d’un pays, n’est-ce pas plutôt cela le combat d’arrière-garde ?

10:09 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

21 juin 2011

Alors on dance en tarifit (t'mazight du Rif)

Alors on dance en tarifit 

(T'mazight du Rif)

05:24 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18 mai 2011

Gay Pride 2011

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Aperçu de la 16ième édition de la Gay Pride organisée le 14 mai à Bruxelles ...