18 octobre 2012

Une soirée humour et animation : Samia Oresmane

Une soirée humour et animation

Samia Oresmane

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13:30 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04 octobre 2012

«DSK ? Paix à son sperme.»

«DSK ? Paix à son sperme.»

Propos recueillis par David Caviglioli(extraits), le 03 octobre 2012

Dans un roman à haut risque, Stéphane Zagdanski s'immisce dans le cerveau de Dominique Strauss-Kahn. Il nous raconte sa plongée au cœur de la démence contemporaine. Entretien.

Le Nouvel Observateur Comment vous sentez-vous, après une année en immersion dans le cerveau de Dominique Strauss-Kahn ?

Stéphane Zagdanski Je ne vous cacherai pas que l’année 2011 fut presque aussi pénible pour moi que pour Dominique Strauss-Kahn ! Comme si ce livre m’attirait des ennuis. Pour ne vous donner qu’un exemple, un gigantesque incendie a entièrement dévoré un entrepôt à Gagny où j’avais des archives irremplaçables. Et c’est loin d’être le pire de ce qui m’est arrivé.

L’annonce de ce roman en a surpris plus d’un…

Cela faisait longtemps que j’envisageais d’écrire quelque chose sur l’argent, sur le devenir désastreux de la finance contemporaine. Le vrai sujet de «Chaos brûlant», c’est cette gestion génocidaire du globe. Debord dénonçait en 1967 le «devenir-marchandise» du monde. Il faut aujourd’hui évoquer le «devenir-marchés–financiers» de la planète. Puis est arrivée l’affaire, qui en elle-même ne m’a pas tellement intéressée. Mais j’ai compris qu’il se passait quelque chose de l’ordre de la démence quand j’ai appris qu’il y avait eu plus de couverture médiatique sur cette affaire que sur le 11-Septembre.

En m’intéressant plus au personnage de DSK, j’ai compris que toute sa vie tourne autour de la hantise du cataclysme et du séisme. En commençant par sa jeunesse, avec le séisme d’Agadir, le 29 février 1960, auquel sa famille et lui avaient survécu dans son enfance. Cet été 2011 est pour moi un œil du cyclone de la démence contemporaine.

Quelle est la part du fictif et du vrai dans votre livre ?

Premier principe: tout est public. Je n’invente rien sur la vie privée des personnages célèbres du roman, même si j’examine des détails peu connus. Tout est consultable dans des biographies, des discours, des recueils de petites phrases, y compris les propos souvent orduriers de Sarkozy. Le rapport passionnel de DSK aux échecs (et donc à l’échec !) est entièrement vrai.

Même chose concernant Benjamin Brafman, l’avocat de DSK: l’histoire de sa famille rescapée de la Nuit de Cristal, ses conférences dans des synagogues où il fait parler les morts de la Shoah. Personne ne s’est intéressé à cet aspect mystique de «l’avocat de la mafia», alors que tout cela est dénichable sur YouTube. En revanche, je me suis immiscé dans le cerveau des personnages, et ce que j’y trouve est par définition inventé, que ce soit DSK, Nafissatou Diallo, Benjamin Brafman, Sarkozy ou les autres.

Votre roman a dû passer entre les mains de pas mal d’avocats…

Il y a eu quelques relectures, en effet. J’ai dû mettre de côté plusieurs passages qui risquaient, en cas de procès, de nous faire perdre à coup sûr. Ainsi, j’avais fait une description très minutieuse, très poétique même, du pénis de DSK au moment où il l’engouffre entre les lèvres de Nafissatou Diallo. C’était imaginaire, bien entendu. Or, paraît-il, cela constituait une «atteinte caractéristique à sa vie privée».

Vous expliquez les variations de la version de Nafissatou Diallo par un «principe d’incertitude peul». Que voulez-vous dire ?

Je me suis intéressé à Nafissatou Diallo, donc à la culture peule, à sa langue, ses croyances, ses maximes. La civilisation africaine est orale. Lorsqu’un Africain vous raconte quelque chose, quoi que ce soit, il ne le rapporte pas: il le recrée. C’est une forme d’improvisation, comme dans le jazz, dont les sources sont africaines. Si vous posez à une Peule vingt fois la même question, vous aurez vingt réponses différentes. Nafissatou Diallo est arrivée tard en Occident, elle ne voit pas et ne parle pas le monde en Américaine. Elle s’est peut-être fait violer, mais son rapport typiquement peul à la parole l’a desservie. Elle était face à des flics new-yorkais qui, lorsqu’ils vous demandent ce que vous faisiez entre 12h et 12h36, n’admettent aucune fioriture dans la réponse.

Votre portrait de DSK tourne autour d’un tremblement de terre auquel il a réchappé, enfant, à Agadir.

Le 29 février 1960, la ville est détruite en quelques secondes, on compte des milliers de morts mais la famille Kahn, Dominique, ses parents, sa sœur et son frère survivent. Mon idée, c’est que le séisme d’Agadir l’a à la fois ravagé et fondé. Un tremblement de terre, c’est dix ou quinze secondes durant lesquelles des constructions humaines vieilles de plusieurs siècles s’effondrent. Depuis, il ne pense plus qu’à jouir, et à fuir. Les plus grandes pensées du XXe siècle consistent à penser le rapport entre l’être et le temps. C’est une question essentielle dans le judaïsme aussi.

DSK, lui, incarne la fuite hors du temps du monde présent, entre la rapidité grandissante des déplacements et de la circulation des informations sur internet. Il est hanté par le séisme. Si on suit sa carrière, à chaque fois qu’il est au sommet, tout s’écroule sous ses pieds. La Mnef, la cassette Méry, l’affaire Piroska-Nagy… Et le plus extravagant, c’est qu’à chaque fois il s’en remet… pour replonger ensuite. C’est là que Nafissatou arrive. Il n’est pas impossible qu’il revienne dans cinq ou dix ans. Si l’euro s’effondre et qu’on cherche un économiste…

Vous écrivez que DSK «porte le séisme en lui».

Le 14 mai 2011 au matin, il était considéré comme l’homme le plus intelligent du monde, le joueur d’échecs qui a quinze coups d’avance sur ses adversaires. Et le voilà qui dérape dans une flaque de sperme à deux pas de l’Élysée ! DSK est littéralement aimanté par la catastrophe. Même sa libido est cataclysmique. C’est pour ça qu’il est si bon dans les situations de cataclysme réel: il a fait des merveilles en Haïti. Il a débloqué des centaines de millions en quelques heures. Il est remué par ça.

Vous le montrez comme un homme absent de lui-même. Dans la chambre du Sofitel, il demande à Nafissatou Diallo: «Sais-tu qui je suis?»

Oui, probablement sous-entendu: «N’aie pas peur, je suis un homme puissant, tu ne perdras pas ton travail.» C’est extraordinaire: c’est une phrase du roi Lear, qui lui aussi perd tout par aveuglement sentimental et qui pose la question: «Qui peut me dire qui je suis?»

Dans votre roman, on croise Bobby Fischer, le joueur d’échecs maladivement antisémite. L’hystérie médiatique autour de l’affaire peut-elle s’expliquer par la réactivation d’un fantasme sur les Juifs ?

Je ne le pense pas, même si les antisémites du globe y ont vu la confirmation de leurs convictions les plus moisies. Ce qui a surtout fasciné, c’est que le désastre de DSK symbolise toute notre époque, mêlant le sexe, la politique, l’économie, les médias, et la plus banale misère humaine… Concernant Bobby Fischer, cela m’a intéressé de rentrer dans le cerveau confus et paranoïaque d’un antisémite avéré, mais pas de n’importe lequel.

Les antisémites sont d’une uniformité moutonnière parfaitement ennuyeuse. Rien de très nouveau depuis Aman jusqu’à Ahmadinejad, sans parler des «antisionistes» français qui se croient très subversifs en ressassant des immondices vieilles de plusieurs siècles. Le cas de Bobby Fischer est distinct, et donc intéressant, pour deux raisons. La première, c’est qu’il était aussi absolument génial aux échecs qu’il était psychotique dans la vie. Après tout, des antisémites géniaux, hormis Voltaire, Dostoïevski et Céline, il n’y en a pas eu tant que ça. L’autre raison, triste et touchante, c’est que Bobby Fischer était juif de père et de mère, au même titre que DSK ou moi-même!

Nicolas Sarkozy apparaît dans le roman. On a longtemps présenté DSK comme un antidote au sarkozysme, mais vous semblez penser que les deux hommes ont quelque chose en commun.

Oui, à commencer par le fait que tous les deux sont manœuvrés par d’imbéciles communicants, les fameux spin doctors qui ne sont que des mythomanes à gage. C’est d’ailleurs le cas de n’importe quel politicien aujourd’hui. Quand un politicien dit «oui», il y a un communicant derrière son dos qui lui a dit d’assembler les lettres O-U-I pour répondre à un journaliste. Quoi qu’on pense de De Gaulle  – et Dieu sait si j’ai peu de sympathie pour lui ! – c’était un roublard encore nourri de rhétorique à l’ancienne. Comme l’ont démontré cinq années de présidence sarkozienne, ce temps-là est révolu. D’ailleurs de Gaulle avait une qualité indéniable: il méprisait l’argent. On ne peut pas en dire autant de Sarkozy ni de DSK. Ce sont des marionnettes du Chiffre. Leur langue, c’est les borborygmes débiles des Marchés Financiers: «AAA, BBB, CCC»

DSK, cet homme du séisme, fait pourtant partie de ces dirigeants qui n’ont pas vu venir le séisme financier…

Là, ce n’est pas un séisme, c’est un Gouffre. Un Gouffre qui est devenu l’autre face du monde. DSK n’est qu’un homme de paille du néolibéralisme. Il n’est pas du tout le grand économiste qu’on décrit habituellement. Il n’a jamais rien produit. On attend toujours son prix Nobel, qu’il annonçait vaniteusement à ses camarades de fac à 20 ans. C’est un keynesien-schumpeterien classique, n’importe quel prof d’économie en première année en sait autant que lui.

Au fond, c’est un fumiste qui raconte bobard sur bobard depuis qu’il a vingt ans. Ses derniers discours en tant que chef du FMI sont aberrants. Il passe son temps à dire que tout va mieux, que la nouvelle gouvernance mondiale va tout arranger, qu’il est optimiste pour les Grecs, etc. Ce n’est même pas du cynisme: il s’en fout. Ce n’est pas du tout un homme de parole. Contrairement à Nafissatou Diallo, lui n’est pas habité par le Verbe. De ce point de vue, spirituellement, il est très peu juif. Il faut choisir entre étudier la Torah et se taper des putes à longueur de temps ! Les mots ne lui coûtent rien. Ils ne lui servent qu’à donner le change. Son désir est ailleurs. Son désir, on le trouve dans sa passion pour les échecs, ou dans ses textos: «J’emmène une petite faire les boîtes de Vienne.»

«Un Gouffre qui est devenu l’autre face du monde»: qu’entendez-vous par là ?

C’est le grand thème du livre: la finance n’est pas qu’une partie du monde, elle est le monde. Le néo-libéralisme a pris possession de toute la planète, et c’est une possession plus despotique que tous les despotismes humains apparus auparavant. Son règne est celui du ravage. Je parle d’une «catastrocratie», qui n’est pas née d’hier. Elle s’est fait les griffes au XXe siècle avec les meurtres de masse, liés en partie à la crise de 1929, puisque sans elle Hitler n’aurait jamais pris le pouvoir.

Bien sûr, Hitler n’est pas à lui seul tout le XXe siècle, mais il en est l’incarnation la plus vociférante. Comme l’avait bien vu Lacan, «les nazis furent des précurseurs». L’organisation du massacre de millions de personnes fut à la lettre «assistée par ordinateur». Les premières machines IBM étaient dans les camps d’extermination nazis. D'ailleurs «Watson», le nouveau super-ordinateur d’IBM, a été récemment acquis à prix d’or par… je vous le donne en mille… Citigroup, le plus grand conglomérat financier mondial. Autant dire que les Grecs n’en ont pas fini de baver, et nous avec eux. Les valets de Goldman Sachs vont leur faire payer l’invention du mot «démocratie». Les péroraisons démagogiques des gouvernants ne servent qu’à masquer la domination de la finance. Or il y a toujours un rapport étroit entre domination et dévastation. On s’en doutait, après le nazisme et le stalinisme. Mais ni Hitler ni Staline n’avaient les moyens de faire fondre la banquise. On savait depuis Marx que l’empire capitaliste allait avoir une fin. Mais ce qu’on ne savait pas, c’est que la planète allait sombrer avec lui.

Finalement, que vous inspire DSK ? On sent dans votre roman à la fois de la pitié et de l’hostilité…

Il ne m’intéresse pas comme être humain. Pour moi, DSK n’est que le logo grotesque du néolibéralisme, c’est un ensemble de phrases, de situations, de reflets. Qu’il soit aussi un personnage public, je n’y peux rien. Je ne suis pas allé fouiner dans sa vie privée, c’est lui qui s’est invité chez moi avec son éjaculation grotesque à la face du monde. Pour autant je n’éprouve envers lui aucune hostilité. Quant au DSK réel, paix à son sperme.

Stéphane Zagdanski, né en 1963 à Paris, est romancier et essayiste. On lui doit "Céline seul", "le Sexe de Proust", "Pauvre de Gaulle!" ou encore "De l'antisémitisme"

11:49 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Opinions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13 septembre 2012

Eric Legnini rythme le Saint-Jazz-ten-Noode

Eric Legnini rythme le Saint-Jazz-ten-Noode

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Jean-Claude Vantroyen, le 13 septembre 2012

Il y a 27 ans, la place Saint-Josse, dans la commune du même nom, était le théâtre du premier Saint-Jazz-ten-Noode. Depuis, chaque année, la commune remet le couvert, d’autant que le bourgmestre Jean Demannez est un batteur convaincant.

Cette année donc, le Saint-Jazz offre une nouvelle fois sa place au jazz et au public. Concert d’ouverture avec le trio John Ruocco, Jean-Louis Rassinfosse, Félix Simtaine le vendredi à 21 h à la Jazz Station. Festival place St-Josse le samedi dès 17 h : Igor Gehénot Trio d’abord, Marco Locurcio Quartet ensuite (18 h 30), Eric Legnini Afro Jazz Beat enfin (20 h). Et, dès 22 h, au Botanique, les concerts de clôture avec un jeune musicien issu de St-Josse mais qui enregistre aux Etats-Unis : Little Collin ; et une chanteuse d’origine grecque qui vit à Bruxelles : Mariana Tootsie.

Un programme de très grande qualité. Igor Géhénot est le pianiste qui monte. Son album Road Story (Igloo) est super. Sur scène, avec Pat Cleuver et Teun Verbruggen, c’est super aussi. Marco Locurcio est un excellent guitariste, il a réuni autour de lui de fameux musiciens : Erwin Vann, Nicolas Thys et Lander Ghyselinck. Quant à Eric Legnini, faut-il encore le présenter : le pianiste belge qui vit à Paris se déchaîne sur cet afro jazz beat avec ses copains Hugh Coltman, Frank Agulhon et Thomas Bramerie.

Une si belle programmation rime-t-elle avec élections ? «Je m’occupe de la programmation depuis plusieurs années, répond Dimitri Demannez. Et je m’attache à faire la meilleure chaque année. Pas plus cette année-ci que les années précédentes. Mais pas moins non plus. J’essaie d’avoir un mélange de générations avec du jazz assez contemporain mais aussi éclectique. Et puis, des artistes moins connus, et qui mériteraient de l’être davantage, au Bota. Little Collin possède un univers soul, jazz, bop et il sera rejoint par sa sœur Mila Brune pour quelques morceaux, et Mariana Tootsie chantera un hommage à Etta James.»

14:36 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Saint-Josse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04 septembre 2012

Liste FDF Saint-Josse-ten-Noode

Liste FDF Saint-Josse-ten-Noode

CANDIDAT(E)S aux ELECTIONS 2012


1. LIMANI Djef

2. LAMBILLION Patricia

3. BOUGHABA Abdellah : figurait en 2006 sur la liste CDH

4. DE BRAEKELEER Lydia

5. LAMBILLION Roger

6. ROX Renée : conseillère CPAS

7. BIOT Patrick

8. DELVAUX Michèle

9. CREMER Jean-Louis

10. TASDAGITICI Semsettin

11. DEVAUX Sébastien

12. ELÇI Fatma

13. MOUHSSIN Hassan

14. TASDAGITICI Tulay

15. FATHI Samira

16. OURIAGHLI Abdellah : figurait en 2006, en tant que réformateur, sur la liste MR

17. BIOT Sandrine

18. FATHI Otman

19. ARINSOY Nevbahar

20. MOERENHOUT Didier

21. ELHACHMI Sarah

22. LAABI Tarik

23. LABYAD Khadija

24. LAFÈRE Alain

25. TASDAGITICI Nevriye


(?) : VANDIEST Daniel

(?) : BAHORI Boubker

28 août 2012

Les maisons de repos effraient les personnes âgées turques

Les maisons de repos effraient les personnes âgées turques

Belga, le 28 août 2012

Les personnes âgées d’origine turque hésitent à entrer en maison de repos. Selon la VUB, qui sort une étude sur le sujet, il est urgent d’adapter les soins de santé des seniors en Belgique pour converger vers toutes les cultures.

À la suite de la rapide hausse du nombre d’immigrants âgés, il y a un besoin urgent de «soins de santé des seniors adaptés à la culture» et qui tiennent compte des besoins de ce groupe cible, ressort-il lundi des résultats d’une enquête effectuée par la Vrije Universiteit Brussel (VUB) auprès de dizaines de Turcs âgés de plus de soixante ans et vivant à Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode, et de leurs soignants.

Selon les prévisions, le nombre de personnes âgées turques augmentera de 314 % d’ici à 2015 et le secteur des soins de santé ne pourra faire face à l’augmentation de la demande de soins, montre cette enquête.

Le docteur Tine Buffel (VUB) a constaté que les seniors turcs privilégient de vivre leurs vieux jours à domicile, car ils y reçoivent l’aide de leurs enfants.

Néanmoins, la plupart d’entre eux ne souhaitent pas imposer à ses enfants de lourds frais de soins de santé. Si rester auprès de ceux-ci n’est pas possible, les seniors turcs imaginent alors leur maison de repos idéale comme un lieu de vie à petite échelle où résideraient d’autres Turcs.

Les formes alternatives de logement et de soins sont à peine connues de ces personnes âgées car elles n’existent souvent pas dans leur pays d’origine. De plus, les informations sur les soins de santé à domicile viennent surtout des (petits) enfants de ces seniors. «Il y a un besoin de nouvelles initiatives de soins et de logement à petite échelle et adaptées», conclut Tine Buffel.

Dans le cadre de cette enquête, la VUB a collaboré avec le professeur Seval Güven, de l’Université Hacettepe d’Ankara.

11:12 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Saint-Josse, Turquie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

13 août 2012

L'Eglise de Saint-Josse rénovée dès septembre

L'Eglise de Saint-Josse rénovée dès septembre

L’Avenir, le 13 août 2012

L'Eglise Saint-Josse située sur la place du même nom nécessite une rénovation. Les murs s'effritent et les pierres risquent de choir sur la voie publique. La rénovation de la toiture débuterait dès le mois de septembre. Mais qui payera les coûts de la rénovation ?

"Nous avons reçu une lettre de la Fabrique d’église pour nous signaler que des travaux seraient entrepris en toiture dès le mois de septembre, indique Jean Demannez (PS), le bourgmestre de Saint-Josse dans La Capitale. Pour le reste, nous attendons un devis plus précis pour l’ensemble de la rénovation.

Pour remettre l'ensemble de l'église en état, il faudra des fonds supplémentaire. Comme la Fabrique est en déficit, c'est la commune, déjà connue pour sa pauvreté, qui devra suppléer. Et ce même si une importante subvention régionale est attendue, l’église étant classée, poursuit le mayeur dans La Capitale.

L'église Saint-Josse datant de la fin du 19ième siècle est de style néobaroque. Aujourd'hui, une partie de sa nef est inaccessible au public pour risques d'éboulis.

14:21 Écrit par Rachid Z dans Cultes, Saint-Josse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 juillet 2012

Show Time

Show Time

Pour le bonheur du public, composé en cette période estivale de nombreux touristes, de jeunes artistes bruxellois, issus de l'immigration, font le show ...

14:53 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

02 juillet 2012

Paroles d'artiste : Aziz Lahlou

Paroles d'artiste

Aziz Lahlou

14:18 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17 juin 2012

Loi islamique : se prendre pour Dieu ici-bas

Loi islamique

Se prendre pour Dieu ici-bas

Eric WALBERG, le 16 juin 2012

Heaven on earth ("Le paradis sur terre") : un voyage dans la loi de la Charia, des déserts de l’ancienne Arabie aux rues du monde islamique moderne

Il y a 50 pays qui ont une majorité musulmane dans le monde ; 11 d’entre eux, dont l’Egypte, ont une constitution qui reconnaît l’Islam comme une source de lois nationales. Dans Heaven on earth ("Le paradis sur terre"), Sadakat Kadri, un avocat anglais et attorney à New York nous offre une synthèse de l’histoire de la loi islamique tout à fait nécessaire et abordable ainsi qu’une étude divertissante et pleine d’anecdotes fascinantes de l’état actuel de la loi islamique.

Par exemple, avez-vous entendu parler du mystique soufi du 11ième siècle dont les prières furent interrompues par une voix familière : "Oh, Abu Al-Hasan !" tonna-t-elle, "Veux-tu que je raconte tes péchés à tout le monde de sorte qu’ils te lapideront ?" - "Oh Seigneur" , murmura Al-Hasan "Voulez-vous que je parle de votre miséricorde à tout le monde de sorte que plus personne ne se sentira obligé de s’incliner devant vous ?" -"Garde ton secret" répondit le Seigneur d’un air de conspirateur, "et je garderai le mien."

Ces anecdotes piquantes mises à part, Kadri étudie le développement de la loi islamique depuis l’époque du Prophète, en se concentrant sur sa manière d’aborder la guerre, la justice criminelle, la tolérance religieuse et les mouvements de réforme à travers l’histoire. Il offre une vue d’ensemble précieuse à tous ceux que la résurgence actuelle de l’Islam inquiète et/ou excite. L’Islam est la religion qui se développe le plus vite et c’est la seconde après le christianisme en nombre de croyants (et sûrement la première en termes de pratiquants sincères), c’est donc une force de plus en plus grande non seulement dans la sphère de la religion mais dans celles de la culture et même de l’économie.

Selon la sagesse populaire, c’est le Prophète qui a institué les bases légales de la loi islamique dans les Sourates de Médine, la charia, qui a été plus tard codifiée comme fiqh (jurisprudence) sous les califats Umayyade et Abbaside dans quatre écoles — Hanafite, Malikite, Shafiite et Hanbalite. Le dynamisme originel de la jurisprudence islamique, caractérisé particulièrement dans l’école Hanafite par ijtihad (interprétation légale) s’est tari et "les portes de ijtihad se sont fermées" au 14ème siècle quand les Mongols ont dévasté le monde musulman.

L’Islam d’aujourd’hui aurait donc supposément huit siècles de retard et, selon des théologiens comme Hans Kung, il aurait besoin d’être réformé et éclairé par la civilisation occidentale pour s’adapter au 21ème siècle.

La réalité est toute autre. C’est vrai qu’il y a eu une explosion de créativité du 8ème au 11ème siècle qui a engendré un monde islamique bien plus "civilisé" que l’Europe de l’époque tombée dans l’Age des Ténèbres. La transformation de la charia en fiqh a commencé sous le calife abbaside Al-Mahdi (au pouvoir de 775 à 785) à l’époque où la classe montante des religieux érudits (ulama) et la loi elle-même se sont rendus graduellement indépendants du dirigeant et où les décisions légales devaient être "certifiées et validées par des membres respectés et assermentés de la communauté musulmane : un jury, environ quatre cents ans avant son équivalent anglais".

L’interprétation, le raisonnement analogique, le consensus et la consultation ont fleuri, créant un corpus théorique légal qui en fait ne s’est pas "clos" au 14ème siècle, mais qui a atteint une plénitude qui a permis à l’Islam de se répandre avec le temps et de demeurer une des plus ardentes religions du monde. Kadri décrit le développement du fiqh islamique comme "une immense réussite. Elaboré au fil de plusieurs siècles, il s’est enraciné dans trois continents et il éclipse le christianisme depuis presque mille ans". Il s’est adapté aux conditions et coutumes locales et "a contribué à relier des civilisations qui étaient aussi différentes que possible".

Le problème, comme l’indique Kadri, a surgi au siècle dernier, surtout dans les "quatre décennies du revivalisme légal" qui "ont vu se développer des théories qui empêchent la naissance d’idées nouvelles et la controverse partout où elles triomphent".

Kadri analyse sans passion la montée de la violence dans l’Islam depuis les années 1970, qu’il attribue au mouvement wahhabite dont les inspirateurs sont deux des derniers contributeurs du fiqh au 13ième siècle, Ahmed Ibn Taymiyya et son disciple Ibn Qayyim, dont les sérieuses mises en garde contre l’apostasie et la dévotion aux Salafistes (la première génération de Musulmans) est à l’origine du stéréotype qui domine dans le discours occidental actuel sur l’attitude rigide et austère de l’Islam qui refuse l’innovation et enjoint ses disciples à imiter ceux qui vivaient aux temps héroïques de l’histoire islamique (taqlid).

L’auteur montre comment dans les dernières décennies l’appel à la violence et au renversement des leaders kafir (incroyants) a abouti à justifier du meurtre de Musulmans et de tous ceux qui se mettaient en travers de leur chemin. L’Egyptien Ayman Al-Zawahiri et le Saoudien Osama Bin Laden, inspirés par les écrits de Ibn Taymiyya et de l’Egyptien Sayyid Qutb, ont été les archétypes de cette nouvelle attitude dans les années 1960.

Mais aux Etats-Unis, davantage de Musulmans que de Chrétiens et de Juifs ont condamné les attaques militaires contre des civils et la plupart des victimes du soi-disant terrorisme islamique sont des Musulmans. Bien qu’il sous-estime l’importance de la violence des Etats-Unis et de ses multiples guerres au siècle dernier, à côté desquelles l’Islam fait pâle figure, Kadri montre que des islamophobes comme Bruce Bawer, un Américain basé à Oslo et auteur de Pendant que l’Europe dort : Comme l’Islamisme radical détruit l’Occident de l’intérieur (2010) sont tout aussi violents. Bawer soutient - hystériquement - que les envahisseurs musulmans sont en train de conquérir l’Europe et que, comme ils se reproduisent "au-delà du point de non retour", cela conduira bientôt "à l’assujettissement ou à une guerre civile" en Europe. Osloite Anders Breivik a fait 22 références aux écrits de Bawer pour justifier le meurtre de plus de 70 Norvégiens en juillet 2011.

La manière dont les émigrés musulmans s’adaptent à leurs nouvelles sociétés aujourd’hui est un thème important du livre "Le paradis sur terre". Les Etats-Unis se sont construits sur une culture d’émigration de masse et d’assimilation rapide, et en dépit de l’islamophobie de l’ère qui a suivi le 11 septembre, les Musulmans se sont bien adaptés à la vie en Amérique et ont prospéré. Au contraire, "l’Angleterre a historiquement reçu les nouveaux arrivants avec un mélange de curiosité, d’hostilité et d’indifférence" encourageant "l’auto-assimilation dans les communautés d’émigrants". C’est pourquoi les Musulmans britanniques sont de fervents militants.

Dans les deux pays - au grand dam des Islamophobes - la Charia s’est infiltrée et fait maintenant partie de ces deux systèmes légaux soi-disant supérieurs. La loi fédérale étasunienne d’arbitrage votée par le Congrès en 1925 autorise les tribunaux religieux, et leurs jugements ont force de loi dans les tribunaux étatiques et fédéraux. Des tentatives récentes de mettre la charia hors la loi (notamment un référendum dans l’Oklahoma) échoueront à cause du Premier Amendement, prédit Kadri. Après tout, les Juifs étasuniens ont leur Beth Din, leur tribunal religieux, depuis plus d’un siècle et il existe maintenant des médiateurs pour les Chrétiens qui préfèrent le droit canonique à la loi laïque du pays.

Les tribunaux étasuniens "ont positivement encouragé [leur] usage depuis les années 1980" pour ce qui concerne les successions, les affaires et les conflits matrimoniaux, "qui sont réglés par des théologiens musulmans selon la charia". "Les préceptes du droit islamique, comme les codes d’autres religions, ont donc déjà force de loi aux Etats-Unis". Des Muftis des environs de Birmingham en Grande Bretagne ont mis en place "un tribunal d’arbitrage musulman pour permettre à ceux qui le désirent de régler leur différents commerciaux et familiaux selon la loi islamique à peu de frais."

Kadri aborde les sujets délicats avec mesure et intelligence comme on le voit au sujet de l’infâme caricature danoise de Mahomet. Sans approuver ceux qui ont réagi avec violence contre le dessin, il blâme les adeptes occidentaux de la "liberté d’expression" : "Les arguments sur la liberté d’expression et les convenances sont hors de propos quand il s’agit des sensibilités".

Kadri met l’accent sur le Jihad intérieur - la nécessité de reconnaître que la charia doit gouverner nos propres egos autant que la société, et que c’est un "chemin de salut" plutôt que simplement un "corpus d’injonctions". Les nouvelles forces à l’oeuvre dans le monde arabe rendent Kadri optimiste. Grâce au mouvement de réforme islamique du 19ième siècle, à la révolution iranienne (sur laquelle Kadri donne des informations étonnantes recueillies dans ses voyages et ses interviews en Iran) et aux récents évènements du monde arabe, le processus d’adaptation de la démocratie à l’Islam progresse rapidement dans une époque où l’alphabétisation est généralisée. "L’idée se répand que les gens doivent trouver des solutions à leurs propres problèmes en lisant simplement le Coran ou en s’inspirant des actes du Prophète, de ses disciples ou des salafs (ancêtres, prédécesseurs ndt) de l’Arabie du 7ème siècle."

"C’est Dieu qui jugera des péchés en dernier ressort". Mohammed et les premiers juristes ont préféré la repentance à la contrainte et les érudits musulmans ont pour la plupart évité la tentation du pouvoir matériel. En opposition complète avec le battage médiatique occidental, Kadri démontre "la traditionnelle répugnance des états musulmans a appliquer les emblématiques peines Hadd (impératives ndt) (basées sur le Coran)".

Tout bien considéré, conclut l’auteur, "c’est une excellente base pour l’harmonie sociale actuelle. La croyance en une voie de salut a toujours cherché à transcender les péchés plutôt qu’à les réprimer... et ce n’est pas l’affaire de l’humanité d’anticiper sur la rétribution effroyable qui est l’apanage de l’autre monde." Kadri met en garde, "en ce monde, lorsque les mortels se prennent pour Dieu, ils ne peuvent qu’échouer."

02:49 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 juin 2012

Le luth final du Centre arabe

Le luth final du Centre arabe

Guy Bernard, le 15 juin 2012

Le 2 rue de l’Alliance travaille à un Musée de l’histoire culturelle arabe, à un atelier de musique, etc. Si des fonds se débloquent

Si la ministre de la Culture (Fadila Laanan, NDLR) continue à faire sa mauvaise tête… on appellera notre public pour donner l’impulsion. À quelle impulsion Hawa Djabali, cofondatrice et coadministratrice du Centre culturel arabe, songe-t-elle ? À un triple projet qui, d’ici 2 ans, doperait le 2 rue de l’Alliance, si inquiet pour ses lendemains.

1 Un Musée de l’histoire culturelle arabe. À l’horizon 2013, notre interlocutrice et son double, Ali Kheder ouvriraient à peu près 100 m2 focalisés, au rez de leur ASBL, sur une reconstitution en miniature, des lieux, des scènes où des choses importantes se sont passées. Des exemples ? Le moment où la poésie prend une place prépondérante; l’avènement de l’horloge; les grands philosophes; etc. Au reste, si le matériel appelé à passionner le grand public doit encore s’élaborer, les travaux, eux, ont débuté. Ce qui n’empêche l’entreprise d’accaparer des mois et des mois : Nous n’avons que nos mains, nos têtes et notre courage…, lâche en pâture notre chantre d’un monde arabe sans frontière.

2 Un atelier de fabrication d’instruments de musique orientaux. À côté du mini-musée aux maxi-ambitions, trônerait un lieu aux sonorités magiques, où les luths, non contents de se réparer se fabriqueraient. Ça manque énormément !, estime Hawa Djabali, convaincue d’un rôle social qui consisteraient à former, via maître de musique, des jeunes gens à cet art. Plus il y aura de musiciens, plus il y aura de compositeurs, note-t-elle. Quand ? On ne le sait.

3 Le Nid des poètes. La fine appellation protège une troisième idée. À la réalisation, paradoxalement, moins assurée. Quoique… St-Josse a débloqué un local que l’on demande depuis neuf ans. Juste en face. Qu’y envisage ce couple culturel ? Une sorte demaison du peupleconversations politiques, spontanéité autour de dictions, de sons et autres se disputeraient une programmation éclectique.

Son nivellement par le haut, les boss du lieu le rêve d’ici 24 mois. Sans délaisser en rien les 300 élèves/semaine des cours – On va faire un manuel de français pour les arabophones qui débarquent. Enfin… si l’oseille suit.

21:56 Écrit par Rachid Z dans Cultures, Saint-Josse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14 juin 2012

Roger Garaudy est mort

Roger Garaudy est mort

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A l’indépendant, le 13 juin 2012

Roger Garaudy est mort à son domicile de Chennevières-sur-Marne ce matin à 8h30. Un hommage lui sera rendu au crématorium de Champigny lundi 18 juin à 15h.

J'aime la mort du même amour que la vie

Parce qu'elles ne font qu'un

La mort - j'entends la mort naturelle, après une longue vie de travail et d'amour - n'est pas une limite, une négation de la vie. Elle donne, au contraire, à la vie sa signification la plus haute.

Ma propre mort est un rappel constant que mon projet n'est pas un projet individuel. Je ne suis un homme que si je participe à un projet qui me dépasse...

Ce contre quoi nous avons à lutter, c'est contre la mort prématurée d'êtres jeunes, pleins de possibles. cela, pour une large part, dépend de nos luttes pour un ordre social sans guerre, sans misère, et pour une organisation humaine de la société.

Mais la mort d'un vieillard, ma propre mort, au terme de ma tâche d'homme, n'est nullement une malédiction. cette mort n'est que l'horizon dernier de la vieillesse: au fur et à mesure que je vieillis, l'éventail de mes possibles se referme, le champ de mes projets se rétrécit, je participe de moins en moins à la création. Ma mort est, dans ce mouvement, un passage à la limite...

Tout ce que j'ai pu créer, par mon travail, ma pensée, mon amour, s'est inscrit et pour toujours dans la création continuée de l'homme par l'homme. A partir du moment où cette participation à la création est brisée j'ai cessé d'être un vivant, même si une technique médicale absurdement devenue une fin en soi me maintient pour un temps encore dans un état végétatif. (Roger Garaudy, Parole d'homme, Editeur Robert Laffont, 1975)

12:17 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

04 juin 2012

Commémoration de la bataille de Saint-Vidian contre les sarrasins, à Martres-Tolosane

Commémoration de la bataille de Saint-Vidian contre les sarrasins, à Martres-Tolosane

Ce matin avait lieu à Martres-Tolosane (Haute Garonne) la reconstitution de la bataille de Saint-Vidian contre les sarrasins.

Cette reconstitution historique et religieuse est à notre connaissance la seule commémoration de la lutte contre l’invasion par les sarrasins dans le sud de la France durant plusieurs siècles.

L’église Saint Vidian de Martres-Tolosane a été ainsi nommée en l’honneur du guerrier qui, selon la légende, mis en déroute les sarrasins en ce lieu. Elle abrite ses reliques et c’est le point de départ de la procession de Saint Vidian lors de la fête du dimanche de la Trinité. Plus de 250 habitants participent à la reconstitution de la bataille entre sarrasins et chrétiens. En 2013 cette commémoration est prévue le 26 mai.

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17:18 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03 juin 2012

La secte des Deux soleils

La secte des Deux soleils

Sébastien MICHAUX, le 02 juin 2012

À Servance, une femme, le gourou présumé d’une association prônant le retour au naturel à travers les produits bios qu’elle cultive et commercialise, a été incarcérée.

Daphnée y est entrée, comme tous les autres, en tant que patiente. En détresse psychologique, un trait caractéristique, elle pousse alors la porte de l’association Ajir où l’on prône les thérapies alternatives, notamment le Reïki, une méthode de soins d’origine japonaise basée sur la canalisation des énergies. La structure est alors basée à Belfort. Et, depuis l’internement d’un adepte qui n’avait «pas supporté les séances de magnétisme et de globalisation des énergies», fait déjà l’objet de soupçons.

L’association, initialement créée à Dole (Jura), change de président en 2004 après cet épisode. Est successivement rebaptisée Elae puis Helahe. Et enfin Espace naturel et éveil lors de son installation en 2009 à Servance. Dans cette charmante commune des Vosges saônoises, Luce Barbe, le gourou présumé dont la chambre de l’instruction a confirmé hier le maintien en détention, entend ériger le retour au naturel comme religion. Cette femme de 49 ans, qui se veut thérapeute, séance qu’elle facture 40 €, crée une SCI au nom de laquelle se fait l’acquisition d’un bâtiment pour 140.000 €. Daphnée y investit 70.000 €. Nom du site : la Ferme des deux soleils. Marc, une autre victime, met tout son temps et son énergie dans les travaux de rénovation. Un peu d’argent aussi.

Ici, la vingtaine de camarades développent le maraîchage bio à travers une entreprise, Lustra, puis une seconde, la Société civile d’exploitation agricole qui émerge en février dernier, lorsque le procureur Jean-François Parietti et les gendarmes de Lure prennent les choses en main sur la base des témoignages recueillis fin 2011.

12 à 15 heures de travail par jour

A La Ferme des deux soleils, on y produit des fruits et légumes qui s’écoulent sur les marchés de la région, mais aussi à travers les cinq magasins qui ouvrent à Lure, Héricourt, Luxeuil et Le Thilliot (88). On invite les écoliers à découvrir les bienfaits de la nature, un gîte voit le jour. Mais ici, tout se fait bénévolement. Les gens travaillent 12 à 15 heures par jour. Paient leur logement, leur nourriture, mais aussi certains outils ou les aménagements des commerces.

Ils vendent leur maison pour les besoins de l’association

Tous ici ont laissé leur vie d’avant, l’extérieur étant soumis aux ondes négatives, vendu leur maison, leurs biens pour assouvir les besoins de l’association. Qui compte, à sa tête, une femme que les enquêteurs soupçonnent d’avoir pris l’ascendant psychologique sur la communauté. Sur son mari, en premier lieu. Un patient, au départ, venu là en thérapie, comme les autres. L’ex-femme de cet ancien informaticien ayant coupé les ponts avec ses proches le signale en 2006 : «Il a complètement changé, s’est désintéressé de son travail et de sa famille au profit de l’association».

Luce Barbe développe, détaillent les témoins, la pratique dite des souvenirs induits. Une méthode, sectaire selon l’observatoire des sectes en France, consistant à vous assimiler à un(e) autre dans une vie antérieure. Un personnage très mauvais suscitant un sentiment de culpabilité sur lequel se construit progressivement la mainmise psychologique. Apparaît également le Guide Mehaël, du nom d’un ange interdit de culte très tôt par l’Eglise, auquel seule le gourou présumé aurait un accès direct. C’est lui qui protège la communauté. S’en extraire place les fidèles en situation dangereuse. C’est au nom de Mehaël, aussi, qu’un adepte aurait vendu sa maison 71.000 € selon un prix dicté par le Guide.

Constamment sollicitée, notamment au travers de réunions destinées à maintenir la cohésion et la pression, Daphnée «se persuade de cette réalité», mais est progressivement gagnée par le doute. Mais en faire état, c’est s’exposer aux brimades. «Quand j’ai relevé que nous étions contraints de tout payer alors que nous bossions sans cesse, on m’a rétorqué que j’étais habité de l’énergie du radin», raconte Marc qui, humilié de la sorte en public, a remis son poing dans la poche.

Convoquée le 24 mai, Luce Barbe, soupçonnée de travail dissimulé, escroquerie et «abus frauduleux de l’ignorance ou la faiblesse d’une personne en état de sujétion psychologique ou physique», a été incarcérée le lendemain au terme de sa garde à vue. Mais l’enquête, qui comprend un volet financier et un autre portant sur l’abus de faiblesse, ne fait que commencer…

23:21 Écrit par Rachid Z dans Cultes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Respirianisme : mieux que le régime Dukan, les bouffeurs de lumière

Respirianisme : mieux que le régime Dukan, les bouffeurs de lumière

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Chloé Andries, le 02 juin 2012

Le 16 mai, la grande prêtresse du «respirianisme» (groupe New Age qui prétend que l’homme peut se nourrir exclusivement de lumière) était en visite exceptionnelle à Bruxelles. L’occasion d’aller écouter la gourou d’un courant qui aurait déjà causé la mort de cinq personnes (trois selon le Sunday Time, une selon Krone.at et une dernière selon The Local) et revendique 40 000 fidèles.

C’est donc comme ça qu’on se retrouve, un soir de semaine à Bruxelles, à troquer son très banal steak-frites contre un dîner cosmique. Dans une salle pleine à craquer de silhouettes faméliques et de bobos aisés, nous voilà prêts à «manger de la lumière», guidés par Jasmuheen, grande prêtresse, tunique bleue pailletée sur fuseau noir, cheveux blonds coupés court, sourire invariablement fiché aux lèvres.

Rappelons brièvement avec qui nous sommes allés casser la croûte.

Dix-neuf ans sans manger

Jasmuheen, quinqua australienne, développe depuis une vingtaine d’années une théorie new age au fondement assez simple : pour atteindre le bonheur, l’homme pourrait arrêter de manger et se nourrir exclusivement de lumière, moyennant un protocole strict de méditation et de jeûne. Elle-même jure n’avoir rien avalé depuis dix-neuf ans, hormis une tasse de thé par ci par là.

Une fable difficile à croire, surtout depuis la diffusion d’une émission de télévision australienne, en 1999, où la belle blonde avait accepté de jeûner devant la caméra. L’expérience avait tourné court, au bout de quatre jours, le médecin jugeant rapidement son état de santé préoccupant.

«L’échec respirianiste»

Le hic : au moins cinq personnes sont décédées après avoir suivi le processus respirianiste. La dernière en date, une Suisse de 62 ans, a été retrouvée morte de faim en avril dernier, après avoir suivi le régime préconisé. Jasmuheen se défend de toute responsabilité, rejetant la faute sur les «cadavres», qui n’auraient pas bien suivi ses préceptes. Mais la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) et son pendant belge, le Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN), s’inquiètent depuis des années des dangers sanitaires de ce mouvement.

Malgré tout, Jasmuheen revendique 40 000 adeptes (certainement surévalués) et propose des stages et conférences toujours bien remplis. Ce soir, à Bruxelles, ils sont environ 130 à boire ses paroles.

1. L’Occident se trompe

«En Occident, nous avons oublié notre essence», lâche la grande prêtresse, qui explique avoir été déçue, enfant, de parler à un Jésus qui ne lui répondait jamais. Après avoir roulé sa bosse en Inde, rencontré un gourou, médité 23 heures par jour, l’Australienne aurait accédé à sa lumière divine et donc à la paix intérieure.

«J’ai réalisé que cette essence était une ressource phénoménale, et que je n’avais plus faim. Je me suis dit, il doit bien exister une source libre et gratuite pour que chacun puisse être libéré.»

Les uns applaudissent, les autres sourient, tous sont médusés.

Frédéric Lenoir, sociologue des religions, décode le succès de ce type de mouvements qui fleurissent en Occident :

«Le croire n’a pas disparu de nos sociétés occidentales, mais il a opéré une profonde mutation. Le discours des grandes traditions religieuses n’apparaît plus comme crédible, pour plusieurs raisons : la science est passée par là, les institutions sont en crise, la quête de sens s’est individualisée.

Certains se tournent vers le développement personnel, d’autres vers la philosophie. Le flottement du croire peut aussi être récupéré par des groupes new age. La question de la dérive sectaire, elle, n’est pas forcément corrélée à cette mutation. Simplement, dès qu’un discours est légitimé par l’irrationnel, il peut dévier

2. Le test qui tue

Après un speech bien rôdé d’une heure et demie sur les bienfaits de la lumière – y compris pour résoudre la faim dans le monde – Jasmuheen passe aux tests pratiques avec résultats 100 % garantis.

Exercice du jour : comment demander à notre essence divine si nous pouvons arrêter de manger et si oui, dans quelles proportions. Debout, les yeux fermés, adressez-vous à votre moi intérieur :

«Le Prana (la lumière) me nourrit-il à hauteur de 50% ?»

Répétez inlassablement la formule jusqu’à ce que votre corps penche. Vers l’avant, la réponse est oui, vers l’arrière, la réponse est non. Un peu basique dans le genre travaux pratiques… Mais tout le monde a penché dans le bon sens. C’est l’extase.

Pour Frédéric Lenoir, ce besoin de résultats tangibles s’inscrit dans une tendance de fond :

«Le croire s’est largement individualisé. Chacun cherche à valider sa croyance par sa propre expérience. Il recherche un mieux-être ici et maintenant, a besoin de résultats, ce que les grands récits monothéistes n’offrent pas, même s’ils s’y adaptent».

3. Le dîner cosmique (avec session ventriloque d’esprit)

Après les exos, place au clou du spectacle : le dîner cosmique. Lumière tamisée, douce mélodie en fond sonore, la grande prêtresse lance le banquet virtuel.

«Fermez les yeux, ralentissez votre respiration. Vous puisez maintenant ce qu’il faut en vitamines, minéraux, protéines. Je suis éternel... Je suis infini... Je suis la paix

La salle est en transe, les uns joignent les mains, les autres s’allongent, ouvrent les bras. Après cette demi heure de semi coma, coup de théâtre : voilà Jasmuheen prise d’une violente quinte de toux. Sa voix change, se fait plus rauque.

«Chers amis, nous avons dû faire un ajustement au larynx de cette femme pour vous transmettre un message. Vous pouvez nous appeler le collectif des êtres de lumière

Ne me dis pas que des esprits nous parlent ? Si, si, apparemment, Jasmuheen discute régulièrement avec les anges, la Vierge, Jésus, et autres esprits en pagaille.

«Vous êtes entrés dans un moment critique de votre évolution. Votre monde va faire comme la civilisation Maya autrefois, vous allez effectuer une transmigration en masse pour accéder à l’unité

Amis de la poésie apocalyptique, bonsoir. Il est quasi 23 heures, et là, tout de suite, j’ai un peu du mal à capter la substantifique moelle de ce discours un brin «Guerre des étoiles». Grâce à Dieu, nos amis esprits semblent plutôt à cheval sur les horaires :

«Nous sommes sensibles au fait que votre temps est limité ce soir. Nous allons y revenir plus tard, au fil des jours où vous serez réunis. Nous avons tant de choses à vous dire.»

Bah oui, forcément, il y a un stage de quatre jours à 440 euros prévu après la conf, ça serait dommage de le louper.

Jasmuheen sera ensuite en visite à Paris en octobre prochain. Date à confirmer.

22:21 Écrit par Rachid Z dans Cultes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02 juin 2012

Lancement d'une campagne contre le gaspillage du pain à Bruxelles

Lancement d'une campagne contre le gaspillage du pain à Bruxelles

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Belga, le 1 juin 2012

Le Rabad (le réseau des acteurs bruxellois pour l'alimentation durable) a lancé, vendredi, une campagne contre le gaspillage du pain en Belgique.

Devant l'entrée du Palais de justice de Bruxelles, le Rabad a plaidé, vendredi, en faveur de pains durables, en avançant que les pains bio se conservaient plus longtemps que les "pains industriels".

Soutenus par ses collaborateurs, le coordinateur du Rabad Rob Renaert a insisté sur l'importance de défendre le métier d'artisans-boulangers. Il a également mis en avant les effets néfastes des additifs sur la santé des consommateurs. D'un point de vue environnemental, la pollution des sols due à l'utilisation d'engrais et de pesticides a été mise en avant. Le Rabad veut lutter contre l'uniformisation des semences causée par la production industrielle.

Sur leur site internet (www.rabad.be), un plan de Bruxelles indiquant les artisans-boulangers est à disposition afin d'encourager les gens à consommer des pains de bonne qualité. Un concours est ouvert au public pour élire le meilleur boulanger de Bruxelles.

12:51 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |